TTE
TVfi
Isa
rié areo la suite des temps. En lisant ces trois premiers discours, on s*aperçoit qu'ils sont une suite l'nn de i*autre ; que le second suppose le premier, et que le troisième est un supplément à ce aui manque dans le second.
Le but du quatrième, qui a pour titre : De iocramentis dedicationis^ est de montrer oue toutes les cérémonies religieuses que 1 Eglise emploie dans la consécration de ses temples matériels, ne sont que des images mystérieuses de ce qui se fait par le baptême dans la consécration des temples spirituels, <{Qi sont les Chrétiens. Ce sermon n*est pas indigne des lumières et de la piété de fauteur. — Le cinquième intitulé, comme nous l'avons dit, De convenienlia, vettris et novi $acerdotiU est un véritable traité, dans lequel l'auteur s'étend beaucoup à prouver, que le sacerdoce de l'ancienne loi n'a eu (l'autre fin ((ue de figurer et représenter celui de la loi nouvelle, et que le culte grossier que la Synagogue rendait à Dieu, n'était qu'un tableau du culte, vraiment religieux, que l'Eglise lui rend aujourd'hui. Ce discours suffirait seul pour nous convaincre que Yves a été de son temps un des savants les plus profondément versés dans l'intelligence des grands mystères contenus dans les récits des deux Testaments. — Enfin, le dessein du sixième, qui a pour titre : Cur Deuê natus et passus est? est de prouver la nécessité de Tlncarnation et de la mort du Fils de Dieu. Le principal raisonnement dont l'auteur se sert pour cela, est que, si Dieu avait sauvé, comme il le pouvait, 1 homme pécheur par sa seule volonté et sans le sacrifice de son Fils, il aurait à la vérité manifesté sa puissance qui est sans bornes; mais il n*aurait pas satisfait ksa souveraine justice, qui demandait d'une part
Sue le pécheur ne demeurât pas impuni, et e l'autre, que le diable ne iût pas privé des droits qu'il avait acquis sur l'homme, par la victoire qu'il avait remportée sur lui sans mériter d'en être dépouillé. Yves développe et étend ce raisonnement, puis il aioute plusieurs choses qui font voir qu'il était aussi habile dans les matières ihéologiques que versé dans celles du droit. Ce discours, beaucoup plus court que les précédents et qui ne s'annonce en rien comme un sermon, parait avoir été composé sur le modèle du célèbre traité de saint Anselme, Cur Deus homo ? dont il n'est pour ainsi dire que le précis et l'abrégé.
Quant aux dix-huit autres sermons de notre prélat, il y en a quinze qui sont des instructions courtes, mais lumineuses et solides sur les principales fêtes de l'année, savoir TAvent, la Nativité du Seigneur, la Cirooncision, la Purification, la Septuagé- &ime, le commencement du jeûne ou le mercredi des Cendres, le Carême, l'Annonciation, le dimanche des Rameaux, la Cène du Seigneur ou le jeudi saint, les jours de Pâ-
Jucs, de l'Ascension, de la Pentecôte et la haire de saint Pierre. Les trois derniers sont dvs instructions sur l'oraison domini-
cale, sur le syml)ole des apôtres et sur les habits mondains, tant des nommes que des femmes. On apprend par Tun de ces sermons que la loi de la continence pour les personnes mariées, était encore en vigueur è celte époque pendant le carême, au moins dans 1 Edise de France. Dans un manuscrit de la Bibliothèque du roi d'Angleterre, le sermon de lavent a pour titre : De distinetione adventui Domini : parce qu'en effet ce sermon traite du double avènement de Jésus-Christ dans l'humilité de sa chair mortelle, dans la
SIénitude des temps, et dans toute la gloire e sa majesté divine à la fin des temps. Pour justifier la restriction que nous avons mise à nos éloges, en tête de cette analyse, nous allons citer un de ces discours, pris au hasard parmi ceux dont le P. Combefis a surchargé sa Bibliothèque des prédicateurs. Cesi l'homélie pour le jour des Rameaux. « Tout homme qui aspire à la perfection évangélique trouvera dans Jésus-Christ les leçons de toutes les vertus, particulièrement de l'humilité et de la patience. Ce furent Ih les armes avec lesquelles il est entré dans le monde, les mêmes avec lesquelles il en est sorti, et a soumis le monde; avec lesquelles il a triomphé du démon et nous a sauvés de sa tyrannie. C'était par l'humilité qu'il consentait à manger avec les publicains et les pécheurs ; qu'il demandait à boire à la Samaritaine ; qu'il permettait à une pécheresse de lui toucher les pieds; qu'il lavait ceux de ses apôtres ; c*est par humilité et par excès de patience qu'il se soumettait aux outrages de sa passion, aux tortures de sa croix. L'ancien serpent ne connut pas ces armes; il les dédaigna par orgueil et fut vaincu par elles. L'orgueil des pharisiens s'irrite de rhumilité du Sauveur. — Il y aioute ces ^laroies que l'on ne traduit pas : Éscam sensit et momordiif sed hamus eumaduncavii^ maxiUam ejus perforavit^ et a potestate solita relegavit, Accubuii eatulus leonis ad tocem patrie cum fortitudine surrecturus. Mais Jésus-Christ n'est reconnu que par les pauvres, accueilli que par les enfants; c'est que l'innocence marclia à côté de rinno4:ence ; l'humilité avec l'humilité. Ils célèbrent par des acclamations son entrée à Jérusalem, comme présageant son triomphe sur le démon et sur la mort. Cette trou}>e empressée à suivre le triomphe de Jésus-Christ, vous la représentez, mes frères, dans ce jour où vous suivez l'étendard de la croix, avec des rameaux dans les mains ; et vous en devenez les représentants fidèles, si vos mœurs conservent la verdeur de ces branches r|ue vous tenez à la main. Il n'y a que les enfants qui soient appelés à ce cortège. Imitons son humilité, si nous voulons partager son triom- ()he. Jésus-Christ s'est humilié pour nous ; lumilions-nous pour nous-mêmes. Il s>st abaissé comme le chameau, sous le poids de nos iniquités; il a passé par le trou de l'aiguille, c est-à-dire, par la voie étroite des tribulations, pour nous introduire dans la région des joies célestes. »
L'homélie Sait oar une exhortation que le
YVE
YVE
fâeax prélat adresse à ses auditeurs pour es disposer à célébrer chrétiennement la solennité 4p Pâques et à pardonner à leurs ennemis.
