‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 26 sur 207 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

ce qui dépend d*eux, reconnaissent qu ils ont besoin de Tassistance de celui qui se découvre à eux dans la mesure qu'il juge convenable, autant que Dieu peut être connu de rhorome, et autant que Tfime humaine encore enchaînée à un corps, peut colnnattre Dieu. «

Huitième livre. — « J'ai déjà terminé sept livres, dit Origène ; je veux commencer le huitième. Que Dieu et le Verbe, son Fils unique, viennent à notre secours, pour nous aider, soit à repousser avec vigueur les calomnies de Celse, soit à établir solidement, autant Sue le permettra cette discussion, la vérité e la religion chrétienne. Serviteurs de Jésus-Christ, nous souhaitons de pouvoir dire avec les mêmes dispositions que Paul : Nous remplissons les fonctions aambassa" deurs pour Jésus^Christ ^ et c'est lui-même qui vous exhorte par notre bouche (Il Cor. V, 20) : que veut, en effet, ce grand Apôtre, sinon attirera la vérité, à la justice et aux autres vertus, tous ceux qui, avant d'embrasser les dogmes de Jésus-Christ, restaient plongés dans les ténèbres et dans l'ignorance du Dieu Créateur. Je le dirai encore une fois; puisse Dieu nous inspirer un discours énergique et véritable, en nous communiquant son Verbe puissant, et irrésistible dans la guerre qu'il livre au péché! « Tout à l'heure, dans le livre que nous venons de finir, Celse nous demandait pourquoi nous no servions pas les démons; puis nous prêtant cette réponse : // est impossible de servir plusieurs maîtres (Luc. xvi,13j, il répliquait : « Ce langage est séditieux, « et n'appartient qu'à des hommes qui, en « faisant bande à part, se mettent en opposi- « lion avec le reste de la société. — Parler «ainsi, ajoute-t-il, c'est transporter à Dieu (f ses propres faiblesses. Avant d'aller plus loin, dit Origène, voyons si c'est à tort que nous approuvons cette maxime ; Nui ne peut servir deux maîtres f paroles que suivent immédiatement celles-ci : rar, ou il haira Vun et aimera l'autre^ où il supportera Vun et méprisera Vautre, Puis vient cet oracle : Vous ne pouvez servir Dieu et les richesses, (Ibid.) » Pour établir cette vérité, Origène éprouve le besoin de pénétrer dans une question profonde et difficile, sur ceux qui dans l'Ecriture portent le nom de dieux et de seigneurs. *i En effet, TEcriture sainte nous apprend qu'il existe un souverain Seigneur supérieur à tous les dieux. Par ces dieux il faut entendre, non pas ceux qu'adorent les nations : Les dieux des nations ne sont aue des démons (Psal. XGV, 5); mais ceux dont les textes prophétiques nous représentent la solennelle assemblée, lorsqu'ils disent: Dieu a pris sa séance dans rassemblée des dieux^ et^ assis au milieu d'eux^ il juge les dieux; car Dieu est le Seigneur des dieux. (Psa/. lxxxi, 1.) Ailleurs il nous est ordonné de rendre témoignage au Dieu des dieux et au Sei • gneur des seigneurs, parce que sa miséricordi est étemelle. (Psal. cxxxv, 2, 3.) L'£criture connaît encore des dieux qui ne

le sont oue de nom, et d'autres qui le sou) en réalité, soit qu'ils en aient le titre, soij qu'ils ne l'aient pas; et saint Paul s'expliqua à peu près dans les mêmes termes sur ieij seigneurs véritables et sur ceux qui ne ic sont qu'en apparence, puis il ajoute : Cepei dant la science n'est pas dans tous. (/ Cor viii, 7.) Et il conclut : Néanmoins, tin y pour^ nous qu'un seul Dieu^ le Pire^ de procèdent toutes choses^ et qu*un seul Sei gneur, Jésus-Christ^ par qui toutes cko» ont été faites. {Ibid., 6.)

« Puis^u*il existe plusieurs dieux et plu sieurs seigneurs, les uns de nom seulement et les autres en réalité, nous nous efforçon par tous les moyens qui sont en notre pou voir de nous élever, non pas seulement au dessus des êtres que les nations de la tern adorent comme des dieux, maïs au-dessu même des dieux dont nous parle l'Ecriture dieux qu'on ignore lorsqu on est élrau^^e aux alliances divines promulguées pa Moïse et par Jésus-Christ, ou que ion est «i dus des promesses qu'ils nous ont ihsuï festées. Or c'est s'élever au-dessus du euJI des démons, que de ne rien faire qui soit agréable aux démons ; de même que c'est s élever au-dessus de tous ceux que saint Paul honore du titre de dieux que de contem- }!}er, comme eux ou de tout autre manière» non les choses visibles, mais les mvisibles. [I! Cor. IV, 18.) C'est ce que fail quiconque examine attentivement avec quel impatitnt désir toutes les créatures attendent la manh festation des enfants de Dieu, parce quella sont assujetties, non pas volontairement, mais en espérance. (Rom. viii, 19, 20.) i'ea dis autant de celui qui, louant la créature et voyant comment elle êera affranchie de ett asservissement à la corruption pour entrer dans la liberté et la gloire des enfantt de Dieu (Ibid., 21) , se refuse k adorer tout autre que Dieu ou à servir deux maîtres. Notre maxime n'est donc point un cri de sédition dans la bouche de ceux qui, coin* prenant ces vérités, ne veulent pias servir deux maîtres et se contentent de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui daigne instruire par lui-même ceux qui le servent, afin de poQvoir les remettre aux mains de Dieu après les avoir instruits, et en avoir fait un royaume digne de Dieu. Mais ils font bande è part et rompent tout commerce avec ceux qui sont étrangers à la cité de Dieu et exclus de son alliance. Pourquoi cela? Pour vivre comme des habitants du ciel, q^i s'approchent du Dieu vivant , de la cité dt Dieu, de la Jérusalem céleste, de la troupe innombrable des anges, et de lassembUi dt* premiers-nés qui sont écrit» dans le citl- (Hebr. xu, 22, 23.)

« D'ailleurs, si noua refusons d'adorer tout autre que Dieu par son Verbe, qui est sa vérité, ce n'est pas dans la pensée que par là nous porterions préjudice à Dieu, cotamà un homme é|>rouvérâit quelque domoDage, si le serviteur qui lui doit son travail eu servait un autre en même temps. hWt sans doute ; mais nous craignons de nous porter

<xu

Oiil

préjadfoe h BOUS«-œèmes, en nous séparant

Je l'héritage du grand Dieu» dans loqucl

yuttS vivons en conformité avee sa béatitude

et animés par Tesprit d'adoption * esprit

« fiiaeol el divin» qnit dans les enfants du

Père céleste» crie au fond d'eux-mêmes, non

(<rtOt ea apparence, mais d*une voit forte,

i{iiAM|ae secrète : Abba t c'est-à-dire mou

Père! Des ambassadeurs de Lacédémone.

Viir respect pour là loi de Lycurgue» le seul

iiiillre auquel ils obéissaient, refusèrent de

i€ pmsieroer devant le roi de Perse, quelles

lue fusient les violences de ses satellites

\fO^ iês T contraindre. Jamais non plus les

nabasMoeors de Jésus-Christ, qui remplis-

jcflt eo soa nom des fonctions beaucoup

(iIbs élevées et toutes divines, n'adoreront

u le roi de Perse, ni celui des Grecs, ni

ttiui des Egyptiens, ni le monarque do

ti;uu* attire nation, quelque effort que ten-

««at leurs satellites, c'est-à«dire, les démons

el leofs suppôts, pour les contraindre à

> iDcUner devant eux, et leur persuader de

rfioflcer à la loi la plus excellente qu il y

lii s«r la terre. Car le maître de ceux qui

Kit les anabassadeurs de Jésus-Christ, dont

i'S lODt les ministres (// Cor. xi, 23) , c'est

iésos-Christ, qui au commencement itaU le

}frbe^ H U Verbe était en Dieu, ei le Verbe

éim UUu. {Joan. i, 1.)

^ L'oftgeciion suivante pourrait paraître imr quelque vraisemblance contre nous.

• fils n'adoraient qu'un seul Dieu, ils au-

• riienl peut-âtre à nous opposer des raisons

• assez puissantes; mais, tout en rendant des •honneurs excessifs à un homme né dans ces •UtfDters temps, ils ne laissent pas de croire

• qa'ils ne font aucune injure à Dieu, en »r«dani un culte à son ministre. » A cela, il bai répondre que si Celse avait connu ce teofi^age : mon Père et moi nous ne ummufui'un {Joan. x, 30); et les paroles «tsfSktes, prononcées par le Fils de Dieu iicnU prière qu'il ailressait à son Père : ik mima que vou9 et moi nous ne sommes yan (J^an. xvu, 22), il ne se fût jamais UDi|iaé que nous adorons un autre dieu (^dleDîeu de Tunivers. £n effet, dit encx« ce même Fils : Mon Père est en moï, et fi suis en mon Père. (Joan. x, 38.) Si ou craigoail après cela que nous n'adoptassions l'erreor de ceux qui nient que le Père et le Fiis forment deux hypostases distinctes, qu*on réfléchisse h ce témoignage : Tous tetkx qui croyaient n'avaient qu'un aeur el ipt'unê âme (Act. iv, 32), et on comprendra L'seus de ces paroles : Mon Père et moi nous lie sommes qu'un. Donc, en adorant le Père ei le Fiisf nous ne servons qu'un seul et tUme Dieu, comme je l'ai déjà expliqué. Nus raisons gai-dent toute leur énergie, et ce n*est point à Thomme, né dans les derniers temps et qui n'existait point auparavant, que nous rendons des iionneurs excessifs, car nous avons foi en sa parole •4uattd il a dit : Avant qu'Abralwm fûl^ je asif (/«0ia. vui, 58); et ailleurs : Je suis la ttriié. {Jû^n. XIV, a.) D'ailleurs je ne coiilisis uanui nous aucune intel!i;cence assez

grossière pour croire que la substance de la vérité n'existAt point avant les jours où le Christ se montra visiblement à la terre.

