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K tt1IMM.0GUL
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[aas lequel il ne leur fut pas ëtffleile de ^!r<r entrer Lucille qui, depuis long* ies{ft« refusait de se soumettre à la disiipiioe de ll^tise. Lucille entraîna toute v& Asson avec elle. Ainsi le schisme fut rnlBQli pir la colère d'une femme turbu- >oie,ooQrri par l'ambition de ceux qui ^rsieol aspiré à )*épiscopat , et fortifié par iiiirieededeux Yieîllardsqui s'étaient em- ;rà da trésor de rjBglise. Ces trois sortes Jr(«rsoDnes« dirisées de sentiments» mais .itif s d'intérêt, ima^iuèrent diverses accuiiî2iuisc9n!r8 Géciiieoy afin de faire passer t,c ')ftiio4(ion cooinae Ticiouse, et les en-
• i)ir»t k Secundus, évèqoe de Tigite» en
iipruoiderenir à Cartbage, pour déposer
Caolien et mettre un autre évéque à sa
mtf. Il s*j rendit arec Donat de Mascu-
iit. Victor de Rufficade, Purpurins de Li-
Ljieetles autres tradileurs dont nous avons
«riéplashaut. Cécilieu, cité à comparaître
•/nul eux* leur fit dire que» s'ils avaient
.:t)ue chose h lui reprocner, Taccusateur
^•t')i et produisît ses preuves. N ayant pu
.i*-:çcouTrir aucun crime, ils se bornèrent
; «tujuer son ordination , en disant que
>nii*Aphtonge» qui l'avait ordonné, était
»'ii:ear. Pour leur enlever tout prétexte,
'.> uicQ leur fil dire, que s'ils croyaient que
( la ne lui eût rien conféré par Fimposi-
'•*n lies aiaifls, ils vinssent Tordonner eui-
cAtt, comme s*il n'était encore que simple t- 1 rcSur cette répouse ces factieux, après *^ ir \loQDé leur avis chacun en particulier,
• 'fi«laQ)nèrent Cécilien sans l'avoir entendu, li i^^iaii, dit saint Optât, ou le chasser de >iD ^ié^^e comme coupable, ou communi- 'i«.rafe«lai comme innocent. Toute l'étiré éuU pleine de peuple, la chaire épis- "^c remplie, et à sa place ordinaire, Tau- ^'.vari«quel saint Cyprien, Lucien et tous
'Mdires éîèques, amis de la paix, avaient <'îl«« It sacrifice. Telle a été Torigine du HUcv.cest ainsi que l'ou a élevé autel croire latei, et que l'on a procédé à une owiMiioQ aiégtlime. Majorin, domestique («Luciii(,qui avait été lecteur dans la diaj^flii^ lie Ceci! ieut est ordonné évoque par ^^ ^aJiteurs. H est donc manifeste que Hajonûciies Iraditeurs qui Font ordonné ^^atsortisde l'Eglise, et qu'ils sont les au- J^un du scbisnae. Aussi, avant de se sépa- •TjjécrJTirent-ils dans toutes les parties de •^inqQe, pour détourner les fidèles de la ^muniouîie Cécilien, en l'accusant, lui '' rtlu d'Âphlonge, son cousécrateur, du "^ôduot eux seuls s'étaient rendus cou-
.^iot Optât montre que le schisme est un ^ue plus grand crue le parricide et Tido- , H» }^ fl^il mérite un ch&'timent sem- ^'* le à celui de Coré, Dathan et Abiron, ^Hmiis tout vivants dans les enfers, pour "'>tr foulu usurper le sacerdoce et diviser ^«peuple de Dieu. Comme les donatistcs au- "Wîûi pu se dire innocents de ce crime, •^^•« qu'ils n'avaient pas subi la même pu- ')|;^^Qi le saint auteur répond que Dieu a '•^^Ldansie châtiment de chaque faute uu
modèle du aiqppliee dont il punira ceux qui le commettrent à Taiwiir* Il a puni ies firemiers prévaricateurs pour servir d'esempie, et il reserve les seconds à son jugeineiiU Toutefois, il ne se contente pas d'avoir convaincu les donatistesi il entreprend de justifier Cécilien. Il prouve qu'il est innocent par le concile de Rome qui avait condamné Donat. Il remarque aussi que malgré les reproches qu'ils adressaient aux catholiques de recourir è la puissance séculière, les donatistes avaient eux-mêmes demandé des juçes à l'empereur Constantin» et que ce prince leur avait répondu tout en colère : « Vous me demandez des juges, à moi qui attends le jugement du ciel. » Pourtant il leur donna pour juges Materne, évêque de Cologne, Rélhice d'Autun et Marin d'Arles. Ces juges se rendirent à Rome, où ils tinrent un concile avec Miltiade et quinze évêques italiens. Donat y fut condamné sur sa confession pour avoir rebaptisé et réordonné des évêques qui avaient succombé dans la persécution. Les témoins qu'il avait produits contre Cécilien ayant déclaré qu'ils n'avalent rien à dire contre ce pontife, il fut renvoyé absous, de l'avis de tous les évêques, et surtout par Miltiade, qui formula les conclusions du jugement. Les donatistes en ayant appelé à Tempcreur, ce^ lui-ci s'écria 'dans son indignation : « Ofureur étrange I ils en appellent comme on le fait dans les procès des païens. » Cependant l'empereur retint Cécilien à Bresse , k la sollicitation do Philumène, partisan de Donat. On renvoya eu Afrique deux évêques nommés Eunome et Olympius, pour déclarer de quel côté se trouvait l'Eglise catholique. Ces deux évêques, arrivés à Cartnage, furent entravés par le parti de Douât; toutefois ils se déclarèrent en faveur de Céci^ lien. Mais Donat, malgré sa parole donnée» s'étanl rendu à Carthage, Cécilien, qui n'était resté à Bresse que pour le bien de la paix, revint en diligence veiller è la garde de son troupeau. Nous avons vu ailleurs que pendant l'absence de ces deux antagonistes, Olympius et Eunome, après uu séjour d'un mois et demi à Carthage, avaient déclaré que le jugement rendu a Rome en faveur de Cécilien contre Donat ne pouvait être infirmé. Félix d'Aphtonge, consëcrateur de Cécilien, fut justifié et reconnu parfaitement innocent du crime dont les donatistcs l'accusaient, d'avoir livré les saintes Ecritures. Saint Optât rapporte tout au long la sentence qu'Elien, proconsul d'Afrique, prononça en cette occasion ; et il infère, tant de cette procédure que de ce qui s'était passé à l'égard de Cécilien, que les accusations de Parménion et des autres donatistes retombaient sur lui et sur ceux de son
parti. , , ,.
