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è rester insensible aux railleries que les libertins se permettaient sur leur conduite, parce que, tous les deux, ils avaient quitté de grands biens pour s*efforcer d'acquérir la perfection chrétienne, «t 11 suffit» lui ditil, que les livres saints nous apprennent oombien leur état est différent du nôtre. Qu'ils traitent cette action de folie tant qu'il leur plaira, bien loin de nous en affliger, c'est le cas de nous réjouir ; n'avons nous pas le témoignage de notre conscience qui nous (iverHt secrètemçnt que nous avons accompli Tœuvre de Dieu et lecompiandement de Jésus-Christ? Que le siècle loue leur prudence; qu'est-ce que cela nous fmt ? Le «siècle a-t-il jamais compris les enfants de la lumière? Laissez cette génération corrompue admirer ce qu'elle appelle leur jsa- ^esse ; leur folie à tous n'«n sera pas moiqs t'ondamnée au jour de l'éternelle rémunération. » Saint Paulin recommande ensuite à son ami d^éviier la société de ceux qui ne suivent pas la saine doctrine, qui préfèrent leur plaisir à la gloire du Seigneur, et séduisent les autres, après s*être laissé séduire eux-mêmes. « Fuyez, mon ifrère, lui dit-il, fuyesces personnes dangereuses, dé* fiez-vous des subtilités profanes dé leur^ expressions nouvelles, ae leurs questions vaines et ridicules ; de leurs disputes curieuses, inutiles et téméraires; de peur qu'en les écoutant vofre foi ne s'altère, votre çiété ne se refroidisse, et que vous ne cou riez danger de yous pefdre par la contradiction des faux frères et des sages réprouvés. »
Il lui rappelle ensuite, comme il Tavait déjà fiait dans une autre lettre que nous n'avons plus, les particularités qui avaient signalé son ordination, lorsque enlevé tout à coup par le peuple de Barcelone, il fut coqsaôré prêtre sur-le-champ, et malgré ses réclamations. Mais, pour remplir des fonctions si supérieures à ses forces, et si élevées au-dessus de la portée de son intelligence et de ses vertus, il se repose sur eolui qui communique sa sagesse aux petits, et qui sait tirer une louange parfaite de la bouche des enfants. « Je niii consenti à ce choix de l'Eglise de Barcelone , ajoutet-il, qu^ la coudiUon que rien ne m'obligerait de m'associer i son clergé.
Ainsi, j'ai reçu le caractère sacré du sacerdoce de f ésus-Christ, maiis sans me dévouer particulièrement au service d'aucune JEgli-r se. » On voit par là que les anciens canons qui défendent d'ordonner personne, ni diacre^ ni prêtre, sans déterminer d'avance l'Eglise où il doit servir, n'étaient pas exactement Qbseryés du temps de saint Paulin. Il termine sa lettre en priant saint Sul- 1)ice de le venir voir avant PAques, « afin, ui dit-il, de célébrer la semaine sainte avec nous et de participer au sacrifice que j'aurai le bonheur d'y offrir. »
AAtype. — Alype, évêque de Tagasle, disciple et ami de saint Augustin, lui avait adressé quelques ouvrages de ce Père contre les manichéens. Paulin en trouva la doc-
trine si excellente qu'il regardait ces livre^ comme inspirés du ciel. Pour remerric Alype de cette offrande, et aussi « un pea dit-il, pour obéir à ses ordres, a il lui fl don à son tour de VHistoire ecclésia$tiqu d'Eusèbe de Césarée, qu'il avait emprunté d'un saint prêtre de Rome, nomme Doo Dion. On voit dans cette lettre que saiâ Pauliik se sert du terme de couronne^ pou marquer la dignité des ecclésiastiques, don la couronne cléricale était le symbole. 1 emploie aussi les termes de tres-saint^ « écrivant à Alype, comme nous le verroQ employer ceux de votre $ainieié dans h lettres à saint Augustin, C'étaient des loêa tions honorifiques, et consacrées alors pi l'usage des évèques lorsqu'ils s'écrivaieu entre eux. Il se fait honneur d'avoir pou père spirituel, le même saint prélat qu Alype lùitmême. « Car, lui dit-il, quoiqii
i'aie été baptisé à Bordeaux, par 1 évêqt! )elphin, et consacré prêtre de Barcelone |)j Pampius, je ne laisse pas de considérer h vénérable Ambroiso comme mon père spirituel ; puisc[ue c'est lui qui m'a instruit de mystères de la foi, qui ipe donne encor tous les jours les avis nécessaires pourm'ac quitter cfignemeut des devoirs da sacerdoce et qui m'a'fait )9 grâce de m'associer à sm clergé ; de sorte qu'eç quelque lieu qQ( j'établisse ma demeure, je suis toujours at nomnre des prêtres de sonEgUse. n On roli ici que saint Paulin qui n'avait consenti ' son ordination, qu'à la condition de D*èt attaché au service d'aucune église particu lière, se laissa néanmoins agréger au eler^^ de NLilaUf encore qu'il n'y résid&t pas. 1 marque li Alype, qu'en signe de lunioi d'esprit et de cœur qu'il désirait cQnsene avec lui, il lui envoyait un pain bénit, le quel par sa forme triangulaire, était ui symbole de 1q sainte Trinité. « Si vous are la bonté de l'agréer, lui dit-il, \i deviendr pour BOUS une eulogie et un paia de béué diction. »
A Sulpice-Sévère. — Dans le cours de I même année 3%, saint Paulin écrivait ea < core à Sulpice-Sévère, pour le remercier d'une lettre qu'il en avait reçue. Jl lui raconte les commencements de sa conversion, et les motifs qui l'avaient déterminé à prendre ce grand parti ; ce qu'il fait en termes qui marquent bien qu'il eu rapportait looje là gloire à Dieu, n Quel sujet au rai^je <i^ nie glorifier, djt-il, puisque encore qu'il y aurait en moi quelque chose de bon, je devrais en rapporter toute la gk>ire au Seigneur, de qui je l'ai reçu. Il est vrai que j^ iie conserve plus la même attache »^ monde; mais mon flge et le souvenir des honneurs qui m'ont été rendus dans wa jeunesse, ont dû m'inspirer des sentimenis plus graves et plus sérieux. D'ailleurs, nio" corps aeveuant de jour en jour plus fti^'*? et plus infirme, ri m'a été tacilede renoncer aux plaisirs des sens qu'il n'était plus en état de supporter. Je puis dire ausM ^^^ les réflexions sérieuses que j*ai failes sur les peines et les misères de la vie pré^en^'j
