‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 69 sur 207 · DICTIONNAIRE PIE · texte numérisé non relu

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porains, saint Bernard» qui ne l'arait ,^ toujours ménagé, et Pierre Abailard, doi les talents, les lumières et l'infortune do( pas obtenu partout le même accueil et 1| mêmes égards que dans l'abbaye de Clunj Ses œuvres complètes se trouvent dans Bibliothèque de Clunt/t publiée in-folio à ris en 1614.

PIERRE DE Cblle, issu d'une des famj

les les plus illustres de la Champagne, naqi

à Troyes, dans les premières années du i

siècle. Dès son enfance, il fut placé (im\

monastère de Saint-Martin-des-Champs, pi

Paris, pour y recevoir sa première édu(

tion. De là if passa à l'abbaye de Moûbej

la-Celle, aux environs de Troyes, oCi il e

brassa la vie religieuse. Sa manière d'étudl

était trop louable pour que nous ne la r(

portions pas avec ses propres expressioi

«J'avais, dit-il, un désir insatiable d^appr

dre, mes yeux ne se lassaient point de ri

des livres, ni mes oreilles d'entendre^

Hais dans cette ardeur extrême, Dieu ^

toujours le principe, le centre et la^*"

mes études. Elles avaient plus d'un

je m'adonnais même à la science des

sans préjudice toutefois des devoirs

mon état, de l'assiduité à roflloe divio e

mes prières accoutumées. » Avec de U

dispositions ses progrès furent rapides,!

talents et ses vertus ne tardèrent pas '

manifester, et bienlAt il fut choisi, noih

lemçnt pour diriger les études des aol

mais encore pour remplir le siège ablM

qui était devenu vacant vers l'an i1^7,j

sagesse de son gouvernement et la si

riorité de ses lumières lui concilièrcsli

time des personnes les plus disi

dans l'Eshse et dans TEtat. Sa ré|

se répandit au delà des monta et des

11 jouit d*une très-grande considératiooj

près des Papes, en Angleterre, en M

marck et en Suède, comme on le verra

le détail de ses Lettres. Son monasière^

vint l'asile des hommes de talent pouri

vis par l'indigence. Jeani de SaiisbéryJ

rend ce témoignage, qu*il lui avait leou

de père lorsqu'il était dans la détresse, ([

l'avait fait connaître dans le monde et;

avait procuré tous les avantages doi

jouissait dans sa patrie. Son mérite )<

appeler en 1162 pour gouverner le mol

tère de Saint-Remi de Reims, qui avait!

soin de réforme. Son zèle n'éprouva auc

résistance de la part de ses nouveaui

gieux, et la communauté se plia sansel

aux nouveaux exercices qu'il voulut j

blir. Le temporel se ressentit aussi d<

vigilance et de son habileté dans le m\

ment des affaires. On trouve dans la gr^

Collection de dom Martenne une quai

de lettres du Pape Alexandre lU, qui p^

vent les soins que notre abbé se donna

faire rentrer les biens usurpés, ou

empêcher de nouveaux envahissements.

lieux réguliers ayant été rétablis par

gués, son prédécesseur, il porta son atii

tion à l'embeKissement de l'église doûl

fit construire le portail et le chœur.

ttl

HE

DE PATROLOCIE.

PIE

Ao milieu de tant de soins^ il était accablé deîlMtesetde messages de personnes qui le /vosoltaient de tcmtcs parts. L'affluence, dit^ û ('lail si grande» que souvent il n'avait pas [rijisir d'écrire deux syllabes de suite sans être interrompu. En effet, dans un voyage irue rarcbeîêqne Henri fit h Rome, en 11G6, iilM de Saint-Reroi fut chargé du gou- Têrnement pendant Tabsence du prélat, et, le Psipe Alexandre, dans ^espace d'une ou kQi années seulement, lui délégua la conpiissffDcede cinquante-six affAires dont ta flapart exigeaient un déplacement, comme M i»eat le voir dans l'Appendice aux lettres fcftpe Alexandre. Si Ton juge par celles«-ct Il nombre de commissions dont le Papo klleeharger pendant les autres années do M{H)nli6cat, on conviendra que Tabbé de Ikl-Bemi n'avait pas tort de se plaindre ftalui enlevait tous ses instants. De son laps, lé Tille deBeims et la province fa- Mex|iosëes à de grands troubles par les IKnes privées que suscitèrent entre eux oamire l'archevêque les seigneurs fieffés. Ii}«5$. Henri de France eut l>esoin de tout M i*«eQdant pour humilier des vassaux Misoamis. Il fit raser leurs châteaux et en WBs(ruisi( dans ses domaines pour les tenir ■ re5pect. L'abbé de Saint-Remi, pour se- Mer les vues du prélat et contribuer au

