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t^Qfe* L'image de Dieu est imprimée dans
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^>Tee trois cents soldats. Cette explica-
'^ toi est commune avec beaucoup d*aa-
^os Qoe antre lettre à saint Sévère, il '^demiBde comment il avait pu s'adresser ^/^poor apprendre quelques particularités \^MiiisU)ire générale du monde , « comme |>^^dil-ily je la possédais mieux que vous. '- ^ol se sentir pressé par une étrange faim, ^^f aller frapper à la porte d'un pauvre,
lui demander o manger et chercher du blé dans des greniers que l'on sait être vides ; car je vous avoue, en toute vérité, que je ne me suis jamais appliqué à la science de l'histoire. > Cependant, il lui promet d'emprunter du prêtre Rufin les documents qu'il désirait. » Comme je le crois, dit-il, un homjgB savant et plein de probité, je me suis- mis en rapport avec lui, et j'ai tout lieu de penser que s'il peut éclaircir les difficultés qui vous arrêtent sur la succession et la durée des empires, il le fera à ma prière. Il possède à fond la connaissance des belles-lettres, il excelle dans l'application des saintes Ecritures, et le grec et Icf latin lui sont également familiers; il me semble donc comme impossible que vous ne puissiez trouver chez lui, mieux que. partout ailleurs, les renseignements que vous désirez posséder. »
Il marque ensuite à saint Sulpice qu'il lui fait passer deux de ses ouvrages : le premieri sur la naissance de saint Félix, que uous possédons encore parmi ses poèmes; et le second, en l'honneur de Théodore. U fait honneur de celui-ci à son ami Endeléchius, qu'il appelle un saint homme et un
f>arfait chrétien, et dont il avait placé la ettre , comme une préface à la tête de Tonvrage. il avoue que c'était avec plaisir qu'il s^était charsé du panégyrique d'un prince comme Theodose, qui s'estimait moins heureux d'être maître de l'empire que serviteur de Jésus-Christ, qui aimait mieux servir avec humilité que commander avec arrogance, et qui se trouvait plus honoré d'être chrétien ôue d'être empereur. Nous ne possédons plus ce panégyrique, mais saini Jérôme qui l'avait lu, en parlait ainsi à saint Paulin lui-même, c J ai lu avec beaucoup de plaisir le livre que vous avez compose à la louange de Théodose. La divp sion m'en a charmé t et je trouve qu'après avoir surpassé tous ies panégyristes^ vod prédécesseurs , vous vous êtes surpassé vous' même à la fin. Le langage en est clair el précis^ et vous savez joindre la richesse des pensées à la pureté de style de Cicéron. Qutf Théodose est heureux d'avoir rencontré un tel défenseur ; vous avez relevé sa dignité en immortalisant ses lois. »
Dans une autre circonstance, saint Pauliif remercie Sulpice-Sévèred'un manteau tissu en poils de chameau, que celui-ci lui avait envoyé. Il fait plusieurs réflexions édifiantes sur ce vêlement, propre àcouvrir un pauvre pécheur, qui a besoin d'être vêtu avec austérité, et capable surtout de raffermir notre foi, par le souvenir des saints de Pancieune loi, qui se sont vêtus de la même manière, e Quoique je ne puisse reconnaître dignement, ni par des paroles ni par des faits ^ le cadeau que vous m'avez envoyé, parce que je n'ai rien à vous offrir qui en égale lai valeur, si ce n'est le sentiment d'amour et de charité qui nous rend tous égaux, cependant , j*ose vous adresser une tunique dcr laine qui m'a servi , en vous priant de la recevoir comme une pièce d*éloffe précieuse
PAU
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et votre doctrine un aliment pour les autres. »
A saint Amand. — Dans la lettre qu*il adressa au saint prêtre Amand, on lit ne qui suit au sujet de saint Jean l'évangéiiste : n II est le dernier des écrivains sacrés, selon le temps; mais il eal le premier par la sublimité des mystères qui lui ont été révélés, puisqu*it est le seul des quatre fleuves qui ait pris son origine dans le sein même de la Divinité. Les autres évangélistes n*ont commencé leur récit sacré que par la naissance humaine et temporelle du Sauveur, ou par le sacrifice figuré de la loi, ou par la prophétie et les éloges que lui a donnés le saint précurseur; mais saint Jean, prenant 5un vol plus haut , pénètre jusqu'au sein de Ja Divinité et commence .^on Evangile par la naissance éternelle et ineffable du Fils de Dieu, annonçant qu'il est consubstantiel à son Père, éternel avec lui ; tout-puissant et auteur de toutes choses comme lui ; et que le Samt-Ësprit est également Dieu, parce que c'est en lui que s'accomplit la divine Trinité, et c'est par ses lumières que Ton voit la Divinité subsistante en trois person^p pes. Oui, s'écrie-t-il, l'Esprit de Dieu et le Verbe de Dieu sont véritablement Dieu, et un seul Dieu avec le Père, qui est le principe de leur origine, avec cette différence, que le Fils émane de lui par la naissance, i*t le Saint-Esprit par la procession. Gomme ils ont tous deux leur caractère personnel, ils sont distincts l'un de l'autre, mais ils ne sont pas divisés, La langue impie d'Arius est coupée e( celle du blasphémateur Sabelliqs est rendue muette par la doctrine d'uq pécheur devenu apôtre, lequel nous apr prend que le Père et le Fils, quoique formant deux personnes distinctes, ue sont qu*un même Dieu, v
On trouve également dans cette lettre la po^aumn^tion des extravagances de Photin, qui ne reconnaît poiqt d'autre naissance en jTésus-Christ que celle qu'il a reçue de sa mère ; et de Marcioni qui prétend que le pieu de la loi n*est pas le même que celui de l'Ëvaqgile. Les manichéens qui, sous le fiom de deux principes, établissent deux dieux, l'un bon et l'autre mauvais, « y sont fpudroyés, dit-il, par la voix tonnante de cet Evangile du ciel, qui nous apprend que toutes choses ont été faites par le Verbe et que rien n'a été fait sans lui. Les gnostiques sont obligés de reconnaître une vraie chair et un vrai corps en Jésus-Christ, puisque le même saint Jean nous assure que le Verbe, qui était en Dieu et qui était Dieu, a été fait chair ; non qu'il ait changé de nature en prenant la nôtre, mais parce que, en demeurant ce qu'il était, il a voulu, dans Tintérôt de notre salut, commencer d'être ce qu'il n'était pas. »
A Sévèrc^Dàtks une lettre k Sévère, saint Paulin lui fait une peinture de la manière dont il vivait avec les religieux de son moliastère et donne en même temps d'excellentes règles sur la modestie que les ecclésiastiques et plus encore les religieux doi-
vent observer dans leurs meubles et leurs vêtements. « Nous verrons, lui ( en parlant d'un homme vêtu en moine saint Césaire lui avait adressé, nous ref avec plus de plaisir ceux qui eotume se destinent au service de Dieu, porl« visage pâle, et bien loin de mettre gloire dans la richesse et la couleur de vêtements, se complaire plutôt dans la desse et la pauvreté de leur ciliée. Au de se produire en public vêtus comme officiers d'armée, on aime à les recoon ;sons des manteaux en forme de sac reins ceints de grosses cordes tordues oo des barts, affectant, par esprit de [cim de paraître difformes, la tète rasée, le i sans cheveux et la barbe inculte. Il s'eo que ces hommes dont la pureté fait t rure» s'occupent de vains et frivoles ql roents. Comme ils emploient tous leoru à embellir leur âme, non-seulemenl il gligent tout ce qui peut contribuer beauté du corps, mais ils s'étudient d à paraître laids, afin de cacher prudemi les ornements spirituels qui les d sous la difformité de leur visage. »G ce genre de^vie répugnait aux mondains, Paulin témoigne ne pas s'en inqmi <K Qu'ils examinent nos actions tant leur plaira, ils seront forcés de recon que nous ne sommes pas ivres comine dès le matin^ puisque notre rè^^leej prolonger le jeûne jusqu'au soir, »
Dans la lettre suivante, saint PauHo en parlant du prince des anges, transfo en démon lorsqu'il fut chassé du ^ cause de son péché, « que nous ne so pas comme lui condamnés à une mort nelle, parce qu'ayant été l'auteur du f il doit être puni non-seulement pour ( qu'il a commis, mais encore pourceui «; fait commettre aux hommes. £n effet* ^ que nous ayons beaucoup offensé Dieu n'est pas pour toujours qu'il nous a cha du paradis et condamnés è retourner su terre ; mais c'est qu'il a jugé équitableu que c'était un crime plus énorme de ^i par une volonté délibérée eldesonprc mouvement, que par l'instigation d^on tre; parce que celui qui trompe est t coupable que celui qui est trompé, el j venteur du péché plus criminel ({ue ceioi le commet.. C'est pourquoi celui-ci a été< damné à une peine temporelle afin qui corrigeât, tandis que l'autre est damnée nellement papce que son péché durera j jours. » Ainsi, selo.n saiQt Paulin, le m peut donc être racheté, et, <* en elTel, m t-il, le Sauveur nous en a délivrés par ia^l qu'il a subie pour nous. Mais nous ne \t sons pas de lui être redevables du ^ qu'il a répandu pour acquitter nos deU quoiqu'en échange il ne nous denoana^] notre amour. 11 a placé ce devoir au F mier rang de ses commandements, n nous apprendre, qu'encore q"^ ^,] soyons très-pauvres nous pouvons louieij nous acquitter envers lui d'une amn paraissait iqsolvat)le. 11 n'est personop «1'
PAU
DE PÂÏROLOGIE.
