IS'JO
;rrer dans l«s dëserU» périrent par U m, le froid, la nudité, ou par la dent des iiimax féroces. Quelle fut la cause de tant calanailés? Vardeur insensée de faire iompher» |>ar une superstition sacrilège* dogaie &aint de la vérité; de renverser, ir une nouveauté crifflineiley Tancienne ,;le si bien fondée do la foi. Uesprit du luveauié, impatient et incapable de se >nner des bornes, viole les constitutions es anciens Pères, déchire leurs décrets, )aibat leurs sages décisions, et secoue ' joug des saintes règles émanées du
Vincent confirme ces principes par le imol'^nagp de saint Ambroise, dont il raporle les plaintes énergiques qu'il adressa Tempereur Gratieu, et qu'il terminait par es mots : « Comment renoncerions-nous à 1 foi de ceux que nous honorons en publiant leur victoire? n Sur quoi Vincent de .érins s*écrie : < Nous la publions en effet ette victoire, vénérable Ambroise, nous la )roclaaions, et en la louant, nous Tadmirons. Car qui serait assez insensé, pour ne pas âcher de suivre ceux dont on ne peut égaler la vertu, ceux dis-ie, que ni les menaces, ni les caresses, ni 1 amour de la vie, ni la crainte de la mort, ni la fureur des princes, ni la violence des bourreaux, ni Tauiorité souveraine de fempire et de l'empereur, ni les hoiniKics et les démous, n'ont pu détourner un seul moment de la foi de nos ancêtres. Faits pour servir de modèles à tou« les k^es^ ces grands hommes ne faisaient eux-mêmes que suivrp Texemple de ceux qui les avaient précédés. Car tel est Tusa^e constant de notre Eglise, que plus on était attaché aux principes de la religion, plus un s'est empressé de s*opposer aux innovations, le pourrais en accumuler les témoignages, je me contenterai d*un seul que je tirerai du Saint-Siège apostolique; atin que tout le monde puisse voir clairement avec combien de iorce et de persévérance ceux qui ont succédé aux apêtres ont toujours défendu rintégrilé de la foi qu*iis avaient reçue.
« Agrippinus, évèque de Cartbage, fut le premier ^ui soutint qu*il fallait rebaptiser les hérétiques; et cela, contre les divins canons, la règle de r£glise universelle, le sentiment de tous les evèques, la coutume et rinstituticn de nos pères. Cette opinion téméraire, qui donna lieu à la sacrilège prolanatiuu du premier do nos mystères, |iarta^ea les esprits. Elle eicits un trouble généraL Les évêquas là repoussaient de tuuies keufs forces; et le Pape Ktienne, de ^itiie mémoire, Tévèque du Siège apostolique, ût éclater sa résistance parmi celle de ses autres collègues, se croyant obligé de surpasser tous les autres évoques, autant par la vigueur de son zèle« qu^il l'emportait sur eus par Tautorité du sié^e où il était t'iAcé. Il écrivit en Afrique qu*il ne fallait l'ien introduire de nouveau, mais s*en tenir i la tradition reçue des anciens : Hihil notandum €st nisi quod tradiium est. Ce grond liomme, dont la prudence égalait la ^ain-
DtCTlOR!!. PI PaTROLM» IV
teté, savait bien que la piété ne permettait, sous aucun prétexte^ de recevoir d'autre doctrine que celle qui nous a été trans* mise, et que nous devons rendre «avec la même fidélité que nous Tavoris reçue. Persuadé qu-il était, qu'il ne fallait pas mener Î)artout la religion où nous voulons, mais a suivre où elle nous mène. Aussi, quelle fut rissuo de cet événement? Celle qui ne manque guère d'arriver; la loi ancienne fut maintenue, et la nouveauté fut rejetée avec mépris. Et pourtant cetta nouveauté ne manquait point de défenseurs ; elle était soutenue avec force, avec éloquence, et le nombre de ses seciateurs la rendait faruiidable. Elle s'appuyait de noms respectables et d'une foule de passages de l'Ecriture mal interprétés. Un concile, parlons plus vrai, un conciliabule d'Afrique la voulut accréditer. Le triomphe de l'erreur paraissait assuré , mais la nouveauté profane n'en fut
Eas moins contrainte de céder à la vénérale antiquité.
« Ce ne sont pas seulement les ordonnan* ces de la discipline ecclésiastique qui condamnent toute innovation. Qui ne sait avec combien de force, de sévérité et de véhé* mence le grand Apôtre s*élève contre ceux qui avaient abandonné la grAce à laquelle Jésus-Christ les avaient appelés pour passer è un autre Evangile? Ce serait nous-mê^ fitf^, énrivail-il auxGalates, ceserait un ang$ du ciel qui viendrait apporter un autre Evan^ gile que celui que nous vous avons annoncé^ qu'Usait anathème. {Galat. i, 8.) Que veut-il dire par ces mots : Ce serait nous-mêmes t Pourquoi parler en nombre collectif, et ne pas se borner è dire : Quand ce serait moi? C*est comme s*il disait : Quand mémo Pierre, André et Jean, quand toute rassemblée des apôlres nous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème l Cette censure est d autant plus eti'rayante qu'elle est générale, puisque nous voyons que, pour nous alfermir inébralablemont dans la foi , II n'a pas voulu qu'il fût permis ni à lui, ni aux autres a|jûires de rien changer à ce qui regarde la foi. Et, comme si ce n'était rien encore, il ajoute : Fût-ce un ange du ciel I etc., de sorte qu'il ne se contente pas de n'épargner ni soi-même, ni les autres apdtres; mais pour nous obliger plus étroitement à garder la foi, il lance les traits terribles de sou anathème contre les anges mêmes, non pas que ces esprits saints et bienheureux puissent maintenant pécher; mais il voulait dire : Bien qu'il arrivât ce qui ne peut arriver, quiconque osera attenter à l'intégrité de la foi, qu'il soit anathème! qu'il soit eu exécration I II ne se contente pas de le dire, il le répète : Je vous le dis encore. Il ne {lit pas : Si quelqu'un vous annonce une autre doctrine que celle que vous avez appri^L•, qu'il soit béni, qu'il soit applaudi et bien accueilli parmi nous. Non, mais qu*il soîi anathème 1 c'est-à-dire qu'il soit séparé, rt^tranché , exclu de l'Eglise, de peur qu'une seule brebis corrompue ue vienne so luèicr
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DICTIONNAmE
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au troupeau de Jésus-Chris^ et ne Tinfecte CD sV mêlant.
