‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 71 sur 207 · PIO · texte numérisé non relu

PIO

un écrit attribua à Marcel, disciple de lot Pierre, et ailleurs encore, est une fro supposée et sans autorité. Celle' de )reQtiDius parait aïoins fabuleuse ; mais

lie laisse pas de renfermer bien

faussetés. Par exemple , Tauleur fait iinter à Pilate la ?ie sainte et édifiante

disciples de Jésus*Chrisr, et les grâces U\s ojH^raient en son nom : en <|uoi il se ^il lui-a)ôme ; car sa lettre est datée du hril, peu de jours après la passion de Je- -Chrisl; et il y rapporte aes choses que 0i5ci|iles n*oni faites qu'après la Penlef. il dit encore que ce furent lejs scribes les pharisiens qui conspirèrent contre ^QS^hrist, sans parler des pontifes; au

que Pilate, dans l'Evangile, ne parle

(JsDonlifes et ne dit rien des scribes l(i pharisiens. Il fait dire à Pilate que i«i^nes qui parurent à la mort de Jésusrt)i menaçaient le monde d'une ruine |r»rsoiIe, selon le jugement des philosols; e( il lui fait même donner à Notre* ^f.eiir, le litre de Christ : ce qu'on a peine îoiftd'un païen.

Maie Xavier nous a donné une autre I^Ha Pilate à Tibère, écrite en langue *sm : on croit qu'il en est lui-même iiïur, el qu'il l'a faite Mir le témoignage iosèphorend à Jésus-Christ dans les an- Hiés judaïques. Le même Jérôme Xavier )Hirio encore une prétendue lettre de klulusau sénat, dans laquelle il fait dire ^gourernour beaucoup de choses à la- |i3oe <le Jésus-Christ. Celle lellre se ne en plusieurs autres endroits : mais

faut que la lire pour être convaincu [^ supposilion. La mauvaise peinture w y lail de Jésus-Christ, de son visage, aslalnre, de son langage, de ses mœurs, il pour faire connaître Timposture.

INYTF (Saint). Dans une lettre adressée

Gnossiens, saint Denis de Corinthe

iorie Pinjte, leur évêque, à se montrer

Miscrel sur le chapitre de la continence.

*ïi recommande d'avoir é^jard à la fai-

<lu grand nombre et de ne jamais re-

l^nler la pratique de cette vertu comme

ttssaire au salut. Saint Denis craignait

t^douleque, par un excès de zèle, saint

l^l** n'inclinât vers l'erreur desencratites,

^^fendaient le mariage. Ce saint évêque,

^.^îa réponse qu'il lui adressa après lui

ïiriéiuoigné beaucoup de respect pour

t|>ersonne et une grande déférence pour

" conseils, exhorte à son tour saint De-

à donner à ses peuples une nourriture

^ lorie et plus solide, de peur qu'en

ciu.vicuanl toujours avec le lait et ja-

l's «necle pain de la parole, ils ne viei II is-

^Nans les infirmités et les langueurs de

ti[soce. C'est cette, lettre qui a déterminé

»Mîbe et saint Jérôme à ranger saint Pi-

r^^ au nombre des écrivains ecclésiasti-

^^. Le premier fait Téloge de sa lellre en

itrraes: t On y trouve, dit-il, comme )sun tableau, la pureté de sa foi, le zèle "•» il fl?aii pour l'avancement spirituel de *^ri upuiile, une rare ^l0'4uence et une ca-

pacité prodigieuse pour l'intelligence des choses saintes. » C'est là tout ce que nous savons de saint Pinyte, qui, selon saint Jérôme, fleurit sous 1 empire de MarC'Aurèle et de Commode, et fut un des plus grands hommes de son siècle.

PIONE, prêtre catholique de l'Eglise de Smyrne, se distin^juait par son éloquence et par une connaissance approfondie des dogmes de la religion et des règles de la discipline chrétienne. On voit par ses actes que les païens eux-mêmes rendaient hommage à sa profonde érudition. Ils l'estimaient aussi pour sa modestie et la pureté de SOS n œurs ; et en effet, il vécut sans reproche et conserva jusqu*à la fin une chasteté inviolable. Son zèle pour la conversion des idolâtres lui mérita la ({ualificalion d'homme apostolique, et il était publiquement reconnu pour le docteurdes Chrétiens. On voit par les réponses qu'il fit dons sou interrogatoire, qu'il avait voyagé en différents pays, mais particulièrement en Palestine, où il avait vu de ses yeux, mais non sans étonnement, les marques encoro subsistantes de laiuste vengeance de Dieu contre les crimes de Sodome.

