I- Ictti lettres à la tête du quatrième livre
e))as dautre suscription que Suo $uu$.
furent adressées à Nicolas de Moutier h»jt alors proies à Clairvaux. Ces deux ■» étaient en dispute sur une question lil («re uiétapbysKjue, dont nous avons
Clé à l'article de Nicolas : dans le fond ils ent dtt Qièoio sentiment et ne disputteol que sur les mots. Mais comme ces hrtes (Je disputes sont ordinairement les
Ê échauffées, notre auteur, dans sa pre- ( lettre, s*échappe, en termes assez llrs, contre son adversaire, jusqu*à lui dire
r'il fera bien de ne plus lui écrire. Dans kUre suivante, adressée au même Nicole et que l'on croit avoir été écrite avant pdeut autres, Pierre fait Téloge des reli-
Cude Clairvaux qu^il compare aux lis nliées profondes, aux cè'ires du Liban, ildes oliviers plantés dans la maison de M*^ On voit bien, ajoute-t-il, à vos dis*-
Éi à vos œuvres, que vous êtes du de ces hommes que Ton ne peut uer. h réuni è la suite neuf lettres à Jean béry, quoiqu'elles aient été écrites 2j|iff^rents temps. Dans la quatrième,
CBtrre avertit son ami de se tenir sur ses ««tierce qu*on épiait ses discuurs et ses arches; qu'on savait d'une personne ■fittô'uée de la cour du roi d'Angleterre ^^^ ivaii tenu des propos fort indiscrets ^cetie cour, et s'était faussement porté f^H^^t du Pape. € Je ne sais, lui dil-il, •j^ltest vrai, mais soyez réservé, surtout ■^sces sortes de choses. Dans la lettre ■^Tième, Pierre représente à son ami qu^il ••^ de le négliger, après toutes les preu- J»d amitié qu'il lui a données. » Il lui de- J|ttd« ensuite sa protection auprès du bou- **^Q Pootife, pour la réussite d'un procès ^ avait avec les chanoines de Chante- ^1^ an sujet du cimetière du lieu, dont "feulaient le dépouiller, au mépris du Ftniége du Pape Anastase IV, dont Jean v^sêlisMry avait été lui-même le rédacteur. HfstdoQc, conclut-il, une affaire qui vous '^pnle; i d'où il semble qu*on peut inférer 1^ m ami éuit alors en cour de Rome.
2* pariiê. *- Ici finissent, avec le goa* trième livre, les lettres que Pierre écrivit, è queiqui^s exceptions près, lorsqu'il était abbé de Moutier-la-Ceile. Dans les suivantes, il prend le titre d'abbé de Saint* Bemi; mais dsiis l'arrangement de celles-ci» nous ne voyons pas que le compilateur ait suivi le même ordre que nous avons fait remarquer dans les premières. Tout v est confondu ; cependant on a eu quelque égard à l'ordre des temps, au moins dans la dis-
{)osition des dernières. Pour procéder conormément à l'arrangement ci-dessus, nous analyserons successivement les lettres adressées aux Papes, aux cardinaux ou légats, aux évèqueSy aux abbés, etc.
De sept lettres au Pape • Alexandre III, deux sont relatives à ki mission de Foulques, son disciple, en qualité d*évéque d'Estonie. Pierre demande pour lui au Souverain Pontife qu'il lui communique une partie de son autorité, afin que le nouveau missionnaire puisse exercer son niinistère avec plus de fruit dans un pays barbare et encore infidèle. Une lettre de notre abbé au roi de Suède nous apprend queFoulquos n'était pas encore parti en 1166, époque d'un voyage que fil à Rome rarchevèque de Reims, peniant lequel Foulques exerçait les fonctions épiscopales. Dans une autre de l'an 1177 ou 1178, il expose au Pape ka raisons qu'avait Henri, abbé de Clairvaux, de ne pjBS accepter l'évôché de Toulouse qui lui était offert. Ayant été délégué pour juger un différend entre Tévèque de Soissons et le comte de Dreux, frère du roi de France, il rend compte au Pape de l'état de l'affaire. Aux approches du concile de Latran, de l'an 1179, il écrit au Pape pour s'excuser de faire Je voyage de Rome, et eu même temps il lui dénonce deux grandes plaies qui menacent l'Eglise de Frauce, et auxquelles il était urgent de remédier, Tincontinence et la simonie. Dans une dernière lettre il s'agit du prieuré de Marsne au diocèse de Liège, dépendant de Saint- Remi. Le Pape ayant accordé à un clerc de l'empereur une prébende dans cette église, Pierre lui représente tout le mal que les Allemands avaient fait au Saint-Sié^e et à cette maison durant le schisme, et le prie do révoquer ses ordres.
Cinq ou six lettres au cardinal Albert, chancelier de TEglise romaine, et enûn Pape sous le nom de Grégoire VHi. Il était légat en France, en 1172, pour travailler À la réconciliation du roi d'Angleterre, accusé d'avoir participé au meurtre de saint Thomas de Cantorbéry, lorsque Pierre lui écrivit la première lettre du sixième livre, pour l'exhorter à bien faire son devoir, et lui recommander en même temps les Chartreux du Val-Dieu, auxquels l'évéque de Séez différait de bénir un cimetière. Dans une autre lettre du même livre, il expose les maux infinis qu'occasionnaient dans la province les guerres pri -'ées des comtes de llouci et de Rôthel , et des seigneurs do
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Merreponl. On navail pas trouvé d autre tuoyen de mettre un terme à ces hostilités que de réunir ces familles par des mariages; mais les degrés de imrenté formaient un obstacle à cette innsure de conciliation. L*abbéde Saint-Reaii pense que le Souverain Pontife, en jwreil cas, peut tempérer la rigueur des canons. 11 avait écrit au Pape, au nom des religieux de Clairvaus, de ne pas contraindre leur abbé h accepter l'évéché de Toulouse. Il adresse la même prière au cardinal Albi-rt; c'est encore à lui qu'il écrit deux lettres relativement au concile de Latran, pour lui exposer les abus introduits dans l*Eglise de France et en demander la réforme.
Trois lettres îi Bornerè(le,créé cardinal évé que dePalestriiie, en 1179. Dausi*une,il déplore l'absence d'un aussi kion amiqu*il n'espère plus revoir. Bernerède n'était pas plus content que lui de se voir élevé au cardinalat ; il regrettait ses anciennes habitudes. Pierre l« console de son mieux, en lui présentant les nouveaux avantages dont il jouit, et qui font plus que compenser ceux qu'il regrette. Dans une troisième lettre, il veut lui prouver que son éloignemenl, bien loin d avoir altéré Tamitié qu*il lui porte, na fait que racorollro. li lui annonce que Tbibaud a été nommé à sa place abbé de Saint-Crépin ; qu'il lui envoie un missel, après lui avoir envové un bréviaire ; enfin il lui reproche de détruire sa santé par des austérités immodérées. Bernerède étant mort l'année suivante, l'abbé de Saint-Remi, dans une lettre à Pierre, cardinal évèque de Frascati, »e reproche de l'avoir engagé à faire le vojage de Rome, ne prévoyant point qu'on le reticn<irait contre le gré de son ami et le âien; néanmoins il le console, en apprenant que Dieu a manifesté sa sainteté par des miracles.
Six lettres à Eskil, archevêque de Lunden, prouvent la grande considération dont jouissait l'abbé de Saint-Bemi auprèsde lui. Dans l'une, il lui recommande un chanoine de saint Timothée, frère du vidamo de Reims, qui, attiré par les belles choses que publiait de lui la renommée, allait en Danemark. En lui envoyant Foulques, un de i^os élèves^ que Eskil avait demandé pour évèque des Estoniens, il lui représente les difficuirés qu'éprouvera dans sa mission ce zélé prédicateur, s'il n'est appuyé de ses largesses et de son crédit. Ayant appris que );et illustre prélat, au retour d*un voyage en France, avait failli être submergé, il demande à être instruit d'un événement dont son amitié est encore tout alarmée. Rassuré par le rapport de maître Crépiu qui, ayant accompagné le prélat, avait couru le même danger, il admire la conduite de la Providence, qui met quelquefois ses élus à de cruelles épreuves, sans vouloir les penlre. Eskil étant revenu en France pour embraser la vie religieuse à Clairvaux, l'abbé de Saint-Remi lui écrivit encore deux lettres pleines d'éloges et de témoignages d'amitié,
regrettant que ses infirmités ne loi ntissent pas d'aller lui rendre visite.
Suivent quatre autres lettres à autant d'i chevêques : une à Henri, arcbcvèqiie ( Reims, lequel étant allé à Rome Tôt; chargé du gouvernement de son diocèse, le presse de revenir, parce qu*è la faveur ( son éloignement, 'de grands troubles i taient élevés dans tout le pays. Celte leU est de l'an 1166. Il avait écrit peu de teoii auparavant au chancelier et au chantre i réglise de Compiègne, qui avaient ^an pagné le prélat dans ce voyage, pour k% « sureraue tout allait au mieux. Larchevèt(i de Cologne, Philippe, dont le pontitKi commença dès Tan 1167, ayant disposée faveur des clercs séculiers des prébendes <l prieuré de Marsne, au préjudice du mooid tère de Saint-Remi, Pierre lui fait surcd les'plus vives représentations, et l'assure^ jaiuais sa communauté ne consentira à vj pareille spoliation. Pendant les démêUié| saint Thomas de Cantorbéry avec lent d'Angleterre, lorsque raccommoderneoli tenait plus qu'à la restitution des biens A l'Eglise, Pierre écrit au prélat de ne rien n lAcher de ses prétentions. Il fait un raison ncment qui se ressent bien des préjugés é son siècle. « II faut, dit-il, considérer altei tivement les divers temns de l'Eglise, et kl différents états }>ar où elle a passé; car Joe^ qu'elle était encore faible et naissante, cM
sent qu'elle est dans sa force et dans sa ii| gueur, ce qui était permis à ses enoedli ne l'est plus à ses enfants. Jl conflealiàl mère de corriger son fils, comme elIeiMjli tout endurer de la part de spn eoMfli lors(]lu'eIle n'était que pupille. » At«o^ pareil raisonnement on pourrait aller'"
On trouve à la suite deux lettres i laume de Champagne, arcbevêique de Ce prélat avait fondé conjoiotemeiit avec sœur, la comtesse du Perdhe, la cbartrei de Val-Dieu, au diocèse de Séez; mais \f vêque diocésain différait tovjours de M la consécration du lieu. Pierre recooioaoê à l'archevêque de Sens d'employer son cif dit en faveur des religieux çu'il y }^ placés, et de ne pas laisser imparfait >i établissement qui lui devait son eiisienA Dans une autre lettre, il le loue de s^ démis de l'évéché de Chartres en faveur A Jean de Salisbéry.
Letires à des évéques. — L'abbaye di Saint-Remi avait un prieuré en ProTCDc^i dans la petite ville de Saint-Remi, an dio* cèse d'Avignon. Pierre, écrivant à TéTé) lui demande sa protection pour la mai et pour UR nouveau prieii^r qu'il y enrojw Barthélémy, évèque d'Eccester, ajaot ^^ sisté dans une occasion critique au roidA jjjleterre, Pierre lui en témoigne sa satis» tion, c-t lui offre sa maison pourasilei^ est forcé de s'expatrier. Après k ©eortrf il saint Thomas de Cantorbéry, il i^^^ ' n.ênie prélat que son deuil i!est change ^
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DE PATROIX)CIE.
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allégresse, en apprenant les miracles que INeu opérait sur son tombeau. Ne pouvant illerrisiterce tomtieau, il le charge de faire (lour lui ce pèlerinage, et de (tren ire soin ^% clercs adachés au saint, qu'il appelie les petits du graud aigle.
Parmi les lettre» adressées è des abbés, tOQseo citerons une à l'abbé de Saint-HukerL poaf lui persuader de ne pas se dé- Mtlrede son abbaye, nial^ré la dilTiculté 411*1) trouvait h s'y maintenir sous une do- •loalion schismatique; deux à Tabbé do fcJDl-Edmond, avec lequel Jean de Salisbéry ftviii mis eu correspondance ; mais il se filini que les ironbles survenus en Angle- Ure ne lui permettent pas de l'entretenir pnmeiMedésirait; uneàThibaud, prieurde AÉDien Valois, qui, apprenant son élection Mhbafede Cluny, avait témoigné à l'abîmé jbSBin(-kemi sa frayeur d'être appelé à
eruo si pesant fordeau. Pierre le ras- ,et sans lui dissimuler que c'est une Mh^ porter, il se réjouit de le voir élevé lafàsle si éminent; trois au prieur de Oifomérv, nommé Odon, relatives au mrtre de saint Thomas et à ses miracles,, teronrecaeillait de toutes parts, pour en pnerun corps d'ouvrage dont le manuslit eiiste encore. Pierre en rapporte un
Kcrovait certain ; mais il recommande ut de prendre garde de ne pas mftler livrai arec le faux, ni même avec l'incertti.
