FIE
60tt
H*, par divers exemples tirés de l'EcriJure, m qui, après avoir tout quitté, se sont UT^'tspdr ta fuite, quoique d'autres aient iyn!>\fOur eux. Le quatorzième permet iiinorer comme confesseurs, et d'élever au Té ministère ceux à qui on a fait boire Tin lies saeririces, en leur mettant un illuo ï la bouche^ ou à qui on a fait ofr lie Tencens, en leur mettant la main ii5 le feu, prinnîpalement si leurs frères bent témoignage de ces violences, ices quatorze règlements de saint Pierre ^tnamirie, Zonare en ajoute un quinzième i D'est qu*un passage tiré d'un traité du IhlëTèquesur la fêle de. Pâques. Il est Ipiences termes : Personne ne doit nous iradre de ce que nous jeûnons dans la ptfrièiuo et la sixième férié , puisque i fiOQS est ordonné par la tradition.
M jeûnons la quatrième férié, à cause du ppiique tinrent les Juifs pour trahir le teeur , et la sixième , à cause de sa jpon. Pour le dimanche, nous le passons
È*ia joie des souvenirs de sa résurrec- »etnous avons appris à ne pas même ir le genou en ce saint jour. Ces rè- «nu de saint l^ierre d'Alexandrie so- |i>ent imprimés c^n grec et en latin dans •icj les collections de canons, dans l'édi- Biics conciles du P. Labbe, el parmi les lutre^ de saint Grégoire Thaumaturge, à iris lôiâ , avec les Commentaires de Vire. BaLsamon les a également comraenlOu en cite une version syriaque qui ■W|M)nr très-ancienne, el la plus exacte itouiis, dans laquelle, entre le treizième «quatorzième canon, se lit un fragment wortaiion àla pénitence. Tous ces canons fcftl approuvés dans le concile connu sous Mh«»minalion de concile in Trullo.
imEs ÉCRITS. — Saint Pierre d'Aa«hlrie composa encore un livre qui avait wrhire: Delà Divinité. Il est cité par iwl Cyrille et dans les Actes du concile «ipAfif ; une Homélie sur Vavénement du intfur, invoquée par Léonce de Bysapce,
Eire les erreurs de Neslorius et d'Euty- >î un Discours sur la Pâque^ auquel est Croulé le quinzième canon que nous •w> rapporté plus haut. Justinien repro- J^i uii lissage tiré d'un premier discours • Mini Grégoire, pour prouver contre Ori- Pi^ que rame n'existe point avant le •^'S el qu'elle n'est point mise dans le '*fl»^ en punition des péchés qu'elle a ^m\^ auparavant; et un autre d'un dis- J'^'fMlue saint Pierre avait prononcé dans lJ^<mbliie des fidèles, lorsqu'il était près *«|'i»ir le martyre. Tous ces écrits sont j*[*"S el il ne nous en reste que quelques ■ÇBciUs peu considérables.
turrs SUPPOSÉS. — On allribue au saint «M^c un Oûcour* sur la Pâque , disposé «ûorrae de dialogue, et imprimé h la tête K ^y'^^onique pascale d'Alexandrie, que JJ. ^ge a publiée après le P. Pelau.
• 'i ou ne peut douter que ce discours ne v»u II un écrivain plus récent. Saint Atha- "^•^yeilciiéûvecélo^?^ et présenté comme
la grande lumière d'Alexandrie, lui qui avait à peine quinze ans lorsque saint Pierre souffrit le martyre. Il y est question du concile de Nicée, de la Nativité de saint Jean, des fêtes de l'Annonciation et de la Puritication de la sainte Vierge, ce qui donne lieu de croire qu'il n'est venu qu'après les conciles d'Ëphèse et do Chalcédoine. Peut-ètre n'a-t-on mis le nom de saint Pierre d'Alexandrie h la tète de ce discours, que parce qu'on savait qu'il en avait fait un sur la Pflque.
On peut avec raison placer saint Pierre d'Alexandrie au nombre des Pères qui, suivant le concile de Nicée, ont rendu témoignage, par leurs écrits et par leur sang, h la divinité de Jésus-Christ. Il dit nettement
3ue le Verbe s'est fait homme, sans cesser 'être Dieu ; qu'il s'est fait chair dans le sein de la Vierge par l'opération du Saint-Esprit IMatth. I, 20, 23) ; et que lorsque l'anse la salua pleine de grâce, en lui disant : Le Seigneur est avec vous /JLiic, i, 28), c'était la même chose que s'il eût dit: Dieu le Verbe est avec vous. Enlin il montre par les miracles de Jésus-Christ, et par les circonstances de sa passion qu'il était tout ensemble Dieu et homme en deux natures. PIERR£, successeur de saint Athanase sur le siège d'Alexandrie, était un homme excellent, et aussi admirable par sa piété
aue par son éloquence. Fidèle compagnon u saint évèque, il partagea avec lui ses peines, ses alllictions, ses travaux et ses sueurs, et ne l'abandonna jamais dans les dangers qu'il courut, soit à Alexandrie, soit dans ses voyages. Son élection fut généralement approuvée. Saint Athanase, avant de mourir, avait été le premier à lui donner son suffrage, et son exemple avait été siiivi par tous les ecclésiastiques do la ville, par tous les ofiicicrs de l'empire et par toutes les personnes de distinction. Le peuple surtout en témoigna sa joie par des acclamalions publiques. Dans la crainte de la voir troublée par les cabales des anciens, les évoques voisins s'assemblèrent aussitôt pour l'ordonner évèque, et les pieux anachorètes quittèrent leur solitude du désert pour le porter sur le trône de saint Athanase. A peine y fut-il placé que Pallade, gouverneur de la province et idol&tre de profession, ravi de trouver une occasion de faire la guerre à Jésus-Christ, assembla un grand nombre de païens et de juifs, avec lesquels il vint fondre sur l'Eglise de Saint-Théouas, comme si elle eût renfermé une armée ennemie. Il commanda d abord è Pierre d'en sortir, et sur son refus, il y entra avec ses troupes, qui commirent des excès horribles. Pierre, témoin dos profanations sacrilèges qui se commettaient dans l'Eglise, la quitta secrètement, et après quelques semaines de séjour, il quitta la ville et se rendit à Rome. Il trouva dans l'Eglise romaine tout le secours qu'il en avait attendu, c'est-h-dire, une retraite assurée et beaucoup decompassion pour les maux de son Eglise. Borne le reconuut pour légitime successeur de saiut
eo7
Athanase, et dit aualbéme à Liicius que les Ariens avaient fait monter à sa place sur lo sié.^o épiscopal. Saint Grégoire deNazi&nze, parlant de la retraite de ce prélat 5 Romei dit qu*au lieu de faire parler pour lui le sou^ venir de ceux qui étaient morts par les violences de Pallade, il se montra dans cette ville avec une robe toute sanglante. Cette accusation muette, plus éloquente quetou* tes les paroles, pour flétrir Tinjuslice des persécuteurs, fit verser des larmes à tout le monde, et TOccident tout entier pleura les maux que rOrient avait soufierts.Leséjour de Pierre h Rome fut assez long ; il ne revint à Alexandrie qu'en 378, apportant avec lui des lettres du Pape Damase, qui autorisaient et confirmaient sqq élection aussi bien que la foi de Nicée. Le peuple, qui le reçut avec joie, remit les Eglises entre ses mains et chassa le faux évoque Lucius. Nous avons une lettre, datée du 28 février 380, par laquelle l'empereur Théodose déclare qu'il veut aue tous ses sujets suivent la foi, enseignée par le Pape Damase et par Pierre d'Alexandrie, ajoutant que ceux qui le feront, seront seuls réputés catholiques, tandis que les autres seront traités comme hérétiques et infâmes, et punis de diverses Iieines, selon la gravité de leurs fautes. Merre mourut vers le commencement de 381, après avoir gouverné r£glise d'Alexan« drie, sept ans et un peu plus de neuf mois. Ses écrits. — Théodoret nous a conservé une grande partie de la lettre que Pierre écrivit sur les violences commises par Luf:ius à Alexandrie. Ëlies avaient été poussées si loin, que lorsqu'il voulait raconter re qui s'était passé en cette occasion, le seul souvenir lui en arrachait encore des larmes. « Je continuerais de garder ie silence, ditil, ou tout au plus, je ne m'occuperais qu'à verser des pleurs, si les pensées que Dieu m'a inspirées n'avaient dtssipé ma douleur. Cette troupe de païens et de Juifs dont j'ai parlé, ayant fait irruption dans l'Eglise de rhébdas, y chanta des chansons composées en l'honneur des idoles, et au lieu d'y lire les saintes Ecritures, y battit des mains, j tint des conversations déshonnètes, et prononça contre les vierges consacrées à Dieu des obscénités que je n'ai garde de répéter. Il n'y eut point d^liomme grave qui ne bouchât ses oreilles, dans la crainte de les entendre. Mais plût à Dieu qu*ils se fussent contentés de cette insolence, et qu'ils n'eussent pas encore enchéâ sur la licence de leurs discours par la brutalité de leurs actions. Il y eut des chrétiens tués à coupsde bâton, et plusieurs demeurèrent sans sépulture au grand déplaisir de leur famille; il y en a mèmedonton cherche encore aujourd'hui les corps. Sur l'autel où nous attirons le Saint- Esprit par nos prières, ces impies ont fait danser, comme sur un théâtre, un jeune homme, qui, renonçant en quelque sorte à l'honneur de son sexe, avait pris un vète- «jient de tille.» Pierre raconte encore d'autres abomioaMons et ajoute : « Lorsque je fus aorti de l'église. Lqcius, mon successeur*
qui n'avait point été élu dans uneasseail d'évèuues par les suffrages du cierjjé, m mandé par le peuple, selon les lois de glise, mais qui avait acheté !a dignité é copale, y At son entrée. Mais il nes'y prés l>as seul; il menaitavecluî, nondesévê'; des prÀtres, des diacres, des Gdèles, non moines qui chantassent des hyinues tire r Ecriture sainte; mais Eusoîus qui, a avoir été jadis ordonné diacre de notre E: d'Alexandrie/ fut déposé avec Ariusdai grand et saint concile de Nicée. il avait core avec lui Magnus, qui a toujours f\ main forte à Timpiété; le iLème qui, .i avoir mis le feu a Téglise de Béryle, i Julien l'Apostat, fut condamné, sous J nien, à la rebâtir à ses frais, et <(ui m infailliblement la tête tranchée s'il n'eûi tenu sa grâce, à force de sollicitations, i Pour exciter le zèle des évèquesl cette lettre est adressée, h venger Icsp nations commises par Lucius, Pierre I rappelle qu ils l'ont déjà condamné pliisii fois et qu'il a même été condamné m jugement de tous les évoques ortboJoie raconte ensuite comment MagnuSiOii les menaces aux caresses, voulut en^ dix^neuf prêtres ou diacres, dont quel uns étaient â^és de plus de qualre-rii ans, à embrasser la doctrine d'Arius,eli quelle fermeté ils avaient confessé laf: Jésus-Christ, t Nous ne croirons jam diront-ils à Magnus, que Dieu ait été > puissance, sans sagesse et sans vérité. H ne croirons jamais qu'il ait été Père es temps, et qu'il ne Tait pas été en un ni' comme le croit cet arien impie, qd donne un Fils temporel. Si le Fils élall créature comme les ariens le disent, et ne fût pas de même suSiStance que ie le Père serait réduit au néant, puisane, Ion eux, le Fils n'étant point, le me serait point non plus. Si le Pèrecsldetû éternité, et s*il produit son Fils, non paf écoulement de lui-môme, parce que I) n'est point susceptible de passion, n'csl pas une folie et une extravagance de d du Fils, à qui toutes les créatures sont devables de Tôtre : Il y a eu un temps^^ n'était point? Voilà pourquoi nos Pères, se sont assemblés h Nicée de toute:; b ties de l'univers, ont condamné la do i arienne, soutenue par Lucius, et lêcl que le Fils est, non pas d'une subsf* autre que celle du Père, comme vous vi driez le dire, mais de la même subsm Ils ont formé le terme de consubslanud plusieurs paroles de FEcriture, et l'oo^^ tendu dans un sens liès-ortliodoxc./A|'' qu'ils eurent parlé de la sorte, Magiiil^» ht mettre en prison; puis, voyant qu'
f mouvait les faire changer de senû'JiL'U'» es condamna, en présence du p^w^ \ fondait en larmes, à sortir d'Alewn^" pour aller en exil à Hélionolc, ville J^' tous les habitants sont idolâtres.
Pierre ajoute que Pallade, |ir6fei d Aie"' drie, s'élanlaper(;u que plusieurs |>er>^'*., de toutân'c ci de tout sexe se jépau Jaa«
PIE
DE PATROLOdE.
