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(lu monastère de Westminster qu'il venait (Je rétablir, et pour Tobtenir (^tis facilement, il avait confirmé lui-même }jes revenus que le Saint-Siège possédait en Angleterre. La lettre dn Pape, en réponse à celleci, contient entre autres choses un magniflqne éloge de la piété des monarques anglais.
La sixième, écrite aussitôt après le concile tenu à Rome en 1059, est adressée auK évoques, aux abbés, aux clercs et à tous les fidèles de TEgiiie de France, particulièreint'nt dans les provinces d'Aquitaine ei de Uascojçne, elle a.pourbutde leur notifier une ])artio iles décrets de ce concile, auxquels se trouvent ajoutés queli|ues règlements particuliers pour le maintien du bon ordre, lîugues de Flavîgny, qui Ta insérée en partie dans sa Chronique^ en rapporte aussi une septième adressée au comte de Rouergue.
Le Pape exhorte ce seigneur à accorder sa protection aux églises el aux pauvres, et le menace d'excommunication, s'il retient plus longtemps les terres que l'abbaye de Saint- Vannes de Verdun possédait dans son pays.
La huitième est collective et a pour but denotifier au clergé de Sisleron qu'il avait ordonné pour gouverner ce diocèse, Gérard, élu évoque par Hugues, abbé de Cluny et légat du Saint-Siège dans cette province; par rarchevô(|ue d'Arles, l'évoque d'Avignon e.t plusieurs autres prél&ts relevant de cette métropole. Cette lettre entre dans le détail de plusieurs points importants que Gérard devait observer, pariiculièreroent à l'égard de l'ordination des clercs, C|ui ne pouvaient y être admis, si, à la connaissance des lettres, ils ne réunissaient les autres qualités prescrites par les canons. 11 paraît, par quelques recommandations particulières i|ui s*y trouvent exprimées, qu'à cette époque on ne donnait «ncore le baptême, hors le cas de nécessité, qu^aux veilles de Pâques el de la PcnteciVte. Celte lettre, insérée dans la Gaule chrétîeunt^ a été reproduite dans YUistoire de Provence pa»
llouché.
Enfin la neuvième lOttre, publiée sous le nom du pape Nicolas II, est adressée à la reine Anne, princesse de Russie, que le roi do France, Henri r% avait épousée. Le saint Pontife l'exhorte à continuer ses pratiques de piété, et lui donne d'excellents ày'is pour porter le prince son époux à régner en monarque chrétien, et pour bien élever les princes ses enfants. Du reste la piété de cette princesse ne l'empêcha pas de contracter do secondes noces avec le comte Raoul de Crépy. Après sa mort elle se retira pour aller mourir elle-même en son pays. Quant à cette lettre, rien n'atteste positivement qu'elle soit Tœuvre authentique du Pape Nicolas U; elle pourrait tout aussi bien appartenir à saint Pierre Damien, entre les écrits de qui elle se trouve dans la CoUection des conciles.
Décrets. -— Outre les lettres dont nous menons de rendre compte, il y « encore de ce Pape diverses bulles, dont aucune ae se
trouve dans le BuUairs romain de Lyoi Mais Baronius, Ughelli, et les Pères LabI et Cossart, en ont publié plusieurs dai leurs recueils. On les a réunies avec d'ai très moins connues dans l'édition du Bu laire publié à Rome après celui dont noi venons de parler.
Le pape Nicolas II fit plusieurs décre pour tâcher de remédier aux désordres qi s'étaient introduits dans l'Eglise et y fan régner la vigueur de la discipline. Les pii connus sont ceux qui furent rédigés dans concile de Latran, tenu en avril et mai 103! de <!oncert avec cent treize évèques qui assistèrent. Après rassemblée, le zélé pui tife en fit un précis qu'il réduisit eu treiit articles ou canons, pour les adresser, avf une courte préface qui se lit en tête, à lot les évèques, clercs et fidèles de TEglis calholicfue. Le premier tend à empêcher l'avenir les trembles qui pourraient s'élevc dans l'élection d'un Pape. Ce qui s*é(a passé depuis peu, d&ûs -le schisme de 1 anti pape Benoit X, faisait craindre avec raiso pour les élections suivantes. Il est don ordonné que, lorsqu'à la mort d'un Pape i s'agira de lui donner un successeur, Télec tion, comme nous l'avons déjà dit, sera ai pouvoir des cardinaux : de façon qnf* s quelqu^un est intronisé dans le Saint-Sië|; «ans qu'ils Taient élu unanimement et selui les règles, et qu'ensuite les autres ordres di clercs et de laïques y aient consenti, il scr regardé non comme un pontife, mais comu.i tin apostat. £ntre les autres articles o-u rè^lé Tneiits, les principaux regardent l'inconti nence des clercf, la simonie, la pluralité de bénéfices, la pureté d'intention avec Uquellj on doit entrer dans le cloître, et la défens de se faire moine dans l'espérance de deve nir abbé, et enfin les mariages entre parents
3ui se trouvent prohibés jusqu'au seplièmi egré. Quant aux prêtres concubinaires, I concile défend d'entendre la messe de ceui
3ui sent recofinus pour tels. Tous ceux qui epuis la constitution du pape Léon IX, on vécu d«ns ce désordre, aussi bien les d\9 cres que les sous-diacres el les prêtres, i leur est interdit de célébrer la messe, d'; lire l'évangile ou l'épître, de demeurer dan: le sanctuaire pendant loflice, et même d i*ecevoir leur pari des revenus de Téglise. 1 est enjoint à ceux qui, en suivant la mêm constitution, avaient gardé la continence, di manger ensemble, de dormir dans un uiêrp lieu, voisin des églises pour lesquelles il avaient été ordonnés, de mettre en commui tout ce qui leur viendrait de Téglise, et d s'étudier à pratiquer la vie commune c apostolique. Telle est l'origine des chanoi ries réguliers, dont on rapporte l'institutioi à notre zélé pontife.
Nous avons dit que c^s treize canons a règlements adres^fés à toute rfigUse ne son qu lin précis des décrets qui furent fai( dans le concile de Rome, et en voici 1 preuve. Le règlement contre la eimenie, pi exemple, est compris en deux lignes, f porte simplemeut défrnse qu'aucun soi
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f>r>Jonnë ou promu par cette voie à quelque
oilke ecclésiastique que ce puisse être. Au
contraire, le décret sur le même point, tel
«lu'il est imprimé à la suite des treize arti-
r4e$,est tres-étendu. B'abord on y élablit
<(ue les simoniaaues seront déposés sans
aucune miséricorde, conformétnent aux an-
rieasciooas et aux décrets des saints Pères.
Jbis ensuite Je Pape, ayant quelque égard
;«^orceax qui avaient été ordonnés gratui-*
teœent par des siœoniaques, leur permet
par ittJulgence de demeurer dans les ordres
tpils avaient reçus. Il en apporte aussitôt
h raisM : c*est que la multitude de ceux
qui afaient été ordonnés était si grande,
qQ<m a» pouvait observer à leur égard la
noiear des canons. Mais il a soin de défen*
crrkses successeurs de prendre pour règle
retie ifldalgence, que la nécessite du temps
lui arait arrachée.
li eo est de même du décret touchant réiectioD d'un Pape. Il est fort étendu, et P'CUenl non-seulement re que porte le pre- ''i.frdes treize articles, tel que nous l'avons •liifioé, mais il comprend encore le discours a-te le Pape Nicolas II prononça & ce sujets il ;ii5ieurs s^ges précautions, propres à fïjrkrr ou au moins à réparer les fâcheu^ iccooréoients qui n^arrivent que trop frë- ^ietnineol dans cette sorte d élection. De V'u», il e^i ciiargé de malédictions contre rtm qui enfreindront ses ordonnances, et ép^«lle toutes sortes de prospérités, au ciMitraire, sur ceux qui s'en montreront les a>avieDcieux observateurs. On y lit une cause que l*abbé Fleury n'a eu carde de *»user tomber : c'est qu'on y fait passer i^our 00 privilège personnel Tancien droit ce lempereur d'approuver l'élection du Nr^iveraiD Pontife. Qui ab hac apostolica 9*^ftnomaliter hoc jus impetraverint. Nous 0 ivû« w décret entier que dans la chroni- «{ue ée lugues de Fiavigny, le décret de ^Afatito ^la collection des conciles des Pères Labbe et Cossart. Ces trois éditions Mi< à peu près semblables, à quelques nrisDies près de peu de conséquence.
la décrei qui regarde l'institution des chaaoioes réguliers est encore plus étendu ({Ue le précédent. Dom Mabillon est le seul ui i at publié, sur un manuscrit incomplet ' u cvdioal Ottoboni. Ce décret j est précédé d'oQ assez long (jiscours de Hildebrand, fii remplissait dans le concile les fonutions ^ ifcbidiacre du Saint^-Siége ; discours qui, I (toprement parler, n'est qu'une invective 6ii peu véhémente contre la règle des chandiœs, telle ai»*elle fui approuvée par le 'ooctte d'Ail -Ja-Cbapelle en 816, et pratifu êc jusqu'alors en diverses églises» comme Sârtts l'avooa montré ailleurs. Vient ensuite une courte allocution du pape Nicolas II, poor apptt/er le discours de son archidiacre; •;rè$ (^uui ou trouve une critique fort vivo <îc la règle des chanoines et même de celle 'ies cfaaooinesses dont on avait fait lecture t^os le concile, où l'on conclut à Tabroga- (lOQ de Tune et de l'autre. L'éditeur, pour rendre plus intéressant ce morceau qui con*
cerne l'institution des chanoines réguliers, a imprimé en tête l'ancieunne formule de leur profession, avec les prières qui l'accompagnaient, telles qu'elles se trouvent dans un manuscrit de Corbie.
Il est clair, par tout ce que l'on vient de dire sur ce concile de Latran, tenu sous Nicolas II, que les actes de ce qui s*y passa devaient être fort prolixes, et que la plus grande partie de ce qui nous en reste n*a pas encore été réunie en un seul corps de. décrets. C'est ce qui nous a engagé, pour le faire connaître, à réunir le plus que nous avons pu de ces fragments dispersés. Il serait à souhaiter que l'on jiût recouvrer la partie qui concernait la cause du fau:eux Bérenger ;. ce serait un morceau aussi curieux qu'intéressant. Il est certain que cet infortuné scolastique y comparut; que sa doctrine y fut disculée; qu il y eut entre lui et le diacre Albéric, moine du Mont- Cassin, une dispute en règle qui dura plusieurs jours, et que, convaincu enfin d'hérésie par le pape Nicolas, il brûla ses écrits de ses propres mains et souscrivit lui-même son abjuration. De tout cela il ne nous resie que sa profession de foi et une connaissancn générale de ce qui se passa dans le concile; mais nous n'en avons point le détail suivi, tel qu'il fut rédigé par écrit, suivant la coutume.
Le vigilant Pontife célébra plusieurs autres conciles dont il ne nous reste rien qu3 quelques traits historiques et fort superficiels de ce qui s'y passa. Baluze nous a conservé sous son nom un recueil de règlements qui portent la date de la première année du rè^^ne de Philippe, c'est-à-diro en 1060. Cette date, ainsi marquée h la tète de ces règlements, ferait croire qu'ils étaient faits spécialement pour la France. On lit dans le petit préambule qui les précède que ce sont les ordonnances ou règlements du pape Nicolas, tels qu'ils se trouvaient dans les saints canons, et que r£glise romaine faisait profession de les suivre. Ils sont au nombre de quinze, et le premier recommande l'observation de la trêve de Dieu, sous peine d'anathème. Les autres roulent principalement sur le concubinage des clercs, la simonie et tout ce qui y tendait. On a vu que ce sont là les deux vices que le zélé pontife avait le plus à cœur d'extirper, parce qu'ils étaient les plus répandus et les plus affligeants pour 1 Eglise. Afin d'inspirer eu particulier plus d'éloignement pour la simonie, il veut que les églises qui auront été consacrées à prix d'argent par des simoniaaues, soient consacrées de nouveau, et déclare que les prêtres et tous les autre;» clercs, qui seraient ordonnés dans la suite par des évèques publiquement convaincus de simonie, ne devaient point se regarder comme légitimement ordonnés.
La vie de ce saint Pape fut écrite vers l'an 1356; on la trouve dans le Recueil des écrivains dltalie^ par Muratori.
