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DE PATRULOGIS.
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priscillianlstes et une oople du mémoire mril avait eorové à Idace et à Céponius. Il disait dans sa lettre è ce saint Pape que Quelques catholiques doutaient si la chair de Jésus-Christétait véritablement demeurée dans le tombeau. On peut voir à Parlicle LÊo?f (saint). Pape» les réponses à ces pièces,
TPRSTAlNouTODSTAIN, naquit à Condé, petite ville de Normandie dans le diocèse de Bayeux. Il embrassa Télat ecclésiastique» exerça d'abord roflirede chapelain à la cour de Henri I*' roi d*Angleterre et ensuite fut élevé sur le siège d'Yorck, mais son obslioation è ne pas vouloir reconnaître la priluatie de l'Eglise de Cantorbery Ten fit descendre presque aussitôt. Il reçut Tan 1119 la consécration des mains du Pape Callixte II dins te concile de Reims où il se trouva malgré la défense du roi d'Angleterre, qui le bannit de son royaume. Rappelé au bout de deux ans, il se livra tout entier aux fonctions de son ministère, et se fit chérir de SCS diocésains. Les moines de Ctteauxlui fu« rent redevables de leur introduction en Angleterre. Turstain sut allier le courage du militaire à la douceur du ministre de TEvangile. Les Ecossais ayant fait une irruption dans la partie septentrionale de TAngleterre, il assembla son peuple, l'encouragea par de vives exhortations, le mena luimêoie au combat et remporta une victoire complète sur les ennemis. Cet évoque guerrier finit par se faire moine en lUO, etmouf'it peu de temps après.
Ses écrits. — Nous ne possédons des écrits de Toustain qu'une lettre adressée h Guillaume archevêque de Cantorbery, touchant la réfornie du monastère de Sainte- Blarie d'Yorck. Il y rend compte au prélat de la manière dont cette réforme avait commencé , des contradictions qu'elle éprouva H de ses soins pour la faire roussir. De simples religieux de cette maison, aidés de la grâce de Dieu, commencèrent cette bonne œuvre, mais l'abbé Geoffroi y mit le plus Rrand obstacle. Accoutumé à une vie molle» le seul nom de réforme l'effraya sur la pre« Diière proposition qu'on lui en fit. Il avait pour lui la plus grande partie de la communauté. Néanmoins comme il était moins pervers que timide, il consentit à soumettre le projet à une délibération. Hais les membres pervers agirent si puissamment auprès de lui, qu'il porta la faiblesse jus* nu ^ persécuter ceux aa'il aurait dû protéger. Les excès auxquels on se porta contre <-*es derniers, les obligèrent de recourir à Turstain leur archevêque. Ce prélat se croyant par deyoir obligé de les assister, les réunit avec Tabbé pour cimférer ensemble. On dispute, on examine tous les articles <lu projet de réforme, on les compare avec la règle, la coniormité se trouve entière. L'abbé demande la permission d'assembler son chapitre. L*évôqne s'y rend au jonr convenu et avec lui quelques personnes pieuses et éclairées. Mais a son arrivée les plus ^1 intentionnés, et avec eux des moines
du voisinage, éjjalement ennemis du boa ordre, quils avaient appelés à leur secours, se présentent à la porte du chapitre» et protestent que les ecclésiastiques qui raccompagnent n'entreront point avec lui. Le prélat leur fait quelques remontrances ; ils n'écoutent rien. On s'échauffe de part et d'autre. Enfin Turstain prend le parti de se retirer et emmène avec lui les bous reli-
fieux qui l'avaient appelé. Ilfoude pour eux abbaye de Fontaines, et les y place avec des religieux de Clairvaux dont il leur fait adopter les observances. A son retour il apprit que l'abbé de Sainte-Harie s*était mis en voyage : dans la crainte que ce départ eut pour but de mettre l'archevêque de Cantorbery dans ses intérêts, il crut deroir écrire cette lettre au prélat pour empêcher le mauvais effet des suggestions de l'abbé. Turstain justifie ensuite Tes reli{;ieux, qu'il avait emmenés de Sainte*Marie, par des autorités et des exemples qui montrent que des moines persécutés par leurs supérieurs et leurs frères pour leur attachement à la règle, ont droit de se séparer. Il agoute comme un fait notoire que Ta règle de Saint- Benott a cessé d'être observée dans presque tous les monastères. Notum siquidetn omnibus tit quod Re^la iancti Benedicti toto pêne ei communia ut Ua dicamp orbe tnonachorum modum in omnibus prorsuê am{seri$ et etatum; adeo ut nemo satie miran possit quod quis audet coram Deo et eanctie ^us promittere cum tanta eolemnitate quod tpsô oe/ quotidie negligit, sive, ut verius di* corn, eompeWtur non observare. Il paraît à cet égard que notre auteur était mal instruit et jugeait un peu trop légèrement des moi» nés de toute l^glise d*Occident, par ceux qn'il était à portée de connaître. Du reste cette lettre rapportée dans le Monaeticon Anglicanumt et ensuite insérée dans la nou- Telle édition de saint Bernard, décèle une plume facile, un esprit judicieux et un zèle vraiment épiscopal.
Notre prélat ne se contenta pas de défendre les prétentions de son siéfe par sa conduite, il écrivit aussi pour les justifier. Tous les bibliographes lui attribuent un livre sur ce sujet, adressé au PapeCallixte 11 ; mais aucun ne témoigne l'avoir lu, ni n'indique le dépôt où il se rencontre. Les mêmes écri* Tains sont également n^servés sur un autre ouvrage de Turstain contre Anselme, neveu du saint arche¥ê([ue de ce nom. Il y a toute apparence qu'il s'appliquait dans cet écrit à défendre les liberiés de l'Eglise anglicane contre les entreprises du Pape Pascal II, qui avait nommé Anselme légat en Angleterre, sans avoir consulté ni le roi ni îe clergé. On lui attribue aussi VUietoiredt f origine du monastère de Fontaines ; mais dom Habillou prétend qu'elle appartient h Serloo, moine du même lieu et contemporain de notre prélaL
TDTILON, moine de Saint-Gall, au ix* siècle, ami et compagnon d*étude de Ratpert, se rendit recommandablo par son goAl pour les beaux aris« 11 était poète, musi*
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cîen, peintre, ciseleur» ces différentes qualités engagèrent Tabbé de Saint-Gali è le charger de Tinstruction des enfants de naissance qu'on élevait dans ce monastèriB. On rapporte que Charles le Gros déplorait qu'un homme doué de tant de belles qualités fût enseveli dans l'obscurité d'un cloître. Tutilon laissa plusieurs monuments de sa piété et de sa science, principalement des hymnes et des proses que Ton devait chanter pen-
dant Toffice divin ou dan«« les processions publiques. Canisius en a fait imp^icne^q!l^ tre, trois en vers élégiaques et la qualri«s? en vers iamhiques. La première de t^ hymnes est sur la fête de Noël, la semsit sur TEpiphanie, la troisième en rhoootsf de saint Othmar, et la quatrième pourli réception d'un prince. Toutes ces pièces n'ont rien que de très-commun.
ULDARIC, pius connu souj le nom d'DLmc, naquit à Ratisbonne en Bavière, vers Tan 1018. Après avoir fait de brillantes études, il passa à la cour du roi Henri le Noir, depuis empereur d Allemagne, d'où il fut tiré par son oncle Nison, ou Niker évoque de Frisingue, qui l'ordonna diacre. Peu après, convaincu de la sagesse et de la piété d Ulric, il l'établit prévôt de son Eglise. Au retour d'un pèlerinage de la terre sainte, i! passa par l'abbaye de Cluny, où il embrassa la vie monastique, et fut ordonné prêtre. Plus tard, il fut chargé de diriger les religieuses de Marcij^ny, célèbre monastère de vierges, près d'Autun. Ensuite, Lutold sei* gneur allemand , ayant donné ses biens à Cluny pour les convertir en un monastère, Ulric fut choisi pour l'exécution de ce dessein, et devint ainsi Je premier fondateur de ce monastère, qui prit le nom de Rumelin-
Î:en. De retour à Cluny, il fut envoyé pour onder un nouveau monastère, dans la forêt Noire. Il fut nommé La Celle; et à quelque distance de là , il en érigea un autre pour des vierges. Ulric , après bien des travaux, termina ses jours dans le monastère de La Celle le ik juillet 1093.
Sbs ÉcRrrs. — L'historien de saint Ulric nous le représente comme un homme extrêmement laborieux , qui employait à Tétude, à rinstruction , et à la composition tout le temps que lui laissaient les heures de la prière. Ses expressions sont à rapporter. Il avait dit d'abord qu'il était continuellement Occupé à écrire : Per scribendi laborem coniinuum. Ensuite il ajoute cette belle gradation : Oraiioni Uctio ^ leetioni galutaris doclrinœ admonition admonitioni scribendi vel dictandi crebra successit exerciiatio. Malgré cette application assidue d*Ulric à multiplier les productions de sa plume, on n'en connaît que fort peu en particulier, et il en est encore moins venu jusqu'à nous.