Deuxième t/t?re. — Dans.le second liv^e, saint Optât se propose de montrer que l'Eglise catholique est une; qu'elle n'est ni chez les hérétiques, ni chez les schismatiques, ni renfermée dans une partie de 1 Afrique, cqmme les donatistes le préieu-
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daient. Elle est une, puisque Jésus-Christ est unique, aQn que toutes les autres rappelle sou épouse et sa colombe; elle est
une, non h cause des personnes qui en sont les membres, mais à cause des sacrements dont elle est la dispensatrice. Or, dès qu^elle est une, elle ne peut être ni chez les hérétiques, ni chez les schismatiques, et elle ne peut avoir son siège qu*en un lieu. Parménion soutenait que TEglise se trouvait chez les seuls donatistes, parce qu'il n'y avait qu[eux qui fussent innocents du crime d*a- Toir livré les çaintes Ecritures. Sur quoi saint Optât le presse par cet argument : « Pour que TEglise ne puisse être que chez vous et dans le coin de TAInque que vous habitez, il faut (qu'elle ne soit point dans la partie de l'Afrique où nous sommes; il faut qu'elle ne soit ni dans les Espagnes, ni dans les Gaules, ni dans Tltalie, ni dans les trois Paunonies, ni dans la Dace, la Mœsie, la Thrace, l'Achaïe, la Macédoine, la Grèce, le Pont, la Galatie, la Cappadoce, la Pamphilie, la Phrygie, la Cilicie, dans les trois Syries, dans les deux Arménies, dans l'E- Bjrpte, dans la Mésopotamie, et dans un nombre presque infini d'Iles et de provinces, où ou ne vous rencontre point. Où donc alors sera la propriété de ce nom de catholique, qui lui a é(é donné parce qu'elle était rt'pandue partout. Car si vous confinez, selon votre bon plaisir, l'Eglise dans un petit coin de terre, si vous lui enlevez Joutes les nations, sur qui se répandront les mérites du Fils de Dieu? où sera cet héritage que le Père lui a donné, en lui disant : Je vouh donnerai les nations pour héritage et iûute rétendue de la terre pour possession. Pourquoi infirmez-vous une telle promesse et mettez-vous comme dans une prison l'étendue des royaumes? Pourquoi prescrivez-vous des bornes à l'empire du r"S, après que son Père lui a promis toute la terre, sans en excepter une seule partie? Comment prétendez-vous persuader aux hommes que l'Eglise est chez vous seuls, quand vous ôiez à Jésus-Christ ce qu'il a mérité» et que vous lui refusez ce qui lui a été donné par son Père? Oh ! que votre préemption est ingrate et insensée! Jésus- Christ vous invite avec tous les autres à entrer dans la participation de son royaume; il vous invite àdevenir ses cohéritiers, et vous travaillez è le frauder de l'héritaçe que son Père lui a accordé ; vous ne lui laissez gu'une partie de l'Afrique, et vous lui refusez tout l'univers que son Père lui a donné, h A ce raisonnement saint Optât ajoute plusieurs autorités de l'Ecriture, sur lé* tendue de l'Eslise dans toutes les parties du monde. Il vient ensuite aux marques qui caractérisent l'Eglise véritable et la distinguent de toutes les autres aectes.
La première de ces marques est la chaire épiscopale, c'est-h-dire, Ta succession des évèques : Parménion lui-même en convenait. « Vous ne pouvez nier, lui dit-il , que saint Pierre, le premier des apôtres , n'ait établi une chaire épiscopale è Rome. Celte cliaire
servent l'unité par l'union qu*elles ont a elle; de sorte que quiconque élève chaire contre celle-là, est schismatiqud pécheur. C'est donc dans cette chaire u que, qui est la marque de l'Eglise, saint Pierre a été le premier assis. A si Pierre a succédé saint Lin» et ainsi j autres jusqu'à Damase, qui est préseo ment notre confrère, par le moyen daqj toutes les Eglises du monde sont unies a nous dans une même communion, par change d^ lettres et de correspondao spirituelles. Vous autres » qui voulez n faire passer pour l'Eglise , cherchez ïo giue de votre chaire. Vous nous direz vous participez quelque peu à l'Eglise maine ; c'est une branche de votre or qui vient de la souche du mensonge et pas du tronc de la vérité. Si on deaian^i Macrobe dans quelle chaire il est assis, |)e il dire que c'est dans la chaire de saï Pierre ? li ne l'a peut-être jamais vue, sans aucun doute, il ne s'est jamais appt ché du tombeau des apôtres. Saint Pler et saint Paul sont dans l'£glise de Rora Dites-moi si jamais il a pu y entrer; s'il jamais offert le sacriflce dans le lieu où est certain que leurs reliques reposeni. faut donc que Macrobe, votre frère, avo qu'il est assis sur le siège d'Eucolpius; si l'on pouvait interroger cet Encoipius, répondrait qu'il a succédé à Boniface d Dalles, comme ce Boniface, à un noaiw Victor de Garbe que vous avez envoyé ei Afric|ue. Ce Victor est un fils sans père, ai disciple sans maître, un suivant saos pré décesseur, un pasteur sans troupe«<i; un évèque sans peuple. Car on ne p6u( [«a appeler troupeau ni peuple un petit nom bre de gens qui n'avaient pas uue des qua rente églises qui sont à Rome, pour y teoi| leurs assemblées, et qui furent obligés dj fermer une des cavernes qui sont hçrs d< la ville pour 7 faire leur conventicule. »