NICOLAS le Mystique, ainsi nommé parce qu'il avait été secrétaire de l'empereur
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DJCTlONÎ^AïaE
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L^on VI, fu4 élu patriarche de Conslanlinople en 895. Quoiqiril dût son élection à la faveur de ce prince, il ne s*en opposa pas avec moins de fermeté à son mariage avec Zoé Carbounopsine, qui lui avait servi de concubine avant la mort de sa troisième femme. Le zélé pasteur déposa le prêtre Thoma-S qui leur avait donné la bénédiction nuptiale el interdit au monarque rentrée de réglise, de sorte qu*il no pouvait plus entendre la messe que dans la sacristie. Jusqu'à rèponuo de Léon VI, on ne connaissait personne dans Tempire romain qui eût contracté des quatrièmes noces. Aussi, quand il fut question de baptiser Tenfant de Léon, avec les solennités ordinaires et comme fils de Temnereur, tous les évoques s'y opposèrent, h moins aue ce prince ne consentît à congédier la mère. Qnoiqu*il fût bien résolu de n'en rien faire, il ne laissa pas de le f promettre avec serment. L*enfant fut baptisé e jour de l*£piphanie. Mais à peine trois jours s^étaient écoulés que Léon fit introduire Zoé dans le palais, où il lui donna le rang d'impératrice. Cette infraction publique des canons causa un grand scandale dans l'Eglise. Le patriarche en fit des remontrances à l'empereur, en le priant de respecter sa dignité souveraine. Il lui rappela qu'il y a au ciel un empereur plus puissant que lui, qui ne manquerait pas de punir un crime de cette nature. Les princes ne sont pas audessus des lois pour se donner ainsi la liberté de satisfaire impunément toutes leurs passions déréglées. Au contraire, ils doivent se tenir à eui-mèmes lieu de loi, et disposer leurs mœurs selon les règles do la vertu. Entin, il le priait avec larmes de s'abstenir de cette Temme jusqu'à ce que l'affaire eût été examinée par des légats qu'il attendait de Rome et des autres chaires patriarcales. Au pape Atiastase III. — Lorsqu'ils furent arrivés, Nicolas proposa à l'empereur de les réunir en conférence secrète dans Tintérieur du palais, mais sa demande fut refusée. Cependant on l'invita au festin qui se célébrait tous les ans au palais, le premier février, jour de la fêle de saint Triphon. Il s'y rendit; mais, pressé d'approuver le mariage de Zoé, il refusa. Aussitôt des gardes s'emparèrent de sa personne et il fut envoyé en exil, où il n'eut la permission d'emmener avec lui ni un ami, ni un valet, ni même «l'emporter un livre pour sa consolation. Tau« ^les évoques <|ui partageaient ses seniiiaents furent traités de même ou emprisonnés. Rappelé de son exil et rétabli sur son siège du vivant de Léon lui-même, le INitriarcbe Nicolas, aussitôt après la mort de ce |)rince, écrivit au pape Anastase 111» qui avait succédé à Sergius, pour se plaindre de la persécution qu'il avait soufferte de la part des légats de ce pontife.
« Us semblaient n'être venus, dit-il, que pour nous déclarer la guerre. Hais, puisqu'ils s*attribuaienl la primauté dans l'Eglise, ils devaient au moins s'instruire soigneusement de toute l'affaire* et en faire Teur rapport au Souverain Pontife, au lieu
de consentir h la condamnation de ceux qi n'avaient encouru la colère du prince* qi parce qu'ils délestaient la fornication. » ajoute qu'il n'était pas surprenant que den ou trois hommes se fussent laissé surprei dre, mais qu'il était difficile d*admeltre qi les prélats d'Occident eussent, sans aucui connaissance de cause, conlirmé par leu| suifragcs la peine d'exil décernée contre 1^ et les autres évèques. « J'apprends, conl nue-l-il, que l'on invoque le mol de disptn. pour autoriser ce mariage, coinme si {w dispense on pouvait violer les canons i autoriser la débauche. La dispense, si je il me trompe, se propose d'imiter la miser corde de Dieu, et tend la main au péchei pour le relever, mais elle ne lui permet p^ de croupir dans le péché oii il est tombé. Il insiste sur ce que les quatrièmes uoc< étant défendues par les canons, on ne poi leur donner le nom de mariage; ef, sni s'arrêter à une observation qui lui avait él faite, que chez les Romains on peroiettail tout homme de prendre, non-seulement un cinquième et sixième femme, mais jusqu l'infini, suivant cotte maxime : Meiius ci, nubere quam uri: il soutient que le texte il saintPaul ne s'entend quedes secondes iioce^ et ne s'applique qu'aux femmes, h cause «1 la faiblesse de leur sexe. Il montre quV matière dépêché, les princes n'ont jamais \ï privilèges qui les élèvent au-dessus des pai ticuliers ; mais, afin de ne pas paraître c un damner la mémoire de Léon, il ajoute, qua vant de mourir, ce prince reconnut sa faui* avec larmes, et en demanda pardon. « Ji fus des premiers, dit-il« à l'y exhorter et prier avec lui; car il m'avait rappelé d'eii et m'avait rendu à mon Eglise. »
Au pape Jean X. — Cependant le schismque le mariage de Léon avait causé dan 1 Eglise grecque, cessa en 920, par un décrc de Romain Lecapène, déclaré empereur pa Constantin Gis de Léon, et couronné p^r 1 patriarche Nicolas. Ce décret, qu'on appel i d'union, défendait absolument lesqualriè mes noces. L'empereur renvoya au pap Jean X, et ce fut à cette occasion que le pa triarche lui écrivit, pour le prier de renoue avec l'Eglise de Constant! nople, le coin merce de relations interrompu par la dilU culte des temps, et d'envoyer des légats ave lesquels on pût convenir que le mariage d Léon n'avait été permis que par indulgeuc pour ce prince. < Alors, ajoute-t-il, on re commencera h Constantinople à réunir 1 nom de votre sainteté au nôtre dans les s« crés dyptiquesi suivant l'ancien usage, «: nous jouii*ons ensemble de tous les avai tages de la paix. » Basile protospataire» < le prêtre Euloge furent chargés de remettr cette lettre au pape et de lui faire approuve le décret d'union.
A StWon, prince des Bulgares. — A I
Rrière du Souverain Pontife, le patriarch icolas écrivit à Siméon, prince des Bul gares, pour lui recommander Théopbilact et Carus, légats du Saint-Siéjje, chargés ci traiter de la paix avec ce prince, que To
VE PÂTROLOGIE.
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arrosait de faire jeter en prison et dans les frrs tous ceax qui se présentaient devani lui. Vieolas lui fait observer que s'il se pei*fneltail dès excès semblables envers les envoyés de Borne, il ne manquerait pas d*encoarir rindignation des grands apôtres saint Pierre el saiatPaul. Il lui rappelle la peine infligée àSipbire et Ananie, pour avoir manqué •;e F»{>ect envers ces chefs de TEglise; c( t>re<i|;lement dont le magicien Elymas s'était m frappé, pour avoir combattu les véntésquesaint Paul annonçait. «Si vous vous raf^.ezces deux événements, ajoute-t-il, je i^e tkMle pas que, saisi d*une crainte salutaire, vous ne receviez avec respect les iT«riissements du très-saint Pontife, surtout f "(1 e5i vrai« comme on le dit, que vous avez ra grande vénération les deux nrinres de f'Egtise, saint Pierre et saint Paul, n II touche quelque chose du rétablissement de la l>aii« troublée dans l'Eglise de Constanlinol*'ê, parles quatrièmes noces de Tempereur Léon, et le prie, quand à Tavenir il recevra »lt$ lettres des empereurs, de leur adresser ^s réponses et non pas au sénat. Le patnei^ termine sa lettre en demandant à Nibfoo une entrevue pour traiter avec lui iit là paix. Cette lettre fut écrite après Tan
DivcmsES. — On trouve cinq autres lettre de Nicolas, écrites en latin et adressées, fane au prince d^Arménie qu'il féline (Tavoir, avec ses sujets, quitté les ermirs des sévériens et des manichéens, pour rabris$ef la foi catholique, une autre, au
Cioctt des Sarrasins, pour le détourner de penécation qu'il exerçait contre les Chrétiens; la troisième, aux évèques qui avaient rnoseati à son exil et reconnu Euthymius ; U quatrième, au duc des Lombards, et la d^\iièmR,au prince Amalphitain. Ces deux teinèresne son! que des lettres de félicitatkiDsnrla bonne conduite de ces princes. icTus teniTS. — Entre les différentes lettre imprimées à la suite du Typique de Mm/ Moi^ Venise, 16(^, on en voit une u ftts, sons le nom du patriarche Nicolas, «pressée à A nastase, abbé du mont Sina; c'est ua Traité sur les jeûnes des Grecs. Posserin dte également, sous le même nom, un Commentaire sur l'Ecriture sainte. On se Fa pas encore imprimé, non plus qu'une autre lettre dont le même écrivain rapporte i» premiers mots. Il y a encore de ce painache, dans le iv* livre du droit ^rec- ro- BMÎn, un décret touchant l'expédition gratoile des lettres patriarcales. £nfin, on cite Je lui une svnodique qui réglait les deux «iegrés dans lesquels on pouvait contracter mariage. Nicolas mourut le 15 mai 925.
Ll^ise lîionore entre les saints.
NICOLAS, poëfe satirique qui né nous est connu que par son nom, et quelques mauvaises pièces de vers, florissait sur la un da xr siècle. Il était d'origine normande 00 parisienne, autant qu'il est permis d'en ]uger par la résidence des personnes qu'il aiuque dans ses Satires, La première est contre les abbés simoniaques en général, et
la seconde, contre l'nbbe de saint Etienne de Caen en particulier. Dans l'une, il loue jusqu'à Texagération le zèle avec lequel le légat du Saint-Sié{^e, Hugues de Die, employait à poursuivre les simoniaques toute l'autorité dont il était revêtu ; ce qui indique que cette pièce futcomposée avant Tan 1082, époque où ce légat devint archevêque de Lyon. La satire suivante révèle la même exagération, mais en sens opposé. L'auteur y vomit un déluge d'injures contre l'abbé de Saint-Etienne, qui devait être alors, ou (Tuillaume Bonne-Ame, successeur du célèbre Lanfranc, si cette pièce précéda sa promotion à l'archevêché de Rouen en 1079, ou Gilbert le Rusé, si cette satire est pos*térieure à cette dernière époque. Mais quel que fut celui de ces deux abbés auquel ces vers étaient adressés, on peut aftirmer en toute assurance qu'ils étaient loin de mériter un traitement aussi injurieux. Il sufUt de rappeler pour leur justification qu'ils durent leur place à Guillaume le Conquérant, qui n'eutpas souffert que dans ses Etats, on élevât aux dignités d'autres personnes que des sujets d'un mérite reconnu et d*une vie irréprochable. Rien donc n'est plus propre à mettre en évidence la mauvaise humeur du poëte, et à faire connaître sa passion de dénigrement qu'une pièce de cette nature.
Dom Mabillon, qui avait découvert ces deux premières satires dans un manuscrit du collège des Jésuites à Paris, en déterra une troisième, en vers léonins, genre de versification si fort en vogue dans le xr siècle. L'auteur s'attaque personnellement à Yves )*'!, abbé de Saint-Denis, et le traite plus cruellement encore quil ne l'avait lait pour l'abbé Etienne dans la satire précédente. On peut dire que tous les genres de calomnie y sont épuisés, et qu'il y poussa la colère satirique jusqu'à la fureur et à la rage. Cependant on voit, par deux épitaphes, que cet Yves était un abbé de mérite et de piété : Moribus et factis exemplar agens pietalis. Mais il ne tient pas au poëte qu'on ne le regarde comme un des plus grands scélérats qui aient jamais existé; pire que les Pharaon, les Uérode, les Judas, les Néron, les Dioclétien. Malgré ces défauts dom Mabillon n'a nas laissé d avoir la complaisance de publier près de cent cinquante vers de cette dégoûtante production. Telle qu'elle est, elle sert au moins à montrer que les versificateurs de cette époque n*avaient pas plus de dispositions pour la satire oue pour les autres genres de poésie, puisqu au lieu de ces saillies ingénieuses et de ces traits fins et délicats, que ce genre exige, ils ne savaient r[ue trempei leur plume dans le fiel et lui faire écrire les injures les plus grossières. Quoique cette pièce précède les deux autres dans le manuscrit dont nous avons parlé, et qu'elle ne porte pas de nom d'auteur, il va beaucoup aapparence néanmoins qu'elle appartient au même poëte.
On y reconnaît le même génie; elles ont été composées dans le même temps, puisqu'il
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étiX erident que la dernière n'tt éié publiée que peu d'années avant la mort de l'abbé Yves, arrivée en 1094.
NICOLAS , auteur d'une Lettre à Gérébert. est probablement le sous-prieur de Saint-Victor, qui portait v.e nom et qui mourut en 1180. £a effet , cette pièce est immédiatement suivie dans le recueil de Duchesne de plusieurs autres lettres, qui sont écrites par des chanoines de S*aint-Victor, ou qui leur sont adressées. Quoiqu'il en soit, le billet dont il s'agit estd'une bien faible importance. Nicolas allègue ses fonctions pour s'excuser de n'avoir pas écrit à Gérébert, et il se plaint que celui-ci, moins occupé, ne lui écrit pas davantage. Cela toutefois n'empêchera point leur amitié de se soutenir et de n'avoir d'autre terme que la mort. Idem miœ et amicitiœ terminus. Nicolas finit cette lettre comme Cicéron commence quelquefois les siennes. Si valea, bene estf ego f)aleo. Le P. Leiong cite d'après Fciler une ^lose sur VÀpocalypst^ par Nicolas de Pans ; nous n'avons aucun moyen d*éclaircir si ce Nicolas est celui dont noua venons de parler.