I^irmi ses lettres adressées à des commu-
Ê!s, nous rappellerons celle aux reli« ideMolême, sur le relâchement qui t introduit dans cette maison , jadis si Iftre, doù était sortie la réforme de CtooQtient un bel éloge de la profession tique, et montre combien l'abbé de terni était profondément religieux; celte aux clunistes, il représente les tols biens que leur ordre, comme un Pt brillant, avait procurés à la chrétienté, {appelle les merveilles dont il avait été hoin, lorsque, dans sa jeunesse, il était M à Saint-Martin des Champs : il se ré- Mensuite en ptaintes amères sur la déca* toce de cet ordre « Ne dois-jc pas , dit-i 1 , tl pénétré de douleur jusqu'à la moelle Jjos, eu voyant la ruine de la mère des ■«de Sion? J'entends le monastère de «ny. N'est-ce pas \h notre ville forte, d'où Mient aotrefois mille hommes pour les jjfchés, mille pour les abbayes, pour les plis des rois et des grands ? £t maintenant [•o'j trouve qu'un petit nombre d'habi- ■Ws. Vest-ce pas ce grand corps de lumière JM dissipé dans plusieurs pays les lénè- ••^ «juirciuvraîent la face de la religion , •• rébiiilisbaot 1 ordre^ en enseignant 1 honjjwtédes mœurs, en renouvelant les autres •"Oirsde la piété. Mais, maintenant, hélas I J[J^« grande ferveur s'est ralentie ; le froid ^1* neillease y a succédé , et cette maison «•«ïèLre tend k sa 6n, » Il les exhorte donc ■ ffformer les abus, et en pariiculior, celui '»^^^ livrer aux plaisirs de la table après ''•^wdecomplics
A des clercê ou chanoines, —Pendant qu^^ Gérard Pucelle était à Cologne, pour travailler à l'extinction ou schisme en Ailema.^ne, Pierre, dans une lettre qu'il lu. écrivit, déplore la chute de grands person nages, qui paraissaient devoir être les co tonnes de l'Église, et réclame en même terop. ses bons offices auprès de rarchevêaue,qui comme nous l'avons vu plus haut, disposai à son gré des prébendes du prieuré dt Marsnc. Un ancien compagnon d étude, ap* pelé maître Pierre, lui avait envoyé un pré-, sent ; Pierre, dans sa lettre de remerctment. lui rappelle avec regret l'heureux tempe où, libres des embarras des affaires, il.s
[mouvaient, à Moutier-la-Celle, se livrer ï eur goût pour l'étudo. Jean de Salisbéry avait un frère nommé Richard, qui , ayant
fartage sa disgrAce, s'était retiré comme lui Saint-Remi de Reims. Retourné en An^^le-. terre, il avait embrassé l'état de chanoine régulier à Moréton. Outre trois lettres qui lui sont communes avec son frère , Pierre lui en écrivit en particulier six autres de pure politesse , qui ne contiennent que des témoignages d'amitié. On voit, dans l'une d'elles, que ce fut à la prière de Richard
3ue Pierre composa le Traité de la discipline u cloître.
A de simples religieux. — Un moine de Saint-Bertin l'ayant prié de lui communiquer ses Sermons^ Pierre lui répond aveu une modestie sans exemple : « Vous me demandez mes Sermons que les quatre venls du ciel ont enlevés comme des plumes inutiles et superflues. Si vous les avez déjà lus, vous devez les avoir trouvés dépourvus de pensées, faibles et languissants par la bassesse du style. Si vous ne l^s avez uas lus, qui vous a inspiré la pensée de recnercher avec tant d'empressement c&que vous rejetterez avec déJain dès que vous l'aurez vu 7 » etc. On voit par là que Pierre de Celle ne savait pas surfaire la valeur de son travail , qu'il en connaissait assez bien les dé-* fauts, et qu'il avait la modestie de les avouer. Un autre religieux du monastère de Rading, en Angleterre, lui écrivit qu'il avait trouvé son Traité des pains délicieux. « Appareuiinent, répondit-il, que votre amitié vous fait trouver la cendre aussi bonne que le pain. » H témoigne qu'il se sentira beaucoup plus flatté, si, au lieu de louer ses écrits, son admirateur veut bien se donner la peine de les corriger.
Pierre de la Celle no se montra pas d'aussi bonne composition avec un autre religieux de Saint-Alban , nommé Nicolas , qui voulait établir, comme un dogme, la croyance à l'immaculée conception de la sainte Vierge. Nous avons vu que Nicolas avait composé sur ce sujet un écrit qui avait donné lieu è une altercation entre ces deux savants. Plusieurs années s^étaient écoulées sans que de part et d'autre on eût repris la plume, parce que^ sur de faux rapports, Tabbé de Saint-Remi croyait son adversaire mort; mais, ayant appris que, mort ou ressuscité, il était plein de vie, il lui écrivit pour savoir bi les
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peines de Teufer Tavaient fait changer dV pinioR. Cette lettre donna lieu à une nou- Telle contestation. Nous n^avons pas la réponse que fit Nicolas ; mais on voit , par la réplique de notre abbé, aue , bien loin dV toir changé d'opinion, le savant Anglais l'appuyait de nouvelles preuves, et si multipliées, que notre auteur, n'ayant pas le temps de reprendre en détail tout ce que Nicolas avait avancé , se borne à relever les principaux pjoints de la controverse : « àcondition , dit-il , que la pait ne sera point troublée entre nous , et que nous supporterons patiemment, do part et d*autre, les termes un peu durs qui pourraient nousécbap- Ser. » Cette précaution n*étaitpas detrop;ear es deux côtés on n'a guère ménagé les termes. Entrant ensuite en matière, il se déclare pour le sentiment de saint Bernard , et dit que Topinion contraire n'est appuyée ni sur l'Ecriture, ni sur la tradition; que l*EgU$e romaine d'ailleurs n'a rien prononcé là-dessus. Il blAme Nicolas du peu de respect qu'il témoigne pour la mémoire de saint Bernard ; et , à cette occasion , il fait lin grand éloge de ce saint et de tout l'ordre de Ctteaux. Mais, dans le vrai, il va plus loin que le grand abbé de Clairvaux, en
(prétendant que Marie , avant d'avoir conçu e Verbe , a senti , non pas , à la vérité , les {premières amorces de la concupiscence, mais es autres empêchements de la fragilité humaine; ce quil lui parait nécessaire d'ad* mettre, pour dire qu'elle a pu mériter et démériter. Nous avons vu ailleurs comment Nicolas, choqué de ces paroles, qui lui parurent une injure envers la Mère de Dieu, prit la plume pour les réfuter.
Hais cette réfutation ne ferma pas la bouche à notre abbé. 11 y répondit dans une lettre où il prend le titre d'évèque de Chartres» ce qui prouve qu'elle fut écrite en 1180 ou 1181. « Dans la lettre très^mordanle que vous m'avez adressée, vous faites des syllogismes très-sublils, ou plutôt des paralogismes ; car vous n'avez pas pour vous la vérité. ^ Il lui reproche d avoir mis trop à nu des choses capables d'alarmer la pudeur. Il fait ensuite une professionr de foi trèsclaire sur les prérogatives singulières de Marie. II prétend que leur dispute est moins dans les choses que dans les mots . puisque l'un et l'autre étaient également dévoués au culte de la Vierge. «Il y a néanmoins, ajoutet-il , celle différence entre vous et moi , que je m'attache au vrai et au solide , au lieu que vous ne cherchez qu'à accréditer les idées de certains dévots aux dépens de la vérité, ail endonne pour preuve ces paroles de Nicolas : « Comme le Fils est tel que le Père dans le ciel; de môme la Mère est tell^ <Çue le Fils sur la terre. » — a 0 Notre-Dame I 8 écrie là-dessus Pierre de Celle , pardonnezlui ces paroles qui doivent infiniment vous déplaire. N*6tes-vous pas la servante , ainsi que la Mère de votre Fils î Vos j^eux ne sontils pas dans les mains du Seigneur votre Fils, comme ceux de la servante sont dans les mains de sa raatlresse. Ni Tor de l'Ethio-
pie, ni les précieuses teintures de IlmiQ ne peuvent être comparés è ce Fils, parc« que nul ne s'est trouvé semblable à lui sur la terre, puisqu'il est seul et unique, et qu'il n'existe personne qui puisse lui i(n comparé. Il vous suffit, 6 Vierge sainte, d'être assise à sa droite, non à titre d'égalité de condition , mais à raison de la gloire d de la félicité stable, qui vous estcommoM à l'un et à Tautre. i> Cette lettre, mêlée dv politesses et de duretés, finit par demanJtr pardon à Nicolas de ce qui peut s*; ètn glissé d'incivil et de choquant. Il témoigoi ensuite le plaisir qu'il aurait de le roifi
Ï^arce qu'il est on ne peut plus satisfait (^ a beauté et de l'éloquence de ses écrits.
Dans une lettre adressée au chapitre fl» néral des Cisterciens, il prend aussi lebta d'évèque de Chartres. Il leur rappelle (|ii1 fut un des nourrissons de saint Berok^ alwnnus, lequel l'avait admis en comifr nauté de prières avec son ordre, grâce (|d lui avait été renouvelée depuis sa mort R demande qu'elle lui soit continuée aloti qu'il en avait plus besoin que jamais, la autres lettres qu'il écrivit pendant soo épiii copat n'ont pas été conservées. Comme li hommes se peignent ordinairemeut dansd sortes d'écrits, celles qui nous restent il6 cèlent un caractère franc, ennemi delafli* fice et du déguisement ; un cœur tendre, gé^ néreux, compatissant ; un esprit judicieuli cultivé par de bonnes études; une kmaé» vée, instruite des bonnes règles et zélée |i(Ni leur observation. Quant au style, il serilli souhaiter uu'il fût plus naturel, et Mê chargé d'allégories qui obscurcissent n* vent la [lenséo de l'auteur. C'était le dM de son siècle, de ne pouvoir rien écrireM faire allusion à quelque passade de \1/ir ture sainte, que l'on appliquait imt M que mal. Le plus habile était celui qui* vait le mieux s'approprier, non-seuleofl les pensées, mais les expressions de la t' ble. A la suite de ces lettres on en a iuipg' mé cinquante-six du Pape Alexandre 11 dont la plupart s adressent à Pierre iidi Celle ou le concernent.
Ses sermons. — Ils sont au nombre II quatre-vingt-seize, publiés par doui hux\fU et la plupart fort courts. Le premier rtt l'A vent fut prononcé en public ; car raft* leur y dit qu.à cause du peuple qui réit)iite| il va parler (Je choses moins relevée>:ij crasaiora quœdam propter cidstanUmpopt^ sermonem vertamus. Cela*fait naître uiici^ ficulté, savoir s'il a débité ces sertiKrvScJ^ latin, ou s'il les a depuis traduits en a'fl^ langue, af»rès les avoir proches en fjâsçais. Dans le premier cas, il faudrait suci^ ser qu'en ce leraps-là le peuple enltnjA.'^ eommunéruent le latin; ce qu'on a p< ii'*^^ se persuader. Dans le sermon sur lafôi^d' la Purification, on voit que ïusaff" tHi'i dès lors de porter des cierges à la ppv^^ sion. 11 se sert du terme de Iranssubsumiition, (ranssubstanlMiturf au sermon vm*dfl jeudi saint. Dans le premier dès nc\iU^*j mons sur f Assomption de ta saiuU r»rr^.
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I di( gae l'on croit pieusement, quoiqu'oQ [\ùà\t pas d'assurance, qu'elle a été élevée urporellement au ciel. Dans le qualrièiiie 65 oeuf sermons pour les synodes, il aver-
II les prêtres de s'appliquer plutôt è la létôqu'è la dispute, et de ue pas planter uluur de Tautel une forêt de questions inules. « Car il est bien plus sûr, ajoute-l-il, t |ïn)curer le repos de son esprit, après îDir adoré le âei{pieury que de sMnquiéler touloir pénétrer la profondeur des mys- Ire». «U sup^iose dans le neuvième, que èsw-Christ a voulu former son Eglise, Dome Qo nouveau ciel et une nouvelle terre, sr le modèle des chœurs des anji^es, pour is différents ordres et min stères qu'il y a tliblis. Le Pape ou l*Aposlolique est à la lôte, at^présente Dieu : Summum aptcem relut km comUtuens. Descendant de ce chef, eji Mro^adant, viennent les patriarches, les ■élrofiolitains» les évêques, les prêtres, les teRS, les sous-diacres, elc... Un sermon m anocftof , et un autre atir la loi naturelle^ m M krite ef la loi évangéHque^ imparfaits ovnebicn d autres > terminent ce recueil. laP.CoiDbefisen a publié un autre sur la Mitation de la mort ; mais ce n'est autre ft»seaue le chapitre â5du Traité dû la disei- ^m cloître.
