ot après trente-cinq ans de profession
^t^ue : son corps tut enterre le le.nde-
main sur la montagne voisine de s n monastère.
Règle de saint Pacôme, — Nous avons de lui une Règle dont saint JOrôme a donné une traduction latine que nous possédons encore. L*auteur de sa Vie raconte que le saint, 8*étant avancé un jour assez loin de sa cellule, se mit en prière dans un lieu appelé Tabenne. Alors, il entendit une voix qui lui dit : <t Demeure ici, Pacôme, et bft-^ tis un monastère : plusieurs viendront te demander leur salut, et tu les conduiras^ suivant la règle que je te donnerai. » Aussi^ tôt un ange se présenta à lui et lui remit une table où se trouvait écrite la Règle qui y fut observée depuis. Ce fait, que nous nous abstiendrons de discuter, est attesté par Pallade et Sozoïuène, tandis que plu^ sieurs autres critiques non moins judicieux le relèguent au nombre des traditions trèsincertaines. Quoi qu*il en soit, voici ce que contenait la Rèsle que saint Pacôme estcensé avoir reçue de l'ange.
Il était permis à chacun de boire, de man-* ger, de jeûner et de travailler dans la proportion de ses forces. Ils logeaient par trois en différentes cellules; mais la cuisine et le réfectoire étaient communs, llsy mangeaient eu silence, et leurs capuces abaissés sur les yeux pour ne se point voir. Leur vêtement consistait en une tunique de lin, sans manches, mais surmontée d'un capuce. Ils por-^ taient une ceinture, et, sur la tunique, une peau de chèvre blanche qui leur couvrait les épaules, lis gardaient Vune et Tautre à table et pendant le sommeil. Mais lors* qu*ils s*approchaient de la communion, ce ({ui avait lieu les premiers et les derniers jours de la semaine, ils ôtoient leur ceinture, leur vêtement de peau, appelé melo-' tij et ne gardaient que la tunique de \\n* Les moines d'un autre institut ne mangeaint jamais avec ceux de Tabenne, ni ne pouvaient entrer dans leur monastère. Mais celui des frères que les devoirs de sa charge obligeaient de sortir, n'était pas astreint k cette loi. Les novices passaient trois ans, avant d'étudier les règles de la plus grande perfection, se contentant de travailler avec simplicité aux ouvrages qui leur étaient ordonnés. Tout le monastère était divisé en >ingt*quatre groupes dont chacun portait le nom d une des lettres de Talphabet grec, ayant un rapport secret aux mœurs de ceux qui le composaient. Les plus simples^ par exemple, étaient rangés sous Ttola, et les
f)lus difficiles à conduire sous le cAi,af]n que 'abbé pût aisément s'informer de l'état de chacun, en interrogeant les^ supérieurs par ce langage mystérieux qui n'était connu que des plus spirituels. Ils faisaient douze oraisons le jour et douze la nuit« et, avant de faire la prière qui précède le repos, ils chantaient un psaume.
Distribution du manastire. — La Règle de saint Pacôme, telle que noua la lisons dans Holsténius et dans Bollandus, est beaucoup plus ample et plus détaillée que celle dont nous vouons de rendre compte. Il y atait
PAC
IMCTIONNAIRB
PAG
dans chaque monastère un supérieur pour le gouverner, en l'absence de l'abbé ou du supérieur général de la congrégation On donnait à ce supérieur le titre de père et d'économe, et il avait sous lui un second pour lo suppléer. Chaque monastère, comme nous l'avons dit, était partagé en plusieurs maisons ou familles, composées d'environ trente ou quarante religieux; chaque mair son avait un prévôt avec un second pour Taider, et trois ou quatre maisons réunies prenaient le nom de tribu. Ceux qui exer'çaient le même métier faisaient partie de la même famille, et ils allaient ensemble à Touvrage. Les familles se succédaient les unes aux autres dans les services communs. La première était chargée du soin de la table et de la cuisine; la seconde, des inGrmerics ; la troisième, de la garde des portes, de la réception des hôtes et du soin d'instruire les postulants, 'jusqu'à ce qu'ils eussent reçu l'habit. Les autres familles étaient destinées à des occupations diverses, comme de confectionner des nattes, du pain, des draps, des habits, de la toile, des sandales, des corbeilles et des paniers : il y en avait pour le labour, la charpente, la tannenerie. Les prévôts rendaient compte de tous les ouvrages de leur famille, une fois par semaine, au supérieur du monastère. Ts avaient aussi le soin de distribuer aux frères placés sous leur conduite, les habits et les livres convenables. Les frères observaient en toutes choses le rang de leur profession, soit pour commencer les psaumes, soit pour communier, ou pour toute autre chose qui se faisait en commun.