NICOLAS. La plupart des biblio^aphes s'accordent pour donner ce nom à un moine du Bec qui publia vers la fin du xi* siècle une Relation des miracles de saint iVicolas, évéque de Myre^ qui se multiplièrent en plusieurs endroits , après qu on eut transféré son corps d'Orient en Occident. 11 s'est glissé une faute dans le passage de de ses Annales où dora Mabillon nous donne une notice de cet écrit. On y lit Ineti/nte undecimo sctculo au lieu de duodecimo, car il est évident que cet ouvrage ne put être publié qu'au commencement du xii* siècle puisqu'il fait mention de la mort du vénérable Gérard, fondateur et premier prieur du munastèrede la Charité"^ sur-Loire, arrivée en 1086. Cette relation du reste n'est encore que manuscrite, mais si fiollandus conserve de nos jours quelques continuateurs, nous la recommandons à leurs souvenirs. £tle est digne de tenir sa place entre les autres monumeiits du sixième jour de décembre, où elle compléterait avantageusement Thistoire de saint Nicolas.
NICOLAS Nuz, auteur d'un poëme sur la
Sremière ierveur de la congrégation d*Afighem, que l'on a conservé longtemps manuscrit dans la bibliothèauede cette abbaye, paraît avoir vécu vers 1 an 1130. Voici le litre de cet ouvrage que nous ne connaissons pas autrement : Eximii viri Kicolai earmina de primitiDo congregationiê Naffliginimisiê fervore^. oc angelis etiam mtremcfa sanfctitmû.
NICOLAS ne noua est connu que par les deux titres de'diaçre et de chanoine de Liège çiu'il se donne lui-même dans ses écrits. On ignore l'époque dn sa naissance ainsi que celle de sa mort. Les ouvrages au'iis nous a laissé» témoignent seulement quil commençait à écrire en 1131 , et qu'H n*avait pas encore déposé la plume en 1143. C'est à la première de ces deux époques qu'il faut
rapporter YEloge d'Alger, qu'il composa du vivant même de cet écrivain , mais après sa retraite dans l'abbaye de Cluny^ pour servir de préface à son Traiùé de la miséricorde et de lajustice.^ous avons deux éditions de cet Eloge, Tune parmi les Analectes de doin Mabillon, et l'autre dans le tome V des Antcdotes de dom Martène.
Le second ouvrage de Nicolas est une Vit de saint\ Lambert , évêque de Tongres et mort martyr en 708. Elle est dédiée à Wederic, abbé de Liessies, à la prière duquel il avait entrepris ce travail. Ce qui lavait particulièrement déterminé à donner une nouvelle vie du saint évêque , c'est que les anciennes, quoique fort accréditées, n'expliquaient pas, selon lui, la véritable cause de son martyre, et fournissaient môinc aux libertins un prétexte d'insuher à ^a mémoire. Ces anciennes Vies étaient au nombre de trois , savoir : l'une , compciséo
f)ar Godescalc, diacre de Liège au viii* siècle; 'autre, par Etienne , évêque de Lié^e au x% et la troisième, par Anselme i chanoine de la même église au ki* siècle. Nicolas, aprè5 avoir promis, dans la sienne, do s'attacher uniquement à la vérité historique, annonce qu'il parlera de la naissance de Lambert, en nommant ses parents, les princes sous lesquels il a vécu, les docteurs qui lui ont appris les saintes lettres ; il promet de raconter les miracles qu'il a faits dans son enfance, les circonstances de son élecliun à l'évêché de Tongres, de son injuste expulsion de cette église et de son glorieux rappel. Il veut décrire sa patience» son bumililé, même dans les circonstances les plus glorieuses , et la manière dont, après la conversion des Tasandres, il couronna une vie toute sainte par le martyre, et enfin, comment le pontife romain connut le moment même où il passa de ce monde à l'éternité. Il indique, comme source où il a puisé Les gestes des Français , la Chronique de Réginon , la Vie abrégée du saint , par Sigebert, les lettres de plusieurs évé({ues, la vie de saint Laudoalde , prêtre, la vie de sainte Landrade, vierge, et enfin des traditions anciennes , mais constantes , dil-il , et uniformes.
Malgré toutes ces autorités , il est difiicile de décider si , dans les points où il s'éiarle des premiers historiens ao saint Lambert, on doit la préférence à son récit. Par exemple*, quand il nous donne pour la vraie et principale cause de la mort du saint, lis prétendus reproches qu'il Gl à Pépin et à ^a concubine Alpaïde sur le scandaie de leuis liaisons, mèrite-t-iJ plus de croyance que Godescalc, auteur presque contemporain • qui garde un profond silence sur ce coujmerce? £t quand il attribue ce sileuccà la crainte de la famille de Pépin , ne peut-on pas lui opposer la liberté avec laquelle la ijlupart des historiens ont parlé de Charles Martel , sous les descendants de ce prinoe7 D'ailleurs, cet auteur ne suit pas toujours ses garants avec une scrupuleuse fidélité, n orne quelquefois son récit de circonslauces
Rie
m: FATROLOGiÉ.
Mid
qtnl piratt «TOir tirées de son imagination :
contre la promesse qu*il a faite en cooimen'
çant, il préfère le merveilleux au simple et
iQ vitorel. En on mot , son ouvragCique
r<*n peot Toîr dans Chapeauville et dans
Bf^ttandos aox passages que. nous citons,
ti<>al plus de I^éioge que de i*Iustoire. C'est
te motif oui a empêché dom Mabiilon de
rinsmr dans le recueil de ses Actes des
fVM/f BénédieHn». 11 se contente de k*emar^
i;ier,f a reproduisant celui de Godescalc»
le$ paàMges oji Nicolas diffère sérieusement
te cet historien
SwKtsUribue encore à notre auteur Thi.s-^
toire dVioe Trûnslation des reliques de saint
Umkrt; mais dom Mabiilon prétend que
m OQTrage ue diffère nullement de celui
csf t pour titre : Triomphe de saint Lambert
ipxs ttjpédilion du château de Bouillon,
Qot>i<)Qe ce récit soit unique dans le marlus-
wi de Tabljaje d^Aulne, d*où Chapeauville
Ta tiré pour le rendre public , il laisse devi-
G^rcvpemlant en |ilusieurs passages la main
d'iia chanoine de Liège * et dans le manus*
crt dont nous venons de parler» il suit
îmmMiatemenl la Vie de saint Lambert t par
Xicriiis; ce qoi Va fait attribuer à cet auteur.
Le svjet do Triomphe de saint Lambert est
k rerouTremeni du chAteau de Bouillon »
l'quisen 1096 par Otbert, évèque de Liège,
f\ ratefé depuis à celte Eglise. L*auteur lait
<!>b4Mla description de cette plai'/equi pas-
•iailors|iour imprenable. Il rapporte en-
taiteqoe Rainald, comte de Bar, s'en étant
«iT'pai^ptrtnse sur le mémeévèquedeLiège,
AilMiiert^o 11 « successeur d'Olbert, forma le
dfSïHQde le reprendre; il vint, en effet,
ra!«é^ren personne, en IIM; mais a))rès
biro des efforts inutiles, il ne vit pas d'au-
trts ressources que de faire apporter au
tiiM\cs reliques de saint Lambert. Aussitôt
^a'eltcs fianirerit, leur présence ranima le
tOQii^iles assiéf^eants et abattit tellement
ct'QidcsissiéjéSy qu'ils se rendireut le 22
iepteoitee« indiclion vi% et la quatrième
■oar% et Fmpereur Conrad U. Nous dirions
idjoard'bm Conrad 111 , mais il est probable
(foe i'Mieor ne compte point Conrad 1" au
B^ibredes empereurs, a moins que le co«
piue o'iit mis un chiffre pour un autre. Du
mi«, ces <}ates qui se lisent en tèle de Tou-
▼n^sont exactes et se rapportent , suivant
Aibérie de Trois -Fontaines, à Tan 1142.
Celte relation, divisée en vingt-deux chapi-
^s, est écrite avec beaucoup d'ordre , de
prtcision etdejngement. Elle est intéressante
pour rtiisloire de Liège et de Bouillon.
flICOLASt prieur do Monl-anx-Malades^ c*«st-è^re d*uBe oommunaulè do chanoines rè^oliets cbacgés du service d'un hèpital Btaéaox portes de Rouen, ne nous est guère Qnuo que par une transaction qu'il souscrivit sous ce titre en 1160, et par qiielqueâui€s de ses lettres qoi nous ont été conser- ^éet panoi celles de saint Thomas de Cantodïérj. Mais il jouissait par sa place et par tts vertos d'une grande considération à la €o«r do roi Henri II d'Angleterre, et auprès te prélats et des grands de Normandie,
DierioTr^ï. de Patbologir. 1\^
comme on pourra s'en cohvÂihcre par li courte analyse que nous allons donner de ses Lettres.
A l'époque oii l'archevêque de Cantorbéry se réfugia en France, Nicolas employa tout ce qu'il avait de crédit, moins pour faire triompher la cause du prélat, que pour le réconcilier avec son toi. Tel est J'obiet de la cortespondance qui s'élablit entre I illustre
Eroscnt et le prieur du Mont-aux-Malades, 'archevôijue l'avait chargé de remettre de^ lettres à l'impératrice Mathildej mère du roî, et à l'évoque de Lisieux, Arnoul, que le primat d'Angleterre aurait bien désiré met^ tre dans ses intérêts. Nicolas, après s'être acquitté de la commission, rend compte de ses démarches, soit auprès de la princesse; soit auprès de Tévôque Arnoul ; et comme on opposait au zèle au métropolitain les désordres qui régnaient dans le clergé, l'au-^ teur en homme dont le cœur est droit, lui suggère d'aller lui-même au-devant des abus que l'on voulait réformer.
Dans uue autre lettre, datée de l'an 1165, il s'excuse de ne pouvoir aller joindre l'archevêque, parce que le roi d'Angleterre qui se trouvait sur les lieux^ se montrant tou^ jours indisposé contre lui, jusqu'à ne vouloir pas môme entendre prononcer son nom, il y aurait de la témérité h entreprendre ce voyage. Au reste, il Taverlit que ce roi est tellement aux abois, qu'il acceptera la paix avec la France, aux conditions qu'on voudra lui imposer; ce quij dit-il^ pourra le rendre plus traitable à votre égard.
Dans le cours de l'année 1166, l'archevêque de Cantorbéry ayant condamné solennellement les anciennes coutumes d'Angleterre qu'on voulait faire revivre, tt excom^ munie ceux qui avaient fait serment de les observer ou qui les observeraient à l'avenir^ Nicolas lui en témoigne sa joie. Il l'aVertit en même temps que l'archevêque dellouen^ ainsi que les évêques de Lisieux et de Sée± ne se montrent nullement disposés à faire exécuter la sentence; que Ton en murmuré hautement dans le royaume, et qu'on en avait même interjeté apper au Pape. Enfin, il lui suggère les movcns d'entrer en ac^ commodément. L'archevêque, décidé à pousser jusqu'au bout et selon toute la rigueur des canons ses poursuites juridiques contre le roi, chargea le prieur du Monl^aux- Malades de présenter à l'impératrice mère, les. lettres monitoriates et comminatoires qu'il adressait au roi. Nicolas^ dans sa réponse, instruit le prélat de l'effet qu'elles ont produit sur l'esprit du monarque, et des mauvais traitements qu*ii avait faltéprouver aux porteurs età ceux qui les avaient reçues. Il ajoute qu'il en avait été outré au point que personne n'osait plus lui parler en sa faveur.
Jean de Salisbut-y faisait tant de cas du jugement de ce sage prieur, que, dans une occasion où le prélat ne savait quel parti prendre, 11 ne sait lui suggérer autre choses sinon de suivre les avis de frère Nicolas; C'était en effet un. homme de bo^ conseil*:
MC
DICTIONNAIRB
NIC
aussi Temployail-il souvent lui-même. Il rappelle que dans une occasion où il avait à proposer au roi des considérations graves et capables de Teffrayer, et n'osant les lui adresser en personne, c'est à Nicolas qu'il ]ès envoya, aGn qu'il en fit usage dans ses remontrances. Cette lettre de Jean de Salisbury est de Tan 1167 ou 1168, époque après laquelle nous ne trouvons plus rien qui constate l'existence de Nicolas.