PIE
soupirs ce en plaintes, pendant que les ifcjseurs faisaient voile vers Uéliopole» nt saisir et meure en prison queJqucs- \ «roùon les (ira ensuite pour les battre, ijéchîrcr et les tourmenter. Il y éw eut (lie que Ton condaiona à travailler aux les tic la Proconèsc. De ce nombre fu- I vin^Hrois moines qui vivaient dans la luiic .iTCC une grande austérité. Un rro, qui avait ap|K>rlé les lettres du Pape Ddse, fut traîné comme un scélérat, les ifl5 derrière le dos; on lui frappa iong- (15 Ici lôte avec des pierres et ues balles ploml), et enlln on l'envoya travailler ; mines avec les autres. Le reste de la re t'sl consacré à rapporter les autres |lQtc5 cicrcées par Ma^^nus contre les ca*> foues et particulièrement contre les ^nes et les autres membres du clergé.
finit que cette lettre était circulaire : t Y fait réloge de douze évéques d*£iMToir Euloge, Adolphe, Alexandre, i>ûe, Arpocliralion, Isaac, Isidore, Ann, Pitime, Enpiirale et Aaron, et dit (ju'iis avaient sucé la piété avec le
El ils avaient vécu dans la solitude deur enfance jusqu'à un âge fort avancé; 'raient surmonté les voluptés par les ces )ai)orieux de la pénitence; qu'ils (souvent vaincu les démons; qu*ils iieni la foi catholique avec une (fénéinvincible, et réfutaient par la force de pdiscours Timpiélé de Therésie arienne.
Berne écrivit une autre lettre aux évé- ^Aui prêtres et aux diacres relégués è fcrsarée sous Valens. Facundus en a in- Idcax petits fragments dans ses ouvrawltans Fun, le généreux évéque d'A- Mrie déclare que celui-là est sans Dieu
tUttpléleaaent réprouvé, qui ne confesse e le Sauveur a racheté Thomme tout l»ar son Incarnation ; d'où il conclut » « Sauveur a pris lui-même l'homme «fnuer, c'est-à»dire, !e corps et Tâmo.
ftntoie ceux qui veulent approfondir l( (matière à la lettre de saint Athanase à J* J'Aniiochc. Bans l'autre fragment , il fueaiandait son avis sur la manière dont Kwii se comporter envers Timothée, >f es principaux Apollinaristes, qui pre« ■*c nom d'évèque d'Alexandrie, et s'em- »';^ jusqu'à analhématiser Pierre , et Kiui saint Basile, Paulin d'Antioche, ^ M'ipijane et Diodore de Tyr, ne vou- »a»oïr de communion qu'avec Vital.
^ ^<>il i)ar une lettre de saint Basile que J'/^^istpprouva la facilité avec laquelle !"eques d*Eg}'pte exilés avaient admis à J ^«Dmunion les disciples de Marcel.
wnaTons plus la lettre qu'il écrivit à ce f •" pand évé^jue de Césarée, non plus "ceUedaus laquelle il lui faisait part de ^^se passait à Rome à l'égard de saint v^»ei de ce qui s'y était passé en sa ^^ entre le Pape Damase et le prêtre ^'^1 envoyé des Orientaux. Pierre
««ijUrouvé, en 378, au concile de Rome
^^ J^ase condamna Apollinaire et sa
^'^^iellui-mêmc de retour à AUxan-
drie, y confirma la sentence rendue à Rome contre cet hérésiarque. On lui fit un crime d'avoir favorisé l'intrusion de Maxime, et de ravoir même installé sur le siège de Consfanlinople. Théodoret attribue cette faute à Tiraothée, son successeur ; ce qui est contraire à l'ordre des temps. Mais si Pierre s'est rendu coupable en voulant porter Maxime sur le siège de Constantinople, il en a été puni par Maxime lui-môme, qui, chassé de celte ville par l'empereur, se retira à Alexandrie, et menaça de s'emparer de ce siège, si Pierre ne lo remettait eu possession de celui quMl avait perdu.
Cette lettre se trouve dans toutes les éditions de Théodoret, livre iv, chapitre 22, les deux fragments reproduits par Facundus, peuvent se lire, livre xi, chap. 22 des ouvrages de i^et auteur.
PIERRE, ancien éVêque dont on ignore le siège épiscopal, ne nous est connu que par une htire qu'il écrivit à saint Cyrille et par la réponse que lui fit le saint docteur. Accusé d'avoir mal administré les biens de son Eglise, il avait renoncé à son évêché. Sa démission fut acceptée, mais on lui conserva le titre d'évêque, probablement à cause de son flge. Pierre se plaignit à saint Cyrille, en disant qu'il ne s'était pas démis volontairement, mais qu'il y avait été contraint par menaces ; que son affaire n'avait pas été jugée canoniauement , de sorte que c'était à tort qu'on ravait privé de ses biens et de sa juridiction. On peut voir la réponse à cette lettre parmi celles du saint docteur.
PIERRE CuRTSOLOQCB (Saint).— Plus d'une fois, en lisant les Pères, nous nous s#»mmcs demandé laquelle était préférable de la maïiière pleine d'abandon qu'ils portent dans lo discours évanjçélique ou de la méthode savamment combinée des modernes : question qui nous semble admettre une double solution. Fénelon regrettait ces instructions familières dont la forme, l'étendue et parfois le sujet même étaient laissés à l'inspiration du moment. On ne saurait disconvenir qu'une manière qui prenait tous les tons et se pliait à tous les esprits, ne fût
f)Ius directe, plus pratique, plus popuaire, plus favorable à là propos, plus propre à toucher l'auditoire. Il faut reconnaître d'un autre côté que la composition des modernes, circonscrite dans l'expression d'une idée mûrie par la réfiexion, est plus serrée, plus exacte et plus nette. Le sujet étant mieux ordonné et creusé plus à fond , il s'ensuit que le point de dogme ou de morale mis en lumière laisse une trace plus vive dans la mémoire. La manière des Pères était plus en rauport avec l'instruction quotidienne, celle des modernes offre une nour^ riture plus forte à la méditation et à la pensée. Les homélies pouvaient être préférables à entendre ; les discours de nossermonnaires sont meilleurs à lire. N'abusons pas toutefois d'une remarque qu'il ne faut pas prendre dans un sens absolu : les homélies tirent de leur libre allure de% l^eautés qui
PIE
DICTIOiNNAlllE
riE
leur sont propres el qui n'ont aucun parallèle k redouter.
Ces réflexions, qui s'appliquent parfaitement à saint Basile et à saint Jean Chrysostome, sont loin de convenir, même à une grande distance, à saint Pierre Chrysologne. On est obligéde reconnaître, et Fénelon luiroôme l'a remarqué, avec les égards dus au titre et à ta vertu de ce saint archevéçiuc, qu'il s'en faut que le surnom qui lui fut donné par un de ses successeurs, et que depuis l'usage semble avoir consacré, soit d'une application judicieuse. Saint Basile, pour ne rien dire du prince de l'éloquence chrélicnne, est un grand orateur el un grand écrivain, bien qu'on puisse reprendre en ses ouvrages quelque prolixité lenant à l'école grecque qui se complaît dans une facile abondance. Ce Père , avec une imagination féconde, avait le génie élevé et tendre quoique sévère. Ses talents naturels développés par de profondes études, rawlorilé de son caractère affectueux et fort , l'imposante austérité de ses mœurs cénobiliques, tout concourait à faire de lui un orateur chrétien. Aussi, parmi tant d'hommes éloquents qui illustrèrent le iv* siècle, était-il au premier rang de ceux dont la parole charmait les peuples et fructifiait dans les âmes. Saint Pierre Chrysologne avait une profonde instruction et passait dans son siècle pour éloquent. On trouve dans ses discours des pensées ingénieuses, mais déparées par de la recherche, une affectation dans le style et des jeux de mots continuels qui , sous te rapport littéraire, sont le cachet d'un mauvais siècle.
Les irruptions des Barbares, qui, depuis le V siècle jusqu'au xr, ébranlèrent tout Tcmpire, et n'y laissèrent que des débris , répandirent dans notre occident les ténèbres de l'ignorance et du mauvais goût. Dans ce long intervalle, il se rencontre encore quelques hommes supérieurs; mais eux-mêmes pour la plupart entraînés par l'impulsion générale, étaient sans force pour relever les lettres dégradées et les arts corrompus. On ne dit pas que celte révolution fut l'ouvrage d-e l'archevêque dont nous partons, plutôt que du siècle où il vécut. £ll6 se Gt d'ellemême, et par un changement naturel, comme la nuit vient à la suite du plus beau jour, et l'hiver après la plus brillante saison de l'année. Le seul témoignage qui semble supposer que Pierre ait exercé de l'influence sur ses contemporains, est le surnom do Chrysolcigue, oui no lui fut donné que bien longtemps après le VIII* siècle. Félix, Tun de ses successeurs au siège de Ravenne, le premier qui ait recueilli ses Discours^ dont il fait dans sa préface un pompeux éloge, ne l'ap- })e1le simplement (]ue de son nom de Pierre^ On ne contestera jamais à Jean de Conslantinopleson surnom de Chrysoslome; il n'y a que les siècles de mauvais goût qui aient pu donner celui de Chrysologue à Pierre de Bavenne.
Pierre surnommé Chrysologue naquit à Imola et fut élu archevêque de Bavennc
vers Tan i^33. Il s'était préparé aux vei episcopales par la régularité de la vie ré bitique, moyen excellent pour former bons pasteurs. Il ne cessa pondant ton temps de sou épiscopat de se montrer ti à tous les exercices qu'il avait praiû dans son monastère. Il exténuait son ci par les jeûnes et offrait constamment à I pour les péchés de son peuple ses auml et ses larmes. De toute part el même pays les plus éloignés, on accourait & venue pour y être témoin de ses ver dont il enseignait la pratique non moins ses paroles que par ses etcmples. A était-il regardé comme le gardien deU en même temps qu'il faisait revirrcc personne l'apôtre dont il portait le nom sainteté de sa vie était une prédicalinoi tinuelle, qui contribua autant que s& cours à retirer les hommes de l'erreur les ramener dans la voie de la vérltéi la vertu. Saint Germain d'Auxerre,$i rendu à Ravenne pour obtenir de \'m nur Valentinien la grâce de quelqms minels, tomba dangereusement nialai eut la consolation de mourir entre les de Pierre Chrysologue, qui hérita de cilice et de son camail.
Lettre à Eutychès. — L'hérésiarqne tychès, instruit de réloquence de Pi* essaya de l'attirer à son parti, et lui .iJn comme il l'avait fait aux principaux { ques de l'Eglise, une lettre circulaire, « laquelle il se plaignait amèrement du {t ment porté contre lui par Flavien deu tanlinople ; mais le saint évêqne lui rép de manière à le confondre. JI lui l6 une vive douleur de voir que les d sur un mystère aussi bien établi qut do l'incarnation, ne finissaient pas; car, il de même que la paix des Eglises donne une joie céleste, de mêrae leur sion nous aluige, surtout quand elle est duite par des causes semblables. Les lois maines annulent après trente ans Icspn el les contestations ; el nous , après m\ clés écoulés, nous disputons encore g génération de Jésus-Christ, ijue la loldr nous propose comme inexplicable. VouJ gnorez pas dans quels égarements sVst ' Origène en recherchant les Princi/?r5,el torius, en discutant les Natures, les r. ont reconnu Jésus-Christ pour Dieu son berceau, et, par un [ïrocédé auqn ne peul penser qu'avec douleur, des prft demandent aujourd'hui : Qfàe\ est CeUi est né de la Yiorge et du Sainl-Esprii^ saint évêque rapjorte le témoignage 'F mages rendirent à la divinité de Je> Clirist aujnoment de sa naissance teuj relie, et celui que lui rend saint Paul li plusieurs de sesEpîtresî puis il aj"" «J'ai répondu en peu de mots h vos leur etjerauraisi fait plus longueuienlsi '»" frère Flavicn m'avait écrit sur celle «i«* Eu etfet , puisque vous vous plaignei ^'^ même de n'avoir pas été entendu, com»'^ voulez-vous que nous puisiions vou»] >' nous qui n'avons rieu lu de sos o]»iiii^*
pre
PIE
eu
I tipo appris de la boaclic de ceux qui M>n( présents à l^assemblée qui vous a la'amné. Celui-là ne saurait être un méa'etir équitable qui consent à entendre u* partie et qui refuse d'écouler l'aulre. TOUS exhorte donc h vous soumettre en Ltes choses à ce qui a été écritpar le bienureui Pape^de Rome; car saint Pierre»
I rit et qui pri^sido dans son siège , cominique la vraie foi à ceui qui la cherfût. Pour nous, notre amour pour la il et notre zèle pour i*intégrité des doks chrétiens ne nous permettent pas de .^r dans les causes de la foi sans le conitemenl de Tévéque de cette ville. >» Or *A de saint Léon et de sa lettre à Flavien
I f)arle ainsi ; on peut donc conclure «inl Pierre Chrysologue vivait encore W, époque à laquelle on présume que
lettre fut écrite. Les autres particudesa vie sont inconnues. Il mourut D quelques-uns en 458; d*aulres disent, liN^eralirc 450.
il faille le compter parmi les écrivains 1* siècle, c'est co qui paraît incontes-
et c'en est assez pour déplorer avec e rapidité Téloquence avait déjà com-
^h dégénérer. La noble simplicilé du •* précédent fut dédaignée, et le bel ': remplaça le génie. Au lieu de s'abanoer h ces mouvements libres , impe-
II qui naissent d'eux-mêmes de la méiV.oo de nos vérités saintes, on appli-
H 5on imagination à subtiliser sur les JB cachés des Ecritures, à paraître sen-
Sieux, à surprendre par des traits intut et fins ; on s'étudia h polir son a^e.à le charger d'ornements, à donfri SCS eipressions comme à ses pensées M'éciai que de solidité, en les ramesor elles-mêmes, en leur donnant une nce symétrique plus propre à flatter les H qu'à con^niuniquer a ses auditeurs impressions fortes et durables. Les lois h^risdu goût prescrivent une imitation fi-
Be <ie la nature. Les équivalents ne la supeoi point ; tout ce qui n'est pas elle est !k. \oyez ces lumières rassemblées en ^aai et disposées avec tout i'art imagivk pour éclairer un Jieu vaste et obscur; ^7 laissent encore des ombres qu'elles Meuvent dissiper, parce qu'elles ne peunt rendre ni les feux étincelants, ni la ^lédu jour. De même, tous les efforts ^ fins brillants de l'esprit n'imiteront et (plieront jamais le solide éclat des feux » Kénie.
