‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 59 sur 207 · POI · texte numérisé non relu

POI

part aussi à la seconde relation des miracles d^ saint Bernard, depuis sa sortie de Spire, lorsqu'il passa par Cologne, Aix-la-Chapelle, Maëstricht , et alla jusqu'à Liège ; mais il ne parait pas qu'il en ait été le rédacteur; au moins la bibliothèque de Cî* teaux n'en dit rien.

Lettres, — Charles do Visch en a publié yingt-cinq sur un manuscrit de Tabbaye de Saint-Amand, et Bernard Tissier en à imprimé quarante qu'il a trouvées dans différents manuscrits, c'est-àndire trente sur le manuscrit de Clairvaux, et parmi celles-ci sont comprises les vingt-cinq publiées par Visch, mais non dans le njeme ordre. Le manuscrit de Dunes lui en a fourni trois autres, que Visch avait déjà publiées sur celui de saint Amand. Enfin, il en a ajouté encore sept nouvelles, sur la foi d'un manuscrit de Faigny. Les éditeurs ont placé à la tète des observations pour prouver que ces lettres sont de Tabbé de TAumône et non de Philippe de Bonne-£$pérance. A l'égard du plus grand nombre, leurs arguments sont concluants; mais il en est d'autres que les Prémontrés pourraient revendiquer pour leur confrère. Nous allons analyser les plus importantes.

La première est écrite au nom de deux cardinaux légats que le pape Alexandre III avait envoyés en France, en 1160, pour démontrer la légitimité de son élection et déterminer en sa faveur le roi et l'Eglise de France. Cette lettre est adressée à tous les évèques, abbés et autres prélats de la chrétienté, et a pour objet de détruire les raisons on les fausses allégations du conciliabule de Pavie, qui, influencé par l'empereur Frédéric Barberousse, s'était déclaré pour l'anti-pape Victor. Philippe a mis son nom à la suite de celui dos deux légats, Henri et Othon, avec la qualité de mintster paape^ rumChristi de Eleemosyna. On voit par une autre lettre qui n'est pas dans la collection, mais que dom Luc d'Achery a pub'iée, que le pape Alexandre Tavait chargé de négocier en sa faveur auprès du roi de France et de celui d'Angleterre. Philippe rend compte au Pape du succès de ses démarches; il annonce que les deux princes ont reconnu son bon droit, mais que des rai.sons de politique les empêchent de se déclarer, parce qu'étant en guerre ils s'observaient mutuellement. Cependant on espérait qu'ils ne tarderaient

f)as à se déclarer, parce qu'on travaillait à eur réconciliation. On peut ju^er par ces deux lettres, qui ont été reproduites dans la Collection des historiens de France^ à quel degré de considération était parvenu Tabbé de*rAufnône« pour qu'on lui confiât des intérêts d'une aussi haute importance.

La septième à Hubalde, cardinal évèque d'Ostie, est écrite pour demander la sépulture d'un Anglais qui, ayant causé quelques dommage à TEglisede Troyes en Champagne, avait été excommunié par l'évêque, et puis absous, à condition qu il rénarerait le dommage. Cet homme ayant été tué à l'armée, avant que d'avoir pleinement satisfait, avait

été privé de la sépulture; et son Cls, eac en bas âge, n'avait pas songé à acquitte promesse. Parvenu à un Âge plus arancJ demandait à remplir les engagements son père, afin d'obtenir pour lui les li neurs de la sépulture; et c'est l'abbé l'Aumône qui fut chargé de la demander Pape, vraisemblablement pendant le st'ji quMI fit à Sens. |

La huitième et la neuvième ont pour \ jet de mettre à l'abri des poursuites de i créanciers un archidiacre de réalise d'^ léans, appelé Hugues de Rueneuve, <| s^étant fait religieux, avait lé^^ué sou | trimoine pour payer ses dettes; mais au ses neveux ne voulait point s'en dessaîi Philippe supplia le pape Alexandre lil fi roi Louis le Jeune d'interposer leur a" rite pour contraindre le neveu à exéc les volontés de l'oncle. Ces deux loi sont de l'an 1165 ou 1166, car dans cel roi il le félicite sur la naissance de son Celle au pape Alexandre a été impn pour la troisième fois par dora Martène.

Nous avons trois lettres de. Philippe Henri de France, archevêque de Reims, ^ prouvent le cas infini que ce prélat fat de l'abbé de l'Aumône, avec lequel il a passé son noviciat à Clairvaux. Dans la mière, qui est la onzième de la collecti Philippe le remercie en bons termes de bonté qu'il avait eue de nommer à une lature un de ses parents, sans qu'il Teo prié ni qu'il eût lait pour cela aucune marche auprès de lui. Nous croyons qu6 parent est André, abbé de Vaus-Sc nommé à l'évêché d'Arras, non en i comme Tout dit les auteurs de la GaulecL tienne, mais en 1164. La seconde lettre été publiée par dom Martène et dom sier. Elle est encore un témoignage de troite amitié qui unissait ces deux per^oo nages. Philippe était tombé malade, et* prélat s'était empressé de lui envoyer i nomme de confiance pour le soigner, av une lettre dans laquelle il lui témoi^'n le vif intérêt qu'il prenait à sa conservâiioa Philippe lui écrit pour le remercier et rassurer que, si sa santé se rétablit,ille doiin plaisir qu'il a éprouvé en recevant sà leuri et aux soins de la personne qu'il lui a en^ voyée. Enfin, sa santé s'étant rétablie, i) loi renvoya ce serviteur oQlcieux, en lui rcnoovêlant toute sa reconnaissance. Cette (ron sième lettre à Henri ne se trouve que dans la Bibliothèque des pires de CUeaux^ par fï'>m Tissier, qui l'a tirée d'un manuscrit de Foigny. Ces deux dernières lettres sont postérieures à l'abdication de Philippe, c'esl-àdire à l'année 1171. Il parait qu'à cette é{)0que il demeurait non loin de Keims, et i\^^ le prélat ne tarda pas à l'attirer auprès de lui. En effet, Philippe fut, en 1174, le redacteur de la lettre que ce pré!at évsrivit an Pape pour dénoncer le choix irrégulier quon avait fait pour remplir le siège de Cambrai d'un certain Robert, prévôt d'Aire, et l'homme de confiance du comte de Flan* dresy déjà nommé à réyêché d'Arras

PHI

Page 1