‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 21 sur 207 · ORT · texte numérisé non relu

ORT

Dfi PATHOLOGIE.

ORI

1- D en est pas moins heureuse pour tous... » i\ Dous lafouoDS, noire foi est feSet de Jt bonbear, paisqu^eile est la cause de . Ji aUacheffleot à Jésus -Christ. Nous :(*^ia Dieu de Tunivers et nous lui rz>j^3i grâce du don de la foi. Nous rA>/va5 À plus à la sincérité et à la véracité dt cm foj oot écrit les Evangiles^ parce >pt fie qualités brillent dans leurs récits* (u^ £32 impossible de rien soupçonner qui ss^.^ îe dé^Tiisemenl, Tarlifice, la ruse et . ^:<(5lare. Nous tenons pour certain que jïiliïesoon moins étrangères aux subli- .i^ de la (philosophie grecque, armée de ui; àt sophismes, qu'à toutes les finesses .caAéiorique du barreau* n'auraient pas r:è Lubies d'inventer tant de choses pro- :nî ftar elles-mêmes à faire germer la foi -^ nos cœurs, et à nous donner des mœurs '..ilonDes à noire foi. Pour moi, je suis jTMudé que Jésus-Christ na choisi de •.£^ bériuu de sa religion qu'afin quon ne yl: pas Faccuser d'être fondée sur les argu- -•iîi spéaeux de la philosophie; mais, au casiire, afin que chacun fût convaincu i-t 'lisimpliciu et la candeur de ces héri:Kii0O/enus du secours du ciel, avaient ciff-«i te que la science, Tart et l'élo- •^^cacedes Grecs auraient vainement tenté.» Aa icffloignage de Celse, les Chrétiens •Hti'/jdr système de n*admettre |iarmi eux >edcs hommes sans vertu, des ignorants, •ks ifibédles, oui considèrent la sagesse, ^ fi^ence, Terudition comme des maux îcr.uUe5. l)e tels gens, en reconnaissant vu sont dignes de leur Dieu, déclarent H '1 même qu'ils ne peuvent attirer dans tur parti que des personnes sans lumières, •irVWTues de jugement, plongées dans la ^^aÂlilé, des femmes, des enfants, des es» '•^Origène lui répond d'abord que « Ja ^>^ de Jésus est si sage et si relevée, ^"^^ (iroscrit le simple désir du crime t«iae« crime lui-même. Mais si parmi te Chfttieas on en voyait quelques-uns Tirredias h débauche, on aurait certaine- ^^^trmn(\^ condamner leur vie comme ^ip^ èui préceptes de Jésus , mais on '-raiîtoride faire retomber leur honte sur l'oûctnae elle-même, il est temps de couî^kJre celle imposture, et de montrer que "^^gessea toujours été en honneur parmi ^^'^ H que nous n'avons jamais cessé d'en ^^^^'fiuDaflder l'étude et la pratique. Les ^Jeooes Ecritures des Juifs que nous ad- ^«fiûQs comme eux , celles qui ont été i^riJes depuis l'aYénement de Jésus, et que '^ Elises reconnaissent pour divines, ^/u5 eo fourniront la preuve.

I D*abord le Roi-Prophète dit à Dieu, dans ^prière qu'il lui adresse au psaume l: im matez manifesté les secrets de votre iQ^ase. ( PsaL l, 8. ) Quiconque lira ce iitre des Psaumes, trouvera qu'il est rempli des plus hauts enseignements. Salomon imi demanda et obtint la sagesse. Ses ècrib, qui en ^sortent encore des traces et Itû ri^ulermeat des sentences sublimes exi'ruuéesea quelques mots, célèbrent dans

p!us d*un passage le mérite de cette vertu en nous exhortant à l'acquérir. On venait des extrémités de la terre pour l'entendre et pour l'admirer; et, comme Taffirme la reine de Saba, on trouvait que cette sagesse remportait infiniment sur sa renommée. Notre doctrine est si éloignée de ne pas vouloir de sages parmi les fidèles, que, pour exercer Tintelligence de ceux qui l'embrasseat, elle se voile tantôt sous des figures, tantôt sous des comparaisons et des symboles. De là vient qu'Osée, l'un des prophètes, parle ainsi à la fin de son livre : Où est le sage? et il comprendra ce que je dis: l'homme prudent ? et il pénétrera mes paroles. ( usee^ xiv, 10.) Daniel et ceux qui avaient été captifs avec lui, avaient fait de si grands pro|;rès dans les sciences des Chaldéens, qu'ils devinrent dix fois plus savants que les mages de la cour de Babylone. De là vient encore que dans Ezéckiel, le prince de Tyr, qui se vantait de sa sagesse, est foudroyé par ce reproche : < iS-tu plus « éclairé que Daniel ? Tout ce qui est caché « ne t'a point été révélé. »

«Maintenant, si vous prenez les livres écrits après l'avènement de Jésus-Christ, vous verrez que Jésus propose à la multitude des paraboles qu'il explique en particulier à ses disciples, comme aux héritiers de sa sagesse. II fait plus ; il promet à ceux qui croiront en lui de leur envoyer des sages et des docteurs. Dans lënumération des grâces qui vous sont données de Dieu, saint Paul place au premier rang le don do la sagesse, et nomme ensuite le don de la science comme inférieur au premier; au troisième degré vient la foi qui est au-dessous des deux autres; le don des miracles et le' pouvoir de guérir les malades ne viennent qu'en dernier lieu, parce qu'il les regarde comme bien inférieurs aux dons spirituels. Le martyr saint Etienne, dans les Actes des apôtres, rend témoignage aux connaissances multipliées de Moïse, empruntant sans doute ce fait à des livres anciens et qui n'étaient pas connus de tout le monde : Moïse, dit-il, fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens. {Act. vii, 22.) Voilà pourquoi on soupçonne ses mi* racles de ne pas venir de Dieu, comme il ne cessait de le répéler, mais des sciences égyptiennes dans lesquelles il était trèsversé. £branlé par ces soupçons. Pharaon fit venir ses enchanleurs, ses sages et ses magiciens; mais il fut bientôt manifeste pour tous les yeux qu'ils n'étaient rien en comparaison de Moïse dont la sagesse surpassait toute la science de ces imposteurs.

« 11 est vraisemblable jque ce qui a fait croire à quelques-uns que notre religion'rejette les sages, c'est ce que saint PauFdit des Grecs enflés de leur sagesse. Mais qu'on fasse attention au texte de l'Apôtre, et on verra que sa censure ne tombe que sur ceux qui négligent l'étude des choses spirituelles, invisibles, éternelles, pour s'occuper des objets matériels et terrestres, et y placer leur souverain bonheur. C'est pour

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W^tlOXNAlRE

om

y avez découvert des choses indignes d^Un homuie sensé. Si vous les méditez avec atteulion, vous ne manquerez point d'admirer, j*en suis sûr, le génie d'un homme qui eiprime de si grandes choses sous des pa* rôles communes; ou, si tous ne les admirez pas, vous passerez vous-même pour ridicule, â^oit qu'après avoir pénétré Je sens du grand Iiorame, vous vous contentiez de l'exposer soit que vous entreprenniez de combattre et de détruire ce que vous vous imaginez avoir réellement compris... Jo ne parle point encore de tout co qui s'offre à notre attention dans les Evan^ilesy où il y a de quoi exercer les esprits les plus éclairés et les plus simples. Jadis les plus éclairés; témoins ces mystérieuses paraboles que Jésus exposait à la muUitude, mais dont il réservait l'explication à ses entretiens .confidentiels avec ses disciples, choisissant, selon la diversité des besoins, tantôt la soKtude des montagnes pour certains discours ou cer- (aius actes, comme par exemple sa transfi- (^uraiiou, et tantôt la plaine ou les me^lades ))ouvaicnt s'approcher plus aisément, afin détre guéris de ses mains. Mais ce n'est pas ici le lieu d'enlever Técorce qui couvre tout ce qu'il y a d'auguste et de mystérieusement divin dans les IUvangiles ainsi qu'en Jésus- Christ, c'est-à-dire la sagesse et le Verbe liariaut par la bouche de saint Paul. Ce que j'ai dit suffit pour confondre le philosophe iéméraire qui n'a pas rougi de comparer les mystères les plus profonds de l'Eglise de Dieu, au culte impie et extravagant des chats» des singes, des boucs et des chiens d'Egypte. »