Les vingt-quatre sermons qui se trouvent dans rédition du P. Fronlean, dont nous parlerons plus tard, ne sont pas les seuls (jue saint Yves ait composés. Les derniers éditeurs de saint Augustin nous apprennent que lé sermon pour un martyr, qui cohi^ luence par ces mots : Triumphalia B, mar- $yrisN,f lui appartient, et qu'ils Tout décou* vert dans un ancien manuscrit de Tabbaye de Saint-Germain des Prés, où il tient Je milieu entre les autres sermons d*Yves de Chartres. Outre ce sermon, faussement at* tribué à saint Augustin, Yvos en a encore composé trois autres qui n*ont jamais vu le jour. Le premier est sur la croix, et se trouve dans deux manuscrits, Tun appartenant à la Bibliothèque royale d'Angleterre, et l'autre h celle de Thomas Theyer à Londres; le second, sur la fête de saint Jean Térangéliste, se trouve également dans deux manuscrits, l'un de rabbaye de Cambron, et l'autre de Tabbaye de Loches enHainaut.Le troisième, sur les noces de Jésus-Cbrist, se trouve dans un manuscrit indiqué par Montfaucon. — Jean Prévost, chanoine de l'église de Rouen, a fait honneur à Yves de Chartres de six autres sermons sur les devoirs des pasteurs qu'il a publiés lui-même à Rouen, en 1679, à la suite du Traité de9 of^ccs de VEglise^ par Jean d'Avranches. L'auteur de ces six sermons était un homme judicieux, très* versé dans Tétude de l'Ecriture, des Pères et des conciles, qui avait de la piété, du discernement et une grande connaissance de toutes ses obligations; il écrivait même assez bien pour son temps. Mais malgré le désir que nous ressentons d'en grossir le recueil du saint évêque de Chartres, nous pensons qu'il y a des raisons plus fortes et plus péremptoires, pour les attribuer à Hildebert, évêque du Mans, à qui tous ces caractères conviennent également comme nous l'avons démontré en son lieu.
Collection de canons, — Théologien etcanoniste, Yves de Chartres nous intéressera davantage. Comme il n'était encore que sim-pie abbé de Saint-Quentin de Beauvais, où une de ses principales occupations était l'étude de l'antiquité ecclésiastique, il comprit de quelle utilité serait un bon recueil de canons et autres règles en usage dans l'Eglise. Il en existait déjà plusieurs avant lui,comme nous l'avons remarqué, en parlant de ceux de Reginon de Prum, de Bouchard de Worms, et à l'article d*01bert, abbé de tiemblours ; mais Yves, qui en connaissait les défauts, quoiqu'il ne les ait pas tous évités, tes jugeant insulQsants, conçut le dessein d'un autre recueil, et se mit sérieusement en mesure de pouvoir l'exécuter. Les moyens qu'il employa f)0ur y réussir sont remarquables, et c'est lui-même qui nous les apprend, dans la longue préface qu'il a publiée en tôle de sa collection. A force de recherches et. de travaux, étant parvenu à réunir tous les ei-
Iraits des règles ecelésiastidnes qae pureo* lui foiirnir les lettres déerêtales des Papes, les actes des conciles, les traités des Pèresel les constitutions des rois catholiques, ils a|^ pliqua ensuite à les classer, et à les disposer avec une méthode qui en reodtt la recherche et l'étude plus faciles. Le raotitqui le détermina et qui le soutint dans cette pénible entreprise fut la pensée d'être utile, ea mettant tou4e cette jurisprudence religieuse au service de tout le monde, dans «a Ta^te répertoire où chacun pourrait puiser ce qui lui conviendrait. Pour atiréger les ^eche^ ches et les rendre.plu;» fructueuses, il y établit un certain ordre. Par exemple, suimi sa promesse, il y traite de la foi d'abord, gvii appelle le fondement de la religioa tmtienne, ensuite des sacrements, puis de ii conduite ou des règles de la morale, etoÉi de ce qui concerne les difiérentes iCdres qu'il appartient à l'Eglise de oooniltiv. A ces quatre chefs l'auteur rapporte tooi ce qu*il a cru devoir discuter dans lesdiieR» parties de son ouvrajje, subdivisées ellesmêmes en plusieurs titres.