La plus célèbre aue l'on connaisse, et qui nous a été conservée^ est le recueil des anciens usages, 0(j coutumes de Cluny. L'auteur du recueil , et Tabbé Guillaume, à qui il est dédié, nous apprennent à quelle occasion ces coutumes furent rédigées par écrit. Ulric envoyé à la cour d'Allemagne pour uuelque affaire de son monastère, passa par rabbaye d'Hirsauge r où il fut reçu avec toute $'»rt«j de charité. Le bel ordre, qui
s'observait à Cluny, était déjà connu dios ce pajrs, et Bernard abbé de Saint-Victor de Marseille , qui en qualité de légat dq Saint-Siège, s'était trouvé à Hirsau^»
1084, en avait donné une idée encore»dessus de festime qu'on en faisait. Ofjl un puissant motif à I abbé d*Hirsauge il'»gager Ulric à lui laisser par écrit de sin> cellentes pratiques. Celui-ci ne pat lerefa- 5er, et séjourna à Hirsauge le temps oéf^ saire pour exécuter ce dessein. DIric, pour procéder avec plus d'ordre, a divisé son recueil en trois livres, et chaque livre en p'asieurs chapitres. Le premier livre coaipé de cinquante-cinq chapitres trailedeVoffice divin de toute l'année; le second de trente-sept roule sur Tinstruction des novices, et le troisième composé de trentetrois est employé à faire connaître les offices du monastère. L'auteur indiqua luimême à la tète de l'ouvrage les titres «ie tous les chapitres , pour l'iitilité des jeteurs, comme il le dit lui-même. Alii^ de chaque livre se trouve aussi une préface à la louange de la communauté d'fiiisauge.
Ulric commence le premier livre, er forme de dialogue, par la distribution de TEcriture sainte pour les leçons de rutfice divin pendant le cours de Tannée. Elle était alors a C-Iuny à peu près ce quelle est encore aujourd'hui dans le bréviaire Bénédictin. Mais les leçons étaient beaucoup p>u> longues, puisque pendant les semaines ()(? la Septuagésisme et de la Sexa^ésime on lisait la Genèse et VExode enentier.ll csimi que la lecture du chœur se continuait ta réfectoire, mais pour ces deux livres seii- • lement. De même ^on lisait ioniJérémiejtpuis le dimanche de la Passion iusqu'ia Jeudi-Saint exclusivement» excepté ks lamentations A\ y aurait beaucoup uaulres remarques curieuses à faire, sur la psalmodie, la nature et Tordre des prières, sur If^ cérémonies, les ri is observes dans la réîébration des saints mystères et dans cbaqt)' solennité et principale fête de Tannée, ^o-
I auteur entreprend de parcourir à {«f^r du jeudi saint inclusivement jusqu'au ^' manche des Rameaux.
Dans le second livre sur Tinstrnction d^ novices, Ulric entre dans un grand détui sur toute Ja conduite qu'ils devaient i'*»/'^'
II y parle de l'exactitude du s itenrequ»"
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DE PATROLOGDS.
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j observait. Mais oo se parlait par signes tels qu'ils sont décrits d une manière fort curieuse dans le quatrième chapitre. 11 traite encore dans le même livre de l'offlce du chantre de semaine et de ceux du prèlre semainier^ du diacre, du sous-diacre, des chantres du graduel, de Talleluia, du trait, et des autres ministres de Tau tel ; du lecteur de table, des cuisiniers et de la batterie d»^ cuisine.
Le troisième livre, qui traite des officiers, couimence par Tahbi^. L'auteur y décrit les cérémonies de son élection , ses fonctions au chœur, et particulièrement les pénitences qu'il avait droit d'imposer, suivant la nature des fautes. 11 parle ensuite du grand prieur, des doyens, du prieur Claustral, des circateurs, c'est-à-dire, de ceux qui étaient chargés de remarquer les fautes contre Tobservance régulière et de les proclamer au chapitre. Il s'arrête particulièrement à ce qui concerne les enfants qu'on élevait dans le monastère et leurs matires, et entre dans un grand détail sur cette matière. Ulric avoue en terminant, qu'à la vue du soin c|u'on prenait de ces enfants jour et nnit, il s'était dit souvent à lui-même, qu'il était diflicile qu'un fllsde roi fût élerédans son palais avec plus de précaution, que le moindre erifant à Cluny. Après avoir parlé du grand chantre, qui était ordinairement bibliothécaire, du chambrier, et de l'apocrisiaire ou trésorier, il vient à la manière do faire le pain pour le sacrifice de la messe. Rien ne montre mieux la foi des moines de Cluny pour ce mystère, que le respect accompagné de pieuses cérémonies, avec lequel on y préparait ce pain. La purification des corporaux et des vases sacrés, par des prêtres et des diacres, se faisait avec les mêmes cérémonies DIric continue à décrire les autres principaux usages, à marquer les fonctions des autres oiiiciers, tels que le cellerier, le jardinier, l'aumânier, ceux qui étaient chargés du réfectoire, du soin de recevoir les hôtes, et finit par l'onction des malades, la manière d'assister les moribonds, les cérémonies funéraires. Ces derniers chapitres, nommément le Tîn^tneuvième et le trentièmei sont particulièrement remarquables.
L'auteur dédia son ouvrage par une assez longue épltre à Guillaume, abbé d'Uer- ^u^e, oui le lui avait demandé. Ulric dans cette épitre loue, à la vérité, ce qui lui paraissait le mériter dans les observances d^Hersauge, et ne laisse pas néanmoins tl*exposer avec liberté ce qu'il y trouvait à réformer. 11 s'élève fortement en particulier contre un abus, alors général dans l'ordre de saint Benoit, qu'il regarde comme )a principale cause de la ruine des monastères de cette époque. On sait qu'on jr recevait les enfarts, dès qu'ils pouvaient se passer de leurs nourrices. Il arrivait de là Mue les parents cherchaient à se décharger Piécette voif« de leur nombreuse famille; (Qais ils y offraient par préférence les boi- ^^ux, les manchots, les borc^ne;, les bos->
sus, en un mot tous les disgraciés de la na« ture. Ulric aurait voulu abolir cet usage, parce que, dit-il, les monastères remplis de ces invalides ne peuvent garder aucune régularité. ]l n'en est pas de même, ajontet-it, des maisons qui n'admettent que des hommes d'un âge mûr, et qui se présentent de leur propre mouvement. La discipline y est gardée avec exactitude.
Lenteur a laissé dans la même épltre, un témoignage bien glorieux pour le monastère de la Charité-sur-Loire, en ce qui re- (;ardele désintéressement, la confiance en a divine Providence, et la générosité à y recevoir les hdtes. Le monastère n'était pas riche, puisqu'il n'y avait pas encore trente ans qu'il était fondé, et cependant on avait trouvé le moyen d'y entretenir cent moines. Gérard qui l'avaient fondé, et qui le gouvernait alors en qualité de prieur, ne se bornait pas à inviter, mais forçait même les
f lassants à y recevoir le droit de l'hospitaité. L'année même qu'Ulric en parlait de la sorte, l'abbé saint Hugues y avait donné l'habit à cinquante-cinq novices en un seul jour. Sur la fin de son épilre l'auteur conseille à l'abbé Guillaume de faire le parallèle de ces coutumes avec celles qu'on suivait dans son monastère, et de concert avec la communauté de choisir des unes et des autres celles qui lui paraîtraient plus conyenables , afin d'en faire un corps permanent, qui pût servir de rè.;le pour la suite. En etfet, Guillaume suivant cet avis réduisit le recueil d'Ulricen deux livres. L'ouvrage de notre auteur ainsi réduit à deux livres , n'a été connu des écrivains d'Allemagne
3 ne sous cette idée. Avant que Ulric eût réigé par écrit, ces coutumes de Cluny, Bernard autre moine du lieu , Jes avait recueillies en deux livres; mais quoique ces deux ouvrages soient le même pour le fond, celui d'Ulric mérite la préférence pour le style et la méthode.
L'anonyme de Molk, qui avait une con* naissance particulière de l'histoire d'Ulric, atteste qu'il avait écrit un grand nombre de lettres à diverses personnes; toutes avaient pour objet l'observance régulière. Mais de toutes ces lettres il ne nous en fait connaître qu'une en particulier; elle était adressée à un abbé d Allemagne nommé Guillaume»
qui parait avoir été l'abbé d'Hirsauge de même nom. Ulric, ayant appris que cet abbé portait la chape, quoiqu'il ne le fit que pour se conformer simplement aux autres abbés
3ui s'étaient arrogé ce privilège pour se istinguer des autres moines, lui écrivit la lettre en question pour lui faire sentir son irrégularité et >ui montrer qu'il ne lui était pas permis de porter d'autres habits que ses inférieurs. Guillaume, touché des raisons de son ami, se dépouilla de la chape pour toujours. Le même auteur nous apprend
Su'Ulric avait encore écrit la vie et l'épitaphe u moine saint Herman. frère de Gerhard» évèque de Constance. Hais il est probable que ce dernier ouvrage est perdu sans T%h-* source I car ni Surius ni les continuateurs
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de Bollandus n*en ont donne aucun exlrait.
ULGER» évéque d'Angers. On croit qu'il naquit dans i*Anjou, et ce fut à Angers qu'il flt ses études. Sa conduite régulière et les progrès qu*il fit dans les belles-lettres lui méritèrent un canonicat. Il devint ensuite écolfllre» puis, en 1113, ou en 1119 selon d*autres, il fut nommé archidiacre d'Outre- Loire.