pour mettre le comble à la dérision, Gelse oppose à Jésus les héros et les dieux du paganisme. « Où sont leurs miracles lui demande Origène, et sur quoi reposent-ils? Ils n'ont pour garants que des auteurs décriés à cause de leurs mensonges. Ils ne tendent à aucun bu( et ne sont d'aucune utilité pour les hommes. Mais il n'en est pas de même de notre Jésus. Indépendamment de la guérison du corps qui en était souvent la conséquence immédiate, ses miracles ont été opérés pour persuader aux hommes de recevoir sa doctrine, cette relikrion excellente, qui n'a pour but que d'inspirer la piété et d'assurer la conversion des inœurs... Et vos oracles, les comparerez- Yous avec ce grand nombre de prophéties, qui si longtemps d'avance annonçaient le Christ, d^une manière tellement frappante que toute la nation juive l'attendait au moment précis delà naissance de Jésus? Les uns le reconnurent pour le Messie promis par les prophètes; les autres, pleins de mépris pour sa douceur inaltérable, et pour celle de ses disciples, se portèrent contre lui à des attentats que ces mêmes disciples n'ont pas craint de nous raconter avec leur franchise ordinaire, quoiqu'ils prévissent bien qu'on nous les reprocherait, et qu'on les présenterait comme l'opprobre du christianisme... Mais Jésus voulut, et tel est jiussi Tesprit de ses dlsci|)les, que ceux qui

embrasseraient cette doctrine, ne fusse

\)as tellement absorbés par la pensée de.

divinité et la contemplation de ses miraele

qu'il perdissent de vue son humanité

ses abaissements volontaires qui ontég

lemeat concouru au salut du monde.

effet, nous apprenons par là que c*est

Jésus que commença l'union de la nalu

divine et de la nature humaine« afin qi

par cette association auguste, l'humanité f

«'U quelque sorte divinisée, non pas seu'

ment dans la personne de Jésus, mais da

tous ceux qui embrassent arec sa religio

la vie qu'il a enseignée, laquelle conduit

lamitié et à l'union avec I)ieu quiconqi

conforme ses mœurs aux préceptes de J

sus.

« Dieu, en envoyant son Fils, a fait a

cepter son Evangile p^irtout l'univers, po

opérer dans les mœurs ce changement au»

admirable qu'universel. Presque tous I

hommes, excepté les Chrétiens, ne sont-i

pas superstitieux, intempérants et corro

pus? Les Eglises de Dieu, formées par

Christ et comparées avec les peuples

milieu desquelles elles sont établies, bri

lent dans le monde, comme des astres re

plendissants. Qui ^'avouera que les pli

imparfaits parmi les Chrétiens reniporlci

encore sur le grand nombre de ceui qu

nous Yoyoï^s dans les assemblées populai

res? L'Eglise d'Athènes, par eiemple, ri

dans une douce confiance ,^ et n a iïduln

ambition (]ue de plaire à Dieu ; les asseiti-i

blées politiques des Athéniens, au conlrair

ne respirent que le trouble et la sédilionj

et n'ontavec nous aucun trait de conformilâ

Il en est de même des Eglises de Coriniiil

et d'Alexandrie, comparées aux assemblé^

populaires de ces deux villes. Comparé

encore le sénat de l'Eglise de Dieu avec I

sénat de la plupart des nations, vour recoi

naîtrez que certains sénateurs de i'Eglis

sont dignes de gouverner la cité de Dieu, !

pareille cité se trouvait sur la terre; tan

dis que la plupart de vos sénateurs n'oij

rien dans leurs mœurs qui réponde à rémj

nence de leurs fonctions, Et si vous oppose

les prélats de chaque Eglise aux premiei

magistrats des villes, vous vous convaincre

facilement qu'entre les maigistrats civils fi

les sénateurs de Dieu, ceux-là mônie quj

par rapport au zèle et à l'activité des autre

pourraient passer pour ipactifs, l'emporte^

)ar leurs progrès dans toutes les vertus s^

es sénateurs et les magistrats politique

des cités. A de pareils traits ne reconnais

sez-vous pas la divinité de Jésus? »

«Votre attachement au chrislianisme,poui

suit Celse, n'a son principe que dans uni foi aveugle. »— « Pourquoi ne pas Tappele une foi heureuse, répond Origène? Quejou ne soient en étal de rendre raison de leu croyance, en est-elle moins légitimé, fondée comme elle Test sur la parole du Créateur souverain arbitre de l'univers, qui nous i communiquée par son Verbe? S'il nt^domn qu'à un petit nombre de pouvoir raisonne^ cette foi qui Jes attache au christiamstû^

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ORI

\'* Q en est pas moins heureuse pour tous...

'*, nous laTOUonSy notre foi est l'effet de

•ac bonheur, puisqu'elle est la cause de

^ Wi altachement à Jésus -Christ. Nous

• Tojofisau Dieu de l'univers et nous lui

rvùûsoA grâco du don de la foi. Nous

cDjQQSM plus à la sincérité et à la véracité

ti« cm qui ont écrit les Evangiles^ parce

<)M CR i^ualités brillent dans leurs récits,

oâ^lftl impossible de rien soupçonner qui

mtfeiedé^uisementy l'artifice, la ruse et

rîspostare. Nous tenons pour certain que

iesioesnon moins étrangères aux subli-

itiÀ et là philosophie grecque, armée de

Mrt 4e 50phismes, qu'à toutes les finesses

deiiffté^orique du barreau» n'auraient pas

Hé apablos d'inventer tant de choses pro-

impir elles-mêmes à faire germer la foi

Hiitsmjs coborSy et à nous donner des mœurs

œaformcs à notre foi. Pour moi, je suis

i^^rsuûdé que Jésus-Christ n*a choisi de

w^ bérants de sa religion qu'afin qu*on ne

p4: fias faccuser d'être fondée sur les argu-

&nb spécieux de la philosophie; mais, au

oatnire, afin que chacun fût convaincu

«pc il simplicité et la candeur de ces hé-

Tiits, soutenus du secours du ciel» avaient

eiAuié ce que la science, Tart et l'élo-

i^iKt des Grecs auraient vainement tenté.»

id témoignage de Celse, les Chrétiens

««tApour système de n'admettre parmi eux

•j'ieUes hommes sans vertu, des ignorants,

15 imbéciles, qui considèrent la sagesse,

j ><iidence, l'érudition comme des maux

criubles. De tels gens, en reconnaissant

;u*iÎ5 sont dignes de leur Dieu, déclarent

j'iT Va même qu'ils ne peuvent attirer dans

ir:ur \iàr\i que des personnes sans lumières,

>ir't»ourvuds de jugement, plongées dans la

Vii^âmié, des femmes, des enfants, des es*

ui«s. Origène lui répond d'abord que a la

dv^inne de Jésus est si sage et si relevée,

qaclk proscrit le simple désir du crimo

tuunktle crime lui-même. Mais si parmi

les ChtMens on en voyait quelques-uns

lirrvdaosk débauche, on aurait certaine-

Oitatrêisùa de condamner leur vie comme

f^tf^oséff aux préceptes de Jésus , mais on

idrui ton de l'aire retomber leur honte sur

ti lidclriue elle-même. 11 est temps de con-

WûJre celle imposture, et de montrer que

il sagesse a toujours été en honneur parmi

housy et que nous n'avons jamais cessé d'en

rtcumiuander l'étude et la pratique. Les

aurienoes Ecritures des Juifs que nous ad-

ifietiDOS comme eux , celles oui ont été

:tntes depuis Tavénement de Jésus, et que

k$ Eglises reconnaissent pour divines,

flous en fourniront la preuve.