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BS6 aliéner la difficulté du payement, leqae iJ n'est personne qui puisse dire Ida point d'Ame. On ne nous deuiabde Icrifices, ni riches présents, ni travaux
Kes, nous sommes assez riches de noids puisque nous avons notre amour; ■005 le tout à Dieu, et nous serons quitta Saint Paulin parle d'un mélange de t«t de vin consacré que l'on iaisait aux petits enfants neuveaux-nés, les renlre participants du corps et du ^ Jésus-Cbrlsl, aussitôt après leur e, quand il y avait nécessité de leur streree sacrement.
hUre suivante n*est qu'une continuala celleMn , et fut envoyée sous une fuveloppe, en Ml. Saint Paulin y à Sulpice-Sévère les louanges que lui avait adressées, au sujet de sa ton.. 11 montre que la perfection ene consiste pas seulement dans odes biens, et dans l'abnégation' de e, mais qu'il faut encore suivre rist. « J'avoue, dit^il, que nous quitté sans peine, mon épouse et bteos que nous avions fini par concomme un manteau trop pesant, nous n'en avions rien apporté à oaissaoce, et que nous ne devions en emporter en mourant, nous les rendus à Dieu comme une fortune sa Prtividence nous avait prêtée, et MBS en sommes dépouilles avec la lacililé que Ton met à quitter ses 'ts. Maintenant, il s'agit de rendre les biens qui sont véritablement ; je veux dire , notre cœur et notre Nous devons donc mettre toute notre tioD i faire de notre corps une hostie pour l'immoler au Seiçneur^ qui^ exemples, nous aprescnt les règles les devoirs d'une parfaite saintetés 10 des biens de ce monde n'est pas jnfeetion, ce n'est que le chemin qui y ^uil.» Il remarque que tous les hommes len eux le caractère de l'image de f^ais que tous n'en ont pas la ressem- ^ L'image de Dieu est imprimée dans lure, de sorte que l'Ame de l'homme ii^eimagevivante de l'être qui la créée; elle ne lui est semblable que par l'imi-^ tt de sa sainteléé L'image de Dieu est ^es pécheurs comme dans les justes ; sa ressemblance n'est que dans les U.1} regarde la lettre T qui ^ dans l'A- 'étique grecque, compose le nombre comme fe symbole de la croix, et dit ce fat par la puissance de ce symbole AiTiham attaqua et vainquit ses enne- 'yw trois cents soldats. Cette explica- ^ m est commune avec beaucoup d'an-
•>fl$ uoe autre lettre à saint Sévère, il .rjH^œtnde comment il avait pu s'adresser J"P?^r apprendre quelques particularités wi histoire générale du monde , « comme jlJ/y*^-Hfj«ï« possédais mieux que vous.
.,^"^ J^seniir pressé par une étrange faim, **" ^»«T frapper à la porte d'un pauvre ,
lui demander a manger et chercher du blé dans des greniers que l'on sait être vides ; car je vous avoue, en toute vérité, que je ne me suis jamais appliqué à la science do l'histoire. >» Cependant, il lui promet d'emprunter du prêtre Rufin les documents qu'il désirait. » Comme je le crois, dit-il, un homjg{B savant et plein de probité, je me suis- mis en rapport avec lui, et j'ai tout lieu de penser que s'il peut éclaircir les difGcultés qui vous arrêtent sur la succession et la durée des empires, il le fera à ma prière. 11 possède a fond la connaissance des belles-leltres, il excelle dans l'application des saintes Ecritures, et le grec et Icf latin lui sont également familiers; il me semble donc comme impossible que vous ne puissiez trouver chez lui, mieux que. partout ailleurs, les renseignements que vous désirez posséder. »
Il marque ensuite à saint Sulpice qu'il lui fait passer deux de ses ouvrages : 1er premier! sur la naissance de saint Félix, que uous possédons encore parmi ses poèmes; et le second, en l'honneur de Théodore. Il fait honneur de celui-ci à son ami Endeléchius, qu'il appelle un saint homme et un parfait chrétien, et dont il avait placé la lettre , comme une préface à la tête de louvrage. Il avoue que c'était avec plaisir qu'il s'était chargé du panégyrique d*un prince comme Théodose , qui s'estimait moins heureux d'être maître de remi)ire que serviteur de Jésus-Christ, qui aimait mieux servir avec humilité que commander aved arrogance f et qui se trouvait plus honoré d'être chrétien aue d'être empereur. Nous ne possédons plus ce panégyrique, mais saint Jérôme qui l'avait lu, en parlait ainsi à saint Paulin lui-mêmew « J*ai lu avec beaucoup de plaisir le livre que vous avez compose à la louange de Théodose. Ladivi'* sion m'en a charmé, et je trouve qu'après avoir surpassé tous les panégyristes^ vod prédécesseurs, vous vous êtes surpassé vous-' même à la fin. Le lan^ase en est clair et précis^ et vous savez joindre la richesse des pensées à la pureté de stvle de Cicéron. Quâ Théodose est heureux d avoir rencontré un tel défenseur ; vous avez relevé sa dignité en immortalisant ses lois. »
Dans une autre circonstance, saint Paulirl remercie Sulpice-Sévère d'un manteau tissu en poils de cnamrau^ que celui-ci lui avait envoyé. Il fait plusieurs réflexions édifiantes sur ce vêlement, propre à couvrir un pauvre pécheur, qui a besoin d'être vêtu avec au$té-> rite, et capable surtout de raffermir notre foi, par le souvenir des saints de l'ancienne loi, qui se sont vêtus de la même manière. « Quoique je ne puisse reconnaître dignement, ni par des paroles ni par des faits ^ le cadeau que vous m'avez envoyé, parce que je n'ai rien à vous offrir qui en égale Ist valeur, si ce n'est le sentiment d'auiour et de charité qui nous rend tous égaux, cependant , j'ose vous adresser une tunique def laine qui m'a servi , en vous priant de \tk recevoir coa>me une pièce d*éloffe précieuse
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pour leur apprendre, comme vous Tavez appris vous-même, que, bien qUe distincles Tune de Tautre, et, encore que les trois personnes divines aient chacune leur caractère particulier, elles ont entre elles une union inséparable dans Tégalité de grandeur, de gloire et de puissance. »
« Vous croyez aussi et vous enseignez que Jésus-Christ est tellement Fils de Dieu, que vous ne rougisse^ pas de confesser qu'il est également ^ils de l'homme, et véritablement homme par l'union de notre nature à laquelle il à joint sa divinité; qu'il est le Fils de Dieu avant tous les siècles, parce qu'il est Dieu, et le Verbe qui était dès le commencement en Dieu ; vrai Dieu, aussi puissant que le Père, et agissant indivisiblement avec lui ; car toutes choses ont été faites par lui, et rien n*a été fait sans lui. Vous confessez qu'il a pris notre humanité et qu'il est devenu un homme parfait, en sô formant un corps comme les nôtres, et en prenant une âme raisonnable, et douée d'intelligence, selon l'état naturel que Dieu lui a communiqué en sa création ; autrement nous tomberions dans l'erreur d'Apollinaire, si nous disiohs que cette tiature humaine, unie à la personne du Verbe divin, n'a pris qu'une âme bornée et aans intelligence, pareille à celle des bétes. 11 était nécessaire que le Fils de Dieu, qui est la Vérité même et le créateur de l'homme, en s'unissant à notre humanité, prit tout ce qui était de l'homme et tout ce qui compose la nature humaine pour nous sauver pleinement; car le salut serait nui^ s*iln^était plein ci entier. »
A Apre. — Apre, à qui celte lettre est adressée, était marié et s'était retiré à la campagne, avec Amande sa fëmme^ pour y ^rvir Dieu plus parfaitement. Ce change-^ tnent de vie lui attira tant de railleries de la part du monde qu'il se Vit haï de ceux mêmes qui l'avaient aimé. Saint Paulin rex-> horte à souffrir avec constance les reproches de ses anciens amis« «i Ce n'est pas yous, lui dit-il, que le monde poursuitde sa haine» c'est Jésus-Christ qui établit sa demeure en vous ; c'est l'humilité qui se forme en votre âme qu'il méprise; c'est la chasteté qu'il vous a inspiréei que les mondains ont en horreur. Considérez que ce mépris qui vous vient du monde est un bonheur que vous partagez avec les prophètes et les apôtres. C'est ainsi que, depuis l'origine des temps» Jésus-Christ continue de souffrir dans tous ceux qui sont à lui. Il a été tué dans ta per- .sonne d'Abel ; on s'est moqué de lui dans celle deNoé; ilcst devenu pèlerin avec Abraham, victime avec Isaac, serviteur avec Jacob, captif avec Joseph, exposé et fugitif avec Moïse', lapidé et scié avec les prophètes, persécuté sur terre et sur mer avec les apôtres, torturé et mis â mort, autant de fois que le génie des persécuteurs a inventé de tourments et de supplices pour les appliquer aux martyrs. Aujourd'hui encore, c'est lui qui souffre dans nos faiblesses, dans nos maladies, dans nos persécu-
tions, afin de les dis&ipel* ou de nous ner, pour les souffrir, une force invinci
11 lui représente que, comme for^ d'Adam nous a fait tomber, il est nétem que nous soyons humiliés avec Jésus-CI afin d'effacer cet ancien péché par la vi qui lui est contraire. Nous avons offc Dieu j)ar une orgueilleuse élévation, o ne pouvons nous reconcilier avec lui i par un humble abaissement. « La sagt des chrétiens, ajoute-t-ii^ consiste daa folie de la prédication de l'Evangile, i force dans la faiblesse de la chair, cl 1 gloire dans le scandale do la croix...
jugement de Dieu s'approche^ dit-il eûa chaque heure nous fait avancer vers ce( hier jour; le Seigneur emploie tous soins à nous faire prévenir les formidal effets de sa colère, et à nous éloigner s tout de la pernicieuse société de ceui r£vangile appelle une race de vipères. C dans ce but que, tous les jours et dansi tes les parties du monde» il accomplit ( de miracles qu'il n'eii faisait auparan afin de faire connaître par ces prodiges <\ veut sauver tous les hommes... « Si t trouvez tant de plaisirs à demeurer <ïm retraite et dans le silence de la Ginifiai dit-il en s'adressant à Apre^ ce n'c^t p bablement pas parce que vous préférez!
sivcté au travail» ni parce que vous rou vous rendre inutile au service de r£;:lii mais c'est plutôt pour éviter les àssemhli ecclésiastiques » nu régnent aujourdi presqu'aulant de trouble et deconfasi que dans celles où se traitent les affaire; siècle. Vous vous préparez à servir l'E^^ au jour de ses plus importants hesoh vous vous appliquez sagement è Téladci saintes lettres, dans la solitude si favori à cette çrave occupation, et vous j ford Jésus-^Cnrist en vous. De cette sorte, oos certain, lorsque vous recevrez le sacertli que vous n'êtes pas entré dans le saDctus par une ambition humaine, mais par la vr vocation de Dieu. »
A Sanctes et à Amand. — Cet Amand différent de celui qui fut prêtre et eusu évèque de Bordeaux. La lettre que ^mj Paulin lui écrivit en son nom et au non) Thérasie, sa femme, a pour but de le déë ger, ainsi que son ami Sanctes, des lie qui les tenaient encore attachés au mond Les exhortations du saint homme prodt sirent leur effet, et les deux amis, poorj en témoigner leur reconnaissance, lui (cr virent une longue lettre, dans laquelle i faisaient l'éloge de sa vertu. Paulin, dai' une réponse pleine d'humilité, les su}>pi de ne pas lui donner des louantes qu il' méritait pas. « Nos iniquités, leur diH sont beaucoup plus nombreuses ^^.^l bonnes œuvres. Nous avons entassé pécn| sur péché ; nous avons incliné nos ycu vers la terre, au lieu de les élever au ci pour itnplorer le secours de Dieu« qui^^ peut guérir nos langueurs. Il est vsi 4^ de même que nous avons été maiheureuH' ment engagés dans les liens du fèché P
PAU
DE PATROLOOnU
PAU
m, d^ même nous en sommes heureiiont (iiMivrés par Jésus-Christ, h la con- |nn Ujuiefoi$ quo nous aurons autant de ei de ferveur pour accomplir les honcrtirres qui peuvent contribuer à notre t, (jue nous avons eu de chaleur et de ion pour commettre celles qui nous aient la mort. Nos cheveui sont ije^e^ Mancs, non par aucune maladie, mais Teffei de la vieillesse; et cependant, sommes si peu avancés dans U vie spi- Ile, que, n'ayant pas la force encore de hersurcetle voie rudeeldiflicile, nous ne squerampercommedepetitseofauts.»
