‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 22 sur 207 · âJ5 amener, ni par prières, ni par mena · texte numérisé non relu

âJ5 amener, ni par prières, ni par mena

'es,è se rendre à l'amour qu'elle avait pour

'a Cependant Joseph, qui aima mieux être

,:[t dans une prison que de violer les lois

^t !a chasteté, l'emporte évidemment sur

l'jUeau'on nous du de Bellérophon; car,

"leo qu il pAi se défendre et confondre

^m son accusatrice, 'il garda un silence

^troique,$e remettant, lui et sa.cause, entre

^ nains de Dieu, b

CcheTeut bien se rappeler encore^ mais

à la hAte et obscur,ément, les songes du grand échanson de Pharaon et ceux du roi lui-même. Il mentionne également l'explication qu'en donne Joseph, et qui fut cause de sa sortie de prison^ pour occuper la première place en Egypte, après le monarque. Il n'omet pas non plus son entrevue avec ses frères, lorsqu'ijs vinrent auprès de lui pour acheter des vivres î il raconte comment il s'en fit reconnaître; comment, arraché à un esclavage injuste et rendu à la liberté, il reporta avec grande pompe le corps, de son père dans le sépulcre de ses aïeux. « Mais dans quel but, demande Origène, et que voit-il d'absurde dans ces récits? Je l'ignore absolument; car, en vérité, sans même recourir à lallégorie, cette histoire excite puissamment à la vertu... J ai fait entrer tout ceci dans la discussion, afin de montrer que les chapitres de nos Ecritures, choisis

[)ar ce déclamaleur pour être le but particuier de ses critiques, ne sont pas même at-! taquables dans le sens littéral. Aussi n'in-> dique*t-il pas ce qu'il' y trouve à reprendre. <r Si Celse eût lu nos saints Livres avec un esprit d'équité, il ne dirait point qu'ils ne

peuventsupporterl'allégorie.En effet, elleest facile à saisir, sinon dans le corps même de l'histoire juive, dumoins dans les parties qui renferment les prophéties ; et cela a été fait ainsi, afin que la multitude des fidèles trouvât à &'y édifier, aussi bien que le petit nombre de ceux dont l'esprit plus élevé pourrait entrer avec avantage dans ces mys-* tères de la sagesse divine. Toutefois, l'assertion de Celse à ce sujet pourrait bien avoir quelaue vraisemblance, si cette expli-' cation de diverses parties de nos Ecritures par l'allégorie était quelque nouveau système inventé par les Juifs et les Chrétiens de nos jours> par ceux surtout qu'il appelle les moins déraisonnables ; mais puisque les auteurs de nos dogmes ont suivi eux-mêmes ce mode d'explications, n'est-il pas évident qu'en écrivant ainsi ils nous avertissent que leur sens le plus important est caché sous l'allégorie?

«Du reste, pour montrerque l'assertion de Celse est une vraie calomnie contre nos Ecritures, peu d'exemples, entre les autres, suf-* firont. Ecoutons Paul, l'apôtre de Jé^us : Car il est écrit dans la loi de Moïse : Vous ne tiendrez pas liée la bouche du bœuf qui foule les grains. [Deut. xxiv, 4.) Est-ce que Dieu se soucie des bœufs ï Et n est-ce paa. plutôt pour nous-mêmes quil a fait cette ordon" nance? Ouif sans doute^ c'est pour nous que tout est écrit. En effets celui qui laboure doit labourer dans V espérance de recueillir : et celui qui bat le grain dans l'espérance d'en avoir sa part. [I Cor. ix, 9, 10.) Et ailleurs : C'est pourquoi il est écrit : Lhomme quittera son père et sa mire pour s'attacher à sa femme , et ils ne feront tous deux qu'une seule chair. Ce mystère est grande je le dis en Jésus-Christ et dans F Eglise. {Gen. ii, 24; Matth. XIX, 5 ; Marc, x, 7 ; / Cor. v, 31, 32.) Et ailleurs encore : Car nous n*ignorons pas que nos pires ont tous été sous la nuéSy qu'iU

lONNAIRE

S65 OKI '^ ^ilO?i?tAIR£ OfU %

Wii tous passé la mer Rouge ^ et ^y^j^ pni Aussi Platon les baunil-il de sa république