Des novices. — Lorsaue quelqu'un se présentait, pour être religieux, on le faisait attendre quelques jours, pendant lesquels Qn observait sa vocation, sa naissance, sa condition. On lui faisait apprendre l'Oraison dominicale, autant de psaumes qu'il en
Êouvait retenir jusqu'à vingt, avec deux Ipttres de saint Paul , ou quciqu'autre partie de i'Ecriture, puis toutes les règles du monastère qu'il avait à observer, soit en particulier, soit en commun. Après cette épreuve, l'abbé lui donnait l'habit du monastère et le laissait en'.re les mains du portier, qui l'amenait à l'assemblée di^s frères, pendant le temps de la prière, et on le faisait asseoir à une place d'où il ne sortait point que le prévôt de la famille à laquelle rn l'associait ne vint le prendre pour lui montrer celle où il devait demeurer. Ses habits séculiers étaient remis entre les mains du supérieur qui les gardait. On oblil^eait les novices à apprendre à lire : car on ne souffrait personne dans le monastère qui ne pût lire et apprendre par cœur une partie de l'Ëcritare, au moins le Nouveau Testament et le psautier. Les enfants étaient admis dans le monastère ; ils y mangeaient avec les religieux et servaient dans leur semaine. Quand les paroles ne suffisaient pas poar les corriger, on les fouettait ; mais on adoucissait à leur égard l'austérité de la rèî{le.
Des habits, — Les tuniques de lin, i sage des religieux de Tabenne, descenda jusqu'aux genoux. La peau de chèvre q mettaient par-dessus, couvrait les épaale descendait par derrière jusqu'en bas cuisses 11 parait qu^cile leur servai même temps de besace. Le capuce doi couvraient leur tête était de laine et n a que jusc|u'à la naissance des épaules, y mettait des croix avec la marque du naslère et de la famille à laquelle ch moine appartenait. Ils portaient à Vé un petit manteau de toile, et ils ne \ vaient le porter ailleurs sans la permis du supérieur. En certaines occasions, i servaient de galocnes ou sandales; ordinairement ils allaient pieds nus pourquoi ils avaient des instruments, ôter les épines des pieds. Lorsqu'ils allÂy en voyago, ils portaient dos sandales et bâton.
Des offices. — Les prières de la nuit se saient vers minuit. On en faisait d*au/re matin, et, après qu'elles étaient Qnies, o qui était de semaine prenait l'ordre du périeur pour tout ce qu'il y avait à la soit au dedans, soit au dehors du monasU ]1 y avait aussi des prières ordoi néosar le repas; six autres prières à l'heure vêpres, et six avant d'aller coucher. Les près et les prières qui précédaient le c( cher se disaient par chaque famille en p ticulier, mais dans le même ordre que ce! qui se récitaient en commun. On appe les frères à l'éc^lise et au réfectoire |«/ son de quelque instrument sur lequel frappait, et c'était un semainier qui n plissait cette fonction. Ils communiaiei selon leur rang de profession, le^ pit nus , n'ayant que leur tunique de lin et capuce, et, autant qu'on peut le croire, ai un petit morceau de toile. Lors<]u'il fail célébrer les saints mystères, saint Pac6i envoyait prier un prêtre de quelque égl voisine, car, parmi ses disciples, il o'j avait aucun qui fût clerc; mats dans la sui cependant, lorsqu'il se présentait aueld ecclésiastique pour être admis dans la coj munaulé,il le recevait, pourvu qu'il se se mit à la règle commune.
