VIT
fut
^ar aulorilé, le témoignage des autres biV )riens n'a )>as conflrmé leur opinion.
VAvertiêMement de Vincent de Lérins a . té traduit dans toutes les langues de TEu- 3pcs et plusieurs fois en français. Nous rons proDté quelquefoijs de la traduction de rontignères (1 vol in-12 Paris, 16860 dédiée Mgr de Harlajr, archevèaue de Paris ; mais nu.s avons suivi en général l'édition de aluze(l vol. in-8* Paris 1684). Cest d'après 3tte édition qu*il a été reproduit, avec les inq chapitres du second mémoire, dans le ours complet de Palrologie. VINCENT, que Ton a quelquefois conmdu avec saint Vincent de Lérins, parce lie comme lui il habitait la Provence, flo- 5sait vers le mih'eu du v* siècle. On i-roit isez communément qu*il est le prêtre du lème nom qui représenta Tévéque de ÎM i concile de Jlièz, en 439. Gennade, qui avait connu, assure qu*il était très-versé' ins la scieucedes Ecritures, et qu'il avait Miré d'une lecture constante et assidue ne grande politesse de stvle et une admiible facilité d'élocution. Il avait entrepris ir les Psaumes un ouvrage dont Gennade (i avait entendu lire quelques passages à n homme de Dieu nommé Cannât, se prolettant, si Dieu lui accordait la santé et es loisiirs, d'écrire de même sur tout le sautier. Mais aujourd'hui on ne retrouve lus nulle part aucun fragment de ce comlentaire.
On lui attribue un autre ouvrage dans H]uel il attaquait la doctrine de saint Auustin et la réputation de ses défenseurs, e sont les objections qui parurent vers l'an 30, sous le simple nom oe Vincent, et que tint Prosuer réfute, comme nous l'avons einarqué a son article. Il serait inutile et isiidieiiT de répéter ici Tidée que nous vons déjà donnée de ces objections, en Drnbattant la fausse opinion qui les atlrino h saint Vincent de Lérins. Mais ceux ui pensent mieux de la doctrine du saint jtitaire, les rejettent sur un autre \iïh i^nt, et même sur lérrivain qui nous occupe, ins autres preuves que de simples conjecjr^£. Les critiques les mieux renseignés (Iinncnt qu'il irjr a pas plus de fondement uiir les attribuer à 1 un qu'à Tautre, avec elle différence qu'il y aurait peut-être plus ^ préjugés pour les croire de Vincent de ^nns que de l'autre Vincent; ce qui supuse clairement que ces deux auteurs 7 sont oniplétement étrangers. Elles sont au nom- •re de seize, comme nous l'avons déjà dit, t forment autant de propositions qup saint ^rosper a placées à la tête de chacune de es réfutations. Nous avons démontré, à l'aride ÀRifOBB, que c'était à tort que l'on hcrchait à le déposséder du fameux écrit »nnu sous le titre de Prœdestinatus , qui ui convient mieux qu*à tout autre écrivain. Il n y a donc pas lieu de l'attribuer tu prêtre Vincent, de qui, suivant toute apparence, nous ne )iOssédons plus aucun onrrage.
MTAUEN da Signia,en Campanic, suc-
céda au Pape Eugène, mort en 6S8 ; aoa rj^ gne fut de quatorze ans et six mois. ]I en* Yoya des légats à Constantinople avec un? lettre synodale pour donner avis d^ .sop ordination à l'empereur Constantin ^t au patriarche Pierre.
LeUre à F archevèaue de Crète, — De si|: lettres qu'a laissées Vitalien, deux sontadressées à Paul , archevêque de Crète, et une à Waan, chambellan de l'Empereur. Elles roulent toutes trois sur une même affaire qui regardait Jean, évêque de Lappa, Paul avait rendu une sentence contre lui, dont Jean avait appelé au Saint-Siège. Le Pape s'étant fait représenter les actes du procès, les examina dans un concile d*évèques qui reconnurent la nullité de la procédure parce qu'elle péchait par le défaut d'inslrucfion et que févêque de Lappa avait été condamné contre la disposition des canons et des statuts des Pères. Le concile fut donc d'avis de casser cette sentence et d'absoudre Tévêque de Lappa, Vitalien en faisant part à l'archevêque de Crète du résultat du concile, lui reproche de n'avoir pas permis à celui de Lappa de venir se justifiera Rome comme il le lui avait demandé et lui ordonne de le rétablir dans son E>lise.
Lettre à IFoan. --Le Pape écrivit quelque mois après à Waan pour le prier d'accorder sa protection à Jean, de procurer son rétablissement et de lui faire rendre toutes les églises qui dépendaient de son diocèse, C*est ce que ion voit dans la seconde leltre que le Pape écrivit à Paul, dans laquelle il lui or* donne de restituer à l'église de Lappa deux monastères dont celle de Crète s'étaitemparée. Il emploie encore le crédit de Georges, évêque de Syracuse .pour faire rentrer au plutôt Jean dans son Eglise.
Lettre au rai de Nortkumberland. — Osvi\ roi de Nortbumberland, comprenant à la suite do la conférence de Strenesthal que rÊgljse romaine était le centre de TEgliso catholique, envov^ un saint prêtre à Rome pour y être ordonnné archevêque de Cantorbéry, atin qu'il pût lui-mêm« ordonner des évêques pour toutes les églises d'Angleterre. Le Pape, dans l'attente de trouver un autre sujet pour cette Eglise, car Vigrad» qui avait été envoyé, était mort pendant son séjour à Rome, écrivit au roi pour Texhorter à marcher dans la foi catholiaueet à se conformer aux traditions de l'Eglise romaine soit pour la PAque, soit pour les* autres observances.
