‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 176 sur 207 · MIS · texte numérisé non relu

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ran le qnaliâe chef de la province d^Embrun/ ijdHt Vence faisait partie» et le char^ «i^ordonner la réunion de Cémèle et de Ni<te dans la même province. Le même Pape commit encerc à Léonce d*Aries et aux évèques Véran et Victure le jugement de quelques affaires entre Ingenuus d'Embruni métropo^ litain de Vence et de Nicei et Auxence évèque d*Aix, oui avait ordonné un ëvéque à Nice ou à Cémèle» contre le décret du con* cile qui avait réuni ces deux sièges : et Véran paraît même avoir présidé le condie qui a'occupa de cette affaire. On peut juger par là et de restime que l^on iaisait de saint Véran. tant à Rome que dans les Gaules, et da zèle qu*il avait pont le maintien de la discipline et des csanons. Nous ne parlerons pas ici des écrits de saipt Veran ; le lecteur peut se reporter à l'article que nous avons consacré a saint Salone, parce qne ces écrits appartiennent k Tun et k Tautre.

VERANt évêquedeCavaillon-auvi'sièclef assista au concile de Micon en 58S. En 587 il leva des fonts du baptême le fils de Childebert II, et deux ans après le roi Uontran le nomma, arec deux autres évèques, |)our in*former de}rauteur du meurtre de saint Pré* textat. Nous avons sous le nom de saint Véran un petit écrit sur la continencedes clercs, ou plutôt l'avis qu'il ouvritsur ce sujet dans plusieurs conciles. Il y déclare qu'il est indécent au même clerc de faire les fonctions de mari et de prêtre ; de passer du lit conjugal à l'autel, ou il doit offrir non-seulementixmr ses {léchés, mais aussi pour ceuic du peuple. Si e prêtre Sadoc refusa de donner a David et aai siens les pains de proposition jusqu'à ce qu'ils l'eussent assuré quils avaient gardé !a continence depuis trois jours, quel est le prêtre qui osera, après avoir satisfait s%$ i>a$$ion6 , consacrer la chair sans tache de TAgneau qui est offert pour le salut du monde ? Saint Veran propose aux évèques de prendre dans les monastères de leurs diocèses des moines vertueux et probes pour remplir les fonctions de clercs } car il est, dit-il, plus utile è l'Eglise d'avoir un petit nombre de bons ministres qu'une muU titude de mauvais dont la conduite déshonorerait le n>inistère ecclésiastique.

VERECDNDUS, évêque de Jonque dans la Bjsacène, au vi* siècle, fut un des plus obstinés parmi les évèques d'Afrique à défendre les trois cbapitres.il mourut en 532 à Ghalcédoine, dans l'asile de sainte Euphémie, où il s'était réfugié depuis son exil. On lui attribue deux petits écrits en vers, l'un sur la résurrection et le jugement; l'autre intitulé : De la péniteneey dans lequel il pleurait ses propres péchés. Loaisa dit avoir vu ce dernier ; mais il n'a pas encore été rendu public.

VERDS, que nous ne connaissons pas d ailleurs, succéda à Eutrope sur le siège d Orange, vers l'an W6 ou M7, et gouverna celte Eglise jusque vers la fin de ce siècle. Usuard et Adon disent qu'il écrivit la Vie de son prédécesseur. Il n'avait rien paru de ^e( ouvrage lorsque Içs Bollandistcs en

donnèrent un fragment tiré d'un manuscrit de Fouquer. Avant de le publier, ils le collationoèrent sur une copie du même fragment tiré du bréviaire de l'église Saint- Paul Trois-Chi (eaux, dans lequel il se trouve divisé en leçons k l'usage de celte Eglise.

Ces savants ne doutent pas que ce ne soit une partie de l'ouvrase de Verus. En eflet ce fragment a tout le caractère des écrits de la nn^du v* siècle. U y parait beaucoup de piété^et une attention particulière k ne pas mêler la fable avec rhistoire, k ne point allier le mensonge k la vérité et k ne rien ajouter par flatterie de ce qui ne serait pas vrai, comme k ne rien omettre de ce qui méritait d'être connu. L'auteur témoigne n'a« voir entrepris cette Vie que pour rédification et l'avancement de ceux qui la liraient avec des dispositions chrétiennes. Mais il ast ilcheux que ce fragment ne nous conduise que jusqu'aux premières années de l'épisoopat d'EutropOf qu'il nous représente comme un prélat toujours occupé du travail et de la prière. Verus n'y rapporte rien 3ui ne s'accorde parfaitement avec l'histoire e son siècle* Ce qu'il y rapporte, par exemee, du saint abbé gu'Eutrope consulta à arseiHe sur deux visions extraordinaires Îu'il avait eues avant son épiscopat, peuvent >rt bien s'entendre de l'abbé Cassien, qui résidait dans cette même ville. De même ce que Verus lyoute de la désolation de l'Eglise d'Orange, lors de l'élection d'Eutrope à J 'épiscopat, s-'aocorde très-bien avec le récit de saint Sidoine, sur les ravages san? glants qu'Euric, roi desjVisigoths, exerçait dans les provinces des; {Gaules voisines d'Orange et témoins de sa fureur. Nous pouvons encore remarquer que Verus n'a rien inséré de fort extraordinaire dans son ouvrage ; seulement il y parle de deux visions qu'eut le saint ; mais il le fait avec autant de précision que de simplicité et sans affecter cet air mvstérieux que prirent lea écrivains des siècles suivants.

VERUS, évèque de Rodez, nous a laissé deux lettres k saint Didier, évêque de Cahors ; il fut du nombre de ceux qui assistèrent au concile de Reims en 625, et souscrivirent en 6ii^9, au privilège que saint Pharon de Meaux accorda au monastère .de Sainte- Croix. Dans la première, il lui accuse réceptipu de son mandement pour se rendre au concile dont la tenue était remise k une époaue plus éloignée» et en même, temps» des lettres de Sulpice. Dans la seconde il le

[)rie de lui continuer sa protection et de 'accorder k ses parents. Verus prend dans ces lettres le titre de pécheur, titre dont Didier s'était qualifié lui^^même. Hais ce titre d'humilité que les évèques prenaient alors communément, et qui était depuis quelque temps en usage, n'empêchait pea qu'ils ne sedonnassent les uns aux autres des titres d'honneur extraordinaires, comme de Grandeur» d'Eminence, de Félicité. Ils donnaient aux grands du siècle celdi d'Excellentissimes, aux princes celui de Sérénissimes, aux rois ceux de. Très-Glôrieux» de

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Fils dt TEglife^ de Très-BxcellenU. Lrart lettres sont «aussi l>arbares par la pensée que par le style.

