‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 20 sur 207 · OBI · texte numérisé non relu

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ie9 leooos qui le faisaient vivre, vendu sa tûbliouèciae profane moyennant qua- \r« oboles, eBriron six sous par jour, ce qui Wi suit pendant longtemps. Ses ieûnes ''"'^iWçioents, il ne buvait pointue viui Mit si peu que son estomac en resta Il marchait pieds nus, même Thi- JffconteDlaitd'un seul habit, dormait kttfn ou veillait, et employait la plus jmnkfàTiÏB des nuits à méditer l'Ecriture c^taU^ qu'il apprit entièrement par cœur. Wfgwniisiim les secours de ses amis, il n'en €OQ§erfêii pas moins une inaltérable doucaor. Saibi, ses lumières et ses vertus lui anirèrenl des disciples de toute eondition, 9càiase, peuple» philosophes, savants et

Ea SU, la persécution fut cruelle , sous f'édit de l'empereur Sévère et les ordres du l^réfta Aqiki\à. Sept disciples d'Origène soufinreai le martyre, les deux Sérénus, Héra- (îîie, floroo, une jeune fille nommée Hé- 7MS^ qui fut brûlée; Basilide, qui avait •r.diijt Potamienne au supplice, et qui était 7<it&a chrétien ; et enfin le jeune Plutar* que, fu^Origène assista au moment de son aurCfre.

if âvdii bien aussi sa part dans chacune de ces persécutions. Allant sans cesse en* «ranger et exhorter ses disciples et ses frères, il était poursuivi et obligé chaque ^jrde chercher un nouvel asile. Il fut jn5 plusieurs fois traîné par les rues, malirailé par une populace furieuse, et appli* que t la question; il courut souvent le risque de sa vie et n*échappa que par la mtg^ianimité de sa foi. Saint Epiphane raconte qu'un jour, les païens d'Alexandrie se «aisinmt de sa personne, et après {l'avoir mé comme les sacrificateurs idoUtres, ils Upiicèrent à la porte du temple deSérapis, VW tisuîbuer des branches de palmier à ctttiqois'y rendaient. Loin de se laisser SttfpràiAit et de montrer de l'hésitation, le jeujie Ohiène prit les branches, et d*une vmi ferme el avec un accent plein de cou* ra^ef U cria publiquement à tous ceux qui insiâieai: « Tenez, recevez ces palmes, noû oomme celles de votre idole, mais aofflme celles de Jésus-Christ. »

Jeune et forcé par ses fonctions de catécbbte à des relations continuelles qui pouvaieol mettre en péril la pureté de ses mœurs, Origène voulut se placer au-dessus (ks tentations et même des rapports de la ealomoie* Plus savant que sage, il prit à la leltre le verset 12 du chapitre xix' de l'EtaD^ile de saint Matthieu, et se porta sur lui-même à une coupable mutilation.

Il se cacha de ses amis, mais non à ce qu'il lirait, de son évéque Démétrius, qui Vea reprit avec fermeté, et Tautorisa à continuer ses fonctions, en lui ordonnant toutefois de tenir secrète cette action qu*Origène lui* même condamna depuis, en réfutant Tintbrprétation grossière qu'il avait donnée à ce Dsssage de l'Evangile.

11 fit un voyage à Borne, sous le pontificat de Zéphirin, et revint presqu'aussitôt à

Alexandrie. Le nombre de ses disciples était prodigieux; car il ne se bornait pas a l'enseignement de la doctrine chrétienne. Ily^goutait les lettres, les humanités, la philosophie, la géométrie qu'il avait cultivées, comme nous l'avons vu, afin de se rendre plus diçne de l'étude des saintes Ecritures. Aussi les hérétiques, les philosophes, les païens eux-mêmes accouraient à ses leçons, et il fut obligé de confier une partie de ses élèves, les moins avancés, à son ami Héraclès, homme très -savant lui-même dans les matières littéraires et théologiques.

Appelé auprès du gouverneur de l'Arabie, qui voulait l'entretenir de lettres et de sciences, Origène revint à Alexandrie, d'où, pour sa santé, il fut encore oblieé de sortir bientôt. Il passa en Palestine, prêcha publi-

Suement à Césarée, et trouva dans un vase e terre, à Jéricho, une version de l'Ecriture, sans nom d'auteur. Les évêques de cette province l'avaient retenu pour parler dans les assemblées publiques de l'Eglise, quoiqu'il ne fut pas prêtre. Démétrius s'y opposa malgré l'exemple que lui cita l'évê-

3ue de Jérusalem, de plusieurs laïques qui evant les évêques mêmes avaient expliqué les Ecritures. Soumis aux ordres du i>ontife diocésain, Origène rentra à Alexandrie et y reprit le cours de ses études et de ses oc^ cupations. Ce fut alors, à ce qu*il semble, qu il se livra aux travaux immenses dont nous parlerons plus tard, aidé par la fortune et par les lumières^ d'Ambroise, riche citojren d'Alexandrie qu'il avait converti h la foi chrétienne, quelques années auparavant. Depuis la persécution de Caracalla, en 315, a laquelle Origène avait échappé en se rendant en Palestine, jusqu'à Tan 229,. on ne voit pas sous les règnes de Macrin et d'Héliogabale, qu'il ait eu a souffrir de nouveau. A cette cfernière époque et pendant qu'Alexandre était empereur, Origène dut se rendre à Antioche, où Mamia, la mère de César résidait avec son fils, engagé dans une guerre contre les Perses. Elle désirait l'entendre discourir et lui avait envoyé une escorte. Il resta quelques temps auprès d'elle, et lui expliqua la vérité, lesbieniaits et la puissance de la doctrine chrétienne. Quelques hérésies s'étant répandues dans les églises de l'Achaïe, Origène fut envoyé à Athènes pour les dissiper. Il passa par la Palestine, et pendant son séjour à Césarée en 230, ftgé alors d'environ quarante-cinq ans, Tévêque de cette ville et celui de Jérusalem l'ordonnèrent prêtre. Cette ordina^ tion fut combattue et condamnée par l'évêque d'Alexandrie, Démétrius, qui déclara publiquement alors la mutilation d'Origène. Un acte de cette nature était alors sévèrement défendu par TEglise. Soit zèle de la discipline ecclésiastique, soit tout autre motii, Démétrius poursuivit cette affaire avec chaleur. 11 assembla un premier concile, auquel il soumit quelques erreurs qui semblaient contenues dans les ouvrages..

d'Origène; il lui fat défendu d'cnsei^qer et

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même de résider à Alexandrie. Ua secOt^d concile le déposa, et Démélrius alla tn*^o jusqu à Texcommunicalion. Le fervent évé-

aue mourut peu de temps après, et lorsque [éracliùs lui succéda, Origène s'était sou<» mis et retiré à Césarée.

Il y avait déjà fait quelque séjour, et continuait tant dans cette ville qu'à Jérusalem* d'expliquer les saintes Ecritures, à la sollicitation des évèques. Attirés par sa science et ses vertus, les disciples accouraient en foule sur ses traces. Firmilien, évèque en Cappadoce, vint le trouver dans la Palestine, pour recevoir de lui plus de lumières et plus de foi; et enfin, Origène eut la gloire et le bonheur d'amener dans le sein de l'Eglise catholique, deux frères illustres^ Athénodore et surtout saint Gré-» goire, surnommé le Thaumaturge.

La persécution recommença sous rempe-* reur Maximin, qui avait succédé à Alexandre, vers l'an 235 environ. Une conspiration avait été ourdie contre ce soldat cruel, élevé à l'empire par d'autres soldats. 11 fit périr quatre mille prisonniers; et, comme {tarmi eux, il se trouvait quelques chréiens, amis et serviteurs d'Alexandre son prédécesseur, il en prit occasion de poursuivre l'Eglise entière. 11 parait même que cette persécution fut dirigée surtout contre Origène. Sa réiuitalion et son zèle le rendaient redoutaole aux païens. On pense qu'il se retiira d'abord dans la Cappadoce, cnez Févèque Firmilien, et qu'ensuite, tous deux se cachèrent dans la maison de la riche et pieuse Julienne, où il est certain qu'Origène passa deux ans. Elle avait reçu }iar l'héritage deSyinibaque, le traducteur de l'Ecriture, une bibliothèque nombreuse. Origène y puisa les moyens de compulser et de comparer les différents textes des Ecritures. Le fut de celte retraite qu'il écrivit à son ami Ambroise, arrêté en Palestine , une lettre, ou plutôt un traité sur l'exhortation au martyre.

Maximjn, son fils, et le vieux Gordien, deyenus successivement ou simultanément empereurs de Rome, ayant été tués par les sQluats, eurent pour successeurs, en z37 ou 238,^ le jeune Gordien^ Puppien et BalbiUi ;)Ous le règne desquels TEglise put respirer au moins pendant quelque temps. Origène vint à Nicomédie, et y reçut de Jules Africainî une Disseriaiion sur rhistoire de Suzanne, que Qe savant chrétien regardait comme supposée, ce c^ui permit à Origène, en combattant cette supposition, de traiter l'importante question dos livres apocryphes.

De là, Origène passa en Grèce et fit quelque séjour à Athènes. Il y acheva ses c6a>^ jnentaires sur Exéchiel^ et commença ceux qu*il préparait sur le Cantique des cantiques^ qu*il acheva k Césarée, où il revint de nouveau. Firmilien et d'autres disciples accoururent l'y trouver; et c'est alors que Théodore, depuis saint Grégoire leThaumalurçe, voulant témoigner à Origène la reconnaissance qu'il lui conservait, prononça devant luia et en présence d'une imposante assem-

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blée, ce discours que nous possédons encor où il raconte toute la métnode d'enseign ment d'Origène, toutes ses vues évangél ques, et où il lui donne» entre autres louai ges, celles de divin et d^'inspiré de Dieu.

Origène redressait l'hérésie partout où la rencontrait. C'est ainsi qu'il dévoila ce» que Bérylle, évèque de Bosre, en Araiji< avait .répandue contre les mystères, Ji I força publiquement à la reconnaître, et o voyait encore du temps d*£usèbe, c'est*) dire, cent ans après, les décrets du conàl assemblé sur ce sujet, ainsi que les confc rences qu'Origène avait ei>es avec BérylJe en présence de l'Eglise qu'il gouvernait.

Le règne de l'empereur J^èee fit naître en 249, une sanglante persécution contrôle; Chrétiens. Origine que l'on ne faisait pas périr, dans Tespérance que les tounnenti affaibliraient sa foi, et que sa renonciatioo au christianisme entraînerait celle de beau* coup d'autres, Origène devint Tobjet de la cruauté païenne. On le jeta dans les cachots, on le chargea de chaînes, il fut mis au carcan et dans les entraves, et pendant les tortures de tout genre qu'on lui faisait endurer, on le menaçait sans cesse de le livrer aui flammes. Rien ne put ébranler sa constance, et, du fond de sa prison, il écrivait encore aux compagnons de son martyre et lenr adressait des exhortations ou des consolations. Dieu veillait sur lui» sans doute, atio qu'il pût couronner la série de ses glurieui travaux, comme il le fit quelques années après, par sa réponse au livre de Celse, i\ui, sous le règne d'Adrien, avait composé ai ouvrage rebaplide mensonges et d'invectives contre les Chrétiens. Ce traité, le plus complet et le plus utile des ouvrages d'Origène, en fut aussi le dernier. Il mourut eu 253, sous le règne de l'empereur Gallus, et âgé de soixante-neuf ans. Sa mort répondit à sa vie toute miraculeuse et toute cbrélienae. Saint Jérôme disait de lui : « Après les apôtres, je regarde Origène comme le graod maître de l'Eglise; l'ignorance seule peut nier ces vérités. Je me chargerais volontiers des calomnies qui ont été dirigées contre son nom, pourvu qu'à ce prix je pusse avoir sa science profonde des Ecritures. »

Les calomnies dont parle saint Jérôme se rapportent et à la poursuite que Déraétrius, évèque d'Alexandrie, exerçacontre Origè/ie, lorsque celui-ci fut ordonné prêtre, et aux accusations d'erreurs et d'hérésie môoifl que seaiblaient contenir quelques-uns oe | ses ouvrages. Nous avons dit la cause des rigueurs originaires de Démétrius, emporta par le zèle du maintien de la discipUoô ecclésiastique, comme Origène avait é|ô lui-même emporté par l'exaltation de a ^ pureté des mœurs; nous montrerons, à «a ,

fin de celte étude, que les erreurs ouil^ j fautes reprochées contre l'orthodoii© cnretieune ne s'expliquent pas moins fit"»^ , ment. , . . \

Ses écbits.— Origène a laissé après m tant d'ouvrages, et la plupart si voluonncux, que, sur la quantité, nous somu»^ ;

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DE PATROLOGIË.

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obligés de faire an choix pour en rendre

f ocupte, et encore plus pour les analyser.

<.xrcons€rits dans les bornes étroites qui

Tio«s 94)Qt imposées par la nature de ce tra*

vatUcJlQOus proposant avant tout d'être utiles

î Maiedfiirs, nous laisserons de côté l'ordre

c^fon^logiQQe de leur pnbiicatioiii pour les

préMoJersaivant leur importance relative,

rt ^msu eo raison des services que chacun

MfriM tirer, soit pour se fortifier dans la

LMb dogmes chrétiens, soit pourappren-

ffrv i les défendre contre les attaques de

{e^rseoDemis. Nous suivrons la même règle,

d {«nr tes observations de détail, et pour

^nforUonner les citations. A ce double

liine; aovs nous croyons donc autorisés à

uf^tiooaer, avant tous les autres, le traité

ulhigène:

C^ntn Cdse. —Le plus célèbre de ses ourrjE^es, et celui qui couronne glorieusement îj i^iede ses innombrables travaux, est sa :%içonse aa philosophe Celse, qui, sous le ré^^ae d*Adrîen, avait com)X)sé un livre rem- ;«i\ de mensonges et d*invecli ves contre les . Chrétiens. Origène céda aux sollicitations il A&bfoise, son ami, qui le pressait de rel«QS5er les calomnies du philosophe épicurien. Jamais la foi jointe aux lumières . 11 avait autant éclaté que dans ce traité «fOrigèoe. Bossuet, qui se connaissait en V >d«|tte el qui savait peser la force et la va- \^ard*une argumentation, appelle l'auteur ce ce livre le plus exact des théologiens et k |»itts savant des apologistes. En effet, sous «ju^'lque aspeirt que l'on considère ce grand h'jfiuoe, partout il s'élève au premier ran^, iiQtpar rimmensité de son savoir et la vigueur de sa dialectique, que par la vigueur 4% son ^nie et la fécondité de son imaginaiîiii« liais c^est plus particulièrement eno^redans cet écrit, qu'il fait preuve de ces nm qualités. Eusebe renvoie à ce livre t<»» ks amis de la vérité qui voudront connaltrtttqae c'est que le christianisme, et 1.' affinae que, non-seulement toutes les férues proposées avant lui contre ses dogaei, oêis même, que toutes celles qui p^arraieot s^élever dans la suite, s'y trouvaient d'avance combattues el réfutées victorieusement.