% D*abonl le Hoi-Prophètedit à Dieu, dans b|»rière quil lui adresse au psaume l:

Uttf m'avez manifesté les secrets de votre t^aa^e. ( PsaL l, 8. ) Quicunc{ue lira ce litre des Psaumes^ trouvera qu'il est remliU des plus hauts enseignements. Salomon Au&si demanda et obtint la sagesse. Ses ^iiSt qui en portent encore des traces et M rcufcrmeat des sentences sublimes ex- ^T'mi^s eu ({uclques mots, célèbrent dans

plus d'un passage le mérite de cette vertu en nous exhortant à l'acquérir. On venait des extrémités de la terre pour l'entendre et pour Tadmirer; et, comme l'affirme la reine de Saba, on trouvait que cette sagesse l'emportait infiniment sur sa renommée. Notre doctrine est si éloiznée de ne pas vouloir de sages parmi les fidèles, que, pour exercer l'intelligence de ceux qui l'embrassent, elle se voile tantôt sous des figures, tantôt sous des comparaisons et des symboles. De là vient qu'Osée, l'un des prophètes, parle ainsi à la fin de son livre : Où est le sage? et il comprendra ce que je dis; rhomme prudent ? et il pénétrera mes paroles, ( Osée, XIV, 10.) Daniel et ceux qui avaient été captifs avec lui, avaient fait de si grands progrès dans les sciences des Chaldéens, qu'ils devinrent dix fois plus savants que les mages de la cour de Babylone. De là vient encore que dans Ezéchiel^ le prince de Tyr, qui se vantait de sa sagesse, est foudroyé par ce reproche : « Es-tu plus <K éclairé que Daniel ? Tout ce qui est caché « ne t'a point été révélé. »

a Maintenant, si vous prenez les livres écrits après Tavénement de Jésus-Christ, vous verrez que Jésus propose à la multitude des paraboles qu'il explique en particulier à ses disciples, comme aux héritiers de sa sagesse. Il iait plus ; il promet à ceux qui croiront en lui de leur envoyer des sages et des docteurs. Dans Ténumération des grâces qui vous sont données de Dieu, saint Paul place au premier rang le don do la sagesse, et nomme ensuite le don de la science comme inférieur au premier; au troisième degré vient la foi qui est au-dessous des deux autres; le don des miracles et le' pouvoir de guérir les malades no viennent qu'en dernier lieu, parce qu'il les regarde comme bien inférieurs aux dons spirituels. Le martyr saint Etienne, dans les Actes des apôtres , rend témoignage aux connaissances multipliées de Moïse, empruntant sans doute ce fait à des livres anciens et qui n'étaient pas connus de tout le monde : Molse^ dit-il, fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens. {Act. vii, 22.) Voilà pourquoi on soupçonne ses mi« racles de ne pas venir de Dieu, comme il ne cessait de le répéter, mais des sciences égyptiennes dans lesquelles il était trèsversé. Ebranlé par ces soupçons. Pharaon fit venir ses enchanteurs, ses sages et ses magiciens; mais il fut bientôt manifeste pour tous les yeux qu'ils n'étaient rien en comparaison de Moïse dont la sagesse surpassait toute la science de ces imposteurs,

« Il est vraisemblable/iue ce qui a fait croire à quelques-uns que notre religion'rejette les sages, c*est ce que saint Paul dit des Grecs enfles de leur sagesse. Mais qu'on fasse attention au texte de l'Apôtre, et on verra que sa censure ne tombe que sur ceux qui négligent l'étude des choses spirituelles, invisibles, éternelles, pour s'occuper des objets matériels et terrestres, et y placer leur souverain bonheur. C'est pour

om

'^^CTIONiNAIRE

Wï

cetle raison qu*il les appelle les sages de ce monde. De même» parmi cette foule de doctrines opposées» il appelait sagesse du monde, sagesse Taine, périssable et insea* sée, sagesse du siècle enfin, ces dogmes qui rapportent tout à la matière, et qui, posant en principe que tous les êtres subsistants sont des corps, rejettent les substances nommées invisibles et immatérielles. D'autres dogmes, au contraire, détachent notre âme des choses de Ja terre pour Té* lever à la béatitude du royaume du ciel ; ils nous apprennent, d'une part, à mépriser comme fugitif et périssable tout ce qui frappe nos sens; de Tautre, à porter nos désirs et qos espérances vers les choses immatérielles, pour n*âimer et rc contem« pler que ce qui est invisible. Voilà ce que

l^aul nomme la sagesse de Dieu

«Cet autre passage du même Apôtre mal entendu, a peut-être contribué à établir Topinion que nous n^admetlions jamais parmi nous de sages et de savants : Con^ aiderez votre vocation , mes frères , vous trouverez parmi vous peu de sages selon la chair j peu tillustres et peu de puissants : mais Dieu a choisi les fous selon le monde pour confondre les saaes; il q choisi les faibles pour confondre tes forts ; t7 a choisi ce qui était vit et méprisable ,. selon h monde t et ce qui n'était point ^ pour détruire ce qui est^ afin que nulle ch^air ne se glorifie devant lui. ( / Cor. i , 26-29.) Remarquez-le bien : TApêtre n*a pas dit : « Il « n*^ a parmi vous aucun sage selon la chair ; p mais bien :'« Vous en trouverez peu. » Il T a un fait certain, c'est que Paul, décrivant les

Sualités nécessaires a celui qu*il appelle vêque, exige celle de docteur^ quand il dit : « Il faut que Tévêque soit capable de < convaincre ceux qui contredisent la doc- « trine, et de fermer par sa sagesse la c bouche aux hommes vains dans leurs pa-

n rôles et séducteurs des flmes » Cest

donc sans fondement que Celse déclame contre nous, comme si nous disions : Loin de nous la science, les luo^ières etla sa-

Î cesse 1 Au contraire, nous disons : Que 'ignorant, que le simple, que l'enfant approchent, s'ils le veulent; car notre doctrine promet de guérir toutes ces in&mités, si elles viennent à elle, puisque c'est elle qui nous rend tous dignes de Dieu.

«C'estdonc encore une fausseté de souteiiir que les prédicateurs de r£vanfl;ile qe veulent persuader que des insensés, des hommes du peuple* des simples, des esclaves, des femmes et des enfants. Notre doctrine les appelle, il est vrai, pour les rendre meilleurs, mais elle en appelle d'autres aussi d'une conduite bien différente. Le Christ est le Sauveurdetous les hommes, mais principalement des fidèles. Qu'ils soient intelligents ouqu'ils ne lesoientpas, qu'importe? Nous travaillons à inculquer à tous la doctrine de Dieu ; nous proposons à Feniance des exhortations appropriées à la faiblesse de son 9ge, et nous apprenons aux esclaves à de- YeiUr libre par la religion en adoptant la

noblesse des sentiments qu'elle leur pire- Les prédicateurs du christianisme clarent hautement qu'ils se doivent Grecs et aux barbares, aux sages et ignorants. Ils avouent qu'il faut travj à guérir les Ames les plus grossières ell mêmes, afin que déposaot leurs ténèU selon le degré de leurs forces, elles s*ap quent à Tétude de la sagesse, suivant r parole de Salomon : Cœurs pesants , prenez la sagesse ; insensés^ cherchez teUigence l Quoi donc ! il est permis Grecs et aux philosophes d'exhorter à vivre les enfants, les esclaves, les inseni de les appeler même k Tétude de la pi Sophie, et on nous fera un crime de les] viter à s'instruire de notre religion.... r faisons-nous cependant? Nous travailloi guérir par le remède de la doctrine les tures raisonnables, afin de leur concilj Tamitié du Dieu, créateur de toutes du

«Il est vrai que nous appelons égalai nu christianisme les philosophes, quoif Celse nous accuse de ne rechercher que hommes de rien. Nous promettons bai ment et ouvertement le bonheur supn à tous ceux qui vivent conformément loi de Dieu, qui lui rapportent toutes leur actions, qui accomplissent tout en sa prc sep,ce, qui prennent Dieu pour témoin e ju^e de leurs couvres. Est-ce là ce qu'eni seignent, comme il le prétend, des cardeurs, des cordonpiers, des foulons, des homuiei grossiers et sans culture ? 9

Celse, après cela« comprenant qu'il & été trop amer dans ses invectives, cherche Mes colorer d'une espèce d'excuse , en doDDani à entendre qu'il n'a rien exagéré. «« En effet, dit-il, quiconque invite les autres à la célébration de mystères étrangers, proclam< ces mots à haute voix : « Vous tous quiôle: « purs de tout crime, d ont l'a me n'est déchi « rée par aucun remords, et qui avez lou «i jours vécu dans la vertu ainsi que dans h «justice; vous tous qui avez les mains purt? « et qui êtes sages dans vos paroles. > Voilà 1 lan^a^e de ceux qui promettent la purifier tion des péchés 1 Maintenant, écoutons le Chrétiens appelant les hommes à la célébra tion de ce mystère: « Pécheurs, ignorants « enfants, Ames simples, en un mot infortn « nés, qui aue vous soyez, approchez : vou «recevrez le royaume de Dieu. » Qu'esK donc qu'un pécheur, je vous prie, sinon un la juste, un voleur, un brigand armé, un em poisonneur, un sacrilège, un spoliateur qu brise les tombeaux ? Quelle autre espèce d gens ramasserait-on pour composer un ta de brigands ? n