VICTOR* Africain de naissance, succéda au Pape Eleutbère, le 1" juin 193. Ce fut sous son pontificat que s*éleva l'hérésie des Cbéodotiens. Tbéodote de Byzance* qui en était le cbef, enseignait que Jésus-ChrisI n'était pas Dieu, mais seulement bomme, et soutenait que les anciens et les ap/Vtres mêmes avaient pensé ainsi. Tbéodotje ne se laissa aller à ce blasphème qu'après s'être rendu coupable d'une autre faute non moins considérable ; car ayant été pris avec beaucoup d'autres dans la persécution de Marc Aurèle, il fut le seul qui renonça Jésus«- Christ. Pour se garantir de la confusion qu'une telle faute lui causait et des reproches de tout le monde, il prétendit que ce n*était pas un péché de renoncer à Jésus- Christ, parce aue ce n'était pas renoncer à Dieu, mais seulement à un homme. Le Pape Victor, averti de sa conduite, Texcommunia et le chassa de l'Eglise. Les théodotiens ne laissèrent pas de se vanter, dans la suite, que ce Pape avait été de leur sentiment. Les montanisies essayèrent de se mettre bien dans Tesprit du Pape, et, pour cet effet ils lui envoyèrent des présents accompagnésde déclarations catholiques en apparence. Tromj)é par Teitérieurde leurs vertus et la sévérité de leur morale, il leur avait adressé des lettres de communion;) mais Praxéas, qui dans la suite fut hérésiarque lui-même, ne l'eut pas plutôt informé du véritable état des choses, qu'il refusa leurs présents et révoqua ses lettres de paix. Il v eut de son temps un grand différend dans l'Eglise pour la célébration de la fête de Pftques. Il décida qu'on devait toujours la célébrer le dimanche après le quatorzième jour de la lune de mars. On ne regarda pas comme hérétiques ni schismatiques ceul qui observaient une pratique contraire, jusqu'k ce que la uuestion eût été décidée par le concile de Nicée ; mais la décision du Pape n*en prouve pas moins quelle était alors aon autorité dans l'Eglise. Le Pape Victor, dit un des plus illustri?s évoques de France, Toulant réunir toutes les Eglises sur le jour de la solennité de PAques, ordonne quelle sera célébrée partout le dimanche après le quatorzième de la lune de mars ; et nonobstant la réclamation des évéaues d'Asie pour retenir l'usage contraire, qu ils prétendaient avoir reçu de Tapôtre saint Jean, il charge Théophile, évtque de Césarée en Palestine, d'assembler un concile, et d'y publier son décret. Il menace même d*excommunier ceux qui désobéiront, et saint Irénée, qui désapurouve comme trop sévère une menace qni n eut point en effet d'exécution, ne lui reproche pourtant pas d'avoir outrepassé les bornes de son autorité. Le Pape Victor scella de son sang la foi de Jésus-Christ, le iS juillet 202. Nous avons de lui quelques épltres, et saint Jérôme le compte le pre- Dù^r des auteurs ecclésiastiques latins.

Sm éciiits. -*- Oq voyait^ 4a temps d*Stt-

sèbe et de saini Mrôme, mialqa« letlrm de lui sur la question de la Pâque, d'iutm petits ouvrages sur différentes matières, et quelques livres assez, bons sur la religion. Nous avons encore aujourd'hui quatre lettres qui portent son nom, dont deaii»

trouvent parmi les fausses décrétales. h première est adressée à Didier, évêque de Vienne, nom inconim dans le catalogue des évèques de cette Eglise, avant le pomifiat de saint Grégoire* le Grand. On a miiàlî télé de l'autre lettre le nom de Paracode, qu'on dit aussi avoir été évéque de Yieont et successeur immédiat de saint Denis, de sorte aue, sous le pontificat de Victor, et même durant le temps de la coBtestalioa de la Pftque, l'Ej^lise de Vienne aurait eo trois évèques, Didier, Deniis et Paracode, ce qu'il n'est pas aisé de prouver. D'ailteers, il n'est

Cas sûr qu'il r eût alors un évèaoel ienne, et si 1 évéque de Lyon ne fédit imsen même temps de- Vienne. Cesdeai lettres marquent le tempe de la céléhntiiHi de la PAque à compter depuis le qoiDzièsi de la lune jusqu'au vingt et unièoie, ceqm est encore une preuve de leur supposilioo, puisque, dans les contestations agitées iq sujet de la PAque, du tempe- de Vider, il ne fut pas question du nombre de jours peo* dant lesquels on pourrait cél ébrer celle so* lennité, mais uniquement du jour auquel on devait finir le jeûne et célébrer le mystère de la résurrection. D'ailleurs, si le Pape Victor eût voulu faire savoir quelque chose aux Eglises des Gaules touchant la Pâque,

?|ui fait le sujet de ces deux lettres, il se ût plutôt adressé à saint Irénée, qui éuii alors comme le chef des Eglises de reus province. Enfin l'auteur de ces deui IHtrès parait n'avoir pas mime été infonaé de ce qui s'était passé sous Victor au Mijei delà Pâqu€:car il dit que cette queslioa avait mis la division entre les Eglises li'Orient et d'Occident: ce qui est une fausseté évidente, puisque ces Eglises furent lou« jours d'accord sur ce point, et que lesAsia* tiques étaient alors les seuls qui soutins* sent qu'on devait célébrer la Pâque le qu^ torzjème jour de la lune, en quelque jour de la semaine qu*il arrivât.

VICTOR II, appelé aupararant Gebebird, évéque d'Aichstadt, en Allemagne, succéda à Léon IX, le 13 avril 1035. Il illustra la trône pontifical par ses rerlus • déposa plo* sieurs évoques simoniaques, envoya Hilde* brand en France, en qualité de légat, et tint un concile à Rome, fan 1057. Son zèle t'Oar la discipline lui attira la haine de quelques mauvais ecclésiastiques. Un sousniiaere attenta à sa vie et mit du poison dans le calice; mais le Pape découvrit ce crime, les m disent naturellement, tes autres par miracle. Il mourut en Toscane, et Traiseniblableoieot k Florence, en 1057. On a trouvé de lui uae bulle remarquable, du 29 octobre 1036. yi^ tor II j condrme tous les privilèges de Ur* chevèque de Hambourg et de Rrèoe, qt^i était alors Adalbert. Ces privilèges coosu* laient principalemeat en ce qatcelsrcJic-

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DE I^ATROLOGOL

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^^qut était lé^at da Sain^Biéçe pour tous les pays septentrionaux. Victor II lui réserrait expressément rordinationdetousiesévèques despaysduNordynoramémentdelaSnède.du JDanemarck, de la Norwég«%« de î'Islande, de Seriderinum et du Groenland. C'est la première fois que nous trouTons Tlslande et le Groenland comptés au nombre des pays chré* tiens. Gomme llslande n*est pas loin de TAinérîque» que le Groenland y communique XDèroe par terre, on s'explique tout naturellement les traces et les traditions altérées de ctiristianisme qu'on découTriC plus lard parmi les populations. L'empereur Henri III vivait encore quand Islef» élu éTéqiie par les Islandais, tint à sa cour et lui offrit un ours blanc. Henri recommanda au pape Victor l'évèque élu dlslande. Le Pape l'adressa I rarcheréque Adalbert, en lui recommandant de le sacrer le jour de la Pentecôte, dans la confiance que le premier évtque d'Islande, étant sacré le jour où le Saint- Esprit descendit sur les apôtres, recevrait ries grAces plus abondantes pour consolider le nouvel évôché. Adalbert sacra le nonrel évéque au jour prescrit par le Pape, et Islef, rétourné en Islande, fixa son siéj^e k Scalocolt, et y opéra beaucoup de fruits jusqu'k sa mort, en 1080.

VICTOR III, connu aupararant sous le nom de Didier, était cardinal et abbé du Mont-Cassin, lorsqu'il fut placé, malgré sa résistance, sur la chaire de saint Pierre, le ±k mai 1086. Il protesta contre la tiolence qui lui était faite, se réfugia dans son monastère et V ()assa toute une année, avant de consentir a rien ordonner comme souverain Fonlife. Hais, à Tissue d'un concile tenu à Captiue, l'année suivante, et auquel il avait assisté comme simple cardinal , il céda aux nouvelles instances qui lui furent faites, et ae laissa revêtir de la pourpre le SI mars 1087, qui se trouvait le dimanche des Rameaux. Il fut sacré solennellement le 9 mai suivant, par lesévdques d'Ostie , de Tuscu* lum, de Porto et d'Albane, en présence do plusieurs cardinaui, d'un grand nombre d*évèques et d'abbés, et avec un immense concours de peuple.

Le nouveau Pane envoya des lettres en Allemagne, pour taire part de sa promotion aux seigneurs du royaume , et confirmer la condamnation que saint Grégoire VII avait prononcée contre l'empereur Henri et ses fauteurs. Ces lettres furent lues dans une assemblée générale, tenue près de Spire, ' le i" août 1087, par les seigneurs qui reconnaissaient le Pa|)e Victor et ceux qui favo* risaient Henri. Ce prince y était présent, et les seigneurs calholiques lui promirent leur secours pour le recouvrement du royaume, •*il voulait se faire absoudre de l'excommunication. Mais il persista dans son obstinalion ordinaire, ne voulant pas reconnaître qu'il fût excommunié, quoiqu'on le lui

1>rouvât en face. C'eiit pourquoi les cathoiques résolurent de ne faire aucune paix avec lui. Saint Ladislas,roi de Honarie, «AToya déclarer I cette assemblée qfiu de-

meurerait Adèle à saint Pierre , e est*l au Pape légitime Victor, contre Tantipape Guibert, le roi Henri et leurs fauteurs; et, s'il en était besoin, il promit d'amener au secours des catholiques une armée de vingt mille hommes.