c Ce qu'il dit aux Galates, il le dil à toute )*Eglise» ri le dit pour tous les siècles. Il n*a donc point été, il ne sera jamais permis de rien apprendre aux Chrétiens que ce qu*lls ont appris au commencement. On ne sW point encore dispensé, et on ne se dispensera jamais de prononcer anathème contre ceux oui entreprendront de prêcher une nouvelle doctrine. Ce dépositaire des secrets du ciel, ce maître, des gentils, ce prédicateur de l'univers, saint Paul fera retentir éternellement cet oracle : Si quelqu un annonce quelques dogmes nouveaux » qu'il soit anathème t
ic Comment donc, me demandcra-t-on, arrive-t-il que Dieu permette quelquefois que des hommes d'une grande autorité dans son Eglise annoncent des dogmes nouveaux?
Cette demande est juste et mérite qu'on y satisfasse. Je vais donc y répondre, et même avec quelque étendue, eu me servant, non dénies propres lumières , mais de Tautoriié divine. Ecoutons d'abord Moïse, et il nous apprendra ce que nous devons pens>er de ces prophètes de mensonge que J'Apôtre nous dénonce : S'il s'élève^ dit-il, au milieu de vous un prophète qui dise avoir eu quelaue vision (Deut, xiii, 1); il veut dire un docteur établi en dignité dans l'Eglise, à qui ses disciples ou ses auditeurs défèrent tellement, qu'ils attribuent sa doctrine à une révélation divine; et par là le saint législateur nous donne ]*idée d'un 4f rand homme, dont les connaissances sont étendues, puisque ses sectateurs le croient instruit , non -seulement des choses qui nuuvent être proportionnées à l'intelligence luimaine, mais encore de celles qui lui sont infiniment supérieures. Que s'ensuit-il? Ces maîtres nouveaux persuadent les peuples; ils leur disent : Allons^ suivons des dieux étrangers (t6t4., 2), et Ton suit en aveugle.
« Comment Moïse ordoune-t-il que nous le raitions, tout aussi grand, tout aussi admirablequeje viens de ledécrire?Fow*nVcou/cre« point, ajoute-t-il, ^csparo/ef d6 ce prophète, de ce rêveur, (Ybtd., 3.J Et pourquoi donc, je vous prie. Dieu n empêche-t-il pas que Ton ])rêche ce qu'il nous défend d'écouter? Le saint législateur répond : C'est que le 5etgneur votre Dieu veut éprouver votre foi, afin que vous lui fassiez connaître si vous l aimez de tout votre cœur, ou si vous ne V aimez pas. (Ibid,) Voilà le secret de la Providence ; elle veut éprouver notre foi. Et certes, il faut l'avouer, c'est là une des tentations les plus délicates, que tel homme à qui Ton donne la réputation d'un prophète, d'un disciple des prophètes, de docteur et de défenseur de la vérité, pour qui vous êtes pénétré d'estime, de vénération même, vienne à répandre clandestinement de dangereuses erreurs dont vous ne pouvez guère découvrir aussitôt le venin, parce que vous vous laissez conduire par lautorilé de sa discipline, ci que vous ne croyez pas même iadie de le condamner avec éclat, cnira^é
comme vous l'êtes par une affection smèie qui vous retient à son école. Produis«.ns un exemple des plus mémorables. Quaw Pimpie Nestorius vint à répandre sa dodnce empoisonnée, quelle apparence y a^aiM C||u'un évèque , qu*un nomme honuté -v 1 estime du sacerdoce et de la confiance 6 peuples, qni s'était signalé par plus «jm^ victoire remportée sur les Juifs et si-rs gentils, eût des sentiments aussi cvmmu que ceux des Juifs et des gentils? Ces qu'il ne combattoit les autres erreurs quf pour mieux insinuer la sienne. £t c'est ci cela même que nous voyons un effet ii\^ sible de ces paroles de Moïse : USeigntr votre Dieu vous tente afin d'éprouter ttro» Vaimez ou non. »
Après une réfutation des erreurs JeNV torius, de Photin etd'A()ollinaire, Tauim poursuit ainsi : ^ De plus dangerens^n: «^ ductions meitaçaient la foi des fidèl»io temps d^Origène et de Tertullien. Le iv mier eut tant de qualités brillantes dn. traordinaires qu'il était bien difficile (]>* ne pas se ranger d'abord de son cêté et $epr>. venir en faveur de sa doctrine. Que fcuiil pour persuader? Une conduite irréprocb»ble? Origène avait de la prudence; i) était chaste, patient, modéré. L'illustration qci s'attache au nom et à la science? Il était ué d'un père qui avait eu J'honneor de répao* dre son sang pour le nom de Jésus-Clinst, Lui-même avait perdu tout son bien pour la même cause. Du côté des talents de t esprit, il n'avait point d'égal pour l'élévation, retendue, la force du génie; sa prodigieu>« érudition embrassait tout entier le chaaif» des connaissances humaines, et tout ne
an'ii est possible à l'homme de connaître e la science divine. Non content de bien posséder le grec, sa langue naturelle, il voulut encore apprendre 1 hébreu. Sdo é:o* quence était vive, facile, pénétrante, pleine d*onctiou; vous eussiez dit des ravoos de miel qui coulaient de sa bouche. Dans ses ouvrages, la vigueur de sa dialectique entraîne. Son style persuasif triomphe de loates les résistances; et il n'est ni difBcuite^ ni obscurités qui ne disparaissent deriDt lui. £t ne croyez pas que ce soit un décamateur qui ne se soutienne que par les tours d'une imagination éblouissante. Vous ne rencontrez nulle part une connaissance
{»lus profonde des saintes Ecritures, doût es textes se rencontrent sous sa plume i chaque instant. Personne n'a fait plus de livres; le nombre en est si considéraliie qu'il me paratt difficile, non pas seulemmi de les lire tous, cela demanderait la v.t d*un homme , mais simplement d'enreieot les litres. Pour lui donner tout le teoij^ d*en composer, la Providence lui arait ffle* nagé une longue vie. Heureux de ce cô<^^ plus heureux encore par la qnalité ei i concours de ses disciples de son éc«' est sortie une multitude presque inci-* culable de docteurs, d'évêques et «^^ prêtres, de confesseurs et de marirs ' En conséquence, il ne faut pas seiotJH^
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DE PATROLUCIE.
