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Au tQmmmeement était le Verbe ^ $i le Verbe ilaii en Dieu^ ei te Verbe était JHeu. Il était ou commencement avec Dieu, et toutes choses ont été faites par ./ut. (Joan. i, 3.) li est vrai Que Jé^us-Chrisl /est appelé homme dans j Ëcrilure : Vous saveij dit saint Pierre aux Juifs, que Jésus de Nazareth a été un homme que i>ieu a rendu célèbre parmi nous. {Act, ii, 22.) Et iiJ*est en effet, puisqu'il a été fait homme 9 lor^qu^ auparavant il était seulement Dieu. De même qu'il est consubstan^ lie! i son Père, selon sa divinité, il est consubstantiel h sa mère» selon l'humanité. La vérité du mystère parait partout, sans donner aucune prise à l'erreur. Si celui que la Vierge a engendré n'est pas Dieu » quelle iKterveille y aurait-il dans son enfantement? fie connaissez-vous pas plusieurs femmes qui ont mis des hommes justes au monde? JV'est-il pas dit dans les prophètes qu'une Vierge concevra et qu'elle eniantera UJi Gis qui sera a(V)eIé Emmanuel [Isa. vu, 14)i ceist-à-dire, Dieu avec nous, comme l'auge Gabriel l'a eiplic^ué ? (Uatth. i, 23.) En vaia dira-t-on que celui oui est né est de même
Î;enre que celui qui la engendré» et qu'aiusî a mère de /ésus-Christ étant femme, il faut aue son fils soit bomme» cela n'est vrai que ans les générations (jui s'accomplirent suivant le cours ordinaire de la nature. M^ie la naissance de Jésus -Christ n*a point été soumise à cet ordre. L'enfantemeQt de la Vierge est au-dessus de la nature, et celui qui en est né est Dieu. C'est le mêiçe qui, après avoir fait le monde, donné la loi, inspiré les prophètes, s'est fait hon^me dans les derniers temps, et nous a envoyé les apôtres pour nous procurer le salpt. Saint Proclu^ veut que l'on rejette toutes les hérésies uuî ont enseigné une doctrine contraire , celles d'AriuSy d'Eunome, de llacédonius, et le nouveau blasphème fabriqué par Nestorius» lequel 'Surpasse de beaucoup le judaïsme. 11 exhorte les Arméniens k garder avec soin les traditions qu'ils ont reçues des saints Pères, et dont la formule de foi a été dressée parmi eux dans le concile de Nicée, romme aussi la doctrine des bienheureux Basile, Grégoire et plusieurs autres dont les noms sont écrits dans le livre de vie. Ces deux saints qui avaient joui d'une grande réputation dans la Cap^adoce, pouvaient être connus particulièrement des Arméniens, et il y a tout lieu de croire que c'est pour cette raison que saint Proclus les cite particulièreodent dans sa lettre. On voit par Jean d'Autioche et par Facundus que le saint évêque y confirmait la vérité du mystèrede rincarnatiou par divers passages des Pères, et principalement de saint Cvrille qui disait
Sosilivemeat que le cor{)s de JésMS -Christ tait animé par une Ame intelligente et raisonnable. Nous n'y trouvons rien de tout oela, ni un mot de ce qu'en cite Jean Haxence, ce qui prouve que nous n'avons pas celte lettre tout entière. Saint Proclus y avait joint les propositions hérétiques répandues sous le nom de Théodore de ilopsueste, afin d'en insidrer de l'horreur
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aux Arméniens. Ces proposîltOBS éiaies sans doute les mêmes qu'il inséra dans &^ lettre à Jean d'Antiocbe, où on les relrouvi encore.
Aux évéques éTOrient. — Les troubles reh
fieux qui avaient agité l'Arménie avaieo lé suscités par les évêques d'Orieot, c particulièrement par Théodore de Mopsueitc Proclus leur adressa donc sa Lettre aux Âr ménienSf avec une lettre svAodique, dâik laçiuelleil demandait à Jeand'Antioche tïtk foire signer par son concile, pour marque qu'ils étaient unis par la profession d um même foi. Il ne nous reste que deux passap de cette lettre à Jean et aux autres Orien taux. Dans le premier l'auteur reconnii qu'un de la Trinité a été crucifié selon i chair; dans le second, il distingue clairt nient les propriétés des deux natures, pui» qu'il dit que celui qui est sans eommeocè ment, nait selon la chair, qu'il croit ea H et se perfectionne selon le corçs, qaoi( très-parfait de sa nature; qu'il souSn quoique supérieur à la douleur ; mais qu'i supporte les injures et les opf^robres, dm dans ce qu'il était avant son incarnaliooi mais dans ce qu'il a été fait par son iaw nation. Outre cette lettre synodique, saifl Proclus ea écrivit une particulière à Jeu d'Antiocbe. Après lui avoir montré, pu l'exemple du grand prêtre Béli, et de sa enfants, combien il est dangereux de lais»^ le crime impuni, et de ne pas veiller sar conduite de ceux dont on est chargé, l'exhorte à exercer sur son peuple une ÛH vigilance qu'il n'en souffre jamais aucr reproche. Il lui fait paît des plaintes qi les clercs et les moines d'Edesse et méi un grand nombre de laïques zélés pour foi, portaient contre la conduite d'ibas, leal évêque, accusé d'aimer les fblies de Nests» rius, jusqu'à traduire en syriaque les passages de Théodore de Mopsueste qui Jei contenaient, pour en inoculer plus îàdkr ment le venin aux simples. Il ne croit pu qu'Ibas partage tous les mauvais seuUmeoii exprimés par Théodore de Mopsueste ; ïïM eu les traduisant, il est devenu pour beaih coup de personnes et particulièremeot poor le saint prêtre et archimandrite Dalmace, une occasion de scandale. 11 prie Jeau d'engager Ibas à signer sa lettre aux Arinéaieia et a anathémaliser les passages de Théodon de Mopsueste qui s y trouvaient joints; parce qu'encore, dit-il, que la foi soit la plus ei* cellente de toutes les vertus, elle doit ce-
Bandant céder à la charité, par laquelle seule ieu s'est fait homme. Les évêques d'Orient h qui Jean d*Antioche communiqua celle lettre, trouvèrent mauvais qu'on .leur de* mandat de nouvelles signatures, mais après avoir examiné la lettre de saint Proclus, il> la souscrivirent et la lui renvoyèrent. Qudoî aux passages dont il leur demandait la cou* damnation, ils répondirent que plusieur> étant orthodoxes et les autres susceptitiei d'un sens catholique, ils ne pouvaient te:^ anathéinatiser, condamner en même tcœp^ iQs plus illustres Pères de rfij^tise; v^
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DE PATAOLOGIE.
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afiient ptrié de même. Oe ce nombre éuûl sèJiu Ignace martyr.
Àlhmmut évéfue d^Aniioche. — La lettre i Oumous élu évégae d*Aniioetae à la place deieao, mort en Ul» a trait à TaSaire d'A<» (b4»a$a de Perriiat accasé de plusieurs faa«* le< graves, faut sous le rapport des mœurs gue ilifls l'admislration des biens de son Eglise. Hais il aima mieux renoncer à son é^èché fiie de comparaître datant Domnus et les auLres évoques de sa province, rassemblés cfi coocile. U se relira dans une terre qu'il pûssédaii au diocèse de Samosate ; mais reflvUant révêehé de Perrbâ, il y revint rers m 444, et entreprit même d*y faire quelques ordioalions. Les ecclésiastîqttes de la Tiita, qui avaient été ses accusateurs, ne Vj iDolureot point souffrir. Il prit donc le parti è quilter la Syrie et de se retirer à Conslan* bcf;ie.On pense que saint Cyrille d'Alexanàtes'f Iroovaii alors avec saint Proclus. ilhoase leur donna à entendre i^ue ses
Es eeclésiastiqaes, secouant le jou^ de oission! qu*iU lui devaient, rayaient Mo^ettlement cbasfiji de son Eglise, mais fills avaient même effacé son nom des saoés d vptiques, déposé Téeonome auquel il mu eoQtie l'administration des biens et inversé tout Tordre eccl élastique. 11 ajoo^ to que ce qui l'avait empêché de s'adresser 1 soQ métropolitain, c'est qu'il était son •oemi déclaré, et qu'il excitait ses propres ttlésiastiqttes contre lui. Saint Proclus, imé des procédés du dergé de Perrha
Ifii ne connaissait que par le faux récit Altuaase, écrivit k Domuus d'Antiocbe tir le prier de faire examiner l'affaire ; coffimettre à cet effet quelques évoques *^iui, si la ville de Perrha était trop ôloipte d'ÀDtioche, et de déposer sans miséri- We les ecclésiastiques qui se trouveraient JM[«bles. Il fait entendre k Domnus« qu'en inresstDt k d'autres, Atbanase n'avait ^t prétendu déroger au droit et' k l'auto- |)lB.46la ville d'Antiocbe ; et si, avec saint VrJite, il se mêlait de cette affaire, ce n'6* ^1 que comme médiateurs. Enfin ils le }^M d avoir égard k leurs lettres en sou- ^f de la charité qui les unissait tous. Diicoufts ST HoniLiBs. — Ce fut sons ^'iscopat de saint Proclus que se fit la ^Dslauoodu corps de saint Chrysostome ^ CoiDsoe k Constantinople, où il fut dé- M dans l*église des Apôtres, sépulture (^iioaire des .empereurs et ifes archevêques (^OjDstantinople. Tbéodose etsasŒurPulf^eria assistèrent k cette solennité. Nous ims encore un fragment latin du discours 'l«i«ProçlQs prononça en cette circonstance. ^ ) reconnaît aisément combien son cœur ^^t( pénétré d'amour, d'estime et de vénéntiuQ pour ce grand évéque, qu'il compare <4i<leuisainU Jean, dont il portait le nom |<«ai apôtres saint Pierre et saint Paul. Il '^P^Jjooça, non pas dans le palais mais ^l'église où saint Chrysostome avait ^t«dié;cequt montre que cette fête avait ^célébrée également et au palais impérial ^^^iésUseméUopolitaine.
Saint Proclus ordouna plusieurs évêqoes, au nombre desquels nous citerons Thatlas* sius» ancien préfet d'il ly rie qu'il établit évêque de Césarée; Basile qu'il; plaça sur le siège d'Ejphèse, en remplaeementde Bassien,
Suoiqu'if n'approuvât pas l'intronisation e ce dernier qui lui paraissait irrégulière ; Eusèbe qu'il consacra lui-même évêque d'Aneyre, et Pierre évêque de Gangres. Il donna son approbation k Tordination du comte Irénée, que Domnus d'Antiocbe avait lait évêque de Tyr, quoique bigame. Nous n'avons aucune connaissance du synode qu'il tintk Constantinople, vers Tan ^^•S:; il parait seulement par la lettre synodique qu'il signa, qu'on s était occupé dans cette assemblée des droits et du rang de son Eglise. Saint Proclus mourut dans le cours de l'année U6 ou au commencement de l'année suivante. On a, sous son nom, vingt-deux homélies dont nous allons nous efforcer de donner une idée, en nous arrêtant seulement aux principales.
Sur la Vierge. — La première est celle qu'il prononça contre Nestorius et en sa
Erésence, au.commencement de l'année ^29. e peuple de Constantinople Técouta avec de çrands applaudissements ; mais Nestorius en lut si choqué, qu'il prit sur-le-champ la parole, pour détruire ce que Proclus avait &vancé ; et depuis ce temp^Ik il se déclara son ennemi en toutes circonstances. On a pjacé cette homélie k la tête des Actes du concile d'Ephèse, et elle est citée, sous le nom de saint Proclus, par plusieurs écrivains ecclésiastiques. L'orateur commence et termine son discours, en donnant k la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu. Pour montrer qirelle méritait cette qualification, il prouve que son Fils n'était ni seulement Dieu, ni seulement homme; mais Emmanuel, c'est^k*dire. Dieu et homme, sans aucune confusion des deux natures. «Car, nous ne prêchons point, dit-il, un homme déifié, mais un Dieu incarné. » Il donne pour raison de llncamation du Verbe le salut du eenre humain. «Tous les hommes engagés au démon et au péché par la chute d'Aaam, tombaient nécessairement dans la condamnation et la mort éternelle, s'ils n'avaient été rachetés par une victime dont le prix répondit k la grandeur de la dette. Aucun homme ne pouvait les racheter, puisqu'ils étaient tous coupables, et avaient également besoin d'un Sauveur, Aucun ange ne le pouvait, parce qu'il n'eût point trouvé de victime propre. Il fallait donc que Dieu se livret k la mort, pour nous racheter ; c'était le seul moyen qui restât. Or Dieu, demeurant seulement Dieu, ne pouvait mourir. Il a donc fallu qu'il se flt homme pour sauver les hommes, et qu'il devint tout ensemble, et notre victime, en donnant son sang et sa vie pour nons délivrer; .et notre pontife, pour pouvoir s'offrir au Père en notre faveur. » Il convient qu il n*y a aue Dieu seul qui connaisse la manière dont il s'est fait homme dans !e sein de la sainte Vierge; sa naissance n'ert pas moins miraculeuse que sa coneepfifU)^
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DICIIONNAIRE
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puisquHi a été conçu et qu*îl est né, sans avoir rompu dans së mère le sceau de la virginité. 11 combat l'hérésie de Nestorius 80US tousses déguisements, et soutient que dire que' le Christ et le Verbe sont deux, c'est mériter d'élre séparé de la divinité, et établir une quaternité à la place de la Trinité que nous adorons.
Sur l'Incarnation. — La seconde homélie est loin de révéler le même talent ; on n'y reconnaît ni le génie, ni le style de saint Proclus. L*orateur, au lieu de s'attacher k son sujet principal, qui était d'établir le mystère de llncarnation, s*amuse à des questions qui n'ont que peu ou point de rapports à ce qu'il avait entrepris de traiter, il cherche îles figures du mystère dans la conformation de l'homme, et on peut dire qu'il y réussit assez mal. Que fait a l'intelligence de ce dogme de savoir pourquoi, pendant le sommeil d'Adam, Dieu lui a enlevé une c6ie pour en former £ve; et pourquoi, au contraire, il ue Ta pas fait pendant qu'il était éveillé? Aussi n'en tiret-ii aucune induction pour l'incarnation du Verbe. 11 se contente de nous apprendre que Dieu a agi ainsi, de peur qu'Adam ne prit occasion de la douleur qu'il aurait éprouvée en se sentant arracher une côte, de haïr sa femme et de vivre en ennemi avec celle gu'il devait considérer comme sa
tiropre chair ; comme s'il avait été impossiile de suspendre la douleur dans Adami pendant le lour, plutôt que pendant la nuit, dans la veille, plutôt que dans le sommeil. L'éditeur, pour attribuer cette homélie à saint Proclus, allègue les témoignages de saint Ephrem d'Antioche et d'Anastase de Nicée. 11 est vrai que saint Èphrem cite un discours sur l'Incarnation, mais peut-être veut il parler de l'homélie suivante, qui parait appartenir évidemment au saint évèque.
Elle en a le s(yle et les pensées, et elle commence par une comparaison, dont ce Père se servait volontiers. II la prononça le lendemain de Noël qu'il compte pour la
Eremière des cinq fêtes que l'Eglise cèlerait alors. Les autres sont : l'Epiphanie, jour où l'on faisait mémoire de la sanctification des eaux pour le baptême de Jésus- Christ, Pâques, l'Ascension et la Pentecôte, qu*il regarde comme des sources et des trésors de salut, et beaucoup au-dessus des fêtes des Juifs qui ne s'y occupaient, dit-il, que de ce qui pouvait satisfaire leur gourmandise et leur sensualité.
^ Discours en r honneur de la Vierge. —Dans l'homélie cinquième, qu'on a faussement attribuée à saint Chrysostome, l'orateur fait l'éloge de la sainte Vierge qu'il appelle souvent Mère de Dieu. On croit qu il la prononça, au jour de son Annonciation, parce qu'il s'y étend beaucoup sur la salutation an^élique. Il repasse, en peu de mots, ce qui a rendu recommandables les saints les plus renommés de l'Ancien-Testament, le sacrifice d'Abel, la foi d'Abraham, la patience de Job • le zèle d'Elie , la force de
Samson, la science divine d'Isaie, les lu« mières de Daniel, la saeesse de Salomon, e| dit que rien de tout cela n'est comparable i la gloire de Marie, qui a porté dans son seig le V erbe incarné. 11 dit quelque chose, mû seulement en général, de la vertu.des reli« ques des saints, et marque les liéui de k sépulture de plusieurs anciens patriarcbei Il place celle d'Abraham dans la Palestine celle de Daniel à Babylone, calte d'Ezécbid en Perse. Mais il avoue qu'il ignore ea qud endroit ont été enterres Mo'ise et lsaît< L'homélie suivante n'est rien autre cb
Î[u'un dialogue long et ennuyeux eutre sa oseph et la sainte Vierge, au sujet de s grossesse, fondé uniquement surdes ima ' nations ou quelques anciennes histoii apocryphes. Mais quoique ce discours poi le nom de saint Proclus dans quelqui manuscrits, il nous semble absolument ion possible de lui attribuer une pière aussi fii toyable.
Sur la théophanie^ etc. — On ne fait jm de difliculté d attribuer à saint Proclus lu quatre homélies suivantes. Dans celle qd est pour la théophanie ou épiphanie, lûrii teur dit que Jésus-Christ reçut le baptèr pour deux raisons : la première, aGo sanctifier les eaux ; et la seconde, pour! viter, par son exemple, tous les hommes le recevoir. Il y parle assez clairemeiK ' péché originel, en disant que Jésus-Cb n'est point tombé dans l'exécratioD d'Adt Il n*y a rien de bien remarquable dansl* mélie sur la tr ans figuration. C'est moins uÉ éloge du mystère qu'une explication dr circonstances qui l'accompagnèrent. Il est de même de l'homélie sur les palm Dans celle qui traite du jeûne du jeudi m en pariant ae la cène que le Sauveur Gt avaij ses disciples, il dit que ce fut en cette ocr^ sion qu'il leur révéla de grands ravstèn qu'il les nourrit de sa chair, et quelecahi qu'il leur présenta à boire efface les péc' ' Dans l'homélie du vendredi saint, sur passiony il compte cinq mille cinq cemsa depuis la chute du premier homme jusqo la mort de Jésus-Christ. Il ne doute poiol qu'il ait tiré Adam, comme Abel, du sein tf 1 enfer ; et, pour montrer aux Juifs cootbiet* il est au-dessus de tous les patriarches, i les fait souvenir qu'ils ont tous été vaiorus par la mort, tandis que Jésus-Christ, ai mourant dans sa cliair, a vaincu la mort.
Sur la résurrection. — Des quatre home* lies que nous avons sur la résurrection, la première commence par l'éloge d'une reiiia qui s'était consacrée à Dieu ; qui, |»ar esprit
ui S était consacrée a Dieu ; qui, |»ar e>pn« e piété, avait épuisé ses trésors potirco nnchir l'Eglise et orner le temple où »
prêchait, c'est-à-dire l'église de Sainle->»j>hie; et qui, depuis, s'appliquait à moroûff sa chair et ne s'occupait que de Jésus-Chri$t et de sa croix. Tout cela convient à Pulcbérie, que sa piété, sa prudence et sa libéramâ envers les églises ont rendue célèbre u««* l'histoire religieuse de cette époque. Ce«f homélie, que nous n'avons pas enliwç^ traite des avantages que nous retirons fl<? -^
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I>E PATHOLOGIE
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i^orredîon de Jësus-Christ et du baptême. L'homélie suivante est yisiblemeni dipigée rr^Btre U doctrine de Nestorius* quoique rmteurne le nomme pas. Il y établit que ee^t ie même qui s*est formé un corps dans iMeinde la Vierge et d'une manière à lui îfn\ connue; qui a réuni à ce corps TAme p en arait été séparée pendant trois jours. Eiioais^aot au temps réglé pour Tenfanteoenl, il a fait Toir qu*il était homme» de R^meil a montré qu'il était Dieu en sortant u>j tombeau. Depuis son incarnation, nous nniJonsi Dieu un culte nouveau qui coni\iW, non dans le snng des victimes ni dans U eirconcisiony mais dans la foi par laquelle Mfos aiJorons trois personnes en une seule rolistance. Quoique Dieu 'le Verbe fait biKnoeait été crucifié, c'est dans la chair qs'il a souffert, parce qu'il a toujours conttpfé comme Dieu sa puissance et son emfnç. Il demande aui Juifs, gui ne pouvaient croire qu*un Dieu se fût fait homme, pourifvoile soleil s'est obscurci en plein midi, kidela mort de Jésus-Christ, et pourquoi mo lie semblable n'est arrivé lorsque le jtitt« Naboth fut misa mort? Pourquoi la Irrreirembla lorsque Jésus-Christ fut atiaéi ï la croix, et pourquoi elle ne fut pas miement agitée à la mort d'Isaïe, sous lioassé? Il presse do même ses raisonneieol5 sur toutes les autres circonstances de ■ passion de Jésus-Christ, dont la divinité bt alors attestée par le désordre même des fliments.
Dans rhomélie troisième qu'il prononça lijotir de Pftques, il montre que, le temps to figures étant passé, il n'est plus permis Bx Juifs d'immoler un agneau suivant le At prescrit par la loi, parce que le véri- Mf agneau, le Fils de Dieu, a été immolé, rtqtie par son sacrifice il nous a rachetés m nos iniquités. La quatrième traite en iéme temps de la pâque et de saint Jean FEnngéliste. C'est une explication de ces ^mières paroles de son Evangile : Au com^ ^tement était le Verbt^ et le Verbe était en Kn.î/ Aaïf au commencement avec Dieu^ et ^*$ choses ont été faites par lui. Saint Propos regarde ces |)aroles comme tes pierres fondamentales de l'édifice de TEglise, et ff^m une preuve de l'éternité du Verbe ^ de l'identité de sa nature avec celle du Kre et du Saint-Esprit. Sur quoi il remarque que le nombre des personnes divines n^ rompt point l'unité de nature, et que la Trmiié ne divise point l'essence divine par i^flies; de sorte que la Trinité est con- ^'ibfiantielle en puissance, en bonté, en di- 'miié, divisée en trois personnes, unie en juiQre. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, I* Saint-Esprit est Dieu ; nous leur devons •tous tes trois l'adoration qui leur est ren- ^u«dan$ le ciel. Ce n'est que par la foi, <e$i-è^ire par révélation, que saint Jean * appris ce qu'il a écrit dans son Evangile »Qr la génération ineffable du Verbe; car, ^•werye-i-il, il n a pu l'apprendre ni de ses l^^loyens, ni des Juifs, ni de Moïse, ni de ^lOK (mi ne contenait que des figures de
l'avenir. Il ajoute que le même apôtre a vu aussi le mystère de l'incarnation, le Verbe conversant sur la terre sans avoir ouitté le ciel, enveloppé de lances comme un nomme, lui CHii comme Dieu délia -par un seul mot les bandelettes qui retenaient Lazare dans son sua>re. Enfin il donne k l'Eglise les titres de catholique, apostolique et immaculée.