Le court pontificat du Pape Victor III fut illustré par un fait mémorable, une ex-

{ sédition militaire contre les Sarrasins d'Airique , qui avaient si souvent infesté et infestaient encore les côtes d'Italie* Par le conseil des évèques et des canlinaux, Victor III , quoique malade, assembla une armée de presque tous les peuples de l'Ilalie , notamment des Pisans et des Génois ; et, leur donnant l'étendard de saint Pierre, avec promesse de la rémission de tous leurs péchés, il les envoya contre les infidèles. Arrivée sur les côtes d'Afrique , l'armée chrétienne emporta d'assaut et ruina deux villes très-fortes , défit une armée de cent mille Sarrasins , et força le roi de Tunis à rendre tous les captifs chrétiens, ensuite à se rendre lui-même tributaire du Saint-Siège. La nouvelle de cette grande victoire parvint en Italie le même jour. Le butin fut immense et servit à orner les éslises des vainqueurs. Au mois d août de la môme année 1067, le Pape Victor tint un concile h Bénévent , avec les évoques d'Apulie et de Calabre. Il y parla en ces termes : « Votre charité sait, nos très-chers frères et évoques , et l'univers tout entier n'itfnore pas combien le saint et apostolique Siège de Rome, où nous sommes assis uar l'autorité de Dieu, a souRèrt d^adversités ; combien de banquiers de l'hérésie simoniaque l'ont frappe à coups de marteaux, à tel point que la colonne du Dieu Tivant semblait branler, et le filet du souverain pécheur se rompre et 8*ablmer au milieu des flots irrités; car l'hérésiarque Guibert, qui, du vivant de mon prédécesseur, le Pape Grégoire, de sainte mémoire, a envahi TEglise romaine; Guibert, le précurseur de l'Antéchrist et le porte-étendard de Satan, ne cesse de disperser, de tuer, de déchiri'r les ouailles du christ. Combien cet instigateur de tant de maux a foit souffrir d'injures, do persécutions et de désastres au Pape Grégoire , qui pourra les nombrerî II s est fait rAme d une conjuration et a excité contre lui les conspirateurs; il l'a expulsé de la Tille; il Ta privé du sacerdoce, autant qu'il était en son pouvoir, lui simoniaque et par-

i'ure ; il a soulevé contre lui l'empire romain, es nations et les royaumes, et ce q^ai n'a jamais été oui, lui, excommunié ou condamné, il a osé excommunier le saint Pontife ; il ne cesse de prolaner la ville de Rome par des sacrilèges, ues meurtres,des |>arjures des conspirations, des forfaits et des crimes de toute espèce. Poussé par la perfidie de Simon le Magicien, convoquant pour cet attentat exécrable , tous les complices de sa perversité , avec l'armée de l'empereur il a envahi le siège apostolique contre les préceptes de l'Evangile , contre les décrets des prophètes et des apôtres , contre les droits des canons •t daa pontifes romaine t sans aucun juge*

mo

ment préalable des évoques cardinaux, sans aucun suffrage approbalif du clergé romain, sans aucun consentement requis du peuple iidèle, il est devenu dans la sainte Eglise romaine !e chef de toute iniquité et de toute

ÏTé rdition. De plus, depuis que Dieu eut appelé edit Pontife Grégoire au repos éternel, après tant de travaux et de combats, et que les évèques , les cardinaux et les prélats des provinces , d'un concert unanime, d'accord avec le clergé et le peuple de Rome, eurent préposé ma petitesse au siège apostolique, malgré notre absolue opposition et résistance, lui, sans craindre le jugement du maître suprême , ne cesse jusqirà présent de persécuter le Christ et ses brebis , pour lesquelles il a répandu son sang* C*est pourquoi, par Tautorité de Dieu et des bienheureux apôtres Pierre et Paul , ainsi que de tous les saints , nous le privons de tous offices et honneurs sacerdotaux , et Texcluant de l'entrée de l'église, nous Tencbalnoas par le lien maudit de Tanathème. b

Le Pape Victor ajouta : « Vous savez aussi la persécution qui m'a été faite par Hugues, archevêque de Lyon, et Richard, abbé de Marseille, qui sont devenus schismatiques ,

auand ils ont vu qu'ils ne pouvaient réussir ans le désir secret qu'ils avaient de monter sur le Haint-Siége. Richard avait contribué à notre élection à Rome , avec les évéques et les cardinaux. Hu^qes était venu peu de temps après nous baiser les pieds, et nous reconnaissant pour Pape malgré nous, il avait demandé et obtenu la légation des Gaules. Tant qu'ils ont vu que nous résistions à l'élection qu'ils avaient approuvée, ils nous ont pressé de l'accepter; mais , quand ils ont vu que nous nous étions laissé fléchir, ils n'ont pu se retenir plus longtemps sans faire éclater leur ambition ; et , voyant que nos frères s'opposaient constamment à ce scandale , ils se sont séparés de leur communion et de la nôtre. C'est pourquoi nous vous ordonnons de vous abstenir de Ja leur, et de n'avoir aucune communication avec eux, parce qu'ils se sont privés d'eux-mêmes de la communion de l'Eglise romaine. Car, comme l'écrit saint Ambroise, celui qui se sépare de l'Eglise romaine, doit être, tenu

f>our hérétique. » Voilà ce que dit à ce sujet e Pape Victor. Jusque-là Hugues de- Lyon , auparavant de Die, et Richard de Marf^eille, avaient dignement rempli les fonctions de légats apostoliques. Mais la longue vacance du Saint-Siège, les longs refus de Didier de l'accepter, furent pour eux uqo tentation qui les porta à des démarches blâmables. Qugues de Lyon rentra bientôt dans les bonnes grâces du Saint-Siège.

Un troisième point que le Pape Victor décréta au concile de Bénévent, est Je suivant: « Mous ordonnons aussi que» si désormais quelqu'un reçoit un évôché ou un abbaye de la main d'ude personne laïque, il ne soit point compté entre les évêqiics ou les abbés, et n'ait aucune audience en cette qualité. Nous le privons de la grâce de saint Pierre

DICTK^NAIRË . TIC W

quitte la place qu'il a usurpée. Noos ordoo* nons la même chose louchant les dignités inférieures de l'Eslise. De même, si qnelq» empereur, roi, duc, marquis, comte ti& autre personne séculière , présume dono»

l'investiture des évêchés et des autres dig& tés ecclésiastiques, il sera compris ddosii même condamnation. Quoi donci vous n'entez point de tels évêques, de tels abbfe,^ tels clercs , quand vous entendez leur mm ou priez avec eux, vous encourez at^c eux l'excommunication ; car on ne [leut ps les regarder comme prêtres légitimei. !k recevez la pénitence et la communion quî d*un prêtre catholique; s'il ne s'en trouT? point, il vaut mieux demeurer sans commtinion , et la recevoir de Notre-Seignenr isvisiblement.» Cesdécrets ayant été confirmés par l'autorité de tous les évêques qui assistaient au concile , on en fit des copies qns Kon répandit en Orient et en Occident.