d'one ensuite Texplication de quelques 5 da psaume ci% dans lesquels il est '>n du pélican, du hihou et du passe- Hdit(iu*il6 représentent Tétat d'un ce pénitent, qui^ désirant se relever ie;:rande chute, ne se soutient que par rlu de Tesiiérance ; d'un homme qui, janiprive de la grâce et de tous les spirituels, s*efforce de satisfaire à la de Dieu et de mériter ses miséricorries gémissements de son cœur, la ifiiation de son corps et la ferveur de ières. 11 trouva moyen d'interpréter ibieQient les paroles avaptageuses que H et Arnaud avaient dites (la Iui« et i) même qu'ils efi recevront la récom- ;«car, leur dit-il, la croyance que lîpz, que, de corrompus que nous par le commerce du siècle, nous es devenus vertueux par la fuite et .'nement du monde, vous porte à louer (édePieu, qui^ seul, peut iustitiiir les ^, ressusciter l^s morts, éclairer lies les, et blanchir un n^^re. Priez-le qu'après nous avoir donné du mépris m biens t/?roporels, il nous ipspira le mépris de nousrmèmcs. »
^iorenU évé^ue de Caftors, — Dans sa R^ à upe lettrie de JFiorent^ qi)ii selon l'u) anciens manuscrits, était alors évi&- 4^ Cahors, saint Paulin fait Téloge de mérite et de sa vertu. II l'assure que lettre lui avait {ait goûter la saveur ' 3|K)stolique, et respirer les doux parade là grâc0 divine dopt il avait re^u \$ 'ud0> 11 appelle Jésus-Christ la pierre •iicnlale el \e chef de TEglisiB, qui est fps mystique, et dit, « que cette pierre été rompue et ce corps brisé avaient (lu du sang et de l'eau, pour faire coutr flous Peau <)e l/i gfâce par le sacrei'''Di du baptême, et pour nous commuuim le sang du Calvaire par Ijb sacrement de Lj'^^tarisiie, afin que i*uq et l'autre fussent (>ur nous la source de potre paix et de potre
^ Didier. — Pes au/itre lettres que saint lulm avait écrites a Didier, il ne nous en ^t<?q<i*une,daiis laquelle il dit» en parlant lûguier que le Sauveur avait desséchjé *^^iï imprécation : «Ce figuier est la :4Qte des Chrétiens qui doivent porter des ^>^ et produire de bonnes œuvres è tout A en tout temps et dans toutes les saisops '^ >A Yio; de peur que Jésus-Christ, venant
DicTio?.: DE Pathologie. IV, ^
chercher en eut, par une mort imprévue, ces fruits de bénédiction, et les en trouvant dépourvus, ne prononce contre eux la mêniu sentence qu'il rendra contre les réprouvés au jour du jugement, o
A Apre, etc. — Dans une seconde lettre ^ Apre et à Amenda, sa femme, qui ne se considérait plus que comme sa sœur, depuis que celui-ci avait été promu aux ordres sacrés, saint Paulin lait l'éloge de la vie sainte qu'ils menaient ensemble. Le tableau qu'il nous trace de la conduite d'Amanda nous montre que ces femmes, qui continuaient de vivre auprès de leurs maris même après TordinaT lion, bien loin de leur inspirer de la mollesse et de les porter vers les plaisirs ou 1^ fortune, ne cherchaient au contraire qn'i^ leur inspirer le goût du détachement et de la mortification. Elles se chargeaient seules de toutes les affaires de la famille, pour ^^up laisser la liberté de s'occuper entièrement (\i}s louanges de Dieu et du salut des âmei^, Saint Paulin souhaite donc h ses deux correspondants que leurs enfants deviennent les imitateurs de leurs vertus, et, epcore
au'il ne doute pas du soin qu'ils prenaient e les élever pour le Seigneur, cependant i| ne laisse pas de leur donner quelques conv seils sur leur éducation. « Qu'ils soient éier vés, leur dit-il, compie les enfants des pror phètes, qui, pour éviter te tumnite .ejt I4 confusion des villes, et pour jouir de i.^ douceur et de la paix du silence, se retirer rent dans la solitude, et se bâtirent de pcv tites loges sur la bord du Jourd^ip. Qp il3 soient consacrés à Dieu, comme les eûfants d'Aaron, non pas, comme ceux qui, (ly/ginj apporté dans la tabernacle et sur l'autel di^ Seigneur un feu étranger, méritèrent d^tri^ consumés par le feu du ciel, mais comme Eléazar et comme Jthamar, qui méritèrent d*/&tre les perpétuels succjBsscnrs de lia di? gnité pontificale de leur père, parce qu'ils avaient été les dignes héritiers de sa piété, Il me sjbmbliB que celui qui ose s'approcher des autels du Seigneur avec un cœur emr brasé du feu des passions, commet le même sacrilège, parce gu*ii allume un feu étrauf ger devant le Dieu qui ne peut eu soutfrip d'autre que celui dont il a dit : Je suis ventf apporter lfifeusurl,a lerrff, fi que désiré-Je^ sinon qu'il brûle, » {Luc. :tii, 49.)
A saint Augustin- — Le grand évêqtio d'IIippone, en envoyant un de ses ouvrages h s.aini Paulin IW un diacre de son Ëgliso, nommé Quintus, l'avait prié de lui dire son opinion sur les occupations des bienheu* reux dans le ciel après la résurrection de3 corps. Saint Paulin, dans la r^iponse qu'il lui adresse, le remercie d'abord de son euj voi, qu'il avait reçu à JBome, où il étaif aller passer les fêles de Pâques de l'an WÔ| ijour y honorer, s^lon sa coutume, Ips tpm-? beaux dis apiitres et des martyrs; il laij ensuite r.élo^e de la bienheureuse mère Mér lanie, dont il savait que le saint d^cl^ut' avait admiré la constance et la rare piété; puis, après quelques lignes à la louange do Publicola^ il aborde }^ (juj^stfQn f|ui lui avftit
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DICT10i!0îAlR£
été proposée, et la résume ainsi : « Je crois que les bienheureux loueront Dieu» non-seulement en esprity mais aussi par le concert et rbarnionie de leur voix* quoique leurs corps terrestres et périssables aient été élevés à 1 état glorieux de Timmortalité, dans laquel le le corps du Fils de Dieu est entré le premier en sortant du tombeau. II a daigné exposer aux yeux de ses disciples le même corps dans lequel il avait souffert, comme une image du bonheur réservé aux nôtres après la résurrection; et en leur prc^sence il a rempli à Taide des organes de ce corps les mêmes fonctions que pendant sa vie, aHn qu'ils fussent bien convaincus que c'était le môme qu'il avait en mourant. Si on dit que les anges, qui sont des créatures purement spirituelles, ont des langues qui chantent continuellement les louantes du Créa* leur et lui rendent d'éternelles «iclions de grâces, h combien plus forte raison devonsnous croire que les saints, dans cet état privilégiéfOÙ leurs corps, quoique glorieux, conserveront leurs organes et Tusage de leurs membres, emploieront surtout leurs langues à chanter les louanges de Dieu, et À exprimer par des paroles pleines de sens la joie et tous les sentiments de leur cœur. Peutêtre même que, pour ajouter h la gloire et au bonheur de ses sainls,Dieu penueltra-t-il que leur voix soit capable de chanter ses louanges d'une façon d'autant plus ineffable, que leurs corps seront dans un étal plus pur et plus heureux. Ces corps, devenus spirituels, ne loueront plus Dieu avec le langage des hommes, mais avec celui des «nges que saint Paul entendit, lorsqu'il fut transporté iiu troisième ciel. C*cst là qu'ils mettront à ses pieds leurs coupes et leurs couroimes; qu'ils chanteront à sa gloire un cantique nouveau avec tous les chœurs angéliqueSy les Vertus, les Trônes, les Dominations, les Chérubins et les Séraphins.
C'est là qu'avec les quatre animaux de l'Apocalypse^ils répéteront : Sainte sainte $aini^ 2e Seigneur Dieu de$ armées {Apoc. iv, 8j ; et le reste de ce cantique que vous connaissez. Saint Paulin ne présente son opinion que comme un aperçu, mais sans prétendre résoudre la question qui lui avait été proposée.
Discoure sur Faumône. — Quoique ce discours soitiidressé à Alelius, dans quelques manuscrits, il est visible que saint Paulin lo composa pour l'instruction de tout un peu- ] pie, et on suppose même avec assez de vrai- \ semiolance quil en fut chargé par Tévêquo Paul. C'est une des meilleures productions dues à la plume du pieux solitaire. Le style en est beaucoup olus pur et plus soigné que celui de ses Lettres^ et Ton peut dire qu'il se trouve peu de traités sur l'aumône qui puissent lui être comparés. Le tronc qui se voirait alors à l'entrée de toutes les é^^lises lui fournit le sujet de sun exorde, et> selon toute apparence, c'est à cette cause qu'il doit le titre de Discours du tronc, sous leiouel il nous ^si parvenu, a Pourquoi ces Ironcs? demande-i-il ikses auditeurs. Sont-
ils là seulement pour être tus? Non, xi pond-il, mais pour être remplis, dans 1 crainte que les cris et les gémissementpoussés par les pauvres, vers Je trône <: Seigneur ne retombent malheureusenifi sur nous, qui, par notre négligence, les laii sons en proie aux horreurs delà faim. Noii sommes-nous quelquefois demandé, a «juc sert cette lable 7 qui l'a fait placer ainsi l'entrée de la maison du Seigneur? et |)0u] quoi elle se trouve exposée à la vue d tout un peuple? Recherchons en^^einlii les causes et le motif d'une telle dispositioi Si nous consultons les oracles de la v^'iil le prophète nous répondra : Celui fi fait l'aumône au pauvre^ prèle au Scignm ( PsaL XL, 2-3.) Ce tronc est donc comme I comptoir d'un banquier céleste, qui h commerce des trésors de la vie. Par q échange plein d'avantages qui s'établit ff tre lui et le Seigneur, il trouve moyen u'k quérir à peu de frais un diamant <i'i grand prix, puisque le peu qu'il distribii aux pauvres lui donne des droits à une éifj nelle récompense. Prêtons donc au Sei,;i)eu continue saint Paulin, prêtons-lui <ie s< propres biens, puisque nous ne possëdoi sur la terre que ce qu'il nous a donné, i que nous ne vivons que par ses bienfait Donnons-lui de nos richesses, en lesdistri huant aux pauvres, puisqu'il nçoit par leoi mains ce que nous leur présenloiis. S' veut recevoir de nous, c'est moins )uir u mouvement d'intérêt, que par un seiitmifi de libéralité. En effet, celui qui donne loi
E eut-il manquer de quelque chose ; et h iens extérieurs pourraient-ils être n^'ce: saires à celui qui est la bonté par essini et l'auteur de toute béatitude? S'il veuid venir lo débiteur de ses prO]Tes bienfait c'est alln d'avoir occasion de rendre ar^ usure ce qu'il aura reçu. Ne craignez doi point, n'hésitez point, n'épargnez rien, il tes violence au Seigneur et ravissez-lui royaume du ciel. Celui qui défend de toi cher aux biens de son prochain est heurcu de se voir ravir son trésor; et encore qu condamne l'avarice, il loue le pieux tarcii quand c'est la foi qui le conseille.»