L'édit de l'empereur Dèce portant ordre de persécuter les Chrétiens était connu dans Smyrne, puisque Eudémon son évêque avait déjà renoncé à Jésus-Christ, lorque Pione fut arrêté pour la foi avec Sabine et Asclépiade. C'était un samedi 23 février do Tan 250. Pione, averti par une vision de ce qui devait lui arriver, s était mis une chaîne au cou et avait engagé ses deux compagnes à en faire autant, afin de montrer à leurs persécuteurs qu'ils ne désiraient rien tant que de devenir les captifs de Jésus-Christ. Ils venaient d'achever ensemble la prière solennelle et de rompre le pain des forts, lorsque Polémon, gardien du temple des idoles, se présenta devant eux avec des archers pour les saisir. Quand il vit Pione, il lui dit : « Vous connaissez sans doute Tordra de l'empereur qui vous commande de sacrifier? — Nous ne connaissons, lui répondit Pione, que le commandement que Dieu nous fait de ne sacrifier qu'à lui seul. — Venez donc sur la place, ajouta Polémon, et vous verrez que je vous dis vrai. » Là il somma une seconde fois les martyrs de sacrifier pour éviter les supplices. Mais Pione étendant la main, et montrant un visage gai et doucement animé, fit au peuple un discours, dans lequel s'adressant particulièrement aux Juifs, qui se trouvaient en grand nombre, à cause du sabbat, il leur montra que le crime cl*ido!âirie qu*ils reprochaient à quelques Chrétiens, qui avaient depuis peu abandonné la foi, était beaucoup moins grand que celui dans lequel ils étaient tombés eux-mêmes, par une dépravation volontaire de leur cœur. Puis, se tournant vers les païens il leur dit aue c'était une honte pour eux d'insulter a queU ques misérables, parce que le petit nombre de Chrétiens déserteurs ne uouvait norler

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préjuaice aux autres. if.Pour nous, ajoulat-ily nous n'adorons ni statue d'or, ni aucun de vos dieux. »

Son discours fut écouté de tout le monde avec une grande attention ; mnis comme il répétait ces derniers mois, Polémon, revenant h lui, le pressa de nouveau de sacrifier au moins à l'empereur; mois voyant qu'il s'obstinait à refuser, il l'interrogea juridiquement et fit recueillir ses réponses par un notaire. Comme il lui demandait son nom, Pione répondit : « Je suis chrétien. — De quelle Eglise, poursuivit Polémon 7 — De ]a catholique, répondit Pierre. —Quel Dieu adorez-vous ? — Le Dieu tout-puissant qui a fait le ciel et la terre^ la mer et tout ce qu'ils contiennent et que nous connaissons par Jésus-Christ, son Verbe. » Asclépiade étant interrogée, répondit qu'elle adorait Jésus-Christ, c Quoi donci dit Polémon, «sl-co un autre Dieu ? — Non, répondit-elle, c'est le même qu'ils viennent de confesser. » Après ce premier interrogatoire les saints martyrs furent reconduits on prison, où la foule des Chrétiens s'empressa de les aller visiter. Ceux è qui la violence des tourments avait arrarhé une apostasie y vinrent aussi, déplorant leur chute avec beaucoup de larmes. Pione, qui croyait voir en eux les ])erles de l'Eglise foulé(?s aux pieds des pourceaux, en fut sensiblement affligé, car la plupart de ces Chrétiens avaient mené une vie sans reproche avant leur apostasie. 11 leui* conseilla la pénitence, et les exhorta h recourir avec confiance à la bonté de Jésus-Christ, leur prouvant qu'il était vraiment ressuscité et qu'il n'était point mort 1)ar force, comme raffirmaient quelques luifs qui s'efforçaient d'attirer & leur parti tes Chrétiens apostats.