Lettre aux moines de Sicile. — Il t a unesixième lettre sous le nom du Pape Vitalien aux moines de Sicile qui vivaient sous le domaine de saint Benoît et de saint Placide^ et dont Ips monastères et tous les biens avaient été ravagés par les incursions des païens. Le impe, après leur en avoir témoi- ^ gné sa douleur, dit qu'il leur envoie de^ k*eligieux de la congrégation de Cassin pour les aider à réparer toutes ces pertes et qu'il est disposé lui-même à prendre sous sa protection tous les biens que he patrir^Ter*» . tulle avait donné à saint Booott dans la Si- i
vnr
cile. Dom Habillon qui parle souvent dans S6b annales de ladonalion de Tertulle, n*aurâit-il pas aussi allégué cette lettre de Vitalien» s il l'eût re^^aidée comme l'œuvre de ce Pape. Les collaborateurs des conciles semblent douter qu'elle soit de lui ; mais ils ne donnent pas de raisons de leur doute. On conserve dans les archives de l'abbaye de Slavelo, un diplôme du Pape Vitalien adressé à l'abbé Baboléne* par lequel il confirme les donations que le roi Siji^ebert avait faites à ce monastère. Il est daté du mois de décembre 661. Le Pape accorde h ce monaslèreet à celui de Maimedy, qui lui était dès lor<s uni, le droit de se choisir un abbé suivant la Règle de saint Benoit.
VIVENTIOLE, au commencement du vi* siècle, après avoir passé une partie de sa vie dans le monastère de Condat ou Condatiscon, fut élevé au sacerdoce et ensuite à l'éjiiscopat. Il semble que saint Avit de Vienne pressenlît qu'il y parviendrait un jour, puisque lorsqu'il le remercia d'une chaise, dont il lui avait fait présent, il lui souhaita eu reconnnissance un siège épiscopal. En eJFet, il fut placé sur celui de Lyon avant le mois de mai 517, puisqu'il assista en (|ualité d'évé |ue de Lyon à la dédicace de I église d'Agaune et qu il y prononça un discours, dont il ne nous reste plus qu'un fragment. Au mois de septembre de la même année il assista au concile d'Epdne, et en tint un lui-môme h Lyon avec dix évéques de cette assemblée qui l'avaient suivi.
Le détail de ses autres actions n'est pas connu, non plus que l'année de sa mort. Nous avons cinq lettres de saint Avit de Vienne qui lui sont adressées, mais aucune de ses réj)onses. On trouve seulement parmi les lettres de saint Avit un billet de saint Viventiole, par lequel il l'invite à la solennité de saint Just. Agobard, l'un de ses successeurs, témoigne que l'on voyait encore de son temps quelques-uns de ses écrits qui prouvaient sa doctrine et son érudition. Il ajoute que plusieurs écrivains en avaient Dtil réloge; mais ilneditpasen quoi consistaient ses écrits.
VIVIEN, d'après dom Marlène et dom Durand, fut un des premiers disciples de saint Norbert. Il s'inscrit lui-même le plus petit des pauvres de l'église de Prémonlré : Vivianus pauperum ecctesiœ Pramonstratœ minimus, expressions qui désijrnent plus que vraisemblablement un institut naissant. ' Ces deux critiques font remonter son écrit intitulé: Harmonie de la grâce et du libre arbitre, à l'an 1130, On ignore l'époque de sa mort.
L'auteur annonce dans le début de cet écrit l'occasion qui l'engagea à prendre la plume. Ce fut une dispute qui s'agita de vive voix entre deux personnes, dont l'une faisait dépendre la grâce du libre arbitre, l'autre soumettait le libre arbitre à la grflce. Vivien, instruit de ce qui s'était dit de part et d'autre, n'hésita pas h se décider pour le dernier sentiment. Quoique l'abbé de Clairvaux eût traité cette question avec la supé-
riorité de lumières qui lui était ordinaire, il se crut néanmoins permis de donneT !>$. sor h son zèle en mettant ses réflexions par écrit. Sa doctrine est parfaiteroeol cotifonDr à celle de ce Père dont il reconnaît avotr emprunté les pensées et quelquefois le^ propres paroles, ainsi que des plus célèbres docteurs qui se sont signalés poarladéfeQH de la même cause. Il définit le libre arbitre une fnculté de la volonté raisonnable par laquelle, aidée de la grAce, elle choisit !e bien, et dépourvue de Ta même grâce, elle préfère le mal. Liberum arbilrium ttt kbititas rationalis voluntatU qua bonwn Wigitur^ gratta coopérante^ et malum ipio deserente. Après avoir expliqué cette définition, il vient aux différentes espèces de liberté. Il en distingue trois : liberté de nécessité, liberté de péché, liberté de misère. La première, dit-iiy convient iodifféremoieiit à Dieu et à toute créature raisonnablotbonn on mauvaise. Ni le péché ni la misère œ l'affaiblissent, loin de la faire perdre. Elle n*est pas plus grande dans un juste que dans un pécheur, dans un ange que dans un homme. Car de même que le consentement de la volonté humaine tourne vers le bien
f)ar le secours de la grAce, rend Thofinne ibrement bon et libre dans le bieo, par cela seul que cette grâce rend ce consenlement volontaire, et ne Tentratne pas malgré lui ; ainsi, lorsque par sa propre pente ce même consentement se précipite dans le mal, l'homme n'en est pas moins libre et exem()t de contrainte, parce qu'aucune violence intérieure, mais sa seule volonté Teo- Sage à devenir mauvais ; %i comme un an,;e u ciel et Dieu même persévèrent arec liberté dans le bien, et n'y sont attachés par aucune nécessité qui vienne du dehors, on doit dire aussi que le diable s'est iîrré au mal, et qu'il v persiste par un mouveoient purement volontaire, et non par une impression étrangère. Pour rendre ceci plussen-
sible, il est important d'observer que lelibre arbitre ne tire pas sa dénomination d'une puissance ou facilité qu'on lui supposerait é^ale entre le bien et le mal, puisquayaot bien su tomber par lui-même, il ne peut cependant se relever que par l'assislaDce de l'Esprit-Saipt; autrement on serait forcé d'avouer que les saints anges, qui sont tellement bons qu'ils ne peuvent être mauvais, et les anges prévaricateurs qui sont* tellement mauvais qu'ils ne pourraient devenir boo.s manquent également du libre arbitre; ii faudrait encore affirmer la même chose de nous après la résurrection ; lorsque par l'effet du jugement dernier, nous serons inséparablement unis les uns aux justes, \^ autres aux réprouvés. Au reste il est fari!« de prouver que ni Dieu ni le diable ne sooi dépourvus du libre arbitre. Comment efl effet pourrait-on l'ôter au premier, lui fl« n'est incapable de faire le mal que par uo^ volonté ferme, ou, si l'on veut, une fermeta volontaire dans le bien ; et cornaient en(^^ pouiller le second, tandis qu'affrancbi pleinement de la tyrannie d autrui» rien »•
WAC
DE PATROLOCB.
