‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 186 sur 207 · WIT · texte numérisé non relu

WIT

lOIS

Willibalde pour saint Willibrod. En effet, ees écrits ne se trourent nulle part, et à l'exception de ces deux critic^ues, on ne connaît dans Tantiquité ecclésiastique aucun écrirain qui en fasse mention. Cave , par eicrople» qui copie assez souvent Vossius, DO parle ni de saint Willibrod ni de ses prétendus ouvrages. De sorte qu'il ne nous reste de ce prélat que le Testament qu*il Qt, la sixième année du gouvernement de ThierrideChelles, c'est-a-dire en 720, en faYeurdeson monastère d'Ëpternacb. Aubert le Mire le fit d'abord imprimer sur le car* tulaire de cette abbaye , dans son Recueil des donations qui concernent la Belgique. De là il est passé dans la Batavia sacra, parmi les Preuves, pour servir à V Histoire de Lorraine, par dom Calmet, et peut-être encore dans d*autres Collections.

On a conservé longtemps à Epternach un ancien manuscrit en lettres saxonnes , contenant le texte des Evangiles , corrigé nar une addition qui se lit à la fin et que 1 on croit faite sur l'original même de saint Jérôme. On croit que c*est saint Willibrod qui l'apporta en France. On en pense autant d'un tr^s-ancien martyrologe de saint Jérôme, écrit en même caractère et que les continuateurs de Bollandus ont fait graver et insérer dans leur Recueil. Sur une des marges du calendrier qui suit le roartyro- Jo^e, se lisent les paroles suivantes : In tiomine Domini^'Clemens Billibrordus ^ anno Dcxc, ah Incamatione Christi veniebat u/tra mare in Franciam, et in Dei nomineanno Dcxcr, ab Incarnai. Domini , quamvis mdignus, fuit ordinatus in Roma, ab apostoHco viro, D.Sergio Papa; nunc vero in Dei nomme agens annum dgcxxviii, ab Incarna* tione D.N.JX.S.y in Dei nomine féliciter. 11 est visible que cette apostille est de la propre main de saint Willibrod; car il n*est pas possible qu'un autre que lui-même l'eût présenté comme indigne de l'épiscopat.

WINEBRÂND nous est à peu près complètement inconnu. Tout ce que les bibliographes nous en disent se réduit à nous apprendre qu'il a laissé une Vie de saint Allire, patron de l'abbaye du même nom, à Clermont , en Auvergne , où il était* moine. Son ouvrage s'est conservé manuscrit penlant plusieurs siècles, dans son monastère, {ans qu'on sût précisément en quel siècle rivait l'auteur. Mais les doctes continuaeurs de Bollandus , en publiant cet écrit, 30US présentent dans leurs savantes obserrations des raisons qui nous portent à croire |Q*il écrivait vers l'an 920. Ils croient en .'ffet que Winebrand entreprit de le com- >oser a l'occasion d'une nouvelle translation les retiques du saint , qui se fit , en 916. )uoique le monastère de Saint-Allire, qui ivait été détruit par les Normands dès 8e5, rait été parfaitement rétabli que vers 937, orsque saint Odon y fit passer sa réforme, 1 est k présumer cependant que l'on avait ra vaille k en relever les ruines, aussitôt que on se Tii délivré des ravages de ces barba •

res. En y déposant ces saintes reliques , il était tout naturel que l'on prlt'des mesures pour renouveler le culte du saint. C'est ce qui porta Winebrand k en écrire la Vie, conformément k ce qui se pratiquait alors en pareille circonstance. Hais cet écrivain était trop éloigné des temps où avait vécu le saint évêque pour réussir k en donner Thistoire,sans autres secours que celui d'une tradition qui ne pouvait qu'être altérée. Aussi son ouvrage ne contient-il antre chose

3ue ce que Grégoire de Tours avait déjk dit e saint Allire,avec quelques miracles et d'autres faits très-incertains que Winebrand y a ajoutés. On y distinguo deux parties

3ui avaient été primitivement divisées en eux leçons fort prolixes pour servir k l'an-» cien ofuce du saint. Avant que les Bollandistes l'eussent publié, Jacques Branches l'avait traduit en notre langue, et imprimé cette traduction au 5 juin, dans ses Vies des saints.

WITIRIND, contemporain et compatriote de Rosvithe , embrassa la Règle de Saint- Benott, dans l'abbaye de Corbie , en Saxe, vers le milieu du x* siècle. 11 avait composé

f plusieurs écrits dont il ne nous reste que * Histoire des Saxons , en trois livres , et la Vie dOthon^ écrite d'une manière véridique et intéressante et dédiée kHathilde, fille de cet empereur. L'abbé Schmidt, dans son Histoire des Allemands, a fait de vains efforts pour la contourner et l'assortir aux vues d'une critique dure et injuste. Ces ouvrages ont été publiés par Henri Meibomius , avec des notes et des dissertations dans un recueil d*ouvrages historiques du même siècle, k Francfort, en 1621. Sigebert lui attribue aussi VHisloire du martyre de sainte Thêcle, en vers, et la Vie de saint Paul, ermite, en vers et en prose : maiscesdeux ouvrages n'ont pas encore été rendus publics.

WITMOND, qu'il ne faut pas confondre avec Guitmond d'Averse, florissait dans la seconde moitié du xn* siècle. Il avait embrassé la vie religieuse en même temps que Osberne, au monastère du mont Sainte-Catherine, près de Rouen, et il suivit ce personnage lorsqu'il fut nommé pour succéder k Isambert dans le gouvernement de l'abbaye de Saint-Evroul. Witmond était très-versé

Eour son temps dans la connaissance des elles-lettres et de la musique; et ce qui le rendait encore plus recommandable, son savoir se trouvait soutenu par une grande

Eiété et une prudence singulière. Toutes ces elles qualités qui avaient été pour Osberne un motif puissant de l'attirer auprès de lui, le portèrent k en faire son principal conseiller. Il n'entreprenait rien sans prendre son avis , et le bon abbé eut besoin de cette ressource, au milieu des peines et des agitations dont son gouvernement fut traversé. Il mourut en juillet 1065, et Witmond paraît l'avoir suivi de près. Ils furent enterrés l'un etrautredans le clottre, d*où l'abbé Meunier, au bout de dix-sept ans, fit transporter leurs ossements dans le chapitre. On fit, sur la mortde Witmond I des rbythmes lugubres

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