Èm public, abandonna un domaine de Tab- ^dansQn lieu qu'il était important de fer. L'acte est de 1172. Il fit plus; il Mot dp Pape que les gentilshommes pourm\ s'illier entre eux par des mariages ■I degrés de parenté prohibés, afin de faire P^ lears inimitiés. Nommé en 1181 à Webé de Cbartres, devenu vacant par la M de son ami le plus intime, Jean de Wéry, Kerre de Celle ne garda pas ^fttnps cette dignité* L'opinion la plus jMaoe et en même temjis la mieux ac»

■Hée est qu'il mourut en 1183, et fut en» M daos l'église de l'abbaye de Josapliat, i 00 loi fit cette épitaphe :

St 9ùtiuoritMl tecUt tuperSa hcii^ 'ne pia pkbi hatuit umtù ^ieUUi$ awnrt^ Otaila mHU suis iil dederU ptdUnm.

^ C$1 étonné que, dans 1 espace d'un si Mépiscopat, Pierre ait pu exécuter de si ^'ies choses Cependant tous les monu* Ws da temps sont d'accord avec cette Pàphe. Le necrologe de l'Eglise de Char- "•> s'explique encore plus ouvertement» et ^^ apprend qu'une partie de la ville n'é-^ lot entourée que de fossés, pour l'entre- ^^ desquels les habitants étaient soumis à tt corvées, notre prélat» pour les délivrer * cette servitude» fit enfermer de murs ^e partie de la ville et rétablit les anciens ^ frais. Il donna cent livres de ses dei-(r$ pour réparer le pavé des rues qui était ^ ^ que l'on ne pouvait presque plus y 'archer, et îi engagea les haldtants à four^ If le surplus de la dépense. C'est ce qui u* avait gagné le oœur de ses diocésains. ^ii^i le necrologe de Josapbat ra*t-il qua-

DtCT103i?l. DE t^ATROtOGlE. IV.

lifié du titre de grand et d'incomparable : Summi H incotnpurabiiis viri.

Ses letthes. — Quoique les lettres de Pierre de Celle n'occupent que le dernier rang dans la collection de ses OEuvres, ce^ pendant nous nous en occuperons en premier lieu, parce qu'elles nous fourniront des traits qui peuvent servir h compléter l'histoire de sa vie. On ne voit pas sur quel motif le P. Sirmond a [partagé ces lettres et neuf livres. Cette division n'existait psi dhns le manuscrit, et, puisqu'il voulait le: partaeer en livres, il eût été plus naturel de n'en lormer que deux ou trois tout au plus, en plaçant d'abord celles que Pierre a écrites étant abbé de Moutier^a-Celie, ensuite les lettres dans lesquelles il prit le titre d'abbé de Saint-Remi de Reims^ et en dernier lieu celtes qu'il écrivit comme évéque de Chartres. C'est la division que nous nous proposons de suivre ; c'est aussi celte que le premier collecteur semble s'être prescrite; mais il a plus d'une fois interverti cet ordre, en plaçant parmi les lettres de l'abbé de Moulier quelques-unes des lettres de l'abbé de Saint-Remi. Du reste, même en établissant sa division, le P. Sirmond n'a rien changé à l'arrangement des lettres. Il a eu l'attention de marquer à la marge le chiffre qu(* chacune portait dans le manuscrit, ce qui forme une série de cent soixante-neuf lettres. Les soîxante*-huit premières sont de l'abbé de Moutier-la-Celie, et les autres de l'abbé de Saint-Remi.

|r« pQ,.{{e. ^ Dans cette première partie, le compilateur a placé d^abord les lettres écrites aux Papes et aux évoques ; puis la correspondance avec des abbés ou des supérieurs de monastères, et enfin avec de simples religieux ou des clercs séculiers. On voit que dans cet arrangement on n'a eu aucun égard à l'ordre des temps que l'on nn

Sourrait rétablir qu'en assignant à chacuno e ces lettres une date précise» ce qui serait d'une difficulté extrême. Nous ne pouvon.^ rien faire de mieux que de les parcourir dans Tordre o^ elles ont été imprimées.

