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Quatrième livre. — Dans le quatrième li- Tre, Tile de Bostre prenait ia défense du Nouveau Testament. Il faisait voir que les passages dont les manichéens se servaient pour autoriser leurs blasphèmes étaient bien éloignés du sens qu'ils lui donnaient, et qu'ils ne pouvaient s'autoriser peur établir leur impiété de la croyance des chrétiens sur le démon.
Comme$Uaire attribué à Tite de Bostre. — Homélie sur les Rameaux, — Personne ne didconvient aujourd'hui que le Commentaire sur saint Luc^ qui porte le nom de Tite de Bostre, ne soit d'un auteur beaucoup plus récent; car saint Chrysostome, saint Isidore do Damiette, saint Cvrille d'Aleiandrie, qui n'ont écrit qu'après la mort de Tite, sont cités dans ce commentaire. On ne peut guère le placer que dans le vu' ou viii' siècle, et la manière dont ce commentaire est composé révèle assez le goût de cette époque ; car alors la plupart des commentateurs ne faisaient qu'emprunter les pensées et même les paroles de ceux qui avaient auparavant expliqué les divines Ecritures. Ce qu'il y a de meilleur dans ce commentaire est tiré des écrits de saint Grégoire de Nazianze et des autres Pères gué nous venons de citer. Ses propres explications sont moins solides, et il y en a même qu'on ne peut approuver : celle, par exemple, qu'il donne à ces paroles du vieillard Siraéon : Votre âme sera percée comme par une épée. {Luc, ii, *S&,) Car il dit que par cette épée qui devait percer TAme (le la mainte Vierge, on doit entendre la tentation, l'agitation d'esprit et le doute dans lequel elle tomba lorsqu'elle vit le Sauveur attaché à la croix. Les tourments de la passion, ajoute-t-il, la scandalisèrent aussi bien que les apAtres. Je ne sais s'il était mieux iotidé quand il dit que la consolation que le vieillard Siméon attendait était de voir les Juifs croire en Jésus-Christ et délivrés de la doihination des Romains. On peut regarderies passages suivants comme les plus remarquables de ce commentaire. Il y a une différence entre le baptême de saint Jean et celui de Jésus-Christ; celui-ci remet les péchés par sa propre vertu, et l'autre seulement par le mérite de la pénitence. La femme pécheresse dont parle saint Luc est différente de celle dont saint Matthieu, saint Jean et saint Marc ont fait mention, et l'on doit regarder tous les faits rapportés dans l'£vangile comme divinement inspirés. 11 renvoie souvent au commentaire qu'il avait fait sur saint Matthieu, mais il n'est pas venu jusqu'à nous; à moins que les questions sur saint Matthieu, imprimées à Venise en 1555, sous le nom de Tite, ne soient ce commentaire. Le Père Combeûs a fait imprimer, sous le nom de Tite de Bostre, un sermon sur la fête des Rameaux, mais il ne croit pas qu'il soit de lui ; et, en effet, cette pièce est d'un style tout différent du sien.
Le style de Tite de Bostre est assez* net pour une matière embarrassée d'elle-même, et les raisonnements en sont solides, aussi bien que subtiles, mais tout n'y est pas
exact. On lui reproche trop d'estime pour Origène, dont il parait même avoir adopié l'erreur touchant l'éternité des peines. Son ouvrage a été imprimé dans la Bibliotktqnf des Pères j à Lyon, en 1677, et à Anvers, ea
TOHEL ou TOMELLE, horome desprit et de mérite, secrétaire de Beaudouia Vl, surnommé de Mons et d'Hasnon, comte de Flandres, embrassa la vie monastique dam l'abbaye d*Hasnon au diocèse d*Arras,ei non pas à Sainl-Amand, comme plusieurs le supposent. On lui attribue une Ckroniiféf ou Histoire de la fondation de Fabbayt dt Saint^Amandj et une Vie de Beaudouinï, comte de Flandres^ surnommé le Pieaiou de Lille. Mais c'est une double faute, h première est unesaite de celle dans laquelle ces auteurs étaient déjà tombés au sujet du lieu de la profession monastique de Toarl. Meyer leur aurait fait éviter la seconde, ea leur apprenant que ce n'est pas hmdouin V, mais Beaudouin YI, son successeur, que Tomel a célébré dans ses écrits. Encore l'éloge qu'il en fait ne forme pas on ouvrage isolé et particulier.