Penoant ce concile, qui dura trois jours, le Pape Victor tomba grièvemnut mala<k, et, le concile fini, il retourna au Mont-Ca^sio, oii il établit pour abbé Odérise , diacre ds l'Eglise romame et prévôt du monastère; car le Pape avait jusqu'alors gardé l'abbaye. Ensuite, a;^ant appelé les évêques et le$ cardinaux, il leur recommanda d*élire pour Pape Otbon, évêque d'Ostie , suirant Tinteotion de saint Grégoire VIL Et comme Othoa était présent, Victor le prit par la maiD,et le présentant aux autres évêques, il dit: « Recevez-le et ordonnez-le pour T^liseramaine; je vous donne en tout mon (K>uTûir

t'usqu'à ce que vous le puissiez faire. » Le ^ape mourant fit bâtir son tombeau dans le chapitre, et mourut trois jours après, saroir Iç 16 septembre 1087, après avoir été vingtneuf ans abbé du Mont-Cassin, et Pape, quatre mois et sept jours, à compter de \i cérémonie de son sacre. Outre les bâtiuieou eX la magnifique église que Didier fit élever au Mont-Cassin, il j fit encore transcrira beaucoup de livres, et en composa ouelquty uns lui-même. On a de lui des hialoçwi sur les miracles de saint Bernard et de quel- Ques autres religieux du Mont-Cassin que 1 Eglise a canonisés. Le Pape Victor luimême est compté par plusieurs auteur) ati nombre des bienheureux.

VICTOR (Claude - Marius) , appelé que!-

auefois VicTORiN par Gennade « était nt ans la Provence, et peut-être à Marseiik même. Il est du moins certain qu*îl ensei^n^ la rhétorique dans cette ville. Pendant ><»'> séjour dans ce lieu il lia une étroite arjii: avec Salomon, abbé du monastère de &la:seille. Victor au milieu du monde menauiH vie exemplaire, et passa ses derniers joD^ dans la solitude, occupé de la méditation des saintes Ecritures et de la conipositi •? de ses poésies. Il mourut entre Tan 425 c.

Ses ÉCRITS. — Victor nous a laissé un Commentaire sur la Genèse^ divisé en trois livres, le premier commence à la création, et ' troisième se termine à la mort d*Abrabasi

et de rentrée de l'église, jusqu'à ce qu'il » C-est un poôme en vers hexamètres, préc»>-^

18iS

Vie

DE PATEOLOGIE.

Vie

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d*iine préface dans laquelle Victor s'kdresse au Seigneur, fait sa confession de foi» et reconnaît qu*il est un seul Dieu en trois personnes, et éternel. II y parle de la chute des anges, de celle de Thomme et do la rédemption du genre humain par le sang du Fils unique do Dieu. Ses commentaires, il les adresse à son fils Etliérius, le seul de sea enfants dont Thistoire fasse mention. Gennade n*estimail cet ouvrage que pour les sentiments de piété que Tauleur y fait paraître, mais il n'en trouvait pas les pensées solides, et disait que Victor, tout occupé de la littérature proiane, n'avait pas pénétré dans la profondeur des divines Ecritures. On ne peut néanmoins lui refuser d*avoir mis dans un beau jour Thistoire de la création du monde, et de tout ce qui s'est passé jusqu'à la mort d'Abraham. II l'a fait même avec quelque sorte de noblesse et d'élévation, quoique son style soit un peu rude, et ses vers peu coulants^ On a mis à la fin de ce poëme une lettre dé Victor aussi en vers hexamètres, adresséeà l'abbé Salomon. C*est un gémissement et une censure continuels des mcBurs déréglées de sa patrie. Il se plaiul de ce que ni Tes incursions des Alains, des Vandales , des Sarmates , qui avaient porté la désolation dans les villes et dans les campagnes, ni la famine, ni les autres calamités publiques n'ont îservi de rien pour corriger les pécheurs, et les rap* peler à eui-mémes. Rien, dit-il, n'est saint pour nous que le gain, et tout ce qui est utile nous parait honnête. Nous couvrons les vices des noms de vertus et l'avarice ne craint pas de se parer du nom d'épargne. H déclame particulièrement contre les pas« 5inns des femmes, leur luxe, leur affectation à se parer de ce qu'il y a de plus bril* lant, contre l'usage du farcC du vermillon, et de diverses autres couleurs qui, bien loin de les rendre plus agréables» ne servaient qu'à les déshonorer. Il leur dit que la beauté de l'esprit et la probité des mœurs sont les véritables liens du mariage, et que si Ion n'j recherche que la beauté du corps, comme «lie passe avec le temps, l'amour passera aussi, mais que la vertu seule ne vieillit pas. Après avoir fait sentir aux femmes leur culpabilité dans la recherche de ces vains ornements, il ajoute que les hommes ne sont pas plus innocents de les souffrir dans ces désordres, au lieu de les eu relirer.Il seconsolecependantdans sa juste douleur, parce que, malgré la corruption presque générale, on trouvait encore, soit parmi le clergé, soit parmi les moines, soit même parmi quelques laïques des deux sexes, quelques personnes qui pratiquaient la vertu et menaient une vie exemplaire. 11 termine sa lettre en disant aue la fin du. jour l'obligeait à se rendre à l'assemblée des saints pour la prière du soir. La pretuière édition des poésies de Victor est celle de Lyon de 1556. On en fit une sec<)n- (le à Paris en 15V5» et une troisième en VICTOR, évoque de Cartène dans la Mau-

ritanie césarienne montra un zèle ardent pour la défense de la foi contre les ariens dans la persécution des Vandales en Afriquer Gennade lui attribue un grand ouvrage contre ces hérétiques, qu'il fit présenter au roi Genséric comme le marque le prologue de ce livre. C'est à tort qu'on a confondu cet «ouvrage avec la profession de foi rapportée par Victor de Vite, dans son troisième livre de V Histoire de la persécution des Vandaleê, Cette profession de foi fut présentée non pas k Genséric , mais à Hunéric. pendant le temps de la conférence de Carthage en hSk. Au rapport de Gennade Victor établissait dans un livre intitulé : De la pénitence^ de quelle manière doivent se comporter ceux qui étaient en pénitence publique. On a cru longtemps que ce traité était Je même que celui que nous avons sous ce titre dans les ouvrages attribués à saint Ambroise, mais on a découvert depuis qu*il était de Victor de Tunones, nom qu'il porte dans un ma« uuscrit de Reims. Gennade attribue encore à Victor de Cartène un livre de consolation à un nommé Basile, sur la mort de ses entrants. Nous avons^ il est vrai, un discours intitulé : De la consolation ^ mais il est du nombre de ceux qu'on a supposés à saint Basile, et encore il n'y est pas question de consoler un père de la perte de ses enfants, mais ce discours est adressé en général à tous les malheureux. Il ne nous reste rien de ces ouvrages.

VICTOR, évèque de Capoue, que nous no connaissons pas d'ailleurs, composa un Cycle pascal pour rectifier une prétendue erreur de Victorius qui avait fixe la pAque de l'an 455 au 17 avril, tandis que d après lui, on devait la célébrer le 25 du même mois. Le Vénérable Bède nous a conservé quelques fragments de c^Cycle.Cei écrivain, ayant trouvé par hasard une harmonie des Evangiles, douta longtemps si elle appartenait à Tatien ou à Ammonius ; mais sur de faibles raisons il se déclara pour ce dernier; Comme il trouvait quelque difficulté dans cette harmonie il y igoula certaines marques pour distinguer ce qui appartient à chaque Ëvanffile. C'est ce qu'il dit lui-même dans la préface de cet ouvrage imprimé dans le volume II* de la Bibliothèque des Pires^ à Lyon en 1677. On lui attribue quelques passages de VEpUre de saint Polycarpe^ qui se trouvent dans une Chaîne sur les quatre Evangiles que Feuardent avait manuscrite. Ils furent imprimés ensuite à la fin du livre m* de saint Irénée Contre les hérésies: dans l'édition de Paris en 1575.

