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La lettre seizième, écrite conjointement K OD abbé de la Cour-Dieu, que Ton croit t Tabbë Léger, est adressée à l*archevètt de CantorMnr, Thomas Becket, en fa- ■Tile maiire Gérard, surnommé Pucelle, Mire docteur de son temps, lequel, après ûr partagé la disgrâce de son arche vô(|ue, ^n bienfaiteur, rappelé par le roi d*Anterre, avait consenti à retourner dans sa ne. lis représentent au prélat que, bien d de s'opposer à son retour, il doit y tfeotirsans restriction, parce que dès ce Deot Girard sera plus à portée de tra- Ber i sà réconciliation. Cette lettre est 1169, à en juger par une autre du pape Handre lil au roi Louis le Jeune, relative iftème objet.
' foil, par la lettre vingt-unième, à quel ' d intimité Philippe élait parvenu LsQcelin IJl, sire de Beau;^encj, petite située pon loin de rAumône. 11 paraît celte époque Philippe n*était plus abbé l'il s'était éloigné du pays; mais leur ') n'avait rien perdu de sa force : leur pondanee n'en était devenue que plus . CeUe lettre est l'effusion de cœur îériiable ami : il n*est pas possible de X plus noblement de l'amitié et de l'exler avec plus de charmes. Philippe tersi lettre, en priant Lancelin d'armer '«lier un de ses neveui et d'accorder sa Ibkctioa à un serviteur qu'il avait laissé lAonaslèrede l'Aumône.
iki deui dernières de cette collection relatives à l'abdication de son abbaye.
^ la vingt-quatrième, il annonce à Thi- L comte de Biois, sénéahal de France, se démet, par amour du repos, d'une ^e qu'il n avait acceptée qu'à regret ; il ll|i^ comme fondateur et seigneur terripi <ie l'abbaye, d'accorder aux religieux «rAuindae sa protection sans laquelle ils •purraienl subsister. Dans la lettre vingt- W«ièffleaux religieux de l'Aumône, il les m\ii de l'obéissance qu'ils lui avaient *^ et les exhorte à faire un bon choix fwr le remplacer. On voit par cette lettre p^^ atrail éprouvé des contradictions et •ttj-éire des mortifications de la part de ses JftWres; il proteste qu'il a tout pardonné H'ia'il n'en gardera aucun ressentiment:
fe ^em lettres sont de l'an Ifll.i i ces vingt-cinq lettres, Bernard Tissier, *^i« foi d'un manuscrit de Clairvaux, en We quelques autres qui nese trouvent pas «ns la bibliothèque des écrivains de l'or- «5«e Ctieaut par de Visch. La vingt-sep- «"ïc est adressée à un abbé de Prémontré, **ïïiienom commence par la lettre H: ce *«ièlre Hugues II qui fut abbé depuis l'an "*2 jusqu'à 1189. L^objet de cette lettre est -^î^iwret la foute d'une de ses nièces qui, ^•^«l agrément de l'abbé, s'était faite reli- ^"'«e dans un monastère de l'ordre. Il ^'^'«KéDéral des Prémontrés d'excuser la Wé d'une fille, et d'approuver une dé- ^^eensoi louable. Le P. Hugo a publié "« leure Jn pape Alexandre ili, relative à iieidaire. Elle est datéedu palais de Lalran,
Te 18 mars, et est adressée à Guillaume, archevêque de Reims, par conséquent postérieurement à Tannée 1176; et comme le pape Alexandre ne rentra dans Rome qu'en 1179, il s'ensuit que Philippe peut avoir vécu jusqu'à cette année.
La lettre trentième est relative aux troubles que l'empereur d'Allemagne entretenait dans la Belgique. Ennemi déclaré du pane Alexandre III, Frédéric Barberousse obligeait tous les prélats de sa domination, sous peine de déposition, à souscrire à la formule de serment qu'il avait prescrite dans une assemblée de Warsbours. On voit, [)ar une lettre du pape Alexandre III, à Henri de France, archevêque de Reiras, que l'abbé de saint Guilain, appelé Léon, ayant refusé le serment, avait été obligé de céder sa place à un partisan de l'empereur. Le Pape ordonne que Léon soit rétabh, si Ton n'a autre chose à lui reprocher que son refus de serment. Mais il ne paraît pas qu'il l'ait été, car on voit à sa place un nommé Lambert. C'est à celui-ci que Philippe écrit la lettre trentième pour lui recommander deux religieux qui, ayant suivi l'abbé Léon dans sa retraite, désiraient, après sa mort, rentrer dans le monastère.
Nous nous sommes un peu étendus sur ces lettres, parce qu'il n'y en a guère dans le XII' siècle qui soient écrites d'un style
Elus élégant et plus poli, et que sur le nomre il s'en trouve c^uelciues-unes assez intéressantes pour l'histoire. A ces lettres, il faut en ajouter une qui se trouve la vingtunième parmi celles de Philippe Harveng. Elle n'est nullement dans le style de ce dernier. On n'y voit point ces consonnanccs étudiées et répétées à chaque membre de phrase et oui sont la marque caractéristique de son style; mais tout concourt à nous persuader qu'elle est de Tabbé de l'Auraono. Elle est adressée à un Guillaume qu'il est aisé de reconnaître au portrait qu'en trâco l'auteur: c'est un jeune homme d'une grande naissance qui venait d'être élevé dans l'Eglise sur un siège éminent. Nous jie doutons pas quece ne soit Guillaume de Champagne, qui était très-jeune encore lorsqu'il fut nommé évêque de Chartres, en 1165. Philippe lui écrit pour le féliciter sur sa nouvelle promotion; il lui en témoigne sa joie et relève son rare mérite. Après lui avoir donné des instructions pour bien gouverner son diocèse, il le prie d'excuser la liberté qu'il a prise, espérant que sa vieillesse sera un motif suffisant h l'égard d'un jeune homme. Il est vrai qu'à cette époque Guillaume n'était pas si jeune, mais il pouvait passer pour tel en comparaison de Philippe qui touchait à la fin de sa carrière, et qui, d'ailleurs, lorsqu'il était abbé de l'Aumône, avait été à portée de la cultiver dès les premières années de son enfance. Vie de saint Amand. — Il faut encore attribuer h l'abbé de l'Aumône la Vie de saint Amand, évoque de Maëstricht , imprimée parmi les œuvres de Philippe de Bonne-Espérance, quoique le véritable auteur ait mis
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soa nom à la tète de rëpUre dédicatoire
3u*jl a adressée à Hugues, abbé d'Eluone ou e saint Amanrl, à la prière duquel il l'avait entreprise. Hugues étant mort avant que Philippe lui eût envoyé son ouvrage, et rabbé Jean lui a^ant succédé, Philippe fit une nouvelle dédicace qu'il envoya au nouvel abbé par un de ses religieux, nommé Albert. Ce qui prouve de plus en plus que Tahbé de TAumône est auteur de cette Via et des deux épîtres dédicatoires, c*est qu'il parle, dans plusieurs de ses lettres, du moine Albert, comme d'un homme qui lui était fort attaché et même son parent. Quant au mérite de son ouvrage, il dit n'avoir fait que retoucher, pour en polir le style, mais sans rien changer dans l'arrangement des faits, deux vies plus anciennement composées par Baudemonde et Milon, dont nous avons parlé en leur lieu. Les BoUandistes ont imprimé cette vie au 6 février. On voit par les pièces qui accompagnent son récit que Philippe avait joint à la Vie du saint tout ce qu il avait pu découvrir sur son histoire , et les BoUandistes ont également reproduit toutes ces pièces dans leur grande Collection.
Il est encore certain que c'est Tabbé de BonnK-Espérance qui a composé ou retouché VHisloire du martyre de saint Cyr et de sainte Julite, que l'on trouve parmi les OEuvres du dernier. 11 est vrai que dans VEpiireàJean^ abbé deSaint-Amand, l'auteur ne prend que la qualité de frater Philippus Sans ajouter de Èleemosyna ; mais c'est qu'alors il n'était plus abbé de l'Aumône. Cela est si vrai qu'il ne faut que jeter les yeux sur le style de la pièce pour se convaincre que ce n'est pas celui de I abbé de Bonne-Espérance, reconnais^able entre mille autres. Philippe entreprit cet ouvrage è la prière de l'abbede Saint-Amand, auquel il ne pouvait rien reiiiser, comme il le dit dans deux de ses lettres. Il avoue au'il n'a fait que retoucher unp ancienne Histoire de ces saints , qu'il regarde comme apocryphe, sans y Fien changer cependant autre chose que le style: c'est l'ouvrage d'Hubalde, moine d'EInone, c|uoiqu il ne le nomme (>as. On peut voir à I article d'Hubalde le jugement que l'on doit porter de ces Actes dont les Bollandisles n ont imprimé qu'une partie.
PHILOiN, que saint Jérôme a mis au nombre des auteurs ecclésiastiques, était Juif de naissance, de la race sacerdotale et de l'une des plus illustres familles d'Alexandrie. Dès sa Jeunesse Philon s'appliqua à l'étude des belles lettres et de la philosophie et s'y rendit très-célèbre. On prétend môme qu'il surpassa tous ceux de son temps dans la connaissance des dogmes de Platon et de Pylhagore, auxquels il s'était spécialement attaché. L'identité de son style et de ses sentiments avec ceux de Platon donna lieu aux savants de Je nommer un autre Platon, et le Platon juif; à Alexandrie on disait ordinairement de lui ou Platon imite Philon, ou Philon imite Platon. Sozomène l'appelle aussi Philon le Pythagoricien parce qu'on
trouve beaucoup de sentences de Pylba
ffore mêlées parmi ses œuvres. Mais rieo ui fait plus d'honneur que la profonde naissance qu*il acouit des divines Ecrilui
Ses voyages à Kome. — L'année de naissance nous est inconnue. Mais il o' dit lui-même qu'il était assez avancé en lorsqu'il vint à Rome sous le règne de C«» vers la quarantième année de Jésus -Chi ' Il y avait été envoyé par les juifs d*Aie] drie pour défendre devant i'empereor droit de bourgeoisie qu'ils prétendaii dans cette ville et pour se faire rendre h oratoires. Mais son vova^e fut sans e n'ayant pu obtenir la décision de son faire. II fut même en danger de perdrai vie dans sa légation.
Philon vint une seconde fois à Rome l'empire de Claude et si l'on croit queh anciens, il contracta amitié avec saint Pi< Photius dit qu'il embrassa depuis (a reli chrétienne ; mais qu'il la laissa pour ques mécontentements. Ce fait n*es( m ment attesté. 11 n'y a cependant aucun de douter qu'il n'ait eu connaissance Jésus-Christ, dont il paraît avoir comi la divinité dans ses écrits contre Mw h& temps de sa mort nous est incoi comme celui de sa naissance.