Prévoyant qu'il pourrait se rencontrer de$ lecteurs qui, faute de bien comprendre ce qu'il dit, croiraient apercevoir de lacootrsdiction dans ses paroles, il a soin de lesarer* tir de ne pas trop se presser de le blâroer, mais de considérer les choses avecaUentioQ et de distinguer entre ce qu'il affirmesuiraot la rigueur du droit, et ce qu'il permet pariodulgence, par la rai son facile à compreudre, que tout gouvernement ecclésiastique e^i fondé sur la charité. « C'est d'après ce priecipe, ajoute-t-il, et il développe cette théorie fort longuement, que l'Eglise tantôt s'to tient à la sévérité des règles par justice, d tantôts'en relAche par condesceodance.iCetie remarque a trait à la méthode qu il a suivie dans sa collection, laquelle consiste à y ins^ rer sur le même sujet des canons de ruacei de l'autre espèce, c'est-à-dire, de rigoureux et de modérés. Mais dans la crainle qoe Fou ne s imaginât que celte condescendaDce ou modération pouvait s'exercer daos tous)e> cas, il a soin de faire observer, qu'il j ^ deux sortes de préceptes et deux sortes (le défenses. Il y en a de droit divin qui sooi établis par la loi éternelle, et d'autres qui ne sont que de discipline, et établis par les hommes en vue d'an plus grand bien. tUs premiers, dit-il, sont immuables et, parcoo< séquent, ne souffrent point de modéreiiio ni de tempérament, mais il n'en est pas de même des autres, i»^ Tel est en général le plan sur lequel Yves dirigea ses deux collections. JPonorifiia. — La première est inliluif* Panortniej parce que, comme ce mot l'iodique, l'auteur y a renferma les princips'^^ règles du droit ecclésiastique. Plusieurs écrivains, prétendant que Tévèque Yves a» composé sur cette matière d'autre ouyra? que son décret, ont lentéde lui enlever IIk«neur de sa Panomrie; mais leur opii"-* nous parait dépourvue de ièndemeni. ij* prétextent d'une part que Ton troure,!'* fin de cet ouvrage», plusieurs choses fc-
YfB
DBPATR0L0G1&
TVB
lfl6
prantée^ aux décrétale$ ae Calixte II el u Innoceol son successeur, qui ne . furent Papes que plusieurs années après la mort de saint Yves; et ilsallèguent que laPanormie n*estautre chose que Tabrégé daDécret (le notre auteur, composé en son temps par un évéque de CbÂlons-sur-Mame, nommé Hiiguest comme le rapporte Vincent de Beaurais. Rien de plus faible que ces prétendues raisons.
Nous répondrons d*abord à la première, qu'il ne parait nullement étrange que la Pa* normieaiteu à souffrir ce qu'ont souffert dans tous les temps tant d'autres ouvrages originaux, qui, après être sortis oes mains de l'auteur, ont subi des additions étrangères au moins dans quelques-uns de leurs eiemplaires. C'est précisément ce qui est arrivé à laPanormie, comme l'attestent deux manuscrits très-anciens, découverts par dom Mabillon, lesquels portent le nomdlTvesde Chartres et ne contiennent rien des additions alléguées. La seconde raison n'a pas plus de solidité. Ce n'est point Hugues de ChAIons qui fît l'abrégé dont il s'agit, puisque cette église n*a pas eu d'évôque de ce nom depuis le siècle d'Yves de Chartres, mais Haimon de Bazocfaes qui la gouvernait au milieu du xu* siècle. Et bien loin que cet abrégé ne fût autre que laPanormie elle-même, comme on le suppose, il prouve an contraire qu'elle existait auparavant, puis qu'il en a été tiré, et non pas du Décret de l'auteur. C'est Albérie de Troisfontaines qui l'atteste, et il mérite d'autant plus de croyance, que Ton sait positivement qu'il ne parle dans sa chronique que d'après les historiens qui l'avaient t)récédé. « Ce Barthelemi, évéque de ChAoDS, dit Albéric sur l'année 1151, mourut dans son pèlerinage de Jérusalem, et on élut pour lui succéder Baimon de Bazoches, homme rei'^mmandable par sa noblesse et sa ▼ertu, ie<iuel a rédigé le manuscrit des Décrets, suivant la Panormie d'Yves de Chartres. 9 Témoignage aussi clair que décisif, et qui ne demande point de commentaire.
On fait encore naître au sujet de cet ou- Trage, une autre question, savoir s'il a précédé le décret du même, ou bien s'il n'est Tenu qu'après. Doujat, que nous ne connaissons pas d'ailleurs, penche pour la seconde alternative; maisBaluze dont l'opinion nous semble bien autrement grave, se déclareouvertement pour la première, qui, suivant lui, mérite lapréférence, par la raison quale décret est non-seulement beaucoup plus ample, mais mieux travaillé aussi que la Panormie, et qu'il j règne beaucoup plus d ordre. Un historien de la fin même du siècle où est mort l'évèque de Chartres, et qui, coaime Albéric de Troisfontaines, na écrit que d*après ceux quiTavai^^nt précédé, nous a I «prend qu Yves publia son décret en 109Q, c est-à-dire juste un an avant d'être élevé à répîscopat. A ce compte, la Panormie était iioiic déjà sortie des mains de son auteur, et autant qu'il est permis d'en juger, sa publi* cation lui était antérieure d*au moins qneltlHvs ai;iiée5.