tous été baptisés^ sous la conduite ae Jtfût«e, dans la nuée et dans la mer, (i Cor. ![« 1) 2.) Ensuite, expliquant le prodige de la manne et de Teau qui jaHlit miraculeusement du rocher, l'Apôtre ajoute : Nous n'ignorons pas qu'ils ont tous mangé la même viande mysterieusef et qu'ils ont bu le même breuvagef car ils buvaient de Veau de la pierre^ eau qui les suivait: cette pierre était Jésus- Christ. [Ibid.f 3,/i>.) Enfin Asaph, prêt à rappeler dans le livre des Psaumes les histoires lacontées dans V Exode et da^is les Nombres^ le fait précéder d'une préfacu qui montre c|ue dans ces histoires sont contenues des instructions comme roilées par des paraboles : Ecoute ma loi 9 6 mon peuple: incliiieV oreille aux paroles de ma bouche. Je te parlerai en pariwoles: je te montrerai en figures les choses cachées depuis le commencernent: ce que nous avons entendu et ap^ pris^ ce que nos pères noiAS ont raconté, {Psat. Lxxvit, 1-3.)

« Si la loi de Moïse n'ataitpoint un sens in*^ térieur et caché» pourquoi le Prophète s'écrierai t-il dans sa prière : Otex le voilequi couvre mes yeux, afim que je contemple les merveilles de votre loi, (Psal, gxtiii, 18.) Le Prophète savait donc qu il y avait comme un voile d'ignorance étendu sur Tesprit de ceux qui, en lisant les Livres saints n'en comprennent point le sens alléaorique ; il savait que ce voile est levé par Je secours de Dieu, puisqu il le lui demande dans ses prières. Peuton lire la description du dragon vivant dans le Qeuve d^Egypte, et des poissons qui se cachent sous ses écailles» ou des montagnes couvertes des ordures de Pharaon» sans se demander aussitôt quel est ce Pharaon?

Quelles sont ces montagnes d'Egypte qu^il couvre de ses ordures» et quels sont ces fleuves d'Egypte dont il dit avec orgueil : « Ces fleuves sent à moi, et je les ai faits « uioi-mème. i>On se demande aussi quel est ce dragon, dont il faut faire concorder l'allégorie avec celle donnée aux fleuves; entin quels sont ces poissons qui se cachent sous ses écailles? Mais que sert d'apporter de nouveaux exemples? Quelles preuves plus Yictorieuses que ces paroles de l'Ecriture sur l'Ecriture même : Où est le sage? et il cornprendra ce que j^ ai dit: Vhomme prudent ? et il pénétrera mes paroles. (Osée xiv, 10.) Néanmoins, j'ai cru devoir m'étendre ainsi sur ce sujet, pour démontrer jusqu'à l'évidenc:» combien Celse se trompe lorsqu'il aiiirme que « les moins déraisonnables des Juifs et « des Chrétiens s'eflorcent d'expliquer leurs « livres par le secours de Tallégorie, mais que « la plupart des choses qui y sont enfermées « étant des fables de la dernière absurdité, « toute explication allégorique devient mani- « festement impossible. » Or, ce sont bien plutôt les fables des Grecs qui sont absurdes et impertinentes; je me trompe» il faut dire impies. Nos livres sont accommodés à la pénétration des esprits les plus simples : les auteurs des fables grecques sont loin d'avoir pris ce soin» pourtant si nécessaire.

eux et leurs poëmes. »

Celse oppose ensuite un passage ou 7 mée de Platon, qu'il a paraphrasé en c termes: « Dieu n'a rien fait de mortel; n'y a que les êtres immortels qui soier son ouvrage» et c'est par eux ensuite qu les êtres mortels ont été faits; ainsi Tâui de l'homme est l'œuvre de Dieu, mais so corps est d'un autre ordre.... » Origènd pour lui répondre, entre dans de grand considérations sur la nature des esprits, sur la différence qui existe entre 1 âme d Khomme et Tâme des animaux privés A raison ; il raisonne également sur les dilfé rentes propriétés de la matière, et il dis tingue entre les corps et les corps, puis 1 conclut en démontrait à son adversaire qui c'est aux premières paroles de la Cen» qu'il faut toujours en venir pour explique la création.