Des repas et des jeûnes. — Chaque fami avait son heure réglée pour manger, an les infirmes mangeaient à midi, les auir à une heure, et ainsi de suite, jusqu'^ nuit fermée, chacun selon ses forces ei famille à laquelle il appartenait. Il n'éi pas permis de manger hors l'heure des r nas^ ni même de lamasscr les fi'uiliq l'on trouvait à terre dans le jardin. La f^b était de jeûner tous les mercredis et k dredis, hors le temps de Pâques et de 1 Pentecôte. Dans les autres temps nn nm geait à midi et le soir. Plusieurs ceoemifl ne faisaient qu*un repas, et le second a éiSi que pour les enfants, les inflrmes et i vieillards, ou dans les chaleurs excessi^ej Il y en avait qui sortaieut de table aprj avoir mangé un peu de pain, se contenia»^ presque de toucher à ce qu'on '«uf *"'
PAC
DE PATROLOGI&.
n, pour pouroir dire qu'ils avaient fait
rrjjds. Ceax qui ▼oulaieat manger dans
5 cellules ne prenaient que du pain, de
a et du sel, f)our en manger une fois le
r. ii sourent de deux jours Tun. Dans la
Ui^t sainte, le jeûoe était plus rigou-
w. mm on exhortait ceux qui étaient
WA a OJAOger tous les jours, excepté le
•isrAiLQueiques'-uns, pendant le carême,^
ftiUHU deux, trois et même quatre jours
miflger. La nourriture ordinaire des
mûS'k Tabenne était du pain, des olives
taeju fromage, des herbes en salade,
9i:ue5e( d'autres fruits de la saison. Le
■lUt e(le dioianche on servait des légu-
IHmitsavecde Thuile. Le vin n'était que
m >! malades, et ils n'en pouvaient
«iquàlinfirmerie. Il était interdit mè-
iiccux qoi étaient en voyage, comme
toi tout ce dont on n'avait pas coutume
'm^ dans le monastère. Les jours de jeûno
iMm permis déboire hors les repas.
t a^niuil aux malades tout ce qui pou^^
•I.K soulager, même de la viande qu'on
l'V inder dehors. Mais dans le monas-
P* % Qoarrissait des porcs pour consom-
Kr «restes du réfectoire ou d'ailleurs, et
iKhisaii manger les pieds, les entrailles
I n extrémités aux vieillards malades.
% km\[ aux étrangers la viande qui res-
«.ouon la vendait aux habitants du voi-
'••^.Les repas se prenaient en silence,
^^OQ avait besoin de quelque chose,
•■ ftippdit doucement pour appeler ceux
iUivrnient. Les moines mangeaient le
*>^e abaissé sur le visage, de sorte qu'ils
5*pQT«emjeterles yeux hors de la table,
fwcequi était servi aux autres. Ils
•*i«ajeDtde même lorsqu'ils priaient ou
^•iienlen commun, a la réserve du
«Wî«f qui les surveillait.
•«Wifiii des viêUes. — Les hôtes étaient
^Ki&t4tQooastère,oùonleur rendait toutes
'""«leiietoirs, particulièrement aux ecclé-
''*M'^el aux moines. On leur lavait les
?*''**» 'î, iprès les avoir conduits au lieu
•Kii«|ioarles recevoir, on leur donnait ce
''••'^">«riient besoin selon leur état. S'ils
^'^mmi assister à l'office avec la com-
^''Myié, le portier les y conduisait, après
'"fiîpris d'eux-mêmes s'ils étaient ca-
^**1H el en avoir obtenu la permission
;/^pt'rieur; On exerçait aussi l'hospita-
' yn^ers les séculiers, même les femmes,
. ^^ jour, soit de nuit, et on prenait
','^.^y soin tout particulier à cause de
^'ûibiesse. Il y avait pour elles un loge-
■' «paré, aûn d'ôter toute occasion de
,;:p II parait même qu'on leur accor-
'Centrer dans le lieu destiné à la prière,
^joos les services qu'on leur rendait ne
•''«eoi aucunement empêcher la commu-
j^Jl^^^^aquep aux exercices ordinaires.
p'I^^J^ parent de quelque religieux de-
' "*/*^la le Toir, le portier en avertissait le
(trieuf ç| jyg^ sa permission, et celle du
;'*«<(lelaraaii|Jedontil était, ce religieux,
^"^ym de quelqu'un des anciens, allait
•l'wne recevoir la visite de son parent.