Quoique les quatre premiëros portent pour suscription : Aq Pape Alexandre, nous ne pensons pas que ce soit h lui (qu'elles furent adressées. La chose est certaine quant à la troisièmci relative au différend qui s'était élevé entre l'ahbesse de Fontevrault et l'évêquf^ de Poitiers, Gilbert de la Porée, riui se refusait de bénir la nouvelle abbesse Mathilde, à moins qu'elle no lui fit serment d'obéissance. Or nous avons deux lettres qui prouvent que ceci se passait en 1149, 1 une de l'abbé Suger et l'autre du Pape Eugène m. Nous n avons pas ^l'aussi forlei raisons pour décider que les autres furent pareillement adressées au même Pape, mais puisque la sixième porte son nom dans la suscription, nous sommes autorisés à croire qnue toutes les six lui furent écrites, et que aest par :une témérité coupable que les copistes ont substitué de leur chef le nom d'Alexandre aux quatre premières. Ces six lettres , ainsi que la septième au cardinal

DICTIONNAimC

PIE

(SI

Kolandt chancelier da TEgliso romaine, ne trailent que d'affaires particulières à des monastères t excepté la cinquième , qui a pour but d'engager le Souverain Pontife è pourvoir à la prévôté de l'Ëglise de Soissons, en y nommant Guillaume de Champagne, le même qui fut successivement évëque de Chartres, archevêque de Sens et de Reims 9 et enfin cardinal. Pierre de Celle prie le Pape de considérer la grande protec* lion que 1 Eglise pourrait tirer de ce jeune prince, affectionné comme il l'était au Satnt- Siége, et recommandablc d'ailleurs par ses bonnes mœurs.

La lettre onzième à Hugues, archevêque de Sens, parle d'un différend qui s'était élevé entre ce prélat et le roi Louis le Jeune, au sujet d'un bénéfice qui avait été conféré à un docteur, que la lettre ne désigne que par l'initiale de son nom, magisUr M, Jean de Salisbéry, ayant été consulté sur cette affaire, écrivit la lettre cent quatorzième, qui porte pour suscription * Matlhœo prœcen-tori Senonensi; mais on voit, |:ar le corps même de la lettre, que c'est une erreur au copiste. Nous pensons que c'est le docteur Melior^ fait, depuis, cardinal par le Pape Lucius III, et non Matthieu , grand chantre de réglise de Sens, qui fut dans la suite évèque de Troyes. Quel qu'il soit, ce docteur, après une longue plaidoirie, s'était désisté de ses prétentions , pour ép^irgner au prélat le ressentiment du roi. C'est pourquoi l'abbé de Moutier-la-Celle lui repré* sente qu*il doit rendre ses bonnes grâces à un homme qui avait eu la générosité de se sacrifier pour lui.

On voit, par la lettre vingt-unième, que Thibaud, archevêque de Pari$, avait prié notre abbé de lui composer des sermons pour le temps de l'Avent. Pierre lui écrit que, malgré les nombreuses occupations qui lui sont survenues, et la brièveté des jours, il est parvenu à en composer trois, et qu'il en a écrit un pour le jour de Noël.

On lit avec plaisir deux lettres qu'il adressa à Henri de France, évèque de Beauvais, parce qu'elles sont écrites en meilleur style que beaucoup d'autres; Tune est pour remercier le prélat de l'avoir accueilli d'une manière distinguée dans un voyage qu'il avait été obligé do faire à Beauvais pour les affaires de son abbaye; l'autre, afin d'engager le prince évèque à prendre la défen.<)e du Pape Aleian'ire III contre Tautipape Victor.