« A cela nous répondons, dit à son tou Origène, qu'autre chose est de présenter des Ames malades le remède dont elles on besoin, et autre chose est d'appeler celle

3ui sont saines à la connaissance et à la nie itation des choses divines. Comme nuu n'avons garde de confondre ces deux choses nous exnortons d'abord tous les homtoe à venir chercher leur guérison parmi nous nous exhortons les pécheurs è écouler di'

om

OIU

ludUvs qui les détournent du péché; les unuraots àpréteruno oreille docile à ceux \\x\ ai^oillooDeat leur intelligence et (leur »*.^aueut en aide par la sagesse ; les enfants

rrcadre des sentiments et un rœur d'hom- ..e.Qae dire enfin? nous convions tous les

u.Mh<iireux, quelqu'ils soient, à une vie 4.!«chearett5e, ou pour mieui dire, à la l-fwiude elle-même. Aussitôt que ceux jjqjeUaous adressons ces exhortations • arûtassez de progrès daqs la vertu pour {j'iiïoit évident que notre doctrine lés a ''iiQ^és, alors nous les initions à nos mys^ :<rcs;car nous prêchons la sagesse parmi

• jbis comme nous enseignons que la sa-

«snreacQtrera point dans Tâme corrompue

H iitatrera pointdans le corps des hommes

Miaiis au péché, nous disons: « Vous tous

w avez les mains pures, et c|ui par consé-

^Qlleyez vers Dieu des mains innocentes,

\^i quelles touchent aux choses célestes

«l^mes, de manière à pouvoir vous

Wtf:roi(qitondeme5 mains est comme le

♦wi^tduioir (Psal. çxl,2); venez à nous.

Vjf celui qui a la langue circonspecte

('W, î), parce qu'il médite jour et nuit la

/« da Seiçneur (Psal. cxvm, 77, 91, 97); et

*|w a appris ^discerner le bien d*avec le

®^. ne craigne pas de prendre les aliments

^^i-Jes el spiriluels qui conviennent aux

*^attede la piété et de toutes les vertus ;

^ celui gui est eiempl, non-seulement

^^tb^i crime, mais des fautes mêmes les

fjas léjjrçs, s'approche avec confiance pour

weuuiié aux mystères de la religion de

^«u», œjsières institués pour les justes

^««^ «pour les saiqts.

tl^ i^'^'oJne que nous n'appelons à

^ote pécheurs que dans l'impuissance

^^«.«ûinQjes de ga<5ner h notre cause

r—^i^Jûl Tériinblement justes et ver-

viSr '^'^^' selon lui, que nous ou-

-.l^'JïÇ'les aux hommes les plus per-

T7t 0t*^ décriés. Toutefois, si Ton

-J ' *"*«er nos assemblées avec des

rJfrlîlf.^^ ®"^^<^n, on y trouvera plus

,«î?if^^"'^«vie n'était pas déréglée

„ .i JAt*/ «ïDîersion, qu'on en trouvera

'jynSf^ntdansHnfamie, La nature en

"^•^'î'^eceux dont la vie est la plus

«r iltt!ï '^^ que nos enseignements

!^;^J?^®penses que Dieu destine aux

^ soient lériiables, acquiescent plus

} 'joiMameDi à ces dogmes que ceux qui

>-w pwDgésdan^ le désordre. Comme leur

aasaeace les accuse, ilsdoiveqt avoir de

« f«P«giMûce à adn^ettre un Juge suprême

HA les condamne aux châtiments qu'ils ont

^més. Ilarrire même quelquefois que les «ttieufs, Quoique disposés par Tespérauce '^ fanion à reconnaître ce que nous enwipoos sur Je jugement de Dieu, sont rete- Ji5 dans leurs anciens désordres par les uiiluesde l'habitude et ne parviennent que irrr^jiMemeui à les briser— Celseva plus HiiSi il assure que les pécheurs d'habitude aepearent jamais se réformer entièrement, wé.uc |i«r la crainte des peines^ qui les at-

tendent. Il se trompe : car rien qu'il soit vrai que tous les hommes sont naturellement enclins au péché, et que beaucoup, non-seulement s'y portent d'eux-mêmes, mais encore par Tentralnement de l'habitude, on ne ()eut dire cependant que tous les hommes sont incapables de se corriâ^er entièrement.

« Lesdocteurs du christianisme, poursuit Celse, ressemblent à ces charlatans qui se font forts de vous guérir et qui écartent les médecins habiles, dans la crainte de voir leur isnorance découverte. Quels sont donc ces médecins habiles dont nous défendons Tafiproche aux ignorants? Les philosophes? Mais puis qu'il prétend que nous interdisons notre doctrine à ceux qui cultivent la philosophie, les philosophes ne peuvent pas être les médecins de qui nous détournons ceux que nous exhortons à embrasser notre religion. Il faut donc qu'il aille les cher-» cher ailleurs, dans la lie du peuple; mais il n'jr trouvera que la bassesse des senti-i ments et le danger de systèmes pernicieux, comme celui qui établit le polythéisme, et par conséquent le culte des démons. Ainsi, de quelque côté qu'il se tourne, il est convaincu d'erreur lorsqu'il nous compare à des hommes qui éloignent les médecins ha-« biles. Mais, quand nous les détournerions de la médecine et de la philosophie d'Ëpicure, où serait le mal? Ne sont-ce pas ces pré-» tendus médecins qui ont gâté les esprits en niant la Providence et en plaçant le souverain bien dans la volupté. Aurions-nous tort d'écarter également de nos prosélytes ees autres médecins connus sous le nom de péripaléticiens, oui, en repoussant l'assistance divine, brisent tous les liens entre le Créateur et les créatures? £n désabusant les hommes et en leur persuadant de se consa-^ crer uniquement au Dieu maître de toutes choses, on remplit h leur égard un devoir d'hu« manité,«et on porte un remède aux profondes blessures que leur avait faites la doctrine des philosophes, a Origène passe ainsi en revue la plupart des systèmes de la philosophie païenne, et il conclut en disant : « Il n'est donc pas vrai que noos disions à l'en-* fance , à la grossièreté , à l'ignorance : « Fuyez les médecins; >« et encore : « Gar-« K dez-vous bien d'acquérir quelque science, n Nous ne disons pas non plus : « La science (I est un mal, » et nous ne sommes pas assez insensés pour nous imaginer que les connaissances puissent nuire à l'Ame, ou que la sagesse ait jamais égaré qui que ce soit, lorsque nous enseignons, jamais aucun de nous n'a dit : « Attacnez-vous à moi, » mais plutôt : « Attachez-vous au Dieu de l'uni- ^ vers et à Jésus qui enseigne sa doctrine. » Nul d'entre nous n'est assez arrogant pour tenir à ses compagnons le langage que Celse prête à l'un de nos docteurs : a C'est moi «seul qui vous sauverai. » Il est encore faux que nous ayons dit : « Les véritables mé-» «decins tuent les hommes auxquels ils pro-» « mettent la santé. » Voyez donc combien 4Q faussetés il avance contre nous l «(

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D'CitlONNAIRE

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Après tant d'invectives et d'incriminations odieuses^ Ceise veut encore avoir Tair de faire grice aux Chrétiens en supprimant un

Î^raud nombre de reproches qu il pourrait eur adresser. « Pour ne pas trop m'étendre, dil-ii, je me contenterai d affirmer qu'ils se rendent coupables envers Dieu et les hommes lorsque, pour attirera eux les pervers, ils les nourrissent de vaines espérances et leurs persuadent de mépriser les biens présents, parce qu'ils en trouveront de beaucoup préférables à ceux qu'ils ont sacriflés. » — « On peut répondre à cela, dit Origène, que la vertu qui attiire les hommes h. la religion chrétienne agit bien moins sur les méchants que sur iesflraes simples et timorées. Ceux qui brûlent de faire profession de notre foi sont ceux que la terreur des supplices dont elle menace engage à s'abstenir de ce qu'elle défend , et qui, ne craignant que les peines éternelles, bravent tous les tourments que les hommes peuvent inventer: les tribulations, les tortures, la mort elle-même. Quel homme sensé dira jamais que c'est là le fait d'une volonté perverse? XJne volonté perverse s'applique-t-elle à la tempérance, à la sobriété, à la libéralité, à la bienfaisance? Elle n'est pas même ca^iable de cette crainte de Dieu a laquelle notre doctrine exhorte tous les hommes, parce qu'elle est utile à ceux qui ne peuvent encore ni apercevoir ni choisir le souverain bien, comme le bien suj^érieur à toutes les promesses, la vertu qu*il faut aimer pour elle-môine, chose qui ne peut arriver à aucun de ceux qui ont pris le parti de vivre dans le mal,