Il lui était permis d'accepter des fruits et autres choses semblables, si on lui en ap« portait, et môme d'en goûter un peu. Le reste était pour l'inOrmerie. Il n'en était pas de même des légumes ou de toute autre chose qui ne se mange qu'avec du pain. Le religieux ne devait pas en goûter, mais les remettre entre les mains du portier )K)ur l'usage des infirmes. Les religieux allaient voir leurs parents malades, accompagnés d'un autre religieux que le supérieur ou le prévôt choisissaient. On leur donnait, en sortant du monastère, de quoi subvenir à leurs besoins pendant Je voyage. S'ils ne pouvaient revenir le môme iour, il leur était permis de manger chez d autres religieux ou chez des ecclésiasti(|ues orthodoxes, ja« mais chez leurs parents ni chez d'autres laïgues. Ils pouvaient néanmoins recevoir à boire et à manger de leurs parents, mais en se conformant à la nourriture du monastère. On leur accordait encore d assister aux funérailles de leurs parents. Lorsque quelqu'un des frères était mort, les autres passaient la nuit auprès du corps k veiller et à prier. Le lendemain on allait l'enterrer sur une montagne, à trois milles du Nil. Tous les fières y conduisaieç^{ le, corps en chantant des psaumes, è moins.que le supérieur n'ordonnât à quelqu'un de demeurer. On donnait aux infirmes des personnes pour les soutenir en chemin. Les parents du défunt assistaient au convoi et chantaient des psaumes avec les religieux. On offrait aussi le saint sacrifice à son intention. Les funérailles des frères se faisaient solennellement, môme le jour dePAques, si la circonstance se rencontrait.
Des iravauxp etc. — Chaque semaine on rendait compte au supérieur du travail «jue l'on avait fait. Les religieux travaillaient môme la nuit, lorsqu'ils s'assemblaientpour l'office, afin d'éviter l'oisivelé. Ce travail consistait è préparer les ligaments nécessaires pour les nattes. On allumait du ùm après l'instruction que les prévôts de famille faisaient aux religieux, ce qui arrivait deux ou trois fois par semaine. Les frères écoutaient assis ou debout, chacun dans leur rang. L'instruction du dimanche, dont le supérieur était chargé, se faisait dans un lieu différent de celle des autres jours. Les frères tenaient encore une conférence entre eux dans chaque famille, après les prières du matin, et avant de rentrer dans leurs cellules, pour se remettre en mémoire ce
Sue les prévôts leur avaient dit. En allant 'un lieu à un autre ils méditaient quelque passage de l'Ecriture. Les prévôts avaient la garde des livres ; les semainiers en distribuaient aux religieux, qui les rendaient à la fin de la semaine.
Du silence^ etc. — Le silence était gardé si exactement à Tabenne qu'un religieux qui avait quelque chose de nécessaire à dire ne devait s'oxprin)er que par signe. Seulement il leur était permis de chanter des psaumes ou quelque autre partie de l'Ecriture pendant le travail. Ils n'avaient dans
PAC
EICTlONNÀtllË
PAC
leur cellule q[ue ce qui leur était absolument nécessaire et autorisé par la règle. I)s remettaient entre les mains des supérieurs les livres, les habits et les autres choses dont ils n'avaient pas actuellement besoin* Leur scrupule là-dessus allait si loin que^ quand ils. taisaient blanchir leurs tuniques, si elles n'étaient pas sèches, ils les remettaient entre les mains des officiers jusqu au lendemain, où on les leur rendait pour achever de les sécher. Ils ga^jnaient par leur travail , non-seulement de quoi fournir à leur entretien, mais encore à la subsistance des étrangers et des pauvres. Tels sont les
Ïrincipaux articles de la Règle que saint acôme donna à ses religieux. Nous en avons étendu l'analyse avec une ceriaine complaisance, parce que, comme nous l'avons observé, cette règle est la première qui ait donné une forme à la vie cénobilique.