Saint Paulin montre ensuite que si Die n'a pas créé tous les hommes avec une r chesse é^^ale, quoique cela no fût pas mi dessus de sa puissance, e*est qu'il a voul éprouver les riches et connaître lesdisfx*^ tions de leur cœur à l'égard des pauvrrs. a permis que les uns fussent luiscrabio pour exciter la compassion des autres; n'a accordé aux riches la part de ses bief qui devaient appartenir aux pauvres, qu*i un qu'en ies restituant librement et aT< joie à ces premiers destinataires, ils le fot cassent iui-même à leur rendre pendant r< ternité le centuple de ce qu'ils lui Auralei abandonné dans la personne des nialheii roux. Saint Paulin confirme ces réllexioî ))ar la parabole du mauvais riche et de 1.^ zare : « L'Eglise est la moisson de Jésuj Christ; les pauvres vous attendent à il porte, if/ venez donc point les mains vidc^l
DE PATItOLOGIS.
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Us obsertêoi rotre arrivée, ils se retour- .'feeol lous pour tous voir ; et ceux qui sont
R$sé$par la foim et ceux que les maladies t languir, tous vous adressent leurs ières suppliantes» afin de recevoir de vous lelque soulagement dans leurs maux. Ne I oMigez (Ms è changer ces prières en iio(e«i mais craignez plutôt que leurs îmissements n*irritent contre vous le Père orpbeliust le protecteur des veuves et lo laqui souffre en la personne des pau ?res« soat voire nrecliaio; la religion et la na- «««usfont un double devoir deleaaimer.i»
Mvtyride saint (Séniês, — On attribue ioairement à saint Paulin Thistoire du tjre de saint Génies d'Arles, et elle porte 000 dans la plupart des manuscrits. Du le, ofl y reconnaît son style, et le récit nsferme rien qui paraisse indigne de sa m. Génies était originaire d*Arles« et liojédans radqiiDistration de la justice qMlilé de greffier, c'est-à-dire qu*il le- Botedes plaidoyers des avocats et de Ja BDce des juges. Comme il remplissait lioActJons de sa cliarge dans un temps de hatiufl, Génies refusa de retracer sur re les paroles sacrilèges avec lesquelles ^/oge venait de rendre plusieurs arrêts ^'ants contre les Chrétiens. Il jeta môme Kj^ûtresau pied du tribunal, et s'enfuit <ie se dérober à la fureur du magislrat. ^lellites le poursuivirent sans pouvoir llttOiJre; c'est pourquoi ce juge impie îwinoianda de le massacrer en quelque »^itqu1ls le rencontrassent. Sur cette irelle, Génies, après avoir changé plu* rs fois de retraite 4 revint à Arles. ^"^^ il n'était pas encore baptisé, le désir (^confirmer de plus en plus dans sa foi f^^ k faire demander le baptême par ^personnes de confiance. Mais, soit que î*2»ps ne le lui permit pas. soit au'il se sP^ac la trop grande jeunesse de Oéniès, ^que catholique différa d'obtempérer à '^^ir, en l'assurant toutefois que le ^rt/re renfermait toule la perfection du Wm. Peudani ces délais^ Génies, décou- ^ îw ses perséculeurs el ne voyant point foires moyens d'échapper à leurs pour- *'^w,sejeiadansle Hhône, par une ins- |P[«io« du Saint-Esprit, et le traversa à la m^' l'exécuteur lo suivit, et, après Ta- ?''frieîatsur l'autre rive du fleuve, il lui ^^^ la tête d'un coup d'épée. Atin que »uem rives de cette rivière se trouvasrj^ wnctiflées ,par son sang, les fiJèles Worièrcnt son corps de l'autre côté, e^ '^Interfèrent au pied des murailles de la
J'flWw. ^ H nous |.este de saint Paulin JQ recueil de poésies, contenant en touf "^mNeux pièces, les fragments compris, '^ ont presque toutes été composée^ l'ut ^'^^ r^uJoùr eût renoncé au monde et "t inspiraiions nrofanes. On en concjpio
OftS M"'°^® ®"" ^^""^""^ de saint Félii^
J^'Ole, et quelques-unes même ne con»
J'nneni oue quelques vers. Cependant on
^^^^^TMans rensemble dp ces pièces les
principales circonstances de la vie do ce saint evêque, le culte que l'on rendait à sii mémoire, el les divers miracles qui s'oné-r raient h son tombeau. Nous avons une épi* gramme dans laquelle le Pape Daraase r^^ connaît devoir sa guérisou aux mérites de ce saint intercesseur. La tradition de la ville de Noie attribua à ce saint Pape l*érection de l'ét^Iise dont Paulin souhaitait être le porliiT, « aGn, dit-il, d'en balayer le parvis tous les matins, do veiller la nuit pour la garder, et de finir a)a vie dans ce travail^ 9 Aussi voyons^nous qu'il s'appliqua à j'em" bellir au dedans et au dehors, qu'il y fit exécuter des peintures et d'autres décora-t tions, et qu'il y joignit même une nouvelle église communiquant avec l'ancienne par une galerie dont il donna le pian. On re« marque dans un des poèmes composés k cette occasion, combien était grande la cha"» rite de Paulin, et combien était vive son ardeur pour la gloire de Jésus Christ. « Ma yie« dit-il, a dé attachée au bois de )a croix ( je t'ai fixée là, afin de la retrouver en Dieu, Que puis^je vous rendre* 6 Seigneur Jésus, pour la vie que vous m*avez acquise? Je prendrai le calice du salut; je vous l'offrirai en sacrifice, et je me purifierai par le i^rej;-: vage sacré d'une mort précieuse. {Pscil çxT, 12.) Mais qu'est-ce que cela? Quant j'abandonnerais mon corps aux flamme^ (/Cor. XIII, 3), quand je subirais le^ dernières ignominies, quand je verser^) jusqu'à la dernière goutte de moQ saiig, jo ne m'acquitterais ^as encore epveps vous, puisque jo ne puis rien offrir que moi* même. Ainsi, quoi que je fasse, je yous res* ferai toujours infiniment redevable, 6 moi} ^ésus, vous qui, en souffrant pour d'auçs) mauvais serviteurs, avez payé me$ dettes et non les vôtres, »
Il s'étend beaucoup sur les fêtes .chré-* tiennes et signale particulièrement celle de la Nativité, celle qui réunissait dans un même souvenir ladoratioji des nuages, le baptême de Notre-rSeigneur et les noces dp Cana, ainsi que les solennités de Pâques et de la Pentecôte. Nous en citons qu.elqups vers 1
Sic œque divina /ettintur munere ChriUu UiveneramUt diescunctis, (ptaYiygineiuUus, fro cunw hçmineni ^npiU Peut; uupie 'leii:»1û Çua fmerwn, iiellà duce, nujuica dona ferenteê Supuliciler videre magi: ùuqtui magis Ulum, Joraanis trépidais lavU, tintante Joanne, ^acranum cuncUisr^creoiidis gentibus undoi; Sivê dies eodem nutgis Uo iil sacra siQtio, Qm primum Deùs egit optis, cum flumwe ven^ Pernuttavit amias prœdulcis nectare viuû Qui^ PaschaU epùlum? Nom certejuqitff oom} i*uscfui die cunciis Ecclesia prœdUtU ons. Contenus Dominimortem cruce, d^ cruce vitam Cunctorum : tamen hoc magnœ pieMisin omnes Ormide saarant&uum, prœscripto metise quçuui^k^ totus ubiifue pari famulaiutmmd^i^ aèlonu, 4itêmum celetfrans redivivo corpore regem. iocsoUesme dies sequiiur: septem numeransu* Vetfdatnadas et lux popuiis feslivo recurrei, Qua sanctus quondam cœlo Uemissus ah alto Spiritus ignilo divisit iumine linguas, Unus el ipse Veus diverfaa per or'a cucurril^ Omniqetiasque uno smuil tuitc ore loqueluit Otnmim ignotas iribues eXpromere voces^ Quisque suam w geiuem neregrino agnoscerd ora, i^^çiemmugne tuo senHrei m we loqfmm^
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Ci* poëmo» le. neuvième de emix quMI com-
i)Oi^à en rhonneur de saint Félix, est adressé I Nicélas; les autres sont des hymnes appropriées h la solennité, à Texception du treizième, où l'auteur fait allusion au carnage de l'armée des Goths et à la défaite de leur roi Radagaise par Tarmée romaine.
Cest, au jugement des savants, un des plus beaux ouvrages de notre saint.
Dans un poëme adressé h Jove , son parent et son ami, saint Paulin, qui lui reconnaissait un talent supérieur, l'exhorta à consacrer les talents qu*il avait pour écrire à louer les grandeurs et les merveilles du Tout-Puissant, et à s'appliquer à l'étude de TEcrlture sainte. Il lui dit que la Genèse lui apprendra la véritable origine du monde, la formation de Thommeetdes autres créatures. S'il veut pousser ses vues plus haut, saint Jean lui enseignera que le Verbe est Dieu, et que toutes choses ont été faites
5ar lui. Par Phistoire du passage do la mer ouge, et celle du prophète Junas, il verra que Dieu est le maître de TOcéan, et qu*il commande aux tempêtes; et dans celle de Josué et d'Ezéchias, que le soleil et les astres obéissent au Seigneur; d*où il conclut que le destin ne règle nullement les événements de notre vie.
