‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 73 sur 207 · FO · texte numérisé non relu

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tiques. Nous n*en avons rendu compte ici que parce que nous ayions besoin de les raltanhor à un no:n.

POMÈREy Julien, africain d*origine, et né en Mauritanie» était encore jeune lorsque! abandonna son pays nour passer dans les Gaules^ Il fixa sa résidence à Arles où il en:^eigna les belles-lettres et la rhétorique avec beaucoup de réputation. Il possédait à fond la langue grecque et la langue latine, et joignait à une vaste érudition profane une

Ïrande connaissance des saintes Ecritures. I compta au nombre de ses élèves Tillustre saint Césaire, qui n'était encore que simple moine, et qui était venu rétablir sa santé dans cette ville qu*ri devait gouverner plus tard avec tant d*éclat comme évèiiue. Pomère semble dire, dans un passade le ses écrits, quMI avait été son propre instituteur, et qu*il avait appris de lui-même tout ce qu'il savait, et sans le secours d^aucun maître. Cette particularité, si elle est vraie, ne peut qu'ajouter à son éloge. Si l'on en croit Gennade, il fut ordonné prêtre, mais sans quitter pour cela les exercices de la vie monastique dont il faisait profession, ce qui sup- }Uiserait son ordination au sacerdoce postérieure à sa profession religieuse, quoique plusieurs biographes aient affirmé le contraire. Mais le fait ne nous parait pas assez important pour mériter une discussion.

Nous en dirons autant du titre d'abbé que saint Rarice de Limoges lui donne dans ses Lettres^ mais sans indiquer son monastère, qui, suivant quelques chroniqueurs, était situé dans une tie aux f)ortcs de la ville d'Arles. Quoi qu'il en soit, sa piété et son savoir le rendirent fort célèbre, et lui acquirent l'estime et l'amitié de quelques grands prélats de son temps. H nous en reste encore aujourd'hui de glorieux témoignages, surtout de la part de saint Rarice de Limoges, de saint Ennade de Pavie, et de Julien de Carpentras. Le premier, dans les lettres qu'il écrivit à Pomère, lui témoigne des égards qui ressemblent presque à de la vénération. Il lui fait part de son élévation à l'épiscopat dont les difficultés i*épou vantent, se recommande à ses prières, et Tinvile à venir passer quelque temps auprès de lui, pour l'aider de ses «conseils. Chaque fois qu'il a occasion de parler de lui, c'est toujours en le qualifiant (le très -cher et très-honoré seigneur en Jésus-Christ. On retrouve ces titres dans la lettre qu'il écrivit à i'évêque Eone, pour le prier de lui envoyer ce pieux abbé. Les motifs qu'il allègue pour le déterminer sont 00 ne peut plus honorables pour Pomère. « Ne pensez pas , lui dit-il , qu'en se rendant auprès de moi, Pomère se sépare de vous : non, vous pouvez être assuré qu'il trouvera en moi un autre vous-même,coinme je suis sûr de mon côté que vous ne le laisserez pas partir sans raccompagner de l'esprit et du cœur ; d'ailleurs, ce sera pour vous un vrai sujet de mérite, si son savoir peut m'être de quelque utilité pour m'instruiredansla crante du Soigneur, » Saint

Ennade» qui l'avait connu à Arles, lui érn vit pour se plaindre de sa négligence à kirespondre avec lui. On voit quii ^03)3 l'attirer en Italie, et, comme il ledil, ur. aux Gaules le trésor dont elles jouissat^a Si obscur que fût le lieu où il prête»;}! vivre caché, la lumière de sa doctnnc 4 révélerait toujours jusque dans les |»ar^ V plus lointains. Il fait Téloge de son m\! de ses vertus, etdes grA<^s estraordinav? dont Dieu l'avait favorisé. Il finit eo j priant de lui envoyer des éclaircissementi sur les parents de Melchisédech, sur li structure de l'arche, sur la circoDcisicn f sur tes autres mystères dp TAncien Te>»i ment. L'union de Pomère avec ces graof hommes, et avec d'autres encore dont 001 aurons occasion de parler bientôt, sert non seulement à relever son mérite, mais im à fixer d'une manière à peu près certimi l'époque où il a vécu. Rien n'empêche dofld avec l'historien de saint Césaire, de platft sa mort à Tan &98, ou au commenceatto^ de l'année suivante.