VICTOR, de Vite oud'Dtique, était évèque de Vite, dans la Byzacène, en Afrique. L» roi HunériCf ^prince arien, alluma une persécution contre les catholiques, pendant laquelle Victor eut beaucoup à souffrir. Le saint évèque écrivit, vers l'an tô7, les d^ tails de cette persécution dans son Histoire de la persécution des Vandales:

Genséric, roi des Vandales, étant mort après avoir exercé les catholiques par une persécution longup et cruellei Hunéric, son-

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flist Im raeeéda. A la prière de Tempereur Zenon et de Placidie, dont Hunéric avait épousé la sœur, il permit d'ordonner un éTèque à Carlhaget qui en était privée depuis Tingt-quatre ans. Eugène lut élu et sacré avec une joie incroyable du peu()le. Il s*altira bientôt Tamour et la vénération de tout le monde par son rare mérite et par son émiuente sainteté. Mais celle apparence de paix ne fut pas de longue durée. Hunéric, naturellement cruel, cooimeoça la persécution en taisant soufTrir aux catholiques divers supplices qui n*étaient encore que le prélude de la persécution générale qui de- Tait suivre. Il ordonna aabord que personne n*exerçât aucune fonction politique sans être arien , et un grand nombre de catholiques abandonnèrent volontiers leurs charges pour conserver leur foi Le roi les fit ensuite chasser de leurs maisons, les dé« ^ pouilla de leurs biens, et les relégua en Sicile et en Sardaigne. Quelque tem^s après, il en envoya en exil environ cinq mille, tant évèques que prêtres, diacres, lecteurs, acolytes, jusqu'aux enfants employés au ser- Tice de TEglise ; il les fit mettre entre les mains des Maures, pour les mener dans les plus horribles déserts et pour les y faire mourir de faim. Mais, avant que d*y arrivert ils souffrirent tout ce qu'on peut imaginer de mauvais traitements pires que la mort même, jusaue-là qu'on {poussait à grands coups de dards ceux qui n'en pouvaient plus, pour les obliger à marcher ; et ))Our ceux qui tombaient par terre de lassitude et de faiblesse, les ayant liés par les pieds, on les traînait comme des animaux au travers des pierres et des épines, iusqu'à ce que, leur corps étant tout en pièces, ils rendissent l'Ame. Ce[>endant les saints exilés chantaient des cantiques de louanges à Dieu, se slorifiant de leurs souffrances, et confessant hautement la Trinité des personnes en un seul Dieu. Les peuples accouraient sur leur passage avec des cierges allumés, et se jetant à leurs pieds, ils leur criaient d'une voix lamentaule : Entre les mains de qui nous laissez-vous, glorieux défenseurs de Jésus-Christ, tous qui allez maintenant recevoir les couronnes qui vous attendent?

Qui baptisera nos enfants? qui portera nos morts à la sépulture avec les prières solennelles de l'Eglise? qui nous donnera labsolutioa de nos pèches, en nous réconciliant avec Dieu par la pénitence, et qui auronsnous désormais pour offrir le divin sacrifice avec les cérémonies sacrées? Que ne nous est-il permis d'aller avec vous 1 Pendant que ces serviteurs de Dieu étaient en marche, nous vîmes, dit Victor, une femme fort âgée, qui d'une main portait un sac, et tenait de l'autre un enfant, auquel, pour l'encourager à marcher, elle disait : Cours, mon Qls, vois tous ces saints, comme ils se pressent d'aller recevoir la couronne. Comme nous la reprîmes de ce qu'elle voulait aller avec tant d'hommes, car il parait qu'il n'y avait aucune femme dans ce grand sombre, d*exiléS| elle répondit : Donnez-

nous Totre bénédiction, prlet pour moi d pour cet enfani, mon petit-fils : toale pé> cheresse que je suis, ^*ai eu pour père li défunt évéque de Turite ; j'ai eiumené ctt enfant, dans la crainte que le déooo le trouvant seul, ne le fasse sortir du cheoii de la Térité pour le précipiter dans la mon éternelle Nous admirâmes, ajoute Victor, la foi et la constance de cette généreitsi femme; et les yeux baignés de larmcsi nous ne pûmes dire autre chose, siooo :h Tolonlé de Dieu soit faite. Tous les coDfes* seurs ne purent pas arriver au Keu de leur bannissement. Il en mourut on grand ncobn par suite des fatigues et des mauTais lr8il^ ments qu'un leur faisait souffrir encbeiuio. Ceux qui eurent assez de force pour arriver au désert, y furent nourris avec de I or^e comme des chevaux , et on le leur ûmii sans l'avoir fait moudre. Ce lieu éiait reio* pli de serpents et d'autres bêtes venimeuses; mais, par l'assistance de Jésus-Christ, (i;ei ne firent mourir aucun des confesseurs.

Hunéric, après avoir bien concerté Tiîfaire avec les évèques ariens, jugea qui* Tant de continuer cette cruelle persécuiion, il fallait engager les évèques catholiqua dans une conférence où ils fussent leoui de prouver par i'£criture la co'tasubstantiv lité du Verbe : etfx>mmeil serait aiséde dire ou de faire courir le bruit qu'ils ne l'auraient pu faire, dans l'état de lalblessa où les souffrances les avaient réduits, oo aurait lieu, après cela, s'ils persistaient dans leur croyance, de les traiter comme des hérétiques obstinés. La chose ainsi roocertée, Hunéric fit porter par Tambassadeor Zenon à l'évèque Eugène un édit daté it SO mai, l'an vu* de son rèj^ne, qu'îles rojà par toute l'Afrique» et i»ar lequel il lui ordonnait, et à tous les évèques catholiques, de se rendre à Carthage le preioier février de l'année d'après, pour rendre raison de leur foi dans une conférence |m« blique, mais avec la précaution d'eiclure de l'assemblée ceux qu'on lui dit être les

S lus savants des évèques catholiques, quV t condamner, les uns k l'exil, les autres à la mort. Il fit même brûler vif Lotus, l'i^n des plus distingués par sa doctrine et par Téuergie de son caractère, afin de donner par le tant de terreur à ceux qui seraient de la conférence, qu'ils n'eussent pas les* prit assez libre pour bien défendre leur cause. Saint Eugène ne savait | as s*il deraii exposer ainsi la vérité aux bla^pbèfflrsdeb hérétiques, et il craignait de comproujeitre la cause corumune de r£glise. Les autres évèques, aussi bien que saint Eugène, furent pénétrés de douleur de n*avoir pu faire échouer ce prxget de conférence. Hais Diea les consola par un miracle éclatant. Uff aveugle connu de toute la ville de Cartha^t s'adressa avec foi à saint Eugène, l^sm^ évéque fit le signe de la croix sur ses y eui, et Taveugle recouvra aussitôt la vue. Le toi voulut lui-même examiner le miracle, e(>fl convaincre de la vérité du falL Les ariens furent confbndos sans être convertis. 1»

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persuadèrent à Hanérie qù% te niracle ne pouTaîtétre allribué qu^aa démon.

La conférence commença. Ce ne fut de la pari des ariens qu*un brigandage. Eusèbe essaya vainement de présenter une exposition de la foi catholique sur ta consubstan*lialité du Verbe et du Saint-Esprit, rédigée dans les propres termes de l*Ecrilure et des saints Pères. La lecture en était interrompue i tous moments par les clameurs emportées du parti, qui finit bientôt pas rompre rassemblée, accusant les catholiques de soute^ nir une doctrine que le concile de Rimini STsit condamnée. La sentence était préparée h Tavance. Hunéric commanda qun fût donné à chacun des évèques catholiques un certain nombre de coups de bâton, et ils furent renvoyés en exil au nombre de'quatre cent soixante-six. Leurs églises furent enlevées et données aux ariens.