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(beaucoup contribué h ni'inspirer le dé- '( des Affaires qui troublaient, mon repos, considéré que par rapport à mon salut, llollais sans cesse entre la crainte et Tesce, et cette pensée m*a enfin détermi- ^ me consacrer entièrement au service Seigneur. C*esl aussi ce qui m*a porté à retirer à la campagne , afin qu'éloigné atteintes de la calomnie, de tk fatigue vojrages, des exigences du barreau et l'agitation des charges publiques, je e y YÛre tranquillement avec les perles de ma maison, et v servir Dieu, me nous Teussions pu faire dans l'Ee. Ainsi, en me dégageant peu à peu de )ril du siècle» je me suis trouvé disposé e^ser le monde, à me soumettre aux 1res du ciel, et à marcher à la suite de Ds-Christ, sans crainte de m'égarer, »
Il compare sa conversion avec celle de Ipice-Sévère, et trouve cette dernière ucoop plus admirable. <i Vous étiez à la T de votre Age, lui dit-il, recherché et éde tout le monde. Quoique moins riqu%inoi, vous possédiez tout en abonce.Et vous ayez tout méprisé; et, non leat d*abaudonner les biens temporels, avez renoncé encore aux richesses de rit, à la gloire que votre éloquence et e condition tous avaient acquise, et prèles discours simples et sans art de queljtpfis pauvres pêcheurs aux plus belles ha- 1 insues de Cicéron* » Il détaille avec éloges rlttauifes vertus de saint Sulpice, et in- «slemement pour le déterminer à le venir îoir. Il se plaint, en passant et à mots cou- JtrU,de ce que, pendant son séjour àRome, «ûami pu ni rendre ni recevoir aucune .^iieduPape etdu clergé, tandis que le ■Copie et ce qu'il y avait de seigneurs dans . 'faille lavaient accueilli avec acclamation. ■ ^P^û^ani, il ajoute, mais en rapportant w|ie faveur à une permission de Dieu, . ^ttdu'y avait presque aucun évéque dans • ** Campanie qui, par sa visite, neûl res- . i^méenlui Tœuvrede Dieu; les évoques Bi^rac d'Afrique lui avaient envoyé quelques-uns de leurs prêtres le saluer au comii*€ucement de l'été. Il trouve même dans «i empressement général un nouveau mow pour engager Sulpice à se rendre à Noie «u plus 161 et lui dit agréablement :
« Verrons-nous luire enfin le jour heu- |«^i où nous aurons le plaisir de vous embrasser dans la maison de saint Félix, et remercier Dieu ensemble de celte grâce, que J« lai demande tous les jours? Ce sera alors <|Ji après vous a voii donné le baiser de paix, ^i qu'aux élus du Seigneur qui vous acwmpagneront, je. chanterai avec vous:
^^oici le jour que le Seigneur a rempli de * ^ bénédictions. » Puis je vous établirai, ooo*sealement près de l'église et dans le inonasière qui fut la maison du bienheureux 8i*rtjrf, pour y demeurer, mais encore dans ^^^i«rdmpour le cultiver gratuitement et WDs salaire, parce que vous avez déjà reçu joire salaire du Père de famille. Il me semble que tos soins et les travaux des ouvriers
du Seigneur qqi vous accompagnent l'ont déjà embelli; car il est impossible que ces hommes que Jésus-Christ a appelés à travailler à sa vigne n'achèvent pas facilement la culture d'un champ qui demande si peu de travail» et oui est d une si petite étendue.»
En parlant ae saint Félix, dans cette lettre et dans quelc[ues autres, Paulin l'appelle le malire du logts et son patron^ parce qu'il s'était mis sous la protection du saint évoque, en venant fixer sa demeure près de son église. II salue Sulpice de la part de Thérasie, qu'il nomme sa chère compagne^ parce qu'il ne la regardait plus (jue comme sa sœur, conformément aux lois de l'Eglise, qui prescrivent la continence à ceux qui sont élevés de l'état du mariage à la dignité du sacerdoce. « Au lieu de pain bénit, lui ditil, nous vous envoyons un pain de la campagne, pour vous marquer que nous sommes unis avec vous de croyance. Quoique pleinement rassasié par les miettes que vous recueillez tous les jours à la table du Seigneur, ne laissez pas, je vous prie, d'agréer ce pain, qui vous est présente par des pécheurs, et faites-en le symbole de notre foi commune par votre bénédiction. Mais dans la crainte que ce produit du froment le plus pur ne vous donne occasion de penser que nous vivons dans le luxe, nous y ajoutons, comme symbole de nos richesses, une de nos écuelles de bois, afin que vous (puissiez vous faire une idée du festin, et assister de loin au banquet de nos noces spirituelles. Si vous avez chez vous des écuelles de faïence, c'est avec plaisir que nous en retrouverons quelques-unes au fond des caisses que nous avons confiées à vos serviteurs; car nous aimons beaucoup les vases d'argile, qui symbolisent à nos yeux la naissance que nous avons reçue en Adam. Nous sommes véritablement ces vases de terre, qui renferment le trésor du Seigneur. Faites-nous la grAce aussi de donner vos ordres pour nous faire tenir quelques pièces de vin vieux, que nous croyons avoir encore à Narbonne. » Nous avons rapporté vqs particularités, si petites qu'elles paraissent, parce qu'elles marquent 1 innocente simplicité de ces Chrétiens des premiers temps.