Sur la Pentecôte. — Dans l'homélie seizième, prononcée le jour de la Pentecôte, saint Proclus établit contre fes eunomicns et les macédoniens la divinité du Saint-Esprit par divers passages de l'Ancien et du Nouveau Testament. C'était une preuve également forte et nécessaire puisqu'ils niaient qu'on en pût prouver la divinité par aucun tex te de rij^riture. Ceux que l'orateur al lègue sont tirés des Actes des Apôtres, des Psaumes, desEvançiles, et des Epîtres de saint Paul. On voit dans les textes qu il apporte, que le Saint-Esprit est appelé Dieu et Seigneur ; qu'il y est glorifié avec les deux autres personnes de la Trinité ; qu'il est le distributeur des dons spirituels, et qu'Ananias, pour lui avoir menti, fut mis a mort.
Eloge de saint Paul^ etc. — L'élose de saint Paul renferme en abrégé les grandes actions de son apostolat. Son tombeau, comme le linceul dans lequel il fut enveloppé, et qui se voyaient k Rome du temps de saint Proclus, avaient la vertu de guérir les maladies. Dans l'éloge de saint André, il repasse les
Prandes merveilles que Dieu a opérées dans Ancien Testament, et dit Qu'elles ne sont rien, en comparaison de celles qui se sont opérées dans le Nouveau, oh les apôtres ont touché de leurs mains le Verbe de Dieu qui était dès le commencement, oiSt ils ont mangé avec lui, entendu sa parole, et qu'ils ont accompagné dans ses courses. Ce discours est quelquefois attribué à saint Chrysostome ; mais il est de même style que les précédents que tout le monde attribue à saint Proclus. On y trouve même un passage considérable répété presque mot à mot de VEloge de saint Paul, Il est suivi, dans l'édition de Rome, du Panégyrique de saint Chrysostome^ publié par Baronius, comme nous l'avons remarqué ailleurs.
Traité de la messe. — Les orientaux sont persuadés, sur le témoignage de saint Pro^ dus, que saint Jacques, évèque de Jérusalem, avait le premier composé une liturgie. C'est ce qu'on lit en effet dans le Traité de la messe^ qui porte le nom de saint Proclus, et qui se trouve à la suite de ses ouvrages dans l'édition romaine. Mais on doute aue ce traité, ou plutôt ce fragment, soit réellement de saint Proclus ; et lors même qu'il seraitdelui, tout ce qu'onen pourrait conclure,
c'est que de son temps, il y avait une liturgie attribuée à saint Jacques, une autre à saint Clément et une troisième à saint Basile; car il est fait mention de ces trois liturgies dans le traité dont nous parlons. Ce qu'il contient de plus remarquable, c'est la croyance de son auteur sur la transsubstantiation, et sur le changement qu'il prétend avoir été introduit par saint Basile
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dans la liiurgie. Voici ses paroles : « Le grand saint Basile voyant que de son temps bt froideur et Tindévotion i(ui 3'étaient emiiaréesdes Chrétiens leur faisaient trouver de rennui et du dégoût dans la longueur de ia liturj^ie, la corrigea et la fit célébrer dans son Eglise sous une forme plus abrégée. Ce n*est pas <:|u*il trouvât la première trop Ion* gae ; mais il le fit pour a*accommoder un peu à la faiblesse, et de ceux qui écoutaient ta parole de Dieu qui leur était annoncée, et de ceux qui se réunissaient pour prier ensemble, afin de les guérir de Hmpatience etdePennui que la durée des offices pouvait leur causer. Après que notre Sauveur fut monté au ciel, et avant que les apôtres se séparassent pour aller prêcher l'Evangile par toute la terre, les fidèles conspiraient tous ensemble à passer les jours entiers dans la prière; et, comme ils trouvaient une faraude consolation dans le sacrifice mystique dju corps et du sang du Seigneur, ils employaient beaucoup de temps et faisaient de longues prières, pendant la celé* bration de la liturj^ie. Car ils croyaient que ces mystères divins, qui renfermaient en même temps les instructions que I on donnait au peuple chrétien, étaient préférables à tout le reste. Ils étaient d'autant plus embrasés d'ardeur pour les choses de Dieu, et pour le saint sacrifice en particulier; ils consacraient d'autant plus de temps à l'oraison, qu'ils conser?aient toujours (;es paroles du Sauveur, profondément gravées en leur souvenir : Ceci est mon corps : faites ceci en mémoire de moi {Luc. xxii, 19); et : Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang^ demeure an mot, et moije demeure en lui {Joan, vi, 47.) « Ainsi, ils priaient longtemps avec un cœur contrit et humilié, et imploraient avec assiduité et ferveur le secours de Dieu. Ils avaient grand soin encore de bien instruire ceux d'entre les Juifs ou les Gentils, qui avaient été nouvellement convertis ei baptisés, les exerçant aux actions de piété qui pouvaient les rendre capables de luirticiper aux saints mystères, et leur apprenant ce
3u'ils devaient éviter pour sen rendre ignés. Par ces prières ils attiraient le Saint- Esprit et attencfaient sa venue; afin que par ia vertu de sa divine puissance, il fit que le pain et le vin mêlé d'eau que l'on avait offerts pour le sacrifice devinssent le propre corps et le pri)pre sang de Jésus-Christ. Or, ce culte religieux s est observé dans l'Eglise jusqu'à présent, et continuera de s'y observer jusqu'à la fin des siècles. Mais il est arrivé quelque temps après la naissance de l'Eglise, que ceux qui, ayant perdu cette première ferveur et cette vigueur de la foi chrétienne, s'occupaient trop du soin des choses* du monde, ont commencé à se lasser de la longueur de la liturgie^ et n'ont pu se résoudre qu'avec quelque peine à assister seulement à la lecture de la parole de Dieu. C'est ce qui a porté, comme je l'ai dit,, saint Basile à remédier eq quelc^ue sorte à ce mal, en abrégeant l'ofiice divin. Un peu après lui, notre bienheureux Père
Jean, archevêque de cette Eglise, qui s'eit acquis le surnom de CbryjM)stome par U splendeur de son éloquence, se sentaïU.
comme un bon pasteur, uniquement oci*Qi du soin de sauver son troupeau, et eoon sant comme il le faisait, la faiblesse et lï firmité de notre nature,- il ne voulut lai aux fidèles aucun lieu de s'excuser dVssis assidûment à la célébration des saints mjtl tères, ni aucun prétexte au démon de len persuader de s'en éloigner. C'est pourquoi il abrégea de beaucoup la liturgie, de ^u que les hommes qui aiment le libertinad et l'oisiveté, trompés par les suggestions 0 l'ennemi de leur salut, ne fussent détourné^ de celte tradition a|K>stolique et divine comme nous en avons vu plusieurs, q ' en divers lieux, ont tftché de s'exempter l'assistance que les fidèles doivent auxdiri oflices de l'Eglise. »
On cite de saint Proclus quelques hooA lies q^ui ne sont pas venues jusqu'à na^tk On n en connaît que le sujet et les lin rapportés par saint Ephrum , par Socratef par Anastase le Sinaïte. Saint Cyrille '^
Î|ue c'était un homme rempli de piété, [ aitement versé dans la connaissance de discipline ecclésiastiq[iie, et un exact a valeur des canons. Il imita toutes 1^ ve de son illustre mettre, et comme saint i Chrysostome, il fut un zélé défenseur l'orthodoxie. Comme on a pu s'en <; vaincre, il a développé en théologien pi fond la nécessité d un médiateur qui Dieu, pour réparer la nature humaine. U commeûté aussi avec supériorité le préi bule de l'Evangile de saint Jean sur U vinité du Verbe et la génération du Saav< Son style est semé de pointes et d'antil ses ; on dirait qu'il s est plus appliqué plaire qu'à toucher, et à polir son disco
3u'à le rendre utile à ses auditeurs. Cep ant il ne manquait ni de sens ni de vi cité, et savait présenter une même penaél sous une infinité de faces différentes.
PROCOPE dkGazi fut ainsi appelé, dei^ ville de ce nom, en Pbénicie, où il faisait^ demeure. Il exerçait la profession de M^ teur ou de sophiste, comme on disait al<vdkl et il s'y était rendu célèbre sous les rëgna^ de Justin et de Justinien. Mais il |i«np que, dans les dernières années de sa vie, 4 s appliqua tout entière l'étude de rEcrituit; sainte. Pour en acquérir plus Cacilemeal l'intelligence, il lut, non-seulement les différentes versions qui avaient cours dioi l'Eglise, mais aussi les commentaires diif Pères orthodoxes sur l'Ecriture, et les bo* mélies des hommes de piété sur le méioa sujet. Il mit par écrit ce qu'ils avaient dil de particulier dans leurs explications des saints livres, copiant jusqu'aux termes dont ils s'étaient servis, sans se préoccuper qu^ leurs explications fussent conformes: ca qui comj^osa un volume immense. Pour Ta* bréger, il retrancha, par la suite, ce qvo plusieurs avaient dit de semblable sur uoa même matière, et expliqua en peu de oois les contrariétés qui se trouvaient enlre eut.
rao
PRO
I) m\ que, par ce moyen, son recueil préirnlfrait on corps complet de commentaires (Â i'on poorrail tirer, comme d*une Biaree aoique, Texplication de toate.<( les Ecntares. Pour p(us grande clarté, il ajouta ]Qf tiiuefûis ses pensées à celles quMl avait iKiurées eiprimées par les autres, mais ■nss'en prévaloir et en attribuant le suc- 9k di^ SCO travail an secours qu'il attendait
(ommtntmrca. — Nous avons de Procopa p eommentaîre très-diiTus sur VOctateu" pr,c>$(-à*dire sur les cinq livres de Moïse», N sortes trois livres de JonUl^ des Juges et Il itvM. Phoiius parle aussi de ses comvntâires sar les livres des Rois et des Pa- ^pmhet et sur la prophétie d*Isaïe, en Inarquaot qu'il y traitait les matières avec ■Uni d*étendue que dans VOctateuqufySans l^eodant se laisser aller à des digressions toiles; ses explications n'étaient longues |R parce qu*il y rapportait souvent les di- ■n seoliments des rommentat^eurs sur un itut sQJet. Il s'en faut bien que ce qui WQitisie de lui sur les livres oes Rois et h/onlipomines soit aussi étendu que ses MreseoiBinentairea : ce ne sont, à propre-» Nftl parler» que des soholits^ dans lesquelkii dûDDe^ en peu de mots» le sens de la Vire. Aussi Jean Meursius, à qui nous de-» Nc^t ouvrage, l'a-t-il publie sous ce ti-
E:requi donne lieu de croire que ce n'est 00 extrait de celui qu'avait laPhotius, Icofflioentaire sur /saie, au contraire, est ^ le goût de celui qu'il a donné sur TOcinf||^ Dans l'un et dans l'autre, Procope Iphque le teite en divers sens, et marque ftMérences des versions d'Aquila» de
rinuK^ue, de Théodotion et des autres. Il ourqae aussi dans son eommentaîre sur ^hii et les Paratipomènes^ où il cite soutBtiosèphe, les Septante, le texte hébreu, NKerprétalion des noms hébreux d'Eusèbe iCêsarée, un dictionnaire hébraïque et les fiDuiogies romaines ou latines. Ses com- •ouires sur VOctateiAque^ sur les Rois et ^fmlipomines ue sont pas suivis, et queliNfois il n'explique qu'un ou deux versets Borbapitre; mais sur Jsaiey il ne laisse ^oe rien passer. Nous allons essayer de ttoer une idée de ces commentaires , en ^iysaat au hasard quelques-uns des pas- ^qui, à première vue,, nous paraîtront *plus remarquables.
H [J^e pour principe que celui qui veut »ppli({uer à l'étude de l'Ecriture sainte, ne 'Kpomi regarder ce qui est dit dans ces rres, comme venant de la pnrt des hommes ; ^^ remonter plus haut et croire ferment que tes dogmes sacrés qui y sont éla-
>. ûreni leur origine de Dieu môme , qui 'tt^ ics a transmis par le canal des hom- '^ Il dit nettement que Moïse est fauteur * liTede la Genèse; ot pour donner è ce •'^Uieur tout le crédit nécessaire, il fait 'Jâr'iuer qu'il a vu Dieu lui-même, autant 1': I œil de l'homme en est capable, et que
^^oneur lui a parlé face à face, comme t *uii a coutume de parler à son ami. 11
lyoute que ce législateur avait connu par inspiration divine Tes choses passées, présentes et futures. 11 combat fort au long l'opinion des Grées sur l'éternité du monde, en montrant que si le monde est éternel, il faut avouer aussi, comme conséquence nécessaire, qu'il est sans principe, attribut qui ne convient; qu'à Dieu seul. Comme il se formait de la figure du monde une idée toute différente de la nôtre, il ne croit pas qu'il r ait des antipodes, car s'il y en avait, dit-il, Jésus- Christ n'aurait pas manqué d'aller leur prêcher TEvangile, et faire pour eux ce qui convenait pour le salut du genre humain. On voit que de son temps les interprètes ne s'accordaient pas sur la permission accordée à l'homme de manger de la viande ; mais il parait adopter le sentiment de ceux qui ensciftnaieut qu'il avait été permis d'en manger dès le commencement du monde; car n n*est pas probable qu'Abel eût offert à Dieu des sacrifices d'animaux, s'il avait eu horreur d'en manger la chair. On ne voit pas la raison, pourquoi, dès avant le déluge. Dieu aurait fait la distinction dns animaux mondes et immondes, s'il eût défendu de manger la chair d'aucun. Il remarque que la prophétie de VExode qui annonçait la destruction des idoles, était accomplie lorsqu'il écrivait, puisque ceux qui auparavant les adoraient a genoux ne cessaient d'en combattre le culte; Dieu ne révélait pas tout à ses prophètes, et souvent il leur cachait des cnoses qu'il leur était utile d'ignorer. Selon quelques interprètes Samuel apparut véritablement à Saùl, non que la pythonisse l'ait fait apparaître, mais parce que Dieu le fit voir à ce prince. Procope semble approuver le mensonge officieux, en faveur de la fm utile que se propose celui qui le commet. Il faut» dit-il, examiner le dessein et le but des bons et des méchants, et juger par là de la bonté ou du défaut de leurs actions. Peut-on ne pas reprocher à Hérode d'avoir dit vrai dans le meurtre de saint Jean- Baptiste? Et ne lui eût-il pas été plus utile de mentir, après avoir juré une chose illicite, que de commettre ce meurtre? C'est ce qu'il dit encore pour justiGer la conduite de Chusaî envers Absalon qui s'était révolté contre son père. Procope convient que plusieurs interprètes désapprouvaient la dissimulation dont cet ami ae David usa envers Âbsalon, en lui offrant.des services qu'il ne voulait pas lui rendre. Pour lui il croit que l'on peut interpréter favorablement cette conduite, parce qu'elle avait pour but do maintenir David dans la possession de ses états et de ses droits. Cette doctrine un peu pressée dans ses conséquences pourrait conduire l'auteur plus loin qu'il n'a voulu ; la fin ne justifie pas les moyens.
Procope cependant est très-orthodoxe sur toutes les matières agitées de son temps. Il reconnaît qu'il n'y a en Dieu qu'une seule substance divine, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et qu'une seule opération ; de sorte que lorsqu il est dit dans rEcriture» Que le firmament soit fait (ffen. i, G}, il ne
nio
MCTIONNiURE
PRO
Tfl
fiiut pas croire qu*il y ait de la différence entre celui qui a Tait te tirmament et celui qui a commandé qu*il se fît; ce qui explique cette parole du Sauveur dans TËvangile : Mon Pire^ depuis le commencement du monde jtuquicif ne cesse point d'agir, et fagis aussi incessamment comme lui (Joan. y, 17) ; pa* rôle qui marque une opération commune au Père et au Fils. En expliquant ce que Dieu dit à Moïse : Prenez de l'eau du fleuve^ répandez-la sur la t^rre sèche, et tout ce que vous aurez puisé du fleuve se changera en sang (Exod. iv, 9), il enseigne que le Verbe de Dieu était représenté par cette eau. « Car, dit*iU comme celte qui est tirée d*un fleuve est de la même nature que le fleuve mèmct ainsi le Fils est de la même substance que le Père, c'est-à-dire, qu'il lui est'consubstantiel, vie de vie et lumière de lumière. Ce qui est dit de Teffusion de Teau sur la terre s applique à Tlncarnation du Verbe.» 11 dit ailleurs que « Jésus-Christ est composé de deux natures. Tune divine et Tautre humaine. Selun celle-ci, il est prêtre. Encore qu'il y ait deux natures en Jésus-Christ, il demeure néanmoins un et indivisible par l'union de ces deux natures. Nous suivons Jésus-Christ partout où il nous mène, soit que nous nous éloignions, soit que nous nous rapprochions. Notre premier éloignement s'accomplit, lorsque nous passons do 1 inlidélité à la foi ; le second, en passant du vice à la vertu ; et le troisième, cle l'imperfection à la perfection 'de la vie; et il ne faut pas s'imai^iner que tout cela se fasse en nous, sans le secours de Jésus-Christ, puisqu'il a dit lui-même : Sans moi vous ne pouvez rien faire. (Joan. xv, 5.J » Aproposd'un passagedu IV' livre des Aoi>, où nous lisons qu Achaz consacra son tils, en le faisant passer par le feu, suivant la superstition des gentils, il dit que de son temps, l'on voyait encore des restes de cette erreur. Dans quelques villes on allumait Une fois Tannée des bûchers sur la place publique et non-seulement les enfants, mais les hommes mêmes passaient à travers les feux et dansaient autour; et lorsque les enfants n'étaient pas assez forts pour afl'ronter seuls cette épreuve, il y avait des mères
3 ni les portaient sur leurs bras, à travers les ammes, comme pour les purifier et les garantir de tous maux. Procope a imité dans SQS Commentaires l'élégance et la concision de ceux de Théodoret, et l'on peut même dire que son slyle est trop poli, pour un genre de travail qui n'exige pas autant d'ornements. Les Commentaires sur ïOctateuque ont paru eu latin, in-folio à Zurich en 15d5; les commentaires sur les livres des ilôts et des Paralipomènes ont été publiés en grec et en latin, par Meursius, tn-&% Levdo 1G20; et les Commentaires sur /saie ont* été imprimés en grec et en latin, Paris, in-folio,
AUTRES icRiTS.— Onciteun manuscrit de la bibliothèque de Leyde, où Ton trouve quelques lettres de Procope de Gaza. Elles n'ont Wi$ encore été publiées. Quant à celles qu'on it sous le nom de Procope le Sophiste dans
le Recueil grec d'Aldus, on n'a aucu preuve qu'elles soient de Procope de G plutôt que de Procope de Césarén, puis tous les deux ont exercé la profession rhéteur. Photius attribue h celui de (1 des Métaphrases ou explications des t< d'Homère ; et l'éloge qu'il en fait donne lie d'en regretter la perte. Turrien cite (fa Commentaires de Procope sur les ProvaU et ils sont cités également par Jean Cura rius dans sa préface sur Isaie^ mais ils o'w pas encore été imprimés, non plus qoe I Commentaire sur les douze petits propMi que l'on dit cependant avoir été traduit m le P. Garnier dans le dessein de le reniu public
•PROCOPE était de Jérusalem, mais ilè meurait à Scythople sur le Jourdain, oi servait r£glise en qualité de lecteur et f terprète en langue syriaque. Les leeu publiques de l'Ëcriture se faisaient alors grec , et Procope les expliquait au |)ei en syriaque, qui était la langue vulgaire. remp4ssait aussi Jes fonctions d'eiorcM et imposait les mains sur les possédés 4 démon. Dès sa jeunesse il s'était appltr' à cultiver toutes les vertus, mais pri
f)alement la chasteté qu'il préférait à lo es autres. Sa nourriture habituelle était pain et de l'eau, qu'il ne se permettait des distances éloignées, et quelquefois aj un jeûne de sept jours. Aussi, son c ployé par les austérités, n'était soutenu par la vigueur d'un esprit auquel la \)à\ divine donnait une force merveilleuse. H méditait nuit et jour, et elle lui tenait 1: de toute autre étude. Une persécution leva alors contre les Chrétiens par les de Dioctétien. Le saint fut arrêté dans voyage qu'il fit de Scythople à Césarée, conduit aussitôt devant le gouverneur P rien, qui, sans l'avoir fait mettre en pri lui commanda de sacrifier aux dieux. Pi cope répoudit qu'il ne connaissait qu'< seul Dieu, créateur de l'univers, à qui p doive sacrifier, et seulement de la maoi qu'il l'enseigne. Alors Florien ordonna martyr de sacrifier aux quatre princes régnaient alors, Dioctétien, Maximien, t) tance et Galère. Le saint répondit par vers d'Homère, où il est dit, qu'il nVstp bon d'avoir tant de maîtres, et qu'il nV qu'un seul Seigneur et roi. Florien, pre cette réponse pour une injure à la personi des empereurs, lui fit aussitôt Iranrbcr tète.
PKOSPER D'AQurrAiNB, ainsi nonjméixwj le distinguer de saint Prosper, évèqued'Op léans, et d'un autre prélat du luêuie noiBi qui souscrivit en 527 au concile de Carpeatras, se rendit célèbre par son zèle pour II défense de la vérité autant que par son él^ quence et son érudition. L époque pri<^ de sa naissance est inconnue, njais on sa'f qu'il naquit dans les premières années <|« V* siècle et qu'il fut contemporain de hû&h lesse de saint Augustin. L'hérésie de ?cltffi agitait alors l'Eglise, et les réfutations du saint docteur étaient l'objet de l'intérêt 2^
^PRO
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Dent. Quelques esprits saisirent mal sa doctrioe» et cherchèrent un milieu entre l'erreur de Thérésiarque et Vorlhodoxie.
Mot oier comme Pelage la transmission du {i^lié originel, ils en supprimaient la con- »é<{neDce» qui est Tentralncment au mal par il cencupiscence » et laissaient encore à riiomme déchu la faculté d'aspirer au bien far l'impulsion propre de sa voSonlé. Ce ^Tsième mitiKé prit naissance à Marseille» )b Prosper résidait, et forma le serai-|)éplanisme. Il le signala à saint Augnstin, H le docteur d^Hippone, à sa prière, écrivit ponlreles semi-pélagiensses deui livres : De kprédettinaiion des saints^ et : Du don de la }mérérance. Après le mort du maître, le litciple ne fut pas moins ardent è défendre ■ doctrine. Prosper soutint la lutte contre b K^lres de Marseille, et il écrivit sur Il matière le livre Contra coUatorem^ dirigé (ttticulièrement contre le célèbre Cassien, plor$ abbé de Saint-Victor, lequel ne goûtait
eai la doctrine du docteur de la ^rAce. Itcrilel quelques autres qu*it avait pu- Ihés auparavant ayant excité quelques rufeeun et soulevé contre lui des accusations luo( i) fut prévenu par RuQn, Prosper se peoijit à Rome, avec un pieux laïque nompi Hilaire , pour porter de concert leurs jiiaiûtes au Pape. Saint Céleslin, qui occupii alors la chaire de saint Pierre, touché des Reculions qu'on leur faisait souffrir, écririt eu leur faveur aux évéques des Gaules, knqueis il reprocha en même temps leur né- |bfence à réprimer le scandale occasionné
Er les ennemis de la grAce. Saint Léon, c^e^seur de Célestin, ne témoigna pas boins dVstime k Prosper. Il le fit venir à piiœe, rétablit son secrétaire et se servit de m dans les affaires les plus importantes. ^ saint vivait encore, selon la Chronique de H^e!li^, en 463; mais on ignore en quelle laooe il mourut, et s'il était évêque ou laï- |ur. Lo|)iDion la plus commune est qu'il triait point engagé dans le ministère ecclé- ^tique. Le Pape Gélase, saint Fulgence, Reûnade et Cassiodore, qui parlent de ses knts, ne lui donnent aucun titre clérical. Dd (*eut donc rejeter sans scrupule tout ce
fi)se lit sur son épiscopat, dans U^hellus, ■iilièmc, et quelques autres écrivains très- "^i;nés de son temps.
