‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 7 sur 207 · MIC · texte numérisé non relu

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montre encore que ces hérétiques se rendaient couijables dlmposture, en attribuant k Astère d Amasée le discours sur Thémorroïsse, car il n'est rien moins que certain qu*il en fût Fauteur. Nous citerons encore un fragment du second antirrhélique, que Léon Allatius a publié dans son troisième livre du Consentement de VEglise d^Orient et d'Occident : ei UQMS le rapporterons d'autant plus volontiers qu^il renferme un témoignage bien clair de la foi de Nicéphore sur la présence réelle. *i Qui n*admirerat dit ce patriarche, la sottise et Tincoustance de cet iconoclaste ? 11 avouait tout à l'heure que Ton recevait réellement et en Térité le corps de Jésus-Christ, et maintenant, il appelle ce que nous recevons une image. Or, peut-on s'imaginer une plus .grande stupidité et unu impertinence plus ridicule, que de dire de la môme chose qu'elle est réellement et en vérité le corps,

fuis ensuite, qu'elle n'en est que l'image? our nous, nous n'appelons point ces dons images o\x figures du corps, quoiqu'ils se présentent sous des symboles et des signes, mais le corps même de Jésus-Christ devenu divin. Car c'est lui-même qui nous dit : Si vous ne mangez la chairdu Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. C'est ce qu'il donne à ses disciples en leur disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps, et non Timage de mon corps. Dei, même qu'il s'est formé une chair prise de la sainte Vierge, et s'il est permis d'expliquer ces choses par une comuaraison humaine, de même que le pain, le vin et i'etu sont naturellement changés au corps et au sang de ceux qui se nourrissent de ces mystères, et ne deviennent pas un autre corps que celui qui existait déjà; de même, par la prière de celui qui célèbre le sacriGcc et l'avénemenldu Saint-Esprit, ces dons sont changés surnaturellement au corps et au sang de Jésus-Christ. C'est ce que contient la demande des prêtres, et nous n'entendons point que ce soient deux corps, mais nous croyons, au contraire, que c'est un même et uniquecorps. S'ils sont appelés quelquepartanli/j7)e#, ce n'est iias après, mais avant Id consécraiion. »Nicépliore emploie à peu près les mêmes termes dans le septième chapitre de l'opuscule intitulé : Des chérubins faits par Moïse, n Constantin Ticonomaque, dit-il, appelle l'image de Jésus-Christ ce que cet Homme-Dieu nous donne à manger. Or comment peut-il accorder quec« soit tout ensemble Timage et le curps de Jésus- Christ? Car ce qui est image d'une chose ne peut pas être son corps; comme aussi ce qui est le corps ne peut pas être l'i.na^e ; car toute ima^^eestautre que la chosetpi'elle représente. Il est vrai que l'Ecriture appelle le Fils Vi^ iia^e du Père, mais s'il n'est {.as distingué 16 lui par sa nature, il lest au moins par -on hypostase et par sa personne. Si donc »• saint c. rps que nous recevons dans la ommunion est l'image de Jésus- Christ, il en résulte qu'il est distingué du corps de Jésus-Christ. Si l'on dit que c'est une parli«

du corps de Jésus-Christ, il en résulte que nous le divisons, et il faudra dire que Jésus-Christ a une infinité do corps. »

Dans le premier des guatre opuscules publiés par I Canisius , Nicéphore entreprend de démontrer que Hammonas et les autres iconoclastes renversent le mystère do Tin*carnation, et qu'en repoussant et les décrets des conciles généraux et les écrits des saints Pères, ils sont déchus de la communion catholique et qu'on ne doit avoir avec eux aucune communication. II montre dans le second, que puisqu'ils rendaient un culte à la croix, à plus forte raison, ils devaient en rendre un à l'image de Jésus-Christ, qui le représente beaucoup mieux que la croix. 11 traite, dans le troisième, des chérubins décrits par Mo'ise, et, dans le quatrième, des ima.es, en montrant que le culte qu'on leur rend, se rajiporte à l'objet qu'elles représentent. Il met cette différence entre une image et une idole. L'idole n'a aucun prototype, puisque c'est un être de pure imagination ; tandis que l'image est la représentation d'un objet qui existe véritablement. Quant à l'objection que l'on ne pouvait peindre les opérations divines de Jésus-Christ, il répond que ces opérations n'étant pas distinguées de la personne même du Christ, ce ne pouvait pas être une raison qui dût empêcher de le peindre; au coniraire, son ima^e en devenait beaucoup plus éclalanle, co.iifou lorsqu'on le représente sortant du tombeau, montant au ciel, guérissant les malades. Enfin, puisque selon sa nature humaine il est fini et borné, il peut être représenté par la peinture, comme tout autre corps.

Dispute avec Ve.npereur Léon. — Il établit la même doctrine dans sa dispute avec l'empereur Léon, en 81^. Il démontre à ct> prince qu'il est d'usage chez toutes les nations de peindre des images. Si Dieu a défendu aux Israélites d'en faire aucune, celte défense ne regardait que l'image de Dieu, l)arce qu'en effet il n'y a rien dans les choses créées qui puisse le repi*ésenter, et

au'il y avait à craindre, qu'en se formant es images de Dieu à leur fantaisie, comme avaient fait les païens, ils ne tombassent dans l'idolâtrie; mais que Dieu avait approuvé et même ordonné que l'on Iflt des ngurcs de chérubins et un serpent d'airain. Salomon avait mis dans le temple les figures de plusieurs animaux ; l'usage de rEj;liso était de peindre les inuigesde Jésus-Christ et des personnes qui s'élaient rendues rccommaiidables parleur sainteté. 11 n'y avait que Dieu seul dont il fût défendu de faire, uos images, parce qu'il était impossible de représenter, sous des figures sensibles, son essence suprême. Ignace, disciple de Nicéphore et son diacre, a rapporté dans sa Vie et qui se passa dans cette dispute avec l'empereur, et ce qui se dit de part et d'autre, pour et contre les images. Le P.

Combefis en a donné la relation dans l'ouvrage intitulé : Origines deConstantinople^ et imprimé h Pari.*:, en 16oi.

Lettre au Pape Léon IIL — Celte lulUe

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contient la profession de foi que Nicéphore adressa au pontife de Rome» après son élévarion sur le siège patriarchal de Constantinople. Lh saint patriarche y parle de luimême avec beaucoup de modestie et d*humiiilé Après avoir donné en peu de roots rhistoire de sa TÎe, soit pendant son séjour à la cour, soit pendant sa retraite, il marque la résistance ciu'i] avait apportée è son élération. 11 déclare ensuite sa croyance sur tes mjrstères de la Trinité*et de Tlncarnatioo. il reconnaît que les trois personnes sont d*une même substance, simple, éternetle, invisible et indivisible, de sorte

3 Quelles ne fontqu*un seul Dieu. L'union, es deux natures, divine et humaine, s*est bile sans aucune confusion, chacune de ces deux natures conservant, après Punion sas propriétés. Cette union s'étant accompHe en fa personne du Fils de Dieu, on ne |iettt pas dire, comme le faisait Nestorius, qu'il V ait deux Christs ou deux fils, parce que c est la même personne qui est Dieu parfait et homme parfait. Jl s*eiplique avec il même clarté sur les autres articles du «vmbole. Passant ensuite aux autres dogmes (l'^la religion, il fait profession d*invoquer les saints, à cause du grand pouvoir qu'ils ont auprès de Dieu; d*abord la sainte Vierj^e, mère do Dieu, ensuite les saints «[)êires, les prophètes, les martyrs et tous les autres saints qui sesont rendus agréa- Mes au Seigneur depuis le con?mencement da monde. Il adore et baise leurs reliques, i cause delà vertu qu'elles ont de guérir les maladies, et aussi parce qu'elles sont dignes u'étre honorées, puisque les saints auxquels ellesaupartiennentonl,ou répandu leursang poor la gloire de Dieu, ou méprisé le uonde pour son amour et imité dans leur cor|iS les souffrances de JésuS-Christ. Il reod un culte non-seulement aux images de Jésus-Christ et de sa sainte Mère, mais eoccrc h celles de tous les saints. 11 déclare qu'il rpçoit les sept conciles généraux, qu'il eu approuve tous les décrets, et qu*li condamne tous les dogmes qu'ils ont condamnés, et qu'il anathématise toutes les pffsoDnes qu*ils ont anathématisées. Il re-

ioit encore la doctrine et les écrits des ^ères, et tout ce que l'Eglise approuve, et il Qnit en priant le souverain Pontife de suppléer aux articles qu'il aurait pu omettre dans sa professiondeloi.il s'excuse d'avoir tardé à renvoyer et dit qu'il en avait été empêché par une autorité souveraine à laquelle il n'avait pu résister. Il termine par ' un magniBque élo^e de Michel, métropolitain de Philadelphie, porteur de sa lettre. Oo trouve cette pièce imprimée dans les Aimales de Barontus^ sur I an 811 ; parmi (•*5 AcieM du Concile d'Ephêse^ Heidelherg, 1391 ; î Paris, en 1618, après les commentaires de Zonare, sur les Canon$ des con-^ rtfcs; etdansle tome VIP de la collection ^u P« Labbe.

Lettre à Hilarion et Eustrate. ^ Cette lettre contient la solution d'un grand noml>re de difficultés qae ces deux personnages

lui avaient proposées. Ils demandaient si l'on devait communiquer, psalmodier, et manger avec les prêtres ordonnés h Rome, k Naples et dans la Lombardie, sans proclamation et sans titre ; si Ton devait admettre des prêtres ordonnés en Sicile, hors de la province ; s'il était permis d'entrer dans les églises dont les évêques ont communiqué avec les hérétiques, pour y prier et chanter avec eux; si l'on pouvait enterrer dans les cimetières où reposent les corps des saints, pour les prier, pendant que ces cimetières sont possédés par des prêtres souillés par Thérésie. Saint Nicéphore répond qu'à l'égard des prêtres ordonnés sans proclamation et sans titre, on peut communiquer avec eux, s'ils ont été ordonnés par nécessité, pourvu cependant que leurs mœurs ne soient pas publiquement répréhensibles. La raison qu'il en donne, c'est que dans les temps de trouble, on ne j^eut observer entièrement tout ce qui a été ordonné en temps de paix. Par uu semblable motif, on peut recevoir des prêtres ordonnés hors de leur province, puisque saint Athanase et saint Eusëbeont fait eux-mêmes des ordinations hors de leurs provinces. Quant aux églises retenues par des évêques qui ont communiqué avec des hérétiques, on ne doit y entrer ni pour prier, ni pour chanter avec eux ; mais si ces églises ne sont plus occupées par les hérétiques, on peut y prier et y chanter, pourvu qu'elles soient entre les mains des évêques catholiques, et qu'ils en aient fait solennellement l'ouverture par la prière. Celte réponse est fondée sur l'exemple de saint Athanase qui, prié par l'empereur Constantin, d'accorder aux ariens d'Alexandrie une église pour y tenir leurs assemblées, l'accorda, à condition que les ariens de Constanlinople en céderaient une des leurs aux catholiques de cette ville. Pour ce qui est des cimetières possédés par les hérétiques, Nlcéphore ne croit pas que l'on doive y enterrer, si ce n'est par nécessité et seulement pour honorer les saints qui y repo* sent.

Eustrate et Hilarion demandaient encore comment on devait traiter les moines qui avaient reçu 1 habit des mains des hérétiques et les clercs ainsi que les religieux qui ont souscrit è l'hérésie. Fallait-il admettre à la psalmodie les moines qui communiquaient avec tous ceux qu'ils rencontraient, et fallait-il mettre en pénitence les-prètres qui avaient mangé, une ou deux fois avec les hérétiques , mais sans souscrire à l'hérésie. Le patriarche décide que les moines qui avaient reçu l'habit des mains des hé-» rétiques, devaient être reçus à la-icommunion par un prêtre catholique, ap»ès qu'ils auraient confessé leurs péchés etiait pénitence pendant un certain temps.- On doit aussi recevoir les clercs et les moines qui ont souscrit à Thérésie, après une pénitence convenable ; on peut admettre à la pénitence les moines accoutumés à communiquer avec les hérétiques, pourvu qu'ils se corrigent el

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reiionceul absolument à ce commerce; autrement il faut renoncer à toute relation avec eux. Quand aux prêtres qui ont mangé arec les hérétiques, il est nécessaire de leur imposer une pénitence , et on ne doit les admettre à la communion qu'après qu'ils l'ont accomplie. Lorsqu'on ne trouve pas de prêtres orthodoxes \ et ordonnés avec toutes les formaliiés ordinaires, il est permis dans un cas de nécessité de demander le baptême aux prêtres souillés par la communion des hérétiques ou ordonnés sans f proclamation; on peut même accepter de eurs mains les autres sacrements, pourvu qu'ils aient été consacrés par un prêtre sans tache. Ceux qui ont fait schisme peuvent être reçus, après avoir été mis eu pénitence. Cette lettre contient encore plusieurs autres décisions qu'il serait trop long de rafiporler. Nicéphore l'écrivit du lieu de son exil à un éveque orthodoxe de sa province qu'il ne nommé pas, mais qui lui avait envo)^é de la part d'Hilarion et d*Euslrate les difficultés qui s'élevaient alors journellement par la communication des catholiques avec les iconoclastes.