La grande réputation littéraire qu'il s'était faite attirait à Angers l'élite de la jeunesse française. Il eut, entre autres, pour disciple et depuis pour ami Guillauiue Qiiadradi, fils du baron de Jonsac, et évéque de Saintes en 1127. Il en fut de même de la plupart de ses élèves, qui lui conservèrent toujours la plus tendre alfection.
Ses qualités le firent élever sur le siège d'Angers quand Tévèque Renaud de Martigné fut devenu archevêque de Reims. Son ordination eut lieu le 20 septembre 1125.
Peu après il fit à Rome un voyage en compagnie de Gui d'£tampes, évéque du Mans, et de Guillaume, évéque de Poitiers. On ne connaît pas le motif de ce voyage.
A son retour il renouvela le ditférend soulevé entre les évèques d'Angers et les abbés de Vendôme ; mais il avait affaire au célèbre Geoffroi, qui ne lui cédait ni en talents ni en vertu. Les légals du Pape lui mandèrent
(plusieurs fois de cesser ses poursuites; mais, oin de là, il assembla son clergé en synode, et, après l'avoir consulté, il lança l'inlerdit sur toutes les maisons de cet ordre situées dans son diocèse. Geoffroi en appela à Rome. Enfin ce différend se termina après la mort de cet abbé, par un arrangement entre les deux juridictions.
11 eut aussi un démêlé avec l'abbesse de Fontevrault. Saint Rernard en écrivit au prélat sans rien gagner, et le pape Innocent II, dont les religieuses avaient imploré la protection, le mnnda à Rome, où il dut se rendre en 1137. Ni les prières ni les menaces du Souverain -Pontife ne purent le faire céder. Aussi le Pape l'interdit de ses fonctions l'année suivante; mais, à la prière de saint Bernard, qui prisait beaucoup son mérite, 11 ne tarda pas à être rétabli. Dans une pièce de poésie qu'Hildebert fit à celte occasion, Ulger est représenté comme un évéque dont le courage est à toute épreuve quand il s'agit de son devoir.
Au milieu de tous ces embarras, Ulger n'oublia pas les écoles de son diocèse; il récompensait et stimulait le zèle des professeurs.
Après un long et glorieux épiscopat, il termina sa carrière par une mort édifiante le 17 octobre 1148.
Ulger est un des prélats du xu' siècle dont les auteurs contemporains ont le plus célébré le savoir. Toutefois il ne reste de lui qu'un petit nombre d'écrits assez succincts, parmi lesquels celui où l'on remarque le mieux la force et la vivacité de son génie est le Mémoire envoyé en cour de Rome à l'occasion du différend avec l'ahbé de Vendôme. Il est court, mais clair, métbodiquoi
nerveux, éloquent, et pourrait encore senir de modèle. Il fut prononcé en 1136 m
frésence du pape Innocent II; eaToid exorde:
« Père et seigneur, unique de e« moîà, la compassion et la chanté m'engagent répondre pour le pauvre abbé Jean etpcs sa très -pauvre maison que l'abbé et;& moines de Vendôme, à la faveur da mi> nage, s'efforcent d'opprimer sous le poii^ de leurs excessives richesses. Cet bomii^ parvenu jusqu'à vous, non sans d^exlrén!^ fatigues, n'a dépêché personne avant m départ pour le prévenir à cette cour, il oi pareillement amené personne avec lui, eoii il n'attend depuis son arrivée personne qti soit convenu avec lui de le suivre. 1! h seul, il est sans crédit, il est pauvre. Sei il est attaqué par ulusieurs; sans crédit, :1 est en hutte à des nommes puissants; pasvre, il est environné d'adversaires trèsriches. Son Ame est plongée dans lalilictioi. C'est ce qui me porte à le secourir, pans
2u'il n'est ni d*un honnête homme ni dij brétien de refuser son aide à l'inQ^isK opprimé. Cet homme ost votre seryllesiâ prêt à vous donner toutes les marquâc^ dévouement qui dépendront de lui. C'esi ji chanoine régulier de l'église de Saiole-Msm des RoiSy laquelle, entre touteé les églises saintes, passe pour la plus sainte, ei, eoir? les églises pauvres, est assurément ia fii}) pauvre. C'est, dis-je, le fils pauvre de celle mère Indigente qui, résolu de comUlirt
£our elle, vient se jeter aux pieds de Vot^; lajesté pour lui demander justice. Je ai« joins à lui et je vous supplie avec lui de vouloir bien prêter une oreille atteoliree: un cœur compatissant à ses moyens de défense. Car mon dessein n'est aucunemec:
d'amuser votre sérénité par de vains discours au préjudice du respect que jedoisà son caractère. Je laisse à Cicéron et à ses imitateurs les ornements de l'art oratoire. La vérité pure dont Tévidence doit faire le salut de mon client, et l'énoncé simple et succinct de ce qui est essentiel à notre caus^ voilà, très-saint Père, ce que je me propose de vous mettre sous les yeux ainsi auàceti? auguste cour devant laquelle j*ai rnoaneur de parler. j>
L'auteur expose ici le fait. Il s^agissait^t l'église de Saint-Nicolas de Craon, quecbâcune des doux parties prétendait lui appi^* tenir. Ulger fait en peu de naots rhistoir. de cette église. Dans l'origine, c*était mi chapelle ou oratoire que les seigneurs vl lieu avaient fait construire pour eui ell<^' famille. Ces mêmes seigneurs, voulariU^^ puis y faire célébrer l'oince divin, la dotèrt^ de plusieurs portions de leur fief pour ic^ tretien d'un certain nombre de cnapelii^ Quelque temps après ils en firent (ion) Tabbaye de la Roé. Cette donation, co^' mée par Renaud, alors évéque d'Angers, }> approuvée par Pascal II. Cependant ce w^ Renaud, des mains duquel Albin, abl)é<'^ la Roé, avait reçu l'investiture, v}i»ti3i d'avis quand il fut devenu archerè«{u$ i*^
'i?9 tLG DE PATnOLOClE. ULG I70Q
eiois, ety par le conseil de Gilbert, arche- gesse de Tévèque qui fit rarrangement en
è.|ue de Tours, d*Hi]debert, évoque du question.
lans, et d'autres graves personnages, il en La septième lettre d'Olzer est aaressëe k
irestit Tabbé de Vendôme. Le motif de ce saint Bernard. C'est une réponse aux remon-
(rangement était que la chapelle en ques- trancesque lui faisait Tabbé de Clairvaux,
on se trouvait sur la paroisse de Saint- à l'occasion de ses différends avec les reli-
ieolas, qui appartenait a cet abbé. Les re« gieuses de Fonlevrault
gteul de la Roé protestèrent et se main- Nous avons encore de notre écrivain une
Drent dans leur possession. Dlger fait voir charte qui fonde l'hospice de Saint-EIol dans
ue celte possession est légitime , étant la paroisse de Saint-Etienne d*Angers, en
indée sur le plus incontestable titre de faveur des religieux de Marmoulier, qu'Dl-
ropriété. Il réfute avec force les objections ^er avait en grande estime. « Donner avec
es religieux de Vendôme. Enfin l'éloquence joie, dit-il, et porter les autres, par la ma-
e révéque d'Angers obtint un plein succès, gnificence de ses aumônes à faire de même,
t ses adversaires furent déboutés de leurs c'est en quoi un prêtre et surtout un évè-
amandes. Il est h croire qu'il v a encore que doit faire consister sa gloire. » Suivant
Utger d'autres plaidoyers semblables dans ses dispositions qui assurent Texistence de
.'salTaires qu'il eut en son propre nom, mais la fondation, dom Rivet croit qu'elle ne fut
n'en reste aucun vestige. faite que pour faciliter aux religieux de
Nous avons de ce prélat sept lettres. La Maroioutier de venir étudier aux écoles d'An-
remière est adressée au pape Lucien II, gers qui, en effet, étaient alors célèbres.
)urluirecoaimanderOdou, doyen de Saint- Mais on peut croire qu'une abbaye aussi
artin de Tours, qui fut obligé de se rendre célèbre avait dans son sein de quoi former
RoDie sur une citation fort dure qui lui des religieux aux sciences et aux lettres,
rail été faite et dont nous ne connaissons Dans une autre charte donnée par Ulger,
isTobjet. où il oblige chacun de ses successeurs à
La seconde est en faveur de Robert, prieur traiter les bedeaux de l'académie au jour de
il o)onastère deSaint-Cosme,deTours, qui là cérémonie des licences, on voit que la
Bvaitia remettre lui-môme au Pape. Dlger faculté d'enseigner se conférait dès lors avec
supplie le Pape d'accueillir favorablement un certain apparat.
obert et de lui accorder les demandes cju'il Le Gallia Christiana donne le testament
à lui faire. Il lyoute en terminant qu'il va de notre auteur. 11 y p^arJe des incommodi-
iroyer à Rome Peloquin, son officiai, avec tés de son exil. L'histoire ne nous apprend
^s maniues de son parfait dévouement au point celte particularité de la On de sa vie.
iJnt-Siege. A la suite de ces premières let- Puis, il énumère les églises et les propriétés
es citées dans les Historiens de France de que, malgré bien des travaux, il a su re-
uchesne, on a placé «me lettre pastorale couvrer pendant son épiscopat. Cet acte est
) notre prélat, dans laquelle il recom- assez bien écrit et renferme de grands sen-
ande à la charité de son clergé les dépu- timents d'humilité.
s (le Tordre des Templiers dont il fait un Toutes ses autres chartes qu'on trouve en
)itipeux éloge. Rrand nombre dans les églises de l'Anjou,
Nous trouvons après cela une lettre à lont l'éloge de sa sagesse, de sa prudence et
ibbé Suger, régent du royaume pendant le de sa charité.