À Romanien. — Instruit pac une lettre de saint Augustin qu'il venait d'être choisi
four côadjuteur du saint évoque Valère, aulin n'eut pas plutôt appris celte agréable nouvelle, qu il la communiqua'immédiatement à Romanien de Tagaste, pour lui faire partager la joie qu'il éprouvait de la promotion de cet ami commun à l'épiscopat. « Cependant, lui dit-il, s*il montre tant d'empressement à lui communiquer cette nouvelle, c'est moins pour s'en réjouir avec lui que pour lui faire remarquer le soin particulier que Dieu prend des JSglises d'Afrique, en leur accordant la grâce de pouvoir recueillir les oracles du ciel de la bouche d'un homme aussi saintement éloquent. « Il ajoute que, pour ne manquer en rien aux devoirs de la charité fraternelle, il lui envoie cinq pains, afin de le fortifier dans les
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saints combats auxquels il s*expose tous ]es jours, selon les règles de la temp&raiiee et (le la sobriété. II le prie d*en faire part à son n)s Licentius. « Car nous ne pouvons, dit-il, exclure de la participation à ces symboles sacrés celui avec lequel nous désirons être unis par les liens de la grâce. » II lui demande en môme temps de trouver bon qu*il <^crive un mot à Licentius lui-même, et» il cite à ce propos un vers de Térence, doint il $e repent presque immédiatement, « parce qu*il est inutile d'employer les paroles des auteurs profanes, pendant que nous en trouvons de si énergiques dans nos livres sacrés. Chercher chez \(is étrangers ce que \\>n possède beaucoup mieux cnezsoi, n*est pas la fuarque d'une tète bien saine, telle que doit Tôtre celle d'un Chrétien, qui a Thocneur d'avoir Jésus-Christ pour chef. »
A Licentius, — Cet jeune homme, h qui saint P^tulin écrivit en même temps qu'à son père, avait été placé dès sa jeunesse sous la discipline de saint Augustin, pour s'y former a la science et à la rertu. Mais de-: puis, emporté par la fougue de Tâge, il avait (ionné dans quelques égarements, et la lettre de Paulin a pour but de le rappeler à luimêmçi et au souvenir des pieuses inslructious qiji'il avait reçuea. Licentius av^ît cora-r posé un poëme en l'honneur de son illustre maître, pour lui témoigner le regret qu'il éprouvait de ne pouvoir plus jouir de sa présence ni de ses leçons. II avait étalé dans cette lettre toute sou érudition profane et mis à contribution tout ce que la fable lui ôiTrail de souvenirs. Paulin donc, voyant qu'il aimait la poésie, joignit à sa lettre un
()Oëme, dans lequel il lui donne de trèstelles maximes. En voici quelques-unes, dues à la plume d*un ancien versificateur dont nous n'avons pu découvrir le nom :
Qui De sait que Jésus el sur loi seul se fonde, Est mait^ de soi-même et des maitres du monde; Tu ne seras esclave, en ne servant que lui, ^'l dé tes passions, ni de celles d*autrui.
Sors donc de ton erreur, et ne présume phi^ De pouvoir allier le inonde avec Jusus, Leurs empires se foqt unç élerneile guerre, £t lu joindrais plul6t le ciel avec la terre. Çoune-loi tout entier ï cet unique roi, Ce li'vst qu'étant à lui quç tu seras à tioi.
Tour Dieu ton cœur est fait, il a beau se défendrç, A ses lois, tôt ou tard, ou le verra se rendre ; h aspire à l'hymen, aux iionneurs, aux plaisirs; /uscfuici ces (aux biens ont réglé tes désirs; Uaîs du divin Jésus la grâce triomphante Ln dépreiuira bientôt ton âme languissante.
Knûn, puisses-tu vivre heureux dès ces bas lieux. Eu vivant pour ce Dieu de la terre et des cieui : Par là ton cœur vivra dans une paix profonde. Au lieu que l'on est mort en vivant pour le monde Kntré dans ces deux états, il n'est point de milieu, Ll Tbomme n'e^t vivant qu'autant qu'il aime Dieu (5).