Optât ne s'étend pas autant sur les autre! marques de l'Eglise qui sont fort obscures! mais il s'arrête particulièrement sur son étendue. « Pourquoi, dit-il, youlez-youi qu'une infinité de Chrétiens qui sont en Orient et en Occident ne soient point dii l'Eglise ? Vous n'êtes qu'un petit nombre de rebelles qui vous opposez à toutes le$ Eglises du monde, avec lesquelles rooi n'avez point de communion. Vous êtes enH core convaincus de mensonge par les sacrifices que vous offrez ; car je ne crois pas oue vous omettiez la prière solennelle que 1 on fait ordinairement dans les sacrifices; je ne doute pas que vous ne disiez cjue vous offrez le sacrifice pour l'Eglise qui est une et répandue par toute la terre. Or, celle prière vous convainc de men^songe ; car, comment offrez-vous pour uue seule Ej^lise, quand vous l'avez divisée en deux ? Comment pouvez-vous offrir pour toute ffiiÇ"^?» vous qui ne faites pas partie de l'Eglie uiuverselle ? n
Parménion reprochait aux CAlli^'i^l^^^
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TeKTcer contre eux des violences et des irrsécotions» et concluait de là quMIs ne |fiuTaien( être la véritable Eglise, ^arce p elle ne peut être cruelle ni se nourrir du no^eide la chair des saints. Saint Optât tmréiiood, que TEglise ne les a jamais persé<uié5Y et qu'il ne peut nommer personne qo'. fait fait. 11 fait même retomber ce refTMiesar les donatistes, en remarquant
Sf 'ia temps de Tempereur Constantin, p-iise jouisiaitd*iine paix profonde. Tous I» oeoibres vivaient dans une merveil* M^onioD; il était défendu aux païens |mn«r leurs cérémonies sacrilèges; le feiiC palissait enfermé dans leurs temples, • in^^donalistes avaient été exilés dans
gipars étrangers, pour les mettre hors (it de troubler la paix de TEglise. Mais stiut qae Julien TApostat eut été déclaré toi-er^ur, iU lui demandèrent la permishMU de retourner dans leur pays, ce qu'il leur accorda d'autant plus volontiers, qu'il k: ^nii très-propres à répandre le trouble <m la société des fidèles. Le même édit qi: lit ouvrir les temples des idoles leur ' r^it II liberté ; et ils no l'eurent pas plutû(><ytenue, qu'ils exercèrent des violences l'crriulcs en Afriiiue. II accuse les donatistes i*m déchiré les membres de l'Eglise, ir-iirchassé les évoques, de s'être emparés iç-siemples, d'avoir commis des meurtres, c'iDirluédeux diacres au pied des autels» u-'sioir déchiré tes vêtements des hommes, :nlQé des femmes, étouffé des enfants, et vi'ilé eoQn ce qu'il y avait de plus saint et oe v^QS sacré. « Vos évêques, lui dit-il| ûfHit jeter l'Eucharistie à des chiens, et ioont pres()u'incontinentdes marques de la rAwedeDi' u; car ces chiens, devenus «tir&^s, se sont jelés sur leurs maîtres, et ItâioidéchiréSy comme des voleurs ou'iJs ûKïfttfli point connus. La justice de Dieu «'j«i4rt se servir de leurs dents pour punir le iam% Us ont fait Jeter également par Qoe feiéirQ une bouteille pleine du saint (^r^nje« aSode la casser ; mais quoiqu'elle «•lî» ^précipitée d'un lieu fort élevé, soutenue par les anges, elle tomba sur des P^pfres sans se briser. » Il accuse encore
;invede Têpiscopat et mis en pénitence, un icicieD évèque catholique, figé de soixante wui ans. Il fait ensuite une digression sur i^prélemionque les donatistes affectaient ^'e se (aire passer pour saints et innocents. •Boù vous vient» leur dit-il, cette sainteté Joe l'apôtre saint Jacques n'a osé s'attri- ^off à lui-même, puisqu'il dit : Si nous flflfriwna que nouê n^avons point de péché^ i^m notti trompons nous^mémesy et la vérité "ntpoiiu ei^ nous ?Cé\m qui parle ainsi se j^ct aiec prudence à la miséricorde de Diw. Car un Chrétien peut bien vouloir le w« et s*efforcer de marcher dans la voie l'ii^lHt; mais il ne peut pas être parfait )^f mi-nièine. L'homme a beau travailler, il ^te toajoturs à Dieu quelque chose è finir
pour le perlectionner; et if est nécessaire qu'il vienne au secours de l'homme dans sa faiblesse, parce qu'il est la perfection, et c|u'il n'y a gue lésus-Christy Fils de Dieu qui soit parfait. Tous les autres hommes ne sont parfaits qu à moitié. C'est è nous de vouloir , c'est a nous de courir, mais c*est à Dieu de couronner nos efforts en nous donnant la perfection. Jésus-Christ ne nous a point donné une sainteté consommée; il s'est seulement contenté de nous la promettre. li Optât revient ensuite % son sujet et continue de reprocher aux donatistes les crimes et les sacrilèges qu*ils avaient corn-* mis. Il les accuse d'avoir exorciî^é et lavé les murailles des Eglises, d'avoir brisé des autels, d'avoir jeté l'Eucharistie aux chiens, d'avoir exigé du peuple qu'il prêtât ser^ ment en leur nom, d'avoir rasé des évêques et de les avoir mis en pénitence ; de n*avoir épargné ni les prêtres, ni les diacres, ni les fidèles; d'avoir calomnié des innocents , d'avoir mis les Chrétiens en pénitence, malgré eux, et enfin d*avoir fait une infinité de choses contre la piété et la charité chrétienne.