WAC
irw
empêche d'aimer le bien que le penchant •pinifltre de sa volonté pour le mal 7 Cest onc plutôt parce qu*il rend sa volonté parlitement libre, soit dans le bien, soit aans e mal, que le libre arbitre est ainsi noipmé, (uisque personne ne doit être dit et ne peut ire réellement bon ou mauvais qu'autant |u*il veut être l'un ou Tautre ; et ainsi il Ty aura nul inconvénient de dire que le îbre arbitre est é^al pour le bien et pour e mal, non à raison d'une égale facilité lans le choix, mais parce qu'il y a toujours a même liberté, auelque parti qu'on prenne lans la volonté. Il est aisé de s'apercevoir, l'a près ce raisonnement, que, bien loin de, ejeter cette liberté foncière sur le bien et le' nal qui est inhérente à l'état de l'homme oyaçeur, notre auteur n'en veut ici qu'à 'équilibre de pouvoirs ou de forces dans eauel les adversaires plaçaient l'essence de a lLl)erté. C'est une règle qu'il faut avoir oujours présente à l'esprit, en lisant les ourrages de ces anciens théologiens.
Vivien développe avec la même précision es deux autres espèces de liberté. Il prouve ensuite que l'homme innocent les a possélées toutes trois, mais que, depuis sa chute. 1 ne lui est resté que la première. De là il lasse à la grflce dont il marque la nature et es effets. Après avoir dit qu elle opère tout lans le libre arbitre, ou par le libre arbitre, il se fait cette question : « Ici quelqu'un me lemandera peut-être; que fait donc alors le
libre arbitre dans l'homme; je réponds en deux mots : il est sauvé. Otez le libre arbitre, il n'v a plus rien è sauver; 6tez la grâce, il ny aura plus de moyen d*ètre sauvé. Ce grand ouvrage du salut ne peut se faire sans le concours de deux choses, l'une qui l'accomplit, l'autre dans laquelle il est accompli. Dieu est auteur du salut
3ue le libre arbitre est seulement capable e recevoir. Nul autre que Dieu ne peut donner ce bien ineffable ; nul autre n'en est susceptible aue le libre arbitre. Ce qui est donc accorde par Dieu seul au libre arbitre, ne peut non plus être sans le consentement de celui qui le reçoit, que sans la grAce de celui oui le donne ; et c'est ainsi que le libre arbitre coopère à la grAoe qui opère le salut, lorsqu'il consent, ou bien lorsqu'il est sauvé. Car consentir n'est autre chose qu'être sauvé. ^ .
Ces passages de la doctrine de Vivien doivent faire juger du mérite de l'ouvrage et de la capacité de son auteur dans les matières de théologie. Il est h remarauer que quoi qu'il fasse un fréquent usage des principes de la dialectique, il n'emploie que les expressions consacrées par l'antiquité. Elles lui ont paru suffisantes pour expliquer une matière qu'elle avait discutée à fond, et sur laquelle il est presque aussi dangereux d'innover dans le langage que dans la façon de parler.
WACE (Robert). Chanoine de Bayeux»
historien-poëte. On écrit diversement son nom, Wace^ Waixe^ Vare^ Varce^ Vasse, GuazCf Guasco^ Garoe. Il est l'auteur du roman de Rou^ et du roman de Brut ou d'Artus de Bretagne. Il s'agit dans ces deux poèmes de l'histoire d'Angleterre, plus ou moins déUgurée par les Actions de la poésie. il n'entre pas dans notre bujet de nous en occuper.
Robert nous apprend seulement dans l'un de ces ouvrages qu'il était né à Jersey, diocèse de Coutance. Dès son enfance, il fut transporté de cette lie à Caen et de là il vint on Frnnce faire ses études, retenu ensuite dans celte dernière ville il s'occupa de composer des romans.
Parmi ses ouvrages qui furent, à ce qu'il parait, assez nombreux, nous n'avons à parler que de celui qui traite de l'établissement de la fête de l'Immaculée Conception. On le trouve dans un manuscrit transféré des ar« chives de Notre-Dame de Paris à la Bibliothèque impériale où il est encore aujourd'hui. Il a pour titre : Cest comment la Conceptionde Notre-Dame fat établie.
On abbé de Ramèse, nommé Elsin ou Elfm avait été envoyé en Dace ou Danemark par Guillaume le Conquérant, peu après la victoire de Hastings. A son retour il essuya une furieuse tempête et se voyant près de
périr il demanda le secours ae Ja très-saince Vierge. Aussitôt il vit paraître près du vaisseau, sur les flots, un homme d'un esprit vénérable, habillé en costume d'évêque, qui lui dit : Je viens à votre secours de la part de la Mère de Dieu, et j'ai ordre de vous dire que pour éviter le naufrage, il faut que vous lui promettiez de célébrer le jour de sa Conception. L'abbé le promit et la tempête finit à l'instant. Elsin, pour acquitter sa promesse établit la fête de la Conception dans son monastère, d'où cette dévotion se répandit bientôt dans toute l'Angleterre et de là en France et dans toute la chrétienté. Tel est le récit que fait Goguin dans son
Îoëme De la pureté de Marie^ imprimé à aris, in-S* en 1617, et tel est aussi le sujet que traite notre auteur. Voici ses premiers vers :
Se aucnns est cal Dien ayt (toit) chier
Sa parole et aou méaUer (besoin),
Viegne oîr que Je dirai ;
Y a d*uii seul mot ne menUrai.
Maiêtre GuaciS^ un cler» saclians,
Mos espont (expose) el dit en ronant
En quel tems, comment et par cul
Vu oommeocie el eatabU
Que U fêle fut célébrée
Que conçue et engendrée
Fu Notre>Dame sainle Marie
N'en fti oncquea paroles oie
Qu'à nul tans ainçois (auparaf^nt) faist-oo
reste de sa conceoiioo
Dessi cao Uni f Jusqu'au trmp«)Je roi Gvillaanat
lYAL
niCTIONNAIHfi
WAI.
?yaDt Un Anj(*ais et Ia ro.T«uiiie jr force ei psr bataille prist, Vlk^ cbapliauxt ciiéa conquis^ ete.
Dans ce poëme, composé de dix-huit cenls rers, Tauleiir nous décrit la descendance de Uarie, sa naissance* sa vie et sa mort.