à Ton nous demande ce que nous pente de toutes ces productions, nous dirons ^ ce sunt des pièces écrites fort à la hâte, M il se trouve des instructions solides et vtlqaes beaux traits de morale, mais noyés ■M un tissu d*allégories aussi froides qu*éptaialiqucs. Nous avons déjà remarqué ce iuutdaQs les lettres de notre auteur, mais f n'est rien en comparaison de ses sermons. IjjODt sans ordonnance et sans liaison «le conlexte, et cependant ils eurent une
Èiw-yaiide vojue de son temps. On a vu Mtaut le jugement que l'auteur en porte même dans sa lettre à un moine de Saintfcrtin.
Traité de$ pains. — On a de Pierre de Iwlle quatre traités ascétiques dont le premier est intitulé De pantbus^ et contient •"»gt sept chapitres. C'e^t une explication B«bi^ue de toutes les sortes de pains dont ï^l parlé dans les livres sacrés, ouvrage pécule dans le même style que les sermons 2 1 auteur. Il est précédé d'une lettre à Jean w^lisbéry, par laquelle il le prie de cor- *H«t sans ménagement tout ce qu'il y trou- Jff8 à redire. Jean ne ût pas usage de sa cri- W^ dans Texamen de ce livre; l'amitié •«veugla, et il vérifia. ce mot de Cicéron : ™forumcœea sunt judicia. Tout lui parut *"o» eiceUent, admirable dans le livre des J^ll"^' Cest ce qu'il mari]ua à Pierre de p^ dans sa réponse, où, rappelant toutes « ^|»ligalions qu'il lui avait, il dit, qu'après '•[^'f longtemps nourri d'aliments cori>o- ^^^* il continue de le rassasier d'une uour- ^>ure sj)iritaelie infiniment plus précieuse. * «ii,aîoute-t-il, vous savez que l'homme J* *ïl pas seulement de pain, et que les Anjtis vasseul pour être (le grands buveurs. * «*t donc juste et raisonnable qu'après
nous avoir donné si largement à manser, vous nous donniez ensuite à boire. J'ai déjà soif, et je pourrais bien, en mangeant ces pains avec trop d'avidité, m'étrangler, si vous n'avez la charité de me procurer dn vin. Comme cette boisson est plus en usagiv chez, vous que la bière, notre boisson or-! dinaire, je vous la demande de préférence h\ la nôtre. Ce discours allégorique roonlre'^ que Jean de Salisbéry désirait un traité mystique, sur la vigue et le vin dont il est fiarlé dans l'Ecriture.
Exposition mystique et morale du tabernacle de Moïse. — Ce traité est divisé en deux livres. L'auteur exécute à sa manière ce que le titre annonce, et on y chercherait inutilement autre chose que de la mysticité.
Traité de la conscience. — Il fut composé à la prière d'Alcher, moine de Clairvaux, auquel il est dédié. L'auteur définit la cons<» cience, la connaissance du cœur, a Pour être bien réglée, dit-il, elle doit avoir la orainle de Dieu, qui l'éloigné du péché; être soumise aux vérités de la foi, afin de rejeter tout ce qui est mensonge et vanité, et aimer Dieu, ce qui la rend fervente dans l'observation de ses lois. » Il y a dans cet ouvrage 3uautité de belles maximes, mais enchâssées ans des allégories obscures, et énoncées dans un style trop affecté. Ces trois lîCrils fiirent publiés pour la première fois en uu volume in-8% Paris, 1600. De là ils passèrent dans la Bibliothèque des Pires ^ et dans la collection des OËuvres de Pierre de Celte, recueillie par dom Janvier,lqui y a ajouté un quatrième, imprimé déjà au tome 111 du Spicilége de dom Luc d'Achéry.
Traité de la discipline claustrale, — II est dédié à Henri, comte de Champagne, à (]ui Tauteur donne la simple qualification d'homme illustre. Viennent ensuite deux préfaces adressées à Richard, frère de Jean de Salisbéry, qui, comme nous l'avons dit ailleurs, avait engagé Tabbé de Saint-Heitii h écrire sur cette matière. Ce traité, divisé en vingt-cinq chapitres, est beaucoup plus solide que les autres. L'auteur y relève les avantages du cloître, qu'il compare tantôt au Stadium des anciens, où chacun s'exerce à courir pour atteindre la perfection ; tantôt à un lit de repos pour ceux qui, fatigués du tumulte du monde, cherchent un lieu de retraite; tantôt à un marché public où, en échange des biens temporels on se procure des richesses d'un autre genre.
Outre ces écrits dont le public est en possession, Pierre de Celle avait compose sur le livre de Ruth un Commentaire qui n'a pas encore vu le jour. Dom Marlène déclare l'avoir vu parmi les manuscrits de l'abbaye de Clairvaux. On ignore ce qu'il est devenu lors de la dispersion des ordres reli^^ieux.
Malgré les critiques fondées que nous nous sommes |>ermises, Piorre s'était acquis de son temps une grande autorité par ses ouvrages. Ou fait moins de cas de ses sermons prêches dans des sy-nddes que de ses lettres. Lu recueil qui les contient prouve une correspondance très-étendue. Quoique
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Tauteur y soit plus naturel que clans ses au-^ Ires productions, il ne laisse pas d'y affecter des jeux de mots, peu dignes de la gravité de notre ministère. Des hommes dont nous respectons d*ailieurs le jugement et Tintentiou» les ont nommas des pensées ingénieuses.
Consentons» dirai-je, avec le (Juiintilien moderne, qu'on appelle gens d*esprit ceux qui écrivent ainsi, pourvu qu'il soit bien certain que l'homme éloquent serait trèsfflché qu'on fit de lui un semblable élo^e. Au reste, elles fournissent peu de traits intéressants, même pour notre histoire; ce j sont pour la plupart des lettres familières et sans beaucoup d importance.
PIERRE <>E PoiTVRsacelade commun avec beaucoup d'autres écrivains, que l'on ne connaît ni son origine» ni l'époaue précise de sa naissance'et de sa mort. La manière dont il parle du célèbre Forlunat fait conjecturer qu'il était de Poitiers : il sufSt de jeter un coup d'œil sur ses écrits pour jueer
au'il florissait rers le milieu du xii* aiècle. entra fort jeune dans l'ordre de Gluny, sous le çouYernement de Tabblé Ponce; mais ce lut Pierre le Vénérable qui, dans le cours de ses vi$ites,i Iq reçut à la profession. Cette circoostance le mit à même d'apprécier les talents du nouveau profès; et il parait que le jugement qu'il en porta fut favorable à Pierre, puisque, dans un second voyage qu'il fit à son monastère, en 1134, cet abbé l'emmena avec lui et l'attacha à sa personne en le faisant son secrétaire. Ce fut en cette qualité que Pierre de Poitiers Tac* compagna en Espagne, en 1141. Possevin et lin Lange ajoutent au'il Qnit par être grand prieur de Cluny : c est une conjecture qui n*a pour fondement qu'un terme équivoque. Son mérite, il est vrai, le rendait digne de cette place; et, pour ne parler que des talents de l'esprit, il était bon littérateur, possédait à fdad l'antiquité ecclésiastique et profane, et surtout excellait, pour son temps, à faire des vers. Pierre le Vénérable en faisait tant de cas qu'il n'hésitait pas à comparer Vauteur avec Horace et Virgile. 11 y a sans doute de l'exagération dans ce jugement qui semble inspiré à ('abbé de Cluny moins par sa conscience de connaisseur que par le souvenir des éloges qu'il avait reçus de la muse du moine Pierre. Mais on doit au moins à celui-ci la justice de dire qu'il a été Tuu des poètes de sou siècle qui ont versifié avec le plus d'élé^auue et de facilité.
Poésies. — La |^*emiëre production de sa plume fut un poëme qu*il .composa sur la promotion de Pierre le Vénérable à l'abbaye de Ctuny. L ouvrage fut très^oûlé : cependant l'abbé,, y découvrant quelques traits qui se ressentaient de la jeunesse de Tauleur, qui n'était encore que novice, lui ordonna» dans la suite, de le retoucher. Pierre de Putiers obéit et mit sa pièce, ainsi corri-^ gée, à la tête d*un recueil qu'il avait fait des lellres de son héros : c'est ce qu'il témoigne dans la lettre qu'il lui écrivit, en lui adressant cet éloge. Du reste, il y aurait
lieu de s'étonner qu'un homme aussi modeste que Pierre le Vénérable eût agréé Ici louanges que son panégyriste lui prodij^ei s'il n'eût pas cru devoir encourager les talents d*un religieux qui lui eu coosacnit les prémices et répondre avec bienveiHaaix aux marques de son attachement. Notre versificateur, après avoir félicité les reli* gieux de Ctuny sur le chef (|u*i!s s*étaieol donné, le compare avec tout ce que Taotiquité a produit de plus grand et par la naissance et par les qualités de Tesprit et da cœur. Voici, par exemple, comme il parl^ de son savoir :
In proM Ckero navnt eif, în iarnUm Uotq:
SiaU ÀritloUlei di^^nkU wU SocraUi.
Vix Àuauitbms ntbliUw abdila ceruU;
Vix nunc Uieronymu uUa docere potiU.
HU hune Gregoriuê dore biamk^ye éocendA^
NU huk ÂtnbratiM» rktiùriemida ttUiL If iwtcitt, âitrotoffuêf ariiknieliou éê fliwwrtw,
GranimaUau, rkOor a dmlecikm €tl.
Cea louanges, cependant, ne fnrent pas A uni versellèmeat applaudies qu'elles neraM contrassent des contradicteurs gui les rel rent comme des hyperboles dictées part'i
E»rit d'adulation* Un Allemaadf naturalisé •"rance, fut celui qui se récria le plus et tre la pièce et contre rauteur.Piqué des t basses qu'on lui |>rètait gratuitement, Piei de Poitiers écrivit une lettre apolo^étiimi pour fermer la bouche de son adversaire, il justifie dans un style énergique et d'une nt* nière imposante, eu produisant l'eiempte di Sauveur qui a loué Jean*Baptiste etNatnana} de leur vivant ; celui de saint Paal qui bll même chose à Tégard de ses collègues doi l'apostolat; ceux de saint Ambroise, 4l saint Augustin, de saint Jérôme, de sûAj Paulin et de plusieurs autres persoDoa^ également vénérables par leurs vertus, H qui, tout ennemis qu'ils étaient doJafU«i lerie, n'ont pas fait difliculté de se dooDCf réciproquement de grands éloges, ainsi qu'aux hommes illustres de leur lemp».
Cette lettre est terminée par une é()igraiuui« où Pierre reproche à son adversaire sa ru* desse et sa barbarie dans des termes quiae sont rien moins que doux et polis.
L'abbé de Cluny trouva la cause de Tac* cusé si juste qu il prit la plume pour le défendre. Nuus avons une satire quilcooi* posa sur ce sujet et que nous feroascoo* naître en son lieu. La victoire que Pierne le Vénérable remporta au tribunal du Paj-ei en 112G, sur la faction de son doTaacier, devenu son compétiteur, fournit à notre poëte une nouvelle occasion de le complt* menter. A la première nouvelle de cet événement, sa verve s'échauffe au point qu'elle enfante presque sur-le-champ un assez lo«i l^oëme qu'il Ut présentera l'abbé vicîloricui, avant son retour d'Italie, Voici sou HM
Jam tibi^ Petre, novi celelfrantur ubiqm trwftptù Jean tibi sub pedUna gens tmmtoi jauL
Orapraterea canum rabtdos pomere toMui sensibui omi$si$ corda maligna itatpenl^
Son ita sacritegi conûng^re posse puumottt Cum voniereni rigidUs ore tutnente mhiu.
François Duchesne, dans son Uisloirtd^*
PIE
DE PATOOLOCœ.
PIE
cùrdinmêœ françaU^ nous donne les quatre distiques suivants, appartenant au même ouvrage» pour une pièce particulière qui, selon lui, contient l'épitaphe de Fabbé Ponce : Pe/ni« Pictavientis^ dit-il, audito Pontii obitu^ sic cecinit :
Crtmde lueriÊm facimui ; qmc causa êclugmatis hujut,
Con-uit ex Mo perfidus iUe draco, Cutiuiue capwl lubncmn tUMtoUere miihir aagmt,
RjfrNpiiur, el mœreiu atra venena vomit, Imeriere mrfii prœttigia sœva cotttbri,
Nec paitUtr ttumstrum vivere Borna dm ; Sed mox ancioiti gladio fera colla trucidani.