Troisième livre. — Le but que saint Optai se propose, dans son troisième livre, est de justifier les catholiques de certaines violences qu'on les accusait d'avoir commises pour procurer ia réunion des donatistes. Il ne dissimule pas aue ceux qui y travaillèrent les premiers n aient agi avec rigueur en beaucoup d'occasions; mais il soutient qu'on doit moins s'en prendre à eux qu'aux chefs du parti schismatique. En effet, s'il y a eu quelques violences commises par Macaire, ce sont les prédécesseurs des donatistes qui y ont donné lieu, puisque leur conduite séditieuse a obligé ce gouverneur à demander du secours. Aussitôt qu'ils ont vu ce secours arrivé, ils se sont tous enfuis* Mais il soutient que l'Eglise n'a nullement contribué à cette persécution. Rien de tout cela ne s'est fait par son conseil; elle ne l'a point souhaité, elle n*en a rien su , elle n'y a nullement contribué, et la seule justice de Dieu a attiré cette persécution sur les donatistes» pour venger les eaux du baptême, qu'ils avaient déshonorées. Et à ce propos, Tauteur fait une digression fort obscure sur le baptême et sur l'Eglise. Rentrant ensuite dans son sujet, il dit que Macaire et Paul n'avaient point été envoyés par Constantin pour persécuter les donatistes, mais pour apporter des aumônes. C'est Donat le premier qui s'était emporté contre eux, en leur demandant avec un orgueil insupportable ce que l'empereur avait de commun avec l'Eglise* « Dès ce temps, dit-il , il avait dessein de faire injure aux rois et aux princes de la terre, contre le précepte de saint Paul, qui commande de prier pour eux, afin que nous puissions mener une vie tranquille. Car, (Qoute-t-il, la république n'est pas dans 1 Eglise, mais TEglise dans la république, o'est-à-dire dans l'empire romain, qui alors gouvernait le monde. Ainsi saint Paul a raison de dire qu'il faut prier pour les rols^
quand bien même ils seraient païens, l^ais combien plus de respect devait-on porter à un prince chrétien, religieux et craignant Dieu, et qui envoyait des aumônes aux pauvres I Pourquoi donc Donat s'est-il mis en fureur? Pourquoi a-t-il refusé les aumônes que Tempereui* avait envoyées? Ses officiers annoncèrent qu'ils allaient les distribuer dans leurs provinces à ceux gui voudraient les recevoir, et Donat leur déclara qu'il avait écrit partout pour faire défense de les accepter. Est-ce ainsi qu'il subvenait à la nécessité des pauvres? Dieu dit : Cest moi qui ai fait le rtche et le pauvre. Dieu ne pouvait-il pas donner des rii*hesses aux pauvres? Oui ; mais s*il eût donné des biens à tout le monde, les pécheurs n'auraient pas eu moyen d'expier leurs fautes; car il est écrit que, comme Veau éteint le feu , de même Vaumône éteint le péché. Les choses étant ainsi, quel jugement doit-on porter de celui qui a voulu donner et de celui qui a voulu entraver ces dons? Qu'eût répondu Donat, si Dieu lui eût dit : Evéque, que pensais-tu de Constantin? Ou tu l'as pris pour un innocent, ou tu l'as pris pour un pécheur. Si tu l'as cru innocent, pourquoi n'as-tu pas voulu recevoir ses présents? Et si tu l'as cru pécheur, pourquoi ne lui as-tu pas permis de faire des aumônes, puisque c'est pour le pécheur que j'ai fait le pauvre? »
Optât ajoute que Donat avait joint l'orgueil à la dureté. Il voulait se faire considérer comme le urince et le souverain de Càrthage. H s'élevait au*dessus de l'empereur, quoiqu'au-dessus de l'empereur il n'y ait que le Dieu qui fait les rois. Il méprisait ses confrères, dont il rejetait les oblalions. Il faisait jurer en son nom, comme s'il eût été un Dieu; et il voulait que ceux de son
Îarti l'adoptassent à la place du nom de ésus-Christ. Il prouva dans la suite que non -seulement les donatistes se sont attiré la persécution par leur mépris affecté de Terapereur et par leur orgueil, mais aussi qu'ils ont commencé la guerre. Ce fut Donat de Bagaïe, le premier, qui rassembla une troupe de séditieux., choisis parmi les agnostiques ou circonccllions, pour empêcher Paul et Macaire de distribuer leurs aumônes. Saint Optât décrit les violences horribles de ces desespérés» et montre que les soldats, qui n'étaient venus que pour arrêter ces désordres, se voyant attaqués, avaient été obligés de se défendre et de les maltraiter. L'Eglise n'avait eu aucune part à cette répression, et ces séditieux ne devaieirt s'en prendre qu'à eux-mêmes. II va plus avant, et il montre que c'est avec justice qu'Hs ont souffert ces maux, puisqu'ils rompaient l'unité de l'Eglise. La persécution qu'on leur avait fait souffrir était donc un mal nécessaire, pour procurer le bien de la paix et de l'union. Du reste, cette conduite était autorisée par les exemples de Moïse, qui avait fiait mourir trois mille hommes )K)ur avoir adoré le veau d'or; par celui de Phinées, qui avait tué deux personnes, parce qu'elles avaient violé la loi de Dieu en com-
'^^^TIONNAIRE
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mettant un adultère; et par celui d*filie, avait fait périr quatre cent cinquante ti prophètes. — A ces exemples, les donatis répondaient qu'il fallait mettre une grar différence entre l'esprit de l'Ancien et ce du Nouveau Testament. Jésus-*Christ a fendu dans l'Evangile de se servir du glai lorsque saint Pierre tira son épée pour al tre l'oreille de Malchus. — Optât soutient,] contraire, que cette action s'explique pari circonstances dans lesquelles saint Pierre trouvait placé : Jésus-Christ était venu }k; souffrir et non pour se défendre ; si sai Pierre eût réussi à l'arracher aux soldats ql s'étaient saisis de' sa personne, les Lomm n'eussent pas été délivrés par la mort t Messie. Mais, comme il se défiait de la véri de cette première réponse, qui en effet u't pas des plus solides, il a recours à une aul solution, et il soutient que Macaire ne s'eto pas servi du glaive, comme saint Pierre,* qu'il n'avait suscité aucune persécution sec blable à celle des empereurs païens. Il avi seulement voulu obliger les Chrétiens à ei trer tous dans TEglise et à {^rier un méiD Dieu dans un esprit de paix et d'uniot Donc ceux qui avaient souffert en cette cit constance n'étaient pas des martyrs, puii qu'ils n'avaient pas la charité, sans laquett on ne peut recevoir la couronne; et ea vexations ne pouvaient passer pour m persécution contre l'Eglise, mais comme k punition méritée de quelques rebelles. I reproche aux donatistes d'avoir obli;^/ar catholiques à se déclarer païens, afin de les rebaptiser. Il remarque que lors du vojagji de Paul et Macaire en Africiue, ils avaient fait courir le bruit que ces deux officiers devaient placer une image de l'empereor sur l'autel, au moment du sacrifice, et que cependant il ne s'était rien produit de semblable. Ceux même de leur parti qui avaient assisté à ces sacrifices avaient reconnu que c'était une calomnie, et ils n^araieai remarqué rien autre chose que les cérémonies ordinaires de l'Eglise : on n'avait oi dimi' nué ni ajouté, c'est-à-dire rien changé au sacrifice. Il revient encore sur Macaire, et il se propose cette olqeetion : Si les catfaoiiqoes n'ont pas approuvé l'action de Macaire, ils ont dû l'excommunier; or, ils ne Vont uowt fait, ils se sont donc rendus coupables lîe son crime. Il répond que Macaire, D*éianl revêtu d'aucun caractère sacré, n'a poiut communiqué comme évèque avec les autres évoques : par conséquent, l'ordre eeclésisstique n'a point été souillé {)ar sa communion, parce qu'un laïque n'a pas te droit ào prêcher oi d'enseigner; tandis qu'un évéqne parle au peuple avec autorité, en commençant et en finissant toujours son discours au nom Ide Dieu. Les donatistes ajoutaient que Macaire ne devait pas même commu/n-
2uer avec les laïques. Optât répond quÇi tant ministre de la volonté do Dieu, et lassant les fonctions de juge, revêtu de 1 autorité séculière, l'Ëglise ne devait pas i excommunier. Au reste, ce qu'il avait m pouvait se soutenir par les exemples uc
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DE PÂTROLOGIE.
