‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 39 sur 207 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

DICTICRCNAIRK

avait suivi la philosophie stoïcienne avant d'embrasser le christianisme. Plus tard la profession des dogmes chrétiens ne l'empêcha pas de s'apuliquer à la lecture des philosophes et à 1 étude des sciences profanes. Il ne négligea pas même les écrits des hérétiques, puisqu'Origène, à qui l'on voulait faire un crime de cette étude, invoque l'exemple de Pantène pour se justifier. « A peine, dit-il, eussé-je consacré ma vie à renseignement de la parole de Dieu, que la réputation de mon nom, répandue pat le monde» attira autour de ma chaire un grand nombre d'hérétiques et de philo* sopbes. Alors je crus devoir étudier sérieusement et dans leurs livres, les erreurs inventées par les uns, et les progrès que les autres se vanlent d'avoir faits dans la recherche de la vérité. J'imitai en cela Pantène, mon prédécesseur, qui, pour enseigner les vérités de notre sainte religion à tm plus

frand nombre de personnes, s'est livré à étude avec une ardeur persévérante qui l'a rendu très-habile dans les sciences profanes. » Il n'était pas moins instruit des divines Ecritures qu'il avait étudiées sous les disciples des apôtres. Cependant, par humilité, il continuait de vivre caché en Egypte. Mais Dieu, selon la belle expression de saint Clément, ne tarda pas d'élever cette brillante lumière sur le chandelier de l'Eglise, afin qu'il éclairAt ceux qui étaient appelés à partager avec lui les délices du festin. Pantène fut donc tiré de sa retraite pour être placé à la tète de la célèbre école d'Alexandrie. On ne sait pas au juste en quelle année ; mais, ce qu il y a de certain, c'est qu'il exerçait cette charge, lorsque Julien fût fait évoque de la même ville, au commencement de l'an 179, le premier du règne de Commode.

La réputation de son savoir lui attira un grand nombre de disciples, parmi lesquels on compte saint Clément d'Alexandrie^ et saint Alexandre de Jérusalem, un des plus illustres évêques du m* siècle. « Il enseignait également, dit Eusèbe, de vive voix et par écrit, et cette véritable abeille de Sicile voltigeait allègrement par tous les vergers spirituels , butinant avec soin sur toutes les fleurs qu'elle découvrait dans les écrits des prophètes et des apôtres, et recueillant dans les Ames de ses auditeurs, comme dans une ruche sacrée, des rayons d'un miel très-pur, composé de science et de lumière.» Suivant saint Jérôme, Pantène continua d'enseigner, à Alexandrie, jusque sous le régné d*Antonin Caracalla. Il faut croire qu'il tenait sa maison ouverte à tous ceux qui voulaient profiter de ses leçons, puisque Técole publique des Catécnèses était alors dirigée par Origène, à qui on t'avait confiée dès avant la mort de Sévère, arrivée en 211. i

La réputation de saint Pantène ayant pénétré jusque dans les Indes, les peuples de ces contrées lui envoyèrent des députés pour le prier de venir leur annoncer TEvangile, at combattre la philosophie des

brachmanes par cello de Jésus-Cbrist.

mètre, qui avait succédé à Julien su siège d'Alexandrie, dès l'an 189, conr sant l'ardeur de Pantène pour la ])rop tion de la foi, n'eut pas de peine à hûi miner à se rendre aux vœux des Indi Pantène fut donc établi par son projire que prédicateur de l'Evangile dans le!»

tionsjorientales. On ignore si, avant de I voyer , Démètre lui conféra Vordm épiscopale, et parmi les anciens écriva on n'en trouve aucun qui lui ait donn^ titre de prêtre, à l'exception d'AnaMas^ Sinaïte, oui l'appelle le prêtre ou U p tife des Alexandrins.

Eusèbe ne donne aucuns détails sq mission de saint Pantène dans les Id< et dans les autres pays où il porta la \m de l'Evangile. Il rapporte seulement f trouva, dans ces contrées éloignées, etja les mains de quelques personnes qui avs la connaissance de Jésus-Christ, un E^ gile hébreu de saint Matthieu, que Ym saint Barthélemi avait laissé dans cette vince, lorsqu'il était allé y prêcher la Pantène l'apporta avec lui lorsqu'il ren Alexandrie, où il continua jusqu'à la fin d vie de donner des leçons à ceux qui vena l'entendre. Saint Jérôme ditqu'il avaitlau

Filusieurs commentaires sur les Ecrilu 1 ne nous en reste qu'un petit fragd réimporté par saint Clément d Alexandrie qui parait tiré d'une explication du psaa iviii. Il y donne cette règle, pour M ligence des saints Livres, savoir, qoed le langage des prophètes, on doit peu 1 préoccuper des temps des verbes, m que le passé, le présent et le futur se pr nént souvent l'un pour l'autre. Anastasc Sinaïte met saint Patène au nombre commentateurs qui, en écrivant si/r T toire de la création, en ont appliqué faits à Jésus-Christ; mais, ni Eusèbe; saint Jérôme ne disent un mot de Touvrai Saint Pantène mourut à Alexandrie^ sou règne d'Antonin Caracalla, et termina, s vaut l'expression de Rufin, une vie plfj de gloire, par une fia excellente et a<] rable.

PAPETOUCE, disciple de saint Anioifl puis évoque dans la haute Thébaïde, c

fessa Jésus-Christ pendant la persécutioo et de Maximin, où il eut le j«

Galère ,

gauche coupé, l'œil droit arraché, et fut e^ damné aux mines. Ce généreux confes-^ assista, dit-on, au concile de Nicée, en d et y reçut de grands honneurs. Verom Constantin le faisait venir tous lesjo"rs<ï son palais et lui baisait la place de I œii q avait perdu pour la foi. Socrate et Sozotnei qui ne fait ordinairement que le co[)i| rapportent que quelaues évêques V?"* P posé dans ce concile d obliger ceux q'ii ^w" dans les ordres sacrés à ne point ^^^^^ , les femmes qu'ils avaient épousées avanue

ordination, Paphnuce s'v opposa en u^ qu'il fallait s'en tenir à 1 ancienne iradii de l'Eglise, qui défendait seulemeo ^i clercs de se marier après leur onum^

Sfi

PAP

PAP

Toici le discours qu'ils lui prdtent en cette lircODStance :

Papbnucese \erâ âxx milieu de rassemblée, >l oit à haute voix qu*il ne fallait pas impoer an joug si pesant aux ministres sacrés, jc lit nuptial est honorable et le mariage >aA> tache. Cet excès de rigueur nuirait |,îu\ui à l'Eglise gue de la servir. Tous ne sttDi pas capables aune continence aussi parti te. et la chasteté conjugale en serait peutl!r»o)oins bien gardée. iFsuffisait que celui qmeslunefois ordonné n'eât plus la liberté et se marier, suivant Tancienne tradition dell^ise; mais il ne fallait pas le séparer (j*!i femme qu*il avait épousée lorsqu'il D^uilencore qtic laïque. Son avis fut suivi vu\ le concile, qui ne rendit à ce sujet nr.ne ordonnance, et laissa à chaque Eglise h liberté de suivre les usages qui y étaient <tstj!i$;car» remarquent ces deux historiens, lidiscipliDe était loind*6tre uniforme sur ttpoiot.