Immédiatement après, il traite de la na ture des maux» et quelques lignes lui seis blent suffisantes pour éclaircir cette ques tion que les plus illustres philosophes non

f)u épuiser par de lonss ouvrages, et doo a solution est encore a trouver. « Il n/ jamais eu, dit-il, il n'y aura jamais plus 0 moins de maux qu'il n'y en a maintenâul dans le monde ; car la nature dans cet univers est toujours la même, et les maui s) produiseot toujours dans la même proportion, j»— a Cependant» répond Origèncjeue vois pas comment Celse, qui, dans son livre, admet la Providence» peut avouer quï/fl'v a jamais sur la terre ni plus ni moins lie maux, et que la quantité en est toujours

fixe et déterminée Parce que la nature

de cet univers ne change pas» s'ensuii-il que la quantité des maux qui s'y produisent ne change pas non plus? Mais quoi! un homme a bien toujours sa nature propre; cependant, son esprit, ses mœurs» ses actions changent suivant les temps. Dans un temps, il na pas encore l'usage de sa raison ; dans un autre» avec la raison il a des vices, et de ces vices, il en a tantôt plus. et tantôt moins. Quelquefois il s'attache à la vertu» et il y fait plus ou moins de progrès. Quelquefois enfin il l'acquiert daus son plus haut degré, et cela, avec plus ou moins d'étude. Ce que je dis de l'homme, à plus forte raison on peut le dire de la nature de cet univers, dont la constilulion intérieure est permanente, mais dont les formes extérieures changent sans ce.vs<*- Car, de même que labondance et la stériliU'» les pluies et la sécheresse se succèdent sans aucun ordre régulier» de même ausM les Ames bonnes et les Ames mauvaises ne se perpétuent pas sur la terre dans un rai* port égal entre elles. Tantôt il y a plus ue vices, et tantôt il y en a moins. Il est donc nécessaire de savoir, quand on aime è pénétrer par l'étude dans ces sortes de sujets» que les maux ne sont pas toujours en même quantité sur la terre, soit que la Pr^j' vidence la conserve dans son étal actuel soit qu'elle la purifie par l'eau ou pa*" **^

ORI

OUI

fiii. Peot-étre même n*e$t-ce sur la terre

feule, nais le monde entier qu'elle pu-

riûe ainsi, lorsque la malice, croissant sans

c6se, a reoda ce mal nécessaire, i»

« II flVst pas aisé, dit ensuite Celse,

^ttuvioD n'est |)as philosophe» de connaître

«el'.K est rorigine des maux ; mais il suffit

i(S»dgoer au Tulfjaire qu'ils ne viennent

(niitdé Dteu, qu^ils sont inhérents à la

itticre et le partage des êtres mortels, »

-«Je dis, moi, réplique Origène, que cela

le^ r<>iAt facile, même à un philosophe, et

pt-ître Qième ne le peut-il point clu tout,

ia<>ins que Dieu, par une inspiration par-

)i.ttlicrc, ne lui découvre et ne lui fasse

«Di^rvodro quelle est la nature des maux,

fK!!feaesirorigine,et comment ils peuvent

teilélruits..,. Nous ne croyons pas qu'un

|l('iboi)he puisv^e connaître la véritable

aruiae des luaiix, s*il ne sait point ce qui

itçardi' le diable et sos anges, quel était ce

ta>le avant d*ètre devenu tel; comment il

letdctenu, par quelle cause enQn ceux

Il so;il ê(>pelés ses anges se sont unis à

tejfiis sa révolte conire Dieu. Cette con-

■^^asce même ne suffit pas, il faut savoir

to ouifc que les démons, en tant que dé-

•■oa»,ne sont |)as l'ouvrage de Dieu , mais

••altfiieoi comme créatures intelligentes, et

|K c'est leur volonté qui les a faits ce

*toiomaclQellement. Si donc il y a par-

w» boiiimes une question pénible, dif-

«Wle, tabof ieuse, c'est certainement celle

<« inlle de l'origine des maux.