(3) Cette Uadi^cUon des poèmes de saint Paulin I rouve que, môme longtemps après Maiberbe, on faisait encore de bien mauvais vers en France; puisqu'ayaiit à rendre la même pensée, ce premier restaurateur de la poésie française avait déjà prouvé moyen de la revêtir de ces couleurs bien auùemenl saisissantes:
f N'espérons plus, mon âme, aux promesses du mondes Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde
A Pammaque. — Dans là, lettre qu il éeni au sénateur Pammaque, pour le consoler la mort de sa femme, il lui dil : «r que u entrer dans les desseins de Dieu et accoi plir un acte de piété, de compatir aux soi frances du prochain en qoos aidant les u les autres à supporter le poids de nos affi tions. Ces consolations mutuelles ont po résultat de fortiQer la foi, d^âdonci^ la tr tesse et de relever des cœurs qui, sans ce assistance, resteraient abattus sous le poj de leurs maux. >» Aussi, proleste-t-iJ Pammaque qu'aussitôt qu*il a été infon d'une aussi triste nouvelle, il a mêlé ; soupirs à ses sanglots, et s*est senti toutér en se représentant les agitations de s cœur. « Mais, ajoute-t*il, la constance j néreuse que la foi vous inspire ne i donne pas moins de consolation que rot douleur ne me cause de tristesse. Je ro avoue oue, pendant quelques instants,] même uouté si je ne devais pas plutùr i réjouir avec vous d'une générosité si clir tier^ne, que de vous témoigner mon amii profonde par la part que je prends à vol affliction. Car j'ai appris en môme lom votre courage et votre malheur, cette pet cruelle et votre i^oble résignation. Cd q[\\ vous renïeitra celte lettre m'a aflirn qu'en laissant voir par vos larmes comble cette mort vous était sensible, vous vo^ êtes gardé d'imiter ceux qui ne parlflo^ pas votre espérance, en faisant faireà ctl illustre défunte de pompeuses et ma^nt ques funérailles; mais, en distribuant < grandes aumônes, vous lui avez ménagé \< ces œuvres de charité, les secours les pl^ efficaces et les plus salutaires. C'est |>âru conduite aussi judicieusement chrétieoi que vous avez d abord rendu les derme devoirs de la piété à celle qiii vous élail chère ; puis, vous avez honoré sa pompe fi nèbre ae l'abondance de vos larmes, et de marques religieuses de votre charité. »
Il relève singulièrement cet acte de pi<ii^ et montre qu'en pleurant la mort do so épouse, Pammaque a imité ce q^u'ont faite pareilles circonstances les saints palriar Ches, et ce que fît Jésus-Christ lui-môiue la mort de Lazare. Puis il ajoute que, cequ doit consoler Pammaque , c'est que so épouse ne continuera pas moins d'élre s^ couronne après sa mort, qu'elle ne l'a <^j pendant sa vie ; car, encore que moissonnéj dans la fleur de la jeunesse, on pouvait m que, par la pureté de ses mœurs cl -^^j grandes vertus, partage ordinaire d^uu^ôj plus avancé, elle était déjà mûre pour Ij ciel. Il lui représente David qui, dans W crainte qu'une vie trop* prolongée ne devin'
Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre * C'est iHeu qui nous lait vivre,
Cest Dieu qu'il laut aimerl... i
Entre le traducteur cl rimitatear, quelle ôiScrenoe l Les littératures sont donc bïtn lentes is« former I
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Hutliciablo à son salut» priaU ]è Seigneur btisfir les iours de son pèlerinage, en se Ifanni amèremenl des lenteurs de son 0. Oeu miU quia incolatun mew prolon- \0€$t! {P$al cxix, 5.) Il lui fait reniarir encore que ce même roi, en se conso- Isi promptement de la mort d*an fils K \â maladie lai a?ait coûté tant de larib nous enseigne que nous devons nous Ère beaucoup plus en peine du chemin isous arons à tenir pour suivre coui I murent, que de celui qu'ils ont fait, m arriver avant nous à la céleste pa-
sii^nifie, dit-il, cette conduite du roi, pleurant sur son fils vivant et so mn\ presque en apprenant sa mort ?
fiieura pendant sa maladie parce qu'il "lilquc Dieu, se laissant fléchir par ses s et par ses larmes, rendrait la santé cher enfant; mais aussitôt qu'il le vit il fit taire 9es gémissements, pour T qu'il se soumettait avec résigna- 1 ordres de la Providence, persuadé volant^ de Dieu est toujours préféï la nôtre. Je veux bien que la piété t quelques instants; mais il faut que ise réjouisse toujours. Nous pouvons Kier raisonnablement ceux qui nous fricédés; mais nous ne devons pas dé- Hféterde les reioindrc, car le Dieu que iBifloroDS est le Dieu des vivants et non Ji iti. (Jfarc. XII, 27.) Il nous permet de wt quelques instants pqur soulager no-
• dûaleor et laisser respirer notre âme, pilne veut pas que nous nous laissions piloer à des excès doqt notre faiblesse fieraii plus capable de supporter la dn-
ijjrts avoir loué Pammaque d'avoir sa-?