Hais Baronius et d'autres savants ont coniNé arec raison ce trait d'histoire en s'appt'^nt sur le silence des autres écrivains, nu que sur Tautorité de saint Jérôme et ûrmnï Epiphane. Le premier, dans son 6Tit contre Vigilance , assure que les E- (m d'Orient, d'Egypte et de Rome n'adt&^itaienl au nombre des clercs que ceux ^:';iniaient la continence, ou qui s'étant matin'^mettaient de regarder leurs femmes t)itcie leurs sœurs. Saint Epiphane s'expie i peu près dans les mêmes termes.

l' M résulte que, pour tenir un pareil disr>3rs, Paphnuce aurait dû ignorer la discipiioede l'Eglise d'Orient et d'Occident, ce ç^ 0*8 aucune vraisemblance, et ce qui eût \v>i fort étrange aux Pères du comile. Jl i*^ même douteux que saint Paphnuce «•îaiisiéau concile de Nicée, car son nom ^^troavedans aucune des diverses listes <|Q Q^jus donnent le nom et la signature "-■aîrtsqui le composaient. L'abbé Barruel lionoésor ce sujet une ample et savante ^i^'mm qu'il conclut ainsi : « Socrate a ''■'/? lui le silence de cent vingt ans, sur ^^îfiil qu'une foule d'historiens, de saints "ï^s et de conciles auraient eu cent fois ^•Msion de raconter avant lui, et qu'ils au- "HJû raconter s'il était vrai. Il a contre lui »'J> les saints Pères, tons les historiens qui Wî'rdenl le célibat des prêtres comme pres- (Ri par TEglise longtemps avant le concile ^: ^icée. Il a conire lui les Actes de ce conc^qui ne font pas la moindre mention de ^ hit, et toutes les listes des Pères pré- '^nts, dans lesquelles on ne trouve nulle W le nom de cet évêque ; et surtout le ','nftii de ce concile, qui ne met pas môme 'épouse au nombre des femmes qui peuvent ^^^lesous le même toit que le prêtre. Il a f^nireluiious les conciles qui, peu de temps 'Kès celui de Nicée, ont renouvelé pour les (^^^(res la loi du célibat sans le moindre S'wd pour le prétendu fait do Paphnuce. Il Jw^nire lui toute la crédulité, tout le défaut J^ wnnaissances historiques, critiques, «^Wogiques, canoniques, que ses adhérent»

mêmes lui reprorhent. Il a contre lui toutes If^s impostures d'un vieillard hérétique, seul témoin qu'il produise, et toute l'absurdité du fart des raisonnements qu'il prête «à Paphnuce. Si. ce n'est pas là une démonstration en fait de critique, nous prions nos lecteurs de nous dire quelle sera donc l'absurdité, en fait d'histoire, dont la fausseté soit démontrée. » Paphnuci) soutint avec zèle, au concile de Tyr, la cause de saint Athanase, son ami, et engagea Maxime, évêque de Jérusalem, à prendre sa d^ense. On Ignore et ta date de la naissance du saint évêque et celle de sa mort.

Sous le nom de Paphnuce, anachorète d'Egypte, nous avons, dans le recueil de Ros* weyde, une histoire de saint Orïuphre. Elle dit que le même écrivain composa encore la Vie de plusieurs saints solitaires qu'il rencontra dans le désert, où il avait établi sa cellule, et qu'il mourut vers l'an 370. L'histoire de saint Onuphre a été traduite en latin par un anonyme qui parle de sa traduction avec beaucoup d'humilité. Il aurait pu se dispenser de ce travail; car la vie de saint Onuphre, telle qu'elle se lit dans Ros<» weyde, mérite peu de croyance. On la trouve en grec dans la bibliothèque impériale. Il j a eu plusieurs solitaires du nom (Je Paph-* nuce, et on ne sait auquel attribuer cette Vie de saint Onup*hre. Le traducteur se con-* tente de l'appeler un homme très-saint, sans rien dire aavantage. Surius rapporte aussi la Vie de !;aint Onuphre, mais avec plus d'é<* tendue, plus de critique et plus de simplicité de style qu'elle n'en a dans Rosweyde.

PAPIAS (Saint), évêque d'Hiéraple, ville dePhrygie, était disciple d'Aristion et du prêtre Jean, ancien disciple du Sauveur. Il n'avait pas vu les apôtres, mais leurs disciples et quelques-uns des disciples du Seigneur. Use rend à lui-môme ce témoignage qn'il avait été très-soigneux de retenir ce qu'il avait appris des anciens. Je n'aimais • pa^, dit-il, ceux qui disaient beaucoup, mais ceux qui enseignaient la vérité; ni ceux qui publiaient de nouvelles maximes inventées par l'esprit humain, mais ceux qui rapportaient les règles laissées par le Seigneur pour appu ver la foi. Si je trouvais quelquesuns des disciples des anciens, je leur demandais ce qu'avait dit André, ou Pierre, ou Philippe» ou quelque autre disciple du Seigneur, ce que disaient Aristion ou le prêtre Jean ; car les instructions que je tirais des livres ne me profitaient pas autant que ce que j'apprenais de vive voix.

Ecrits dk Papias. — Papias composa cinq livres qu'il intitula : Exposition des discourt du Seigneur. Il y citait souvent Aristion et le prêtre Jean, et y rapportait plusieurs choses qu'il avait apprises soit d'eux, soit de.H T autres anciens, et y joignait les explications pour en rendre la vérité plus sensible. Mai^

Earmi les diverses choses qui étaient venues sa connaissance par une tradition non écrite, il restait quelques paraboles atlribuées au Sauveur, qui , selon la remarqtie d*Eusèbe, approchaient fort de la fable, pur.