Canons , etc. — On trouve dans les col* lections des conciles et dans plusieurs autres collecteurs un corps de canons, au nombre de soixante-six, sous le nom du confesseur Nicéphore, qui n'est pas différent du patriarche dont nous parlons. Cette compilation ressemble à tous les autres ouvrages du même genre; ce sont, à peu de chose près, les mêmes prescriptions , les mêmes défenses, et on ne voit pas même que l'auteur 8*j soit beaucoup préoccupé de la question des images si vivement débattue à cette époque. On les trouve dans le tome VU des Conciles et.dans le tome 111 des Monuments de l'Eglise grecque^ par Cotelier.

Il existe de Nicéphore d'autres opuscules inédits dont on trouvera la liste dans VHisioirt des auteurs sacrés de Dom Ceillier, tome XVIII, page 486 etc. Banduri publia, en 1705 le prospectus d^une édition complète des ouvrages de Nicéphore; mais la mort l'empêcha de donner suite è ce projet.

NICÉPHORE, surnommé le philosophe et fe rhéteur, n'est connu que par l'oraison funèbre qu'il prononça en I honneur de saint Antoine, patriarche de Constantinople, mort en 895, sous l'empire de Léon VI. Il parait, par le prologue de ce discours, quil fut compose peu de temps après la mort de ce

Ktriarche. Les détails dans lesquels entre uteur prouvent qu'il était bien informé des circonstances de la vie de son héros; mais il les raconte plutôt en orateur qu'en historien. Sur la Rn, il établit un parallèle entre Antoine et les anciens patriarches, et fait ressortir des actions de sa vie quelquesunes des vertus que chacun d'eux a pratiquées en particulier. Aussi l'Eslise Ta-t-elle ^ rangé au nombre des saints. Il appartenait u à une famille distinguée, et avait embrassé a tout jeune la profession religieuse dans le monastère dont il fut deouis abbé. II en fui

tiré par la mort d'Etienne, pour le renipia* cer sur le siège de Constantinople, qu'il n'occupa que deux ans. Son nom se lit dans les martyrologes latins et grecs. On ne connatt sa vie que par le discours de Nicéphore, que tout le monde peut lire dans Lipoman, dans Surius et dans les Bollandistesi au 18 février.

NICÉPHORE, roattre d'Antioche. La qualification de Maître d*Antioche, que les histo* riens accordent à Nieéphore, n'avait rien de commun avec celle de mattre du palais, qui ne s'accordait alors qu'aux personnes qui approchaient le plus près de l'empereur : qualité si distinguée, que les frères et les enfants des monarques d'Orient ne faisaient aucune difficulté de l'accepter et d'en remplir les fonctions. Nicéphore était appelé maître d'Antioche, parce qu'il y enseignait l'éloquence. C'était l'usage alors, dans les grandes villes, d'avoir de ces sortes de maîtres, à qui le trésor public donnait des af>pointements. La sublimité de son stvle l'avait également fait surnommer Ciel. Hais quelque éloquent qu'il fût, la vie de saint Siméon btylite le Jeune lui parut tellement au-dessus du langage humain , qu*il eut peiue à se résoudre à récrire. Nous analyser«nis cette histoire composée par Nicéphore quand nous aurons à rendre compte des écrits du saint solitaire qui en est le héros. Nous renvoyons d'avance nos lecteurs k l'article qui sera consacré à saint Siméon dans le présent volume •

NICET ou NICETIUS, évêque de Trêves , florissait dans la première moitié du vi' siècle. Si l'on en croit saint Grégoire de Tours, il vint au monde avec une couronne de cheveux autour de la tête, ce qui fut regardé comme une marque de prédestination à la cléricature. Aussi ses parents s'empressèrent-ils de le placer dans un monastère dépendant des États du roi Thierrjr. Ses progrès dans les belles lettres et la piété furent tels, qu'on le choisit, bien jeune encore, pour remplacer l'abbé qui avait pris soin de sou éducation. On ne sait pas le nom de cette abbave, mais ce qui fait juger qu'elle était située dans le royaume de Thierry , c'est que ce prince avait pour Nicet une vénération toute particulière. Il le fit ordonner évêque de Trêves en 527. Clolaire 1*', successeur de Théodebert, fils de Thierry, exila le saint Pontife, qui ne revint dans son église que sous le règne suivant. 11 assista , en 535, au premier concile de Clermont, et» en 5^9, à un autre concile qui se tini dans le même lieu. Il s*était trouvé, dans le cours . de la même année, au cinquième concile d'Orléans, et, deux ans plus tard, en 551, il assista au second concile de Paris, où l'évèque Saffarac fut condamné. Il convoqua luimême une assemblée du même genre dans la ville de Toul, au sujet d'insultes graves qu'il avait reçues de certaines personnes

u'il avait excommuniées, comme coupables

e mariages incestueux. II fit paraître également uu grand zèle contre les erreurs d'Arius et des eutycbéens. On ignore les

DE PÂTROLOGIC

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autres icles de sa Yie et Tépoqne précise de sa mort

iMire à Ciodosinde. — Nous avons de lui deux lettres. La première est adressée à Clociosiade^ princesse catholique, dont le mari, nommé Alboïn, roi des Lombards, s'était laissé entraîner aux erreurs des ariens. Ce prince, qui arait acquis une grande réputation de Taleur, mais qui s'inquiétait peu du salut de son âme, ne communiquait, pour ainM dire, qu'avec ceux qui étaient capables de la lui faire perdre. Saint Nicet combat lenrs erreurs dans sa lettre. Il montre ou'il ny a qn'nn Dieu en trois personnes. C'est

Eur cela, que Jésus-Christ a ordonné de ptiserou nom^ et non |pas aux noms du Père, dn Fils et du Saint-Esprit, indiquant parla <Tu'il u*jr a qu'un seul Dieu, et non pis trois, et que le Fils est Dieu comme le Père. Comme les Gotbs étaientdans les mêmes seotîments que les ariens, il les combat par eux-mêmes, c'est-à-dire en leur opposant leur propre conduite. Eu effet, d*un côté, ûs ont une si grande vénération pour les reliques des apôtres qu'ils ne font point diffinilléde les enlever furtivement aux églistfqni en sont en possession ; et, d*un autre cM, ils s'efforcent d'anéantir la foi que ces disciples ont prècfaée, ils refusent d entrer diiis les temples où leurs ossements sont Tésérés, ou bien, ils n'y pénètrent qu'en secret. 11 leur oppose un second argument encore pins à leur portée, c'est celui des mi-* rades qui s'accomplissaient tous les jours dans les églises catholiques, tandis quilne seo opérait aucun dans celles des arienss Que, comme leur roi Alboïn, à Téglise de Saiol-Martin, dont la fête se célèbre le 11 de novembre, s'ils osent y pénétrer, ils y seroBl témoins, avec nous, qu'aujourd'hui encore les aTeagles y recouvrent la vue , *4s sourds J*oaïe, les muets la parole, les lépitttx et les autres infirmes la santé. 11 les reavoie de même à l'église de Saint- GenDiio d'Auxerre, à celles de Saint-Hilaiit deFoitiers et de Saint-Loup de Troyes, oà il 5*onérait tous les jours un si grand Dooibre ne miracles, qu il ne pouvait tous les rapporter. Il parle, en particulier, des possédés que les démons tourmentaient, en les tenant sospendus en Tair, et qui, après leur délivrance, confessaient la sainteté de ces grands éTêques. Voit-on les mêmes mcrrdlfes dans les temples des ariens? Non, ficrce qu'ils ne permettent pas eux-mêmes qaeDieu et ses saints y habitent; un démon n'en exorcise pas un autre. Que dirai-je de saint Rémi, de saint Médard, que vous avez po connaître comme nous? 11 n'est pas possible de raconter tous les prodiges que Dieu opère sous nos yeux par leur intercession. \oQs avez entendu raconter de votre aïeule Clotildet comment elle vint en France , et comment elle convertit le roi Clovis à la foi catholique. Comme c'était un homme d'une baole mteIJigence, il ne voulut point se pendre avant d'avoir connu la vérité. Mais i peine eot-il été témoin des miracles doal ooos venons de parler, qu'il se pros-

terna humblement à la porte de l'église de ( Saint-Martin et se fit baptiser sans délai. Vous n'ignorez pas les avantages signalés qu'il remporta, après son baptême, sur les rois bérétiques,'Alaric et Gondebaud; quels biens il posséda en ce monde et légua à ses enfants. Il finit sa lettre, en conjurant CIodosinde de la lire au roi, son mari, et, pour Tenrou rager à travailler de tout son pouvoir à sa conversion, il lui rappelle que saint Paul a dit que l'homme infidèle serait iancti" fié par la femme fidèle.

A l'empereur Justinien, — La seconde lettre est adressée à l'empereur Justinien.

Saint Nicet l'exhorte d'une manière trèsvive, et avec toute l'autorité que lui donnait son zèle pour la religion et un épiscopat de près de quarante ans, à renoncer à l'erreur

Ïu'il avait embrassée à la fin de son règnc< 'était celle des Incorruptibles, rejetons des eutychéens, lesquels enseignaient que le corps de Jésus-Christ était incorruptible, de sorte que, depuis le moment qu'il avait été formé dans le sein de la sainte Vierge, il n'avait été susceptible d'aucun changement, d'aucune altération, pas même des passions naturelles et innocentes, comme la soif et la faim. Ce prince, pour établir cette nouvelle erreur, publia un édit qu'il voulut faire approuver par tous les évêques. Ceux qui refusaient étaient maltraites. Saint Nicet lui demande pourquoi il prenait la défense des hérésies de Nestorius et d'Eutychès, après qu'elles avaient été anathématisées. 11 le rappelle à la profession de foi de son baptême, où il avait reconnu un seul Fils en deux substances, avec le Père et le Saint- Esprit, et non pas deux Fils. Il lui prouve, par les paroles de Jésus-Christ, qu il n'est qu'une même chose avec son Père, et prédit à Justinien que s'il est trouvé, au dernier jour, dans les mêmes sentiments qu'il professait alors, il devait s'attendre à descendre dans les parties inférieures de la terre. Pour l'engager à se préserver d'une fin si fâcheuse, il le conjure de déclarer à haute voix qu'il renonce è l'erreur, et (|u'il anathématise E.ulychès et Nestorius. Il ne craint pas de lui déclarer hautement à lui-même que l'Italie tout entière, l'Afrique, l'Espagne et les Gaules analhémalisaient son nom depuis la publication de son édit. Cette lettre fut remise à l'empereur par un prêtre, nommé Laclance, qui, en venant visiter les Gaules, était allé jusqu'à Trêves.