jjw à ce cju'il devait au corps de son pw«f en Tarrosant de ses larmes, saint Wifl le bénit surtout des grandes aumônes
• lesQiieUes il avait pensé à soulager son p. « Considérant les pauvres comme les
proleclears des âmes, et sachant qu'à
^Hy avait un grand nombre de familles
û« nvaient que d'aumônes, vous les
2 boules rassemblées dans le palais de
''»lfe saint Pierre. Il me semble les voir
etf en foule dans le tenaplede ce glorieux ^f» par cette porte magnifique et tout •anlc d'or et d azur ; puis se trouvant W*! étroit dans cette vaste basilique et ■»^n parvis, se répandre sur les degrés ^^<iaiplir la place immense qui donne du ^f la campagne* Quel plaisir ce devait "[^« voir toute cette ville de Rome se T^m dans un agréable tumulte et dans ^^ mainte confusion, lorsque répandant les
•ïu'M ? ^^ ^^^^^ miséricorde sur cette ■«i»ittde de pauvres, pjour les rassasier et ^j^^JfV'''i vous donniez de la force aux <eTAi '^ et languissants, et recouvriez J"»ir8 manteau les membres exténués de j^Mje le froid faisait trembler sous, vos
ic ni à'*^'^"^*"^ V^^ ^^"^ soulagiez tant . "Misères corporelles, Dieu, en récom- '^*^ «e vos bonnes œuvres , les faisait
rejaillir sur la meilleure partie de vous-même. Il remplissait votre âme de ses bénédictions célestes aussi bien que celle de Tépouse que vous pleurez. La main de Jésus-Christ faisait retomber sur elle, tout ce que la vôtre prodiguait à son intention ; la nourriture corporelle, dont vous vous fai«. siez le distributeur, se changeait aussitôt en une viande toute céleste dont elle était rassasiée; et dans le moment même où vos mains chargées d'argent, faisaient passer une partie de vos richesses dans les mains de ces malheureux, les anges les portaient dans le sein de Jésus-Christ, qui les recueillait avec joie, pour les garder et vous les rendre un jour au centuple. »
t Ah I s'écrie saint Paulin après Quelques réfiexions, si tous les sénateurs de Rome imitaient la sainte charité de Pammaque, cette ville orgueilleuse pourrait éviter les menaces que l'ange de l'ilpoea/ypae a fulminées contre elle. » Mais il ne se dissimule pas que l'avarice y régnait et qu'on ne s'y occupait, comme ailleurs, qu'à amasser ou à conserver des trésors, dans lesquels les pauvres n'avaient point de part. Il s'élève avec force contre ce dérèglement et remar-^ que à la honte des mauvais riches, que l'E-* vangile a dédaigné de nommer ceux qui leur ressemblaient, parce que leurs noms ne sont pas inscrits dans le livre de vie. Aa contraire l'Evangile nous a conservé les noms de ceux qui ont eu soin du pauvre et de l'indigent, comme celui de Joseph d'Arimathie. C'est ainsi que, pour avoir rempU fidèlement ces devoirs de charité, Abraham est devenu l'ami de Dieu, que Loth a évité rincendie de Sodome, et que Job a glorieusement triomphé du démon.
Saint Paulin souhaite que le Seigneur traite Pammaque aussi favorablement quMl a traité ces saint3 personnages, et termine sa lettre, en l'exhortant à s'avancer vers le lieu où nous courons tous, c'est-à-dire vers le ciel. « Votre épouse, lui dit-il, est un
Îrécieui cage aue vous avez déjà auprès de ésus-Christ; elle vous protège par sa pré« sence, et vous prépare là haut autant de ta^-: veurs et de bénédictions, que vous lui ave^ envoyé d*iei-bas de richesses et de trésors \ non pas en honorant sa mémoire par de& larmes inutiles à son repos, mais en lu| faisant part avec une généreuse profusion^ de ces dons pleins de vie dont elle jouit avec bonheur. Certns la dot qu'elle a reçue de vous, lorsque vous l'avez épousée, est de bien moindre valeur, que les dons que vous lui avez prodigués après sa mort. » Ou voit par cette lettre que saint Paulin ne doutait nullement que les âmes des défunts ne pussent être soulagées par les bonnes œuvres des fidèles; et qu'il était également per-! suadé que les saints, dans le ciel, connaissent distinctement ce qui se passe sur la terre, et que les bonnes œuvres accomplies en leur honneur leur causent un accroissement de joie et de plaisir que les théologiens appellent mceidentel.
A love. — Un homme de qualité, Gaulois
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d'origine, qui savait le grec aussi bien que le latin» et qui possédait ce que contiennent de plus beau lesauteurs profanes, mais qui suivait en philosophie le sentiment des académiciens, c'est-à-dire, qu'il doutait de tout et soulevait de vaines discussions sur la vérité, avait écrit à saint Paulin, pour lui apprendre qu'un vaisseau chargé d'une grosse somme d argent destinée aux pauvres, avait été poussé par la tempête sur une c6te, où, malgré la mort de son gardien, la somme s'était retrouvée tout entière. Ce personnage se nommait Jove. 11 avait une si haute idée de la sagesse et de la bonté de Dieu, que ne pouvant le croire auteur de tant d*événements fAcheux qui arrivent tous les jours dans le monde, il aimait mieux les attribuer à la fortune et au hasard que d'en faire injure à sa providence, en pensant que c'est elle qui les envoie. Pour le détromper de cette erreur, saint Paulin lui écrivit d'abord une lettre, dans laquelle il montrait que Dieu a un pouvoir absolu sur les éléments, et que sa providence dispose de toutes choses en notre faveur. Cette première lettre n'efit pas venue jusqu'à nous ; mais dans une seconde qu'il hii Qt passer par deux voyageurs de la Campame, il traite la même matière : « Ce n'est point par un effet du hasard, dit-il, mais par un bienfait de la Providence, gue cet argent provenant d'un commerce pieux s*est conservé malgré les tempêtes de l'hiver, l'avarice des matelots, et la perte même de celui qui en était le
Sardien. C'est la même main divine qui, en irigeant ce vaisseau. Ta fait échouer sur ces côtes, où je possédais une seigneurie et vous un héritage. »
Pour prouver cette assertion, il dit d'abord, que c'est faire injure à Dieu que d attribuer cette sage conduite qui se lait remarquer en toutes choses, à des divinités imaginaires, que l'on adore sous les noms de hasard ou de fortune, comme si elles partageaient le gouvernement du monde avec celui qui en est le Créateur et l'unique souverain. Puis, il ajoute que ce sentiment erroné est un des dogmes les plus pernicieux, inventés par ces philosophes, qui, enflés de leur science, ont négligé de chercher celle de Dieu, et, comme l'observe l'Ecriture, se sont égarés dans leurs vains raisonnements.