PAP

DICTIONNAIRB

PAR

ticolièrement ce qu'il racontait, qu^après la résurrection des morts, Jésus-Chrisl régnerait corporel lement sur la terre pendant mille ans. Cela Tenait, disait-il, de quelques traditions qu*il n*avait pas bien entendues, n'ayant pas bien interprété les discours des apôtres, ni bien connu le sens mystérieux de leurs paraboles. Car autant qu'on en peut juger par les écrits, il avait l'esprit fortborné. Cependant son antiquité lui avait donné tant de poids, que plusieurs grands hommes, entre autres saint Irénée et beaucoup d'autres écrivains ecclésiastiques I*onl suivi dans l'erreur des millénaires. André de Césarée, enCappadoce, rapporte que le sentiment de Papias était que quelques anges à qui Dieu avait conCé le gouvernement du monde, s'étaient mal acquittés de leur devoir; ce qui parait avoir rapport à l'opinion de quelques anciens qui ont entendu des anges ce que l'Ecriture dit des enfants de Dieu, c'est* à-dire, des enfants de Seth. Œcumenius lui attribue encore sur la mort de Judas une opinion qui ne paratt pas soutenable.

JCGEMBNT qu'on EN A PORTÉ. — LuciuiUS,

riche espagnol ayant prié saint Jérôme de lui envoyer la traduction qu'il avait faite des livres de Josèphe, des traités de Papias et de saint Polycarpe, ce Père lui répondit qu'il était inexact qu'il les eût traduits. Je n'ai , dit-Il , ni le temps ni la capacité de traduire de si excellenls ouvrages, et de leur conserver dans une langue étrangère leurs beautés naturelles. 11 faut en ef' fet que les écrits de Papias aient été considérables, soit pour la beauté du st^Ie, soit pour le fond des matières qui y étaient traitées, puisque Eusèbe, qui ne jugeait cet écrivain çiue par ses ouvrages, dit de lui qu'il avait beaucoup d'éloquence et qu'il savait bien l'Ecriture. Il est vrai que dans un autre endroit il fait passer Papias pour un homme d'un esprit fort médiocre. Mais cette censure ne tombe que sur la trop grande crédulité de' Papias et sur son peu de pénétration pour comprendre les discours des apôtres et le sens mystérieux de leurs paraboles; car c'est à l'occasion de son sen-. tinient sur le règne de mille ans après la résurrection, qu'Eusèbe lui fait ce reproche. Or il n'est pas incompatible qu'un homme ait de l'éloquence, qu'il sache tes Ecritures, et qu'il soit néanmoins peu apte pour en développer les sens cachés et les mystères les plus profonds. Eusèbe remarque encore que Papias se servait toujours de passages tirés de la première Epttre de saint Jean et de la première de saint Pierre, et qu'il rap-

I)ortait aussi de l'Evangile, selon les Hé- )reui, l'histoire d'une femme accusée de plusieurs péchés devant le Seigneur. On ne sait en quel temps il mourut, ni quel fut le genre de sa mort; mais nous avons traité de ses écrits immédiatement après ceux de saint Polycarpe , h l'exemple de saint Jéî'ôme, qui a suivi cet ordre dans sou catalogue des hommes illustres.

A l'occasion de Papias, nous avons jugé h jTOjios de {apporter Terreur des millé-

naires dont il fût auteur. Nous Fempruntoj à la Biographie universelle. Ces seclairi prétendaient que Jésus-Christ viendrait ri gner sur la terre d'une manière corporeii mille ans avant le jugement, pour assemhi les élus, après la résurrection, dans la tI de Jérusalem. Cette opinion était fond sur le chapitre 20 de V Apocalypse, où il dit que les martyrs régneront avec Jésul Christ pendant mille ans; mais il est aisé d voir que cette espèce de prophétie, qui e] très-bonne en elle-même, ne doit pas éd prise à la lettre. Il est essentiel de rema quer qu'il y a eu des millénaires de m espèces. Les uns, comme Cérintbe e( s| disciples, enseignaient que y sous le rè^i de Jesus-Christ sur la terre, les justes jou raient d*une félicité corporelle, qui consisti dans les plaisirs des sens. Les auin croyaient que , sous le règne de mille n les saints jouiraient d'une félicité plutôt s| rituelle que corporelle, et en excluaient N voluptés des sens. Quelques Pères onted brassé cette opinion; mais il est faux qu* l'aient jamais regardée comme undogmei foi. Saint Justin, qui la suivait, dit formi lement qu'il y avait plusieurs Chrélie pieux, et d'une foi pure qui étaient d'i sentiment contraire. Si dans la suite dudi lo^ue il ajoute que tous les Chrétiens q pensent juste sont de même avis, il m de la résurrection future , et non du rèçi de mille ans, comme l'ont très-bien rema que les éditeurs do saint Justin. Barbeyi el ceux qu'il cite ont donc bien tortdeJir que les Pères soutenaient le règne defliiil ans comme une vérité apostolique. li se faut de beaucoup que ce sentiment ait é unanime parmi les Pères. Origène, Deo d'Alexandrie son disciple , Caïus , prêtre < Rome, saint Jérôme et d'autres ont éd contre ce prétendu règne et l'ont rejeté co me une fable. Il n'est donc pas vrai q cette opinion ait été établie sur la tradiuq la plus respectable; les Pères nefontpoi tradition, lorsqu'ils disputent sur une que lion quelconque. Les protestants, dit v théologien, ont mal choisi cet exemple po déprimer l'autorité des Pères et de la lra( tion : et les incrédules qui ont copié I protestants ont montré bien peu de disne nement. Mosheim a fait voir qu'il y. ^H parmi les Pères au moins quatre opinio différentes sur ce prétendu rè^jne de uiil ans.

PARMÉNIEN dont l'origine et la patrj sont inconnues, fut placé sur le siège de Ca thage vers l'an 355, au mépris de tous 1 canons qui défendaient d'ordonner un év que étranger. iMais les donalistes ne montraient pas si religieux observaiea des lois de TEglise. On croit qu'il succeij immédiatement à Donat lui-même, mortcj exil peu de temps auparavant, mais toiit monde n'est pas d'accord sur ce fait. Q^^ qu'il en soit, il est certain qu'ils n'eurc^ point d'évèquB qui ait montré plus de sa voir et d'éloquence. Il composa divers érm en faveur de sa secte et contre rEg'iseca

PAR

DE PATROLOCIE.