Les habilants de la Normandie furent les premiers en France qui célébrèrent la fête de Hromàculée Conception qui, pour cette raison fut dite la fête aux Jformands, On en éialilil la confrérie et l'enthousiasme s'empara de tous les écrivains qui se mirent k célébrera l'envie les vertus et les perfections de la Mère de Dieu. Ils fondèrent ipeme à Caen, dans ce but une Académie qui existe encore sous I9 titre d'Académie de t Immaculée ConcepHon. Outre le mérite de remonter kl haut, les écrivains normands qui en font aujourd'hui partie peuvent se dorifier d'avoir devancé de huit siècles Ta croyance, aujourd'hui fixée, de l'Eglise universelle.
Pour en revenir à notre poëte nous dirons que cet écrit est son plus beau t|tre de gloire.
WaLAFRIDE Strabon, ainsi surnommé parce qu'il était louche, naquit en 807, d'une lamille obscure dont il devint Torpement. On ignore le lieu de sa naissance, mais il affirme lui-même qu il était originaire d'Allemagne. Il annonça de bonne heure ungér pie heureux et de grandes dispositions pour les lettres. Placé dans le monastère de Fulde, sous la discipline de Raban-Hnur, il jr fit des
Rrogrès si merveilleux que, dès l'Age de dixuit ans, il était déjà en relation avec les savants de son époque. Il devint ensuite dojep de Saint-Gall, puis abbé de Richenou, dans le diocèse de Constance. Sa piété exemplaire et son savoif profond lui concilièrent i'esr time générale. Oa proit qu'il mourut yers l'an 849,
Glo9e ord[Jnaîre, — Le premier ^uvrage de Walqfride est un commentaire littéral $ur toute l'Ecriture, connu sou$ le nom de Glose ordinaire. Ce sont de courtes noies sur no> livres saints. Strabon les tira particulièrement des Cpmmeataires de RabaQ, qui ye<> naient de i^Aratlre alors, et eppruuta aux anciens interprètes l'expliration des passaigesqvie^Qa inatlre n*av«it point çommenr lés. Mais an lieu de s^en tenir à donnerseulement le seqs de la )ei(re» corprne cela se pratique ordinairement d^ns des gloses, il a*attaphe je p||i$«puvent au sens spirituel et mystique» pe qui ne néppqd point au dessein de louvrage ^t lui dqnue un air de commentaire. Divers auteurs, parmi lesquels nous remarquerons Anselme de Laon, Nicolas de Lire, et Paul, évêque de Burgos, 7 ont fait depuis quelques additions : c Nos pères, dit Duguet dans le tome VIII de son Mecueil de lettres de piété et de morale, nos pères ont fait état de cette glose, et nous ne devons pas la mépriser. » Nous nous permettrons de remarquer cependant que qui s*en contente est facile à satisfaire. Cette glose est un des plus anciens écrits que l'on ait mis .soqs presse depuis la découverte de rimprimerie. Elle fut imprimée k Rome en sept volumes in-
folio, dès Tan iVî^. Les meilleures éqitioQs qui en aient été faites depuis sont celle de Paris, 1590, 7 vol. in-fol., et celle d* Anvers. 6 vol. in-fol. 1634.
Commentaire sur les Psaumes. —U Commentaire de Walafride sur les soixante* seize premiers psaumes de David est dans k même goût que sa glose, mais un peu pins étendu. 11 s'arrête peu au sens littéral et ne s'applique, pour ainsi dire, qu'à relem le sens mystique et moral ; de sorte que cet ouvrage est insufBsant pour donner l'intelligence du texte qu'il explique. Cependant, l'auteur y a répandu un esprit de piété qui peut en faire aimer la lecture par tousceai qui n*y chercheraient pas autre chose. 11 j suit quelquefois la version hébraïque lorqu'elle lui présente un sens plus clair quei< Vulgate. La morale qu'il y expose est aassi exacte que solide, et sa do*f:trinesurlesquf$tions de dogme et de foi qu'il a occasion d'y toucher, est très-saine. Nous n>a prr»duirons qu'un seul exemple qui suffira pour faire juger des autres. Strat>on veut que le^ médecins des âmes diffèrent longtemps la guérison de celles qui combattent lâchemeol Contre leurs maladies, afin de leur fairss«th tir les maux dans lesquels le péché les a précipités. lien donne aussitôt la raison: « C'est, dit-il, que Ton ne se précautionne presque jamais contre ce qui se guérit si prompteraent, et qu*au contraire ladilCculté de la g^uérison rend plus soigneux et plus attentif à conserver une santé que Ion na recouvrée qu'avec peine. »
De Vorigtne et du progrès des cho$e$ tctU" siastiques. — L'ouvra[;e le plus importantde Strabon est celui qui traite de lorigine et des progrès des choses eci:iésiastiques.lie>t divisé entrente-un chapitres et conlienldei recherches curieuses sur les temples et le) sacrifices, les églises et les autels, en entrant dans le plus grand détail; sur les images, en bl Amant ceux qui les rejettent et ceux qui leur rendent un culte su()ersti(ieuv: sur les sacrements et les cérémonies eu usage dans leur célébration, et en particulier sur le saint sacrifice de la messe, les itrn^ ments convenables au service divin, la litur^^ie, la biérarchiei etc. En voici le prtcis :
L'usage des temples et des autels n*esi point particulier à TEglise chrétienne. Us patriarches érigèrent des autels en l'huDneur de Dieu. Par son ordre. Moïse dnb>a un tabernacle selon le modèle qui! en av^it vu sur la montagne. Salomou b.ltil un teopie à Jérusalem; il l'orna et y mit loul ce qui était nécessaire pour le culte du Seigneur. On ne peut douter que les (laleos n'aient eu aussi des temples et des autes. Il est parlé dans l'Ecriture des lemules de Daçon, de Neserach, de Bel, de Nanéa.Pip<t avait lui-même établi les cérémonies qa' devaient servir à son cuhe. Les païens,i;otfr séduire plus facilement les peuples, s'^r proprièrent quelques-unes de ces céréa* nies. Avant la venue de Jé»us-Cbrist,onB> dorait que tians le temple de Jérasai^'
WAL
DE PaTROLOGUL
WAL
liais le temps étant renu où Dieu devait ivoir des adorateurs en esprit et en yôrité ; lis ne fixèrent point leurs adorations à cerlains lieux à Texclu^ion de tout antre. Ils lie laissèrent pas de chercher des liôux purs, Mf»ignés du tumulte et du commerce du iionde, pour y offrir à Dieu leurs prières et Us saints sacrifices, et pour s*y écîtier. mulaellement par de saints exercices. Saint Paul assembla les fidèles à Philippes et à Ephèse sur les bords du fleuve. Les Chrétiens tétant multipliés, ils firent des é^^lises le ours maisons. Mais aux temps de persécuiîon ils s*assembiaient dans des lieux souterrains, dans des cnvernes, dans des cimeières, sur les montagnes et dans les vallées SnrtéeSy persuadés que Dieu pouvait être iiioré en tous lieux, parce qu'il est partout, l/ancienne coutume était de prier èl'Orient *1 d j tourner les églises à rimilation du emple de Salomon; mais cet usage n*élait ^as constant. L*é|flise que Constantin bAtit tvec sa mère sur le saint sépulcre était de brme ronde; il en était de même du Pan<* héon, dédié par le Pape Boniface sous Tin-rocation de tous les saints. Dans Téglise de •aint Pierre, il y avait des autels tournés, lon-seuleroent à i*orient, mais au midi et m nord. Donc encore que Tusage lé plus commun fût de se tourner vers Torient pour ^rier, on ne doit point blAmerceux qui tourlent d'un autre cAté les églises et les autels )our quelque raison locale. On se servait le divers instruments pour appeler lei fidè* es à rassemblée. Les Italiens, à ce que Ton lit, lurent les premiers qui employèrent les cloches. On donne aux plus grosses le nom le Campanœ^ parce qu on en trouvait de rès-fortes en Campanie, et le nom de No* œ aux petites , de la ville de Nola, où les loches furent d*abord inventées.