La vinfjt-septième et dernière lettre du premier livre, suivant le P. Sirmond, est adressée à Tliomas Becket, chancelier du roi d'Angleterre, qui lui avait écrit pour lui demander son amitié et le prier de lui procurer les sermons de maître G. Le P. Sirmond croit qu'il s'asit ici des sermons de Gilbert, surnommé l'Universel. Il est plus croval»le qu'on demandait les sermons de Gibuin, archidiacre de Troves, dont Nicolas de MoQlier Ramey ftiit le plus grand éloge dans sa lettre cinquième. Gibuin était, selon lui.

le plus grand orateur de son siècle, et St colas était bon iuge en cette matière. Quam h Pierre de Celle, il répondit au chancelle: d'Angleterre avec la modestie qui le cai.v térisait. « Quelle proportion entre un cin» celier du roi d*Angleterre et un abbé de li Celle? Quelqu'un ignore-t-il que vous 6l(j le premier après le roi dans quatre royaumes? Et moi, qui suis-je dans ]*opinioi publique, sinon le premier d'une société di pauvres frères? Je n'aurai donc pas la leiuf rite de prétendre à l'honneur de votre hm tié. Hais si vous voulez bien m^adiueui! au nombre de vos serviteurs, je tiendrai cdi pour une faveur signalée. »

Une lettre à Pierre le Vénérable, abbédi Cliiny, et quatre autres à Hugues, son 50fi cesseur, ouvrent le second livre. Lapiei mière roule sur plusieurs objets de spif> tuai i lé que nos deux abbés avaient Une ensemble dans un entretien prticolA Dans la seconde, après avoir félicité Ho|H de ce que son élection avait mis fia m troubles qui avaient suivi la mort de 9Q|

[)rédécesseur, il demande à être délivrée 'obligation qu'il avait contractée, à laprièH de Pierre le Vénérable, en répondaDl d'uK somme d'argent que ce dernier avait tw pruntée. Ne recevant pas de réucoss i i demande, il écrivit la troisième lettre pou se plaindre, sans aigreur, du silence (kf clunistes, qu'on aurait pu prendre pourii l'ingratitude. Enfin, n'ayant reçu que M réponses évasives, et point d'argenU il M dit dans la quatrième, qu'ils sont fort m biles à résoudre un syllogisme, mais fi cela ne sulfit pas pour acquitter ses delM jeu de mots qui n a de sel que dan!>leliBi An reste, il nous apprend que rértfnà Winchester, Henri de Blois, aucieflllfr| niste, travaillait alors à éteindre leurdA Il n'est plus question d« cela dans la Ô; quième lettre; elle a pour objet de cii 1er la paix entre les clunistes et l*abbé Saint-Laurent de Liège, gui, se rend Cluny, pour terminer à Tamiable unprt)

Sfu'ils avaient entre eux, avait reçu, ctiea aisant, l'hospitalité à Moutier-la-Celle. I Mathilde, abbesse de FontevrauU, a'ii prié notre abbé de lui composer qnelqt^

[)ieuses sentences. En attendant qu'il fm es lui envoyer, Pierre fait, dans laré|>n»i qu'il lui adresse, Téloge des vertus deli> besse et de sa communauté: il foue surWi^ la princesse d'avoir renoncé au moBda

Juoique fort jeune, après avoir penlu sH poux, fils du roi d'Angleterre, qui àt péri dans un naufrage. Après cette ietj^ il y en a une dont la suscription est:'" mifue swgf servus suuSf spiritum nctum cette dame était alors dans un couvent; Pierre se recommande aux prières de communauté. Serait-ce la comtesse Mabi veuve de Thibault le Grand, qui, dil-on fit religieuse à Fonlevrault, ou bien sa li Marguerite qui embrassa aussi la vie rd Rieuse dans le même ordre. II p^Tèli (| Tune on l'autre avaitàse plaindre do pne do Saint-Ayoul de Provins, dont ii

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m PATROLÛGIE.

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pmd la défense daus cette lettre, et auquel il écrit ta stttrant^.

Pour bien comprendre la lettre septième do (roisième lirre, il faut la combiner avec iMfoi lettres de Nicolas de Clairvaux» dans tfS(|uetles on voit que Tabbé de Moutier-la- Celk entrant en possession de son abbaye, ép^iUTait de grandes contradictions de la |iirt de deux religieux qui, fiers de leur aoUesse et très-irréguliers dans leur con* toile, refusaient de subir le joug de la règle. Mcolas exhorte le nouvel abbé à s*armer le courage et h frapper de grands coups. |his chose admirable et qui donne la me* |Dre du caractère de notre abbé, bien loin •ttléployer la sévérité, il écrivit à la coin* wnaulé la lettre la plus amicale et la plus mclte. Il n*y désigne pas même les 3btcs : qu*ils se corrigent et tout est

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