PAR

AÏS

Iboligoe, el il semble même qu'il eut Tavanlage d'être le premier de sa communion qui frsà prendre la plume pour la défendre. Mais il reocoDfra deux, puissants adversaires en fiiot Optât el saint Augustin qui le réfutèrent arec aYantagey l'un de son vivant et fiuire après sa mort. On ne sait à quelle ^qye elle arriva, mais le fameux Priscien IbiaTtit succédé sur le siège donatiste de ôrtuge, dès avant Tan 39S. On ne connaît <i* joi que deux ouvrages. Quoiqu'ils ne (ajseot écrits que pour affermir l'erreur et .pi us Ae subsistent plus depuis longtemps, mûODtpas laissé de rester célèbres par les fiisUdoQs qu'en ont faites saint Optât et iamUQ^uslin. Ces deux ouvrages traitaient <i<!U sujets différents; aussi l'auteur n'y cK-iioila même division ni la même me- &'k; mais on retrouvait dans Tun et Abs Tautre les mômes invectives [contre lljiise catholique.

Celai ^oi parait avoir été écrit le premier

ttidirisé en cinq articles ou cinq livres.

(^eles donatistes en relevassent beau-

m^ l'éloquence, ils ne nous en ont j^as

ilae conservé le titre. Dans le premier

liMl Usait l'éloge du baptême et s'efforçait

itaiirouTer Tunité, et pour cela, il rappor-

iw jjiusieurs ligures en comparaison de ce

n^ïioeot, comme le déluge et ta circonci*

iy<i. A rinjure pré» qu'il faisait à la chair

n^c du Sauveur* qui , de chair péche-

RMt, disait-il, avait été purifiée par son

ttfiffiioD dans le Jourdain, cette [partie de

WisedeParménien était assez exiacte»

icsi saiDt Optât n'oublia- t-il pas de faire

s^r>er à son auteur que cette doctrine

Ipi^uit plus les catholiques que les

.iiU^Qs de Donat. Il consacrait le second

Atîû montrer qu'il n'y a qu'une seule

W du sein de laquelle les hérétiques

^^tidus: mais il avait évité de marquer

'KtmaTait cette Eglise unique. Dans le

^^, il chargeait d'accusations graves

*i tfttiteurs , saas prouver néanmoins

l'timiût été convaincu du crime qu'il

»^M. Le quatrième livre avait pour

^>'i^ décrier ceux qui avaient travaillé à

^'% lunion, c*est-à*dire, Paul et Ma*

*^jai, par ordre de l'empereur Cons-

^.i'etaient efforcés de ramener les do-^

^tisiaà l'Eglise catholique. Enfin, dans le

uquième livre, Parménien traitait particu-

•creifieot de l'huile et du sacrifice du pé-

^;expressions qui marquent sans doute

'3(cequi regarde les fonctions du sacer-

^e. Les autres donatistes s'étaient conten*

bde défendre seulement de vive voix la

^ise de leur secte. Parménien, de peur de

•^'■(^r en Fair et sans fruit, comme ils l'a -

'•i<^iU fait, s'avisa de rédiger par écrit ses

*Çi^imeni$, d'après le plan que nous venons

^'Miquer.

^^0 ouvrage était déjà très*répandu lors* rJ« saint Opiat, évéque de Milève, entre- J''i ue le réfuter; ce qu'il fit en six ou •^nbrcsque nous possédons encore sous -litre : Ûu ichisme des donatistes. Nous ^tu»ii ou sept livres, parce que tout le

monde ne convient pas que le septième soit de lui. Le saint évèque, dans cette réfutation dont nous avons rendu compte, a son article, traite toujours avec honneur la peri sonne de Parménien à qui il donne le titre de frère et de collègue dans fépiscopat ; co qui toutefois ne l'empôche pasoe lui reprocher de ne s'être proposé d'autre but dans son écrit, que d'insulter indignement l'Ë-glise catholique. « Mais l'exécution, dit-il, a trompé la pensée, puisque tout ce] que vous avancez ne nous est pas contraire et qu'il y a même plusieurs choses qui nous sont favorables. 11 l'accuse ensuite d'avoir été mal renseigné et d'avoir cru trop témé* rairement ce qu'il n'avait pas vu. A cela près il promet de lui montrer que son ouvrage contient des choses qui favorisent les catholiques et qui nuisent à la cause dont il a pris la défense ; qu'on y en trouve d*autres qui sont autant en faveur de l'Eglise que du parti de Donat; et qu'enfin, il en a annoncé d'autres, par ignorance sans doute,

3ui combattent entièrement les principes e sa secte. De sorte, ajoute-t-il, que si on retranchait de son ouvrage les calomnies et les injures, il serait tout catholique. Saint Optât lui reproche encore d'avoir perdu le temps à établir dans son premier livre, une description inutile et ennuyeuse de tous les hérétiques qui avaient erre sur le baptême, et de toutes les rêveries qu*ils avaient débitées à ce sujet, parce que leurs noms aussi bien que leurs erreurs paraissaient être ignorés de toute l'Afrique.

Le second écrit de Parménien était une lettre qu'il écrivait h Ticonius pour s'effor-* cer de le ramener à ses premiers sentiments* Ce (Ticonius était un donatiste qui, frappé par l'éclat des grandes vérités qu'il lisait h toutes les pages des livres sacrés, se réveilla de son sommeil et aperçut l'Eglise de Dieu répandue par toute ia terre. Pénétré de celte vérité fondamentale, il entreprit de la prouver contre les principes de sa propre secte, et y réussit en effet avec beau-pcoup de force et de vigueur et par un grand nombre de passages clairs et précis. Son ouvrage contenait encore* quelques autres vérités, qu'il établissait comme la précé* dente, sans cependant sortir des ténèbres du schisme pour suivre la lumière qu'elles lui présentaient. Ce fut pour réfuter ces écrits d'un de ses partisans que Parménien reprit la plume. Mais à la force des passages allégués par Ticonius il n'opposait que son propre témoignage, comme si, remarque saint Augustin , son autorité eût dû remporter sur celle de Dieu. Cet écrit, au rapportdu même Père, était plein d'une arro«* gance et d'un orgueil insupportables; et l'auteur, contre I autorité de l'Ecriture et des doc* teurs de l'Eglise, prétendait que le bon grain est déjà séparé do la paille, comme cela ne doit arriver qu'au dernier jour. 11 employait les menaces contre Ticonius, mais saus oser cepenftlant contester les faits que celui-» ci avait avancés. Il n'y avait qu'un point sur lequel Parménien le pressait jusqu*à

PAR

PAS

JV'louffer : c'est que si l'Eglise en effet deyait être répandue par tout le monde, et si personne n'y était souillé par les péchés des autres, comme il Je prétendait, il avait tort, lui Ticonius, de demeurer dans le parti de Donat, et de rejeter la communion de leurà adversaires communs, à cause des tradi leurs. En cela Parménien était conséquent,' en déclarant [par ses raisonnements Ticonius convaincu de ne pas agir conformément à ses lumières.