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)ue sa réputation so soit répandue si loin. 9n radroirail* on le louait, on raiinait. Pour peu qu'on eûl du zèle pour la religion, on venait des extrémités au monde se ran^çer un nombre de ses auditeurs. Dans ropinion lies fidèles c'était un nouveau prophète. Les |i!nlosopbes le respectaient comme le plus ^Tand boname qui ait paru. Cette admiration était passée des personnes ordinaires AUX grands et aux empereurs. Ou sait que la mère de Tempereur Alexandre le fit venir à sa ooor. Cette princesse, qui aimait la vdrité» et qui avait un goût louable pour la vraie sagesse, voulut entendre un nomme Aussi illustre par sa doctrine. Le témoignage qui est rendu à ce grand homme par* les Chrétiens ne saurait être suspect, puisqu*il est confirmé par celui des païens. Porphyre, ce philosophe si fameux par son impiété, avoue que, frappé de tout ce qu'il entendait dire, il fit, dans sa jeunesse, le voyage «rAlexandrie pour le voir ; qu*il le vit, en cfTet, lorsqu*il était déjà dans un flge avancé, cl qu'Origène lui parut tout ce que la renommée en publiait, le plus savant des hommes.
« Je ne finirais point si j'entreprenais de faire un simple exposé de ce qu il y a de plus remarquable dans ce grand homme. Ce que j observerai seulement, c*e$t que ces mêmes qualités qui le rendaient si précieux à la religion, de vinrent recueil le plus dangereux. Car comment se détacher d*un maître dont le génie, la science et l'éloquence étaient des attraits si engageants ?N'était-on pas tenté de dire: j'aime mieux errer avec Origène que de trouver la vérité sous d'autres maîtres ? L'événement ne l'a que trop prouvé. Cet Origène tant vanté abusa des dons de Dieu; il compta trop sur ses lumières; il se confia trop sur son propre esprit. De là le mépris pour l'ancienne simplicité de la foi, une présomptueuse opinion de son savoir, le dédain pour la tradition de l'Eglise et les sentiments des anciens Pères (29). On répondra pour le justifier que ses livres ont été altérés. Je ne le nie pas; je désire même que la chose soit vraie. Je sais que des catholiques et des hérétiques s'accordent également à le dire. Il n'en est pas moins vrai que les livres à la tête desquels se trouve son nom sont dangereux, par cela seul qu'ils portent son nom.
«Cequej aiditd'Origène, je lediraideTer* tullien,' qui occupa chez les Latins le même rang que lui chez les Grecs. Même étendue de savoir, même pénétration dans Tintelligence des choses divines et humaines. Il avait tout approfondi, et les systèmes des philosophes, et leur histoire, et les séries diverses qui la partagent et tous les genres de littérature. La vivacité et la force de son esprit étaient telles qu'il n'a jamais entrepris de combattre une opinion, qu'il ne lait renversé sous le poids de sa dialectique. Chacun de ses écrits présente un tissu
de raisonnements serrés auxquels il devient impossible de résister. Autant de mots, autant de pensées, autantdc traits quifrappeut et écrasent son adversaire. Les Marcion, les Appelles, les Praxéas, les Uenno* gène, juifs, igentils, gnostiques, tous lésavent bien, eux dont les erreurs ont été renversées par autant de foudres qu'il a écrit de volumes.
« Tant de lumières et tant de victoires remportées pour la cause de la vérité n'ont His empêche ce beau génie de tomber dans 'erreur; plus savant que heureux , il a changé de parti ; et parce qu'il n'a pàs tenu assez fortement au aogme catholique, il lui est arrivé, comme l'a remarqué saint Hilaire, que, par les erreurs de ses derniers ouvrages, il a décrédité les premiers.
« D où je dois conclure qu'il n*^ a de vrai* ment catholique que relui qui aime la vé« rite, parce qu'elle n'est autre que Dieu ; qui aime l'Eglise, qui aime le corps mysti* que de Jésus-Christ, oui met avant tout la religion et la foi catholique. L'autorité d'un seul homme, l'attachement qu'on peut avoir pour lui, la beauté du génie, l'éloquence, la science, rien en un mot ne doit faire balancer notre cœur. Inébranlables dans la foi, nous ne devons admettre que co que l'Eglise a toujours et universellement cru. Tout ce qu'un seul, isolément, tout co qu'un seul contre le sentiment de tous, 05<^ enseigner est nouveau ; il était inconnu avant qu'il pensAt à le produire. Ce qu'il avance n'est point le langage de la religion ; ce n'est qu'une épreuve pour notre foi. Saint Paul nous l'apprend: Jlfaut, dit-il, qu'il y ait des Mrésies^ afin que Von découvre par là reuT d* entre tous qui sont solidement à Vieu, (y Cor. XI, 19.) Comme s'il disait : Dieu ne détruit pas d'abord les auteurs des hérésies, afin que ceux qui sont solidement à lui soient connus, et qu'il paraisse combien chaque particulier a de zèle, d'amour, dà courage pour la foi et pour sa défense. En etfct, lorsqu'une doctrine nouvelle commence à fermenter, on voit bientôt qui sont ceux que l'on doit regarder comme le froment, et ceux que l'on doit regarder comme la paille dans le champ du Seigneur. Tout ce qui était sans poids et sans solidité dans l'aire est emporte par le souille du premier vent. Les uns désertent, emportés au moindre choc; les autres ne sont gu'ébranlés. Partagés entre la crainte de périr et !a honte de revenir sur leurs pas, malades, blessés au cœur, ils sont à demi-morts: la dose de poison Qu'ils ont bue ne leur a point entièrement ôté la vie. Situation vraiment douloureuse, ils ne peuvent ni vivre, ni mourir» A quels troubles, à miellés agitations ne soni-ils pas en proie! Tantôt poussés par l'esprit d erreur, comme par un vent impétueux, ils sont transportés hors d'eux-mêmes: tantôt ramenés par un souffle contraire, ils deviennent le jouet du mensonge \ tantôt
(^9) Nniis sera-t il permis de renvoyer nos Itcteun ^ r^riicle que nous atons consacré à 0 i;êiio
<laii» ce volume t
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tnflés cTun orgueil présomptueux» ei décident avec témérité ifs assurent ce qui est incertain. Toujours flottants» ils ne savent ni ^ avancer, ni reculer, ni h quoi s'en tenir, ni de quoi ils doivent se défier. Oh 1 qu'ils seraient heureux, st du moins ils avaient le i>on esprit de comprendre que ces pénibles agilalions sont un bienfait de la divine miséricorde sur eiixl Loin du port salutaire de la foi catholique, ils sont battus, brisés par la tempête ; et Dieu le permet pour humilier ces cœurs aitiers, abaisser ces voiles coupa- Lies d'un présomptueux orgueif, dans lesquelles ils avaient reçu ce vent fatal de la nouveauté, qui Texpose à Torago et pour les ramener dans le sein paisible de leur mère, qui est l'Eglise.