« Ainsi nous adorons le Père de la vérité, et le Fils qui est la vérité, en les considérant comme deux choses distinctes, quant à Thypostase, mais comme une seule et niônie chose, quant è Taccord, la conformité et l'idenlitéde la volonté; de sorte au'avoir vu le Fils, qui est la eplendeur de la gloire et Vimage de la substance de Dieu [ftebr. i, 3K c^est avoir vu le Père dans la personne de celui qui est son image.

« Suivant Celse, nous associons au culte de Dieu « celui du chef de notre cabale, au- «( quel nous donnons le nom de Fils de Dieu, « bien moins pour témoigner à Dieu la gran- « deur de notre respect, que pour exalter ce «dernier le plus que nous pouvons. ^ Pour nous, répond Origène, nous avons appris que ce Fils de Dieu est la splendeur de la gloire de Dieu, Tempreiiite de sa substance, le souffle de sa vertu, la pure émanation des clartés du Ïout-Puissant, l'éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté divine et l'image de sa bonté; nous savons aussi que ce Fils est engendré par Dieu, et que Dieu est véritablement son Père. Celte doctrine n'a rien que de sublime. Il n'est point indigne de Dieu d'engendrer un tel Fils, et jamais on ne nous persuadera ru'un tel Fils n'est pas engenaré par un Père incréé et éternel. Si Celse a entendu quelques blasphémateurs nier que le Fils de Dieu soit le Fils de celui par qui cet univers a été créé, à lui de s'expliquer là-dessus avec tous ceux qui ont embrassé une pareille doctrine. Jésus-Christ n'est donc pas le chef d'une cabale; il est le

f rince de la paix. N'a-t-il pas dit, en effet, ses disciples : Je vous laisse la paix^ je vous donne ma paix. {Joan. xiv, 27.) Après quoi, sachant bien que les hommes qui nous déclareraient fa guerre appartiendraient au monde et non à Dieu, il ajoute : Je vous donne ma paix, mais non pas comme le monde la donne. (Ibid.) Mais nous avons conûance en lui, malgré les tribulations dont le monde nous accable, parce que nous nous reposons sur cette parole : Youséprourverez des tribulations dans ce monde: nms ayez confiance, j'ai vaincu le monde. {Joan. XVI, 33!) Le voilà ce Fils de Dieu ; oui le Fils de ce Dieu pour qui nous avons un respect qui passe les bornes, selon le langage de Celse, parce que nous savons qu'il a été glorifié par son Père au-dessus de toutes choses. Que dans la multitude des croyants il s'en rencontrent quelques-uns qui se mettent en contradiction avec les autres, et affirment témérairement (jue notre Sauveur est le Dieu souverain, je 1 accorde ; pour nous, nous n'avons pas les mémts pensées. Nous ajoutons foi à sa parole quand il nous dit : Le Père qui m'a envoyé est plus grand que moi. (Joan. xiv, 28.) Nous n'avons donc garde, ainsi que Celse nous If reproche calomnicuscracnl, de suburdonn i

ORl P^^'tlOr

au Fils de Dieu celui que nous appelons Dieu.

« Celse ajoute que nous avons horreur des autels, des temples, des simulacres, parce que « cette aversion» selon lui» est le mot d*or- « dre dont nous sommes convenus, comme « gage de Tunion cachée qui nous lie les uns « aux autres.» Il a*a pas vu que»parmi nous, le cœur du juste est l'autel où brûle un encens véritable, un encens spirituel et d'agréable odeur, je veux dire, l'encens des prières offertes par une conscience sans tache. Voilà pourquoi nous lisons dans Tilpocalypse de saint Jean : Les parfums sont tes

Î trières des saint». {Apoc. v, o.) Et dans e Psalmiste : Que ma prière soit comme un encens qui monte en votre présence. {Psal. oi<,, 2.) Quant aux eiTi^ies et aux offrandes qui conviennent à Dieu, ce ne sont pas celles qui sortent des mains d'un artisan grossier, mais celles qui ont été formées et polies au dedans de .nous-mêmes par son Verbe, savoir, les vertus par lesquelles nous imitons le premicr-né d'entre toutes Jes créatures» parce qu il est l'auguste modèle de la tempérance, de la force, de la sagesse» de la piété, et de tout ce qu il y a de saint et de louable. Ainsi, quiconque, sou* mis au Verbe divin, est parvenu à conque* rir toutes les vertus, porte en lui-même aes simulacres par lesquels seuls il faut honorer celui qui est le type le plus parlait de toutes les effigies, c'est-à-dire, l'image du Dieu invisible, le Fils unique de Dieu, Dieu luimême. Mais, de toutes ces images, la plus sublime, celle à laquelle les choses visibles u ontrien d'ésal, réside en notre sauveur, qui a dit : Mon Pirç est en moi. (Joan. x, 38.) C'est dans ce sens que nous sommes les temples de Dieu, Voilà ce que voulait nous enseigner sa parole, quand elle nous le montre faisant cette promesse aux justes : J* habiterai parmi eux; je marcherai au mi" lieu cF€Ux:je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. {Levit. xxvi, 12; Il Cor. vi, 16.) Voilà ce que nous promet le Sauveur en nous di^sant : Si quelqu'un écoute ma parole et Fuccomplit, mon Père et moi nous vien^ drons à lui et nous ferons en lui notre dç' meure. (Joan. x|v, 23.) C'est dans le même sens qu'il parlait ainsi de SQn corps : Détruis $ex cetemph et je U réédifierai en trois jours {Joan. II, 19); et c'est ainsi également que sâintPierre nous dît à tous : Vous êtes établis sur lui comme des pierres vivantes^pour former un édihce selon Vespritf et un sacerdoce sainte afin d^offrir à Dieu des hosties spirituelles

ÏAi lui soient agréables par Jésus-Christ. II etr. II, 5.)

« De ce que Dieu, qui est le Dieu commun de tous les hommes, est bon, qu'il n*a besoin de rien et quMI est inaccessible à l'envie, Celse en conclut qu'on peut assister aux fêtes publiques, user des choses offertes aux idoles et sacrifier aux démons, « car, dit-ll, si « les idoles ne sont que de pures chimères, «quel inconvénient y at-il à participer aux «festins publics? Si ce sont des rlémnnc^ «CVUluiQ cçs démolis mêmes appartienAt'ût à

OxNNAIRE

ORI

tf Dieu, il faut donc croire en eux, leur offrij « les sacriQces prescrits par les lois, et Iq « invoquer pour nous les rendre favorables. II serait à propos ici d'expliquer le passai de la seconde E pitre dans laquelle sali] Paul instruit les Corinthiens sur l'usage d^ choses consacrées aux idoles. Après lei^ avoir déclaré que l'idole n'est rien dans II monde, il leur prouve combien il est ct\ minelde toucher aux offrandes idolAtriquc^ en montrant à tous ceux qui soat capâbt^ de comprendre ses enseignements, qu<j participer aux viandes offertes aux idoles c'est se rendre plus qu'homicide, puisqu c'est donner la mort à ses frères pour les quels Jésus-Christ est mort. Etablissant ei suite en principe que ces victimes sont iu molées à des démons, il montre que, pai ticiper à la table des démons, c'est vivre e union avec tes démons eux-mâmes, et i conclut qu'il est impossible de s'asso€ie en même temps à la table du Seigneur et i la table des démons... Malgré les assertiou de Celse, jamais TEcriture sainte n*aditqu les choses mauvaises appartinssent à Dieu Elle n'honore pas môme du nom d'homme de Dieu, tous les hommes en général, im ceux-là seulement qui en sont dii^nes comme Moïse et Elie, et quiconque en reçu le nom ou leur ressemble. J'en dis au tant des anges : tous ne sont pas des ange de Dieu ; il n'y a que les anges bienheureux Quant à ceux qui ont incline au mal, ils son appelés anges du démon, comme parmi le hommes, les méchants sont appelés homme de péché, fils de IHniquilé, enfants de per dition. Cette distinction, qui s'applique au hommes, s'applique également aux angei> Les uns sont les anges de Dieu, elles autres^ les anges de Satan, d'où l'on doit conclure que les démons n'appartenant point à Dieu il ne faut pas croire en eux, et encore nioin leur offrir des sacrifices. A quel titre, ei effet, offrirait-on des sacrifices à des èiref pervers et ennemis du genre humain. Oi^ sont les lois qui nous contraignent de sacrij fier aux démons. Si Celse veut parler des lois, établies, comment elles sont en harmcH nie avec les lois de Dieu ? Elles ne sont pa^ môme d'accord entre elles, «ît, d'ailleurs, fussent-elles véritables, il vaut mieux n'obéir qu'à Dieu. C'est lui qu'il faut invoquer. et avec lui, son Fils unique, le premier ne d'entre les créatures, le Verbe de Dieu, en lui demandant, en sa qualité de notre grand pontife de présenter nos prières à son pieu qui est aussi notre Dieu, a sou Père qui est aussi notre père, et le père de to.us ceux qui règlent leur vie sur la parole de Dieu.