L'auteur donne ensuite Tétymologie des loms d*êglis6, de temple, de basilique, d*ab« iide, d*autel, de portique, de cimetière, de acraire, de pupitre, d ambon, de voûte, et ie beaucoup d'autres termes usités dans le angage ecclésiastique. En expliquant celui le théotisque, nom barbare qui signifiait la liaison de Dieu, il remarque que la langue iidesque avait emprunté du grec et du lain presque tous les mots qui concernent la eligion. II en donne pour raison que les )ari)ares qui servaient dans les armées ronaines avaient été instruits par des inissionlaires qui partaient ces deux langues, et ]u'ils avaient appris aussi beaucoup de hoses des Gotbs, qui, après avoir embrassé e christianisme, demeuraient dans les provinces des Grecs et parlaient ia langue tu« lesque. Il fait mention d*une traduction des ivres saints en cette langue, dont il dit que Je son temps on voyait plusieurs exemptai* es. A quoi il ajoute qu'il avait appris de personnes dignes de foi, que chez quelques ^^ythes, particulièrement chez ceux de Tolie, on célébrait encore les offices en langue tudesque. Il aborde la question des ijna^es, agitée à Gonstantinople et dans les iiauies, sous le règne de Teuipereur Louis.
Ce qu'il dit sur ce sujet est très-sage, car il blAme aussi bien ceux qui les rejettent ou les déchirent, que ceux qui leur rendent un ai.'fe su|)erstitieux ; mais il approuve qu'un leur rende un culte modéré, et qui ne se rapporte pas & la matière dont elles sonC coinpQsées, il prouve par divers exemples de TAncien Testament ei fiar plusieurs décrets des conciles, que l'on doit consacrer solennellement les enlises et les autels; et, conformément aux ranons, il dit que les églises n*étanl destinées qu'A la prière, aa chant des louanges de Dieu et è l'adminis* tration des sacrements, on ne peut sans |ié* ché les employer i des ouvrages profanes^ jamais à y boire et y manger, à moins qu'on
{' soit contraint par la nécessité des voyages, i demande non-seulement de la ferveur dans la prière» mais aussi de la décence et de la simplicité, et semble rejeter lescon* certs; mais sans s'expliquer îieaucoup là* dessus. Jl renvoie à ce qu*en a dit saint Augustin dans le livre des Confesêions.
Pour que le culte quel'ou rend à Dieu dans ses temples soit profitable, il faut que le cœur de ceux qui le lui rendent soit digne d*élre lui-même l'habitation de Dieu, qui aime mieux qu'on lui olfre des vertus quedes dons matériels. Toutefois, il aa^réé les victimes et les oblations des (latriarches qui consistaient en animaux et en fruils de la terre ; mais comme ces oblations n'étaient que des figures de la loi nouvelle, elles ont cesséaussuôt après la venue de Jésus-Christ, qui a établi de nouveaux mystères, en donnant le sacrement de son corps et de son sang à ses disciples le jour de la cène, et en ordonnant de le célébrer à Tavenir le jour de sa Passion. Le Seigneur a choisi pour ce mystère les espèces du pain et du vin roinnie très-convenables pour signifier l'union du chef et des membres. On doit mêler de l'eau avec le vin, afin de montrer que le peuple qui est désigné par leau, ne doit pa» être séparé de Jésus-Christ dont le 5ang est dans le calice. Le mystères de notre rédemption sont véritablement le cun*s et le sangdu Seigneur. On Icsappellesacrenit-nf, à cause de la vertu serrète (ar laquelle i. s opèrent la sanctification. Cesl pour ee.a i|ue les saints Pères ont ordonné d'en priver ceux qui cessent d*être les membres de Jesus-Cbrist, en commetlani des |)éciiés mortels, de peur qu'en y parlici|)ant indi,^neuient, ils n*eu commettent de plus grands encore; et atin que la crainte de celie séparatiou les engage àlaire pénitence. L'auteur cite les canons des apôtres et une fau^^e décrétale du pape £ulyciiien, |K>ur iitontrcr que, indépendamment du |Miin et du vin, on oU'rait autrefois sur Tauiel plusieurs autres choses, comme iies épis de blé, des rai sins, de Thuile ; et il dit que de son temps, par un reste de superstition juJaique, dans quelques endroits, on faisait bénir un agneau le jour de Pâques^ pour en man«ier «vaiil toute autre viande. Il désaprouve cette pratique et fait voir que si autrefois, il ét^it d*usage en quelques villes deSyrie de cpm«
WAL
IMCTIOr^MAIRE
WAL
inunier les samedis, après avoir dîné^ on s'est accordé depuis dans toute TEgliseène rélébrer et à ne recevoir l'Eucharislie qu'à jt^un; maïs il ne marque pas Tépoque de cette décision.