De la vie contemplative. — Ces troiâ lirttf longtemps attribués è saint Prosperd*A]ai; taine, ont enfin été restitués à leur TérilaUi auteur, auquel personne aujourd'hui ù

fiense plus à les contester. Julien PomM ut longtemps sans vouloir écrire sur o~ matière qui lui semblait au-dessus de forces ; mais il finit par céder aux in^^tan de I'évêque de Carpentras qui le pressartj et l'obéissance l'emporta sur sa répugoancf. Il craignait qu'un plus long silence ne lii fut imputé à orgueil. Du reste il secoosrii dans cette pensée, qu'en s'exerçant surdd matières aussi difficiles, il serait obligea recourir souvent au Père des lumières, pjm obtenir l'intelligence des vérités qu1l utfh tendrait pas de lui-même, et qu'après ravok obtenue, il ne pourrait s'en glorifier qui dans le Seigneur qui la lui aurait donnjê. C'est ainsi qu'il s'explique dans le prolo^nn qu'il a mis en tète de son ouvrage. Il y npn

f»orte également les deux questions qtn 'évêque Julien lui avait ordonné d'Mii> cir, et qui se réduisent à celles-ci : Cetuià qui le soin de l'Eglise est confié, peul-il « livrer èla vie contemplative? Doit-on sttp porter avec indifférence ceux qui foulcat aux pieds les préceptes divins, ou doit«n user envers eux de la sévérité de la ih^o* piine ecclésiastique, en proportion de )i

Srandeur de leurs péchés? Est-il expédi»»»! e mettre en réserve les biens de TEgît^f I)our en nourrir les pauvres ou pour K^u'^'^ es frères ; et ne vaut-il pas mieux mépriser ces biens par amour de la perfection î En

3uoi doit-on faire consister la perfection e l'abstinence? N'est-elle nécessaire quau corps, et ne doit-on pas la regarder aus*. comme nécessaire à l'âme? Combien »«* vertus feintes sont-elles éloignées des vertus véritables ? Quelles sont les causes prf^ cédcntes des vices, et par quels mojfn^ s'augmentent-ils? Quels remèdes faut ^J apporter, nour pouvoir, avec le secours «■• Seigneur, le& diminuer ou les guérir? tî*

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combieu (le manières, ou par combien de degrés, peue-on parvenir à la perfection de thà lue vertu ? Les philosophes ont-ils dit Trai. quaud ils ont enseigné quMI y avait qaata* Tcifus principales, qui étaient com- 0)«' les sources d*Qà découlaient toutes les r.;res Tertus, comme il y avait également q.Mre vices qui étaient lorigine de lous Jes Mes.