Cependant on ne doit pas croire qu*Yves eût entre les mains tous les livres originaux qu'il indique en général dans sa préface, comme les sources d'où il a tiré ce qu'il rapporte. Les livres alors étaient trop rares, pour qu'il fût possible d'en rassembler un aussi grand nombre dans deux, trois, ou même quatre bibliothèques. Hais il a puisé la plus grande partie de ce qu'il rapporte, dans les recueils qui avaient précédé le sien, particulièrement dans celui du fiimeux bidore, le compilateur des fausses décrétâtes, et dans ceux de Reginon, de Bouchard et peut-être en d autres encore que nous ne connaissons pas. Quelquefois, il a si peu dissimulé ses emprunts qu'il a copié jusqu'aux fautes des compilateurs. Isidore avait rangé ses décrétâtes suivant l'ordre des temps dans lesquels ont vécu les Papes qu'il en fait les auteurs. Yves a changé cet ordre, et lui a préféré celui des matières. Celles des constitutions de nos rois catholiques, qu'il y cite le plus fréquemment, comme il 1 annonce dans sa préface, sont le codeThéodosien, le Code, le Diçeste ou les Pandedes de Justinien etlesCapitulairesde nos rois.
LaPanormie est divisée, non en dix parties comme quekiues écrivains l'ont avancé^ mais en huit seulement, et chaque partie est subdivisée en titres ou articles, dont le nombre ne s'élève pas au-dessus de seize. Elle traite de la foi, des hérésies diverses qui se sont élevées dans rKj^lise, des sacrements et des ministres, des églises et de leurs biens, des matières bénéficiaires, des élections et des institutions, de la primauté de l'Eglise romaine, des conciles, de la juridiction, du mariage, des superstitions, des démons. Ce que l'auteur dit, en parlant de la liturgie, se trouve exposé avec bien plus de détails dans le Micrologueon traité des ofltees ecclésiastiques, dont nous avons parlé dans Tartiele d'Amalaire. Cette Panormie fut accueillie avec une faveur qu'elle continua d'obtenir parmi les gens de lettres, même après que l'auteur eut publié son Décret. Nous avons vu qu'Haimon de Bazoches lui fit l'honneur de l'abréger : et l'on croit avoir des preuves que c'est dans la Panormie plutôt que dans le Décret que Gratien a puisé pour sa compilation. Du reste, la préface étant la même peur la Po* normie et le Décrei^ cela a donné occasion de confondre très-souvent ensembleœs deux écrits. Nous avons deux éditions de la Pa^ ftormia, l'une in-fc% laite à Bâle en 1499, par les soins de Sébastien Brandt ; mais elle est pleine de fautes. L'autre, qui est in-8*, et beaucoup plus correcte, parut en 15T7 à Louvain, et lut dirigée par Melchior de Yos Médian , docteur ès-arts et en théologie , qui prit soin d'en donner le texte dans son intégrité. Mais il en a confondu le titre avec celui du Décrei de notre prélat, ce qui ferait juger qu'il a été du nombre de ceux qui n*oni pas su distinguer l'un de Tautre ces deux ouvrages.
Décret. — Yves, voyant l'accueil lavorat>le que l'un faisait è sa Panormie^ forma le dessein d'un plus ample ouvrage sur la même
TVB
MCnONMAlRB
TVK
tsa
fflatier e» et ne tarda pas k Texéouter en com-
? osant ce qoe l'on appelle son Décret. La anormie lui servit de plan dans cenouveaa travail. 11 ne fit gue changer un peu Tordre «ies sujets, les discuter avec beaucoup plus d'étendue, et en ajouter de nouveaux. Il poussa cette seconde compilation jusqu'à dix-sept livres ou parties, dont chacune est divisée en a.i grand nombre de titres ou chapitres 9 lesquels vont quelquefois jusqu'à trois cent soixantendix-huit, et même quatre cent trente-cinq, comme la v* et la vi* parties. Il est vrai que ces chapitres sont ordinairement for4 courts, quoiqu'il s'en trouve quelques-uns, particulièrement dans la première et la seeonde parties, qui occupent une, et quelquefois même dçux pages entières. Du reste, l'auteur y a conservé la préface entière de la Panormie^ ce qui, comme nous l'avons observé, a donné occasion do confondre les deux ouvrages. Cette préface commence par ces mots : Excerptiones re-
Î^ularum ecclesiasticarum^ dont on a formé e titre du livre dans quelques exemplaires manuscrits, et que Yves emploie lui-même
I>our le désigner, lorsqu'il en parle dans ses el(res, où il le nomme habituellement, Collecliones canonum. Dans un ancien manuscrit provenant de Tabbaye de Saint-Victor, à Paris, l'ouvrage ne porte en tête ni titre, ni nom d'auteur. Seulement on lit à la fin : Explicit liber canonum; et sur la feuille suivante, il est marqué d'une main plus récente, que ce recueil de canons appartient à Yves, évêque de Chartres, et qu'on le nomme Décréta Hponiant, ce qui est évidemment une faute du copiste qui aura écrit Yvoniani au lieu à'Yvtmis^ les décrets d'Yves. Mais depuis longtemps l'ouvrage n'est plus guère connu que sous le titre générique de Decretf qu'il porte dans les imprimés.