Le philosophe Celse se vantait d*ayoir porté i la religion le coup mortel, par son livre publié sous le titre de Discours vértia- He; et, en effet, l'ouvrage était composé ivec beaucoup d'artifice. Son titre semblait Ittsiifié par un ton de franchise, et surtout l«r un caractère d'assurance, propre à éloigner tous les doutes. Une érudition Ctsioease appuyait de tout son poids une argumentation vive et serrée, qui avait épaisé toutes les ressources «.du sophisme ; et l'apparente austérité du sujet s'y trouvait tempérée adroitement par une piquante ironie qui lui assurait des lecteurs dans toutes les classes de la société. Ce n'étaient plus les busses interprétations données par Tignonoceet le fanatisme des peuples à une religion qui enveloppait ses mystères des ombres da secret; nos premiers apologistes ravaieut

tirée du sanctuaire; c étaient la philosophie et la raison, armées de nos proprés aveux,

s'avançantcontre la religionnouvelle, en connaissance de cause, procédant par une marche régulière, sapant dans ses bases l'édifice tout entier de la foi chrétienne, la soumettant au creuset, l'attaquant dans son principe, dans ses dogmes, dans son histoire et dans ses institutions. L'Eglise commençait à s'alarmer d'un aussi dangereux adversaire. Origène se chargea de la défendre. Sa réputation portée aussi loin que les bornes de l'empire romain, soixante ans de travaux et de triomphes, la confiance des fidèles et des évêques eux-mêmes qui avaient voulu l'entendre, lorsqu'il n'était encore que simple laïque, les vœux de l'amitié, tout déférait à ce grand homme l'honneur d'entreprendre une si belle cause. Origène pubh'a sa réponse ; et il resta démontré à tous les siècles, que la vérité, sortie victorieuse d'un combat en apparence si redoutable, n'avait

Eas plus à craindre les sophistes que les ourreaux. Le savant apologiste ne se contente pas de détruire les faux raisonnements de sou adversaire, qu'il poursuit, pied à pied, au risque de revenir sur ses pas, parce que Celse le ramène souvent aux mêmes objections, il n en laisse aucune sans réplique, sans éclaircissement, sans triomphe. La vérité, les miracles, les mœurs, les doctrines, les pratiques de la religion chrétienne v sont établis avec une force, une lucidité, une érudition et une conviction également admirables.

Cet ouvrage est divisé en huit livres. Le début surtout est remarquable par le ton de naturelle et courageuse franchise que donne à un auteur exercé la supériorité de sa cause.

« Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Maître, dit-il, faussement accusé se taisait. Il ne répondait jamais au mensonge aue par la sainteté de sa vie el les œuvres qu il opérait devant les Juifs, persuadé qu elles seraient contre Timposture, plus éloquentes que toutes les apologies. Et vous, pieux Ambroise, vous voulez, je ne sais pourquoi, que je repousse les calomnies qu'un Celse a publiées dans ses écrits contre les Chrétiens ' et leur croyance, comme si l'imposture ne se trahissait pas elle-même, comme si notre doctrine, supérieure à toute apologie, ne suflisait pas pour enlever à raccusatioii toute vraisemblance et la rendre impuissante.

«Oui, Jésus-Christ se taisait lorsqu'on portait contre lui de faux témoignages. Nous l'apprenons de saint Matthieu ; et saint Marc s'exprime à peu près dans ces termes:

« Les princes des prêtres et tout' le con- <i seil cherchaient de faux témoignages contre « Jésus pour le faire mourir; mais ils n'en « trouvaient point, bien que plusieurs faux « témoins se fussent présentes. Enfin il en « vint deux qui déposèrent ainsi : Cet « homme a dit: Je puis détruire le temple de « Dieu, et, après trois jours, le rebfltic. Le « prince des prêtres se leva» et s'adressant à

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% Jésus : Vous n^ répoiulez rien à ce q^^ ^(^s % gens déposent contre vous ? Mais lés^^ se « taisait. »

« On voit clairement par ce qui suit quMl ne voulait (>as répondre à la calomnie. Il est conduit devant le gouverneur gui lui demande : « Eles-vous le roi des Juiis? « Vous Pavez dit^ lui répond Jésus. » Accusé par les princes des prêtres et par les anciens du peuple, il se tait de nouveau. Alors Pilale lui adresse ces paroles : k Estf ce que vous n'entendez pieis les déposi- « lions qui sont faites contre vous ? Et Jésus « ne répondait pas un mot ; ce qui jeta le « gouverneur dans un grand étonnemeoL »

« Quoi de plus capable en effet d'étonner ceux -mêmes qui réfléchissaient le moins? Pour confondre la calomnie, mettre son innocence au grand jour, et se rendre son juge favorable, il lui suffit de présenter sa vie et ses œuvres. Non-seulement, il ne le fait pas, mais il aédaigne et regarde les calomniateurs avec un noble mépris. Son juge l'aurait absousli Tinstant, s*il eût voulu se justifier. Nous le savons à n'en pas douter, et d'après ces paroles de Pilalo à la multitude : « Lequel voulez-vous que je vous dé- « livre de Barabas ou de Jésus qu on appelle « le Christ ?» Et d'après celte réflexion qui suit : « Pilate savait bien que c'était par en- « vie qu'on l'avait livré. » Encore aujourd'hui la perversité des hommes ne cesse de le poursuivre; la malice humaine est toujours là avec ses calomnies. De la part de Jésus- Christ, touiours même silence. Il n'élève point la voix; il se contente pour se défendre de faire parler la vie de ses vrais disciples. Plus lorte que la perfidie des faux témoins, cIIq dévoile ei confond la malice et l'imposture.

« Je ne crains pas de vous dire , cher Ambroise, que la défense que vous me demandez affaiblit et lapologie qui se compose de la doctrine et des œuvres, et celte puissance de Jésus-Christ, qui frappe si virement quand on n'est pas tout à fait aveufle. Mais, pour ne point paraître me refuser vos désirs, j'essaye selon mes forces, de faire à chacune des objections de Celse la réponse qui me semble les renverser. Ce n'est pas que je croie qu'un seul fidèle puisse Aire ébranlé par son ouvrage. A Dieu ne plaise qu'il se trouve des Chrétiens, assez peu affermis dans la charité de Jésus-Christ, pour chanceler devant les discours d'un Celse ou de ses pareils. Paul, dans l'énumération des épreuves qui pjourraieot séparer de l'amour de Jésus-Christ, et de l'amour de Dieu en Jésus-Christ, épreuves si généreusement surmontées par Tardeur dont il brûlait, ne fif^ pas des discours; remarquezqi^ Qu'il est oit d'abord : « Qui pourra « nous séparer d^ Pamour de Jésus-Gùrist ? « Sera-ce Vainiction ou les an^oiscs, ou ^ « faim, ou la nudile, ou les pénis, ou les per- « sécutions, ou les glaives, selon qu'il est « écrit : On nous livre tous les jours à la % mort à cause de vous : On nous re^jardo * comme dej brebis destinées au sacrifice ;

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1 mais dans tons ces maax, nous triompho « par notre amour pour celui qui nous « aimés. » Vient ensuite une seconde énuni ration des épreuves qui séparent ordinair ment ceux dont la piélé n'est pas solid « Je suis certain, dit rApôCre, que ni « mort, ni la vie, ni les ange9, ni les prin< « pautés, ni les puissances, ni les choses pc « sentes, ni les futures, ni la Tiolence , « tout ce qu'il y a déplus haut et de pli « profond, ni aucune créature ne pourra j « mais nous séparer de Dieu, en J&us-Cbr; « Notre-Seigneur. »

« Nous autres, nous pourrions peut éii nous glorifier, si la tribulation ou les âi très épreuves dont parle ensuite l'Apùtr' nous trouvaient inébranlables. Mais Paul mai^ les apôtres et ceux qui leur ressent blent, n y songent pas môme. Ils s'écrient « De tous ces maux, nous arons bien plu « fait que triompher pour celui qui nous c aimés.» Vaincre n'était pas assez pour eai Si les apAtres pouvaient s*applaudir de na voir jamais été séparés de 1 amour de dm en Jésus-Christ, ils segloriGeraienldu motn de ce qu'en eux l'amour se serait trouvé à Té preuve de la mort, de la yie, des anges des puissances et de toute autre force semblable. Je n*aime donc pas celui dont la tvt pourrait être renversée par les écrits d'uu Celse, qui n'existe plus, et même depuis longtemps, ou par d'autres discours qui oe seraient que spécieux. Je ne sais quelle place assigner è ce Chrétien dont la foi abesoin d'être proté^^ée par une apologie tonin les calomnieuses attaques d'un Celse, et qm viendrait è défaillir, si ce j^oint d'appui manquait à sa faiblesse. Toutefois, cûmRie il peut se faire que parmi les fidèles quel-

3ues*uns trouvent leur perte dans les écrits 'un sophiste, et leur salut dans une réplique qui ruinerait de fond en comble la calomme et affirmerait la vérité; ie^oiesuis rendu à vos désirs, et je répondsa l'ouvrage que vous m'avez envoyé. Celse l'inlilale la rérité; d'abord, je ne crois pas qu'un homme tant soit peu philosophe lui passe ce titre. « Paul, qui savait bien aue tout n'est pas à mépriser dans la philosopnie des Grecs, qu^ l'erreur s'j- cache sous un air de vérité qui peut faire illusion, nous en parle en ces termes : « Prenez garde de ne pas vous laisser , « surprendre par la philosophie et par de c vaines subtilités , selon les traditions dts c hommes, selon les principes d'une science « mondaine, et non selon Jésus * Cbrisl • C'est parce qu'il s'apercevait bien que ws ouvrages pouvaient imposer par un cerlain air de grandeur. Quel nomme de bon sens pourrait même accorder ce privilège aux ouvrages de Celse ? Mais comme les écrits iks anciensphiiosophesse présentaient sous des dehors spécieux et séduisants, l'Apôlre k'^ appalleune vainc tromperie, sans doute pour distinguer celle-ci d'une autre qui n'est pas vaine, et que Jérèmie avait en vue , iorsqu'il ose dire à Dieu : «i Seigneur, vmjs « m'avez trompé et je me suis laissé prenJ^'^j i « vou; avez étépTu^ fort, el vous aveipr*" i

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ala. » Mais je ne pense }mis qu'il y ait la caoindre (rowperie^ même la plus vaine, te3 écrits de Celse» tant ils sont inféaoi livres de cas anciens philosophes tvrat des chefs d*école , et qui , dans i«d)erche$« firent preure d*un esprit i^riÎDiire. En géométrie, toute proposi- ■sse , i moins d*un certain air de mce, ne peut être appelée cap* et présentée à ceux qui cultivent Mpusdefloe : de même, pour que des oufA|pM philosophiques comme ceux de ces ififémia cliefs d*écoIe soient appelés submile raioe et tradition des hommes, selon Ivéiéfljeats de la science mondaine, il laut fÉlb êieat été composés avec le même art a I» même finesse.

#J*ëldis arrivé, dans ma réfutation, à Ten- Jfuii où Celse introduit un Juif disputant arec Jésus -Christ, lorsqu'il me viut dans IVsprit de placer cette préface en tête de I80II >if re, afin que, dès le début, le lecteur iuttiprlt qu*il n'avait point été composé pour kê vrais fidèles» mais pour ceux ou qui ne goAteoc pas encore la religion de Jésus- QmU ou qui sont du nombre des hommes qoc TApdtre appelle faibles dans la foi, et

£3 vous ordonne de soutenir. Cette firé- ) sera donc Texcuse du désaccord qui se troQve entre le commencementet la suite de c«Ue réfutation. Je voulais d*ahord ne faire qaa^ simples notes qui indiqueraient en («•de mots Tobjectionet la réponse, me l-ioposant de leur donner après la forme u*8D discours. Mais la nature même du suki m*a fait comprendre que je nrépargnerais du temps, si je me contentais d'une légère ébauche à l'égard des premiers livres. Car coml>attre l'adversaire à mon aise dans I suivants. .7

tTeuillez donc faire grflce à ce qui vient I9rti cette préface. Je vous demande la toèneiodolgence pour le reste. £t si rouvrir isvouâi satisfait pas, je vous renvoie auipenonnes plus éclairées et plus capabl44 <)e rétaler par Icrurs paroles et par leurs é^nUrJatalouinies de Celse contre nous.

l^jui^m, le plus sage, à mes yeux, est encore celoi qui lit son livre sans avoir be- >oia d'apologie^ et (}ui sait le mépriser tout emier. Un cœur simple ne manque pas de le faire par la vertu de Tesprit qui réside co iai. B

Après cette préface , Orisène passe à la réfutation, dans laquelle il suit constamûteot son adversaire, s'attache à ses arguuicots, et répond à tout sans emportement l'i^GQuie sans faiblesse. Et parce que Celse u'esi rien moins que métUodiçiue , il se imuve obligé lui-même de revenir fréquemffltot sur siis pas, défaut qui nous impose le devoir plus rigoureux encore de l'abréger. Kairé en matière, il trace un beau plau de

(1) TertttUien parlant au nom de toute 1*1^1196, aait bka loin d*adineitre celte concession el (i*en Wfiuaerksoooséquencefi, Il prenait Tempire tout oaier à.lémom que, non<-8eulciiienl il ne s'était ja- ^ixi reneootré parmi eux de Niger, ni d'Albin, ni do Ui»icti,iuat9|>as même des Nigriens, des Albiniens,

la religion qu'il puise dans les arguments mêmes de son ennemi ; plan devenu commun par la suite» mais dont le premier exemple remonte à cet ouvrage. La religion chrétienne prouve la vérité de ses principes par une espèce de démonstration qui lui est prfipre, c'est-à-dire par les effets sensibles de 1 esprit et de la puissance de Dicu^ i^omme parle saint Paul dans sa Première EpHre aux Corinthiens : Dei virtutem. C'est là sa proposition générale. Il la divise. Les effets de I esfjrit, ce sont les prophéties qui rendent témoignage à Jésus-Christ; les effets de sa puissance, ce sont les miracles opérés en preuve de sa doctrine. Un de ces miracles dont on avait surtout le témoignage sous les jeux, c'était la propagation du christianisme, malgré les arrêts du sénat romain, malgré les persécutions des empereurs et les fureurs opiniâtres des armées et des peuples ; malgré les embûches des faux frères , c'est-à-dire des hérétiques ; enfin, malgré les obstacles de tout genre dont elle eût été infailliblement accablée, SI elle n'avait eu le bras de Dieu pour la soutenir contre tant d'ennemis. A ce vaste plau, viennent se réunir toutes les grandes questions qui s'agitent dans ta controyerse et dans la chaire. Aussi le traité d'Origène contre Celse met-il un trésor précieux entre les mains du théologien et du prédicateur.