^ Celse aborde ici une question que nous avons trai4ée plus haut, en démontrant que c'était seulement comme homme 6* "^f comme Dieu que Jésus-Christ avait souffert- Il est donc inutile d'y revenir encore. Ma*s comme il aflîrme que « ceux qui ont livrô «Jésus-Christ au dernier supplice, no»f « éprouvé aucun mal, même après un ^^^^^ « long espace de temps, » nous nous co»ie»terons de lui moplrer Jérusalem^ à lui <î**

OUI

ORl

iims ceai qui soot désircui d'apprendre. Ou*e>t-il arri?é, en effet, à celle cité» où le iVople juif, préférant à Jésus un voleur emi^riàoonë pour crime de meurtre et de seixtiuo» toolut qu'on le délivrât, tandis que, L« ses cris répétés : « Crucifiez le: cructie4e {Lue. xxiii, 21)1 il demanda que MsiK, qui avait été livré par envie, fût •;(id«é lia croix. Qu'est-il arrivé à cette \Tlte! £tle fut attaquée peu de temps iyrh, soutint un long siège, fut détruite de foud en comble et abandonnée àlisolilode. Dieu jugea ses habitants indi- £069 de la vie civile, ou plutôt, quelque cnnge que puisse paraître ce que je vais was dire, ce fut pour les épargner et dans a dessin de miséricorde, qu'il les livra Kttct Ie$ mains de leurs ennemis, parce *iu*i) fojait que rien ne pouvait les rappe- Wtuue vie meilleure, et qu'ils grandisiDtQt diaiuejour en iniquité. Ils sont re- «cîtlt^.es de toutes ces calamités au sang d^ fea)-Christ que leur trahison a répandu «r uDe terre qui n'a pas pu supporter plus Uutemps un peuple chargé d'un si grand Mut

«tt est donc survenu quelque chose de

oweau depuis que Jésus-Christ a soulfertl

Oai, Douf eaulé par rapport à la ville déi-

cdr; orniveaulé, par rapport à une nation

toa! entière ; nouveauté aussi par rapport

«pwpie chrétien, qui est né soudaine-

■nileiloul à coup. N'est-ce pas, en effet,

tu» nouveauté merveilleuse que des hom-

««, étrangers jusqu'à ce jour aux alliances

de iiieo, n'ayant aucune part aux promesses

tl s'èg^ranlloin des voies de la vérité, era-

^«sseBl cependant cette môme vérité,

|Wsé$|)aruoe vertu divine? Àvouons-Ié,

««alla ies œuvres, non d'un imposteur,

»w tie Dieu lui-même qui envoya son

^f^ dans la personne de Jésus, pour

Càeerses commandements sur la terre.

iQpplices qull a endurés avec une mtsxxme et une fermeté inaltérable, atitmik cruauté de ceux qui les lui ont ^iiùyustement souffrir; mais il n'est pas ^ que ces tortures aient amené la des- Tidiondes préceptes qu'il apportait. Que <)iHe?Cesont elles qui les ont fait connat- Itc aux hommes, suivant ce que Jésus- Ûiriit nous enseigne lui-même, lorsqu'il wWiil:5ife grain de blé ne meurt pas après ^*9n(aieU en terre, il demeure seul; mais ^'^d il est mortf il' porte beaucoup de Ni. [Joan. XII, 24, 25.) Jésus, qui est ce û>.vsiérieux grain de blé, a porté beaucoup Hruits après sa mort, et son Père céleste veille toty'ours à la conservation des fruits

. ^ui sont nés, qui naissent tous les jours,

I t\(fli naîtront encore de cette terre féconde.

( ila'estdonc pas dénaturé, le Père de Jésus, (|ai, au Heu d'épargner son propre Fils, le limp9UT nous tous (Rom. viii, 32), comme ao8.^Deauqui lui appartenait, afin que cet l^eaude Dieu, en mourant pour le salut

j ilutDOûde, effaçât tous les péchés du uoode. Voilà pourquoi ce n*est pas par cvulraintc, mais )»ar un acte de sa volonté

qu'il a enduré la douleur et rignominié.

« Celse revient sur la question des prophéties et des miracles, et objectant de nouveau les brades de la pythonisse et les prodiges opérés par les idoles, il soutient que chaque nation peut revendiquer les mêmes avantages, voilà précisément ce qu'il s'agit de i considérer. En effet, s'il nous faut raisonner d'après la vraisemblance sur l'établissement du christianisme, nous le reconnaîtrons sans peine, il n'est guère probable que les apôtres, c'est-à-dire, des hommes illettrés et sortis des derniers rangs du peuple, aient osé prêcher au monde la religion nouvelle sur un autre fondement que la puissance qui leur avait été conférée, et la grâce qui accompagnait leur prédication, pour faire accepter la doctrine qu'ils annonçaient ; que les auditeurs, renonçant aux coutumes qu ils avaient reçues de leurs pères, et qui s'étaient fortifiées par une longue habitude, les aient abandonnées, sans y avoir été déterminés par une vertu puissante et des prodiges surprenants, et cela pour embrasser des dogmes si nouveaux et si différents de ceux au milieu desquels ils avaient été nourris; la chose nest pas plus admissible. »

Après avoir insisté longtemps sur le culte des démons et avoir vu toutes ses ob-

t'ections réfutées par Origène, Celse se ra- \aX sur les monarques et érige en culte l'obéissance qui leur est due. « Sans doute, l'obéissance est un devoir, et tant qu'elle ne commande rien qui soit contraire à la loi et à la parole de Dieu, nous ne sommes ni assez extravagants, ni assez furieux pour soulever contre nous la colère d'un prince ou d'un monarque, aûn d'attirer sur notre tête les outrages, les tortures et la mort elle-même. Car nous avons lu : Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures : il n'y a point de puissance qui ne soit ds DieUj et toutes les puissances de la terre sont ordonnées de Dieu. Celui donc qui résiste aua> puissances résiste à l'ordre de Dieu... {Rom. XIII, 1, 2.) Pour nous, nous ne disons pas que tout ce qui est sur la terre ait été donné au souverain, ni que nous tenions de lui tout ce que nous possédons ici-bas. En effet,, c'est à Dieu et à sa providence que nous rapportohs tous les biens dont nous jouissons sur la terre avec justice et honnêteté. De ce nombre sont les fruits dont la saveur est douce, le pain qui fortifie le cœur de l'homme, la vigne qui lui est agréable, le vin qui.réjouit son cœur, et l'olivier dont les parfums ornent son visage de joie et d'allégresse. Toutes ces choses sont autant de bienfaits que nous ne devons qu'à la Providence.

«Celse. nous défend de rejeter le témoignage d'un ancien qui a dit : « N'aj^ons « qirun seul chef, qu'un seul roi, celui* au- « quel le fils de Saturne a donné le sceptre « et le droit de commander. » Puis il cjjoute : «Attentez à ce dogme, vous en serez immé- « diatement châtié par le prince. En efiet* «que tous en fassent autant, qu'arriTcra-

ORI

niGTIONNAllIE

oai

<(l-il7 Le roi, abandonné de chacun, rca- « tera seul au bout de quelques jours. Tout «ce qui est aur la terre tombera sous la « puissance des barbares, c'en sera fait du <c Yrai culte et de la véritable sagesse parmi « les hommes. » Non , lui répond Origène, ce n*est pas le fils de Saturne, relégué dans JeTartarci ce ii*est pas ce fils dont la main précipita «on père du trône, qui établit les rms ; je le proclame en dépit de toutes les allégories du monde. A Dieu seul appartient ce titfe; arbitre de toutes choses, il sait aussi de quelle manière il disuense tout ce qui regarae l'établissement des ro/autés sur la terre. Nous répudions ce dogme quand on rapplique au fils de Saturne, parce que Dieu ou le Père d'un Dieu ne peut rien vouloir d'oblique et de frauduleux; mais ce dogme, nous lo maintenons, soit (lar rapport à la Providence, soit par rapport i ce qu'elle fait directement elle-même , soit enfin par rapport aux conséquences éloi* gnées de ses desseins. Le roi ne nous infligera pas un châtiment mérité pour avoir assuré qu*il doit sa couronne, non pas au lils de Saturne, mais à celui qui fait et défait les rois. Plaise à Dieu que tous marchent sur nos traces et obéissent au urécepte f»ar lequel Pieu nous ordonne d honorer es rois. Ce i)rincipe admis, le monarque ne demeurerait pas « abandonné de chacun, « et tout ce qui est sur la terre ne tomberait « pas sous la puissance des barbares. » Car,

Eour parler le langage de Celse, si tous eu lisaient autant que nous, il est évident que les barbares eux-mêmes, se soumettant a la

{mrole de Dieu, se dépouilleraient de leur érocité et deviendraient amis* de la justice. Il ne resterait donc plus, sur les ruines des autres cultes, aue la religion chrétienne, seule et triomphante.