«Mais peu t-ôtre les méchants sont-ils moins capables d'éprouver celte crainte que les autres. La plupart des homme» ne démêlent pas l'intention du législateur ni le but de ses menaces. Cependant sa doctrine sur les châtiments futurs, makré les nuages qui la couvrent, est aussi salutaire aux hommes qu'elle est certaine. Mais d'ailleurs, s'il est faux que nous n'attirions à nous que des pervers, il n'est pas plus vrai que nous fassions injure à Dieu. Nous n'enseignons sur sa nature que des choses véritables et qui paraissent claires, môme aux Ames les plus simples, quoiqu'elles ne comprennent pas aussi distinctement que celles qui sont exercées dans l'étude de nos mystères. Celse, arrivant à nos dogmes sur la vie bienheureuse et sur notre union future avec Dieu, nous accuse de bercer les Chrétiens de vaines espérances. Mais il regarde donc aussi comme chimériques les opinions de Pylha- ^ore et de Platon, qui soutiennent que T&me doit s'élever jusqu'aux cieux les plus sublimes, pour jouir, dans ces régions supérieures, des mêmes contemplations que les bienheureux? Il regarde donc comme abusés par de vaines espérances tous ceux qui croient l'Ame immortelle ; il regarde donc comme le jouet d'une fausse attente tous ceux qui se persuadent qu'elle a une autre origine que le corps et qu'elle ne périra

point avec lui? Au reste, qu*on ne croie

pas que je m'écarte ici de mes principes en

m'appuyant contre Celse du suffrage d philosophes qui enseignent l'immortalité l'Ame. Si nous avons avec eux quelqu principes communs, il ne nous est q plus facile de prouver que la félicité de vie future n'est que pour ceux qui ont ei brassa la religion de Jésus-Christ et ser le Créateur de toutes choses avec une pié sincère et pure de toute superstitieuse ad ration de la créature.

« Maintenant, démontre qui voudra la s périorité de ces biens présents dont noi conseillons h tort le mépris. Notre doctrii enseigne qu'à ceux dont la vie a été im préhensible et qui ont aimé le Dieu s prême d'un amour constant et invariabie, même Dieu prépare une félicité éternelle ^ Jésus-Christ, son Verbe, sa sagesse, sa ver infinie. Qu'on la compare avec celle qu promettent les sectes de philosophes gre ou barbares ; puis, qu'on prouve que leu promesses sont aussi véritables queconfo mes à la volonté de Dieu et appropriées au vertus de l'homme de Dieu, tandis qa n'en est pas ainsi de notre félicité; qu*d prouve que cette doctrine ne nous apuii été transmise par r£sprit divin qui red plissait alors les Ames si pures des pro phètes; qu'on prouve que des enseigna menls, reconnus par tous comme émanés a l'homme, méritent d'être préférés à un doctrine inspirée de Dieu, comme nous 1 démontrons pour la nôtre. Quels sont eDiU ces biens en échange desquels nous en pr^ mettons de supérieurs? Tout orgueil mil de côté, n'est-il pas évident que Ton d peut rien imaginer de plus beau qued s'abandonner au Dieu suprême et .d'embra ser une doctrine qui, en nous détachant q toutes les choses créées, nous conduit à i Dieu suprême, par sa parole vivante et m mée, c'est-à-dire, par son Verbe, qui est i mêmetempssa sagesse éternelle elsonFilsl

Quatrième livre. -^ Avant de combatlj dans ce quatrième livre les attaques sai cesse renouvelées de Celse contre noi doctrine, Origène s'adresse à Dieu par J sus-Christ, le conjurant de vouloir bien pr sider à son langage comme il le titautreto| pour son saint prophète Jérémie, à qui! disait : Voilà que f ai mis ma parole sur t\ livres , voilà qu'en ce jour je t'ai établi sur l\ nations et sur les royaumes^ pour arracherl pour planter^pour recueillir et pour di*sip<\ pour édifier et pour détruire. II Jerem* | 9.) « En effet, s^écrie Origène, j ai besoin il de paroles qui aillent chercher au fond u Ames blessées les mensonges de Celse, , les en orrachent; j'ai besoin de pense^ dont la lumière fasse évacuer les ténèbr de tant de fausses opinions, et dont la seu atteinte renverse sur ses fondements c édiQce d'orgueil et de mensonge, conslru sur le modèle de cette tour lameuse q^ les hommes prétendirent élever jusq[ua ciel ; j'ai besoin de cette sagesse qui u truit tout ce qui s'élève avec hauteur cob" la science de Dieu ; j'en ai besoin P|>" abattre et confondre ror;;ucil de tcis^

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ia!$ sera-ce assez d*avoir abattu et détruit ?

•u^ujsdOQte. lÀ où l'erreur croissait en

nues maartis, il faut répandre la bonne

Iki^eweet fertiliser le champ du Seigneur;

Il ^t^ afélerait cet édifice fastueux, il faut

toQstnrire an temple à la vérité. »

&]«iUaqae à la fois, et les Juifs qui, ne r^alDl pas reconnaître que le Christ est vrfls* l'iltendent encore, et les Chrétiens, çu .«cottenoeot que Jésus est le Messie iTRoocé^iarles prophètes. « Pour étayer son r«ertîoo d^une apparence de raisonnement, V' eût bien dA rapporter quelques-unes de DOS prophéties, et de leur discussion faire jesortir la preuve de ce qu'il avance contre k9 espérances des uns et la foi des autres. Uni, 5oit qn*il n'ait pu en éluder la force, 'a qo'ii ne les ait pas même connues, il «iit pas an mot de ce grand nombre de étliclioDS, qu*il avoue cependant être trèsrâleuses. Il se borne a cette question : Pairquoi Dieu serait-il descendu sur la •«mTtPuis il établitplusieurs hypothèses, loBtopliis absurdes les unes que les autres, ^ïaraôoi? î^ous pouvons le lui apprendre : ^l«rèeax raisons principales : La première, f^cr 9UTer les brebis perdues de la maison Il Iwl; pour enlever aux Juifs, à cause de kir iwrédolilë, ce que rEcrilure appelle U witiûedeDieu ; pour appeler à la vigne |ii wtps ooTriers, c'est-à-dire les Chrétiens, »i«i Is tttUiTeront mieux et la feront fructiter.Ccs motifs au moins sont plus plausibles que ceux imaginés par notre philo- >^be, qci suppose en Dieu la curiosité de M»o\rce qai se passait parmi les hommes. W-çe que Dieu ne savait pas tout? El s'il •*nu lottt, pourquoi n'a-t-il pas corrigé '«ttiW*bommes? Cela passait-il le pouvoir 'i^ lhe»iî Plaisanterie qui ne serait que ^J^k'ïis goûl, si cela n'était absurde, |f?*^les temps et de siècle en siècle, r^^^'Jùlail descendre sa parole dans les *»ï«^iej serviteurs et de ses prophètes, P*w jiwniclion de ceux qui étaient disj^J/*»ttler. Et depuis l'avènement de -'wi-O/ttf, c'est par la doctrine chrét/rflûf (ju il fedppggç^ non pas sans doute ^w quj feulent persister dans leurs déi^nirts^ (Dais ceux qui consentent à se jf'iier diriger dans une voie meilleure. ^'^ roudrait-il que Dieu se rendit toufurs présent aux regards des hommes; '^«i/irracMi de vive force tous les germes *jmés qui existent dans leurs cœurs, pour J; laisser que de vertueuses impressions? 'liî dans cette hypothèse, que devient la ' trié de l'homme? quel mérite aurait^on ' ifoire à la vérité et de haïr le mensonge fî. erreur? On ira plus loin, et avec Celse, 'li demandera si Dieu, en vertu de sa toute- ;'^is>arice, pouvait faire que les hommes vnfknt au monde dans un état d'innocence l^rlaiie, de manière à ce qu'ils n'eussent jvuais besoin de correction. Ces réQexions >iiaG<|uent rarement d'embarrasser les simrjesetles ignorants, mais elles sont loin a'arrftter ceux qui connaissent mieux la wure des choses, lU savept qi^'eu ôtant

à la vertu son libre arbitre, ou lui aulève son essence, on l'anéantit. Cette matière, au reste, exigerait un traité tout entier. Les Grecs, dans Teurs livres sur la Providence, l'ont considérée sous une multitude d*aspects, et il s'en faut beaucoup que, comme Celse, ils aient dit : « Dieu donc connais* « sait ces désordres, et cependant il ne les a « point corrigés; c'est qu'il n'était pas assez « puissant pour le faire. » Moi-même enfin, en toute circonstance et aussi bien que je l'ai pu, j'ai traité cette difficulté; et il est bien certain que les divines Ecritures bien entendues conQrment le sentiment exposé plus haut.