Premier livre. — Le grand chef d'accusation intenté par Celse contre les Chrétiens , porte sur leurs assemblées, qu'il taxe de clandestines et qu'il présente c^mme des contraventious aux lois. On voit que son intention est de jeter de l'odieux sur les réunions appelées Agapes. Suivant lui, c'est une ligue secrète formée contre l'intérêt commun, et comme un engagement mutuel plus fort que tous les serments.

« Puisqu'il fait valoir la loi de l'Etat, dit Origène, et au'il la prétend violée par nos réunions, il faut lui répondre. Supposez un étranger retenu chez les Scvthes, dont les lois commandent le crime. Il est dans l'impuissance d'échapper et forcé de vivre parmi ces peuples. Direz-vous qu'il est coupable, s'il désobéit à des lois qui outragent la nature, s'il cherche à se réunir à des hommes qui pensent comme lui, malgré la défense de ces lois barbares. J'en appelle ici au tribunal de la raison : des lois qui commandent le culte des idoles, et qui détruisent Dieu par la multitude des divinités qu'elles introduisent , diffèrent elles beaucoup des lois de la Scjthie? Au fond, ne sont-elles pas plus impies encore ? L'intérêt de la vérité autorise dono des assemblées que défendrait la loi de l'Etat. Un tyran vient à opprimer un peuple libre : trouverezvous criminelles les réunions secrètes qui se formeront contre lui (ij ? Voilà la posi-

Di des Cassiniensfpasplus de ligue secrète que de révolte déclarée. L*Evangile ne permet ni Tune ni Tautre. On peut en voir la preuve éloqucmroent développée dans le V« ÀverttêietMnt de Bossuet aux Prolestants, «lans sa Politique sacrée, et dans VUiS' loire iks variuliont.

«19 OR! ^ ^"i^lO.NNAIRE

tion des Chrétiens, Le démon, Tespri' 4o mensonge exerce sur enx un pouvoir tyrtljnique. C'est donc avec raison qu'ils conspirent contre lui, au mépris des lois, pour s'occuper du saint des nommes qui savent comprendre la nécessité de secouer un joug non moins insupportable que celui d'un Scythe ou d'un tyran, »

Celse dit ensuite que la religion chrétienne vient d'une source barbare, t Evidemment, répond Orisène, il veut parler du judaïsme, d'où elle aécoule. Au moins, il est assez juste pour ne pas lui faire un crime de son origine; car il trouve aux barbares assez de sagacité pour se créer des dogmes. Il cherche également à déprécier notre morale, sous prétexte qu'elle n'a rien de neuf ni d'imposant, mais qu'elle est toute semblable a celle des autres philosophes. Nous lui répondrons que si tous les hommes ne portaient uas, gravés dans leur cœur, les principes ae la morale , ceux dont les crimes appellent sur leur tète les châtiments de la justice divine, ne manqueraient pas d'excuses pour les décliner* Il ne faut donc pas s'étonner, que le mètne Dieu qui a bien voulu nous instruire par la voix des prophètes et de Jésus«Christ, ait imprimé les principes de la même morale dans le cœur des hommes.

De sorte que, devant son tribunal , le coupable se trouve sans excuse, puisqu'il n'est uersonne qui ne porte, gravé dans son cœur, le sentiment de la loi. L Ecriture nous laisse entrevoir cette vérité, traitée de fable par les Grecs, lorsqu'elle nous dit, que Dieu avait écrit de son doigt ses commandements et les avait donnés à Moïse, mais qu'ils lurent brisés par la malice de ceux qui s'étaient fait un veau d'or; ce oui signiOe que le débordement des crimes les avait effacés du cœur de l'homme; mais que Dieu les ayant écrits de nouveau, les donna à Moïse gravés sur deux tables de pierre préparées par ce dernier, pour nous faire coniprendre, uu'après le premier péché, la prédication des prophètes préparait les hommes à une nouvelle publication de la loi. »

Celse attribuait à la magie ou à l'invocation du démon le pouvoir qu'il reconnaissait aux Chrétiens de chasser l'esprit malin. « La calomnie est flagrante, dit Origène; le pouvoir qu'exercent les Chrétiens ne leur vient pas de ces sortes d'invocations , mais du nom de Jésus qu'ils prononcent, mais

ORI 4

des infidèles, qt>i le tournent en ridici parce qu'ils ne le comprennent pas? 11 ( donc absurde de dire que notre (loclrine ( mystérieuse et secrète. »

Celse exhorte ensuite les Chrétiens à prr dre pour guide la raison pure en ce q regarde les dogmes, sans quoi ils ne puu ront échapper a l'esprit de secte ni è Te reur. Il les compare à des charlatans inU ci les qui se font croire et qui poussent multitude où bon leur semble. « Il y eo parmi eux, dit-il , qui ne veulent ni donm ni accepter de cautions et de garanties da leurs affaires. Leur maxime est : N'exani nez pas, mais ayez foi, et la foi voussai vera. La saçesse de ce monde est mauvais sa folie seule est un bien. » — « Je répoo à notre adversaire, dit Origène, que l'homme pouvait, négligeant tous les inl rôts de la vie, s'appliquer uniquement ài philosophie, il n'en trouverait cerlainerae pas de meilleure que celle du christiaiiisioi Aucune, disons-le sans orgueil, ne doDr de plus sages explications des croyance humaines, des prophéties, des paraM évangéliques et de mille autres faits fîgun par des emblèmes. Toutefois, coroiuc li nécessités temporelles et l'infirmité de i'e prit interdisent la philosophie au plusgran nombre des hommes, il faut trourer u moyen d'aider, sous ce rapport, leurfai blesse, et de ces moyens, aucun n'est com parable à celui que Jésus-Christ lui-mi^nj est venu ai)porter aux nations. Qu'on liC' mande à ta multitude des croyants, qaeltur foi a (purifiés de la fange des vices où ils se vautraient auparavant, lequel des deuisv^ tèmes est préférable , ou de corriger !>e mœurs , en croyant sans examen à la rc compense qui attend la vertu et au suppli>-

3ui menace les coupables, ou bien de dé aigner la foi simple et d'ajournerl amende ment de ses mœurs jusqu'au temps où, force d'investigations, on sera enlin cou vaincu de la vérité. Évidemment, presqu tous ceux qui méprisent la foi simple resdi dans la vie corrompue, et sont bien inférieur aux simples qu'ils dédaignent. Ce n'est pa là une des moindres preuves de la divi nité d'une doctrine aussi indispensable au hommes que l'est celle de notre Sauveur. Origène remarque que les hommes enuseii de même à propos de philosophie , et qu'e embrassant une secte plutôt qu'une autre des paroles de l'Evangile qu'ils récitent ils obéissent à un certain instinct qui pous^

Quant au secret de notre doctrine qu'il nous reproche , cette accusation n'est pas mieux fondée que les autres, car la prédication des apôires l'a répandue dans tout Tunivers. Est-il un système de philosophie qui pourrait se flatter d'être aussi connu? Qui ne sait maintenant que Jésus-Christ est né d'une vierge, qu'il a été mis sur une croix? N'estce pas la foi du plus grand nombre qu'il est ressuscité d'entre les morts, qu'il y aura un jugement dernier où le méchant sera puni de ses crimes, et le juste récompensé de ses vertus 7 Le dogme de la résurrection ,dcs morts n'est'il pas^dans fa bouche même

les uns au stoïcisme , les autres au plato nisme ou au système péripatélicien, coinu) favorisant davantage les affections huinfli«c et les jouissances de la vie. Or, si chail" sectaire est obligé, par sa raison, de s ti lier au fondateur de son école, combiefl doit on avoir plus de confiance à la parole a celui qui nous a révélé le culte du D\ti unique, du Créateur de toutes choses, en nou permettant de négliger des choses di^'ne! d'être honorées, mais qui cependant son loin de mériter notre adoration. « Counnen serait-il déraisonnable d'avoir foi en Di^" lorsque sans foi rien ne se fait, tnêinedfliK

ti\

om

CRI

ti choses amnaines T Qui navigue , qui se

fc»ne, qui soigne ses enfants, qui sème

v»u Wé>s'il n*a la conGance J*un heureux

iî^ccJH,bien que ce succès soit souvent tout

titre (^oerespérance?.... Pourquoi donc ne

?< umiHMi pas à celui qui « pour donner à

ii^Utgefire humain la vraie religion du

•IréaieorJe l'univers, s*esl exposé a toutes

le» saoCrances avec une générosité incom*

lunbfe, et a subi la mort la plus ignomi-

avuse aui yeux du monde, donnant ainsi

<ci prédicateurs de son Evangile son propre

iri^mple pour règle et pour mesure du dé-

%M»ioeal avec lequel ils doivent s'employer

•u ssiut des hommes.

a lloand Celse nous Impute de dire : la

u^EM est un mal et la folie un bien, il

Irua^ue ariilideusement le passage ou l'A-

p»^ne dit : « Si quelqu'un de vous pense

« ^re sa^je selon le monde, qu'il se fasse fou

• t»»ar deveair vraimenlsage ; car la sagesse

• At ce momie est folie devant Dieu.w L'Apôi-î ne dit pas que la sagesse vérilable est Ji* deYaai Dieu; il ne dit pas non plus : ^crittld'entre vous qui est sage devienne tu; Bttis il dit : Qu'il devienne fou , selon )*• «onde, pour devenir sage en réalité. La «5f5se de ce monde est cette philosophie l'^te pleine de fausses opinions, qui, suï- ^wiWs Ecritures, est inutile et vaine. La

•^^^^ tK)us appelons bonne est celle que

« mxt regarde à tort comme folie. C'est

««eesensque les platoniciccs, qui croient

f * '«ûttofiaiiié de rame , sont des fous , au

J^ô'eatttaUcs stoïciens , qui se moquent de

^^ttiU appellent leur crédulité, et des

^yrieoi.qui taxent de superstition tout

^^. *®Pr^ la providence et lempire de

S^^'^"i?nde. J'ajouterai, d'ailleurs,

pL|7j? \eljgiou attache un bien plus

*\afltî3^- ,*,^^'^^^ction logique qu^à la

derSLÎ:^* ^^ ye''be a parfois préféré ce

coamHTJi!/ ®*P*ce humaine sans secours,

àia^iew,,^^'V"nst, en disant : Puisque ^'*a fw/ii '*^ mené le monde à Dieu^ ffritr iema*/^ *ervir de ta folie pour con- ^^^ cela, 31'?!* «<»/«*^ (/ àor. i, 21.) De '3iDo»ende sa ^"**' f-»^^ connaître Dieu *J.Mnf paschf? ?^8C*se: et les hommes ne ^/«S* liOfl de &L ^^ ^^ ^^^^® manière , Dieu ^^Dl prêcher n^^** *^^ croyants, en leur ^^f^lée folie r *^^ doctrine qui devait être *îiiché en c'rai ^ ** prédication d'un Dieu *^a le siècle ^\i* n'est-ce pas de la folie *^ riait : J^ou "' '® sentait si bien qu'il 'r»cii^ \fn^J^ prêchons Jésus , et Jésus

»ftt liées w^^^ ^."® beaucoup de nations

cumin inr« a"^^ elles par des croyances

ÏZ •' *^^*re toutes celles qui ont

nue naissance à un dogme quelconque.

i\, • T' dit Origène, fi»il-il aux Juifs

Uiijuredenepes Us citer une seule fois,

«Q parallèle avgc les autres pruplos? Pour.