Après que Ton eut frappé de la sorte les pasteurs, tout le troupeau fut non-seulement dispersé, mais horriblement déchiré par toutes sortes de tourments qu'on fit souffrir à ceux qui persistèrent généreusement dans la confession de la divinité du Fils de Dieu. Hunéric envoya par toute TAfrique des bourreaux qui pratiquèrent impitoyablement contre les catholiques les barbares leçons de cruauté que ce tyran leur avait faites. Tout ce que la fureur des anciennes persécutions inventa jamais de supplices contre les Chrétiens, les chevalets, les fouets armés de pointes, les ongles de fer, les feux, les lames ardentes, les bêtes féroces, et tous les instruments de la cruauté des premiers persécuteurs du nom chrétien, furent employés par ce barbare contre les catholiques de toutes sortes de conditions, de tout Age et de tout sexe, sans épargner les dames de la première qualité, qu'il fit inhumainement déchirer. Les saints évèques Vindéutiaiis et Longinus «xpirèient dans tes tortux-es ; Eugène, relégué dans un affreux désert, eut à subir un long et pénible martyre. Grand nombre de personnes de l'un et de Tautresexe, craignant la violence de la persécution, se condamnèrent à l*exil, et se retirèrent dans des solitudes affreuses, où elles moururent de faim et de froid. 11 y eut par toute l'Afrique une infinité de mar* tyrs qui souffrirent avec une constance é({alea celle des premiers héros du christianisme; et Dieu, de son côté, les voulut lionofor par des miracles tout semblables A ceux qu'il fit en faveur de nos premiers martyrs. Plusieurs de 4*.eux A qui on avait fait couper la langue jusqu'A la racine, nonseulement n'en moururent pas, mais ils parlèrent aussi bien qu'auparavant, confirmant par leurs voix miraculeuses la divinité de -iésus-ChrisL Ce miracle éclatant a été attesté par tant et de si sûrs témoins, qu'il faut douter de tout, si on refuse d'y ajouter foi. Qu'on prenne la peine de se rendre A Constantinople, dit Victor de Vite, témoin oculaire de tous ces faits, et Ton y verra le fliacre Réparât, l'un des confesseurs, qui varie admirablement, quoique sans lauj^ue»

et qui est pour eela révéré de tonte la eour de Zenon, et principalement de Timpératrica Ariadne, qui lui rend des respects qui vont jusqu'à une espèce de vénération religieuse* Le pane saint Grégoire le Grand l'alfirme» pour ravoir vu lui-même et examiné avee toute l'exactitude imaginable. L'historien Procope, qui servait alors dans l'armée im« périale, déclare la même chose, comme s'en étant assuré par ses propres yeux. Un autre contemporain, Enée de Gaze, philosofihe platonicien, écrit dans son lYaité de TtinmoTtalité de Vâmt que, sur le bruit d'un fait aussi extraordinaire, il avait eu la euriosité de s'en éciaircir lui-même, et cju'il était resté également confondu et convaincu de la vérité de ce miracle. Je les ai vus moimême, dit ce philosophe, et je les ai entendus parler, et j'ai admiré que leur voix pûl si bien être articulée. Je cherchais Tinstru* ment de la parole , et ne croyant pas A mes oreilles, j'ai voulu en juger iiar mes prO"-^ près yeux, et leur ayant fait ouvrir la bouche, j'ai vu la langue arrachée jusqu'à la racine, et me suis étonné, non de ce qu'ils parlaient, mais de ce qu'ils vivaient encore.

Hais enfin cette persécution était trop violente pour durer longtemps. Dieu témoigna l'horreur qu'il en avait en punissant d'une manière terrible les Vandales par la famine et par la peste qui les ravagea, en attendant le fléau de la guerre, qui lés attendait |^K>ur les exterminer; et cependant il abrégea les jours d'Huuérir, qui mourut cette même année d'un horrible genre de mort, étant rongé tout vif des vers qui sortaient de toutes les parties de son corps, se déchirant lui-même de ses propres dents^ pour être son bourreau aprè§ avoir été celui d'une infinité de martyrs, afin qu'il mourût de la mort de l'impie Arius, après avoir fait mourir tant de saints pour faire vivre Tarianisme.

Beatus Rhenanus donna la première édi*»

tion deicet ouvrage à Bêle, en 1535, le P. Chifilet à Dijon, en 1665, et dom Huinart è Paris, en vm. Elle est écrite d'un style simple mais correct, et attache singulièrement le lecteur. Arnauld d'Andilly la traduite en français. On y trouve des preuves précieuses de la doctrine catholique sur la confession et autres articles attaqués par des sectaires modernes, ainsi que beaucoup do lÛts édifiants et curieux.

VICTOR, de Tunones, évêque de cette ville, en Afrique, fut l'un des principaux défenseurs des trois chapitres. La chaleur avec laquelle il les délendit le fit exiler, en 555. il fut ensuite enfermé dans un monastère de Constantinople où il mourut en 566. Saint Isidore de Séville lui attribue uno Chfùniqoê depuis la création du monde jusqu'A la première année du règne de Justin le Jeune, en 566; mais il ne nous en reste qu'une partie, qui contient ce qui se passa dans les V et vi* siècles. Victor s'applique particulièrement A rapporter l'histoire de l'hérésie eutychienne et Taflaire des troie chapi res : mais il rend compte en mima

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temps des événemcinls considérables arrirés dans TEtai et dans TEglise. Dans son récit de la persécution qu'Hunéric, roi des Vandales, excila en Afrique, il dit que ce tyran fit couper la langue a une multitude de con^ fesseurs qui ne laissèrent pas de conserver la parole pendant tout le temps qu'ils vécurent, merveilleque pouvaient attester les habitants de Constantinople ; car plusieurs de ces confesseurs s'étaient retirés dans cette ville après avoir enduré ce supplice. 11 rapporte ensuite qu'un évoque arien, assez osé pour changer Ta forme du baptôme, et la reniplacer par celle-ci : « Barbas te baptise au nom du Père, par le Fils et dans le Saint-Esprit, » l'eau qui devait servir au baptême s'écoula, et que Je catéchumène à cette vue courut à TE-

5 lise catholique pour y recevoir le sacrement 0 la régénération. « A Alexandrie et dans toute l'Egypte, dit-il. Dieu autorisa par un miracle les décrets du concile de ^Ihalcé-» doine, et permit que ceux qui ne voulaient pas le recevoir fussent possédés de démons

aui les agitaient si violemment que,, privés e l'usage de la parole, ils jappaient comme des chiens. » Il donne tout entière la lettre que Vieile écrivit à Théodose d'Alexandrie, à Anthème de Constantinople et à Sévère d'Antioche, dans laquelle j1 leur déclarait tenir la même foi qu eux, et de feindre, au contraire» qu'il leur était suspect. 11 place la naissance du Sauveur dans la quarantetroisième année de l'empire d'Auguste»

Nous avons cette Chronique^ qui manque souvent de discernement, d'exactitude et de choix dans les matières, dans les ancien* nés leçons de Canisius, publiées à Ingolstad en 1600, et à Anvers en 1725. Plusieurs lui attribuent un Traité de la pénitence, qui se trouve ordinairement avec les ouvrages de saint Ambroise.

VICTORIN, que saint Jérôme regarde comme une des colonnes de l'EgMse, était évèque de Pellan, dans la Styrie. On ne sait pas au juste en quel temps il souffrit le martyre, mais il y a apparence que ce fut dans la persécution de Dioclétien, vers l'an l'an 303. Il avait composé divers ouvrages, '^avons de lui.

passades de VApoealffpte que Ton trcrovê sous Te nom de ce saint dans le tome I" de la Bibliothèque des Pires^ de réditioo de Paris. Ce livre fait regretter ceux qui De nous sont pas parvenus. Quoique écnt doo style simple, il est intéressant et plein dé* fudition.