Règle pour les vierges. — L*auleur de la Vie du saint solitaire rapporte que sa sœur, informée de ses vertus et de sa sainteté, vint à son monastère pour le voir. Il lui fit transmettre cette réponse par le portier : n Ma sœur, vous savez maintenant que je suis vivant \ allez en paix et ne soyez point, trop affligée de ce que je refuse de vous voir des yeux du corps. Si vous voulez embrasser ma manière de vivre, pcnsez-y mûrement; et quand je remarquerai que ce désir est devenu chez vous une résolution bien arrêtée, je vous ferai bâtir un logement où vous pourrez demeurer sans manquer à la bienséance; et alors, je ne doute point que, par votre exemple, le Seigneur n'en attire d'autres à vous imiter. » Ces paroles lui arrachèrent d'abord des larmes amères, mais touchée de cumponction, elle résolut de se consacrer à 0ieu. Saint Pacôme lui fit bAlir un iQonastère, séparé du sien par le Nil ; et, en peu de temps, elle devint la supérieure d'un grand nombre de filles qui suivirent son exemple. On voit par Paliade qu'elles étaient déjà plus de qua« tre cents, des l'an ^20. C'est pour ces religieuses que fut dressée la Règle que nous allons analyser, et qui se trouve à la suito de celle de saint Pacôme, dans Paliade et dans Boliandus. On ne possède aucuns doouroents qui prouvent qu'elle soit do lui ou de son disciple saint Théodore
Selon cette Règle, personne, sans une per-» mission particulière, ne pouvait rendra Tisite aux religieuses, excepté le prêtre et le diacre désignés pour les servir; et encore, n'y allaient-ils c|ue les dimanches et les fties. tes religieux qui avaient quelques parentes parmi ces filles^ pouvaient, avec permission l'aller voir, mais accompagnés de quelqu'un des plus anciens et des plus avancés dans la vie spirituelle. Ils voyaient d'abord la supérieure, et ensuite leur patente, en présence de la supérieure et des principales religieuses du monastère, mais sans lui faire et sans recevoir d'elle aucun pré* sent. Les religieux les assistaient dans leurs besoins. JisconstruisaienI même leursbAti* nents* so »s la conduite do quelqu'un choisi
parmi les plus sages de la communal mais ils ne mangeaint et ne buvaient 1 mais chez elles, et revenaient toujuuJ leur monastère, à l'heure du repas. Le périeur leur envoyait du lin et de la la dont elles faisaient, suivant l'ordre de conome général, les étoffes nécessaires \l elles et pour les religieux. Lorsqu'une â tre elles était morte* elles apportaien corps jusqu'à un endroit désigné; alor^ religieux venaient le prendre en ctian des psaumes, et allaient l'enterrer su montagne où était leur cimetière.
Lettres. — Quoique saint Pacôme se
déchargé sur plusieurs de ses disdpltrs
soin de ses monastères, cependaul il
laissait pas de veiller sur leur conduite e
leur donner par écrit les avis dont ilsâHi
besoin pour le gouvernement des eu
Gennade remarque que dans les lettresij
écrivit à ce sujet, il se servait des c^i
tères de l'alphabet grec, comme d'un r
fre, pour leur parler un langage qui ne i
vait être entendu que d'eux seuls, et 1
développer des mystères, accessibles 5ct
ment aux personnes de la plus haute sp
tualité. Les supérieurs qui de leur c
étaient des hommes tout spirituels, lui
pondaient de la même manière. Gcnns
qui a fait un catalogue de ces letlrej,
quMl y en avait une adressée à l'abbé S
une à Corneille, deux circulaires comn
nés à tous les supérieurs des monastêi
pour les inviter a s'assembler à Tabei
deux fois l'année, savoir, à PAques, pour
lèbrer ensemble la solennité, et le IJ
mois d'août pour la rémission générale
toutes les fautes; une autre aux frères \
voyés en mission hors du monastère,
que l'on croit être la même que celle qui
adressée « aux frères qui tondaient
chèvres dans le désert, pour employer I
poil à faire des ciliées. » Holstéuius d'I
a donné toutes ces lettres dans la colie<H
des Règles d ressée par sain t Benoit (ÏA ma
ainsi que quelques autres que Geona^lo
parait pas avoir connues. Far exenifle,
en trouve deux à Corneille, alors supérij
du monastère de Montcasse; et ïnM
damment de celle qui est adressée pariu
lièrement à Syr, abbé de Paehum, iiou>
avons deux autres, qui lui sont cooiniui
avec Jean , prévôt d'une des famille>
même monastère. Toutes ces lellres y
plus ou moins énigmatiques, et com\f'>^
presque entièrement des paroles de i'p
ture. La lettre qui convoque hs sujiériei
des monastères à l'assemblée do Pâques,
dit rien de cette fête» et le titre seul ifl<
que à quel sujet ello fut écrite. Celle (
regarde l'assemblée du mois d'août, p"
qu elle avait pour but de terminer tous
aiflTérends survenus entre les frères, a
qu'ils se pardonnassent les uns aux àutr^
et qu'ainsi la paix de Dieu» la véritcct
charité pussent établir leur règne dans i
cœurs. ,
La Règle ajoute que (}ans cette asscinbi
générale, on rendait compte au grand et
9AL
PAL
De in travail et de la dépense de toute ifiée. Il paraît que ces sortes d'assemblées mi aussi anciennes que la congrégation
Siint iérdme traduisit ces lettres de saint etoedu grec en jatin» en sVfforçant de If cooserrer Iti simplicité primitive du 0ê è^^tien, de peur qu'un style trop Ifté nertppeiât pas assez l'dspriti de ces lBiQ^i|K)5loliques« dont tout l'agrément hihjjfisia ^àce oéleste qui leur venait [te M. Hais il n'essaya pas même d'ex* bj«r le langage énigmatique dont elles liai remplies; il se contenta seulement I r«pra'i]ire les chiffres et les lettres de kûità^c, comme il les trouvait.