c C'est pour moi un sujet d^étonnement toujours nouveau, qu*il y ait des hommes assez abandonnés aux travers de leur esprit, pour ne pas s'en tenir aux rèiles de créance qui sont revêtues du sceau de l'antiquité, mais qui, travaillés d'une criminelle inquiétude, cherchent à ajouter, à changer, à retrancher quelque chose dans la religion ; comme si le dogme de la foi n'était pas une révélation céleste qui suffit pour le salut 1 comme si ce dogme ressemblait aux institutions humaines, qui ne parviennent à leur j}errectiun que parde continuels changements «et des réformes journalières. Quoi t tandis que la voix de Paul retentit à travers les siècles, criant à Timothée: Gardez le dépôt >qui vouM a été confié^ fuyant les profanes nou^ a)eauté$d$pçroleif et tout ce au' oppose une doe^ Jrine qui portt faussement te nom de science. (7 Jtm. vi| 20 } L'Apôtre ne dit pas : Fuirez ce qui est ancien, ce qui est immémorial, car c'est précisément ce à atioi il faut s'atta )her ; mais les nouveautés^ parce que si ce qui est nouveau est profond, ce qui est ancien est sacré. Eux au contraire: Venez, jious disent^ils, ô vous qui prenez vulgairement le nom de catholique, venez apprendre de nous la véritable foi. C'est nous qui «n sommes les seuls dépositaires; personne ne l'avait comprise jusqu'à nous. Elle a été cach'ée, ensevelie durant plusieurs siècles, et, par un privilège particulier, c'est à nous qu'elle vient d'être révélée tout récemment. Mais il faut l'apprendre en secret; dans les ténèbres; et quand vous l'aurez apprise ainsi clandestinement, enseignez-là avec les mêmes précautions, de jpeur que le monde ne l'entende, et que l'Eglise ne vienne à s'en apercevoir, car la faveur de connaître <ie si Ir^uts mystères est réservée à bien peu eie personnes.
« Eu vérité, ne sont-ce pas li les paroles de cette courtisane qui, dans les Proverbes de Salomon, adresse à ceux qu'elle rencontre cet appel : Que le plus insensé d'entre vous .ie détourne pour venir à moi^ et tâche d'en^ gager ainsi ceux quv lui ressemblent. Que £ ensuit-il 1 «joute Salomon: Ces passants ignorent comment Us habitants de cette terre périssent chez elle, et Us ne sont pas longtemps à l'apprendre,
a Mais entrons encore plus avant dans les
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paroles de TApAlre: 0 TïmolMi I OeUe exclamation partait d'un cœur aussi plein ie charité que son esprit l'était d'une hioien divine qui découvrait l'avenir à ses jeai. Il prévoyait les erreurs et déplorait pr avance les maux qu'elles devaient «iiralner. Quel est aujourd'hui ce Timothée? 5m<ii l'Eglise universelle, ou plutôt tout l'au- , guste corps des évêques, pariée que leséTf. ques sont dans l'Eglise, et l'Eglise est daiH les évêques. Ce sont eux qui doivent avuir en partage toute la science de la religioii, pour la communiquer aux autres. Gstin te dépôt qui vous a été confié. Gardez-le soigneusement à cause des voleurs cl des toucmis qui peuvent Tenlever; depeorqot pendant que \ts hommes dorment, il oe vienne quelqu'un semer l'ivraie parmi m> bon grain, que le fils de Thom me avait seoé dans son champ. Et quel est-il ce dépôt? C'est la doctrine qui vous a été confiée, ei non pas celle qui a été inventée par tocs; ce que vous avez reçu et non trouvé; di oui ne procède pas de votre esprit, mais te 1 instruction qu'on vous a donnée \i\Q\jitA point une opinion particulière, maisuoe tradition publique. Elle est venue josquà vous, non point venue de vous; vous n'eo êtes ni l'auteur, ni l'inventeur; voosenétPi seuleAient le dépositaire et non Tarbitre; disci(:rlequi répète et non maître qui doDD^ ses systèmes; enfin vous devez marcher sur les traces frayées avant vous, et non cuunr dans un sentier nouveau. C'est de 1 or qui vous a été donné; c'est de l'or etnonuue autre matière que vous devez rendre, ooa ce qui y ressemble, mais la chose ellemême.
« O Timothée I 6 prêtre! ô prédicateor! ô docteur 1 si Dieu vous a donné plus d'esprit, plus de lumière, plus de doctrine qui tous les autres, soyez le Bézéléel du tabernacle spirituel de son Eglise. Taillez arec application et avec un an saint les pierres précieuses de la doctrine du saiat, c'est-àdire, mettez-les en œuvre» avec le plus oe soin et d'ornement qu'il tous sera possible. Faites plus encore, si vous le pouvez; ajoutez à sa beauté de l'éclat, de l'agrémeoi ei des richesses, c'est-à-dire, pour parler »ifl)plement, faites en sorte que |iar roseiposi lions l'on comprenne plus claireineu a* qui était obscur ; que toute ha postérité rvus ait l'obligation de concevoir aisément it que l'antiquité adorait sans le bien comprendre. M'enseignez que ce qui vous a éiê transmis. Soyez neuf dans la manière ^ l'énoncer, jamais dans le fond de ladoctrise. Eadem quœ didicisti doce^ ut cum dicat mr non dicas nova.