Umis. — A saint Augustin. — Prosper ^^Uit encore connu de saint Augustin que l^une lettre qu'il lui avait écrite au sujet *2e$ troubles que les matières de ta grâce et <iu libre arbitre avaient soulevés dans i'Epo de Marseille. Son but, dans celte lettre, ^<<il de ramener les esprits, en leur faisant Jjoprendre que la vérité qu'ils croyaient Me$:»ée dans les écrits de saint Augustin, ne icor paraissait ainsi que parce qu ils ne les ^«ndaient pas» et parce qu'ils étaient eux- Maies dans l'erreur. Quoiqu'ils reconnus* ^^( que tous les hommes ont péché en â'iaiD, et que ce ne sont point nos œuvres <lJi Qous sauvent, mais la régénération spi- '^luelle ; néanmoins ils voulaient que la pro- ('«iAiion qui se trouve dans le mystère du
sang de Jésus-Christ, fût offerte sans cxcep* tion à tous les hommes, de sorte que le salut devint l'héritage de tous ceux qui consentaient à recevoir la foi et à recourir au baptême. Quant à ceux qui croient ou qui persistent dans la foi , comme Dieu les a prédestinés à son royaume par une grâce gratuite , ils devaient se rendre dignes de leur élection, et couronner saintement leur vie par une mort précieuse. Quant au décret de la volonté de Dieu, touchant la Tocation des hommes, décret par lequel on prétend que la séparation des élus et des réprouvés a été faite avant tous les siècles ou dans le moment même de la création du genre humain, de sorte que, selon qu'il a plu au Créateur d'en ordonner, les uns naissent des vases d'élection, et les autres des vases d'ignominie; ces novateurs soutenaient que tout ce que Ton disait sur ce sujet n'était propre qu'à 4ler à ceux qui sont lomliés le courage et la volonté de se relever de leur chute et à inspirer même de la tiédeur et de la paresse aux saints. En effet, ce serait en vain que les uns et les autres travailleraient à leur salut, puisau'il n'est point de zèle qui puisse faire admettre celui qui a été rejeté, ni de négligence qui puisse perdre celui qui est choisi, s'il ne peut rien arriver à l'un et à Tautre que ce que Dieu a déterminé. Ainsi l'espérance restant toujours flottante et incertaine, la course ne saurait être que lâche et chancelante, puisque tous les efforts que l'on pourrait faire pour le salut sont inutiles, si Dieu en a ordonné autrement dans sa pl*édestination. Ils en concluaient que, suivant cette doctrine, toutes les vertus étaient anéanties; que, sous le nom de prédestination, on établissait une nécessité fatale et inévitable, et que quand bien même cette doctrine serait vraie, on ne devrait pas la prêcher publiquement, parce qu'il est dangereux en matière de foi de proposer ouvertement des choses qui ne peuvent être bien accueillies, au lieu qu'il n y a aucun inconvénient à les taire.
C'est ainsi que parlaient les plus modérés parmi les ennemis de la grâce. Il y en avait d'autres, plus imbus de pélagianisme, qui, faisant consister la véritable grâce de Jésus- Christ dans les facultés naturelles du libre arbitre et dans l'usage de la raison, disaient qu*en usant bien de l'un et de l'autre, ou méritait d'arriver à la [lartÂcipation de cette grâce, qui nous fait Chrétiens et enfants de Dieu. Ainsi, tous ceux qUi le voulaient, devenaient enfants de Dieu, et ceux qui ne le voulaient pas étaient inexcusables, parce qu'il est de la justice de Dieu que ceux-là périssent qui n ont pas cru, comme il est de sa bonté de n'exclure per^ionne de la vie, et de vouloir indifféremment que tous les hommes soient sauvés. Eu un mot, leur sentiment était que l'homme a autant de disposition au bien qu'au mal, et qu'il peut également se tourner au vice et à la vertu. Quand on leur objectait le nombre infini d'enfants qui meurent avant l'Age de discré-
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DICTIONNATRE
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tion, coupables du seul péché originel, avec lequel naissent tous les hommes, ils répon* daieut que Dieu sauvait ou damnait ces enfants, suivant qu'il prévoyait ce qu'ils seraient devenus dans un Af^e où ils auraient été en état d'agir et de roénler. Ils disaient la même chose des nations entières, et soute-* naieatquellSvangileleuravaitètéantioucéou refusé, suivant que Dieu avait prévu qu'elles croiraient on ne croiraient pas. Dieu, disaient-ils encore, offre et prépare à tous la vie éternelle ; mais ]>ar les mouvements divers ({ue le libre arbitre produit en chacun, il arrive qu'elle n'est que pour ceux qui se déterminent à croire en lui, et qui» par le mérite de cette foi , se rendent dignes de recevoir le secours de sa grflce.*lls ne roulaient pas que les mérites des saints fussent des effets de l'opération invisible et surnaturelle de Dieu, ni que le nombre des prédestinés fâr tellement certain, qu'il ne pût être augmenté ni diminué , sous prétexte qu'il serait inutile d'erhorter les infidèles à embrasser la for, et de solliciter les tiédies è s'avancer dans la vertu , puisque tous les efforts de ceux qui ne seraient pas du nombre des élus, n'auraient aucun succès. Enfin , ils enseignaient que, de deui choses qui ronconrent au sa'ut des adultes, la grâce de Dieu et l'obéissance de l'homme, celle-ci marche la première, de sorte que le commencement du salut vient de ceiui qui est sauvé, et non pas de Dieu (jui le sauve.
Saint Prosper, après avoir fhit remarquer è saint Augustin que tant que l'on mettrait dans l'homme le principe de son salut, l'hé^ résie pélagienne ne serait pas entièrement détruite, le coiqurait de jeter le plus grand jour possible sur ce qu il pouvait y aroir de difficile et d*obscur en cette matière ; de montrer de quelle manière le libre arbitre s'accorde avec la grâce qui le prévient, et de lui dire si, dans la prédestination, il fallait distinguer un décret absolu pour les enfants qui sont sauvés sans avoir fait de bonnes œuvres, et une prévision du bien' que les autres doivent iaire ; ou bien, s'iï fallait croire sans distinction qu^il n'y a en nous aucun bien dont Dieu ue soit lauteur» et qui ne découle de lui comme de sa source. Il le priait encore de lui apprendre ce qu'il falliiit répondre à Fautorilé des anciens, qui ont presque tous pensé oue la prescience de Dieu sert de fondement a la prédestination, de sorte que, si Dieu a fait des uns des vases d^honueur, et des autres des vases d'ignominie, c'est parce qu'il a prévu la manière diln^renie dont les uns et les autres devaient finir, et comment chacun d^eux userait , par sa volonté, du secours de la grâce. A la suite de cette lettre, dans la dernière édition des œuvres de saint Prosper, est celte qu'Uilaire écrivit à saint Augustin sur le môn^e sujet, ainsi que les deux livres De la prédeslinalion des saints et Du don de ta persévérance^ dans lesquels le saint docteur répoud aux diflicultés qui lui sont proposées.
A Rufin. — Nous avons remarqué plus
haut que les novateurs de Marseille étaient
{ parvenus h jeter quelques soupçons sur )i 6i de saint Prosper. Rufin ayant entenda quelque chose des mauvais senliments qti*» lui attribuait, lui en écrivit. Saint Prospei reçut sa lettre comme une marque de son at fectiofl. Mais pour loi donner en méi temps des preuves de sa croyance, il le i parfaitement au fait'de la question qui ai r>C(;(isionné les bruits vagues et les vaioi arcusations^que l'on avait répandus cunr lui. Il commence par observer à Rufin q Terreur la plus dangereuse des pélagiem, celle qui renferme toutes les autres, cm siste à dire que la grâce de Dieu est donoj aux hommea en raison de leurs mérit «D^abord, continue saint Prosper, ilsavai< voulu soutenir que la nature humaine tellement saine et tellement pun^, qu*
Eouvait , par la seule force de son libre . itre, aequérir le ciel et le royaume de Di< Mais dès qu'ils virent que TBçHse ar eondiamfté cette doctrine pernicieuse, en la conservant au fond de leurs cœurs,
f Protestèrent publiquement qu'ils croyaî< a grâce de Dieu nécessaire à Tbomme, pour le commencement, soit pour leproi soit pour la persévérance dans le bien, ce qui met à découvert la fausseté de protestation, c'est que tout ce qu'ils ai dent à la grâce , consiste à la faire set comme de maitre.et de précepteur an lil arbitre, afin que se manifestant h Tesprit j les choses extérieures, comme les exhoi lions, la loi, la doctrine , les créatures, miracles et la craiRtedesjugementsdeBii l'homme dirige ensuite et applique sa lonté, pour qu'en* cherchant il trouve, qu'en aemandantil reçoive, pour qu'en pant à la. porte, elle leur soit ouverte; sorte que, suivant leur doctrine, la grâce fait, par rapport à nous, que ce que fait loi, que ce que fait un prophète» que ce qi fiait un maître qui nous instruit. Ils veule de plus que la grâce soit donnée général ment à tous les hommes, afin que ceux voudront croient, et que ceux qui aui cru reçoivent la justification par le œéril de leurfoi et de leur bonne volonté, c*c5t4 dire, que la grâce ne soit plus la grâce, puii que selon eux elle est donnée aux méritai et qu'elle n'est ni la source, ni le priacip^ de tous les mérites de l'homme. »
Mais quelques soins qu'ils aient pris de' déguiser leurs erreurs, elles ont été décou*^ vertes et étouffées par les évèques d'OrieMi
Car Tautorité du Saint-Siège, et par la \'\g^ ince des évèques d'Afrique, et principale» ment de saint Augustin , que saint Pro5{ier; appelle ici le premier et le plus iliasDfmembre du corps sacré des Pontifes qai aif paru dans le v* siècle. Il se plaint qu a^^rit tant de combats soutenus par cet homme tacomparable , tant de victoires remporta» tant de couronnes conquises, lorsque fV ses ouvrages il a éclairé toute l'Eglise et relevé la gloire de Jésus-C(irist en triumphaot de ses ennemis, il se soit renconti^ quel* qu'un pour oser noircir sa répurtaliouy ti
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DK PATROLOGIE.
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hî dénier tes écrits par lesquels il a comtiii(Q l'hérésie pëlagienne. « llssoatieonenti ijûule-t-il, que ce saint évëqiie détruit entièrenieot le libre arbitre ; qu^il établit mio léif^siié hlele, sous le nom de grâoe^ et Mil enseigne qu*il y a rx>mine deux messes Hfcrentcscl deux natures dans les hommes^ ti i|ui est faire retomber Timpiétë des fibos et Hes manichéens sur un homme iHilU piété est révérée de toute l'Eglise. Ictqa'ilssaotieonenl est véritable, pour- M 06 s opposent- ils pas à la publication p«e doctrine aussi extravagante? Pour- |I0) ne foot*ils pas quelque écrit povr l'en airlir? Cest peut-être que ces censeurs m trop modestes, et qu'ayant quelque pfccipour ce prélat, ils veulent épargner Meiilesse, jugeant d'ailleurs la réfutation mvs lirres peu nécessaire, parce qu'ils Ad»1 lus de personne ? Non , ils savent h*lrieQ que l'Eglise de Rome, celle d'A- ■M et généralement tous les enfants de ■hédiclion et de la promesse divine, répin [>ar toute la terre, s'accordent avec jiersonnage, aussi bien dans sa docsur la grâce que sur tous les autres sde II foi catholique. Ils savent encore fl^l<ar rapport aux questions sur lesquel* •ils forment des plaintes, un grand nom" È il personnes vont puiser à ses ouvragée Unie doctrine évangelique de la ^râce, et H Jésus-Christ se sert tous les jours du kis^irt de sa plunae et de sa parole pour Ifermer de nouveaux membres du corps
Eoeson Eglise. Ce qui les pousse donc ^ qui ks anime , c'est que, voulant se ifierdaiis leur propre justice plutôt que la erâce de Dieu, ils ne peuvent soufli résistance avec laquelle nous repousles discours qu'ils sèment de toutes contre ce grand homme, qui liossède llsisublimeautorité dans toute l'Eglise.»
f^or prouver leur opinion, les semi-pé-
Èfls alléijuaient ces paroles où Jésus- . ^ appelle tous les hommes : Venez à coM tous qui éies dans lapeine et (fui éies \ et je vous soulagerai ; sotmieltez-vous ^ joug et apprenez de moi que je suis ieeeeur [Mailh. xi , 28, 29); ils pré- Miiemque, comme il est au pouvoir de il les hommes de suivre les exemples de Kieur et d'humilité de Jésus-Christ, ceux Plui auront obéi auront la vie éternelle; '*« contraire, ceux-lÀ périront par leur ^f^biite qui se seront montrés récaloi- *^t» & sa parole. « Mais qu'ils écoutent ^*tdi( saint Prosper, ce que le Seigneur ntàceux qui avaient la même puissance tubro arbitre : Tous ne pouvez rien faire y »«î. ( Joan. XV, 5. ) Personne ne vient à ^9 il n'ai entraîné par mon Pire qui m'a ^» jioon. VI, W.) Personne ne peut venir ^. I il ne lui est donné de mon Pire. {Ibid,^ K li est donc hors de doute qu'afin que le ^ Arbitre obéisse, il faut que la grâce de ^brmeealui le mouvement et TafTec- "^fi* par lesquetles il croit et obéit. Autre- '^Qt, il suturait d'avertir un bomme^ et il ^^taii pas nécessaire qu'une nouvelle vo-
Dicno?rii. i>« Patroloqir. IV.
ionté fftt formée en lui, selon cet oracle de TEcrlture : Cest te Seigneur qui prépare la volonté (Prov. viii, 35); et selon cette parole de TApôtre : Cest Dieu qui produit le vouloir et le parfaire, selon la bonne volonté. {Philip. II, 13.) Quelle bonne volonté, sinon celle que Dieu a produite en. eux? afin qu'a-
1>rès leur avoir donné la volonté d'agir, il eur donne encore le moyen de le faire..»
Les semi-pélagions prouvent encore le libre arbitre par l'exemple dueenlenier Corneille qui , en possession de la crainte de Dieu et l'ajant prié avant d'avoir reçu la grâce, s'est appliqué par lui-môme et de son propre mouvement, aux exercices de TaumOne, des jeûnes et de la prière (Act. x, 2), et en conséquence a reçu (le Dieu le don du baptême. A cela, saint Prosper répond que les bonnes œuvres de Corneille, avant son baptême» ont été l'effet de la grâce. 11 montre par la vision qu'eut saint Pierre avant de baptiser ce centenier, que c'était Dieu même qui avait purifié Corneille en commençaut'en lui les lionnes œuvres qui précédèrent la prédication de la parole, afin que cet apôtre n'héMtât point è annoncer le salut à un gentil, en voyant que Dieu l'y avait déjà disposé par l'infusion de sa grâce. Il était même jusqu'à un certain point néces-. saire que les choses se passassent ainsi, dans la crainte que la vocation de l'Eglise des gentils, qui était nouvelle et qui n'avait point été révélée jusqu'alors, ne parût incertaine et peu assurée, si Dieu ne l'eût confirmée lui-même, en témoignant, par l'éloge qu'il fit de Corneille, qu'il avait déjà purifié, par ces saintes dispositions, leoœuroe celui qui devait être les prémices de cette Eglise. Car la foi n'est pas commune à tout k monde (Il Thess. ni, 2), et tous ne croient pas à F E" rangile. {Rom. x, 16.) Mais ceux qui croient y sont poussés par 1 esprit de Dieu, et ceux qui ne croient pas en sont détournés par leur libre arbitre. Ainsi notre conversion à Dieu ne vient point de nous, mais de Dieu même» comme ledit l'apôtre : La grâce nous a sauvés par la foi^ et ce tienne vous est pas venu de vous-mêmes. Cest un don de Dieu qui n'est point la récompense de vos œuvres^ afin que nul ne s'en glorifie. {Ephes. n, 8.)
L'homme ayant perdu piar le péclié sa justice naturelle, s'égarait sans cesse lorsque Dieu l'a fait rentrer dans la voie, et lui a inspiré lamour fK)ur celui qui l'avait aimé le premier avant d'être aimé de lui. Ce n'est pas^ dit saint Jean, que no%is nous soyons portés de nous-mêmes à aimer Dieu, c'est lui qui nous a aimés le premier. (/ Joan. IV, 10, 19.) Le même apôtre dit encore : Quiconque aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Celui qui n'aime point ne connaît point DieUf parce que Dieu est amour.{lbid.f 7, 8.) Ce qui montre que l'on peut trouver dans un homme beaucoup de choses louables qui, n'étant {K>int animées de l'amour de l)ieu, n'ont ni Tespoir ni l'essence de la piété. Cest Dieu, comme le dit saint Paul, qui nous a délivrés et qui nous a appelés par sa f^oeation sainte^ non selon nos
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Au €Qmm€9uemint était le Verbe , H le Verbe était en Dieu^ et le Verbe était Dieu. Il était ou eommeuceifient avec Dieu^ et toutes choses ont été faites pur lui. (Joan. i, 3.) Il est vrai que Jé^us-Cbrist est appelé bornooe dans 1 £crîlure : Vous savez, dit saint Pierre aux Juifs, que Jésus de Nazareth a été un homme que Pieu a rendu célèbre parmi nous. {Act. ii, 22.) Et il J*est en effet , puisqu'il a été fait homme , Joraque auparavant il était seulement Dieu. De même qu'il est coosubstan^ lie! h sou Père, .^ion sa divinité, il est consubstantiel à sa mère» selon l'bumanité. La vérité du mystère parait partout, sans donner aucune prise à Terreur. Si celui que la Vierge a engendré n'est pas Dieu » quelle iverveille y aurait-il dans son enfantement? Ne connaissez- vous pas plusieurs femmes qui ont mis des hommes justes au monde? N'est-il pas dit dans les prophètes qu'une Vierge concevra et qu'elle enfantera un fils i^ui sera a(V)elé Emmanuel {Isa. vn, ik)^ c e^t-à-dire. Dieu avec nous, comme l'ange Gabriel l'a expliqué ?(Jfa/rA. i, 23.) En vain dira-t-on que celui oui est né est de même
«;enre que celui qui la engendré, et qu'ainsj a mère de Jéa^js-Cbrist étant fe.mme, il faut Sue son fils soit homme, cela n'est vrai que ans les générations qui s'accompli;56ent suivant le cours ordinaire de la nature. Maia la naissance de Jésus «Christ n'a point été soumise à cet ordre. L'enfanteyment de la Vierge est au-dessus de la nature, etcelpi qui en est né est Dieu. C'est le mém^ qui, après avoir fait le monde, donné la loi, inspiré les prophètes, s'est fait homme dans les der-* niers temps, et nous a envoyé les apôtres pour nous proi^urer le salpt. Saint Procluj$ veut que l'on rejette toutes les hérésies uui ont enseigné une doctrine contraire , celles d'Arius, d'^unome, de Macédonius, et le nouveau blasphème fabriqué par Nestorius, lequel 'Surpasse de beaucoup le judaïsme. 11 exhorte les Arméniens ^ garder avec soin les traditions qu'ils ont reçues des saints Pères, et dontla formule de foi a été dressée parmi eux dans le concile de Nicée, romme aussi la doctrine des bienheureux Basile, Grégoire et plusieurs autres dont l^s noms sont écrits dans le livre de vie. Ces deux saints qui avaient joui d'une grande réputation dans la Cap^adoce, pouvaient être connus particulièrementdes Arméniens, et il y a tout lieu de croire que c'est pour cette raison que saint Proclus les cite parti* culièreodenl dans sa lettre. On voit par Jean d'Antioche et par Facundus que h saint évèque y confirmait la vérité du mystèrede rincarnatiou par divers passages des Pères, et principalement de saint Cvrille qui disait positivement que le corps de Jésus -Christ était animé par une âme intelligente et raisonnable. Nous n'y trouvons rien de tout oela, ni un mot de ce qu en cite Jean Maxence, ce qui prouve que nous n'avons pas ceue lettre tout entière. Saint Proclus y avait joint les propositions hérétiques répandues sous le nom de Théodore de JUopsueste, aûn d'en inspirer de Thorreur
aux Arméniens. Ces priiposittOBs élaieBl sans doute les mêmes qu'il inséra dans ^ lettre à Jean d'Antiocbe» o& on les reiroute em^ore.
Aux évéques d'Orient. — I«as troubles reljj
fieux qui avaient agile TArménie snm lé suscités par les évéques d'Orient, ë particulièrement par Théodore de Mopsoekâ Proclus leur adressa donc sa Lettre aux Jif] méniens^ avec une lettre svnodique, dad laquelle il demandait à Jean a Antioche de U faire signer par son concile, pour manqua qu'ils étaient unis par la profession d iuh même foi. Il ne nous reste que deux passagei de cette lettre à Jean et aux aulres Orieo taux. Dans le premier l'auteur recoonil qu'un de la Trinité a été crucifié seloa I chair; dans le second» il distingae clair» ment les propriétés des deux natures, puiti qu'il dit que celui qui est sans commeiic* ment, naît selon la chair, qu'il crott eo^ et se perfectionne selon le corps, qu très-parfait de sa nature ; qu'il sou quoique supérieur à la douleur ; mais qu supporte les injures et les opprobres, mu dans ce qu'il était avant son incamatiH mais dans ce qu'il a été fait par son in^ nation. Outre cette lettre s^nodique, & Proclus en écrivit une pariicttlière ï J d'Antiocbe. Après lui avoir monlré, | l'exemple du grand prêtre Béli, et de enfants, combien il est dangereux de lai le crime impuni, et de ne pas veiller sur conduite de ceux dont on est cbarc^é, l'exhorte à exercer sur son peuple une vigilance qu'il n'en souffrir jamais ao reproche. Il lui fait part des plaintes i les clercs et les moines d*Ede$se et mèî un grand nombre de laïques zélés pour foi, portaient contre la conduite d'ibas, Ir évoque, accusé d'aimer les fblies de Ke rius, jusqu'à traduire en syriaque les sages de Théodore de Mopsueste qui I contenaient, pour en inoculer plus iacil ment le venin aux simples. Il ne croit plj qu'Ibas partage tous les mauvais sentimeod exprimés par Théodore de Mopsueste; a»
eu les traduisant, il est devenu pour beisj coup de personnes et particulièrement pov le saint prêtre et archimandrite DalmMh une occasion de scandale. Il prie Jean d'ei gager Ibas à signer sa lettre aux Arœémeo^ et a anathématiser les passages de Théodad de Mopsueste qui s y trouvaient joints; pam qu'encore, dit*il, que la foi soit la plus ei* cellente de toutes les vertus, elle doit ce*
B[;udant cédera la charité, par laquelle seuil ieu s'est fait homme. Les évoques d'Oneal à qui Jean d*Antioche communiqua ceui lettre, trouvèrent mauvais qu'on .leur <2e* mandât de nouvelles signatures, mais après avoir examiné la lettre de saint Proclus* il» la souscrivirent et la lui renvoyèrent. Qu'o^ aux passages dont il leur demandait iaa>u« damnation, ils répondirent que plusieur> étant orthodoxes et les autres susceptiNt» d'un sens catholique, ils ne pouvaient le> anathématiser, condamner en même teai[>»
les plus illustres Pères de l'Eglise) V^
FflO
DE PATROLUGIE.