« Celse nous exhorte ensuite « à aider de « toutes nos forces le souverain, à partager nses légitimes travaux, à prendre les armes n pour lui, à servir sous ses drapeaux, s*il en « est besoin, et à conduire avec lui ses ar- « niées. » Dans Toccasion, répond Origène, nous venons en aide aux rois, mais en leur portant des secours divins, puisque nous aommes revêtus de Tarmure de Dieu. Par cette conduite, nous ne faisons qu'obéir à la voix de TApôtre. Je vous comure donCf avant toutes choses^ dit-il, d'adresser des supplications^ des prières 9 des demandes et des actions de grâces pour tous les hommes^ pour les rois^ et pour ceux qui sont élevés en dignité. {ITim. 11, 1, 2.) Ainsi, plus on a de piété, plus on est utile aux princes et d'une manière bien plus utile que le sojdat qui, enrôlé sous leurs étendards, immole autant d'ennemis qu'il peut. Ainsi encore, lorsque {lar nos prières nous triomphons des démons qui suscitent des guerres, engagent les peuples à violer la loi des traites et à troubler la paix, nous sommes beaucoup plus utiles aux monarques que tous ceux

iiu'ils appellent soldats. Nous prenons égaement notre part dans les travaux qui ont IMur olyet 1 utilité publique, lorsqu^à nos

prières et nos justes supplications, u{ ajoutons des méditations et df's exercices 1 enseignent à mépriser et à fuir les voîupl Que dire enfin? Nous combatlnns mil que personne pour le salut de Teinpen Sans doute, nous ne servons pas sous drapeaux, nous ne voudrions pas le fo quand même il nous y contraindrait; nous portons les armes pour lui dans!

camp de la piété que nous fortifions par prières que nous adressons k Dieu.

« C^estdonc en vain que Celse nouscih< encore « à remplir les charges et les ma<^ « tratures publiques, si le maintien des lui| a les intérêts de la patrie le réclament. > Ni qui savons que dans toutes les cités il oti une autre patrie fondée par le Verbe de D| nous exhortons tous ceuxquisont puisse en paroles et de moBurs pures à prendri gouvernement des Eglises. Nous répiidil ceux qui courent après les dignités; uT nous faisons violence à la modestie de cl qui, par humilité, n'osent pas se charge] ce fardeau. Ainsi les sa^es conduclcurs sont à notre tête n*ont cédé qu'à la trainte, et à la contrainte du grand roi notre foi proclame Fils et Verbe de D| Mais pour bien gouverner, il faut quel chefs de cette patrie, instituée par Dieu f même, et qui n'est autre que l'Eglise^ règlent d'après les lois de Dieu sans les ; rer. Voilà pourquoi ils évitent tout méU adultère avec les lois humaines. Au n ce n'est pas pour échapper aux charges! la vie publique, que les Chrétiens se dil bent aux magistratures; ils ne veulent qui réserver tout entiers pour un ministère |i divin et plus nécessaire, puisqu*il s agit service de TEglise et du salut des houinl Oui, c*est là un ministère tout à fait iusu indispensable. Ils prennent un soinés^al tous; et de ceux qui sont au dedans, pou les amener à vivre plus saintement de jou en jour; et de ceux qui sont au dehors, p^u les porter à des pensées et à des aclion conformes à la piété, de sorte que, ren<ldn à Dieu le culte qui lui appartient, et travail lant de tout leur pouvoir à propager la do: trine véritable, ils sont pénétrés de lapa rôle de Dieu et de sa loi, et en communica tion avec le Dieu souverain par son Fils, I Verbe, la sagesse, la justice et la vérité pa excellence qui unit Dieu le Père à quic""

3ue s'étudie à vivre conformément aux *o; ivines.

« Ici, pieux Ambroise, se termine le trait que, suivant la mesure de nos forces, et au lant qu'il nous a été donné pour le raomeni nous avons entrepris à votre demande. Nou avons renfermé en huit livres tout ce qu nous avons jugé nécessaire d'opposer a Discours de vérité^ qu'on pourrait imeu qualifier le mensonge de Celse. Mainlena»' de quel côté respire l'Esprit du vrai pi^" la piété qu'on lui doit, et la vérité qoj, P» ses salutaires enseignements, apprend a" hommes à bien vivre? Ceux qui auront oi^ lu l'écrit de notre adversaire et tiotre re ponse, en décideront. » C'est par oct ou

tt

ou

ORl

tr3ge, le plus entier de tous ceax qoi nous loBt restés d'Origène, que l'on peut juger éeses sentiments sur le dogme de la Tri* «le. les nombreux extraits que nous en tm reproduits sont pleins de témoignages MM peut pitts clairs et entièrement con* bnucsk ce que l*^lise a toujours enseigné ftf et mystère. On peut donc s'en seryir inoi^eusemeiit pour expliquer quelques nnessloos qui parattraient trop dures et Me jusqu'à un certain point contraires A ldi$ des Pères qui ont écrit depuis leçonfle de Nioée.

intfUi^ etc. — Le nombre considérable tonnage d'Origène, inspirés au milieu de m foyages et.de ses persécutions, s'eipli**

Ïi|ir la manière dont ils ont été composés neoeillis. Aidé |)ar les richesses et les kiiâirei d'Ambroise et de Julienne, il en«- Maait autour de lui on certain nombre de tapas hommes et même déjeunes filles, scri^* Wott secrétaires» que les anciens appe«* Ml aotaires {notarii) et libraires {Hbraii^lis ans oui possédaient Tart d'une sorte lltÉhjgrapnie, écrivaient rapidement tous liiiRoura ou homélies prononcés par 4M||M) iinsi que les commentaires qu'il hvfictaiL Les autres transcrivaient on MsciiiieDt toutes ses notes. Sept d'entre ni* SIS disciples ou ses serviteurs, étaient mai cessa auprès d'Origàne. Avec leur se*- WB) après afoir quitté la Grèce et être itnai en Palestine, il continua un de ses OMges les dIus importants, qu'il avait MBoiencé à Alexandrie, poursuivi en Cap- |ito, et qu'il acheva a Tyr, vingt-huit «saprès.€Cétait,dit l'auteur de YÊfùtoire «(■^Mafitaiie, des éditions de l'Ecriture »gle> fIttsieQrs colonnes pour en conférer wciUe tas différentes versions. Il en fit ^jjyw'^ nomma en «rec MexapUs^ Oc^ JP»^ ftropto, selon le nombre des co- |^|M^ Comme il ne savait pas moins

JJJ^J]*''' ^^® '® F®^ ®^ ^® \al\a^ et que

''»*taiifiit trouvé deux versions de l'E-

JJjJw^'W, comme je l'ai déjà dit, à Jéri-

Ja^Wfflifia du règne de Caracalla, et

'■JJiKflapoIis en Epire, sous Alexan-

gagrife^ cette collation de tous les textes

•J>>« œufre d'un immense intérêt, et

^■Pteest le premier qui ait entièrement

««»fnlé la Bible.

''j* '«ttpfei étaient composés de six co-

■J*J« 1^ première contenait le texte hé-

J^ en caraclères hébraïques ; la seconde ,

••toe texte en caractères grecs , à l'usage

o cnii qoi «nlendaient l'hébreu, sans Je

■tHf Hre;la Ut^isième contenait la version

«ijttila; la quatrième, celle de Syramaque;

jj 'îîQqaième, la version des Septante ; et la

^ '^me, celle de Tbéodotion. Origène avait

•'«1 disposé la version des Septante au mi-

*'n des versions grecques , afin que l'on

^^fius facilement en cor;*îger les défauts ,

'^à les coQi|iarant l'une après l'autre à cette

jer^ion, oui était alors la plus authentique.

us Octaplu , divisés en huit colonnes , con-

^4ieai, dees le même ordre, les six ver-

'•^ que nous venons d'indiquer, et en

plus les deux versions nouvellement découvertes à Jéricho et à Nieopolis, dans deux vases do ferre, qui les conservaient enfermées depuis on ne sait combien de temps. Les Ociaples cuntenaient donc , en huit colonnes, huit versions différentes, et chacune de ces versions était distinguée en tête des colonnes par la lettre alphabétique du nom de l'auteur, à l'exception des deux versions anonymes, qui se trouvaient indiquées par les lettres grecques correspondantes au double numéro dordre dans lequel elles avaient été publiées. Comme leprixde ces exemplaires a plusieurs colonnes était nécessairement très-éievé, Origène, pour faciliter Tétude de l'Ecri4ure sainte, et la rendre accessible à toutes les fortunes, composa les Télraples, recueil comprenant en quatre colonnes les versions les plus nécessaires. La première colonne renfermait la version d*Aquila; la seconde, celle de Symmaque; la troisième , la traduction des Septante, et la quatrième , celle de Tbéodotion. Dans la suite , afin que la version des Septante pût tenir lieu de toutes les autres; il la réunit en un seul corps d ou- . vrage, auquel il ajouta , en le marquant par des astérisques , ce que l'hébreu contenait de plus dans la version de Théodolion; comme il marqua, par des espèces de crochets ou parenthèses, ce que les Septante renfermaient de plus que le texte hébreu. Mais , avec le temps , les copistes reproduisirent ce travail sans tenir compte des astérisques et des parenthèses, et c'est à cette négligence que nous devons de ne plus posséder la version des Septante dans sa pureté.

Origène, perces travaux, ne prétendait pas diminuer l'autorité de la version des Septante que les apôtres eux-mêmes avaient citée, et qu'il avait disposée en une édition unique et universelle. Elle était en usage partout où l'on parlait grec, et l'Eglise s en était toujours servie , môme pour les versions latines qui avaient cours en Occident. Il prétendait seulement en éclaircir les difficultés , et il s'en explique dans ses lettres à Africain, et dans plusieurs endroits de ses Homélies et de ses CommeiUaires.