On conserve encore, parmi les poésies de saint Paulin, Tépithalame qu'il composa pour le mariage de Julien et d*Ya. Ce Julien est le même qui fut ensuite évêque et qui devint hérésiarque. Le solitaire de Noie, qui, à Tetemple de saint Augustin, lui donnait le titre aami, en souvenir de Tévéque Memor, son père, consentit à célébrer son mariage par un poëme, mais par un poëme iJigne de sa piété. Il donne aux deux énoux oTexcellentes instructions pour se conduire saintement dans l'état du mariage, et pour iTégler leur maison. 11 veut qu'ils aient l'un pour l'autre un amour chaste, une fidélité inviolable. La paix, l'honneur et la piété -doivent «Être les liens de leur union. Quant h leur table, il demande qu'elle soit frugale, et qu'on n'y voie jamais de mets délicieux, iet ces ragoûts inventés plutôt pour la voiupté que pour satisfaire un besoin. S'adres- «ant ensuite particulièrement à Ya^ il l'exhorte à ne jamais se revêtir d'étoffes d'or ei de soie, à dédaigner les colliers de perles, les bracelets et autres parures. Elle doit s'é* tudier, au contraire « à devenir une perte devant Dieu, et s'appliquera lui plaire , en ornant son Âme de toutes les vertus. Les femmes qui s'attachent à la toilette ont l'esprit plus léçer que leurs vêtements. Elle doit s'abstenir do fard, soit pour colorer son visage, soit pour teindre ses cheveux, parce que, agir autrement et chercher à corriger la nature, c'est condamner l'ouvrage du Créateur. « Une femme, dit-il, qui prend tant de soin de parer son corps, ne saurait se vanter d'être ciiasle : toutes ces parures étrangères isonf comme autant d'adultères déguisés. » Pour la contenir dans les bornes do la mo^ ilestiej il lui rappelle les menaces terribles ij|iie Dieu prononce jiar son prophète contre
celles qui ont recours h ces rains orn^ ments. Enfin, il lui défend de friser s<> cheveux et d'employer les parfums pour ^f vêtements, et la raison qu'il en donne, r ei que, même fût-elle exempte de tout maij vais dessein, cette parure ne laisserait ps de la rendre criminelle devant Dieu, pai' qu'elle serait pour les autres une occasio de chute.
Le pieux solitaire tient & peu près ) même langage à Julien, qu'il exhorte à ni/ priser toutes ces vanités, à ne penser qu orner son âme, et à s'appliquer à Télude < à la lecture des saints Livres. Il invoqu plusieurs exemples, tant de l'Anc-ien que di Nouveau Testament, pour leur rccomroaii der la simplicité des premiers patriarches et il les invite à se soumettre avec joie « joug de la croix de Jésus-Christ. Pourexi-m pie de l'amour mutuel qu'ils se doivent eo tre eux, il leur propose l'amour divin qn unit Jésus-Christ à l'Eglise, son éf»ousf Enfin il exprime le souhait qu*ils s*accdc dent entre eux pour garder la continence ou s'ils mettent des enfants au monde, *\w ce soit pour les consacrer à Dieu el pour le élever d'une manière digne de sa grandeur
Le poëme adressé à Pneusace et à FiJelli a pour but de consoler ces deux époux é la mort de leur fils^ nommé Celse. Il le re présente comme On enfant de mœurs dû*j ces, d'un esprit docile, et qui, dès les pre* miers jours de sa huitième année, se livrai avec succès à l'étude de la grammaire. 1 était plutôt fait pour Dieu oue pour cm aussi s'est-il hâté de le rappeler à lui. C*e> donc un amour inutile, et même dangereui que de pleurer sur celui que Dieu p^^s^èJi et qui lui-même jouit de Dieu. On trouve, dans ce petit poëme, beaucoup de réflexioit^ empruntées aux mystères de l'Incartiati*»! et de la Résurrection, pour montrer que I m doit s'abstenir de pleurer ceux pour quiJ(^ sus-Christ est mprt et dont il a yayé la rançon, mais seulement pour ceux qui n'uul pas cru en lui, parce que ceux-là périsseni sans ressources.
Ouvrages perdus. — Il s'en faut de beau* coup que nous possédions tous les écrits (Jq saint Paulin. Le temps nous en a ravi piu» de la moitié. Par exemple^ Gennade fait mention d'un livre d'hymnes dont il lu' donne pas les titres. Peut-être necontenaitii que celles que nous possédons encore au jourd'hui, el que le. pieux solitaire composait tous les ans au jour de la fête de sëiui Félix. 11 lui attribue également un livre sur la pénitence et la louange des martyrs , et il observe même oue c'était le plus considéra* ble de tous ses écrits. Nous ne l'avons plus. Nous avons perdu encore les lettres 4^u<* saint Paulin écrivit à sa sœur sur le mépii» du monde, ainsi que plusieurs lettres adressées è saint Augustin, à saint Jérêine (i <i d'autres docteurs. 11 ne nous reste rien de» traductions qu'il avait faites des Œuvrer du Pape saint Clément, ni eu Panégyrique de Théodose, dcint saint Jérôraea dit: « Heureux J'empercur qui a mérité d'avoir poar«iH>lo*
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nste nn (e) serriteur de lésus^Cbrist ; » ni des pirMQiM qu*if adressa à son peuple pendant p épiscopat, et qui, sans aucun doute, rilaieat d*étrc conservés. Grégoire de irs cite de lui une lettre où il dit, en lant de saint Martin, que ce grand évèarjjt reçu une assez grande quantité rehquei de saint Gervais et de saint Pro- \. Gennade , dans son Catalogue , parle ûtî duo Sacramentaire, La perte en est lUnt plus regrettable, que cet ouvrage idoouerait plusieurs notions sur la lile ancienne, soit dans les cérémonies rieures, soit pour l'administration des remcots.
riEs supposés. — Saint Augustin attri-
i saint Paulin un Traité contre les
<J*ai appris, lui dit-il, que vous
Tiei contre les païens. Je vous prie, au
'de lamitié, de m'envojer ce que vous
tléji fait; car je vous regarde comme
ne du Saint-Esprit, chargé de détruire,
(ï^i réponses convenables, les objec-
sdecesinfldèles, plui embarrassantes
la multitude de leurs paroles que par
solidité de leurs raisonnements. » Cet
î;e nous est inconnu, et Gennade n'en
^ i^. Nous ne savons sur quels motifs
lori s'est appujé pour le confondre
un poème contre les ()aiens, qu*il a
é sous le nom de saint Paulin. Le vé-
auteur de cette pièce se nommait
•ttiiiae, comme cela résulte du premier
iiinm, fal€or, iectat Àntoniuê cmuê.
c<t Antoine avait été païen, ce qui ne nent nullement à saint Paulin de Noie, comme nous Tavons dit, de parents Hiens, et oui par conséquent n'eut jar i3 besoin d'examiner toutes les sectes |Mr se convaincre quMI valait mieux s*atl*c^«rà la religion de Jésus-Christ, commet **ODe ravoir fait Tauteur de cet ouvrage :
f*trrma ^uœihn, per tmgula quœque eueurri^ I ^ «^ imem melm quam credere ChriHo.
p r(>sie, il reconnaît positivement qu'il wiiéié lui-même du nombre des païens M tnreloppé dans les ténèbres de Tido-
flftqo cKiicfa prius clarum eum lumen adeptus, •^ m mcirium et lof lempeUaUbus actum s^uc^ kdulari suseepH Ecclesia partu,
l-îautdonc mieux reconnaître, pour aui^irde ce poëme, cet Antoine qui s est nomn»f dans le premier vers , et qui pourrait l'tf'nèire le même qu'il appelle son ami et qjil célèbre dans plusieurs de ses lettres. On a encore imprimé , sous le nom de uinl Paulin, deux lettres adressées , Tune i tiarcelle, et l'autre h Célamie, et qui se iroQvent également parmi les œuvres de «mi Jérôme. On convient qu'elles sont di- ^*»^ lune et Tautre, de ces deux grands u 'tomes ; mais le style de la lettrée Cé- ^m a je ne sais quoi de plus sérieux et ^ l'Ius (srave que les autres lettres de saint >^<uUD| où Ton remarque plus d*eojouonicnt
et plus de liberté. Quant à la lettre à Marcelle, il est difficile de l'accorder avec rhis« toire du saint solitaire de Noie, cjui ne pouvait parler de l'éloignement qui le séparait de cette dame, puisque tous les ans il se rendait à Rome, séjour ordinaire de Har« celle.
Parmi les livres faussement attribués à saint Paulin, nous citerons encore deux poèmes. Le premier est une exhortation que l'auteur adresse à sa femme, pour la
Sorter à se consacrer entièrement a Dieu. Quoique les vers reflètent un certain air de parenté avec les autres poésies de saint Paulin, les conseils ne sauraient s'accorder avec ce que l'histoire nous apprend des saintes dis(jositions de Thérasie. Bailleurs nous connaissons quatre manuscrits différents, dans lesquels ce poëme porte le nom de Prosper, et aucun oit il soit inscrit sous celui de Paulin, ce qui nous semble suffisant pour le lui refuser. Le second poëme célèbre le saint nom de Jésus, et parait avoir été composé pour la fête de la Circoncision, qui n*était pas encore établie du tcm{)s de saint Paulin. Du reste, ni saint Paulin ni aucun autre auteur de son époque ne se seraient permis de nommer le Sauveur des hommes, le véritable Apollon ■ et le Pan de l'antiquité. Aussi, Ellies bupin et plusieurs autres critiques soutiennent que ce poëme n*est q'i*une paraphrase d'un sermon de saint Bernard sur les CantiqueSt* et l'œuvre par conséquent d'un auteur du xir siècle.
C'est encore à faux que Ton a attribué à saint Paulin deux lettres qui sont de saint Augustin, savoir, la 126* et la 2t^3' de là collection de ce Père, ainsi qu'un fragment de réponse h cette question : Comment les moines doivent faire pénitence? et qui se trouve dans les Règles de saint Benoit d'Aniane. Plusieurs écrivains font encore honneur à saint Paulin d*une Vie de saint Ambroise, d'un poëme en six livres sur la vie de saint Martin, et d*un autre poëmo intitulé Eucharisticon ou Action de grÂces; mais on ne lui a donné ces trois. ouvrages que par une erreur de nom qui l'a fait confondre avec trois autres Paulin ; l'un , diacre de l'Eglise de Milan, et disciple de saint Ambroise; l'autre, Paulin de Pr^rigueux,
3ui ne tlorissait que dans la dernière moitié u V* siècle; et le troisième, qui était ûls du comte Hespère et pctit-Qls d'Ausone.