« Au reste, on peut rétorquer contre Celse lui-même ce qu*il objecte aux Juifs et aux Chrétiens, en lui disant : « Voyons, veuille? nous répondre I Nous parlons des choses de ce bas monde : Dieu les connaît-il, oui ou non? Si vous admettez un Dieu et une Providence, comme en effet cela semble résulter de vos raisonnements, vous voilà forcé de lui en attribuer la connaissance. — « Mais s'il les connaît, pourquoi ne les réforme-t-il pas ? — Quoi donc est-ce à nous d'en rendre raison, ou à vous qui, pour no pas paraître trop épicurien, faites semblant de reconnaître une Providence? Quant à nous cependant, nous n'hésitons point à dire que Dieu ne manque jamais d'envoyer vers les pécheurs des instruments de couversion et des moyens de salut, mais avec des différences sensibles dans le choix qu'il lui plaît d'en faire. Tel fut Moïse, tels furent les prophètes. Au-dessus d'eux et les surpassant de bien loin, tel fut Jésus qui, dans cette réforma lion de la nature humaine, ne borna point ses secours à un seul peuple, mais les étendit à tous autant qu'il fut en lui. Celui-ci, en effet, pourquoi est-il venu? Pour être le Sauveur de tous les hommes* »

Origène réfute ensuite quelques absurdités que Celse prête gratuitement aux Chrétiens, comme si dans notre pensée Dieu pour descendre vers nous devait quitter sou trône et le laisser vide, a II ne sait pas que l'Esprit du Seigneur remplit l'univers, et que contenant tout en lui, il entend et connaît tout. Il ne comprend pas ce passage du prophète : Est-ce que je ne reinplis pas le ciel et la terre? dit le Seigneur. ( Jerem. xxiii, 2^.) II ne voit pas que la doctrine chrétienne développée par saint Paul devant l'aréopage, c'est que « Nous avons en Dieu « l'être, le. mouvement et la vie. » {Act. xvii, 28.) Donc, à prendre cette parole à la lettre, Dieu ne descend parmi les nommes que dans la personne de Jésus. Mais on peut aussi lui donner un sens spirituel et moral. Quand nous disons, par exemple, que Dieu vient d*ici pour aller là, qu'il sort d'un homme pervers pour entrer dans un homme vertueux, ce n'est pas l'idée d'espace qui nous préoccupe; nous voulons dire seulement qu'il s'établit dans une Ame, qu'il la forme et la façonne h son image, et qu'il la rem*pi il tout entière des ilons de sou E5j>âJ

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divin. Donc, que le Christ descende du ciel ou que Dieu s'approche des hommes, ni son trône ne reste vide, ni rien ne se trouve changé dans l'ordre de l'univers.

Les objections qui suivent nous semblent tout aussi ridicules et dénoter une ignorance aussi complète de l'action divine, ce qui nous dispense d'en reproduire la réfutation. En etret, que voulez-vous que l'on réponde à un homme qui ditque i Dieu, pensant que quelque chose lui manquait parce qu'il se voyait inconnu des hommes, a voulu s'en faire connaître, et juger aussi par luimême quels étaient ceux qui croyaient et ceux qui ne croyaient pas. m Aussi reproche-t-il aux Chrétiens, à qui il attribue gratuitement celte ingénieuse supposition, de faire leur Dieu semblable à certains hommes, qui font paraded^une fortune subite comme d'une richesse qui doit les glorifier. Origène avoue que Dieu était ignoré des mécnants, et qu'il a voulu en être connu, afin qu'ils fussent délivrés de leurs mi* sères. En effet, lorsque par une vertu secrète et divine, il entre dans quelques hommes ou leur envoie son Christ, il ne le fait pas pour distinguer les croyants d'avec les incrédules; mais il se propose, d'un côté, d'arracher à leurs misères ceux qui croient en lui et qui reconnaissent sa divinité; et de l'autre, d'enlever aux incrédules tout prétexte d'excuse, fondé sur ce qu'ils n'auraient point connu la vraie doctrine.

Après cette plaisanterie, Celse, convenant avec nous que Dieu n'éprouve aucun lif^soiu d'être connu, nous demande « comment il se fait qu'après tant de siècles il pense à faire rentrer, les hommes dans la voie du salut, quand auparavant il n'y pensait pas? «—«Dieu, répond Origène, n^ lamais cessé de vouloir que les hommes (levinssent justes; il l'a toujours eu h cœur, et après leur avoir donné la raison, il les a inis, en différentes occasions, sur la voie de la connaissance et de la pratique de la vertu. Aucune génération ne s*est écoulée sans que la sagesse do Dieu, en descendant dans des hommes qu'elle trouvait saints, n'en fit ses amis et ses prophètes. Les livres sacrés sont là, pour nous njontrer d'âge en âge ces hommes qui reçurent en eux l'Esprit divin, et qui s'employèrent activement, chacun selon la mesure de ses forces, à la conversion de leurs frères, Qu'importent donc les vaines réclamations de Celse? Après les nombreux prophètes employés à la correction d'Israël, le Christ est venu pour ré-» former le monde entier. Comme ceux qui l'ont précédé, il n'a* pas besoin de verges, de chaînes, de supplices pour châtier les hommes. Quand celui qui sème est sorti pour semer, il lui a suffi d'instruire, et aussitôt l'instruction a çermé partouL L'univers est devenu chrétien, et dans ce nouveau peuple, pendant que les hommes d'intelligence cherchent h approfondir les mystères de la vérité, les simples et les petits croient sur la parole du Maître; ils s'en remettent avec une entière cont^ance au

Sauveur des hommes, et leur foi derie pour eux un argument inébranlable. »

Celse nous accuse d'enseigner de Di des choses très-peu saintes et très-peu reij gieuses, quand nous parlons des supplici nécessaires à la punition des coupable Suivant lui, nous ne croyons pas à ki existence réelle, mais nous voulons seul ment faire peur aux simples; et là-dessn il nous compare à ceux qui, dans les nijsi res de Bacchus, effrayent les assistants p des apparitions de spectres et defaDlôue — Origène laisse aux Grecs le soin ded fendre leurs mystères ; quant aux nôtrcx, les soutient et les justifie en disant : » Q. le but de la religion étant de corriger! hommes, elle emploie deux moyens priot paux pour y parvenir. D*un côté elle nu menace des peines futures, et en nous i montrant la nécessité, elle nous persua' qu'elles sont réelles, afin que nous trav^i lions à les éviter; de l'autre elle promet vie bienheureuse dans le royaume éternel ceux qui, ayant bien vécu, auront méri d'avoir Dieu pour roi. s

A propos du déluge et de remhraseaiei

f;énéral de l'univers dont, suivant Celse, m ivres saints ont emprunté l'idée premièi aux écrits des Grecs et des barbares, il not reproche de représenter Dieu comisefj bourreau qui descend le feu à la main poc tout consumer.«En effet, remarque Origéoi la divine Ecriture appelle notre Diea «i feu consumant: des fleuves de feu sorttMA sa face^ et lui-même s'avance commt un m

Ïui dévore f comme une flamme qui p\km fais puisque Dieu est un feu coosumaDl qui doit-il consumer ? La malice, disoQJ nous, et tout ce qui tient d'elle, dont I bois« le foin et la paille ne sont que les m ces dans le sens tiguré de nos Livres sacre L'ouvrage de chai^un^ dit l'Apôtre, se\ éprouvé par te feu. Celui qui aura bâti sur i fondement qui subsiste en recevra la récompt se. Si V ouvrage de quelqu'un est consumé /i le feuy il en portera la.peine. (/ Cor. m, 13, 1 \ Cette œuvre brûlée que peut-elle signih sinon l'œuvre de la méchanceté ? C'est en sens que notre Dieu est un feu consumât Les Qeuves de feu «ortent de sa face po consumer tout ce qui a pu se mêler d'imp à la pureté native de l'âme. »

Celse continue et raisonne ainsi : « Di( est bon, il est beau, il est heureux; toul qu'il y a de plus beau, de meilleur, de pi heureux, il le possède en soi. S'il descei aux hommes, il ne peut donc le faire 5â changer; s'il change, il ne peut donc faire sans perdre quelque chose de sa bont de sa beauté, de son bonheur? Qui voudra d'uu pareil changement? A coup sûr il i saurait convenir à Dieu. » Origène s%,i^ tente de répondre que c'est là un raisonu ment absurde : Voilà tout. Ce qui est m c'est que Dieu, quoique immuable par nature, descend aux hommes par sa prov dence et par le soin qu il prend des chos humaines. Les philosophes n'out pu conc voir Dieu tel c^u'il est nalurclleiueut, ces

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DE t>ATROLOGIE.