Il y arait des personnes qui ne communiaient qu'une fois Tan, le Jeud-8aint, d'autres communiaient le jour de Pâques, et plusieurs aux jours de fdtes ; il ne condamne ni les uns ni les autres. 'Mais il approuve de dire la messe chaque jour pourvu que l'on soitexempt de péchés considérables. En cela, il s'autorise de l'exemple de saint Cassius de Narni, rapporté par saint Grégoire. Sous son pontificat, on ne jeûnait point les jeudis de carême, parc« qu'ils étaient réiébrés comme le dimanche. L*usage s'introduisit dans la suite de jeûner ce jour-là comme les autres jours. Les prêtres ne suivaient pas le même usage pour le nombre des messes ; les uns n'en disaient qu'une par jour, d*autres deux, et queluues-uns trois et même plus suivant leur aévotion ; en quoi, observe Walafride, ils se modelaient peut-être sur l'Eglise romaine où il est d'usage d'en dire quelquefois deux ou trois, comme à Noël et aux iètes de quelques saints. 11 est d'avis que Ton se règle là- dessus, selon les besoins des peuples ou des solennités, laissant du reste aux prêtres la liberté d'en user à cet égard, comme ils le trouveront bon. Léon III disait sept messes par jour et quelquefois neuf. Saint Boniface, archevêque de Mayenne n'en disait qu'une. Les apôtres la célébraient d'une manière fort simple. Ils récitaient plusieurs prières, faisaient mémoire de la Passion, comme Jésus-Christ l'a ordonné, puis s'administaicnt le corps et le sangdu Sauveur. La tradition rapporte qu'ils la célébraient à peu près comme on le fait encore aujourd'hui le Vendredi-Saint, avec celle différence qu'outre TOraison Dominicale ils faisaient aussi commémoration de la Passrion, suivant l'institution divine. Ensuite, cette liturgie a été augmentée. Il cite les auteurs de ces additions, toujours en 6*appuyant sur les fausses décretales. On conservait encore alors, en plusieurs lieux, l'ancienne liturgie gallicane. L*usagc de chanter à la messe le symbole de Constantinuuie, est passé des Grecs aux Latins. On le récita plus fréquemment dans les Gaules et la Germanie, depuis la condamnation de Félix d'Urgpi ; mais en Espagne, on le chantait dès l'an 780, par décision du troisième concile de Tolède.
Walafride blâme ceux qui faisaient en I^assant des offrandes à plusieurs messes sans en entendre aucune, ou qui se croyaient obligés de faire autant d'offtandes qu'il y avait de personnes pour qui ils priaient, comme si un seul sacrifice ireût pas été suffisant pour tous. Mais il ne condamne point ceux qui communiaient à toutes les messes auxquelles ils assistaient, ni ceux qui no communiaient qa'iine fois, quoiquils en entendissent plusieurs. 11 en excepte les prêtres à qui i! n'était pas permis de dire plusieurs messes sans y communier autant
de fois. Il appelle messe légitime celle où il y a le prêtre, le répondant, l'otTranl cl le communiant. L'heure de la messe est différente, suivant la différence des solenniiés On la dit quelquefois avant midi ; quelquefois vers none, d'autres fois le soir, et encore la nuit, mais jamais avant l'heure de lierre. Dans, les premiers temps on la disait eo hibit ordinaire, ce que font encore, à ce qoe Tondit, quelques Orientaux. Les papes et les conciles ont prescrit depuis certains ornements sans lesquels on ne doit point ce* lébrer. Ces ornements sont la dalmatiqiio, la chasuble, l'aube, le manipule, rorariuin, la ceinture, le pallium, les sandales; mm la plupart n'étaient que pour les archeTèques. Le concile de Brague ne roaraue que 1 orarium pour les prêtres : c'était Vélole; quant aux vases sacrés, ils sont les mêmes qu'aujourd'hui, un calice, une patène, etc., mais la forme en était diffcreute. On nyporte que saint Paulin, évèque de Frioul, disait souvent des hymnes à l'immolatioa du sacrifice, surtout aux messes privées. L'église de Milan établit l'usage de chanter des hymnes, et divers évoques firent des changements ou des additions dans le cours (\es offices. Le respect pour le Saint-Siège a l'ait recevoir ses usages là-dessus presque dans toutes les Eglises latines. WalalriJe en donne pour raison qu'il n'y a point de tradition qui mérite plus d'être suivie que celle de cette £glise, soit par rapport a ta règle de la foi, soit par rapport à la disci-
61ine.II remarque que, dans l'ordre de saint enolt, on s'en est tenu à la distribution des offices prescrite par la règle, comme ajaot été autorisée et approuvée par saint Grégoire.
[/administration du baptême a égalemect subi avec le temps quelques modifications. En cas de nécessité, toute personne peut baptiser, même les femmes. Hors ce cas, le baptême ne doit être administré que deui fois Tanni^e, à Pâques et à lu Pentecêle. Les uns l'administraient par la triple immersion; les autres par une seule, d^autres par une infusion. Il est bon et valide dans toutes ces circonstances. Quant à la confirmation, elle est réservée aux évêques. Le iièrenilamère ne peuvent baptiser leurs enfants. Si le cas arrive, ils doivent vivre ensuite dans la continence à cause du lien de la coro|)aternité spirituelle. Les fidèles doivent payer la dl.'ue de leurs fruits aux prêtres, mais cette dîme doit être divisée en quau^e parts; une pour Tévêque, l'autre |K>ur les clercs, la troisième pour les pauvres, la quatrième pour la réparation des églises. A Rome, on iaisait les Rogations le 25 avril; en Alleoia^e et dans les Gaules, les trois jours qui précèdent r Ascension ; en Espagne, après la Pentecôte, |X)ur ne pas jeûner dans le temp pascal. La bénédiction de l'eau se faisait avec du sel, et on avait coutume d'en asperger les maisons. On bénissait aussi les cierges dans les paroisses, comme dans les grandes églises. Walafride fait dans le dor* nier chapitre une com|)araison entre les ii>
ViàL
VfàL
cnités ecclésiastiques et les charges séculières. Le souverain pontife tient le premier rang; assis sur le siège de Rome, il tient la place de saint Pierre, et sa dignité le rend chef de toute TE^Iise. Les patriarches des autres Eglises associées au siège de Rome, sont celui d'Aniioche en Asie et celui d*A- Iciandrie en Afrique, parce que saint Pierre avait établi sa chaire à Antioche, et que l'Eglise d'Alexandrie lui appartenait ert quelque sorte, puisque TEvangile y avait été prêché par saint Marc, son fils. L'Eglise compte encore d*autres patriarches au-dessous des trois que nous venons de nommer. Les archevôgues sont au-dessus des métropolitains ; viennent ensuite les évéques, les abL)és, les grands chapelains ou archichapelains, les petits chapelains. Ils furent ainsi nommés de Ja chappe de Saint-Mariin, que les rois de Franco portaient avec eux à la guerre pour obtenir la victoire; ces clercs la gardaient avec les autres reliques. Les grands chapelains étaient préposés au jugement des affaires des clercs. Suivent les corévéqjues, les prêtres chargés du soin des paroisses, ou de Tadministration de quelques chapelles; lesarchiprétresqui ont soin des chanoines; les archidiacres chargés de Jn maison des évéques ; les diacres, les sousdiacres, le.s exorcistes, les portiers, les acolytes, les lecteurs, les chantres, les psalliiisles. Walafride fait un usage fréqucn't du mniitical de Damase et des fausses décrétaes dans ce traité qui fut imurimé pour la première fois à Saint-Victor près de Mayence en 1549, ensuite à Cologne en 1568, h Rome en 1591, dans divers recueils, et séparément à Venise en 1572.