Traité sur les veilles. — Indépendamment des deux lettres dont nous venons de rendre compte, on a de saint Nicet deux traités, qui ne furent connus qu'en 1659, lorsque dom Luc d'Acheri les publia dans le tome 111* de son spicilége. On voit par le commencement du premier que le saint évêque en avait composé d'autres, mais il n'en dit pas le sujet. Son but, dans celui-ci, est de montrer l'utilité des veilles que les moines passaient ordinairement dans le chant des psaumes, dans la lecture des saints livres et dans la prière. Dieu qui, par sa providence, a pour* vu à tous les besoins de l'homme, lui a

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donné le jour pour travailler et la nuit pour se reposer de ses fatigues. Mais combien n'y en a-t-il pas qui prennent quelques heures sur leur sommeil, soit pour plaire à ceux qui sont au-dessus d'eux» soit pour leur intérêt particulier. Si Ton ne fait [tas un reproche a ceux qui veillent pour se procurer la nourriture et les vêlements nécessaires, sera-t-il permis d*en faire à de saints religieux qui, pour recevoir de Dieu quelques récompenses, passent une partie ae la nuit à chanter ses louanges, à le prier et à se • nourrir de pieuses lectures? On trouve néanmoins des hommes qui critiquent ces usages, mais ce sont des hommes sans religion et sans foi. Comment des actes de piété I)Ourraient*ils être du goût des impies? S'il s'en trouve parmi les catholiques qui regardent ces veilles comme inutiles, ce sont des paresseux et des dormeurs, ou bien des vieillards et de^ infirmes. Si ce sont des paresseux, qu*ils rougissent en voyant les éloges que Salomon prodigue à la fourmi à cause de sa vigilance et de son ardeur au travail. Si ce sont des dormeurs, qu'ils s'èyeillent à la voix de l'Ëcriiure qui menace de pauvreté et d'indigence ceux qui préfèrent le sommeil au travail. Si ce sont des Yieillards, c'est à tort qu'ils se plaignent, puisqu'on ne les presse point d'assister aux veilles, quoique cependant leur Age ne les dispense pas de l'obligation de prier Dieu avec ferveur. Si ce sont des infirmes, qu'ils ne reprennent point dans les autres ce que ia faiblesse de leur corps les empêche de faire eux-mêmes; et, pour suppléer à ce défaut, qu'ils se souviennent du Seigneur sur leur grabat et dans leurs souffrances.

Saint Nicet montre l'antiquité des veilles par des témoignages tirés d'isaïe et des psaumes de David ; puis, passant de l'Ancien Testament au Nouveau, il fait voir l'usage des veilles par les exemples d'Anne, fille de Phanuel, de Jésus-Christ, des apôtres saint Pierre et saint Paul et de saint Silas que l'on entendit, au milieu de la nuit, chanter 'des hymnes dans leur prison» Sur l'utilité et la douceur de ces veilles, il dit qu'on les sent mieux par la pratique qu'on ne peut l'exprimer par la parole, parce que c'est au goût que Ton éprouve combien le service ue Dieu est doux et a;^réablc. Le prophète met la félicité «ie l'homme en ce monde à méditer jour et nuit la loi du Soigneur. Sans doute il est avantageux de la méditer pendant le jour, mais on le fait plus agréablement et plus eliicacement pendant la nuit, parce qu'alors l'esprit n'est plus distrait par une inliuité de soins qui Toccupent pendant le jour. C'est pourquoi le saint évêque veut qu en veillant des yeux nous veillions aussi du cœur, et que dans les prières que nous adressons à Dieu Tesprit accompagne les paroles. Il exhorte à ne prendre que peu de nourriture au repas du soir, pour être plus assuré de soutenir sou aliention. Il cite là-dessus *ces paroles d'un évêque qu'il ne nomme pas : « De même que la fumée met en fuite les abeilles, ainsi les

vapeurs qui viennent d'une nourriture mal digérée chassent les dons du Saint-Esprit m Du bien de la psalmodie, — Dans ce traita que le saint auteur annonce à la fin du précédent, il dit qu'on ne connaissait personne, avant Moïse, qui eût chanté des cantiques au Seisneur. Il est le premier qui ait institué des chœurs pour célébrer les louanges de Dieu. Après lui Détora, femme illustre, remplit les mêmes fonctions; mais toutes les poésies de Moïse ne sont pas du. même genre. Celles qu*il composa peu de temps avant sa mort ne contiennent que des prédictions fâcheuses pour les Israélites. Plus tard, on vit parmi le peuple d'Israël» non-seulement des hommes, mais aussi des femmes, remplies de l'Esprit divin, chanter les mystères de l'avenir. David reçut ce don dès son enfance; de sorte qu'on peut le regarder comme le prince des poètes et lo plus riche trésor des vers composés en Thon* neur de la Divinité

Après cet aperçu, saint Nicet remarque qu'il n'y a rien dans les psaumes qui no tende à l'utilité, à l'édification, à la consolation du genre humain, dans quelque condition que l'on soit, à quelque sexe que l'on appartienne, à quelque Age que 1 on soit parvenu. Les enfants y trouvent le premier lait de la vie morale; les jeunes gens y apprennent à louer Dieu; ceux d'un âge plus avancé y puisent des leçons pour régler leur vie. Les femmes y appreniieni la (mdeur; les orphelins y retrouvent un père; es rois et les juges de la terre y apprennent ce qu'ils doivent craindre. Les psaumes enfin renferment tous les précoptes de TEvangile et toutes les prédictions des prophètes. On y voit la génération de Jésus-Christ selon la chair, la vocation des gentils à la place de^i Juifs, les miracles du Sauveur, sa passion, sa résurrection, son ascension dans le ciel, où il est assis à la droite du Père; son second avènement et ie jugement terrible qu'il prononcera sur les vivants et sur les morts. Ces cantiques adoptés par TEglise plaiseut à Dieu lorsqu'on les chante pour sa gloire avec une conscience pure et l'ardeur ao son amuur. Le saint évêque remarque que le Nouveau Testament a eu aussi ses cantiques, par exemple, celui que chantèrent Zacharie et sainte Elisabeih à la naissance de saint Jcan-Baptisle; celui des anges, à la naissance du Sauveur, et celui des enfants, lors de l'entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem. Il remarque encore que, dans les veiiles,c*étaitlusaged'enlremêier léchant des psaumes avec la prière et la lecture des li\res saints, abn de flatter notre Ame par la variété de mets spirituels, comme on réjouit des convives par la diversité des aliments qu'on leur lait offrir. Ne nous con tentons donc j as de chanter de bouche ces cantiques divins ; chantons-les aussi de cœur, e'esl-a-dire, en nous entretenant intérieurement des vérités quiis contiennent, sans laisser aller notre esprit ï des peusées étrangères. Que le ton même de uoir'* vjix n'ait rien qui ressemble aux exckuua;ions

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DE PATIIW.0GI«.

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da tMMrv; qii*il conrienn^ à \n sainteté d& noire religion, et quMl soit propre À erciter en Qons ta douleur de nos péchés. li fau( loatefoîs que nos Toix s'accordent sans aucune dissonance» et que l*on reconnaisse, par TuDiformité du chant et de la prononnaiioD, goe tous soot unis dans un même seûiiment^ à TinDitation des trois jeunes gff'os jetés dans la fournaise de Babylone, et qnù seJon le témoignage du prophète Da- QieU chantaient d*une seule bouche ce mAme rantiqne : Vous êtes béni, Seigneur, fiieu «;"D05 pères. Saint Nicet est d*avis qu'on se taise quand on ne peut accorder sa voix atec ttllt des autres; mais quand on psalrrodi^, i\ veut que tous le fassent en même t?mf^. Il trouve une grande utilité à faire ;»ri%tjder la prière de la lecture, parce que fAïuf, remplie des vérités Qu'elle a enlenliues, sen occupe pendant roraison. Pour ituntrer combien l'unanimité dans tous ces etcnices est agréable à Dieu et rentre dans i'«;»rit de l'Eglise, il dit que c'est afin d'enp^er les fidèles à Tobserver, que le diacre .€5 irertit h liaute voix du moment où il {MUfirier, Qéchir les genoux, chanter des itf^3'iffles, écouter la lecture, pour le faire t&tjsfn.^eœble.

^ous avons doux Lettres de Florien, abbé <îe Boman-Moutier, adressées à saint Nicet. ii'tesooQiiennent l'éloge de ses vertus, et le loueni parliculîôrement de son exactitude à rpjip.ir tous les exercices de la vie monastique. Les réponses du saint ne sont pas TeDoei jusqu'à nous. Ce que nous possédons (ie ses écrits nous fait rCi^reller la perte des autres. Son stjle est clair, plein d onction eUe i>iété; et ses deux Lettres à Clodusinde et è 1 empereur Justinien attestent une génercosesollicitudo pour Tintégritédu dogme, \r (uMQiien de la foi et la paix de l'Eglise. Oti\^Uoave au tome V' de la collelction des 0QiK:i\e$. Nous avons dit plus haut que DocDLatdrÀcheri avait publié pour la première fûis ses deux traités en 1659.

XICÊÎXS (David}, surnommé le Paphiafoaieo pâtre qu'il fut évoque en Paphlagoi!ie, aeoous e^t connu que par les ouvrages «[u'ii à laissés. Les plus remarquables sont oe2> homélies. Le st>'lo en est élégant, la oarration simple et précise, et les preuves «'^nl tirées de TEcriture on des monuments Auilieiitiqoes d'une tradition autorisée de wu i(rui|fS. Il y en a douze sur les apôtres; <u^ >ur saint If arc; une, sur la naissance de *-*>idinic Vierge; une, sur l'exaltation de la •Nitute Croix, une sur sainte Tiiècle, et une 5ur sainte Anastasin. Nicéias appelle saint Pierre le très-auguste prince de6 apdlrcs et ^ pierre ferme sur laquelle Jésus-Christ a Mil son Eglise. Il dit que cet apôtre fut cru* Cttié la tête en bas et les pieds vers le ciel, au lieu que saint Paul fui décapité. Il adresse ^>nveat la parole à ces deux illustres saints, •^i ^uit ta même métixode dans ses autres discours. Il décrit le martyre de saint Andr6« tel quHl est rapporté dans ses Actes ; oiais il ne paratt pas avoir fait usage de la >Ure des cUacres et des prèlres d Achaïe.

DicnoTTH. i>c Patrologie. IV.

It renAarandie que saint Jacques, aprèiravoir prêché PÉvangî!^ dans la Iodée et lè'^Sama'^ rie, revint à Jérusalem, où Rérode le fit mourir par le glaive. Nicétas, pas plus que les autres écrivains p*ecs, ne parle du pré-* tendu voyage de cet apôtre en Espagne- Il passe sous silence ce que Tertulliea rapporte de saint Jean i'Evangéliste, savoir qu'ayant été jeté dans une chaudière (f huile bouillante, il en sortit sain et sauf, et ce qu'on lit dans les Menées des Grecs de la manne ou poussière précieuse qui sortit dutombeau de cet apôtre; mais il rapporte, comme n'en doutant pas, que saint Jean ne demeura qu'un jour dans le tombeau, et qu'il ftit enlevé au ciel en corps et en âme, comme la sainte Vierge que le Christ lui avait donnée pour mère. On trouve dans le panégyrique de saint Thomas plusieurs choses copiées d'un livre apocryphe intitulé: Voyage de saint Thomas^ et peu différent des écrits attribués h Abdias de Babyione. Il enseigne que le second apôtre, appelé Jacques, était fils d'Alphée, et non de Zébédée, comme plusieurs Pont prétendu. Ce qu'il raconte des miracles de saint Philippe se trouve dans les Menées des Grecs.

Ses récits sur la plupart des autres apô* très sont fondés sur ce qu*on en lisait dans leurs Actes ; mais il n'en usait qu*avec choix, et rejetait tout ce qui lui paraissait incer^ tain. Malgré toutes ces précautions cependant, il admet beaucoup de faits qui nous paraissent aujourd'hui fort douteux; telles sont les circonstances de la vie de saint Joachim et de sainte Anne, qu*il relève dans son homélie sur la naissance de la sainte Vierge. Dans le discours sur l'exallallon de la sainte Croix, il remarc^uti que l'adoration extérieure que nous lui rendons doit être accompagnée d'une adoration intérieure relative à Jesus-Christ, de sorte que ce soit à lui que se termine notre cuite. Pour Téloge de sainte Thècle, il se sert des mêmes Actes que Basile de Séleucie, mais il en retranche beaucoup et ne fait que toucher les faits qui ne peuvent s'accorder avec les règles de l'Eglise. Sainte Anastasie, dont il fait le panégyrique, est Tancienne qui soqfiVit le martyre pendant la persécution de Dèce; la seconde répandit son sang sous l'empire de Dioclélien.

Vie de saint Ignace. — La Vie de saint Ignace, patriarche de Constantinople , est peut-être l'ouvrage le plus important do Nicétas, puisqu'il y fiiît entrer presque toute Thistoire de I iigllse de Constantinople pendant une période d'environ trente ans, et qu'il joint au récit de la mort de ce saint la relation des miracles qui se firent à son tombeau. Ce qu'il dit de la mort du Cogstautin, (ils aîné de Tempereûp Basile, arrivée en 879, de la prise et de la ruine de Syracuse par les Musulmans, et de divers autres événements malheureux que les catholiques regardèrent comme une [)uniti(in divine du rappel dePhotius, montre qu'il n'écrivit cet ouvrage qu'après l'an 880. Le P. Matthieu Kaderus en fit une traduction latine qui lui

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iiuprimée avec le texte grec à Ingolstad, tV4% en 160i^. Depuis elle a passé dans toutes les éditions des conciles.