3U0Î ajoute-t-il si pleinement foi aux récits es barbares, etrejetle-il comme fabuleuses les histoires bibliques? Si chacun de ces peuples a écrit avec bonne foi ce qui le concerna, pourquoi les Juifs seuls ne méritentils pas d*être crus? Et si l'on prétend que Moïse et les prophètes, en écrivant les annales juives, sont entachés de partialité, estil raisonnable de ne pas supposer le même défaut aux écrivains des autres nations? Quoil les Egyptiens méritent qu'on les croie quand ils disent du mal des Juifs, et les Juifs ne seraient dignes d*aucune croyance, quand ils assurent que les Egyp* tiens, en \qs persécutant injustement, ont attiré sur eux tes vengeances divines? Quelle prévention n'est-ce donc pas de la part de Celse d'admettre le témoignage des uns comme infaillible, et de récuser absolument celui des autres? A son gré, tout ce qu'il

3u'il y eut de peuples dans l'univers furent es moilèles de sagesse; \qs Juifs seuls ne valent pas la peine qu*on les nomme. »

Ici Origène accable Celse en mettant tout à la fois a découvert, et son ignorance et sa mauvaise foi. Il montre avec quels éloges ont parlé des Juifs un grand nombre d'écrivains fameux, entre autres, Numénius»

dans son livre Du bien y Hécatée dans ses Histoires^ Hermippus, dans son traité Des législateurs : Celse ne paraît pas plus reconnaître l'antiquité des Juifs que leur sagesse, malgré que les écrits des Egyptiens, des Phéniciens, des Grecs, soient pleins de témoignages en leur faveur, témoignages que l'on peut véritiert soit dans les deux livres des Antiqiuités judaïques de l'historien Josèphe, soit dans le savant ouvrage de Talien le Jeune contre les Grecs. Ce n'est donc pas la vérité, mais la haine qui a dirigé la plume de Celse. Son but, en calonmiant les Juifs, n*est autre que de décrier le berceau du christianisme.

a Pourtant, dit Origène, le voilà qui vient à rhistoire de Moïse, mais c'est pour faire le procès à ceux qui donnent de ses livres des explications allégoriques. Mais à cet illustre ^à^Qi qui ne craint pas d*intituler son ouvrage: Discours de vérité^ on pourrait à bon droit répondre: Pourquoi donc, ô honorable, gloritles-tu des dieux coupables de fautes aussi énormes, que celles décrites par \ts poêles et les philosophes, des dieux impudiques, en guerre avec leurs propres

Earents, incestueux, parricides, victimes ou ourreaux? Pourquoi' donc adorer des êtres, qui ont osé, commis, supporté de tels crimes? Pourquoi prétendre que Moïse a trompé son peuple par des lois fausses, lui qui n'attribue aucun de ces forfaits ni à Dieu, ni à ses anges, lui qui porte contre les hommes mômes des accusations moins graves? En effet, on ne trouve point, dans ses annales, de criminel qui ait osé autant que Saturne osa contre le ciel, et Jupiter contre l'auteur de ses jours... Proposons ce défl & nos adversaires : Qu'ils comparent livres à livres, d'un côté les productions d'un Linus, d'"" Musée, d'un Orjihée, d'un Phérécide,

CRI

Ï^^^TlONNAIRE

(mi

et de Tautre, Moïse seul avec ses litres, Qu*i!$ établissent un parallèle entre leurs histoires et la sienne» entre leur morale et ses enseignements» et qu'on en essaye Tappiication a la conscience humaine» puis Ton verra lequel de lui ou d'eux est le plus propre à opérer sur les mœurs une réforme salutaire. Que Ton remarque encore que ces écrivains préconisés par Celse, en tenant leur philosophie cachée dans les ombres du sanctuaire» Tont enveloppée d'un voile d'emblèmes et d'allégories qui la rend peu accessible au commun des lecteurs; tandis que Moïse» en orateur consommé»

toujours plein de son sujet» ne dit rien dans son Pentateuqut qui n'intéresse également la multitude et les savants» qui peuvent percer plus avant» et découvrir sous la lettre les principes de la plus haute philoso- Ehie. Aussi toute la sagesse de vos grands ommes n'a-t-elle pu empêcher la perte de leurs ouvrages» qui assurément» se seraient mieux conservés» si l'utilité en avait paru plus sensible; au lieu que les livres de Moïse» encore entiers, ont fait sur tous les esprits une impression telle» que des lecteurs » même étrangers k la religion des Juifs» ont bien su j reconnaître 1 ouvrage d'un Dieu» créateurde l'univers» dont Moïse» comme il l'annonce lui-même» ne fut que l'organe. II convenait sans doute» que celui qui a tiré le monde du néant» et qui voulait lui donner des lois» imprim&t a ses paroles une vertu capable de se faire sentir à tous les hommes. Je n'ai point ici en vue Jésus-Christ» je soutiens seulement que Moïse» quoiauebien inférieur à ce Rédempteur divin» 1 emporte néanmoins incomparablement sur tous les sages de Celseï soit poètes» soit philosophes. »

Telle est l'origine que Celse attribue à la relicion des Juifs: « Une troupe de pfttres et de bersers» s'étant mis à la suite de Moïse» se laissèrent persuader par des artifices grossiers qu'il n v avait qu'un Dieu.»— «Ces pAtres auraient donc eu tort» selon lui» de renoncer à croire qu'il y en a plusieurs? Mais ce serait à lui d'abord de prouver cette multitude de divinités dans la Grèce et partout. Pourquoi les dieux des Grecs plutôt que reux des Égyptiens? Tout cet amas de vailles fictions peut-il tenir contre l'argument» qui résulte en faveur de l'unité d'un Dieu» de l'admirable symétrie de Tunivers? Serait-ii possible qu'un ouvrage dont les parties sont si Intimement liées avec ]» tout» dût sa naissance à plusieurs ouvriers, car toutes les choses que le monde contient» en sont des parties. Mais Dieu n*est partie d'aucun tout» autrement il ne serait point parfail, ce qui est contre son essence» puisque qui dit partie» dit quelque chose d'imparfait. A parler exactement» Dieu ne saurait même être tout» pas plus qu'il n'est partie. £n effet» un tout se compose de parties; or» la raison ne saurait jamais admettre qu'il y ait dans le grand Dieu des {orties, dont chacune en particulier n'aurait p^s le même pouvoir que les autres, d

Celse en vient enfin à Jésus-Christ» et \ qu'ayant établi une doctrine nouvelle, avait, pour cette raison» été appelé le F de Dieu» et cru tel par les Gnrétiens. « l'arrête dès la première ligne» dit Origèi n. et je réponds» que» si cette doctrine qi prétend être nouvelle, et née depuis peu temps» s'est déjà répandu par tout l'uni ve au point qu'une foule de Grecs et de harj res» de savants et d'ignorants Taleot ei brassée » et que si ses disciples pré rent la mort k l'abjuration» ce oui lieu pour les fidèles d'aucune autre reiigic il s'en suit que Dieu la propage. Je u'aiga de rien exagérer en faveur de ma religi mais je ne crains pas d'avancer que persoc ne peut rendre la santé aux corps, ^ l'assistance de k Divinité. Alors» on cro que si quelqu'un vient à bout de suérir tmes des vices qui les infectent» s il réu< à faire pratiquer la vertu et la religion cent personnes et même à un plus %n nombre, on croira» dis-je» au'il n'a pua complir un tel prodige sans le secours de Divinité. Tout nomme sensé qui réfléch sur ce que Je viens de dire sera coavaii qu'il n'arrive rien de bien dans le moi que par l'ordre de la Providence. Appliqui ce principe à la révolution morale opé dans le monde par Jésus-Christ. Peutnier qu'il n'ait été envoyé de Dieu, qua on compare aux mœurs anciennes les mcni de ses croyants» et qu'on voit combien ont vaincu en eux de passions impures, cupidités» d'injustices» qui sont la ruifle tj la vie humaine» et qui» suivant les pardsad de Celse» ont égaré les anciens Juifs. M Chrétiens ont atteint dans leur vie une iet{ supériorité morale» que plusieurs d*cui eux, par amour de la chasteté» et (H}ur \\\ norer Dieu avec un cœur plus pur s'ablie nent même des plaisirs permis. Un pian religion tel que Jésus-Christ l'a conçu éi au-dessus des forces humaines» et cèpe dant il l'a exécuté. Un homme pourrait rien faire de semblable? l>ks le commentl ment» tous les obstacles imaginables s ({ posaient aux progrès de sa doctrine : roi empereurs» généraux» magistrats» pcup armée» en un mot, tout ce ({ui avait qu^ que autorité ou quelque puissance dans| mond^» lui ont déclaré la guerre. Plus foj que tous ses ennemis» cette religion a tnol phé. Elle a soumis à son empke toule Grèce et une grande partie des nations b| bares ; elle a engagé une multitude innoj brable d'hommes à adorer le seul v^ Dieu. » J

Celse invective contre le fondateur de ^ tre religion, en lui reprochant d'être né a iw pauvre villageoise» qui ne vivait que du M vail de ses mains. « Je sais bien» lui j pond Origène» que dans l'ordre commun u choses, la noblesse de l'eitraction et l h^'^I tralion de la patrie» les soins donnés ai ducation, les richesses et les dignités po5^^ dées par les ancêtres contribuent a donni aux honithas de l'éclat et de la célébra Mais celui ^ui, privé de tous ces avoiiiaijc

OUI

nulgré Ies*p1us grandes diflicultés, parvient

^isVniourerde renommée, à subjuguer ses

imliteurs, et à remplir tout l'univers du

i.mit de ses miracles, un tel être, dans son

(iiospoûtaoé et grandiose, ne mérite-t-il pas

uau notre admiration? Mais en scrutant

piaunnt, est-il possible d*eipliauer coro-

irroi cet homme, élevé dansla misère, igno-

MtiL étranger h tous les arts libéraux qui

[lurent et développent Tesprit, et donnent

•^ Doyens de |tersuader les autres, corn-

u.^ii dans on tel dénument, cet homme a

-^r (promulguer de nouveaux dogmes, pré-

terooedoctrinequi renversait les rites des

Us ne respectant que les prédictions de

i^uj^ prophètes, et qui surtout anéantissait

j religion des gentils! Par quelle force

'.,i5iéneQse un homme sans'éducation, sans

'ïnn genre de erandeur, comme disent

"« ennemis, a-l-il pu révéler sur l'essence

irine, sur les jugements de Dieu, sur les

h&umenls destinés au crime et les récom-

.^a^es préparées h ta vertu, une doctrine

w \<\\e que non-seulement elle attira les

«vùf^es, mais encore une foule d'esj)rits

civrroTanis, accoutumés aux méditations

{t\itoiides et à l'étude du sens caché, sous

'tteioppe extérieure et grossière de la

' ;tft?rn habitant de Sériphe reprochait à

riléaiislocle de devoir sa renommée non à

^•STertus guerrières, mais à la célébrité de

^}^^' • Il «st vrai, dit celui-ci, que si

• jftiis né à Sériphe je n'aurais pas acquis

• "tant de renommée, mais vous, fussiez*

• Toosné è Athènes, vous n'auriez jamais

• «••é Thémislocle. » Or, Jésus à qui Ton re- ITodiefêtrenédans un hameau obscur,non F» delà Grèce ni d'an autre pays célèbre, ? "^.'^ji^ P^""" 'ûère une pauvre fileuse que J oisjre arait forcée de quitter sa patrie, T'/iîillfrTiTreen Egypte d'un travau mer-

'i'**^V? ^*?"^ ^"* n'était pas même le ■IwwdesSériphiens, a néanmoins remué le mafc, pins que l'Athénien Thémistocle, vm qwRiton, plus aue Pythagore, plus »iw toolçtqae le monae posséda jamais de ^^gw t^nes et potentats.

♦ «wf peu que I on refléchisse, ne paraîirH-j/ pis prodigieux que du sein de 1 ignoaimeiésosse soit élevé de manière à ef- Uer les plus illustres gloires du monde? r«nni te hommes célèbres, il s'en trouve tiien peo qui aient excellé dans plusieurs piores. Ciiacuo a développé une puissance V«^J'e, l'un, la philosophie; Tautre, l'art 'i if guerre : ce barbare a brillé par la force ue ses ûicantatiODS, cesage a régné par quel- \its rertos et quelques connaissances, m sans jamais pouvoir en réunir un .T9ûd nombre à la fois. Jésus, au contraire /ai admirable en tout point. II se fit admirer par sa sagesse, par ses prodiges, et par

• lotorilé de ses lois. Pour se faire des dis- (jpies il o'a employé ni la violence de la tyrannie, qui proclame la révolte, ni Taucace du brigandage, qui arme des satellites ; iiDes^est servi ni de Toputence qui paye ^^ flaltears, ni d*aucun des artifices ordiuires à nm|K>sture. Il ne s'est montré que

comme le révélateur de la vraie doctrine du Dieu suprême, et le fondateur d'un culte et d'une morale qui rattachent intimement au ciel ceux qui Je^ observent. Arrivés à la puissance, ni Thémistocle, ni aucun des autres fameux personnages ne voyaient plus rien oui leur résistât. Jésus-Cnrist après avoir fait resplendir au sein des ténèbres la plus glorieuse nature, se vit élever en croix, et y subit une mort qui parut ignominieuse au point d'effacer toute sa gloire acquise, de le couvrir du titre d'imposteur et d'éloigner de sa religion tous ceux qui auraient pu se laisser séduire par la beauté de la doctrine.

« Si ses disciples n'avaient vu ni sa résurrection ni les œuvres miraculeuses qui témoignaient de sa divinité, congoit-oa

au'ils n'auraient pas reculé devant l'idée *une mort semblable & celle de leur maître, et qu'ils auraient consenti à braver tous les supplices, pour aller par le monde, prôchor la doctrine qu'il leur avait enseignée? Pour peu qu'on examine ce fait de sang-froid, personne n'imaginera que les apôtres aient choisi à dessein un genre de vie errante et vagabonde pour se faire les prédicateurs d'un Dieu crucifié, sans être fortement convaincus de la vérité de sa doctrine, et sans avoir pratiqué eux-mêmes les maximes

2u'ils propageaient. Croira-t-on qu'ils aient té assez aveugles pour ne pas voir à quel dénoûment allait aboutir la prédication de l'Evangile, prédication qui tendait non-seulement à démontrer aux Juifs par les textes mêmes de leurs prophètes, que Jésus était le Messie, mais à persuader encore à toutes l^s nations, que cet homme crucifié la veille, avait subi volontairement la mort pour le salut gratuit de l'espèce humaine ? »

Gomme Celse mettait ses objections dans la bouche d*un Juif, Origène était en droit de le combattre sur le terrain même de cette croyance. « Que Celse, dit-il, ou quelqu'un de ses partisans veuillent bien nous répondre. Par quel esprit les prophètes ont-ils parlé? Avaient-ils, oui ou non, la connaissance de l'avenir? S^ils l'avaient, ils étaient donc éclairés des lumières de l'Esprit divin? s'ils ne l'avaient pas comment pouvaient-ils s'exprimer sur les événements futurs avec cette assurance?