fftàftmi de taint Pacôme^ etc. — On a
E^ Il suite de ses lettres divers avis qu'il e m religieux de ses monastères et ilièrement à ceux de Montcasse, et ^iev]aels il leur marquait ce qui devait ' riaos la suite des temps aux super eiaai chefs de ses monastères. Ces -,.1 duo style figuré el prophétique MfcnDéesde caractères grecs dopt n^us iw^^Ja clef. L'écrit qui a pour titre maifMnt de $aint Pacôme, est très-édi- ' l(^cite de lui une lettre adressée à ffefflooastères, pour les exhorter à ne erîiBilre des apparitions des démons ; WQUt aux religieux de Pabau pour leur apl^to^lonaisons dans les années commu* htt ils louées intercalaires ou bissextiles moMssent fixés sur lacélébration de la y- Od y trouve aussi un cycle de dixpfiûs«jaeDieu lui ^avaît envoyé par un
g^iloaencroit quelques anciens au- • Aobert de la Mjrre assure que, sous Ptde Rf^es des Ptres^ on conserve plu- 2*t!aiiés ascétiques de saint Pacôme, •■^«Maje de saint Maximin à Trêves, ?*"^ledes chanoines réguliers à Cor "^** kia de Nimègue avait entre les ■*i»ttitrtre écrit qu'il prétendait être J^^hftoe, et qu'il se proposait de P»i«f.SoB$ie pensons pas qu'il l'ail fait^ >Kaoii5/esie rien des discours que le 2* 'W liait coutume d'adresser à ses Jt^S pour les encourager à la pratique ••'•fta. Nous savons seulement qu'il [«j|n(de la prière, de la méditation des » ^'cmelfes, des ruses de l'ennemi J^ humain et des moyens de vaincre Calions. Il y expliquait les passages '<5ue l'Ecriture, et particulièrement
•jui regardaient les mystères de l'Iur ).r% (le la croix et de la résurrection
r*ûH:hi
r*QH:hrist. Théodore, qu'il avait éta- ? ''Hrieur du monastère de Tabenne, ■■>l«llous les jours dans celui de Pa- JV')» saint Pacôme s'était fixé, pour en- !|^ 'es discours qu'il adressait aux frères r "apporter aussitôt à ceux de Tabenne, ■'1311$ pussent les méditer, avant d'aller ^-f»' leur repas.
. ^im de saint Pacôme sont dans •* '«lions des Pères et dans le Cwrs 7!*i f« P^trologie.
*^^DE, qui devint plus lard évèque
^^m^, DK P^TROLOGIB. IV.