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è-dire simple, incomposé, incorruptible, unique. Quant & celui qui est descendu tentai les hommes, il avait la nature de V\fyï, elil s est anéanti lui-môme» par amour \B*\x eui,etaGn d'en être compris. Ce n*est )AsàCire pour cela que de bon il soit devenu méchant, car il n'a jamais péché; ni •)«( de bon il soit derenu laid, puisqu'il c ijisiis connu le péché ; ni que du l)onhcor il soit tombé dans Tinfortune» puisses slinmiliant pour sauver le genre huaim, ti Ta fait sans rien perdre de sa féli- Bk, Origène ne croit pas devoir ajouter itttreehose contre l'opinion de Celse, qui, ttii, oe comprend pas ce que l'histoire »Mi5 ncoDte des changements et des trans« fipnUons de Jésus, et qui ne sait pas dis- Uùzotr dans sa personne le mortel d'avec fjAiiMrtel, et ce qui est de Tun d'avec ce ft <)Qi ap()artient à Tautré. Pourtant il 4ïuie : • Si quelqu'un dit que Time de lélu 4 élé changée , par cela seul qu'elle est B\H«dans un corps, je lui demanderai de ^\t espèce de changement il entend par- KI.& cest d'un changement de substance, /leBN, non pas seulement de i'&me de Jé- ASinis encure de toute autre Ame raisonnble. Si l'on veut dire aue s'étant revêtue «l'ira «rps, elle n'a pu éviter qu'il n'agit lar elle et la fit souffrir à cause de l'union V*i'>s ont eue ensemble, et du lieu où elle • 4^ T«ir pour s'unir à lui, qu'y a-t*i! en t^ fadigae da Verbe que son ardent •Bwwpour les hommes a fait descendre imiitttx pour être leur Sauveur, accom- ^issaal ainsi ce qu'aucun de ceux qui l'a- ^«Ijiréeéiié, n'avait pu faire pour notre pjcfiion. les prophètes, qui ne l'ignoraient M&y lai lendenl, à cet égard, de nombreux t*«iM»iaiases, mais celui de saint Paul nous %jŒïêii:i. Soyez, nous dit-il, dans la même ^*»*Nti«oti 0 été Jésus-Christ; lui qui «î^ « ii/iire de Dieu, n'a point cru que ^ |m Hif lui une usurpation de s'égaler à ^^^ffii'tst cependant anéanti lui- "^f «ywon/ ta forme d'esclave^ en se ^f^éÊÊéimHable aux hommes et en se fai' ^t^ ^tnMtre pour homme par tout ce qui sp€ru 4i fcj. il ,'^,/ humilié lui-même, se

rendMi9iéitwit jusqu'à la mort, et iusquà " wtiik croix. Cest pourquoi hieu l'a flnt a Im adonné un nom au-dessus de tout tn». {Philipp, a, 5-9.)»

Use/o(rujuitensuite les Juifs d'un côté

(t ;es Ûirélleos de l'autre: les Juifs ex-

f^7ua( pourquoi ils attendent encore le

^si; elles Chrétiens, sur quoi ils se fon-

Hil pour croire et affirmer ^u'il est venu.

loia d*abord comment il raisonne, ou plu-

:<"( eommeot il fait parler les Juifs: a La

rfbunuine étant pleine de vices et d*im-

Nrelés, il est nécessaire que Dieu envoie

'ijHqu'ao pour punir les méchants et tout

untier, coosroe au temps du premier dé*

l;^ » Mais qu'y a-t-il là d'absurdo que,

f mal iooodant la terre, quelqu un vienne

\m la purifier et traiter tous les hommes

«Qi^éoéralet chacun d'eux en particulier,

viHume il mérité de l'être. Est-il indigne

de Dieu d'obvier à. une corruption universelle, par un renouvellement intégral de toutes choses?.. « Les Chrétiens, poursuit Celse, ajoutent d'autres considérations à celles alléguées par les Juifs, et disent que le Fils de Dieu a déjà été envoyé à cause des péchés de ces mêmes Juifs, et que ceux-ci^ en accablant Jésus de tourments immérités, et en Tabreuvant de tiel, ont détourné sur eux toute la colère de Dieu. »— a Eh bien ! que celui-ci accuse de fausseté les Chré-' tiens, nous le luv accordons, s'il peut prouver (iu*avant qu'un siède se fût écoulé depuis le supplice de Jésus, la nation tout entière des Juifs n'a pas été chassée de ses antiques demeures. Car enfin, si je ne me trompe, quarante-deux ans après que Jésus a été élevé en croit, Jérusalem a été détruite et renversée de fond en comble : et, depuis le premier jour où ils s'assemblèrent en corps de nation, jamais les Juifs n'ont été privés des cérémonies de leur culte, et soumis à des vainqueurs pendant un aussi long espace de temps. De toutes les preuves qui démontrent qu'il y avait en Jésus quelque chose de divin, celle-ci est peut-être la plus fortei que l'on tire de» calamités nombreuses et terribles que les Juifs ont éprouvées et éprouvent encore à cause de lui. Et à cela, uous ajouterons avec une pleine confiance que Tévénemeut ne viendra point nous démentir qu'ils ne retourneront jamais à l'heureux état dans lequel ils ont autrefois vécu. C'est^ en effets le crime le plus atroce que l'on puisse concevoir, que d'avoir oppnmé traitreusemeut le Sauveur du genre humain« dans la ville même, où ils offraient à Dieu ces sacrifices, symboles des grands mystères. Il a dune fallu que cette ville où Jésus-Christ avait souffert, fût renversée de fond en comble^ la race juive dispersée, et d'autres appelés à l'héritage de Dieu, c'est-à-dire àrélernello béatitude ;'or, ces nouveaux appelés sont les Chrétiens, à ^ui est parvenue la doctrine d'un culte pur et Iraternel, et qui ont reçu des lois nouvelles, accordées aux divers besoins d'une république établie partout l'uni vers, jt Celse confondant ensuite dans ses raiN leries accoutumées les Juifs et les chrétiens^ les compare à une troupe de chauve-sourisf à des fourmis sortant de leur trou, aux grenouilles d'un marais^ à des vers réunis dans un coin de leur bourbier, discutant ensemble quels sont ceux qui ont le plus péché, et se disant les uns aux autres : Nous sommes ceux à qui Dieu montre d'avance et prédit tout. Pour nous seuls, négligeant le monde entier, le cours des astres^ la terre et tout ce qu'elle renferme, il met à notre sarvice et sa providence et ses saints v vers nous seuls il envoie et ne cesse d'envoyer des prophètes, pour nous ménager les moyens les pi us faciles et les plus assurés de lui être unis éternellement. 1 1 est Dieu, maiSf après lui, nous occupons le premier rang. Il nous a faits entièrement semblables à lui. Tout lui est soumis, la terre, l'eau, l'air, les astres. Tout a été fait pour nous* ilestiuster

sso OUI Dictionnaire

que tout nous obéisse, etc. « Ces absurd^t^g^ ajoute-t-il eu terminant sa fiction, seraient vraiment plus supportables dans la bouche des vers et des grenouilles, que dans celle des Juifs et des Chrétiens. »

Pour réfuter ces vaines accusations, Origène demande è Celse si, relativement à la ])rééminence de Dieu/ ce sont tous les hommes en général qu'il compare aux chauvesouris, aux fourmis, aux vers et aux grenouilles, ou si ce sont simplement les Chrétiens et les Juifs parce qu ils professent des dogmes qui ne lui plaisent point. Dans le premier cas, ce n*est pas moins une injure gratuite envers 1 humanité tout entière... La nature intelligente, quelle qu'elle soit, ne peut jamais être assimilée à la nature de la brute. Capable de vertu, cette puissance qui lui est propre détruit la possibilité de toute assimilation de ce genre. Do ces observations développées par Origènc, il résulte invinciblement que les hommes pris en général, ne peuvent être abaissés au uing delà brute, même quand on les met en parallèle avec la Divinité; car la raison tirant son origine du Verbe qui est en Dieu, il est impossible que Tètre raisonnable soit étranger à ce même Dieu.