Défendu Fetnun Pelrui ab luMe mum.
Il est aisé de s^apercevoir que tout ce style est figuré et ne doit pas être pris à la lettre, comme s'il s^agissait de la mort réelle de Tabbé Ponce. On sait d'ailleurs que Ponce ne mourut qu*après le retour de son successeur à Gluny. L*auteur, dans ee poëme, iait des rmax pour que Pierre le Vénérable dirige sa route rers TAquitaine, en rêveuani de Rome. 11 ne fut pas exaucé ; mais plusieurs années plus tard, c*est-à-dire vers 113K, l'abbé de Ciunjr ayant annoncé sa seconde visite en Aquitaine, Pierre de Poitiers lui prépara des vers comme pour la pr-emière. C'est un compliment à la province sur le bonheur qu'elle aura de revoir ce grand homme. L'auteur décrit la joie universelle que son premier voyage avait réjiandue dans toute TAquitaine, l'empressement que les personnes do tout Age, de tout étal, de tcmt scie, témoignèrent pour le voir; Tadmiralion que sa noble physionomie, les grâces de son entretien et Téloquence de ses discours avaient liiissée dans tous les esprits. II dit qu'alors il vérifia ce que la renommée avait publié de son mérite, mais que sa présence ajouta beaucoup à l'idée qu'il s'en était faite. En finissant, il rappelle à Pierre le Vénérable la promesse qu*ii lui avait Lite à sou dépari, de l'attirer k Cluuy.
Attamen ateeedens hœc uttlma verba dedhli, QuœquaMÎ paWis adlatc pifpiora certa gero:
Petre^ receptunu U desero^ desino fere; TrauMOCto modico tempore muter eri$.
AA egojam multoi Iranseffi flebitis aiuios. Et pronùêsa patrie dnlcia non video
Sie memor ergo mû, precor, o dutciuiine reruin, ^ Bê^iai locTpnae cura patenia itieus.
Les autres poésies de Pierre de Poitiers sont,!* quatorze vers élégîaques pour Tlieureuse navigation de son abbé, qui avait passé dans une lie de l'Océan pourjr visiter un de ses monastères; 2* deux épilaphes, savoir celle du Pape Gélase II, qui contient un récit abrégé dé sa vie, et celle d'Ildephonse, évèque de Salamani]ue, exprimée en cinq vers héroïques. Le P. Pagi prétend
Jue i'épitapbe de Gélase est l'œuvre d'un crivain plus récent et qui connaissait assez mal ce pontife. Mais serîtil-il donc impossible que Pierre, écrivant en Aquitaine, se fût trompé sur quelques circonstances de la vie de Gélase qu'il n'avait jamais vu ni même eu occasion de voir. Quoi qu'il en soit', outre la Bibliothèque de Cluny^ où cette épitapbe se trouve |)aru)i les autres produc-
tions de l'auteur, on la rencontre aussi sôus son nom dans le v* livre de Papyre Masson sur les évèques de Rome, dans Baronius, et dans le recueil des historiens d'Italie de Hnratori.
Lettres.— Pierre de Poitiers a laissé peu d'écrits en prose. Aux deux pièces dont nous avons déjà rendu compte, savoir, sou Apologie et la lettre qu'il a mise en tète du panégyrique de Pierre le Vénérable, il faut ajouter quatre autres lettres au même abbé. la première est pour le féliciter sur un des ouvrages qu'il lui avait envoyé. « Quand je compare, dit-il, mes écrits avec les vôtres, il me semble voir un vil métal à côté de l'or le plus pur. » La seconde fut écrite après sa retraite à Cluny, et à une époque où Tabbâ s'occupait de faire construire au fond d'une solitude un nouveau monastère dont les travaux réclamaient sa présence. Cette lettre a pour objet de l'assurer qu'il va se mettre à transcrire ses ouvrages, suivant l'ordre qu*il lui enavait donné avant son départ. Pierre le Vénérable avait laissé notre auteur avec une douleur au pied qui ne lui avait pas permis de le suivre; il lui mande que ce mai est diminué sensiblement, et le prie d'enjoindre au prieur claustral de lui fournir du parchemin, et à Boni t d'en pré[iarer. Il y avait apparemment une manufacture de parchemin â Cluny. Sa lettre finit ainsi : ValtaiU coeremitœ veetri et eocii omne$ qui vobiêcum eilvcu incoluni.
Ces paroles fournireut matière à plusieurs gloses ; Pierre le Vénérable y fit allusion dans sa réponse, et plusieurs des relif^eux du nouveau monastère écrivirent à Pierre
[)Our s'égaver sur ce titre d'ermites qu'il eur avait donné. Il nous reste de trois d'entre eux des lettres qui paraissent écrites avec esprit. Il fierait que Pierre en jugeait de même, puisque dans sà troisième lettre à Pierre le Vénérable , il l'assure que cette solitude ne renferme pas seulement des ermites, comme il l'avait cru, mais des philosophes et des poêles : Silvœ veêtrœ non solum eremitctif verum eiiam philosophoe et pot'toê copioee redolent.
L'abbé de Cluny se préparant à un grand voyage (vraisemblablement celui qu'il fit en Angleterre vers l'an liU), écrivit à Pierre de Poitiers pour lui demander les capitules qui devaient servir de canevas au grand ouvrag;e qu'il préparait contre VAlcoran.
Ceci a besoin d'explication. Dans son voyage d*Espagne, en lUl, Pierre de Cluny employa les gens les plus habiles du pays à traduire VAlcoran en latin. Mais comme ils étaient peu versés en cette langue , il leur adjoignit Pierre , afin de revoir et de corriger cette traduction. Pressé à son retour de réfuter l'ouvrae^e qu'il avait fait traduire, il associa notre auteur à son travail et lui ordonna d'en dresser le plan par livres et par chapitres. Pierre de Poitiers s'acquitta do cette besogne et en envoya le résultat à son abbé, qui était alors dans le cours de ses visites. C'est une nouvelle copie qi^ celui-ci lui demandait par sa lettre, par
riË
que, disait-il, Jean son secrétaire avait éçaré la première. Cette lettre qui n'existe plus ne nous est connue que par la réponse de notre auteur, publiée dans leix* volume de la grande collection de dom Dnrand et dom Hartène. Après un compliment à t'abbé de Cluny, et des vœux pour la prospérité de son voyage, Pierre de Poitiers marque qu'il lui envoie de nouveau les capitules qu'il désirait, mais rédigés dans une meilleure forme. «J'espère, ajoute-t-il en faisant allusion à son travail, que votre plume remportera sur ces infiJèles les mêmes avanla- Î;es qu'elle a déjà remportés sur les Juifs et es hérétiques de Provence > dont elle a coufondu les erreurs sans ressource. Par là TOUS vous couvrirez d*une gloire que personne ne pourra j)artager avec vous , celle d'avoir taillé en pièces par le glaive de la parole divine les trois plus gr.ands ennemis du nom chrétien; j'entends les Juifs, les hérétiques, les Sarrasins. » Suivent ies capitules ou sommaires des matières qui devaient entrer dans l'ouvrage projeté. Pierre le Vénérable ne s'astreignit point à celte distribution, quoiqu'elle fût Jaite avec beaucoup d'intelligence et de capacité. Il en usa comme un homme éclairé qui sait proGter des lumières d'autrui et suppléer à ce qui leur manque, en y ajoutant Jes siennes.
Baronius et Muratori assurent que Ton conservait encore de leur temps, mais sans dire où, une Oraison funèbre à la louange du Pape Gelase II, composée par Pierre de Poitiers, et différentes de l'épitaphe dont nous avons parlé plus haut. Nous ne dirons pas avec le P. Pagi que cette pièce est chimérique, comme l'épitaphe en question; nous aimons mieux suspendre notre jugement, jusqu'à ce que cet écrit nous soit connu. Mais nous prononcerons avec plus d'assurance sur un Abrégé de Vhistoire de la BibUf que dom Bernard Pcz, d'après Zwingle le Jeune, attribue à Pierre de Poitiers. II est certain, comme nous le démontrerons en son lieu, que cette production appartient à un autre écrivain du même nom, chancelier de l'église de Paris, qui vécut vers la fin du xir siècle.
PIERRE DB Saint-Chrtsogonb. Pendant le long séjour qu'il fit en France, Alexandre lll accorda constamment une éclatante faveur aux écoles de Paris, et de hautes dignilés ecclésiastiques devinrent souvent la récompense de ceux qui s'y distinguaient par de grands talents. Le prélat dont nous allons parler en offre un des plus frappants témoignages. D'abord abbé, puis évoque de Meaux, ensuite cardinal du titre de Saint- Chrysogone, évèque de Tusculum ou Frascatl, archevêque de Bourges et légat du Saint-Siège, il obtint toujours à un haut de^ré la confiance du Souverain Pontifie. Guillaume de Champagne, fils du comte Thibault, et archevêque de Sens, n'avait pas peu contribué d abord à lui faire obtenir 1 évèehé de Meaux. Pierre avait été archidiacre et abbé avant d'être élevé à l'épiscopat ; mais nous ne savons pas bien de quelle
église il fut archidiacre, de quel ordre et (j< quel monastère il fut abbé. Une lettre qui tienne de Tournay lui écrit pour lo tm plimenter sur sa promotion au eardioalit ne laisse cependant aucun doute è ce sujet Amplector scholaremy dit-il à Pierre quiavij été son condisciple à l'école de Pans, pr» sequor archidiaconumt deosculor abbutew, assurgo episcopo^ revereor cardinalem; e( \ ajoute quelques mots d'adulation qui pro9 vent mieux la complaisance d'Etienne «ji Tournai pour les nommes puissants qgJ son goût comme écrivain. L'estime (ju'.i lexandre III accordait à notre prélat est suv vent exprimée dans les lettres de ce pondie Parmi ces lettres pourtant il y en a une qsi l'on est affligé de voir écrite sur un préU si distingué et par des services reniiasl l'Eglise avec un zèle qui supposerait pta de désintéressement. Pierre, en devcsnf cardinal avait gardé et continuait de po» voir les revenus de l'évêché de Meaui, d'autres auraient dû jouir. « Plus vous élevé en dignité, lui écrivait ce Pape, vous devez agir avec réserve et circonsp tion ; il faut qu'on n'aperçoive en vous qi des actions à imiter , aucune à reprenJri Votre réputation souffre de la grande avii que Ton vous impute, TEclise en sou' elle-même. Changez donc de conduile; faites que des choses louables deTanll hommes et devant Dieu, et que la reli.;i y trouve un accroissement d'honneur eitk gloire. »
Celte lettre est du Sseptembre 1175; Piont de saint Chrysogone était déjà légat duSuB^ Siège. Il avait reçu ce titre peu de t<M après sa promotion au cardinalat, versUfli Parmi beaucoup d'autres objets, il ent, pj** dant le cours de sa légation, à en irailv deux d'une haute importance : l'un, quii^ le second dans l'ordre des dates , 8T«I été prescrit par Alexandre III, à Toccasi!! de la princesse Alix, fille de Louis VII. tjw Ton retenait dans les Etats du roi d'Aiiglt» terre, sans terminer le mariage conveaa entre elle et Richard, fils de Henri II, reiw* dont le Pape s'irritait jusqu'à menaceni'* foudres de l'Eglise, si le mariage n'étaU f«« célébré quarante jours après ladwoniiu'o transmise par son légat. L etlet des meiu h apportées par Je cardinal Pierre fui d>ngager Henri Ilà demander uu délai (i'ab"rti, et une entrevue ensuite avec Louis le Jeum entrevue qui eut lieu àlvry, en Normaiil'?dans laquelle la paix fut jurée entre It^ deux princes et où se conclut un uiari.vï
3ui ne se célébra jamais. La conifnv^^'' :i es hérésies qui a^M'laient principalement ic midi de la France, fut lobjelde la prem en» et raôîne d'une seconde mission rfe 5«Jfl^ Pierre Chrysogone. On le voit prenJa'J^mesures terribles pour les étouffer, f^" historiens racontent en particulier qu un des hommes les plus riches et les plus puisants du comté de Toulouse, s'émi troim' suspect d'arianisme, on ordonna la ûhm' lion de ses châteaux et la conflscatf'^J" ^^^ tous ses biens. Pour échapper à ceuialli^w»
iU
Iffi PATROLOGIE.