JfJâBMENT DES AN ClBNS SUR SBS ÉClirrS. H
Josèphe, son contemporain, fait de lui éloge accompli en disantqu'il fui un bomi illustre en toutes choses. Ses écrits ont rite l'éloge des plus Iiabiles critiques l'antiquité. £usèbe, parlant de ceux Philon composa sur l'Ëcriture' sainte, relève la sublimité des pensées, rabond^ des paroles et le grand nombre des tences. Origèneloueen particulier ses sur la loi de Moïse et dit qu'ils étaient ei mes des personnes savantes. Mais Pholii se plaint de ce que Philon force la lettre y trouver des sens allégoriques, et il croi que c'est lui qui a donné aux chrétiens t manière d'expliquer ainsi l'Ecriture sainte Ce critique l'accuse encore de suivre quel que fois des sentiments contraires à la n) iigion des Juifs. £n effet, on voit qu'il pari en plusieurs endroits trc>p honorablemen des folies du paganisme et qu'il approuvi les honneurs profanes qu'on rendait k Aa<
Î;uste : mais Photius ne laisse pas de loue a beauté de son stjrle et la force de ses ev pressions. Une critique du dernier siècle a avancé que Philon ne savait pas l'hébreu mais on le croira avec peine, car il a pri^ trop de soins pour acquérir l'intelligeoc< des divines Ecritures. S'il est vrai, comoK le disent £usèbe et saint Jérôme, que Philon soit l'auteur des interprétations des nom: propresduPentateuqueetdes prophètes, c'est une preuve claircqu'il connaissait l'hébreu. Des icRiTs de Philon. — Notre desseiu n'est pas d'entrer dans un détail exact des ouvrages de Philout non plus que des au* très écrivains oui sont morts hors de la communion de 1 Eglise ; nous nous contenterons de donner le catalogue, tant «le ceux que nous n'avons plus que de ceux qui
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ristenc êooore» et d*en inarr[uer en peu DOts Je sojet. Phi ton écrivit premierei^Swla eréaiion du monde on l'ouvrage M joors» Eusèbe cite plusieurs fois cet I om s*est conservé jusqu'à nos jours.
i|Jiqaa ensuite par ordre tout ce qui est lenu dans la Genèse et intitula cet ou* ^lÀlUgofiedes lois sacrées, ^hoiius l'avait Aqne nous lavons encore divisé en trois »L LéoDtius en cunna ssait un quatrième DOQS n'avons plus ; mais on a encore Irai// sur le chérubin que Dieu mil à trfedo paradis terrestrot sur le glaive hi qu'il tenait en main et sur Caïn prehoe de rhomme. Dans un autre il traid»s sacrifices d*Abel et de Gain; dans le taèine, il montre que d'ordinaire les pki&ts dressent des embûches aux bons, jhreier traité est cité par Origène et par ^.11 composa aussi un livre intitulé:
nri,un De V immutabilité de Dieu ; deux nnihiire, dont le second traitait de Uarede la vigne; un De V ivrognerie^ parait avoir été divisé en deux parties ; r ces paroles de le Genèse : Noé b*éaivuLLftt que nous croyons être le qae celui qui dans Eusèbe a pour ti- De ce çue r esprit sobre désire et de ce déteste: un De la confusion des langues; id'Âbraham qui est intitulé : Delà vie du p([ui a une science parfaite^ et quelquefois I hit non écrites. Il en composa un auil Ik la treoMmiaraiion d'Abraham; un Éeiunt la vie d'Isaac ; un autre celle de M). Ces deux derniers sont perdus, de beque celui qui avait-pour titre : Delà mptnse des gens de bien. Celui de VHérit été tho$e$ divines et de la division en pHtt éfùles et inégales f est Tenu jusqu'à
E. (hiloQ le composa à l'occasion de l'aleque Dieu fit avec Abraham et dans Klle ce patriarche eut ordre de sacrifier iSeJ^eor une Tache de trois ans, un bé» |f lussi de trois ans avec une tourterelle liât colombe, et de diviser tous ces ani- |2«t |>ar moitié. Les deux suivants sont des ■taries sur la conduite d'Agar, servante -ibraham, c'est-à-dire, sur les services Mie rendit à ce patriarche, et sur sa fuite l|^ qu'elle eut été maltraitée par Sara. Il viTitattssi deux livres testaments que nous nvoQs plas; mais Philon en fait mention ™ un autre ouvrage qu'il composa quel- N temps après et dans lequel il rend rai- *ûecequeles noms de certaines per- ^^es dont il est parlé dans l'Ecriture sont Wuefois changés. Le livre qui a pour nv6 ; le portrait d'un homme qui mène une '««n7e,est à proprement parler la vie du Hmirche Joseph. Le suivant traite des son- Ip «t fait voir que selon le sentiment de ^^\\& sont envoyés de Dieu. Eusèbe, JJ»cephore et Soidas, disent que Philon avait »Jœpo5é cina livres sur cette matière ; nous °J^*^ons plus que deux, le second et le Msième. Il expliqua outre cela plusieurs P^ûMifflciles de la Gmise, en projiosant jPH'^^^lîons et en jr agoutant les réponses, ^«Oouoa aux six livres dont cet ouvrage
était composé, le litre de questions et solutions sur la Genèse. II n'en reste que quelques fragments.
C'est là ce que Philon composa sur la 6enèse. Il écrivit aussi plusieurs livres sur Y Exode; un de la vie de Moïse; cinq de questions ou solutions sur YExode^ qui ne subsistent plus ; un des dix préceptes en général, et des deux premiers en particulier ; un autre divisé sur les troisième, quatrième et cinquième préceptes du décalogue ; un troisième sur les sixième et septième préceptes. Il en expliqua la suite dans un quatrième livre qui n a pas encore paru. Philon traita ensuite en particulier plusieurs points de la loi cérémonielle. Nous avons encore son livre de la circoncision; un de la monarchie, un de la Providence ; un des récompenses et des honneurs des prêtres; un des animaux destinés aux sacrifices et des différentes espèces de victimes; un de ceux qui offrent les victimes ; un autre sur l'endroit du Deutéronome où Dieu défend d'offrir dans sa maison la récompense de la prostituée. Philon nous a laissé en outre un livre des récompenses et des peines qui sont proposées dans la loi tant aux bons qu'aux méchants ; un des imprécations ausfi contenues dans la loi ; unsurledix*seplième chapitre du Deutéronome^ où Moïse prescrit aux Israélites les règles qu'ils doivent observer dans l'élection d un roi. Philon y prouve qu'elle doit se faire non par le sort, mais par le suffrage du peuple ; un des trois vertus : la charité, la force et la pénitence , un de la Téritable noblesse.
Philon écrivit encore plusieurs autres ouvrages considérables qui sont de nouvelles preuves de l'étendue de sou esprit et de son savoir. Un des plus beaux est celui dans lequel il fait voir que quiconque pèche est esclave, et que quiconque s adonne à la vertu est libre. C'est dans cet ouvrage qu'il parle des esséniens, secte de juifs célèbre dans la Palestine et dans la Syrie. Ils vivaient d'une manière très-austère et trèspure, gagnaient leur vie du travail de leurs mains, soulageaient ceux de leurs frères qui étaient dansTe besoin et pratiquaient toutes sortes de bonnes œuvres. Saint Jérôme attribue à Philon un Livre de la vie des essénienSf qui est probablement le môme que celui dont nous venons de parler. Après avoir décrit la vie de ces solitaires juifs, qui, sans laisser leur travail ordinaire, vaquaient en cotumun aux exercices de la piété ; Philon entreprit aussi de décrire celle des thérapeutes, dans un ouvrage au'il intitula : De la vie contemplative ou de ta vertu de ceux qui s'appliquent à la prière. Nous examinons dans l'article de VHistoire ecclé^ élastique d'Eusèbe de Césarée quels étaient ces tnérapeutes, s'ils étaient chrétiens comme cet historien l'a cru, et après lui saint Jérôme et un grand nombre d autres ; ou s'ils étaient juifs de religion comme il y a bien de l'apparence.
Le livre que Philon avait intitulé De la providence de Dieu est perdu en pattie,. H
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subsistait encore du temps d'Eusèbe, qui le cite plus d*une fois et qui en a donné un extrait dans le huitième livre de la Préparaiion évangélique. Nous avons aussi perdu une apologie qu*il avait faite pour les Juifs. Eusèbe en parle dans son Histoire ecclésias^ tique^ el il en rapporte deux fragments dans ses livres de la Préparation, Philon décrivit encore en cinq livres les malheurs dont les Juifs furent accablés sous le règne de Ca- Hgula. Le premier est contre Flaccus, préfet de TEgypte, sous l'empire de Tibère el de Caius. Philon y représente les maux extrêmes que ce gouverneur fit souffrir aux Juifs d*Âlexandrie; et après avoir rapporté la manière dont ce persécuteur fut maltraité à son tour, il en conclut que Dieu n*avait pas encore abandonné les intérêts des Juifs, puisqu'il avait tiré vengeance de leur persécuteur. Le second a pour litre : Des vertus^ ou légation à Caius ^ oWySelow Photius, Caius blâmé. Cet ouvrage est de Tan 40 de Tère vulgaire, de la même année que Philon fut envoyé à Rome pour Tintérêt des Juifs d'Alexandrie; mais le livre et la légation furent sans effet, et Philon nous apprend lui-même qu'il ne remporta d'auitres fruits de son voyage que d'être raillé et de courir le hasard de perdre la vie. A la tôle de l'ouvrage, Philon se met au rang des vieillards; il y parle souvent des vices et des impiétés de Caius, et ce n'est que par ironie qu'il lui a donné le titre Des Vertus, On dit qu'il le lut en plein sénat, lorsque Claude fut parvenu a l'empire, et qu'il acquit par là une si grande réputation que ses ouvrages furent jugés dignes d'êlre conservés dans les bibliothèques publiques.
Aussi Pholius y trouve plus de beauté et de force d'éloquence que dans tous ses autres écrits. A la fin de ce livre, Philon en promet un autre sur la même matière , et on croit avec assez de vraisemblance qu'il y décrivait ce qui s'était passé dans la seconde audience qu'il eut avec Caius, mais la chose n'est pas certaine.
L%s trois autres livres que Philon écrivit en faveur des Juifs ne sont pas venus jusqu'à nous. Il parait même que Photius ne les avait pas connus, et que dès son temps ils n'existaient plus, puisqu'il ne parle que des deux livres contre Caius et contre Flaccus. L'écrit de Philon contre Mnason serait demeuré dans l'oubli, sans Anaslase leSinaïte, qui le cite dans un endroit de ses ouvrages.