Depuis que doin Martène et doai Dunod ont publié l'unique production qui paraisse nous rester de Tomel, on peut assurer que c'est V Histoire de la fondation du moiuuùrt d'Hasnon, Là ressemblance du nom latin de ce monastère avec celui d'Einone ou Saint- Amand est sans doute ce qui l'a fait prendre pour l'histoire de cette dernière abbaye. Tomel entreprit cet ouvrage par ordre de Rolland son abbé, à qui il 1 adressa. Il déclare d'abord qu'il avait puisé dans les ff chives de sa maison les événements antérieurs au temps auquel il écrivait; ce qu'en etfet il a exécuté comme on le voit paries six premiers chapitres. Ensuite, aprèsa^oir exposé, d'une manière assez concise, Iongine de son monastère, il dit deux m(Mét son entière décadence, et passe aussitôt à son rétablissement par les soins du cnmte Baudouin. 11 s'étend i>eaucoup plus sur cet événement que sur tous les autres ; de sorte que son ouvrage mériterait plutôt lu titre de rétablissement que de fondation du mouastère d'Hasnon. L auteur a conduit celte fais* toire jusqu'à ia dédicace de l'église, en 1076. Ce qu'on en a imprimé finit à cette céréoionie. 11 faut en eicepter le dix-huitièoie chapitre, qui contient l'éloge de Tabbé RollarKi, qu'on prétend que l'auteur y a ajouté âpre» coup, mais qui semblerait visiblement laire une suite naturelle de l'histoire et écrites même temps que les chapitres précédents.!! est probable qu'ilcontinua cette histoire jusqu'à la mort de Rolland dont il fait Té^*^» mais nous n'avons aucune preuve conraifi* cante pour attester ce fait.
TRASIMOND, moinede Clair vaux, a r^£^ au nom de son abbé Henri, de Louis Vil et de plusieurs autres personnes , plusieurs lettres que Duchesne et Tissier ont insén^ dans leur collection. Trois lettres écrites au nom de Tabbé Henri sont adressées au Pape Alexandrelll;deuxautresaunoaâdaffiêfl]eau
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roi d'Angleterre» trois è Tévèquede ChAIonssur-Saône, une au roi de France Louis Vli, et une à tous les fidèles. Cette dernière est une longue déclamation contre les hérétiques du Lankuedor\ Dans une au Pape Alexandre 111, Louis VU se plaint du luxe <ies prélats, de leurs équipages et de leurs festins. Une d'Alexandre III est adressée aux religieux de Ctteaux; deux de Pierre Monocule, abbé de Clairraux, à l'abbé de Citeaax et au roi de Portugal ; deux des religieux de Clairvaux au Pape et au roi de France; et plusieurs autres lettres à différentes autres personnes. Enfin sept lettres 3 ne Trasimond écrit en son propre nom à es abbés, à des moines, à des clercs, à l'é- Téque de Langres et è un bourgeois de Saint-Omer. 11 était considéré comme bon rédacteur de lettres et de chartes; il avait iDéme composé sur cet art un livre dont fiunderius avait vu les manuscrits dans les bibliothèques des monastères de Sept-Fonts et de Saint-Sauveur à Utrecht.
TRIFOLIUS, prêtre au Yi* siècle, consulté par un sénateur nommé Fauste, sur ce qu'on devait penser de celte proposition ; • Un de la Trinité a souffert, » répondit que la doctrine qu*elle renfermait descendait originairement de l'hérésie arienne, et qu'elle convenait à toutes les hérésies. 11 conseillait à Fauste de ne recevoir aucune expression qui n'eût été employée dans les déllnitions do foi des quatre conciles généraux ou dans les écrits des Pères approuvés par cejjquatre conciles, ïrifolius, pour prouver qu'on ne doit pas admettre cette proposition en ces ternies : un de la Trinité a souffert, déclare que Dieu lePère, le Fils et le Saint- Esprit ne sont pas trois, mais un seul Dieu; tandis que ces paroles > Un de la Trinité, semblent faire entendre un des trois dieux. Il convient que Carose et Dorothée avancèrent dans le concile de Chalcédoine une semblable proposition ; mais il soutient qu'elle futrejetée comme renfermant Théré- Med'Eutychès. 11 déclare que les héré(i((ues avaient corrompu la lettre de saint Proclus de Constantinople qui renfermait celte prolK)siiion, comme ils avaienl corrompu celles de saint Alhanase, de saint Cyrille et de saint Léon. 11 ajoute que les hérétiques avaient coutume d*allérer les écrits des Pères pour s'appuyer de leur autorité. Enfin, il dit que le Siège apostolique n*a jamais permis d'ajouter ni de retrancher une seule syllabe à la définition de foi du concile de Chalctdoine.il ensei;^neque le Saint-Esprit procède du Père el du Fils et non de la Trinité.