NICOLAS n'est connu que par le titre de moine de Saint-Crépin de Soissons qu'il se donne lui-mftme dans sa préracede la Vie de saint Godefroy^ ou Geofroy, décédé évéque d'Amiens en 1115. Cet ouvrage, dont la date souleva une contestation sérieuse entre les savants, nous paratt avoir été composé peu de temps après la translation du corps du saint prélat, qui se Qt le 5 avril 1138. Ce fait résulte pour nous de Tépltredédicatoire adressée à Rothard qui fut remplacé en 1140 dans sa dignité de doyen de TEglise de Soissons. Dans un prologue qui suit cette iiédicace, l'auteUr proteste qu'il n'a rien omis pour s'assurer de la vérité des faits <{u'il va rapporter. Il n en savait, comme il J avoue, que très-peu de choses par luimême; mais il avait consulté trois hommes vénérables parfaitement instruits de tout ce qui concernait la personne de Godefroy, et témoins oculaires d'une grande [)arlie de ses actions. Le premier était ce Rhotard dont nous venons de parier, neveu du saint et élevé auprès deluijusquà utià^e avancé; le second, Reniger, moine de Saint-Quentin, qui avait été également son disciple; et le troisième, Gislebert ou Gilbert, personnage d'une probité reconnue, l'ami de Godelroy dans tous les temps, et son Qdèle compagnon dans tous ses voyages.
Mtilgré ces précautions et ces autorités, la narration de notre historien ne laisse pas 4le donner matière à la critique. On lui reproche surtout d*avoir avancé contre Tabbaye de Saint-Valery une des plus atroces calomnies et des plus invraisemblables qui se puissent imaginer. Son absurdité cependant n'a pas empêché les ennemis de l'ordre monastique de la rebattre souvent et de la retourner de toutes les façons pour lui donner un air de probabilité. Nos lec- . leurs ne trouveront pas mauvais, puisque l*occasion s'en présente, que nous en re-
Ïroduisions à notre tour la réfutation, oici d'abord le fait, tel qu*il est rapporté pur notre historien.
Saint Godefroy, dit-il, dan.s le cours des visites de son diocèse, étant descendu dans une i^ise dépendante du monastère de Saint-Valery, les prêtres du voisinage lui apportèrent des calices et des ornements pour les bénir. Les moines, en étant informés, accoururent aussitôt pour s*opposerà cette bénédiction, en soutenant que l'évêque d'Amiens n'avait aucune juridiction lur leur territoire. Le saint leur répondit avec douceur que le droit de consacrer les vases de J'auteî raccompagnai! partout où il K* trouvait. Mais voyant que ses remon-
trances ne pouvaient les fléchir, il aii mieux céder et se retira. De retour chez ii son premier soin fut de convoquer si clergé, pour lui exposer J*Afrront qu*il v naitde recevoir. Le synode indigné ne h langa point à faire citer Tabbé de Saïc Valéry. L'accusé comparut. Mais à l'aii d'une (luantité d'or qu'il répandil secret ment dans l'assemblée, il vint à bout dN corrompre les principaux membres ot de!
mettre dans ses intérêts contre leur évéau Piqué d'une si lâche trahison, Godefr^ porta l'affaire au tribunal de Manassès, a| chevèque de Reims, qui tenait alors t grand concile dans sa ville métropolitaini L'abbé s'y étant rendu avec ses moines, | bourse encore mieux garnie que la pn mière fois, se plaignit que l'évêque vouh attenter sur les droits de son monastère, fi même temps il produisit des lettres d Rome qu*il disait anciennes, et pria l'arche vêque d'en ordonner la lecture. Penda^ que tous ceux qu'il avait séduits s'elVol çaient d'y applaudir, Godefroy, sou pçonnar] quelc|ue supercherie, en demanda la curn luunication. Tous ses soupçons se trouva) rent conGrmésau premier coup d'œil. Pou convaincre de la fraude tous los assistants il n'eut besoin que d'en frotter le titre di coin de sa robe, et alors, au lieu d'une écri* ture ancienne qu*il présentait, on vit para! tre des caractères nouvellement tracés. Le^ moines, couverts de confusion, ne trouYèj rent alors d'autre issue que d'en appeler aij Saint-Siège. Quelque illusoire que fût cel appel, le saint prélat voulut bien y déféreri Les deux partis se mettent en marche in^ continent pour Rome ; mais les moines plus diligents arrivent les premiers. L*ur dont ils s étaient munis produisit le même ellet è Rome qu'à Reims et à Amiens. Ils emportent l'affaire d'emblée, et reviennent triom- {thants. Quand Godefroi parut, les ofliciers de la rour romaine voyant qu'il n*apporîait que des raisons, firent concert pour lui reprocher de yexer injustement l'abbaye Ue Saint-Valery. Le bon évêque frustré dans son espérance partit tranquillement pour aller accomplir un vœu qu'il avait fait à saint Nicolas de Bari. Mais en repassant par Rome, il trouva le Pape (c'était alors Pascal 11) mieux disposé en sa faveur, sur ce qu'où lui avait rapporté de la sainteté de sa vie depuis son départ. Alors il fut écouté dans ses défenses, obtint pleine justice et remporta des lettres pour contraindre les moines de Saint-Valery à lui obéir en tout, comme à leur père et leur pasteur. Depuis ce temp^* ajoute l'auteur, i*£glise de Saint-Valery demeure soumise à l*évèque d'Amiens, ts to Umpore.,.. paret episcopo Ambianem*.
Tel est en abrégé le récit de Nicolas. l>isous un mot maintenant des raisons qu'un lui oppose. D'abord, on ne trouve aucune mention de ce fait, ni dans Yves de Chartres le conseil de Godefroy et l'un des plus zélés adversaires des privilèges monastiques, ni dans aucun auteur contemporain. Ensuite, l'histoire en elle-même ne présenta qu'uu
Une
bE PATROLOGIÉ.
NIC
ti559 de conlradictiuns^t d'absurdités. D'abord IssédacIJon des trois clergés d'Amiens, deKeimsetde Rome* est une chose incomiirébeasible et sans exemple. Quelle ip^Qce, en effet, qu un si grand nombre de personnes qui faisaient profession de }>n}Lilé|Se$oient oubliées au point de sarn&ri an Tii intérêt leur honneur, leur riiOiciVnce et les droits de Tépiscopal. Hais eo les supposant capables d*un crime 3.issi honteux, comident les fonds d-uné lO.mqui n'a jamais iiéssé pour opulente, finni^flt-ils pu suffire à satisfaire leur avidué! Cerlainement p plus la fraude dont (^Q poQRuivait la réussite était énorme, piusdeiaient être chers les suffrages que ioQntarchaodait pour assurer son succès.
U louiefois, ce u*est encore ici que le moindre des inconvénients qu*il faut dévonfft en adoptant le récit de notre historien. Ucondttiie qu'il fait tenirà l'abbé dcSaint- Yilerj^est tout autrement difficile & croire ; t'W se dément dans tous ses points. D*un c:iM*es( un supérieur qui prétend ne re- ^«Ntrquedu Saîni-Siége, et de Tautre, il <Hi9rei«nirésistanceà la citation de l'évèque di^raia Traduit ensuite devant le roélro- ;Mi{jia,iiol}éîtavec la môme inconséquence. Ab'5 qo'apporte-t-il avec lui pour justilier »preteoiion? Un titre fabriqué si récemtotQi'fuei encre n'avait pas encore eu le tfQ;« de sécher. Nous en appelons à tout i;oauDeiin|)artial et de bon sens, n*est-C6 pis là le comble de la déraison? Les partions de ce récit, eux-mêmes, n*ont pu se uiïiyimoler cet endroit faible de Thisloire de Nicolas. Aussi leur imagination s*est- Hl^^éjuiséepour le colorer par de spécieu- ^ interprétations . Mais de toutes les tourt^'jr^i|tt'iis lui ont données, il résulte tou- /^«t<tn dernière analyse que les moines *t îaiw.Valery fureniassez négligents pour •iifttûte jusqu'à a dernier moment h forger i« utre casiaiiel à la décision de leur pro- «*; Msn Ignorants pour ne pas savoir i^onirpirquelque^arlilice simple et facile ** ^P §ni»iie Iraîcheur des caractères, ^^t laijinnJents pour aller présenter ûeiHHiémesleur ouvrage à des juges qu'ils «*ttfaitoi|>asdû reconnaître, ei quavec <£>utu:liees[aussairesnial habiles se virent ^ur Je point de triompher. Connalt-on les mjtutâ quand on admet de telles supposi^
1^ partisans de notre historien ne stfhi R^ooins embarrassés pour sauver les aua- ^•'uoisaies qu*on lui reproche par rapport 'ttfaU que nous examinons. En quel temps ^ Uot te concile de Reims dont il parle? ^imd l'évêque d*Amiens entreprit-il le ^.^•^edeRome? Combien de temps fut-il *^Qi de son diocèse» Ce sont des points ^lesquels ils sont aussi peu d*accord en- J'^euii que Nicolas Test avec lui-même, ■tis sans nous engager dans ces discussions lui buus mèneraient trop loin, tenons à la 'j^nciusioa de son récit. « Depuis cetempsj "î»^»^l labbaye de Saint-Vaiery demeure •^umise k la juridiction de l'évêque d'A-
miens. V Voici des titres qui. lui donnent là-dessus un démenti formel. Le plus ancien seul est capable de réduire & riéant toute sa i^élation. C'est, le croil'a-t-bn , Pascal II, sous le pontificat duquel on placç Taventure de Saint- Valéry, c'est ce même Pape qui, le premier , confirma l'exemption de ce hionaslère, accordée originairement par Benoît VU. Sa bulle à ce sujet, datée deBékiévcnr, le h mars de l'an 1100, et publiée par domldabillon, fait l'éloge des religieux, sans présenter le moindre vestige de contestation entre eux et l'évêque d'Amiens. C» ne fut que soixante ans après qu'ils commencèrent à être inquiétés p^r Robert, successeur de (lOdefroy. Ce prélat atlàqua d*«iboitl la possession. Le Pape Alexand^e III, saisi du procès, nomma des commissaires sur les lieux, pour entendre les témoins produits rcspei:tivement par les parties. L'enquête fut concluante pour lès religieux. Elle prouvait que, de temps immémonal^ ils relevaient immédiatement du Sainl-Siége.
En conséquence» le Pape rendit, le 20 mars 1169, une sentence par laquelle il les confirmait dans la jouissance de leur exemption. Nullement découragé par cet échec, Tévêquc d'Amiens ne fil que changer de batteries. Il reprit l^affaire et somma les religieux de représenter leurs titres. Il fut proiiiptement satisfait; mais on ne voit pas qu'il ait allégué pour sa part autre chose que le droit commun ; preuve qu'il ne connaissait pas le prétendu rescrit de Pascal en faveur de saint Godefroy. Aletaiîdrel'ii^noraitpareille* ment, puis(|ue, dans sa bulle de la même année, il déclare qu*à l'exemple de se3 pré-* décesseurs Benoit et Pascal, il met sous la protection des saints apêlres l'abbaye de Saint- Valéry, et impose la-dessus un silence perpétuel à l'Eglise d*Amiens. La querelle se renouvela deux fois dans le siècle sui* vaut, et deux fois elle fut terminée à 1 avantage de Tabbaye de Sainl-Valery, par les jugements contradictoires d'iuoocent II! et de Grégoire IX.
De tels monuments réunis h des raisontiemenls si palpables contre la narration d'un écrivain isolé, ne doivent-ils pas infirmer ses assertions dans l'esprit des lecteurs judicieux et non prévenus. Qu'on nous permette encore une réflexion. La Vie d$ $aint Godefroj/f telle que Surius Ta donnée» de quel poids est-elte et quel degré d'estime peut-elle mériter? L'éditeur déclare quii en a changé la diction et retranché plusieurs
{massages. On sent déjà combien une telle icence affaiblit l'autorité de cette production. Mais l'original qui avait servi oe guide à Surius ei qu on ne retrouve aujourd'hui nulle part, doù avait-il été tiré? que» était son flge et les autres caractères qui servent h faire juger du mérite d'un manuscrit? Il est certain^ par plusieurs fautes de chronologie que l'éditeur a conservées, qu<î l'ouvrage avait déjà beaucoup perdu de sa pureté primitive en passant par les mains des copistes. Mais qui nous garantira que la faute ne se soit pas jointe à 'a négligenctf
NIC
NIC
et qa une main infidèle, 'en haine de l'abbaye de Saint-Va1ery, nait pas intercalé dans la Vie de saint Godefroy le trait c|ui fait l'objet de notre critique. Y a-t-il lieu d*en douter après le témoignante de dom Mabillon, qui nous assure avoir vu dans l'abbaye de RougeVal, près de Bruxelles, une autre Vie manuscrite de saint Godefroy, dans laquelle on ne trouve aucun restige du fait de Saint- Valéry?