Ecrits attbibués ▲ Nigêtas. — On trouve dans quelques manuscrits un éloge de sainte Barbe sous le nom de Nicétas ; mais le P. Combefis aime mieut Tatlribuer à saint Jean Damascène» à qui en effet le P. le Quien l'a restitué dans Ja nouvelle édition des œuvres de ce Père. Léo Allatius cite, sous le nom de Nicétas, un discours en Thonneur du saint maryr Théodore, un autre à la louange du martyr Pantalémon , et un troisième sur les martyrs saint Cyr et sainte Julitte. Un manuscrit de la bibliothèque impériale de Milan lui prête quelques poésies et des hymnes, et un autre manuscrit de notre bibliothèque nationale des scholies composées de quatre vers iam biques, sur chacune des strophes ou sentences tétrastiques de saint Grégoire de Nazianze; mais quelques bibliographes pensent que ci^s scholies pourraient bien être de Nicétas d'Héraclée. Le P. Combefis a publié, en grec et en latin, les homélies de David Nicétas dans le tome T' de son nouvel Auctuaire.

NICÉTAS, évêque d'Aquilée, vers le milieu du V* siècle, écrivit au Pape saint Léon, t)0ur lui proposer plusieurs difficultés que es ravages d'Atlila avaient occasionnées. Un grand nombre d'hommes avaient été emmenés captifs par les Huns. Leurs femmes» qui les croyaient morts, ou qui ne conservaient plus aucune espérance de les revoir

réclamèrent leurs femmes. Le saint pontife répond qu'en pareil cas les femmes doivent retourner avec leurs maris, sous peine d'excommunication, parce que le premier mariage subsiste toujours, quoique le second ait pu être contracte sans péché. — D'autres hommes pressés par la faim ou par la crainte, avaient, pendant leur captivité, mangé des viandes immolées aux idoles ou souffert qu'on les rebaptisAt. Quant aux premiers, le Pape répond qu'il faut les purifier par la pénitence, mais toutefois en insistant moins pour cette œuvre expiatoire, sur sa durée que sur la componction du cœur. Il ordonne la même chose pour les seconds, et veut q^u'outre les dispositions du cœur, on ait également égard a l'âge et à la profession des pénitents. Toutefois, si, pendant le cours de cette satisfaction , ils tombent en danger de mort, on doit leur accorder la communion. Cette lettre de Nicétas, la seule que nous connaissions, est Insérée parmi celles du grand pontife saint Léon.

NICÉTAS, évêque des Daces, a passé faussement pour auteur du traité que saint Ambroise écrivit sous ce titre : Invective contre une vierge qui s'était laissé corrompre, parce que Gennade, en parlant des écrits de cet évêque, dit qu'il avait composé un discours adressé à une vierge tombée dans le péché, et dans lequel il avait mis tout ce

qui peut toucher un cœur capable de repentir, et exciter nne personne à la pénitence ; mais cette conformité de titre et de sujet n'est pas une raison suffisante pour attribuer à Nicétas l'écrit de saint Ambroise* puisqulls ne sont pas les seuls qui aient traité une semblable matière.

NICIAS, moine, fut un des adversaires de Jean Philoponus, fondateur de la secte des trihtéiles. Il composa un ouvrage contre les sept articles dont cet auteur faisait men* tion dans son écrit qui avait pour titre: L'arbitre ou Le juge. Nicias écrivait d'un style simple et concis, et savait répondre à tout, sans se laisser entraîner dans des digressions et des longueurs. Il composa encore un traité contre l'impie Sévère,, et deux livres contre les gentils. Photius^qui nous donne ces détails, ne nous dit pas si les écrits de ce moine existaient encore de son temps.

NICOBULE, époux de sainte Gorgonie, sœur de saint Grégoire de Nazianze, avait un fils du même nom que lui, qui montiViit une grande ardeur pour l'étude des belles-' e.ti es. Le saint docteur composa, sous le nom de ce jeune homme, un poème dans le but de lui faire obtenir de son père la permission d'aller étudier l'éloquence loin de sbn pays. Il y dit à son père qu'il ne lui demande ni des biens, ni des honneurs, ni une femme d'une grande naissance, qu'il appelle un poids honorable ; la seule chose qu'il désire, c'est de se rendre savant. Pour cela, il a besoin d'étudier la rhétorique, l'histoire, la grammaire, la logique, la physique, la morale et ensuite la théologie. Il dit de la morale qu'elle donne la forme à i'honnêle homme, comme le panier au fromage qu'il renferme. Il ajoute que la jeunesse est le temps favorable pour se perfectionner dans toutes ces connaissances: c'est pourquoi il conjure son père de ne pas la lui laisser passer dans 1 oisiveté. Il compare les riches Ignorants à des singes couverts de chaînes d'or et à des Anes chargés d'argent. Il finit en priant sa mère de se joindre à son })ère, pour favoriser ses désirs, et leur représente à tous les deux que, parce seul biei^ fait, ils pouvaient donner !a vie à son Ame» comme ils l'avaient donnée à son corps.

Nicobule répondit à ce poème, qu'il croyait être de son fils, par un autre 'poëme qui se trouve le cinquante et unième parmi ceux de saint Grégoire,et qu'on peut raisonnablement lui attribuer, puisqu'il était poëfe, comme on le voit par la pièce préc<^dente dans laquelle son fils lui reconnaît une grande facilité pour faire des vers. Il reprend quelques expressions dans ceux de ce jeune homme comme trop peu respectueuses; mais il lui accorde la permission d'aller où bon lui semblerait, sous la garde de Dieu , soit à Athènes, soit à Beyrouth ou à Alexandrie , dans la confiance qu étant sage comme il l'était et se formant sur des personnes telles que sou oncle Grégoire, il se rendrait parfait en toutes choses. Il lui donne néanmoins plusieurs avis importants pour sa

bE PATROLOGiE.

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cotMioile; «C, après lui avoir fiait remarquer trois sortes de voies fréquentées dans le niocidet ceife des libertins qui est la voie ter^, celle des personnes consacrées à Dieu qui est la voie étroite» et celle des ^ns mariés, qui lient le milieu entre les deux autres» il loi recommande d^évitér la premèrti^étse fixer dans la troisième» et de ne préfiérer A Tétude et à la science» que la vie du sage et du cWétien. C'est elle<^ t'ajoute- (•j/» qui forme Thomme» qui le distingue des bkes^ qui lui sert à réprimer ses passioQs« qui le détourne du vice et qui le conduit à la vertu. On ne peut disconvenir que rts cofiseiis ne soient très-bons. Ne peut- OB pasen dire autant de la poésie» puisque

flusieurs critiques ont attribué cette pièce «at Grégoire? C'est tout ce que nous possédons de Nicobule.

NICOLAS r% fils de Théodore et diacre de rSglise de Rome, sa pairie» fut appelé par le vole unanime du clergé et du peuple» à succéder au Pape Benoit III » le 24 avril KS ï\ fut sacré et intronisé le même jour dans Téglise Saint-Pierre» en présence de Fempereur Louis II. Il mangea avec ce prince, et alla lui rendre visite après qu*il se iâi retiré de Rome. L'empereur vint &sa reocootre et mena le cheval du Pape par la inide» A peu près la longueur a*un trait il'arc» pots après lui avoir fait de grands présents» le reconduisit à cheval. La pre- JBÎére année de son pontificat» le Pape Nicolas 1" cooflrma Tunion des églises de Rrémeet de Hambourg» en faveur de saint Aiisebatre, du consentement de Gontier, archevêque de C«*loçne» et du roi Lothaire» et à la prièrede Louis» roi de Germanie» qui êTaitméuagé cette union. L*année suivante» SS, il cooGrma la doctrine catholique»

établie auparavant dans les conciles de Va- \eace» de Langres et de Savounières» sur la grke et le libre arbitre» la vérité de la duulAe prédestination et le mérite du sang de JèMS-Cbristv répandu pour tous les crovants. Mais l'événement capital de son pooljficatfat la querelle avec Photius» qui tQfnaaoça à Constantinople le schismô dépioaMe qui subsiste encore aujourd'hui eotre FEglise grecque et TEglise latine. Le zèle de saint Ignace pour le maintien de la discipline» venait de le faire descendre du iiége patriarchal qu il occupait depuis i*an tM. Void» en peu de mots, quelle fut ToccKJoa de sa disgrâce : Bardas» frère de Timpérttrice Théodora» entretenait publiqueneal sa belle-^fille» après avoir répudié sa femme légitime. Ignace» après Tavolr averti inutilement de faire cesser ce désordre» le retraoeba de sa communion» et Bardas» pour sen ven^jer» rendit le patriarche suspect h rempereor Michel, qui le relégua d'abord à Tbérébinthe, puis à Mitjlène» dans l'Ile de L^ost AQ taois d'août 859. Ce prince mie eo même temps sur le siège de Constanti- Bople Teunuque Photius» qui» appuyé de rautorité de Bardas» assembla un concile» dacs lequel il prononça contre Ignace» et sans I avoir entendu» une sentence de dé])0-

sition et d*anatbème. On murmura bautementd'une procédure aussi irrégulière ; mais Photius, pour en prévenir les suites, fit prier le Pape d'envoyer des léçats à Constantinople» sous prétexte d'étemdre les restes des iconoclastes , mais en réalité pour autoriser la déposition du patriarche son prédécesseur. Lempereur fit appuyer sa demande par une ambassade. Dans la lettre que ses ehvoyés remirent au Pape, Photius témoignait une vive douleur cfe se voir chargé du joug de l'épiscopat» qu'il n'avait accepté qu'en cédant à la violence. Il ajoutait que son élection s'était faite par le clergé et les métropolitains» assemblés en présence de l'empereur» ^ t qu'Ignace y avait donné lui-même occasion, en abandonnant sa dignité. Le Pape» qui ignorait également les causes de la déposition d'Ignace et de l'ordination de Photius, donna ordre à seâ légats de décider en concile ce qui concer^^ naît le culte des saintes images. Quant à l'affaire des deux patriarches» il les chargea seulement de faire sur les lieux des informations juridiques et de les lui rapporter. Ils étaient porteurs de deux lettres datées du 25 septembre 860» et adressées l'une à l'empereur et l'autre à Photius.

Dans la première, il se plaint que le concile de Constantinople ait déposé Ignace» sans avoir consulté le Saint-Siége, m convaincu ce patriarche par des preuves juridiques» et qu'on lui ait donné pour successeur un laïque» contrairement à la disposition lias canons et des décrétales des Papes. Puis il ajoute qu'il ne peut donner son consentement à l'ordination de Photius» sans avoir auparavant été informépar ses légats de tout ce qui s'est passé ep cette occasion. Pour cela il est nécessaire qu'Ignace paraisse devant eux et devant le concile, qu'on lui demande pourquoi il a quitté son troupeau, et qu'on examine si les règles canoniques ont été observées dans sa déposition, venant ensuite à la question des images» il en prouva l'usage par des exemples de l'Ancien Testament et par la tradition de TEf;lise. Après quoi il demanda à Tempereur e rétablissement de la juridiction du Saint** Siège pour l'évèque de Thessalonique» sur i'Ëpire» rillyrie» la Macédoine, la Thessalie» TAchaïe» la Dacie et quelques autres provinces; la restitution des patrimoines de l'Ëglise romaine» enCalabreet en SicilCtet la réserve au Saint-Siége pour l'ordination de révècfue de Syracuse. Le Pape fit faire des copies de cette lettre» dont il garda Poriginaf, en donna deux aux légats» Tune

1)our la présenter à l'empereur et Tautrepour eur servir d'instruction et la lire au concile» si ce princen'yfaisait pas tire lasienne. Cette précaution était nécessaire dans une circonstance où le zélé pontife avait à craindre que sa lettre ne fût altérée.

A Photius —Photius avait jointe la sienne une profession de foi. Le Pape l'approuva comme catholique ; mais il blâma son ordination» comme ayant été faite contre les règles de l'Eglise» qui ne permettent pas d*é-

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lever tout h coup un laïque & Tépiscopat. En effet, il avait été promu en six jours. Le premier jour, on • l*avait fait moine ; le second, lecteur; le troisième, sous-diacre; le quatrième, diacre ; le cinquième, prêtre ; et le sixième, patriarche.