On met au nombre des derniers écrits de Pliilon celui De Vincorruptibilité de Vàme. Cet ouvrage est imparfait, et il parait que Philon y avait ajouté une seconde partie <iue nous n'avons plus; dans cette dernière, il résolvait les objections que l'on faisait sur ce qu*il avait dit dans la première. £usèbe cite de Philon un ouvrage qui avait pour tilre i Alexandre^ ou que les animaux ont de la raison. Le même auteur dit encore que Philon donna une explication des noms nébreux qui se trouvent dans la loi et les prophètes; saint Jérôme, après Origène, fait
aussi la même assertion.<Cel ouvrage ton fois n'a pas encore été imprimé parmi oe de Philon ; mais on le trouve dans plu$i« autres recueils. Quelques critiques adI, tribué àPhilon une histoire latine qni ea prend ce qui s'est passé depuis Adamjusf la mort du roi Saûl; mais plusieurs eUi fondement ne croient pas que cet ouTq soit de lui, parce qu'il n'a rien qui en s digne, et qu il est contraire à l'Ecriture beaucoup de choses. On peut encore lui attribuer le Livre de la sagesse^ qu'il est d'un âge plus reculé que lui.' savants reconnaissent aussi que c'est à qu'on le fait auteur d'un Traité du m< et d'un abrégé chronologique de ce qui i\ passé depuis Adam jusqu'au règne d] grippa. Saint Clément a Alexandrie sous le nom de Philon, une [Jistoire dt$\ des Juifs ^ qu'il oppose à celle qu*en faite Démétrius; maison ne sait de Philon il veut parler ; car il va eu plusK écrivains de ce nom. On attribue ai Philon un écrit contre Mnason^ dans le||, on prétend qu'il combattait la diviniiéji Jésus-Christ. j
PHILON, d'abord avocat, fut ensuite i donné diacre, puis évêque de Câr{ia4i par saint Epiphane, qui l'employait qiHi quefois comme coadjuteur dans iadroiaî tration de son diocèse de Salamine. On ^ en effet que de temps en temps, il prij Philon d'ordonner des prêtres etile rmi§ les autres fonctions épiscopales dans ' églises de son diocèse plus rapprociiée^j Car[)asie que de Salamine. Le diocèse (iei lamine était fort étendu, et la ville de ' pasie se trouvait située sur ses limitei nord de l'ile de Chypre. Il paratl que était mort dès l'an 394, puisqu'une leltr^l saint Epiphane, écrite en cette annétihU de Jérusalem., l'appelle un évêque de biil heureuse mémoire.
L'éditeur de Cassiodore, dans féditi^i qu'il a publiée des OËuvres de ce Père, rt{ marque qui! attribue à saint Epiphane li petit Commentaire sur le Cantique des m tiques qui appartient à Philon. En eSm Suidas, en parlant de ce dernier, dit (m composa un écrit fort court sur le Caniim des cantiques. Il est vrai qu'il fait ce Pbitdj évêque de Carpathe ; mais n'est-ce poiffl une faute des copistes, qui auront écm Carpathe pour Carpasie, parce que ceUJ dernière ville leur était moins connue ?^ Grecs ont encore un p?tit commentaire soi le nom de Philon; et selon toute apparoncc c'est le même que Bisot traduisit en /ajiA et qu'il se proposait de donner au publiCi si la mort ne l'en eût empêché. Nous e» avons un autre dans la Bibliothèque dtsf^' resy adressé à Eusthate, prêtre, etàE"sèbe, diacre, à la prière desquels Tauleur l'avait composé. Ce commentaire porte le nom de Philon de Carpathe; mais il 7| toute apparence qu'il lui est suppostS/^ qu'où n y a mis son nona que parce q?^^" savait qu'il avait fait un écrit surleta^' tique des cantiques. En effet, il n'a aucu»
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port arec celui dont parlent Cassiodore (aidas. Le commentaire de Philon, selon U n*éiait qu'une espèce de mémoire trèsirt,ffu lieu que celui-ci, au contraire, trè>-Iong D'ailleurs il paraît avoir été Il originairement en latin, et on y trouve (ieurs passades tiré.s presque mot à mot saint Grégoire le Grand sur le même tniue, et la plupart de ces passages n'ont lijie liaison avec ce qui précède et ce qui ; ce qui prouve aue cet écrit est une ipilatioo laite après le travail du saint tiJc. 1^ |)ère CombeGs cite un passage tijlon sur ces paroles do saint Matthieu : i fut le sel de la terre. (MaUh. v , 13.) bt aussi sous son nom plusieurs fragktoôaos les Chaînes sur le Cantique des ifs par Meursius, imprimées à Leyde 117; mais il n'y est qualIQé évèque ni f)>aste ni de Carpathe. Dans les Chaînes ^PtniQleuque 9 publiées en latin par Zé- 15, il est appelé simplement évoque, que fauteur lui assigne de ville épis*
ILOROME, qui exerçait la charge d'inkm général et de receveur des deniers Knaui dans la ville d'Alexandrie, et qui bette qualité rendait tous les jours la jusi« entouré de gardes et de satellites, sui- II ) usage des magistrats romains, était Rflt à rinterrogatoire que l'on fit subir iivni martyr Philéas. Témoin de la ferlé merveilleuse de ce courageux confes- »i il s'écria : «Pourquoi faites-vous, de ^ efforts pour ébranler la constance de kotûnip? pourquoi voulez-vous le rendre pèle à son Dieu ? Ne voyez-vous pas que Ij^ux sont fermés à vos larmes , que ses
Sî» sont sourdes à vos paroles, et qu'il occupé aue de la gloire céleste?» Ce ^rs de Philorome tourna la colère de ks l<;s assistants contre lui. Ils deman- [ttt' qu'il fût compris dans le.jugement ^«Imit condamner Philéas. Le juge v »«niil et \e$ condamna l'un et l'autre a «fia têle tranchée. Ils subirent cette senjw Ters Tan 307.
WILOSTORGE, historien ecclésiastique, (nu eu Cappadoce, vers Tan 364. Elevé ' one mère qui avait abandonné le sein '^lise pour suivre la secte des euno- *Qsàl embrassa toutes ses erreurs aux- *iies il ajouta encore l'impiété d'Arius. ^^f'U par ses écrits qu'il avait reçu une tt<*aiiou brillante. Il avait étudié avec suc- * '^uies les sciences que Ton cultivait à ^ '^l'oque, il possédait les écrits des an f»it:|il s^élait appliquée l'étude de l'Ecri- «^^iDle.ll aime à fa citer, et il entre- "^ ^e temps en temps à sa narration cer- ^^maiiœes pieuses, qui ont fait penser /laelques-uns que, quoiqu'engagô dans ^erreurs des ariens, il s'en fallait cepen- 2^Y fût entièrement impie. Sa haine 3^ 'esquifs, les apostats et les païens 5^ ^uiplacûble, et il attribue la félicité de 'mm Théodose, qu'il ne flatte pas ^'' w ude, au zèle ardent qu'il avait pour '^^iiru.jiron desidoles.il combat lui-même
la vanité de lôurculte dans plus d'un passage de ses écrits, et il affirme même assez positivement qu'il avait écrit contre Porphyre en faveur de la religion chrétienne. Il condamne plusieurs propositions des hérétiques, de son siècle et du siècle précédent; il recommande le jeûne du mercredi et du vendredi , et non-seulement il ne trouve pas mauvais que l'on honore les reliques des saints, mais il se plaint même des 1)rofanations que les païens leur firent su- )ir sous le règne de Julien l'Apostat. Mais il parle des moines avec mépris et ne se montre nullement favorable au culte des images. Philoslorge vivait encore en 425, comme on le voit par son Histoire qu'il conduit jusqu'au règne de ValentinieuHÏ, déclaré auguste en cette année.
Histoire. — Le but qu'il se propose dans cette Ai5/otrc est de rendre odieux les défenseurs de la consubstantialité du Verbe, c'està-dire les catholiques, dont il fait une satire continuelle, et de faire prévaloir l'arianisme, moins par des raisonnements, que par les éloges outrés qu'il prodigue aux
fu'incipaux partisans de cette secte, et par es prodiges qu'il leur attribue, particulièrement à Eusèbe deNicomédie, à Tlndien Théophile, à Agapet et Synades, à Léonce de Tripoli et à quelques autres. Pour accréditer par quelq^ue point de vraisemblance, le mérite qu'il attribue à l'hérésiarque Arius, il ne fait aucune difficulté de raconter les choses autrement qu'elles se passèrent, lorsque Alexandre fut évéque d'Alexandrie, et il suit habituellement ce procédé dans tout ce qui regarde Tarianisme. Aussi Pholius, qui ne craint pas de relever ses mensonges, l'accuse même de s'être souvent laissé aller à des fables. Nous n'avons de cette histoire que l'abrégé que celui-ci en a fait, et il suffit poumons instruire de ce qu'elle contenait. Elle était divisée en douze livres et les premières lettres de chacun formaient le nom de Philostorge. 11 en avait usé ainsi, à l'imitation de Plante, qui avait employé ce genre d'acrostiches dans les arguments de ses comédies. Il l'écrivit sous le règne de Théodose le Jeune et la commença parla mort de Constance, père du grand Constantin , afin de se ménager l'occasion d'en venir insensiblement à I histoire d'Arius. Sozomène, qui écrivait son histoire en même temps que Philostorge en cite un passage, mais pour le réfuter Elle a été citée également par Jean d'Antioche dans le vu* siècle, par Nicétas dans le xiii', et par Suidas.
Premier livre. — Le premier livre donne de grands éloges aux livres des Machabées^ non-seulement parce que rhistoire qu'ils renferment s'accorde parfaitement avec le^ prophéties de Daniel, mais encore parce qu'ils exposent d'une manière admirable comment les affaires des Juifs, ruinés par les fautes de quelques-uns, avaient été rétablies par la vertu de quelques autres. Il avoue que l'auteur de ces livres lui était inconnu, et il ajoute que le second ne lui pa-
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raissait pas ètredu même auteur que le premier, et qu'il le croyait un simple abrégé des cinq qui furent écrits par Jason le C7rénéen. Il désapprouve fort le livre troisième, qu il appelle un livre monstrueux, et qui, suivant lui, n'avait rien de compara- )»le au premier. Quant au quatrième, il l'attribue à Josèphe, et le regarde moins comme une histoire que tx)mme l'éloge d'Eléazar et de &^es sept fils. Après avoir loué, dans le iiiéme livre, Ëusèbe de Césarée et son His^ toire de l Eglise^ il l'accuse d'avoir enseigné plusieurs erreurs, entre autres d'avoir cru que Dieu ne peut être ni connu, ni compris. £n parlant d'Arius, il dit qu'étant assuré d*un grand nombre de voix pour être élu évèque d'Alexandrie, il s'appliqua à les re-
Î)orler sur Alexandre, se privant ainsi voontairement des honneurs de Tépiscopal pour les lui procurer. Selon cet historien, ce fut un prêtre d'Alexandrie, nommé Bancalis, qui jeta des semences de division et de haine entre Arius et Tévêque Alexandre. Il ajoute que ce prélat s'élant rendu à Nicomédie, avant ta tenue du concile de Nicée, pour y conférer avec Osius et quelques autres évêques, &t en sorte qu'ils convinrent de déclarer dans le concile que le Fils de i)ieu est de la même substance que son Père, et de retrancher Arius de la communion de l'Eglise. On ne trouve rien de semblable dans les autres historiens du temps» pas plus qu'on n'y voit que ce fut Constantine, sœur de l'empereur Constantin, oui conseilla à Ëusèbe de Nicomédie, à Theogniste de Nicée et à divers autres évêques, de dissimuler leurs sentiments et de se soumettre extérieurement à la décision du concile touchant la consubstantialité.