^ « Conçoil«on une fiction plus ridicule, s'écrie saint Paulin, que de s'imaginer que le mouvement du ciel n'est régie que par le hasard ; qu'il n'y a point d'être souverain qui règne sur 'le monde ; ou, s'il y en a un, qu'il en néglige le gouvernement, jusqu'à laisser chaque corps se conduire au hasard et selon le poids de sa nature. Quelle extravagance de croire que le monde n'a point eu de commencement et qu'il n'aura point de fin ? Comme si le bon sens ne nous faisait pas connaître que, les choses corporelles dont le monde est compsé et dont nous formons aussi une partie, sont corruptibles de leur nature. Mais, plus insensés encore ceux qui croient que le monde
s'est fait de lui-même, comme si ouel^ chose pouvait se produire de soi-métoe, devenir tout ensemble et en même têtu créateur et créature, ouvrage et ouTri n'est-ce pas visiblement inapossible?
« Il est donc évident que le monde c porel est gouverné par une puissance i rituelle, et que cette grande machine soutenue et réglée dans tous ses mou ments par le même Esprit divin qui Và\ mée, et qui, constamment présent à un les parties de l'univers, leur donne la règle leurs usages, les soutient dans l état, et fournit tout ce qui est nécessaii leur conservation? En effet, ces œo merveilleuses de la Toute-Puissance raient-elles subsister, dans la divers l'opposition de leur nature, si elles n'é soutenues et gouvernées, par celui-là i qui les a produites? Et s'entretiendra!
elles longtemps dans le même état, si n'observaient exactement les lois qu'il a prescrites en les formant?... Cest une folie, conclut saint Paulin , de e
3 ne toutes ces choses subsistent et se rèt 'elles-mêmes; mais c'est une plus gri folie encore de penser qu*il y en a qui si mauvaises par nature, puisque Dieu qoi a toutes produites étant essentiellement b il est d'une nécessité absolue que ses ( vrages soient pareillement bons. Qiioic sa conduite renferme des choses qui fl passent nos lumières, il nous est p avantageux de croire qu'il en use de sorte, pour des raisons qui nous sonu chées, que de commettre un blasphème pensant qu'il agit sans raison. Or, s'il vrai de dire que Dieu seul a créé le mot et qu'il le gouverne seul, où donc eicfl ment la fortune et le hasard pourront* exercer leur empire? »
Saint Paulin donne ensuite l'étymoloi de ces deux mots, et montre que, dans langue latine, ils expriment une parole doute et d'incertitude, et ne peuvent n contenir de réel et de grand. Il «'W aussi de l'autorité de saint Paul, pour w voir à Jove que c'est par une disposiiioB la divine Providence et pour lutiU^é < notre salut, que notre vie est exposée a là d'événements fâcheux, parce que l'affliclu réveille et exerce la vigueur de la palienç et parce que la patience, en éprouvant boI foi, nous fait mériter une couronne « gloire, que la vertu ne pourrait obtenir sa lutte et sans combat. Pour s'excuser da^M attribué au hasard le bonheur de ce nav» qui avait trouvé son saint en échouants la côte, Jove disait qu'il n'était pas en étaH s'élever jusqu'à Dieu pour le pénétrer, qu'il était impossible que le troubJe « affaires ne lui en 6tAt pas le loisir. < y] êtes libre, lui répond saint Paulin, i^»] qu'il s'agit de lire Cicéron, Démosihèac Platon et beaucoup d'autres auteurs p^ fanes ; mais vous êtes embarrassé d*aff^'^^ lorsqu'il vous faut apprendre la doctrine"! Jésus-Christ; vous trouvez assez de tejnp pour devenir philosophe, et le loisir vow
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pquc pour Aire ohrélieo. Quelle incon- IlOcel »
ifeihorte à cbançHr d*études, à fermer \9mr à cet attrait pernicieux qui Tentoit k la lecture des auteurs païens, gui» tear stjie semblable au chant des sirè* . Dous font oublier notre patrie et ne } cbarioent que pour nous faire périr.
^aot il ne blAme pas Tusage c|ue Jo?e ^'des sciences qu^il avait apprises, dans obesqui regardent la religion; mais wii pas non plus qu'il ait trop d*aar cette vaine sagesse qui est con* la vérité. « Contentez-vous donc, il, d*emprunter de ces étrangers les iu laosaige et la pureté du discours ; OQ s- empare des dépouilles d'un £d prenant leur éloquence, laissez erreurs ; et les belles paroles qu'ils laeflt à expliquer des choses vaines liies, consacrez - les à signifier des saintes et vertueuses ; aQn que vous liez pas votre temps comme eux à em- 4es fonldmes, mais à donner de Téclat solide de la vérité. Ne vous étudiez re des choses agréables, mais des tiUles, oui éclairent l'intelligence , baoffent les âmes et qui contribuent Iq| de vos semblables.