Les léga|s, arrivés' à Constantinople, y furent traités si durement pendant huit mois, que, las de souU'rir, ils consentirent à tout ce que Tempereur exigea d*eux« Photius Qt donc assembler un concile, oii Ignace que Ton avait rappelé de Mitjlène, fut obligé de comparaître. Malgré l'ordre qu*il avait reçu de ne s*y présenter qu^en simple costume de moine, il y vint revêtu de ses habits ponliGcaux. Après avoir essuyé beaucou]) d*iiiiures de la {)art des assistants et même de I empereur, il obtint la permission do parler aux légats. II leur demanda qui ils étaient, quel était le sujet de leur voyage, et s'ils avaient apporté des lettres du Pape pour lui? Leur réponse fut qu'ils étaient envoyés du Pape Nicolas pour juger sa cause ; que, s'ils n*aivaient point apporté de lettre pour lui, c'est que le Pape ne le regardait point comme patriarche et qu'ils étaient prêts à procéder selon'les canons. — Chassez donc auparavant l'adultère, leur repliqua Ignace en parlant de Photius» ou, si vous ne le pouvez, ne soyez pas juges. Le résultat de la procédure fut la déposition d'Ignace. Pour avoir l'air de satisfaire à la lettreduPape sur la question des îmages,lcur culte fut confirmé, et on condamna ceux qui s'y opposaient; mais on eut soin de séparer les actes qui concernaient la condamualion d'Ignace de ceux qui coniirmaieut le culte des images. Ceci se passa dans le cours du mois de février de 1 an 861.

Peu de temps après, les deux légats de retour à Rome, présentèrent au Pape les présents dont ils* étaient chargés de la part de Photius, et sans s'expliquer sur ce qu'ils avaient fait h Constantinople, ils se contentèrent de dire qu'Ignace avait été déposé, et Îue l'on avait confirmé l'ordination de botiuSk Mais» deux jours après, le Pape re- Îfut par Léon, secrétaire de l'empereur, une ettre avec deux volumes, dont l'un contenait les actes de la procédure suivie contre Ignace, et l'autre, les actes touchant le culte des images. La lettre de l'empereur Michel avait pour but d'en^jager le Pape Nicolas V' à.conormer la déposition d'Ignace et la promotion de Photius qui avait, de son côté, chargé le secrétaire Léon de remettre au souverain pontife une lettre qui tendait à la môme fin. Ces deux lettres, et plus encore les actes du concile de Constantinople convainquirent le Pape que ses légats n*avaient rien fait de ce qu*il leur avait ordonné. Dans la douleur que celte prévarication lui causait, ilassembla toute l'Eglise nmiaine» et en présence du secrétaire de l'empereur, il déclara qu'il n'avaU point envoyé de légats pour la condamnation d'Ignace, ni pour l'ordination de Photius; qu'il n'avait jamais consenti et au'il ne consentirait jamais ni à l'une, ni à f'autre.

A l'empereur et à Photius. — II tînt le même langage dans ses réponses aux deux lettres de l'empereur Michel et de Photius, è qui il ne donna d'autre qualité que celle d'homme très-prudent, pour montrer qu'il ne le reconnaissait que comme laïque. L'empereur avait dit dans sa- lettre que le concile où Ton avait d(*posé Ignace était aussi nombreux que celui de Nicée. Le Pape lui répond : *i Ce n est pas le nombre des évêques que nous considérons dans les conciles, c'est leur avis que nous pesons. » Il rappelle à ce prince les lettres qu'il avait reçues de lui, lettres dans lesquelles il rendait témoignage è la vertu d'Ignace et à la régularité de son ordination; et « maintenant, aioutc-t-il, vous dites qu'il a été chassé sous le poids de grandes accusations, et vous l'accusez pour cause de sa déposition d'avoir usurpé le siège patriarcal par la puissance séculière. La contra* diction de vos sentiments à son égard ne peut qu'offenser le siège apostolique. » L'empereur avait également justifié la promotion de Photius de l'état laïque à l'épiscopat par divers exemples. Photius, de son côté, avait rapporté dans sa lettre ceux de Nectaire, deTaraise et de^saint Ambroise. Le Pape répond que Nectaire fut élu par nécessité, parce qu'alors il n'y avait personne dans le clergé de Constantinople qui ne fût infecté d'hérésie; que le Pape Adrien ne consentità l'ordination de Taraise qu'à cause de son zèle pour les saintes images; que saint Ambroise fut choisi par miracle ; que ce saint, au reste, fit tout ce qui dénendail de lui pour éviter l'épiscopat, taudis que Photius avait usurpé le siège d'un homme qui vivait encore. Sur cequ*il avait dit qu'il ne recevait ni le concile de Sardique, ni les décréta les des Papes, apparemment comme contraires à son ordination : <r Nous ne

f)Ouvons le croire, répond le Pape, puisque e concile de Sardique a été tenu en \os contrées et qu'il est reçu de toute l'Eglise; et que les décrétales sont émanées du Saint*' Siège, qui, par son autorité, confirme les conciles. » Il reproche à Photius les mauvais traitements qu*il avait fait souffrir aux évè^ ques et aux archevêques, en les déposant et en condamnant Iguace, quoiqu'innoeent, pour usurper sa place. Photius, pour pallier les défauts de son ordination, disait dans s» lettre que chacun devait garder les règles établies dans son église, et qu'il y avait plusieurs canons reçus par les uns et compté^ tement ignorés des autres, «r Nous ne noes opposons point, répond le Pape, aux diversescoutumes que vous alléguez selon la diver^^ site des églises, pourvu qu'elles ne soient^ point contraires aux canons ; mais nousot^ voulons pas laisser s'établir chez vous celle de prendre de simples laïques pouren faire des évêques. » Ces deux lettres son datées du mois de mars 862.

Aux fidèles d'Orient. — La lettre à tons les fidèles de l'Eglise d'Orient est du même temps, mais il n'y a aucune apparence que le Pape en ait chargé le secrétaire Léon.

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11 expose d^abord le sujet de la contestation entre Isnaoe et Pbx>tius» et le procédé irrégalterue ses légats ; puisque il proteste qu'il a trait en aucune façon consenti ni participé à la déposition dlgnace et à l'ordinauoQ de Pbotius. S^adressant en particulier ^ui trds patriarches d'Alesandriei d'Aur lioche et de Jérusalem, aux métropolitains ef aiii éTé/|ues , il leur ordonne en vertu deiooaotorité apostolique, de peosercoaame lai k l'égard dlgoace et de Photius, et de faire publier sa lettre daris leurs diotèses* aim qu*elle soit connue de tout le iDOOiie.

Tbotius n*eut aucun égard à la lettre de I^fCCkUs; mais il en supposa une dans la- 4;udie le Pape semblait lui faire des excuses de le mésiolelligence qui avait existé un lofitaot entre eux , avec promesse, poux Taveair, de vivre avec lui, en communion et en amilié. Il s*était fait apporter cette lettre dans son palais par im nommé Eustr«le. il en donna aussitôt lecture à Tempe* rpor et à Bardas ; mais Tim posture fui découverte et le pasteur fouetté rudement par cr^ftdece dernier. Cependant diverses perimo^ arrivées de Constantinople à Rome, pour éviter les persécutions de Pholius, publièrent la prévarication des légaLs. Le Pape, voulant etfacer cette tache de TEglise nKQtiae, assembla un concile de j)lusleurs /^mnoces, au commencement de Tan 863.

Ooj lut les actes de celui de Constantinople/etles lettres de Tempereur Michel, apportées par le secrétaire Léon, puis ou examioâ le ié^at Zacharie. Il fut convaincu par hâ propre coofession d'avoir consenti a la d^posilion d'Ignace et communiqué avec Pholius contre la défense que le Pape lui en availlaîte; sur quoi rassemblée rendit contre lui une sentence de déposition et d'exaMU&uniealion. On renvoya à un autre condle le jugeaient du second légat, Rodoalde, p«rcH^tt.u était alors en France. Le même cûocile dédara nulle Tordination de Phot/uf, lepnra de tout honneur sacerdotal et <k (utt(e fonction cléricale, avec menace que^ si après avoir eu connaissance de cette sentence* il s'efforçait de retenir le sié^e ptriarcal de Constantinople, ou empêchait Unàce de gouverner en paix son église, il s^Tôii anaihématisé, et privé de la communion du corps de Jésus-Christ, pendant toute M vie, excepté à Tarticle do la mort. On interdit de même toutes ses fonctions sacerdotales à Georges de Syracuse qui avait ordonné Pbolius et à tous ceux que Photius arait ordonnés lui-même. Quant au patriarche Iznace, on déclara qu'il n'avait jamais été déposé, et que ceux qui Tavaient été à caose de lui seraient rétablis.

À Tempereur Michel, — Le Pape, pour essayer de ramener Tempereur Michel, était »urle point de lui envoyer des légats avec une lettre pleine de douceur et de charité, lorsqo^uu lui remit de la part de ce prince une lettre remplie d*injures et de menaces, afin (le I obiif^er à révoquer le jugement rendu U)ntre Pbolîuf. Nicolas y répondit vers la

fin de Tan 865. L'empereur avait commencée sa lettre par des injures et des reproches contre la première et la maîtresse de toutes les Eglises ; le Pape, au contraire, commence la sienne en priant Dieu de lui inspirer ce qu'il devait dire, et de donner à l'empereur un cœurdocile à ses instructions. Ilfait observer à ce prince qu'il ne doit pas regarder dans les vicaires de saint Pierre quels ils sont, mais ce qu'ils font pour la correction des Eglises, Ils méritent du respect par le sacerdoce dont ils sont revêtus, car ils ne sont fas au- dessous des scribes ni des pharisiens, qui cependant le Sauveur voulait au*on obéît, parce qu'ils étaient assis sur la chaire de Moïse. L'empereur Constantin respectait tellement les évêques, qu'ayant reçu un libelle d'accusation contre quelques-uns d'entre eux, il le brûla en présence des accusateurs, en disant (jju'il ne lui appartenait pas de juger des dieux, c'est aiasi qu'il nommait les évêques, Michel, dans sa lettre, disait au Pape qu'il était le premier empereur, depuis le sixième concile, qui lui eût fait l'honneur de lui écrire. « C'est une honte pour vos prédécesseurs, lui répon»! le Pontife, d'être restés si longtemps, sans chercher le remède à tant d'hérésies qui les ont affligés, ou de Tavoir refusé quand nous le leur avons offert. Il n'en a pas été ainsi des empereurs catholiques ; ils ont eu recours à nous dans leurs besoins, et lorsqu'il s'est agi de l'intégrité de la foi et du maintien de la discipline ecclésiastique, comme on le voit par les actes du concile tenu sous Cons» tanlin et Irène, et par les lettres écrites de la part de l'église de Constantinople à Léon et 5 Benoît, nos prédécesseurs. L'empereur, en parlant des légats qu'il avait demandés, s'était servi de termes impérieux, comme s'il eût été en droit d'ordonner au Pape de lui envoyer quelqu'un de sa part. Le Pape lui fait sentir Tinconvenance de cette expression, par plusieurs exemples dans lesquels les empereurs, en écrivant au Saint- Siège, n'employaient que des termes de prières et cïe supplications. Il le reprend encore du reproche de barbarie qu'il fait à la lanjjue latine, et lui dit que probablement il n'en parlait ainsi que parce qu'il ne l'entendait pas. Comment donc avait-il pu la tolérer si longtemps dans son palais et dans les églises de Constantinople, où on lisait TEpltre et l'Evangile en grec, avant de le lire en latin?

Comme l'empereur lui représentait qu'il n'avait pasdemandé de nouveaux légats fyour faire juger une seconde fois la cause d'Jgnace, le Pape répond que l'événement avait prouvé le contraire, puisqu'en elfei^ il l'avait fait iuger depuis l'arrivée des légats à Constantinople. Pour lui, il ne les avait envoyés que pour informer sur cette affaire et lui en faire un rapport, et non pour la juger. Ce second jugement était une preuve de la nullité du i>remier, mais il ne valait pas mieux pour eela ; ceux qui l'avaient prononcé étant ou suspects, ou ennemis déclarés d'Ignace, ou excomasa-

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n\6s, ou déposes, ou inférieurs et tous iiicapables (I*accaser juridiquement un évêque, comiue on le trouve exprimé au sixième canon du second concile général de Constanlinople. Quoique )e Paf*e eito ce concile, il a soin de remarquer que l^Egîise romaine n*en reçoit pas les canons; mais il était en droit de les objecter aux Grecs, puisqu'ils étaient de leurfacou. Il prouve par plusieurs ^ exemples que I on n*a jamais déposé uu évéquesans le consentement du Saint-Siège, Il ne conteste pas h Tempereur le privilège qu*il s'arrogeait de pouvoir assister aux conciles, quand on y traite des questions de foi, narcequ*etle est commune aux clercs et aux laïques ; mais il lui reproche d*avoir non-seulement assisté à un concile assemblé pour juger un évoque, mais encore dV Vi)ir choisi Taccusateur dans son propre palais, d'avoir nommé des juees suspects et d'avoir rendu spectateurs du jugement des milliers de laïques pour augmenter Top-

I)robre d'Ignace. 11 avait déj^ répondu dans a lettre précédente à cette objection de Tempereur, que le concile dans lequel le patriarche avait étéjugé était plus nombreux que celui de Nicée; îl y répoqd encore ici en observant que la multitude ne fait rien sans la piété et la justice.