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Muise el de Phinées; et encore qu'on avouenil gu'il s^élail rendu coupable, l'Eglise ifinu Ms pn Texcommunier qu*il ne fût ■' ■ Oft il ne s*était pas renconlré d'ac- %il n'arait point confessé son crime :
ecclésiastiques n*avaient donc pu mer, puisqu'il est défendu à une pvsonne d*ôtre tout ensemble et Tactt le juge.
kê Uvre. — Le quatrième livre ré-
■irfàceqaePannénioa avait dit de Tbuile et
lihtSMriioes des pécheurs, coinprenant sous
Ml ks catholiques, dont il voulait que
Kt iessacriflcesy ainsi qu*il est marqué
kaîe, chapitre lvi, et dont on devait
Ponction , comme ie commande le
I eu. Après les avoir avertis, dans
eiorde, que les hommes ne doivent
I se condamner mutuellement*, mais
^ jdre te jugement de Dieu, et les avoir
idiortés i vouloir bien accepter la qualité
ii frères que les catholiques consentaient à
hv tceoitler, saint Optât montre que les
yoches qu'ils font a l'Eglise retombent
pâiftt sur eux que sur les catholiques ; et,
r te prouver, il rapporte tous les signes
htqoelsIHeulait reconnaître le pécheur
lefsaume xux. Dieu dit au pécheur :
' ùiMoncex-touê ma loi? Pourquoi
ts totre boiAche pour parler de me$
<i? F(m« qui haïssez la discipline, et
^ , K Tfjtté ma parole^ vous vous étiez
yy ewtn ypfre frhre et vous parliez contre
^LStPM toytez un voleur ^ vous courriez
■y et votti vous rendiez le compagnon
^miHku, \\ montre que les donalistes
^**^£*'*1 s'excuser d'aucune de ces fautes ;
5*il» laissent la discipline , puisqu'ils
™— *> paix, Qu'ils rebaptisent el qu'ils
^"yyHeat les evêques du sacerdoce. Ils
l*weitéioMeurschaires contre leurs frères,
j soas prétexte d'enseigner l'Evau-
^ ^feent des injures aux catholiques
^ iS?^^ ** ^^^^^ contre eux à ceux
gyj'yat leurs sermons. Ils veulent leur
f*WM*rîae» suirant le précepte de l'A-
^Mn^i7Aolles éviter, ne pas les saluer ni
Hm mdre le salut, quoique cette recom-
nuMktWD ne doive s'entendre c^ue des hé-
fMiqoei, doot le discours se glisse comme
im lefpéol lis se joignent aux voleurs,
^iJHfo'i/i s'entendent avec le démon pour
eoiefff flfle partie du troupeau de Jésus-
Gbk O pàssag^ est décrit d'une manière
tth-igféêble. c Tout homme qui vient au
wudtf dit-il» quoiqu'il naisse de parents
ériùeûSp est rempli de l'esprit immonde
mil û«< chasser par le baptême. C'est ce
L ^ pratique par l'exorcisme, qui chasse
L esprit et le force à fuir dans les lieux
^rtés. Après cette cérémonie, le cœur de
rïofflffle devient une demeure très-pure;
ttrt y entre et y habite, suivant cette pa-
mte de l'Apôtre : Vous êtes le temple de Dieu.
ûoaDd, en les rebaptisant, vous les exorci-
ii de nouveau et que vous dites : Mauditf
!L ii eei homme, c'est h Dieu que vous
nariet Msi ; vous le chassez ignominieuse-
acni de cet bomme^ et le diable rentre dans
son cœur. » Ce passage de saint Optât est très-précis, et prouve admirablement l'existence du péché originel et l'antiquité des exorcismcs dans l'Ëglise. Enfin il montre que les donatistes se rendent les compagnons des adultères I parce qu'ils se sont sé()arés de l'Eglise, la seule épouse légitime de Jésus-Christ, pour s'unir avec des adultères. 11 vient ensuite au passage tiré du psaume CLx: Que rhuile du pécheur n'oigne point ma tite, et il remarque qu'il ne doit s'appliquer qu'à Jésus- Christ. C'est une prière, et non pas un précepte ; un souhait, et non pas un commandement. Enfin il explique encore deux autres passages que Parménion avait avancés contre les catholiques; et il montre que le premier s*entena des hérétiques compris sous le nom d'adultères, et te second des Juifs, et que par conséquent ni l'un ni l'autre ne conviennent à l'Eglise. Cinquième livre. — Dans le cinquième livre, saint Optât, après avoir fait une récapitulation des précédents, traite du baptême. Il dit que les donatistes ne peuvent sans profanation le réitérer, puisque Jésus- Christ, qui l'a institué, commanJe de ne le conférer qu'une fois. Il approuve les louanges que Parménion avait données à ce sacrnment, en l'appelant la vie des vertus, la mort des viceSf la naissance immortelle^ Vacquin* tion du royaume du ciel, le port de Vinnocence et le naufrage des péchés. Mais il ajoute que ce n'est point relui qui confère le baptême qui communique ces grâces, mais la foi de celui qui le reçoit et la vertu de Ja Trinité. Il fait ici une réflexion très-remarquable sur la règle h suivre dans toute contestation ecclésiastique. «On demande, dit-il, s'il est permis de réitérer un baptême donné au nom delà sainte Trinité? Vous soutenez que cela est permis; nous disons que cela est défendu. Les peuples sont en (jalance entre votre affirmation et notre négation. Qu'on ne nous croie ni les uns ni les autres ; nous sommes tous des hommes, sujets à nous tromper: cherchons des juges. Mais o£i les trouver? Si ce sont des Chrétiens, ils sont ou do votre parti ou du nôtre, et par conséquent ils ne peuvent être juges de notre ditférend. Il faut donc chercher un juge en dehors du christianisme. Mais s'il est païen, il ne connaîtra pas nos mystères; s'il est Juif, il sera ennemi du baptême des Chrétiens. Il n'y aura donc point de juges sur la terre, et nous sommes réduits à en ; chercher un au ciel. Mais pourquoi avoir recours au ciel, puisque nous avons le Testament de notre Père sur la terre ? Cherchons sa volonté dans l'Evangile, qui nous apprend que celui qui a été une fois lavé n'a plus besoin de 1 être. C'est pourquoi, ajoute-t-il, nous ne rebaptisons point ceux que nous avons baptisés, quand ils reviennent à nous. » Il prouve encore qu'on ne doit pas le faire, parce qu'il n'y a qu'une même foi, un même Jésus-Christ et un même sacrement de baptême. On doit considérer dans ce sacrement trois choses: la Trinité, la foi de. celui qui le reçoit et la personne qui