Comment l'accomplissement de leurs prédictions iorçait-il les Juifs à les admirer? Il faut, de toute nécessité, reconnaître que ce peuple a eu ses prophètes, autrement, on vu est réduit à faire retomber sur la loi même

au'il avait reçue de Dieu, le crime de ses érésiements et de ses fréquentes idolâtries. Voici comment j'établis cette nécessité. La loi des Juifs leur disait : Les autres nations observent les présages et consultent les devins; nutis^ pour vous, le Seigneur votre Dieu vous le défend. [Deut. xviii, ih.) Et immédiatement après : Le Seigneur fera nattre pour ^vous un prophète d'entre v^ frères. (Ibid.f 18.) Si donc les autres nations avaient des moyens de Qonnattre l'avenir, tels que

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ORI

les oracles, les augures, les auspices et les horoscopes des Chaldéens; les Juifs, k qui toutes ces pratiques étaient sévèrement aéféndues, se trouvant dénués de tout autre supplément, qu'arrivaii-il? La curiosité naturelle qui porte tous les hommes à pénétrer les secrets de Pavenir, leur aurait fait mépriser les défenses divines et imiter leurs voisins ; elle les aurait précipités, comme eux, dans tous les excès de la superstition, en les rendant indifférents sur les prophéties véritables et sur les écrits de leurs prophètes. Par I& s'expliquent encore les circonstances, en apparence minutieuses, qui se rencontrent ça et là dans les livres qui contiennent leurs prédictions. »

Pour détruire la foi aux prophéties, Celse avance que celles que Ton rapporte à Jésus peuvent également être appliquées à d'autres, «i Afin de détruire son objection, dit Origène, nous allons citer quelques-unes de ces prophéties; d'abord celle qui désigne d'avance le lieu où il devaitnaltre : Eliot ^ B^thléem^ etc. (Mich. r, 2.) Certes, vous n'appliquerez cet oracle à aucun des lanaliques imposteurs qui se disent envovés du ciel, à moins de prouver qu'il est né a Bethléem, ou, du moins, qu'il est sorti de cette ville pour gouverner le* peuple» Quant à Jésus, outre le témoignage des évangélisles, nous avons celui de tous les habitants de la contrée, qui montrent dans cette ville la ffrotte où est né Jésus, et la crèche où l'enfant a été enveloppé de langes. Ces faits sont populaires non-seulement en Judée, mais même chez les ennemis de notre foi et du nom chrétien. Même avant la venue de Jésus-Christ, les princes des prêtres et les docteurs de la nation, mus par la clarté évidente des prophéties, enseignaient que le Messie naîtrait a Bethléem ; et cette croyance s'était répandue jusque parmi le peuple. C*est pourquoi Hérode les ayant questionnés sur ce sujet, en reçut pour réponse» que l'Ecriture désignait Bethléem, patrie de David, en Judée, comme le lieu ou devait naître le Messie... Eu voici une autre, antérieure de plus d'un siècle à la naissance du Sauveur; c'est celle de Jacob, lorsqu'au lit.de la mort, prédisant & chacun de ses enfants ce qui devait lui arriver, il dit à Juda : Le sceptre ne sera point enlevé à Juda^ et le chef du peuple ne cessera point de sortir de sa postértté/jusqu'à la venue de celui qui doit être envoyé et auquel tous les peuples obéiront. {Gen. xLix, 10.) Comment, parmi les douze tribus qui composaient la république des Juifs, Moïse, qui rapporte cette prophétie, a-t-il pu prédire que ies rois sortiraient de la tribu ^de Juda, comme en effet l'histoire le prouve? Comment a-t-il marqué d'une manière si précise le terme de leur domination, comme devant finir à l'arrivée de celui qui serait l'attente des nations? Il est donc évident, j'ose le dire, que, soit avant, soit après Jésus-Christ, il n'est aucun homme à c|ui ce titre puisse mieux s'appliquer qu'à lui-même, puisqu'il n'existe point de nations^ où il n'ait conquis à Dieu des fidèles;

puisque, selon cette prédiction d'IsAîe n'est aucun peuple qui n*espère en son oi « Les causes et les circonstances de su i sion n'avaient pas été prédites moins ri^ rcusement. Isaïe, dans les chapitres u LUI de sa prophétie, les expose pour a dire en historien... Ce qui trompe nos versaires, c'est qu'ils ne veulent pas roc uaftre en Jésus-Christ deux avènements premier, dans les humiliations et les fiiih sies de l'humanité; le second, dans tout

Sloire du triomphe et sans aucun mêla e faiblesse humaine, également préJit leursctparticulièrementdanslepsanmex où le prophète s'adresse à un Dieu don trône est éternel^ dont le sceptre est celui Véauité quia été oint parle Très-Haul^pà qu il aimait la justice et haïssait lUniqu Avant la naissnnce de Jésus -Christ, i avait eu parmi les Juifs un certain Tbeu<J qui se disait un grand personnage. A {>h fut-il mort, que ses disciples furent un pés. Plus tard, et à l'époque même du nombrement qui eut lieu, lors de la m sance de Jésus-Christ, s*éleva un Galilée nommé Judas, qui attira à son parti u quantité considérable de Juifs, soit p/)r charme de la nouveauté, soit par de fa dehors de sagesse : il subit le supplice qi mériiait, (et sa secte fut bientôt anéanl Depuis la mort de Jésus-Christ, Dosilbée Samarie voulut également faire croire ceux de sa nation qu'il était le Messie, a| nonce par Moïse, et il trouva queiquei M pes. Simon le magicien vint égaleœeaH bout de tromper quelques pcrsonnesi uiiil ce ne fut que pour un instant. A toutes c tentatives on peut appliquer le mot du sa Gamaliel, au livre des Actes des apAirt Si cette entreprise vient des hommes» etlf détruira d'elle-même; mais^ si elle vient Dieu^ vous vous y opposerex inulHemen et vous vous mettrez même en rlanger de ca battre contre le Seigneur. (Act. r, 38.).Voi en effet, ce qui prouve que tous ces iinpol leurs étaient étrangers aux promesses \ Dieu, qu'ils n'étaient ni les fils, ni la verj de Dieu, et que Jésus-Christ seul est vrfl ment Fils de Dieu.»

Un autre reproche que Celse adresse h h sus-Christ, c'est le choix de ses a|)ôir« « Pourquoi, dit-il, des publicains et des naj toniers, adonnés à tous ies vices? »— «Mais répond Origène, s'il est vrai que ces hoii mes n'étaient que des publicains et des ij cheurs, ce n'est donc que par la vertu d un force divine qu'ils ont pu soumettre lf| hommes à la vertu et au Verbe de Dieu* c£ ils ne développaient dans leurs discoursaiJ cun des arts de la dialectique grecque poU séduire leurs auditeurs. J'avouerai wern! que si Jésus avait pris à leur place des lioui mes renommés par leur sagesse et le taleiif u la parole, des hommes consommés dans laf de parler et de con vaincre.on le soupçonnera à bon droitd avoirusé des mêmes moyensqu' certains philosophes fondateurs de sectes et alors sa doctrine manquerait de ce carai. tère do divinité qui brille à tous les jeui

te)

(ml

ORl

')D pourrait dirot en effet, que la conTcrsion des hommes a été opérée par Taltrait des l*^Dx discours et le charme de la composition, el que notre doctrine, semblable à celle àfes Dhilosopbes, est issue d'une sagesse Moltinc, et non de la vertu de Dieu. Au ccmimre, quand on voit des pécheurs et des pQbBàuis, ignorant les premiers élémi^nts ifrs lettres, comme Tatteste Celse d'après rSffltQff, quand on les entend exposer avec to( de simplicité ce qu'ils ont appris, et nostrerla nécessité des dogmes chrétiens, inD-seolement chez les Juifs» mais encore cb« les autres nations; on ne peut s'empé- Aer d*admircr leur puissance de persua- MB, puissance si extraordinaire, qu'il est Mdnt que Jésus leur dicta intérieurement «ofs paroles, réalisant ainsi ce qu'il leur *nit promis le jour où il les appela à le »ttine. Veuf 5 avec moi. et je vous ferai pi- «*wi d**ommea. (Matth. iv, 19.)Ne voyons- *«5pas, en effet, la prédication des ajîift-

^ ^ remplir l'univers et atteindre jusqu'aux TOles du monde î... Quiconque examinera r ^^^^^ manière prévue par le Sauveur w^it^me s'est opérée la prédication évan- 23*** '^ïinaltra la supériorité d'une

\ r™f • *I^» ««ns avoir été étudiée, soumet

*^î;f^P«s spontanément et remplit leurs

*^ û une force et d'une vertu divine.»

Jj?fJ »ï« s'en tient pas li. Selon lui les

2J^ jurent des hommes de mœurs aussi

^2K?r'^Mae leur condition. Abusant de

iwto^ P««>Jes que l'Ecriture met dans

Pu^rrm\i^ ' comme celle-ci, que saint

dcmoi M^^ *^ Sauveur : Retirez-vous

•-^te aitre ï'JfiVS ^f^ "î? pécheur 1 et

.^^Utnut J^ur sauver les pécheurs ^5L5n®P**«n»îer, il conclut que Je- ?!L*i ^^ « choisis que parmi des .?I!r^"* - € Mais quV a-t-il donc d'ex- Tvî' 9 Vie, voulant montrer au «^*»ï}™t^ des remèdes qu'il venait Va*»^û\\tV^ salut des âmes, il ail choisi ^^^VM^^^ pour en faire des modèles 4l vi^^ et des prédicateurs de son Sriogiler Si on exigeait oue des hommes r«?eoos de leurs anciens désordres en fussent resf^sables, encore après leur retour, il badrait faire le procès à Phédoa , que Svtiie alla chercher dans un lieu de prosbioiioa, pour l'amener h son école ; il faudrait oelire sur le compte de la philosophie, weités honteux auxquels Polémon s était tidodoDDé avant de succéder & Xénocrale, ^«otlisquec'està leurs maîtres, au contraire, foe oous devons faire un mérite d'avoir ru ramener des hommes aussi vicieux aux ^ilodesdela vertu. Mais chez les Grecs fi ne rois que Phédoa et Polémon que la pbilosophie ait retirés des mauvaises mœu rs; H daos Técole de Jésus, outre les douze pnocipaux disciples, il y en a des milliers o3Qtres qui, admis au rang des sages, ont r<^ooeé à leur première vie en disant : Nous iToos été, nous aussi, des insensés, des tnrrédules, des pécheurs adonnés à nos désirs et à toutes les voluplés, agissant par

jalousie et nous haïssant les uns les autres; mais depuis que la bonté du Dieu Sauveur et son amour ont paru dans le monde, nous sommes devenus cequei'on nous voit maintenant, lavés par le baptême, et renouvelés par les riches effusions de son Esprit divin. Le Seigneur^ dit le Roi- Prophète, a envoyé son Verbe^ qui les a guéris et purifiés. {Isa. ix, S.) Mais les calomniateurs de la religion chrétienne ne veulent pas voir combien de passions elle a calmées, combien elle a corrigé de vices, combien de caractères féroces elle a adoucis. Il eût été juste que ceux qui vantent leur zèle pour l'humanité mentionnassent une nouvelle méthode de guérir les âmes, en avouant que si elle n'était pas vraie, elle était du moins très-utile a l'espèce humaine, if

Parce que Jésus-Christ a dit à ses disciples : 5t on vous maltraite dans une ville^ fuyez dans une autre {Matth. x, 23) ; et si la persécution vous y atteint, réfugiez-vous dans une troisième. Celse lui fait un crime d*avoir erré par le monde avec ses disciples comme un vagabond. « Encore que le fait ne serait pas dénaturé, ce qu'il reproche au Sauveur et à ses apôtres, Arisloie l'avait fait avant eux. Cité par les Athéniens pour des dogmes impies qu'il enseignait dans son école, il s'échappa d'Athènes et alla en fonder une autre à Chalcis. Pourquoi serait-ce donc unsujetdebiflme pour Jésus- Christ et ses disciples? Mais, continue Celse, ils en agissaient ainsi, afin de mendier honteusement leur vie. D'où a-t-il pu tirer ce fait .ignoble? L'Evangile raconte bien que certainesfemmes, et entre autres Suzanne, qu'ils avaient guéries de leurs infirmités, fournissaient, selon leurs moyens, des secours aux apôtres; mais quel philosophe n'en a pas accepté autant de ceux qu'il instruit. Pourquoi donc ce qui est honnête et décent dans les philosophes ne serait-il que bas et déshonorant dans les disciples de Jésus?» A cette occasion, Celse reproche encore au Sauveur sa fuite en Egypte, sous prétexte qu'il ne manquait pas d'autres moyens de se soustraire à la fureur d'Hérode. « Qui le nie, répond Origène? Mais fallait-il multiplier les miracles, quand ces procédés aussi simples que naturels suffisaient pour le garantir? Il ne fallait pas l'environner d'une puissance surnaturelle ni tropextraordinaire^ puisque comme homme il devait rendre témoignage à la vérité, et prouver par la doctrine môme ({ue dans sa personne terrestre et visible résidait un souffle divin, qui le rendait vraiment Fils de Dieu, c*està-^ire, Verbe, puissance eit sagesse éternelle... »

Celse se répand ensuiteen invectives, et se permet contre la personne même de Jésus- Christ, des qualifications si infamantes qu'on rougirait d'y répondre. Etquelle réponse, en effet, adresser à un homme qui, à défaut de

[)reuves et de raisonnements, se jette dans es plus violents sarcasmes? Des injures ne sont pas des raisons. Est-ce le le langage

iSI ORI DlCtlo

d'un philosophe, ami de la vérilê , ou bien d'un nomme delà lie du peuple, qui s'abandonne à tout l'emportement de sa passion ? Au contraire, établir nettement la question, y porter un examen calme et sérieux, prè<* ter au parti que Ton adopte les moyens de défense les moins défavorables, voil& ce qu'il y avait à faire, et ce dont notre advcr* saire s'est bien gardé.

Deuxième livre. — Celse qui, comme nous Tavons remarqué plus haut, introduit un Juif comme principal interlocuteur dans son ouvrage, le fait parler ainsi à ceux de sa nation : <t Pourquoi arez-vous abandonné la foi de vos pères, pour suivre un vil imposteur que nous avons puni? Et puisque, de votre propre aveu , votre nouvelle aoctrine n'est fondée que sur la ntftre, pourquoi la décriez-vous après l'avoir professée?» —«Pourquoi, répond Origène, parce que lalui et les'prophéties n'étaient qu'uneintroduction à une loi nouvelle, que leurs auteurs nous avaient annoncée pour les temps futurs. C'étaient le les premiers éléments de notre religion, cachée dans les secrets de Dieu jusqu'au temps où elle a été manifestée par son divin Fils. Pour cela, nous ne méprisons point la loi de Moïse; au contraire, nous l'honorons endéconvrant la sagesse profonde, enfermée sous une écorce que les Juifs n'ont jamais su pénétrer. Et qu'y a-t-il d'étrange que l'Evangile soit fondé sur la loi, quand Jésus-Christ lui-même déclare à ceux qui refusaient de croire en lui : Si vous croyez à Motse^ voué croirez auni en mot, car c est de moi qu'il a écrit ; mais si vous ne croyez point à ses pa^ rôles j comment croirez-rous à ce que je vous dis? (J'oan. v, 46, W.) Voyant que les Juifs n'agissaient pas conformément a la doctrine, Jésus leur avait prédit dans ses paraboles que le royaume de Dieu leur serait enlevé pour être transféré aux Gentils. Aussi, voyons-nous que, suivant cette (prédiction, privés de la lumière qui dévoile e sens des Ecritures, ils ne se repaissent que de fables et de rêveries, tandis que nous autres. Chrétiens, nous possédons la seule vérité capable d'éclairer l'esprit, d'élever TAme, de réunir tous les hommes, sous les lois d'une même république, non pas terrestre et éternelle comme celle des Juifs, mais spirituelle et céleste.