PIE
tint troQTer le légaCt fit entre ses mains !• abjuration des erreurs 9u*on lui impuit et la profession de foi qu'on ei^igea. iiniDOiDs, il n'obtint sa çrAce que sous la odilion qu'il serait fustigé nu, les mains !ts derrère le dos» dans toutes les places dans toutes les églises de Toulouse ; qu'il ut serrir les pauvres pendant trois ânes eo terre sainte, et que, même à son lour, il payerait aoe amende considérable i|ue ses cnâteaux seraient démolis. Nous leroQS tout à l'heure une lettre de Pierre ! Saiot-Chrysogone, écrite à l'occasion eue de cette mission contre les Albi-
Il parait qne notre prélat fut en même mps évèque de Tusculum et ensuite arkatèque de Bourges. Guihert^abbé de Gem« loosr, dans une leUre écrite yersli82, parle a Pierre de Saint-Cfarysogone comme ayant TAonl occupé cet évéché et comme assis mallament sur le siège métropolitain de llQff. On est surpris que cette circons- Ittpeiit échappé aux auteurs de l'ancienne H de la nouvelle Gaule chrétienne. 11 est NI que les derniers placent un Pierre dans I liste des archevêques» entre Guarin, mort 1 20 mars 1180, et uenride Suily» nommé ■ 1184; mais sans savoir que ce persontigeéuitle cardinal de Saint-Chrysogone, timbre |)ar tant de travaux et surtout par »i légations et qui mourut en 1182.
Sis Ecarrs. — Pierre est auteur de deux iHireSt l*une à Ervise, abbé de Saint-Viobr, i Paris, l'autre à Garin, abbé du même iOQislèrCf imprimées dans la grande colon de dom Martène et dom Durand. La
MDière n'a pour objet qu'une somme
mpot qu'il avait prêtée à un ami d'Er-
m et sur sa recommandation. Il rappelle
SB la seconde tout ce qu'il a fait pour
Wibaje de Saint-Victor, tout ce qu il croit
iKGarin doit faire pour les intérêts de
Maibbaye. 11 trace la conduite à suivre
'ifii le cas où une composition amiable ne
Iminerait pas le différend élevé entre
Mil, archevêque de Lunden, et les reli-
V^ttx de Saint-Victor. Ces deux lettres sont
KDsdaie; mais la première est au plus tard
ie 1171, puisque Ervise cessa d'être abbé
«celte époque. Les mêmes éditeurs en ont
uiprimé une troisième dans leur 7r/«or
'«ccdo/ei» Elle est écrite aux chanoines
^âûQi-Mariin de Tours, et doit être de Tan
IIM environ. Il y confirme sur leur de-
^Qde, une ancienne fondation qui avait
iUbli que deux cierges brûleraient à perpé-
l^uté devant le tombeau de saint Martin. 11
^^ace de l'indignation du saint et de Dieu
^0 toute personne qui oserait dimi-
^^tt ou détourner l'argent consacré à cet
««.se.
Ijoe lettre beaucoup plus importante est ctiie du cardinal Pierre contre les Albi- ^^jis, écrite en 1178, et adressée, comme Uuicur Ta dit lui-même, à tous les enfants ^''Kglise, concernant la foi catholique et wtoiique.Elle est imprimée au tome Xllf ^^ morkm iê France et dans la Biblio-
thèque des Pères de CUeaux, « Comme il n*y a qu'un Dieu, il n'y a qu'une foi, dit l'auteur; les apôtres en ont établi le fondement, il est inébranlable ; il le sera toujours, quelles que soient les fureurs des aquilons et les machinations des i mpies. ]> Il raconte ensuite avec quelques détails, les tentatives de l'hérésie, les séductions de plusieurs hommes qui en sont atteints, les mesures prises et les efforts faits pour s'en garantir. Les principales erreurs attribuées à ces sectaires y sont exposées, ainsi que les poursuites fai* tes et le jugement rendu contre eux.
Une autre lettre du cardinal Pierre de Saint-Chrysogone, bien digne aussi d'être rapportée, est celle qu'il adressa en 1177 au Pape Alexandre, en réponse à une autre, où ce pontife l'invitait à lui faire connaître les noms des hommes les plus distingués par leurs talents, leur savoir, leur doctrine, leurs mœurs, que la France possédait alors. Pierre lui en désigna plusieurs avecçbeaucoup d'éloses. Ce sont Henri, abbé de'CIairvaux, qui fut dans la suite cardinal et évê-
3ue d'Albano , le prieur de la Chartreuse u Mont-Dieu de Reims, qu'il ne nomme pas, mais qui n'est autre que Simon , loué plus d'une fois dans les lettres de saint Thomas de Cantorbérv et de Pierre de Celle ; Baudouin, alors abbé de Fordes ; ordre de Cîteaux, puis évêquede Worchesler et archevêque enfin de Cantorbéry ; Pierre, surnommé Monocule, abbé dlgny, qui le devint ensuite de Clairvaux, et qu'il recommande, moins sous le rapport des connaissances littéraires, que sous celui de la sainteté et des miracles qu'on lui attribuait; l'abbé de Saint-Romi de Reims, qui ne^t pas nommé non plus, mais qui était Pierre de Celle, devenu quelques années après évêque de Chartres ; Tobbé de Sainl-Crépin de Soissons, le vénérable Bernérède, cardinal ensuite et évêque de Palcstrine; Pierre Comestor et Bernard de Pisc, professeurs célèbres; Gérard Pucelle, professeur non moins illustre, et qui devint ensuite évêque de Coventri; Yves, archidiacre do Rouen ; enfin Herbert Médecins, ou plutôt Herbert de Bosham, l'un des biographes de saint Thomas de Cantorbéry, dont il avait été le secrétaire , qui était venu d'abord s'instruire à Paris et que l'on rroit avoir été archidiacre de Meaux.
Il y a une foule de lettres adressées à ce cardinal légat et dont nous ne possédons plus les réponses ; il nous semble complètement inutile d'en indiquer même le sujet. Elles prouvent la variété de ses rapports, la multitude de ses occupations et le zèle infatigable avec lequel il s'en acquittait. PIERRE MIRMET, ainsi nommé a cause de la petitesse de sa taille, était né à Charroux près de Poitiers. 11 s'appliqua dès l'enfance à l'étude des lettres, et fit assez de progrès dans la grammaire", la rhétorique et les sciences sacrées pour mériter le litre de docteur. Il embrassa de bonheur l'institut de CUôaux; mais après avoir passé quelque temps à l'abbaye des Allcns dans le
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Tf.
Poitou, il ahacdonna la vie relirée du cloître pour un pèlerinage plus actif. Il alla plusieurs fois à Rome visiter le tombeau des apôtres. Il parcourut aussi l'Espagne, une partie de TAfrique, quelques autres régions, et s*y instruisit avec soin des mœurs des infidèles et des Chrétiens. A son retour il se fit religieux dans Tabbaye de Charroux, de Tordre de Saint-Benoft, obtint un prieuré considérable dépendant de ce monastère, et peu après fut élu abbé d*Andres ou Andernes, par les religieux de cette maison, oit il fut consacré le 21 décembre 1161. Il y rétablit la discipline qui avait beaucoup souffert sous Tabbé Grégoire, sou prédécesseur, restaura les bâtiments du monastère qui tombaient en ruines et rebâtit TéçMse en entier, réforma l'office divin et y introduisit la manière de chanter de Clteaux, avec les pauses et la gravité qu'on y observait. La chronique d'Andres cite encore parmi les actions honorables qu'elle lui attribue, la confection d'une châsse où Ton transféra le corps de sainte Rotrude. Sa réputation de prudence, de. savoir et de pieté, le fit souvent choisir par ceux qui avaient des affaires en cour de Rome, pour les conseiller et les diriger. Enfin il mourut au mois de mars 1193, après avoir gouverné son monastère pendant plus de trente-deux ans avec autant de lumières que de fermeté.
Pierre Mirmet est auteur d'une Légende de. sainte Rotrude dont il est parlé dans la Gkronique d^Andres^ qui en loue le style. Il Tentreprit, dit-on, pour réparer la perle qu'on avait faite d une Vie de la même sainte, que Baudouin Bochard, seigneur d*Andres, avait déchirée, dans le but impie de faire tomber la réputation de sainteté dont iobissait Rotrude. Pierre y rappelle la translation ordonnée par lui-même, la troisième année de son gouvernement, c'est-àdire, en 1164, du corps de la sainte dans une châsse beaucoup plus précieuse que celle où on l'avait placée jusqu'alors. On avait coutume de lire cette légende au réfectoire d'Andres, chaque année, le jour de sa fêle. Les Bollandistes assurent que cette légende est perdue. Dom Mabillon paraît ne lavoir pas connue, puisqu'il n'en dit rien dans ses observations sur la vie de cette sainte, au tome 11 des Actes de l'ordre de Saint- Benoît.
PIERRE BERNARDI, appelé aussi Bernard DU CoUDRAl, DE CORILO , daUS IcS
lettres de saint Thomas de Cantorbéry , appartenait à une famille noble du Limousin. Il avait été engagé dans le mariage avant d'entrer eu religion. Elu prieur de Grandmont en 1161, comme on le voit par sa lettre à Henri II d'Angleterre et par la réponse qu'il reçut de ce ï»rincc, il gouverna ce monastère pendant sept ans et demi , c'est-à-dire jusqu'à Tannée 1168, époque où il fut nommé correcteur des Bons-hommes de Vincennes, aux portes de Paris. C'était l'homme le plus recommandable de son ordre, dans un temps où cet ordre jouissait de la plus grande considération ; un homme
de qui les rois de France et d'Aoglelcn prenaient conseil, et à qui les Pappsetlt évêques confiaient les affaires les plus tït^ licates, comme on le voit |)ar le détail O" lettres qui nous restent de lui.
Dom Martène a publié celle qu*il écrir au roi d'Angleterre pour sou mettre A S4 approbationla nomination qui venait dêir faite de lui à la place de prieur générai i:^ l'ordre de Granctmont. Il ne conservait c)4, plus cette dignité, lorsqu*ii regoldu Pap Alexandre III, conjointement avec (e prieurs des Chartreuses du Mont-Dieu r du Val-Saint-Pierre la commission de trt^ vailler à la réconciliation de l'archevèqu de Cantorbéry avec le roi d'Angleterre. & vertu de cette commission, il assista à li conférence qui eut lieu aux fêtes de !*£«• phanie 1169, à Hontmirail dans le Percir, entre le roi de France et d'Angleterre, te laquelle la paix entre ces deux princes td conclue, mais non celle de Tarcbev^ Thomas avec son roi, quoique les cms»
saires du Pape fussent porteurs de le(M très-menaçantes, dans le cas où ils Depl^ viendraient pas à fléchir le monarque i» glais. Dans le compte qu'ils rendirent m Pape du résultat de cette conférence, Piem Bernardi ne jugea pas à propos de souscriia la lettre, par la raison, dtsait-il, que ce o'èr tait pas l*usage des grandmontains u écriri à qui que ce fût. Ce procédé le rendu ua peu suspect à Jean de Salisbury, qui parl# de lui comme d'un homme dévoué au ré d'Angleterre ; car dans une autre occasioi^ ce grandmonUin, comme nous Talions tov ne lit pas difliculté d*écrire. En cITeUMI relii^ieux avaient de grandes ohligalion$ai roi d'Angli^terre, dont \qs faveurs étaied presque toutes pour eux ; il leur doDDA des terres, leur bâtissait des maisons dam ses Etals, et à Téftoque même du nieurlrf de saint Thomas, il faisait travailler à II reconstruction de leur église. C*é(aieni di
f;rands motifs pour ne pas se déclarer oonirr ui ; mais ce qui prouve que frère Y^xmï était au-dessus de ces considérations, ce»! qu*àla nouvelle de ce meurtre, pénélré'ie la plus vive douleur, il écrivit au prieur Jf Grandmont , se reprochant ce meurtre comme s'il l'eût commis lui-même, i^irte que apparemment il était le directeur de ii conscience du roi. C'est ce que Tondoii conclure de la longue lettre qu il lui écml sans respect humain et avec une liberté incroyable, pour lui reprocher rénorniii<f de son crime. Elle est d'un palliétiqueH d'une éloquence presque sauvages ; car aprè^ avoir épuisé toute rhétorique, rauleurlioU par déclarer au roi qu'il ne veut plus avoir rien de commun avec lui, qu'il le reg'irdf comme un excommunié, et qu'il ne recevra pas môme ses lettres, si le roupable ne rtj»are par une pénitence convenable un «u-^>ï horrible alternat.
Pendant les troubles qui agilôreflt l'onife de Grandmont, sous le çouvernemeni ««^ Guillaume de ïrapinac, Pierre Bernard noploya son crédit auprès du roi pour ftir^
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riaopber la Cause des religieux clercs contre fjledes frèi:es laïques, qui, se croyant sumfiUTS aux^autres parce qu'ils étaient en itQf grand nombre, ayaient chassé les clen^s le leurs maisons. Nous avons parmi les eUres d*Blienne de Tournai, alors abbé do «mte-Geneviève, celle que Pierre Bernard rnrit, conjointement avec les abbés do ^iol-Denjs, de Saint-Germain et de Sainticior de Paris, pour informer le Pape Cléleol III de la manière dont le roi avait erminé cette aBaire^ et des nouveaux troulies que les frères laïques cherchaient à ascjler. Dans cette lettre, les quatre abbés Mt réloge de frère Bernard, qu'ils apirilefll un homme simple et craignant feu, ajoutant que le Pape ferait une chose ttéableaa roi, s*ii voulait confier à eu reqKttx, ainsi qu*à iVrchevèque de Paris, liAifl de rétablir le bon ordre dans cette tHpt^lion.