VICTORIN, que saint Jérôme «ppelle aussi Gains, Harius, était Africain de naissance et noble d'origine, puisqu'on lai doih nait le titre de clarissime, comme auiséoa* teurs et aux autres personnages de haoïe distinction. Il professa, vers le milieu do IV' siècle, la rnétorique à Rome pendant plusieurs années, et avec tant de ré^talioa et de succès qu'on lui éleva une statuo sur la place de Trqan, Parmi ses disciples se trouva un grand nombre des plus illustres sénateurs ; on dit même que saint Jértoe suivit ses cours ; mais ce Pore insinoe k contraire dans sa Chronique; car loni)Q'i| parle de Victorin et de Donat, il appelle c« dernier son maître, sans donner au premier la même qualité. Il excellait dans toutes les belles-lettres et principalement dans la philosophie dont il avait fait une étude particulière, et cependant avec toutes ces lumières il vivait dana les ténèbres du paganisme. Saint Simpiicien, depuis é?èqQ6 de Milan i se trouvait à Rome dans le même temps que Victorin y enseignait, et était lié avec lui par les nœuds d'une étroite amitié. Il lui persuada de lire les divines Ecritures et les livres des Chrétiens avec une atlen* tion profonde , afin d'y trouver la yéhté. La vraie lumière qu'il cherchait se décoovrit à ses yeux, et fidèle k la grâce, il embrassa la relieion chrétienne. Victorin, Sioique baptise , continua à enseigner li étorique jusqu'en 362; car alors Julien l'Apostat défendit aux Chrétiens de la professer, 11 se soumit volontairement à cette loi , heureux de trayailier dans ila suite pour la gloire de Dieu et la défense de son Eglise: car on ne peut douter que, dans ie peu d années qu'il vécut encore, il n'ait composé une partie des ouvrages que nous

la plupart sur l'Ecriture : Un Conwimtaire 8fêr la Genèse^ cité dans saint Jérôme, à Toccasion de ce qui est dit dans la bénédiction qu'Isaac donna à Jacob, et d'où il paraît que l'on a tiré un assez long fragment donné par Cave, dans son Histoire littéraire^ inti-^* XuïéDe la création du monde; un sur VMxode et le Lévitique; un sur Isaie^ Ezéchiel^ ffabacuc; un sur YEcclésiaste^ dont saint Jérôme rapporte une explication sur ces pa* rôles du chapitre iv : Un enfant pauvre , maie sage, vaut mieux qu'un roi vieux et insensé; un sur le Cantique des cantiques; un sur VEvangile de saint MatthieUy et un sur r^âpo-* calypse : mais il n'est pas certain si ces commentaires étaient entiers. Cassiodore dit assez clairement que ce saint évèque n'avait expliqué que quelques passages de VEcclésiastSy de VEvangile de saint Matthieu et oe VApocalypsjs. Nous n'avons plus de ces ouvrages- qu'un commentaire sur quelques

SiEa ECRITS GOSTEK Aeius. -r* Scs écnts sont également remplis de piété et d'érudition* mais ils sont obscurs et embarrassés, principalement ceux qu'il composa contre Arius; ce qui a fiait dire à saint Jérôme qu'il fallait une connaissance profoade et une grande pénétration pour les entendre. Us sont divisés en quatre livres, et écrits à U manière des diailecticiens. Victorin eolreprit cet ouvrage pour .réfuter un de se^ amis, nommé Candide , qui avait écrit eo faveur de l'hérésie arienne quil soirai|. Mais ce ne fut pas le premier ouvrage qu'il publia contre lui. Il en composa un aabord pour prouver que Jésus^hrist n'a pas été créé, mais engendré. Candide n'y répondit que par l'envoi d'une lettre qu' Arius araii écrite à Eusèbe de Nicomédie au ooiuiDeocernent de son schisme, et de celle du même Eusèbe à Paulin de Tyr. Ce fut pour réfuter ces deux lettres que Victoria écrint^es

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iiatre Urres enntre Arius, qua Ton a inti- 1 1 éSt quelquefois : D0 la Trinité.

Analyse de ces écrits, — Victorin expose ans le premier liïre les sentiments a*Ai us» d'Eusèbe et des catholiques sur le Verbe e Dieu» et fait voir Taccora et la différence es uns et des autres. Mais il s^appliquo articulièrement k appuyer la doctrine des atholiques et à montrer» par Tautorité des aîntes Ecritures» gue le Verbe est éternel; u*il n'est pas créé ; qu*il est de la même ubstance aue le Père et qu'il procède de li. Par le verbe toutes choses ont été faites,

est la vie et«Ia lumière du monde. Pour rouver qu'il est substantiellement dans le ère et de la substance du Père, il allègue i-s paroles de Jésus*Ghrist, dans saint Jean : fon Pire est plus grand que moi [Joan. xiv, S) ; et («s autres: Moi et mon Pire nous immes une même chose {Joan, x « 30) , et ce ui est dit de lui dans VEpître aux Philip-^ iens (11^ 6) : Ayant la forme de Dieu^ il n'a pas ru que ce fût pour lui une 'usurpation a*é* "e égal à Dieu. Il avoue néanmoins qu'on eut dire que Jésus-<]hrist est Fils adoptif e Dieu, mais selon la nature humaine; ir selon la divinité il est Fils de Dieu par ature : de sorte aue le Père et le Fils sont Dnsubstantiels. il explique en quel sens est vrai de dire que le Père est plus rand que le Fils : le Père donne tout au i Is, même Tétre, de même que le Saintsprit les reçoit du Fils et du Père. Il n*en st pas de Jésus-Christ comme des hommes, u ne peut pjas dire que les hommes sont e Dieu, mais seulement qu'ils viennent 0 Dieu; au lieu que Jésus-Christ est de »ieu. Il prouve la divinité de Jésus-Christ ar cea passages de l'Ecriture : L'Esprit de »ieu est l'Esprit de Jésus-Christ, sa gênéation est ineffable, il est Timage du Pèrei Il Dieu invisible, le Créateur de toutes lioses , soit dans le ciel , soit sur la terre ;

est la vertu, la puissance du Père, la véri* i. Il répond à ceux qui refusaient d'admet- *e le mot consubstantiel sous prétexte qu*il e se trouve pas dans l'Ecriture, que Ton y t le mot de substance, et' cite à cette ocasion, outre TOraison dominicale» un pas* âge de VEpitre à Jtle, gue l'on récitait ans la célébration des saints mystères. 11 ut voir que l'on reprochait h tort aux dé- ;iiscurs de la coosubstantialité, d'être pa- -opassiens» puisque le Fils n'a pas souf** •rt dans la substance qui lui est coni* lune avec le Père, mais dans la chair doni

s'est revêtu. Par ce qu'il dit de Basile d'An- %'re, il donne à entendre qu'il était d'un [intiment différent de celui des purs ariens, lî qui fait voir qu'iJ écrivait le premier livre près le concile d'Ancjre, eu 358, où Basile t les autres semi-ariens condamnèrent les noméens.

Victorin reprend, dans le second livre, rne i>roposition qu'il avait déjà prouvée ans le premier, qu'il y a en Dieu une subs-> mce commune au Père et au Fils. Il fait oir qu'il est parlé dans les prophètes de la ubstance de Dieu, ainsi que dans les Psau-

DlCTIOMIV. DR PaTHOLOOIK. IV.

mes : saint Paul, dans son EpUreaUx ASArnix, parle de la substance de Jésus-Christ et dit

?[u'il est le caractère de la substance de Dieu. Bebr. i, 3.) Il explique en quoi les termes de substance et d'hypostasc diffèrent chez les Grecs. Pour lui| il reconnaît en Dieu trois subsistances et une seule substance. Il ajoute que, s'il est permis de dire du Fils qu'il est lumière de lumière, quoique cela ne se lise pas dans les Ecritures, il ne le sera pas moins de le dire consubstantiel. Si ce terme n'a été employé que depuis peu de temps, les trois cent quinze Pères assemblés à Ni** cée y ont été contraints par l'hérésie arienne^ née aussi depuis peu; la formule de foi qu'ils ont dressée a été acceptée par des mil-* liers d*évêques , et cette loi est celle dea apôtres et de TE^Iise catholique, qui doit èUre préchée et enseignée dans toutes les i^lises*

Le troisième livre tend à montrer que tout est substance en Dieu , qu'il n'y a pas d*accidents, que cette substance est une et simple; d*où il infère qu'il n'y a aussi qu'une volonté, parce que la volonté même est substance, et, quoiqu'il y ait trois sub-* sistances ou trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Espnt, elles sont non-seulement une même chosci mais encore un seul Dieu. •

Dans le quatrième, Victorin prouve l'é-* ternité du Fils par Téternité du Père, l'unité de substance dans tous les deuxp et que Jésus-Christ, qui a pris un corps dans le sein de la Vierge et a souffert la mon pour nous, est le même oui est engendré du Père avant tous les siècles. Il répète, è la fin de ce livre« ce qu'il avait dit plusieurs fois dans les livres précédents, que les trois personnes de la Trinité, le Père, lo Fils et le Saint-Esprit, ont chacun leur existcnco particulière, mais une seule et même substance de toute éternité.