« Mais quoi 1 me dira-t-on, u est-il p8> permis d'à vaiicer dans l'étude de lareii^x/Q^ Oui certes, «H le plus qu*on peut, ilfaudrti être ennemi de Dieu et des houiU)cs|t<j nier que la chose soit possible, et imt'i trouver mauvais. Mais avancer dans m ce n'est que la (:han)$er; car pour |»ttl< tionner une chose, il faut, demeuraul tv» jours dans sa nature, qu'elle re\;uive qb.-
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racoroissemeni; mi lieu qua OAireslpas Ml un progrès qu'un cbangement, lorsl'une cho3e cassa d^ètre oe qu'aile étai^ lur devenir autre. Qu'une sainte émula- )n enflamme tant les iiarticuliers que le >rps tout entier de r£glise; que chaque ècle enchérisse sur celui qui Va précédé» iurarancer en science, en intelligence, en )ût pour les choses divines, toujours sans écarter des mêmes sens, de la même foi, es mêmes dogmes sans nulle altération ; ii*il y ait dans les esprits le même déveiopement que dans le corps. Le corps humain,
our croître et se fortiUer avec Tâee, ne lisse pas d*ètro toujours le même. ïlv a ien de \^ différence entre Tige qui est dans I fleur, et celui qui est dans sa maturité; et ien que ceux qui ont été jeqnes devieneni ensuite vieux, ils ont beau chan^^er élat, ils ne changent point c|en9ture, puis* |ue ce sont toujours les mêques qui passent le la jeunesse à la vieillesse. b*il est des lariies du corps qui deviennent plus granles par la suite, cette grandeur était rencrmée dans le principe de leur origine; en iorle que rien ne parait nouveau dans 'homme fait, qui n'ait été caché en luilors- |u il était jeune. C*est pourquoi la règle et la proportion d*une b^ile crois^nce à toutes ses justesses, lorsque l'Age développa insensibleoient toutes les parties différentes que la sagessie du Créateur avait formées dans les enfants. Mais s'il arrivait que la forme qui est propru à l'homme, au heu d'augmenter seulement, vin( à se changer dans une flgure ditritrme, ou que le nombre des parties fût diuiinuéo pour un défaut surprenant ou aa^menté par un excès sensible, vil faudrait alors, ou que le corps périt, ou qu'il devint monstrueux, ou du moins qu'il s'affaiblit considérablement. De même, il faut que la religion chrétienne soit réglée dans sa doctrme et qu'elle suive les mesures de son accroisseiuent. 11 faut qu'elle soit étendue par la succession des temps, affermie par le cours des années, et élevée par la suite des sièclrsà ce comble de perfection qu'elle attend de son origine toute céleste. Car enlin la religion chrétienne est un corps si accompli en toutes ses parties, qu'il ne peut recevoir ni altération en soi-même, ni dommage en ses propriétés, ni changement en ses décrets
« Mous savons que nos ancêtres ont semé dans le champ de l'Ëglise le pur froment de la foi. Il y aurait de notre part une monsirueuse inconséquence à vouloir y moissonner, non le grain, mais l'ivraie empoisonnée de Terreur. Cultivons, conservons dans leur pureté les germes salutaires qu'à produits une si heureuse semence: ne bouleveri^ons pas le cliamp. Qu'il devienne permis à chacun d'innover; la religion toute entière tombe en ruine. Une fois que Ton aura retranché tel dogme catholique, chacun se croira en droit d'en retrancher un aujourd'hui, demain un autre. En détachant ainsi quelques parcelles successivement, il faudra bien que l'édifice croule en entier. Plus
rien de sacré ni dHiiviolablc dans TEgHst* et le sanctuaire auguste de la vérité n'est qu'un profane rendez-vous , ouvert k tous les caprices des passions humaines. Fasse le ciel qu'un semblable malheur n*arriv8 jamais I Que cette fureur soit le partage des impies. Il n'en est pas ainsi de TEglise^ épouse de Jésus-Christ. Elle garde avec fidélité le dépôt qui lui a été confié. Elle n'y change, elle n'v ajoute, elle n*y retranche rien. Attentive a maintenir la pureté de la foi, elle ne rejette rien de ce qui est essentiel; elle n'introduit rien de superflu ; ell^ conserve ce qui lui afipariient et n'adinct rien d'étranger; son soin se borne à fie rien laisser perdre de ce qu'elle a re^u dès sou origine.
< Lorsque l'Eslise a assemblé des conciles, son but a été d'v former des décrets, el de les former de telle sorte qu*ils servissent k faire croire plus fortement ce aue l'on croyait déjè, mais avec nlus de simplicité ; h publier plus solennnellement ce qui était prêché déjà, mais avec une confiance sans examen. Du moment où l'hérésie s'est montrée à découvert par des nouveauté^ impies, l'Eglise a convoqué aes conciles, pourquoi dîme? Pour revêtir d'une sanction plus authentique les vérités de foi qu'elle avait regues par la tradition ; et, par ce moyen, les répandre dans toutes les parties de Tunivers, en réduisant à d^ courtes expressions les points de la croyance qu'elle expliquait par des termes nouveaux, qui en présentassei^t la substance, jamais en introduisant de nouveaux dogmes.
€« Remontez à la naissance des hérésies ; vous les verrez tontes naître dans un certain lieu, dans un certain temps, et parattro sous quelque nom de parti. Vous verrez tous les hérésiarques se signaler par le schisme, en se séparant de l^glise catholique, et en se déclarant contrela croyance généralement reçue. Je n'avance rien qu'il ne soit facile de iustifier par une longue induction d'exemples.