I Oe pieux solitaire vivait en 1196 ; mais Itaae précise de sa mort nous est inconait Les trois lettres dont nous venons de firiir et les seules oui soient parvenues ni nous, ont été imprimées dans le NPOe XVP du nouveau Recueil des histoins de France.
iPIERKB DB Raimoud fut élu abbé de Saintmmi en 113^ ; il succédait à Geoffroi , pi é(ait mort au inois de janvier de cette léDe année. Pierre obtint d*Eugène UI et broisde France et d'Angleterre plusieurs ^iléges en fiiveur de son abbaye. Il en
SDenta les revenus et y maintint la disoe religieuse. Il assista, en 1151^ au jn-
Ktùi que prononça Louis VII à Saint-Jêan ixélVydans une affaire qui intéressait wté de Maillezais. La reine d'Angleterre more parle de Pierre de Raimonaet Tappe son cousin dans deux lettres adressées pelle, Tune au cardinal Hyacinthe et Tau- Mia Pape Alexandre 111. Ces deux lettres, piles en 1163t prouvent que Pierre vivait Pwek cette époque. II n'existait plus le levier 1170, quand la paix fut conclue à WW^ermain en Lave, entre Louis VU et • foi d'Angleterre Henri II. Pierre de la iour était alors abbé de Saint-Maixent.
Ajani de gouverner cette abbaye , Pierre KRaimoad avait écrit une lettre h Baidric J*5*«dri , évoque de Dol , qui mourut en 1130 ou même dès 1129. Cette lettre, relaya un ouvrage de Baidric sur les croi- Ww, n'a point été publiée et pourrait bien ^ d un antre Pierre ; mais on doit à celui qui ûous occupe un Cartulaire de Saint-Mai- Jjni, dans lequel il recueillit ou fit recueillir pus de deux cent quaire -vingts monu- J*oi«i depuis le règne de Louis le Débon- Mïff jusqu'à Tannée 1150. On conservait ce o^ûscrii àSainl-Maixent avec la copie qui ^wl laite au xvii* siècle, et qui compre- B^H la (continuation du Cartulaire sous les «Jjeaseursde Pierre de Raimond.
^m Mabillon attribue à cet abbé une /!**«!»* divisée en deux parties. La prc- ">ierv, qot commence à la création et finit "ancuset Vassus, princes des Francs,
est restée manuscrile; elle nVst guun recueil des extraits de Josèphc, dËusèbe et d'Orose. La se:*onde , qui se termine h Tannée 113i, a été publiée* par le P. Labbe d'après un manuscrit qui avait appartenu à Jean Besly , el que celui-ci avait tiré des archives de Maillezais. C'est de là peut-être 3ae vient le nom de Maillezais, que Ton onne quelquefois à cette chronique, où d'ailleurs on trouve sur fa fondation et le rétabKssement de Tabbaye de Maillezais de nombreux et longs détails. Le P. Labbe, en imprimant le second livre de cet ouvrage, en a retranché plusieurs articles et, entre autres, celui de Charlemagne. Ces morceaux, dit l'éditeur, ne contiennent rien Iui ne soit dans Grégoire do Tours, dans imoin et ailleurs encore. Nous pouvons même juger par les trente et une pages imprimées dans le P. Labbe, qu>n ce qui concerne l'histoire civile et Thistoire générale de TEglise, Pierre de Raimond n^ fait le plus souvent ({ue transcrire les chroniques plus anciennes que la sienne, et particulièremont celle d'Adhéraar. Seulement il y a joint beaucoup d'articles sur les monastères de TEcluse, de Vézeiay, de Maillezais, de Saint-Maixent. L'histoire des abbayes, et surtout de celles du Poitou, semble être Tohiet principal du second livre. Dom Mabillon reproche à Tauteur des inexactitudes dans quelques catalogues chronologiques d'abbés et des omissions importantes dans le classement des chartes. Mais ou ne saurait lui contester une connaissance très-parfaite de Thistoire parti* culière de son abbaye de Saint-Maixenr. Il rend compte des ravages qu'elle a plusieurs fois essuyés, de ses divers rétablissements, des translations des reliques qu'elle possédait, et des érections» réédiflcations, consécrations des églises du lieu où* elle est située. A taut de détails on reconnaîtrait assez dans le chroniqueur un religieux de ce monastère, si les expressions isiam tt7/am, hune locumf qu'il emploie en par** lant de Saint-Maixent , pouvaient laisser sur ce point le plus léger doute. Chacun des abbés ses prédécesseurs reçoit ici un tribut d'éloges, et le silence que la Chronique garde sur lui-même montre jusqu'à Tévidence qu'il en est Tauteur. On lit seulement à la Qn que Pierre de Raimond, religieux de l'Ecluse, de Clusa^ succéda à Geoffroi, abbé de Saint-Maixent; et cette ligne, qui au surplus n'énonce qu'un fait positif, a peutêtre été ajoutée par quelque autre main. Le P. Labbe et Guillaume Cave pensent que cette Chronique fut rédigée vers Tan 11*0; le premier toutefois conjecture que deux auteurs pourraienlbien y avoir mis la main ; mais, si I on en excepte un petit nombre d'additions légères , celte hypothèse nous parait assez peu fondée. Quoi qu'il en soit, la Chro^ nique de Maillezais àsonyfeni été citée comme un ouvrage anonyme, et presque tous les anciens bibliographes Tout traitée comme telle dans le compte assez long qu'ils en ont rendu.
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PIERRE DB BsAueBticT n*est gnère connu quo par ce qu'en a dit dom Ma.rtène dans son Voyage huéraire^ où il rapporte qu'il a vu parmi les manuscrits de i'abhaje de Rarzelle, au diocèse de Bourges, des vers de Pierre de Beauçency sur le Décret. Il faut entendre par là le Décret de G ra tien ou le Recueil de canons et de décrétaies rédigé par ce célèbre professeur de Bologne. Ce peu de mots suffit pour fixer avec assez de vraisemblance le temps où vivait notre poëte. Ce dut être peu après que le Décret de Gratien eût commencé à être répandu en France que Pierre composa des vers sur ce sujet. Or le décret fut publié pour la première fois à Rome, vers l'an 1140, et il ne tarda pas à se répandre dans l'Europe et surtout en France. C'est donc vers le milieu du XII* siècle quMl faut placer la vie de Pierre de Beaugency. On peut croire qu'il vécut au plus tard jusqu'à l'année 1160.
PIERRE, évèque de Rhodez, gouverna cette Eglise depuis Tan il46 jusqu'à Tan 1164. Il existe à la vérité une lettre adressée à Hugues son successeur, par Alexandre 111, en la seconde année du pontificat de ce Pape (1161}; mais au lieu de seconde année il faut lire onzième , comme l'ont observé dom Vaissette et Brial. Les auteurs de la Nouvelle Gaule chrétienne ont fait connaître plusieurs chartes de Pierre de Rfaodez. La plus ancienne est de 1146 et la dernière de 1164. En 1161 , il fonda le monastère de Bonnevaux ; en 1162, il rédigea une Règle
{>our les Frères et Sœurs de l'hôpital d'An- )rac. Une autre Règle adressée par lui à Raimond, abbédeSaint-Guillem, est imprimée dans l'une des collections de dom Itfarlène. On lit, dans celle d'André Duchesne, une lettre d'excuses que Pierre de Rhodez écrit en douze lignes au roi Louis le Jeune. « J'étais, lui dit-il, disposé à partir pour voua présenter mes hommages ; mais les incursions des Anglais dans le Rouergue m'ont retenu ; je serai suppléé par le comte de Rhodez, qui se rend auprès de vous. »
PIERRE, surnommé Monocdle, parce qu'il était borgne, naauit au château de Morlac, près de Clunv, d une famille noble et alliée, dit-on, à celle des rois de France. 11 embrassa la profession monastique dans l'abbaye d'igny, dont il devint prieur. On le fit malgré lui abbé do Valrai, puis dlgnj, et enfin de Clairvaux. Quelques monuments attestent qu'il était à Valfai en 1164, à Igny en 1169, et il ne parait pas qu'il ait abdiqué cette seconde abbaye en 1171, comme quelques-uns le prétendent, puisqu'on l'y retrouve encore en 1179, lorsqu'il fut élu abbé de Clairvaux. Il voulut sans doute renoncer à toute dignité , car son humilité fut profonde; il peut même avoir refusé l'évèché de Toulouse, mais on ne lui permit jamais de renoncer à la dignité abbatiale. Le roi de France, à qui il communiqua ce projet de démission, n'y consentit point. Tout ce que Pierre put obtenir, ce fut de se décharger des soins temporels sur le célérier et sur les autres officiers du couvent. Il garda l'auto-
rité spirituelle, et il Texcrça non-seulem à Clairvaux, mais aussi dans les rnonas
Îui dépendaient de cette abbaye. En 11 183, et même encore en 1186, il fit dit tournées en France et en Allemagne voyagea en Italie par ordre du Pape Lurio qui (resirait vivement connaître un si t{' rable abbé. Ce voyage est de Tannée 11 époque où la discorde éclata dans l'ordre Grandmont. Pierre Ait un des commissai chargés par le Pape d'y rétablir l'hamio mais il mourut le S8 septembre 1186, d le monastère de Foigny, qu'il visitait. Sq corps fut rapporté et inhumé à Clairtau où ses miracles ont fait inscrire le vénéraM abbé au nombre des saints honorés du l'ordre de Ctteaux».
Lettres. — On a de lui quatorte lelta imprimées dans la Bibliothique des PhHi Citeaux et dans d'autres col lections. U |d mière, adressée au Pape Alexandre U^ ji voque la protection pontificale contre tt« qui oppriment les moines, les dépooillr ou leur suscitent d'injustes procès. Par seconde , il remercie le même Pape i service qu'il a rendu à Tabbaye de Baie La troisième est écrite au chancelier l'Eglise romaine, pour lui rea^mma l'évéque d'Autun, dont une ordODn avait excité de vives réclamations. Dans
Juatrième, l'évèque de Mayence est féli?i e sa réintégration et de la lermeté vi laquelle il a supporté beaucoup d'outraj^ Cet évèque de Mayence est apparemiDÎn Conrad de Bûche, qui mourut en 1183. aid que l'on trouvera peu digne de tantd'élodj SI l'on consulte, sur ce qui le concenie.^ auteurs de la Nouvelle Gaule chrétiefmf quatre lettres suivantes sont relatiTesl affaires particulières du plus faible inU ou contiennent des conseils ascétiques ei moment communs. On voit, par la nean
Îue le roi d'Angleterre est indisposé c( ierre Monocule,qui avait mis en péoil un moine protégé parce prince; l'abbé Mo à l'évèque de Winchester, et le prie d'ip» ser le monarque. La dixième est adressit l'abbé du Val , à qui Pierre avait prtlé àr livres, dont le premier avait été rendu % mouillé et mutilé; Pierre redemande second, et veut qu'on le restitue en bon é Cette lettre, fort détaillée, atteste le prit(|iH l'on attachaitalorsaux bons livres.LaoDHriM et la douzième sont des réponses à la reioi Tarasie, princesse d'une piété eiempla»'*'^ au roi de Portugal, insigne hienfaileor* l'ordre de Cîteaux. Nous ne disons neB « trois autres lettres qui ne concernent que « très-petites affaires ; mais celte qui lesM^ et qui est adressée aux cardinaux-éwi^ d'Albano et de Palestfine, montre avecqu?!» légèreté on jetait quelquefois des inten/w généraux sur les villes et sur les bo"fcjj pour des intérêts purement tempo|*'^- J^ faut observer que dans la A*W'^*Ç'J!