Leuxiime livre, — Philostorge ne mérite pas plus de croyance, lorsqu'il raconte uu'Ëusèbe et ses partisans ayant rétracté 1 approbation qu'ils avaient donnée au concile de Nicée, 1 empereur Constantin les chÂtia de leur perfidie; qu'il rappela Secundus, évèque de Ptolémaïde et tous ses compagnons du lieu de leur exil, et qu*il écrivit a toutes les Eglises une lettre par laquelle il rejetait les termes de même subslancCf pour les remplacer par ceux de semblable en substance: qu'Alexandre , évèque d'Alexandrie , signa cette lettre, et que depuis qu'il l*eut signée, Arius communiqua avec lui. Mais ayant vu depuis qu'il n'y avait rien à appréhender de la part de l'empereur, Alexandre retourna à son premier sentiment, et c'est alors qu'Arius se séparade lui et deTEglise, avec tous ceux de son parti. Quoique Philostorge loue beaucoup Arius d*avoir attaqué la divinité du Fils de Dieu, il ne laisse pas cependant de lui attribuer des erreurs extravagantes, comme d'avoir cru que Dieu ne peut être connu ni compris, non-seulement par les bommes, mais pas même par son Fils unique. Il dit de Constantin , qu'ayant ajouté foi trop facilement aux médisances de Fauste, sa femme, il avait fait mourir Crispe, son tils, et que depuis, l'ayant surprise en adullëre, il l'avait fait étouffer
dans un bain de vapeur, et peuaprès,it empoisonné lui-même par ses frères l comédie. Il parle dans le même liyre conversion des Scythes ou des Goths d'Ulfilas, qu'il dit avoir été leur premi^ que.Il leiait inventeur des caractères, hers dont ces peuples se servaient^ é qu'il traduisit l'Ecriture sainte en leur gue, à l'exception des livres des JRotf, ne contiennent que des récits de gut parce qu'il ne jugeait pas à propos de mettre entre les mains d'un peuple qu' se portait déjà qu'avec trop d'ardeur l'exercice des armes. Parlant des In convertis à la foi par saint Barthéle leur attribue de croire que le Fils de est dissemblable à son Père, quant à la tance. Nous ne dirons rien de ce qui sur saint Atbanase; ce ne sont là qu»
songes et impostures.
Troisième livre. — Suivant Pbîlosto paradis terrestre était situé vers 1« equinoxiale de l'Orient. II fonde celle jecture sur ce que tous les pays m' naux sont habités jusqu'à rOcéao, soleil échauffe extraordinairement, pi rayons perpendiculaires qu'il projette ses eaux. Il en juge ainsi, parce que le' que l'Ecriture sainte appelle Phisoa, et tire sa source du paradis, coule de la pf septentrionale de l'orient vers le midi se décharge dans l'Océan, vis-à-vis TU Ceylan, appelée autrefois île Tap Une autre preuve de la communicatioi ce fleuve avec le paradis; c'est, dit-il, ses eaux ont une vertu merveilleuse e les maladies; de plus, les fleurs qu'il mène dans son cours font juger qu'il touiours sur la terre, au lieu que île et l'Euphrate se cachent quelquefois i terre, et n'en apportent rien. Il en eside me du Nil, qui vient aussi du paradisier tre, selon le témoignage de Moïse, qui I pelle Gion. Philostorge parle de divers 1 maux monstrueux que 1 on voyait en £(i pie et en Egypte, dans les pays situés ei rOrient et le Midi, comme des dragons ai gros que des poutres, et de quinze or^ de longueur. Il avait vu la peau de qu ques-uns. 11 dit que ce fut Fiavien d'ial che qui, ayant assemblé une multitude croyable de moines, s'écria le premii Gloire au Père^ au Fils el au Saint-Efp Avant son temps, les uns disaient : Oli soit au Pirey par le Fils f dans le Sainl-Em et d'autres : Gloire soit au Père dans U el dans le Saint-bsprit, Il ajoute qu<? ariens, quoique divisés de doctrine 3 ceux qui soutenaient la consubsiaoïia^ du Fils, ne laissaient pas d'entretenir ai eux une communion de prières, de ctiaj de conférences et de toute autre chose, J cepté de l'oblation du sacrifice; maisqu4 tius persuada à ceux de son parti de roiDij cette union simulée. 1
Quatrième^ cinquième et sixième «r''^'*- 1 Il marque, dans le livre qualrièmei w/'J que l'empereur Constance prit en diç^^^"' occasions aux difficultés qui régnaient tï
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nesChrétiens, aa sojet de la consubstan- |it<« et ii rappelle les conciles qu'il fit Bembler pour décider cette question. Le Biaième lirre traile de la même matière, It sixième également. Philostorge rapirle qoe/pendant que ce prince s'occupait bire régler ces différends de l'Eglise» on r apporta la nouvelle de la révolte de Ju- 0^ et qu^étant parti à l'heure même pour Dstantinople, il convoqua les évoques . concile qui devnit se réunir à Nicée, pr examiner Topinion de ceux qui ensei* '"ni que le Fils de Dieu est dissemblable j Père ; mais , arrivé à Mopsicrènes, il 1 attaqué d*une n^aladîe pendant laite il reçut le haptème de la main d'E-
liimê Ihre. — Le septième livre est
ré è décrire les persécutions que Ju-
TApostat Gt souffrir à l'Eglise et aux
tiens. Il y parle avec honneur de la
le que rhémorrhoïsse de l'Evangile fil
îT au Sauveur, en reconnaissance de sa
ison» et il ne doute fas, comme on le
vail aflirnié, que Therbe qui croissait
pied de cette statue ne fût un remède
ml contre la corruption. Il ajoute,
iprès avoir été lonztemps couverte du
e, elle en fut retirée et placée dans la
islie de l'é^jKse de Paneade, où on la
Uic, mais sans l'adorer, puisqu'il n'est
Sis d'adorer, dit-il, ni bronze ni aucune matière. Il traile de sacrilège rentre* des païens qui, ayant retiré de leurs ikieaux les os du prophète Elisée et de it Joan-Rtptiste, les mêlèrent avec des imeais d*animaux, les mirent confuse- Il au feu et en jetèrent les cendres au Il se plaint des outrages que Julien lat fit aux reliques du martyr Bahyet rapporte le témoignage glorieux que démons furent contraints de rendre à la m de ce saint, dont il décrit la constance h mort. Il dit quelque chose de l'ordre ^DQé ^ar Julien pour le rétablissement dn ni))e de Jérusalem, et remarque que ^iq«es-uns des ouvriers ayant été consusp^rle feu, et d^autres abîmés dans les ttibletnenla de terre, la vérité des prédic*^ |ns du Sauveur se trouva confirmée par lui-là même qui avait eu l'insolence d'en- J^prendre de leur donner un démenti.
. mtiême titre. — Philostorge commence •J'i.hmiiôme livre par raconter comment *»Tîen ^rvint h Tempire après la mort de wen l Aoostal, et ce qu'il tit pour rendre * 'Eglise la paix et ses évèques exilés. Il y F'e a?ec éloge de saint Basile et de saint ^îHoiT^deîiazianze, mais il prétend qu'Aroiinaire, évoque de Laodicée, était plus
léanmc
.. w -T— quelque ^^^^^ «^ p.,*»
wvwaiiiei^jç plus propre aux panégyriques ^J'^^celui d'Apollinaire; saint Grégoire était V'|i5 riche et plus abondant, et Apollinaire ym ferme et plus concis. Photius accuse "«raison cel historien d'impudence, en ''TM\iuribQe k saint Grégoire et à saint
Basile d'avoir cru que le Fils de Bieu ne s'est point fait homme, mais qu'il a seulement habité dans l'homme, sans rien citer de leurs ouvrages qui puisse seulement insinuer l'idée d^n pareil blasphème.
Neuvième livre. — Le neuvième livre con« tient le récit de prodiges et de miracles inventés par Philostorge, et faussement attribués aux plus zélés partisans de l'hérésie arienne. Il dit qu'Ezoïus, évoque d'Anliocbe étant mort, Dorothée fut tiré d'Héraclée
Eour lui succéder. Ce Dorothée était un omme vain, et Démophile, avec qui il alla à Cysique pour y élire un évéque a la place d'Eunomius, avait mis (uirtout la confusion et le désordre, particulièrement dans la doctrine de l'Eglise, en enseignant, entre autres impiétés, que le corfis de Jésus-Christ avait été absorbé dans le mélange avec la Divinité, de la même manière qu^ne petite quantité de lait se perd quand on la jette à la mer. II raconte que, sous le règne de Valens, les oracles tirent parvenir par écrit des réponses, ambiguës et douteuses, selon leur coutume, à ceux qui les consultaient; que Théodose, étant entré dans Conslantinople après avoir pris possession de l'autorité souveraine, mit également en possesdes Eglises ceux qui tenaient que le Fils de Dieu est de même substance que le Père» et chassa de la ville les ariens et les eunomiens ; que Démophile et Dorothée ayant été chasses comme les autres, le premier se retira à Bérée, et le second en Tbrac^), où il était né.
Dixième livre, —Philostorge accuse Arius dMmpiété pour avoir dit que Dieu, le créateur de l'univers, est composé de parties; qu'il n*est ni substance, ni hypostase, ni rien de ce qu'on imagine. 11 convient que les ariens ne s'accordent pas dans la manière d'expliquer la ressemblance du Fils de Dieu avec son Père. Les uns la font consister dans la connaissance de Tavenir, qui leur est commune; les autres, en ce que l'un et l'autre est Dieu de sa nature; et quelques-uns en ce qu'ils ont le pouvoir de créer. 11 avoue encore que depuis que ces hérétiques se furent divisés, ils tombaient dans de grands désordres ; qu*ils vendaient les charges et les emplois de TEglise , et s'abandonnaient aux plaisirs les plus infâmes. Les eunomiens, ajoule Philostorge, avaient tant d'aversion pour les ariens, qu'ils ne recevaient d'eux ni le baptême ni
I ordination. Mais quand ils conféraient euxmêmes le premier de ces sacrements, c'était par une seule immersion, parce que nous sommes baptisés en la mort de Jésus-Christ, qui n'a souffert qu'une seule fois pour nous. 11 fait un grand éloge du mérite et de la vertu d'Eunomius, ei témoigne une estime générale pour ses écrits, mais il préfère cependant ses lettres à tous les autres.
II raconte qu'après que Maxime eut été vaincu, et comme Theodose se disposait à (|uitter Rome, on vit pendant quarante jours, dans le ciel, un astre sous la forme U*une épée, qui menaçait le monde des
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malheurs les plus funestes. En même temps, on vit en Syrie un géant qui avait cinq coudées et une palme de haut ; et en Egypte^ un nain si petit, qu'on renfermait dans une petite cage, avec des perdrix qui jouaient et se battaient avec lui. Touterois, la petitesse de sa stature ne lui avait rien âté de la grandeur de son esprit; la façon élégante et variée avec laquelle il s'exprimait, |ïrouvait qu'il ne manquait pas de connaissances. Ils vécurent 1 un et Tautre, le nain et le géant, l'espace de vingt-cinq ans. En parlant du jeûne du samedi et du vendredi, Philostorge observe qu'il ne consiste pas seulement dans l'abstinence de viande, mais encore à rester à jeun jusqu'au soir, suivant les canons des conciles.