Homélies et Commentaires sur rEcrtlure.

— On recueillit plus de mille de ces Homélies, lorsque Origène, alors en Palestine, où il continuait ses travaux, quoique âgé do eOans, permit qu'on les écrivit. Il parlait sur-le-champ, car il avait acquis, par 1 exercice , une grande habitude de la parole, et des notaires rédigeaient ses discours à mesure qu'il les prononçait. Le mot grec Aomélie'j comme le mot latin sermoj signifie un discours simple et familier, et Ton appelait ainsi les prédications qui se faisaient alors dans les églises, pour montrer que ce n etait pas des harangues ni des discours profanes, comme ceux des orateurs mondains, mais des entretiens exempts de toute recherche étudiée , de toute préoccupaUon de rhéteur, mais seulement clairs, limpides, naturels , comme ceux d'un matlre qui s adresse à ses disciples « ou d*un père qui parle à ses enfaals«

Oïïl

DlCTIONiNAlRB

ont

Ce fui vers le même temps quOHgèue écrivit ses vingt-cinq tomes do Commentaires sur saint Matthieu, et un plus grand nombre encore sur les petits prophètes. Peut-être est-il le premier qui ait commenté toute rKcrilure ; plusieurs auteurs avaient enlre-

Îris ce travail avant lui, mais en s*en tenant l'explication de quelques parties. Le.< explications d^Ori^ène étaient de trois sortes : des scholies ou notes abrégées sur les passages le plus difficiles; des tomes ^ où commentaires étendus, dans lesquels, donnant ]*essor à sou génie , il s*élevait jusqu'aux plus hautes considérations , et des homélies adressées au peuple, et dans lesquelles il se réduisait aux simples explications morales , pour s'accommoder à la portée de ses auditeurs. Il nous reste une grande partie de ces derniers Commentaires ou Sermons d'Origène, mais la plupart ne sont que des traductions libres et quelquefois même paraphrasées, par Butin, par saint Jérôme, et par d'autres auteurs anciens et inconnus. On y remarque partout un grand fond de doctrine, joint à une piéié solide et sincère. Origène dîstin{^ue trois sens dans l'Ecriture : le sens historique ou littéral^ le sens mystique ou allégorique, et le sens moral. Il suppose, en principe et comme une chose incontestable, que les écrivains sacrés n'ont été que les organes de TEsprit-Saint , et que toute !'£crilure a été divinement inspirée, nonseulement quant au sens, mais auant à la moindre lettre |de l'Ancien et du Nouveau- Testament. Selon lui, les prophètes ne perdaient point l'usage de la raison en prophétisant, et, quoique l'Esprit-Saint les animAt, ils le faisaient librement et sans y être contraints. L'Ecriture sainte ne contient rien d'inutile , par conséquent on n'entendait rien rejeter; mais pour la bien entendre, il faut en étudier le sens avec beaucoup de soin, et distinguer entre les interlocuteurs qui s'y rencontrent quelquefois, les personnes qui parlent, d'avec celles à qui la parole est adressée; car les saints Livres nous paraîtraient beaucoup moins obscurs , si nous avions plus de force et plus de pénétration d'esprit. Sans doute, la connaissance des lettres humaines est utile pour acquérir l'intelligence des Ecritures, mais rieu n*est plus propre à mériter cette intelligenceau'une prière persévérante , accompagnée aune foi ferme et solide.

C'était la coutume dans TEglise de lire l'Ecriture sainte tous les dimanches, et tous les vendredis, que les Chrétiens appelaient encore Parasceve, d'un mot grec qui signifie préparation, parce que c'était le jour où les Juifs préparaient tout ce qui était nécessaire pour le sabbat. Les Chrétiens s'assemblaient donc dans ces deux jpurs; tnais Origène se plaint de plusieurs qui ne se rendaient à l'Eglise qu'aux fêtes solennelles, et qui encore, y venaient moins pour s'instruire que pour s'y relAcher. « Quelquesuns, dit-il , s en vont aussitôt qu'ils ont entendu ia lecture, sans en conférer ensemble et sans interroger les prêtres ; d^autrea Q*at-

tendent pas seulement que la lectorc s( finie; quelques-uns ne savent pas mène l'on fait une lecture, mais^, retirés dans i coin du temple, il perdent le temps à d entretiens futiles, et plusieurs }>ensem toute autre chose qu'aux saintes Ecrilures Il reproche aux Chrétiens leur aUachemt; aux affaires temporelles, comme la cuKur le trafic, les procès, et leur oppose le pi de zèle qu'ils mettaient à s'instruire de loi de Dieu, tandis qu'ils faisaient de grands efforts et qu'ils ne reculaient dera aucunes dépenses pour se rendre habil dans les lettres humaines. Aussi se phiim amèrement de l'inutilité de ses discou pour exhorter les jeunes gens à lire TEcc ture sainte.

Voici les règles qu'il donne pour eo hi liter l'intelligence : il veut que ceux qui e soignent dans l'Eglise ne disent rien d'eu mêmes, mais qu'ils prouvent tout parT; lîriture, et il fait valoir à ce sujet l'exetuti de saint Paul , qui cite souvent les sain Livres, quoiqu'il fût lui-même inspirée Dieu. Origène blflme ceux qui s'en rappo tent à leur propre sens pour expliauerT criture, au lieu de suivre celui de VEspr Saint , et il cite souvent, quoique sans !• nommer, les interprètes qui l'ont commeoi avant lui. Il ne veut pas que l'on s*en rappo te aux citations qui eu sont Imites par les li< rétiques, et dans tous les cas il veut qu\ eu respecte le texte, jusqu'à y laisser sq sister même des solécismes sans les t^ riger. « Nous devons, dit-il, nous \\i\f* ter à nous-mêmes ce qui nous clioài dans les Ecritures, et ne pas renoncer à Ij lire, quoique nous y trouvions de Tobsd rite. L'Ecriture est la parole de Dieu,' n'est pas plus merveilleux que nous ne Ici tendions pas^ qu'il ne l'est que nous \

Euissions comprendre ses œuvres. » Pol len entendre un passage, il faut, autj' que possible, rassembler tous les au(r passages qui traitent de la même cliose, oii les mêmes expressions se trouvent ei plojrées , et chercher d'abord , le sens simi et littéral, puis le sens moral et spirilut Origène méprise assez ordinairement ce pr mier sens, quoiqu'il soit souvent meiliei que celui qu il rapporte ensuite. Il faits^ apologie, en se plaignant des ignorants q expliquaient tout à la lettre, et condamnaie ceux qui cherchaient des allégories sousl paroles de TEcrilure. Toutefois, il avnl que les paraboles n'ont, pour l'ordiuair qu un seul point de ressemblance, et qu ne faut pas prétendre en appliquer cbaq partie , ni subtiliser sur chaque mot.

Il pose un principe très-important fo l'intelligence des prophéties, savoir, (]| dans le sens mystérieux des divines Ed tures, toutes les fois qu'il est question ^ enfants de Juda, il faut Tentenare de non mêmes, parce que Jésus-Christ, qui ( notre Seigneur, tire son origine de cd tribu ; de sorte que dans le parallèle q{ Jérémie établit entre Israël et Juda, le m Israël désigne le peuple juif, et celui <

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le peuple cbrécien. Comparant ensuite rôles de ce prophète avec celles de Christ coosi({nôes dans TETangile, eea conclut que les derniers temps ^oot aauoDcés comme devant être ues i ceux des Juifs, si même >ls ne 4m encore. Il reconnaît que les re-

0 adressés par le Sauveur à JérusazarJtDt les mauvais Chrétiens qui , E^tiset se trouvent mêlés avec les

1 ubsenre ailleurs que le mot I$raël ilemeot représenter les fauteurs de et d'hérésie.

)nae, dit-il, ne doit écouter la pa-

Dieuqu*il n'ait pris soin auparavant oitifier do corps et d'esprit» puisque la festin nuptial , il doit presque lÂiemeot après , manger la chair de udiTiQ et boire la coupe du salut, v i \iàT là que la prédication, à cette , était ordinairement suivie de la tioQ des mystères et de la distributi saiute Eucharistie. Ailleurs endil: «Vous qui avez coutume d'as- X mystères sacrés, vous savez avec pect et quelle précaution vous recurps du Seigneur. Vous vous croirement coupables , et vous auriez M (^ votre négligence il s'en per- Qoiudre parcelle. £h bieni si vous ei si justement tant de précautions «serYer son corps, pensez-vous que un moindre crime de mépriser sa • Ailleurs encore il ajoute : « Quand [^rticipants du festin incorruptimangez le corps et vous buvez le Seigneur, alors le Seigneur luienire sous votre toit. Humiliez-vous H diies, à Texemple du cenienier:

'^'jtneiuis pas digne que vous entriez *àmson. {Afatlh. vin, 8.) On voit ici iiHe celle formule dont nous usons 1 cil dislri huant l'Eucharistie, il marine ïwiUtoatunie de se donner le baiser '• . m.rtiliique « ce baiser est appelé saint, '"^^î'iiiesi chaste et sincère, et le signe «^^•'•^nuble charité.»