d'HélénopoIis et fut transféré ensuite sur le siège d'Aspone, naquit en 368, dans la Galatie. De bonne heure, il montra du penchant pour la vertu, et embrassa la vie solitaire dès rage de vingt ans. Il passa les deux années suivantes dans la Palestine* d'abord avec l'abbé Elpide de Cappadoce« qui menait une via très-austère, dans les cavernes des Àmorrhéens aux environs de Jéricho; ensuite avec les saints anachorèlies Gaddfide et Elie, qui demeuraient sur les bords du Jourdain, auprès de la mer Morte, et enfin avec Possidonius à Bethléem, au delà du lieu appelé le Pastoral, en souvenir de l'apparition de l'ange aux pasteurs. Il se rendit pour la première fois à Alexandrie en 388 et s'adressa au célèbre prôlre Isidore, qui le mit sous la conduite d'un vieillard nommé Dorothée, qui, depuis environ soixante ans, menait une vie très-austère, retiré au fond d'une caverne à deux lieues de la ville. Il parcourut ensuite divers mo? pastëres voisins d'Alexandrie et y conversa avec plusieurs saints personnages^ entre autres avec l'aveugle Didyme. Au bout de trois ans, il se rendit à la montagne de Nitrie,d'où il passa dans la solitude intérieure des cellules, où il demeura neuf ans. 11 y trouva saint Macaire d'Alexandrie, qui lui apprit beaucoup de choses^ et il fut témoin de quelques-uns de ses miracles. Pendant son séjour dans le désert des cellules, il eut pour conducteur Evagre de Pont, et pour compagnon un diacre nommé Albin, aveo lequel il se lia d'une étroite amitié. Ils firent ensemble le voyage de Scété, où il passa quinze jours auprès de ceux des pieux anachorètes qui avaient vieilli dans le désert. Dans une visite qu'il rendit à saint Jean de Lycopolis, en 394<, ce saint lui prédit qu'il serait^ un jour évêque, mais que dans cette charge il aurait à essuyer beaucoup de travaux et d'afilictions. Pour les éviter, il lui conseillait de rester dans la solitude. Ce fut vers le même temps qu'il\^ visita le saint prêtre Crone^ Jacques le Boiteux, disciple de saint Antoine et plusieurs autres illustres solitaires de l'Egypte, de la Libye, de la Thébaïde, jusqu'à Tabenne, de la Mésopotamie et de la Syrie. Il faisait à pied des voyages de trente à soixante jourîïéeSf oubliant les fatigues et s'estimant heureux de rencontrer quelquefois un seul humme de Dieu dont les instructions et le3 prières pouvaient lui procurer un bien qu'il n'avait pas. Il était encore dans le désert^ lorsqu'il se vit attaqué d'une maladie d'estomac pour laquelle les médecins lui conseillèrent d'aller respirer l'air de la Palestine. Il ne fit presque qu'y passer et se rendit en Bithynie.
Le temps alors avait efi'acé de sa mémoire la prédiction de Jean de Lycopolis et pourtant elle ne tarda pas à se réaliser. C'est en \ cette province qu'il se vit appelé aux honneurs de la dignité épiscopale. Il ne veut * pas décider si ce fut par un simple juiement des hommes ou par un ordre favordbiede l# Providence divine, mais il avoue avec hu?
PAL
PAL
ihilité que cette dignilé était beaucoup audessus de son mérite et de ses forces. On ne 5ailpa$au juste Tépoque de son ordination, mais on ne peut la mettre plus tard q^u*au commencement de Tan 400, puisqu'il assista au concile de Constantinople, tenu au mois de mai de \a même année, et dans leuuel Antonin d'£phèse fut accusé de simonie. Pallade fut du nombre des évéques que saint Chrysostome, avant la tenue du concile, avait envoyés en Asie^.pour vérifier les chefs d'accusation [)oriés contre A^itonin ; et Tannée suivante, il accompagna le saint patriarche dans le voyage qu'il fit à Ëphèse pour la même affaire. Il paraît par là qu'il y avait entre ces deux évéques une grande union. Comme Uélénopolis, sa ville épiscopale, n'était pas éloignée de Constanlinople, il eut occasion de connaître particulièrement la vertu de sainte Olympiade, et il fut même chargé par elle de distribuer de grandes sommes d'argent aux pauvres. Dans le conciliabule du Chesne, tenu contre saint Chrysostome, en 403, par Théophile d'Alexandrie, Pallade, avec quelques autres, fut accusé d'origénisme. Il ne parait pas néanmoins qu'il en ait été convaincu ni qu'on ait lien conclu contre lui dans cette assemblée. Mais, saint Chrysostome ayant été banni Tannée suivante, Pallade se retira à Rome, pour se dérober à la fureï>r des magistrats animés contre les défenseurs de ce saint évêque. ]1 y fut fort bien reçu par Pinien, et ce fut sans doute pendant ce voyage qu'il visila les personnes de piété qui vivaient alors on Campanie et dans les provinces voisines de Rome.