CUeaux le nombre des lettres de P|f"^ Honocule est de dix-neuf, parce qae '*^ teur y a compris trois lettres écrites au do de la communauté de Clairvaux. ^terr^
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bien j^o rédiger celle qui s'adresse h un ^ rhidiacre uonirné Clailorus, et qui lui rap- Ile la promesse qu*iJ a faite de visiter cette bare; mais les deux suivantes ont eu cerinemeot un autre rédacteur, puisqu'elles ml d*un temps où Pierre était encore abbé ri^ny. En enet^daps ces deux lettres, les rtll|;ieux de Clairvaux font un magnitique K^ize de leur abbé; ils gémissentde ce |uoQ Tient de l'élire évèque de Toulouse, K supplient Alexandre III et Louis VII de tffuser leur consentement à cette élection. SilUbédont il s'agit est Pierre lui-môme, Il est évident qu'il n'a pas écrit une lettre kt il est loué en termes si pompeux. Si , au roMraire, il s'agit de son prédécesseur à Diinaux, c'est-à-dire de Henri, qui depuis '( cardinal , Téiection à Tévèché de Tou- , contre laquelle les religieux réclatici, devra se rapporter à I année 1178, 'ue Pierre n'était pas encore leur abbé, qu'ils sont allés le trouver à Igny pour (ner d'être leur secrétaire, ce serait super qoe personne, dans leur communauté nombreuse , n'était capable de rédiger ifci courtes suppliques. Concluons qu'il ne JW^que seize lettres de Pierre Monocule, pau plus dix-sept. Il en a sans doute écrit Pen d'autres; mais il ne nous en reste rien, N plus que des sermons qu'indubitable- Iwt il a dû prêcher à ses moines.
PIERRE II, évèque de Carpentras, a corne des règlements ou statuts pour les nio-
tt<^fes de Grèze (de Grezo) et de Perves Paiervis). C'étaient deux communautés chanoines réguliers de l'ordre de Sainlp«5tin. On assigne le 27 avril 1178 pour W^ à l'établissement de ces règlements, ^nt été mitigés en 1203 par Raimond ou ^^>aad, évèque de Carpentras, et qui ^a à Pierre dès Tan 1178. C'est dans les ofrts de Peyrose que les auteurs de la fWfe Gaute chrétienne ont pris connais - ^e de CCS Hatuig.
^rlERRE DE PisB tenait ce surnom du lieu iJM naissance. Cet Italien fut en France un pot du Pape Alexandre III, pontife pour pwl une partie du clergé français n était Ptrès-bien disposé. Après s'être pourvu PHnêrae du doyenné de Saini^Aignan d Or- ••D5, Pierre de Pise se mit à préparer les *es au saint Père, qui entreprenait un J5«c* dims nos contrées. Alexandre III le JJ2*°P^"*a de ses services : une bulle de 2« accorda des exemptions à l'église do ««Ir-Aignan, et le doyen fut honorablewi employé dans plusieurs affaires imrf^tïles. liais nous n*avons à le considé- 1^ ^^*-^™°*c auteur de auatre lettres im- Pûiées dans le Recueil aes historiens de •ttoce.
J^ première est adressée en 1162 à Alexan- **' P«mr l'inviter k se montrer plus sévère ™f«le8 évèques indociles : « Il est temps, J»^-", que la sainte Eglise romaine reprenne •"I forces, 9 La seconde est écrite à un "^n>e et à une femme, qui ne sont désijnH que par ies initiales J et T. C'est un «njpie bilfctde huit lignes, dans lesquelles
le doyen les remercie de l'argent qu'ils ont prêté à sa recommandation : « Je vois , ditil, par mon expérience et par vos œuvres, que vous m'aimez véritablement. » Le clerc, auquel la troisième est adressée, n'est aussi désigné que par l'initiale T. Pierre de Pise se plaint amèrement des obstacles qui trou* bicnt sa correspondance avec ce clerc : « Sur mille lettres, lui dit-il, vous n'en recevez qu'une seule. » On voit, par ce passage, combien de lettres de Pierre de Pise nous avons à regretter. La quatrième et la dernière de celles qui sont arrivées jusqu'à nous, est écrite h Hugues, évèque de Soissons. Le doyen de Saint-Ai^^^nan s'y plaint d*un clerc, nommé Philippe, attaché au secrétariat du roi, et qui n'accepte aucune des entrevues qu'on lui propose, prétextant la multiude des affaires qui l'occupent et ne lui permettent pas même de prévoir à quels moments il sera libre. On croit que Pierre de Pise mourut en 1176, parce qu'à partir de cette année, il n'est nlus question de lui dans les Actes de Saint-Aignan.
PIERRE, religieux de Sainl-Pierre-sur- Dive , vivait sous le gouvernement d'A4*nou« élu abbé en 1140. Par le conseil de Milon Crispin, moine du Bec, dont nous avons parlé en son lieu, ii écrivit en vers héroïques l'éloge des sept premiers abbés de ce monastère. C'est la seule production de sa plume, qui soit parvenue jusqu'à nous. Elle a été publiée par dom Martène, dans le tome Iv de sa grande Collection. Le septième abbé, célébré par notre auteur, est Roger de llailleul,dontle gouvernement commença vers l'an 1149. Il |)arle de lui comme vivant encore; et, sans entrer dans aucun détail sur ses actions, il se contente de loucrses bonnes qualités. Dom Ruinart estimait la versificàtionde Pierre, qui, dans quciqucsmanuscrits, est appelé Petrus Augiensis^ parce que Tabbaye de Saint-Pierre -sur -Dive se trouve dans le pays d'Auge en Normandie.
PIERRE, évê.]ue de Chalon-sur-Saône, gouvernait celte Eglise en 1164; il vivait encore en septembre 1173, et on suppose qu'il mourut au mois de novembre de la même année. Le seul point bien éclairci à cet égard , c'est que Ingelbert lui a succédé avant 1179. Pierre fut enterré à Clteaux. On a de lui trois lettres adressées à Louis VU. Dans la première il allègue de graves infirmités pour s'excuser de ne pas se rendre auprès du monarque; et il se plaint de Josserand le Gros qui inquiétait les chanoines de ChAlons dans leurs possessions. La se*conde contient contre le même personnage de nouvelles plaintes qui provoquèrent un jugement de Louis VII en faveur du chapitre de Châlons. La troisième consiste en protestations do fidélité et d'excuses fondées sur une santé faible, sur une fortune médiocre, et sur les circonstances qui rendent la présence de l'évêque de ChAlons plus que jamais nécessaire à son diocèse. On a aussi de cet évèque une Charte datée de 1168, par laquelle il reconnaît que Hugues
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le Roux fils du duc de Bourgogne, a donné une vigne à TEglise de Citeaux.
FERRE dkBelmont, qui gouvernail Tabhaje do Sainl-Chaffre, au diocèse du Puy, on 1166 y a composé une Chronique de ce monastère. C'est tout ce que la Nouvelle Haute chrétienne nous apprend de cet écri- .vain, qui n'était plus abbé en 1172, et dont l'ouvrage n'a jamais été impriraô.
PIERRE DE Babbv, élu abbé de Saint- Martial de Limoges, en 1160 et mort le 12 octobre 1174, avait écrit des livres d'bistoire, Lihros insignium hisloriarum. Ces livres ne sont pas venus jusqu'à nous. Peut-être n'étaient-ils que (Je simples extraits des chroniques qu'il avait lues.
PIERRE BECHIN , dont h profession ne nous est* pas connue, est auteur d'une CAronique de la Touraine qui a été continuée par un chanoine de Tours. Cette chronique commence à î'emnereur Uéraclius et tinit à Louis le Gros. 11 débute par les chroniques d'Eusèbe et de saint Isidore de Sévillc, et comme ce dernier tinit à l'empereur Héraclius, il marque à la tin de son travail, qu'il a continué le récit de saint Isidore jusqu'à son temps, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Louis le Gros, ce qui nous donne à peu près l'époque où il écrivait.
PIERRE le Peintre (Petrus Pictor), sur la vie duquel ou ne possède aucun détail, était chanoine de Saint-Omer. Sanderus, dans sa Bibliothèque^ ne parle point de lui. Foppeus le cite dans la sienne, qui contient celles de Valère André, et de Swartius. Montfaucon le cite aussi, mais sans nous rien apprendre sur sa vie ni sur sa personne. On sait seulement qu'il est auteur d'un poëme en vers hexamètres sur l'EucharisUe, Car^ nicfi de Sacramthto aliariê. Jean Busée a inséré ce poème en entier dans rédition qu'il a donnée de Pierre de Blois à qui il l'attribua. Goussainville, qui a donné une nouvelle édition des œuvres de Pierre de Blois, a commis la même faute. Dans Tédition des œuvres d'Uildebert, le P. Beaugendre a aussi inséré le poëme De Satramento altaris^ en l'attribuant à cet auteur. Malgré ces diiïérences d'opinion, il est certain d'abord, par les témoignages de Foppeus, de Moniraucon, de l'abbé Lebœuf, du P. Hugues Mathoud, qui cite de ce poëme un fragment de vingts>ept vers, et ensuite, par un manuscrit de l'ancienne bibliothèque de Saint -Germain lies Prés, que l'ouvrage appartient à Pierre le Peintre. Du reste, ce manuscrit porte en toutes lettres : Magistri Pétri Pictoris^ canonici iancti Audomari^ de sacramento allaris.
Dans l'édition de Beaugendre, ce poëme est précédé d'un autre beaucoup plus court, dans lequel l'auteur iait voir que le sacrement de l'Eucharistie est Taccomplissement de tous les anciens sacritices , insulôsants pour nousjustiûer.
Qttod nec Abel ncc àlelckùedech, nec vklhm leg» t'ecerat, hoc (ccH tmstri vutoria régis liUm quippe ihui ei pratui ei hcslut (m fia.
Après ce petit poëme on trouve encore.
dans l'édition de Beaugendre, six vers . giaques dans lesquels J*auteur prétend pliquer pourquoi l'on dit trois messeii] jour de Noël. Cette raison est tout allège que et paratt peu intelligible si l'on na soin de remarquer la correspondance métrique des mots entre les quatre dern) vers ; artifice qui était alors fort en nsagt qui était regardé comme une beauté que. Voici les six vers :
In natale saero sanetœ soiemma missœ Quid êignent aut cur très cetebrentsw, habe:
Nocle prior, tub tuce sequens^ in tuce msprtiam Sut Aoe, ttibque Dmtd, tub ente tacrowi.
Sub Noe, wb David, $ub Ckritlo sacra fvert, Nox, aurorOf dies, umbra, figura, Ikas,
Aucun des passages que nous venoo!
citer ne se trouve dans Tédition de Pi< de Blois; mais elle contient un morci plus considérable, et qui n'a pas moi deux cents vers hexamètres. Le titre prologue annonce que l'auteur y inrc très-sainte Trinité, Père, Fils et Sain) prit, afin qu'il puisse dignement écrirej les mystères de la divine Eucharistie.
|»rière commence par un petit exnnJe reconnaît que Dieu doit être te priccip Ja fin de toutes les actions raisonosMc^
Omnibus in factis, incœptis aêque p^acUt, Débet prappoiti Deus hunumœ ratùm», A quo ditatur raiio, res cuncta crealur, Ut nostriê faulor sit principOs, sft et uÉCim Prhwipium verum l>eus est, et ctausula renm, Quo sine quod cœptum (uerit fimtsur ÔMptaL
Dans la prière aux trois personnes Trinité, l'auteur adresse à Dieu le trois vers, dont le dernier, selon \'\ observé plus haut, est rempli de verbei| complètent le sens d'autant de noms ' dans le vers précédent :
Carmiuis esta mHu dus et râ maUria Maleriam, metrum, meodacia, proipert P( Pr»sigDa, forma, remove, concède, renom.
L'auteur se nomme uneseconde fois :
Duritiam frange Fetri, petra, dnraque lat^ Corda,
Ce poëme est en vers rimes par couj ou par paragraphes. Il est entièrement blable, à quelques variantes près, dan dition de BeauKcndre et dans celle de (il sainvillequi na fait que copier Buséey dernier, dans son avertissement, dit ' grossièreté du style et les fautes de p maire ne l'empêcheront pas de croire Piere de Blois en soit Fauteur ; car, di ce n'est pas à lui, mais au siècle dans U il vivait, qu'il faut attribuer les termes bares qui s*y trouvent, comme dans très opuscules. En eifet , ces vers, bien d'avoir quelque chose de poétique, plats à l'excès, remplis de fautes cocl prosodie et même contre les rè^^les à grammaire. Le mauvais style, pour ce ' dire de plus, devait faire juger à Beau^ dre que ce poëme ne pouvait èU^d'Uil bert. Il .contient six cent trente-huit ' dans -l'édition de Pierre de Blois. H}' divisé en vingt-.^ix chapitres, et, dans c(
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HR PATROLOCIE.
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jïiWfberl, ert autant de paragraphes , avec tif) sommaire assez juste et assez précis en léN' de chacan, aans les deux éditions. On ronjeriure, par on passage du mnnuscrit sur ^quei Bu^ee a préparé son édition, que fi«»rre le Peintre a dû composer son ourra^eTers Tan 1170, ou môme quelque temps itti'iriivant.