Mmier Kcre. — julien Pomère définit |,iTR'Cûntemplativet celle où la créature Uiteilectaelle, purifiée de lous péchés et gu'.rie parfaitement de toutes ses faibles- $e>i doil voir son Créateur. Celte vie ne feuiôtre celle d'ici-bas, qui est remplie de «iséres et d'erreurs, et où il n*est pas posu!)'.o(Jc voir Dieu tcJ au'il est. La vie con* letBpIative doit donc s entendre de la vie lilure où les saints verront Dieu éternelle- ■eQ( en récompense des venus qu'ils ont (ntiguées en celle-ci, qui est un lieu de «Dbauonlinuel, et où la tentation ne fi- B}((|Q'avcc nous. Quoiqu'il soit dillicile deipliquer en quoi consiste cette vie future» ou peut dire que les saints y seront âeroeliement heureux dans une sécurité ircTioipagnée de plaisirs où l'amour sera parlait, d'où la crainte sera bannie, dont I«* bienheureux ne pourront être privés, et Ml les pécheurs no seront point admis. Car £ Si' fera, par le juste jugement de Dieu» un fii^cernement des bons et des mauvais, qui m suivie d'une sé^jaration locale des uns (I des autres. Les lustes comme les méttUDls recevront 1 immortalité dans leurs CDrps^aGa que ceul-ci subissent éternelle- IMQI les supplices sans en être consumés ; ^ccni-là, afin que leurs corps participent à h gloire ôleruel le dont Dieu les fera jouir. k juj^emeot qui interviendra entre les jttdUsel les pécheurs a déjè été rendu entre Ik anges et les esprits immondes. Créés les tifis el les autres sans péché et pour servir leur Créateur, quelques-uns d'entre eux K>n( déchus volontairement de Tétat de fébrile dans laauelle ils avaient été formés : téiant révoltés par un sentiment d'orgueil contre leur Créateur, ils ont été chassés de n région supérieure du ciel, par un juge- B^ot irrévocable, ayant perdu .et la volonté et le pouvoir de rentrer dans leur premier état. Les bons anges, au contraire, demeunn\ fidèles à Dieu, ont persévéré dans leur tailé, d'où il est arrivé, par un divin iuç«uaen(,qoe la voloniéqu'ils ont eue de dépurer inviolablement attachés à Dieu, M devenue une heureuse nécessité dy iletneurer aitachés ; en sorte que parce qu'ils oonljamais péché, ils ne peuvent plus pé- <l« r. La vie contemplative dont ils jouis- ^01, c'est-à-dire, le bonheur qu'ils ont de Hr insatiablement l'auteur de leur béati- Me.ealla même dont jouiront ceux qui le (Mériteront par la pratique des bonnes œu« 'res. Ils verront dans l'autre vie ce qui dans ^^^\h fait l'objet de leur foi. Un des Kiviléges de cette heureuse demeure, c'est f'O les saints y coonaltront mutucllemeut •ms pensées, de même qu'eu cette vie les

vîsajjesdes autres nous sont connus. La chanté y sera sans dissimulation et la vie sans aucune crainte de la mort.

Un autre avantage, c'est qu'encore que les mérites des saints soient différents, tous néanmoins seront parfaitement heureux et chacun content de la récompense qui lui sera accordée. Julien Pomère fa,it voir, que dès celte vie, ceux qui en méprisent les plaisirs et les avantages peuvent s'occuper agréablement des biens qu'ils espèrent dans la vie future; mais qu'en quelque degré que puisse parvenir la vie contemplative dont nous pouvons jouir ici-bas, elle n'est pas comparable à celle dont nous jouirons dans le ciel : parce que, selon l'Âpôlre, nous marchons en cette vie par la foi et nous ne jouissons pas encore de Dieu par la vue claire et intuitive^ D'où il suit <iue les saints ue peuvent ici-bas voir Dieu parfaitement et qu'ils ne le verront ainsi que lorsqu'ils seront parvenus à la béatitude de la vie future. Si la rragilité humaine était capable de voir parfaitement la substance de Dieu* le saint évangéliste n'aurait pas dit : Personne na jamais vu Dieu (Joan. i, 18) : mais ce qu'il refuse alors dans le temps, il le lui promet dans l'éteruité en disant : Bienheureux ceux qui ont lecœurpur^ parce qu'ils verront Dieu. [Matth. V, 8.)