^tascocBs. — Les discours de saint Pierre «l'rysologue sont au nombre de cen t soi xan tc- ^Jic, tous fort courts. 11 explique l'Ecri-
i^i U telle tfX bii>n plus chargé do détails mi«- NlieBietdepropuêiiîtins alambiqoécs: Aliqutindo |«<««9"< ' 9111 kahet iteUam non habetur a slel^ "•' *ft ipt€ êgiinr cursu ttellœ, ud ipte iteliœ agit ^«. C«;iii per cœlum sic cur$um dirigit , $ic •^"4tM ÛKfitiifN, sic viam tempérai^ ut magorum ^nut^a miuaiurad gressnm; nam ambulante ma- ^ *'ftU mbuUt ; seaente mago, siat Stella ; mago "••'«««l*, lïniftar Stella : sic sentit magusut qui-
ture, non de suite, mais ce qu on en avait lu dans l'Eglise Je jour où il prêchait. Quelquefois il traite des mystères .et déclame contre les vices. Au lieu d'une analyse qui nous entraînerait dans des longueurs, sans laire toucher au doigt les défauts de sa manière, nous en produirons plusieurs cita-^ lions c|ui mettront nos lecteurs dans la nécessité de convenir que si le jugement que nous venons de porter est sévère, il n'est cependant que juste.
Sur l étoile oui conduisit les mage» à Bethléem. — « L étoile, ;dil-il, se montre de temps en temps aux regards du mage : c'est lui qui en dirige les mouvements, plutôt
3ue celle-ci ne dirige les siens. Il comman-' e, elle obéit: il poursuit sa course, elle marche avec lui; il s'arrête, elle s'arrête; il dort, celle-ci prend aussi son sommeil. Par là, le roai^e apprend que cet astre, à qui jus(jue-là il avait accordé quelque chose do divin, n'est, comme lui, que I agent de la Divinité (4). l
Sur le massacre des Innocents.— i Le petit enfant souriait à celui qui lui donnait la mort ; il se jouait avec Je glaive dont on le perçait; et, au lieu de regarder sa nourrice, il fixait avec attention Te visage furieux de son ennemi. Ceux qui, dans un Age si tendre, ne connaissaient pas encore la vie, avaient, sur le point de mourir, des mouvements de gaieté. Un enfant à la mamello regarde tout homme, non comme son ennemi, mais comme son père. Il n'y eut que les mères qui scntirentce qu'une telle exécution avait de triste et de douloureux; et c'est pour cela qu'elles pleurèrent leurs enfants martyrs > sans rien goûter des joies que recevaient les martyrs au milieu de leurs tourments. » Toutes ces pensées sont fausses, hors de la nature et de la vérité. L'enfant arraché des bras de sa nourrice, pleure et se désole; il s'effraye à la vue du glaive, et ne pense guère à sourire à son bourreau.
En s'adressant à Hérode, il s'écrie : « Prince malheureux, qui as fait tout ce qu*il fallait faire pour être condamné, sans pouvoir être jusliûé en aucune manière, qui est-ce qui excusera celui que Tinnocence attaque, que l'enfance poursuit, que le lait n'accuse pas moins que le sang?»— « Saint Pierre Chrysologue s'égaye, si j'ose ainsi parler, dit à ce sujet le P. Bouhours; est-ce là le cas? Peut-on' supposer que Te tyran qui a donné de semblables ordres trouvera jamais personne qui rexcuse?»L'énumératton qui suit n'est pas moins bizarre, et on est tenté do sourire à cette réflexion, que le lait ne l'accuse pas moins que le sang. Mais « beu-
bus viandi par condilioest^par sit necessitas^servien" di ; et stellam jam non Deum crédit, sed judieat tsse conservant, quant cernit laliter suis otiseqniis matici" patam. De bonne fol, est-ce ainsi que fiVxpriinfni un saint Grégoire de Naiianze, un saint Jea;) Clirysostume ? Dans riiomélie suivante qui iraiie le in<Snie sujet, la reclierdie des (aux ornein«. nts et le vide (!c8 pensées se trouvent portés encore plus loin.
PIE
PS
Cî
renses les larmes qui, versées pour ces pe<* tils martyrSt ont conféré la grâce du baptême & celles qui les ont répandues! Car, par un mftme eifetde miséricorde, mais de diverses manières, les mères ont été «baptisées dans leurs larmes, et les enfants dans leur sang. » Il y a encore moins de justesse dans cette proposition. L'£glise n*a jamais dit que les bières de ces innocentes victimes aient été purifiées par les larmes versées sur la mort de leurs enfants.
« Une compagnie déjeunes soldats» de TAge du prince, pour lequel ils sont nés, aime mieux mourir avant lui qu'avec lui. Ils commencent, ces fidèles soldats de Jésus« Christ, à combattre avant que de vivre, à essuyer les périls de la euerre avant que de s*amuser aux jeux de i enfance, à répandre leur sang sous le glaive des bourre^jux avant que de sucer tout le lait de leurs nourrices. L ardeur qu'ils ont pour la gloire de leur roi ne leur permet pas d'aUendre un corps plus parfait, un âge plus mttr. Du sein de leur mère, ils volent à la mort comme pour habiter le ciel , même avaut que d*liaiiiter la terre. » Toujours la même obstination à amplitier sur des riens pour les exagérer. La pensée qui suit est plus naturelle : « Heureux enfants, véritablement les martyrs de la grâce I Ils confessent Jésus-Christ sans parler, ils combattent, ils triomphent, ils meurent pour lui sans le connaître. » Mais Fauteur ia dénature en l'expliquant par cette proposition : « Quelle liberté pouvait-il y avoir dans ces enfants? Quel usage du lii)re arbitre? Quel choix pouvaient-ils faire de la vie et de la mort, puisque la nature môme était captive dans leur personne? » Par ces dernières paroles, il semble enchaîner la liberté, et Texcluro du droit de mériter. Toutefois, il est facile de ramener sa pensée à la précision théolo* gique, en supposant que cette faculté aurait exercé sur eux tout son empire, s'ils eussent été dans un âge plus avancé. C'est dans le môme sens qu'il faut entendre ce qu'il dit au même enuroit :
*i Vaincre le démon, livrer son corps aux tourments, laisser déchirer ses entrailles, lasScr ses bourreaux, et chercher sa vie dans la mort» ce n'est pas la vertu d'un hoiume fragile et mortel , c'est le secours d'un Dieu immortel et tout-puissant. D'où il conclut, sur le martyre eu général, que nous le devons tout entier à Dieu, et rien à nous i De mariyrio ergo debemus ioiwn Deo^ nihil nobis. » Il s'explique encore plus clairement par ce qui suit : ^ Celui qui, par son propre courage, court au martyre, n'obtient pas la couronne, laquelle ne s'obtient que par Jésus-Christ. C'est par ses mérites que l'on triomphe. »
A Thisioire du massacre des Innocents est jointe la Fuite deJ/sui-Christ en Egypte. Même recherche dans les pensées, même affectation dans le langage, même sécheresse dans les mouvements. L'antithèse, figure favorite de cet orateur, domine dans chacune de ses comoositions. « Que veut
dire l'évangéliste, cl d'où rient qu'il s'ar rête sur ces circonstances, pour en conseï ver éternellement la mémoire? Uu soldi dévoué à son prince n'a pas coulume J> rapporter les fuites, les faiblesses, les ni heurs. Bien loin de les découvrir, de le publier, il les cache, il les enseveiil dat un silence éternel : il ne célèbre que (( actions de valeur, que les vertus héroï) que les heureux succès de ses armes, <)i ses victoires et ses triomphes. > A objection, saint Chrysologue répond :
fuite d*un grand capitaine est moios fuite qu'une retraite. Ce n*est pas toujo lâcheté que d'éviter le combat, maishab leté et science de tactique. Quand Dk semble fuir l'homme, c'est un mystère non pas une faiblesse. Quand le plosti se retire à la vue des ennemis qui le \m suivent, tant faibles quiils sont, il ne craint pas; il veut seulement les attirer pleine campagne. Comme il prétend r son triomphe illustre dans tous les si il ne peut souffrir un combat obscur, victoires secrètes, 'es vertus cachées laissent point d'exemple à la postérité. Ti la cause de ia fuite de Jésùs-Chrisl; il ci au temps et non ù Hérode.... Si JésusCb avait tenu ferme, les saints Innocents ai raient pas été sacrifiés, la Synagogu»
reconnaîtrait pour ses enfants, eiiE; ne les reconnaîtrait pas pour ses à tyrs. »
Il y a plus de naturel dans ce qu'on lire : « La nature enseigne ce que peut ce que mérite renfance. Quel homme barbare pour résister aux manières sin)| et aimables d'un petit enfant? Jl adouetf monstre le plus féroce, il inspire de la dresse aux cœurs les plus durs. Les et les mères sentent ce qui en est. Tout monde l'éprouve; et les mouvemeots s'excitent dans les entrailles àcette seules en font foi. Celui donc qui voulait éfi aimé, et qui ne voulait point être crainl, voulu naître avec tous les agréments i Tenfance. 5/c ergo nascivoluitf qui amQ voluity non timeri. » Bourdaloue Uéve)i>(i| admirablement cette pensée dans un de»
sermons pour la fête de Noël.
Sur le jeûne. — « C'est, dit-il, un sarrifi dans lequel l'esprit est le prêtre et la ciM la victime. Il nous consacre à Dieu sai nous ravir è nous-mêmes, et nous donnel qualité de victimes sans uous faire penii la vie. Moïse, épuré par l'abstinence, eiei par le jeûne au-dessus de lui-même, enu dans la gloire de Dieu, et desceoiiiNei montagne avec tant d'éclat sur le vi>ag^ que les Israélites ne le pouvaient regaruei Le démon, voyant Jésus-Christ soutenir > long jeûne de quarante jours, cotnmaç à soupçonner qu'il était d'uue nature »u périeure. Quand cet esprit superbe «< qu'une si longue abstinence n'avait (k>u abattu ses forces, il se douta que celui 4«t n'avait point besoin d'aliments pour soute nir sa vie était un Dieu caché sous la fs) blesie de la chair.... L'aumêne, le jeûut^.
MB
b£ f AtROLOGlEb
ME
I prière s'eDtreCienneDt el se fortifient réiproqueoent. C'est la prière qui frappe vreille et le coBur de Dieu; c'est l'abstii^oce qui impètrey mais c'est l*aumône qui ^uiL Ce» trois vertas ue sauraient se seirer lune de l'autre; qui n'en possède uune, ne possède rien. Le jeûne sans tunjôoe est une épargne : c'est la peine de ivarice;et quand il n'est point accoml^c de miséricorde, il tient plutôt de la ipieur d'un supplice^ que de la sévérité une pénitence. Le jeûne guérit les plaies oe le péché a faites à rflme ; mais les cicanceâ,oon; il n'jr a que la miséricorde qui ^ilepo*!voir de les guérir. » Cette pensée ssu^iottfoéede vin^t manières différentes, |Qi o'ijoalent au discours que des métapdor^ tnfiates et des paroles oiseuses.
Àficman de VincrédulUéde iaint Tho- ■m-'Cet apôtre, dit-il, veut renouveler la jBfloo du Sauveur. Il veut encore ouvrir IB(t^(é;il veut que ses doigts fassent l'oflu de clous» et qu'ils percent encore les
eel ip^ mains du Sauveur du monde. »
teos-Christ élaii impassible depuis sa IterectioD.ill ajoute : « Ces plaies adorables
BiMieot déjà répandu de l'eau pour nous i$er, et du sang pour nous racheter, HNB^irent encore la foi dans l'Eglise, pni elles furent ouvertes par les mains de M ipvtre curieux et infidèle.)»
ivkréiurrtctiondt Lazare, — Les quatre etokuûs sur la résurrection de Lazare n'ont krecDirquable çu'un jeu continu de parois varies principaux textes de cette his- £• qui se termine par un dialogue ^dont les interlocuteurs sont le tarta^ies auges et Jésus^Christ.
«As moment où Jésus-Christ se présente tt portes de l^infernal abîme et les ouvre
S t(Q délivrer les captifs, et pour abroger u<pe sentence portée contre le genre uo^tio» toutes les puissances de 1 enfer ^<be2irent ; elles s'avancent pleines de rage, oiotà la main l'arrêt de mort qui leur 'mi à perpétuité toute la race humaine. (h présence d'un homme, de toutes parts, Ihi demande aussitôt qui il est, ce qu'il t>^t pourquoi il vient seul, dans quelle vue 'itoétré sans pâlir le redoutable abîme? a prophètes ont répondu : Cet homme, M le Roi de gloire; les anges répètent: Mliomoie, c'est le Dieu des vertus. Et Jé- Hhrisi, (lu sein de Dieu son Père, à ré*- ^^Q :Moa Père, il est juste que la prison '^Jenncnon les innocents, mais les seuls 'Ihïbles, > etc.