Onzième livre» — Philostorge place sous le règne d'Alexandre une peste violente, présagée, dit-il, par l'astre fatal qui avait paru dans le ciel. Ce fléau fut suivi de plusieurs autres. Jamais il ne périt autant de personnes en Europe, en Asie et en Afrique, et par un genre de mort aussi funeste. Les uns furent percés par le fer des barbares; les autres enlevés par la maladie contagieuse, et uu grand nombre par la famine. Des villes entières se trouvaient renversées par les tremblements de terre, et les hommes abîmés. La campagne fut ruinée en quelques provinces par des inondations, et en d'autres par une trop grande sécheresse. En certains endroits, il tomba une grêle d'une grosseur prodigieuse, et on trouva des grêlons qui pesaient jusqu'à douze li«> vres. La quantité extraordinaire des neiges et la rigueur du froid firent mourir un gtand nombre de personnes qui avaient échappé aux autres dangers. Les Huns, qui avaient couru et pillé la Thrace, au delà du ^Danube, se répandirent sur les terres des Romains et désolèrent toute l'Europe. Gaïnas, envoyé contre Trévigilde, trahit les intérêts de l'empire, et étant retourné vers Constantinople pour s'en rendre maître, ses gens, épouvantés par la vue d'une armée d'anges, manquèrent leur entreprise et furent taillés en pièces. Les Lsauriens causèrent anssi de grandes pertes aux Romains. La Silicie, Ta Syrie, la Pamphilie , la Lycie, la Cappadoce furent désolées et traitées avec une extrême rigueur.
Douzième livre, — On trouve, dans ce douzième livre, que l'empereur Honorius , sans avoir égard au droit d'asile, Gt mourir Ëucher, tils de Stiiicon , qui s'était réfugié dans une église de Rome, pour éviter la poursuite des ennemis. Il raconte que sous le rè^ne de Théodose le Jeune, le 19 juillet à la huitième du jour, te soleil fut éclipsé de telle sorte qu'on vit les étoiles en plein midi Cette éclipse fut suivie d'une sécheresse extraordinaire, et d'une mortalité presque générale des hommes et des animaux. A l'heure même où elle parut, on vit une lumière en forme de cône, aue quel* qucs-uns prirent pour une comète; elle commença à se montrer vers le milieu de Télé et ne disparut qu'à ta fin de l'automne.
Philostorge remarque qu'elle fut reganil comme un présage de guerres et de me lité. En effet il y eut I année suivante,, tremblements de terre plus violents qu' nW avait jamais vu, lesquels étaient i compagnes de feux qui en tombant du û semblaient âter toute espérance de sal niais qui cependant ne causèrent au dommage parce qu'un vent impétueux s'éleva en même temps, les chassa du c de la mer, de telle sorte, dit rinsloriL qu'on vit les eaux enflammées, comme ii forêt que l'incendie consume, jusqu'à qu'elles eussent éteint tous ces feux. Phili torge regarde tous ces événements cuw des châtiments de la justice divine. 11 tient par une suite de raisonnemenls nous n'apprécions pas que le^'trembleai de terre no procèdent ni de riaondation d*aucun mouvement que la terre aitd* même, mais de la volonté de Dieu qui punir nos crimes.
Voilà ce que l'abrégé que Photiusa des douze livres de Philostorge nousa |i renfermer de plus remarauable. Il y a choses intéressantes pour les amateurs dl tiquités ecclésiastiques, mais le style eu froid, prétentieux et ampoulé. La meillea édition est celle de Henri de Valois, engi et en latin , m folio 1673 avec Eusébe. ( estime aussi celle delaodefroi, en 16^^, îdI à cause des savantes dissertations doul est orn'ée. Nous avons remarqué plus L que PhiJostorge parle lui-même d'unli qu'il avait écrit contre Porphyre et en fart de la religion chrétienne. Cet ouvrage n' pas venu jusqu'à nous,
PUOCAS d'Edbsse est auteur d*un C mentaire sur. les ouvrages attribués à s Denys l'Aréopagite. On trouve un fragffi de ces commentaires dans un manusi syrien, daté de Tan 861. Il furent doncécri avant cette époque ; mais le furent-ils avar l'an 532, époque précise , oix suivant la |>li part des anciens critiques, les écrits (fl portent le nom du saint Aréopagite cuu mencèrent à être connus. C'est une quesiioi que nous nous garderons bien de décider Nous avons assez laissé voir ailleurs, qr nous inclinions vers l'opinion do oeoi q acceptent les œuvres de saint Denys cuojr authentiques; ce qui n'empêche pas qu Phocas ait pu vivre vers le vir ou vin'siède. Le même manuscrit syrien cite dei Seholies anonymes et un Comtnfnlatre» soo^ le nom de Raban Sophiste sur les écrits d>j saint évêque d'Athènes. Los SchoHe^ ^^ l'anonyme paraissent différentes du Commentaire de Jean«évêque de Barés surii'S mêmes ouvrges.
PHOTIN, que Socrale et saint Jérôme font naître dans la Galalie, fut instruit àid-' sa jeunesse par Marcel d' A ncyre, sous lequel il exerça pendant quelque temp2> If^ louctions de diacre. Élevé depuis è Tépi^^ pat et placé sur le siége,deSiriniua)|ity fut accueilli avec un applaudissement un'versel , car il était homme d'esprit ei dâ savoir^ habile dans IjSi langue grecque et
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bfi l>ATn0U)ËIE.
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jne, et parlait avec isne facilité qui s*ériicsourent jusqu*k l'éloquence. Pendant { (iremières années, il se montra attaché Il doctrine catholique, mais il ne larda s i se relâcher, et pour justifier ses dérrffps, il je(« le trouble dans TËglise, en inoTciâDt les dugmes impies de Sabellins. s peuple, quoique très-attaché à sa permet ne le suivit point dans ses erreurs, ièus se laisser frapper par son éloquence , ron se tint en ganie contre le pié^^e dans ml il voulait les faire tomber. C'était en U les eosébiens , informés des doctrines U di^bitait, les condamnèrent dans un salaire dressé en 3M, et elles le furent poredans le concile tenu à Milan, en 347, Vauteur lui-même fut convaincu d*héré- Ml excommunié. Comme, malgré ces pores» il ne cessait point de troubler Uiio, les évoques d'Occident résolurent [tassembler à Sirmium même, pour le Nserde Tépiscopat; mais un reste d'affec* ■ que son peuple conservait pour lui, et hrand nombre de partisans qu*ii s*était m par son éloquence, arrêtèrent les koites du concile. Dii ans plus tard , leusëbiens, pour faire parade d'ua zèle lia foi n*animait pas, reunirent un noupo concile à Sîrmium, et déposèrent Pho-
ti «près lavoir convaincu aenseigner la inoe de Paul de Samosate et de Sabelfr Tout le monde applaudit à la justice kn parei! acte ; mais ses auteurs furent feùé d*avoir approuvé le formulaire du U concile de Sardique. Ils en dressèrent loûuveâQ en grec, qu'ils présentèrent à blio, loi promettant , s'il voulait le signer renoncer à son hérésie, de le rétablir dans 'dignité. Mais il le rehisa dédaigneuse-^ Ni 6t les défia même d*entrer en confé* ptt arec lui. Il se plaignit h Tempereur ■K déposition prononcée contre lui dans irjocile, et lui demanda une audience >or se justiUer. Constance la lui accorda Ummà des commissaires pour juger de
ftie dispute. Au jour désigne pour la conmct^ iu .» j.- — • « 1-.. ^-A
s*y rendirent avec les évèques oroucile, et on choisit de part et d'autre avoir passé par toutes ces ch 1^ secrétaires pour transcrire ce qui s'y ' brassa Tétat ecclésiastique. J nii. Basile d'Âncyre, délégué pour porter changèrent d'objet : il se coi Ipirole, soutint là dispute contre Pbotin , N; til paraître beaucoup d*impudeace, de '^l'Uéetde faiblesse. Saint Epiphane nous > ujti^rvé quelques-unes des distinctions ('•'lesquelles il s'elTorça d'éluder les preu- '^^jue Basile apporta contre lui dans cette |*rnco.Photiny fut vaincu et condamné.
^^ «u tu trois copies, dont une fut envoyée ^^^usiaucc; Fautre, remise aux juges de ^i dispute; et la troisième , k Basile d'Aoy^^ et aux évèques du concile.
i^eodani son exil, Pbotin écrivit, eu grec ^.*n latin, un livre dans lequel, pour ^^uhrsou hérésie, il combattait toutes les ^"'res.DcoQjposa encore plusieurs ouvrages 5*^*1 en grec , soit en latin , dont les princir^^« k Teiception de ceux quMI adressa à J^^i^niinjeu, étaient dirigés contreles païens. ^^^uadUq^ni avait trouvé un travail de lui
DicnoN.i. Dc Pataolocib. IV.
swt Iq Symboh des apôtre$ ^ non pour Pex* pliquer selon la vérité, mais pourtAcher de trouver, dans la simplicité des paroles qui le composent, de quoi confirmer sa doctrino impie. Il niait la Trinité et la distinction des personnes, ne reconnaissait qu'une seule opération dans le Père, le Fils et te Saint-Esprit, et ne voulait pas qu'ils sub*sistassent individuellement, ni que les deux dernières personnes fussent distinguées du Père. Saint Jérôme place la mort de Pbotin en 3T6.
PH0T1D3, l'un des princifiaux partisans de Nestorius , fut relégué à Patras, en même temps que le comte Irénée , et eut, comme lui , tous ses biens confisqués. Il était prêtre de Constantinople , et ce fut lui qui, avec un autre prêtre de la même Eglise, nommé Anastase, attesta, en 428, la pureté de la foi des prêtres, Antoine et Jacques, que Nestorius envoya en Lydie, pour obliger les quartodécim'ants à quitter leurs erreurs. On le fait aussi auteur de la réponse que Nesto** rtus publia à la lettre de saint Cyrille aux solitaires.