ùu renversement de Jértualem. — Ce traité publié par Canisius en 16M, et réimprimé à Anvers en 1725, est en forme d'homélie, sur le chapitre xix de saint Luc. Strabon montre, en suivant Thistoire de Josènhe, (le quelle manière s*cst. accomplie la predic* . don du Sauveur annonçant fa destruction (le cette ville infortunée. L'auteur en tire lies réflexions morales d*une heureuse et perpétuelle application.
Uomélie sur saint Matthieu. — Quelaues anciens roanuscrits,découverts pardom Bernard Pez, attribuent à Walafride Straoon ime homélie sur la généalogie de Jésus- Uirist, rapportée dans le premier chapitre le saint Matthieu. L*auleur Tespliqued'uue iianière mystique et figurée, s*appliquant à nonlrer que les noms des ancêtres de Jésus- Ihrist avaient des significations mystérieuses, qui toutes se sont accomplies dans ce ijvin Sauveur. De cet expose, il tire des éflexions courtes, mais d'une saine morale, i(>()n)priées au sujet et proportiounées aux besoins de ses auditeurs.
Vie de saint Gall. —Dans cet ouvrage écrit ^n vers et adressé à un de ses amis, Slrabon ui dit :
Promiiti memor ecce mei, Gosherte, quod olim Devovi, ad prœsens solvere, dure, volo.
le Gozbert était Tabbé de Saint-Gûll, qui
avait prié notre auteur de retoocber une des anciennes vies de leur saint fondateur, oa ajoutant quelques nouveaux faits h la rariie qui contient la relation de ses mirailes. Jl rendit le même service à In Vie de saint Othmar qui avciit été roropnsée par Tabbé Gozbert lui-même. Il est peu de légendes qui soient écrites avec plus d'ordre, et nous n'en connaissons aucune de la roèuie époque dont le style soit plus irréprochable. Ce* pendant on accuse l'auteur tïy avoir avanré diverses choses que l'on ne peut concilier avec la vérité historique, et que plusieurs savants n'hésitent pas à regarder nomiiie fa« buleu9es. Il y en a d'autres aussi qui tiennent trop du prodige ; il est vrai que la faute doit en être rejetée sur le premier auteur* La préface montre un écrivain versé dans la lecture des anciens, et qui possédait des connaissances (géographiques assez éten* dues. Il la termine par huit vers élégiaques qui sont une prière.
Poésies. — Slrahon a beaucoup plus écrit en vers qu'en prose. Dès l'âge de quinze ans il sVxerçait dans ce genre de littérature avec des succès marqués. Aussi quoiqu'un n'en possède que la plus petite partie, le recueil de ses poésies est-il considémciie.
Il y en a de toutes les mesures et sur wne infinité de sujets, mais elles sont loin uà" voir toutes le même prix ni la même étendue. On en trouve sur les mystères du Sauveur, à la louange des saints, en i'hnnneur des rois et de plusieurs personnes illustres qui vivaient du temps de notre poêle, et sur beaucoup d'autres sujets, la plupart assez indifférente par eux-mêmes. S*il s'en rencontre quelques-unes qui intéressent par les traits historiques qu'elles contiennentt il y en a plusieurs qui sont de pure imagination. Souvent ce ne sont que des quatrains ou des distiques, et souvent aussi de pièces de longue haleine et qui méritent le nom de poèmes. Nous dirons seulement un mot de quelques-unes.
Il fait ainsi l'éloge de Fiorus dans des vers adressés à Agobard, qui donneront en même temps une idée de sa poésie et de celle de son siècle. C'est une allusion à ^oii nom :
Àt de Flore nooo, qui ros renés whu odorem ProdH uMqne ms, hœe loca nmor ahi
Flora venit quon iam dum $m§uia qiuejue diemm
Suiit affala iugis praia ùmnvmtfue (erem, lluic Ftoro meltuê tenlenili Chritlicolitrum
Àttribuit qutdquid dogmate et ore vhrei. Nom hic flonu florem sequitur de gernuMe Jesn^
El Iradil quod amans aUuiil iUe homiue. Quœ tum iegnis erit dotitê ingruta mpenth
Quœ u hoc non tponle uecicre paient upis? Fioreat haud flaccetis Inc /lo$ et fiorea ftagrun*
Spiramenta Jerut Memyer uhique Dto, Donec in astriferai porrei ta cucumitut udes
Erigatf et (ructumjam hine fine hat^eat,
La pièce la plus importante du recueil à cause de son étendue, puisqu'elle ne contient )as moins de neuf cents vers héroïques, est a fameuse visiondeWetin, moine de Richenou, écrite en prose aussitôt après sa mort, en 8ik , et mise en vers par Strabon l'année suivante. Cette |iièce n est pas dé-
WAL
DICnOIiNAtES
WAM
potirtue d^unoérfain Intérêt htotorique ; oa Ses faulesi mêmes ii*oiic pas été sau prolli y troiif e une liste chronologique des abbés pour ceux qui se soni exercés après lai sur de Rkbienou et des documeats curieut sur Jes mêmes matières, ei son ouîrace se fait
quelques boromes de lettres qui ilori usaient i cette époque. Quand on fait réflexion que le pr>ete écrivait sous le règne de Louis le Débonnaire fils et successeurdeCbarlemagne, on est surpris de le voir s'exprimer aussi librement qu*il le fait sur (9e grand empe^ reur.