^^^'étangiie du Centenier. {Mat th. vni, S» •♦'M')— «Il n'est pas encore élevé au rang ^•^iple, et le voilà qui déjà parle avec uionié (fun mattre, nous fournissant et û»»nière dont nous devons prier, et la règle fi^Hrefoi, et lexemple de toutes les vertus. ^^urion ê^ûpprocke de Jésus en le priant ^ '"*di<;ifen serviteur est malade dans ma '"««. Mon serviteur f puisqu'il est malade; ^^il était le vôtre, il ne serait pas dans la f «nce. rirai, loi répond Jésus-Christ, et '• îWrirot. A quoi celui-ci réplique : Sei-
DlCT10?r!t. DE PATROtOGIE. IV.
gneur, je né suis pas digne, etc. ; mats dites seulement une parole. Bien que ce centurion fût étranger à la loi, il n'agit point sous la loi. Commandez seulement de cette parole toute-puissante, de laquelle il est dit : Elle a parlé, et tout a été fait,.. (PsaLxx\n,9,) Car je ne suis qu'un homme et vous êtes Dieu. Soumis à la puissance de mes supérieurs ; vous êtes, vous, le Maître des maîtres. Ayant sous moi des soldats; vous, toutes les vertus drs cieux. Et je commande à l'un qu'il aille, et it va; vous commandez à la maladie qu'elle attaque un homme sain, et elle l'attaque. J'ordonne à Tautre de revenir» et il revient ; ordonnez de même à la santé d'aller retrouver ce malade, et elle y retournera ; car vous êtes le souverain de l^univers. La santé respecte votre puissance, les maladies dépendent de vous» et les cures des maladies sont les ouvrages de vos mains.»
Cette traduction, que nous avons modifiée par l'imitation qu'en a faite l'évoque de Senez, laisse encore apercevoir tout le mauvais goût de l'écrivain original. .* Ce ne fut pas un moindre miracle d'inspirer la libéralité à un avare, que de rendre la vie à an mort : Quod est aare vitam mortuo, hoc est.largitatem tribuere avaro. Nous ne craignons pas de le répéter, de pareilles épigrammes ne conviennent nullement à la dignité du ministère évangélique... Voici comment il définit la mort: Jlfor« est despe^ rationis domina, incredulitatis mater, germana corruptionis, infemi parens, omnium malorum regina. Nous n'entreprenons pas de traduire ces expressions.
Sur la prédication de saint Jean-Baptis^e. — Le début de ses homélies sur la prédication de saint Jean-Baptiste est remarquable par la singularité des métaphores* Nous citerons l'exorde de l'homélie Lxni*:«( Après qu'armé du soc de la loi, et que, grâce à une culture infatigable, le saint précurseur a étouffé les germes toujours renaissants de la superstition judaïque (que restait^il donc à faire à Jésus -Christ?), il se rend au désert pour y consumer par le feu de l'Esprit-Saint les buissons criminels, portant la cognée de la vengeance au pied des arbres stériles, aplanissant les collines de l'orgueil, comblant les vallons de l'humilité, préparant ainsi les Toies à la semence évangélique... Il parcourt toute la contrée que baigne le Jourdain. {Luc, ni, 3.) Pourquoi le Jourdain? Parce qu'il fallait un fleuve entier, non quelques gouttes d'eau, pour laver les souillures de la nation juive, conformément à cette parole de l'Evangile : Or il y avait là six vaisseaux de pierre pour servir aux Juifs à se purifier, (Joan., II, 6.) Pourquoi encore les eaux du Jourdain? Pour abreuver les pénitents d*eau et non pas de vin, comme aux noces de Cana. »
On ne se permet point de commentaires, après un semblable texte. Parlant du saint précurseur: Jaanne^ par angelis, major ho^ mine, legis summa, vox apostolorum, Jt/entium prophetarum. L'orateur, dans ce style d'énigme, veut dire que saint Jean-Baptiste
PIE
ns
présente dans sa personne labrégé de la loi, qu*il a la sainte liberté des apôtres, qu'il accomplit toutes les prophéties.
Sur samorL— « On apporta la tète du saint dans un plat. Quel spectacle I Le palais d'Hérode est changé en un amphitéâlre sanglant, sa table en un cirque rempli de carnage ; les convives deviennent des spectateurs, les mets des objets d'horreur, le festin un homicide; le vin s*y tourne en sang. Le jour de la naissance d*Hérode s*y change en un jour de deuil et de mort, les instruments de musique n'y rendent que des sons tristes et lugubres. Ce n'est pas une jeune fille qui entre dans la salle, c'est une béte féroce; elle ne cherche pas à manger, mais à dévorer. Celle qui paraît et qui danse, est moins une femme qu'une hyène ou une tigresse. Ce ne sont pas des cheveux qui pendent épars sur le cou et sur les épaules, c'est le crin d'une bêle féroce. Si en dansant, elle s'élève de terre et parait d'une taille avantageuse, ce n'est que la fureur qui lui donne ce grand air. p
Cette barbare exécution nous rappelle un morceau vraiment éloquent d'un discours sur le même sujet, attribué tantôt h saint Fulgence, tantôt à saint Pierre Chrisologue. « Une femme est toujours à craindre, en quelque dis|)Osition qu'elle se rencontre. Si elle veut plaire, son amitié est un poison subtil qui vous donne la mort; si elle tous
Ïersécute, sa vengeance n'a point de terme, lais, à tout prendre, sa haine vaut mieux que son amitié ; l'une ne peut (]ue vous ôter la vie du corps, l'autre vous fait perdre celle de l'Ame. » Cette sentence, qui a besoin d'être modifiée, est justifiée ici par l'exemple d'Hérodiade. « Cette impudique dédaigne la couronne qui lui est offerte, et n'amoitionne que la tète de Jean-Baptiste, haïssant plus le prophète qui s'était déclaré contre Ticicesle, qu'elle n'aimait le prince qui lui avait pr4)mis un royaume.
• Le sanp; de la tète coupée coulait encore dansiebassin,'C'étaitleseut mets qui manquât h un festin si pompeux. Les tètes des poissons et des animaux les plus exquis avaient sans doute déjà paru sur la table ; mais qu'était-ce ^e cela pour la magnificence et le plaisir d un roi barbare? Ces sortes de mets pourraient peut-être se voir à la table d'un particulier; on n'aurait pas fait grand'chère si une tète humaine avait manqué à ce festin royal. El ce qui rend la chose moins commune, c'est que ce fut de sn prison que l'on apporta la tète du prophète toute sanglante. Les rois ont coutume, dans les jours solennels, de chercher sur terre et sur mer ce qui peut rendre.es repas qu'ils donnent plus magnifiques et plus délicieux. Les cachots fourniront à Hérode de quoi augmenter la délicatesse de son festin : Herodi cctpii et carcer delicias ministrart, >
Nous avons donné beaucoup à la critique, livrons-nous maintenant au plaisir de louer.
Sur la parabole du maurati rtcAe. — L'une
des homélies les plus renommées du archevêque de Ravenne est celle du vais riche. Elle mérite sa réputation. Ci en quelques passages.
« La prospérité du mauvais riche fi plus cruel supplice du pauvre Lazare»
ne lasse plus sa patience que le spe< continuel de la pompe et des festins s tueux qui régnent aans la maison de impie. Il est plus tourmenté de cet al dance et de cet orteil que de sa pi misère et de ses infirmités. » L'Eva pourtant ne le dit pas. Lazare envieux prospérité d'autrui, aurait-il mérité d transporté au sein d'Abraham? Etaitun exemple à proposer aux pauvres?
« Quelle révolution, quel changement! l anges portent Lazare au ciel 1 l'enfer déri^ le riche. Le trépas bienheureux du paavi efface toutes les délices et toute la gloireJ la Yie du riche, ternit tout l'éclat H m l'appareil de sa sépulture. Pourquoi st lÉ se-t-on éblouir par les apparences? m quoi les pompes funèbres nous en impo elles ? Aux funérailles du riche, une tr nombreuse de serviteurs, d^escJaves eo bit de deuil, marchent devant le corps, visage abattu et les yeux remplis de laroK Une multitude innombrable d anges mène
f>auvre en triomphe, avec des concerts a odieux et des cantiques d'allégresse. Abr, ham ne s'estimerait pas bienheureui s\i milieu de sa gloire, il n'interrompait I pieux office de la miséricorde ; et si, cc^ tinuant dans le ciel ce qu'il avait loujooi
{pratiqué sur la terre, il ne recevait encaj es pèlerins et les pauvres. ^ |
c Dieu vovant que le riche avait le$or# les fermées a la voix du pauvre, et ooelfl gémissements d'une seule bouche n etaiil pas capables de lui toucher le cœur, ilcos vrit de plaies tout le corps de Lazare, ai que pour faire entendre au riche ce que I cnarité exigeait de lui, le pauvre eût auiii de bouches que d'ulcères. » Ce n'est pi cependant que cette homélie soit sans beu
tés ; ce c{ui suit en est la preuve
« Quoi donci le lin n'empêche pas de bri 1er? La pourpre ne défend pas du feu i l'enfer? ou plutôt ces vêtements si déiiei et si précieux ne vous sont plus de É usage. Vous qui autrefois braviez les dN leurs de la saison, portiez des toiles Goesl transparentes qui laissaient voir votre corp en le couvrant ; maintenant tout ou, toq brûlez dans des feux que rien ne pourr tempérer, et qui ne s'éteindront jaoïa»
Vous demandez un peu de rafratcbissemeat oii sont ces liqueurs exquises que vous avie en abondance ? Où sont ces vins de plusieur années, et que le temps avait rendus s doux et si agréables ? Tout cela est perdi pour vous, et il ne vous reste que d'éir coupable du mauvais usage que vous ei avez fait. Vous qui ne demandez qutUM goutte d'eau pour vous soulager, vous i» seriez pas altéré comme tous êtes, si ^^ aviez seulement donné une goutte i'^^ ^ l'indigent.
ME
bE PATROLOGIE.
PIE
• Il commence bien tard, ce mauTais riche» k (ooroer yers le ctel les yeux qu'il n'atait pissés jamais que sur la terre. Mallieureuil ces mêmes yeux que tu lèves, ne s*éunl jasais occupés qu'à regarder tes trésors» ^nt (es propres accusateurs; cesycux, ayant JéJaigDé, pendant toute la vie, de se lever i^rs ton juge» ne sont plus présentement spables par leurs regards que d'enflammer a cnlère» au lien de I apaiser ; que d'attirer ta Tcogeance, et jamais son pardon... Il était ^ien juste que les anges du ciel prétassent issistaoce à ce pauvre, à qui les derniers toociarsde l'humanité avaient été si impitoyablement refusés.
«Onsétonne qu^Abraham, autrefois opulent, dédaigne dans sa détresse la prière d'an rJdie oui l'implore. C'est que le saint fitnmbe lut riche» moins pour lui que fDcr les antres. » Après un éloge de l'hosfiiilité patriarcale» l'auteur revient à la fnéredQ mauvais riche dans l'enfer. « L'invuét dit-il, il invoque la miséricorde» lui ^tarait refusée à son frère I... Le mauw riche dans les enfers est plus déchiré
£ limage toujours présente du bonheur t il est déciiu» que par l'horreur des p» qu'il endure; le ciel brûle plus que pBkr. Le plus amer de tous les supplices» wkii le plus insupportable qui le consume» tt de roir dans le séjour cle la félicité ces fi'jTres pour qui il n'avait eu que du mé-
^ l^roraison qui termine les quatre ho- ■*fe sur ce sujet est touchante. «* S'il est *(ofer, un cachot ténébreux» une four- ^^ brûlante qui attend le mauvais riche ^ sa mort» pourquoi cette léthargie bru- 1* où nous vivons ensevelis 7 Pourquoi cet *fcli de notre dernière heure? Pourquoi ne f'thoDs-nous pas à tout prix à échapper ■TOfiiâh'mentsi eflroyable 7 Et s'il est en Wrefiouvoir d'aller un iouf reposer dans ^5ejD d'Abraham» à côte de Lazare» pour- |B«>i o'achèterions-nous pas un tel bonheur ^e sacrifice de nos biens périssables 7... "^ot Dieu» point de piété sans justice» |l*p!Qs que de justice sans piété, comme il <t^t point d'équité sans bonté» ni de bonté 5* équité. Séparez ces vertus» elles s'amnssent. L'équité détachée de la bonté t^ plus que dureté» et la justice sans piété ^tplusque cruauté... Pourquoi, ô homme»
<Nmier si peu toi-même» quand tu es si «^eux aux yeux de ton Dieu ? Après les ^'îues d'honneur que tu as reçues de lui» wjjienl que tu le déprises tant toi-même 7 o inquiètes d'apnreudre d'où tu tires ton igme ; et tu ne rinquiètes pas de savoir '|uoi tu es destiné. »
^y la prédication Je loîtU Jean-Baptiste. uUe même homélie sur la prédication '^'01 Jean-Baptiste» dont nous avons si- ^*é le ridicule et dont l'exorde ressemble iJ a une parodie qu'à un discours sérieux» "i^rme quelques mouvements oratoires 5« nous nous plaisons h recueillir, •yueile est-elle cette colère à venir dont ^•ni prophète menace le peuple venu
pour Tentendre? Celle qui na point de terme» dont la mort» bien loin de rompre le lien» ne fait que le rendre plus étroit, et ne laisse plus pénétrer l'espérance dans les sombres cachots destinés à l'éternel chAliment du pécheur. Avertis par une aussi effrayante menacei les Juifs apprendront À connaître de qui ils descendent» et jusqu*oii ils ont porté leur crime. Aussi les entendezvous dire : Que ferons-nous pour obtenir le salut? Et que va leur répondre le saint précurseur? Ce qu'il va leur répondre, mes frères I je tremole moi-même de le répéter» de peur que ceux d'entre vous qui l'entendront sans en profiter n'en fassent par leur endurcissement la matière de leur condamnation. Quel parti prendre? Je crains de Birler ; je ne puis vous le laisser ignorer. *un côtéi ma paternelle affection pour tous ces enfants me commande de vous le dire; de l'autre» la peur de vous rendre plus coupables par le mépris que vous en allez faire me tient en t)alance) et m'empêche de me déterminer. »
Sur la parole de Dieu et sur divers sujets. — « On ne peut pas la forcer» dit-il» il faut qu'elle se donne d'elle-même. Non exigitur^ seddonatur. La parole de vie qui commande à nos volontés ne reçoit pas la loi de nos mouvements. Souvent les lumières de ceux qui enseignent viennent des prières de ceux qui écoutent. Hoc accipit doetor quod meretur auditor, »
Saint Pierre Chrysologue» en parlant des pauvres» leur donne une qualité bien glorieuse et une commission bien honorable»
lorsqu'il les appelle les receveurs du domaine de Dieu» et qu'il nous fait considérer la main du pauvre comme le trésor du Seigneur sur la terre : Gazophylacium Dei manus pauperis.