«Il Vieirtce. — Pendant un séjour ^i Paulin fit à Rome, il y reçut une
t^que saint Victrice de Rouen lui adresfiru de ses diacres nommé Paschase.
itteilement charmé de la conversation mlérile, que pour en jouir plus long-
E« il le retint et l'emmena à Noie avec $oa compagnon de vovage, qui n'était 'que caiéchuoiène, 11 prie donc saint ««de leur pardonner ce retard, puis Ml l'éloge de ses vertus» il s'étend Jjwmplaisance sur les merveilles que le iPtv accomplissait par son moyen.
jf^ de Rouen, lui dit-il, gui, avant voQs en fussiez évèque, était à peine '^^ dans les provinces voisines, est lue depuis si célèbre qu'on en parle fme dans les pays les plus éloignés, 5" 'fû la place au rang des lieux privilé- * ^u Dieu fait éclater sa puissance et sa encorde. Et sans aucun doute, c'est avec F« que Ion fait Téloge d'une ville, où P^<|ii» comme nutrelbis en Orient et à ■^'ÊDi, les chefs des apôtres que vous y ^l'portés eu grande vénération, et dont "vni réside en vous comme en un sanc- *^f«- Us oqi choisi pour un des sièges de |*|«|û(>ire, une cité qui naguère encore Zy^ élrangère, et en y allumant se- ^«lûeul dans le cœur des fidèles les fiam. ^'^ysaim amour, ils fqnt éclater aux êffeL d }^^^ '® monde, les merveilleux ti^r *Mk P*î««*nce divine. » 11 relève ^vlv •^"^e le mélodieux concert qui Jjnse de Eouen et des monastères qui
vmW*^*^^* s'élevait tous les jours
if^.|,^^^\*^ecle chant des psaumes sa-
«r lin 'a multitude des vierges qui
•t:r cfP ^^^^^^ angélique préparaient dans
*^f tto sanctuaire digne de Jésus-
Christ ; la ferveur et la chasteté des veuves, qui, jour et nuit ne cessaient de s'appli* quer au service de Dieu, et à l'exercice des œuvres de charité ; la continence secrète des personnes mariées qui, livrées assidûment a la prière et aux œuvres de piété, méri* talent que Jésus les honorât de sa visite. Il décrit ensuite la façon miraculeuse dont saint Victrice se convertit à la foi. « Poussé, dit-il, par un mouvement extraordinaire de l'amour de Dieu, il parut au milieu du camp revêtu de ses armes, et alla se présenter au tribun idolâtre, pour lui dire qu'il renonçait au serment militaire et quittait avec plaisir ces instruments meurtriers, destinés a verser le sang, pour se revêtir intérieur rement de la paix et de la justice chrétienne. Le tribun, en colère, le condamna au fouet et lui fit rompre le dos à coups de bâton. Mais ce supplice n'abattit point Victrice, qui avait demandé sa force à la croix du Sauveur, Les bourreaux, redoublant de rage, rétendirent tout nu sur des pierres aiguës et des fragments de verre brise, afin que son corps, déchiré de toutes parts, ne présentât plus qu'une blessure. Ce tourment cruel ne servit au'è donner plus d'éclat à sa cons« tance. Soutenu par les consolations que le Seigneur répandait dans son âme, il mar« cha courageusement vers la tente du général et soutint sa présence avec une fermeté qui le fit triompher de l'ennemi. On résolut do le faire mourir afin d'enlever à son triom* phe réclat de nouvelles victoires. Comme on le conduisait au supplice, le bourreau qui devait lui trancher la tête ayant eu l'insolence» au milieu de mille dérisions, de por* ter la main sur Tendroit du cou qu'il devait frapper de son sabre, se vit lui-même frappé d'aveuglement, jusqu'au point que les deux yeux lui tombèrent en même temps de la tête. Ce miracle fut suivi d'un autre. Le geOlier l'avait lié si étroitement, au moment où il sortit de la prison, que les chaînes s*étant enfoncées dans la chair, le saint pria les soldats qui le çaixlaient de le dess^rer tant soit peu; mais ceux-ci n'en voulurent rien faire. Alors, implorant l'assistance de Jésus-Christ, il vit aussitôt les chaînes tomber de ses mains, et les soldats n'eurent pas la hardiesse de garrotter de nouveau celui que Dieu venait ae rendre libre. Frappé du récit de ces merveilles, le général remit Victrice en liberté. »
Saint Paulin se félicite de l'avoir vu à Vienne, chez le bienheureux Père saint Martin, et le prie avec de vives instances de daigner se souvenir de lui lorsque les anges l'emporteront au ciel, le déposeront à sa place, entre l'armée des martyrs et le glorieux sénat des saints pontifes. 11 le congratule eu même temps du grand nombre d'enfants pieux dont il est le père, puisqu'il les a lui-même formés è Jésus-Christ. « Il parait bien, ajoute-t-il, que le Seigneur vous a prédestiné pour être un des premiers de son rovaume^ puisqu'il vous a donné la grâce d égaler vas œuvres à vos paroles, afin que la doctrine fût l'aliment de votpe vie»
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et votre doctrine un aliment pour les autres. »
A saint Amand. — Dans la lettre qu*il adressa au saint prêtre Amand, on lit ce qui suit au sujet de saint Jean i'évangéliste : « Il est le dernier des écrivains sacrés, selon le temps; mais il esl le premier par la sublimite des mystèreTs qui lui ont été révélés, puisqu'il est le seul des quatre Qcuves qui ait pris son origine dans le sein môme de la Divinité. Les autres évangéiistes n'ont commencé leur récit sacré que par la naissance humaine et temporelle du Sauveur, ou par le sacrifice fleuré de la loi, ou par la prophétie et les éloges que lui a donnés le saint précurseur; mais saint Jean, prenant son vol plus haut , pénètre jusqu'au sein de Ja Divinité et commence .^on Evangile par la naissance éternelle et ineffable du Fils de Dieu, annonçant qu'il est consubstantiel à son Père, éternel avec lui ; tout-puissant et auteur de toutes choses comme lui ; et que le Saint-Esprit est également Dieu, parce