PRO
ifii^Dt parlé de ffiftine. De ce nombre était iijat Ignace martyr.
À DoKmus, évéiuê d^Aniiocke. —La lettre ) DooQOus élu é¥éqae d'Antioehe à la plaoe de Jeao, mort en hkU a trait à l'affaire d'A* LlAiia$e de Perrha» accusé de plusieurs fau-* y» grares, tant sous ie rapport des moBurs gue JiBs l'admistration des biens de son Eglise. Nais il aima mieux renoncer à son é^réchë fue de comparaître devant Domnus et les attires éféques de sa province, rassemblés ta coQcile. Il se retira dans une terre qu'il pi&sédail au diocèse de Samosate ; mais re*
Keltaot Téiréehé de Perrba, il y revint Ters ji U4» et entreprit même d*y faire quel* que» ordinations. Les ecclésiastiques de la lilie, qui avaient été ses accusateurs, ne Vy iDtttureot point souffrir. Il prit donc le parti k qiiiuer la Syrie et de se retirer à Consèan- IJBople. Oq peuse que saint Cyrille d'Alexan- Iries'f trouvait alors avec saint Proelus. lÉioaise leur donua à entendre c^ue ses
Kes ecclésiastiques, secouant le jou^ de imissionjqu'iU lui devaient, rayaient na^eulement cbass^ de son Eglise, mais pijs avaient même effacé son nom des sa- 1^ djrpti(|ues, déposé l'économe auquel il nu coDtié l'administration des biens et iKtersé tout Tordre ecclésiastique. Il ajou^ Ht que ce qui l'avait empêché de s'adresser i iou métropolitain, c'est qu'il était son IMmi déclaré, et qu'il excitait ses propres
Eiésiastiques contre lui. Saint Proclus, l»pé des procédés du clergé de Perrha S'il ne connaissait que par le faux récit llbaaase, écrivit h Domuus d'Antioche par le prier de faire examiner l'affaire ; Icummetlre à cet effet quelques évAques P»n5, si la ville de Perrtia était trop éloi- N^ d'Aolioehe, et de déposer sans miséri- Me ks ecclésiastiques qui se trouveraient Mjuables. Il fait entendre k Domnus, qu'en ■tressant h d'autres, Atbanase n'avait >io( prétendu dérog[er au droit et' à l'auto- ^•ie la ville d'Antioche ; et si, avec saint Nie, il se mêlait de cette affaire, ce n'6« K que comme médiateurs. Enfin ils le nateot d avoir égard à leurs lettres en sou« ^r de la charité qui les unissait tous.
DiéCOUU ET HOKftLIKS. — Co fut SOUS
H'i^pat de saint Proclus que se fit la m&lauoa du corps de saint Chrysostome » Comaoe à Constantinople, où il fut dé- ^ dans l'église des ApAtres, sépulture Quinaire des. empereurs et Jes archevêques f Oiostaniinople. Théodose et sasœur Puli^rie assistèrent à cette solennité. Nous '^»« encore un fragment latin du discours H- Proçlos prononça en cette circonstance. 0} reconnaît aisément combien son cœur '<( pénétré d'amour, d'estime et de vénéidou pour ce grand évèque, qu'il compare iiileut saints Jeaq, dont il porUit le nom >ui apôtres saint Pierre et saint Paul. Il * pronoo^, non pas dans ie palais mais uu Téglise où saint Chrysostome avait ^hé ; ce qui montre que cette ftte avait '«célébrée également et au palais impérial ^ ^ i'isliae métropolitaine.
Saint Proclus ordonna plusieurs évèques, au nombre desquels nous citerons Thallassius, ancien préfet d'Ulyrie qu'il établit évoque de Césarée; Basile qu'il; plaça sur le siège d'Ephèse, en remplaoementde Bassien,
Îuoiqu'il n'approuvât pas l'intronisation e ce dernier qui lui paraissait irrégulière ; Eusèbe qu'il consacra lui-même évêque d'Ancyre, et Pierre évêque de Gangres. Il donna son approbation à l'ordination du comte Irénée, que Domnus d'Antioche avait fiiit évêque de Tyr, quoique bigame. Nous n'avons aucune connaissance du synode qu'il tinta Constantinople, vers Tan US]; il parait seulement nar la lettre synodique qu'il siena, qu'on s était occupé dans cette assemblée des droits et du rang de sort Eglise. Saint Proclus mourut dans le cours de Tannée 446 ou au commencement de l'année suivante. On a^ sous son nom, vingt-deux homélies dont nous allons nous efforcer de donner une idée, en nous arrêtant seulement aux principales.
Sur la Vierge. — La première est celle qu'il prononça contre Nestorius et en sa
Erésence, au commencement de Tannée 429. e peuple de Constantinople Técouta avec de çrands applaudissements ; mais Nestorius en lut si choqué, qu'il prit sur-le-champ la parole, pour détruire ce que Proclus avait avancé; et depuis ce temps-là il se déclara son ennemi en toutes circonstances. On a placé cette homélie à la tête des Actes du concile d'Ephèse, et elle est citée, sous le nom de saint Proclus, par plusieurs écrivains ecclésiastimtes. L'orateur commence et termine son discours, en donnant k la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu. Pour montrer qirelle méritait cette qualification, il prouve que son Fils n'était ni seulement Dieu, ni seulement homme; mais Emmanuel, c'est-à-dire. Dieu et homme, sans aucune confusion desdeux natures. «Car, nous ne prêchons point, dit-il, un homme déifié, mais un Dieu incarné. » II donne pour raison de l'Incarnation du Verbe le salut du genre humain.KTousles hommes engagés au démon et au péché par la chute d'Adam, tombaient nécessairement dans la condamnation et la mort éternelle, s'ils n'avaient été rachetés par une victime dont le prix répondit à la grandeur de la dette. Aucun homme ne pouvait les racheter, puisqu'ils étaient tous coupables, et avaient également besoin d'un Sauveur, Aucun ange ne le pouvait, parce qu'il n'eût point trouvé de victime propre. Il fallait donc que Dieu se livrât à la mort, ))Our nous racheter ; c'était le seul moyen
Îoi restât. Or Dieu, demeurant seulement ieu, ne pouvait mourir. Il a donc fallu qu'il se fit homme |K)ur sauver les hommes, et qu'il devint tout ensemble, et notre victime, en donnant son sang et sa vie pour nous délivrer; .et notre pontife, pour pouvoir s'offrir au Père en notre faveur. » Il convient qui! n y a aue Dieu seul qui connaisse la manière dont il s'est fait homme dans !e sein de la sainte Vierge; sa naissance nVt pas moins miraculeuse que sa concepfitu>>
PRO
DICIIONNAIRE
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puisqu'il a été conçu et qu*il est né, sans avoir rompu dans sa mère le sceau de la virginité. Il combat Thérésie de Nestorius 80US tousses déguisements, et soutient que dire que' le Christ et le Verbe sont deux, cest mériter d'être séparé de la divinité, et établir une quaternité k la place de la Trinité que nous adorons.
Sur l'Incarnation. — La seconde homélie est loin de révéler le même talent ; on n*y reconnaît ni le génie, ni le style de saint Proclus. L*orateur, au lieu de s attacher à son sujet principal, qui était d*établir le mystère de Tlncarnation, s*amuse à des questions qui n*ont que peu ou point de rapports à ce au*il avait entrepris de traiter. Il cherche des figures du mystère dans la conformation de Tbomme, et on peut dire qu'il y réussit assez mal. Que fait a l'intelligence de ce dogme de savoir pourquoi, pendant le sommeil d*Adam, Dieu lui a enlevé une côte pour en former £ve; et pourquoi, au contraire, il ue la pas fait pendant qu*il était éveillé? Aussi n*en tiret-il aucune induction pour Tincarnation du Verbe. Il se contente de nous apprendre que Dieu a agi arasi, de peur qu'Adam ne prit occasion de la douleur qu'il aurait éprouvée en se sentant arracher une côle, de haïr sa femme et do vivre en ennemi avec celle qu'il devait considérer comme sa
(iropre chair ; comme s'il avait été impossible de suspendre la douleur dans Adam, pendant le jour, plutôt que pendant la nuit, dans la veille, plutôt que dans le sommeil. L'éditeur, pour attribuer celle homélie à saint Proclus, allègue les témoignages de saint Ephrem d'Anlioche et d'Anastase de Nicée. Il est vrai que saint Ephrem cite un discours sur rincarnation, mais peut-être veut il parler de l'homélie suivante, qui parait appartenir évidemment au saint évêque.
Elle en a le s(yle et les pensées, et elle commence par une comparaison, dont ce Père se servait volontiers. Il la prononça le lendemain de Noël qu'il compte pour la première des cinq fêtes que l'Eglise célébrait alors. Les autres sont : l'Epiphanie, jour où Ton faisait mémoire de la sanctification des eaux pour le baptême de Jésus- Christ, PAques, l'Ascension et la Pentecôte, qu'il regarde comme des sources et des trésors de salut, et beaucoup au-dessus des fêtes des Juifs qui ne s'y occupaient, dit-il, que de ce qui pouvait satisfaire leur gourmandise et leur sensualité.
^ Diicoun en Vhonneur de la Vierge. — Dans l'homélie cinquième, qu'on a faussement attribuée à saint Clirysostome, l'orateur fait 1 éloge de la sainte Vierge qu'il appelle souvent Mère de Dieu. On croit qu il la prononça, au jour de son Annonciation, parce qu'il s'y étend beaucoup sur la salutation anjjélique. Il repasse, en peu de mots, ce qui a rendu recommandables les saints les plus renommés de l'Ancien-Testament, le sacrifice d'Abel, la foi d'Abraham, la patience de Job, le zèle d'Elie, la force de
Samson, la sc?ence divine d'Isaîe, les Iq. mières de Daniel, la saeesse de Saloraon, et dît que rien de tout ceia n'est comparable à la eloire de Marie, qui a porté dans senseio le Verbe incarné. Il dit quelque chose, ma» seulement en général, cfe la vertu.des reii* ques des saints, et marque les liéui de li sépulture de plusieurs anciens patriarcbei Il place celle d'Abraham dans la Palestina, celle de Daniel à Bahylone, celle d'EzéchiH en Perse. Mais il avoue qu'il ignore eaqvd endroit ont été enterrés Ho'ise et Isaie. L'homélie suivante n'est rien autre chose
Ju'un dialogue long et ennuyeux eutre saiol oseph et la sainte Vierge, au sujet de sa grossesse, fondé uniquement sur des inugi* nations ou quelques anciennes histoires apocryphes. Mais quoique ce discours porta le nom de saint Proclus dans quelqaei manuscrits, il nous semble absolument io* possible de lui attribuer une pièce aussi fi» i toyable. j
Sur la théophanief etc. — On ne fait pui de difliculté d attribuer à saint Proclus W quatre homélies suivantes. Dans celle qui est pour la théophanie ou épiphanie, rora-i teur dit que Jésus-Christ reçut le baplèflMil pour deux raisons : la première, aGo di sanctifier les eaux ; et la seconde, pouriiHi viter, par son exemple, tous les homfflesl le recevoir. Il y parle assez clairemeiK dÉ péché origînel, en disant que Jésus-Cbni| n'est point tombé dans l'exécratioD d'Âdaow Il n'y a rien de bien remarquable danslW mélie sur la trans figuration. C'est moins os éloge ou mystère qu'une explication iki circonstances qui l'accompagnèrent. Il tf est de même de l'homélie sur les poM, Dans celle qui traite du jeûne du jeudi satUt en pariant de la cène que le Sauveur 6l areé ses disciples, il dit que ce fut en cette occa* sion qu'il leur révéla de grands mystères^ qu*îl les nourritde sa chair, et queleralit^ qu il leur présenta à boire efface les pécbéi; Dans l'homélie du vendredi saint, sur k passion^ il compte cinq mille cinq cents m depuis la chute du premier homme jusqal la mort de Jésus-Christ. 11 ne doute poiol qu'il ait tiré Adam, comme Abel, du seiu dt 1 enfer ; et, pour montrer aux Juifs couibiea il est au-des-sus de tous les patriarches, d les fait souvenir qu'ils ont tous été vaia'ui par la mort, tandis que Jésus-Christ, tf mourant dans sa chair, a vaincu la mort.
Sur la résurrection. — Des quatre homélies que nous avons sur la résurrection, ta première commence par l'éloge d'une re.ii«
3ui s'était consacrée a Dieu ; qui, |»ar esixii e piété, avait épuisé ses trésors [lourco enrichir l'Eglise et orner le temple où il prêchait, c'est-à-dire l'église de Sainte^»phie; et qui, depuis, s'appliquait à moriiti^^r sa chair et ne s'occupait que de Jésus-Christ et de sa croix. Tout cela convient è Pulch^ rie, que sa piété, sa prudence et sa libéralité envers les églises ont rendue célèbre dans l'histoire religieuse de cette époque. (>t^* homélie, que nous n'avons pas entièretraite des avantages que nous retirons (k ^
PRO
DE patrol(k;ie.
PRO
résorredfon de Jësos-Christ et da baptême. iliooiéiie suirante est yisiblemeni dipigée min la doctrine de Nestorius, quoique ■orateur ne le nomnie pas. Il y établit que eestle méroequi s*est formé un corps dans le^elnde la Vierj^e et d*une manière à lui ffii\ connoe; qui a réuni à ce corps Tâme goun araitété séparée pendant trois jours, b naissaDt au temps réglé pour TenfantewtnU il a fait Toir qull était homme, de néfoei) a mootré (^u*il était Dieu en sortant du lombeaa. Depuis son incarnation, nous reodûns i Dieu un culte nouveau qui conlifte, non dans le snns des victimes ni dans la circoncision, mais dans la foi par laquelle lAus adorons trois personnes en une seule Attttance. Quoique Dieu* le Verbe fait Nnmeail été crucifié, c'est dans la chair |a*il a souffert, )iarce quUI a toujours conkrvé comme Dieu sa puissance et son empire. Il demande aui Juifs, gui ne pouvaient mire qu'un Dieu se fût fait homme, pourqwile soleil s'est obscurci en plein midi, mk la mort de Jésus-Christ, et pourquoi na de semblable n'est arrivé lorsque le bteNabolh fut misa mort? Pourquoi la Irme trembla lorsque Jésus-Christ fut aliahà ï la croix, et pourquoi elle ne fut pas nleoent agitée à la mort d*Isaïe, sous lioassé? Il presse do même ses raisonnemts sur toutes les autres circonstances de
I passion de Jésus-Christ, dont la divinité bt alors attestée par le désordre même des KfDents.
Daos l'homélie troisième quMl prononça IjoiirdePAques, il montre que, le temps Itf figures étant passé, il n'est plus permis
II Juifs d'immoler un agneau suivant le lu prescrit par la loi, parce que le vérifie agneau, le Fils de Dieu, a été immolé, fipe par son sacrifice il nous a rachetés ^ n<is iniquités. La quatrième traite en Itoe temps de la pAque et de saint Jean Irangétiste. C'est une explication de ces remières paroles de son Evangile : Au com" ïï^meni était le Yerbe^ et le Verbe était en ^; il était au commencement avec Dieu^ et Mei cAoaea ont été faites par lui. Saint Proàs regarde ces |)aroles comme les pierres mdainentales de l'édifice de l'Eglise, et tome une preuve de l'éternité du Verbe i^efidentité de sa nature avec celle du treetda Saint-Esprit. Sur quoi il remar- D« que le nombre des personnes divines e rompt point l'unité de nature, et que la rinilé ne divise point l'essence divine par iriies; de sorte çue la Trinité est conab^tantielle en puissance, en bonté, en diii^iié, divisée en trois personnes, unie en itare. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, ( SaioUEspril est Dieu ; nous leur devons lous les trois l'adoration qui leur est renie dans le ciel. Ce n'est que par la foi, »U-dire par révélation , que saint Jean appris ee qu*il a écrit dans son Evangile ^f la génération ineffable du Verbe; car, i«ne-i-ll, il n'a pu l'apprendre ni de ses ^^o^nlojrens, ni des Juifs, ni de Moïse, ni de * loi. qui ne contenait que des ÛAMves de
Taventr. Il ajoute que le même apôtre a vu aussi le mystère de l'incarnation, le Verbe conversant sur la terre sans avoir auitté le ciel, env&loppé de lanses comme un nomme, lui qui comme Dieu aélia -par un seul mot les bandelettes qui retenaient Lazare dans son suaire. Enfin il donne h l'Eglise les titres de catholique, apostolique et immaculée.
Sur la Pentecôte. ~ Dans l'homélie seizième, prononcée le jour de la Pentecôte, saint Proclus établit contre Tes eunomicns et les macédoniens la divinité du Saint-Esprit par divers passages de l'Ancien et du Nouveau Testament. C'était une preuve également forte et nécessaire puisqu'ils niaient qu'on en pût prouver la divinité par aucun textedeTEcriture. Ceux que Torateurallègue sont tirés des Actes des Apôtres, des Psaumes, des Evangiles, et des Epîtres de saint Paul. On voit dans les textes qu*il apporte, que le Saint-Esprit est apnelé Dieu et Seigneur ; qu'il y est gJoritie avec les deux autres personnes de la Trinité ; qu'il est le distributeur des dons spirituels, et au'Ananias, pour lui avoir menti, fut mis a mort.
Eloge de saint Paul^ etc. — L'éloee de saint Paul renferme en abrégé les grandes actions de son apostolat. Son tombeau, comme le linceul dans lequel il fut enveloppé, et qui se voyaient à Rome du temps de saint Proclus, avaient la vertu de guérir les maladies. Dans l'éloge de saint André, il repasse les
fraudes merveilles que Dieu a opérées dans Ancien Testament, et dit Qu'elles ne sont rien, en comparaison de celles qui se sont opérées dans le Nouveau, où les apôtres ont touché de leurs mains le Verbe de Dieu qui était dès le commencement, oiit ils ont mangé avec lui, entendu sa parole, et qu'ils ont accompagné dans ses courses. Ce discours est quelquefois attribué à saint Cbrysostome ; mais il est de même style que les précédents que tout le monde attribue à saint Proclus. On y trouve même un passage considérable répété presque mot à mot de VEloge de saint Paul. Il est suivi, dans l'édition de Rome, du Panégyrique de saint Chrysostomcy publié par Baronius, comme nous l'avons remarqué ailleurs.
Traité de la messe. — Les orientaux sont persuadés, sur le témoignage de saint Proclus, que saint Jacques, évoque de Jérusalem, avait le premier composé une liturgie. C'est ce qu'on lit en elTet dans le Traité de la messcj qui porte le nom de saint Proclus, et qui se trouve à la suite de ses ouvrages dans l'édition romaine. Mais on doute aue ce traité, ou plutôt ce fragment, soit réellement de saint Proclus; et lors même qu'il seraitdelui, tout ce qu'on en pourrait conclure,
c'est que de son temps, il y avait une liturgie attribuée à saint Jacques, une autre k saint Clément et une troisième k saint Basile ; car il est fait mention de ces trois liturgies dans le traité dont nous parlons. Ce qu'il contient de plus remarquable, c'est la croyance de son auteur sur la transsubstantiation, et sur le changement qu'il prétend avoir été introduit par saint Basile
PRO
DlCTiONNAlRC
PRO
dans U lUurgie. Voici ses paroles : n Le srand saint Basilo voyant que de son temps El froideur et Tindévotion <|ui s'étaient emuaréesdes Chréliens leur faisaient trouver de rennui et du défjoût dans la longueur de la litur^^ie, la i^orrigea et la fit célébrer dans son Eglise sous une forme plus abrégée. Ce n'est pas qu^il trouv&t la première trop longue ; mais il le Gt pour s'accommoder un Ceu à la faiblesse, et de ceux qui écoutaient I parole de Dieu qui leur était annoncée, et de ceux qui se réunissaient pourjprier ensemble, afm de les guérir de l'impatience et de l'ennui que la durée des offices pouvait leur causer. Après que notre Sauveur fut monté au ciel, et avant que les apôtres se séparassent pour aller prêcher l'Evangile par toute la terre , les fidèles conspiraient tous ensemble à passer les iôurs entiers dans la prière; et, comme ils trouvaient une grande consolation dans le sacriGce mystique djti corps et du sang du Seigneur, ils employaient beaucoup de temps et faisaient de longues prières, pendant la célé« bration de la liturgie. Car ils croyaient que ces mystères divins, qui renfermaient en même temps les instructions que 1 on don* nait au peuple chrétien, étaient préférables à tout le reste. Ils étaient d'autant plus embrasés d'ardeur pour les choses de Dieu, et pour le saint sacrifice en particulier; ils consacraient d'autant plus de temps à l'oraison, qu'ils conser?aient toujours i^es paroles du Sauveur, profondément gravées en leur souvenir : Ceci est mon corps : faites ceci en mémoire de moi {Luc. xxii, 19) ; et : Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang^ demeure mmoit et moije demeure en lui {Joan, vi, 47.) c Ainsi, ils priaient longtemps avec un cœur contrit et humilié, et imploraient avec assiduité et ferveur le secours de Dieu. Ils avaient grand soin encore de bien instruire ceux d'entre les Juifs ou les Gentils, qui avaient été nouvellement convertis ei baptisés, les exerçant aux actions de piété qui pouvaient les rendre capables de participer aux saints mystères, et leur apprenant ce
3u'ils devaient éviter pour sen rendre ignés. Par ces prières ils attiraient le Sainl- Esprit et attenciaient sa venue; aGa que par la vertu de sa divine puissance, il fit que le pain et le vin mêlé d'eau que l'on avait offerts pour le sacrifice devinssent le pro-
£re corps et le pnipre sang de Jésus-Christ, ^r, ce culte religieux s'est observé dans l'Eglise jusqu^à présent, et continuera de s'y observer jusqu'à la fin des siècles. Mais il est arrivé quelque temps après la naissance de l'Esliscque ceux qui, ayant perdu cette première ferveur et cette vigueur de la toi chrétienne, s'occupaient trop du soin des choses* du monde, ont commencé à se lasser de la longueur de la liturgie, et n'ont pu se résoudre qu'avec quelque peine à assister seulement à la lecture de la parole de Dieu. C'est ce qui a porté, comme je l'ai dit,, saint Basile à remédier en queic^ue sorte à ce mal, en abrégeant l'office divin. Un peu après lui, notre bienheureux Père
Jean, archevêque de celte Eglise, qui s\ acquis le surnom de ChryjBOStome |«r splendeur de son éloquence, se senlai comme un bon pasteur, uniquement oa-i du soin de sauver son troupeau, et coonul sant comme il le faisait, la faiblesse et rf firmité de notre nature,- il ne voulut lai< aux fidèles aucun lieu de s'excuser dVssisj assidûment à la célébration des saints uj tères, ni aucun prétexte au démon de l< persuader de s'en éloigner. C'est poorq^ il abrégea de beaucoup la liturgie, de p( que les hommes qui aiment le libertim et l'oisiveté, trompés par les suggestioosj l'ennemi de leur salut, nefussentdétourii de celte tradition a|K)stolique et dirii comme nous en avons vu plusieurs, en divers lieux, ont tAché de s'exempter] l'assistance que les fidèles doivent aux dii offices de l'Eglise. »
On cite de saint Proclus quelques bc lies q^ui ne sont pas venues jusqu'à o( On n en connaît que le sujet et les lit rapportés par saint Ephrem , par Socrau par Anastase le Sinaïte. Saint Cyrille que c'était un homme rempli de piétét iaitement versé dans la connaissance d( discipline ecclésiastique, et un exact obs valeur des cauons. Il imita toutes i^s v( de son illustre mettre, et comme saiotii Chrysostome, il fut un zélé défenseur Torthodoxie. Comme on a pu s'en vaincre, il a développé en théologien p| fond la nécessité d un médiateur qui Dieu, pour réparer la nature humaine, commenté aussi avec supériorité le pi ' bule de l'Evangile de saint Jean sur la vinité du Verbe et la génération du Sanvi Son style est semé de pointes et d*antili ses ; on dirait qu'il s est plus appliqua plaire qu*à toucher, et à polir son dii
3u'à le rendre utile à ses auditeurs. Ce^ ant il ne manquait ni de sens ni de n\ cité, et savait présenter une même per' sous une infinité de faces différentes.