HCRRE, chanoine régulier, fut nommé " "jr de Saint-Jean dn Sens, lors dû réla-^ li.s^i'mcnl de ce monastère en 1111. Il re- *M b «lignite d*abbé en 1124 et fit nommor iM l'IireRainard, qui le conserva dans son ifw,^ «le prieur, jusqu'à sa mort dont la iJii.n'csl jjas certaine. Il vivait encore en lUV; mais |>assé ce terme, on n aperçoit jh^aucune trace de son existence.
Cr fui cette aiinée*ià qu*il écrivit à Hélie, h]^e (i'Oiiéans, pour le consoler des acminas graves dont on l'avait chargé au Monaldu Pape Lucius II. Du Saussay, àK!€S Annales de V Eglise d'Orléans^ a pu- BlttUe lettre qui f&it honneur à l'esprit et à Miovi^de son auteur. Alton , évéquc de Âtirr^ , ayant quitté sou siège pour se faire M^jeiii À Tabbaye de Cluny, Pierre le félilasursa retraite par une lettre mie Sévère ipoMiée dans sa Chronologie aes évéques h Lpn. £}le porte dans un ancien ma* mù\ d où Sévère Va tirée, l'inscription ôiuliire c^ue voici : Hationi^ caputio Be-^ Krfic/i felxtittr laureato , Petrus prior hrft Joannis Senonensis, L'éditeur a pris tBMTtropu/to pHOur un surnom du prélat, te il osl certain qu'il doit s'entendre du
^e ou chaperon monacal. Cette lettre > grand éloge du monastère de Cluny jji grand hommo, c'est-à-direj Pierre le %frible, oui le gouvernait alors. • Outre ces deui lettres écrites en son propre m, Pierre servit de secrétaire pou rd autres •B^ïw à dtfférentes personnes élevées en fipilé. André Duchesnô dans son BeeueH nhiti^ritnê de France ^ â publié six de H dernières, tirées d'un manuscrit des wre^ de noire auteur, appartenant au P, ^mû. La première porte le nom do Mi) le Gros et est adressée à Hugues de j^l^ci Ia seconde eist écrite au nom de m\f comte de Clermont, à Hugues de wniai, pour lui recommander un profes- ^ luil ne nomme point, mais dont il fait ift mnd éloge. L*£glisG de Hens, dans la Jwifffie, pne Geotfroi de Chartres, légat JSêini-Siége %t les évêqoes de la province * S^n$, de confirmer rélection qu elle valide faire, en iikhf de Hugues de Roucîi P"Qt son archevêque. La quatrième, écrite ^^ de Henri Sanglier, prédécesseur de ^» de Rouci, est un compliment de con* wi*in«:e «ui chanoines de TÈglise de Paris, ^ la nmrt de leur évéque. On ne nomme P*o(toprélatdont on déplore la perte; mais la J^HtHe jeune homme que Henri se donno '"•^i^eUe lettre, montre que c'est Girbert > J^ Ml tl23« et non Etienne de Senlis, "'^iéenliM. Dans la cinquième, l'auteur ,5,^ plume k Guillaume Cl i ton comte 'îrîaulrc, pour engaj^er le roi Louis le
l^^Cnc^?!. DE PiTBOLOGIE. IV,
Gros à le maintenir dans les Etats dont il Ta mis en possession. Guillaume y reconnaît qu'il est plus redevable de ce comté h la terreur des armes de co monarque qu'à raffeclion des Flamands. Il l'avertit que le roi d'Angleterre , son ancien ennemi , se dispose h entrer dans la Flandre avec un« puissante armée pour le déposséder; qu'il n'oubliera rien pour y réussir* et que ses émissaires lui préparent déjà les voies, en tâchant de corrompre par argent la fidélité des Flamands ; « ce qui ne manquera pas d'arriver, ajoutc-t-il, si Votre Majesté ne vient promptement contenir ce peuple par sa présence. » La sixième est écrite au nom do l'abbé de Saint*Jean. C'est une lettre de recommandation aui religieux clunisles do Bourbont<Lancy,en faveur d'un chanoine ré*
(;ulior de sa maison, qu'il envoyait dans ce ieu pour y prendre les eaux.
Du Can^o attribue à Pierre de Saint-Jean une Chronique abrégc^e qui commence à Tan 715, et finit à l'an 898; mais l'identité de nom a trompé cet habile homme^ C'est à Pierre le Bibliothécaire, et non à Pierre de Saint-Jean qu'appartient cette chronique im-
1)rimée dans le tome IH de la Collection de$ iistoriens de France dont nous :ivons parlé* PIERRE DE ROYE, en latin de Roia, fut élevé dans le clergé de Noyon où il obtint un canonicat, et mérita par ses talents la confiance et l'estime de l évèrjue qui le fit son commensal. L'aisance et la faveur dont il jouissait lui firent oublier ses devoirs. 11 donna dans la dissipation, et mena une vie peu conforme aux règles ecclésiastiques.
Au milieu de ses égarements, il ne laissa pas à^ faire de temps en temps des réflexions sur la Tanilé du monde, sur la brièveté de la vie, et sur l'incertitude du dernier mo* ment. Ces pensées fructifièrent au temps marojué par la Providence^ A la fin il se sentit si vivement touché du désir do faire pénitence, qu'il se rendit à Clairvaux pour j embrasser la vie monastique. C'est lui-mé'me qui nous apprend ces circonstances dans une assez longue lettre qu'il écrivit, pendant son noviciat, à C« , prévôt de l'église de Noyon. Cet ami, et d'autres attachés à Pierre, avaient beaucoup appréhendé qu'il ne pût soutenir un genre de vie aussi aus« t^e. Il les rassure à cet égard, en protestant qu'il n'a jamais ressenti de joie plus pure et plus constante que celle dont il jouit dans cette sainte solitude. Il leur annonce
au'il touche au moment de ses vœux qu'il oit prononcer le dimanche après l'Ascen*sion. Vient ensuite le tableau de la ré{;ularité qui s'observait àClairvaux. «Parmi ces pauvres et ces fervents solitaires, dit-il, au milieu desquels j'ai le bonheur de vivre» il y en a qui ont été évéques, d'autres con<sulaires, d'autres illustres, soit par leurs dignités, soit par leurs talents. Vous avez connu Geoffroi de Péronne, Ravnald de Térouane, G.... de Saint-Oroer, Wautier de Lille. Mais qu'ils sont différents ici de ce qu'ils étaient dans le monde I » A cette des* cription il joint celle de sa vie passée*
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relie que nous venons de la présenler en rnccourci. Que Ton fas$e altcntion aux sentiments exprimés dans celle lellre, ou qu'on I envisage sous le rai^port du style et de l'érudition de son auteur, on peut dire quVIle est une des {)lus belles qui aient été écrites à celle époque. Saint Bernard luimôme ne Tau rail pas désavouée/ Oom Tessier esl le premier qui Tait fait connallre dans sa Biblioihèqueile CUeaux^ sur un manuscrit de Tabbaye d'Âumont. £lle a reparu depuis dans la nouveUe édition des Œuvres de saint Bernardi et se trouve la quarante-quatrième parmi ses lettres.
PIERRE, abbé de Saint Savia de Tarbes»
depuis Tan 1105 jusquà Tan 1112, n b laissé qu'un seul écrit que les auteurs de la Nowvelle.Gaule chrétienne ne nous font connaître qu'en général, et encore très-imparfailement. Nous avons déjà eu occasion de remaniuer que dès la fin du x' si^Vcle, et dans les siècles uui suivirent, on entreprit, dans plusieurs clenos provinces, de rédiger les coutumes des divers pays, pour servir de lois dans les alfaires civiles entre les particuliers, et ré-
f;!er les droits ei l«s devoirs respectifs entre es vassaux et leurs seigneurs. C'est ce qui faille sujet de l'écrit dofil il esl question. Werre de Saint-Savin l'exécula de concert avec révêque de ïarbes, les autres abbés ei les seijjneurs de Bigorrc, et rédigea les coutumes de la vallée de Lavédan. Nous ne savons ce qu'est devenu son ouvrage.
PILATË, gouverneur de Judée, dont nous avons jugé à propos de dire ici un mot, tit h l'empereur Tibère la relation de ce qui s'était pessé à la mort de Jésus-Christ. C était une coutume invioiablement observée par les gouverneurs d'avertir l'empereur de ce qui arrivait de nouveau et d'extraordinaire dans l'étendue de leur province, Pi- )ate ne manqua pas de faire savoir à Tibère le bruit qui s'était répandu dans la Palestine, à l'occasion de la résurrection du Sauveur et l'opinion où plusieurs étaient de sa divinité. 11 lui fît un détail circonstancié des miracles qu'on lui attribuait, des prodiges arrivés à sa mort et des circonstances de sa passion. Tibère en écrivit au sénat, et de iiianière qu'il paraissait assez approuver tout ce qu'on lui avait dit, et consentir qu'on lui accordât les honneurs divins : mais Je sénat n'y eut aucun égard ; peut-être voulutil flatter Tibère, en n'accordant pas à un autre les honneurs que ce prince avait refusés lorsque le sénat les lui avait voulu déférer; peut-être voulut-il montrer son mécontentement do ce qu'on avait adoré le Sauveur sans en avoir obtenu sa permi^sion ; car il avait la vanité de prétendre qu*un Dieu dépendait de sa puissance. Mais dans l'ordre de Dieu, la véritable raison de ce refus était, selon la remarque d'Eusëbe, que la doctrine salutaire de l'Evangile n'avait pas besoin du secours ni du suffrage des liommes, et que Jésus-Christ voulait être reconnu seul et unique Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, et n'être pas mêlé avec une multitude de fausses divinités. L'em-
pereur demeura cependant dans son senti* ment, et témoigna de l'incHuation pour les Chrétiens : il menaça même de mon ccui qui chercheraient à les noircir par (eius calomnies.Yoilà ce que saint Justin, marur. et Tertuliien^ nous ont conservé des lelfrcs de Pilale à Tibère, et de Tibère au sénat, ei on ne peut douler raisonnablement qu'ils ne les aient vues^ puisque, non-seulemcnl ils en parlent comme d'une <:hose dont ils étaient pleinement assurés, mais ils y renvoient cii* core les empereurs, le sénat et tousceuxàijui ils adressent leurs apologies pour la teW^vik chrétienne» Cependant il ne parait pas quecei pièces aient subsisté jusqu'au temps d'Eu» sèbe : cet historien n en parle que sur It rapport de Tertullien> et il ^ a toute apparence que ceux qui, depuis Eusèbe, oil parlé de ces lettres» n'en avaieot vu quedi supposées.
Sous l'empire de Maximin, vers le r^ roencementduiv'siècledel Eglise, les [latoi composèrent des actes égah ment faui et impies de ce qui avait été fait en la persooaf du Sauveur sous Ponce-Pilale, et les enrorèrent, par autorité de l'empereur, dansli
r provinces, avec ordre do les afficher et i es publier : il parait même qu'ils obligèn* les maîtres d école à les faire apprendre ( cœur et réciter à leurs écoliers» Ils n amc en cela d*autre but que de décrier ldrelf< gion chrétienne et la rendre odieuse. Seoa ces actes, Jésus-Christ était mort $ou5 M quatrième consulat de Tibère, c'est-à-dire il septième année de son règne. &fais EusèM a judicieusement remarqué que cette ifi^ que ne pouvait se soutenir, et qu'eltectti une preuve certaine de la fausseté de ai actes, puisque, selon le témoignage deit^ sèphe, Pilale ne fut envoyé en Judée en <|fll> lité de gouverneur que la douzième anoil de l'empire de Tibère. 11 est fait meoliûl de ces faux actes dans ceux des. saints oia^ tyrs Tarache, Probe et Andronique.
Les quartodécimans avaient à leur o de faux Actes de Pilale qui portaient, Ion quelques exemplaires, que Hi Christ avait souffert» le 25 de mar$, le 18, selon d'autres. Ils sont cités cotu authentiques par un auteur du vr s\^ pour prouver que la passion a eu lieu le de mars; mais sâint Ëpiphaue lis rejette abandonne leur date, persuadé queJé>o$< Christ est mort le 13 cies calendes d'avnt. Saint Grégoire de Tours jirétendail atôt les i4c^«a des miracles, de lamortetdeti résurrection que Pihte avait envoyés à Tibère; mais l'histoire qu'il cite sur Ji>se|* d'Arimalhiefait voir que cette pièce ne vi^ pas niieux que les autres* Paul Orose i^ath des Actes de Pilale ; mais il ne dit {»d$ qu'ils subsistaient encore de son temps. OnacDcore aujourd hui une fausse histoire d« Noire-Seigneur, envoyée, dit-on, à Til'èrt ])ar Pilale, et trouvée à Jérusalem dans nu registre du temps de Théodose. La lettre de Pilale à Claude ou à Tibère, qui se im^^ dans la récapitulation du faux Hé^éiiil'^*^ dans la Chronique de Martin de Pvlocnc
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