Julien fait consister la vie contemplative, dont l'homme est capable en cette vie, dans la méditation des divines Ecritures et des mystères qu'elles renferment et dans la pratique des vertus, il veut que r,elui qui a dessein de s'occuper de ce genre de vie, s'adresse souvent à son Créateur pour en recevoir des lumières, qu'il soit enflammé du désir de le posséder et que rien ne le détourne de l'aniour qu'il lui doit ; que Dieu soit rbbjet de toutes ses espérances, et qu'approfondissant les mystères cachés dans les livres divins il s'assure par l'accomplissement des choses qui sont prédites, que celles qui ne sont pas encore accomplies le seront un jour. Huit qu'il y a autant de différence eutce la perfection de cette vie et celle de l'autre, qu'il y en a entre d^ hommes, parfaits qui ne veulent pas péchçr et ceux qui ne peuvent plus pécher. Quelques degrés de. sainteté que Ton ait en celte vie, on est toujours en danger de touiber, et cette inquiétude est un objstacle à la parfaite béatitude. Mais dans l'autre vie la fé* licite n'aura aucune imperfection. I^es bienheureux seront attachés à Dieu, de manière qu'il ne manquera rien à leur bojubeur. Il enseigne que les justes dont il est dit dans l'Ancien-Testameut, qu'ils oui vu Dieu,nerontvuquesousauelqu,eformeU'un être créé, par laquelle il s est montre à eux ; que les corpsdes bienheureux ne laisseront pas de garder la différence de sexe après la résurrection; mais qu'ils seront exempts de toutes les faiblesses de la nature ; parce que dans le ciel la charité de tous sera parfaite et que la cupidité n'y aura pas de lieu. Après avoir marqué ce qu'il entend par la

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vie contemplatiye» il dit que la vo active consiste à soumettre le corps à i'epfipire de la raison, à dompter ses passions, k résister aux attaques du démon, à vaincre toutes ses cupidités par les pratiques des vertus. Ce qui montre que la vie active est accompagnée de travaux et de sollicitude, au lieu que la contemplative jouit d*une joie éternelle. Dans la vie active on acquiert un royaume, la contemplative on procure la losscssion.

En prenant la vie contemplative daus le sens que Julien l'explique en second lieu, il dit que les princes de rEjlise, c'est ainsi qu'il appelle les évêiues, peuvent et doivent mener cette sorte de vie qui n'est autre chose que de s'appliquer à approfondir ce qu'il y a de mystérieux dans les divines Ecritures, et à s'éloigner de toutes les occu-

f étions mondaines pour ne s'appliquer qu'à a pratique de la vertu et à y engager les autres en leur préchant infatigablement la jparole de Dieu. Il j rend de là occasion d'invectiver contre les évêquesqui négligent le soin des peuplées qui leur sont confiés, s'occupent plus cles'biens présents que des futurs et ne pensent qu'à augmenter leurs biens et leurs dignités, mettant leur unique bonheur dans la jouissance des biens de ce monde et cherchant leur gloire plutôt que celle de Jésus-Christ. Il fait voir à quel danger s'exnosent ceux qui pensent à abandonner le gouvernement de leur é^lisedans le désespoir de ne pouvoir la secourir au milieu des troubles ou qui n'apportent pas tous les soins nécessaires pour la sauver des tempêtes dont elle est accueillie.il montre qu'un é?éque peut encore moins la laisser pour vivre plus en repos et avec une plus grande liberté. Il dit aux évoques qui pensent à abandonner leur troupeau dans la crainte de ne pouvoir le contluire avec succès, et qui, d'un autrecôté,necroientpas pouvoir l'abandonner sans péché, qu'ils doivent s'appliquera en devenir l'exemple par leurs mœurs et prier assidûment pour ceux dont le soin leur est confié: car l'e^^emple et la prière peuvent suppléer de leur part au défaut d'instructions et les fiJèles catholiques se laissent ordinairement plutôt persuader par lus bons exemples que par les (liscours éloquents.

A l'égard de ceux qui ont le talent de la parole, il leur dit qu'ils ne rempliraient pas leur ministère, s'ils se contentaient de pra-^ tiquer la vertu sans exhorter les autres à la pratiquer, puisque selon l'Apôtre (/ Tim. ni, 2), un évoque doit non-seulement être le modèle et la forme de son peuple, mais qu'il doit encore lui préi!her la vérité et lui apprendre œ que la foi nous enseigne sur les mystères de la Trinité, de Tlncarnation otsur tous les autres articles qui en dé« pendent, comm.e sont la passion de Jésus- Christ, sa résurrection et son ascension dans le ciel. Julien après avoir dit à celle occasion que le Père n'est point engendré, que le Fils est engendré du Père, dit nettement que IcSaint-E^îpril procède du Père

et du Fils. Ensuite, il montra qullnesi fit pas d'avoir la foi si on ne ranime pan, bonnesŒu vres, et que, quelque édiGanie qj soit la vie d*un évèque, il. ne sera pas ui^ à son peuple, s'il ne reprend séTèrem^ les pécheurs et s'il ne les corrige sans ai égard à leur puissance et à leurs ricl ses.

