TIR
pris cette histoire. Ainsi, supposé qu*il quitta la Palestine après la journée d*Ascalon comme tant d*autres croisés, il est certain qu*il avait composé son ouvrage avant de rentrer en France. On y découvre même divers indices qui font juger qu'il y travaillait à mesure qu'arrivaient les événements.
Son histoire intitulée : Du voyage de Jerusalem^ est divisée en cinq livres. Le premier contient le départ des princes pour la guerre sainte, et une petite récapitulation de ce qui avait précédé, jusqu'au concile de Glermont, en novembre 1095, dans lequel cette entreprise avait été concertée et résolue. L'auteur y a aussi touché en peu de mots les désordres que commit la première troupe, dans laquelle se trouvait Pierre TErmite, et la conduite de l'empereur de Constanlinople envers les princes qui con* duisaient l'armée chrétienne. Mais d'autres historiens ont rapporté ces faits dans un plus grand détail.
Tudebode emploie le second livre à décrire ce qui se passa déplus mémorable dans l'armée chrétienne, pendant Tannée 1097, et jusqu'au mois de février de l'année suivante. On trouve danscelui^i les fourberies incessantes de l'empereur Alexis à l'égard des princes croisés; le siège et la prise de Nicée; la victoire que les Chrétiens remportèrent sur l'armée de Soliman le Jeune, le premier juillet 1097; enfin la relation des premiers mois du siège d'Antioche, qui en dura huit.
Le troisième livre contient la continuation de ce siège, à partir de ce qui arriva le neuf février 1098, jusqu'à la prise de la ville, dont les Chrétiens se renoirent maîtres le trois juin suivant.
Dans le quatrième livre l'auteur fait le récit de tout ce que les croisés, assiégés à leur tour dans Antioche, eurent à souffrir pendant vin^t-cinq jours. Il y détaille aussi la sortie qu'ils Grent contre les inBdèles le vingt-huit de ce mois, et qui fdt suivie d'une victoire complète. Il y rapporte encore la découverte de la sainte lance, la niortd'Adhemarévèquedu Puy, et les prises d'Aleph et d'Albara.
I.e cinc[uième enBn commence par ce qui arrive dès la Toussaint de la même année et va jusqu'à la célèbre journée d'Ascalon inclusivement, c'est-à-dire, jusqu'au quatorze août 1099. On a dans ce livre un détail assez circonstancié du siège et de la prise (le Jérusalem ; mais les autres principaui événements qui suivirent, comme l'élection du roi Godefroi, n'y sont rapportés que d'une manière succincte. Il faut cependant en excepter la relation de la victoire des Chrétiens sur les infidèles dans les plaines d'Ascalon, qui est assez étendue, et la même qu'on a ajoutée à l'histoire de Raimond d*Ai^les.
S*il y a dans les autres histoires de la première croisade des faits qui ne se lisent pas dans celle de Rudcbode, la sienne en contient récif)roquement quelques-uns qu'on chercherait inutilement ailleurs. C'est un
avantage mutuel qu'elles ont entre elles, e!
3ui les rend tontes intéressantes. Le stylé e cette histoire est simple, grossier, et plein de solécismes. A peine l'ouvrage futil sorti des mains de I auteur, qu'ua anonyme le falsifia un tant soit peu, afindesa l'approprier ; dans ce dessein, il changea l« titre original, et le remplaça par cet aatre: Les Geitei des Français et autres pilerimii Jérusalem. Cette histoire de Tudebode a élé imprimée dans le Recueil général des crti sades
TURRIBIUS. Pendant que les priscillianistes continuaient d'infecter l'Espagne et particulièrement la Galice, Turribius, érftque d'Astorga, ville de cette province, les convainquit juridiquement avec l'éTêqoe Idace. Ils dressèrent ensemble des actes de ce qui s'était passé dans cette procédure, et firent des extraits des blasphèmes qu'ils avaient trouvés dans les livres de ces bér^ tiques, afin que personne ne les reginlU plus comme exempts d'erreur. Après aïoir réduit ces blasphèmes en seize chapitres, Turribius en fit une réfutation qu'il eDTo;a à Idace et à rév6c}ue Céponius avec m lettre conçue en ces termes : « J*ai vora^é dans beaucoup de provinces et j*ai trôuTé partout une même foi, mais de retoordans mon pays, j'ai vu avec larmes les erreors que i*Eglise catholique a condamnées de* puis longtemps et que je croyais abolies, pulluler encore tous les jours par défauts de conciles. Ainsi on s'assemble au même autel avec une foi toute opposée, cârqaaod on presse ces hérétiques, ils nient leurs erreurs. Ils possèdent plusieurs livres apocryphes qu'ils préfèrent aux Ecritures eiaoniques ; mais ils enseignent encore deser* reurs que je n'ai pas lues dans leurs ouvrages, il faut qu'ils les eu tirent par interprétation, ou qu'elles soient écrites dans d'autres livres qu'ils tiennent plus secrets. Dans les Actes qui portent le nom de ^aint Thomas, il est dit qu'il no baptisait pasarec de Teau, mais seulement avec rbuiie, et cependant ces hérétiques ne le font pas, il n'y a que les manichéens qui se servent de cette matière. Ils ont encore de prétendue Actes de saint André^ ceux de saint Jean com-
S osés par Lencius et le livre intitulé : Ifl fémoire des apôtres^ dans lequel ils fooi parler Notre-Seigneur contre l'Ancien Tes* tament. Il est certain que les apôtres ont pu faire les miracles contenus dans ces livres.
mais il est certain que les discours ont été insérés par les hérétiques. J'en ai extrait
possible.
afin que personne ne garde ou ne lise c^s livres, sous prétextede ne (tas lesconnatirt C*est à vous a tout examiner et à condatoo^ avec vos confrères ce que vous iroutef**' de contraire à la foi. » Turribius joignit* cette lettre un mémoire que nous n ar(>B.< plus. Comme queloues évèques n'aiaiefij pas secondé son zèle, il eut recours* ^'tii Léon à qui il envoya son écrit contre '•
nsi