Pour toute réponse au mépris que l'em-

t:ereur avait témoigné envers le Saint-Siège, Nicolas se contenta d'en relever les privilèges, e(i disant qu'ils ont été établis par les paroles mêmes de Jésus-Christ. On peut les attaquer, mais nou les abolir; ils ont existé avant son règne, ils subsisteront après et aussi louci^temps que durera le nom chrétien. Ce ne sont point les princes qui ont apporté à Kome les corps de saint Pierre et de saint Paul; au contraire, ils ont enlevé leurs patrons aux autres églises pour en enrichir celle de Conslantinople. Saint Pierre et saint Paul ont consacré par leur sang l'Eglise de Rome, où ils avaient prêché l'Ëvangile; ils ont acquis celle d'Alexandrie, en y envoyant saint Marc, comme saint Pierre avait déjà conquis celle d'Antioche par sa présence ; et c'est par ces (rois églises que ces princes des apôtres gouvernèrent toutes les autres. Plusieurs moines s'étaient réfugiés à Itonie pour éviter les persécutions de Photius. L'empereur demanda entre autres que Thèqgnoste fut renvoyé à Constaiitinople. Le Pape refusa, parce qn'il savait que l'empereur ne le demandait que pour le maltraiter. Il soutint qu'il était en droit d'appeler à Uome non-seulement des moitiés, mais des clercs de toutes les provinces pour Tulilité de Tiilglise. V témoigne n*é- |;rouver aucune épouvante des menaces que faisait l'empereur de ruiner Rome et tout le pays. Puis venant à Ignace et à PholiuSj il demande qu'ils viennent à Rome, soit en personne, soit par des députés; il désigne par leyr nom les homn.es à envoyer de la l>art dlgnace, parce qu'ils étaient en état de laire connaître la vérité; quant h ceux qui

1)0uvaient venir do la part de Photius et de iiéjjoire de S;»icu5e son ordinateur, il les

laisse h leur choix, laissant égalemcot au choix de Tempereur les deux persouues de sa cour qu'il le prie de lui envoyer.

Il demande encore à ce prince tes lettres originales qu'il lui avait adressées par ses légats, Rodoalde et Zacharie, afin de voir si on ne les avait pas altérées; les actes originaux de la première déposition d^Igoace, ainsi que les originaux des actes que le secrétaire Léon lui avait apportés à Kome. C'étaient les actes de la seconde déposition de ce patriarche, et ceux qui regardaient le culte des images. Il fait observer à l'empereur que Jésus-Christ ayant séparé les deux jmissances, elles doivent se contenir tellement dans leurs bornes, que l'empereur n'usurpe point les droits du Pontife, ni le Pontife les droits de l'empereur; ce qui n'empêche point qu'ils ne se prêtent un secours mutuel : les Pontifes pour procurer aux empereurs les moyens de salut, et les empereurs pour maintenir les Pontifes dans leurs affaires temporelles. 11 termine cette lettre |)ar un anathème contre quiconque en dissimulera la vérité à l'empereur MichcK ou qui, en la traduisant, y fera quelques changements, soit pour y ajouter, soit pour en reiranclier quelque chose par ignorance ou f)ar une nécessité quelcon(]uc de traduction.

A l'empereur Michel, — L'année suivante 866, le Pape écrivit de nouveau à ce prince, et confia sa lettre aux trois légats ; Douât, évèque d'Ostie; Léon, prêtre du litre de saint Laurent, et Marin, diacre de l'Eglise romaine, qui devaient la lui remettre à leur arrivée à Conslantinople. Mais arrêtés et maltraités sur les frontières de l'empire, ces envoyés se virent obligés de rebrousser chemin et de revenir h Rome. Outre cette lettre destinée è l'empereur Miiîhel, les légats devaient en distribuer sept autres adressées à diverses personnes, et toutes datéesdul3novembre866. Dans la première, le^Pape se plaintqu*on ait corrompu la leltre

Îu'il avait envoyée par ses premiers ié^cats odoatde et Zacharie ; il en rapporte les passages falsifiés et les rétablit. Ils concernaient Tautorité du Saint-Siège, l'expulsion d'Ignace et l'intrusion de Photius. Il se

fHi^int encore que cette lettre n eût pas été ne dans la première session du concile de Conslantinople, suivant l'usage des conciles précédents. Quanta l'ordination de Photius, il dit qu'elle doit être regardée comme nulle, parce qu'elle a été faite par Grégoire de Syracuse, déposé de l'épiscopat. C'est eu vain que l'empereur s'imaginait que Photius pouvait conserver son siège et se maintenir dans la communion de l'Eglise, sans te consentement du Pape et malgré les vices de son ordination. Les canons de Nicée qui défendent de recevoir les excommuniés, seront toujours respectés dans l'Eglise; les autres évêques se conformeront à celui de Rome, et il arrivera à Photius ce qui est arrivé avant lui à tous ceux que le Saint- Siégeafrappés d'anathème; ils ont conservé cette marque dlniamie, malgré la protection

NIC

MC

Si

ties princé^s. Le Pape en rapporte plusieurs

exemples. Il ne dit qu'un root de la der-

tttère lettre qu*il a reçue de l'empereur,

lettit remplie d*injures et de blasphèmes»

\wjiir l'exhorter à fa brûler publiquement;

en cas de refus» il proteste qu'il fera ana-

Uiéfliatiser les auteurs de cette lettre dans

un coocile général de tout l'Occident, et la

fera brûler ensuite aux yeux de toutes les

notions qai viennent au tombeau de saint

Pierre. Enfin, il fait remaruuer qu'il est

Ires-important pour Ignace et rholius qu'ils

»e rendent Tun et l'autre è Rome.

A% clergé de Constantinople. — La seconde VettRest adressée au clergé de Constantioopieet à tous les évèques soumis à ce siège patriarcal. Klle contient le précis de tout éTe qui s*était passé depuis le jour où Rodoald et Zacliarie avaient été chargés de Wr mission ; elle rapporte les décrets du cuDeîle de Rome contre Pholius, en rappelant ce que le Pape en avait dit dans sa lettre pr&édente à l'empereur, et les mesures répressives qui avaient été prises contre Grégoire de Syracuse. Le généreux Pofilife s\ élève avec force contre les promotions des laïques à l'épiscopat, et fait retomber cet abus sur la licence avec laqtielie les princes voulaient vivre, et qui leur faisait choisir le premier venu pour souverner l'Ë^lise, au lieu de permettre que les évèques fussent élus parmi les dtrcsqai, ayant été élevés et nourris dans k discipline de l'Eglise, seraient plus en étal de reprendre et d'instruire. Aussi re- BMrque-t-ii très-judicieusement que c'était ealeYcraux ecclésiastiques qui avaient passé partons les degrés du ministère, un fruit dû k leurs travaux pour le donner à des (traogers, et il cite à ce propos le III' canon daooQcile de Sardique.

1 Fkùtius et Bardas, — Dans la troisième ktltt adressée èiPhotius, le Pape lui repro- ^e les erimes dont il s'était rendu coupa* l<)e, en déposant Ignace en ets'emparanl de sofisié^, contre toutes les lois divines et hamêioes. 11 lui notiGe la seixtence rendue à Aoaie contre lui, et, dans le cas où il refuserait de s'y soumettre, il le menace de le déclarer excommunié jusqu'à l'article (je ia mort. César Bardas avait été mis en pièces, dès le 9 avril 866, par ordre de l'empereur Michel, à qui on l'avait rendu suspect; mais le Pape qui ignorait sa mort pour lui témoigner la douleur qu'il éprounit en voyant que, contre son espérance, il afaitpris le parti de Photius, l'exhorte 5 rentrer en lui-même et à agir auprès de l'empereur pour le rétablissement d Ignace. Cette demande et ces plaintes forment le sujet de la quatrième lettre.

ÀIgnaee. etc% — La cinquième est adressée ta patriarche Ignace. Le pape Tinforme de tnm ce qu'il a fait pour lui, depuis le retour de ses deux légats, Rodoalde et Zacharie ; de la sentence rendue contre Photius et ses l^artisans dans le concile de Rome, et de la déûsion prise pour son rétablissement sur le si^e de Gonslantinople. Le reste de la

lettre est employé à le consoler et k l'exhorter k la patience. Il ne cherche point à intéresser en sa faveur l'impératrice Théo* dora, mère de l'empereur Michel, parce qu'il savait qu'elle n avait aucun crédit sur son fils. La lettre qu*il lui adresse et qui se trouve la sixième, est, à proprement parler, l'éloge de cette princesse; seulement il lui marque en peu de mots les mouvements qu'il se donne pour faire rétablir Ignace sur son siège. Mais, dans la septième, il presse l'impératrice régnante de prendre vivement la défense d Ignace auprès de l'empereur son mari, et d'imiter en cette occasion le zèle de la reine Eslher pour le salut du peuple de Dieu, et les démarches que (ialla Pfacidia accomplit si heureusement auprès de l'empereur Théodose, en faveur du Saint-Siège. La huitième lettre est adressée è tous les sénateurs. Le Pape leur recommande la cause d'Ignace, et les exhorte à se séparer de (a comnmnion de Photius. Il est d'un homme parfait, leur dit-il , de défendre ia justice et la vérité, non-seulement devant les princes de la terre, mais si les circonstances l'exigent, jusqu'à Teffusion de son sang.

Aux évéaues et aux fidèles, — A ces huit lettres, le Pape en ajouta une neuvième, adressée h tous les patriarches, métropolitains, évèques, et généralement h tous les fidèles unis au Saint-Siège. Il v relate en peu de mots ce qui s'était passé dans l'affaire d'Ignace et de Photius, soit à Constantino-

[»le soit à Rome, avec l'ordre et la date des ettres qu'il avait écrites à ce sujet et qui se retrouvent dans Ja collection des conciles. Il en joignait des copies à cette lettre générale : ce qui en faisait un volume intéressant pour ceux qui désiraient avoir une connaissance complète de cette histoire. Le Pape n'y fit point entrer les sept dont nous venons de parler, parce qu'elles ne contiennent aucun fait qu'il n'eût déjà rapporté dans plusieurs autres. On croit pouvoir assigner la date de cette lettre à l'époque cù la double sentence de déposition contre Nicolas et d'excommunication contre tous ceux qui communiqueraient avec lui, prononcée par le concile que Photius avait réuni à Constantinopte, fut connue en Occident. Ce schismatique prétenJait, ridiculement,, que quand les empereurs avaient passé de Rome à Constamlinople , la primauté de l'Eglise romaine et de ses p^riviléges avaient passé en même temps à TEgiise de Con^^tantinopJe. C'est alors que le Pape crut devoir écrire aux évoques et aux fidèles, pour les informer de ces prétentions extravagantes des Grecs, des calomnies qu'ils ne cessaient de vomir contre l'Eglise romaine et des reproches injustes qu'ils lui adressaient. « Avant que nous eussions envoyé nos légats, dit le saint Pontife, ils nous comblaient de louanges et relevaient Taulorité du Saint-Siège; mais depuis que nous avons condamné leurs excès, ils ont parlé un langage tout contraire et nous ont chargé d'injures. Mais n'ayant Irouvéi grâce à Dieu, rien de personnel à

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iiûus kieprociier, ils ce sont avisés d*«titt- (ijucr les fraditîocis de nos pères, que jenvaifi ]eurs^ooètrebn*av«iiefit osé reprendre. « Noos «avons encore anjourd'hoi ji>squ*À quel.poia>t fils «ont restés fidèles à ce système et 6e ItHontrent Grecs dans leurs prétentions!