<.*^*</QeOrigèiie se soit étendu longue- ^i>w le mystère de la Trinité, dans son ^''^vDlre Celse, il revient souvent dans ''"^lies et commentaires, sur ce pre- ^ît^udement de la foi catholique. « Il ne ■^^'f^s, dil-il, que les Juirs aient eu ^îisancede ce mystère, ni qu'ils aient ;f- 'G connaître. Et cependant c'est le ;;*"^pniqui parlait par les prophètes, j*<J'ePère a envoyé conjointement avec 'K pour opérer le salut des hommes.

\'"i «ussi qui nous remet nos péchés, ^fwe que les autres personnes divines, •'^ S«e TEcriture accorde celte préro- '•^ au Fils, comme elle accorde la créa- ^^ l^ère, et la sanctification au Saint- ']''»OnvoitparsainlBasilc,'qu'Origène iait beaucoup de ses entreliens sur les ^'"^1 parla glorification du Saint-Esprit, ^^ 'ians ses expositions sur saint Jfean^ '"uuâissaii en termes formels la divinité W'jrable Trinité. Ce témoignage et plu-

sieurs autres tiue nous lisons encore dans les écrits d'Origène le mettent donc à couvert des erreurs qu'on lui a imputées sur ce n>ystëre. Nous pourrions en dire autant des autres dogmes. Nous avons vu comment il exposait à Oelse Téconomiede l'Incarnation. Voici en quelques mots, infiniment abrégés, comment il en raisonne dans ses commentaires : « Le motif de l'incarnation du Fils de Dieu, dit-il, a été le .salut, des hommes. Quel autre, en effet, pouvait sauver l'Ame de l'homme et la conduire à Dieu, sinon le Verbe de Dieu, qui, étant Dieu lui-même dès le commencement, s'est fait chair, afin

aue ceux qui, en s'attachant au corps étaient evenus chair, pussent le recevoir, ceux çjui ne pouvaient le voir comme Verbe de Dieu et Dieu lui-même. Au reste, c'est volontairement et non par contrainte, qu'il a souffert les outrages et qu'il s'est livré à la mort pour enlever les péchés du monde. C'est par Jésus seul que nous devons aller au Père ; c'est par lui que nos actions de grâces et nos prières doivent s'adresser au Père, ce oui n'empêcho pas que nous n'invoquions également le Fils et le Saint-Esprit. » Il remarque que Phlégon faisait mention de Téclipse et du tremblement de terre arrivés à la mort de Jésus-Christ ; et il paratt persuadé pour sa part, que cette éclipse non plus que le tremblement de terre et les autres prodiges qui arrivèrent alors ne furent pas universels. Il rapporte que ceux crue l ou condamnait à mourir surla croix n y expiraient qu'au bout de deux ou trois jours, d'où il conclut que le Sauveur étant mort le jour même oti il y fut attaché, sa mort ne peut être regardée que comme un miracle. Origène, qui avait déjà observé ailleurs que l^me de l'homme ne mourait pas avec lui ; mais qu'elle subsistait encore après la dissolution de sa chair, remarque ici, qu'étant douée du libre arbitre, elle recevra, selon ses mentes, des récompenses ou des peines éternelles. Elle est différente du corps par sa substance, et par conséquent, elle a une vie qui lui est propre, ce qu'il explique beaucoup plus clairement ailleurs,

auanci il dit : « L'âme est raisonnable et 'une nature beaucoup plus excellente que celle des corps. C'est une substance immatérielle et invisible créée à Tima^e de Dieu. Comme elle est destinée à devenir te temple du Seigneur, elle porte en elle les semences de toutes les vertus. » Il ajoute que l'Eglise n'avait encore rien décidé touchant l'origine de l'âme, de sorte qu'il était incertain, si elle était engendrée avec le corps et par le même principe, ou si elle avait un autre commencement. Pour lui, il parait admettre la préexistence des âmes, et croire avec quelques anciens que Dieu a créé, dès le principe, un certain nombre d'esprits destinés à être uui.« à des corps. Toutes les âmes raisonnables sont de même nature , et aucune d'elles n'est sortie vicieuse des mains du Créateur. C'est par le péché qu'elles se sont réduite.^ en servitude. Mais il n'est pas impossible à Dieu de vaincre la corruption qui de-*

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Yient quelquefois netotelle h certaioes per- Bunncs qui se sont lait une habitude du péché. Elles peurent même se retirer du Tice et pratiquer les commandements du Seigneur, mais avec le secours de la grâce^ dont la force est si puissante, qu*elle nous fait comme une sorte de tiolence pour nous attirer au salut ; car elle n'invite pas seulement ceux qui veulent venir, mais elle attire encore, malgré leur répugnance , ceux qui s'éloignent, en détruisant dans leur cœur la haine qu'ils portaient à TEvangile et en leur ac* cordant même la force qui fait les martyrs. La grâce nous est nécessaire pour tout, même pour croire, car la foi est uo don de Dieu. Si les justes triomphent des démons, c'est avec le secours de la grâce; et ils ne s'attribuent jamais la gloire d'aucune bonne action, parce qu'ils savent que c'est de Jésus- Christ que leur vient la victoire.

Oriçène enseigne encore^ dans plusieurs endroits de ses Commentaires^ que tous les hommes naissent avec le péché originel, et il en apporte pour preuve le baptême des enfants. Il distingue deux sortes de péchés : les péchés légers que nous appelons vénieh, et les péchés plus considérahles, que nous nommons mortels. Les premiers n'empêchent pas que l'âme ne vive à la grâce; les seconds causent la mort de l'âme et sont incompatibles avec la vie spirituelle. On ne doit pas négliger les péchés légers, mais, eu tout temps et à toute heure, on peut en laire pénitence et les racheter ; mais il n'en est pas de même des péchés graves dont on ne peut se délivrer que par une pleine et entière satisfaction.

Nous crojons également devoir reproduire, au, moins en substance, le fond des enseignemenu d'Origène sur l'Eglise. Elle est aussi, ancienne que le monde. Jésus-

corps et lui donne le mouvement animal qu'il n'a pas de lui-même, ainsi, le Verbe agissant dans tout son corps qui est l'Eglise, pour lui imprimer les mouvements convenables, fait en même temps mouvoir chacun des membres qui le composent. Selon la pensée d'Origène, on peut donc déflnir l'Eglise, le corps de Jésus-Christ animé par le Fils de Dieu, et dire que tous ceux qui croient sont les membres de ce corps, considéré comme un tout. Hors de l'Église, il n y a point de salut. Ainsi les hérétiques n en doivent donc point espérer tant qu'ils persévèrent dans leur erreur. Néanmoins, 1 ^lise renferme dans son sein les mauvais Chrétiens, et ceux même qui, ayant abandonné la foi dans leur cœur, ne laissent pas d en faire extérieurement profession. C <BSt encore à l'Eglise seule qu'appartient le pouvoir de remettre les péchés. Les hérétiques ?^iv:^"^ pas ; et les sacrifices que l'on offre f.Diea, soit dans les schismes, soit dans J hérésie, sont des sacrifices profanes. L'E- Kli5e est visible, et. auoiaoe réoandue dans

toutes les parties du monde, depuis \\ jusqu'à l'occident, elle est une.

Parlant ensuite des différents o établis dans l'Eglise, il dit : « Jésusi en est le chef, les évêques et les prêu sont les yeux, les diacres et les autre nistres en sont les mains, et le peu;: est les pieds. » L'Eglise possédait e d'autres ministres, et, au-dessus des lai il y avait aussi les vierges et les Vf A propNOS des ordinations et des 8 promotions qui se faisaient dans les uiiers rangs du clersé, il dit : « Q\i

firélats, bien loin de désigner par testa eurs successeurs ou de choisir leur rents pour remplir leur emploi, dev abandonner ce choix à la volonté de I Outre ce choix suprême , la présenc peuple est encore nécessaire k Tordin de l'évêaue, afin que chacun soit bie sure que l'on n'élève à la plénitude dus . doce que l'homme le plus parfait, ie docte, le plus saint et le plus éminei toutes sortes de vertus. La présence du pie est nécessaire à cette ordination, qu'il ne reste aucyn scrupule, et qae sonne ne puisse la contester. Il ne faut pas s'étonner des éloges qu*Origène ace aux évêques de son temps, quand i dans ses livres contre Celse, que, « 5 avait dans le monde une ville habitée des hommes divins, plusieurs pard évêques mériteraient d y commandera que, même les moins avancés en sain étaient de mœurs plus pures et oiieui glées, que les plus célèbres et les ] dignes parmi les magistrats politigoe 11 ne laisse pas cependant de rappeler peuples que, suivant leurs mérites, 1 leur donne de bons ou de mauvais pasl

J|ui les nourrissent de la parole, qui' ortifient par l'exemple ou qui les \m languir dans la faim et dans la soif s|i tuelles. Mais, en même temps, il veut les évêques se souviennent que celui , se voit élevé à l'épiscopet, est appelé, J

Rs au commandement, mais au service iglise; et, ce service, il doit le ree avec modestie et humilité, de manière i qu'il soit utile, et à celui qui le rend, \ celui qui le reçoit; car le gouverneuj des Chrétiens ne doit ressembler en m celui des infidèles, qui est dur, plein d solence ou de vanité. Si, pour rexeoifli afin de retenir les autres par la crainte est nécessaire de reprendre publiquem les pécheurs, et d'user même quciqut'l de la puissance qui les livre au déiiiui^ veut qu'ils le fassent rarement, snn^ traiter en ennemis ni leur infliger aucuï peines corporelles,. parce que la volonté Dieu est que i^s crimes soient punis f les Juges séculiers, et non par des évôi'ij Enfin, il leur recommande d'ayoir un m facile, à l'imitation de Jésus-Chrisl; 4 parlait à des femmes, qui iuiposaii mains à des enfants, qui lavait les ineo^ ses apêtres.