S'il y a du bonheur à se sauver par la fuite des biens et des grandeurs du monde» il y a du courage et de la vertu è vaincre leurs charmes dans leur possession même : Evasisse est felicitatis^ vincete virtutis,
viPrenexgardequ^envoulantarrachetrivraie^ vous n'arrachiet aussi le bon grain. [Matth. xit, 29.) C'est ce qu'allait faire Ananie) quand il adressait à Dieu cette plainte au sujet de Saul : Seigneur ^ combien ne maux n'a-t-il pas causés à votre Eglise? {Aet. ix, 13.) Il semblait dire : Arrachez cette ivraie ; que fait ce loup au milieu du troupeau? Ana nie ne voyait que Saul ;lesyeux du Seigneur» bien plus pénétrants, découvraient Paul : il en faisait un vase d'élection ; et l'ivraie qu'Ananie condamnait au feu de l'enfer devenait le froment que Jésus-Christ destinait à ses greniers.»
Sur les devoirs de la profession militaire. •^ « Le vrai soldat, c'est celui qui ne bouleverse point les cités» mais qui les protège» qui repousse l'agression et ne la provoque point» qui vole à Tordre du prince pour en assurer les droits» et non pour être 1 oppresseur de ses concitoyens. » Le saint prédicateur, traçant le plan des devoirs religieu\f ifoublie pas ceux de la vie civile.
Pi£
PIE
€ Qui ne cache point son trésor Texpose : les yertus que tous affectez ne vous profitent pas.. L*enTie arme Gain contre les jours de Tinnocent Abel. Le monde tout entier ne peut contenir doux fï*ères. Ce n*est pas assez pour Ten vieux Caïn d*ètre le premier dans l'ordre «le la nature» il veut y être
seul.
« Les miracles s'accordent à la foi et non à l'artitice; & celui qui croit et non à celui qui tente.Ils ont pour but le salut de Thomme qui les demande, et non d'insulter à la puissance de celui à qui seul il appartient d'en faire. »
Bourdaloue, l'abbé Clément, Cambacérès, le P. Lenfant, ont extrait de ces homélies, et particulièrement de celles sur l'aumône, diverses pensées qu'ils ont su dégager de l'alliage de mauvais goût qui les dépare. Nous ne parlons pas de plusieurs autres prédicateurs qui n'ont pas eu cette sage discrétion. Cn de nos moralistes les plus célèbres, Nicole, dans ses Estais de morale^ nous fournit cette réflexion qui s'applique naturellement à saint Pierre Cbrjsologue. « Si l'on ne sait mêler cette beauté naturelle et simple à celle des grandes pensées, on est en danger d'écrire et de parler d'autant plus mal que Ton s'étudiera à bien écrire et à bien parler; et plus on aura d'esprit, plus on tombera dans un genre vicieux; car c'est ce qui fait qu'on se jette dans le plus mauvais style , celui des pointes, qui produit toujours un très-mauvais effet. Quand même les pensées seraient solides et belles en elles-mêmes, néanmoins elles lassent et accablent l'esprit, si elles sont en trop grand nombre, et si on les emploie dans des sujets qui ne les demandent point. »
Pour résumer en quelques mots notre pensée sur saint Pierre Chrysologue, nous nous contenterons de dire qu'il avait plus de sainteté que d'éloquence. Ses discours tiraient leur force de la véhémence et du zèle du saint orateur, du ton vif, touchant et pénétré avec lequel il les prononçait, lequel produisait le plus grand effet sur son ]>eupie. Ils ont été imprimés à Venise, tn-
ÎbliOf 1750, par les soins du P. Sébastien- ^aul de la Mère de Dieu. On en a donné une nouvelle édition à Àugsbourg, également tfi-jfo/to, en 1758. Ils ont passe de là dans le Cours complet de Patrologie.
PIERKE, prêtre de l'Eglise d*£desse et célèbre déclamaieur que nous ne connaissons Que par Gennade, écrivit des traités sur diuérents sujets et composa des Psaumes en vers, à l'imilalion de ceux du saint diacre Epbrem, c'esl-à-dire des Bymnes dont les vers, étaient de sept syllabes. 11 n'en est rien arrivé jusqu'à nous.
HE&RÉ, évèaue de Laodicéë à la fin du VU* siècle, ne nous est connu comme écrivain que. par une 'Explication de VOraison Dominicale qui est arrivée jusqu'à nous. C'est une paraphrase très-concise, tnais suflisante cependant pour bien entendre les divers seûs de cette admirable prière. Elle
a été publiée an tome XII de la J?t6itoiliè(ttf des Pères de Colore.
PIERRE t archidiacre, dont on ignore Ix patrie et l'extraction , vivait au plus tar<i dans les commencements du vm* siècle. 11 est auteur d'un Commentaire en forme M
Juestions et de réponses sur la prophtiu e Daniel. Dans ces auestions, au umhtt de soixante et neuf, l'auteur explique h^tant de passages difiiciles du livre prophav que. Il cite quelquefois le texte hébreu, ainsi que les versions de Théodotion, 4( Symmaque et des Septante, l'Histoire d« Antiauiiés juives, par Josèphe, Origèo^ Eusèbe de Césarée et Jules Africain. Il sui dans l'explication des soixante-dix semm de Daniel celle qu'en a donnée Eusèbe et finit comme lui la dernière semiùif^ c'est-à-dire, les trente-cinq dernières 8ooéf< au règne de Trajan, en les commenjnti la destruction de Jérusalem et du Vmjjà sous Titus et Vespasien. CeCommanm fait partie de la grande Collection de doii Marlene.
PIERRE DB Sicile, ainsi appelé para qu'il était né en cette province, tut enroj^ en 871 par l'empereur Basile à Tihritiae capitale des manichéens d'Arménie, pu»
traiter avec Cbrysocheris , leur chef, é| l'échange des captifs qu'il avait faits sur U Romains. Pierre réussit dans sa négociatioi Pendant les neuf mois qu'il passa à Tihij que, les fréquentes conversations quil en avec les manichéens lui donnèrent ocr^'(K de s'instruire exactement de leur doctnflt| et les Chrétiens oui demeuraient pamiç^ peuple le confirmèrent dans ce qu'il mm appris. Il découvrit aussi qu'ils Ur* dans le dessein d'envoyer quelques-uni leurs prêcher en Bulgarie ; ce qu'ils i\ avec tant de succès qu'ils y établireot li hérésie, qui de là ne tarda pas à se répant dans les autres parties de 1 Europe. Touti ces raisons engagèrent Pierre à écrire Tb toire de ces hérétiques, persuadé que simple exposition de 4eurs dogmes élaii moyen plus sûr pour en préserver les sis pies Que toutes les raisons que Ton poai rait alléguer pour les réfuter. Aussi led donne-t-il le conseil de ne point enlrcrl dispute avec eux, de ne répondre à aum de leurs auestions, mais de garder lesiieiM et de les luir. « Ils ont, dit-il, continueili^ ment à la bouche les paroles de VEnm et de l'Apôtre, et on a besoin de possévlj bien à fond les Ecritures pour décou^r leurs artifices. Au dehors ils font profej sion d'une croyance et^ d'une morale sea blable à celle des catholiques mais ils pe sent bien différemment, et, cjuoiqu'iis ad théraatisent Manès et ses disciples, ils f\ connaissent d'autres maîtres qui ne vaie pas mieux. »
Doctrine des manichéens, — Pierre réf leur doctrine à six articles. Le preinH qui est la base de tous les autres, cod5.$ à admettre deux principes: 1* Un Uicul^ dont le Seigneur dit dans l'Evangile, v^i n'avez jamais oui sa voix, ni vu son ri^^àJ
PIB
DE PATROLOGIS.
MB
8Si
H ao Dieo mauyaîs, auteur et mattre de ce nonde. 2* Ils baîsseut la sainte Vierge et fouiiennent que Jésus-Christ n'est pas né Telle, mais qu'il a apporté son corps du iel, et qu*après Tavoir mis au monde, darie arait eu d'autres enfants de Joeph son mari. 3* Ils rejettent la commulion du corps et du sang de notre Seigneur, mis prétexte que ce ne fut pas du pain et lu Tin qu'il donna à ses disciples, mais ie«!ement des paroles figuratives et des iTnit>ole5, qui rappelaient le pain et le vin. kM s repoussent la figure de la croix et bVa reconnaissent point la vertu; au lieu delTionorer, ils Toutragent. 5" Ils n'admetleolaunm des livres de l'Ancien Testament H traitent les prophètes d'imposteurs et de larn,0s; mais ils reçoivent les quatre Evan- ^Vs les quatorze Islpltres de saint Paul, Hx de saint Jacques, les trois de saint JtiD, celle de saint Jude et les Actes des i(H»tres tels gue nous les avons. Ils ont itéii de Sergius , un de leurs principaux Auteurs, des lettres remplies d'orgueil et oiti|>iélé. Non contents de rejeter les oras Epttres catholiques de saint Pierre, ils >. laissent et le chargent d'injures, proba- ■«oeiu parce qu'ils se reconnaissent dans lr:2bleau qu'il trace de leur impiété. 6' Le lUrmer article regarde les prêtres et les mens. Ce nom seul suffit pour qu'ils les i^in^nent du ministère de r£glise, sous
eieite qu'il est dit dans l'Evangile que iQriens, presbyterif s'assemblèrent confie Seigneur.
Histoire des manichéens, — Pierre donne
(Bsuue, diaprés saint Cyrille de Jérusalem,
»Qt Epjphane et Socrate, l'histoire des
Uflichéens, en la commençant à Manès,
^^^ il raconte l'origine, les actions, et la
^ ainsi que les disciples qu'il gagna à
« docirine. Il marque les progrès de cette
^c/^ie; il rapelle comment Sei)gius, un de
leurs jplus fameux docteurs, en avait été
lûi'ifclé par les artifices d'une femme de cette
^^te, et combien de catholiques il avait
ftirainés dans sa défection. Il parle aussi de
whéès, ofiicier de Théodose et stratégène
•ji gouverneur d'Orient; de la fondation de
«nouvelle ville de Tibrique, où Corbéas
«^<ill sa résidence ; de ses courses sur la
»v»mière des Romains, vers le Pont-Euxin,
^}à vie licencieuse qu'il permettait à ceux
T^ise donnaient à lui et embrassaient le
ttïnichéisme. Pierre invectiva contre ces
«Qi docteurs, mais sans s'attacher, autre-
'J^nl que par des arguments généraux, à
l'^'iruire leur doctrine. Il réservait, ce sem-
^'*^» ceue controverse pour un ouvrage
fïprès. Bu moins le P. Sirmond déclare
^^>ir vu dans la bibliothèque du Vatican
"ûe réfutation de deux points particuliers
^« leurs erreurs, laquelle ne consistait que
'«w une suite des passages de l'Ecriture
'^^ plus opposés à la doctrine des mani-
y^««M. C'est aux recherches de ce Père que
^. public est redevable de l'ouvrase de
rj^""» de Sicile, qui se trouve dans Ta J?t-
^^mèqui rfei i>Ar«, et qui avait été publié
séparément en grec et en latin par Mathieu Raderus, Ingolstadt, 150^. Cette histoire contient des faits curieux et importants» qui font connaître l'état de la secte à l'époque où l'auteur vivait. Pierre de Sicile le dédia à l'arche vèque des Bulgares nouvel le« ment convertis, dans la vue de le précautionner contre les émissaires que les manichéens devaient faire passer en Bulgarie. Il ne nomme point cet archevêque parce qu'il ne savait pas encore si ce serait Formose, évèoue de Porto et légat du Saint-Siège i^hez les Bulgares, que le roi Michel désignait
four cette dignité ou si le Pape la donnerait un autre.