Saint Augustin réfuta cet écrit de Parménien par un ouvrage divisé en trois livres que nous avons encore. Le premier est employé à détruire les injures dont son adver*saife chargeait les catholiques, et les deux autres à examineftles passages de l'Ecriture dont il abusait et h en exposer le véritable sens. 11 débute en déplorant amèrement l'obstination de Parménien et des autres donalisles, qui, bien loin de se rendre aux vérités que Ticonius leur montrait si clairement, aimèrent mieux les combattre avec opiniâtreté que de reconnaître que les catholiques avaient raison. Saint Augustin témoigne ailleurs qu'il s'est appliqué à traiter et à résoudre dans cet ouvrage cette grande question, si dans l'unité et la communion des mêmes sacrements, les méchants ne souillent point les bons, et à montrer qu'il n'en est rien en effet.

Telle est l'idée que ces deux docteurs, saint Optât et saint Augustin, nous donnent des ouvrages do ce schismalique. 11 ne nous en reste plus rien, comme nous l'avons reremarqué, que ce que ces Pères nous en ont conservé dans leur réfutation.

PARTHÈNE , prêtre et abbé d'un monastère de Constanlinople, donna dans les erreurs de Nestorius. Pendant les difficultés qui précédèrent la tenuedu concile d'Ephèse, Alexandre d'Hiéraple , un des chefs du parti» lui écrivit, pour savoir des nouvelles de ce qui se passait à Constanlinople. Parthène lui répondit que les fidèles attachés à Nestorius, et qu'il ne fait point de difficulté de comparer aux martyrs, avaient tous les jours à souffrir quelques nouvelles tribulations; mais que ces mauvais traitements, bien loin d'affaiblir la foi qu'ils avaient en Jésus- Christ, ne les rendaient que plus disposés h la confesser publiquement lorsqu'il plairait & i)ieu. Il fait dans cette même lettre une profession de foi qui, prise dans le sens naturel des termes, renverse entière^ ment l'hérésie de Nestorius. o La vérité» dit* il , consiste à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ est Fils du Dieu vivant, et qu'il est Dieu parfait et homme. Nous attribuons les souffrances à l'humanité de Jésus-Christ, et les minjcles à sa divinité; et, toutefois, nous ne prêchons qu'un seul Christ et un seul Seigneur, qui est descendu, qui a souffert , selon la chaire et qui viendra dans la gloire du Père, juger les vivants et les morts. » Dans une autre lettre qu il écrivit à Alexandre et à Théodoret , il sr plaignait d'entendre nrêcher hautement à Constantioople qu0 l'immortel était morL Cette ex-

pression, susceptible d'un bon sens, i pouvait en avoir un mauvais dans la boud des catholiques de cette ville, qui s'apd quaient à combattre de toutes leurs fore l'hérésie de Nestorius.

PASCHALl", Romain de naissance, f choisi, après une vacance de deux M pour occuper le Saint-Siège à la mort dl tienne IV, arrivée en 817. Comme son pr^ décesseur, il avait été élevé, dès ses pn mières années, dans le palais de Lainna il s'était appliqué principalement à Yéim de l'Ecriture sainte , mais sans négliger l prière et les autres exercices de piété. 1 clergé et le peuple le choisirent unanloi ment, ce qui explique la promptitude • son élection, Il envoya des légats à Lq le Débonnaire, qui confirma en sa faveur! donations faites au Saint-Siège. 11 rem Rome les Grecs exilés pour le culte!

saintes images, et couronna Lothaireë pereur. Ce pontife, digne des temps api toliques, pour ses lumières et ses vei| mourut le 11 mai &A. 11 ne lui man^.

qu'un caractère plus ferme. Rome fut I: chirée par des factions sous son pontifia . il s'y commit des meurtres, et plusif autres crimes, suite de l'anarchre. Le si r pontife déplora amèrement Timpuissai ^ oix il était de les prévenir ou d'y rernëdf - L'Eglise honore la méoioire de saint 1: chai le li^mai. I .

11 ne nous reste de lui que deux LeiH ^ l'une adressée à Pétronaco, archevêqui Ravenr.e, pour le confirmer dans les léges de cette Eglise ; et la seconde co la relation de l'invention du corps de Cécile, martyr. Dès l'an 500, Rome dait une église sous son nom, mais était tombée en ruines, et le papePasC avait entrepris de la rétablir. 8a grat préoccupation était de ne pouvoir retrom V le corps de la sainte que Ton disait aif .^ été enlevé par les Lombards» avecplusiCj, J autres qu'ils retirèrent en effet des àt^[] tières de Rome, en 755. Mais il fut rasf'^^^ par une vision que Dieu lui envoya, uit^ de dimanche, comme il assistait aux m nés à Saint-Pierre. Pendant qu'il pr* son attention au chant des cantiques sacf|^:| il tomba dans le sommeil, et Sainte Cél;^|^ lui apparut, qui lui dit que les LomM "^j avaient inutilement cherché son corpsi;^^ qu'il le trouverait avec plusieurs aul^^JJ' saintes reliques dans l'enceinte des mi 'j'i de la ville. Paschal le trouva en effet dl ^J le cimetière de Prétextât ou de saint Sif situé un peu au delà de la porte Appienf Il le trouva revêtu d'une robe d un lis d'or et de soie, et à ses pieds éiflientd 9 linçes teints de son sang. Il recueillit des da mains ces précieuses reliques, et les « 'M\ porta dans l'église de Sainte-Cécile, a » -• 1 les corps de Valérien, son époux, dellm burce et de Maxime, martyrs, et ceux <j iij paf>es Urbain et Luce. Il fonda p^ès de celeet église un monastère où il mit des inoiP» ,.5 pour célébrer les saints offlces nuil 'j9,^ jour. Dans^cettd lettre, Paschal cite lesflcw ^,^^

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toArljre de sainte Cécile, preuve qu'ils lîeot antérieurs à cette translalion. Anaste, qui Ta rapportée, ajoute que ce pieux iule décora œaguifiquetnent Téglise de simte martyr, et qu'entre les tapisles précieuses qui la paraient, il y en iTune qui représentait son couronne-

mron ange, circonstances qui se re-

iYcsien eifet dans les actes de son . On les regardait donc alors com-

îslbeDtiques. Les critiques en jugent

sent de nos jours.