TRIPHYLLE, évèque de Lcdres, métropjle de Cypre, l'un des plus éloquents écrivains de son siècle, se rendit célèbre sous le rè^ne de Constant! us. 11 reconnut l'innocence de saint Alhanase au concile de Sardique, en 3^7, et signa la lettre circulaire qui y fut dressée. Saint Jérôme avait lu de lui un Commentaire iur le Cantique dtt cantiques; mais il ne put avoir communication de ses autres nombreux écrits.
Nous n'en avons piUs aucun aujourd'hui.
TROJANUS, évoque de Xaintes, différent d'un év6c|ue de même nom qui gouvernait cette Eglise sous Clovis, en 508, nous est connu par l'éloge que saint Grégoire de Tours fait de sa vertu, et par une lettre qu'il écrivit à Eumerius , évèque de Nantes , qui assista au quatrième concile d*Orléans en 541. Eumerius lui écrivit pour savoir la conduite que l'on devait tenir à Pégard d'un enfant qui ne se souvenait pas d'avoir été baptisé, mais seulement d'avoir eu la tête enveloppée d'un linge, comme on la fait à régira des malades* lorsqu'ils reviennent en santé , do peur a le le froid ne leur occasionne une rechute, frojanuslui répondit que si ce jeune homme ou tout autre que lui ne se souvenait pas d'avoir été baptisé, on devait lui administrer ce sa« crement sans aucun délai, pourvu toutefois qu'on ne pût prouver par aucun autre témoigna;;;e qu'il eût reçu le baptême.
TROYEN, évèque de Saintes, mort en 532, ne nous est littérairement connu que |iar Fortunat de Poitiers, qui, dès les premières années de son épiscopat, lui proposa une question à propos d'un enfant qui avouait n'être pas bien assuré d'avoir reçu le baplême. Saint Troyen lui répondit que quiconque ne se souvient pas d'avoir été baptisé, et ne peut le |)rouver par aucun témoignante, doit recevoir le ha[)tème sans aucune difficulté et conformément à l'au^cienne discipline. Cette lettre, qui est venue jusqu'à nous, se trouve dans différentes Collections de Conciles.
TUDEBODE, historien de la croisnde au xi* siècle, était revêtu du sacerdoce comme il nous l'apprend lui-même, et natif.de Sivray, petite ville au diocèse de Poitiers. La croisade ayant ouvert le pèlerinage de Jérusalem, pour la délivrance des lieux saints de la tyrannie des infidèles, Pierre Tudebode voulut en faire partie, comme tant d'autres prêtres qui suivirent les croisés. Il assista aux sièges de Nicée et d'Antioche et parta-
5ea les misères que les croisés souffrirent ans cette dernière place, comme aussi il eut part h la victoire signalée, qu'ils remportèrent sur l'ennemi le vinj^M-huit juin 1098. Il courut quelque danger auprès de l'Eglise de la vallée de Josaphat, cependant il y échappa ainsi qu'aux autres suites fâcheuses ue ce siège, et vécut au moins quelques jours après le quatorze août 1099 ; puisqu'il termine son histoire par l'éclatante victoire, que les croisés remportèrent le même jour sur les infidèles. Depuis il n'est plus fait mention de lui dans aucun monument.
Ses icniTS. — L'histoire de la première croisade par Pierre Tudebode porte avec elle tous les caractères d'authenticité, de vérité et de sincérité. Son auteur avait été présent à tout ce qu'il i^app^rte, et parait visiblement l'avoir écritsur les lieux mêmes. 11 est au moins certain que , lorsqu'il prit la plume pour exécuter son dessein, il ne connaissait personne qui eût encore entre-