ORI
enseigne la voi|9 qu*il faut suivre et celle Qu'il wut éviter pour arriver à la vie éler-
oai
qu 11 laui evuer pou
neile. Il pose d abord ce grand principe»
que nous ne naissons que pour chercher et
Jiour trouver Dieu qui a fait le ciel, la terre, a mer et tout ce qu'ils renferment. Il faut donc croire en lui, comme il le veut, d'une foi religieuse, et l'aimer comme il le commande lui-même, de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toutes nos forces. Il expose ensuite avec certains détails, les motifs qui rendent celle obligation pressante, en nous rappelant que c'est Dieu qui nous a faits ce que nous sommes, et qui nous prodigue tous les jours tous les biens et toutes les commodités de la vie. Il passe ensuite au précepte qui nous commande l'amour du prochain, et qui nous est enseigné par l'anection que les bêtes ont elles mêmes les unes pour les autres dans la même espèce. Il donne pour motifs h Taccorn plissement de ces devoirs, l'espérance de la résurrection el de l'immortalité. Il insiste surtout sur l'obligation d'éviter la vue et le commerce des femmes. Cest par elles
injures sens nous venger* à Texerople Jésus-Christ qui priait pour ceux qui le < chiraient de verges, et a Ti m italien de sa Etienne et de saini Jacques* qulont deman grâce pour leurs persécuteurs. II coinl ensuite le mensonge, la çourmandise Vivrognerie surtout, dont il décrit d\i manière pathétique les suites funestes honteuses. Il n'oublie pas Tabus que Tivr gne fait de ses biens, en refusant d y faj j»artîciper les pauvres, quand il pourrait II nourrir. Il fait une vive description des lamités dont les Gaules étaient alors a gées, et ce ju'il dit sur ce sujet, répond sez à ce qu'on en retrouve dans un poêi intitulé : De la Providence , et impric parmi les œuvres de saint Prosper. Quoiqi témoins de ces tristes événeraenls, il troui qu'ils ne faisaient pas sur les hommes ( son temps une impression assez profond puisqu'ils ne suflisaicnt pas encore pour l( porter à la vertu, et les pré]»arer au conijU terrible qu'ils auront à rendre à Dieu é toutes leurs actions. II fait en passant Té loge des martyrs, des saints prêtres, de.
que le mal a commencé ; c'est par elles que pieux solitaires, qui, renonçant à toutes le:
et les plus forts ont été se- faveurs du siècle, s'appliquent h mériter ic^
les plus sages
duits. En leur attribuant la ruine des républiques les plus florissantes, saint Orient montre qu'il n'était pas moins versé dans la connaissance de l'histoire profane que de l'histoire sacrée. Il déclame fortement contre l'avarice et l'envie dont il fait une peinture saisissante : c'est l'envie qui a fait tomber les anges des hauteurs des cieux, dans des ténèbres profanes et sans Gn; c'est elle qui fit verser presque tout le sang répandu depuis le sang d'Auel jusqu'au sang du Rédempteur, car elle est la mère de la guerre et de la discorde. Quant à l'avarice, il la représente infectant toute la terre ; elle a tant d'empire sur le cœur de l'homme qu'il n'est i)oint de crime si atroce que l'on ne puisse lui faire commettre à lorce d'or et d'argent. Hais nous avons beau faire, nous sommes entrés nus dans le monde, et nus nous en sortirons ; nous n'y avons rien apporté ; nous n'en remporterons rien ; et cependant nous pouvons en remporter le double de tout ce que nous possédons, non pas en gardant pour nous nos richesses, mais en les donnant à Jésus-Christ dans ses pauvres. Fussions-nous pauvres nous-mêmes, nous pouvons encore lui donner, sinon de Targent, de la nourriture, des vêtements, au moins un verre d'eau froide, pour le soulager dans son besoin. 81 Ta varice n'a pas éteint en nous le sentiment de la foi, nohs devons nous rappeler qu'uu verre d'eau ifoide aura sa récompense.
Dans le second livre, l'auteur s'élève avec r force contre la vraie gloire, dont le venin se répand tellement sur toutes nos actions, que nous donnons souvent à celles qui sont vicieuses le nom de vertu. Si nous voulons plaire à Jésus-Christ, nous ne devons pas mettre notre gloire dans l'approbation des hommes, mais la'chercher dans Thumiliation même. N'US devons savoir souffrir les
récompenses éternelles : ce qui Je cooJ'jji Insensiblement à faire une vive descripiioc de la béatitude promise aux justes, et des supplices éternels réservés aux méchaDis. En suivant les instructions qu'il duuoe dans son poëme, on commencera, dit-il» à devenir enfants de Dieu; mais^ pour avoir la foi parfaite, il faut encore nécessaire/Dei// croire que Jésus Christ est un avec lePèn» et le Saint-Esprit, sans aucune dilTérence entre les personnes, parce que ces trois noms marquent un même Dieu.