HrtLabbea reproduit une troisième

jdupipe Paschai dans son Appendice

KW des Conciles. Elle est adressée rJ, archevêque deVienne^qui n'aciiiptscopatqu'avecbeaucoupde peine, BO ordre exprès du souverain pona<$itôt après son ordination, Paschai m le pallium, en le ferlant de le i'rexemple de ses prédécesseurs. 11 it en même temps son Eglise dans droits qui lui avaient été accordés SdiDt-Siége. Enfin on possède une e lettre adressée aux évêques, préces, ducs, comtes, barons, et gé- Qtà tous les Chrétiens, pour reider à leur protection et à leurs tbbon, archevêque de Reims, qu'il (kargé d*atler prècner l'Evangile dans avec Halitgaire, qui fut depuis <:e Cambrai, Cette dernière lettre de la collection des Bollandistes.

.VL 11, nommé auparavant Rainieri, illède, ville de Toscane, aujourd'hui de Viterbe. Prévenu de la grâce plus tendre enfance, il quitta fort a pairie, pour embrasser la vie modans Tabbaye de Ciuni, qui eut mnlage de donner successivement à deoi papes d'un rare mérite, Urfi Paschai II, son successeur. Les fc Ralnier dans les sciences et la ^très-rapides. Il ne se distingua *3&par sa prudence et sa capacité •<«i^ite des grandes affaires. Dès ^ ^\ ans , il fut envoyé à Rome te celles de son abbaye. Son mé- /«Bi bientôt connu, et Grégoire VU, ipait alors le Saiut-Siëge, Je fit élire SftiDt-Laurent et Saint-Etienne , hors . H Tordonna dans la suite cardinal du tiirede Saint-Clément. Il se trouva ond'Drbain II, en 1088, et y repré- *«^ les cardinaux prêtres qui étaient Jteenis. Urbain qui, lorsqu il était re- "^-Cluni, avait été à même d'apprécier ^Qcc et les talents de Rainier;, Tenû'iaaliié de légat en Espagne, pour y t^îtt affaires de la plus grande délica- •Jtdont il s'acquitta avec un succès îfiluniyersellement bénir. De retour à ^^la5sis|aen 1097 au concile de Rari, ^'«i de lui que nous apprenons que le *J«couimunia ceux qui recevaient ou *îfrîu les investitures des laïques.

' 'M3aoûl 1099, quinze jours après la ;;*'»pape Urbain II, Rainier fut élu ••Jfcuci:é(ler, et consacré, le lendemain,

sous le nom de Paschai II, par Odon, évêque d'Ostie. Cette élection fut généralement applaudie et consola les Romains de la perte de son prédécesseur. Ils regardaient, depuis longtemps, Rainier comme leur père commun. Le zèle et la fermeté, avant son élévation contre l'antipape Guibert, leur fit espérer qu'ayant l'autorité en main, il achèverait de ruiner entièrement son parti. En effet, après l'avoir excommunié de nouveau, il le fit attaquer à Albano, et le pressa si vivement, qu'il l'obligea de prendre la fuite ^u côté de Cilta di Castello, où il mourut subitement, au mois d'octobre de Tan 1100, la vingt-unième année de son intrusion , après avoir résisté impunément à trois papes et causé des maux infinis à l'Italie. Quoique le parti des schismaliques parût abattu par les avantages que Paschai avait remportés sur eux, et par la mort de leur chef, ils firent de grands efforts pour se relever, et lui substituèrent successivement jusqu'à trois antipapes, Albert, Théodoric et Ma^inulfe. Le premier fut pris par les catholiques, le jour même de son élection, et enfermé dans son monastère ; le troisième enfin, qui avait pris le nom de Silvestre IV, fut chassé honteusement de Rome, et mourut en exil dans une extrême misère.

Sur ces entrefaites, arrivèrent à Rome dos députés du roi d'Angleterre pour se plaindre au pape du refus que faisait saint Anselme de rendre hommage à leur maître et de recevoir de lui Tinveslilure de son église. Le pape fit répondre au roi que ce qull exigeait de saint Anselme était contraire aux lois de l'Eglise, et que, d'ailleurs, il n'avait nullement dessein de diminuer sa puissance. « Ne craignez pas, lui dit-il, que nous veuillons rien diminuer de «votre puissance, ou nous attribuer rien de nouveau dans la promotion des évêques. Vous ne pouvez, selon Dieu, exercer ce droit', et nous ne pouvons vous l'accorder qu'au pré* judice de votre salut et du nôtre. » Ces remontrances ne firent d abord aucune impression sur l'esprit de ce prince, qui regardait les investitures comme un droit inaliénable de sa couronne, et cette affaire eut en An-^' gleterre de grandes suites, dans lesquelles nous n'entrerons point ici. Nous observerons seulement que le roi renonça enfin aux investitures, dans une assemblée de seigneurs, qui se tint dans l'abbaye de Saint- Edmond , Je 1" août 1107 , et se contenta des hommages que les évêques avaient coutume de lui faire avant leur ordination , à quoi le pape consentit. Paschai trouva moins d'opposition en France, où Philippe, occupé do l'objet de sa passion, laissa àf^n les légats, qui exécutèrent en différents conciles les ordres du Pape contre les investitures, sans y causer aucun trouble considérable.