A la suitede la préface, et en tète de l'ouvrage, vient la table des dix -sept livres ou parties, suivant l'ordre d'après lequel l'auteur a jugé à propos de distribuer les matières qu il entreprend de discuter. Cette table, que saint Yves a pris soin de diriger luimême, a mérité les éloges du premier éditeur, précisément à cause du bel ordre qui y rè^ne. 11 aurait pu la louer aussi pour l'idée juste qu'elle nous donne de I étendue et de la variété des matières qui y sont trai-* fées. La méthode qu'y suit l'auteur consiste à rapporter, sous chaque titre ou chapitre, les passages des Pères de l'Eglise et des au« très écrivains ecclésiastiques, des conciles tant QBcuméniques que provinciaux, des décrétaies des Papes, et quelauefois des ordonnances des princes catholiques qui y ont rapport; de sorte que si l'auteur y avait mis autant de choix et d'exactitude qu'il y a apporté de recherches et d'érudition, ce décret serait un répertoire inestimable. Ainsi que nous l'avons observé , cet ouvrage peut être considéré comme la Panormie étenaue et enrichie de quelques sujets nouveaux et de nouveaux développements. Yves y traite des sacrements et des mystères de la foi chrétienne, plus particulièrement de l'Eucharis-
tie, de TE jlise, de l'observation des tètes et des jeûnes, des conciles et de la hiérarchie, des jugements ecclésiastiques, et enfin, des trois vertus théologales. Yves de Chartres ne permettait pas aux puissances séculières de porter atteinte à la liberté des Eglises, aiaai ecclésiastiques de mépriser la puissance séculière; morale sur laauelle repose tout Tordre public, et qu'il n est pas possible d*eofreindre sans qu'il n'en résulte pourlaneet pour l'autre puissance les plus effroyables calamités. L'nislorlen de sa vie remarque que de tous lesévêques de son temps, il fut
f)resque le seul qui s'op|)OsAt efficacement à a dépravation des mœurs répandue dans toutes les conditions. On en a la preuve dans les précautions iuridiques et dans les lois pénales dont le décret abonde, et qui toutes sont destinées à prévenir ou à punir les délits sur cette matière.
Quoiaue l'auteur ne s'assujettisse pas i on ordre plus rigoureux et qu il né disthlnie pas ses matières avec plus de méthode qu'aucun des recueils publiés antérieuremeoi; 3uoique,comme eux, il manque d'exacùtue, et qu'il ai tmème ajouté de nouvelles butes à celles qu'il a empruntées de ses prédécesseurs ; cependant, tel qu'il est, cet ouvrage ne laissa pas d'être d'un {prend secours pour les gensdelettres et les junsconsul tes, qui n'auraient pu sans d'énormes dépenses, se procurer les livres, ni même lire sans dégoût tous ceux que notre auteur a découpés et rangés dans son Décret. On regarda même cet ouvrage comme le plus étendu et le plus parfait qui eût paru jusqu'alors. Aussi eutil plus de vogue que la Panormie du même auteur, jusqu^b ce que le fameux recueil de Gratien, qui ne fut connu qu'au bout de soixante ans, eût pris le dessus. Le bibliographe de Marca compte les deux ou? rages d'Yves de Chartres comme la première collection des deux droits, civil et ecclésiastique, qui ait été faite en Occident. Il est certain cependant qu'avant cette époque, Régi* non de Prum avait fait entrer dans la sienne plusieurs traits du droit civil. Quelques écrivains pensent que Yves a emprunté la plus grande part de son travail à celui de Bouchard ne Worms, à l'exception seulement de la u* et de la xvi* partie ; mais, suivant d'autres, on n'en juge ainsi que parce que tous les deux ont copié les mêmes décrets ou canons. Après tout, il serait difficile de Tea justifier entièrement, puisqu'on le voit copier ses propres fautes, et quelquefois méme jusque dans les titres. Il y a beaucoup d'apparence, du reste , que Yves, aussi bien que Bouchard, a puisé dans Reginon, œais il est difficile d'établir mathématiquement ses emprunts , tandis que Baluze estime à cent soiiante-dix chapitres ce queBoucbard en a tiré pour enrichir sa composition. Plusieurs bibliographes, au nombre desquels nous nous contenterons de citer seulemeut dom Beaugendre, ont voulu ravir à Yves Je Chartres l'honneur de cet ouvrage pour« transporter à Hildeliert du Mans, aulfuteif suite archevêque de Tours , mais leur opi-
DE PATROLOGIS.
TYB
nion» appuyée sur un fait unique et insignifiant« ne saurait préraloir contre une tradition de huit siècles et d'autres laits beaucoup plus importants et bien autrement autorisa. Nous n'avons que deux éditions du Décrei d'Yves de Chartres; la première, donnée en 1561» par Jean du Moulin, docteur en droit canon de l'université de Louvain ; et la seconde, en 16(^7, à Paris, parle P. Fronteau, chanoine régulier de Sainte-GenevièTe, qui a édité les œuvres de Tauteur.
Micrologue sur les rites ecclésiastiques. — Cet ouvrage, l'œuvre évidente d'un évèque de la fin du xi* siècle, est resté longtemps anonyme et a provoqué, de la part des bibliographes et des savants, bien des investigations et bien des recherches, avant qu'ils consentissent à s'entendre pour l'attribuer à Yves de Chartres comme à son véritable auteur. Nous sommes redevable k Henri Warthou de nous avoir appris ce fait important de manière k n*en pouvoir plus douter. Le même auteur nous apprend encore que cet écrit n'est qu'une partie détachée d'un ou- Trage plus étendu que Tves a composé sur les offices de l'Eglise : De officiis ecclesiasticis^ dont on trouve un magnifique manuscrit presque aussi ancien que Fauteur, dans Ja Bibliothèque de Lambeth , eu Angleterre.