Julien s'attache à représenter avec couleurs très-vives les mauvais prêtres son temps. Attachés aux choses préseoii uniquement occupés de ce qui pouraiti cette vie leur être ou ^lus commode ou | honorable, ils «se hâtaient (io s'élever dessus des autres non pour être meiliei ou plus sages, mais plus riches; non {» être plus saints, mais plus honorés. II s'occupaient pas tant du troupeau da gneur, dont Ta défense et la nourriture étaient confiées , que de leurs plaisirs eld{ domination qu'ils exerçaient sur lui, ar bien que des agréments qu*ils peusaiei se procurer. Ils voulaient qu'on lesapp pasteurs ; mais ils ne se souciaieut pasi r^treen effet : désirant l'honneur aUacfaj ce titre, mais évitant le travail qui ûeu en être également inséparable. Nnlienit en peine d éloigner du troupeau les lof qui le ravageaient, ils perdaient eux-méi ce qu'ils avaient épart^né. Au lieu de prendre les désordres des riches et des p sonnes puissantes, ils les traitaient a! honneur, de crainte qu'offensés de leur primande, ils ne fussent privés des grli que ces personnes leur accorda'eut. Il plique à ces pasteurs ce que le propi Ezéi'hiel dit des mauvais prêtres dis qui pensaient plutôt à se nourrir eui-oi' qu à procurer à leurs troupeaux de pâturages. (Ezech. xxxiv, %) « Us tu dit-il, le lait et la laine des brebis de lit Christ, c'est-à-dire les oblations quotidii nés des tidèles dont ils s'enrichissent ; u ils se déchargent du soin de nourrir etdi tretenir uq troupeau par lequel ils veul être nourris eux-mêmes. Enfin, leur ai rite et leur puissance ne leur servent pour exercer sur ceux qui leur sont mis une domination de tyrans, au lieu user pour défendre les affligés de la cru' des hommes puissants qui dévorent les blés comme des bêtes carnassières. »Jul rapporte le pas&age d'Ezéehiel où le | phète lait entendre aux prêtres qu'il ne est pas permis de se taire, soit que ki auditeurs profitent de leurs discours, qu'ils n'en profitent pas, leur déclarant ceux qui périssent pour n'avoir pasétu les avertissements de ceux qui les gou^ nent, périssent par leur faute sans qui puisse la jeter sur leurs pasteurs.

Il veut que la vie d un préilicaleur Jésus-Christ réponde à sa doctrine, qi prêche par ses mœurs de même que par paroles, qu il n'affecte luu de paraître e quent ni de donner du tour à sas es4ue$sions; mais qu'il cherche plutAt ètourn(V et à convertir les peuples, qu*à leur p)i(>[^ et à 5'allirer leurs apjilaudissements <t»i'

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DE fATROLOëtfi.