« Avant Pelage, s'était-il trouvé un hommo qui osAt soutenir que le libre arbitre pouvait par ses propres forces se déterminer au bien , sans avoir besoin du secours de la grAce et sans que ce secours fût^nécessaire pour les saintes actions. Avant Célcstius, lu monstrueux disciple du snberpe Pelage, avait-on soutenu que le péché d'Adam n'cAt pas souillé toute sa postérité? Personne avant Arius n'avait dogmatisé contre l'unité de la très-sainte Trinité, et avant l'impie Sabellius, personne n'avait, par une erreur sacrilése, confondu les personnes dans cette adorai)le Trinité. Avant le barbare Novalien, personne n'avaitdonné de Dieu une idée cruelle, en soutenant, comme r^t impie,
Sue Dieu aimait mieux la mort du pécheur ans rimpénitence, que la vie par la conversion et ta pénitence. Simon le Magicien que saint Pierre chAtia avec tant de justice en le chfltiant avec sévérité» Simon le magicien fut le premier qui enseif^na que Dieu était l'auteur du malt c'est-à-<lire» de Tira-
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piété et des crimes les plus noirs. Les er- *;eurs de cet homme odieoi ont pnssé, par une secrète et continuelle succession, jusqu'au détestable Priseillien. Si on les en croit, Dieu, en créant Thomme, lui a donné une nature corrompue, qui, par un mouve^ ment propre et une détermination nécessaire, ne peut vouloir que le péché, et n*est pas capable de vouloir autre chose ; nature corrompue dans sa source, et qui, emportée par une inclination au mal que Ton doit appeler une fureur, se précipite, sans pouvoir se retenir sur le penchant, dans toutes sortes de vices et d*abomintftions... C'en est assez pour prouver que le caractère général des hérésiarques est d'aimer la nouveauté, de se déclarer contre l'ancienne doctrine de l'Eglise, et de lui opposer une doctrine qui porte faussement le nom de science, et dont lis ne peuvent faire profession, sans faire un malheureux naufrage par la perle de la foi. I
« C'est un artifice ordinaire h l'hérésie de masquer ses erreurs du voile respectable de l'Ecriture. Faux prophètes^ selon Pexpression de Jésus-Christ, qui viennent à vous tous la peau de brebis^ et ne sont an fond que des loups ravissants ; maiSf ajoute le Sauveur, vousJes reconnaîtrez à leurs fruits (Matth. VII, 15, 16): c'est-à-dire, quand ils viendront non-seulement à prononcer les oracles de la parole divine, mais aussi à vous la proposer et qu'ils entreprendront de vous en donner rexplic^ttion* Alors vous découvrirez leur amertume et leur poison ; alors enfin, vous vous apercevrez que l'on rompt la palissade, que l'on remue, que l'on renv» Tse les bornes anciennes, que l'on divise la foi catholique, et que l'on rompt la docrrine de l'Eglise, Tels étaient ceux que .wiint Paul démasque dans son EpUre aux Corinthiens par ces paroles : Ce sont de faux apôtres qui se transforment en apôtres de Jésus-Christ {11 Cor. ij, 13); qu'est-ce à dire se transformer en apôtres de Jésus-Christ? Le voici : les apôtres se servaient des paroles de l'Ecriture; ces faux prophètes s'en servaient également. Les apôlres s'apl'Uyaient de Tautorité des Psaumes; les autres en usaient aussi. Les apôtres alléguaient les prophètes; ils les alléguaient d i néme. Mais quand on en vient à l'explicaijon, ils commencent à interpréter autrement qu'eux ce qu'ils avaient commencé u*alléguer comme eux.
^ i s atfecteront donc de parler le langage de l'Ecriture. Le démon lui-même osa bien s*en servir, quand il vint tenter le Seigneur au désert. Comme lui, les hérétiques viennent nous dire : Si vous êtes le Fils de Dieu^ jetez-vous en bas {Matth. iv, 6) : c'est-à-dire, ai vous voulez être enfant de Dieu, et avoir part à l'héritage céleste, abandonnez la doc- . trine et la tradition de TEglise, qui est le ; temple de Dieu : Précipitez- vous de la pu- • reté de la foi qui élève l'homme jusqu'à Dieu, dans Tabime de 1 erreur qui vous jelle au sein des démons. Mais pourquoi voulez-*vous que j^abandonnc la doctrine de
i'Eglise catholique. Paroù meprouveMO!i<
?ue je dois le faire ? Lui de vous répoadfp aril est écrit. Et il va vous étourdir di passages tirés de la loi, des psaumes eii^*^ prophètes, dont il altère )e senspoursutprendre les faibles.
« Vous allez nous dire : Mais si le <^ • mon a ses disciples qui se servent de i8;>rôle de Dieu, de ses oracles, de ses pronif^ses pour persuader leurs mauvaises <!«>• trines, que feront les catholiques et à quui en seront réduits les vrais enfants de TEglise? Comment, parmi ceux qui allègues: pEcriture-Sainte connatlront-ils ceux qai en abusent ou qui n'en abusent pas? D^aiment distingueront-ils l'erreur de la lérité* A cela je réponds ce que j ai dit au corani«Tcement qu'il faut s'attacher à la dorips^ des saints Pères et des docteurs qui nno^ ont précédés, c'est-à-dire, expliquer h > vres canoniques de l'Ecriture selon les'Jiditions de l'Eglise universelle» etseloa^s règles de la doctrine catholique et apoM<v lique. Pour y bien réussir, il est nécessaire de ne se départir jamais de l'universalné. de l'antiquité et du consentement nnami)" des ûdèles : de sorte qne» si une partie sV lève contre le tout, la nouveauté centre l'aatiquité; si un seul ose contredire par une opinion particulière le sentiment de tous, ou de presque tous les catholiques, alors riD doit préférer l'intégrité de tout ce qui t<\ sain, à la corruption d'une iiartie qai e^i malade. On doit plus estimer la religion de toute l'antiquité qu*une nouveauté {jrofane introduite depuis peu. On doit aussi, dm l'antiquité même, s'arrêter plulôtaux ordonnances d'un concile général qu'à latéoiériié d'un seul ou d'un petit nombre de pers^^^nnés. Enfin, si la question ne se trooref'> assez éclaircie, on s'attachera au seiiiifnci'^ de la plupart et des principaux docteurs de l'Eglise, o La conséquence naturelle des princi|«
Sue nous venons d'établir, c'est d'examinif 'abord de quelle manière on doif sesemr du consentement unanime des anciens Pères pour reconnaître les nouveautés profanf^ des hérétiques, et pour les condamner quaii ^ elles seront connues. Il faut observer qu^^i doit avoir égard à l'autorité des smm Pères, chercher avec soin leur senlioieBL et nous y attacher avec exactitude qtunJ nous l'aurons trouvé; non pas pour «qui regarde quelques légères difficultés qui peuvent naître sur l'Ecriture, mais seulemeol pour ce qui concerne quelque règle de foi. De plus il est nécessaire de remarquer que cette méthode ne se doit pas mettre en usi^ conire toutes sortes d'hérésies, mais pnocipalement contre celles qui sont encore >' nouvelles qu'eHes n'ont pas eu le teœp d'altérer les règles de l'ancienne créJtort Il faut, s'il est possible, les étouffer dès le^ naissance, de peur que leur venin ne viens^ à se répandre sur les ouvrages desaoct*^ et à les corrompre*. Mais quand ces \iétés\f> sont déjà anciennes, établies par on m espace de temps et ensuite divulg^jées of
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uules parts, on sV doit opposer d'une «utre D&nière» parco que leur grande antiquii'é eur a donné le moyen d*usurper la place le la vérité et pour ainsi dire de se Tapproirier sous une fausse apparence. Ainsi, il (?$ f<<ut conriamner par la seule autorité des îeriliires, s'il en est besoin, ou les fuir et es avoir en horreur comme déjà condamnées »ar les conciles et les assemblées générales les évèques catholiques. Parmi les Pères, >n doit choisir uniquement ceux qui ont iécM saintement et qui, inébranlables dans a foi et dans la communion de r£glise, ont Hérité de mourir fidèlement en Jésus-Christ, >u qui ont donné, par le martyre, leur vie Kiur Jésus-Christ. L'unanimité de teurconsenteaient forme une sorte do concile çé- [ii'^ral [>ar lequel tout ce qu'ils ont décidé >ur les matières de la foi en devient la règle infaillible dont il n'est pas permis de s écarter. £t celui qui viendrait vous tenir un langage différent, fût-il un savant, un saint, fûl-il un évèaue, un confessquret même un martyr, ce uest qu'une opinion privée et personnelle à laquelle on ne doit qu*anatlièoie, sous peine d'encourir soi-même les châiiments éternels, à l'exemple de ces m.*!heureux engagés dans Tbérésie ou dans le sdnsme, lesquels uni abantlonné la foi ancienne et généralement reçue pour suivre la nouvelle erreur d'un seuf homme.