« Que Jésus ait observé toutes les prescriptions judaïques, même celles qui concernent les sacrifices, je le ^eux bien : où est la raison pour qu'on ne Je croie pas Fils de Dieu ?

«Jésus est le Fils de ce même Dieu qui a donné la loi et les prophéties. Et nous qui sommes dans son Eglise, au lieu de violer ta loi, nous répudions les fables des Juifs , et nous travaillons h nous instruire ou à nous perfectionner, en cherchant le sens caché de la loi des prophéties, à l'exemple des prophètes eux-mêmes qui demandaient au Seigneur qu'il voulût leur ouvrir les yeux, pour contempler les merveilles de sa loi.

« Jésu8| accusé de vanité I Je défie qu^on

NMIRE

ORI

en montre la moindre trace dans aucune de ses paroles, lui qui disait : « Apprene2 do « moi que je suis doux et humble de coeur; i lui gui itprès la cène, se dépouilla de ses habits, et ayant pris un linge, s*en ceigni pour laver les pieds de ses apAtres, en H pondant è l'un d'eux qui par respect s* refusait : «Si je ne vous lave, vous n'anre « point de part avec moi'; ^ lui qui disai à ses disciples : « Je suis au milieu di « vous comme serviteur et non comme mal « tre. 9 Jésus, un imposteuri Et par où don a-t-il mérité cet outrage? Est-ce pour a?oi aboli la circoncision, le sabbat, le choi cérémonial des viandes, les ablutions légale.sl l'observation charnelle des nouvelles lunes^ Est-ce parce ou'ii a élevé l'Ame au seo spirituel de la loi, le seul digne de ladivio< majesté ; sans empêcher toutefois l'ambassa deurde Jésus-Christ de vivre avec les Juifs, comme s'il était Juif, afin de gagner les Juifs; et avec ceux qui sont sous la loi, comme s'il était lui-même sous la loi , pour gagner] ceux qui sont sous la loi. » Tous ceux qui] ont voulu faire des dupes, ajoute le Juif <le Celse, auraient pu réussir aussi bien qne lui. « Qu'il nous en montre donc, répond Origène, je ne dis pas un grand nombre, je ne dis pas plusieurs, mais un seul qui, io-| vesti, de la puissance de Jésus, ait légué udo doctrine aussi utile au genre humain, et aussi capable de l'arracher au torrent du péché.... Répéter, comme les Juifs lefool: «Nous l'avons convaincu, nous l'aroos « condamné, » ne prouve rien. Qu'ils articulent un fait; qu*ils nous montrent de quel crime ont pu le convaincre des hommes qui cherchaient partout de faux témoignages contre lui. »

Origène suit Celse pas à pas, et rapprochant a dessein les prophéties des Evangiles, il en montre Taccomplissement littéral et complet dans la naissance, dans la vie, dans les miracles, dans la mort, dans la résurrection de Jésus-Christ. « Prophète lui-méœe, le Sauveur annonce k ses disciples ce qui devait leur arriver longteâips après lui. Qui donc n'admirerait cet avertissement : « Vous « serez conduits au tribunal des magistrats et «des rois, pour rendre témoignage de moi «devant eux et devant les nations,* et d'au* très prédictions semblables dans lesquelles il leur annonce les tribulations qui les attendent. Quelle expérience antérieure pouvait loi inspirer une pareille prédictioo? Jusqu'à lui personne n*avait été persécuté

!)oui» cause de religion. Assurément, sH 'allait, à cause de leurs opinions, traduire quelques hommes devant les magistrats et les rois, qui le méritait mieux que les épicuriens qui nient la Providence, ou que les péripatéticiens eux-mêmes , qui remanient comme inutiles les prières et les viciiiues offertes à la divinité.... Partout les Chrétiens sont les seuls que , suivant cette prédiction de leur matlre , les juges ;contraignent jusqu'au dernier soupir de renoncer au christianisme, et comme les autres, d'acheter leur liberté ou leur repos, ennd^pantdes s^cn-

ont

ORI

(hts, DD en faisant les serments accou-

«Vojeieocore avec quelle imposante auto-

nilJésus disait : Quiconque m'avouera devant

\tt iamitt moi aussi f je l'avouerai detani

fllu«^re(Kl eil dans les deux; et celui qui

firrnoMfraderon/ leshommesieic.{Matth. x,

ai.'Tiiasportez*YOus par la pensée à l'époque

rm Jt5as[iâriait ainsi, et considérez que rien

iï^caiail prédisait n*était encore arrivé.

Wroasque ce n'étaient là que des paro-

yfuiïksei qneTavenir devait démentir?

lus pour peu que vous suspendiez votre

IBgtsies/, Sans savoir encore ce que vous

•)»«eztfi>irC| vous vous difrez à vous-mêmes :

ficRfifolessaccomplissenty si la doctrine

Ce Je<^ s'accrédite, si les magistrats et les

rw<ieD inquiètent jusqu'à vouloir anéantir

(Ysqai le reconnaissent, alors nous croi-

ri«5 qu'il avait reçu de Dieu une puissance

ntfauniioaire pour semer parmi les hotn-

tt^t^ne telle doctrine, et qu'il possédait le

MeUe 5€.s futurs triomphes quand il par-

Imiiftsi. Rapprochez de cet oracle celui

K'i<*{Qelil annonçait que son £vaagile

•itatprtcbé partout l'univers, pour servir

éikaoigDase aux rois et aui nations. Eh

oicfi ! cttte divine parole a Vaincu tous les

tÎLittfîes et elle s est établie avec empire

u» wales les conditions ; elle a subjugué

« wvw homaioe tout entière^ et il n'y a

v« ûlmmes qui aient pu échapper à la

d-^frae de Jésus..., PourCelse, qui refuse

^/oaMlbrist la puissance de prédire ce qui

f'tm lui arrirer, qu'il nous explique com-

!Lfai,daQ$uQ temps où Jérusalem subsis-

^MtïA elle était florissante, oik l'exercice de

»'^ailie se célébrait avec la plus parfaite

*[™ié,Jésns-Cbrist a pu prédire ce qu'elle

«^1 «prouier de la part des Romains. On

*^<a«ip»sque ceux avec lesquels il avait

'^Mw»wient été ses auditeurs, aient

^f^j* Tire voix la doctrine exposée

u.î!i?^'*P'ôs sans laisser par écrit à

i?"^«e qu'ils devaient savoir sur

Tw^Sl*^'*^ ces paroles : Quand vous

cTOjenwieB environnée par une armée,

^,îw« désolation est proche. » Au

^yf(Aié$n$ parlait, point d'armée

^^^'^'^ Jérusalem, pour la cerner, l'en-

^^er to des lignes de circonvallation et

^«ft» Je si^e devant elle, puisque la

ï-îrre comneùcée sous Néron se prolonge

|Saa >espasicn. Ce fut Titus, le flls de ce

^rir, qui la ruina de fond en comble.

^«^■•ifieu iosèphe suppose que ce fut en

punition ^-

l^jùon de Jésus-Christ , le vrai Fils de

I ';*" ^iw de nous contesteren Jésus-Christ •î m de prophétie , Celse pouvait bien -Gs CD parler, comme il a fait des miracles, ^" Qosa point absolument nier, mais '•''' fapfiorie à la magie. Tout en nous *' *jnlinl que Jésus avait prédit ce qui * *ôUlui arriver, il pouvait traiter ses pré-

DlCTI0!l5. DE PaTROLOGIE. IV.

dictions de bagatelles, comme il avait déjà traité ses miracles do prestiges. Et ccp3Udantil pouvait rappeler que plusieurs ont connu ce qui devait leur arriver par les auspices, par le vol des oiseaux , par l'inspection des entrailles des victimes. Mais il n'a pas voulu faire cet aveu beaucoup plus important que l'autre ; parla il reconnaît donc que Jésus a opéré des miracles, quoiqu'il essaie de les rabaisser^ Opposons à son silence la déclaration formelle de Phié^^ gon qui, dans le xiir ou xiv* livre de ses Chroniques^ atteste franchement que Jésus possédait la connaissance de l'avenir, et certifie que ce qu'il avait prédit lui était effectivement arrivé. Il est vrai qu'il mot sur le compte de Pierre ce qu'il faut rappor* ter à Jésus; mais, de cet aveu arraché pai^ la seule force de la vérité, il n'en résulte pas moins que ce don de prophétie et cette intelligence de Ta venir supposent nécessai-^ rement dans les iondateurs du christianisme une vertu divine...*.

« Les disciples de Jésus^ comme Celse le suppose, auraient-ils mis après coup sur le qompte de leur maître, des prophéties que révénemenl seul leur aurait inspirées. Mais pour soutenir une telle assertion, il faut, ou n'avoir pas lu, ou bien avoir lu avec d'étranges préventions , ce qu'ils nous transmettent d'uue autre prophétie adressée à eux-" mêmes : Vous serez tous scandalisés cettenuit à cause de moi{Matth. xxvi,31J; ce qui eut lieu en etfet, la première nui t de la passion; et cette annonce faite à saint Pierre : Avant que le coq ait chanté vous me renierez trois fois{Matth. XXVI, 34); ce quis'exécutaà laletlre. Certes, si lesévangélistes n'avaient pasportéaussi loin la bonne foi et la franchise, s'ils n'avaient été que des imposteurs^ils se seraient bien gardés de nous instruire, et de leur propre défection et du renoncement de saint Pierre.

S'ils n'en avaient rien dit, qui le saurait ? Il y a mieux. La prudence semblait les obliger à dissimuler ces aveux, puisqu'ils voulaient par leurs écrits apprendre a ceux qui liraient l'Evangile qu'il faut mépriser la mort quand il s'agit de confesser le nom chrétien. Ils n'ont rien dissimulé, pane qu'ils savaient bien que la parole évangélique n'en soumettrait pas m'oins tout l'univers, sans s'inquiéter si de pareils aveux trouveraient des lecteurs capiables de s en offenser. »

Autre extravagance : 4 Si Jésus avait prédit, poursuit le Juif de Celse, la trahison de celui-ci et l'apostasie de celui-là, pourquoi ne l'ontrils pas respecté comme un Dieu, celui-ci pour ne point le renier et celui-là pour ne point le vendre? >— « Celse» avec toutes ses lumières, répond Origène, ne voit pas que ses propositions se contredisent. Judas n'a point été traître et Pierre n^a point été apos-^ tat, parce que Jésus l'avait prévu ; mais Jésus l^avait prévu parce qu'en lisant au fond do leur cœur, il avait vu la corruption qui poussait le premier au crime, et la faiblesse qui aJlait porter l'autre à renoncer son mat^ tre; mais sans que celte prévision influai

fis OUI P^^TIOKNAWIE

aucunement sur la détermination de Tuti et sur le caractère de l'autre. »

Abordant ensuite la passion de Jésus- Christ, Celse cherche à nier la réalité de SCS souffrances, en disant: « Si Jésus a souffert, parce qu'il l'a voulu et pour ohéir

uni

à son Père, il est évident que tout ce qu'if a ' ]>u souffrir ainsi volontairement, n'a au lui causer ni peine ni douleur, v Autre contradiction : «( Car dès que Celse accorde que Jésus a souffert volontairement et pour obéir à son Père, nous n'en demandons pas davantage. Il a souffert comme victime pour nous, et dans ce cas il est impossible que les tortures ne lui aient pas causé de douleurs. 11 n'y a point de victime sans souffrance, ]J0int de souffrance qui ne cause une impression vive et douloureuse. L'erreur de notre adversaire vient ici de ce qu'il ne considère pas que Jésus ayant pris un corps semblable au notre, s*estassujettiaui mêmes sensations, il n'a plus été en son pouvoir d'éviter la douleur. Il ne tenait qu a lui de ue point tomber entre les mains de ses bourreaux; s'il l'a fait, c'est qu'il l'a voulu.» Celse , changeant ensuite de batteries , s'applique à faire croire, que Jésus succombant en effet sous le poids de ses angoisses, ne les endurait qu'avec impatience. Il s'afflige, il se lamente, il demande avec instance d'être délivré de la crainte de la mort. • Quelle mauvaise foi , répond Origène 1 Au lieu de reconnaître la sincérité des évangélistes, qui, pouvant passer sous silence tout ce qui sert de matière à ces reproches, ne l'ont {)as voulu, il fait le procès û ce qu'ils ont écrit, et il suppose même ce qu'ils ne disent pas. Où voit-on, en effet, que Jésus se soit lamenté? Nous voyous bien qii'il s'est écrié: Mon Père y s'il est possible y que ce calice s'éloigne de moi, {Mat th. XXVI, 39.) Celse, qui rapporte ces paroles, aurait bien dû ne pas supprimer celles qui les suivent immédiatement, et qui témoignent si hautement de la fermeté de Jésus et de sa résignation respectueuse à la volonté de son Père : Ce^endanl que voire volonté se fasse et non la mienne, {Luc. xxii, 42.) Eu cela Celse imite l'usage ou sont tous nos ennemis qui tronquent nos saintes Ecritures, pour les rendre odieuses. Par exemple, ils recueillent bien ces paroles pour nous les reprocher : Je ferai mourir ; mais ils n'ajoutent pas celles-ci : Je ferai vivre. Ce qui signifie que, si Dieu donne la mort aux méchants qui ne vivent que pour le malheur public, il donne une vie plus excellente que cette vie passagère à ceux qui meurent au péché. Ils retiennent bien ces mots encore : Je frapperai^ je blesserai, mais ils suppriment ceux-ci: Jejjuérirai; paroles où Dieu se compare à un médecin, qui ne plonge le fer dans la blessure que

t)our en extraire le venin et rendre le maade à la santé. »

Celse revient ensuite sur une foule d'objeclious déjà résolues, et cherche à les faire valoir par des raisonnements dont nous nous croyons dispensé de reproduire la

réfutation. Du matlre, il passe aux dijl

ciples. « Vous n'avez, nous dit-il, qÙ

des fables à nous débiter sur leur comm,

et des fables auxquelles vous ne un

pas même donner la couleur de la vra

semblance. >^— ** J'ai déjà répondu, dil Or

gène, qu'il en eût bien moins coulé ai

disciples, ou de dissimuler ce qui paraisse

peu nonorable, ou de garder là-dessus i

silence complet ; car enfin s'ils ne l'avaie

écrit, qui penserait à s'en prévaloir coni

nous? Il faut que Celse nail pas rétléc

combien il était maladroit d'adresser ai

mêmes personnes des reproches aussi cor

traires; l'un de s'être laissé tromper (

croyant que Jésus était le Dieu annonié|i

les prophètes, et l'autre, d'avoir vou

tromper les peuples, en aflîrmani de lui d

choses dont ils reconnaissaient la fausseté.