Sa^onse â la consultation des Bulgares,'^ V\ï des faits qui illustrèrent Je plus le

J)ontifioâ^de Nicolas i" fut la conversion de logorts, roi àes Bal;^rcs, conversion due flux soins que ce zélé Pontife se donnait pour ia {)ropagalion delà foi. €e prince embrassa la religion chrétienne avec une partie de sa nation» en 865. Il envoya, l*année d'après, «on fils à Rome, accompagné de pi-usieurs seigneurs chargés de demander des évoques et fies prêtres, et de consulter le Pape sur plusieurs questions de religion. Nicolas lit a teur consuKalion une ample réponse dans laquelle il leur accorda tout ce qu*ils lui «ieiuandaient : elle est divisée en cent sic «rlicles, suivant le nombre de questions qui lui étaient proposées. Voici ce qu'elle con* lient de plus remar(|uable :

La loi des Chrétiens consiste dans la foi et dans les bonnes <Buvres : quicmic[ue Taccomplira sera sauvé. Le baptisé doit regarder son parrain comme son père et Taimer do même; mais ils contractent ensemble une affinité stnrituelle qui «mpècbe quils no puissent s épouser dans la suite. Après les fiançailles, le |>rètre fait Tenir dans réalise ceux qui se scMit promis mariage, avec t^e qu'ils doivent olfrir au Seigneur^ et leur donne la bénédiction et le voile, excepté dans <es secondes noces où le voile ne se donne })oint. Les époux sortent de l'élise, la oou«ronne sur la tète : ces cérémonies, du reste, fie sofit pas essentielles, et on peut les oo>etare s^ns pécîlié. Le consentement des parties bufih, suivant la loi, pour la validité du mariage; s'il manque, le reste ne sert de rien. On doit s'abstenir de viande, tous les jours,

1>endant le jeûne du Carême qui précède \Aques, le jeûne qui suit ia Pentecôte, celui d avant 4'Assomption et celui d'avant Noël, il laut jeûner encore tous les vendredis de 1 année et toutes les veilles de grandes fêtes. Telle élait<a coutirme de TEguse romaine; tuais le Pape déclare qu'il ne veut pas astreindre les Bulgares à la suivre dans toute sa rigueur, dans les commencements de leur conversion. Il leur permet encore de manger de la chair le mercredi, et d'user du bain eu ce jour, et même le vendredi, quoiqu il fût défendu chez les Grecs, il ap-

{irouve l'usage de porter des croix et de les Kiiscr, même en Carême, et d'en user ainsi è Té^aid des reliques des saints qui ont été et qui bont encore les temples de Dieu.

Vous {iouvez, continue-t-il, communier tous les jours en Carême, comme dans les autres temps, pourvu que vous n*ajez point d'attache au péché et que vous n'aj'ez [mni de fautes mortelles sur la conscience. Vous lêterez le dimanche et non pas le samedi, 4H^ssani tout travail pour y:*us appliquer à la

{Tière. Vous passerez de même les autres olennitéSy comme ceik.'s de h ^aiuteVier^,

<k*s douze Ai>ôires, des Evan^élistes, < saint Jean-Baptiste, de saint Etienne et d autres saints qui ont obtenu chez vous t culte particulier de vénération. Ces jours-l comme pendant tout le temps du Carém vous vous abstiendrez de rendre publique ment la justice. Les Bulgares avaient ci) •mandé au Pane quelque recueil de lois civ les « ce qu'il ne leur accorde pas, pan •qu'ils n'avaient personne f>our les ici expliquer. U les blÂme d'avoir fait coupf le nez et les oreilles k un grec qui, se di sant prêtre, avait baptisé, chez eux, plij /Sieurs {)ersûnnes, quoiqu'ea effet il ne I îûi pas : c'éiaU assez de le chasser. 11 u laisse pas, dit-il, d'avoir fait du bien en pr{ «hantrEvangile.-S'ila donrvé le bapti}me, ai iiom de4a sainte Trinité, le baptême est bon il blâme encore le roi d'avoir fait mouri; lUn grand nombre de ses 6(>igaour5, \)ara x|u'il^ s'étaient révoltés contre lui, et d( 41 'avoir pas mêoie pardonné à leurs ontaQlt qui étaient innooeats.Mais.^^arce qu'en ceiu occasion ce prince avait agi par zèle pont ia religion, et avec plus d'ignorance que dei jnéchanoeté, il lui fait espérer le |)ardoD, en faisant pénitence. Il ajoute que si quelqu'un, après avmr embrassé le chrlsli^ilUisme, y renonce* •celui qui a été son parrain l'eibortera ; s'il ne peut le ramener, il Je dénoncera è l'Eglise; et, s'il s'obstine, il isera considéré comme un païen et réprimé |>ar la •puissance séculière. 11 répond à plaaieurs questions que les Bulgares lui avaient faites, touchant certaines .pratiques qui étaient indiO'érenles ou qui relevaient de ki police civile.Comme elles n*intéressent poiiu •notre sujet, nous n'en dirons rien. I^ous remarquerons seulement que,consulté sur pi^iaieurs coutumes, le Pape les condamne, ot en* tre autres cellesqu^ilsavaientprisesdesGrecs, <*amme le fait de deviner, par l'ouverture d'un livre, ce que Ion pouvait attendre de l'invocation des saints, pratique si usitée du temps de saint Grégoire de Tours. 11 leur conseille de ne plusse servir d'une (}ueuc de cheval pour étendard militaire, ouiis de ^nettre sur leurs dra|>eaux le signe de la •croix; de se prépa^^ri la guerre par lafré- <Iuentaition des églises, par la confessioQ, ^ar la communion, par la prière et par l'au- «QÔne; par le pardon des iniures, par la délivrance des prisonniers. Il ne s'étend pas beaucoup sur les empêchements de mariages qui proviennent de l'aflinité ou de la consanguinité, mais les renvoie là-dessus à J'iustnictiou de leur évêque. Il leur défend d'user de contrainte dans la conversion des païens, mais d'éviter la société de ceux qui s'obstineni dans le culte des idoles. 11 \^^^ laisse la liberté de manger de toute sorie d'animaux, même de ceux qui sont défendus par la loi oui, dit-il, n'était que ligura- •tive; de faire la guerre, même eu Carême, s'il en est besoin, mais non d'aller à » chasse, de jouer, ni de faire des noces et des festins, puisque les gens mariés doivent passer ws joars dians la contiiieBce. U <^' donne à la discrétion de l'ivêque. et du

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oi4(rtt la pénitence è imposer è celai qui, -n Cirdme, aura préveriqué sur ve poinL Il prescrit aassi aux gens mariés la conti* nifiKe toas lea diinanchi^s;, et pendant toat l< leoipsaoe ia mère nourrit son enfant de SLm UiL 11 TeoC qtie ceux qui ont deux femmes };anieni la première qu'ils ont épousée et reifcieut la seconde; qu*ils fassent péotUfnee pour le pas^, parce que la polygaui te est contraire à ia sainte institution du

rabsPDce des clercs, les laïques peu- «mt béoir la table avec Je signe de la croix. Il tftiiadifféront de recevoir la communion, atecousans ceintures, et de tenir ou non vs tioi croisés sur la poilrîne, en priant âfos ré^se ; mais on ne doit pas refuser Q;iaiàirèmeni de se r.onformer aux autres., ocicessorte&de pratiques, quand elles sont d'un Qsa^e généra] , comme les Grecs l'af «fat voulu faire à leur égard. Il est utile ae prier poar demander de la pluie, mais ct^i prières doivent être réglées par l'évéqae. Ut prière n'est pas moins ordonnée au tsitjues qa*aus autres. Mais quand l'AfO:redit auc nous devons prier sans cesse, a*udoit 5 entendre que nous devons avoir e&aiKejour des heures marquées pour la pnàrc. L'heure du repas, les jours dé jeûne nceplës, est i*beure de tierce, c'est-à-dire Oeuf heures du matin : quelques-uns vont jttsqo'à sexle * d'autres jusqu'à nono , et diu^res jusqu'à vêpres. II faut recevoir i'Euctiarisiie à jeun. La femme peut, après vscouchesy eutrer à réalise, quand il lui liliil,p(inr rendre grAces au Seigneur. Quoi- «|tt« les jours solennels du baptême fussent l'iqoes et la Pentecôte, le Pape dispense les Bul^res de celle règle et permet de leur Aouiîni^trer ce sacrement en tout temps, cu(unt!on le permettait pour ceux qui se u^Yiient en danger de mort. Il croyait détour user de cette indulgence envers une luûQQMMivelieaient convertie. Il leurdéf«oii<i«€hi&ser un prèlre qui avait sa femme, ea disam qu'il n*appartenait point aux kiqiits ûeja^er des prêtres et des clercs ; ils • ikfêieoi /ai&ser le tout au jugement des ^^ues. Il ajoute qu'un prêtre, quelque ffiédiaat qu'il soit, ne pouvant souiller le McrPûieat, ils ne devaient pas faire dillieuUéde le recevoir de sa main. Il renvoie /établissement d*un patriarche dans la BulbTie jusqu*au retour de ses légats, qui lui if^pretHlront le nombre et l'union des Chréli^ui. Mais il leur promet, pour le moment, oa évêque, puis un archevêque, quand le F^Qpie diréiien se sera accru, il leur fait eoieodre qu'il ny a de vrais patriarches qiie c^oxqui gouvernent les églises établies par le»a{*6tres, c*est-à~dire celles de Rome, 4*Ale&aodrie, d'AnUoche el de Jérusalem.

& /*oa a donné le nom de patriarche à Tévê-

2ae Oe Cunstantinople, ça été plus par la iutH d^ princes que par raison.

Les Bulgares avaient demandé des règles àe péoiteace. Le Pape répond qu'il leur en ^verra par Tévêque qu'il leur destine, Hrce au*il n^est oas convenable de les mettre

entre les mains des laïques, et il leur fera remettre parla même occasion, les livres pour la célébration des messes. Il décide que Ton doit recevoir à pénitence, au jugement de révoque ou du prêtre, ceux qui, après s'être révoltés coqtre le roi, en avaient témoigné du repentir. Ne vouloir pas les y admettre, ce serait imiter les novatiens. Il les avertit de ne conclure aucun traité de paix au préjudice de la foi de Jésus-Christ. S'il arrivait qu'ayant traité avec des Chrétiens, ils vinssent à rompre leurs serments

fend de prier pour leurs parents morts dans le paganisme; de conclure des traités avec les infidèles^ si ce n*est dans la vue de les attirer à la vraie religion. Il ne veut pas qu'ils jurent plus longtemps 'sur leur épée, mais sur l'Evangile, ni qu'ils mangent de ce qu'un païen aura tué à la chasse, aûn de ne pas communiquer avec lui. Quant aux criminels qui se réfugient dans les églises, on ne doit point les en tirer de force, mais leur sauver la vie et les mettre en pénitence, suivant que Tévêque ou le prêtre en ordonneront. Si quelqu'un est arrêté pour vol et qu'il le nie, il ne faut pas le mettre à \û torture, pour tirer de lui nn aveu forcé. La confession doit être volontaire. Les toriures ne sont autorisées ni par la loi divine, ni par la loi îmmaine. On doit accorder la sépulture à celui qui s'est tué lui-même, mais il ne faut pas offrir pour lui te sacriGce. La sépulture dans les églises est utile aux Chrétiens, pourvu qu'ils ne soient pas morts chargés de iCrimes. Il est beau de donner l'aumône à tous ceux qui la demandent , mais il faut aussi y garder de l'ordre. On la doit premièrement a soi-même, puis à ses parents les plus proches, quand ils sont dans l'indigence.

Ces peuples avaient enlevé aux Sarrasins plusieurs de leurs livres et ne savaient qu'en faire.; le Pape leur ordonna de les brûler, à cause des blasphèmes qulls contenaient. Quelques-uns avaient reçu le baj)tême d'un Juif, mais sans savoir quelle était sa religion ; le Pape commande de s'en informer, et en attendant il déclare le baptême valide, s'il a été conféré au nom de la sainte Trinité, ou, au nom de Jésus-Christ, ce qui est la même chose, selon sain't Ambroisc ; parce que le liaptême ne dépend poi>nt de la vertu du ministre, ainsi que l'enseigne saint Augustin. Il était venu dans la Bulgarie des Chrétiens de divers pa.ys, grecs, arméniens et autres gui s'expliquaient différemment sur la religion. Les Bulgares demandent donc au Pape en quoi consiste le pur christianisme. Il répond que la foi de l'Eglise romaine a loujouris été sans tache, et qu'ils en seront instruits par ses légats et par l'évêque el les écrits qu il leur enverra.