A la suite de ces deux livres, l'éd/teura publié quelques autres petits poëiues de saint Orient qui se trouvaient dans le même manuscrit. Ce sont de petites pièces déiachées qui traitent de sujets de piété. li y en a une sur la Trinité, une autre sur JaNativûé du Sauveur, une troisième sur les dilTéreuis noms qui lui sont attribués par l'Ecriture, et une quatrième sur l'explication de ces noms. Les autres sont des prières ou des cantiques, dont plusieurs se sont perdus, puisque l'inscription du manuscrit en promet vingt-quatre, et que l'on n'en possède que deux. Nous exprimerons d'un seul moi notre opinion sur le poëme de saint Orient* en disant qu'il est digne d'un saint pour (es sentiments qu'il renferme. Quoique le style n'ait pas l'élévation de quelques au/res poésies, du commencement de ce siècle, ilQ^ laisse pas toutefois d'être serré elnerveuii et n'a rien de barbare et de languissant. On trouve ses écrits dans la Bibliothèque des Pera deLyofi,etdansle tome V du Thésaurus Anecdotarum de dom Marlène, Rouen, 1700-171 '• '^ ORIGENE. — Efl étudiant l'histoire de Tespril humain, ses traditions et ses monuments depuis la naissance du cbristianismci on ne sait ce qui doit étonner davantage , ou la foi, la science, la sagacité, la soumission qui, dès Taurore même de l'Eglise, ont tout
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tOft
Sécmitertt U>at»éclairci> tout reconnu, et
^otUataëlesderaiers temps aux premiers, en
t^menant, coDstamment visible* le flam-
beau de la lamière catholique ; ou bien la
%uUil\ié et les égarements des Chrétiens
sucwsiEs qui, cherchant sans cesse à s*écar«
t^r d«tttiiê universelle, ont cru et sem-
bWatatee croire encore qu*il v avait des
qittiliHisdedogmcst de rites, de doctrine
H ffernscience qu'ils pouvaient entendre
•I coierpréter autrement qu*aux époques
^rte/tÎTes, et, ce qui va plus loin encore,
\ue (es décisions de ces époques primitives,
iMnnia^s eu matière de foi, à cause de
leur proiimité des enseignements de Jésus-
Ckrîstfdeses apôtres et de ses disciples,
tftieet été altérées et commentées dans un
aaere esprit que celui de la vérité et du
cyjintienleplusfidèle de la doctrine et de
^ tradition éYangéiique,
^ees dissidents que nousdevons plaindre f t flairer, au lieu de les blâmer et de les r-»Qdîre, Toolaient au moins justifier leurs «•^rs ou leurs accusations par ces vul- *»tts reproches d'ambition d'une part, et ie iTéduliié de l'autre, nous serions sans j*cttlt bien fondés à leur répondre qu'ils «^ icérilenl eux-mêmes, peut-être encore
c ** f ^ ^^^^ ' ^*'* ^'» pendant les dix- ^« ui siècles de développemenlsdu christia-
^^me, oa peut remarquer, dans les quinze {jV™^^^M exemples plus ou moins nom-
'^ r^ '^•^ûs et de superstitions au milieu j3* - f?^^^cc (Je la puissance catholique, il
^aDl u A^^^""*"**® d'abord, que, pen- & rAt^ttl?"!* époque, ceux qui résistaient r-Mj^ ni^^^ Pères, des conciles et des
'\^t Uiiii .*'°*^'l'on dans ces dissidences
Vïku DiaL?H .^*'^*^^ ' ®* qu'ensuite, de-
*^ Se mS'^'^'^ îsiècles, ce n'est pas du
ttr Ijj ^."??«^Atholique, qu'on peut trou*
spoHut-,? '®"^ > les superstitieux, les
yenîTjJ"r^Oïit quand on jette les
lerrf «rif.^e l'Allemagne, de rAngle-
' J/rii, iff J? r?"oe, livrées à Luther, à
f"^'u% fr/n.^"' ^ Elisabeth, et à la
^'"Pi/7fâiîfl *^*^^» étendue par contre
«'•^'emÔ ;em^*^r'"8'»L «' ^ l'£spagne.
^^"^ fwrimiflâh'A ^** P*^^* ^^^^ doute de
P"orraiçni sert* ^ niutuelles. Elles no
^'ircir des aulVr ^^'^ envenimer et à obs-
^^^m et l'esn •^*^* ^"® '® '*^*' '® raison-
'•^'^ent seuls d ^ d'universelle fraternité,
'"^^ côiés il f^^^aircir maintenant. Des
M les uns êl leq ^ établir avant tout, que
' erreur, qoqs v^^lr^s nous sommes dans
/'^M'hui l'aifriL?^"*^®^ ^^ bonne foi. Au-
(•oricment et p- ^^ ^^^ préventions, l'em-
M.nnelles soni^^*^***' ^®* discussions per-
•tariés/pourn ^**^*^®"^*^'^*^ éteints, ou
'fiucni disDOs* îi*^' °^"^ sommes paifaile-
'* dissidence 1 1 *^"ï®^^^ô ^^^ '* c^*^se de
»'»ûinmnir.n<i' 1*)^^ ^u moins ancienne, des
I^MSi'JPf'ées de l'Eglise catholi-
oiiiswLnu A. ^ïîiquemeni du désir que les
S uîi^ de croire et de vivre
i*w«riv- P'"5 conforme aux préceptes
^*e>ttsLUriii, au j i^jç^j^s ^1^ 5^^ apôtres, et
aux doctrines des Tères et des docteurs de la foi, qui ont reçu ces leçons et ces précep* tes dans toute leur pureté et dans toute leur valeur, pour les transmettre, sans affaiblissement, à la suite des générations chrétiennes. C'est là, pour nous aussi, nos con-^ viciions et nos espérances. Nous avons douCL tous un égal intérêt à remonter aux source^'' du christianisme, à nous hai;$ner dans les eaux de cette source salutaire, à nous y purifier de nos erreurs réciproques, afin d'assurer notre esprit dans les croyances qui doivent plus sûrement, nous conduire à la vie éternelle, cette grande affaire de la vie humaine.
Déjà, dans ce double but de lumière et de conciliation, un auteur moderne, Thomas Moore, Irlandafs, catholique et orthodoxe, a publié le Voyage spirituel qu'il a fait à la découverte de la vérité chrétienne. Par des citations lucides et exactes, il a montré qu'il n'y avait rien dans le dogme, la doctrine et le rite de l'Eglise universelle, qui ne fût emprunté à la foi et aux pratiqués de l'E^* glise primitive, indiqué, recommandé ou prescrit par le fondateur, les disciples ou les martyrs du christianisme ; et, comme dans les développements héréditaires da notre culte, la science et la sécurité ne peu** v#nt nier que la tradition,- conservée et éclaircie par les conciles généraux, n'ait été constamment observée, il en résulte qu'aujourd'hui encore, au milieu des révolutions, ou plutôt, malgré les révolutions survenues dans les langues, les mœurs, les usages, depuis dix-huit siècles, nous suivons toutes les prescriptions originaires, nous nous conformons aux règles instituées par ceux qui les ont reçues de la bouche céleste, et qu il n'existe ni une question fondamentale, ni même une question simplement importante qui n'ait été examinée et décidée aux premiers temps chrétiens , et dont la décision ne soit accomplie par l'Eglise catholique- Mais, tout estimable et tout fructueux que soit ce travail de Thomas Moore, qu'est-il et que peut-il être auprès des tra- , vaux originaux, des arrêts primitifs, des décrets expliqués des Pères et des docteurs ecclésiastiques qui touchent au berceau du monde chrétien? Peu de chose sans doute; et sans craindre de blesser^les naturelles et justes prétentions de notre frère dlrlande, nous pouvons le dire ici ; ceux qui voudraient douter de la fidélité de ses citations et de ses rapprochements, ceux qui pourraient contester et rejeter son autorité sur ces matières, qu'auront-ils à dire à la vue du texte même des ouvrages dans les(]uels ÎU ont cru, jusqu ici, égarés par de faux eur seignements, trouver la justification de leui's erreurs? Il faut bien pourtant que l'esprit et la bonne foi reconnaissent une autorité quelconque pour prononcer sur leurs doutes, pour fixer la vérité de la doctrine et du culte, pour assurer Taulhenticité de la tradition, indépendamment des controverses e* des commentaires insutBsants et intéressés