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pleure lui même avant de faire pleurer ses auditeurs et fasse passer dans leur cœur lA componction dont le sien doit être pénétré. Un discours saint, grave cl facile quoique moins étudié, fera plus d'effet dans la bouche d*un é?èque qu'un discours bien orné cl sera reçu avec plus de plaisir de tous les auditeurs. Voici la différence quMI met entre un déclamateur et un prédicateur. « Le premier emploie toutes les forces de son éloquence pour se faire un nom dans le monde, le second cherche la gloire de Jésus- Christ eu expliquant sa doctrine dans un langage commun et ordinaire. Le déclamaleur relève de petites choses iwr des termes rares et pompeux ; le prédicateur ne se sert que de termes simples pour annoncer de grandes vérités, relevant son discours par la noblesse des pensées. Le déclamateur cherche à cacher ses seniiments sous de beaux discours; le prédicateur adoucit la grossièreté de ses expressions par la magnificence de ses pensées. Celui-là met toute sa gloire dans les applaudissements du peuple, celui-ci dans la vertu de Dieu. Le déclamateur plaît ; mais il ne fait aucun fruit sur Tesprit de ceux qui Técoutent, celui-ci par un discours ordinaire excite à la vertu, parce qt)*il lie corrompt pas ses rayons par uneaffectation d'éloquence. » Julien finit sob premier livre {)ar le poi trait d'un évèque lel que la doctrine apostolique le demande. C*est celui qui convertit les pécheurs à Dieu par l'exemple de sa bonne vie et par ses prédications^ gui fait tout avec humilité et rien avec empire. L'é?êque doit traiter tous les membres de son troupeau avec une charité égale, guérir les plaies de ceux oui isont malades avec des remèdes doux et salutaires et souffrir avec patience ceux qui sont incurables. Dans ses prédications il ne doit pas chercher sà pro|)l-e gloire , mais celte de Jésus-Christ. Fuir tes honneurs, les louanges, consolet* les affligés, nourrir les )>aavres, revêtir les nus» racheter les captifs, loger les étrangers, redresser ceux qui s'égarent, promettre le salut à ceux qui tombent dans le désespoir, augmenter I anioor de ceux qui marchent déjà dans le ?.or chemin, presser ceux qui s'arrêtent et s>c<}ttitter de toutes les fonctions de son ministère sont les vertus qui doivent faire le cortège de l'évèque.

DruTtême litre. — Daas le seeond livre, Julien Pomère traite de la vie active, donnant des r^Ies tant pour les supérieura 3 ne pour ceux qui sont soumis à leur con<> uîte. Il enseigne qne les péchés venant de diverses causes on doit les guérir par différents remèdes ; que l'on doit traiter autrement ceux qui trouvent un plaisir dans l'habitude du péché, autrement ceux è qui l'appât d'un gain temporel esi une occasion de péché, autrement ceux qui tombent par faiblesse et autrement ceux qui, faute de connaissance, pèchent ou en ne faisant pas le bien qu'ils doivent^oueu faisant le mal qu'ils ne connaissent \^fks. C'est principalement aux évoques, qui par leur ministère sont'

chargée du gouvernement des Ames, è savoir comblent appliauer ces différents remèdes. Ils doivent conurmer dans le bien les personnes vertueuses en les honorant, repren^ dre et corriger celles qui sont vicieuses et les supporter si elles ne veulent pas se corriger, sachant qu'ils seront récompensés et de la sévérité de leur correction et do leur I atience envers les incorriiiibies. Il donne deux raisons pour lesquelles les évêques doivent quelquefois souffrir les méchants, l'une que les réprimandes et les chAliments ne feraient que les endurcir, l'autre que leurs péchi^'S sont quelquefois ca«jhés. c II y a «n effet des personnes qui, privées de la communion de l'Eglise à cause de leur incorrigibiiité, se laissent accabler par le poids de la tristesse et qui évitent fa présence des saints qui pourraient les réconcilier k Dieu. Souvent même le chagrin que leur cause la rigueur dont on a usé envers eux fait qu'ils s'atiaudonnent à toutes sortes de péchés et commettent en pulilic tous les excès qu'ils ne commettaient auparavant qu'en secret. A l'égard de ceux qui viennent d'eux'-mémes découvrir leurs péchés aux