Traité contre les manichéenSé — Les quatre livres de Victorin contre Arius sont sui^ vis, dans la Bibliothèque des Pires^ d*un traité du même auteur contre les deuxprin*» cipes des manichéens. Saintiérôme n'en parie pas, mais le style, quoique moins obscur que celui des livres contre Arius, montré assez clairement qu'il appartient au même auteur. Dans le traité adressé À un nommé Justin, de la secte des manichéens, Victo<» rin combat les deux principes de lianes 1 par rincompatibilité qu'il y a d*adiuettrQ deux êtres tout puissanlSi infinis, éternels, indépendants l'un de l'autre et même enne« mis. Il prouve aussi la réalité de la chair dans Jésus-Christ par les cicatrices des blessures que Ton a vues sur son corps, par sa mort, sa sépulture et sa résurrection. «Vous niez, dit'^il à Justin, la chair en Jésus*- Christ, et vous avouez qu'il est homme ? Vous ne voulez pas qu'il soit né, et vous ne niez pas qu'il ait vécu? Vous dites à haute voix qu il a été mis à mort yex les Juifs, et voua ne croyez pas que celui qui a été blessé ait existé? Vous assurez qu'il est mort en même temps que les deux larrons qui ont été crucifiés avec lui, et vous ne voulez

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pas rcconnattre un vrai nomme dans la chair

guand vous reconnaissez une vraiesépulliire? omment a-t-il été possible h TEternel de mourir, s*i] ne lui a pas été possible dese revêtir de la chair? 11 a pu créer ce qui n'était pas, et il n'aura pu former dans Tunivers ]a lumière et les ténèbres? Il s*est donné i*6tre à lui-même, et il ne lui aura pas été

[)0ssible d'en créer deux contraires l'un à 'autre? Cessez, Justin, de prendre le parti de ces'vaines et barbares opinions; et vous,

3ui êtes Romain, éloignez-vous de l'impiété es Perses et dos Arméniens. La gloire de la vie éternelle et le royaume de la vraie lumière ne sont pas pour le démon et pour Manès; et votre chair, après que vous Vaurez macérée en vain par des peines extraordinaires, comme ennemie, n'aura pas d'autre sort que de retourner dans les ténèbres yers le démon qui, selon vous, l'a créée. Je crois donc qu'il vous est plus avantageux de reconnaître le Dieu tout-puissant pour notre créateur, afin que vous soyez véritablement le temple de Dieu, selon les jiaroles de l'A pâtre : Vous êtes le temple de Dieu^ et son Esprit demeure en vous, {I Cor. m, 16.) Si vous n'avez pas l'honneur d'être le temple de Dieu, et si son E>pvU ne demeure pas en vous, Jésus-Christ n est pas venu pour vous sauver, mais pour vous pK&rdre, ce qu'il n'est pas permis de dire. Car si nous ne sommés pas ie temple de Dieu, et si son Esprit n'est pas en nous, qu'avons-nous de commun avec lui? Si au contraire nous sommes h lui, il faut que nous y soyons des deux parties de nous-mêmes, que notre Ame et notre corps lui appartiennent. II faut qu'il soit vrai de dire, comme tout catholique le confesse, que Dieu est tout en tous (Ephes, i, 23), qu*il est l'unique et seul principe, tout-puissant, éternel, le tout de l'univers et infini partout, à qui est dû l'honneur et la gloire. »

Hymnes et poème. — Nous avons aussi dans la Bibliothèque des Pires trois hymnes sous le nom de victorin. La première et la troisième sont en l'honneur de la sainte Trinité, dans lesquelles il nomme les trois Personnes suivant leurs différents attributs personnels. Il appelle le Saint-Esprit le nœud du Pire et du Fils. A chaque verset de la troisième il répète ces paroles : O bienheu^ reuse Trinité I et chaque verset de la seconde commence par celles-ci : Ayez pitié ^ 5etgneur. L'auteur, dans ces hymnes, remercie Dieu de sa conversion, et lui demande les grâces nécessaires pour parvenir au repos éternel. Ces trois hymnes sont en forme de proses. Le poëme des Machabées est une description de leur martyre, en vers hexamètres, la plupart d'assez mauvais goût. Victorin dit que la mère des Machabées mourut tranquillement entre les bras de ses enfants. En cela il est contraire à saint Grégoire de Nazianze, qui as.Kure qu'Antiochus la fit mourir par le feu.

Traités différents.,-- Dans le traité sur ces paroles de la Genèse : Du soir et du matin se fit le premier jour {Gen. i, 5), Victorin |>arcourt ce qui a été créé pendant les six jours

de la crcation , pour en conclure que k\ jours ne* commencent pas le soir, mais If matin. Il appuie son sentiment sur cespapi. les de Salomon : Le soleil se levé tt le c^utk et il retourne ters l'endroit éfoii il était parii: et renaissant du même lieu^ il prend $on ewt vers le midi et tourne vers le nord, (Eccki 5.) Ch traité, quoique d'un style moioseoibarrasse, a cependant assez d'obscariié poi:r qu'on le croie de Victorin. Le petit im pour la défense du consubstaDliel Gontieoi en abrégé les raisons que Victorin à\è^ dans ses livres contre Arius, poar auioriser Tusage de ce terme. 11 est à reaxr*

3uer qu'il y emploie le mot de païens poar ésigner les idolâtres, ce qu'aucun auieir ecclésiastique n'avait fait avant lai.

Le traité intitulé : De la gétiérQtm A Verbe dirtn, est une seconde ou Xtmkf réplique h Candide, qui, quoique réfote/^r le grand ouvrage de Victorin, periiérérait H défendre l'arianisme. Il disait : «Luie substance vient de Dieu : donc Vmin pas substance. S'il n'est pas substance, rit» donc ne lui est consubstantiel, fût-il Diènc né de Dieu. » Il prétendait encore que Jé5o«- Christ n'était pas né de Dieu, mais qui! avait été créé, et apportait eo preoTe et passage du livre des Proverbes et celui des Actes des apôtres : Que toute la mai$(m dliraël sache certainement que Dieu a (ait Srigneur et Christ ce Jésus quê vous evtx trunfié {Act. II, 36), et cet autre de saint Jean : Ce qui a été fait était vie en lui, (/o<ni.i,i.| Victorin oppose à ces passages ceux ^m lesquels Jésus -Christ est appelé Fils oe Dieuy engendré du Père» un avec le P^. existant dans le Père et le Père dans loLO qui doit tellement s'entendre dune ^n^ génération, que personne, dit-il^ o'a oseJ^rp que Jésus-Christ fût Fils par adopiioo.li répond ainsi à l'argument de Caniiidè .

« Quoique toute substance vienne de Dieo, Dieu est néanmoins substance; cari'a(iK« par laauelle il a tout produit n'est pas diûo* rente de sa volonté, et sa volonté esi substance. » Quant aux passages allégués, ii dit qu'on n'en peut pas conclure que Jésu^ Christ ait été créé, puisqu'il est efigeodré; mais seulement qu'après sa eéoéralioo, qii est une, sainte, ineffable, il*a été lait hoinfiK pour nous racheter. Ensuite il établit la divinité du Saint-Esprit, contre lequel oi blasphémait, et termine son traité parceoe prière : « Maintenant» Père éternel, Murexnous et pardonnez -nous nos iiécbés; car c'est un péché de parler de Dieu, de dire rr qu'il est, comment il est, et d'enoployer Ji voix d'un homme pour éclaircir ses mysir res plutôt que de les vénérer. Mais puis^sc vous nous avez donné votre Sainl^Espni Père saint et tout-puissant, nous avons qiicque connaissance de vous, et nous lâcfatfj de la communiquer aux autres; oup^ nous vous connaissons parce que BOtt>^^' ignorons, et nous vous connaissons lo^ parfaiteiïïent parce que nous ne to»Ioû^ vous connaître que ))ar l'obscurité de là if' et ne cesser jaitiais de vous louer i^^ ^

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