plO'ï^
107 ORI ^^^ ^^NNAIRE ORI
La réunion Bile faisceau des discussion^, ^l me. Chacune de ses leçons était pn^cé
des arrêts, ne laissent aucun échappaio^^^ à Terreur ou è la résistance. L'une et Tautl^e mériteraient alors d*ètre autrement quaii* fiées. Mais la lecture des Pères de TEgUse, traduits aujourd'hui dans toutes les langues, Tenant appuyer de toute son autorité souveraine, sacrée, primitive et traditionnelle, les arguments de la raison chrétienne, ne permet plus désormais à personne de prononcer ou d*agir en ignorance de cause. Ce faisceau de témoignages, mis en évidence et sous les yeux de tout le monde, est comme le résultat d*un concile cecuménique, dont nul ne saurait attaquer les décrets, d autant plus assuré , vénérable et obligatoire, que son siècle, ses vertus, ses lumières le mettent au-dessus de toutes les passions modernes. Qui donc, en effet, pourrait appeler, comme d'erreur ou d'abus , contre les raisons des Pères de l'Eglise f et qui donc
{courrait en appeler contre la science, 'éloquence, le martyre et les décrets dt s Basile, des Cyprien, des Irénée, des Polycarpe, des Tertullien et des Grégoire ? Si l'un de nos orateurs évangéliques , de nos évéquesy de nos papes ou de nos conciles venait démentir ou contredire ce que leurs décrets , successivement compris par des hommes d'une semblable autorité, ont décidé sur le dogrne et sur la foi, nous ne devrions pas hésiter à rejeter ces nouveaux et dangereux pasteurs. Mais heureusement, ceux-ci n'enseignent encore aujourd'hui que ce que les apôtres et les disciples de Jésus- Christ ont renfermé dans leur divine doctrine ; et je le répète, on ne sait qu'admirer le plus, ou la merveilleuse pénétration de ces hommesprimitifs qui semblent avoir deviné, dès lx)rigine, toutes les ({uestiiins que la' suite des temps soulèverait, ou bien cette constante conservation de la pureté de leurs doctrines, qui se reproduit dans tous les actes et dans tous les catéchismes de l'Eglise catholique» ou bien encore, cet aveuglement des communions séparées qui les empêche de remarquer Tautorité et la fidélité des traditions chrétiennes.
Or, parmi ces Pères de TEglise, parmi ces mart^rrs de la foi, parmi ces docteurs de TEvangile, flambeaux étincelants d'une éternelle et universelle lumière, brille encore d'un éclat particulier, Origène, que vit naître le second siècle du christianisme , et qui éclaira le siècle suivant, par la force de sa conviction et de sa science. C'est peut- ^tre, de tous les écrivains ecclésiastiques, celui dont l'on possède le plus exactement la Vie. Eusèbe, son grand admirateur, en a décrit toutes les particularités. Saint Jérôme, Rufin, Photius, et, parmi les modernes, le célèbre théologien Huet, se sont appliqués à en retracer Rs princii>ales circonstances.
Issu d'une famille cfaétienne, et nô à Alexandrie vers Tannée 185, Origène , dès sa jeunesse, ne se distingua pas moins par sa foi que par son érudition. Son père Léonide Tavait instruit avec un soin extrè-
dée de l'étude et de la récitation de quel ques passages de l'Ecriture sainte. L'ah plication et la sagacité d'Origène étaierj telles, qu'il s'efforçait toujours de pénétre! le sens caché sous le sens littéral , mal^n les défenses de son père, fatigué de la viva cité de ses questions, mais justement or gueilleux et charmé des rares facultés d( cet enfant. Reportant à Dieu le don et It l>onheur d'une sagacité si précoce, Léonidr pendant la nuit, s approchait parfois du h d'Origène endormi, et baisait avec respcr le sein de ce fils qu'il considérait , dit Tau teUr de VHistoire ecclésiastique f comme k temple de l'Esprit de Dieu.
C'était en quelque sorte une révélation , et le temps allait venir, en effet, où TEsprit du Seigneur se manifesterait dans Origène. En 202, l'empereur Sévère, après avoir triomphé de quelques princes de l'Asie qui s'étaient soulevés contre la domination ro* maine, traversa, à son retour, la Palestine et l'Egypte. Les Juifs s'étaient révoltés; Sévère les fit punir , et en même temiis il fit proclamer la défense d'enseigner Je chmtianisme. Ce fut le signal d'une persécniiotï à laquelle le zèle du jeune Orisene Toulail s'offrir lui-même. Sa mère, à force de tendresse et de prières, parvint à Je retenir; mais Léonide ne put y échapper. On le jriA en prison, et Origène serait allé le rejoindre si sa mère, pour l'en empêcher, ne lai eôl soustrait ses vêtements. Il écrivit alors à 5(^/7 père une lettre pleine de force; il Tencour/H geait au martyre : « Tenez ferme, lai disait-il, et ne vous mettez point en peine do nous. » Léonide périt, ses biens furent confisqués; Origène resta le seul appui de sa mère et de ses six Jeunes frères.
Le martyre de Léonide les avait laissés dans une extrême pauvreté. Origène fut Aitiré par une femme très-riche qui, quoiquo chrétienne, entretenait aussi auprès d'eïlù un rhéteur hérétique, Paul d'Antioche, Qu'elle avait adopté pour son fils, et dont
I éloquence égarée pervertissait les fidèles. Origène ne voulut avoir aucune commuuication avec lui. 11 quitta la maison de cette femme, et se mit à enseigner la grammaire.
II n*avait pas encore dix-sept ans qu'il étonnait déjà par J'étendue et la précision de ses connaissances. 11 était grana homme à Tâge où les autres ne sont encore que des eufants, dit saint Jérôme. Ce docteur affirme que, outre les saintes Ecritures, dont son père lui avait appris la lettre et l'esprit, il possédait à fond Ja philosophie tout entière, qui embrassait alors la dialectique t la g<Sométrie, les mathématiques, la musique, 1) rhétorique, l'histoire de toutes les seci^ de philosophes , et même l'hébreu . Il faliflii bien qu il y eût dans ce jeune homme uo savoir extraordinaire, puisque Démétrius, évoque d'Alexandrie, lui confia recelé de cette ville, devenue si célèbre par VérnàitioR et l'éloquence de saint Clément, qui ^ cachait alors ppur éviter la persécutioa.X^i^^ entier è cet enseignement, Origène abo^^-