PROCOPE DE Gaza fut ainsi appelé, d( ville de ce nom, en Phénicie, où li faisaij demeure. Il exerçait la profession de teur ou de sophiste, comme on disait al< et il s'y était rendu célèbre sous les ri de Justin et de Justinien. Mais il |)ai Que, dans les dernières années de sa viei s appliqua tout entier à l'étude de l'Ecriti sainte. Pour en acquérir plus faciiemi l'intelligence, il lut, non-seulement les d férentes versions qui avaient cours di l'Eglise, mais aussi les commentaires ' Pères orthodoxes sur l'Ecriture, et les mélies des hommes de piété sur le mêi sujet. Il mit par écrit ce qu'ils avaieoi ' de particulier dans leurs explications saints livres, copiant jusqu'aux termes d( ils s'étaient servis, sans se préoccuper q( leurs explications fussent conformes; | qui composa un volume immense. Pour 1 ' bréger, il retrancha, par la suite, ce q< plusieurs avaient dit de semblable sur ui même matière, et expliqua en peu de mot^ les contrariétés qui se trouvaient entre eux.
FRO
PRO
I! rinl que, far ce moyen» son recueil pré-» imterait un corps complet de commentaires rolii l'on poarrait tirer, comme d*une «onre tmiqaet Texplication de toute.^ les EuiiorH. Pour p\us grande clarté, il ajouta |Qf Ii|aefc»s ses pensées à celles qu*il avait PNiTées exprimées par les autres, mais m $*en préTaioir et en attribuant le sucés 1^500 travail au secours qii*il attendait cDieu.
Cmmtntmr^. ^ Nous avons de Procope :i oocnoientaire très-*diffu8 sur VOciaieui^,r'e$t-à-diresur les cinq livres de Moïse» I sar les trois livres de Josuéy des Jugies et I Ruth. Phoiitts parle aussi de ses comi^laires sur les livres des Rois et des Pa-éfomhes et sur la prophétie d*Isaïe, en (furquiol qu'il y traitait les matières avec lUnt d'étendue que dans VOeiateuquet sans ■pendant se laisser aller k des digressions iiliies; ses eipltcations n*éta4ent longues |K(«rce qu*il y rapportait souvent les di- «I senliments des commentateurs sur un ÉM sajet. Il s*en faut bien que ce qui i0 reste de lui sur les livres des Rois et )b hralipomènes soit aussi étendu que ses Uns commentaires : ce ne sont, k propre- M parler, que des- scbolieêf dans lesqueli il donne, en peu de mots, le sens de la Vt^ Aussi Jean Meursius, k qui nous de-» Rs cet ouvrage, Ta-t-il publié sous ce til;cequi donne lieu de croire que ce n'est pToo extrait de celui qu'avait lu Pbotius, leomioentaire sur Isaie^ au contraire* est ft le goût de celui qu'il a donné sur l'Octta^uf.Dans Tun et dans l'autre, Procope fpiique le texte en divers sens, et marque i différences des versions d'Aquila» de fnniAque, de Théodotion et des autres. Il iBiarque aussi dans son commentaire sur iioû et les Paralipomineê^ où il cite sountlosèpbe, les Septante, le texte hébreu, iilerprétation des noms hébreux d'Eusèbe tCesarée, un dictionnaire hébraïque et les ^ologies romaines ou latines. Ses com- Hotaires sur VOckUeuque^ sur les Rois et ■^«•a/ïpomAwa ne sont pas suivis, et quel- ,^is il n'explique qu'un ou deux versets ^chapitre; mais sur /aale, il ne laisse *mie rien passer. Nous allons essayer de *afr une idée de ces commentaires , en iljsauuu hasard quelques-uns des pas- 's^qoi, à première vue,, nous paraîtront *piu$ remarquables.
,11 jwse pour principe que celui qui veut M'pliquer à Tétude de l'Écriture sainte, ne *''i point regarder ce qui est dit dans ces 'V'^es, comme venant de la part des hommes ; ** remonter plus haut et croire ferme- ■^w que les dogmes sacrés qui y sont éla- -'S Urcni leur origine de Dieu môme , qui l'^^J^a transmis par le canal des hom- ;•■** Il dit nettement que Moise est l'auteur '*^i'rede la Gencae; et pour donner k ce "^»*"«leur tout le crédit nécessaire, il fait ■'"*fl"«r qu'il a vu Dieu lui-même, autant i^J^ioîilderhomme en est capable, et que
"•igneur lui a parlé face k face, comme •^ «mi a coutume de parler k son ami. Il
ajoute que ce législateur avait connu par inspiration divine Tes choses passées, présentes et futures. Il combat fort au long l'opinion des Grées sur l'éternité du monde, en montrant que si le monde est éternel, il fant avouer aussi, comme conséquence nécessaire, qu'il est sans principe, attribut qui ne Gonvienlqu'kDieu seul. Comme il se formait de la figure du monde une idée toute différente de la nôtre, il ne croit pas qu'il y ait des antipodes, car s'il y en avait, dit-il, Jésus- Christ n'aurait pas manqué d'aller leur prêcher l'Evangile, et faire pour eux ce qui convenait pour le salut du genre humain. On voit que de son temps les inter* prêtes ne s'accordaient pas sur la permission accordée k l'homme de manger de la viande; mais il parait adopter le sentiment de ceux qui enseignaient qu'il avait été permis d'en mander dès le commencement du monde; car il n'est pas probable qu'Abel eût offert k Dieu des sacrifices d'animaux, s'il avait eu horreur d'en manger la chair. On ne voit pas la raison, pourquoi, dés avant le déluge, Dieu aurait fait la distinction des animaux mondes et immondes, s'il eût défendu de manger la chair d'aucun. Il remarque que la prophétie de VExodt qui annonçait la destruction des idoles, était accomplie lorsqu'il écrivait, puisque ceux qui auparavant les adoraient a genoux ne cessaient d'en combattre le culte; Dieu ne révélait pas tout kses nrophèles, et souvent il leur cachait des cnoses qu'il leur était utile d'ignorer. Selon quelques interprètes Samuel apparut véritablement k Saiil, non que la pythonisse l'ait fait apparaître, mais parce que Dieu le flt voir k ce prince. Procope semble approuver le mensonge oflicieux, en faveur de la fin utile que se propose celui qui le commet. Il faut, dit-il, examiner le dessein et le but des bons et des méchants, et juger par Ik de la bonté ou du défaut de leurs actions. Peut-on ne pas reprocher k Hérode d'avoir dit vrai dans le meurtre de saint Jean- Baptiste? Et ne lui eût-il pas été plus utile de mentir, après avoir juré une chose illicite, que de commettre ce meurtre? C'est ce qu'il dit encore pour justifier la conduite de Chusaï envers Absalon qui s'était révolté contre son père. Procope convient que plusieurs interprètes désapprouvaient la dissimulation dont cet ami ne David usa envers Absalon, en lui offrant des services qu'il ne voulait pas lui rendre. Pour lui il croit que Ton [>eut interpréter favorablement cette conduite, parce qu'elle avait pour but do maintenir David dans la possession de ses états et de ses droits. Cette doctrine un peu pressée dans ses conséquences pourrait conduire l'auteur plus loin qu'il n'a voulu ; la fin ne justifie pas les moyens.
Procope cependant est très-orthodoxe sur toutes les matières agitées de son temps. Il reconnaît qu'il n*y a en Dieu qu*une seule substance divine, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et qu'une seule opération; de sorte que lorsqu il est dit dans rScriture, Que h firmamenê soit fait {Gtn. i, G}, il ne
rao
DICTIONNAIIIE
PRO
ftut pas croire quMi y ait de la différence entre celui qui a 'fait le tirmament et celui qui a commandé qu*il se fît; ce qui explique cette parole du Sauveur dans r£vangile : Mon Pèrtj depuis le commencement du monde jwqu'ici^ ne cesse point d'agir, et fagis aussi incessamment comme lui (Joan, v» 17} ; parole qui marque une opération commune au Père et au Fils. En expliquant ce que Dieu dit à Moïse : Prenez de ieau du fleuve^ répandez-la sur la t^rre sèches et tout ce que vous aurez puisé du fleuve se changera en sang (Exod. iv, 9), il enseigne que le Verbe de Dieu était représenté par cette eau. « Car» dit^iû comme celle qui est tirée d*un ileuye est de la même nature que le fleuve même, ainsi le Fils est de la môme substance que le Père, c'est-à-dire, qu'il lui estconsuhstantiel, vie de vie et lumière de lumière. Ce qui est dit de Teffusion de Teau sur la terre s applique à Tlncarnation du Verbe.» Il dit ailleurs que « Jésus-Christ est composé de deux natures. Tune divine et Tautre humaine. Selon celle-ci, il est prêtre. Encore qu'il y ait deux natures en Jésus-Christ, il demeure néanmoins un et indivisible par l'union de ces deux natures. Nous suivons Jésus-Christ partout où il nous mène, soit que nous nous éloignions, soit que nous nous rapprochions. Notre premier éloignement s'accomplit, lorsque nous passons de 1 infidélité à la foi ; le second, en passant du vice à la vertu ; et le troisième, ae l'imperfection à la perfectiou'de la vie; et il ne faut pas s'imai^iner que tout cela se fasse en nous, sans Ip secours de Jésus-Christ, puisqu'il a dit lui-même : Sans moi vous ne pouvez rien faire, (Joan, xv, 5.) » A propos d'un passagedu IV* livre des Rois^ où nous lisons qu'Achaz consacra son fils, en le faisant passer par le feu, suivant la superstition des gentils, il dit que de son temps. Ton voyait encore des restes de cette erreur. Dans quelques villes on allumait une fois l'année des bûchers sur la place publique et non-seulement les enfants, mais les hommes mêmes passaient à travers les feux et dansaient autour; et lorsque les enfants n'étaient pas assez forts pour affronter seuls cette épreuve, il y avait des mères aui les portaient sur leurs bras, h travers les ammes, comme pour les purifier et les garantir de tous maux. Procope a imité dans ses Commentaires l'élégance et la concision de ceux de Théodoret, et l'on peut même dire que son style est trop poli, pour un genre de travail qui n'exige pas autant d'ornements. Les Commentaires sur VOctateuque ont paru en latin, in^^ folio à Zurich en 1555; les commentaires sur les livres des Rois et des Paralipomènes ont été publiés en grec et en latin, par Meursius, in''k% Levde 1620; et les Commentaires sur Isaieoniéié imprimés en grec et en latin, Paris, in-folio.
Ai^TREs &cRiT$.~On cite un manuscrit de la bibliothèque de Leyde, où l'on trouve quelques lettres de Procope de Gaza. Elles n'ont lias encore été publiées. Quant à celles qu'on lit sous le nom de Procope le Sophiste dans
le Recueil grec d'Aldus, on a'a aociu preuve qu'eUes soient de Procope de Gu plutôt que de Procope de Césaré<s pui tous les deux ont exercé la profession rhéteur. Photius attribue à celui de i des Mélaphrases ou explications des t d'Homère ; et l'éloge qu'il en fait donne ' d'en regretter la perte. Turrien ciie Commentaires de Procope sur les Pror et ils sont cités également par Jean Cu ri us dans sa préface sur Isale^ mais ils o' pas encore été imprimés, non plus qoe Commentaire sur les douze petits prophk que l'on dit cependant avoir été traduit le P. Garnier dans le dessein de le re public*
* PROCOPE était de Jérusalem, mais il tl n^eurait à Scytiiople sur le Jourdain, o4 servait r£glise en qualité de lecteur eld'i terprète en langue syriaque. Les lecl publiques de l'Ëcriture se faisaient alors grec , et Procope les expliquait au ^ en syriaque, qui était la langue vulgaire. rempUssait aussi les fonctions d'eio ' et imposait les mains sur les possédés démon. Dès sa jeunesse il s'était appli k cultiver toutes les vertus, mais pri
f)alement la chasteté qu'il préférait à lo es autres. Sa nourriture tiabituelle était pain et de l'eau, qu'il ne se permettait des distances éloignées, et quelquefois a un jeûne de sept jours. Aussi, son c plojé par les austérités, n'était soutenu par la vigueur d'un esprit auquel la \)i divine donnait une force merveilleuse, fl méditait nuit et jour, et elle lui tenait (i de toute autre étude. Une persécution ' leva alors contre les Chrétiens par lésé de Dioclétîen. Le saint fut arrêté dans voyage qu'il fit de Scythople à Césarte, conduit aussitôt devant le gouverneur "^ rien, qui, sans l'avoir fait mettre eu pr lui commanda de sacrifier aux dieui.
cope répondit qu'il ne connaissait qo seul Dieu, créateur de l'univers, à qui f doive sacrifier, et seulement de la manf qu'il l'enseigne. Alors Florien ordonna martyr de sacrifier aux quatre princes régnaient alors, Dioctétien, Maximien, (> tance et Galère. Le saint répondit par vers d'Homère, où il est dit, qu'il n'estp bon d'avoir tant de maîtres, et qali njr qu'un seul Seigneur et roi. Florien, preofl cette réponse pour une injure à la persoon des empereurs, lui fit aussitôt trancher 1 tète.
PHOSPER D'AQurTAiifB, ainsi nommé |xi« le distinguer de saint Prosper, évèquea'Or léans, et d'un autre prélat du méuie no« qui souscrivit en 527 au concile de Carpea tras, se rendit célèbre par son zèle |>our& défense de la vérité autant aue par son éloquence et son érudition. L époque préci>* de sa naissance est inconnue, mais on siii qu'il naquit dans les premières années Jj V' siècle et qu'il fut contemporain de la Tienlesse de saint Augustin. L'hérésie de Pelade agitait alors l'Eglise, et les réfutations ou saint docteur étaient l'objet de l'ioiéréi r
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nérs). Quelques esprits saisirent mal sa doctrine, e( cherchèrent un milieu entre IVrreur de Thérésiarque et Vorlhodoxie.
Sin$ oier comme Pétage la transmission du péché originel, ils en supprimaient la con^ iéi]iieoce, qui est Teotraîncment au mal par b concupiscence t et laissaient encore à riiomme déchu la faculté d*Aspirer au bien ytr rimpulsion propre de sa voionlé. Ce iTstème mitigé prit naissance à Marseille, pd Prosper résidait, et forma le semi-|)éjh^^nisme. Il le signala à saint Augustin, N le docteur d'Hippone, à sa prière, écrivit lonlreles semi-pélagiens ses deux livres : De Upr^detiinalian des êainis^ et : Du don de la fmhérance. Après le mort du maître, le ' »ciple ne fut pas moins ardent à défendre d'jctrine. Prosper soutint la lutte contre [•rétres de Marseille, et il écrivit sur malière le livre Contra coUatorem^ dirigé rduulièrement contre le célèbre Cassien, )r$ abbé de Saint-Victor, lequel ne goûtait loi II doctrine du docteur de la ^râce. '^ril et quelques autres qu*il avait pu- » auparavant ayant excité quelques ruirs et soulevé contre lui des accusations Il i) fat prévenu par RuQn, Prosper se dit à Rome, avec un pieux laïque nom- IHilaire, pour porter de concert leurs lintes au Pape. Saint Célestin, qui occuii alors la chaire de saint Pierre, touché des reculions qu*on leur faisait souffrir, écrien leur faveur aux évéques des Gaules, iiquels il reprocha en même temps leur néence à réprimer le scandale occasionné les ennemis de la grAce. Saint Léon, reiseur de Célestin, ne témoigna pas uns d'estime k Prosper. Il le Gt venir à ^e, rétablit son secrétaire et se servit de dans les affaires les plus importantes. saint vivait encore, selon la Chronique de ^ellin, en 163; mais on ignore en quelle uieeil mourut, et s*il était évéque ou laïit L'o|)iDion la plus commune est qu'il [«ait point engagé dans le ministère ecclé- Biiqae. Le Pape Gélase, saint Fulgence, (QQade et Cassiodore, qui parlent de ses ni5, ne lui donnent aucun titre clérical. >j»eutdonc rejeter sans scrupule tout ce ^&e lit sur son épiscopat, dans U^hellus, /nlhème, et quelques autres écrivains très- Pji;n6s de son temps.
^.LnTBEs. — A saint Augustin. — Prosper Mlait encore connu de saint Augustin que JJI «ne lettre qu'il lui avait écrite au sujet J« iroubies que les matières de la grâce et «J libre arbitre avaient soulevés dans l'EpM) de Marseille. Son but, dans cette lettre, •••U de ramener les esprits, en leur faisant JJJJprendre que la vérité qu'ils croyaient »5^e dans les écrits de saint Augustin, ne w paraissait ainsi que parce qu ils ne les ^«ndaient pas» et parce qu'ils étaient eux- •*'i'es dans Terreur. Quoiqu'ils reconnusjyi que tous les hommes ont péché en *^«iDt et que ce ne sont point nos œuvres v' nous sauvent, mais la régénération spi- "(oelle; néanmoins ils voulaient que la prof*«Wion qui se trouve dans le mystère du
sang de Jésus-Christ, fût offerte sans cxcep* tion à tous les hommes, de sorte que le salut devînt l'héritage de tous ceux qui consentaient à recevoir la foi et à recourir au baptême. Quant à ceux qui croient ou qui persistent dans la foi, comme Dieu les a prédestinés à son royaume par une grâce gratuite, ils devaient se rendre dignes de leur élection, et couronner saintement leur vie par une mort précieuse. Quant au décret de fa volonté de Dieu, touchant la vocation des hommes, décret par lequel on prétend que la séparation des élus et des réprouvés a été faite avant tous les siècles ou dans le moment même de la création du genre humain, de sorte que, selon qu'il a plu au Créateur d'en ordonner, les uns naissent des vases d'élection, et les autres des vases d'ignominie; ces novateurs soutenaient que tout ce que Ton disait sur ce sujet n'était propre qu'à ôter à ceux qui sont toml)és le courage et la volonté de se relever de leur chute et à inspirer même de la tiédeur et de la paresse aux saints. En effet, ce serait en vain que les uns et les autres travailleraient à leur salut, puisau'il n'est point de zèle qui puisse faire admettre celui qui a été rejeté, ni de négligence qui puisse perdre celui qui est choisi, s'il ne peut rien arriver à l'un et à l'autre que ce que Dieu a déterminé. Ainsi l'espérance restant toujours flottante et incertaine, la course ne saurait être que lâche et chancelante, puisque tous les efforts que l'on pourrait faire pour le salut sont inutiles, si Dieu en a ordonné autrement dans sa prédestination. Ils en concluaient que, suivant cette doctrine, toutes les vertus étaient anéanties ; que , sous le nom de prédestination, on établissait une nécessité fatale et inévitable, et que quand bien même cette doctrine serait vraie, on ne devrait pas la prêcher publiquement, parce qu'il est dangereux en matière de foi de proposer ouvertement des choses qui ne peuvent être bien accueillies, au lieu qu'il n y a aucun inconvénient à les taire.
C'est ainsi que parlaient les plus modérés parmi les ennemis de la grâce. Il y en avait d'autres, plus imbus de pélagianisme, qui, faisant consister la véritable grâce de Jésus- Christ dans les facultés naturelles du libre arbitre et dans l'usage de la raison, disaient qu'en usant bien de l'un et de l'autre, on méritait d'arriver è la participation de cette grâce, qui nous fait Chrétiens et enfants de Dieu. Ainsi, tous ceux qui le voulaient, devenaient enfants de Dieu, et ceux qui ne le voulaient pas étaient inexcusables, parce qu'il est de la justice de Dieu que ceux-là périssent qui n ont pas cru, comme il est de sa bonté de n'exclure personne de la vie, et de vouloir indifféremment que tous les hommes soient sauvés. En un mot, leur sentiment était que l'homme a autant de disposition au bien qu'au mal, et qu'il peut également se tourner au vice et à la vertu. Quand on leur objectait le nombre infini d*enfants qui meurent avant l'âge de discré*
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lion» coupables du seul péché originel, avec lequel Daissent tous les hommes, ils répondaient que Dieu sauvait ou damnait ces enfants, suivant qu'il prévoyait ce qu*ils seraient devenus dans nn âçe où ils auraient été en état d*agir et de ménter. Ils disaient la même chose des nations entières, et soutenaientqnel'ïvangileleuravaitétéanTioncéou refusé, suivant que Dieu avait prévu qu'elles croiraient on ne croiraient pas. Dieu, disaient-ils encore, offre et prépare à tous la vie éternelle ; mais pMir les mouvements divers gue le libre arbitre produit en cbacun, il arrive qu'elle n*est que pour ceux qui se déterminent à croire en lui, et qui» par le mérite de cette foi , se rendent dignes de recevoir le secours de sa grftce.«lls ne voulaient pas que les mérites des saints fussent des effets de l'opération invisible et surnaturelle de Dieu, ni que le nombre des prédestinés fût tellement certain, qu'il ne pût fitre augmenté ni diminué , sous prétexte qu*il serait inutile d*exborter les infidèles à embrasser la foi, et de solliciter les tiédies h s'avancer dans la vertu, puisque tous les efforts de ceux qui ne seraient pas du nombre des élus, n'auraient aucun succès. Enfin y ils enseignaient que, de deux choses qui concourent au satui des adultes , la grflce de Dieu el l'obéissance de l'homme, celle-ci marche la première, do sorte qne le commencement du salut vient de celui qui est sauvé, et non pas de Dieu gui le sauve.
Saint Prosper, après avoir fhit remarquer à saint Augustin que tant que Ton mettrait dans rhomme le principe de son salut, l'hé^ résie pélagieone ne serait pas entièrement détruite, le conjurait de jeter le plus grand jour possible sur ce qu il pouvait y avoir de difficile et d'obscur en cette matière ; de montrer de quelle manière le libre arbitre s'accorde avec la grftce qui le prévient, et de lui dire si, dans la prédestination, il fallait distinguer un décret absolu pour les enfants qui sont sauvés sans avoir fait de bonnes œuvres, et une prévision du bienque les autres doivent iaire ; ou bien, s'il fallait croire sans distinction qu'ail n*y a en nous aucun bien dont Diou ne soit lauteur» et qui ne découle de lui comme de sa source. Il le priait encore de lui apprendre ce qu'ilfalliiit répondre à Tautorité des anciens, qui ont presque tous pensé aue la prescience de Dieu sert de fondement à la prédestination» de sorte que, si Dieu a fait des uns des vases d'honneur, et des autres des vases d'ignominie, c'est parce quil a prévu la manière difASrente dont les uns et les autres devaient finir, et comment chacun d'eux userait , par sa volonté, du secours de la grâce. A fa suite de cette lettre, dans la dernière édition des œuvres de saint Prosper, est celle qu'Hilaire écrivit à saint Augustin sur le môiHe sujet, ainsi que les deux livres Jh la prédesiinalion des saints et Du don de la persévérance^ dans lesquels le saint docteur répoud aux diflicultés qui lui sont proposées.