Cet ouvra;;e de notre évéque de Chartres, tel que M. Warthon nous le représente, est composé de soixante et onze chapitres, et Ton y peut distinguer deux parties, dont la première roule entièrement sur le sacrifice de la sainte messe et la manière de la célébrer; ce qui s'étend non-seulement aux cérémonies que l'on y doit observer, mais encore à ce qu'il y faut chanter ou réciter, suivant les différentes époques de Tannée ecclésiastique. On n'y ht pas sans intérêt les huit chapitres qui traitent particulièrement des matines, laudes, prime , tierce , sexte, noue, vêpres et compiles. L'autre partie, qui coromenceau24* chapitre, traite des principales fêtes, des temps de l'avent et du carême, et de la manière de célébrer l'office divin dans ces jours et dans ces temps-lk. C'est pourquoi l'auteur a donné k sou écrit le titre de Micrologue (T observations sur les rites ecelé^ siastiques. On voit, par ce peu de mots , et les critiques du reste en conviennent, que cest un des ouvrages sur la litureie, les plus considérables et les plus étendus qui aient été composés anciennement. Quoique Tauteur y donne de temps en temps des raisons mystiques, mais fort sensées de ce qu'il rapporte, tout le reste y est littéral, historique et décrit avec beaucoup d'ordre, de précision et de netteté. Les catholiques de nos juurs y voient avec plaisir que la partie principale de leur liturgie est parfaitement conforme à celle du xr siècle, et que celle qui se pratiquait alors, était, k l'exception de quelques différences peu considérables, la iuômequeccllequeronsuivaitdans les siècles prêcédenls. C'est ce que montrent les citaliuijs toutinuelJes que fauteur y fait des auciiUÀ conciles, .le plusieurs écrits sur !a !i-
turrie ooservée k Rome et en France, lesquels remoptent jusqu'aux bons siècles de rEglise, et autres semblables, ce gui fait de ce recueil un vrai trésor d'érudition ecclésiastique.
Il offrirait une ample matière à des remarques intéressantes, mais cela nous conduirait trop loin. Nous nous bornerons koi>server qu'il n'y est rien dit de Télévation de l'hostie et du calice immédiatement après la consécration, que l'on avait commencé k introduire dès ce même siècle dans la célébration de la sainte messe. 11 n'y est pas parié d'autre élévation que de celle qui se fait de l'hostie et du calice ensemble, immédiatement avant l'Oraison dominicale et la mixtion de l'hostie consacrée. L'auteur était dans Topinion que le vin non consacré le devenait par la récitation de l'Oraison dominicale et la mixtion de l'hostie non consacrée. Amalaire avait pensé la même chose. Depuis longtemps l^lise latine ne conserve plus cette cérémonie , que pour l'office du vendredi saint. Par rapport a l'heure k laquelle on doit célébrer la messe , les jours de jeûne en carême, l'auteur dit que c est k noue, c'est-k-dire k trois heures après midi, afin de ne prendre sa réfection qu au soir. Il ajoute que manger avant ce temps-lk, ce n'est pas observer dans sa rigueur le jeûne prescrit par les règles de l'Eglise. Il y a un grand nombre d'éditions de ce Mierologue ; ce qui prouve l'estime au'on en a fSûte. Dès 1510, Jacques d'Etaples le fit imprimer k Paris chez Henri Etienne. A la tête du volume, oui est io-4% se lit une préface dans laquelle 1 éditeur recommande la lecture de ce livre, surtout aux prêtres, qui devraient en faire leur manuel. On en fit des éditions partielles dans différents recueils liturgiques, imprimés k Mayence en 1M9, k Venise en 1572, etk Rome en 1590. Jacques de Pamèle le publia séparément k Anvers en 1505.
Melchior Hittorpius l'a fait entrer dans son recueil in-folio d*écrits sur la liturgie qu'il publia k Cologne, en 1505. Depuis , Hargarin de la Signe Tinséra dans le IV* volume de sa Bibliothèque des Pères , d'oik il a passé successivement dans toutes les collections de Paris et de Lyon , qui ont été publiées sous le même titre.
Lettres. — La partie des CBUvres du saint évêque la plus importante k connaître, c'est le recueil de ses lettres, au nombre de deux cent quatre-vingt-huit dans Tédition de Pierre Pithou , 1 volume in-4% Paris, 1585. Elles contiennent des peints de discipline, d'histoire et de morale, et particulièrement quantité d'excellentes décisions sur divers cas de conscience, ou questions de droit qui lui avaient été proposées ; ce qui les rend d'une grande utilité. «On y voit partout, dit Bailiet, une connaissance profonde des affaires de l'Eglise, une droiture de cmiir merveilleuse, une science et une capacité presque sans bornes ; un zèle pour la pureté de la foi et des mœurs, et pour l'oliservationdesranons, toujours vif et ardent, mais en même temps toujours éclairé, discret et tempéré par une
tVK
DICTlOMMlRfi
modération et une sagesse admirables. » Du vivant inouïe de i*auteur, Sigebert en a parlé cominc d*un recueil de lettres fort utiles; et» en relevant particulièrement Ja soixantième, écrite en 1099, à Hugues, archevêque de Lyon et légat du Saint-Siège en France, il dit que cette lettre, toute courte qu*e!1e est pour les paroles, est remplie de citations de canons et d^autorités des saints Pères qui Ja rendent très-instructive. AlbéricdeTroisfontalnesnous représente ce recueil comme un ouvrage qui inspire partout Tamour du bien et de la justice, et la haine du mal et de l'iniquité. Comme nous avons été obligé de. rapporter un grand nombre dé ces lettres pour, composer Ja biographie de ce saint et courasçux prélat, nous nous contenterons ici aen rapporter quelques-unes qui ont trait à d-'autres matières.