{)rétres, ainsi que les malades, montrent eurs plaies aux médecins, on doit faire enaorte, qu'avec le secours de Dieu, ils soient bientôt guéris , de peur qu'en ne leur don** nant pas les remèdes nécessaires, ils ne tombent dans un état pire que celui où ils étaient auparavant. Mais quant k ceux dont les crimes viennent à la connaissance du public, sans qu'ils les veuillent confesser» si on ne peut les guérir par le doux remèda de la patience, il faut j appliquer le feu d'une pieuse réprimande ; si elle ne sert de rien et qu'ils persévèrent dans leurs désor* dres, après les avoir supportée longtemps et leur avoir dontié des avis salutaires, on doit les retrancher de l'élise par le glai vede l'ex^* communication , de crainte qu'ils ne oof*^ rompent les autres par leurs mauvais exem* -pies, si on les laissait vivre dans la société des saints ; car il en est de ces pécheurs endurcis comme d'une chair morte en quelque ixirtie du corps, si on ne l'en retranche» elle corrompt promptement toutes les autres parties de ce corps. Pour ceux dont les péchés sont cachés aux yeux des hommes et qui n'ont point voulu s'en confesser et s'en corriger, ils auront Dieu pour juge et pour vengeur. Que leur sert-il donc d^viter les jugements des hommes, puisqu'ils seront condamnés k des supplices éternels, s'ils demeurent dans leur mauvais état. Au contraire, s*ils se jugent eux-mêmes et ven^ gent sur eux leurs péchés pa^ une pénitence sévère» alors ils changeront en des peines temporelles les supplices éternels qu'ils méritaient» et éteindront par les larmes d'une sincère pénitence les embrasements du feu qui ne s'éteindra jamais.

«I Maispourceux qui, étant constitués dans quelque degré du ministère ecclésiastiqùep commettent en secret quelque crime, ils se tmmpent, s'ils s'imaginent qu'ils peu?e.^t communier et exercer leurs fo.nctions, parce

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Sue «leurs péchés ne sont point connus des ommes. Car, excepté les fautes légères 3u*on ne peut éviter, et pour l'expiation esquelles nous crions tous les jours à Dieu en lui disant : RemeUez-nous nos dettes , comme nous les pardonnons à nos débiteurs (Matth. Yi, 12), on doit être exempt des crimes qui, étant devenus publics, font condamner dans les tribunaux ceux qui les ont commis. Mais si la crainte d'une juste excoinmunication leur fait garder le silence sur ces crimes, ils commettent une grande faute en communiant, parce qu'ils simulent aux yeux des hommes une innocence qu'ils n'ont pas, et qu'au mépris des jugements de Dieu ils rougissent par des considérations humaines de s'éloigner de l'autel. Ceux-là, au contraire, apaiseront plus facilement la colère de Dieu, qui, sans être convaincus par le témoignage des hommes, reconnaissent leurs péchés et les confessent eux-mêmes, ou du moins qui, sans les faire connaître, à personne se privent volontairement de la communion et s'éloignent de l'autel» non de cœur, mais d'office , en n'y faisant plus de fonctions et pleurant leur vie passée comme une vie de mort. Ils sont assurés u'après s'être réconciliés avec Dieu par les ruils d'une pénitence eflicace, ils recouYreront leurs pertes passées, deviendront même les citoyens de la cité céleste, et y jouiront de la béatitude éternelle. «Venant après cela au détachement que les évêques doivent avoir pour les biens temporels, il enseigne que ceux qui s'engagent dans le ministère ecclésiastique doivent renoncer à leurs propres biens, les vendre pour en distribuer le prix aux pauvres, et se contenter des revenus de l'Eglise. Ces derniers, il ne leur est pas permis néanmoins de se les approprier, parce qu'ils n'en sont que les administrateurs, et doivent en rendre compte h Dieu. Il cite sur cela l'exemple de saint Paulin, évêque de Noie, et de saint Hilaire, évêque d'Arles, et infère tant de leur exemple que des principes qu'il avait avancés, que I on doit être persuadé avec ces grands évê* ques, que les biens de l'Ëglise ne sont autre chose que les vœux des fidèles, la rançon des péchés et le patrimoine des pauvres. C'est d'après ce principe que saint Paulin et saint Uilaire, ainsi qu'un grand nombre d'autres saints évêques, ne disposaient point en maîtres des biens de l'Eglise; mais les distribuaient aux pauvres comme des dispensateurs fidèles. Julien enseigne encore que les ministres de l'Eglise n'en possèdent les biens qu'à titre de pauvreté ; que s'ils sont riches d'ailleurs, et vivent des revenus de l'Eglise pour ménager leur patrimoine, ils prennent le bien des pauvres. Ceux qui servent l'Eglise et s'imaginent qu'on doit les en récompenser par une partie de ses revenus, qu'ils reçoivent en effet, sans en Avoir besoin, se trompent et pensent d'une manière trop charnelle, en attendant des récompenses temporelles d'un service qui en mérite d'éternelles. Il n'en est pas de uiômc de la milice spirituelle comme de la