A Rufin. — Nous avons remarqué plua
haut que les novateurs de Marseille élaie^nt
{)arven'us M jeter quelques soupçons sur li bi de saint Prosper. Rufin ayant entendu quelque chose des mauvais sentiments qu'od lui attribuait, lui en écrivit. Saint Prospti reçut sa lettre comme une marque de son at fection. Mais pour lui donner en mè temps des preuves de sa croyance; il le pariaitemeut au fait'de la question qui a r^ccifisionné les bruits vagues et les raio arcusations^que l'on avait répandus oun' lui. Il commence par ofiserver à Rufin Terreur la plus dangereuse des pélagiens, celle qui renferme toutes les autres, o siste à dire que la grAce de Dieti est don aux bommes^ en raison de leurs méri « D'abord, continue saint Prosper, ilsarai voulu soutenir que la nature humaine é tellement saine et tellement pun^, qu'i
Coûtait , par la seule force de son libre itre, acquérir le ciel et le royaume de 1 Mais dès qu'ils virent que l'j^lise condamné cette doctrine pernicieuse, en la conservant an fond de leurs cœurs»
J Protestèrent publiquement qu'ils croyai a grftce de Dieu nécessaire à Tbomme, pour le commencement» soit pour Ie|) soit pour la persévérance dans le bien. ce qui met k découvert la f&usseté de eei protestation» c'est que tout ce qu'ils a dent à la grflce , consiste à la Iaire % comme de maitre.et de précepteur ao 11 arbitre, afin que se manifestant à l'esprit les choses extérieures» comme les exbo tiens» la loi, la doctrine » les créatures, miracles et la crainte des jugementsdeDi l'homme dirige ensuite et applique sa < Ibnté, pour qu'en cherchant il trouve , p< qu'en demandant il reçoive» pour qu'en fr pant à la. porte, elle leur soit ouverte; sorte que» suivant leur doctrine, la grâce fait» par rapport à nous, que ce que fait loi, que ce que fait un prophète» oueceqi fait un mattre qui nous instruit, lisvcule de plus que la grflce soit donnée générât ment è tous les hommes, afin que ceux voudront croient, et que ceux qui aur cru reçoivent la justincalion par le mérît de leurfoi et de leur bonne volonté, c'esl^T dire, que la grflce ne suit plus la grâce, puii que selon eux elle est donuée aux mérites^ et qu'elle n'est ni la source, ni le primij de tous les mérites de l'homme. »
Mais quelques soins quMls aient pris df déguiser leurs erreurs, elles ont été décoo* vertes et étouffées |>ar \^s évéques d'Orieoli
Car Taulorité du 8aint-Siége, et par la vi^* icce des évéques d'Afrique » et priocipâic* ment de saint Augustin , que saint Pros|<r appelle ici le premier et le plus illusini membre du corps sacré des Pontifes qoi ail paru dans le v* siècle. Il se plaint qu a|>rèi tant de combats soutenus [lar cet honimeiacomparable , tant de victoires remportétN tant de couronnes conquises» lorsque (•ar s^^ ouvrages il a éclairé toute J'Enlise et nr levé la gloire de Jésus-C(irist en triomphant de ses ennemis, il se soit rencontré qu^'i* qu*un pour oser noircir sa réputation, ^t
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DK t^ATROLOGIE.
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liî dénier les émis par lesaods il a combla rbérésie pélagienne. t Ils soutiennent, 9du(e-MI« que ce saint évèqne détruit en- Irfremeot le libre arbitre ; qu'il établit uno i(if$siié falale« sous le nom de grâce, et ■'il eoseigoe qu*il y a comme deux masses Efîf fDiGset deux natures dans les hommes, 9 qui est faire retomber Timpiété des ifeos et Hes manichéens sur un homme hit l4 piété est révérée de toute TEglise. |ceqn*ils soutiennent est véritable, pouroe s'opposent-ils pas à la publication doctrine aussi extravagante? Pour* oe foat"ils pas quelque écrit pottr Ten ir? Cest peut-être que ces censeurs trop modestes, et qu'ayant quelque pour ce prélat, ils veulent épargner vieillesse, jugeant d'ailleurs la réfutation Sf$ \\ms peu nécessaire, parce qu'ils ieol las de personne 7 Non , ils savent eo que TEglise de Rome, celle d*Aet généralement tous les enAiats de lédiction et de la promesse divine, ré- (lar toute la terre, s'accordent avec tiersonnage, aussi bien dans sa docsur la grâce que sur tous les autres pibde la foi catholique. Ils savent encore p^l'ir rapport aux questions sur lesquel- •ils forment des plaintes, un grand nom^ |l ie pertonmes vont puiser à ses ouvragée kvnie doctrine évangelique de la çrflce, et
t Jésus-Christ se sert tous les jours du tière de sa plume et de sa parole pour Hbnoer de nouveaux membres du corps (ie son Eglise. Ce qui les pousse donc Cl qui les anime , c*est que, voulant se '^^rdaiis leur propre justice plutôt que ta srâce de Dieu, ils ne peuvent soufli r^islance avec laquelle nous réponses discours qu'ils sèment de toutes contre ce grand homme, qui possède «sublime autorité dans toute TÈglise.»
Ik^urprottYcr leur opinion, les semi*pé-
6t)9 alléguaient ces paroles où Jésos- ^1 appelle tous les nommes : Venez à lUonj tous qui êtes dans lapeine et qui êtes wfi*y tt'it VOUS soulagerai; soumettez-vous p* jotty et apprenez de moi que je suis ^It de cœur [Matth. xi , 28, 29j; ils pré- Pteieolque, comme il est au pouvoir de ^les hommes de suivre les exemples de ^ur et d'humilité de Jésus-Christ, ceux ht lui auront obéi auront la vie éternelle; (m contraire, ceux-là périront par leur h'^bute qui se seront montrés récalci- MM sa parole. « Mais qu'ils écoutent ^ du saint Prosper, ce que le Seigneur ^U ceut qui avaient la même puissance t libre arbitre : Tous ne pouvez rien faire î ??*• / ^t>ûn. XV, 5. ) Personne ne vient à ''•'»l n*est entraîné par mon Pire qui m^a ^' [Joan. VI, kk.) Personne ne peut venir l^it f it ne lui est donné de mon Père, {ibid.^ ^- Il e&l donc hors de doute qu*afin que le ^ arbitre obéisse, il faut que la grâce de t^brmeeo lui le mouvement et Taffec- ^> |>ar lesquelles il croit et obéit. Autre- -^Qt. il saflurait d'avertir un homme, et il ^ ^'tftii pas nécessaire qu*une nouvelle vo-
1>tCTiO!va. n« Patroloqir. IV.
lonté tùi formée on lui, selon cet oracle de r£criture : Cest le Seigneur qui prépare la volonté (Prov. vhi, 35); et selon celle parole de TApôlrc : Cest Dieu qui produit le vonloir et le parfaire^ selon la bonne volonté. {Philip. Il, 13.) Quelle bonne volonté, sinon celle que Dieu a produite en* eux? afin qu'après leur avoir donné la volonté d'agir, il leur donne encore le moyen de le faire., d
Les semi-pélagions prouvent encore le libre arbitre par l'eiemple du eentenier Corneille qui , en possession de la crainte de Dieu et l'ajant prié avant d avoir reçu la grâce, s'est appliqué par lui-môme et de son propre mouvement, aux exercices de l'aumdne, des jeûnes et de la prière (Act. x, 2), et en conséquence a reçu de Dieu le don du baptême. A cela, saint Prosper répond que les bonnes œuvres de Corneille, avant son baptême, ont été l'effet de la grâce. Il montre par la vision qu'eut saint Pierre avant de baptiser ce eentenier, que c'était Dieu même qui avait purifié Corneille en commençaut'en lui les lionnes o&uvres qui précédèrent la prédication de la parole, afin que cet apdtre n'héritât |)oint à annoncer le salut à un gentil, en voyant que Dieu l'y avait déjà disposé par l'infusion de sa grâce. Il était même jusqu'à un certain point néces-. saire que les choses se passassent ainsi, dans la crainte que la vocation de l'Eglise des gentils, qui était nouvelle et qui n'avait point été révélée jusqu'alors, ne parût incertaine et peu assurée, si Dieu ne l'eût confirmée lui-même, en témoignant, par l'éloge qu'il fit de Corneille, qu'il avait déjà purifié, par ces saintes dispositions, leoœur oe celui qui devait être les prémices de cette Eglise. Car la foi n'est pas commune à tout k monde (Il Thess. m, 2), et tous ne croient peu à TE" vangile. {Rom. x, 16.) Mais ceux qui croient y sont poussés par 1 esprit de Dieu, et ceux qui ne croient pas en sont détournés par leur libre arbitre. Ainsi notre conversion à Dieu ne vient point de nous, mais de Dieu même> comme ledit l'apôtre : La grâce nous a sauvés par la foi^ et ce bien ne vous est pas venu de vous-mêmes. C'est un don de Dieu qui n'est point la récompense de vos œuvres^ afin que nul ne s'en glorifie. {Ephes. ii, 8.)
L'homme ayant perdu piar le péché sa justice naturelle, s'égarait sans cesse lorsque Dieu l'a fait rentrer dans la voie, et lui a inspiré Tamour (K)ur celui qui l'avait aimé le premier avant d'être aimé de lui. Ce n'est paSf dit saint Jean, que nous nous soyons portés de nous-mêmes à aimer Dieu, c'est lui qui nous a aimés le premier. (/ Joan. IV, 10, 19.) Le même apôtre dit encore : Quiconque aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Celui qui n'aime poini ne sonnait
Çoint Dieu^ parce que Dieu esl amour. {Ibid.f , 8.) Ce qui montre que l'on peut trouver dans un homme beaucoup de choses louables oui, n'étant {)oint animées de l'amour de Dieu, n'ont ni l'espoir ni Tessence de la piété. C'est Dieu^ comme le dit saint Paul, f tti nous a délivrés et qui nous a appelés par sa xoeation sainte^ non selon nos
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DICTKKSNÂIRB
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œuvres^ mais selon son propre ûécrti et pur sagrâce^ qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant tous les temps. (7t^, m, 3.) Lorsque sn grAcc nous jtistifiet elle ne nous rend pas de bons, meilleurs; mais do mAuv<iis que nous étions elle nous rend bons, afin de nous rendre ensuile, de bons, meilleurs par un avancement continuel dans In rerlu, non pas en nous ôlant le libre arbitre, mais plutôt en le rendant libre. Car tant que notre libre arbitre a agi seuJ et sans être assisté de Dieu, il n'a vécu que pour le péché» parce qu*il était mort pour la justice. Mais lorsûue la miséricorde de Jésus-Christ l*a éclairé de sa divine lumière, il a été tiré du rè^ne du démon, afin que Dieu même régnât en lui; mais par celte grâce qu'il a reçue, il ne peut encore demeurer terme dans uu état si heureux, si celui qui la d*abord appelé h la justice ne lui donne aussi la persévérance dans la justice. Dieu,
?our confirmer cette vérité, permit que saint ierre, qui se promettait de lui-même d'aller avec Jésus-Christ h la prison et à la mort, tombât dans le danger de se perdre, afin d*en être relevépar la main toute-puissante de celui sans lequel personne ne peut même subsister quelque temps, et encore moins persévérerjusau*à la fin.
Ce qui empêchait les nouveaux ennemis de la grâce de Dieu de la reconnaître telle que TKcriture nous la représente et qu'elle se fait ressentir elle-même par se« grands effets, c'est qu'ils craignaient d'être obligés d'avouer en même temps que, de tous les hommes qui sont nés et à nalire dans tous les siècles. Dieu a choisi un certain nombre pour en composer ce peuple qu'il a prédestiné k la vie éternelle, et qu'il a élu, en l'appelant selon le décret de sa volonté. « Ce qui, dit saint Prosper, est une vérité si constante qu'il ne faut pas être moins impie ])Our la combattre que pour combattre la grâce elle-même. » H le prouve par ce grand nombre d'bQ.mmes que Dieu a laissé périr dans les sièdies passés, ensevelis dans les ténèbres de l'ignorancr et du paganisme, puis il ajoute : « Si la lumière de la raison naturelle ou l'usage de tant de biens que Dieu a faits aux hommes, avait pu sufiire h tous ces peuples pour obtenir le salut, il en faudrait conclure qu'aujourd'hui encore les pensées naturelles de notre esprit, la considération des temps et des saisons et de cette abondance de fruits que nous trouvons dans le monde, pourraient suflTire pour nous sauver, parce qu'en usant bien de tous ces avantages de la nature et en reconnaissant Dieu dans toutes ces faveurs dont il nous comble tous les jours, nous pourrions j adorer encore plus parfaitement (jue n'ont pu le fairejes anciens peuples. Mais à Dieu lie plaise que des âmes qui ont quelque piété et qui se souviennent qu'elles ont été rachetées par le sang de Jésus-Christ, soient jamais capables d'une pensée aussi pernicieuse que extravagante. La nature humaine n'a point d'autre libérateur que Jésus-Christ qt^i étant homme est devenu médiateur en-
tre Dieu et les hommes. Aul sans lui u part au salut. Comme ce n'est pas noir mais lui seul qui nous a formés, aussi ( n'est pas nous, mais lui seul qui nousfortu pour la seconde fois, en nous justifiant. I de peur que l'homme, qui a reçu le dou t\ la grâce, et qui fait ensuite de bonnes en vres, ne s'imaginât que la grâce ire lui h i\ donnée que parce que Dieu prévoyait qoi près l'avoir relevé de sa chute il se reniri digne de ce don par ses œuvres , Dico.iMti confondre ces pensées, a répandu leiri chesses de sa miséricorde sur les premifi moments de la vie de quelaues enfants, ùa lesquels if est visible qu il ne peut an pour cause de son choix ni la fnété pra'< dente, ni celle qui doit suivre, pas ptusq l'obéissance, le discernement ou la volo Je parle*, dit saint Prosper de ces enl qui ne sont pas plutôt nés, qu'ils re sent heureusement par le baptême, et n'ontpas plutôt reçu le baptême.gu'ilsen
Ear une mort prompte en participation iens éternels.
« On nous objecte sans cesse, dit ce Péri cette parole de l'Ecriture : Dieu veut m tous les hommes soient sauvés (I Tim. ii,l comme si elle était contraire à notre do( trine. Quoi donc I tant de millions d'hom qui, dans l'espace de tant de siècles ju5.| nos jours, ont péri malhcureusemenls avoir la moindre connaissance de Dieu, n*< ils pas été du nombre des hommes? Pu quoi le même Dieu qui veut que tous hommes soient sauvés et qu'ils narTienoi h la connaissance de la férite, eni|>éilil t-il ses apôtresd'annoncerson Evangile du l'Asie, tandis qu'il leur ordonne de le |4l cher à tous les peuples du monde? Dans temps même où nous vivons, la plupart/ iieu|»les du monde ne font que commeo a recevoir la religion chrétienne. Il en encore plusieurs qui , non-seulemeol jouissent pas d'un si grand bienfaiti mil qui n'en ont même jamais entendu pariai Quant aux causes de ce discernement te rible, elles ne peuvent être pénétrées | l'esprit humain, et on peut les ignoreras préjudice de la foi et du salut. Confise seulement que Dieu ne condamne persoi sans qu'il l'ait mérité, et gue sa bonté toutfr puissante sauve et éclaire par la Innii^ de sa sévérité divine tous ceux qui, d'aptq un décret de sa volonté, sont prédeslinésl la connaissance de sa vérité et au salut. Cil nul ne vient à lui, s'il ne l'appelle; nul» reçoit l'instruction de la foi, s^il ne renseigne, et nul n'est sauvé s'il ne le sauT^t parce qu'encore qu'il ait commandé à «* ministres de prêcher indifféremment à tnu> les hommes, néanmoins et celui quiplfij^* et celui qui arrose ne sont rien; mis (M Dieu qui donne V accroissement qui t^i ^''» {I Cor. m, 7)
« On dira peut-être que ce senties honii«c> qui s'opposent à la volonté de Dieu, et qu<* s'il y en a è qui la foi n'a point éléprêdH^' c'est que Dieu voyait que leurs esprm tf leurs cœurs étaient fermés à sa luaiiea-
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DE PÂTROLOGIE.
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Xiis qui a diangé les cœurs des autres peupies qni croient en Jésus-Christ^ sinon ce- .oi qui, comme parle le Psalmiste, a formé fn partifulier les cœurs de chacun a eux? {Ni xxiti, 15.) Qui a pu amollir la dureté ii.'cos cœurs en les rendant flexibles et obéis- $3nu à la parole sacrée, sinon celui qui des
Crres mêmes peut suscittr des enfants d*A' hm?{MaUh. iii,9.) D*ailieurs il estconstint |*ar dirers passages de l'Ecriture» que 'rEv.in^ile doit être prêché par toute la terre ^^aiik XXIV, 14) ; et il ne Test pas moins que nul n'entrera dans la société bienheufem de l'héritage du Seigneur, à moins ^'il ne soit du nombre de ceux qu'il a pré- Tos et prédestinés avant la création du BiiDdc, suitani le décret de celui qui fait touprkfiieSf selon le conseil de sa volonté, 'fkis. 1, 11.) Mais quels sont les vases que u a choisis, et quel doit en être le nom- ! C'est un mystère dont l'ignorance ne I I^iDl à notre salut. Il nous suffit de ir que tous les bons entreront dans le iRlpiiie de Dieu ; que ce sera la grâce qui kjfera entrer, et que les méchants en so- InrUnois par leur propre malice.
En admettant, dit-on, la nécessité de la i''^ il ne reste plus rien à faire au libre l)i:re. La grâce, répond saint Prudence, Jétruit pas le libre arbitre» elle le transtoeet le change en mieux, en lui imprini d autres pensées, en le faisant agir 'ime autre manière, en lui apprenant à Ure toute Tespérance de sa guérison dans médecin et non dans lui-même. Pent celte vie, il n'est Jamais dans un état saotési {«rfait que ce qui l'avait blessé ijiaraYantne le puisse blesser de nouveau, tl 0 est jamais assez maître de lui-même or s abstenir par ses seules forces d'user scbosesqui le font languir. Ainsi l'homme ti avait été mauvais dans son libre arbitre rendu bon dans le même libre arbitre.
cuit mauvais par la corruption qu'il trouût en lui*ii ême, et Dieu le rend bon en ^rétablissant dans le premier honneur koi il est déchu* Ce que Dieu fait, nonktilement en lui remettant les fautes de ^onté et d action, mais en lui donnant la pcede vouloir le bien, de le faire et dy Krjévérer. »
Jaini Prosper porte le déB aux caloinnia- *^r5 de saint Augustin de montrer un seul
C&^^ede8es écrits, qui autorise tantsoit peu destin et la doctrine des deux natures difl^tniesdans Thomme. « Quoi qu'ils fassent, ^uie*t*il, ils ne prouveront jamais qu'on ^'"3 ait entendu dire ou enseigner quelque ^"^<^ de semblable, parce que nous savons ^^^hif'Q qu*il n*y a aucune nécessité fatale l'Ji agisse dans le monde » mais que Dieu ^t^e toutes choses par la loi suprême de sa K^iilence et Jq sa justice» Nous savons que ^^^ a créé la nature de l'homme, non de '^0^ masses, mais d*une seule, c'est-à-dire ^i^hair du premier homme. Nous savons '1^^ cette nature étant tombée dans Adam, * ct4 enveloppée dans la ruine de son péché ^^fî'iu'il s'est pordu par son libre arbitre
(Rom. y, 22) ; nous savons enfin que celle naturC) étant destinée à la mort et aux suj^vplices éternels, elle n'en sera jamais délivroA si le Sauveur ne retrace dans elle rima^^e de Dieu par la grâce d*une seconde création, et s'il ne soutient son libre arbitre, en l'excitant par l'impression de l'Esprit-Saint, en lui inspirant ce qu'il doit faire, en l'assistant et en le fortiflant dans ses faiblesses, en marchant devant lui et en le conduisant jus-
?u'à la fin de cette carrière de la vie » Ce ère termine sa lettre en renvoyant Rufin aux ouvrages de saint Augustin, l'assurant qu'il y trouvera de quoi s'instruire pleine* ment de la vérité des questions importantes qui regardent la grâce et la prédestination. Autres ÉCRrrs. — Poème contre les ingrats. —Le chef'-d'œuvre de saint Prosper et celui qui a le plus illustré son nom est son poëme contre les insrals. Saint Augustin vivait en* core lorsqu'il l'écrivit, comme il est facile de s'en convaincre, par l'élose magnifique qu'il fait du grand évêque d^Bippone. L'auteur a placé à la tête deux petites préfaces dans lesquelles il découvre son dessein. Dans l'une il déclare positivement que ses vers sont dirigés contre ceux qui se laissaient enfler (Tune fausse vertu , afin de prémunir ses lecteurs contre leurs séductions, dans la crainte qu'ils n'apprissent à leur école k nier les dons de Dieu, et qu'ils ne devinsent rebelles à la grâce, en voulant
Soussertrop loin la défense du libre arbitre, fans l'autre il dit que c^est Tamour qu'il porte à ses frères qui lui a fait entreprendre un ouvrage aussi difficile et aussi épineux ; mais il veut allumer dans les âmes la sainte ardeur de la vérité, il veut éloigner d'eux les séductions, et leur apprendre d une manière aussi agréable que vive et saisissante que la grâce est la cause et non l'effet de nos mérites :
Sed bona quœ tibi sunt, opérante fatebere Christo, Non esse ex merito smitpfa, sed ad meritum.