PHOTIUS. La nature et la fortune sem<^ blaient s'être donné la main pour faire de Photius un des plus grands hommes de sonsiècle, s^il avait voulu faire un bon usage de leurs faveurs. Il naquit dans les premières années du ix* siècle, d'une des plus illustrer et des plus riches maisons de Constantinople. Il était petit*neveu du patriarche Taraise el frère du patrice Sergius, qui avait é|)0usé une des sœurs de I empereur. Ses parents cultivèrent avec soin les heureuses disposa tiens dont la nature Tavait favorisé. Bardas, le restaurateur des lettres, fut le directeur de ses études, et les progrès du jeune disci<» pie étonnèrent ses maîtres. Il devint A la fois
Î;rammairien, poète, orateur, critique, phi^ ologue, mathématicien, philosophe, niede-* cin, astronome, ^es talents contribuèrent, aussi bien que sa naissance, A Télever aux plus hautes dignités. Il fut grand écuyer, capitaine des gardes, ambassadeur en Perse et premier secrétaire d'Etat. Ce fut après
charges qu^ii em- Alors ses études ô^.^..* ^ objet : il se consacra à la théologie, et ce ne fut point sans quelque succès. Mais s'il fut aussi savant qu'on le dit, Il fut encore plus vain et plus orgueilleux. Après plusieurs années passées dans l'obscurité d'un monastère, l'ambition l'en fit sortir : il convoita les honneurs de FEglise, après avoir passé par toutes les dignités de rfital. Parvenu, par ses intrigues, à faire dé|)08cr d'une manière illégitime et odieuse Ignace, piitriarche de Constantinople, il s'empara d# sa place en 857. Par cette manœuvre, ta ville impériale paraissait avoir deux patriarches; mais le pastenr intrus mit bientôt en œuvre l'artifice et la violence pour perdre le pasteur légitime. Mettre de resprit de Tempereur Michel , il ne craignait point les contradicteurs ; il ne leur répondait qu'en les faisant fra|iper de verges, jusqu'à ce qu'ils tussent souscrit à la oondauiuation de lear patriar*
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DlGTIOim^IRE
riio
che. Tel est Tosprit de l*hérësie et du cendre en droile ligne du célèbre Tiridoi', schisme : d*abord souple et intrigant, il finit roi d*Arménie: Ce prince , séduit par cett^
par la violence et la tyrannie. Les cruaulés qu*il exerçait «contre ses adversaires lui firent craindre une révolte. Il crut en prévenir les effets en écrivant au Pape Nicolas I" une lettre artificieuse, dans laquelle il prodiguait les mensonges et les flatteries. Il gémissait, disait-ily de ce que Ton avait mis sur ses épaules le fardeati de Tépiscopat; mais le
Î patriarche ne pouvant plus en remplir les onctions, à cause de son grand âge et de sa caducité, 8*en était déchargé et avait quitté son Eglise pour se retirer dans un monastère. Photius priait ensuite le Pape d'envoyer ses légats à Constautinople, pour détruire les restes des iconoclastes, ou plutôt pour confirmer la dé(>osition d'Ignace. Il avait accompagné cette lettre d'une profession de foi entièrement catholique , dans laquelle il reconnaissait les sept premiers conciles généraux. Le Pape désapprouva également la déposition d'Ignace et l'ordination de Photius; et avant de donner son consentement à ce qui s'était fait, il envoya des légats à Conslanlinople, avec ordre de lui rendre compte de tout ce qu'ils auraient ajmris de la déposition d'Ignace. L'accueil quils reçurent a leur arrivée ne leur parut rien moins que rassurant; lacrainte et le respect humain subjuguèrent leur courage et fi« rent naître en euxroubiidudevoir.Ils assisfèrent avec une lâche connivence au conciliabule qui se tint i Constantinople en 861 , et dans lequel Photius triompha. Le pape Nicolas, irrité d*avoir été joué, rétablit le patriarche légitime dans tous ses droits, et prononça anathème contre l'usurpateur. Photius, ay^nt fait de vains efforts pour gagner le Souverain Pontife, résolut enfin de s'en venger. Il assembla un synode à Constantinople en 866, et y prononça une sentence de xlépoiylion et d'excommunication contre le Sainl-Père. Telle est la première origine du schisme des Grecs, qui, après plus de dix siècles d'existence, subsiste encore de nos jpurs, aussi inquiet, aussi remuant, aussi fourbe (}ue jamais.
Le triomphe de ce prélat ambitieux ne fut ■ pas de longue durée. Basile le Macédonien, ayant succédé à Michel dans le gouverneraent de l'empire, chassa Photius du siège patriarcal et y fit asseoir Ignace. Rome pro fita de cette conjoncture favorable pour faire assembler à Constantinople le huitième concile oecuménique, convoqué en 869. Photius 'y fut anathématisé,et avec lui tous ceux qui .ne voulurent pas abandonner sa cause. Selon Nicétas David, historien contemporain et auteur de la Vie de saint Ignace^ les évéques souscrivirent au décret avec le sang de Jésus* Christ, que l'on venait de consacrer; mais l^s Actes du concile n'en disent rien. Photius, disgracié, se servit d^ toute la finesse de son cs[»rit pour se faire rétablir. L'empereur Basile, né dans l'obscurité, voulait faire croire qu'il était d'un sang illustre : Photius le prit par ce faible. Il composa une histoire Ghifflérique, dans laquelle il le faisait des-
basse flatterie, lui accorda ses bonnes grirei et le rétablit en 8T7, d'autant plus vol'iu. tiers que le patriarche Ignace vendit ûc mourir. Le Pape Jean VIII se laissa surprei^ dre par les instances de l'empereur Basile ^ par les artifices de Photius. Il le reçut i) J communion, et envoya ses légats à un autn concile de Constantinople, dans lequel Ptio tins se fit reconnaître pour patriarche légi time par ses fourberies, et en falsifiant le lettres du Pape; mais Jean, ayant apprise mystère d'iniquité, déclara nul ce synodee excommunia le faussaire. Les Papes Maris Adrien et Etienne se déclarèrent succcssîre ment contre lui, et la paix fut rompue. PI tins éclata contre l'Eglise romaine, la \m d'hérétique, au sujet de l'article du Symb" Filioque procedit, et de quelques autres a clés, auxquels Michel Cérularius ajoutai suite le pain azyme. L'empereur LécD Philosophe, frappé des plaintes que lesnofli tifes de Rome avaient formées contre m tius, les fit examiner. On les trouva fondM et il fut enlevé de nouveau, l'an 886, du si patriarcal-, pour être enfermé le reste de jours dans un monastère d'Arménie, où mourut en 891. Photius a laissé un gra nombre d'ouvrages, dont nous ne renjro qu'un compte très-rapide, à cause de quantité.
Miriobiblon. — Le premier par ordre d date , et un des principaux par son iro|»or tance, est celui qu'il composa pendant s» ambassade en Perse, pour donner à m frère une idée des ouvrages qu'il avait 1« depuis leur séparation. Il Tintilulh : Minh biblon ou Bibliothèque. C'est un des plii précieux monuments de littérature qui »ouj soit rcbté de l'antiquité. On y trouye dei extraits de deux cent quatre-vingts auteois dont la plupart ont été perdus. Il fit ce ouvrage a l'imitation du grammairien Téiè phe, qui, pour faire connaître les bons livr« composa VArt des bibliothèques, sous Ym\t reur Antonin le Pieux. On ne peut que louei Photius en sa qualité de bibliothécaire. I donne des extraits fidèles et assez judicieu sèment choisis des Pères de TEglise^de conciles, des jurisconsultes, des médecins des philosophes, des orateurs et des grara mairiens. Il n'y a guère que les poêles qui ait négligés II ne parle que de l'impéralric Eudoxie, qui mit en vers VOctattuque.nm aue les prophéties de Zacharie et de Danid Il dit aussi quelque chose des actes dei martyrs, et entre autres de saint Timotliée des Sepl-Dormants et de saint Démétrius^ En parlant du livre que le prêtre TliéoJore avait composé pour montrer que les écrii^ qui portent le nom de saint Denys sont réeH leraent de TAréopagile, il rapporte les objections que cet auteur se faisait à lui-niémeJ mais sans en reproduire les réponses, [ir?-] bablement parce qu'il les trouvait insuflisantés, et que les objections lui seniMai<?D' plus fortes que les preuves. S'il ne s'explique pas plus clairement sur la suoposiliou uo
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ts écrits, c*esf, suivant toute apparence, |o'il De Toolait pas combattre de front Topi- Miïi qui les attribuait alors au saint évèque "Uhôncs. Nous avons remarqué ailleurs zt celle opinion, que Phottus regardait }or5 comme un préjugé, est bien près d^étre n'Mpiée, de nos jours, comme une vérité. r que la crilique détruit quelquefois faute » (iOTumeots, une critique mieux rensei- }éc le répare; el ce qui fait la différence irre deux jugements contradictoires portés deux époques éloignées n'est bien souvent l'une question de temps. Quoi qu*il en lit, les analyses de Pbotius sont faites avec 1, el ses jugements sur le stj^Ie et le fond t$ ouvrages sont presque toujours dictés \t le goût; mais on jr voit aisément quô ^uicurn'élail pas aussi versé dans la Ihéoiie que dans la critique et les belles*» [iift«.Ce livre utile, que l'on peutregiarder Kuinc le père de nos journaux littéraires, fse soutient pas sur la iin; on n'y trouvû las celle précision et cette justesse qui riiiérisent le commencement. Fabricius Klend que cette différence vient de ce que kl ouvrage a été recueilli par plusieurs ^ni, el que ceux qui en ont voulu remlirles lacunes Pont gâté. En effet, le style il t<i si différent dans plusieurs endroits, ac Toa serait porté à adopter cette conjecire.On en a donné une bonne édition à r'i}m en 1653, in-folio^ avec la version Amiré Schot et des notes explicatives dd leaschenius.
Sonoranon. — Cet ouvrage, qui a près* |ne U célébrité du premier, est un recueil t>règé du Droit canon des Grecs, tiré des lucicns conciles, des Epttres canoniques, b ouvrages des Pères de TEglise, et des u^'ies empereurs chrétiens sur les matiè-* i«^ ecclésiastiques. Il est divisé en quatorze ihr», dans lesquels Photius nous apprend W\ était l'ordre établi dans le çouvcrne* ïi<H)t de l'Eglise des premiers siècles, les H^^ imposées par la discipline ecclésias- ^•l'je, et ce que les princes ont fait pour la winlonir el pour assurer la défense de la w. In pareil livre se prête difficilement à «oalyse; nous nous contenterons seule- M<ûi de remarquer que l'on y trouve tous 1^ canons des conciles reçus dans l'Eglise F^cqiie, depuis les apôtres jusqu'au seplièi^« concile QBcuménique, ainsi que les lois jpn.iues par les empereurs jusqu'à la mémo ^\^^^\(i\ mais il ne fait guère qu'indiquer '«5 uns et les autres, sans en rapporter le ><îV^- ïl joint à la liste des conciles ceux 'i'i il avait tenus lui-même à Constantinople, <^o B6I el en 879, lorsqu'il fut rétabli sur le **^i5« Valriarcal. On sent combien une paf^iHe collection est utile Elle se trouve '^ns la Bibliothèque du Droit de Juslel, et '''\}à imprimée séparément à Oxford, în-
Lettres. — On a de Photius lin recueil ^^ iellres. Nous rendrons compte seulement ^^ qutlaDcs-unes des plus importantes que ï»uus ciioisiroBS particulièrement parmi
celles qui ont précédé, accompagné et suivi son schisme.
A Michel j rot dé Bulgarie. -^ Quelque temps après la conversion de Michel, priime des Bulgares, Photius lui écrivit une longue Ictlre, dans laquelléil lui donnait différentes instructions et sur ses devoirs comme chrétien, el sur les obligations d'un bon princp. Il appelle ce prince son fils spirituel, soit (ju'il l'eût converti à la/oî, soit parce qu'il lavait seulement baptisé. Il lui propose d'abord le symbole de Constantinople, cotnme renfermant uh corps complot de la doc« trine chrétienne. Il le commente dans chacun de ses articles, puis, après lui avoir fait remarquer que les conciles généraux se §ont appliqués à maintenir la toi établie par les apôtres, et k détruire les hérésies partout ou elles se présentent, il donbe en iibrégd
I histoire des sept premiers conciles œcuméniques, et l'exhorte h ne point s*écarler de ce qu'ils ont enseigné. En parlant du septième, qui est le second concile de Nicée, il s'étend sur le culte de la croix et dès ima^ ges de la Mère de Dieu, de la Vierge et des saints, tout en ayantsoin d'avertir le prince Michel, que ce Cuite ne s'adresse qu'aux pro^ totypes, c'est-à-dire aul saints mêmes représentés par ces images, comme le culte de la croixremonle à Jésus-Christ qtiiyfutattaché»
II recommande à ce prince d'anirûer sa foi par les bonnes œuvres, de travailler efficacement à retirer ses sujets de l'erreur, parco qu'il est du devoir d'un bon prince de sa procurer non**seulement à lui-même; mais encore à ses peuples le salut éternel. Il descend datis le détail des vices qu'un prince chrétien doit éviter et des vertus qu'il est obligé de pratiquer tant en secret que publiquement, et Veut que son extérieur ne soit pas moins réglé que son cœur. Il lui cokiseille de bfttir des églises à Dieuet aux saillis, suivaut les lois qui régissent TEglise» et dV faire célébrer les offices divins et les saints mystères. Il est dans l'obligatioude consacrer ses soins à maintenir 1 ordre* la paix et la justice dans ses Etats j à retenir les méchants dans le devoir par la crainte des peines, et les bons par les louanges et les bienfaits; à n'ordonner jamais de supplices dans la colère ; h se montrer prompt a récompenser et lent à punir; à ne se refuser aux besoins de personne, el à reconnaître Dieu pour fauteur de tout ce qui lui arriverait de bien. Canisius a fait entrer une partie de celte lettre dans ses anciennes Le-
Sfons; mais Justelle Ta donnée tout entière i la suite du Nomocanon et le P. Hardouin dans le tome V des Conciles.