Il faut néanmoins rendre justice h notre historien. Au milieu des altérations et des interpellations qui défigurent son texte, au milieu des préjugés qu*il adopte fréq^ucmment, il est aisé de s'apercevoir quil ne manquait pas de talent pour écrire. Son épîtredédicatoire, que Sunus a eu au moins Je bon esprit d'épargner en la reproduisant, fait réloge de son style. Le corps de l'ouvrage est semé de passages des auteurs qu'on a;)pelle classiques, ce qui montre
3u'il avait fait de bonnes études. Il professa ailleurs une piété sincère, et par les couleurs dont il peint les vertus du saint évè- <]ue d'Amiens, il excite vivement à les imiter. C'est ce motif qui a déterminé Arnaud d'Andilly à traduire cette pièce et à lui donner place dans son Recueil de^ Vies de plusieurs saints illustres^ Paris, 166&>. Les solitaires de Port-lloyal en ont détaché un fragment pour l'insérer dans leur ofGce du saint Sacrement.
Nous n'avons aucune lumière sur les autres circonstances de la vie de Nicolas ni sur l'année de sa mort. Il est probable cependant qu'après s'être posé corume auteur, dès l'Age de vingt-cinq ans, il ne s*en est pas tenu à la seule composition dont nous venons de parler, à moins qu'une mort prématurée ne soit venue l'enlever à Téiude et aux travaux de la littérature.
NICOLAS, moine dcSaint-Alban, que Ton a souvent confondu avec celui de Moutier- Kameydontuous parlerons à Tarticle suivant, è cause du séjour que ce dernier Gt en Angleterre, n'estconnu que par une discussion qu*il soutint contre Pierre de Celle, en faveur de l'immaculée conception de la sainte Vierge. Ce religieux voulait établir comme un dogme cette vérité si heureusement déCnie de nos jours, et il avait composé sur ce sujet un écrit qui avait donné lieu à Taltercation dont nous venons de parler entre ces deux savants. Plusieurs années s'étaient écoulées sans que de part et d*autre on eût repris la plume, lorsQuerabbédeSaint-llemy écrivit au moine Nicolas pour savoir s'il persévérait dans son sentiment. Nous n avons pas sa réponse ; mais on voit par la réplique de cet abbé, que bien loin d avoir cnangé d'opinion> le savant anglais l'appuyait de nouvelles preuvesetsi multipliées, que lui-m'6me n'ayant paa |e temps de reprendre en détail tout ce que Nicolas a avancé, se borne à relever les principaux points de la controverse; « à condition, dit-il, que la paix ne sera point troublée entre nous,etquenoussupporteron8 patiemment de part et d'autre les termes un |ieu durs qui pourraient nous échopper. »
Cette précaution n'était pas superflue, c les termes n'avaief)t été ménagés d'auci côté. Après ce préambule, Pierre de CpI entrant en matière, se déclare |*our le sei timent de saint Bernard, et dit (fue t'opini( contraire n'est appuyée ni sur l'Ecriture, i sur la tradition, et que l'Eglise romaine, d'ai leurs, n'a rien prononcé là-dessus. Il blâa Nicolas du peuae respect qu'il témoigne pot la mémoire de saint Bernard ; et, à ceUe o rasion, il fait un grand éloge de ce5ainte(( tout Tordre de Cîteaux. Mais , dans le vrn il va plus loin auc le grand abbé de Clai vaux, en prétendant que Marie, avant d'avo conçu le Verbe, a senti, non pas, h ia w rite les premières amorces de la concupij cence, mais les empêchements de la fraj^il. humaine ; ce qu'il lui parait nécessaire d'à mettre pour dire qu'elle a pu mériter c démériter.
Nicolas, comme de raison , fut choqué d ces paroles, qui lui parurent une injui envers la Mère de Dieu; il prit la plun j>our les réfuter, v Puisque notre «mi Piern dit-il, sonne aujourd'hui de la trômpeitc pour persuader que la Vierge a seuil I pé(;hé, et en le sentant l'a comhaKu, il t m'est plus permis de dissimuler ; la palieiu! m'échap[)e, il faut que j'élève ma voii pou combattre une telle assertion. » Venant saint Bernard, il dit qu'ayant été mi depuis peu au nombre des saints , il n'e: plus justiciable des hommes; mais si To ne peut plus douter de sa gloire , il est m jours permis de disputer sur ses écrits. I apporte pour exemple saint Cyprieu, ûot toute l'Eglise révère la uiémoire, sans adi.p ter cependant toute;^ ses opinions. 11 ene.s de môme, ajoute-t-il, de saint Bernard ; ils sainteté reconnue ne m'oblige nulleiLeii à penser comme lui sur la conception, i prétend même que les Cisterciens avaici abandonné son sentiment; et il rappoite, ce sujet, une vision d'un frère convers d Clairvaux,h qui saint Bernard apparut apr<^ sa mort, revêtu d'un habit blanc comme J neige, mais qui avait une tache rousse à i jtoitrine. Le irère en ayant demandé la rai son, le saint lui répondit :<iC'estla marque d
ce Que j'ai souifert en purgatoire, pour avoi mal écrit sur la conception de Marie. > Ceti vision, ajoute Nicolas, fut mise par écrit ( envoyée au chapitre général de l'ordre; ma les Pères de Cîteaux la brûlèrent, aimai mieux porter atteinte à la gloire de Mari qu'à la bonne opinion dont jouissait t^ali Bernard. C'est ce que Nicolas déclare avo appris de quelques Cisterciens vertueux ( savants.
Venant ensuite au fond de la question, avance que la sainte Vierge a triomphé d tous les viceis, non pas en les combaiini tous, mais en n'éprouvant le senlimdnt d ai cun. « C'est même, dit-il, ce (lue Tab' Bernard, sur l'autorité duquel vous voi fondez , a écrit et pense. Car la raison po. laquelle il approuve ia i'ële de la Nativité t Marie, c'est que celle qui a été conçue dai le péché, selon lui, comme tout le gem
tac
NIC
luoiaio, est née sans péché , par une grâce
irconlée à un trës-pctil nombre d'hommes,
(^r, ûcDe est née sans péché, conséquem-
Dient elle s vécu sans péché ; cl*où il suit
(DcOTt qoelle guilte ce monde sans avoir
rp$seati les atteintes du péché. Mais, dites-
Toa5, file a ressenti le péché, sans cuntrac-
irr la Udie du péché. Voilà, je Tavoue, ce
aufjecc comprends point. Si tous enten-
ikpir fà quVIle a éprouvé la peine et les
5o.':e$ du péché originel, comme la faim,
ias^JtUe froid et les autres misères de la
T;e,Hi est vrai; et, cela, joint à une grande
cUritèel h une pureté incomparable, a dû
luBW pour lui acquérir des mérites , sans
Uxeiireaut prises avec le démon deTim-
jrwrf. « Sur ce que Pierre lui avait repro-
r.t Je soutenir une opinion qui n'est point
fxiJi^sflr la ^«role divine , il répond : « Si
)'nri> quelque chose de la Vierge que je
mie point lu dans le canon des Ecritures,
a[ieodiaicela est à la louange de la Vierge
ri de 500 Gis; et à l'occasion des Ecritures
.ic^oiiues, j*écris ou des choses vraies i
qj«i*.]uenou évidentes , ou des choses vrai-
K^ili4Mes et très-catholiques. On f)résume
luri&geusement de la Vierge bien des
6j<$es<{u*on ne lit nulle part, et on doit
Ben leoir à ces présomptions, jusqu'à ce
qne !« contraire soi t prouvé.
Ceileletiro ne ferma pas la bouche à notre
iiU;il Y répondit par une autre lettre en
R'r de laquelle il prend le titre d'évéque
tia de Chartres. « Dans la lettre très-mor^
diate()oeTOusm*avez écrite, lui dit-il, vous
f4tl«î5dessYllogisaaes très-sublils, ou plul6t
Of^ [aralogismes , car vous n'avez pas pour
f'^*i» la lérité. » 11 lui reproche d*avoir mis
tnjpàna des choses capables d'alarmer la
T'tidetir. Il fait ensuite une profession de foi
\?ts-iî«re sur les prérogatives singulières
dtWe. Il prétend que leur dispute est
JD'j^tt^ d»n$ les choses que dans les mots,
pui&;iilU étaient Tun et l'autre également
«étoatsTO coite de la Vierge. Néanmoins,
•jou/MHl,iiTa cette difiérence entre vous
«fflo/,gueje m'attache au vrai et au solide,
B'i iiea yœ tous ne . cherchez qu'à accré-
«îiierlesidéçsde certains dévots aux dépens *
^ l*Ti'rité. H en donne pour preuve ces
lAwlti de Nicolas : « Comme le Fils est tel
4ti^ ie Père dans le ciel , de même la Mère
pntiie(|oele Fils sur la terre. » « 0 notre
wa^e, s'écrie à ce propos Pierre de Celle,
pfJonnez-lui ces paroles qui doivent infi-
î«ieol vous déplaire. N'Ôtes-vous pas la
J*^«nle ainsi que la mère de votre fils?
jwyeux oe sont-ils pas dans les mains du
»i;ûcur votre fils, comme ceux de la ser^
^iQJe sont dans les mains de sa maltresse?
Jii or de l'Ethiopie ni les précieuses tein-
ftirMderiDiie ne peuvent être -comparés
»':*Fi'3, parce que oui ne s'est trouvé sem-
|:>bie à lui sur la terre; il est le seul et
' ^^^^t, et il n'est personne au monde qui
^^i^ Aller de pair avec lui. Il vous suflit^
•»««rge sainte, d'être assise à sa droite,,
^ à titre ifégalité de condition , mais à
"»0Q de la gloire et de la féUcité stable qui
vous est commune à l'une et h l'autre. »- Cette lettre, mêlée de politesses et de duretés, finit par demander pardon à Nicolas de ce qu'il peut y avoir vu d'incivil et de choquant, il lui témoigne ensuite le plaisir qu'il éprouverait à voir celui dont il avait admiré les écrits. Nous ne connaissons ricrt autre chose des productions de cet auteur^ Sa Lettre fait partie du livre iv* de la ColleC'-^ tion des lettres de Pierre de Celle.
NICOLAS, moine de Moutier-Ramey et Champenois de naissance, avait embrassé la vie religieuse dans coite abbaye, située & quatre lieues de Troyes. Il s'était fait de son temps une assez bonne réputation d homme de lettres, et on voit ({u'il avait formé des disciples dans cette maison. C'était du reste un esprit insinuant qui sut se concilier Testiroe et l'aiïection des plus grands personnages de son siècle. Dès l'an lUO, il jouait dans les affaires de rEgiiso un rôle as^ez considérable. Il avait assisté au concile de Sens, et saint Bernard le députa à Rome, chargé de ses lettres , pour y poursuivre la condamnation d'Abailard, et prémunir la cour romaine contre les intrigues d'un hom« me qui se vantait d'avoir beaucoup de partisans dans le sacré collège. Nicolas atteste que dans ses fréquents voyages , il s'y était fait lui-même beaucoup d'amis, La grande réputation dont jouissait alors dans I Eglise saint Bernard, lui fit naître l'envie de se re« tirer sous sa discipline. Malgré les obstacles qu'il rencontrait à son dessein, nous le Terrons exprimer dans plusieurs de ses lettres Tardent désir qu'il avait de se réunir & une communauté dont il fait un éloge ma-
f;niQque. C'était en 1U5, avant que Ruaen, prieur de Clairvaux, eût été envoyé à Rome, pour gouverner le monastère de Saint-^ Anaslase, à la place d'Eugène II) qui venait d'être élu Pape. A peine a vait-n fait profession qu'on lui confia l'oflice de secrétaire. Saint Bernard en avait plusieurs, à cause de la multiplicité des affaires dont il était chargé. Le premier était Geoffroi d'Auxerre, au quel Nicolas fut donné pour adjoint, et il' avait lui-même d'autres écrivains sous ses ordres, entre autres un nommé Gérard de Péronne, qu'il appelle le compagnon de ses . écritures.