PIERRE chancelier de TEglise de Chartres, dont nous avons dit un mot ailleurs, fut un des premiers disciples du célèbre Fulbert. A la mort de son mattre, arrivée en avril 1029, il lui succéda dans la direction des écoles et exerça dans la même Eglise les fonctions de chancelier, qui du reste exigeaient des connaissances particulières.
Nous ignorons les autres événements de sa vie ; seulement, comme Sigon occupait la place de scholastique de Chartres, en 1040, il est à présumer que Pierre, son prédécesseur, ne vécut pas au delà de 1039. Quelque temps du reste qu'il fût obligé de consacrer aux exercices de sa double dignité, il trouva encore assez de loisir pour composer divers ouvrages qui l'ont fait connaître avantageusement de la postérité.
Le premier est une Paraphrase des Psaumes qui lui a mérité une place parmi les auteurs ecclésiastiques dans les recueils de plusieurs bibliographes. Jean Garet, chanoine régulier de Saint-Martin de Louvain au milieu du xvi* siècle, se servit avantageusement de cet ouvrage pour composer son traité de l'Eucharistie contre les sacramentaires de son temps. Le passage qu'il en copie est emprunté a laparaphiase de ce verset, /ttrav{^2>omtnu5,dupsaumecix, dans laquelle Pierre établit clairement la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'autel. Cette circonstance remarquable montre que cet auteur avait fidèlement suivi les sentiments de Fulbert, son maître, sur ce mystère, et par conséquent que cène fut pasà cette école qneBérenger, autre disciple du saint prélat, puisa l'opinion contraire qu'il s'efforça de propager. Quelques savants, en voyant plusieurs passages de cette paraphrase du chancelier de Chartres ainsi reproduits, ont cru qu'elle était imprimée; mais Gesner et Possevin, qui l'indiquent sans en marquer aucune édition, font légitimement douter de ce lait.
Un manuscrit provenant de l'ancienne bi- f bliolhèque de Saint-Victor de Paris contient un autre ouvrage de notre chancelier sous ce titre : Manuel des mystères de CEglise. Le savant Mgr de Launoy, qui l'avait examiné, atteste au'entre autres choses il renferme une explication ducanondelamesse, dans laquelle l'auteur a inséré quelques sentiments appartenant à l'ancienne théologie. Un manuscrit in-h: de Tabbaye du MonK
en
PIE
PIB
Saint-Michel, contient des Gloies^ ou courtes remarques sur Job avec ce titre : G/oigœ in Jobf iecundum Petrum cofu:dlarium Camoiemem. Viennent ensuite d'autres Gloses sur les Lamentations de Jérémie et V Evangile de sami Matthieu. Quoique le nom de l'auteur ne s'y troure pas répété, il ne nous semble pas douteux que ces deux ouvrages ne lui appartiennent.
Nous n'en dirons pas autant d'un autre recueil contenant des extraits des lois romaines qui se troure dans un manuscrit de la bibliothèque nationale, sous le nom d'un Pierre, qualifié de personnage très-sayant et adressé à saint Odilon. A première vue, il paraît tout naturel que cet auteur ainsi qualifié ne soit autre que le chancelier de 1 église de Chartres, qui était en effet contemporain de saint Odilon de Cluny, mais il y a toutes sortes de raisons de croire que ces extraits, qui ne sont qu*un abrégé des Institutes de Justinien, tels qu'ils se Toient dans la bibliothèque nationale, sont plutôt l'ouiTre du célèbre saint Pierre Damien.
PIERRE, que l'on croit avoir exercé les fonctions de scholastique k Limoges n'est connu que par un poème qu'il composa en foiTeur de l'apostolat de saint Martial, peu de temps après le grand concile qui se tint sur le même sujet en 1031, Cet ouvrage du reste n*est qu'une traduction en vers d'une platitude extrême, de la prose des mauvais actes de ce saint, dont on voulait faire un apôtre et de la relation de ses miracles. Te( était d'ailleurs, comme nous avons déjà eu raille occasions de le remarquer, le caractère de presque toutes les poésieis de cette époque. Idais si notre poète n'a pas réussi à faire de bons vers, il a montré au moins qu'il savait en laire de toute sorte de mesures. C'est ce que prouvent les deux premiers livres de son ouvrage qui en contient neuf. Il parait que Pierre était très-laborieux et qu'il avait la muse féconde. En somme ce long poème n'est bon qu'à caractéf iser les versificateurs du temps et à faire connaître le zèle de son auteur pour ra{)Ostolat de saipt Martial. Le manuscrit qui le contient est un débris de l'ancienne bibliothèque de l'abbaye de ce nom è Limoges, et ce poème de notre scholastifiue y est intitulé : Codex Pétri sçholastici de apostolo Christi eanctissimo viro Martiale^ rebusque ad ipsum pertinentibus
PIERRE, homme d'esprit, de mérite et de savoir, florissait sous Goderanne, abbé de Maillezais, monastère du Bas-Poitou, érigé depuis en évèché dont le siège a été transporté à la Rochelle. La manière dont il parle de Théodelin et de Humbert, prédécesseurs de Goderanne, fait juger qu'il avait embrassé la profession monastique, dès le temps du premier de ces trois abbés, lequel mourut en 10^5.
On a de lui un écrit très-intéressant et plein de détails curieux pour l'histoire des comtes de Poitiers et de l'abbaye de Maillezais au XI* siècle. Pierre l'entreprit par l'ontre de l'abbé Goderanne qui succé-
da à Humbert en 1060, et qui fut de* puis évèque de Saintes. Dans le principe, Q n'était question que d'écrire lliistoire di la translation des reliques de saint Ûgomer, confesseur au pays du Maine, afin d'apprendre à la postérité comment elb étaient devenues la possession de Tabbaje de Maillezais et à qui elle en était redeTable. Mais l'auteur jugea à propos de faire uré« céder cette relation d'une Eistoire cki* gée de la fondation de son monastère, el même de tous les événements mémorables qui s'étaient accomplis dans l'Ile de Maillezais où il était situé. Tel est le plan que Pierre a suivi dans sa composition, efi consacrant les deux parties de son traTail a développer les deux objets principaux qu'il se proposait. II commence la première pirtie, qui outre la préface ou épitre dédioh toire, comprend sept chapitres, par m description détaillée du territoire de Maille* zais, qu'il appelle une lie, parce qu'ilm trouve entre les deux petites rivières di ruaulize et de la Serve. 11 nous appreol ensuite à quelle époque et comment il cooh mençaà être habité et à avoir une église; puis, parcourant les diverses transforma* lions qu'il avait subies, autant qu'il afail pu s'en instruire, il en vient à la londatioa du monastère et aux principaux événemeuts qui l'avaient signalée. Comme cette touéh tion était due à la pieuse libéralité des coistes de Poitiers, il a cru, par reconnaissance, devoir s'arrêter à esquisser guelques-uoi des principaux traits de leur histoire. Qooi* que la seconde partie, comprise en quitff chapitres, moins la préface, soit destiaée, d'après le plan de l'ouvrage, à faire Ftatoire de la translation de saint Rigomei l'auteur n'y consacre cependant que lede^ nier chapitre. Il traite encore dans les autres de ce qui regarde la chronique de son monastère et c^st même par là qu il lermiM ses écrits. On remarque en général que ces derniers traits ne sont pas les moins îoié ressauts. L'auteur y fixe d'une manière précise la date de la mort de Guillaume le Grand, comte de Poitiers, l'Age qu'il a véco, les années de son règne et le lieu de sa se* pulture. On y trouve de plus la successioi des abbés de Maillezais, depuis le commeih cément du siècle, avec leur éloge el la durée de leur gouvernement. Après quoi se lisent les deux vers suivants qui termiueoi l'ouvrage.
Hic rhnUum v^bi lUmit defgere nosiri, Ne proiracta mmis Uedio m pagina docUt,
Cet ouvrage a été imprimé par les soius du P. Labbe, entre les monuments qu'il a recueillis pour l'histoire d'Aquitaine. A 1< fin du manuscrit dont il s'est servi, on lisait deux traités de Guillaume, fondateurde Maillezais et père du précédent, avec le commencement d*un autre écrit. En publiant ces morceaux il a soin d'avertir qu ils sont d'une autre main que le teite de l'ouvrage, dont nous avons rendu compte. On juge par là qu'ils n'appartiennent |^s è iiotr«
PIE
fsicor. Depais rédiiioa da P. Labbe,
.*3i MabilloD a réimprimé VHistoire de la
mslaiùm de eaini Rigomer^ a^ec des ob«
ï'nratioos et des noies de sa foçon. Il l'a ti-
'^ d*aa manuscrit de Saint-Benoit sur
l^^.T^^ OÙ elle se trouvai t à la suite des lé-
.aides du même saint. Cette partie d'his-
: re a été détachée de l'ouvraçe de Pierre
:^ Valllezais, et se lit an quatrième ou der-
v.?t chapitre de son second livre. Les soc-
ç^îeurs de Bollandus ont reproduit égale-
-nt et avec leurs remarques cette Histoire
ùletrmislation de saint Rigomer, à la suite
.rsa FiVet sur rédition du P. Labbe. Du
' sie, il n'r a aucune différence entre leur
r.ition et celle de dom Ma bi lion que les trois
remièrcs lignes par lesquelles celui-ci
^mence et qui ne se trouvent pas dans
.nlre.
Pour ne rien omettre des travaux litté- 'ïires de notre auteur, nous ajouterons ::'il s'était proposé, si Dieu lui conservait * ne, d'écnre la relation des miracles de Kînl Rieomer» autant qu'il pourrait en rerseillir les détails de la bouche des anciens ni Pavaient connu. On ne voit pas qu'il i:i eiécnté son dessein, au grand regret de ses derniers éditeurs.
PIERRE, moine de Saint-Florent de Sau- Bor et curé de cette ville, comme cela se voyait souvent au xi* siècle, n*est connu que .2r une Zei/re qu'il écrivit sur les bruits Hicheux qae l'on faisait courir de son temps, jDire la réputation du bienheureux Ro- :^rt d'Ari?risselles. Trop crédule à l'endroit -e ces sortes de discours que l'on ne devrait .asiais accueillir que sur des preuves cer- .liaes, et peut-être trop facile a s'en laisser «-«rmer , il prit le parti d'en écrire soit a Robert lui-même, comme le Grent Marbode, ^▼èpe de Rennes, et Geoffroi, abbé de Yen- ^ûffie, soit de lui faire adresser ses observations par un tiers. L'écrit de ce moine avait Hbsisté jasqu'an xvir siècle, quand le P. ^î^îcr de l'Oratoire, qui s'en trouvait en >vssession, comme de tant d'autres monu- ^^ots anciens, eut la complaisance, ou, ce ;^i est soavent la même chose, la faiblesse -e le supprimer à la prière de Jeanne ^ Bourbon, abbesse de Fonlevrault. C'est <u moins ce que le critique Ménage atteste *Toir appris de ses savants confrères d'Hér»uval, Sainte-Beuve et Dom Luc d'Acherj^, Jiiiquels le P. Viguier l'avait avoué lui- ^tine. Bajle, ou ceux qui ont augmenté son l^ctionnaire après lui, n'ont pas manqué y insérer en entier le passage de son Bistoire de Sablée où Ménage rapporte ce '^il« en 7 appliquant des gloses assorties à •tjr génie.
. PIERRE. — Cette dénomination désigne 'iuieur d'une Lettre contre les calomnies y fameux Roscelin, clerc de Compiè^ne ^'^i publiait alors des erreurs grossières sur ^ îrioiié et llucarnation. L'auteur se rei^^nte dans sa lettre comme un profes- ^ur qui enseignait publiquement la Ihéo- 'si^ et un catholique fort zélé pour la '^"iertalion du d^-pôt sacré de la loi. C'est
ce qui le porta à écrire contre les impiétés de Roscelm déjà condamnées an concile ue Soissons, en 1093. Cet ouvrage dogmatique ne paraît plus nulle part, et on ne voit pas que les écrivains du temps ou ceux qui les ont suivis en aient parlé; mais il fit assez M bruit après sa publication, pour que Roscelin, qui le lut après son retour d'Angleterre en France, s en montrât très-irrité. Il accusa notre théologien d'y avoir lui-même enseigné des hérésies, ets*efforça par tous les movensde le décréditer dans l'opinion publique. Sur l'avis que reçut l'auteur que son adversaire était dans le dessein de les dénoncer à l'évêque de Paris, il écrivit h ce prélat et à son clergé la lettre dont nous rendons compte. Assuré de l'intégrité de sa doctrine, il conjura l'évêque, dans le cas où Roscelin persisterait dans ses sentiments, d'indiquer une assemblée en règle à laquelle ils seraient tenus de comparaître l'un et l'autre, en présence de tous ceux qu'il conviendrait au prélat d'y convoauer. Là leur cause serait discutée suivant les règles, et le coupable obligé de subir la peine qu'il mérite.
On ignore si cette assemblée eut lien, et nous ne savons de cette grande affaire que ce que cette lettre nous en apprend. C'est ce qui, joint à d'autres faits qu elle contient, la rend intéressante. Elle est bien écrite et fiiit en peu de mots un grand éloge de saint Anselme et du bienheureux Robert d'Arbrisselles. L'auteur s'abstient d'y nommer son adversaire; mais il sait si bien le dépeindre, qu'il est impossible que tout le monde n'y reconnaisse pas Roscelin. Il s'y réjouit devoir à prendre la défense de la foi catholique contre le plus grand ennemi de Dieu et de ses dogmes ; et il bénit le Seigneur de ce que la guerre que Roscelin lui avait déclarée lui procurait l'avantage d'être compté au nombre des gens de bien, les seuls après tout qui fussent attaqués par ce faux docteur. Il est facile de juger par le peu que nous venons de dire, que ce théologien était un homme de mérite et de savoir. Cette Lettre se trouve dans la Collection des Conciles.