Aux archevêques d'Orient. — Photius, informé que les légats du Pape Nicolas en Bulgarie avaient conOrmé do nouveau les fidèles auxquels il avait ap]fliqué lui-même l'onction du saint chrême, écrivit une lettro violente contre ce Pape et en général coatro les Latins, et, en l'adressant aux patriarcncs et aux archevêques d'Orient, il accuse ces légats d'avoir infecté de leurs erve.urs daa peuples nouvellement convertis. l^r;âpi:orto
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ces erreurs en détail et insiste particulièrement sur l*addition du Filioque au sacré Symbole, sous prétexte que faire procéder le Saint-Esprit du Fils comme du Père, c*est admettre deux principes dans la Trinité et confondre les propriétés des personnes divines. Il prie les Orientaux de concourir aven lui a la condamnation des erreurs de TEglise latine, en la leur présentant comme un moyen de ramener les Bulg«trcs i la foi qu'ils avaient reçue primitirement. C'est à celte lettre qu^Enéede Paris, Odon de Beauyais et Ratramne furent chargés de répondre, de la part des évèques de France, et à la prière du Pape Nicolas. On peut voir dans Vanalyse de ces réponses en quoi consistaient les erreurs que Photius attribuait aux Occidentaux. Il finissait sa lettre en avertissant les patriarches et archevêques d'Orient de faire recevoir dans leurs Eglises le septième concile œcuménique contre les iconoclastes, parce qu'il savait que, tout en observant ses décrets, il y on avait quelques^ unes qui ne le reconnaissaient pas encore.
A Bardas^ etc. — On a plusieurs lettres de Photius à Bardas; il s'y plaint des maux qu'il souffrait de la part de ses adversaires. Il regrette d'avoir accepté le fardeau de l'épiscopat et témoigne le désir de s*en décharger, en protestant, h plusieurs reprises, qu'il ne l'avait accepté que malgré lui. Il se plaint encore que Bardas, devenu César, non-seulemenl ne lui prétait aucun secours, mais qu'il s'était même hautement déclaré contraire à sa cause en se mettant au premier rang parmi ses ennemis. Sa lettre à Jean Aspatnaire, duc de Péloponèse, est une description des faux amis qui, affectant au dehors toutes les apparences de la véritable amitié, nuisent en secret à celui qu'ils caressent {publiquement. On voit que Photius attaque ici ceux qui avaient abandonné son parti. De ce nombre était un moine nommé Paul; il promet de lui pardonner, s'il témoigne du repentir de ses démarches.
A Vempereur Basile. — Il avait été lié d'amitié avec l'empereur Basile le Macédonien', qui avait reçu de ses mains l'huile sainte et la couronne ; ce qui n'empêcha pas ce prince de le faire enlever à son siège et envoyer en exil. Ce fut de là que, vers Fan 871, Photius lui écrivit une longue lettre, où, tout en lui rappelant les services qu'il lui avait rendus et les promesses qu'ils s'étaient faites mutuellement, il ne lui demandait néanmoins d'autre grâce que celles que la nature inspire naturellement. « Chez les Grecs, dit-il, comme chez les barbares, on ôte la vie i ceux qui sont condamnés à mort; ou, s^il en est à qui l'on consente k la laisser, on ne les force point à mourir de laim,ou àsuccomber à mille autres maux plus cruels encore. Pour moi, je mène une vie plus triste que la mort. Captif et loin de mes parents, de mes amis, de mes serviteurs, je manque de tout secours. On nous a enlevé jusqu'aux livres. Est-ce de peur que nous 110 recevions la parole de Dieu ? Si nous faisons mal, il faudrait au contraire aug-
menter le nombre des livres et des tnAltro pour nous instruire. Si nous ne faisons point de mal , pouranoi nous en fait-on? Jamais aucun catholique n*a subi pareiu traitements de la part des hérétiques. • li apporte plusieurs exemples qui confirmenl ses paroles, puis il se plaint que l'on ail même ruiné les églises et les l)ô[)itaux qu'il avait fait bfltir, comme si Ton voulait mm à son flme comme on l'avait fait à son corp»» h gui l'on n'a laissé de vie que juste ce qu'il lui en fallait pour ressentir ses maui. Il représente à Basile que, tout empereur qu'il est, il ne sera pas dispensé pour ceiadt* comparaître au jugement de Dieu, et que, par conséquent, il ne doit pas attendre à et moment pour mettre ordre h sa conscience» parce qu alors le repentir du mal sera inu* tile. « Je ne vous demande, ajoute-t-il, m dignités, ni honneurs, ni fortune; je tous demande de pouvoir mener une vie qui ne soit pas pire que la mort, ou bien d'éUt délivré au plus tôt de ce corps de douleurs.i Dans une autre lettre, il avertit ce prioce que c'était en vain qu'il cherchait k jusiilier devant les hommes sa conduite à m égard, parce qu'il ne pourrait jamais réusMf à la faire approuver de Dieu. — Pholius adresse des plaintes non moins amères au
[)atrice Bahane, h qui il reproche de ra?ûir aissé pendant un mois entier, sans lui donner la consolation.de voir un médecin, quoiqu'il l'en eût fait souvent prier daus le cours de sa maladie. « Si j'y succombe, lui dit-il, sachez que je remporterai sur vous le plus beau des triomphes» en laissant ie s^'U* venir de ma mort comme un moDumeni éternel de votre inhumanité. »
Celle qu'il écrivit de son exil aux éréquei de son parti, est plutôt un livre qu uneiei* tre, tant elle est longue» Baronius l'a rapportée dans ses AnnaUs sur l^an 870. Pholius s'y justifle des reproches qui lui avaient éié adressés par un personnage qu'il ne nomme point, quoiqu'il le connût, par la rai&oa,dil* il, que l'on profite plus aisément des aris, quand ils sont donnes sans désigner les ptrsonnes. Ce calomniateur l'accusait d'aroir ])erdu la raison, au point de trahir l'Eglise catholique et de mépriser la loi de Di^u. « Qu'ai-je fait» dit Photius, qui puisse servir de fondement à ces accusations ? Qu|:l mouvement me suis-je donné? A quiai-je communiqué mes pensées ?» 11 l'ail une description très- vive de ses souffrances, ^a dit qu aucunes ne sont capables de lui faire perare l'esprit ; mais l'accuser de trahir 1 1glise, c'est lui faire une plaie plus profoauft
son accusateur, et de faire tous se» clforls pour l'engager à rentrer en lui-même. Ce qu| lui semblait plus pénible à supportert ces de penser qu'en abandonnant sa cause, J avait al^andonné la vérité à cause de luii || le rendait responsable de cet abandon. *' donne pour preuve de la justice de sa causj l'union que ceux de sa communion avaiew
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'.l^^errée avec lui» malgré les agitations d*one si grande (enipéte. « Aucun, dit-il, ai ^jnd, 01 petit, évëque d*une ville célèbre on d'une ville obscure, savants ou ignorants, jourra qu'ils fussent vertueux, aucun n*a (eJéau lem|)$ et ne s*est laissé emporter fdr le torrent. Aussi, dit-il aux évoques, c«t-r6 on grand plaisir pour moi de vous efltrf'tenîr de toutes ces merveilles , vous qui V avez eu tant de part. » Il les exhorte à Jemeorer fermes, et n'omet rien pour réi^ncilier à son parti celui qui l'avait calomnie. II (init en établissant par les paroles de fiint Paul, rohiieation imposée a tous les iDinistrcs de TEgiise, de prier pour les rois ci les empereurs dans la célébration des ■ntères.
'Ltttres sur des êujeti Ihiologiques, — Nous wlyserons succinctement quelques-unes 4e5 nombreuses lettres qu'il écrivit sur les questions théologiques dt^battues de son temps. Dans une lettre à Grégoire Spalhaire, kéiâblil la virginité perpétuelle de la sainte Vierge ; et comme ceux gui soutenaient fec Holvidius qu'elle avait eu des enfants h\ms la naissance de Jésus-Christ, s'autolÎNiient do ces paroles de TEvan^çile : Joseph ^tatait point connue jusque ce qu'elle en-fnta ion premier^né {Matih. i, 25), il montre ,tr (lirers passages de l'Ëcrilure, que le teruiejttiftt'a ce ^ue ne signifie pas toujours que ce qui n'était point arrivé auparavant viii arrivé dans la suite, mais qu'il se prend >jflT^nt pour un temps indéfini. Par exenj- !••«, il est dit de la colombe qu'elle ne releumapoin^ dans Farche avant que la (erre f^i desiéchée. {Gen. vin, 9.) Voit-on qu'elle /5oi| retournée depuis? L'Ecriture affirme Niirement le contraire. On lit encore <^b) les Psaumes que le Père dit à son Fils : ^^tZ'Vous à ma droite jusquà ce que je ff'kist vos ennemis à vous servir de marche-- H, (Ptal. cix, 1.) Le Fils a-t-il cessé dei«»s d'être h la droite de son Père, ou arri- Teri-j.ii jamais qu'il n'y soit nlus?