Par ces deux petites préfaces comme par tout le reste de la pièce, on voit que saint Prosper désigne les semi-pélagiens ; par ce terme (ÏJnfjrals^ qui peut marquer en général tous les ennemis de la grâce, pour ne point les taxer ouvertement d'hérésie, soit parce que TE^lise n'avait pas encore condamné leurs erreurs , soit probablement aussi, parce qu'il ne les crojait pas telle* ment obstines dans leurs vues qn'il n'eût quelque espérance de les en faire sortir. Ce poëme, qui est k proprement parler Tabré^é de tous les ouvrages que saint Augustin a écrits sur la grâce^ est divisé en quatre par* ties, qui contiennent en tout mille vers hexamètres » s(in3 y comprendre la petite préface et Texorde qui sont en vers éiégiaques. . ^ :
■ Premier^ parn'e.— Malgré tant de victoires signalées, remportées par r£glise assemblée contre Pelage et son hérésie, et quoiqu'elle dût regarder comme heureusement terminée la guerre qu'elle.avaftepe k soutenir contre ^ui« cependant ce cruel asnic, tout écrasé
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qa*il était, ou n'était pas eneore mort, ou renaissait dans un certain nombre de per-sonnes, qui, tout en feignant de le concfam* ncr, faisaient revivre ses erreurs. Les principales portaient que de toute nécessité le premier homme devait mourir, qu'il observât ou non les commandements du Seigneur, parce que la mort est une conséquence de sa nature et non TefTet du péché. Le péché ori-ginel n*éiait qu'un mot ; et les enianls n'héritant de leurs pères aucune corruption, naissaient aujourd'hui tjMs Fétat où Adam et Eve avaient été créés. En usant mal de leur libre arbitre, nos premiers parents ont péché contre Dieu; mais leur faute ne nous a nui que par le mauvais exemple qu'ils nous ont donné. Tous les hommes donc, naissant sans aucune tache ni aucune corruption, peuvent arriver au comble de la perfection et de la vertu, et conserver la gMce qu'ils ont reçue dès leur origine, parce ^'i4 dépend de leur volonté seule de se ttèintenir toujours dans cette première intégrité de la nature, puis {ue la loi qui est imprimée dans leur
concile de Diospolis, les évoques d*Orie&t obligèrent Pelage k condamner Im-mèoM son erreur, sous peine d*6tre relrancbédJ nombre des fidèles et séparé du corps di Jésus-Christ. Saint Jérôme vint à bout Jt percer la nuit épaisse dont cet enfant de it* nèbres voulait obscurcir la lumière de II vérité. Alétius, évèque de ConslantiDopl opposa aux députés de son parti la foi vt cienne et la tradition de rEslise. La Tifli d*Ephèse ne put souffrir dans T'enecinie S ses murs, ces enfants de colère donl le soof fle contagieux donnait la mort à tous c qui les écoutaient. Les évoques d*Afri ne se contentèrent pas de crier analhi aux sectateurs de cette doctrine impies en découvrirent le venin le plus subiii, ne laissèrent passer aucun de leurs ai menis sans le détruire sous la force de I raisonnements inspirés par la foi. Mais, trc tous ces évèques, nul ne soutint la a de Dieu par des travaux plus utiles et écrits plus concluants que ne le fit saint A» gustin. Partout où cet ennemi si subtil cti cœiur leur propose . rusé cherchait un refuge, par quelque »* d^elle-mème tout le bien que Dieu leur com- obscure et tortueuse qu'il s'efforçât de s'f
liènde au dehors par la loi écrite. La grflce %l8 Jésus-Christ, ajoutée dans ces derniers temps aux forées de la nature, s'offre généralement à tous ^ux qui ont péché, pourvu qu'ils se renouvellent dans les eaux du baptême. Alors Dieu leur pardonnant les crimes qu'ils ont commis par leur volonté propre, ils recouvrent, par un effet de cette même volonté naturelle, la pureté et l'innocence, de sorte que, purifiés par ce sacremont, ils reprennent la première vigueur dont ils s'étaient privés par leurs dérèglements volontaires, et la conservent ensuite Kr la puissance de leur libre arbitre. Le piême renferme tant de trésors de grftces et de richesses spirituelles, que c'est avec rai:>on qu'on le donne aux enfants mêmes, quoique purs et sans taches, afin qu'étant nés bons, ils deviennent encore meilleurs, et que l'innocence de ta nature reçoive un nouvel éclat par la bénédiction de la grêce. Dieu ne refuse k aucun homme cette laveur dès sa naisMnce, parce que, méritant tous par leur volonté et leur liberté naturelles de recevoir les l^iens de la grâce auxquels Jésus-Christ nous convoque, ces biens sont dii& à tous ceux qui consentent à bien vivre et ne sont enlevés qu'à ceux qui les rejettentv
Après avoir eipolé sommairement ces erreurs, saint Prosper rappelle la réprobation universelle qu'elles Avaient soulevée dans toute l'Eglise , qui se hâta de les cou damner. « Dans le temps même où ce serpent, vomi par l'Angleterre, répandait de tûoteS' parts le venin mortel <te sa doctrine. Borne, qui est le siège de saint Pierre et le l.tremler siège du monde, Rome la condamna ; car Rome, en devenant la maîtresse de toutes les Esliaesde la terre, possède, par l'autorité et Tes lois de la religion, tout ce qu'elle ne possède plus par les lois de la guerre et par la puissance des armes. Au
chapper, toujours il rencontrait devant ht ce grand évêcjue qui l'arrêtait pour déjoo tous ses artifices. Car il vivait encore cette époque; son Ame, si élevée au-<Jes des sens, trouvait en Dieu seul son re S9 nourriture et sa vie; il ne goûtait eiii monde d'autre douceur que celle de f mour de Jésus-Christ qui le consumait; n'était touché d'aucun autre honneur que celui de son divin Maître. Mais, s'il nés* tribuait aucun bien, Dieu lui tenait lieu toutes choses, et la sagesse éternelle ré^ en son cœur, comme en son temple.»
Après ce triomphe, l'Eglise avait à pefl joui d'un moment de tranquillité, que que ques personnes, enflées d'une honteuse (frl somption, s'efforcèrent de rallumer les flaai mes déjà mortes de Thérésie pélagieonft Elles enseignaient que l'homme étant ^ lui-même libre de tourner sa volonté com il lui plaît, par la puissance et le mouTeœ de sa nature, il peut embrasser le bien son propre choix, de la même façon qû |ieut se porter au vice. C'était renouveler erreurs de Pelage et de S{:s sectateurs, assuraient que l'intégrité de la nature d point été blessée par le péché d'Adam > que tous les hommes naissent encore aujnu^ u'hui avec les mêmes lumières que Dici inspira au premier homme en le créant. Dés lors les péugiens étaient en droit de demar der ou qu'on leur permit d'enseigner dans l'Ëglise ce que ces nouveaux docteurs y enseignaient, ou qu'on les retranchât de II communion catholique, comme ils eo avaie»! été eux-mêmes retranchés.
Dfuxiimi partie. — Saint Prosper, dans If commencement de sa seconde partie, expose, en les réduisant à l'état de simples proposa lions, les principaux articles de rhérés^e péla^ienne , qui , de l'aveu des io^ts ou semi-pélagiens, avaient été condamnés ptf l'Eglise et par les lois des empereurs. U»
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fOici : Le crime de notre Dremier père u^â BQJ qu'à lui seul. Aujourd'hui encore, en oitssaotdans Tétai où était Adam avant son jfUiiy llioBiaie peut, s^il le veut, n*en com-pdlre aucun, comme le premier homme, lifis Tétat d'ioDOcence, pouvait ne point ^er,ea faisant un bon usage de sa liberté marelle. Eofio, les hommes se sauvaient loirefûis p^t la loi de Moïse, comme on se tore majnleDant par la loi de Jésus-Christ.
t reprocha à Pelage, dans le concile de fiolis, d'enseigner que la grAce de Jésus- Pbrisl est donni^e aux hommes selon leur pente; mais il désavoua cette doctrine de-> Ittiiout le monde, et dit anathème à quipa;ue la soutiendrait. Saint Prosper expose ^Mie 'a doctrine des semi-pélagiens, qu'il là deux chefs, savoir : run, que Dieu, inique tous les hommes soient sauvés, $a grâce à tous ; le second, que c'est le arbitre qui est cause que l'un obéit à ftceel que l'autre la rejette; que l'un la ^f»e en persévérant, et que l'autre relAtei {icrsévéror ; ee qui suppose qu'il est W>' assez de forco dans la nature pour pirer et demander le secours de Dieu.
ili rérute le premier chef par l'exemple de Bi qui sont morts dans la nuit profonde ri;U)oraQce et du péché, tandis que Dieu, s^'ieij de justice, réi^andait la lumière de |i Evangile sur plusieurs autres. Il est puai que Jésus-Christ a commandé à ses prvi daller prêcher l'Evangile à tous les mm{Masih. XXVIII, 19); mais ce qui pdii en un moment n*a pas été exécuté De plusieurs siècles après. 11 n'est per« >i« qui ignore qu'à l'heure qui! est '^pHle n'a pas encore été prêché par 'e )a (erre. Si, par le fait même qu'il ^te des hommes à qui la foi n'a point F>reéié annoncée, on en conclut qu'ils se ^ rendus indignes de ce bienfait par la lUaîiié de leur esprit et le dérèglement de Nftmœurs, c'est convenir nettement nue ^ les hommes, quoique égaux par leur punce, se sont distingués les uns des P^ l>ar des dispositions différentes de F»oluolé, et que tous pouvant, par leur •^i« naturelle, vouloir le bien, peu l'ont Nu en effet, et ont en conséquence mérité i*i(iQ de la grâce : ce qui est une erreur Waainéo dans les pélagiens. S'il est vrai, *M'urs, que Dieu veuille généralement »tious les hommes soient sauvés, et sans >''ic€|)ter aucun, il faut que tout ce que ui Cette puissante et suprême volonté soit ^^Qi[>li. Néanmoins il est certain que tous ^uommcs ne sont pas sauvés; mais qu'au lûlrjire il jr en a une très-grande partie ^* ne reçoit point la vie de la foi , ou qui ^ma plongée dans les ténèbres du péché ^^^a mort. Répondre que Dieu veut que i^> les hommes soient sauvés, mais que ''^ lie le sont pas, parce que les uns le ^'ftit et les autres ne le veulent pas, c'est ^ndre que la volonté de Dieu sera effi- ^f ou inefficace, selon qu'il plaira au libre n>iue de l'homme. Ainsi, la volonté de ^'lame sera comme la berne et la mesure
des actions de Dieu, puisque ce sera en vain qu'il voudra secourir une âme, si elle ne veut auparavant être secourue : de sorte que la grâce ne fera que suivre ce mouve* ment de la volonté, qui précédera son opé* ration dans les cœurs.
Poi^r réfuter le second chef de la doctrine semi-pélagienne, saint Prosper montre d'abord que la grâce agit sur l'homme, nonseulement en lui proposant le bien et en l'invitant à le suivre, mais en changeant elle-même sa volonté et en faisant qu'elle embrasse la vertu. Comme maintenant Jésus- Christ attire à lui par sa grâce les nations les plus cruelles et les plus barbares, parmi lesquelles il était auparavant inconnu ou méprisé ; de même, dans les siècles passés, il a soumis à son empire les peuples farouches et les villes rebelles, en leur inspirant une piété qui le faisait triompher de tous les obstacles qu'il rencontrait dans leur cœur. Il ne les a pas convertis de la sorte par de simples exhortations, car la grâce diffère de la loi et agit autrement qu'elle ; mais il les a convertis en changeant le fond de leur cœur, eu le renouvelant, et en formant, par sa puissance de créateur vi de souverain; un vase nouveau à la place du premier, qui était brisé. Les exhortations de la loi, les remontrances des prophètes et tous les efforts de la nature, lorsqu'elle est abandonnée à ellemême, ne sauraient produire un iiussi grand ouvrage. Celui-là seul qui a créé l'âme une fois peut la rétablir de la sorte, en lui don* nant comme une seconde création. Qu'un apôtre s'en aille dans toutes les parties du monde; qu'il prêche, qu'il exhorte, qu'il plante, qu'il arrose, quil reprenne, qu'il presse les hommes avec un grand a^èle, et qu'il porte le flambeau de la parole de Dieu partout où il trouvera un accueil fevorable; cependant, quand après tous ces travaux il s'agit de faire embrasser le bien à ceux qui l'écoutent, ce n'est ni le disciple ni le maître , mais la grâce seule qui produit un ouvrage si divin, et qui fait fructifier avec abondance ce qu'elle a planté dans les âmes. C'est elle qui fait que le grain de la foi, semé par la parole du prédicateur, prend racine et germe puissamment dans le cœur de l'homme. C'est elle qui le fait mûrir peu à peu, qui l'entretient et qui le conserve, de peur que l'ivraie, les chardons et les mauvaises herbes ne l'étouffent, de peur que lèvent de l'orgueil ne le renverse, qne le torrent des voluptés ne l'entratne, que le feu de l'avarice ne le sèche et le brûle, et de peur que pet épi, qui s'est élevé avec trop de précipitation et de confiance dans ses forces, ne se renverse et ne languisse abattu dans une chute honteuse.
Saint Prosper montre ensuite que la grâr# toute-puissante de Jésus-Christ forme ell<même et accomplit son ouvrage; qooi qu'elle veuille faire, tous les temps lui sont propres pour accomplir ce qu'elle veut; nul déré^ltt ment des mœurs ne saurait arrêter son influence; toutes les causes secondes ne sau* raient suspendre la certitude de son action
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DlCTIOiNNAIRE
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et raccomplissetnent de ses desseins éternels. Ce n est point par Tentremise et les soins de ses ministres qu'elle opère la conversion des cœurs, qu'elle seule peut produire; elle ne. commet aucun de ses serviteurs pour agir à sa place : car, encore qu'ils représentent par leur parole les lois et les commandements du Sauveur, ils ne frappent qu'au dehors et ne sauraient pénétrer dans l'âme. Ainsi c'est Dieu qui ressuscite les morts, qui brise les chaînes de ceux qui gémissent sous la captivité du péché, qui éclaire ceux qui sont dans les ténèbres, qui rend justes les pécheurs, qui inspire dans r^me Taipour qui le fait aimer, et qui est lui-même cet amour. Le saint auteur prouve encore que la foi est un don de Dieu purement gratuit; qu'elle ne suppose aucun mérite dans ceux à qui elle est donnée, et tiu'elle est au contraire la source de leur mérite. Pour rendre cette vérité plus sensible, il apporte l'exemple de ceux qui, après Avoir vécu plongés dans toutes sortes de vices, ont été sauvés par le baptême qui leur a été conféré à la mort. Car, où sont les ijiériles que Dieu a pu récompenser en eux? Si nous considérons ceux qui ont précédé leur foi, ils ne méritaient que le supplice; si nous considérons ceux qui ont accompagné la foi, nous n'en trouvons aucun, puisque leur mort a suivi leur conversion. On dit qu*il8ont mérité, par là même qu'ils ont désiré le baptême ; mais ce désir lui-même est un effet de la foi j et la foi ne remue Thomme ^ue par l'inspiration de la grâce et Topéra- Uon du Saint-Esprit. Ainsi Ta foi, qui est le principe de' tous les bons désirs et la source de toutes les bonnes œuvres, ne natt point en nous comme une conséquence de aotre mérite, parce que tout ce qu'elle ne fait pas 9*est jamais bien fait. Tant qu'on marche sans elle, on marche hors de la voie; et celui qui ne marche pas dans le droit chemin où elle conduit a beau courir avec ardeur : plus il ira vite, plus il s'égarera.
Les semi-pélagieus enseignaient que, daus la formation de la vie de Tâme, c'est la pâture qui commence et inspire le premier désir de la foi, et ils n'accordaient d'autre <ivanla^'e à la grâce que celui de la loi qui nous exhorte et du ministre qui nous instruit. C'était prétendre que des hommes coqcus d'un sang impur et engendrés dans un corps de damnation et de mort, possédaient tous généralement la même liberté que le premier homme avait possédée avant qu'il se fût soumis volontairement à la loi du péché, et que le péché originel passe teliemeqt du père au fils que, ne faisant aucune impression dans le corps qu*il rend mortel, sa blessure est tout extérieure et ne pénètre jamais au dedans de l'âme, qui conserve toujours sa première splendeur et n'est lK>iut obscurcie par raveuglemeut qui a été la juste peine de sa désobéissance. Saint Prosper fait voir que cette doctrine entraîne ^ sa suite toutes les impiétés de l'hérésie de }^élagc. il en résulte, par exemple , que l'homme peut, par sa pronre justice, acquG-
rir le salut et mériter le ciel; que plusienn;
Ear leur propre vertu» se sont rendus agréa les à Dieu, dès le commencement du monde sans le secours de la grâce ; que lorsque le enfants sont renouvelés dans le bapte leurs âmes innocentes n'ont aucune paK ce renouvellement, et qu'ils ne sont lavé qu'au dehors, parce qu*ils n'ont aucune im pureté en eux-mêmes.
« Si vous désavouez ces conséquencesi le dit-il, confessez sans déguisement que nature humaine a reçu une blessure pr fonde dans le premier homme ; que râtnc perdu toute sa force, que le cœurs^esurea glé et obscurci ; que la volonté, toujoai engagée dans la mort, sous la dominaliQ du démon, ne peut sortir de cet esria si le Sauveur ne l'en tire lui-même et ne guérit par le souverain remède de sa [;rlo Dieu n est point injuste et Dieu oest p" menteur, lorsqu'il dit qu'un seul ho tombant, tous les hommes sont tombés an lui ; que toute sa postérité a été enveloppe dans sa ruine et dans sa mort, et (^u*eli)* peut en aucune sorte recouvrer la vie qa'' a perdue, si elle ne renaît dans TËgiisc le baptême. Car il est indubitable que ceux qui , depuis le commencement monde, sont mis au nombre des jusie^s été sauvés par cette même grâite toute-pai santé qui était alors renfermée en peu
Sersonnes, et qui maintenant est rî:\m( ans toutes les parties du monde. Cet grâce n'est pas une récompense des odr tes, puisque lorsqu'elle entre dans I boa il ne mérite que la condamnation ; car libre arbitre, qui est aveugle, neferajat aucun bien, si la grâce ne te produit en accordant gratuitement son secours. Nul la désire et ne la cherche que par kà et l'affection qu'elle lui a inspirés. Ci elle-même qui conduit tous ceux qui iatroi vent, et, si on ne marche avec elle, oooe
Joint vers elle. Ainsi, c'est la voie qui o ' la vie; on ne peut voir la lumière par la lumière, et qui cherche la rie sans secours de la vie, trouvera la mort au li« de la vie. »
Troisième partie. —Saint Prosper consad cette troisième partie à répondre aux d«B
Erincipales objections des semi-pélagietf a première consistait à dire que le iâf arbitre resterait sans effet si, lorsque rhoo» court vers Dieu*, il n'était lui-même mûMfi de sa course, et si, lorsqu'il veut le semi il n'était lui-même l'auteur de sa voIobM Dans ce cas, il ne faudrait plus ni punira vices, ni récompenser les vertus, si la » ture était tellement assujettie au pécM qu'elle s'y portât par une nécessité in^til» ble, ou encore , si, quand nous faisons li bien, c'était è la grâce et non è nous-m* mes qu'il dût être attribué. Ce Père répo» que cette objection détruit la foi du {Wi* originel, qui nous a ôlé cette liberté defam le bien que nous avions reçue dans Adam t^ nous a exposés à la tyrannie de la roncûj uiscence, qui nous porte sans cesse à fti^ le mal, encore qu*e nous le fassions vul"n
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DE PATROLOCIE.
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liiremcoL Noire volonlii ne pouvant ôlro il^iim^e qurt par la grâ(Mî de Jésus-CIirîsl, j1e>t ridicule tJo s'imaginer que la grâce, on bdéiivraat, Iniâtc sa liberté, puisque, au A,Qirjlre, elle lui rend ceileque le Créateur Hjil donnée au commeucernent àtoute la iilure humaine. 11 ))rouve par Texemple Ce^cr.fjDts, (JoQt ics uns sont sauvés nar le |0[ièn)e, et les autres meurent sans 1 avoir frp, qwe Dieu donne ou refuse sa grâce, IlI) Miivnnt les mérites humains, mais sui* Eut $011 !K)n plaisir; et parce qu'on pouvait ïfri* que ceux qui recevaient le baptême deoieoi ce bonheur à la piété et à la vigic* (te leurs pères et mères, et que ceux Hélaient privés de ce sacrement de salut pirtiaienl par ta faute et ia négligence leurs. 11 montre par Texemplo de deux ^aux, dont Tun reçoit le baptême tandis rjuîre en est privé, qu'on ne peut attricctie diversité aux mérites de leurs tS uiais à la volonté de Dieu qui cboiruQCt laisse l'autre.
Il féconde objection des semî-pélagieus t(que, si la grâce n*est pas donnée à ceux-là ne seront pas coupables de péchés, qui ne Tout pas reçue, puislis auront été dans l'impuissance do ?o rirre. Saint Prosper répond que ceux u pensent ainsi ne n.'connaissent point le :rié originel qui, à lui seul, rendions les ^laes dignes de mort, quand même ils ijuutcraient point d'auire crime à ce prêter. Tous donc se trouvent enveloppés par ipreniier péché dans une juste çonJamna- ;qu1 ne peut se plaindre que Dieu ne délivre pas par sa grâce. 1-1 ajoute qu'on iloii point chercher pourquoi , de tous bonimcs compris dans la même condam- UuD.Dieu en délivre une partie et y laisse baire. C*est un secret quil a voulu nous pr caché, comme autrefois la vocation p gentils, et comme aujourd'hui encore le l^tu* lia jugement. Il en est de raêmeMela paovle diversité oui existe entre les condlfbo5 humaines. Quoique ce soit la même BsIq (le Dieu qui nous forme tous de la Wjîic manière, des mômes éléments, et de Krcs et de mères appartenant tous à la H^uie nature, cependant ce sunrême artisan, &ïQt tous ces vases de la même boue» les hviTiiûe jusqu'à l'infini. Comme créateur et Btlire souverain, il imprinoe à ses créatures fesp'issions et des goûts qui forn)ent en elles iss qualités toutes différentes. Il faut donc B^yrer en tremblant les divers jugements de wcusiir les hommes et reconnaître que, si WfJtnélrahles qu'ils soient à notre esprit, w *'»ui souverainement justes. Car tous les "A'ûines ont bien été capables de mériter la uiiirtjiaran seul crime; mais, pour ce uni «'tiJe mériter la vie éternelle, c'est la grâce *sule qui en donne le mérite. Saint Prosper ^viorle les fidèles à ne pas se laisser ébranler •^«baure par le souffle et Tinsolence de ces **l'r<U superbes et présomptueux qui se ''«'■iari^ni ennepiis de la grâce, et à résister J 'J tempèle qu'ils e^ji^iteiU, en deuieurant •'nu^iurles fonaemtuls'd'unn i»i*Mé stable
et immobile , sans se laisser séduire par le faux éclat des mœurs dont ils se couvrent et dont ils parent leur doctrine pernicieuse. Comme pour s'assurer une vaine gloire, ils ne suivent qu'une fausse luc\irde bien, leur orgueil les engage de plus en plus dans les ténèbres, parce nue 1 ambition qu'ils ont d'être loués leur lait préférer leur avantage à celui de Jésus-Christ. C'est eux-mêmes et non Dieu qu'ils établissent pour principe de leur vertu. Ce n'est ^)oint la vertu toutepuissante du Père qui les entraîne et les conduit à son Fils; mais avant qu'il ait agi <)ans leur âme, ils courent d*eux-mêmes vers lui avec une grande ardeur et préviennent son assistance. Ainsi, contrairement à l'oracle de la vérité même, ils n*ont f>as besoin du secours de Jésus dans toutes eurs actions , puisqu'il en est beaucoup qu'ils, croient pouvoir accomplir par euxmêmes, sans qu'il les assiste.