L'an 1102, Paschai tint à Rome, sur la fin du mois de mars, un concile dans lequel il renouvela l'excommunication portée contre Henri IV, par les Papes Grégci.'c VII et Urbain II. Il la fulmina lui-même le jeudi saint,

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DIGTIONNAIRS

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et fit dresser une formule d^analhème qui fut envoyée en Allemagne, où elle souleva les sujets contre leur souverain. Le pape écrivit au comte de Flandres.et autres princes cbré* tiens, pour les exhorter à prendre les armes contre Henri. On venait de déposer cet em«-

f)ereur, à Hajence, dans une assemblée soennelle à laquelle assistèrent les légats du Saint-Siège, et d'y proclamer roi son fils, également nommé Henri. Le jeune prince fit aussitôt part au pape de son avènement à la couronne, par une députation des seigneurs les plus distingués de rassemblée, suppliant sa Sainteté de vouloir bien venir le joindre en Allemagne, pour concerter ensemble les moyens d^tablir une paix solide entre le Saint-Siège et l'empire, Paschal s*y prêta volontiers; la mort d*Henri IV, arrivée peu , après, au mois d'août 1106, ne fut point un . -obstacle. Mais, en passant par la Lombardie, ' il s'arrêta à Guastalla, où il avait indiqué un concile pour le 22 octobre» Là, il ne tarda pas à apprendre que le successeur d'Henri IV avait changé de disposition, et qu'il parais* sait aussi intraitable que son père Tayait été sur l'article des investitures. Ce prince passa en Italie en 1110 pour recevoir la cou<ronne impériale ; mais le Pape ne voulut la lui accorder qu'à la condition gu'il renoncerait h son droit prétendu. Jlenri était si peu dis- ))osé à satislaire le pontife, qu'après avoir chicané quelques heures, il le fit arrêter, et exerça des cruautés inouïes, jusqu'à faire massacrer les cler<*s et les religieux qui avaient été au devant de lui avec des aé<monstrations d'attachement et de respect. Cette atrocité irrita tellement les Romains, que, dès le même jour, ils 0rent main basse sur tous les Allemands qui se trouvaient dans leur ville. L'empereur, obligé de quit^ ter Rome« emmena la Pape avec lui, et le retint prisonnier jusqu'à ce qu'il lui eût accorde ce qu'il souhaitait.

Quoiqu^e Paschal n*«ût lait cette démarche que pour sauver la vie à l'élite de son clergé et de la noblesse romaine, il eut néanmoins le chagrin de voir sa conduite blAmée hautement par un grand .nombre de cardinaux, d'évêqniies et d'abbés, et de recevoir des lettres très-vives sur ce sujet. Plusieurs cardinaux s'étant assemblés, cassèrent la bulle qu'il avait accordée à Henri, comme contraire aux décrets des Papes précédents. Paschal, qui avait quitté Rome, parce qu'il n'avait pu les apaiser, ni les porter à excu^ ser ce qu'il n'avait faie que par nécessité, leur écrivit une lettre dans laquelle ri loue leur zèle; mais il leur représente que leur démarche n'est ni régulière, ni conforme à la charité, et il ajoute humblement que met^ tant sa confiance dans la miséricorde de Dieu, il aura soin de réparer ce qu'il a fait, en considération de ses frères et de ses en^ fants, et pour empêcher la ruine de la ville et de toute la province. Brunun, évêque de Signi, et abbé de Mont-Cassin, fut un des plus vifs, et lui écrivit deux lettres dont ^ nous avons rendu compte, à son article; nous, avons vu également avec quelle forcit

et quelle vivacité'Geoffroi, abbé de Vendôme, s'éleva contre le traité de Paschal avec Henri, au sujet des investitures, et avec quelle li berté il en parle. II faut avouer cependant ' que ce Pape était excusable, du moins en partie, et au'il méritait d'être traité arec | plus d'indulgence. Hais le zèle des cardinaux, des évêques et autres qui le reprirent avec tant de force et de liberté, ne doit ni ne peut être blâmé, puisqu'il est une marque de leur attachement pour l'I^lise; car ils ne parlaient de la sorte que parce qu'ils étaient persuadés que la buile accordée en > faveur des investitures, donnait atteinte à la ' foi et à la religion, en privant l'Eglise de Ja liberté des élections épiscopfiles.

he Pape, craignant les suites de cette fermentation des esprits qui semblait tendre au schisme, prit de sa^es mesures pour le prévenir : ce fut d'indiquer un concile dans lequel il rendit compte de sa conduite. Ce concile fut ouvert le 28 mars 1112, dans Téglise de Latran. (Après avoir exposé ce qu il a souffert de la part d'Henri V, et comment il avait été contraint d'accorder les investitores, pour obtenir la délivrance des prisonniers, et préserver Rome et Tllalie du pilr lage, il ajoute que lui et les cardinaux ayant juré de ne plus inquiéter à ce sujet ce prince et les siens, il ne prononcerait pas anathème contre eux, quoiqu'ils eussent très^mal observé ce qu'ils avaient promis, Dieu serait leur juge, Au reste, iidésapr prouvait fort cette concession ; il la jugeaif mauvaise, et souhaitait pouvoir s'en relever. Ce discours reçut les applaudissements de tout le concile; et le traité fait avec Henri fut cassé et annulé. Le dernier jour, Pascal fit sa profession de foi pour lever tous les doutes que l'on pouvais conserver sur la pureté de sa croyance. Il y déclare Kj^u'il reçoit toutes les divines Ecritures de 1 Ancien et du Nouveau Testament, les quatre Evangiles, les sept Epttres canoniques, celles de saint Paul ; Ips quatre conciles généraux, les décrets des souverains pontifes, et surtout ceux de Grégoire VII et d'Urbain, son prédécesseur. 11 approuve, confirme, rejette, condamne, interdit, défend toat ce qu'ils ont approuvé, confirmé, rejeté, condamné,, interdit, défendu. Godefroi deJViterbe ajoute que Pascal quitta Ja mante et la cappe, priant l'assemblée, composée de plus de cent évoques, de plusieurs abbés et d'une multitude innombrable de clercs, d'élire un autre pape ; proposition qui fut rejetée.

Pendant tout le reste de son pontiGcat, Pascal s'applique constamment à réparer la faute dont il croit s'être rendu coupable par son traité avec Henri. Il anéantitia bulle qu*ii avait donnée en faveur desj investitures, et, pour tranquilliser les fidèles alarmés à ce sujet, il envoya à ses légats les décisions du concile de Latran, leur enjoignant de s'y conforuier dans les conciles qu'ils tiendraient sur le même sujet. On en tint plusieurs dans cette môme année 1112 e( les suivantes, en Italie, en France et ail-

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DE PATftOLOGlE.