JcjcSBNENT CRITIQUE. — Ou voît par la correspondance de saint Paulin, qu il était en rapport, dans l'Eglise, avec les premiers hommes de son temps, auxquels il proposait de hautes questions théologiques, ou qui les soumettaient eux-mêmes à son discernement et à sa piété. Ses lettres, écrites avec une douce urbanité et remplies de la science de Dieu, sont d'une lecture attachante. La plus remarquable peut-être est celle qu'il adresse à Sulince-Sévère sur les devoirs de l'épiscopat. C est là qu'il a placé cette observation vraie : c Ce n'est qu*aDrès avoir travaillé à purifler notre cœur «t t U
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ttiiga^er du soin des choses temporelles que nous commençons à bien voir notre tnîsère et à sonder I abîme de notre corruption. « On y trouve encore ce mot profond pour qui considérera Tinégalitè sociale du point de vue chrétien : « Dieu, dont la pro' Vidence a tempéré tous les extrêmes, a préparé le riche au pauvre et le pauvre au riche; » le riche, pour aider le panvre ea la tie nrésenle, et le pauvre,- pour ouvrir flu riche la vief à Veiïir. Saint Paulin, qui ficelait appliqué dans ses premières années à étudier les âutettrs de la belle latinité, était parvenu à se rapprocher d'eux par le style. Aussi excelle-t-il dans les portraits ti les descriptions. Saint Ambroise loue, dans^son éloquence, la noblesse des pensées et I élévation de son esprit. Selon saint Euchef*, ${jn élocution coule de source, ( t Erasme ne fait pas de difficulté de le nomtuer le Cicéron chrétien. Saint Jérôme assure qu'à une fécondité inépuisable il joignait une extrême facilité de parole et tiri jugement solide, fortifié encore par la propriété des termes et la pureté du dis*' cours. Les écrits du saint évèque de Noie, dit Ellies Dupin, en leur appliquant le jugement que saint Jérôme ne porte que du panégyrique perdu de Théodose, sont composés avec beaucoup d'art et d'intelli^^encej ^a diction est nette et serrée ^ ses termes purs et bien choisis, et son discours semé de sentences habilement ménagées. Il sait exciter Tattention de ses lecteurs et les tient éveillés, sans les laisser jamais languir. Tout se tient, tout s'enchatne, tout ressort 1 un de l'autre, et la lin d'une pensée forme pour ainsi dire le commencement de ÏA pensée qui la suit. Cependant Tillemont, homme expert et jugo compétent en fait de i^tylc, n^ose pas affirmer que tous les écrits Ue saint Paulin soient composés avec un art aussi parfait; ils lui semblent plutôt sortir de l'abondance du cœur, et, suivant lui, le plus grand art de l'écrivain était i'ar* deur de sa charité. Il a de l'onction, et de l'affrément; la beauté de son Âme, et la beauté de son esprit, l'ont classé au rang lies hommes qui ont honoré ce siècle, où l'Eglise se montra si féconde en hautes ver-^ tus et en grands talents. C^est un de ses docteurs qui méritent le plus d'être lus. La plus ample édition de ses œuvres est celle de Vérone, 1736, in-folio^ par le marquis Maffei. On estime encore celle de Le Brun Desmarets, deux tomes réunis en un seul Volume in-i% 1685. On en a une traduction française de 1724» et elles ont été reproduites dans le Cours complet de Patrologie. PAULIN, évêque de fiéziers dans le Jjas Languedoc, gouvernait cette Eglise au comtnencement du v'siècle» Il écrivit, *»n 419, une lettre circulaire adressée à toutes les Eglises du monde^ pour leur faire le récit des prodiges et des signes extraordinaires qui avaient paru cette même année en divers endroits, mais particulièrement dans sa ville épiscopale. C*est ce que nous apprenons de la CAr9fitgned*ldace» qoi ne spécifie point
f>lcriON!1AlRC PAC ${
SrueUe était la tiatufe de ces prodiges. S astes également n'en parlent que d'une a
nière générale et en iaisaAt remarauerq^ Jean de Jérusalem avait écrit une fettrid culaire^ à la même occasion. Nous n'aroi
F)lus la relation de Paulin, mais il y a loi ieu do croire que ces prodiges étaient de même nature que ceux dont ptfrlesaini A gustin dans un de ses sermons au peap de Carthage, et le comte Marcellin, dan»; Chronique sur la même année 419. Selon rapport de plusieurs témoins respectable il était arrivé alors, dans rOrientetdai l'Afrique, de terribles tremblements de terd Jésus-Christ s'était fait voir sur le monteU Oliviers ; le signe de la croix avait paru m raculeusement empreint sar les vêlemeo des Juifs et des païens qui, épouvantés p ces merveilles, avaient demandé et reça baptême.
Gennade place parmi les écrivains iM ont fleuri avant le milieu du v' siècle, a Paulin auquel il ne donne aucune qualiâd lion qui le distingue. 11 se contente de d& qu'il avait composé des Traités sur le cofl mencement du carême ; puis il ajoute, mai en s'exprimant d'une façon très-obscai qu'il en avait lu deux sur le jour de Pâqu< et d'autres sur l'obéissance^ la pénitence les néophytes. Entre les écriTains du mêi nom qui se distinguèrent dtfns la preoiii moitié de ce siècle, nous n*en coonaissr^n pas à qui ces documents de Gennade s'ap pliquent mieux qu'à Paulin de Béziers, eir core qu'il oublie de lui donner le titre d*^ vêque. Du reste, c*est une omission qui) commise également à l'égard de stfini Lu cher, qui| au su de tout le monde, a étéêvf que de Lyon. Ce silence de Gennade n prouve donc rien contre un sentiment que d'ailleurs, nous ne faisons qu'exprimer, sau penser à le faire prévaloir. I
PAULIN Bkivoit, que l'on a souvent con^ fondu avec saint Paulin de Noie, vivait dani la seconde moitié du v' siècle. Tout ce que nous savons de lui c'est qu'il était origi' naire des environs de Bordeaux et issu d'une famille noble et sénatoriale. Il ^isil en relation de lettres avec Fauste, év6qo4 de Riez, et celui-ci lisait toujours arec admiration ce qu'il lui écrirait. Il accorda même de grands éloges à son éloquence et à sa foi, mais nous croyons qu'il aiinit parlé plus exactement s*il s'était borné à louer en lui le désir qu'il avait de s'en ins* truire. Le seul écrit qui nous reste ùelu\ prouve qu'il avait besoin qu'on lui ourrii Jes yeux sur plusieurs points quelquefois bien sin)ples delà doctrine catholique Cest un mémoire contenant une série de quesllooi qu'il adressait h Fauste, en le priant de lui donner par écrit les éclaircissemenli nt^ cessoires. La première de ces questions reganle la pénitence à l'article de la mort Paulin demandait si, dans ces circonstances où l'on peut encore se confesser, mais ou l'on ne peut plus satisfaire, la pénitenre d'une personne qui a passé lodgteiuf)S dani le péché et qpi en gémit alorsi <|u^'if'^
Pxt
m PATROLOGtB.
I^ÀO
KHi
leotemeol pendant quelques heures, peut
ft^r potir une Yraie pénilence. La seconde
l|ft<^ii(ia consistait à savoir si la seule loi au
m$tèrede la Trinité snflit pour élie sauvé ?
ti (^»isièfDe9 si les âmes délivrées des corps
pelles animent perdent les facultés du
itiment et de rintelligence. Laauatrièroe
mande de que S malheur sont délivrés les
D5, ou dans quel malheur tombent après la
rf-t les méchants dont il est écrit : Le désir
ùtcheur périra. (PsaL cxi, 10.) La cin-
iièiue $*informe si Pâme est corporelle ou
ru«>relle. La sixième, pourquoi le péché
elqui se commet dans le corps devient
ffiunàrémequi l'anime, comme le péché
Ltael se communique et souille 1 un et
tre, de sorte que, de même que Tun et
lire col part au crime et au chÂlimeut qui
mu iie même Tun et Tautre ont part
i 8tti récompenses de la gloire qui sont
^ à la vertu. La septième s*enquiert
mcm l'âme qui est immortelle peut être
fitt pour des vices qui n*ont point de du-
»? La huitième, si Tâme et 1 esprit sont
«(ine chose, et comment on peut les
^Ojuer Tun do l'autre. Dans une neu-
^Me question, et même dans le corps du
#faM>ire, Paulin avouait bien que l'on per-
^'t la grâce du baptême, en commettant
ocoup de crimes, mais il doutait néan-
ittsqueceuxqui étaient baptisés fussent
Mftis, à cause des péchés qu'ils auraient
ttojDb! Ces questions fournirent à (*au$te
Jliulière d'un petit traité qu'il adressa en
-l(pca<ei Benoit Paulin, et où il donne des
Wuuons sur tous les articles que celui-ci
wivaii proposés. (Voir ce que nous avons
Al ^ur cet ouvrage à Tarlicle que nous
'4^i\& consacré à Fauste dans noire second
'^m^.) Celte lettre, le seul écrit qui nous
^^<ie Benoit Paulin, se trouve dans le
^c 111 de la Bibliothèque det Pires^ der-
A^r* édition de Paris.
^VliUN, surnommé de Périgueux, & cause
w lieu de sa naissance, était (ils d'un rhé*
. ttur du même nom, dont saint Sidoine parle
f Biu uoe de ses lettres. 11 Qorissait sous Té-
f^^t>Bt de saint Perpétue , qui gouverna M^se de Tours depuis 461 jusqu'en 491.
^ prélat avait uour Paulin une estime par* ^uitèrct et celui-ci la lui rendait par une <«Aeère vénération. Ce fut h la prière de Mitti Perpétue qu'il enireprit de mettre en ^m ce que Sulpîce Sévère avait écrit de la v'He Mint Martin, en y ajoutant quelques l^&clesqui s'étaient accomplis à son tom^ l*^Ui sous les yeux du saint prélat qui lui ^narait enrojé la relation. Entre ces mira* ^ il y en a qui ref^ardent les guerres de ^^ Ieni|i8. On y voit cité, comme vivant «&totf, un général Gilles, le mènre aptiarem* Djt'm que les Français mirent à la place de ^ûildéric, mort en 464.
f^ poème de la vie et des miracles de ^«l Martin est donc le principal ouvrage '« î\oire auteur. Il est en vers hexamètres ** «i»isé en six livres. Les cinq premiers ^iienneui ce que Sulpice Sévère, ret^il- ^uiire écfiraint comme il le qualifie \u\^
même, avait écrit des actions de ce grand évêque de Tours, et le sixième contient le détail des miracles qui s'étaient accomplis à son tombeau.. Les savants conviennent que Paulin a assez mal réussi dans cette entreprise. Il n'a fait que rendre en assez mauvais vers une prose très-riche et très-élé^^ante, qu'il a même gfttée en voulant l'abr^^ger. Aussi avance-t-il ingénument qu'il ne se croyait pas capable de donner quelque chose qui méritât l'estime des savants. Il craignait même cjue les paroles de saint ^ Sulpice ne perdissent beaucoup de leur beauté et de leur énergie, en passant par sa plume, et que le style traînant de sa poésie ne ternit en quelque façon l'éclat des miracles de saint Martin. Mais le désir de conbribuer à rédification des fidèles, dont plusieurs se sentent plus de goût pour les vers que pour la prose, et la dévotion qu'il avait lui-même pour le saint qui en était le sujet lui firent surmonter tous les obstacles, persuadé du reste que son intercession au* près de Dieu lui obtiendrait tous les secours nécessaires pour le soutenir dans son travail.