PIERRE DB Rlois, ainsi nommé de la ville qui lui donna le jour, appartenait à une noble famille de la Rasse-Rretagne. Après avoir étudié à Paris et à Rologue, il devint précepteur, puis secrétaire de Guillaume 11, roi de Sicile, et fut apppelé en Angleterre par le roi Henri II, quiluidonnaaussitâlle rang de chapelain. A partir de ce moment, Pierre devint un homme important; il éclipsa par sa capacité tous les autres clercs de la cour d'Angleterre. Secrétaire du cabinet, conseiller privé, négociateur, il entra dans presque toutes les affaires de l'Etat. Richard, arche* vêque de Cantorbéry elses Jeux successeurs, Raudouin et Hubert, lui donnèrent la même part dans les affaires de l'Eglise, de sorte qu'il était obligé de partager son séjour en* trelacour des princes et celle du primat. D'autres prélats encore recoururent à ses conseils ou empruntèrent sa plume pour leurs
PIE
DlCnONNAIRE
ME
intérêts personnels ou ceux de leurs diocèses. En un mot, il fut Tbomnie le plus consulté, le plus employé, le plus estimé de toute l'Angleterre. Mais à la mort du roi Henri II, arrivée en 1189, Pierre de Blois fut loin de trouver dans son successeur, qu*il appelle un autre Pharaon, les mômes sentiments de bienveillance et de générosité qu'il avait éprouvés de la part du père. Il aurait même abandonné l'Angleterre, s'il n'eût rencontré dans les évèijdes de Worcesler et de Durham des amis empressés à le consoler dans son affliction. Vers la même époque, il éprouva plusieurs sortes d'adversiti^s. Accusé d'un crime honteux par des gens qui réussirent à lui faire perdre l'archidiaconé de Bath, le meilleur de ses bénéfices, il en fut si consterné qu*il résolut de repasser en France , et demanda pour cela la protection d'Eudes de &ully, evêque de Paris, dont il avait jadis éprouvé les bontés. Il ne quitta cependant pas l'Angleterre, où l'évéque de Londres lui donna l'archidiaconé de son église; mais il y trouva plus d'honneur que d'avantages. En effet les revenus de ce bénéfice étaient si modiques qu'ils ne suffisaient pas, dit-il, pour vivre un mois de l'année. On croit que cet estimable écrivain , dont nous ne connaissons la bioera- 1)hie que par ses lettres, mourut en l'an 1200. il était d un caractère austère, et il se signala par son zèle pour la discipline et les règles ecclésiastiques. On a de lui des htiretf des sermom et des traités dont nous allons nous efforcer de donner une idée à nos lecteurs.
Lettres, — C'est l'auteur lui-même qui, à la demande du roi Henri II, les rassembla en grande partie, comme il le témoigne luimême dans la première de ces lettres, adressée à ce prince, laquelle tient lieu d'épitre dédicatoire et de préface. Après un jugement sévère sur l'imperfection du style de ses lettres, qui n'étaient point destinées à devenir publiques, il prie ce monarque de lui pardonnerla liberté avec laquelle il parle quelquefois de sa personne.^ C'est, lui dit-il, 1 effet de rattachement inviolable que j'ai pour vous; car je vous aime d'un amour de jalousie, et pour Dieu. Je ne me souviens pas que la flatterie soit entrée pour quelque chose dans les lettres que j'ai eu Thonueur de vous écrire. Je ne suis pas marchand d'hmie: Non sum olei venditor. j»
Pierre ayant fait la collection de ses lettres douze ans au moins avant sa mort, il n'est pas étonnant que le nombre n'en soit pas le même dans tous les manuscrits, les uns en contenant plus, les autres moins, parce que tant que l'auteur a vécu, il a pu y en ajouter toujours de nouvelles. Mais ce qui surprend , c'est qu'il ne les ait pas rangées dans un meilleur ordre. On ne voit point qu'il se soit proposé un plan quelconque. Ce n'est certainement pas Tordre chronoloqique qu'il a voulu garder ; ce n'est pas non plus l'ordre des matières ; il semble qu'il les enregistrait fortuitement comme çlles se présentaient, tant il j règne de con-
fusion. Quoi qu'il en soit, nous choisiroi pour en rendre compte, parmi les centqu tre-vingt- trois lettres qui, dans la demi' édition, forment la collection entière, afin de procéder avec plus d'ordre, nous distribuerons en deux classes : 1* celles Pierre écrivit en son nom; 2* celles doni ne fut que le rédacteur, et qu'il écrivit nom des personnes qui l'eoiployaieot. F l'arrangement des premières, nous n'au égard qu'à le qualité des personnes à eues étaient adressées; mais nous metti en première ligne sa correspondance a le roi d'Angleterre, à qui la collection dédiée.
1" Série, — Au roi Henri II. — Noos aro déjà fait connaître la première de ces 1^ très. J^ seconde a pour objet de consoler prince sur la mort de son tils Henri, déeA en 1183. Pierre ne dissimule pas lesn^rr tes de ce jeune prince, mais il en rejetti blâme sur les traîtres qui abusaient de inexpérience ; car il loue d'ailleurs belles qualités dont il était doué. La iett 41* est relative à une mission dont l'aoteQ avec d'autres députés, avait été chargé p le roi auprès du Saint-Siège. Débarqué Nieuport, et attaqué de la dyssenterie, mande au roi qu'il est impatient de lui rd dre compte de sa mission , mais qu'il i sait en quel lieu le trouver; que sesdépuu sont revenus vides d'argent , chargés <
Elomb, et dans un équipage assez déilbr .'éditeur rapporte cette lettre à Tan 117 Karce qu'il y est parlé de l'arrivée des» assadeurs des rois d'Espagne pour stwoief tre à l'arbitrage du roi Henri les coofesft* tions qui les divisaient. II est vrai décision du monarque anglais tsi de année; mais en combinant cette lettre ftv la 56* adressée à l'évéque do Rocbesier. voit que Pierre était de retour de sa t sion en 1175, puisc|ue dans la dernière. annonce la prochaine arrivée du légat 1
fueteau, qui débarqua en Angleterre veri 'oussaint de cette année, selon Roger Hoveden. Dans la lettre 95% Pierre dén au roi les vexations criantes que les i\ tes, les forestiers et leurs officiers s ternes exerçaient dans l'administratioD la justice. 11 convient que le prince ne pas tout voir par ses yeux ; mais il soati qu'il n'est pas moins responsable des al qui se commettent sous son autorité, s néglige d'y apporter remède lorsqu'il en ^ instruit.
A des souverains Pontifes, — Parmi ( lettres il y en a d'adressées à quatre Pap« Alexandre 111, Urbain III, Grégoire V/l/e Célestin III ; mais comme elles ont été écn tes au nom d'autres personnes, nou5 rem tons à en parler aiHeurs. Nous avons de ift deux lettres écrites en son nom propre ai Pape Innocent III. Dans la 151', il s«Pr ce pontife d'augmenter le revenu de l«r<^"^ diaconé de Londres , dont il était pof'^i en accordant à cette dignité les môoïrsdrûi dont jouissaient ailleurs les archidiacres. dit qu'il y avait à Londres quarante tnin«
PS
D15 PATROLQGIS.
PIE
Oi
mes et cent vingt églises. Dans la 152% i'au* rur rend compte an Pape des désordres qui K;naieDt dans un chapitre séculier dont il tatt doyen, c Les chanoines, dit-il conculOfires publics, épousaient sans scrupule t^n face de J'Eglise, Jes nièces et les nlies » leurs confrères. Le reste de leur conduite ijiondait i cette licence. Ne pouvant remé- »r à des abus si criants, il annonce au Niferain Pontife iju'il a donné sa démisuQ entre les mains de Tarchevèque de ifllorbéry, le priant de consentir à ce que I prélat mit à la place des chanoines une hl'Oie de Cisterciens, i dri cardinaux. — Le cardinal Octarien innt été envoyé lé^ateu Angleterre, Pierre ît licis lui écrivit la lettre 23% dans laqoeiif A lai dénonce par quelles intrigues ttn iojets indÎKnes parvenaient à Tépisco*
£U cardinal Octavien ayant été envoyé I foii en Angleterre, en 1187 et 1192, les ifiiographes ne bont pas d'accord sur la in de cette lettre. Dans la lettre 38* au ■iiflal Albert, chancelier de l'Eglise ronoe, Pierre prend lui-même la qualité ÉduQcciierde rarchevéque de Cantorbéry.
bi>)et de sa lettre est de justifier la con-
tne de son archevêque, contre lequel des teillaots avaient porté plainte au Saint- Mge. Dans la lettre kS' fauteur félicite le iirdiDal Guillaume de Pavie de la part qu'il nmtue à la paix de l'Eglise, par la récon* alatioQ du pape Alexandre avec Tempe- «»r Frédéric, en 1177. Il se déclare vive- MtcoDire le cardinal Octavien, ou i'antifipe Victor fV, auteur de ce long schisme, lit^qoe, se rendant à Rome , vers l'an tto, il avait été arrêté et meurtri de coups fir les satellites de cet antipape. Il en prend M)ioQde remercier le cardinal Guillaume «/«oir recueilli et traité avec bonté après ftilâefut échappé do leurs mains.
\J éff arch€véqu€$.—Là lettre 42* est une rmiTe contre Robert, prévôt d'Aire, et mcelier de Philippe comte de Flandres, ■yel, quoique élu évoque d'Arras et enpf deCamorai, jouissait des revenus de pies ces églises, sans se mettre en peine ptece?oir la consécration épiscopale, exerpûll autorité du glaive qui lui était confiée, ^é entièrement aux affaires séculières et P^iigeant celles de sa profession. Pierre * prédit qu'il mourra d'une mort violente, t- me tant d'autres hommes sanguinaires •'•«Il il retrace le souvenir. C'est ce qui ar- ^'^^ en 1174 ; Robert fut mis à mort à Condé Wr les gens de Jacques d'Avesne. Il parait q^e Pierre était lié d'amitié avec ce fameux P^wonnage, et originaire comme lui du J'^<è$e de Chartres, car il lui reproche d'à- ''^r brûlé, peu de temps auparavant, une J« «es lettres qu'il lui fit remettre par l'abbé !! h""*^*^*> s*DS vouloir entendre les ll^'^senlations de ce pieux abbé. — La let- ^ 5' i Richard, archevêque de Cantorbéry, fl 11^^ ^^ reproches sur la manière dont prélat gouvernait son diocèse, ne faisant iï!? uMge de l'autorité de légat dont il *"'» rcîêiu, sur le reste de TAngleterrc.
L'auteur, pour tempérer la dureté des reproches, et justifier en même temps l'étonnante liberté avec laquelle il lui parle, feint de n'être que l'écho ou l'historien de ce que l'on disait de Richard dans le monde.
Gautier,archev6que de Palerme,à q^ui Pierre de Biois avait succédé dans l'emploi de précepteur de Guillaume III, roi de Sicile, l'avait prié de lui faire le portrait d'Henri II, roi (l'Angleterre, oue le bruit public chargeait du meurtre ae saint Thomas de Cantorbéry. Dans sa réponse, Pierre, après l'avoir complimenté sur son élévation et remercié aes présents qu'il lui avait envo^'és s'étend avec complaisance sur les qualités de l'esprit et du cœur de son héros, sur son physique, son humeur, son caractère, sa manière de vivre, ses exercices journaliers, son gouvernement. II aime, dit-il, la lecture, et se plaît à converser avec les savants, lorsqu'il a expédié les affaires. Il est réservé dans ses paroles, sobre dans ses re-
Sas, libéral envers tout le monde, magnique dans les palais qu'il fait élever, trèshabile dans la manière de fortifier les places, de sorte gu'il n'^ avait, selon lui, aucun prince qui pût lui être comparé. Passant ensuite à son apologie par rapport au meurtre de saint Thomas, il proteste sur son caractère dj9 diacre qu'il ne voit aucun motif de le croire coupable d'un pareil attentat. « Vous êtes à portée, ajoute-t-il, de consulter là dessus les cardinaux Théoduin, évêaue de Porto, et Albert, chancelier de l'Eglise romaine, lesquels ayant été envoyés en France, pour examiner cette affaire, ont reconnu l'innocence du roi.
11 nous reste quatre lettres de Pierre de Blois à Gautier de Coutances, archevêque de Rouen. La l^' et la suivante, relatives au différend qui s'était élevé, eu 1195, eutre ce prélat et Richard, roi d'Angleterre, ont pour objet de consoler l'archevêque dans l'exil auquel il s'était volontairement condamné, après avoir lancé une sentence d'interdit sur la province, et d'excommunication contre les officiers du roi, pour empêcher la construction d'une forteresse qu on élevait dans la terre des Andelvs, appartenant à l'Eglise de Rouen. Dans 1 une et dans l'autre, il exhorte le prélat à tenir ferme, et à mettre à profit le loisir que lui laisse son exil, en remployant à la prière et à l'étude de l'Ecriture sainte. — Guillaume, archevêque de Sens, avait fait dire par notre auteur à maître Gérard, que l'on croit être Gérard Pucel, qu'il voulait se l'attacher avec promesse de lui donner une prébende dans son Eglise. Voyant que le
(irélat tardait à effectuer sa promesse, Pierre ui écrivit la lettre 128* ; dans laquelle il lui représente qu'il a refusé des postes avantageux qui lui étaient offerts par de grands personnaffes, mais qu'il a préféré de s'attacher à lui, par amour pour sa patrie et fiar le désir de posséder un bénéfice dans 'Eglise de Chartres. Il ajoute qu'il était déjà ' avancé en âge, et que ses cheveux blancs annonçaient la vieillesse. Cependant cette
PIE
DICnCMNAIRE
PIE
lettre doit a?oir été écrite ayant Tan 1176, époque oùGuillanme se démit des évècbés de Sens et de Chartres. On peut même la rapporter è l'an 1169, après que l*auteurfut revenu de Sicile et avant qu'il passât en Angleterre.