Telle est la réponse du pape Micolas 1" aux consultations des Bulgares ; réponse qui tend en général à adoucir leors mœurs farouches, et à leur inspirer PhumaBité et la

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BlCTiONNAlllE

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charité chrétienne. Sans ces motifs» on aurait peine à approuver certaines décisions qui semblent affaiblir Texercice de la justice et de la puissance publique. Mais on trouve dans ces réponses des témoignages précieux des anciens usages de l'Eglise romaine et de la discipline qui y était encore en vigueur. On y a joint dans la collection des conciles, un recueil de décrets divisé en vingt-huit articles et tirés par Jean Cochleus lies décrets de Gratieu, qui les cite sous le nom de ce Pape.

A Rodolphe ae^our^fes.— Les lettres du pape Nicolas 1" sont en trop grand nombre pour que nous puissions rendre compte de toutes. Nous ne ferons môine que rappeler, malgré li;ur importance, celles qu'il écrivit à l'occasion du divorce du roi Lothaire, parce que nous en avons parlé ailleurs dans les articles de ce Dictionnaire consacrés h Adam de Vienne et à Adventius, de Metz. Nous passerons également sous silence plusieurs lettres particulières, bien que quelques-unes présentent certains cas de discipline à étudier, parce qu'il nous est impossible de tout dire; mais nous ne pouvons nous dispenser de rappeler quelques traits de celle qu'il adressa à Rodolphe, archevêque de Bourges, sur le pouvoir des corévéïjues. Quelques évêques de France déposaient les prêtres et les diacres ordonnés par les corévëques, et il'autres les réordonnaient. Le Pape n'apnrouve ni les uns ni les autres. Il dit que les corévëques ayant été institués à l'imitation des soixante-douze disciples, il n'était pas douteux qu'ils n'eussent pu remplir comme eux les fonctions épiscopales; mais que les canons les leur ayant défendues, il fallait à l'avenir les obliger à s'y conformer. L'archevêque de Narbonne s'était plaint que Rodolphe obligeait ses prêtres à comparaître devant lui pour y être jugés, en première instance. Le Pape déclare que l'archevêque de Bourges, en sa qualité de patriarche, n*a le droit de juger les clercs de Warbonne qu'en cas d'appel, et de gouverner cette Eglise pendant la vacance. C'est la première fuis qu'il est parlé du patriarche de Bourges. On croit qu'il avait été établi parce que cette ville était la capitale du royaume d'Aquitaine, érigé par Charleroagne en faveur de Louis le Débonaire. Venant ensuite aux autres questions de Rodol- >he, il dit qu'il n'était point d'usage dans 'Eglise romaine d oindre du saint chrême les mains des prêtres et des diacres à leur ordination, et qu'il ne se souvenait point d'avoir lu que cela se pratiquât ailleurs. Il fallait bien qu'on le fit en France, puisque Rodolphe consultait le Saint-Siège, et on ne peut douter que cette onction ne fût en pratimie du temps d'Amolaire et de Théodulphe, d'Orléans. 11 était défendu aux pénitents de reprendre le service des armes ; mais, parce

Sue celte défense en jetait quelques-uns ans le désespoir, et que d'autres s'enfuvaient chez les païens, le Pape permet à Rodolphe ue faire là dessus ce qui lui paraîtrait être le mieux, eu é^^ard aux circonstances parti*

culières II veut que l'on imposé .a péoltencé des homicides a ceux qui ont tué leur femme, à moins qu'ils ne l'aient surnns^ en adultère, et qu on leur défende de se remarier, excepte dans le casoùilsseraien) encore trop jeunes. Il dit que, suivant la coutume de l'Eglise romaine, les évêquci doivent dire à la messe du Jeudi saini l'hymne Gloria in excelsis, et porter en c^ jour le Pallium, si toutefois ils en ont la per^ mission du Saint-Siège. Le Papefait observei à Rodolphe qu'il ne peut mieux témoigne^ sa soumission et son respect envers le SainÇi Siège qu'en exécutant les décrets qui ei^ sont émanés

A Hincmàr de Reims. —On trouve dan^ une de ses lettres è Hincmar un exempi^ des anciennes pénitences canoniques. Vu moine nommé Eriarthe ayant tué un religieu de Saint-Riquier, sans que celui-ci eût riei fait qui fût digne de mort, alla à Roaie de mander l'absolution de son crime. Le Pap* le trouvant disposé à la pénitence, lui ei imposa une de douze années, dont il devait passer les trois premières, pleurant à la poite de l'Eglise; les deux suivantes, entre tes auditeurs, sans communier; et les sep< dernières, sans donner d'offrandes, mai^ï avec permission de communier aux fêtes son lennelles. 11 l'obligea à jeûner, pendant ces douze années , comme en carême jusqu*au soir, excepté les jours de fêtes et de diuiani ches, avec ordre de ne. voyager au'à pied. Le Pape remarque qu'il aurait pu l'obligera faire pénitence toute sa vie, mats qu'il i avait abrégée, tant à cause de sa foi, qu'à cause de la protection des saints apôtres qu'il était venu implorer. Il recommando donc à Hincmar, son métropolitain, de faire accomplir à ce moine la pénitence qu'il lui avait imposée. Hincmar fit part dis cette lettre à Hilmerade, évê^jue d'Amiens» dans le diocèse duquel, selon toute appa^ rence, le coupable avait son monastère.

• Chacune des lettres de ce Pape, qui en a écrit un très-grand nombre, révèle beaucoup de vigueur et une grande fermeid.

Plein de zèle pour le maintien des droits du Saint'Siége, il ne se montrait pas moins ardent à défendre ceux des évêques 4. qui on voulait les ôter. Comme son mérite éiai( connu et qu'il avait la réputation de posséder à fond les lois ecclésiastiques, on venail de toutes les provinces le consulter sur diverses questions. Depuis le pontificat d'Anastase, on ne se souvenait pas qu'aucun de ses prédécesseurs eût été plus longtemps consulté. II accueillait avec nonté ceux qui s'adressaient à lui , les instruisait de leur^ devoirs, et tous s'en retournaient contents, après avoir reçu sa bénédiction ponlificaiei ce qui encourageait un grand nombre d< pénitents à venir lui demander l>djsolutiaii de leurs crimes. Ami fervent de la disci^ pline, il travailla de toutes ses forces a et] réformer les abus, et demandait souvent S Dieu, avec larmes, de susciter, dans l'Eglise de bons exemples, pour la correction des mauvais chrétiens. Le. multitude d aO'aife^

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dool il élaiC accablé ne lui permettait pas de T^poodre aussitôt aux lettres qu*on lui écrirait, oi de donner à ses ré(K)n$es toute l'étendu <}a*il aurait souhaitée. Mais il réponùêti toujours, et quelque difficiles que fussent lei affaires, if savait les démêler et s'en tirer ttee honneur. Toutes ces grandes qualités le firent généralement regretter, torsaull mourût le 13 novembre 867, après Dearaossept mois et vingt jours de pontificat. On lui a donné le surnom de Grand qu*il a justifié aussi bien par ses talents que par s^ Tcrtos. Aoastase le Bibliothécaire parle d'un rcipstre de ses lettres ; ce qui ferait Mippaser qu'elles ne sont pas toutes venues juifok nous, quoique nous en possédions ceuf ifots ou cent quatre. Celles que nous o«iijiaîssoiis se trouvent dans la collection ét9 cMiolei* d*oi^ elles ont été tirées pour xjratire dans le cours complet de Patro^^ fofr<.

.VICOLAS II, dont le premier nom était Gérard, naquit dans la Savoie, qui faisait ili>rs partie du royaume de Bourgogne, ce ({•il Ta lait surnommer quelquefois le Bouroiigooo. Il était doué d'un esprit vif, posï^JailiJebellos connaissances, et se faisait remaniuer avantageusement par la pureté irrêftrocfaable de ses mœurs et ses abondantes euiûôue^. Il passa de France en Italie, où $êi «lents et ses vertus le firent élever à / eT^cfïé de Florence, vers Tan lOM. Ou loue |Mruea!ièrement la faveur qu'il accorda à «iiftrrs établissements religieux qui furent icaagurés sous son administration. Son vpucopat fut marqué par la mort de deux t^ip^ Victor II et £tienne IX, qui vinrent SQreessivementfînir leursjoursà Florence, et fir«'nt enterrés dans sa cathédrale. 11 est V-n>t4ble que Gérard s'attendait peu à rem- )«tx«r ce dernier. C*est cependant ce qui aniti. Il fat élu évoque de Rome et placé »ur le Silat-Siége, en 1058, puis couronné le 18 jinner de l'année suivante. C'est le ) reauer Pape dont l'histoire ait marqué le couroontmtnX. Une faction lui opposa Jean, étéque de Velletri, connu sous le nom de Beooli X; Gérard, qui en montant sur le Sié^e de saint Pierre avait pris le nom de Niroias II, le fit déposer par les évèques de Tofcaoe et de Lombardie assemblés à Sutri. la second G4mcile, convoqué à Home, régla qua la mort du Pape les évéques-cardinaux se réuniraient les premiers pour traiter rasemble de l'élection d'un nouveau Pontife; qu'ils y ap()elleraient ensuite les car- <-maax-clercs, et enfin que le reste du clergé ttdu peuple y donnerait son consentement. NtO)las passa ensuite dans la Pouille, à la prière des Normands, qui lui restituèrent . le» (iomaines de l'Eglise romaine, dont ils «éuient emparés. Le Pape y fit un traité tvec eux, après avoir levé Tanathèoie qu*ils auient encouru. Richard, un de leurs chefs, luteonfirmé dans la principauté de Capoue, qufl avait conquise sur les Lombards, kctiert Guiscard, autre chef de ces conquétinis, fut confirmé dans le duché de la V iillc et de la Calabre, et dans ses orélea-

tions sur la Sicile, qu'il enlevait aux Sarrasins. Il promit au Pape une redevance annuelle et se constitua son vassal. Telle est,^ suivant l'historien Fleury , l'origine du royaume de Naples. Les Normands travaillèrent aussitôt à délivrer Rome des seigneurs qui la tyrannisaient depuis si longtemps, et à raser les forteresses qu'ils avaient aux environs. Nicolas mourut peu de temps après, en 1061, avec la réputation d'un assez bon politique. Il avait Rardé le Siège de Florence pendant son pontificat, qui fut de deux ans, six mois et quelques jours., Lettres. — Quoique ses écrits ne soient

3 n'en petit nombre et fort peu étendus, ils emandent néanmoins une certaine discussion. On a de lui plusieurs lettres qui sont particulièrement intéressantes, en ce qu'elles concernent les affaires de la France. L'auteur de la Vie des Pontifes romains n'en cite que cinq dans son ouvrage, mais on en compte jusqu'à neuf, sans y comprendre les bulles et privilèges accordés par ce Pontife. Elles sont presque toutes réunies dans la collection générale des conciles, et dispersées dans divers autres recueils. Binius, Marguerin de la Bigne et Papire Masson sont les premiers t]ui en ont publié quelque chose.

On en possède jusqu'à quatre adressées à Gervais, archevè(j[ue de Reims. Dans la première, après avoir rassuré ce prélat contre les bruits par 1es(|uels on tâchait de le rendre suspect de favoriser le parti de l'antipape Benoit, Nicolas l'exhorte à continuer d assister le roi de ses sages conseils. Il s'agissait particulièrement d'empêcher ce prince de se prêter aux mauvais desseins de ceux qui cherchaient l'impunité de leurs crimes dans la division de 1 Eglise romaine. La fin de cette lettre fait voi^* qu'elle servait de réponse à une lettre précédente dans laquelle Gervais parlait au Pape d'un voyage qu'il se proposait de faire à Rome. Dans la seconde, le Pape lui ordonne d'interdire l'évèque de Beauvais, ordonné, dit-on, par simonie, jusqu'à ce qu'il fût allé à Rome, se justifier devant le concile qui devait s y réunir. Cette lettre, par conséquent, fut écrite avant le mois d'avril 1059. Le but de la troisième est de recommander à Gervais de faire rendre justice à l'évèque de Verdun, pour Quelques dommages qu*il avait soufferts. Ann de stimuler son ardeur, le Pape lui rappelle que cette église était sous la protection particulière du Saint-Siège, et il la lui promet pour lui-même dans sa quatrième lettre, en reconnaissance de son attachement et de sa fidélité envers l'Eglise romaine, puis il lui accorde la faveur qu'il avait sollicitée pour l'évèque de Senlis. Ce qu'il ajoute de l'incertitude de son voyage en France ferait croire que cette lettre est une réponse à celle qui nous reste de Gervais au même Pontife.

Nous avons une cinquième lettre du pape Nicolas adressée à saint Edouard, roi d'Angleterre. Ce pieux monarque lui avait demandé par lettre de conUtiucr la fondation

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