Mais son pôËme le plus beau ot celui qui fliit le pius de plaisir à la lecture, son chef"d'(Buvre en poésie on un mot, tant pour le mérite de la versification que pour la variété des (sujets qui y sont treitéfs, o*est le poëme intitule Borîniui ou le petit jardin. On y ci^mpte plus de trois oents vers bexamètres qui finissent par une petite dédicace à Gri'» ttiald abbé de 8êint-Gall. Le poëte nous Ap^
Crend que pour éviter l'oisiveté et remplir ïs moments vid^de la journée, il cultivait un petit jardin, dans lequel il élevait quel* eues légumes, des simples et des fleurs. JDans \é description qu'il en fait, il indique leurs prot>riôtés, les maladies dont eiles peuvent guérir ; et il prouve qu*il en connaissait irès^bien la nature et les qualités^ connaissance du reste qu*il n'avait pés seu*^ lement acquise par là lecture des naturalistes anciens lU modernes, maïs encore par sa propre expérience.
fiâx non tùla milii patêféèii oplHio fatné Vuttûm, quastila libris née Itciio nriick : Sealaktnr el Muâimn , qmlm» olia longu diemm ^oitfwm, expertum ribut docUere pidMttU.
Ceux de nos lecteurs qui seraient curiêul de connaître les autres poésies de Strabon» trouveront è satisfaire leur curiosité dans le tome V% pages 68 à 7(h de t'HUloite lUtérairt de la France,
AoTEBs éCRiTS. — Ce lut notrts auteur qui donna à VHiêêoire de Louie te 'Mbannatre par Thégau, la forme sous laquelle nous la possédons. Il Ut un abrégé du commentaire deRaban-Maur sur le Léviiique^ imprimé dans le Recueil des couvres de Raban. Il en fit luî-mémesur le Beutéronome : c*est du moins ce qu*on lit dans l'inventaire de la bibliothèque de féglise de Saint -Paul à Londres, lait en 1458. Trithème lui attribue un Traité des dimensiom arithmétiques et 4ine partie notalile des Annales deFulde; mais il y a des raisons de chronologie qui iious semblent fort péremptoires pour lui 4:oniCster et môme pour lui retirer entièrement la propriété de ses deux ouvrages*
Walafride Strabon écrivait assez bien en
Krose ; mais ses vers ne sont pas tous aussi ieu travaillés. Il y en a qui ont de la douceur, de la noblesse, du feu et de rharmoaiey et qui peuvent è.bon droit lui mériter le titre de poëie; dans l'es autres au contraire il est lauj^uisiant, rarement harmonJeux et souvent très-obscur. En général il manque de critique et un ne doit pas toujours compter sur I autorité des sources où il va puiser ses documents. C'est Une observation qui s*applique surtout à son grand traité de rorigine et des progrès des choses ecclésiastiques.
lire avec intérêt, après ceux de saiotkidon de Séville, d'Amalaire, de Raban-Maur, d'Yves de Chartres, de Jean diacre de Yé-
Î^lise de Latran.Ceux auivoudroQtGonoaltrc a liturgie gallicane, a cette époque, pooN ront consulter ce que Fleury donne du sa* vaut traité de Mabillon.
WALDRAMME» qu'il ne faQt|)as confondre avec un moine de Saint-Gall HumèmBuoia qui se rendit célèbre dans le même stècle par sa science et par ses prédications, i^noverna l'église de Strasbourg depuis laoflgS jusqu'en 905. Nous avons de l'étéque de Strasbourg un poëme de condoléance eo vers élégiaques adressé à Salomon évèqoe de Constance sur la mort de son frère. L*ao* leur l'exhorte è se soumettre avec résigoi* tion à un événement commun k toos la hommes. Il montre dans la première parje que nous devons nous soumettre à la onrt avec résignation dans l'espérance d'une m plus heureuse et qui n aura pas de Gn, mn«que les patriarches, les prophètes, les epAires, les princes, les rois et généralement tous les hommes j sont sujets par une loi indispensable. Dans la seconde il essaie encore de le consoler par l'exemple de la mère des Machabées , de Job et de David qui ont accepté cette peine dans l'espérance d^une récompense abondante et étemelle. Les vende Waldramme se trotivent k ta suite de ceui de S!alonion dans le tome II des Àncmm leçons de Canisiu5, de l'édition de 1725.
WANDALB£RT, moine de Prum. au iisiècle, était Teuton ou Allemand de naissance. 11 embrassa de bonne heure la Tia monastiuue et fut depuis élevé au diaconat et charge de la direction, de Téeole étahlie depuis quelques années dans ce monasière. Il fait honneur aux princes de son temps du rétablissement des belles lettres et des études et les croyait poussées è un tel |Kiid( que Ton pouvait se ffatler d*égaler les uieii* leurs siècles : c'était beaucoup dire; luais on lui doit la justice d'avoir excellé parmi les meilleurs écrivains de son temps.
Ses icRiTS. — Vie de saint Goar. — A II sollicitation de Horeward, son abbé, il retoucha la Vie de saint Goar, ermite, et en reluu* cha le style dur et grossier. Wandalberty ajouta un recueil des miracles ofiérés )ar l'intercession de ce saint jusqu'en 839.0 recueil fait le second livre de l'histoifeue cet ermite ; mais on ji'y trouve que le& uinclés opérés depuis soixante ans, et appurés sur le témoignage de personnes di^e> i)< foi. Les Bollandistes n ont donné que eeue seconde partie écrite par Wandalbcrt, eiuut suivi pour la première, Tancienne Vie,M on ne connaît pas l'auteur. Mabillon au m- IrSiire a donné l'histoire entière de Waoïix^ berl,' et y a ajouté l'ancienne, pour ne r»tf laisser h désirer sur celle matière. On (n)urt la Vie de saint Goar dans une léj^euiie lu' primée à Mayence en 1W9, et daus Sune^ au sixième de juillet.