Nous avons aussi le petit poème qu'il composa pour conserver la mémoire de la guérison miraculeuse de son pelit-fils et du la jeune fille qu*il devait épouser. Ce poëme est précédé d'une lettre adressée & saint Per* pétue, dans laquelle Paulin lui rend cohipte des vers qu'il lui avait demandés pour orner les murailles qui environnaient le tombeau de saint Martin. Dans ces vers, dont il nous reste une partie, Paulin rappelait à ceux qui allaient prier au tombeau du saint évêque, le don continuel et extraordinaire des miracles dont Dieu avait favorisé son ser* vilenr. Tous ceux qui venaient prier h ce tombeau, aveugles, boiteux, malades, aflligés de tous genres d'aflliciion s'en retour*^ naient soulagés. François Garet est le pre-^^ mier qui fit imprimer sur un manuscrit do^ Pitou, et avec de longues notes, les poèmes, de Paulin, Paris, 1585; mais il les donna, sous le nom de saint Paulin do Noie. l\^ passèrent depuis dans les recueik des poëies chrétiens, et dans les diverses Bibliowques des Pires. Daumuis les fit imprimer séparément à Leipsick avec dos notes de sa façon*. Cette édition , commencée en 1680, ne fut achevée qu'en 1686, à cause de la peste, qui ravagea Leipsick pendant longtemps.
PAULIN, patriarche d'Aquilée, rut un des^ hommes de lettres qui se rendirent célèbres en consacrant leur plume à la défense de la, foi, sous le règne de Charicmagne. 11 étoi; né dans le Frioul, vers l'an 726, d'une fa^ mille assez obscure, qui l'avait d'abord ap-c pliqué à la culture de la terre. Mais il n» tarda pas à quitter la charrue pour se livrer à fétude^. cl il y fit des progrès si rapide* qu'fl fut bientôt en étal d'enseigner les autres. Il donnait des leçons publiques lorsqu'il fut élevé au patriarcal d'Aquilée, vers 1 an 776, par Charlemagne, qui voulait récompenser ses connaissances en littérature. Dès l'année précédente, et- prince lui avait
Pkii
triCtiONNAlRË
l'Ali
adresse un rescrit dans lequel il lui donnait les tilres de mattré de grammaire et de tris-' vénérabUi Paulin parut avec éclat aux conciles d'Aix-ia-Cbapelle en 789 ^ de Raiis* bonne en 792, de Francfort en 796| et il en réunit un lui-même en 796| contre les erreurs d^£lipând de Tolède et de Félix d*Urgel. Le savant archevêque réfuta ce dernier par ordre de Charlemagne» à qui il dédia son ouvrage, comme nous le verrons en son lieu. Il mourut en 804» honoré de la véné^ talion universeltei On possède d'ancienno$ Inscriptions qui lui donnent le titre de $aint« mais son nom ne se lit point dans les iuartyrologes.
Sacro sylldbuià — ' L*ouvra^e qui porte ce titre est un traité de la Trinité. Quoique le pape Ad^ieh eût écrit contre les erreurs de Félix et d*£lipaady au moment môme où ces tiovateurs commencèrent à les répandre) quoiqu'elles eussent été condamnées en 791 dans les conciles de Narbonne et de FriouU et ranni''C suivante» dans celui de Ratisbonne et de Home, cependant ils n*en cou-» tinuôrcntpas moins à les soutenir. EIi|)and Surtout se signala par une Circulaire gêné** fale qu*il adressa à tous les évèquji^s de France, et une Lettre particulière au roi Charles qui la regut en 793. Ce prince la Qt lire dans une assemblée d'évèques de di-^ Verses provinces de son royaume, et après avoir prononcé lui-même un assez long discours sur la foi, il demanda à ces prélats ce qu*ils eu pensaient; il leur accorda un Jour pour mettre par écrit leur avis sur ces nouveautés. C'est ce qu'on lit dans la préfaci) que saint Paulin a placée en tête de son ouvrage intitulé : Sacro syllabus^ soit parce qu'il y réfute l'hérésie d'Elipand par les paroles de l'Ecriture, soit parce qu'il présenta cet ouvrage au concile de Francfort» au nom de tous les évêques d'Italie dont il exposait la doctrine. Saint Paulin ne dit pas positivement q^u'il ait assisté à ce concile, mais il est diflicile d'en douter, si l'on fait Qttention à Teiactitude avec laquelle il en rapporte les moindres circonstances. D'ail-* leur3 il paratt certain que son ouvrage y fut lu et approuvé de tous les évêques, qui ordonnèrent qu'il serait envoyé dans les pro« vinccs de Galice et d'Espagne, pour aider à réfuter les erreurs que ces deux hérésiarques j avaient répandues.
Saint Paulin commence ce traité en re^* tnarquant que i:es deux évoques n'avaient établi leur doctrine que sur des fondements k*uineux, puisqu'ils ne pouvaient assigner le temps auquel /ésus-Christ» comme ils le diraient, avait été établi fils adoptif. Il rapporte ensuite plusieurs passages de l'Ecri*» ture qui prouvent sans réplique qu'il est véritablement et proprement Fils de Dieu. En voici quelques-uns : Le saint qui naitra devousf dit l'Ange à la sainte Vierge^ sera appelé te Fils de Dieu. (Luc, i, 35.)' Il ne dit pasqu'ilseraappeléFilsadoptifdeDieu,mais «b.«olument Fils de Dieu, Fils du Très-Haut; ^t il en donne celle raison : « Ce qui est né ti^ns elle a été formé parle Sainl-Esjprit.»
(Ibid..) Saint Paul ne dit-il pas que Dieu envoyé son Fils formé d'une femme et a« jetti à la loi? {Galat, iVi 4.) Au moment iésus recevait le baptême dans les eaui Jourdain, et quand il fut transfiguré sur montagne , n'entendit-on pas Ta vois Père qui disait : Celui-'là est mon Fils iv aimé en qui fai mis toute mon affeaii (Matthé XVII, 5; // Petr. i, 17.) La e< lession de Tapôtre saint Pierre est $é équivoque. S'il se fdt contenté de dir Vous êtes le Fils du Dieu vivant, les cnc mis de la vérité auraient pu répondre q cet apôtre parlait de Jésus^Chnst seloo nature divine; mais il ne laisse aucun ji à cette exception, puisqu'il dit i Vouê éi le Ckristi le Fils du Dieu vivant. (Matth, v 16.) Saint Paulin passe des autorités»
raisonnements théologiques. Le Fils i Dieui en se faisant homme, n*a rien penl de sa divinité; car en Jésus-Christ les dei natures sont réunies en une seule persona qui est le fils de Dieu par nature. C'est même qui est Fils de Dieu ut fila de rhoinm Il n*y a pas deux fils ni deux Christ. Celui 4< aélécrucilié est le roi de gloire. Sur qui (le faire tomber radoplioa? D*ailieurs Jôu:
Christ est, selon l'expression de saint Paul médiateur de Dieu et des hommes^ il TimMfl Cela suppose nécessairement 1 union ik deux natures en une seule personne, et \< conséquent, que c'est le méitie oui est wo ensemble Fils de Dieu et fils de rhoiniue.
Ce Père conclut que Ton doit analh^uji tiser £lipand et tous ses sectateurs ^r^ leur nouvelle doctrine, s'ils refusent d'vw noncer, sauf toutefois le drait du Ps Adrien. Cette réserve montre que cet ca fut composé avant la fin de Tan 79St épo^" de la mort de ce Pontife; mais rinscri(>(io téuioigne qu*il avait été lu au concile J Francfort; c'est une preuve quesaiut P^u* lin Tavait achevé dès le comaienceuieni M I été 794» Klipand soutenait encore que U personne de Jésus-Christ était composée (14 trois substances, le Verbe, rAnaeellecnrj.s. C'était alors une doctrine assez comfiiunts en Espagne. Saint Paulin combattit ce sen* tiraent dans le mèine écrit» et soutial<;ut^ riUme et le corps ne font en l'homaie quua tout et une seule nature parfaite, qui c<>^^'' prend toute l'essence de Thomme. Hajouie que si l'on devait distinguer trois sul»>tances en Jésus-Christ, il faudrait wùrnenQ aduieltre six, parce que le corps est cow* posé de quatre éléments* ,,
Instructions salutaires, — A peine Técnl qui porte co litre fut-il sorti des mainsde son auteur qu'on l'attribua à saint Auguslic; ce qui ressort d'un manuscrit de |)lu$<l^ 800 ans, où il porte le nom de ce Pèn. C'est encore sous ce nom qu'il estciié)»^^ Gralien, et Trithème le présente coniiMiî une lettre de l'évêque d'Hippone au ^^^^^ Julien. Mais dans Iqs nouvelles éditions (i(^' œuvres de ce saint docteur, on a restilu^^ traité à saint Paulin d'Aquilée, sur un ^^^ nuscrit de l'ancienne bibliothèque Colix^^^ du même A^e que ce saint patriarche, ca q^^
Me
ÙÊ PATROLOCIE.
PAU
•kis^ plus «QCiia lieu de douter qu*il en
traulear. Do reste, Àlcuin, son concemin 01 son ami* lui en fait honneur dans n de ses lettres adressée au duo Eric, bur lui eo recommander la lecture. Ce ne jiaûnc pas au comte Julien, comme Taf- |De Triihèoet mais à Henri, comte ou de Frionlt que saint Paulin adressa ses iiruciîons. Comme elles ont pour hut la m des mœurs, et gue la plupart sont de façon à pouvoir être déhitées en V Madrisius, prêtre de l'Oratoire de Philippe de Néri, a enrichi l'édition de lié de quantité dénotes qui renferment ifissagf^sde l*£criture et des Pères, dans de fournir aux prédicateurs de quoi solidement la morale de l'Evangile leurs discours.
première instruction de saint Paulin lie Henri a pour objet la parfaite jusdePhomme et sa souveraine béatituile.