Lettrt vingt-neuvième, — Elle est adressée À un prêtre nommé Roger, qui , s*étant acquis une sorte de célébrité par ses prédications , s'était exposé à la perdre par une conduite peu circonspecte avec les personnes du sexe. Yves lui donne le conseil de renoncer au ministère de la parole ; n*importe que les bruits répandus contre lui fussent vrais ou faux.
Lettre soixante-'quatorMme^ à Hildebert^ évéquei du Mans^ — 11 se déclare , dans cette lettre, contre les épreuves. Ailleurs {lettre deux cent cinquième) il afQrme que les épreuves doivent être regardées comme équivoques , ^tant arrivé souvent, par un secret mouvement de Dieu, que des coupables les avaient subies sans en être blessés , et que les innocents y avaient succombé.
Lettre cent vingt-deuxième. — Il décide que ie mariage d'unejuive baptisée, mariée avec un Chrétien i qui était retournée au judaïsme, est valide, et devait être maintenu. Même décision dans la lettre deux cent trentième.
Lettre cent soixante-onzièmet à Varchevéque de Sens^ sur les excommunications. — Il lui écrit qu'il serait à désirer que Ton pût observer dans la rigueur les ordonnances de la discipline ecclésiastique; mais que la sévérité pouvant occasionner de dangereuses dissensions , il lui semble nécessaire d'user de condescendance, vu surtout que l'administration des biens temporels appartientaux {>rinces. Que s'ils abusent quelquefois de eur autorité, nous ne devons pas les imiter; mais, après les avoir avertis, les abandonner au jugement de Dieu, qui les punira d'autant plus sévèrement qu'ils auront négligé les avertissements qui leur étaient donnés de sa part.« Connaissant ma faiblesse, si j'étais, dit-il, obligé dans ce cas de réconcilier un pénitent, je lui dirais : Je ne veux pas vous tromper; c*est au risque de votre salut que je vous permets l'entrée de Téglise; mais il ne dépend pas de moi de vous ouvrir la porte du ciel par une réconciliation de cette nature, c'est pourquoi je vous absous autant que votre propre accusation le demande, et que j'en ai le pouvoir... Ceux
qui seront plus courageux que moi pourront agir avec plus de vigueur; mais m\i mon sentiment, dont je ne prétends pas faire une loi aux autres, et je ne pense ainsi que parce que je crois nue l'on doit céder aa temps, pour éviter à r£glise de plus grands maux.»
11 rappelle les mêmes principes dans sa lettre aeuxcen^ trente-sixtimef au sujet do U querelle des investitures.
' Lettre cent qtuitre-vingt-sixieme. —II n'est pas |)ermis de rien receroir des excommuniés notoires et dénoncés, ni de leur rien donner, c'est-à-dire qu'on ne doit leur donner que par un motii^ de compassion humaine, ni rien recevoir d'eux que dans une nécessité inévitable ; dans la même : que l'oa peut accorder l'hospitalité à un excommunié, pourvu qu'on ne lui donne pas le baiser de paix, et qu'on ne man^e pas avec lui.
Lettre cent quatre-vingt-neuvième, — Bé^
Sonse aux protestations de l'arcbevèqueiie eims, se prétendant eu possession dupmilége exclusif de sacrer les rois de France : qu'il n'y avait aucune loi qui déférât è ce si^ le sacre de nos rois préférablemeot à tout autre , et que l'on pouvait opposer quantité d'exemples de rois de France sacrés ailleurs qu'à Reims, et par d'autres que nar l'archevêque de cette ville.
Lettre deux cent quatorzième, — Yves déplore les maux causés par la division entre le sacerdoce et l'Empire.
Il serait à souhaiter que nous pussions entrer dans le détail de tout ce qu^un recueil aussi excellent contient de plus important ei de plus curieux; mais, comme cela nous conduirait bien au delà des bornes qui nous sont prescrites, nous nous contenterons d'observer que ce qui rend ce recueil encore plus précieux, c'est qu'il contient divers points de l'histoire tant ecclésiastique que civile de la France que l'on chercherait vainement ailleurs. C'est dans cette source surtout qu'il faut puiser les principales circonstances et les suites fâcheuses du funeste divorce de Phili]}pe I*' avec la reine Berthe, son épouse lé^time, et de son scandaleux mariage avec fiertrade deMontfort, gue ce prince avait enlevée au comte d'Anjou, son mari. C'est là principalement Que l'on peut encore apprendre les raisons d£tat qui portèrent , en 1108, le roi Louis Tl à se faire sacrer, non à Reims, mais à Orléans. Il j a même quelques lettres qai peuvent servir beaucoup pour les généalogies de plusieurs des anciennes maisons de France : par exemple, la lettre të pour les généalogies des maisons de Mealen et de Crespi ; la 129* pour la généalogie des maisons de Vendôme et des vicomtes de Biois, et la 211* pour celles des comtes de Flandre et des comtes de Rennes.
Le recueil de ces lettres, ainsi que le> autres ouvrages du bienheureux Ytcs de Chartres, se trouvent reproduits dans ie Cours complet de Patrologie.