Voici ce qu'il enseigne sur le mystère de
u Trinité; nous le tirons en substance de
iMusieurs de ses lettres. H n'y a en Dieu
«l^one nature, qu'une substance en trois
personnes. Admettre trois substances, c'est
"ilmcUre plusieurs dieux et tomber dans
«ihéisrae ; c'est donner aussi dans le sabel-
"snisme de ne reconnaître qu'une hypo-
*'»«*« ou personne. Nesiorius admettait en
«Jus-Clirist deux personnes ; Eulychès n'y
J^wonnaissaît qu'une nature. Suivant la
^2^lfine Je l'Evangile et des Pères, il y a en
ifeus^ihrisi deux natures, la divine et l'hu-
njaine, unies en une seule personne. En
û^»4menani en lui qu'une seule nature, il
^enjuivrail qu'il na qu'une seule volonté;
"'iJs comme il a deux natures, parla même
conséquence il a aussi deux volontés. —
l^ins le système de Manès, qui soutenait
•l"»^ Jésus-Clirist n avait pas un vériiable
"^rps, il n'était pas permis d'en tirer dts
^^|^^t%, Les iconoclastes sont donc censés
|^«)ccndre des manichéens. Ils sont k cet
*b>M pires (juc Simon le Ma<;icien et Car-
pocrates, qui avaient chez eux des images et les portaient en public. Les iconoclastes, pour rendre ridicule le culte que l'on rendait h l'image de Jésus*Christ, demandaient à laquelle ilfallait s'attacher, ou à celle qui était peinte chez les Romains, ou à celles
Sue 1 on voyait chez les Indiens, chez les recs, chez les Egyptiens, car toutes étaient différentes. Photius tourne l'objection contre les iconoclastes mêmes , et dit qu'ils combattent un culte qui , de leur aveu même, est reçu dans toutes les Eglises du monde. Il ajoute qu'en le combattant, ils retournent au paganisme, puisqu'il n'est pas plus permis d attaquer ce culte que les autres mystères de la religion combattus par les païens. Il montre ensuite que le raisonnement des iconoclastes tendait à enlever toute croyance; car les païens, dit-il, pourront nous demander : A quel Evangile croyez-vous ? Est-ce à celui qui est écrit en latin diez les Latins, en indieu, en hébreu, en éthiopien ou en quelque autre langue, et, à cause de la diversité des nations, en différents caractères ? Il montre qu'il est moins question ici de la ressemblance des images avec leurs prototypes, ou de la forme des croix qui représentent celle de Jésus- Christ dans le culte qu'on lui rend, que des prototypes mêmes ; que ces images ou ces croix, quelque peu ressemblantes qu'elles soient, rappellent à notre mémoire les vrais, objets de notre culte.
Dans une lettre adressée à Eulampius, il dit que le serment qu'Abraham exigea d'Eliézer était pour honorer la circoncision, et qu'en l'obligeant de mettre sa main sur sa cuisse pour prononcer ce serment, il voulait figurer le Messie qui devait naître de sa race. Il donne trois raisons de la circoncision. Elle fut établie pour distinguer la race d'Abraham des autres nations, pour être la figure du baptême', et le symbole de la circoncision dans la loi nouvelle. Il enseigne ailleurs que l'on vit à la passion de Jésus Christ l'accomplissement de ces paroles : Dieu peut faire naître de ces pierres mêmes des enfants d'Abraham {Matth. m, 9; £ue, III, 8), lorsque plusieurs, parmi les juifs et les gentils, dont les cœurs étaient endurcis auparavant, se convertirent à Ja vue des miraclies qui s'opérèrent alors. Les pierres se fendirent f les sépulcres s'ouvrirent. {Matth. xivii, 52.) La loi de Moïse, dit-il, dans une une autre lettre, n'est point contraire à la loi de grâce ; Tiine a servi à l'autre. En faisant attention à la première, on y voit annoncé le Dieu qui a paru sous la seconde, et qui, encore qu'il lût le Seigneur de la loi, en a observé tous les points. Mais en l'accomplissant, il a dispensé ses disciples de l'observer à l'avenir, parce que le mallro n'était plus nécessaire après la venue du législateur. Néanmoins la loi de Moïse n'est pas abolie; quoiqu'elle cesse d'obliger, elle ne laisse pas d'être bonne.
Lettres diverses. ^ On trouve, dans ^s lettres adressées à des personnes de diversm coaditionSi des conseils très-sages sur la coa*^
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daite dala vie dirclienne et religieuse, et eu parlieuliei sur' le soin avec Teqpiiel Oft doit éviter le péché aussitôt que Ton comluence à se connaître, de peur que, dans un fl^eplusavancé, on ne puisse iacilement se défaire des mauvaises habitudes. Par eiernple, il montre, dans une Ictlre è son Frère, que,
^ si la vertu demeure quelquefois sans récompense en cette vie, et le vice sans ch&timenit ce n'est une raison ni de nier la Providence, ni de s'en plaindre, mais au contraire c'en <!St une de croire h une autre vie, où les bons et les méchants recevront, de la part du souverain Juge, chacun selon le mérite de leurs œuvres. — La lettre de consolation iju^il écrivit è ce frère sur la mort de sa lille est aussi élégante que remplie de sa^es réilexians. 11 ne neut souffrir que Ton dise de cette jeune Qlle qu'elle est morte avant le temps. Il trouve cette expression témé- TCire. C'est à Dieu, qui, en nous faisant naître, nous place' dans le monde, de fixer le moment ou il doit nous en tirer. Peut-on l'accuser de nous en retirer trop tôt, quand c'est pour nous donner une vie meilleure? Pleurer les morts, c'est pour ainsi dire éteindre en son Ame la foi de la résurrec>tioQ. David pJeura son fils malade, mais sitôt qu'il fat mort, il cessa de le pleurer, dans la crainte de s'opposer au décret de Dieu. — Dans une circonstance semblable, Photius écrivit encore & Eusébie sur la mort de sa ^(Bur. « Si la mort n'était point commune à tous les hommes, lui dit-il, nous devrions en être troublés, lorsqu'elle nous attaque en particulier et qu'elle nous ravit quelquesruns des nôtres. Mais pourquoi vouloir nous exempter d'une foi à laquelle tout homme est assujetti? Si la ntort est mauvaise, pourquoi i'accélérons-nous , en pleurant celle des autres? Sx elle peut être utile, c*est une raison de plus de oe pas pleurer ceux que Dieu appelle à lui. C est ma «ceur, dites-vous, celle qui après Dieu était toute ma consolation et toute m(i joie. Est-ce donc que votre père et votre ujère n.e iiousontpas abandonnée? Qiesont devenus tous vos aïeux? Si votre sœur était anéantre, vos pleurs seraient excusables; mais elle est avec Dieu; et en pleurant la gloire dont elle jouit, prenez garde de ne pas vous rendre vous-mâme un oiyet digne de larmes. »
^' Nous terminerons ici l^nalyse de ces lettres, où. comme dans tous les autres ouvrages de l'auteur, on trouve beaucoup d'esprit et VQO grande érudition.
Contre les pauliciens, — Les pauliciens, sectaires appartenant à l'une des branches du manichéisme « ayant de nouveau répandu leurs erreurs dans le siècle de Photius, il écrivit contre eux quatre livres, dont le premier contient l'histoire de ces hérétiques; l%second, la réfutation de leurs dogmes sur 1 existence des deux principes. Ils attribuaient au bon la création des &uies, ce au mauvais celle des corps et du monde sensible. Ils rejetaient l'Ancien Testament et la loi de Moïse, comme venant du mau- \ôis pripcipç. C'est cette erreur r^ue PUoli^s
réfute dans le troisième livre. Le qualrièn^e est adressé au moine Arsène. Photius »'j propose les doutes et les objections des luanichéens, puis il les résout et les réfuu». Plusieurs savants ont entrepris de traduire cet ouvrage dans la vue de le prop^îcr, entre autres Hinckelman Slarckius et Zac* cagnius, mais ils ne lont pas achevé; de sorte que nous n'en avons en latin que le premier livre. L'abrégé de l'ouvrage complet se trouve dans la Panoplie d'Euthymius, an tome XIX de la Bibliothèque des Pères, d dans l'édition grecque de cette PanopUtt publiée à Tergobjrste on Vaîachie, en 1710, avec le traité de Photius sur la procession du Saint-Esprit contre les Latins
Dissertations théologiques. — Il faut rap* porter au temps do son exil les six dissertations théologiques que Photius adressa à soa frère Taraise , puisqu il marque à la Un de la seconde qu'il manquait de livres elJi secrétaires. Nous n'avons que la premicndl traduite en latin par Turrien. Photius ; examine comment on peut dire cjue D:ea eçt dans toutes les choses créées, et il ré{K>nd; qu'il y est, non pas à la manière des créA« tures qui sont ditns le monde, mais par s^u opératioq ; parce que, de môme que cen lui qui leur a donné Tétre, de même aus» c'est lui qui les conserve et les fait durer. 1Ï0Ù il résulte qu'il ne fait point partie des choses dans lesquelles il est ainsi, et qu'il n'est ni lié ni confondu avec elles. PhoUuj traite, dans la seconde, des ditrérentcs ;na« nières de connaître Dieu en cette vie. Quui-
au'il n'y ait point de termes expressifs pjor onner une exacte détinilion de Dieu, H qu'on no le puisse connaître parfaitetiieni, on peut toutefois en acquérir une certain connaissance par Téclat de sa majesté qui rejaillit sur ses créatures, et juger de ce qu'il est par ce qu'il n'est pas, c est-à-dire eu niant qu'il soit aucune des choses qui (oiubent sous nos sens. Il y a plus, c'est que tous les hommes connaissent naturelleaieui qu'il y a un Dieu ; c'est une vérité gravét dans leur ftme. Ils savent qu*il y a un élrij éternel, un maître de toutes choses, un sou« yer^ii^i bien par essence, de qui les autres êtres participent et reçoivent ce qu'ils ont de bop. Il explique, dans la, troisième, les termes qui conviennent à la nature divine^ c'est-à-i^ire les attributs essentiels à Dieu et les propriétés do chacuye des trois f)ersonnes ; puis il fait voir, dans la quatrième, comment Dieu est un eu trojs personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Non-seulement ces trois personnes sont d'une seulâ et même substance, mais elles sont Tuue dans l'autre, ce que les théologiens appellinti cireumincession ; de sorte que là où est le Père est aussi le Fils et le Saint-Esprit, et uù| est le Saint-Esprit est aussi le Père et le Fils, I et où est le Fils est aussi le Père et le Saint-; Esprit, sauf les propriétés de chajjue personne, qui ne détruisent point Tuiiiie de leur nature et de leur substance.
Photius montre, dans la cinquième di^sortdlion, qu'encore que le Ver()e soii r^ir-
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U)\\i, iiu*il remplisse tout par son immensité, if a*est uni hypostatiquement qu'à la nalare bamaine. Dans la sixième, il donne rrui> rajsoas de nncarnation : la pren^ière, v\si acfl que les hommes,, qui se laissent |)!as frapper par les sens que par la raison, aifrissenl, par le Fils de Dieu fait homme, às'élevc^r à la connaissance de la Divinité; la seconde, parce que pour vaincre le fort armé, c'est-à-dire le démon, il fallait un plus puissant que lui ; la troisième, parce que, comme il s*a^issait d'engager Tbomme l la vertu, cela était plus facile par le Verbe bit homme, qui, en les instruisant, leur dunnait l'exemple. Dans toutes ces disserunons, Photins n*emploie aucune autorité 4( l'Ecriture ni des Pères, parce qu'il était ^Téde livres et réduit au seul raisonneiMiL Ces six dissertations ont été impri- Bées en grec et en latin dans les Anciennes kc^nsde Canisius.
Dts toiontés. — Le traité intitulé Des to-
hnu'$ gnomiques en Jésus-Christ a d'abord
«t^ imprimé en grec par les soins de Ste-
urï, à liii^olstadt, in-k^ 1616, et traduit en
hin pnr Tiirricn, qui donne en ces termes
K précis de cet écrit .-«La volonté démanger
it'iisté simpleroenl en Jésus-Christ, parce
que cette volonté est naturelle. Mais la vo-
Inniéde manger d*une chose ou d'une autre,
(Toiie chose do ace ou a mère, en grande ou