séculière : celle-ci accorde des récompense temporelles à ceux oui combattent avec gi nérosité, parce qu'elle n'en a pas de célesU à leur donner, n J'avoue, dit Julien, que o( maximes sont dures; mais elles ne le su que pour ceux qui ne veulent pas les isetu en pratique. Qu'on les y mette, dès lo( elles deviendront faciles. Est-il diflinie l'homme de ne rien recevoir de l'Eglise, if n'en a );as besoin, ou de se défaire de m propre bicn^ quand l'Eglise lui fournit | nécessaire? Si cet homme ne veut pasalia donner ce qu'il a,' parce qu'il veut avoir^

3uoi vivre, pourquoi reçoit-il des reveni ont il doit rendre compte? pourquoi mol tiplier ses péchés par ceux d'aulrui? h lien ne doute pas que ceux-li ne soient^ droit de vivre aux dépens de l'Eglise, q^ en entrant dans le ministère, ontabando tous leurs biens h leurs parents, ou les distribués aux pauvres, ou donnés à T par amour de la pauvreté ; de même que leur condition ou leur naissance pauvres, parce qu'alors c'est la nécessiti vivre et non le désir d'avoir qui les cnj À recevoir quelque chose des biçnsde glise

c On dira peut-être que le Seigneura donné à ceux qui annoncent l'Évangile vivre de l'Evangile. (/ Cor. ix, H.) Celi vrai. Mais qu'est-ce que vivre de i'Eranp sinon tirer de son travail les choses ik saires à la vie? Saint Paul, qui avait d comme les autres, à vivre de l'Evan^ilc, travaillait-il pas de ses mains pour avoir quoi subsister? Il aimait mieux se résar la récompense pour l'autre vie quedeJAn voir encelle-ci. S'il a agi ainsi dans la (^ que quelqu'un en lui donnant lui fit pe

floire qui lui revenait de la prédication Evangile (/ Thess. ii, 9), que dira-t-OQi ministres de l'Eglise qui non-seuleoieDl veulent pas quitter leurs propres biens i quels ils tiennent par cupidité et dod nécessité, mais qui en exigent encore l'Eglise, non pour avoir de quoi vivre,! pour augmenter leurs reveuus par des t illicites ? h Julien fait voir à quel excès la pidité pousse un ecclésiastique quanJ fois elle s'est emparée de son cœur. « Poss entièrement du désir des richesses tem^^ relies, il ne pense à autre chose, ou vaj qu*à mépriser, ou du moins ne tenir prer plus aucun compte de ce qui regarde )e vice de Dieu. » Il lui oppose celui (]ui,a avoir renoncé de tout son cœur aux f^osiitf sions de la terre, se trouve dégagé d|flj intiuité de soins et de procès, et vit ^^ l'espérance d'avoir Dieu même font jW tage, puisqu'il l'a pour débiteur; carc^ pour son amour qu'il a distribué tous jj biens aux pauvres, n Un ecclésiasiiiiuc»'* gagé ainsi du soin des biens de la l^f^^'j trouve dans l'ordre où Dieu veut que so«

ceux qui le servent. En effet, le .

n'ordonna dans lanciennc loi les décisif et les premiers fruits de la terre pour i^«* tretien des prêtres, qu'afin que, tandis qu« le peuple leur fournissait les clioses tieai-

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