• lais je ne sais pourquoi Celse, en écri- «ûl CûftUenous, trouve avantageux d'avan- ''.f widoî^Dc qui a besoin d'une multitude -•^^▼es, au moins apparentes, pour ***w, amant qu'il se peut faire, « que les

• ^^^^'^^l* roulent toujours dans le mô- ^Çl^'^^^depuis le commencement jusqu'à

* iî***''*^!'^"' nécessairement, diaprés ^S*l*P^luité de mouvements sembla- *^^'*' avenir ramène dans son cours

^ V'fW^entamène, et ce que le passé a ].*^9Filen est ainsi, dit Origène, il faut j*^^«fcoi noire libre arbitre. Eu effet, si '^Aûwsmorlelles sont condamnées à repa- '^iflTariablemenldans le même ordre, il ~'" ' & h

usé

« . de '''•n>aïpre la jeunesse, toujours opprimé «-r eiéajoigna<5e d'Anjrtus et de Mélitus, •'Vurs condamné à boire la ciguë par les .-•> de l'aréopage, etc., etc. Les conséiHflfesdo ce dogme une fois admises, je *' comprends pas où notre libre arbitre se f^tJi prendre pour subsister, ni que nous .l'^sîuos aucunement, par nos actions, '-•nier la louange et le blâme. De plus, si, '^'ine Celse l'établit, les mômes événe- • 'ûUse rcnroduisenl toujours dans le mou- -M II faudra donc, conformément à cet ; ^fe inrariable, que Moïse sorte toujours '•'« Inapte avec le peuple juif; que Je- "Ji revienne faire ici-bas ce qu'il a déjà H non pas une fois seulement, mais une wunéde fois dans chacune des révolutions

UlUTlOStN. DE PaTUOLOGIE. IV.

précédentes; il faudra que les mêmes chrétiens s'y retrouvent invariablement; il faudra enfin que Celse écrive de nouveau le même livre qu'il a déjà écrit une infinité de fois. »

Celse exerce encore sa raillerie sur quelques passages de l'Ecriture qu'il n'entend f)as le moins du monde, sous prétexte que es affections humaines y sont attribuées à Dieu, parce qu'on le présente s'irritant contre les impies et menaçant les pécheurs. 11 varie cette objection à 1 infini^ et Origène en fait autant pour le réfuter. Nous nous contenterons seulement d'indiquer quelquesunes de ses réponses : « Dieu, dit-il, parle aux hommes le langage des hommes, aQn de leur être utile. Car de quoi servirait-il au vulgaire que Dieu lui parlât, s'il lui parlait selon sa grandeur et sa majesté? Mais si quelqu'un s'applique fermement à l'intelligence de ces divines Ecritures, il y trouvera que les choses spirituelles sont pour les hommes spirituels, les choses simples, pour les simples, et, en comparant avec attention les unes avec les autres, il verra aussi que le même passage les renferme souvent toutes deux. Ainsi donc, lorsque nous parlons de la colère de Dieu, nous ne voulons point dire que ce soit eu lui une passion. C'est une conduite sévère de Dieu sur les grands coupables, par la-

3uelle il les instruit en les cn&tiant. Tel est ans nos Ecritures le sens de ces termes colère et fureur de Dieu; témoin ce passage du Psaume : Seigneur ^ ne me reprenez pas dans votre colère , ne mechâtiezpas dans votre fureur (PsaL vi, 2) ; et cet autre de Jérémie : Chàtiez-nouSj Seigneur^ mais dans votre jus^ tice et non dans votre fureur^ de peur que vous ne nous réduisiez au néant. (Jerem. x, 2i..) Saint Paul nous apprend que la colère n'est point une passion en Dieu, mais que chaque homme l'attire sur soi par ses péchés. Est-ce que vous méprisez^ dit-il, les richesses de sa bontés de sa patience et de sa longue tolérance î Ignorez-vous que la bonté de Dieu vous invite a la pénitence f Et cepen" (fan/, par votre dureté et par t impénitence de votre cœurj vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère et 'de la mantfestation du juste jugement de Dieu, (Rom, 11» 4, 5.) Or donc, comment quelqu'un peutil amasser des trésors de colère pour le jour du jugement, si, sous ce nom de colère, il faut entendre une passion? Comment la passion de la colère peut-elle instruire? Comment nos Ecritures, qui nous défendent de nous mettre en colère, altribueraient-elles à Dieu une passion qu'elles nous interdisent absolument?

« Une autre preuve que la colère de Dieu doit être prise dans un sens allégorique» c est que nos Ecritures lui attribuent aussi un sommeil, de sorte que le Prophète s'écriO} comme pour le réveiller : Levez-vous; pourquoi dormez- vous ^ Seigneur? (PsaL xLui, 23.] Et dans un autre endroit: Le Seigneur s est réveillé d'un sommeil profond» poussant des cris comme un homme aprcs /'C- •

ÔRl

*^^€TiONiVAIRE

ORl

vresse. {Psal. lxxvii, 65.) Si le SOtniûeil de Dieu doit être pris dans un sens allégorique» pourquoi pas sa colère ? Quant aux menaces, ce sont des avertissements du sort qui attend les impies. Ainsi donc, nous n*attribuôns point à Dieu les passions humaines ; nous ne BOUS formons point de lui des opinions impies ; nous ne ^mmes, en un mot, dans aucune erreur, lorsque, comparant entre eui ces divers passages de nos Ecritures, nous leur trouvons ce sens allégorique.