Mais quel mensonge plus manifeste qi

l'assertion suivante : n Jésus n'ayant p

«ï réussi, pendant le cours de sa vie, à pe

^ suader qui que ce soit, pas même ses dise

«pies, fut puni du dernier supplice. » Ma

d'où venait donc la mortelle envie, que lij

portaient les scribes, les prêtres et les \m

tifes, sinon de ce qu'ils voyaient le peujij

le suivre en foule jusque dans le dés^rj

attiré, soit par la grâce de ses discour

toujours proportionnés à son intelligeRc

soit par l'éclat de ses miracles qui eid

taient l'admiration de ceux mêmes qui n

fusaient de croire à sa doctrine. « Il u'ap

« même réussir à persuader ses disciples.

J'avoue qu'ils connurent la frayeur hmm'

avant que leur coeur fût exercé à une \ùu

mAle constance; mais jamais i'Is neces^i

rent de croire qu'il était le Christ. Rei^arùtl

Pierre I II ne l'a pas plutôt renié, que, se

tant l'énormité de sa faute, il sortpo

pleurer amèrement. Quant aux autres, |

découragement les avait saisis, en préseni

de ce qui lui était arrivé. Mais qu'il I

montre a leurs regards, après la résurreciiol

voilà qu'ils reprennent courage, et qui

ne s'en montrent que plus fermes à le r|

connaître et à le proclamer Fils de Dieu!

Maintenant quoi de plus frivole quel

que Celse rapporte des premiers discipll

du Christ? «Ceux qui vivaient avec )

pendant qu'il était sur la terre, qui éd

taient sa voix, qui le reconnaissaient po

maître ne l'eurent pas, plutôt vu cbÂtiéj

mourant qu'ils refusèrent de' mourir av

lui et pour lui. Il ne put leur persuader

mépriser les supplices. Que dis-jje? il$|

désavouèrent pour ses disciples.» — •< Oui

aient montré de la faiblesse alors, dit Oi

gène, qu'y a-t-il d'étonnant, ils étaienj

peine initiés au christianisme? Mais

merveilleux changement qui s'opéra dep^

dans leur personne; mais la fermeté et

hardiesse de leurs discours dans les syi)

gogues ; mais la constance invincible a^

laquelle on les voit atfronler les outrage

les supplices et la mort, pour la confessii

du nom de Jésus-Christ, voilà ce dont Cej

ne dit pas mot. Il n'a pas voulu entend

Jésus disant d'avance à Pierre : « Lursq

URl

ORl

ÏÏSi

• lu sens tieox, ta étendras tes mains, etc. »

f^ésignaûtainsi,»ditr£criture, le genre de

torlpar lequel il devait glorifier Dieu... Il

r>mpte pour rien encore, Jacques^ frère de

haB, apAlre et frère d*ap6tre, mourant

y>xi»W ]f;laive d*Hérode pour la doctrine de

it^ostbrist. U ne fait pas plus de cas des

toftiimqu*endurèrent pour elle Pierre et

tes lotits apôtres» qui , battus de verges

KrksJuiis, »en allèrent .pleins de joie R du conseil, parce qu'ils avaient été lo^fe dignes de souffrir pour le nom de i«Mis! donnant ainsi Teiemple d uiie cons- Unce supérieure h tout ce que les Grecs neootentde leurs philosophes.

f S'est-ce donc pas ehcore«de la pari de

CAti uoe insigne imposture dédire que

ft>ui (e ane Jésus a pu faire pendant sa

vie,/uC dattirer à lui dix malfaiteurs nau-

iinnicrs ou publicains, et encore ne put-ii

les gagner tous I Les Juifs, au moins, sont

iSeiDeiHeurefoi;ils avouent que le Sauveur

anirait à lui, non pas dix, non pas cent,

M pas Riitle, mais des populations en-

bér:»; de telle sorte que les déserts seuls

Aunii capables de lés contenir. La multi-

ta^satiachait à ses pas, entraînée par ses

àmon$ et par ses miracles. Celse, en re-

'(aiBt toujours sur les mêmes points, nous

fcne d'en faire autant; nous ne voulons

l'as qq on nous accuse d'avoir passé sous

«*eace (quelqu'une de ses objections. Voici

vtili qui vient ensuite : « Qu'il n'ait pu

«jwçûaderquique ce soit, pendant sa vie;

' «wis qu'après sa mort, ses disciples per-

•suadeul tout le monde , n'est-ce pas une

• cbtee absurde? i» Pour raisonner juste» il iiCïu»s«mble que Celse aurait dû dire : « Si

• avm sa mort, les disciples de Jésus per-

• wukwioul le monde, combien n'a-t-il •î«dûen persuader lui-même pendant

• »«fc mortelle, soit par la vertu de ses

• ««ws,soii par l'éclat de ses prodiges? » "•wjinlerroge encore, et sans attendre

nMftffcjBse, il résout lui-même la ques-

uûa,*(|Btl motif a pu vous porter à le

prmktm le Fils de Dieu? Est-ce parce

•fOw.ÇWKSGJi les aveugles et les boiteux.

«iqo II nissusciiaiiles morU?»— «Ehl oui,

MU5 aooicc'.est pour cela que nous avons

rwson <ïe le regarder comme le Fils de Dieu,

pniMue celait par ces miracles que les

?roi>héles favaient sigbalé. Quand aux

BOrts ressuscites par Jésus, il est évident

V« ce. récit u'a pas été inventé par les

^^angéiistes. Si c'était uoe iîction, ils lui

laraiejii aliribué plus de résurrections, et

*** '^"''reclions de morts qui seraient de*

tiçurts plus longtemps dans le sépulcre.

A'Jmirez, au contraire, leur véracité I lis

c en cjlem que trois : la fille du chef de la

TTi^ogue, le fils unique de la veuve, qu'il

'^daux larmes de sa mère, et enfin Lazare^

jwffmé depuis trois jours dans le tombeau.

U-(le$sus, je dirai à ceux qui sont le plus

«pables de réfléchir : Parmi tous les lé-

r^eoi qui se trouvaient, au temps du pro-

f^i^te Bisée, il n'y eut de guéri que Naaman

^' Svriea* Parmi toutes les veuves qui se

trouvaient au temps du prophète Elie»

l'homme de Dieu ne fut envoyé qu'& celle de Sareptn, dans le pays dès Sidoniens, parce que le jugement divin lavait trouvée digne d'un miracle. De même, pendant que Jésus était sur la terre, il y avait un grand nombre de morts ; mais le Verbe n'en ressuscita que quelques-uns, soit pour que ses miracles devinssent des symboles, soit pour qu'ils attirassent la multitude à la merveil->> leuse doctrine de son Evangile. Qu*il fasse aujourd'hui, par ie ministère des siens do plus erands miracles encore que durant sa vie, cest ce que je ne crains pas d'affirmer,

Euisqu'il l'avait promis kses apôtres. Pour tre moins sensibles, ces faits n'en sont pas moins merveilleux. Tous les jours, les yeux des aveugles spirituels sont ouverts ; tous les jours, les oreilles de ceux qui avaient été sourds jusau'alors à la voix des prédi-* cateurs évangéliques, écoutent avec avidité la parole de Dieu et les promesses de la vie éternelle; tous les jours, beaucoup d'autres en qui l'homme intérieur était boiteux, selon le langage de TEvangile, guéris maintenant par la puissance de Jésus» ne so contentent pas de marcher, mais bondissent et foulent aux pieds les serpents et les scorpions, c est-à-dire les démons, sans que leur malice et leur rage puissent rien contre eux»» Celse combat ensuite de toutes ses forces la résurrection de Jésus-Christ. Pour affaiblir ce qu'elle a de miraculeux, il la corn* pare avec de prétendues résurrections rapportées par les historiens grecs; par exemple, les résurrections d'Orphée, de Prolésilas, d'Hercule, de Thésée, et de certains autres héros des temps fabuleux, dont il soutient que l'opinion établie dans la mémoire de certains hommes, n avnii d autres fondements que l'adresse avec laquelle ils avaient su se soustraire pendant quelque temps aux regards publics, pour reparaître plus tard; ce qui a pu faire croire qu'ils étaient morts et ressuscites. Mais il n'en 05 1 pas de même de Jésus, llavait été attaché à la croix sous les yeux de tous les Juifs; son corps avait été enlevé de ce bois sacré en présence de tout le peuple, devenait-il pos* sible d'accréditer la fable de sa résurrection, comme on l'a fait pour ces héros des temps antiques? Le parallèle que l'on établit ici entre ces prétendues résurrections et celle de Jésus, pourrait peut-être nous servir à diminuer le scandale de la croix. Car supposons que Jésus-Christ eût terminé sa vie obscurément, sans dohner à la nation tout entière le témoignage authentique de sa mort, et au'il fût après cela ressuscité, quelle confiance cette résurrection auraitelle obtenue? La certitude de sa mort devenait donc le premier fondement de sa résurrection.... Au reste, la preuve la plus convaincante de la résurrection de Jésus, c'est la conduite de ses apôtres. Auraient-ils embrassé avec un courage aussi invincible cette foi de la résurrection, si elle n'eût pas été bien avérée? Supposez qu'ils eussent inventé cette fable, l'auraient-ils ensci^ncit

«38 ORI '^'^tfO

avec une coDsUince qui , peu contente de communiquer aux autres le mépris de la mort, commençait elle-même par subir le trépas?

Selon Ceisc, il était beaucoup plus simple pour Jésus de descendre de la croix, comme ses bourreaux l'eu pressaient, et de disparaître tout à coup, afin de manifester sa divinité. « Je crois entendre déraisonner les ennemis de la Providence qui, bâtissant un monde différent du nôtre, s^ecrient : Oh 1 que les choses iraient beaucoup mieux si le monde ressemblait à celui que nous venons de décrire I Mais qu'arrive-t-il toujours? Ils ne font mrajouter de nouveaux désordres à ceux qu^ls prêtent au monde actuel et tombent ainsi dans le ridicule. Il n'y a pas do doute que Jésus, Homme-Dieu, eût pu descendre de la croix à son gré, et disparaître : quoi de plus clair par soi-même? Il y a mieux. C*est ce qui résulte évidemment des Ecritures. En effet, il est écrit dans l'Evangile de saint Luc, qu'après sa résurrection, Jésus prit le pain, le nénit, et que, l'avant rompu, il le donna à Simon et k Cleophas. Dans ce moment, leurs yeux s'ouvrirent, ils le reconnurent; mais ils disparut à leurs regards. Mais était-il à propos, pour les desseins de Jésus, qu'il descendit de la croix? Du moment qu'il avait résolu de subir ce supplice, il devait l'accepter avec toutes ses conséquences ; il fallait qu'il souffrit y qu'il mourût, qu'il fût enseveli romme un homme ordinaire.... Supposons même qu'on lise dans l'Evangile : « Il a •I disparu de la croix tout à coup, » Celse, et tons les incrédules qui lui ressemblent, ne trouveraient-ils pas encore matière à chicaner? Certes» ils ne manqueraient pas de dire : « Pourquoi n'a-t-ii disparu qu'après «son supplice? Pourquoi pas avant de souf- « frir? » Si donc ils croient pouvoir incriminer ce que les Evangiles leur ont appris de la mort de Jésus, pourquoi, sur la foi des mêmes Evangiles, ne croiront-ils pas qu'il est ressuscité ? Puisqu'après sa résurrection, il se montra tantût à tous ses disciples, quoique les portes fussent fermées; tantôt seulement à deux de ses apôtres, leur rompant le pain, et disparaissant tout à coup^ après s'être entretenu quelque temps avec eux? 9

Celse conclut crue Jésus-Christ ne fut qu'un homme. « Quant à moi, dit Origène^ j ignore comment un homme, en lui supposant le projet hardi d'amener l'univers tout entier à sa doctrine, et à une religion nou- * velle , aurait pu y réussir, sans le secours d'une protection toute divine. Comment il aurait pu vaincre tous les obstacles, triompher des empereurs, du sénat romain, des peuples et des rois conjurés contre la nouvelle croyance; comment un homme, réduit aui! seules forces de la nature, serait venu à bout dn persuader une aussi vaste multitude, conquérir la foi, réformer les mceurs, je ne dis pas seulement des sages, mais, ce qui semble plus impossible encore , des hommes ensevelis dans les passions» inca-

NNAIRE

ORI

pablesde réfléchir, et par conséquent, dè(r ramenés à la vertu. Pourquoi Jésus-Chri l'a-t-il fait? Pourquoi le fait-il encore? Ce

3u'il était alors, et qu'il est encore aujoui 'hui, et qu'il sera toujours la sagesses la puissance de Dieu. »

iroUiime livre. — Dans ce livre, Origtr s'applique à combattre les imputations qu Celse avance de son propre chef soit conlf Jésus-Christ, soit contre les Chrétiens. | l'entendre, > rien de frivole et de ridicuj comme la controverse entre les Juifs e( k Chrétiens. On croit de part et d'autre qu l'Esprit de Dieu a prédit la venue d un Mes sie, sauveur du genre humain. Est-il vrail ne l'est-il pas? Voilà sur quoi roule toute I contestation. » — « Eh 1 oui , répond Oti gène, c'est là en effet ce qui nous sépare. I est certain que nous autres Chrétiens, nou croyons que Jésus est celui dont la venul avait été prédite par les prophètes. Qu.ir| aux Juifs, la plupart d*entre eux sont si iuii de croire à Jésus, que ceux qui vivaient di son temps lui dressèrent des embûches, o que ceux d'aujourd'hui approuvent les al tentats de leurs ancêtres contre sa personne en parlent comme d'un iftiposicur qui, i i*aide de la magie, se fit passer pour celui que les Juifs appellent le uhrist, etdoullei prophètes avaient prédit l'avénomont.