,>va^e de Louis le Jeune à la terre sainte. Ulger a écrit aussi quelques poésies. 11
auteur supplie Su^er qu'il qualifie de Mo' ne nous en reste que deux épitapnes consa--
ué, de vouloir bien confirmer l'élection que crées à la mémoire de l'évéque de Harbode.
s religieux de Rourgueil avaient faite de En voici des passages:
obert pour leur abbé, après la mort de Première épitaphe deUarbode, Mque de
»erre. Comme cette élection s'était faite Rennes
mV'^i?c?J^„^'^ il^'^iîffl. ^\ permission de la siquis auamus erat MarMus noscere qumret.
>ur, Suger ne la ratifia qu avec celte res- F^iMhoc quod ego dicere posu nego.
iclion : Sateo rejni jure. ....:.:.. rT .. . .
La cinquième leUre est de l'an 1139. Elle ^*îîî'/ Cicero, eessU Maro, pincm Humero.
pour objet de demandera Guillaume, abbé Utdwambrmter.maeoêpanur.
pTiron, d'ériger en abbaye le prieuré irîcWiiâr<Kiitt,no/Âu*/teêfai9vifc^acW
Asnièrc, en Anjou, qui dépendait de la £fseii mêius, quœ ttene amcia jmus.
laison de Tiron. Celle lettre renferme un fUw«r«fci,; ùn^uAnt '^bd^ni ' ' "
rand éloge des religieux d'Asnière. 'hS^L'I:!^^^ aniari
rious ne connaissons la sixième que par ce SorU cadens hommum iraniiti ad Domàmm.
pendit dom Liron, qui l'avait lue dans / ' \' - ;;»-.l-l
histoire manuscrite de^int-Nicolas d'An- '""^"ScSS^i:^
frs. Cesl un accord, ilit-il, que fit Uluer
nire celle maison et celle des religieuses Voici les vers de la seconde :
e Honcerai, à i occasion d un corps mort m ,i,*«<i «.m rf«rt«-« ».,* ««•«»
orté dan, l'église .ieSaint.Nicolas.et dont les aS^^^SSo'^.^SJTO^rf..
envieuses, à I instigation du curé de Saint- Naius erat, quonm àecMê exnifi, àndegawnÊm:
Biques, revendiquaient la sépulture. H y PoêiBkedtmampirtnsetcliroffrafaUwbis^
?cJlit !l?'?"^^^,,^« 'V»''^ des%eligieusesi; SSSdTl^^iSS't.Sc^^
* cette afferire eût eu des suites sans la sa- sed sueeuirui efvtvs, et Mtîet rniuki.
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DICTKONIUIRE
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On le Tailf la poésie d*Ulger est loin de valoir sa prose. ÈnOn, il parait encore avoir fait un ouvrage intitulé: Venalitium discipUnarum. Cet écrit ne nous est point parvenu.
ULPHILAS, vers le milieu du iv* siècle, natif du village de Sadagothine, près de la ville de Parnasse en Cappadoce, était descendu des Chrétiens qm^ vers l*an 260» furent emmenés captifs par les Goths et répandirent !a religion chrétienne parmi ceux qui les avaient réduits à L'esclavage. DIphilas, un des descendants de ces captifs, choisi évèque, assista au concile que les ariens convoquèrent en 360 à Constantinople.
Quoique jusque-là il ne se fût pas écarté des sentiments de TËglise catholique, il les abandonna alors en signant la formule de foi qui avait été reçue à Rimini avec la clause que les ariens y avaient ajoutée à Nicée en Thrace, en 359. Maissoit que sa fauten ait pas été connue des évèques, soit au'il leur eu ait témoigné son repentir, il continua à communiquer avec eux et à enseigner aux Chrétiens de la Gothie la foi de Nicée. En 377 il vint de nouveau à Constantinople, chargé par les Goths de demander à Valens une province dans laquelle il leur fût permis de s'établir. Il réussit parfaitement dans sa mission ; et avec la permission de Valens les Goths s'établirent sur la rive droite du Danube. Des discussions s'étant élevées entre eux et les généraux romains, DIphilas fut de nouveau député vers Valens, qui rejeta sa demande avec hauteur. On en vint aux mains le 6 août 378» et Valens périt après un combat sanglant. Il paratt que Ulphilas mourut la même année.
Ce fut lui, selon l'opinion commune, qui inventa les lettres à 1 usage de son pa^s et dont les caractères se voient encore aujourd'hui dans quelques bibliothèques. Ce prélat est devenu célèbre dans TEglise et dans les lettres, par la traduction qu'il fît des saintes Ecritures en langue germanique.
.Toutefois il en a excepté le Livre des Rois^ dans la crainte que la lecture de tant de guerres et de combats dont ils sont remplis, n'enflammât encore ces peuples et ne les entrainflt à des guerres pour lesquelles ils n'avaient déjà que trop d'inclination. Ulphilas suit mot à mot le texte que Ton appelle byzantin moderne: sa traduction est d'autant plus précieuse pour les savants qui étudient les antiquités du Nord, qu'elle présente le plus ancien document écrit que nous ayons dans les langues du Nord. La traduction d'DIphilas ne nous est pas arrivée en entier. Ce qui en reste nous est {)arvenu en deux manuscrit.s dont l'un est e Codex argenteusj et l'autre le Codex carolinus; le premier a paru, 1* avec le texte goihiqué et la version anglo-saxonne,*Dordrecht„ 1665, 2 vol., réimprimés à Amsterdam en 168^ ; 2* avec le texte gothique et la version suédoise, irlandaise, et la Vulgate en regard» Stockolm, en 1671 ; 3' avec le texte grec et ïa version latine, Veissenfèls^ 1805. Dans )e Codex argenteus, qui ne
comprend que l'Evangile, les évangélisii-s sont placés dans Tordre suivant : saint Jùi. thieu, saint Jean, saint Luc et saint Marj. Le Codex carolinus^ qui ne compreu'l ^i^ quelques chapitres de l'épttre desaimPifj aux Romains, a paru avec le texte guifiii;> et avec la traduction interlinéaire, latm^r. allemande, Brunswick, 1762; réim^Tiit* UpsaU en 1763; à Londres, en 17T2;elàU"K en 1781. On trouve dans l'édition deVtb. senfels, tous l'es détails sur ce monaai?:' si précieux pour les lettres et pourlar^gion.
URANIDS, prêtre de l'église de Nole.w moin de la mort de saint Paulin, noust:.! donné la relation à la prière de Pau'.s
f)oëte gaulois, qui avait intention aéiri'. a vie de ce saint évèque. OnylilqueUle la terre fut touchée ue douleur à h m* velle de la mort de ce saint : que \^kit> et les infidèles le pleurèrent. Ià^s hi^i^ mes et les païens accoururent à sak^ railles et tous criaient d'une voix uuanm qu'ils avaient perdu leur tuteur, leor vtenseur et leur patron. Le nié:ne ïm.D raconte que saint Paulin apparut à kit évêque de Naples, tenant àsaroain unrajjii de miel extrêmement blanc. Sur la ûodtM relation qu'il adresse à Pacatus, il Yn» à exécuter promptement le dessein qui!
avait d'écrire la Vie de ce saint ; car, dbdstil, il lirait avec joie un ouvrage aui (toun:: être si utile. Saint Isidore de Sévile par!» de celui d'Dranius, et saint Grégoire >, Grand en rapporte un passage. 11 est parlé aussi dans saint Grégoire de Tours tïm relation de la mort de saint Paulin. Uraoïji récrivit d*un style simple et naturel msit il convient à des ouvrages de cette oaiBrc. URBAIN r% Pape après Callixle 1", le ii octobre 223, eut la tête tranchée pour la ^.i de Jésus-Christ sous l'empire d'Aleiancrt Sévère. Une lettre décrétate supposée à « Pape établit la nécessité de la vie cmmi^ etdonneà entendre contre la vérité de l'Mstoire, que les fidèles la menaieat sous le pontificat d'Urbain avec la même exaitiiude que du* temps des apôtres. Les termes u:^ lesquels elle parle du mérite des oblatiuD.' des fidèles et de leur usage paraissent lî't: du second livre de la vie conleinplalives".îi le nom de Prosper. Elle en emprunte d a • très de saint Cyprien, du concile de Pa-^ sous Grégoire IV et du code théodosien.ei ce qu'elle dit de la position que la cba:r.' épiscopalo doit occuper dans les êg'l:>?>'
f»our marquer que les évoques doirenUt • er sur leurs peuples et le pouvoir qu^' ont de les juger, paraît imité de sàhiiX'J' gustin, et d'un auteurdonl les écrits ûotût pendant quelque temps attribués à saiai Aitbroise. Mais il paraît certain que cette f'^> Ire est sortie des ateliers de Marius Men^' tor.