Pour nous, en efl'et, ceux qui s^acquittent avec sagesse de la noble fonction (renseigner les autres n*ont d*autre but que de dissiper Tignorance de leurs auditeurs, d'éclairer leur simplicité, et» autant que cela est possible, de leur ouvrir inintelligence. »

Celse multiplie ses objections à Tenvi ; on dirait qu*il s*étudie è rabaisser le genre humain et à le réduire à la condition des bêtes.flleeompareauxfourmis,auxabeilleSy' aux aigles et aux serpents. « Si quelqu'un, dit-il, regardait du haut du ciel sur la terre, quelle différence trouverait-il entre les ouvrages de rhomme et ceux de Tabeille et de la fourmi?... » Et ailleurs: « Si les hommes s*appiaudissent de leurs connaissances magiques, les aigles et les serpents en savent sur ce point-la plus qu'eux. » Il s'efforce en outre (le prouver, par de nombreux arguments, que les hommes n'ont point des idées plus nobles de Dieu que le reste des créatures mortelles; et, sans éçardpour la diversité des sentiments qui existent à ce sujet entre les philosophes, il avance que plusieurs espèces d'animaux ont cette connaissance, et il cite en particulier les oiseaux dont le Yol servait à la divination. « Puisque Celse voulait prouver que la brute a au-dessus de l'homme quelque chose de plus pur et de plus divin, il aurait dû d'abord établir la réalité incontestable de l'art divinatoire, prouver que cet art n'a rien de criminel en soi, combattre et réfuter les raisons de ceux qui ne croient pas à sa réalité, et aussi de ceux qui attribuent les mouvements fatidiques des animaux et des oiseaux soit aux dieux, soit aux démons, et couronner tous ces arguments par quelque preuve décisive de cettç supériorité prétendue de la bête sur l'homme dans les choses divines. S'il eût procédé de cette manière et qu'il se fût montré philosophe, j'aurais fait tous mes efforts cour réiuter ses raisonnements. Avant tout, jaurais renversé son argument principal, que l'homme le cède à la bète en sagesse ; j'aurais argué de faux ce qu'il dit de la piété des animaux envers Dieu, piété, selon lui, supérieure à la nôtre, et ces entretiens sublimes qu'il leur attribue, ju A la suite de ces réflexions, Ori^ène emploie, pour réfuter ce système, un grand nombre de raisonnements que nous nous croyons d'autant plus dispensé de reproduire, même en les analysant, que notre siècle n'y trouverait rien à gagner pour son instruction.

< Mais, si l'Âme des oiseaux est divine parce qu'ils annoncent l'avenir, combien

plus le sera celle des hommes qui Tanne cent aussi?... Aussi le vrai Dieu, pour a noncer l'avenir, loin de se servir des al maux sans raison, n'y emploie pas mè des hommes du vulgaire. Au contraire] élève à cet office les Ames les plus saintes les plus pures, les remplit de sa divinité leur donne la puissance de voir et d'annti cer 1 avenir. Aussi, dans la loi de Moîj les passages suivants sont-ils surtout adn rables : Quil n'y ait parmi vous ni au^ ni aruspice. (Num. xxiii, 23.) Et ailleur Ces nations dont vous posséderez la terre écé tent les augures et les devins; mais vous ai été instruits autrement par le Seigneur toi Dieu. (Deut. XYiii, 14.) Et aussitôt il ajou Le Seigneur votre Dieu vous suscitera]

Îrophète d'entre vos frères, (/6td., 15.) EnO »ieu voulant que cette science des augur fût condamnée par ceux mêmes qui Vm calent, mit dans la bouche de J'uu d'eol eux: H ny a point d*augures en Jacob: il% a point de devins en Israël. On dira, en i temps , à Jacob et à Israël ce que leSeignÀ prépare. (Num. xxiii, 23.) Ainsi instrui par nos divines Ecritures, nous obéisse volontairement à ce précepte mysliquj Garde assidment toutes les voies de ti ccBur {Prov. iv, 33) ; et nous les gardons. a^ qu'aucun démon ne pénètre dans noire el

frit, afin qu'aucun génie malfaisant ne tourn son gré notre imagination ; puis, en méd temps, par nos prières, nous demandoo ardemment que l'éclat de la science iii clartés de Dieu puisse resplendir dans do cœurs ; que son esprit occupe seul nos iou ginations et forme en elles des tableaux (p représentent les choses divines. Car lin ceux qui sont poussés par Vesprit de Dit sont les enfants de Dieu. (Rom. vni, li.)