Nous avons vu plus haut eu queii \^^^

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s*eiprifliait sur U divine Eucbaristle; ^^ffochons ici ce ou*îl dit des autres sa* ^^^viH, et particulièrement de ceux qui \n (dus nécessaires au salut, comme e» la pénitence et rextréme-onc* ôeonque désirait s'arracher aux téée ridolAtrie pour $*instruire de la Mot, était mis au nomhre des caté*- Ity en avait de trois sortes : les ifloi n*étaient admis à aucune asr ctfétienne«»parce que leur présenêâit trop récente, et qu*il était uéde sonder leurs intentions et de f quelque temps auparavant; QQi , quoique disposes de loin ir le oaptèmei n'avaient pas encore le symtîole de leur purification ; et mes, ^ui avaient fourni toutes iqs nécessaires de la ferme résolution étaient de ne jamais renoncer à la du christianisme. Parmi ces derii,M eu choisissait quelques-uns pour " r la vie de ceux qui sollicitaient dans les assemblées, pour en éioi* ■X qui ne voulaient pas renoncer à ■Bvaises habitudes, et pour aider les èliire tous les jours de nouveaux t dans ia vertu. Souvent alors on irs catéchumènes et même les Cdèles el l'on essa^^ait de les ramener à I en leur rapportant des prédiewrreilleuses ou aes cures inespérées îm attribuait aux fausses divinités.

ateas là, Origène veut qu'ils élèvent ai^t vers Dieu , qui est le créateur Vjmvers, et oue, comparant la piété * e de ceux qui Tadorent avec la fausse éi$ idolâtres, ils s'estiment heureux ît au vrai Dieu* Avant d*6tre Inptéme, il fallait que les catéeiuseat montré de dignes fruits et passé quelque temps dans \ d'une bonne vie , en se préiilootes les souillures du vice e( h se présentaient ensuite è la ^ ^--^ 4}Mrieuse , où , en présence de ijgÉiaflwfcul et lévitique 5 ils étaient AméIm mystères vénérables qui ne se naifoeot qu'à ceux à qui il est donqé bieMttfire. L'usa|$e dans l'Eglise était Hdibipiiser publiquement, avec l'eau kéitme au nom de la Trinité, parce 6L4lf il n'y a point d'autre baptême lelai qui est conféré en ce nom. Il que du temps des apôtres, on ne otait pas seulement, comme à son d'appliquer la formule des mystè-« ceax que l'on baptisait, mais qu'on oaipAquail encore la raison et la I en leur apprenant que par le bapoa œeurt au monde, on s'ensevelit MeJésus-Cfarist, pour renaître et s'avancer i^ioidaasune nouvelle vie. La coutumq ■ Miser même les enfants remontait, ■ta Origène, jusqu'à la tradition apostoli-

8 Ml était une preuve du pécbé orig^inet ; tdil-il, puisque le liaptème a pour fin de ^Ur9 les péchés, pourquoi rJBglise au- *v-«lle établi l'usage de le donner aux

enfants? En recevant le si^ne du salut, lo nouveau baptisé s'engageait k renoncer au démon, à ses oeuvres, à ses pompes, à ses plaisirs, et à tout ce qui se fait pour son service.

Dans les passages oit il traite de la pénitence, il remarque que les fautes douteuses ou cachées n'étaient point soumises à Texcommunication, mais seulement les fautes scandaleuses et publiques. Les pécheurs qui avaient encouru cette sentence étaient exclus même de la prière commune, et son* vent, malgré leur demande, on leur refusait 1 Eucharistie, de peur de scandaliser les autres par cet exemple. Ceux qui vivaient dans Timpureté étaient traités avec la dernière rigueur et retranchés également de la communion des fidèles. Il est plus dangereux, dil-i), d'errer dans la doctrine que dans les mœurs. Aussi les hérétiques ne

Ïossèdenl-ils que des semblants de vertu, out est faux chez eux, et la mort même ne saurait être un martyre. Les hérétiques les plus pernicieux sont ceux qui savent régler leurs mœurs, parce qu'ils peuvent séduire par les apparences. On doit être difficile à recevoir les pécheurs, et mesurer le pardon qu'on leur accorde à la pénitence qu ils ont laite de leurs fautes. Le repentir nVst vrai qu'autant qu'il renferme la résolution de se corriger; car les pleurs et les gémissements ne sont pas capables par euxmêmes d'obtenir grâce et miséricorde devant Dieu, s'ils ne sont accompagnés du désir sincère de changer de vie. En effet, c'est }a vertu qui, en chassant le vice, expie les fautes et en fait obtenir le pardon. Origène s'applique également à démontrer Tutilité de la confession particulière, nui efface, dit-il, les fautes secrètes, toutes les fois que le pécheur les confesse volontairement. Au nombre des moyens propres è effacer le péché, il met les aiBictions tem- 3orelles qui ne nous arrivent, que par la >ermission de Dieu, le baptême, le martyre^ e pardon des injures, la conversion de nos frères, la charité, la pénitence laborieuse, l'onction et l'imposition des mains, fa'ite sur un malade par le ministère des prêtres de TEglise» et toutes les œuvres qui se trouvent marquées dans l'épttre de Tapôtre saint Jacques. Il fait remonter l'institution de la pénitence à ces paroles que le Sauveur adresse à ses apôtres : Recevez le Saint- Esprit^ les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez^ etc. [Joan, xx, 23.) « Ce pouvoir, dit-il, qui a passé des apôtres à leurs successeurs, regarde les péchés commis contre Dieu ; car chacun cle nous peut et doit remettre les péchés, en ce qui regarde les offenses qu'il a reçues. »

Complétons ce que nous avons dit de ces commentaires en forme d'homélies, en indiquant les sentiments d'Origène sur divers Sunts de la morale chrétienne. Selon lui, ut ce qui ne se fait pas pour Dieu, ou par rapport à Dieu, est inutile au saint, el nous en rendrons compte au jour du jugement. $i dans le Décalogue, Dieu n'a uaa

(mi

OfU

décerné de jieîncs temporelles ^9^ Ire les prévaricateurs de ses préceptes, C ^st qu'il veut que nous les observions moins par

que, si nous venons à le mépriser et h perdre à son égard les sentiments d'amour que nous lui devons comme à un père, il ne nous traitera plus en enfants» mais en esclaves. Celui qui observe les commandements de Dieu dans d'autres vues que de lui plaire» c'est-à-dire par vanité, par resnccl humain ou par tout autre motif semblable, se rend injuste envers lui et lui ravit son droit suprême. Dieu ne reçoit les offrandes que de ceux qui croient en lui; il rejette les dons des infidèles, parce qu'encore que leurs actions soient quelquefois bonnes, au moins en apparence, ils ne les lui rapportent pas. Cependant ils ne laissent pas de mériter quelques louanges lorsquils font le bien par un amour naturel de la justice; et, dans ce cas là, quoiaue leurs actions soient inutiles pour le salut, elles sont dignes que Dieu les récompense au moins temporellement. Notre amour pour Dieu doit être sans bornes, c'est-à-dire que nous devons l'aimer de toutes les forces de notre Ame. Il n'en est paê de même de l'amour que nous devons au prochain. Pour être bien ordonné, il doit être réglé suivant la qualité des personnes. Enfin pour confirmer ce qu'il a dit ailleurs de la grâce et du libre arbitre. Origène s'appuie de Tautorité de saint Paul, pour montrer que nous pouvons décheoir de la justice.

Nous croyons devoir reproduire aussi l'opinion d'Orij^ène sur quelques points historiques consignés dans ses commentaires. De son temps, dit-il, non-seulement on vovait encore à fiéthléem la grotte dans laquelle Jésus-Christ était né, mais on y montrait aussi la crèche dans laquelle on l'avait enveloppé de langes après sa naissance. 11 prétend que le Golgotha servit de sépulture à Adam, et qu'il y fut enseveli a'4 lieu même où Jésus-Christ fut crucifié, et où i-1 mourut à l'heure même de la création du premier homme. Suivant lui, depuis la mort de saint Jean-Baptiste, les rois des Juifs furent privés du droit de condamner à mort. Il fixe le baptême du Sauveur au mois de janvier de sa trentième année, et dit qu'il mangea la pftque le quatorzième jour de la lune. 11 croit qu'Adam est sauvé, et que la langue qu'il parlait dans le paradis terrestre était la langue hébraïque. Suivant lui, dès avant leur captivité en Egypte, les Hébreux avaient une langue particulière et des caractères différents de ceux en usage parmi cette nation. C'est de cette langue cl de ces caractères que Moïse se servit pour écrire ia Pentateuque que les Juifs regardent comme divin. L'Evangile ne fait mention que de trois Maries, et celle qui embauma le corps du Sauveur est dift'érente de la femme pécheresse dont parle saint Luc. Les disciples qui, sur ie chemin d'Emmaiis,

rencontrèrent le Sauveur ressuscité, s tretinrent avec lui pendant la route ( reconnurent à la fraction du pain, iu Simon et Cléophas. Il pense que les pr ges opérés par les magiciens de PLai n'étaient que des prestiges ; et il souti on ne sait trop à quel propos, que lesJ empêchèrent les Romains de placer la tue de César dans le temple de Jérusâl La moisson en Judée se faisait sou avant Pâques, de sorte que l'on pou célébrer les azymes avec du pain dû'iti De son temps, il se faisait encore beaoc de miracles dans TEçlise; mais il reti

?ue (jue dans la ville d'Alexandrie, hrétiens étaient en bien plus petit nua que les Juifs et les païens.