ire que Tune et l'autre consistent à Ueu, et que la reconnaissance des Kes que le Seigneur nous a acconlés riorcnce à toutes les autres créatures, nous engager à cet amour, surtout si taisons attention que nous sommes les i]ue ie Créateur ail formés à son image «a ressemblance. {Gtn. i, 26.) Cet amour ioit point être stérile, dit-il an comte, et qa'il ne soit que simple laïque, il doit {îoiQpt è faire toute œuvre qui tend à l^rcde Dieu, en se montrant attentif à itor la misère des pauvres, à consoler wiçés et à procurer le salut du pro- « Prenez pour vos conseillers, ajoutedes hommes qui craignent Dieu, qui M ta Térité, et non des flallcurs qui ne propres ou'è tromper ceux qui les l^nt, et & aonner la mort à IcMir âme. ^m Toulez mériter la récompense de »i?éiernelle, vous devez vous appliquer ailles fos forces à accomplir les rom- Icnienls de Dieu. Ils ne sont difficiles i'<'urceux qui ne veulent pas les mettre lirait |uo. C'est dans les œuvres de la jus* lue consiste la sainteté, et la justice itplit de deux manières, en faisant ce «nons est commandé, et en nous éloint «Je ce qui nous est défendu. L'un et m^i so trouvent dans les livres saints. » '"! Min n'entre point dans le détail de ce t'Hcommaniié ou défendu parrEcrilure, \^'^^ 'lu il savait que le comte Henri la •^"t assliûment. Mais il l'exhorte forle- ''^ïU uu mépris du monde, par la considé- "|*"iûi'8 dangers dont il est rempli et à Ja ;yii«'Jeiou5 les vices, en opposant h chacun .'^^^fiuqui lui est contraire. Il insiste sur '•îmn qu'il <ioit prendre de tous ceux qui ^ î'^'îaiis sa maison, depuis le plus grand •;-!'; «u plus petit, afin de les faire tous *^^5\uerdans la voie du salut, parce qu'il ^yà compte de tous au jugement de
(f.,'"'*"* ?nsnite h la participation des sa-
"niis, il ,j^t qu'avant de manger le corps
y^- Wnre te sang de Jésus-Christ, i7 doit
F^Httr lui-même: s'il se trouve coupa-
ble de quelques péchés, qu*lt les eqnfesse au plus tôt, qu'il les efface par la pénitence, et ensuite quHl mang$ de ce pain et quHl boive de ce sang; mais en se souvenant de ^ cette parole de l'Apôtre, que celui qui en mange et en boit indignement, mange el boit ea propre condamnation^ parce qu^il*n,'a paê eu faire te discernement du corps et du sang du Seigneur. [I Cor. xi^ 29.) Il traite des troia vertus théologales, du danger de différer de jour en jour la conversion de ses mœurs, des maux que te démon a causés au genre humain, et du jugement dernier. Dans la description qu'il en lait, il remarqueque lOs^ou ve* rain juge ne fera acception de personne. {Rom* II, 11.) Ceux dont les palais sont ornés d'or . et d'argent ne pourront le corrompre, les évoques, les abbés, les comtes n'auront pas plus de pouvoir sur lui que les simples
Earticuliers. Il ne fera attention quaux onnes œuvrer des justes pour les récomf>enser, et aux mauvaises des impies oour es punir.
Contre Félix d:Urgel. — Félix de retour à Urgel, après avoir abjuré son erreur dans le concile tenu à Rome en 792, la soutint de nouveau et la ré()andit autant qu'il fut en son pouvoir. Alcuin lui fu sur ce sujet des re-* montrances charitables, et l'invita à se réunir à FE^Iise sans déguisement. Félix lui ré-
{ tondit ])ar un long écrit, dans lequel, au ieu de se déclarer pour la vérité, il s'efforçait d*a(^)puyer son hérésie par des passages de TEcnture et des Pères, tronqués ou mal appliqués, et par l'autorité de la liturgie que r£glise d'ËS()a^uc attribuait à saint lldepbonse. Cet écrit étant tombé entre les mains de Charlemagne, ce prince ordonna à Alcuin de le réfuter. Alcuin obéit, mais en priant le roi de lui adjoindre pour aide le patriarche d'Aquilée, Kichebod, archevêque de Trêves, et ïhéodulphe, évèque d'Orléans.
On ne connaît pas le travail de ces deux prélats; mais Alcuin réfuta Félix par un ouvrage divisé en sept livres, et saint Paulin, de son côté, publia trois livres sur le même sujet. Les raisonnements en sont solides, mais on en sentirait beaucoup mieux la force, si Ton n'était arrêté de temps en temps par des termes barbares et inintelligibles. Il y a plusieurs phrases qu'on est obligé de relire deux fois avant de les bien comprendre. La nouvelle édition a remédié à cet inconvénient, en donnant Texplication des termes inusités et peu latins. L'éditeur • croit que ces livres contre Félix d'Urgel furent écrits en 796.
Ils sont dédiés au roi Charles. Dans le premier-livre, saint Paulin prouve que Jésus- Christ est véritablement Fils de Dieu par nature et non par adoption; ce qu'il établit: 1' par un grand nombre de passages de l'Ancien et du Nouveau Testament; 2* par le titre de Mère de Dieu que tous les Catholiques donnent unanimement à la Vierge Marie, titre qui serait abusif, si Jésus-Chrisi n'était pas vraiment Fils de Dieu ; 3* parce que s'il n'était pas Dieu, les apôtres saint . Pierre et saint Paul n'auraient pas conféré '
PAU
DICTSO.NNAIIIS
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ie baptême en son nom et pour la rémission des péchés, puis(]uMs ne peuvent 6lre remis qu>u nom de Dii u. Il insiste dans lesec(»tHl lîvro sur l'aUention qu'ont 7;uc los écrivains FattnVs lorsqu'ils iMit parlé îles fils aiiopiifs (Je Dieu, c ounne le sont les élus el les saints, (J'rnipl«iyer ûhs lermes entièrement clifférrnts de ceux dont ils se servent en pariant de Jésus-Christ. Il n'esl dit d*ancun saint en j*arlirulier qu*il est le Fils de Dieu. Aucun, en s'alressant h Dieu, ne lui dit au sinru* lier: Mon Pêre^ comme le lait Jésus-Christ dans }ilus de vin.^t passa<^es do TEvangile. Félix d*Urge1 préleiidait que par ces paroles: Personne n'est monté au c/>/, si ce n'est celui gui en est descendu^ te fils de Vhomme (Joan, m, 13), saint Paul avait dislin;^ué clairement le fils de l'homme d*av^o le Fils de Dieu. Mais saint Faulin montre que ce texte doit s'expliquer absolument de la même personne, qui, étant descendue du ciel y est remontée. Ainsi le fils de l'homnie désigné en cet endroit est le même que le Fils de Dieu.
Paulin continue dans le troisième livre à prouver la divinité de Jésus-Christ par des |»assa^es do l'Ecriture, et primipalemenl par le témoignage de saint Jean-Baplisie, qui avait entendu la voix du Père proclan:ant Jésus-Christ son Fils liien-aimé dans les eaux du Jourdain. Il répond ensuite aux raisons f|ue Félix alléguait pour montrer qu'il n'est Fils de Dieu que par adoption. Entre autres passages, cet évèqne citait celui de la première Epi Ire aux Corinthiens : Lorsque toutes choses auront été assujet ties au Fiis^ alors le Fils sera lui-même assujetti à celui gui lui aura assujetti toutes choses^ afin gue Dieu soit tout en tous, (/ Cor. XV, 28.) Saint Paulin répond qu'en prenant ces paroles à la lettre, il faudrait dire que le Fils n'est point assujetti aujourd'hui, et qu'il ne ie sera qu*après que toutes choses lui auront été assujetties. Or, ce sens n'est pas recevable; car comme il n'y a pas plus de raisons de dire que le Fils sera soumis un jour, que de dire qu'il l'est aujourd'hui, i] faut nécessairement entendre par le Fils, son corps, c'est-à-dire, les élus dont il est le chef et c\m seront alors assujettis à celui qui a assujetti toutes choses au Fils. Ce sens ressort de la raison même que donne saint Paul, lorsqu'il dit que le Fils doit être assujetti au Père, afin gue Dieu soit tout en tous. En etfef, Dieu est tout en tous, par la soumission du Fils, c'est-à-diro, des élus qui sont son corps. Ce n'est pas le seul" passage où Jésus-Christ parle des élus comme de lui-même. Par exemple, on le voit, dans le livre des Actes demandant & Saul : Pourguoi me persécutez-vous? {Àct, ix, k.) Cela ne pouvait s'entendre de Jésus-Christ régnant dans le ciel, mais des élus que Paul voulait conduire enchaînés h Jérusalem.
] Félix ohjectait encore cet autre passage de saint Paul : Dieu était en Jésus-Christ se ^réconciliant avec le monde. {Il Cor. v, 19.) La réponse de saint Paulin est que l'Apôtre ne s'exprime ainsi que pour marquer ta di;
versité des natures en Jésus-Christ, et ni pour diviser le nom de Dieu ()ui est inlh sihie par lui-même. Ensuite il répon.l « passages des Pères allégui^s parF<^liv5 voir : :ie saint Hilaire, do saint AiuhnMve, saint J(^rô lie, de .^aint Augustin, de sai Cyrille, de .saint Léon, de saint Ful^r^ de saint riié.;oire le Oraml et de saint Ail nase; et il fait voiri|u'il les a lrnn<)i)ôsi corrompus : ce qu'il justifie en ia|)|)on leurs projires parnlcs, où l'on voit i\\n\i\\ de dire avec Ft'dîx (pie Jésus-Clirisi ni que Fils adoptif, ils ont enseigné coiisti ment qu'il est Fils de Dieu par nAture* finit son ouvrage par une prière h Dieij.da laquelle il lui attribue tout ce qu'il itour. y avoir de l)on, se reconnaissant Tauleur ce qui s'y trouvait <te défectueux. Aussij qu'il l'eut achevé, il l'envoya au roiCha en le suppliant de le faire passer à Aln^ Sa lettre à ce prince se lit à la suite des til, livres contre Félix.
Lettre à rleistulfe. — Heistulfe à qui sa^ Paulin écrivit sa lettre, avait tué sa Im d'un coup d'épée comme cou)>abie M tère, quoiqu'il n'eût qu'i>n seul ténioiol ce fait. Poussant la colère plus loin, il m^ traita ses enfants et les dé()ouilla X^ partie des biens qui leur appartenaiej Saint Paulin lui représenta vivemeiUiot l'énormité de son crime, en lui faisant t^ que sa conduite était également conirairi la loi lie Dieu qui dérenil de condanii personne sur la déposition d'un seul I moin , et à la tendresse qu'il devait \ femme comme une partie de lui-nn6mo,i ses enfants qu'il avait rendus orphelinsj le meurtre de leur mère. Mais |)our 1 en| ger h recourir à la miséricorde de Dieu qui veut pas la mort, mais la vie ctlaconTeDi du pécheur {Ezech. x\xiii, 11), il luipmiM deux moyens à son choix d'expier son crin l'un <le renoncer au monde et d'entrer di un monastère pour y vivre sous robéissai de l'abbé et y recevoir le secours des prièi de la communauté ; l'autre <le faire une ( nitence publi(|ue en demeurant dans maison, et de passer le reste de ses joi dans les larmes, les humiliations et austérités, en s'alistenant pour toujours viande,excepté h Pâques et a Noël, puriTt que de pain, d'eau et de sel. Il lui recoi mande de veiller et de prier souvent, faire des aumdnes en tout temps, de n a^( aucun procès, de ne point porter lesarmi de garder le veuvage et la continence, veut qu'il ne se lave jamais, n'assiste H cun festin, se tienne dans l'église sépa des autres Chrétiens et toujours i la m pour se recommander à leurs prières; en qu'il s'abstienne de la communion du ror et du sang de Jésus-Christ, excepté à Tari de de la mort en forme de viatique. Qu^ que sévère que paraisse cette pénilenc saint Paulin dit à Heistulfe que sa faute méritait encore une pins rigoureuse. ToaJ
PAO