Celse enfin conclut en ces termes: «Toi n'a donc pas été créé pour l'homme, p< plus que pour le lion, pour l'aigle, pour ] dauphin ; mais tout a été fait pour que ( monde, œuvre de Dieu, fût une œuvre acbi vée et parfaite en toutes ses parties... Jaiua il ne s'irrite contre les hommes, pas pit

aue contre les singes et les mouches ; jama ne leur fait de menaces, puisque chacu de ses ouvrages se maintient coastamnier comme il Ta ordonné. » — «Je répondrai e peu de mots, dit Origène *, j'ai déjà prouv suffisamment que tout a étéfait pour rtiomiB

et pour les natures douées de raison. W sons donc Celse se complaire dans sa pensét et attribuer aux ani maux qu'il prend sous so

f patronage les mêmes droits qu'A Tbomuie 'évidence est de notre côté. Non, ce nei pas pour le lion, pour l'aigle, pour ie uau phin que tout a été créé; c'est pour la oa ture intelligente; c'est pour l'hooinje, etcci afin « que ce monde, qui est l'œuvre de Uieu « soit une œuvre achevée et parfaite. » teu pensée de Celse est trop belle pour ny l» donner un plein assentiment. Cepenuan Dieu n'a pas seulement soin de I umyers mais, de préférence à (5et univers, l>i^"' soin des créatures raisonnable^. Touieio's

sans abandonner jamais un seul insiaot i u

ORI

^£ PATROLOGIE

ORI

njrersalilé des cboscSt Dieu ne s*irrite pas n^otre ks singes et les mouches, cela est irai; mais il inflige des peines aux hommes ;uiTiolei)t les lois de leur nature, et leur (iiisdresser des menaces par ses prophètes t«;iar le Sauveur qu'il envoie. Ces menaces «idm double but : l'un de ramener au bieii !f(li*iiDm€S dociles, l'autre de punir les uptci^ires ; car, après qu'ils ont méprisé ses nL^irUtions, il convient que Dieu, dont la n^iDiéest le bien commun de tous, les putf^!iie d'aoe manière conforme à leur opifiûireté. Mais ce quatrième livre a pris une ^At éteodae ; il est temps de le terminer. fus^ Dieu que son Verbe, qui est la sa- 3H>,la justice, la vérité et Dieu comme «. Atlairaot mon âme, j'ouvre et je ferme ;i)Tre suivant d'une manière heureuse et Bille pour mes lecteurs ! »

(itupùime livre. Origène proleste , au dé- Ml de ce livre, que ce n'est point par une njie ambition qu'il continue sa réfutation è5 écrits do Celse, mais parce qu'ail veut, «iiiotque ses forces le lui permettront, ne iiiït^rsaDs réponse aucune des objections (tfscQ adversaire» d'autant plus qu'il met iri«^ attaques une certaine apparence de r':n:^.tSi nous pouvions, dit-il, pénétrer iHrbnsclenees de tous ceux qui ont eu le uliieur de lire ses ouvrages, en arracher •dUitsqui blessent les Ames peu munies •^^irmesde la grâce, et administrer un rM^^ spirituel contre le poison de ses ••'UiDes, nous le ferions de très-grand nur; mais il n'y a que Dieu qui puisse 'i^ pénétrer, par son Esprit etparla vertu de 'HiUrbe, dans les âmes qu'il daigne visi- ^. (juH fasse donc que nous n'apportions r'^tii dans cette controverse un esprit trop *tf'ie rinspiration divine, de peur que la ^^(îceui a qui nous voulons être utile ^ ^it établie que sur la sagesse hu-

CiJItK.»