«Je demanderai à Celse et à ceux qui adop^ tent ses calomnies contre nous : Est-ce uce

3uestion frivole d'examiner si les prophètes es Juifs ont prédit le lieu où devait mitro le chef d'un nouveau peuple de DieufBice une futilité d'annoncer qu'une Vierge enfanterait Emmanuel ; que ce Dieu opcrc* rait des signes et des prodiges ; que sa parole aurait des ailes rapides et relcnliiaii sur toute la terre par la voix des apôtres;

Îu'il serait condamné et mis à mort ['ar!e> uifs, et qu'ensuite il ressusciterait? Lp> prophètes avaient-ils ainsi parlé au hasan', sans qu'aucune cause raisonnable les déterminât non-seulement à prédire ces meryeilles , mais même à les juger dignes d'être écrites. Une nation telle que la nation juive, qui depuis longtemps avait reçu la propriété d'un pays où elle s'était établie, àt*ellepu admettre les uns comme des prophètes véritables, et rejeter les autres conime (les imposteurs, sans aucune raison plau' sible? Est-ce sans motif qu'aux livres de Moïse, qu'ils regardaient comme sacrés, ils ont ajouté les discours de ceux qu'ils regardaient comme des prophètes? Conainenlucs hommes qui reprochent aux Juifs ^^.^^^^ Chrétiens leur démence, parviendront-ils a nous persuader que la nation juive aurait pu subsister, quand même elle n'aurait reçu d'en haut aucune promesse de connaître l'avenir? Comment au milieu de tant de nations qui avaient leurs oracles et leurs prophètes, les Juifs seuls n'auraient-ils pas ^Jj les leurs ? Les autres peuples vantaient bien les prodiges qui s'accomplissaient chezctii. Celse lui-même en rapporte un grand nombre ; et les Juifs qui faisaient professi^».» d'être seuls consacrés au Dieu suprême u«

ORI

ORI

l'uniterSy n*auraieDt eu chez eux aucune o<^j«èce de prodiges, pour soutenir leur foi •i ranimer leur espérance ? N*auraienl-ils V^^ ^l^andonné un Dieu qui n*aurait été V^^^al qu'en paroles, pour les prétendues \'*<m\h <^m avaient la réputation de préôin Taienir et de guérir les maladies ? Ne « '^mfMït.il pas, au contalre, qu'nn peuple ;ui m{ appris à compter pour rien les •Mfjt des antres nations, possédât un grand B'.^bre de prophètes chargés de lui annoncer queloue merveille plus éclatante , et tMen supérienre à tous les oracles élran- Çfirs* •

Crise s'élevait contre la diversité d'opi- 0Mo<^ui partageait les Chrétiens dès les r^wciers jours de l'Eglise. ** Je réponds, dit Onine,que loin d'être un argument contftk christianisme, cette diversité en jûsti^ w rcuellence et la nécessité. C'est le sort w tomes les institutions bonnes et utiles ■ w soumises à des discussions qui parta- 21 ^««\qucfois les sentiments. Ainsi la ■«tone est uli\e ou plutôt nécessaire au pwt humain, et cependant combien l'art J? S?wr ira-l-il pas soulevé de systèmes ? ^^ 1» philosophie nous j)romet la vérité K «iaence de ce qui est, en nous donnant ^ fcgles pour bien vivre et en s'efforçanl ^ ^ enseigner ce qui est utile; et ce- ♦^"«1 n a-t-e!le pas enfanté une foule de j^ plus ou moins célèbres ? De même t^. 7 J"<^«ïsme, la diversité des explicari!uîL, °^®^ aux livres de Moïse et des «eûS« » l.^^scité un grand nombre de nfcmf* r ^'^^'^^se est arrivée au ohristiawsme. Comme celte religion s'est présentée \^Ma^ *^«cl*res de grandeur et de mer- ^ «!,!? ^"^ ^°^ excité la curiosité, non pas *^ ques vils esclaves, comme Celse le |"]^»in^aisd ua grand nombre de savants :i!??^i^:'^^®"^-raêmes, il était naturel S//^^*^^ différence dans la mali.riL^Tl^ les livres reconnus comme mnn«,Bmdifférencequine portât point xLlJ^ ni sur le fond de la doctrine.

•>«««iMios, où est l'homme sensé qui con- (tooerai la médecine parce que les médecins sedmsemen plusieurs sectes? Aurait-on raison de haïr la philosophie, sous f^retexle que tous les philosophes ne sont fomld accord? Faut-il rejeter les livres sacrés de Moïse et des prophètes, à cause de otrlams disseniimenU quils ont occasioncfe parmi les Juifs? Si tout cela est conséquent, Dourquoi n'excuserions-nous pas de irôme les sectea qui s'élèvent parmi les Uif^iens. Paul, ne me semble, a prononcé iHlessus une parole admirable : Jl faut f»u t^^i du hérésies, afin que Von reconmut cp^x ffjiij^^ ^^^, q^i ,^u^ d'une vertu

<prawft.(/Cor.u,i9.) • Ce que Celse reprochait encore à la société

cnrélienne, c'était de ne reposer « sur aucun lODJeineni. {^ lig^ q^i ^^^ g^g membres

est cspnide sédition, l'avantage temporel quiiscnaiiendenl et la crainte des élrangen. • - < A çg)^ jg répondrai, dit Origène,

;|U€ nuire société a oour fondement unique

la vertu de Dieu qui a inspiré ses prophètes-, pour nous annoncer la venue du Christ, sauveur du genre humain. Plus les infidèles font de vains efforts pour nous contester ce principe, plus ils conQrment notre persuasion dans la nécessité de reconnaître Jésus- Christ pour le Fils de Dieu, avant et après son incarnation ; car le voile même sous lequel son humanité semblait éclipser sa divinité, n'empêchait point de reconnaître

3u'il ne fût réellement le Verbe de Dieu, escendu du ciel. Donc notre doctrine ne doit ni son origine, ni ses progrès à la science humaine, mais à Dieu seul, qui, en se manifestant par la multiplicité de sa sagesse et l'éclat de ses miracles, a établi le

judaïsme, puis le christianispie Nous

nous empressons de faire connaître les principes de notre religion, loin de les cacher, comme on nous en accuse. Ceux qui demandent à l'embrasser, nous commençons [>ar leur inspirer le mépris des idoles. Après es avoir détachés du culte des créatures, nous les élevons jusqu'au Créateur. Nous leur faisons voir que le Christ est venu, et nous le démontrons par les prophéties et les écrits des apôtres qu'on a soin de mettre entre les mains de ceux qui peuvent les entendre. »

Celse compare notre croyance à celle des Egyptiens, et après quelques railleries prodiguées à des animaux d'un jour, il finit par convenir que ce sont là des emblèmes, où, sous le voile de l'allégorie, se trouveut cachées les idées augustes des principes éternels. « Mais vous, demande- t-il aux Chrétiens, qu'avez-vous de respectableà nous dire sur le compte de votre Jésus ? »— «Que tu aies raison, 6 homme illustre, lui ré-

Eond Origène, d'exalter les vénérables symoles cacnés par les Egyptiens sous l'adoration de leurs animaux, je te l'accorde; mais fais-tu bien d'affirmer, pour nous livrer à la dérision, que nous ne débitons que des riens et des extravagances, quand nous expliquons à ceux qui sont plus avancés dans le christianisme, tout ce qu'impose à notre foi la sagesse de notre doctrine sur la personne de Jésus ? C'est de ces hommes pro-> près à comprendre la sagesse chrétienne que saint Paul a dit : Nous prêchons la sagesse au2 parfaits^ non la sagesse de ce monde, ni des princes de ce monde qui passe; mais nous prêchons la sagesse deDteudans son mystère: cette sagesse cachée qu'avant tous les siècles il avait prédestinée pour notre gloire, et qu^aucun des princes du monde na connue. (/ Cor. VI, 7.)

^ Ici je demande : Si Paul n'avait pas eu la connaissance d'une sasesse suréminente se serait-il vanté de prêcher la sagesse aux parfaits? Si l'on allait jusqu'à dire que Paul s'est vanté témérairement, ie répliquerais par ces mots : Commencez d'abord par étudier les Epitres de celui qui parle ainsi; pesez attentivement chacune de ses expressions ; puis prouvez-nous d'abord ces deux choses : la première que vous avez coixipnf les discours de Paul; la seconde, que vouf

ORI

OM

y avez découvert des choses indignes d'un homme sensé. Si vous les méditez avec attention, vous ne manquerez point d'admirer, j*en suis sûr, le génie d*un homme qui exprime de si grandes choses sous des paroles communes; ou, si tous ne les admirez \ias, vous passerez vous-même pour ridicule, ^oit qu'après avoir pénétré Je sens du grand homme, vous vous contentiez de l'exposer soit que vous entreprenniez de combattre et de détruire ce que vous vous imaginez avoir réellement compris... Je ne parie point encore de tout co qui s'offre à notre attention dans les Evan^ilesy où il y a de quoi exercer les esprits les plus éclairés et les plus simples. Je dis les plus éclairés; témoins ces mystérieuses paraboles que Jésus exposait à la mullitude, mais dont il réservait l'explication à ses entretiens ^conQdentiels avec ses disciples, choisissant, selon la diversité dos besoins, tantôt la soHtude des montagnes pour certains discours ou cer- Uiius actes, comme par exemple sa trausfl- (^uratiou, et tantôt la plaine ou les malades ))ouvaient s'approcher plus aisément, aQn d'élre çuéris de ses mains. Mais ce n'est pas ici le lieu d'enlever l'écorce qui couvre tout ce qu'il y a d'aususte et de mystérieusement divin dans les Evangiles ainsi qu'en Jésus- Christ, c*est-à-dire la sagesse et le Verbe jiarJaut par la bouche de saint Paul. Ce que j'ai dit suffit pour confondre le philosophe téméraire qui n'a pas rougi de comparer les mystères les plus profonds de l'Eglise de Dieu, au culte impie et extravagant des chats, des singes, des boucs et des chiens d'Egypte. »

pour mettre le comble à la dérision, Gelse oppose à Jésus les héros et les dieux du paganisme, a Où sont leurs miracles lui demande Origène, et sur quoi reposent-ils? Ils n'ont pour garauts que des auteurs décriés à cause de leurs mensonges. Ils ne tendent à aucun but et ne sont d'aucune utilité pour les hommes. Mais il n'en est pas de même de notre Jésus. Indépendamment de la guérison du corps qui en était souvent la conséquence immédiate, ses miracles ont été opérés pour persuader aux hommes de recevoir sa doctrine, cette religion excellente, qui n'a pour but que d'inspirer la piété et d'assurer la conversion des ïnœurs... El vos oracles, les comparerez- Yous avec ce grand nombre de prophéties, qui si longtemps d'avance annonçaient le Christ, d'une manière tellement frappante que toute la nation juiv« l'attendait au moment précis de la naissance de Jésus? Les uns le reconnurent pour le Messie promis par les prophètes; les autres, pleins de mépris pour sa douceur inaltérable, et pour celle de ses disciples, se portèrent contre lui à des attentats que ces mêmes disciples n*ont pas craint de nous raconter avec leur franchise ordinaire, quoiqu'ils prévissent bien qu'on nous les reprocherait, et qu'on les présenterait comme l'opprobre du christianisme... Mais Jésus voulut, et tel est "••'"• **'^<prit de ses disci|)les, que ceux qui

embrasseraient cette doctrine, ne Aissen pas tellement absorbés par la pensée de si divinité et la contemplation de ses miraeie^ qu'il perdissent de vue son humanité i ses abaissements volontaires qui ont éga lemeat concouru au salut du monde. £i effet, nous apprenons par là que c'est e| Jésus que commença l'union de la nalur divine et de la nature humainet afin qui par cette association auguste, rhumanitéfd vu quelque sorte divinisée, non pas seuie ment dans la personne de Jésus, mais dm tous ceux qui embrassent avec sa religion] la vie qu'il a enseignée, laquelle conduit! lamitié et à l'union avec Dieu quiconau conforme ses mœurs aux préceptes de Jé sus.

« Dieu, en envoyant son Fils, a fait ac copier son Evangile partout l'univers, pou opérer dans les mœurs ce changement auss admirable qu'universel. Presque tous le hommes, excepté les Chrétiens, ne sont-ii pas superstitieux, intempérants et corroDJj pus? Les Eglises de Dieu, formées par H Christ et comparées avec les peuples ai^ milieu desquelles elles sont établies, brillent dans le monde, comme des astres resplendissants. Qui n*dvouera que les plus imparfaits parmi les Chrétiens l'emportent encore sur le grand nombre de ceui que nous voyons dans les assemblées populaires? L'Église d'Athènes, par exemple, rii dans une douce confiance , et n a iïaulit ambition (]ue de plaire à Dieu ; les asseiBblées politiques des Athéniens, au conlraire ne respirent que le trouble et la sédition, et n'ontavec nous aucun trait de conformiié. Il en est de même des Eglises de Corinik et d'Alexandrie, comparées aux assemblées populaires de ces deux villes. Comparez, encore le sénat de l'Eglise de Dieu avec le sénat de la plupart des nations, vour reuoiinaitrez que certains sénateurs de l'Eglise sont dignes de gouverner la cité de Dieu, si pareille cité se trouvait sur la terre; tandis que la plupart de vos sénateurs n'ont rien dans leurs mœurs qui réponde à l'éminence de leurs fonctions, El si vous opposez les prélats de chaque Eglise aux premiers magistrats des villes, vous vous convaincrez facilement qu'entre les magistrats civils et les sénateurs de Dieu, ceux-là même qui, par rapport au zèle et à l'activité des autres pourraient passer pour ipactifs, l'emportent )ar leurs progrès dans toutes les vertus sur es sénateurs et les magistrats politiques des cités. A de pareils traits ne reconoaissez-vous pas la divinité de iéshst »

«Votre attachement au christianisme, poursuit Celse, n'a son principe que dans une foi aveugle. »— « Pourquoi ne pas l'app^'er une foi heureuse, répond Origène? Que ous ne soient en état de rendre raison de ieur croyance, en est-elle moins légitimé, fondée, comme elle Test sur la parole du Créat^'^rt souverain arbitre de l'univers, qui ^^^^ i communiquée par son Verbe? S'il M" ,"!

qu'à un petit nombre de pouvoir raisouiic cette foi qui \es attache au christiwus"^^

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