Ïiie c'est en lui que s'accomplit la divine . rinité, et c'est par ses lumières que l'on voit la Divinité subsistante en trois person^p ^es. Oui, s'écrie-t-il, l'Esprit de Dieu et le Verbe de Dieu sont véritablement Dieu, et un seul Dieu avec le Pèroi qui est le principe de leur origine, avec cette différence, que le Fils émane de lui par la naissance, i't le Saint-Esprit par la procession. Gomme ils ont tous deux leur caractère personnel, ils sont distincts l'un de l'autre, mais ils ne sont pas divisés, La langue impie d'Arius est coupée et celle du blasphémateur Sabelliil3 est rendue muette par la doctrine d'un pécheur devenu apôtre, lequel nous apr prend que le Père et le Fils, quoique formant deux personnes distinctes, ne sont qu'un même Dieu, v
On trouve également dans cette lettre la poc^diiiim^tion des extravagances de Pholin, qui ne reconnaît poiqt d autre naissance en fésus-Christ que celle qu'il a reçue de sa mère ; et de Marcion, qui prétend que le ))ieu de la loi n*est pas le même que celui ({e l'Evaqgile. Les manichéens qui, sous le pom de deux principes, établissent deux dieux, l'un bon et l'autre mauvais, « y sont fpudroyés, dit-il, par la voix tonnante de cet Evangile du ciel, qui nous apprend que toutes choses ont été faites par le Verbe et que rien n*a été fait sans lui. Les gnostir ques sont obligés de reconnaître une vraie chair et un vrai corps en Jésus-Christ, puisque le même saint Jean nous assure que le Verbe, qui était en Dieu et qui était DieUi a été fait chair ; non qu'il ait changé de nature en prenant la nôtre, mais parce que, en demeurant ce qu'il était, il a voulu , dans Tintérêt de qotre salut, commencer d'être ce qu'il n'était pas. »
A Sévère, — Dans une lettre k Sévère, saint Paulin lui fait une peinture de la manière dont il vivait avec les religieux de son monastère et donne en même temps d'excellentes règles sur la modestie que les ecclésiastiques et plus encore les religieux doi-
vent observer dans leurs meubles etdai leurs vêtements. « Nous verrons, lui dit en parlant d'un homme vêtu en moine qil saint Césaire lui avait adressé, nous verro avec plus de plaisir ceux qu-i comme no se destinent au service de Dieu, porter t visage pâle, et bien loin de mettre M gloire dans la richesse et la couleur de ku vêtements, se complaire plutôt dans la r desse et la pauvreté de leur cilice. Au il de se produire en public vôtus comme d officiers d'armée, on aime à les recoonatti ;sous des manteaux en forme de sac; i reins ceints de grosses cordes tordues comfl des harts, affectant, par esprit de .'cbastet de paraître difformes, la tète rasée, le fro sans cheveux et la barbe inculte. 11 s'en b\ que ces hommes dont la pureté fait la p rure, s'occupent de vains et frivoles ajesu ments. Comme ils emploient tous leurssoii à embellir leur ftme« non-seulement ils n gligent tout ce qui peut contribuer h beauté du corps, mais ils s'étudient mèn à paraître laids, afin de cacher pruderomei les ornements spirituels qui les décored sous la difformité de leur visage. » Comd ce genre de<vie répngnait aux mondaîns,$ai Paulin témoigne ne pas s'en inquiète a Qu'ils examinent nos actions tant qa leur plaira, ils seront forcés de reconnaît! que nous ne sommes pas ivres comme en dès le matin, puisque notre règle esi é prolonger le jeûne jusqu'au soir, »
Dans la lettre suivante, saint Paulin di en parlant du prince des anges, transfortu en démon lorsqu'il fut chassé du ciel cause de son péché, « que nous ne somme pas comme lui condamnés à une mort été neile, parce qu'ayant été l'auteur du péch il doit être puni non-seulement pour ced qu'il a commis, mais encore pour ceux qui fait commettre aux hommes. En effet, quo que nous ayons beaucoup offensé Dieu, cj n'est pas pour toujours qu'il nous a chassa du paradis et condamnés à retourner surlj terre; mais c'est qu'il a jugé équitablemen que c'était un crime plus énorme de pécliei par une volonté délibérée et de son proprl mouvement, que par l'instigation d'un âà tre; parce que celui qui trompe est plui coupable que celui qui est trompé, et rin venteur du péché plus criminel que celui qo le commet. C'est pourquoi celui-ci a été çoni damné à une peine temporelle afin qa'i/51 corrigeât, tandis que l'autre est damné ^ter nellemeut parce que son péché durera l<>0| jours. » Ainsi, selon saint Paulin, le pecm peut donc être racheté, et, «^ en effet, ajoote" t-il, le Sauveur nous en a délivrés par laflJ?''! qu'il a subie pour nous. Mais nous ne lais sons pas de <ui être redevables du w^il qu'il a répandu pour acquitter nos délies, quoiqu'en échange il ne nous demande que notre amour. Ha placé ce devoir au pr^' mier rang de ses commandements^ p^"' nous apprendre, qu'encore que n^"^ soyons très-pauvres nous pouvons louteiois nous acquitter envers lui d'une dette qW| ^>araissait insolvable. Il n'esl personne q«^
PAU
DE PATROLDGIE.
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liss» allier la difficulté du pajement,
irrefoe il n'est personne qai puisse dire
iù a a point d^âme. Ou ne nous demande
uerifiecs, ni riches présents» ni travaux
:b:fr!es, oons sommes assez riches de no-
t fonds, puisque noos arons notre amour;
.cs^osletoot i Dieu, et nous serons quit-