li{K«&ière objection sur laquelle s'ar-

^vc ijhpe est celle-ci : « 0 Juifs et

Cvéto, jamais un Dieu ni un Fils de

1^(3 D'est descendu sur la terre; il est

-,'<^sil)le qu'il y descende. Si vous voulez

jari'^rde ses anses, dites-nous alors ce

■J'^soDt. Sonl-ils des dieux ou des dé-

M5î> Origène remarque qu'il a déjà

■l«iiKiu à cette objection dans plusieurs

l^'Qges de ses livres précédents. Aussi,

'r^iafoir rétorqué l'argument en en fai-

"i^'i une application immédiate aux appa-

''^^d'A|iolioD, d'Esculape et des autres

'lOiiés du paganisme, se contente-t-il de

^le réflexion : « Voyez comme, pour com-

-i'^e noscrojances, cet incrédule se réfugie

'aiQieoaot dans le i^mp d'£picure, malgré

t Skâo ntrime qu'il avait mis d'abord à

'P^ioauier ces tendances. Ainsi il n'y a point

^ «milieu pour le lecteur : ou il partage les

"^deCelse, et alors il est obligé de nier

^^iaucun Dieu ait jamais paru aux yeux des

"^ûiaes, ou il reconnaît que cette dernière

*^wiioncsi erronée, et par conséquent il

/^'(traiter de mensongères les propositions

'' -i' 'ûcfédulc. Si vous niez toute provi-

dence ici-bas, vous êtes en contradiction avec Celse, qui parle de la Providence et des dieux dans tous ses écrits. Si vous re* connaissez une Providence^ vous êtes encore en désacord avec lui , car il prétend que jamais ni Dieu ni son Fils ne sont descendus et ne descendront parmi les hommes.

Donc lequel mérite mieux votre confiance de celui qui vous dit que le Fils de Dieu est descendu sur la terre et qui vous le montre répandant partout sa grâce et ses bénédictions , ou de ceux qui portent de vains oracles et qui détournent les autres de la connaissance d*un Dieu unique et véritable , pour les entraîner au culte impie des faux dieux dont ils se sont faits les apôtres. »

Mais, reprenant son argumentation comme si les Juifs ei les Chrétiens lui avaient accordé qu'en effet ce sont les anges qui descendentici-bas, Celse demande : « Qu'estce que ces anges? Sont-ce des dieux ou des démous? Assurément ce ne peut être que des démons. » —a Sans doute, répond Origène, nous le reconnaissons : il est des anges messagers spirituels que Dieu envoie continuellement auprès des hommes qu'il prédestine a l'héritage du salut; tantôt ils s élèvent jusqu'à Dieu pour lui présenter les prières des hommes, tantôt ils descendent jusqu'à nous, pour nous apporter les dons célestes, selon que chacun s'en est rendu digne. Ces esprits célestes auxquels nous donnons le nom d'anges, à cause de leurs fonctions, sont quelquefois appelés dieux dans la sainte £criture, mais nulle part elle ne nous ordonne de les adorer , quoiqu'ils soient intermédiaires entre Dieu et nous... En vérité, il faut n'avoir jamais lu nos saints Livres pour dire que tous les esprits qui descencfent ici-bas, pour faire du bien aux hommes, ne peuvent être que des démous, s'ils ne sont pas des dieux. Or ce nom de démons n'est pas un mot indifférent. Ceux qui possèdent la science des choses saintes n'attribuent le nom de dieux qu'à des êtres véritablement divins et heureux , et le nom des démons est toujours appliqué aux puissances malfaisantes qui s'occupent à séduire les hommes et à les détourner de Dieu et des choses du ciel, peur les faire descendre et les attacher aux choses de la terre.»

« J'admire, continue Celse, en s'adressarU aux Juifs, comment vous qui professez un si profond respect pour le ciel et ses anges, vous négligez si fort ce qu'il y a de plus vénérable et de plus puissant dans le ciel, le soleil, la lune, les étoiles et tous les astres. Comme s'il était possible, quand le tout est Dieu, qu'il n'y ait rien de divin dans les parties; comme s*il était raisonnable d'adorer des esprits qui se montrent dans les ténèbres, et par des illusions de magie, à de pauvres aveugles et à des rêveurs, et de ne compter pour rien ces hérauts de la divinité, qui portent des carac^ tères si visibles de ce qu'ils sont, eu nous annonçant d'avance la pluie et la chaleur, la tempête et le tonnerre, objet du culte de plusieurs, et qui font éclore sui- la terre les

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