URBAIN II, connu auparavant sous «e nom d'Eudes ou Odon, est corap/i/^ouf-* cinquième Pape que la France a donne l'Eglise. Il naquit vers l'an 1042, à Cbai''^^ sur-Marne, dune famille dislinguéi* l*^ ^
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oblesse. Placé dès son enfonce à Vécole de leims, alors très-florissante, il y eut pour 33ltre le célèbre scolastique firunon, plus onnu depuis sous le nom de saint Bruno, nstituteur des Chartreux. Sous un tel eneignement, il ne pouvait manquer de faire 6 rapides progrès dans la science et dans ) vertu. Aussi y acquit-il ce premier fonds e doctrine qui le fit passer dans la suite our un des hommes les plus savants de on époque. Il s'attacha d'abord à l'Eglise de ieims, où son mérite lui fit obtenir succesivement une place de chanoine et la dignité 'archidiacre, dont il remplissait les Joncons dès Tan 1070. Mais, quelque réglée lie fût sa conduite, il aspirait à un état en* ureplus parlait. Tout occupé de cette penée, il se retira à Cluny, ou il reçut Thabit [ionastique des mains de saint Hugues, qui 0 était alors abbé. L'eiactilude et la ferveur u nouveau religieux ne tardèrent pas à le lire établir de la maison, et ce fut dans le moment où il s'acquittait de ces fonctions, e manière à faire concevoir les plus solides spérances, que son ahbé l'envoya au pape régoire Vil, qui lui avait demandé quelues-uns de ses élèves, choisis parmi les lus habiles et les plus vertueux, pour l'aierdans les circonstances graves ou se trouait alors l'Eglise. Créé cardinal, évèque *Osiie, presque aussitôt après son arrivée RoQie, il fut envoyé légat en Allemagne, où empereur Henri le retint quelque temps D prison, et lui fit souffrir divers mauvais aiiements. Après la mort du pape Gréoire Vil, il témoigna le même attachement il pape Victor 111, son successt ur; mais ce ernier n'ayant occupé le Saint-Siège qu'un Q et quelques mois, Odon fut nommé fuilème pour le remplacer dans le souvernelent de l'Eglise. Sous le nom d'Urbain U,
fil monter avec lui sur le trône apostoliue tous les talents et toutes les vertus qui )Qt les grands Papes. Il était alors dans la eur de son fige et avait à peine quaranteil ans. Sa douceur et sa modération lui fti^nèrent tous les cœurs; plusieurs de ceux ui s*étaient déclarés contre l'Eglise se êunirenl à lui, et il se conduisit avec tant e prudrnce pendant le schisme, qu'à la fin esa vie il ue testait presque plus de parisans à l'antipape Guibert, et que les chefs JèiDes de ^a faction se trouvaient réduits à impuissance.
Lhibioire du pontificat d'Urbain U se rouve liée à l'une des époques les plus [lémorables des temps modernes. Ce pon« »l*i. héritier des grandes vues de Gré- .^•H*e VU, proclama dans le concile de Cler- ^ont, tenu en 1095, la première croisade, lui s*exécuta l'année suivante et fut signa- ^^ par tant de succès et de revers. Le pre- <^ier mobile de cette grande entreprise fut ^n simple prêtre du diocèse d'Amiens, iommé Pierre, et surnummé l'Ermite, à ^use (le la vie solitaire qu'il menait avec *ne édification qui lui avait concilié le ros- ><^cl universel. U était de petite taille, dit Hérault Bertcastcl, dune physionomie peu
avantageuse, mais d*un courage héroïque, d'un esprit élevé, d*une vivacité et d'une énergie de sentiment qui faisaient passer ses propres affections d'une manière comme irrésistible dans Tflme de tous ceux è qui il parlait. Sa vie pauvre, et on ne peut plus austère, lui conférait un nouveau degré d'autorité. Cétait au sein même de la domination tyrannique des Turcs et des Arabes, qu'il avait formé le projet d'affranchir les saints lieux. En faisant le pèlerinage de Jérusalem, il fut extrêmement allligé de voir les indignes traitements que les Chrétiens avaient à souffrir de la part des infidèles. Leur délivrance ne pouvait venir que des Chrétiens d'Occident. Pierre en conçut le projet, et alla conférer avec le patriarche Siméon, qui lui donna une lettre pour le pape Urbain 11, déjà fort enclin à l'expédition qu'il sollicitait. 11 remit sa lettre; parcourut ritalie, passa les Alpes, alla trouver, l'un après l'autre, tous les princes d'en deçà des monts, les exhortant à la délivrance des lieux saints, et faisant les mêmes instances aux peuples qui se trouvaient sur sa route. Quand les esprits des grands et des peuples furent ainsi montés, surtout parmi la généreuse nation des Français, le Pape s'y rendit en diligence par mer. Il traversa le pavs du Khône , passa au Puy-cn-Velay, et de là, convoqua le concile qui devait avoir lieu à Clermont. Douze archevê(|ues, quatre-vingts évêques, un nombre beaucoup plus considérable d'abbés, sans compter une infinité d*autres ecclésiastiques et (te savants de tout état, s'y rendirent de toutes les parties de la France et àes royaumes voisins.
On y traita surtout l'objet capital du concile, c'est-à-dire la ligue projetée entre les Musulmans. Ces infidèles laissaient, à la vérité, à ceux de leurs sujets, qui étaient Chrétiens, le libre exercice de leur religion ; ils leur permettaient les pèlerinages et faisaient eux-mêmes celui de Jérusalem, qu*i1s nomment encore la Maison sainte, et qu'ils ont en vénération; mais leur haine pour les Chrétiens éclatait en mille manières. Ils les accablaient de tributs, leur interdisaient l'entrée des charges et des emplois, et les obligeaient à se distinguer en portant un habit qui passait pour méprisable parmi eux; enfin, ils leur défendaient de construire de nouvelles églises, et les tenaient dans une contrainte qui pouvait être regardée comme une persécution perpétuelle.
Ces barbares menaçaient d'ailleurs d'envahir les autres provinces de la chrétienté, et TEurope même, comme ils le firent en effet plus tard. Ces considérations, habilement présentées dans le concile, excitèrent le zèie d'Urbain 11. Après les avoir écoulées avec recueiriement, il leva les yeux au del, et faisant signe de la main pour imposer silence, il paria ainsi ;
<c Vous savez, mes frères, que le Sauveur du monde a honoré de sa jirésence la terre
£romi^e de toute antiquité au peuple do ieu. C'est là son héritage éternel, le lieu fixe de son habitation; ^t quoiqu'il i*al*.
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abandonnée pour un temps à la tyrannie des infidèles, il ne faut pas croire qu'il Tait délaissée à jamais. Depuis tro|) longtemps l'Arabe sacrilège exerce soh impieté sur les lieux saints Ils ont réduit les fidèles en servitude; ils les accablent de tributs, d'exactions, et des plus indigues traitements; ils enlèvent leurs enfants, les contraignent de renoncer à leur baptême, et, s^ils font résistance, les effacent du nombre des vivants. Le temple du Seigneur est devenu le siège des démons ; le saint sépulcre est transformé en élable; tous les endroits consacrés par le sang et les vestiges du Fils de Dieu ne sont plus que des lieux de carnage et de prostitution. On ^ égorse les prêtres et les diacres; on y ravit aux femmes et aux vierges la vie après la pudeur. O vous tous, mes chers enfants, armez-vous de zèle, et marchez sans plus tarder au secours de vos frères, presque désespérés dans la Palestine. La foi est près de périr dans les lieux oil elle à pris naissance. Que dis-je? les tyrans forcenés ne mettent plus de tiornes k leur rage. Comme un torrent qui ne connaît plus de digues, peu contents des immenses possessions quMIs ont usnrpées sur Tempire des Grecs, ils en veulent envahir les derniers restes, se répandre ensuite dans notre empire et dans tous nos royaumes. Ils ne se proposent rien moins, dans leur ambition sacrilège, que d'éteindre le ïiom chrétien^ Plusieurs d entre vous ont été témoins oculaires de leurs excès ; personne n'en peut douter. Pour nous, pleins de confiance en la miséricorde du Tout-Puissant, par noire autorité apostolique, nous remettons à ceux qui marcheront contre les infidèles, les pénitences qu'ils méritent pour leurs péchés. Ceux qui mournml avec un vrai repentir, dans les lieux oit Jésus-Christ est mort pour nous, ne doivent pas douter qu'ils ne reçoivent la rémission de leurs fautes et la vie éternelle; et si l'on meurt avant que d'y arriver, la récompense n'en sera pas moindre. »
Les exhortations du Pape émurent fortement les esprits. Un enthousiasme qui parut divin saisit toute l'assemblée. En un même instant, et comme par inspiration, on s'écria de toutes parts : Dieu le veut 1 Dieu le veuti Le Souverain Pontife reprenant la parole : « Mes frères, leur dit-il, vous voyez clairement que le Seigneur se trouve au milieu de ceux qui sont assemblés en son npm. Kussiez-vous ainsi proféré tous d*une voix unanime le même cri, s'il ne l'eût mis luimême dans votre bouche? Ce sera donc là votre cri de guerre et de ralliement. » Indépendamment de la grande affaire de la croisade, dont l'expédition fut immédiatement résolue , les Pères du concile de Clermont s'occupèrent de plusieurs règlements de discipline, dont nous parlerons ailleurs. Avant de retourner k Rome, le pape Urbain II parcourut une grande partie de la France. Il séjourna quelques jours à Limoges, où il consacra l'église de Saint-Martial, le 25 décembre 1095. A Poitiers, il célébra la fête
de saint Hilàlre, le 13 de janvier 1096, et; fit, le 22 du même mois, la dédicace de l'église de Montier-Neuf. Il passa ensuite I Angers, et délivra le comte Geoffroi-Miriii, que son frère Foulques-le-Rechin reiessi! prisonnier au château de Chinon. Il ne ë, pour ainsi dire, que traverser le UaiiiK rendit k Vendôme, d'où, après on Ufm^ deux semaines, il se rendit k Tours et ii^ loger k l'abbaye de Marmoutiers. li eod^i l'Eglise, et v tint un concile auquel 1$?^ tèrent plus de quarante prélats, tantan^. vêques, que évêques et abbés. Comme ii n'entre point dans notre plan de retrst^ l'itinéraire que suivit ce Pontife arut d; se rendre k Rome, nous observerons m^fment qu'un de ses premiers soins, i «.s retour, fut d'y rassembler un concile, «ji. n'avait pour objet que de promulguer fo Italie ce qui avait été réglé dans lesdiifrrents conciles qu'il avait présidés enfnutt Urt)ain II mourut k Rome le 29 juillet 1(99, quatorze jours après la prise de Jérasi^ttu, par l'armée des Croisés, mais troptôijAiiT avoir eu le temps de s'en réjouir Diea .lu réservait sans doute cette oonsoUtioo, comme la première rédompeose de soc éternité.