Pendant qu'il était à Clairvaux, et vraisemblablement avant et après qu'il en fût. sorti, Nicolas faisait une espèce de commerce de livres. Quand il en communiquait quelques-uns, c^étnit ordinairement k condition qu'en lui renvoyant Texemplaire original, on lui en donnerait gratuitement la copie. Il en empruntait aussi quelquefois
Eour les transcrire, et nous voyons dans une îtlre adressée au grand prévôt de l'Eglise de Cologne, pour le félicHer sur le voyage qu'il allait entreprendre à la terre sainte,, qu'il ne craint pas de lui demander sa riche bibliothèque en ces termes : t Ayez soin de laisser aux pauvres de Jésus-Christ, afin qu'ils prient pour vous obtenir un heureux TOyage, votre plus précieux trésor, je veux, direi votre magnifique bibliothèque» pouX:-
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laquelle vous n*avcz épargné ni dépenseSi^ ut soins. 9 Nicolas, en se dévouant à la soli-f tudo de Ciairvauxy ne perdit pas do vue les amis distingués et nombreux qu*il s'était faits dans le monde. Non content de leur écrire des lettres, il cherchait toutes les occasions de sortir de sa retraite pour les aller voir. En écrivant à Pierre le Vénérable, il redouble d'instances pour qu*il lui obtienne de saint Bernard , la faveur d*ailer à Clunjr. C'était en 11&9, et ce ne fut pas sans peine que l'abbé de Cluny, après avoir écrit
f)lusieurs lettres très-pressantes, surmonta a résistance de l'abbé de Clairvaux. Voici la Gn d'une de ses lettres qui contient un éloge de ce moine, tel que l'attachement le plus sincère, la reconnaissance la plus vive et le délire de l'amitié peuvent seul l'inspirer. « A quoi se réduit ma demande, dil-il à saint Bernard, en terminant? Es(-ce ^uç je vous demande d'appauvrie pot^r moi vos greniers et de prépare sur yos trésors si vous en possédiez? Non, tout ce que je vous demande^ c^sl de m'envoyer Nicolas. Envoyez-moi Nicolas. »
Eh bien ! ce fourbe dont cçs deux grands personnages avaient fait leur contident, trahissait son supérieur et trafiquait du crédit que son mailre avait dans l'Eglise, en contrefaisant à son profit de fausises signatures. Voici le portrait que fait de cet hypocrite, saint Bernard, dans une lettre quM écrivit au Pape Eu|iène, après que ses fourberies curent' été découvertes, et le coupable obligé de preudre la fuite. «Ce Nicolas que vous connaissez est sorli d'entre nous, r^arce qu'il n'était pas des cotres; il est sorti, laissant après lui de honteux souvenirs. Il y a longtemps que ie connaissais le personnage; mais j'attendais., ou que Dieu le convertît, ou qu'il se trahit lui-même comme Judas , ce qui est enfin arrivé. Outre des livres, de l'argent et plusieurs pièces d'or, on a trouvé sur lui, à sa sortie, trois cachets : le sien propre, celui du prieur et le mien, non l'ancien, mais le nouveau, celui que j'avais fait substituer au premier à cause de ses fourberies et de l'abus qu'il en faisait lorsqu'il pouvait le dérober, x^ Il lui rappelle que aans une lettre précédente, il lui avait fait sur son compte bien des révélations, ros^is S(in3 le nommer; puis il ajoute : « Qui peut dire combien en mon nom il a écrit de lettres^ dans lesquelles il a mis, ^ mon insu tout ce qu'il a voulu? Que nç puisîe purger votre cour papale des immondices de ses impostures I Comment my prendrai-je pour laver ma communauté des reproches que sont en droit de lui faire tes personnes que ce fugitif a trompées, (^uoiiju'elle en soit bien innocente? Il a été convaincu eh partie, et il a confessé d'ailleurs qu'il vous {ivait écrit plusieurs fois des choses fausses. le m'abstiens, {)our ne souiller ni mes lèvres ni vos oreiU es, de parler de ses infamies, qui sont si connues que tout le pa^s se les raconte. Ç'il va vous trouver (car il se vante' d'avoir de bons amis k la cour), souvenèz-vous d*Arif^9{ui de Bresse, il est encore plus inéchai^t
qu'Arnaud. » C'était prendre le Pape p^
I endroit le plus sensible. Enfin il est d*av^ qu'on enferme Nicolas pour toujours, ou dl moins» qu'on le réduise à un étemel s] lence.
Ceci se passait en 1151. On croit commii némenl que pour échapper à l'orag*^, e moine passa'en Angleterre, mais sans qu'oi
[)uisse déterminer d'une manière certaîni a retraite qu'il y choisit. 11 paraît qu*aprè bien des courses, il revint à san preniic^ monaslèrc de Moutier-Ramey, où, mali5r la forte atteinte portée par lui-même à sol honneur, il jouissait encore auprès île! grands et des personnes en place d'une assel grande considération. Nous avons du Pajïj Adrien IV deux lettres qui lui sont fort hoj norables et dans lesquelles il l'appelle soi cher fils, et lui témoi;;ne une grande afTcc! tion; une lettre du Pape Alexandre III, cjj î'anhée 1160, prouve que le moine Nicolaj avait beauco^up ag\ pour le faire reconnaîtra en France, malgré les efforts de l'aptipap^ Victor, appuyé par l'empèrei^ç d'^llemagnOi Le Pape le remercie de tout ce qu'il a fdij pour lui, et l'exhorte à continuer ses ins^ tances pour lui gagner d^s partisans. Il lii| annoncé qu'il Yo recommandé par des leti très parlicuiières h l'évêque dé Soîssnn."^j Hu:5uesdeChampnenri,^chanceIierdeFrancej h Samson, archevêquede Reims, et à Henri le Libéral , comte de Champagne. Il paraîl qu'il sut tirer parli^dc ces recommandations! car nous va,/)ns par une lettre d'Arnoul, évoque de Lizieux, que Nicolas rem plissait, dans la maison du cotnte, un em ploi qui ressembJe beaiîcoup à celui de se^ crétaire ou de chancelier; mais, ce qu'il y a de fâcheux pour lui, c'est qu'il s'agit encore, dans cette lettre^ d'tin^e falsification de signature et d'escroquerie, que Nicolas vou^ lait faire retomber sur un jeuiu3 ecclésiasli^ que du diocèse de Lizieux^ qu'il avait attiré auprès de lui. Nous ignorons s*il se tira de cette affaire avec honneur, aii^h il e2>l certain qu'il retourna dans son monastère. Si Ton en excepte une lettre ad^^ess^e à Guillaume de Champagne, élu archevêque de Reims en 1176, c est le dernier trait que nous connaissions de la vie de Nicolas ;i| était digne de la couronner. Aucun monui ment ne lious apprend l'époque de sa mort^
II lie nous reste de lui que des lettres etdeâ sçrmo'ns.
Lettres.— Ses lettres, au nombre de cin^ quante-cihq, ont été recueillies par lui-raôJ me, à la demande de Henri ,• frère du roi Lôiiis le Jeune, alors religieux à Ciairvaux. Ce sont celles qu'il écrivit pendant le sé^ jour de quatre ou cinq ans qu'il Ut dans ce monastère, et toutes respirent i^ ferveur viraiaoïi simulée dont il éta^tanimé pour le nouyeâi; genre de vie qu'il avait embrassé, Quoiqiîe presque toutes asc^.liques çt dénuéés'd'nn intérêt majeur, elli\s ne sont pas tout à fait indifférentes pour l'histiure litté-' raire' de l'épQque où il écrivait, et surtp.ut pour l'histoire de Tordre de Clleaux, qui le^ tait aloifs d^as toute l*Europ6 une lumieN»
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D£ PATROLOGIfi.
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édalaola^ Déds la première, qui sert de prébce à toates les autres, Nicolas parle trèsluodestement de son style. 11 J'adresse à Heori de France et à Gérard que nous Ta- TOQS Ti silleurs appeler le compagnon de scsfcritiires, pour leur dire qu'il consent à irseflfitre dépositaires, mais à la condition aueWts se seront pas rendues publiques.
te^telmt est datée de Tan 1149, c*est-à« ojrf mot que le prince Henri eût été prowuiréTéchéde Beaurais. Dans le compte que flOQS reiidnms des autres» nous dirons keuleineot ou mot des pïus intéressantes. U lettre quinzièrae est écrite k un de ses coofrèns de Moatier-Ramey» dans le desi(u (ie l'attirer à Clairraux. II lui dépeint r'ieid le genre de rie que i'on j mène et ."fsipioi doot on l'ayait chargé. « Vous sa« nz,iai dit-il» que je suis parmi des homoe^ chez qui la discipline régulière, la grattié é^ mœurs, la maturité des conseils, Kjoinpa^ées d*une dignité et d*une tacitiRiité iiD(K)sante, sont dans toute leur vii:«ur. Tandis qu'ils ne sont occupés que de bifiiseul, je voudrais lûcn ne pas me sinfijmcf, et n*étre pas obligé de manier le lUiel et les tablettes, pour courir de nouvriuitirès les belles phrases et la pompe (ie9fli*;lt. Ceiicndant je ne fais autre chose dti noiin au soir. Que Dieu le pardonne kcctaqui m*ont imposé un tel emploi, ti^ii m'ont mis dans la nécessité d*éfn>;sias cesse des lettres et des réponses.» Cet ami lui avait envoyé des vers de U (s){npû$iiion d*un de ses confrères, nommé Gniier. Nicolas répond qu*il ne les a pas lus rt qu'il ne* les lira pas, parce qu'à CiairriBi la lecture des poésies est délenm,
>Qs II lettre suivante adressée & ce Gau-
^i)^i» homme de grande espérance qu*il
t^^boéet auquel il parait fort attaché,
i*i»i II description de son laboratoire.
• 1 iijiil-iiClair vaux, un petit cabinet pour
«nre,fcr(]»(trio/]ifn, entouré de tous côtés
^ijiiiûnUHm ràlestes... Là, sous une dis-
«Pijfle (Tb-exacte, chacun lit en son parti-
WjW/es|jTres saints, non pour faire pa-
MwJewfl savoir, mais pour y puiser Ta-
p^vdusoQferain bien, la componction et
^«♦^îoiion... Ne méprisez pas, ajoute-t-il,
|M petite cellule, car elle est très-agréable
1 voir ei trè»-propre au recueillement. Elle
«5i 'empli de livres bien choisis et divins;
• l^or aspect je suis porté au mépris de
^4ies les vanités du monde, considérant
U tout est vanité, et que rien n'est plus
^*a qae la vanité. On me Ta donnée pour
ï^re, écrire, dicter, méditer, prier et ado-
«'i« majesté do Dieu.
u treDle*neuvième est une des plus i«{«. Elle est aîlressée à Henri de France, ^»-iune maladie avait obligé de quitter Clair- !*« pour aller ailleurs rétablir sa santé, •^î^oUs, en exprimant la tristesso qu'il ^i-1»uïait de l'absence d'un ami tel que lui. |^»e fort ingénieusement l'éloge d*un rm qui, pour son dévouemeni a la vie («iipettse, «tait «lora )*a4mirttioa de tout
le monde. On voitdans cette lettre riniimitë qui régnait entre Nicolas et Henri, et la: haute estime que le prince faisait du littérateur.
La lettre quarante-troisième n'est pas moins spirituelle. Elle est adressée à Hua* len, prieur de Clairvaux, qui avait été appelé à Rome pour gouverner le monastèrede Saint-Anastase, à la place d'Eugène 111,. élu Pape en 1H5. Nicolas avait été reçu par lui à Clairvaux; il lui témoigne en beaux termes le regret qu'il éprouva de l'avoir perdu. A la fin il lui parle d'un couteau d'ivoire, fait de main d*orfévre opère argentarioj qu'il lui envoie. Ce couteau avait un manche de bois d'Hibernie d'autant plus précieux que ce bois avait la vertu do guérir des morsures des bûtes vcniuieuses; c'était un arbre miraculeux que l'on disait avoir été planté par un saint homme (saint Patrice probablement), et que l'on conservait religieusement comme une relique.
Aussi ce ne fut pas sans peine que Nicolas avait obtenu ce bijou de celui qui en était le possesseur
Nicolas n'était pas si concentré à Clairvaux qu'il ne fût en relation suivie de lettres avec deux hommes célèbres de son temps, Pierre, abhé de Moutier-la-Celle, près Troyes,' et Pierre le Vénérable, abbé de Cluny. Les lettres 2^», 28, tô, 49, 52, sont adressées au premier de ces deux ()ersonnages. Dans la première il lui envoie deux ouvrages du saint Bernard, qu'il venait de mettre au net. Il le prie de les faire transcrire le plus tôt possible, et de lui en procurer un exem-
flaire pour son usage. Dans la seconde, il ui donne des avis pour le gouvernement du son monastère, qui, selon la peinture qu'il en fait, était dans un état déplorable. A la fin, il lui recommande un maître Jean, que^ nous croyons être Jean de Salisburi* Dan$ la troisième, il se plaint qu'une lettre à lui; confiée pour un jeune religieux do Moutier- Ramey, eût été remise à l'abbé,, qui sans*, doute V était assez maltraité, comme il lest, dans la trente-huitième ({ui roule sur la même sujet. La lettre suivante est fort curieuse. Elle contient les réflexions que Nicolas avait faites sur les misères de la vie humaine, pendant le loisir que lui laissait l'usage périodique de la. saignée,. à.laquella étaient astreints les religieux de Citeaux. En paraphrosant.ce passage du livre de Job : Homù natus.de muliere, brevi vivens tempore^ repUtur muUis miseriis, il avait avancé gue le corps n'étant qu'un composé de parties, est un. être vivifie, ttvens; l'âme étant uno substance simple, est ce qui vit en nous,. viva; mais Dieu, qui est Uite substanee simple et unique dans son espèce, est proprement la vie, vita. Cette distinction donna, lieu à une discussion très-métaphysique entre lui et l'abbé de Ce]le« Celui-ci ne vit dans la distinction de Nicolas que du verbiage et de l'obscurité; il ledit lui-même: il le lui dit sans ménagement dans la lettra
3u'il lui répondit; et Nicolas lui riposta» ans sa lettre cinquième» en appuyant aseea.
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DlCTlONNAmB
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bien sk disUnction de Tautorité de l|amerU CSaudien.