< Ou peut juger par là de quel poidsf peut être Tautorité des saints Pères, qui ont tous )a même opinion; quel crime c'est de la liiépriser et de ne pas s'y assujettir. Pour eu être mieux persuadés, écoutons l'Apôtre ilans sa /" EpUre aux Corinthiens y c. xii, V. 28 : Aimi Dieu^ dit-il, a établi dam son Eglise premièrement des apôtres^ etc. Quiconque méprise ceux que Dieu a établis dans son Eglise, en des temps et eii des lieux ditférenls, pour être les dispensateurs de sa divine parole, et .qui sont tous unis en Jésus -Christ par la profession d'une même foi ; quiconque, dis-je, les méprise ne méprise pas des hoùimes, mais Dieu luimême.
« Saint Paul exhorte encore plus instamment les iidèles à ne pas s'écarter de la vérité qui est attachée a cette divine union, lorsqu'il dit : Je tous conjure^ mes frères^ par le nom de Jésus-Christ^ notre Seigneur^ à otoir tous un même langage^ et de ne point souffrir parmi vous de division ni de schisme^ mais d'être unis tous ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment, (/ Cor, i, 10.) El pourquoi ? Parce que^ ajoute le même Af.ûtre, Dieu est le Dieu de paix, et non de confusion et de désordre [J Cor. xiv, 33), c'eM-à-Jire qu'il nVst pas le Dieu de celui qui se sépare de l'unité de TKglise, mais de ceux qui y demeurent constamment attachés. »
Ce Mémoire ou Avertissement ^ dont nous avons reproduit la traduction presque tout entière, est assurément un sermon tout fait sur fautorité de la tradition et de l'Eglise.
J oserai même demander aux censew^ ^^ l'anticjuité si nos productions modérons ont rien ne plus métnodique et de plus concluant. Oubliez le nom de Tauteur, vous croiriez Touvrage d'un contemporain. Le dessein en est bien conçu, le pian vaste et simple à la fois, les divisions claires, distinctes, parfaitement développées, les principes et les conséquences à rabri de toute critique.
2* Avertissement. — Il est probable que le second Avertissement^ annoncé par saint Vincent de Lérïns dans ce premier ouvrage, n'en était que le sommaire fortifié par les pièces justiticatives, entre autres par Tex-
fiosé de la doctrine uniforme des Pères sur es principaux dogmes de la foi catholique. Il n en reste que cinq chapitres dans lesquels nous remart|uons ces passages importants.
Sur le concile d'Ephèse (30). — « Le bienheureux synode s'arrêta à la doctrine des Pères sans contestation, suivit leurs conseils sans cninte, crut leur témoignage t^n% soupçon, et obéit à leur jugement sans contrainte. Aussi 8-t-il prononcé sur les règles de la foi tout ce qui était juste et nécessaire... Quels furent les vœux, quels furent les expressions de tant de saints évèques? Ils ont voulu que Ton retienne la tradition qui nous vient de l'antiquité, et que Ton rejette toute doctrine nouvellement introduite.