Lettres. — On a de lui cinqoaot«-sed lettres disséminées en différents recueiii Nous dirons seulement un mot des pnoapales.
La première est adressée k Bernard archevêque de Tolède, établi depuis pea primat d^uagne. Urbain l'exhorte à oejaioais oublier les devoirs que cette digaiié k impose, et en conséquence, k Teilleriur toutes les Eglises du royaume, avec û'i^ tant plus de sollicitude, que le Saint-Sié^^oV conservait plus aucun légat, depuis la ^rt<^ cation du légat Richard, abbé de Saiol-Victor de Marseille. Il lui enjoint aussi de invailler de tout son pouvoir k retirer dejnson révêque de Saint-Jacques et k le rétablir sur son siéçe. Cétait Diègue ^ue ie roi Alphonse avait fait arrêter et déposer de sa dignité épiscopale. Dans la lettre suivante écrite a Hugues, abbé de CIqot, le Pape lui donne avis de l'accueil gracieoi quil avait fait k l'archevêque BernanJ.eo faveur de qui Tabbé l'avait sollicité, li ajoute qu'il lui avait accordé la primatie sur tous les évêques d'Espagne, aveclepal-i lium et toutes les faveurs que Hugues itii^ avait demandées pour ce prélat qui avait été son disciple k Cluny. Urbain, dans '1 suite de sa lettre, prend cette abbajeei toutes ses dépendances sous la proiectioc du Saint-Siège et se recommande aax pn^ res du saint abbé.
La 8* et la 9* publiées parmi celles dTre5 de Chartres sont adressées, l'une ao der^ et au peuple de cette Eglise, et Tavut' Ricfaer, archevêque de Sens son méiroj^^ tain, pour leur annoncer qu'il avait ordooa^ évêque de Chartres, Yves qui était teno recevoir la consécration de ses mains. Cett^ lettre est suivie d'un petit discours reopij d'instructions pratiques 1 telles qu'ii^''"
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INC PATHOLOGIE.
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ootome de les donner en pareilles circonlances. Yves remplaçait sur le siège de Chartres GeofTroi qui avait été déposé.
La 17' est une réponse k Lucius, prévdt de aint JuTensiede Pavie, sur Quelques quesions qu'il lui ayait adressées. 11 prouve lAns cette lettre que toute vente des choses tclésiasliques est une simonie; et comme 6 prévôt lui arait demandé si les ordinaions et les sacrements administrés par des imoniaques, par des adultères ou par d*autes clercs notoirement criminels étaient ralides; il répond que si ces clercs ne sont m sé()arés de TE^lise par le schisme ou ^hérésie, leurs ordinations sont valides» et eurs sacrements saints et vénérables. Ce* ;)endanl il observe que les Papes Nicolas II fcl Grégoire VII , ses prédécesseurs, ont défendu d'assister à la messe des prêtres ens'a^és dans ces désordres, afin de les obliger i en faire pénitence. Quant aux hérétiques tï aux scbismatiques, ils ont» è la vérité, la [orme des sacrements, mais ils n*en ont ni la vertu ni l'efficacité, et ils ne produisent leur effet que quand ceux qui les ont reçus lODt réconciliés avec Tfiglise par l'imposition des mains*
La 2*2' est adressée à GébeharJ évèque de Constance, sur les difficultés qu*il éprouvait h faire exécuter les excommunications fuU minées par Grégoire VIII. Il y décide, 1* que (iuibert et le roi Henri IV soni excommuniés; 3* que tous ceux qui les soutien* oent le sont également; 3** que ceux qui communiquent avec ces excommuniés jus* qu'au troisième • degré, ne doivent point élre reçus à la participation des mystères, à moins quHls n'aient été absous; k" qu*iL fera diriger dans un concile général un règlement concernant les clercs qui ont été ordonnés par des évèques excommuniés; mais qu'en attendant, il faut laisser dans leurs ordres, ceux qui ont été ordonnés sans simonie, par des é vaques catholiques quoiqn'excommuniés, après leur avoir fait faire ])énitence, sans toutefois leur permettre de passer à un ordre supérieur, excepté dans des cas de grande nécessité; 5* qu'il doit chasser du clergé tous ceux qui se trouvent coupables de quelque crime qui mérite punition selon les lois, soit qu'ils laient eommis avant ou après leur ordination. Enfin il établit cet évèque ainsi que celui de Passou, vicaire du Saiot-Siége en Allemagne.
Dans la 38% adressée à Pibon, évèque de îoul, il renouvelle les décrets de Grégoire VII contre les simoniaques et les concubinaires, et celui qui défend de recevoir aux saints ordres, les enfants des prêtres. Il répète ce qu'il avait dit dans la lettre à Gébehard, touchant les ordinations faites par des excommuniés. Il excommunie de nouveau les simoniaques, et déclarent que les églises qu'ils consacrent doivent être consacrées de nouveau par un évèque catholiqvie. Il laisse à la liberté des évèques de recevoir ceux qui sont ordonnés sans titre. ^Qn il renouvelle la loi qui éloigne les
bigames des ordres sacrés. Les antres lettres n'ont rien d'intéressant.
Il serait à souhaiter que Ton pût recouvrer celles que ce pontife écrivit à la comtesse Mathilde. Elles doivent contenir bien des particularités curieuses, comme nous autorise h en juger le grand rôle que joua cette I)rincesse en faveur du Saint-Siége, pendant a division de l'Eglise et de l'empire. Un chroniqueur du xr* siècle, Hartman Schedel, qui en parle avec éloge, témoigne qu'elles existaient encore de son temps et que la collection en était assez volumineuse. On en pourrait dire autant de la correspondance d'Urbain II avec l'empereur Alexis Commène. Il ne nous en reste qu'une seule lettre, par laquelle il lui fait part de la croisade et du grand nombre de croisés qui s'en allaient sous la protection de la croix au secours des chrétiens d'Orient. Il l'exhorte à les secourir lui-même dans l'expédition qu'ils entreprennent.
BcLLBs. — Les bulles d'Urbain II sont presque sans nombre; il est peu de souverains pontifes qui en aient accordé davantage. Il est donc à peu près impossible d*entrer dans quelques détails sur ce point. Autant vaudrait presque se charger de rédiger un nouveau huliaire, parce qu'alors au moins on aurait des raisons impérieuses de recourir aux sources, et d'en poursuivre la découverte partout où les circonstances et les besoins au moment les ont cachées. Nos lecteurs seront pour le moins aussi surpris
Sue nous Tavons été nous-mêmes quand s sauront que le bullaire romain n'en contient qu'une. Les autres sont desséminées dans une foule de recueils qu'il nous est même matériellement impossible de nous procurer. Qu'on se rap|)ello seulement un lait que nous avons consigné dans la biographie d'Urbain, nous voulons dire le voyage au'il fit en France. Eh bien 1 pendant plus 'un an qu'il mit à parcourir notre royaume, passant de province en province et de ville Tille comme le rapporte son historien, il ne visitait point de cathédrale, point de monastère, en un mot, presqu'aucun asile religieux, sans leur accorder quelque privilège ou leur donner par écrit quelque marque de sa protection pontificale. Qu'on juge par ce simple aperçu jusqu'à quel point il dut multiplier ses bulles dans le cours de ses visites. Ce qu'il fit pour les Eglises de France, il l'avait fait ou il le fit plus tard dans les mêmes proportions pour les Eglises de la Fouille, de la Calabre, de la Sicile et de l'Espagne. Il en est dos bulles du Pape Urbain 11 comme de ses lettres; elles sont autant de preuves de sa piété, de sou inclination bienfaisante, de sa générosité, de sa tendre affection pour les Eglises (mrticulières, de son zèle à détruire le vice et à taire régner la vertu. On y découvre aus^i des vestiges de son attention à soutenir la haute idée que ses prédécesseurs avaient donnée de l'autorité du Saint-Siège et à soumettre à sa juridiction immédiate le plus grand nombre d'Eglises possible ; mais on
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ne voit pas qu*il ait pensé i porter les choses aussi loin que Grégoire VII.