Terminons par quelques sentences sf

tuelles extraites de ces homélies, atii

mieux faire comprendre dans quel espri

avec quels sentiments de piété Ong

commentait l'Ecriture sainte. Ainsi, d

ses explications sur VExode^ après n

avoir représenté Dieu, nous opposant

maux spirituels afin de nous obliger ï

vailler à les guérir, il ajoute : « De ait

qu'un médecin habile, lorsqu'il connal

siège du mal intérieur dont nous somi

atteints, y applique quelques remèdes {

près à l'attirer au dehors, quoiqu'il j

voye que, pour un temps, nous en épn

rerons beaucoup plus de souffrances;

même Dieu en use à notre égard, lorsq*

voit que nos maux spirituels pénètr

jusqu'au fond de l'âme.... Alors il prod

au dehors cette iniquité cachée, afin den(

la faire connaître, pour y appliquer enso

les remèdes propres à la guérir. »

f Dans un autre passage sur le même

Tre, il montre que la plus grande colèrtj

Dieu est la colère qui se tait. Parcequej

travaillé à vous purifier y dît le Seigneur,

que voue n* êtes pas devenu pur^ dorénau

je ne me fâcherai plus contre vous et j(

cesserai de faire éclater sur vous mon ûf

tion jalouse. {Exech. xxir, 13, sec. L\!

« Donc, remarque-t-il, quand Dieu finit f

ne plus se fâcher contre ceux qui péchei

on peut dire, s'il est permis d'eiaploj

ce langage, que c'est par une plus grau

colère qu'il en use ainsi. » i

Ailleurs, il nous rappelle que Dieu

nous châtie en ce monde que pour DOf

bien, « Nous sommes persuadés, dit-il» 4

les douleurs, les afflictions, les peines

les châtiments que Dieu nous envoie, sq

toujours pour le bien de ceux qui les so\\

frent, et uue les sentiments de colère ei |

fureur quon lui attribue, sont des eipre

sions qui ne signifient rien autre dm

sinon que Dieu reprend et enseigne, suiv»

ces paroles du Psalmiste : Seigneurneu

reprenez pas dans votre fureur, et quf j

ne soit pas votre colère qui m'inflige

châtiment: Domine^ ne infurore tuoargu^

me, etc. {Psal. yi, 2.) »

Dans sa première homélie sur Jérémii il nous invité à déraciner le maldeiioti cœur, afin que Dieu y plante la Wen : J

PJ

ORI

ORI

tuttf fit mtoye, dit 1c Seigneur à un pro-

jlitle, a/h fue «ous orracAtejs et que vous

iôut», fii€ vouM renversiez et que vous re-

i9$trHt$i€x. {Jerem. i, 10.) «En effet, dit-il,

(.but d'abord arracher le mal de notre cœur,

fitce que Dieu ne peut rien édifier de bon

iKii on lieu qu'il trouve occupô par un

fii'.fire en ruine. » Dans la quatrième homé-

& «srie mime Urre, il remarque que nous

a^Acskioin, pour notre satisfaction, que

pi^iilljela sévérité à la douceur. « Si Dieu

iiiiit m bon , dit-il , nous mépriserions

«tW;et, sMl n'était que sévère, le dés-

'•-".ir de jamais nous sauver, à la vue de

K{3s)P5 fautes dont nous sommes coupa-

: •<« nous précipiterait dans Tabtme de

K' (es vices. » Quelques versets plus

Uk 5or ce passage dn même prophète. Qui-

(T^ue commet le péché est né du diable,

ri:t: «Nous naissons du démon toutes les

ii^'jjoenous péchons, comme le juste naît

*/Dieu» non pas une fois, mais autant do

* ^qn*il accomplît des œuvres de ver lu. En

1^. comme le Fils de Dieu naît continuel-

i^KGldeson Père, de m^me, en vertu de

Qrw^mblance imprimée dans nos Ames,

t:a' sommes continuellement engendrés

<^ lai, au moins comme enfants aaoptifs,

ifst-yire è chaque bonne pensée, à clia-

Ï^tooDe action, nous devenons enfants de ni CD Jésus-Christ. »

l^llioméUe onzième, sur le même liniiliubUt que Dieu nroportionnera le lUTfie c^u*il demandera a cnacun è la di- Ki(é qui) aura occupée, n Les puissants Acrnit puissamment tourmentés; c'est-à-dire f|DeIheueilgera plus de moi,comme prêtre, 1^ d'un diacre ; qu'il exigera plus d*un diantre doa laïque. Mais celui qui sera éle- ^W. degré émincnt de présidera toute n^^seï sera obligé aussi de rendre compte fÂt toute TEglise qu'il doit gouverner. » AwnoDtrer que c'est inutilement que »» jâUe le péché, si Ton n'en fuit les J^***»!, el SI l'on ne s'attache à Jésus- ^^UUtcette remarque dans l'homélie iwifèmeflir le même livre : «Après que j>*' A/50ftide8odome, l'ange lui dit : Gar- ^^-tmdi tous retourner en arrière^ ni de ' '^tmitfT nulle part dans cette contrée^ mais J^^tn-rm iur la montagne. (G en. x«, 17.) ^ eM^à-dire : Vous avez quitté Sodome, n'y 'cîoafDMpJus ; vous avez quitté vos vices et ' - PKhés, gardez-vous d'y revenir. Car il i« Juffitpas, pour le salut, de s'abstenir de '-^r^kr en arrière, mais il faut encore **'ir soîQ de ne demeurer nulle part dans ^'.on(rée; parce qu'il serait inutile d'entrer •usiecheminde la vertu, si l'on continuait - 1 «iemeurer sur les confins du vice, et si ' fi oe fuyait jusque sur la montagne, au fluide laquelle seulese trouve notre salut, îJi est Jésus-Christ. »

Voiu ce qu'il observe dans l^omélie sui- -^nte, à propos de certaines prières litur- 'lues qui se funt dans l'Eglise : « Quand is disons à Dieu : Seigneur tout-puis- *'Qi« donnez*nous d'avoir part avec vos •f t'iièlcs et avec les apôtres de votre Christ;

je ne sais si nous comprenons bien ce que nous demandons. Par le fait, c'est comme si nous disions à Dieu : Seigneur, faitesnous souffrir ce qu'ont souffert les prophètes; accordez-nous d'annoncer vos vérités de mànfère è attirer .sur nous les persécutions des hommes, ou bien faites-nous la srAce do soufi'rir des calamités semblables a celles

3ue vos a|>6tres ont endurées. Autrement, emander à Dieu qu'il nous donne part avec eux et ne pas vouloir souffrir comme eux, c'est lui adresser une prière aussi in* juste que déraisonnable. »

Enfin, dans l'homélie dix-huitième, il remarque que Dieu ne s'éloigne jamais que de ceux qui l'abandonnent. « Jesus-Christ« dit-il, nous adresse à tous cette parole : 5t quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. (Joan. vu, 37.) La pierre même, ajoute-t-il , ne manque donc point de mamelles pour nous allaiter? Mais les impies ont abandonné cette source d'eau, et ce n'est pas cette source d'eau vive qui leur a manqué, car Dieu ne s'éloigne jamais de personne, mais ceux qui s'éloigneut de Dieu périront. »

Sur la prière. — Ceux qui parcourront à la hflte et sans réflexion le traité d'Origèno sur la prière, seront tentés, àla première vue, de l'accuser d'hérésie. En effet, ce n'est pas sans éprouver une impression pénible que Ton remarque, dès le début de cet ouvrage, que l'auteur recommande aux Chrétiens de ne prier que le Père , sans joindre à leur oraison le nom d'aucune autre personne de la Trinité, pas même de Jésus-Christ; mais les développements qui suivent expliquent cette recommandation, en témoignant quUl craint seulement que Ton adresse ses prières, au Père et au Fils, au nombre pluriel, comme s'ils formaient deux dieux; il veut que Ton prie le Père par le Fils , suivant la pratique ancienne et universelle de TE^^lise. De même, dans ce traité de la prière, il dit encore, que «Jésus-Christ n'est pas le seul qui prie pour nous , mais que les anges le font également. » Il le prouve par le livre de Tobie, et remarque qu'il n'y avait que les Juifs qui en rejetassent l'autorité. Il démontre encore par l'histoire des Machabéea que les saints aussi prient pour nous, et il ajoute <( qu'il est absurde de croire que les saints qui ont reçu la perfection de la science, n'auraient pas reçu également la perfection des autres vertus, dont une des principales est la charité envers le prochain, v

Il veut que Ton prie au moins trois fois le jour : le matin, à midi et le soir, et même pendant la nuit encore; ce qu'il prouve par divers exemples empruntés aux livres de Tobie, de Judilhy à'Esther et de Daniel. Il réfute l'opinion de ceux qui disaient que la prière est inutile, parce que Dieu a tout prévu, tout ordonné, et que nos prières ne changeront rien à l'accomplissement de ses décrets éternels, et il répond que ces décrets renferment même les prières auxquelles Dieu a résolu d'accorder certaines grAces privilégiées. Enfin , dans une courte expli-

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