La correspondance que Nicolas entretint arec Pierre le Vénérable, n'esl pas moins honorable pour lui. Parnai los lettres de Tabbé UeGluny, il y en a plusieurs qui lui sont adressées; nne entre autres, dans laquelle il lui recommande une lettre quNI écrivait à saint Bernard pour cimenter Tunion entre les deux congrégations, et faire cesser les petites animosites (\n\ divisaient les Glu-» nistes et les Cisterciens. Nicolas lui répond au*il espérait l'aller trouver bientôt. En atr tendant il lui renvoie deux de ses lettres, avec le traité de saint Bernard : De conside" ratione, U l'instruit du succès qu*avait eu sa décision pour déterminer le prince Henri à accepter Pévéché de Beau vais. Dans une autre leitrcy Vabbé de Cluny l'informedes insiances qu^il avait faites auprès de saint Bernard pour (luilluipermîtde venir passer èClunylesfôtes (le Noël. Nicolas, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, prie le vénérable abbé d'insister davantage, aO^ qu'il puisse au moins passer à Cluny les fêtes de Pâques ; il lui ann nonce qu'il portera avec lui l'histoire d'Alexandre le Grand , et le livre de saint Augustin contre Julien d'Eclane qu'il avait emprunté, pour corriger l'exemplaire de Clairvaux. Pierre le Vénérable redouble d'instances auprès de saint Bernard, et comme Nicolas lui en avait témoigné te déair, il écrivit encore au prieur et au célérier de Clairvaux; enfin il Im mande à lui-même les démarches qu'il a tentées pour vaincre la résistance de saint Bernard. Il y a apparence q^ue Nicolas obtint à la fin ce qu'il désirait si ardemment. Pierre le Vénérable fit en 1150 un voyage à Rome, et ^ son retour» il ne manqua pas dMnstruire de son succès Tabbé de Clairvaux. Aj^ant oublié de faire le môme honneur à Nicolas^ celui-ci s'en plaignit par une lettre que nous n*avons plus, comme d'un manque d'égards. L'abbé de Cluni lui répondit pour le rassurer sur la constance de son amitié; il le prie de lui ménager une enlrevuç avec saint Bernard, et te prévient qu'il a écrit encore, afin qu'on lui permît de le venir trouver. Lh, finit la correspondance avec Pierre le Vénérable.
Nous finirons celle revue que Ton trouvera peut-être trop rapide des lettres les plus intéressantes de Nicolas ^ par ce portrait qu'il fait de sa conduite passée, dans sa lettre quarante-cinquième : « Sous les drapeaux de Jésus-Christ, je cachais un homme adonné à toute sorte de vices, et tout en faisant partie du patrimoine du crucifié, et malgré le prix des plaies de mon Sauveur, je montrais non-seulement au dedans dii sanctuaire, niais même au dedans du Saint ues saints, un moine sans règle, un prêtre .sans retenue, sine' r^erentia^ enfin, je ne me souviens pas d'avoir bien vécu un seul jour de ma vie. » Ce retour sur lui-même ^lait louable sans doute, mais il ne sufiit pas pour devenir un autre homme, de changer d'habit; nous avons vu que tout cela, ^l'était qu'hypocrisie. Oq peut ju^er par les
uelques détails que nous en mr<ms donné u mérite de sas lettres. Elles ne sont guèr recommandables que par le style ; mai elles sont si mal imprimées dans la Bibliii th^e des firts^ que, malgré les soins (| Jean Picard, qui les a éclaircies par des n^ tes» elles perdent beaucoup de leur agr^ ment. La ponctuation surtout y est si v| cieuse, qu'on a bien de la peine à saisir I pensée de l'auteur.
Sermons. ^- Ces sermons sont au nombii de dix-neuf. Dans Tépttre dédicatoire, 1 Henri le Libéral, comte de Champagne, Nj colas dit qu'il les avait composés dans so| jeune âge, et on s'en aperçoit bien à l| manière superficielle avec laquelle il trail ses sujets. C*est un jeune orateur qui coui après les phrases, qui fait des ampliQcatioh de rhétorique et entasse les lieux commun^ Cela i\'a pas empêché qu'on ait attribué plu sieurs de ses discours & saint Pierre Darnie et à saint Bernard, parmi les œuvres des quelles ils ont été souvent imprimés. Nou suivons dans notre revue Tordre queNicola| leur a donné.
Le premier est sur la nativité de sAinI lean-Baptiste; on te trouve parmi lesserj ^lo^s de Pierre Damien. Qom Mabillon qti! l'a réimprimé pa^mi les œuvres supposées (J< saint Bernard , doule qu'il soit de Nicolas parce que Tauteur, au non^bre V", avouequi de son temps l'Eglise ne célébrait d^autrj naissance que celle de Jésus-Chirist et d| saint Jean ; guoi qu'il soit constant, par lei lettres de saint Bernard, qu'à celle époquol l'Ëglise faisait une nouvRile fêle solcnnelH de la naissance de la sainte Vierge et qu^ Nicolas lui-même a laissé un sermon su^ celle solennité. Mais comme elle était aloH d'institution assez nouvelle, il est probable
3ue l'auteur voulait parler de l'ancien usagj e l'Eglise, qui, dans l'origine, no célébrai d'autres naissances que celles de Jésus-Ciiris et de saint Jean-Baptiste.
Le second sermon est pour 1a fêle dei apô.lres saint Pierre et saint Paul qu'il coni^ pare à deux oliviers; le troisièuiei poui celle de saint Benoit; le quatrième, poui celle de sainte Marie-Madeleine ; le cinquiè; me, pour la mémoire de saint Pierre déli vré des liens; le sixième, pour la fêledl l'Assomption de la sainte Vierge;, le seu tièrae, pour celledesa nativité; le huitiè me, pour l'Exaltation de la sainte croix; il neuvième, pour la fêle des saints anjjes le dixième, pour la dédicace d'une église le onzième, pour la fête de saint Victur; Il douzième, pour celle de tous les sainls treizième, pour celle de saint Martin; i quatorzième, pour celle de saint André; li quinzième, pou^ celle de saint Nicolas. Cei deux derniers sont également imprimés par mi les œuvres supposées de saint Bernard On voit que dans tous Nicolas a alFectéd i miter le s^^int docteur, tantpour le style, ci lui empruntant ses expressions les plus fa^ milièrea, que pour le fond et la matii^redl traiter sea sujets,, 11 cite presque toujours l'EcriUir» H^bte daoa un ^en» allégoriqui
NK
se PATOOLoens.
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tl pes bMbivI; mais c« ii*esC qu'un mauvais
co)4sie, qoi reste bien loin de son modèle.
Le seizième serraon» intitulé De Vofoént^
cum itk S§ign€ur et de la bienheureuse
Morii, se trouTe aussi parmi les œuvres
fiubêemeot attribuées à saint Bernard, On j
reiDtrioe cette idée sin.^ulière, que l'ange
Gi^riel lorsqu'il fui envoyé à Marie, était
fDrmir dune lettre contenant /a salutation
à là ïargf^ C incarnation du Verbe^ la pléni-
mitdiUgràct^ la grandeur de la gloire et
UmMitituds de la joie. Il y nile aussi Platon
elArislole. LeUix-SHptiènie fut prêché la
T^liede Noël, CVst le troisième sur la
QAîssttce du Seigneur, imprimé par dom
Hii/iiioa. fiarmi les écrits supposés.
Lr sermon dix-huiiième sur la nais.^ance iaSaureur a été altriliué à saint Pierre Da* mit-neiàsaint Bernard, quoique Tauleur d^e turmellement qu*il a emprunté du seipiearabbéde Clairvanx, les pensées dont \UestserTi« Dom Habillon la réimprimé pius exactement parmi les œuvres supputées. On y voit que Nicolas avait )u avec p'abirles bons auteurs latins. « Aulrerois, (bù',Tu}lius me plaisait, Virgileine chariîiA)l,e*éUiîenr comme deux sirènes qui, pour Oâperte, m'avaient enchanté par la douceur<ie leur voix; mais maintenant tout mVsiinsipide dès que je n'y trouve pas le iwa (le Jésus. ■ Il rai)portc, d*après une ki<oirea|wicr.vphe, que les Romains avaient bii\ an temple d^une beauté singulière, aux cê.(eiisdela ville et du monde entier, en oéuiiiire des victoiFes de leurs ancêtres ; qaafaot deman«Jé aux oracles combien jiuurraii «jurer un si belouvra.;e, la réponse wl'.iiiifK'd ce qu'une vierge enfanl^^ Comme Udubeleur iiarut impossible, ils appelèttfiiee temple V Etemel. Il ajoute que ce V»aflefttt renversé la nuit même où Jésus- Q>n^lviQtaa momie. Baronius, au com- ■^cotuneiit de ses Anmi/ei, réfute ce petit ^ti^iKyirouve que le temple de la Victoire jwimbtûque par Tempereur Vespasien, w^a^^iDiti après la nai&>anoe du Sauveur. ^iHieolAs trouvait Tanecdoto trop belle, jvor li réf oquer en doute. Le dernier ser-» ^ de la collection de Niitoias est sur la «««ie^aint Etienne; il est écrit dans le
p>ûi des autres et nolTre rien de pariicu-^.
lier.
Nicolas, dans sa lettre au comte Henri, se dit anleur de quelques opuscules qu*ii lui eoToie. On lui attribue eqcore quatre ou c^i sermons parmi ceux de saint Bernard,^ sur divers sujets; un Commentaire sut, quel-. ()ues versets des psaumes; des répons et ut^ leçons pour les fêtes de la Croix et de la MJole Vierge; des Séquences ou proses ri-. ^i^ pour i olTu'e de 1 Eglise. On ne trouye plus ces ouvrac^es.
NICOLAS, surnommé le Gr^mmjouvien, succéda à Euslrate sur le sié^e patciarchal ^« Constantioople, vers le milieu de Tan 1^ c*est*ài-dire après que ce pontife eût ttô déposé par ordrede la cour. Nicolas était VI bomme juste» et qui joignait h la piété ^ connaissance asisez étendue 46S lettres
humaines. Il gouverna l*Eglise de Constantinople pendant vingt-sept ans et mourut en 1111. L'empereur Alexis Comnène lui fit faire des obsèques magnifiques. Sous son pontificat, le moine Nil répandit diverses erreurs contre Tunion personnelle des deux natures en Jésus- Christ; et un médecin, nommé Basile, revêtu d*un froc de moine, inventa l'hérésie des bogomiles, empruntée en partie à celle des manichéens, et en partie à celle des messaliens. Ces erreurs furent le sujet de deux conciles auxquels le patriarche Nicolas présida. Nil et Basile v furent frappés d'analhème ainsi que tous leurs adhérents. 11 est fait mention de ces deux conciles dans l'il/eartade d*Anne Comnène. On trouve, dans le droit grec-romain, quelques décrois synodaux de ce patriarche, sur le mariages et quelques autres matières ecclésiastiques; ainsi qu'une Lettre synodi* çue, adressée à l'empereur Alexis, dans laquelle il emploie le témoignage des lois et des canons, pour montrer à ce prince qu'il ne lui était pas permis de soustraire des évèchés aux métropoles. Jean, moine du mont Sinaï, proposa, en 108^, au patriarche Nicolas, vin^t et une questions sur des matières ecclésiastiques^ On les conserve dans bibliothèque impériale, avec les réponses du patriarche et quelques autres écrits du moine Jean.
NlCON surnommé Métanoéite^ c'est-àdire faites pénitence , nauuit dans la province du Pont appelée Palémoniaque, Après avoir passé douze ans dans le tnonastère de Pierre-d'Or, sur les confins du Punt et de la Paphiagonie, voué aux plus rigoureux exercices de la pénitence, il alla du consentement de son abbé, la prêcher aux autres» d^abord en Arménie, puis dans Tlle de Candie et dans lalîrèce. Dieu bénit ses travaux par la conversion d'un gi^and nombre oe pécheurs. On croit généralement qu'il mourut sur la Qn du x* siècle. 11 est honot^é^ comme saint, dans les Eglises grecque et latine, au 26 novembre. I>a Vie fut écrite en grec, vers ItStO, par un abbé du tnonastère qui porte son nom. dans le Péloponèse«. I^e P\ Sirmond l'a traduite en laliu, maisi, on ne la voit point impvitnée dans le recueil de ses œuvres. On i^^t^are t-e que Jîarouius en a fait entrer dans le X' volume de ses^ i4nna/és; mais c*esl de là que Surius a tirôv ce qu'il dit de saint Nicon au 26 novembre.