« Les Pères de celte sainte assemblée* la plupart métropolitains t faisaient voir tant de science, tant de capacité, qu'ils pouvaient à peu près tous discuter et iiiéme décider les dogmes de la foi. Le crédit dont ils jouissaient, Tauguste assemblée qu'ils formaient alors, leur donnaient moyen d'entreprendre tout ce qu'ils voulaient et d'ordonner en même temps tout ce qu'ils auraient voulu. Cependant, bien loin de se prévaloir de leur érudition ni de leur autorité, ils ne pensèrent qu'à s'attacher à la foi ancienne de l'Eglise, et à ne rien transmettre à la postérité que ce qu'ils avaient reçu de leurs anciens. Ces Pères, après avour si bien établi toutes choses pour le présent, ont laissé aux siècles à venir un exemple mémorable de la manière dont on doit conserver et suivre la doctrine de la sainte antiquité, et condamner toutes les nouveautés profanes. »
Vincent de Lérins tinit par cette conclusion générale. « S'il n'est pas permis de violer les constiiutions apostoliques ni les décrets ecclésiastiques en vertu desquels, conformément au témoignage sacré, uniforme, de l'antiquité et de l'universalité, tout ce qu'il y a eu d'hérétiaues dans tous * les temps, et en dernier lieu Pelage, Cœlestius, Nestorius, ont été légitimement et justement condamnés, il est d'une incontestable nécessité à tous les catholiques jaloux de se montrer les véritables enfants de l'E-
flise, de demeurer inviolablement attachés la pure foi des saints Pères, d'y vivre, d'y mourir, et par conséquent de délester, de
(50) Triiîiiêaia concil? général, tenu en 431, et dantleqeel Ncstorm fut o^Hidaiené»
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fttir, ae poursuivre avee zèle les profanes nouveautés des esprits profanes. »
Les arguments par lesquels nous établissons aujourd'hui la vérité de notre Eglise catholique sont les mêmes que Yiritent de Lérins opposait aux novateurs de son temps: c'est que le schisme et Thérésie des temps modernes n*a fait que renouveler les erreurs qui les avaient précédés. Luther et Calvin avaient eu pour ancêtres Arius et Donat. C'est pour nous une assez belle gloire d'être les successeurs des saint Cyprien et des saint Vincent de Lérins. «Que tout docteur, dirons-nous avec notre grand évêque de Meaux, que tout docteur, enfté de sa vaine science, apprenne donc des maîtres du christianisme que l'Eglise n enseigne jamais des choses nouvelles; et qu'au contraire elle confond tous les hérétiques en <% que, lorsqu'ils commencent h paraître, la surprise et l'étonnement où tous les peuples sont jetés fait voir que leur doctrine est nouvelle, qu'ils dégénèrent de l'anliquité et de Ja croyance regue. C'est la méthode de tous les Pères, et Vincent de Lérins, qui Ta si bien expliquée, n'a fait, au fond, que répéter ce que Tertullien, saint Athanase, saint Augustin et les autres avaient dit aux hérétiques de leur temps, et par des volumes entiers (31). »
• Ouvrages attribuas a Vihcbwt. — Vincent f après avoir établi dans son Mémoire lacrovance des deux natures, unies en Jesus-Cbrîst à une seule personne semble s'engager à parler plus longuement dans un autre écrit des mystères de rincarnation et de la Trinité. Nous ne voyons nulle pari qu*il ait rempli ^on engagement, et Geniiade n'en dit rien. Quelques-uhs ont cru que par cet écrit il fallait entendre le sym* bole Quicttnquey qui porte le nom de saint Athanase. Mais ce symbole, quoique long, ne peut êfre regardé comme un traité sur rincarnation et la Trinité, tel que 1 auteur paraît le promettre. D'ailleurs ce symbole n'a jamais été cité par aucun de ceux qui
J>endnnt les v* et vi* siècles, ont eu à combattre les macédoniens, les nestoriens, les eutychiens et les acéphales, quoiqu'il se prononçât formellement contre lous ces héréiiqueM. On ne voit pas qu'il ait été connu avant les vir et les vin' siècles ; et encore ne le citait-on pas sous le nom de Vinrent de Lérins , mais sous celui de saint Athanase.'
On cite parmi ceux qui avec Cassien et les autres prêtres de Marseille al laquèrent If doctrine de saint Augustin, un prêtre nommé Vincent, auteur d'un recueil d'objections qui ont été réfutées par saint Prosper. La conformité du nom et le voisinage de cette ville ont suffi à quelques critiques»
Jiour les déterminer à attribuer cet ouvrage i Vincent de Lérins. Mais est-il permis d'at-
^ (3!) BossvET, Premier avertissement arx prolH^
fonts, ff XXXVI. Ce qirn répèle encore dans set /m-
jv îruetions pastorales sur les prometses faites à CEglne^
) tn s appuyant sav des lextet empruftiés au inème
taqner un homme dans sa foi sur de simples conjectures? N*y avait-il pas alors d'autrès Vincent que celui de Lérins? Geonadr*. eu nite un, qui, comme le saint auteur qj, nous occupe, était Gaulois d'origine et ir^habile dans l'intelligence des saintes Ecrtures. On trouve encore un prêtre du roéiut nom parmi ceux qui assistèrent au «oncile de Riez en 439. Pourquoi attribuer à Yidcent de Lérins plutôt qu'à Tun des autres Vincent,, qui vivaient a la même époque, un écrit fait exprès pour la défense du hmi-pélagianismeT Comment Vinceut de lirins> qui par modestie avait supnœé m nom dans la lettre d'un ouvrage composé
four la défense de la vérité, l'aurait-il mis la tête de ces objections, dont le but est d'établir l'erreur, ou du moins de combattre le sentiment d'un homme, jouissaot d'une réputation aussi justement acqaist que saint Augustin? Qu v a-t-il daossoo mémoire 9 qui puisse le faire regarder, on comme ennemi de ce saint docteur, oa comme ami des semi-pélagiens? N'j^at'ct-il pas des pélagiens comme d'héréiiqn» condamnés avec justice ? et pouvait-il \m témoigner un plus profond mépris, que de les comparer à des grenouilles et à des moucherons? Leur hérésie lui inspirait lAot d'horreur, qu'il croyait ne pouvoir sans crime, entreprendre de la muter. E<^t-ce en de pareils termes que se serait expliqué un homme infeelé de semi-pélagiaDisme ?
De tous les ouvrages attribués à saint Vincent de Lérins, nous ne devons donc regarder comme incontestablement aulbeoliques que celui dont nous avons reuJu compte , ainsi qu'un second Mémoire contenant en cinq chapitres la récapitulatiom ou si l'on veut, le sommaire du premier. On y voit que, outre les passages des Vètn allégués dans le concile d'Epbèse coDire Nestorius , il rapportait encore une (>artie de la lettre de saint Céiestin aux évfrjucs xles Gaules, et d'une partie de celle que saint Sixte écrivit à Jean d'Antiocbe.
Le Mémoire de saint Vincent de Lérins est un de ces écrits que 1 on ne saurait trop lire, et il en existe peu |)armi ceux qui oou) viennent de l'antiquité, c^ui renferment lam de belles choses en aussi peu de paroles. Le style en est net, agréable et facile; les raisonnements solides et pleins de force; les principes certains. Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que l'auteur y donne des règles non-seulement pour découvrir et réfuter les nouveautés profanes des bérétiques de tous les temps, mais encore pour mettre la vérité k couvert de tous leur> artifices. Vincent, en pariant des lettres dOri^ène à l'empereur Philippe, dit que ce prince est le premierdes empereurs rooiaiast qui ait embrassé la religion cJirétienoe; Eusèbe l'avait dit avant lui; mais mi\ff^
'Vincent de Lérins (tome V, fn-i», page i30i iSH Bourdaloue Ta éffaleineni imiië en p-asieonc«< constances, et pairtieuliéremenl dans loa CeH^^ tome I". page 256.
INS PATROLOCIE.