DicRKTS. — Quant à ses décrets ou règlements, on peut juger de leur nombre par celui des conciles qu'il convoqua, et aux-
auels il présida lui-m^ème pendant le cours 'un pontificat de plus de onze ans. On sait d'ailleurs que presque chaque année il en assemblait plusieurs suivant les besoins de j'£glise ; mais il s'en faut de beaucoup que tous les règlements qui furent arrêtés dans ces conciles, soient venus jusqu'à nous. Par exemple, on n*a rien de ceux qui furent tenas à Rome et à Troies en Fouille, Tan 1089, à l'exception de quelques traits historiques que Bortbold et les autres écrivains du temps nous ont conservés. Il en est de même de ceux qu'il réunit dans la première année de son pontificat et d'un grand nombre d'autres qu'il réunit par la suite.
I. — On nous a conservé, du moins en partie, les actes de celui qu'il célébra à Quedlembourg, en Saxe, dans la semaine de PAques de l'année 1085, lorsqu'il n'était encore que cardinal évéçiue d'Ostie et légat du Saint-Siège. Ils contiennent une relation succincte de ch qu*il y fut décidé, avec sept canons ou règlements de pure discipline. La continence y est prescrite à tous les clercs, jusquaux sous-diacres inclusivement, suivant les décrets des saints Pères, comme le porte le canon. Le jeûne des quatre-temps du printemps y est fixé è la première semaine de carême, et le jeûne des quatre-temps d'été à la semaine de la Pentecôte. On défend de manger des œufs et du fromage pendant le carême : ce qui suppose que les fidèles de ces pays là se relâchaient dans Inobservation de l'ancienne abstinence.
IL -^ 11 nous reste seize canons d'un autre concile c|ue Urbain alors Pape tint en Pouille au mois de septembre 1089, et qu'on appelle le concile de Melfe. La plupart ne font que confirmer les anciens canons décrétés contre les investitures, la simonie et l'incontinence des clercs. On y renouvelle aussi l'ancien décret qui défend d'ordonner un diacre avant vingt-quatre ans, et un prêtre avant trente; à quoi le concile ajoute que l'on n'ordonnera point un sous-diacre avant Têge de quatorze ans.
III. — Il n'est venu jusqu'à nous que quatre canons du concile que le Pape assembla à Bénévent, le 28 mars 1091, et que Bertold appelle concile général; encore ces canons paraissent-ils tronqués ; mais ils sont remarquables par les points de discipline qu'ils prescrivent. Il y est défendu à l'avC'* nir, d'élire pour évêque tout clerc qui ne sera pas dans les ordres sacrés, c'est-à-dire, prêtre ou diacre. Le concile déclare expressément qu'il ne reconnaît pour ordres sacrés, que la prêtrise et le diaconat. Si la nécessité exige que l'on élise des évéques sous-diacres, ce ne sera que très-rarement et avec la permission du Pape et du métropolitain. 11 ne faut que ce canon pour détruire le sentiment de ceux qui prétendent que le Pape
Uibain éleva le sous-diaconat à la fhgitité d'ordre sacré. Le quatrième caooa défend aux laïcs l'usage de la chair, depuis lejsBr des cendres qui commence le carême, et ordonne que ce même jour, tous cler& et laïcs, hommes et femmes recevront les ont. dres sur la tête. Il défend aussi de ooouk. ter mariage depuis la septuagésime jus^il l'octave de la Pentecôte, et depuis Fatcel jusqu'à l'octave de TEpiphanie. Défensequ suppose que les personnes mariées gardaim la continence pendant ces temps-là. Quasi à la défense de l'usage de la chair bite m laïcs, elle insinue que quelques-uns s'éoiap* cipaient jusqu'à en manger les deui premiers jours du carême, en ne le ooamieB* çant, comme autrefois, que la semaine suvan te.
IV. Ce qui nous reste des actes Jucoa* cile de Plaisance tenu le 1" mars lOK,^ réduit à quinze canons avec une très<0!ir(e préface. Il y est particulièrement (\\a6m de diverses espèces de simonie, el aescr'^inations faites par les schismatiques eicommunies. Mais il parait, par ce que rbistoma Berthold nous apprend de ce concile que re n'est là que la moindre partie de ce qui 5> trouve défiai. Il nous manque en parlicalier les règlements qui y furent faits toiichaDt le mystère de l'Eucharistie ; la condamoation de l'hérésie de Bérenger de Tours; de celle des Nicolaïtes, comme s'exprime Berthold, c'est-à-dire des prêtres et des autrei clercs majeurs, qui prétendaient n'être f^( obligés à la continence, et sur quelques autres points vraiment intéressants delà dûcipline.
V. De tous les actes des conciles pré&'ér par le Pape Urbain II, il n'en est point -je plus célèbres que ceux du grand cODcii«i« Clermont, tenu en novembre 1095. Ce ^\ nous en reste consiste en treute^eui fi* traits de canons ou règlements recoeiili$<K suite, tels qu'ils se sont trouvés dans le Io^ Duscrit de Lambert» évêque d'Arras, gui était de l'assemblée. A ceux-ci on en a qouiâ d'autres découverts ailleurs, avec deux discours que le Pape prononça, en présence du concile, et sa bulle en ravearde tafrimalie de l'église de Lyon. It est incootestable par la connaissance que nous arons des grandes affaires qui furent agitées daos cet important concile qui dura dix jours, quece qui nous reste de ses actes n'est qttunepe tite partie de ce qui y fut dit et réglé./» n'est pas moins certain que Ton eut soin iie faire rédiger par écrit, suivant la couluifl* de tous les conciles , ce que le Pape et i^
blement leur prolixité qui en aura aosén perte. La paresse humaine se serarebub^ par le travail : et c'en était un en effet deo'
fier un si long ouvrage. On se borua do!K en faire de simples extraits; et chaesi dans la suite les disposa selon son goâ|«^ génie, et le but qu'il se proposait. Voili i raison qui explique pourquoi les règl^^^^'^
BBPATMXXMaL
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> débat annonce qu'il ftil prononcé au onrile de Clermont» ce qui ressort égalenent de la suite da discours. Après une ourle I mais vive description des maux noDïs que les Turcs et les Sarrasins fai- «lent soufFrir aux Cbréliens du pays, et à ;eux qui s*y rendaient en pèlerinage, Urbain fnumére les diverses contrées de l'Europe
)riocipaïes nations chrétiennes Jes Franjais, les Allemands, les Saxons, les Polo- Mis, les Hongrois, etc., il leur /ait obserrer que leurs pavs auraient déjà subi le céme sort, sans 1 empire de Constantinople |u]' leur servait «comme de mur de défeilse îtderem|>art, étales mettait à couvert de :es incursions. Le Pape insinue encore dans « discours le motii que nous avons déjà ondamné, et qui consiste à exciter le cottage par la convoitise, en faisant briller aux reut l*espérance de riches dépouilles. 11 ermine en accordant une indulgence plélière à tous ceux qui se croiseraient, les as« urant qu'eux et leurs biens seraient sous I nroteclion de la sainte E(slise romaine. Foucherde Chartres, à l'imitation des sures historiens de la croisade, a également nséré dans son ouvrage un morceau d'un iis«^ours d'Urbain sur le même sujet. Mais estyis de cette pièce informe ne conserve bsolument aucune ressemblance avec la Danière de s'exprimer de notre pontife; {oolque les motifs qui y sont allégués se lient, mais un peu diversement exprimés, 405 les autres discours dont nous venons 6 rendre compte. On ne peut s'empêcher e croire que ce discours aura été composé près coup, sur les autres discours d'UraiD, soit par Foucher lui-même, soit par oelqu'auire qui le Jui aura communiqué, ierre Tudebode, autre historien de la croiide, cite un simple passage qui se lit un eu plus étendu dans un anonyme publié •r dom Mabillott, comme faisant partie du iscours que le Pape Urt>ain prononça au Dndle de Clermont; mais ce tiassage, tel u'il est rapporté ne se trouve dans aucun es discours que nous avons analysés. Louis icob, Muleur de la BMiotkique PoiuifUole^ •Tancé que Ton tniuve un de ces discours Bos la Chronique de Berthold de Constanf:e ; )ais,s*il y avait regardé d'un peu plus près, aurait reconnu que cette chronique n'en Patient aucun*
On auribue encore au Pape Urbain II :
'Quelques poésies; nous ne lui connais- >ns en ce genre que Tépitaphe du bieneureux Simon, comte de Crespi, mort à orne en 1081. Elle est en huit vers éléjia- Qes, et le poëte y parle au nom du défunt; ' UQe paraphrase du psaume Ifûerere, conmdue dans divers manuscrits avec les opus- ^ies de saint Bernard, et que dom MabiUon ^irrne appartenir à notre pontife ; s'il en 't ainsi, il est fâcheux qu'elle n'ait pas été abliée. On lirait sans doute avec autant de ttU que de plaisir celte production de la
plume d*un auteur aussi célèbre par sa piété que par sonéminente dignité de pontife. Cest a tort que plusieurs bibliographes lui ont attribué un livre contenant le récit des mauvais traitements qu'il avait eus h souffrir de la part de l'empereur pendant sa légation; ce livre ne se trouve nulle pari, et, parmi les anciens auteurs, on n'en coanait aucun qui en ait parlé. Nous en dirons autant de quelques écrits contre les hérétiques, Conlra tore/tcoa fiioadam, qui lui sont attribués par Plotine et d'autres écrivains» à moins que par ce titre vague on n'enlendo les décrets publiés par les conciles qu'il présida, contre l'erreur de Bérenger, la simonie , les investitures et Tincontinence des clercs. On se trompe eoGn quand on lui fait honneur de l'établissement du petit office et de la préface de la sainte Vierge,
f)uisque saint Pierre Dimiea avait prescrit a récitation du premier k certains ermites, et que l'autre était en usage dans l'Eglise avant le concile de Plaisance en 1095.