A des évéquei. — Il y a cinq lettres K Jean de Salisbéry, évêque de Chartres.
Dans la 22* écrite avant son épiscopat» Pierre annonce à Jean qu'il appelle son ancien maître, les motifs qu'il a de croire qu'il verra bientôt la fin de son exil, si courageusement partagé avec son archevêque Thomas de Cantorbéry.ll ajoute qu'il a loi avec satisfaction son traité : De nugii curialium. C'est par erreur que dans les imiirimés on donne à Pierre de Blois le titre d'archidiacre de Bath, qui ne se trouve pas dans les meilleurs manuscrits. La lettre lUa pour objet de féliciter Jean de Salisbéry sur sa
f promotion à l'épiscopat en 1176. L'auteur c remercie d'avoir, en moniant sur son siège, rappelé dans leur maison les chanoines de Saint-Sauveur de Blois, que le mauvais état de leur communauté avait dispersés; d'avoir conféré le premier bénéfice à sa disposition, non à des parents, mais à un autre Pierre de Blois qui lui ressemblait en tout, par le caractère, les traits du visase, le nom, le surnom et la stature. Il lui annonce
3 n'ayant eu ordro de célébrer le triomphe e saint Thomas de Cantorbérjr» et voulant se préparer à ce travail, il avait lu une vie du saint martyr, récemment écrite ; qu'ayant reconnu à la beauté du style que c'était l'ouvrage de l'évêque de Chartres, il n'aura
f;arde d'entrer en concurrence. — Dans la etlre 70% l'auteur réfute l'opinion de ceux qui disaient qu'à mérite éffai, l'évêque de Chartres ne devait pas préférer ses ueyeux dans la collation des bénéfices. Il rend témoignage aux bonnes mœurs et à la capacité d'un des neveux du prélnt, nommé Robert, qu'il croit propre a remplir un canonicat dans l'église de Chartres. Dans celte lettre, l'auteur ne prend pas d'autre qualité que celle de chanoine de Chartres. Il la perdit bientôt après à la suite d'un procès
3u'il eut à soutenir contre le même neveu 0 Jean de Salisbéry, qui fut pourvu d'une prévôté de l'église de Chartres, è laquelle Pierre de Blois prétendait avoir des droits, comme il l'expuque dans la lettre 49* au doyen et au chapitre de cette église. Nonseulement il perdit son procès, mais il eut encore la mortification de se voir vilipendé. On attaqua sa naissance ce gui le mit dans la nécessité de faire l'apolosie de son père. — Au retour d'un voyage fait à Rome en 1177, pour défendre les droits de l'archevêque de Cantorbéry contre les privilèges de l'abbaye de Saint-Augustin, Pierre, dans sa lettre 158", rend compte è l'évêque de Chartres de la mauvaise issue de cette affaire, afin de convaincre ce prélat que c'était bien gratuitement que saint Thomas de Contorbéry avait versé son sang pour la défense de cette église, attendu que la cour de Rome qu'il ne ménage pas en sacrifiait
les droits à des intérêts narticaUers doa elle était fort jalouse.
Pendant la guerre que le jeune roi d'Ao gleterre, tienri au Court-Mantel, faisait ei 1183, à Henri son père, les Angevins anieo abandonné les drapeaux du monarque ao giais, dans un temps où il ayait le plnsbe soin de leur service militaire. Pierre î Blois écrivit sur cela à Raoul, évêqaed'li» gers, la lettre 69% dans laquelle il exhord ce prélat, s'il veut préserver ses diocésaii d'une juste punition, à faire ses effon pour les ramener à leur devoir. I! Taveitl
3ue l'archevêque de Cantorbéry, appajj 'une bulle du Pape, avait excommunié dai la ville de Caen, tous ceux qui s'étaient li Yoltés contre le roi, sans excepter le jeaoi prince son fils. Or, c'est une chose certaioi ajoute-t-il, que ce prélat n'a jamais tim^ munie quelqu'un, qu'il ne soit morlAv; l'année. Le jeune Henri étant mort efcé^ yement cette année semble vérifier ce p dit ici l'auteur de l'efficacité des eicomott nications des archevêques* de Caaloi^ béry.
L'évêque d'Orléans, auquel Pierre de M adresse la lettre 112, n'est désigné qae pi la lettre initiale R. C'est une erreur da <*
fûste ; il faut nécessairement substituer b ettreH, initiale du nom de Henri deDrcui cousin-germain du roi Philip pe-Xagoste^ lequel gouverna l'église d'Orléans depu»
l'an 1186 jusqu'en 1198. Cela résoUe dt texte même de la lettre, dont le sujet estb dlme saladine que le roi arait imposée, ea 1188, sur les biens de tous ceux qui se jetaient point croisés avec lui. Notre aotear exhorte le prélat à s'opposer à la Jeftedi cet impôt, surtout par rapport au cierd, qu'il prétend ne pouvoir y être assujeli Il pose en principe que le roi ne peut ni n doit exiger du clergé que des prières ;(i'^ il conclut que le silence des prélats sut impôt est très-coupable : « Je sais bien, i il, que si votre roi voulait charger TEgli de corvées, de capitations et d*autresex lions semblables, il trouverait ud gr; nombre d'évêques qui approuverAienl conduite. Votre devoir ne tous perrael de les imiter. Que le prince apprenne vos instructions et vos remontrances ^ l'Eglise ne lui a conGé le pouvoir Jugl«^ que pour la protéger et non pour oppriiti les pauvres, en lui ôtant les moyens dej secourir. » Où Pierre de Blois avait-il pui ces maximes que les princes tenaient M l'Eglise le pouvoir du glaive et que lecterg^ ne devait a l'Etat que des prièresf Ce d éUil certainement pas uans les écrits des apôtres et des anciens Pères de l'Eglise. Haisiel était renseignement des écoles au xir s)è* de.
Ré^^'inald ou Renauld, archidiacre de Salisbéry, ayant été élu en 1172 pour remj'li? le siège de Bath vacant depuis plusieiiD années, Pierre de Blois, dans sa lettre ceoi soixante-treizième, le félicite sur sa pron •>• lion, avec d'antant plus d'emprcsscoient qu'il avait reçu de lui des bienfaits Mgnalcs,
PIE
DE PATROLOGŒ.
PIE
Il un lemps où il avait plus besoin de rars étrangers. Ce prélat, fort considéré I Cour de Henri II, avait pris goût à la sse au Tol; Pierre, dans sa lettre 61 «, représente qu'étant appelé è remplir fooctioos de J*épiscopat, il n*est plus ps de se livrer à ces vains amuseils, et fait remonter jusqu'à Ulysse tt siège de Troie l'invention de cette ke de chasse à l'oiseau. Et en 1173 Red étant sur le point de recevoir la con- AtîoD épiscopaie avec plusieurs autres ^oei disignés pour d'autres sié(;es, une ""iOD de la part dn jeune roi Henri, contre son père, fit suspendre la cee. 11 fallnt aller à Rome soumettre i JKeoeot du Pape cette opposition. RejiIjiirtitaTec Ricnard, élu archevêque de mhérj. Dans cet intervalle, Pierre de É ent uQ songe dont il développe les piistaoces dans la lettre 30*. Voulant i|éaétrerle sens, il eut recours à ce llFoo appelait alors le sort des saints. Il M le Psautier et tomba sur ces mots : IfB el Aaron in $acerdotibui ejus {Psal. ^ 6j, qui furent pour lui un trait de ^. 11 s'empressa de transmettre ce ic k son futur évèque» car il prend Cftte lettre la qualité d'archidiacre de : mais il parait que c'est par anticipaiqua les copistes la lui ont donnée. Re- M t'était encore gu'évèque élu de Bath, ttpe Kerre lai écrivit la lettre 59* en M d'an maître Henri dont il fait K pitiA éloge , mais qui avait eu- ^^à disgrâce du prélat pour avoir meitifû sa présence, de frapper au visage *i« clerc, nommé Simon, qui l'accusait y difnlgué les secrets de son évèque.
wiri pour persuader à Renaud qu'il • <le la dignité de son caractère de paritem emportement, cite indépendam- W de l*Ecnture sainte les autorités de •jD.(ieDiogène Laërce, de Suétone, de ' de Perse, de iuvénal, etc. C'est ent cette grande érudition qu'un «lâché h TéYéque de Bath, le même •^.peut-être dont nous venons de parler, ^[i dans notre auteur, le traitant de PWeur de centous, parce que, disaîtfr^ffiplissait tant bien que mal ses écrits Bwages de l'Ecriture sainte, d'exemples •^es auteurs anciens, de citations des *• Ce Zoïle accusait encore notre au- •"«^«nilé, parce que celui-ci avait fait un JKndeses lettres, comme s'il eût voulu Jûonner pour des modèles. Pierre de ^•qm Détail rien moins qu'endurant, yijisse Tivement cette attaque dans sa ; '^ ire à Renaud, évéque de Bath. Il L"ll^?nc gloire d'avoir, à l'exem- '^^ Pères de l'Eglise, beaucoup lu l'E- «re sajniç^ d'en avoir retenu les plus ^fiù ?» de les avoir répandus avec f,;J)^f dans ses écrits. Il se félicite aussi l,ni,;,')i assidûment les bons auteurs de ir.tipr ""^^ répétant ce qu'ont dit les miiL' "°."^ sommes, dit-il, comme des
"^onlés sur les épaules drs géants, et
ui par ce moyen voient plus loin qu'eux. 9
;t pour prouver à son antagoniste qu'il savait faire autre chose que des centons, il parle ainsi de son talent pour le genre épistolaire. « Non, je ne craindrai pas d'avancer, et je puis sur cela ()roduire un bon nombre de témoins, que j'ai toujours dicté mes lettres avec plus de rapidité qu'on ne pouvait les écrire. L'archevêque do Cantorbéry, vous-même, évèque de Bath, et jïlusieurs autres, ne m'ont-ils pas vu dicter à trois écrivains à la fois des lettres sur différents sujets, et suivre la vitesse de leur plume, tandis que moi-même (ce qui n'est arrivé qu'à Jules César), j'en écrivais en même temps une quatrième?»
Ricnard, roi d'Angleterre, partant pour la terre sainte, en 1190, avait nommé régent du royaume Guillaume de Longchamp, evêque d^Ély, chancelier d'Angleterre et légat du Saint-Siège. Les ennemis de ce prélat ayant tramé contre lui une violente conspiration, à la tête de laquelle était le comte de Mortain, frère du roi, vinrent à bout de le chasser d'Angleterre en 1191, après l'avoir dé- Souillé de toutes ses dignités. Pierre de lois, constamment attaché au régent, lui écrivit la lettre 87* pour le consoler dans sa disgrâce. Il l'exhorte à ne pas perdre courage , et lui prédit qu*il serait rétabli dans ses dignités; ce qui arriva en effet , lorsque le roi fut de retour en Angleterre. Quant à moi , ajoute-t-il , je me suis retiré auprès de la reine. Le principal auteur de cette conspiration était l'évêque de Conventry, Hugues de Nouant, neveu d'Arnoux, évèque de Lisieux. Pierre lui adresse la lettre 89* contenant une invective fulminante, dans laquelle il le traite de fourbe, de traître, d'un autre Judas. Il l'accuse de la plus noire ingratitude , et lui prédit qu'il aura aussi son tour. Pierre ne le désigne aue par la lettre H, sans lui donner la qualité u'évêque; mais dans les annales de Roger de Haveden, où cette lettre est imprimée, elle a pour inscription : Quondam Domino et amico Hugoni Coventrmsi et Cesirensi dicto epiieopOf Petrus BUiensis^ Baêhoniemii ar^ cAtdtaconuf, Dei memoriam cum timoré,
Richard, évèque de Syracuse, anglais de nation, qui jouissait d'un grand crédit en Sicile, avait écrit à notre auteur pour l'engager à retourner dans ce pays. Pierre lui répond, dans la lettre M*, qu'il n'en fera rien: qu'il n'a pas envie d'aller une seconde fois s'exposer aux périls, aux maladies et à la mort, et dit tout le mal possible du pays et des habitants. «(Nous étions, dit-il, au nombre de trente-sept qui arrivâmes en Sicile avec le seigneur Etienne du Perche, et tous y sont morts en peu de temps, excepté moi et maître Roger de Nor-« mandie, homme savant, industrieux et modeste. Je ne veux point retourner dans une terre dont je puis dire ce que le renard disait de l'antre du lion : Je vois bien comment on y entre, mais je ne vois pas corn* ment op en sort. Deux choses m'ont rendu
PIE
OICTIONNAIRC