ZAC
DE PATROLOr.OL
ZAC
ZACHARIE, grec de nalion, succéda aa Pape Grégoire III et goaverna TEçlise romaine dix ans, trois mois et treize lours. — On met son ordination au vin^t-nuit norembre 741. II signala son pontiQcat par sa douceur et sa bonté envers ceux qui l'avaient persécuté avant son élévation, et par sou amour pour le clerp^é et le peuple romain. Le pontiQcat de Za(*harie est remarquable parle changement qu'il occasionna dans le gouvernement des Français : leurs rois depuis longtemps n'en avaient que le nom sans aucune autorité; les maires du palais s'en étaient emparés. Burchard, évèquede Virsbourg et Fulradc, chapelain du prince Vépin, furent délégués pour consulter le Pape sur la conduite que Ton devait tenir dans cet état de choses ; Zacbarie répondit que pour le maintien de l'ordre il était préférable de donner le nom de roi à celui qui en avait le pouvoir. Pépin fut donc élu et sacré roi à Soissons en 752 par le Pape Zacharie lui-même, qui mourut au mois de mars de la même année.
Ses lettres. — Dès que saint Boniface connut l'élection du Pape Zacbarie, il lui écrivit une lettre de félicitations et lui rendit compte en même temps de trois nouveaux évéchés en Allemagne : Virsbourg pour la Franconie ; Burabourg pour la Hesse et Erfort pour la Thuringe: saint Boniface, après avoir demandé au Pape la confirmation de ces évéchés, sollicitait la permission d'assembler un concile dans la partie du royaume gouvernée parCarloman, duc des Français, afin de rétablir la discipline ecclésiastique. II le consultait en même temps sur plusieurs points de discipline qu'il prévoyait devoir y être agités. Le Pape dans su réponse approuva les évéchés et ordonna, selon le désir de Carloman et de saint Boniface, la tenue du concile comme le seul moyen de connaître le sacerdoce. Saint Boniface avait demandé comment on devait se conduire à l'égard des évéques et des prêtres qu'il trauverait couuables. Zacbarie répond que dans le concile luturon doit interdire toutes fonctions aux évèques, aux prêtres et aux dia- ( Tes qui seraient coupables d'adultère ou de fornication, qui auraient eu plusieurs femruns, ou péché en quelques manières contre la discipline ecclésiastique. Il lui conseille Lie juger Ténormité de leurs fautes d'après les canons et les statuts des Pères. Le râpe lirégoire Jll avait permis à saint Boniface io désigner pour son successeur un certain Drèlre, dont le frère avait depuis tué l'oncle ïn duc des Français : ce qui causait un :rand trouble dans le pays, parce que d'après eurs lois il était permis à tous les membres rune famille de tirer vengeance de l'homi- *ide. Zacharie consulté sur celte difTicuité épund : « Nous ne pouvons souffrir que pen- Jant votre vie on élise un évêque pour vous succéder, car cela est contre les règles;
mais priez Dieu ciu'il vous donne un digne successeur, et à l'heure de votre mort, vous pourrez le désigner en présence de tout le monde, afin qu il vienne ici pour être ordonné. C'est une grflce aue nous croyons devoir vous accorder par 1 amitié que nous vous portons et que nous n'accorderions à aucun autre. ^
Lettre aux Francs et aux Gaulois, — La lettre de Zacharie aux Francs et aux Gaulois regarde le concile que Carloman réunit le premier jour de mars à Lestines en Cambrésis. Saint Boniface qui l'avait présidé avait fait son rapport au Pape pour l'avertir de ce qui s'était passé pour la réformation do la discipline. Le Pape, après avoir rendu grâces h Dieu, exhorta les évèques qui avaient composé ce concile, à honorer le sacerdocTe par leur conduite et à se rendre ainsi recommandables eux-mêmes aux yeux des hommes. 11 les exhorta aussi à s'assembler chaque année pour traiter ensemble de l'unité de r£glise et couper jusqu'à la racine les désordres qui pouvaient s élever dans le clergé.
Lettres à Boniface. -— Le Souverain Pontife dans une réponse à Boniface, qui avait demandé le pallium pour Grimon, archevêque de Rouen, se justifia de l'accusation de aimonie^ protestant que personne n'avait rien exigé pour le pallium qu'il avait envoyé et qu'il avait aussi donné gratuitement les lettres émanées de son secrétariat pour la confirmation et l'instruction de Boniface lui-même. « A Dieu ne plaise* dit-^il, que nous donnions aucune occasion de nous ac** cuser de simonie : nous disons au contraire anathème è quiconque sera assez hardi pour vendre le don du Saint-Esprit.» Le Pape lui accorde par les mêmes lettres de prêcher la foi;, non-seulement en . Bavière» mais par toutes les Gaules. Virgile et Sidonius, prêtres, informèrent le Souverain Pontifie qu'il se trouvait en Bavière un prêtre qui» par défaut de connaissance de la langue latine, baptisait en cette forme : Baptixo te in nomine patria et filia et $pirituasancta; le Pape répondit à Boniface, qui avait jugé à propos de réitérer le baptême conféré sous cette forme, qu'il ne pouvait consentir que l'on rebaptisAt ceux que ce prêtre avait baptisés ainsi par une ^iiu]pIe ignorance de la langue, sans y introduire d'erreur; puisqu'on ne rebaptise pas ceux qui l'ont été par les hérétiques, pourvu qu'ils l'aient fait au nom de la Trinité.
Lettre à Pépin^ maire du ffolais^ et à saint Boniface. — Pépin avait conjointement avec les évèques consulté le Pape Zacharie sur plusieurs points de discipline; le Pape répondit à tous les articles, mais il ne ut que rapporter les anciens canons contenus dans le code de l'Eglise romaine. 11 exhorta dans la même lettre chacun à faire ce qui dépendait de lui pour le bien de l'Eglise, les
ZAC