URSIN, prieur ou abbé de Ligugé au vi* siècle, nous a laissé une Vie de satni Léger^ évéque d^Autun. Unanonyme, moine de Saint- Symphorien et contemporain d'Ursin, écrivit la même Vie peu do temps avant lui ; mais,' comme cet anonvme n'était pas entré dans un assez grand détail de la vie de saint Léger, Ansoalde, évêquede Poitiers, dans l« diocèse duquel était situé le monastère de Li^ugé, et Andulfe, abbé de Saini-Maixenl en Poitou, engagèrent Ursin à donner une Vie plus détaillée. Ces deux Vies ont paru si importantes pour Thisloirede France que Duchesne les a insérées dans son recueil des H4slorieni frcnçais. Elles se trouvent aussi dans le tome il des Actes de Vordrede Saint-BenoU. Dom Mabillon en a cité une troisième, écrite quelque temps après la mort de saint Lé^^er; mais Surius n'a donné que celle d*Ursiu. Cette troisième est divisée en deux livres : le premier contient Tfaistoire de la vie du saint, l'autre la relation de ses miracles; mais le premier n'étant autre chose que la vie composée par Ursin et augmentée seulement de Quelques discours du saint évêque, ce Père n a pas jugé à propos de la rendre publique.
^ URSION, appelé aussi Urtien par corruption, était distingué par son esprit et par sa science. De simple ujoine d'Hautmont, au diocèse de Cambrai , il en devint abbé, à l'époque de la guerre entre l*empereur Henri le Noir et Baudoin comte de Flandres, surnommé le Bon, cW-à«dire vers lq55.
Ce monastère, réduit alors dans un triste état, reprit quelque chose de son ancienne splendeur sous la sage conduite d'Ursion, et à la faveur de la découverte des reliques du Pape saint Marcel, qui s*y fit de son temps. Quoique Ursion eût du talent Ulléraire pour son siècle, il le négligea pour se livrer aux exercices de la vie ascétique. Cependant on a de lui une Histoire du saint martyr et Pape Uarcelf divii»ée en deux livres. Le premier contient les actes de son martyre, et a été tiré tant du Pontifical romain, qu'il n'a fiut
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3u*amp1ifler, que d'autres actes imprimés ans le recueil de BoUandus. On voit par là que cette première partie de l*ouvrage est sans autorité comme les monuments d*où elle a été tirée. Il n'en est pas de même de la seconde partie. Noire abbé remploie à instruire la postérité par quelle voie le corps du saint Pape passa de Rome à son monastère d'Hautmont, sous le pontificat de saint Martin, et de quelle manière il y ' fut découvert pi us do quatre cents ans après, vers 1008. A la relation de ces deux célèbres événements il a ajouté l'histoire de quelques miracles éclatants dont cette découverte fut suivie, et qui sont rapportés avec toutes les circonstances capables de leur concilier la créance de' tout lecteur sensé et impartial. L'ouvrage n'est pas terminé, ce qui fait juger que Tauteur s'attendait à le continuer, à mesure qu'il s'opérerait d'autres miracles, il est dédié à Lietbert, évèque de Cambrai. L'épttre dédicatoire est remplie de justes louanges du saint
{>rélat, et des traits de l'humble mddestie de 'auteur.
USUARD, moine de Saint-Germain des Prés au IX' siècle, était disciple d'Alcuin : c'est sous cette qualité qu'il est désigné à la fin du prologue de son Martvrologe, dans le manuscrit de Pithou et dans le Nécrologe de cette abbaye. Ceux qui l'avaient fait abbé de Celleneuve ou de Saint-Sauveur en Neusttie l'ont confondu avec Usuard a qui Alcttin adressa sa soixante-dix-neuvième let- ■4re. De cette erreur il on est né une autre sur Tâge d'Usuard. En le supposant contemporain d'Alcuin, on l'a fait vivre sous le règne de Charlemagne. Sigebert de Gemblours a encore donné lieu à cet anachronisme, en disant qu'Usuard avait composé son Martyrologe par ordre de Charlemagne ; mais ou cet historien s'est trompé, en rapportant à Charlemagne les paroles du roi Charles qui se lisent à la tète du prologue d'Usuard, ou, k l'imitation de plusieurs autres écrivains, il adonné à Charles le Chauve le titre de Charlemagne, ce qui est plus vraisemblable. Dans son prologue, Usuard dit qu'il protita des autres martyrologes que l'on possédait alors, de saint Jérôme, du vénérable Rède, de Florus et de quelques autres qu'il ne nomme pas, peut être de Raban-Maur et de Wandalbert; mais il y £^outeun grand nombre de Vies de saints, soit de ceux dont on faisait la fête dans son monastère , soit de plusieurs autres honorés en Espagne. On trouve dans les imprimés quelques faits postérieurs à l'an 875, ' ^ornme la translation des reliques de saint Viventius, au Mont Vergy en 890, ce qui prouverait que io Martyrologe d'Usuard est postérieur à cette date. Mais il est à remarquer que le récit de cette translation dans ce Martyrologe est d'une main pins récente (|ue l'original, comme l'assurent ceux qui 1 ont vu. 11 en est de même du jour de la mort du roi Charles le Chauve en 8T7, marquée dans le nécrologe qu'Usuard avait [oint .au sien. On voil par la ditférence de
l'écriture oue celte ciroonsUQce j a été ajoutée après coup, au lieu que le joorôe la mort de la reine Irmentrude, arrirée m 869, est de la même main que tout le Ntcnr loge attribué a Usuard : et c'est de là q:l'on prouve qu'il est mort entre 869eiir: L'original du Martyrologe d'Usuard elde^i Nécrologe se voyait avant la réToluiionoto l'abbaye de Saint-Germain des Prés; mma n'y lisait pas le prologue du Marijrolû,r t avait été arraché du manuscrit : \o perte avait été réparée par ialil>éraliié dcN thou, qui avait donné à cette abt)a)e ^i^ feuille dans laquelle le prologue se Irojt : en entier, d'une écriture ancienne, av& « nom d'Usuard, moine deSaint-<Je^maiQ^^ Prés. Les meilleures éditions sont C6i!^•/ Molanus à Louvain en 1568, et du P.Sj>:itr jésuite, Anvers en 171&.
UTHON ou UDON qui devrait plulô(5ippeler V0T05, puisque c'est le nom quiipraw' lui-même dans les souscriptions qm \»m restent de lui, était déjà illustre pi* s\ naissance, avant de le devenir parsaoi^.' épiscopale. Fils du comte Uttioo, céév par ses exploits guerriers, et frère dHerm-: duc des Suèves, il se consacra au smiceût l'Eglise et succéda en 950àRothard oof..dhard, qui s'était distingué sur le sk:^ it Strasbourg par une connaissance peu Wrmune des matières théolo'giques,etuait.
plein d'ardeur pour la loi de Dieu. Le d <:• veau prélat, en héritant de son si^e, irrita aussi de ses belles qualités. Il bmii par sa science et par une noble pasii^r. pour les bons livres, dont il eut soiu desrichir la bibliothèque de son Eglise, k 952, deux ans après son ordination, itsisia au concile d'Augsbours, avec ns-rdeux autres prélats tant de Hlalie qoeû^ l'Allemagne et de la France, et eut quelq» part aux onze canons de discipline qui ]\^' reut adoptés. On croit qu'il Ait du nooitre des évêques qui, au commencement de liih née 96^ accompagnèrent à Rome le i * Othon, lorsqu'il y lut .cottroniié emperf au mois de février. Du moins sa souscri tion se lit-elle entre plusieurs autres si tures, tant de prélats que de seigneurs u ques, au 1 bas du diplôme par leqoel
K rince confirma les droits de l'Eglise ome. Dans les dernières années desa tji ne voulant pas que son diocèse souffrit «14 sa mauvaise santé, il se déchargea de ^d fonctions pastorales sur Erckenabald oa V" chambald, un de ses prêtres, qu'il ét^^'* 'en quelque sorte c^mme son coadjuteor et qui remplit son siège après lui. l^"^ mourut le 27 août 965, après avoir goofffné l'église de Strasbourgpendant ïts^Act:^ quinze ans.
il nous reste quelques monumenlsje'^ goût pour les lettres, mais il s'enJauij» l'on nous ait conservé toutes les j^-' tionsde sa plume. Du moins c'est l'opit-; de plusieurs bibliographes qui iu^ -'" donné une place distinguée parmi b^|] vains dont ils ont conservé le soureoir. < > lui attribue la Yie de saint Arbog^if^ •'^