En 406, il se joignit aux députés que Temper^ur llonorius et le pape Innocent envoyèrent à Arcade, pour demander le rétablissement de saint Chrysostome et la réunion d'un concile général à Thessalonique; mais on l'enferma avec eux dans le château d'AIhyre en ïhrace, d'où il fut relégué à Syène, aux extrémités de TEgypte. Pallade eut beaucoup à souifrir dans celle occasion, ei pendant onze mois qu'il se vit contraint de demeurer caché dans une chambre obscure, il put se rappeler plusd'une fois, pour la méditer, la prédiction de saint Jean de Lycopoiis.
Il témoigne dans son Histoire^ qu'il avait demeuré quatre ans à Antinople dans la Thébaïde ; mais il n'est pas facile d'en fixer le commencement. Tout ce qu'on peut dire, c'est que son séjour en cette ville précéda le temps où il écrivit cet ouvrage, c'est-àdire, l'an 420. Il visita tous les monastères des environs d'Antinople, lesquels étaient composés d'environ douze cents moines, qui vivaient tous du travail de leurs mains, et dont quelques-uns n'avaient point d'autres retraites que des cavernes. Jl y avait aussi près de cette ville douze monastères de filles, dont les uns étaient fermés à la clef, et les autres n'avaient d'autre barrière que la charité qui les unissait ensemble. Pallade entra dans celui qui avait pour supérieure une sainte femme, nommée Ama-
talide, qui avait déjà passé quatre-^ ans dans les exercices de la piéié. Lesi de ce monastère allaient recevoir la co^ nion à l'église de la ville, excepté une] mée Taor, qui étant dune beauté s lière, ne voulait point sortir de la m de peur d'attirer sur elle quelques re immodestes. Depuis trente ans (|u'etl bitait le monastère, elle ne s*était cou que de haillons et n'avait cessé de trav à se mortifier. Pallade raconte qu'une v| recluse, qui dansée temps-là demeurait ^ dans le voisinage d'Antinople, seToyani le point de mourir, avait prié saWr remettre un commentaire de saint Cléi d'Alexandrie sur la prophétie d'Anios, i vèque banni, et de la recommander \ prières. On croit que cet évéquebaimi Pallade lui-même.
La suite de sa narration nous uppi qu'il passa ensuite trois années surUi tagne des Oliviers, avec un prêtre de ce nommé Innocent. Il y a toute appareua ce fut vers ce temps-là, c'est-a-dirc, i 413, qu il conduisit de Jérusalem eu Ej la vierge Sa4vie, sœur de Rufin. Il y a lieu de croire aussi qu'il demeura qu temps à Césarée en Palestine, et qu'il témoin oculaire de ce qu'il raconte jeune lecteur, nommé Eustathe, que 1 justifia d'une calomnie infâme portée tre lui par une fille consacrée à Dieu. lade fit encore un voyage à Ancyre da Galatie, où il vit le comte Sévérienet
tihorie. sa femme, dont il a décrit lesrei 1 vit dans la même ville plusieurs m personnes de piété, et plus de deuio vierges recommandables par leur huo leur chasteté et leur douceur.
Les troubles occasionnés par la dé tion de saint Chrysostome se trouvai paisés vers l'an 417, les évôqiles chass leurs sièges eurent la liberté d^yreo mais il parait que celui d'Héiénopol trouvant rempli, Pallade, pour ne | troubler de nouveau la paix dont r£gii faisait que goûter, consentit voloiuii continuer de travailler à son salut co un simple clerc, jusqu'à ce qu'une ( vacante vint à se présenter. £n eifet, craie nous apprend qu'il fut transfer l'église d'Hélénopolisà celle d'Aspone, la première Galatie'. Mais ou il ne \ plus en 431, ou il avait renoncé à son puisque dans les souscriptions tfu co d'£phèse, tenu la même année, ontr un nommé £usèbe, évêque d'Aspone.
qu'il en soit, Pallade est plus conim le titre d'évêque d'Hélénopolis, parce c'est celui qu il s'est donné en lêle de histoire, publiée en 419 ou 420.
Histoire Lausiaque. — Nous avons ini dans la notice qui précède, surplus particularités que le lecteur aura tio frivoles, mais dont le récit cependaul plissait notre but, puisqu'elles duiinen idée de cette histoire, dont elles font tie, et qu'elles nous dispensent parla»
de l'analyser. En parcourant les àiSén
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