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in;e( dans ions généralement la bulle loéefj] faveur des investitures fut con- Bueeet rempereorexcommunié. En 111 S, Dori de la comtesse Mathilde ayant atieioperear Henri en Italief il fitpropoau Pape des conditions de paix par li, èhb^ile Cluny» <]ui y travailla avec u.viup d*ardeur mais sans succès. L*aniuivante, Pascbal tint au mois de mars «rand concile dans Véglise de Latran. H irJa arec beaucoup d^humilité du fameux iKivec Henri, disant qu'il s'était conifomme un homme, parce qu'il n'était hcndreet poussière. Il avoua qu'il avait I lait et pria tous ceux qui étaient prêts (Je joindre leurs prières aux siennes roUeflir le pardon de sa faute. Puis il [■a d'un analhème perpétuel le malheu- I traité qui lui causait tant de peine, et t(>l:a les assistantsde faire la même chose ; qu'iiâ ôrent. C'est ainsi que Pascbal se ^nuulraité fait avec l'empereur. Si ce une faute de sa part, oo peui assurer lîla ré^ra bien, et qu'il a donné à ses litsseurs un monument de modestie et Miililé d'autant plus grand et plus adni;e qu'il est joint à la plus hiaute dik,

«Vmpereur informé de tout ce qui s'était iiaroDcile de Latran, et voyant tous ses iJKb dérangés, prit la résolution de reivreo Italie, ce qu'il exécuta en 1117. l'jiuiide son arrivée Pascbal se retira au mi-Cassin, ensuite à Capoue, de 1& à Bé- ^Dt, où il apprit que ce monarque avait d^ la ièie de Pâques à Bome et s'y était ''onronner empereur par Maurice, arnéjuede Brague, plus connu sous le '^aamipape Bourdin. Le saint pontife, ^sraii envoyé Maurice, pour traiter de Hii avec fempereur, excommunia ce niiir^ infidèle et le priva de ses dignités tL' (n concile qu'il tint au mois d'avril. ^'<iii 11 ne vit pas \â fin de cette affaire. c'Airoé à Rome sur la fm de l'année 1117 'près le départ de l'empereur, il y nm ao mois de janvier de Tannée sui-

^* ^lrt$. — Il ne nous reste de ce Pon- ' que des lettres. Le nombre en est coni<^table etie serait bien davantage encore,

« reisistre ou recueil que Jean Cajétan, àaceiier du Saint-Siège et son successeur ^iDédiat en avait dressé, était parvenu Muà nous ; mais maibeureusement il a ^Mo.LeP.Labbe en a recueilli 107 qu il 'f'^rées dans sa grande Collection de$ con^ ''V'Qous rendrons compte seulement decel- & qui nous paraîtront les plus importantes. ^troisième est une réponse à celle que miAasehneluiavaitecrite.il y loue le *u^ige de ce saint prélat qui n'a pu être > >bbauu par les promesses, ni gagné par ^ nienaces.ll s'y inscrit en faux contre ce ^<>aient aTancé les députés du roi d'An- ^^ne,k leur retour de Bome, savoir, que

*^*[Hî était dfsposé à lui accorder les in- '^^Uore5;etque,8'ii ne le lui avait pas ^^o'gné par écrit, c'était pour ne point se

DlCTIOKN, DE PATaOLOGIE. IV.

compromettre avec les autres princes, auxquels il ne voulait pas donner occasion de se plaindre. Il prend à témoin Jésus-Cbrist» scrutateur des cœurs et reins, que ce crime borrible ne lui est jamais venu en pensée, depuis qu'il est placé sur le Saint-Siège. Il s'élève avec force contre les investitures que les laÏQues donnent parla remise du bAton pastoral et de J'anneau, et les regarde comme un, renversement de la discipline ecclésiastique et de toute la religion.

La cinquième et la sixième ne forment qu'une seule et même lettre, comme le remarque fort bien Ellies Dupin, et est adressée à un évoque de Pologne qui refusait de prêter serment au Pape, en recevant le pallium, sous prétexte qu'il n*est jamais per* mis de jurer. Pascbal lui représente que le serment est défendu selon saint Augustin, parce que la facilité de jurer peut iaire tomber uans le parjure. C'est pour* quoi, ajoute-t-il, on ne doit jurer que dans la nécessité et lorsqu'on ne peut autrement

f persuader les hommes dequelquecbose qu'il eur est utile de croire. C'est par nécessité que nous exigeons le serment, pour conserver la foi, 1 obéissance et Tunité.; nous croyons même que saint Paul l'emploie dans ses lettres. Pascbal relève beaucoup l'autorité de I Eglise romaine, et prétend que c'est par elle que tous les conciles ont été assemblés, et nue c'est d'elle qu'ils ont reçu leur force et leur autorité. 11 y fait aussi beaucoup valoir le paDium.

Dans la septième, adressée à Bobert, comte de Flandres, après l'avoir remercié du zèle qu'il a mis à exécuter les ordres quillui avait donnés touchant l'Eglise de Cambrai, il l'exborte à poursuivre vivement l'empereur Henri, qu'il appelle le cbef des hérétiques, et les Liégeois ses fauteurs. Il l'assure qu'il ne peut point offrirde sacrifice plus agréable à Dieu, que d'attaquer un prince qui s'élève contre lui, et qui veut détruire le royaume de TEglise. Il lui ordonne de lui f&ire la guerre, la lui représentant comme un moyen d'obtenir la rémission de ses péchés et d'arriver à la céleste Jérusalem. Cette lettre est suivie d'une réponse de l'Eglise de Liège, adressée à tous les hommes de bonne volonté, et dans laquelle cette Eglise proteste qu'elle est invariablement attachée à la pureté de la foi età l'unitéde TEglise. Cette lettre, écrite dans un style très-vif est de Sigebert de Gamblou qui vient en aide aux Liégeois en leur prétantsa plume, une des meilleures du siècle.

La douziiè ne est sans date et adressée à Gébébard, évèque de Constance, à Oderic de Passau et aux catholiques do l'empire, tant clercs que laïques, Pascbal l'écnvit pour rassurer quelques Cbréliens timorés, qui, s'imaginent que l'on encourait l'excommunication en communiquant avec des excommuniés, de quelque manière que ce fût, méditaient de quitter leur pays, par la crainte d'avoir commerce avec ceux qui se trouvaient dans ce cas. Le PapQ les ras*

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