De la religion impie des Arméniens. — 11, reste de ce saint solitaire quelques écrits,^ dont le plus connu est un traité des erreurs des Arméniens, sous le titre que nous ve^. nous d'énoncer. Quoique les Arméniens; crussent les trois personnes divines capa-. \>les de souffrir, cependant ils n'osaient^ soutenir tout haut celte erreur; mais ils la^ faisaient ^sez pressentir, en joignant trois, croix qu'ils attachaient à un bois unique, comme à un joug, et en baptisant le toutdi^ n,om de la sainte Trinité, lis ajoutaient au, trisagion ces paroles, qui êtes crucifié j^pw^nou^ : enseignant en môme tçmps que le aoiint-Esprit est moindre q^od ù Père et le
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Fils, et quVn Jésus-Christ, les deux natures sont coniondues. Ils se serraient du pain ^zime dans la célébration des mystères, et ne mettaient point d'eau dans le calice. Nieon ajoute qu*ils ne se conformaient nullement aux usages de TEglise pour la célébration des fêtes de Noël, de TEpiphanie» de TAnnonciaiion et de là Circoncision Contrairement ^ux décrets de saint Grégoire le Grand, rév6']ue d'Arménie se faisait ordonner par un autre que par l'archevêque de Césarée, son métropolitain. Il les accuse d'avoir retranché de TEvangile de saint Luc, ces paroles : // lui vint une sueur^ comme de$ jgouttes de sang qui découlaient fuequ* à terre; et de celui de saint Jean, l'histoire de la femme surprise en péché. Ils mangeaient des CBufs, du beurre et du fromage, les samedis et les dimanches de carôme ; el, pendant le restA de la semaine ils usaient de viandes et de laitage. Cependant ils devançaient le carême ordinaire d'une semaine, pendant laquelle ils ne vivaient que de pain et d'eau. l'js célébraient les mystères la tête couverte, et ne rendaient aucun culte aux images, ni même à la croix, à moins qu'ils ne l'eussent auparavant percée d'un clou etbaplisée. Ils observaient les cérémonies légales, bien qu'elles fussent abolies, et enfin ils partageaient les erreurs des monothélites. On trouve ce traité, à la suite des œuvres de Batsamon, dans les notes de Bévérégius sur le canon lvi du concile m Trullo^ dans les Bibliothèques des Pères ^ mais seulement en lalin, delà traduction de Gentien Uervet; mais Cotelier, dans ses Notes^ sur le 2'»* chapitre du second livre des Constitutions apostoliques^ l'a publié dans les deux langue», après l'avoir traduit lui-même.
Lettre sur l'excommunication. -* Ce traité, dans Balsamon et dans la Bibliothèque des PèreSf est précédé d'une lettre de Nicon adressée à un moine enfermé. Cette lettre intitulée : De V excommunication injuste , commence ainsi : « Sachez, mon Père, que les divines Ecritures et les saints canons déclarent formellement que les punitions injustes qui nous sont imposées, ne nous lient point devant Dieu, encore qu'elles nous seraient fulminées par un pontife.
A plus forte raison, comme le remarque saint Denys, quand elles nous viennent de de la part d'un ministre inférieur. Si dono il arrive que le pasteur, par une sentence inconsidérée, ou par un mouvement de passion non réprimé, retranche quelqu'un du nombre di's fidèles, non-seulement cette excommunication ne l'atteint pas, mais elle retombe sur le ministre qui l'a portée, ainsi que les saints canons le déclarent. Il n'y a donc que les peines canoniques et légales qui lient, et non celles qui n'ont pour^motif que la volonté propre d'un ministre
3uelci»nque. Les évêques ont la puissance e punir, puisqu'ils ont reçu de Dieu le pouvoir de lier et de délier ; mais, si un évêque en use contre l'intention du Seigneur, la peiné qu'il infli^ devient injuste ^t| par conséquent^ invalide et sons effet ;
car Dieu ne peut autoriser la passion de sq ministre. O évêques, prenez donc garde ce que vous faites, car vous rendrez compl en naut de ce que vous aurez lie sur I terre. Il ne dépendra pas de vous de ire pa rendre raison de votre conduite, s'il touI arrive de lier quelqu'un injustMieiK. Cl sera à vous de témoigner en présence de| an^es que ce n'est ni par passion» pal haine ou par négligence, que vous avez Ji^
S[uelqu'un injustement. Dieu prendra la dé^ ènse de celui que vous aurez traité ainsi e| le vengera. » Nicon allègue rantorité d< saint Nicolas, patriarche de Constantinople^ apparemment de saint Nicolas le Mystique; mort en 925. Lambécius cite, sous le noir^ de Nicon, une autre lettre, dans laquelle il est question d'un Nicolas, qui futégalemen^ patriarche de Constantinople, depuis l'anj 108^, jusqu'en 1111; mais il y a tout lieurj de croire qu'elle est de Nicon, moine de Raïthe, en Palestine, qui écrivait sur la Qn du XI* siècle, et dqnt les ouvrages n'ont pas encore été publiés.
ÂDTRBS ECRITS. — Ou attribue encore h notre pieux solitaire un ite(;uei7 de passages extraits de l'Ecriture, des Pères, des conciles et même des lois civiles, sur Tobservation des commandements de Dieu. Ce recueil est divisé en soixante-trois chapitres; mais Cotelier prèle un ouvrage du même genre à Nicon d'Arménie. Quant au Traité sur le jeûne de la glorieuse Vierge^ mère de Dieu^ que plusieurs critiques attri* buent à un Syrien nommé Anastase qui vivait en 109&, il pense qu'il est plus pro* bablemont de Nicon de Raïthe. Il remarque que le même manuscrit dans lequel on trouve le traité de saint Nicon contre la religion des Arméniens, en contient un second qui renferme la formule de leur réconciliation avec l'Eglise, et les erreurs auxquelles ils doivent renoncer pour parvenir à cette réunion. Cotelier en a donné une double édition grecque et latine, et il y a touteapparence qu'il est l'œuvre de notre saint auteur, qui, après avoir combattu de vive voix les erreurs des Arméniens, leur aura prescrit la manière de rentrer dans le sein de l'Eglise catholique. Après une condamnation générale de l'hérésie des Arméniens^ de leurs mœurs, de leurs fêtes, de leurs jeûnes, de leurs assemblées, celui qui re« nonce à leur secte doit faire profession de croire à tous les articles du Symbole, da confesser particulièrement deux natures en Jésus-Christ; celle de Dieu, qui est impassible, et celle de l'homme, dans laquelle^ seule il a souffert; de recevoir les sept conciles généraux et la doctrine qu*ils ont établie contre les hérétiques, et de se conformer à l'usage de l'Eglise catholique dans la célébration des mystères, des fêles, du culte des images, et des aliments du carême. Après cette profession de foi, l'archevêque prononce une oraison sur celui qui se convertit ; il lui impose ensuite l'onction du saint chrême, comme è ceux que l'on vient de baptiser ; puis il récite sur lui une le-
MIG
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fonde prière et Ta^lmet à sa communion,
en lui orJonnant de passer les sept jours
suit^nls, sans manger de viande ni se laver
\e nsa^. Ces pelils traités sont assez bien
écriUel prouvent que le bon saint Nicon
ne miitquait pas d'une certaine éloquence,
IN ooi élé reproduits dans le Cours complet
de ^aîr9iogie,
VfGELLE naquit en Normandie. Il élait jKTPu de Roger, chancelier d'Angleterre, qfti fut nommé évéque de Salisbury en 1102. y'>,TlIe étudia longtemps en France dans l'fctïlc i|UL* dîr çeait alors avec tant d'éclat ^< c^i*l>re Anselme de Laon, surnommé le scnU»ii.|ue. Devenu dabnrj chapelain et eosuile trésorier du roi Henri 1*% ce moc.if yae, pour récompenser ses services, le M nommer, en 1133, h févèché d'Ely, dans le comté de Cambridge. Les moines de celte viîle ne tardèrent pas h se repentir du choir qui leur avait été imposé. Appelé à Lon* ijr^ par ses fonctions de trésorier du roi, Si-;el!e confia le soin de son diocèse à un n'>raaié Ranulfe ou Radulfe, que l'histoire Tîoai représente comme méchant , auda* cie^, calomniateur, prêt à réduire le noiMsière el ses religieux à la condition jf^iof déplorable. Il ne respecta ni leurs personnes» oi leurs biens , dépouilla les liarji-aliers, pilla le trésor des églises et tourna au nom de son mattre toutes sor* trt desaclions. On trouve dans VAnglia $iur%, quelaues lettres où saint Thomas de tjniorbéry lui adresse les reproches les P'os sioglanls, mais sans réussir à le réforner. Ce;'endanf, après la raortdu roi Henri 1", Nivelle ne conserva pas longtemps auprès de son successeur la faveur qu'il y •îaii tTaljQrJ Irouvôe. Le roi Etienne , i^tti rarcusait d'itre du parti des sei^^neurs retO:iés contre lui, le dé))Ouilla de tous ses bwtt el le chassa du royaume. Rétabli qtxtiq\itt années après, il sembla vouloir rèi^arwVes loris qu i! avait faits à ses religieai. Cependant cette velléité de retour ne l'empéciia /las de se permettre des déprédalioo5i20urf?lles qui lui attirèrent une senl^^ire Je suspension de la part du Pape Adrien IV. Nigelle mourut le 30 mai de la quinzième année du rè.^ne de Henri II. Il aiait assisté, comme évéque d*Ely, au sacre de '*>e prince en 1154. Les continuateurs de Ma^ebourg, qui ne parlent que de sa mort, se trompent en ne la plaçant qu'en 1171*
Ce prélat fut ami des lettres, qu*il favot risafiap ses libéralités autant que par son exemple. Il fonda ou dota des établissements consacrés è Tinstruclion. D*ahord, iré^rier du roi, comme nous Tavons dit j, il sapfdiqua k acquérir par Tétude et à réu-s niren un seul corps de ctroit, toutes les connaissances néeest^aires à l'accom plissement "itits fonctions. Il rédigea par écrit tout ce qoi regardait !a forme des lois et des jugements de la cour de TEchianier au du trésor royal ; lois qui avaient été coi9me oubliées pendaotcelle longue suite d'annéesde guerre dont le royaume avait été affligé^ Gerrais de
Tilbéry profita oeaucoup de cet ouvrage pour composer son livre de Scaccariijuribus et consuetudinibus. Il y rend une éclatante justice à Tauteur qui Tavait précédé. Il l'appelle môme incomparable, ou du moins il ne croit pouvoir le comparer qu*à Esdras qui retrouva le livre de la Loi.
NIGELLUS WIREKER , écrivain du xn* siècle s*essaya avec succès^dans le genre satirique. Bien qu'Anglais de nation , il avait fait ses études à Paris. Son Spéculum Bru" nelli on Spéculum Slultorum est une invective contre les mœurs corrompues du clergé de son temps. Il y montre, avec certains traits d*ot)servation malicieuse, que prèsqiie tous ceux qui venaient étudier à Paris s en retournaient dans leur patrie avec la seule réputation de savants, mais sans i*étre en effet.
NIL dont nous ne connaissons ni la famille ni la patrie est auteur des Actes du martyre de saint Théodote le cabaretier et des sept vierges qui sou tfrirent avec lui. Ces Actes, publies par dom Ruinart sont tirés d'un exempJaJre manuscrit de la bibliothèque du Vatican. Le style en est grave et naturel; Tauteur qui les a composés se donne comme témoin oculaire des faits qu'il raconte, et il assure même avoir partagé pendant quelque temps la captivité du saint martyr. Rien n'empêche qu'on ajoute foi h sa narration. Il ne marque pas ea quel eudroit saint Théodote souffrit le dernier supplice,, probablement parce qu'il écrivaitdans an temps et dans un pa^rs, oii cet évéaemont était; fort connu ; mais on croit que ce fut à Ancyre en Galatie, et le litre même des .4c/eâ.' favoric^e ce sentiment. Il ne marque pas noa plus Tannée de sa mort, seuleuient il insi-. nue qu'elle arriva avant le quatrième édit, qui condamnait indistinctemenjt au dernier supplice tous ceux qui seraient convaincus de faire profession de la reli|$ionchréiienne;puisqu'il remarque qu^avant de mpurir, le saint adressa la parole aui Chrétiens qui l'avaient suivi en pleurant jusqu au lieu de Teiéculion, malgré la présence des iojidèles.. Or cet édit fut publié au commencement de l'an 30V, ce qui permet de mettre le inartyrQ^ de saint Théodote dans le cours de l'année
Srécédente, la première de la persécution*, il remarque qu'à l'époque où il écrivait., on avait déjà bÂti une église à l'enuroit oik les reliques du saint avaient été adroitement transportées.
NIL (Saint). Nous ne trouvons rien dans les écrits de saint Nil qui puisse nous faire connaître Tépoque exacte de sa naissance, et les historiens de son siècle n'en parlent pas non plus ; mais on voit par ses lettres qu'avant 1 an 3d5, quand l'empereur Arcade, par une loi datée du 7 août, défendit d'offrir aucun sacrifice au démon, en quelque lieu que ce fût, Nil était déjà en état de prendre la défense de la vraie foi, puisqu'en écri« vant au philosophe Enée, il lut reproche d'immoler des veaux et des moutons sur on autel sacrilège. Il parle de saint Platon^