« Maintenant, ajoute Origène, si à cause de certains dogmes que Celse n'approuve point et qu'il ne parait pas même avoir connus , les Juifs et les Chrétiens sont à ses yeux des fourmis ou des vers, voyons, comparons un instant les dogmes si connus des Chrétiens et des Juifs avec ceux des autres nations. Dans cet examen, que voyons-nous 7 Que ces hommes qui en regardent d'autres comme des vers, doivent bien plutôt euxmêmes passer pour des fourmis ou des grenouilles, eux qui, ayant perdu la pure connaissance de Dieu, et trompés par une vaine image de piété, adorent des animaux privés de raison, de vains simulacres, ou même

3uelques-uns des corps admirables, sans oute, mais inanimés de cet univers, et dont la beauté devait seulement les porter à adorer celui qui les a faits. Au contraire, ceuxlà sont vraiment des hommes qui, guidés par la raison, de l'adoration de la pierre, du bois, de l'or, de l'argent, et de toutes les choses brillantes enfin que le monde peut enfermer, se sont élevés au culte de celui qui a tout créé. Certains que seul il peutsuffireà tous, qu'il voit toutes les pensées, qu'il entend toutes les prières, qu'il est présent à toutes les actions, ils pensent, ils parlent, ils agissentdemanière à ne se rendre coupables de rien qui puisse lui déplaire. Cette admirable piété que ni les fatigues ni le péril d'une mort prochaine, ni les raisonne*meuts captieux de la sagesse humaine ne peuvent affaiblir, ne servira-t-elle de rien pour être à couvert de l'ignoble comparaison que Celse seul pouvait inventer? »

S*arrêtant aux seuls Chrétiens, Origène conclut ainsi : « Nous ne sommes donc pas .une assemtdée de vers, nous qjiii, à rajjOLe des Ecritures Hont les Juifs reconnaissctît eux-mêmes la Divinité, combattons contre

oni

eux et prouvons que celui qui a été pr est déjà venu, et que les Juifs, à cause cl| grandeur et de la multitude de leurs péc en ont été abandonnés ; nous qui, ayant le Verbe» fondons en lui une cspér parfaite, espérance appuyée sur notre nous enfin dont le genre de vie nous k\ gnant de toute impureté et de tout v peut nous conduire à une intime faïuiiia avec lui. Aucun donc de ceux qui s'avo Chrétiens ne dira : « C'est pour nous « Dieu a fait le monde et réglé Tordre «i cieux; y^maisildiraavecJésusquiraa enseigné : « Si quelqu'un est d'un c n pur , s'il est doux , pacifique, sup[ « tant patiemment le péril pour la cause « la religion,* celui-là peut à bon droit « confier à Dieu et dire, si le sens des prop « ties ne lui est point oaché i C*est à n « qui croyons, que Dieu a montré d'au « et prédit toutes choses.

« Cependant, puisqu'à ces Chrétiens q regarde comme des vers, Celse attribue d paroles : *« Pour nous seuls Dieu né|$ligâ c monde, le cours des astres, la terre et u\ « ce qu'elle enferme, » il faut bien lui t pondre qu'elles n'ont jamais été les nôtr Nous avons appris et nous lisons daos u Ecritures que «Dieu aime tout ce qui exist a et qu'il ne hait rien de ce qu'il a fait, m\ « n'a rien créé qu'il eût dd haïr. La terrée « pleine de la miséricorde duSeigeur,etce( «miséricorde est sur toute chair; Dieue t bon, il fait lever son soleil sur les W «et sur les méchants, et pleuvoir sur id «justes et les injustes. » Lui-même es appelé le Sauveur de tous les hommes ^e principalement des fidèles. » Il est aus^ appelé « le Christ du Seigneur, » c'est-à-dif la victime de propitiation pour nos péchés et non-seulement pour les nôtres, maisauv pour ceux de tout le peuple. Du rcste^ quel que injurieuse que soit la comparaison m ployée par Celse, nous ne croyons pas devo en relever l'un après l'autre tous les lerrad pour montrer, comment Origène lésa réfuté

Poursuivant son dessein de tout incritm ner, Celse raille encore le passage où fl criture rapporte qu'Eve fut formée d un des côtes que Dieu enlevaà Adam pendsnlsul

sommeil. (Gen.ii,21.) Et comme sa critique ni se tient pas pour battue par la réponse que lu fournit Origène, elle s'exerce encore conir ce serpent, ennemi des commandements qu Dieu avait faits à l'homme. Il présente c récit comme une fable, bonne tout au piiij à occuper l'imagination des vieilles femmesj auxquelles il faut la renvoyer. Si ignobl^ que soit son langage, Origène le réfute avej la pudeur et le sérieux d'un Chrétien. Puij à ces plates incriminations il oppose deu^ récits a peu près analogues, empruntés a Hésiode et à Platon, Tun philosophe et J au tre poëte, deux hommes que Celse rcKardaij comme divinement inspirés... Voici la der nière partie de son; objection : ^ C'est nm impiété à Moïse, d'introduire dès le codjmencement ub Dieu si faible qu'il ne peu» pas même persuader un seul homiue ,

om

0E PATROLOdlE.

ORI

toc

tijcore un homme formé de ses mains. »

Origine proQTe par quelques raisonnements

que rien a*est plus facile que de défendre

t4 Prorideoce contre toute accusation de ce

^-iire, dans Thistoire d'Adam et de son pé-

ctiisurloul quand on sait que dans la lan-

pr^'aebraîquey ce nom d*Adam est sj'nonyme

do som d'homme, et au ainsi ce que Moïse

(ht(lcim« il le dit de la nature humaine en

ffml. Et il le démontre par TEcriture qui

^na enseigne que tous meurent par Adam,

ef %Dt condamnés comme ayant eu part à

«prévaneation. En effet, parla suite même

;i récit de la Genèse^ on. voit très-bien que»

qobiqoe la malédiction s'adresse à un seul,

eitest commune à tous, et que celle qui

ta pranoncée contre la femme l'est aussi

(ocire son sexe.

Ceise continue sa critique, et, à propos

da déluge, il accuse Moïse de; n'avoiir fait

luire chose que falsifier et corrompre 1 his-

Vure de Deucalion, comme siOrigène ne lui

rnm démontré ailleurs que le récit du

milégislateur l'emporte de beaucoup en

anqinlé sur toutes les vaines imaginations

di^ lioésie. Toutefois, dans cette critique

4a déloge, Celse ne trouve rien à dire con-

trtkbit en lui-même. Il ne s'attache pas

BéiDe ï critiauer l'arche , que cependant

Orkèfie s'applique à justifier* II se moque

it «colombe et du corbeau remplissant le

ttte éfc messagers, comme s'il y avait dans

f«§âils quelque chose d'invraisemblable.

Maiidequoi ne se moque-t-il pas? L'union

^lûnham et de Sara ; la naissance dlsaac,

en dehors, dil-il, des lois communes de la

Miure; les embûches entre Jacob et Esaû;

'-» rosedcRébecca qui fait tomber la béné-

ûction sur Jacob; les querelles de celui-ci

mt son beau-père Laban ; l'histoire de Lot

**- ôe ses filles, enivrant leur père pour en

a\tw des enfanls ; Joseph vendu par ses

irtrei, tl fleuré comme mort par le vieux

ix6b,»t lafoi de sa tunique ensanglantée;

luul» en panicularilés, tous ces détails,

•îucfqorfwsi intéressants, de l'histoire mo-

**i^aif»offlissent matière à des plaîsanle-

rt$ goeaous rougirions de rapporter. « Ce-

iviïdafll. dit Origène qui les réfute, re-

a.3n]uez en passant comment il raconte

toutes ces histoires, sans aucun amour de la

défilé, mais seulement dans l'intérêt de sa

biiûe. Si quelqu'une de ces histoires donne

;^a i accusation, il s'en saisit avec joie;

•}nant à celles qui renferment un exemple

Ji>ignede yertu, il a soin de les passer sous

ùleoce. Telle esi^ par exemple, cette chas*

^léde Joseph, que sa maltresse ne put ja-

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