Au moment où ils sortaient deprison pour être traînés au temple, Polémon et Théophile, chef de la cavalerie, qui leur avait déjà fait subir plusieurs mauvais traitements, placèrent Pione et ses compagnes devant lautel, et leur demandèrent pourquoi ils refusaient de sacrifier? « Parce que nous sommes Chrétiens, » répondit Pione. Quelques jours après, -le proconsul, après avoir Tait subir à Pione un nouvel interrogatoire, sans

J)Ouvoir ébranler sa fermeté, le condamna i être brûlé vif. Le saint se rendit avec joie sur le lieu du combat, se dépouilla luimême de ses vêtements, et après avoir rendu jgrAces à Dieu, les yeux élevés vers Je ciel, il s'étendit su^ le bûcher et se livra k un soldat pour y être attaché. L'exét^uteur lui offrit sa liberté, s'il voulait changer d'avis. Le âaint lui répondit : « J'ai déjà senti les clous; » puis après un instant de silence, il ajouta : « J*ai nâte de ro'élendre» Seigneur, ann d'être plutôt relevé ; » faisant allusion par ces paroles à la résurrection qui devait être èa récompense. Elle ne se fit pas attendre! l'exécuteur mit le feu au bûdier, et le courageux Pione mourut dans les flammes sans en être consumé. On assure Qu'elles respectèrent même sa barbe et ses cheveux. Ceci se passa le 5 mors dô

Tan de Jésus-Christ 250, è quatre hfores après midi.

Le Martyrologe romain attribue à i;^in Pione des écrits en faveur de la foi que Foi croit être les mêmes que leâ discours (]t]« nous lisons dans ses ades. On voit nmu h la fin de l'histoire originale du martyre (îe saint Polycarpe, une note où il est dit qui celte histoire avait été écrite par Caïus «J une copie de saint Irénéé, et par SocrM^J sur la copie de Caïus. La même note rapporte encore qu'un nommé Pione, anirti dans une révélation de rechercher cette de^ iiière copie, on avaii rassemblé les feuillej éparsos et déjà cndomma;^ées par l'actifu du temps. Si ce Pione est te même que cm dont nous venohs de rapporter les An il est visible qu'il n'a pu souffrir le martj en même temps que cegîorieut disciple* apôtres. Les Actes de saint Pione ont rocueillis par Baronius, par Bollandus,|V dom Ruinard et par d'autres collecleutSi mais avec quelques différences.

PlRMiN, oui réunit en même temps \h deux dignités d'évêque et d'abbé, floris^ii dans la première moitié du riii* siècle. L'aiM teur de sa Vie ne marque ni le lieu ni tt temps de sa naissance, et Tépitaphe queRi^ ban-Maur fit pour orner son tombeau m^ nous en apprend pas davantagc.Ces deux écrâ vains se bornent è dire que ^irroio abao^ donna ses parents et sa patrie pouralte prêcher l'Evangile dans les Gaules, prind^ paiement en Austrasie, et qu'il l'innon;! aussi dans la Suisse, l'Alsace et la Baviefr^ Pendant le cours de sa mission , et dès tm 72^, il fut ordonné évêque. Le moine W#» man, historien de sa Vie, place son si^i Meltos, ville aujourd'hui inconnue, à moiM

2ue ce ne soit Meits-Hen, que auelqseï crivains ont mat à propos confondue arti Metz, et même avec Heaui. Du reste, quoÎH que Pirmin eût un siège fixe, il ne laissl l>as de remplir les fonctions d'évt^quo rf», gionnaire, ce qui lui a fait donner par d'ift^ ciens auteurs le litre de ehorévèque. il ]^ joignit encore celui d'abbé, parce qu'il goth verna jilusieurs monastères, dont quelques» uns, comme Kichenau et Morbach, lui rtpportent leurfondation.il en réforma cl ei rebâtit un grand nombre d'autres, iranienlièrement dans les diocèses de Coire, de S^fi* boUrg, de Passau, de Ralisbonne, de Wilibourg, de Spire, de Strasbourg, deUlc,ei vint mourir dans celui de tiolrubacfa, qu'u avait fondé au diocèse de Me!i, cl qm bi subsiste plus depuis longtemps. La mort de ce grand restaurateur de l'ordre monis* tique arriva le 3 novembre 758. L*£gii^ l'honore comme wû saint.

Traité de ta religion. — Dom Hibilion, au tome IV de ses Anahctei , a publié» sous le nom de rabb<6 j^iriuin, un traité en forme de discours, qU'il avait trouvé dans on Ancien manuscrit de l'abbaye d'finsielden» en Suisse^, et il ne doute |»ôiiit que ce trarai! n'appartienne au saint évêque dont tioas venons de parler. Tout concourt àalF«.'rmir ce st*ntimcni; l'antiquité du niaua^-

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