QtMtriime partie. — L'auteur, dans celte quatrième partie, établit un parallèle entre les erreurs des semi-pélagicns et Thérésie de Pelage, et montre ce qu'ils en ont rejeté et ce qu'ils en ont retenu. Il a été avantageux à l'Eglise; dit-il, que Pelage, en déclarant une {guerre ouverte à la grâce« ait rendu son hérésie odieuse par la façon peu mesurée avec laquelle il l'a proposée. S'il y eût apporté plus de ménagements, elle eût fait plus (le progrès. ' Mais les semi-pélagiens, disciples plus adroits que le maître, en ont retranché tout ce qu'elle avnit de grossier. Ils semblent condamner Pelage en reconnaissant que, par un seul homme, la mort s*est assujettie tous les hommes; qu'Adam nous a tous rendus coupables par son crime; que nul ne peut acquérir la vie éternelle, s*il ne renaît auparavant dans l'eau du baptême, et que les enfants même ont besoin de cette seconde naissance pour être purifiés du péché originel, puisqu'ils étaient soumis' à la mort par la première génération. Mais, malgré ces réserves, ils ne laissent pas de soutenir les mêmes sentiments 3ue Pelage, et de publier une doctrine conamnée par l'Eglise, lorsqu'ils veulent que la volonté de l'homme n ait rien perdu de sa vigueur et de sa force par le péché originel, et que l'âme ait encore aujourd'hui dans notre naissance la même pureté et la même lumière qu'elle avait avant le péché d'Adam ; de sorte que le libre arbitre peut discerner, par ia vu^ pure et saine de notre cœur, ce qu'il est juste de faire ou de ne pas faire ; que non-seulement notre esprit est assez fort par lui-même pour se conduire avec adresse dans tout ce qui regarde l'usage do la vie présente, et pour conserver et orner ses qualités humaines et naturelles, mais qu'il est encore capable de concevoir par sa propre lumière les biens souverains et éternels; de s'élever vers les choses du ciel par son propre mouvement, et de venir à Jésus-Christ par un chemin que lui-même se sera fait. Ils prétendent donc qu'un homme s'i^tant atfermi dans la piété par un long exercice de la verlu, peut, sani le secours
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de la grftcCi résister à toutes Jes attcaues du d'émon et souffrir, sans èlre ébranlé, tous les tourments dont il afflige son corps pour vaincre son âme. Dieu» disent-ils, livre à dessein ses serviteurs à ce combat et les ^ abandonne à eux-mêmes pour les favoriser davantage, en donnant lieu à leurs victoires et à leurs couronnes, dans la crainte que les saints soient privés du fruit de leur vertu si, quand il s'agit de suivre le bien et de fuir le mal, ce n'est point leur volonté gui est le principe de leurs actions, mais Dieu qui les leur fait accomplir par sa gr&ce.
Saint Prosper rejette cette doctrine comme ennemie de la foi et montre que le péché a fait une telle plaie à la nature humaine, que, loin de pouvoir demander sa guérison, elle ne connaît pas môme la profondeur do son mal. Les dons de la nature qui nous restent, comme, par exemple, ceux qui nous donnent la facilité de nous exercer dans les sciences humaines, ne servent qu*à nous enorgueillir et nullement à nous conduire à la véritable vie. Si notre âme n*avait point été blessée par le péché; si elle avait encore aujourdhui ta môme force que le premier homme dans son innocence, chacun pourrait, par sa propre volonté, se réconcilier avec Dieu et s'atfrancbir de la peine qu*il aurait méritée, et alors ce serait en vain que Jésus-Chist serait mort pour détruire notre mort par la sienne, et pour effacer par son sang les péchés du monde. Il ne serait pas môme nécessaire que les hommes fussent régénérés, puisque leur libre arbiûo étant sain, et leur esprit exempt de toute langueur, se trouvant en possession d'une lumière et d'une sagesse véritables, dune foi pure et entière, ils pourraient mener par eux-mêmes une vie digne de la participation des biens éternels. Saint Prosper dit que la mort du Fils de Dieu doit* nous faire reconnaître combien nos blessures étaient profondes et incurables, puisqu'elles n*ont pu être fériés que par le sang et la mort du médecin même , et il eu tire cette conséquence nécessaire, que c'est ce chef adorable, dont nous sommes les membres, qui, par une influence secrète, répand sur nous toute notre vigueur, et nous anime tellement, que lorsque nous agissons et que nous exerçons nos fonctions, selon les mouvements et les impressions différentes qu'il nous donne, nous ne le faisons que par la force que nous communique celui qui, réconciliant la terre au ciel et les hommes à Dieu, s'est rendu. participant de nos maux et de notre faiblesse, pour nous donner part à son royaume et à sa gloire.
Les semi-pélagiens disaient que si les saints n*ont point de mérites qui ieursoient propres , ils ne méritent point de récomùense, et que cette doctrine, opposée à la leur , entretenait la paresse et la lAcheté. Saint Prosper traite cette imagination d'impie et dit qu'elle ne peut avoir d*autre effet que de nous priver cfe la justice, de la vertu de Dieu même, etd*empêcherque les aveu* gles n*aperi;oivônt la lumière, que les ma-
lades ne recouvrent la santé et qac morts ne soient ressuscites par TEsprit vie. ec Pour nous, ajoute-t-ii, nous nous i| sons gloire de n'être que des ruisseauii ces sources inépuissables de tous les biej et n^avons garde de mettre notre espérai en l'homme, qui n'est qu'une herbe pas^ gère dont la fleur paraît et tombe presi au même instant. Pourquoi, dans celte vall de larmes, rougirions-nous de receToifi Dieu notre force et de n'avoir en nous le moins possible des œuvres de Thoi mortel, puisqu'elles ne sont que péthéj que le péché remplit de peine et de inis( notre fibre arbitre, qui se porte au quand il est seul ? Il n'est pas moins que lorsque notro esprit forme des désid que nous faisons des actions saintes, o{ agissons librement, mais par une lit qui a été rachetée et délivrée parle Rédei teur; par une liberté qui est tellement mée par la grâce de Jésus-Christ, quei par elle qu elle court dans la voie de Di|
?[u'elle se réjouit dans le bien, qu'elle re les maux, qu'elle évite les périls; qui choisit ce qui lui est avantageux, qui l'exécute avec ardeur; qu'elle croit, quV espère, qu'elle aime, qu'elle se puriûe e| sanctifie tous les jours de plus en plus. « C*esten vain, continue-t-il,que les sel pélagiens s'efforcent de nous persuader î c'est rendre les hommes lAches et paresse! que c'est éteindre toute l'ardeur et YèS tzon avec laquelle ils se portent au bieoj les jeter dans l'oisiveté et la négligence, de soutenir que tout ce qu'il jr a de dans les saints vient de Dieu, et que t leur sainteté et toute leur force ne sut tent que par son Esprit et par sa gr C'est en vain au'ils se plaignent, cooiiai la volonté de 1 homme ne devait rien faj si l'assistance de Dieu fait tout dans Vbmi Car, que peut notre Ame sans Dieu, sil s'éloigner de Dieu ? Que fait-elle autre cb( lorsqu'elle marche seule et qu'elle se duit elle-même, que s'égarer en mille tours, que se lasser dans des chemins i dus et se jeter dans des précipices, si Dil par sa miséricorde infinie , n'a soin d4 secourir et de la ramener, s'il ne la fertl dans ses abattements, s'il ne la soul dans ses langueurs, s'il ne la conserre cesse, et s'il ne l'orne de ses grices et ses dons. C'est par cette assistance dirl que nous marcherons en courant dans droite voie, que nos yeux seront YraiiD| éclairés, que notre liberté sera vraimeoti bre, notre sagesse vraiment sage, notre jf tice vraiment juste, notre vertu vraini< forte, notre volonté vraiment sainte. «
Voilà ce q.ue contient en substancei poëme contre les ingrats, le plus beau ouvrages de .saint Prosper, et celui qui fait le plus d'honneur. 11 y a deax pù^i cependant qui peuvent, à la première vi faure une impression pénible : Von que oo venons de rapporter, et où il dit que i^ œuvres de l'homme mortel ne sont que iwchés, quand il agit sans le secours di ^
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DE PÂTR<H.06IE.
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Hce ; o( l'aoCre» où i\ enseigne aue toutes &< actions, même celles qui sont bonnes de ieor nature, sont des péchés, si elles ne Hissent de la semence d*une foi véritable. Maison Toit» ))ar ce qu*il dit ensuite, qu*il ae regarde comme mauvaises les actions qui IDD( bonnes de leur nature, que parce que ardinairement celui qui les fait en rapporte b gloire & lui-même et non pas au Seigneur, le qui arrive surtout parmi les infidèles qui |Kr4)onaissent point Dieu. Mais, à'part ces éeox fietites imperfections, que nous ne reloroQsirique pour la forme, on peut dire foecet ouvrage mérite les éloges qu'on lui I accordés. On admire Tart avec lequel Tau-
Kra SQ plier une matière épineuse aux nés de la poésie, sans s*écarter en rien Il Ceiactitude dogmatique. Le style, qui ^ méakuXj a de la précision et de la ^. Le poète dit, en parlant de notre pretkt Père :
; 9mtU,acmieHihmUm0milorecadenie tmàn ; trameurrit mon vt'roaa per oitinei
l<lo Dieu réparateur :
.... Mutatti menkm alquê refornum$ I TAfw jiomm ex fraOo fingetu virlule cretmdi ;
& de la grAce divine:
A niti donet ' (^ km sait, tdlttl e(fieiet bene cœca oo/tinlaa. I«r, td cujudam aliidio afielMque petafur, lpt1 fi^ d cmclia diix est vemcftfi'aiu ad se.
^Ariffliiation de saint Prosper, l'auteur du mait d€ la religion a traite le sujet de la p^ avec élégance; mais, pour l'exacti- Ne, ta chaleur et l'intérêt, il est resté loin k son modèle.
ipigrammes. — L'affinité de la matière.
Ni lordre chronologique de leur publica* m ont fait placer à la suite du Poème •••fre U$ ingrat»^ trois épigrammes dont ^s oe (lirons qu'un mot, en les réunisvi^iaai autres poésies du saint auteur. Les Iwu premières sont dirigées contre un in- ^noi qui avait osé décrier saint Augus- M. Quelques-uns ont cru y découvrir une
EMon à saint Vincent de Lérins, ou ii sien; mais rien ne paraît moins assuré. Mirait que l'inconnu contre lequel est di- ^ la première de ces épigrammes avait ^poséuQ ouvrage exprès pour combattre H^'it Augustin, et se ménager en même ^P$ Toccasion d'exercer son esprit et de WCf son éloquence. Il parait qu'il y *fcûdait la liberté de l'homme aux dépens ^* Rrice de Jésus-Christ, et que, tout en 'Ttçi^utle nom de Pélige et en condamnant ««^neurement son hérésie, il était en com- ">^oioo secrète de pensées et de senti- ^wtsavec ses sectateurs. Pour l'arracher à ^^^ peste, et le retirer des sentiers de ces !*^ 'es, le saint auteur lui fait remarquer j '^ Yoii du siège apostolique les avait '.Woyés par toute la terre. Cet ouvrage ,.|'«»l m encore été rendu public, ou, du /»uis,saim Prosper n'en avait pas eu con- '7^nce, puisqnll presse l'auteur de faire ^^(^re ce misérable Irait de sa pensée, aûu
qu'on pût se donner le plaisir do le réfuter, soit qu'il y formAt une nouvelle hérésie, soit qu'il se contentât de renouveler les anciennes. Il ne doutait pas que cet inconnu, quel qu'il fût, n'eût été nourri de la doctrine de Pelage, soit par Pelage lui-même, soit par son disciple, Julien d'Eclane. La troisième, intitulée Epitaphe des hérésiet de Nestoriue et de Pelage^ fut écrite après le concile d'Ephèse, où Nestorius fut condamné en k3i. Saint Prosper y établit une certaine conformité entre ces deux hérésies, en ce que Tune voulait que Jésus-Christ eût acquis la divinité par le mérite de ses œuvres, et que l'autre disait la même chose de la justice des fidèles. C'est pourquoi ilappelait l'hérésie de Nestorius la mère de Tautre, parce qu'elle combattait la grAce dans le chef, comme l'hérésie de Pelage la combattait dans les membres ; et celle-ci d'ailleurs avait paru la dernière.
Les autres épigrammes de saint Prosper , au nombre de cent six, sont autant de vérités en forme de sentences, tirées des ouvrages de saint Augustin. On pense généralement que le saint auteur voulut traiter les mêmes sujets en prose et en vers, non-seulement pour s'exercer à la versification, mais encore pour se rendre ces sujets plus familiers et imprimer plus fortement les vérités de la religion dans l'Ame de ses lecteurs. Il était convaincu que l'harmonie calculée de la versification les fixerait plus aisément dans la mémoire. Dans la préface qui se lit en tête, saint Prosper dit, en parlant de ces épigrammes : « Ce n'est pas mon ouvrage, mais une rosée qui vient de celui qui fit autrefois couler les eaux du rocher. La foi s'efforce d'exprimer, dans ces vers, tout ce que la piété nous enseigue, tout ce que la grAce nous fait aimer. Je les ai écrites pour exercer mon esprit à la parole sacrée, et pour nourrir mon Ame du pain céleste, t
Réponse aux objections des Gaulois. — L'approbation donnée par les souverains pontifes A la doctrine de saint Augustin, et la manière brillante dont saint Prosper l'avait défendue dans son Poëme contre les mgralSf n'eurent p<is la puissance d'arrêter ceux (qui s'étaient décfarés ses ennemis. Quelques prêtres gaulois continuèrent à la décrier, en accusant saint Augustin de soutenir que Dieu prédestinait les réprouvés au péché, aussi bien qu'à la condamnation dont lis étaient déjà passibles par le péché origi» nel. Ils dressèrent une liste des erreurs qu'ils croyaient avoir découvertes dans les écrits du saint docteur, et les combinèrent dans quinze articles principaux que saint Prosper se proposa comme autant d'objec^ tions à résoudre. Il ne dit point quels étaient ces prêtres gaulois, mais on ne doute pas qu'ils fussent de Marseille et du nombre des envieux qui ne pouvaient supporter la grande réputation de saint Augustin. |^
1* Ils objectaient d'abord que la prédesti* nation de Dieu introduisait une espèce d9 nécessité fatale, qui, en obligeant les bom« mes k pécher, les damnait iniaillibiement.
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DICTIOIQYAIIIE
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Saint Prosper répond qu'il n'y a point'da Catholiques qui ne reconnaissent la prédestination de Dieu ; cependant pas un ne soutient qu*il eiiste une nécessité fataJe de faire le mal ; et il y en a même plusieurs, qui ne sont pas Chrétiens, et qui rejettent cette fatalité. Il convient que le péché donne la mort, mais il soutient que Dieu ne contraint personne au néché. La prédestination n*est
f)as non plus la cause du péché, ni même de a pente que nous avons au mal. Cette fiente vient de la prévarication du premier lomrae, dont personne n'est délivré que par la grâce de Jésus-Christ, que Dieu a préparée et prédestinée dans son conseil éternel, avant la création du monde.
â° Ils disaient encore que là grâce que nous recevons dans le baptême n'effaçait point le péché originel dans l'âme de ceux qui ne sont point prédestinés à la vie. — Tout homme, répond saint Prosper, qui, oroyant au Père, au Fils et au Saint-Esprit, est régénéré dans le baptême, reçoit ia rémission des péchés qu'il a commis par sa Iiropre volonté et son action propre, de même que du péché originel qu'il a contracté par sa naissance ; mais s il retombe dans le péché, après le baptême, et s'il meurt dans le péché, il sera damné pour les péchés qui ont suivi son baptême. Or, comme Dieu a connu ces péchés de toute éternité, il est hors de doute qu'il n'a jamais choisi ni prédestiné cet homme pour le salut.
3* Les Gaulois ajoutaient qu'il ne sert de rien à ceux qui ne sont point prédestinés à la vie, de vivre saintement, quand même ils auraient été baptisés, puisqu'ils restent en ce monde jusqu'à ce qu'ils aient péché, et qu'ils n'en seront retirés que lorsqu'il leur arrivera de tomber dans quelqiues crimes. On ne peut douter, répond saint Prosper, que ceux qui ne sont point prédestinés à devenir des enfants de Dieu et des cohéritiers de Jésus-Christ, ne passent de la foi à l'impiété et de l'injustice à l'iniquité; mais ces personnes ne tombent pas dans le crime, précisémentparcequ'ellessontdunombredes prédestinés. Au contraire ils ne sont pas de ce nombre, parce que Dieu a prévu qu'ils tomberaient dans le crime ; et ainsi la prédestination ne leur impose aucune nécessité (le pécher et de périr; si Dieu ne les a pas enlevés de ce monde pendant qu'ils étaient dans la vraie foi, et qu'ils avaient des mœurs pures, c'est une question qui doit être renvoyée à son tribunal ; ses jugements peuvent bien être secrets, mais jamais îniustes. Ceux qui tombent ne sont pas abandonnés de Dieu afin qu'ils tombent; mais ils l'ont laissé, et il les a laissés ; ils ont changé de bien en mal par leur propre volonté.
4* Tous les nommes, poursuivaient-ils, ne sont pas appelés à la grâce. Dieu, répond saint Prosper, y appelle tous ceux à qui l'Ëvan^ile a été prêché, annoncé, quand même ils n'obéiraient pas; mais on peut dire que tous les hommes ne sont point appelés à la grâce, puisqu'il y a des peuples à qui l'Evauijile n'a pas encore été prêché, et que
tant de milliers d'enfants sont morts saos baptême.
5' Ils objectaient encore que tous ceax qui sont appelés ne le sont pas également, roai!» que les uns le sont pour croire, et d'autre^ pour ne pas croire. Si, par vocation, dit saini Prosper, on entend autre chose que la prédication de l'Evangile, il n'est pas vrai Ov* dire que les uns sont appelés d'une façou différente que les autres, puisqu*il n }* a qu'un Dieu, et que c'est le même Evangile que l'on prêche partout, et qu'il nous va« seigne une foi unique, une seule promesse, un seul baptême. Mais si l'on considère l'effet que la prédication de l'Evangile produit dans les cœurs, il est vrai de dire qu*i) e$l différent dans ceux dont il oe frappe que les oreilles extérieures, et diffèrent dans ceoi à gui Dieu ouvre l'oreille entière, en établissant dans leurs cœurs le fondement <|0 sa foi et en leur inspirant son amour. Néasmoins, à l'égard de ceux qui ne croient fOf la prédication n'est pas la cause de leur in* crédulité; elle vient de leur mauvaise tolouté. Quant à ceux qui croient, c'est qu'ils sont intérieurement éclairés par sa grâce.
6* Un autre chef d'accusation contre la doctrine de saint Augustin consistait à loi faire dire que le libre arbitre dansThoniioi n'est rien, et que la prédestination de Dieu fait tout en nous, soit pour le bien, sûM pour le mal. On ne peut nier, avoue saiot Prosper, aue le libre arbitre nt* soit comme enseveli clans les ténèbres, tant qu'il nest point éclairé par les lumières de la foi. Eb cet état, il ne connaît pas même son mal» mais il commence à le sentir, aussitôt qui! reçoit de Dieu la première grâce, celle aret laquelle il peut désirer ensuite l'assistance du Médecin suprême qui doit le guérir.
L'homme donc étant justifié reçoit un M
aii'il n'avait mérité par aucun bien précéent, afin que, par ce don-là même, il paisse mériter que €e qui a été commencé nar ta grâce de Jésus-Christ s'accroisse par le ity vaii du libre arbitre, accompagné loujoun néanmoins du secours de Dieu, sans lequal
f personne ne peut avancer ni persévérer dam e bien. Ce Père traite d!impertinente l'ob* jection des Gaulois sur la prédestinatioo,
fKirceque nous devons reconnaître que, dans es bons, c'est la grâce même qui forme leqr volonté et les aide à faire le bien, au lieu que dans les méchants, la volonté, desti* tuée de la grâce, se porte d'elle-même à faire le mal, sans que la prédestination impose à l'une ou à l'autre aucune oéces* site.
7" Les Gaulois prétendaient que la raise» qui fait que ceux qui sont régénérés, et i qui Dieu a donné la foi, l'espérance et U charité, ne persévèrent pas, c*est qu'il û(»lt5 a pas séparés de la masse de perdition (lan<> son décret éternel.- Ce|iendanl, ré|wnd$8mi Prosper, on peut montrer par |>lnsicur> exemples, uu un grand nombre de ceuni"" ont été réjçonérés en Jésus-Christ ont alKi"d<nné la foi sans (|u'on puisse attribuer leur chute à Dieu. S'il ne IfS a pas séparés deiJ
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Dsâsse de perdition par son décret, c^est ruil a prévu qu'ils tomberaient dnns Paposti.Me par leur propre volonté. Il est vrai la'its n*ont point reçu de lui le don de la :tn»éTérance ; mais il ne leur devait pas rcUe çrâcc.
tt'Diea^disaientMls, ne veut pas sauver Ibus les hommes, et le nombre des prédeskié^eslflxé. Croire, répond saint Prosper,
ItT j ait jamais eu aucun homme que ieu n*ait voulu sauver, c*est ne pas reconliltre la profondeur de ses jugements marpée par saint Paul. Dans les siècles pasè Dieu a abandonné toutes les nations à
È mêmes, en les laissant marcher selon désirs, tandis qu*il choisissait Jacob, ;'c$!-à^ire le peuple d^Israel par une élecfu particulière. Depuis, ceux qui, pendant ibieurs siècles, n avaient pas été le peundeDieu, le sont devenus à leur tour et iMilrûiublés aujourd'hui de ses grâces, tanb que le peuple juif est dans l'aveuglefitfiL En considérant tous ces secrets et tous on Oij&tères on doit concevoir qu*il est im-
Csihk à rbomme de les comprendre, et ^ereux de vouloir les pénétrer. Ce qui Ml) resie, c'est de reconnaître qu'il n'y a i Dieu aucune ombre d'injustice, et de r>ireque nul homme, ni avant ni pendant I l6i, n*a été justifié par une autre foi et r une autre grâce que par celle de Jésus* h\sl Saint Prosper rapporte les passages k rCcriture qui expriment la volonté de ll<^u de sauver tous les hommes, les prokie&5es faites à Abraham de bénir dans sa |Ke ions les peuples de la terre, et il remarpe qu'elles ont été accomplies dans la periDone de ceux qui sont sauvés. C'est en eux Ift'il est vrai de dire que Dieu a attiré à lui N(t le genre humain, au'il a fait venir h lui ^$ les peuples après les avoir choisis dans ii; rescience et prédestinés en Jésus-Christ, tT3ui Id création du monde. C'est de ces pré- ^iinés nue Jésus-Christ a dit : Tous ceux ^i mon Père m^a donnés viendront à moi, M». VI, 37.) Cela n'empêche pas que l'on Be doive dire que Dieu a soin de tous les '•ômnies, cl qu'il n'est personne à qui il ne ^ fasse entendre, ou par la prédication de >^yangile, ou par le témoignage de la loi hriie, ou par Tiustruction et la loi intéritore de la nature. Mous devons reconnal- ^*« en même temps que si les hommes sont infidèles, c'est par leur propre faute; mais 'ils ont la foi, c'est par un don et une fa- Hur de Dieu, sans l'assistance duquel nul ne « porte et ne s'avance vers la grâce. « Emw^ssons donc, ajoute ce Père, ce qu'ont défiûi deux cent quatorze évéques d Afri- <|ue« dont toute la terre a suivi la décision ^'ntre les ennemis de la grâce, et disons *Tcc eux, que la grâce de Dieu par Notre- ^' v;neur Jésus-Christ, ne nous assiste pas pilemenl k chaque action pour connaître
-Uen, mais encore pour l'accomplir; de ^'rte que, sans elle, nous ne pouvons» ni
" nii'voir une pensée, ni dire une parole, ' uiitraer une action qui soit vraiment sainte '' ^''ûiujcnl picUb'C. Et ne croyons pas cpie
Dieu soit auteur de ces dons, parce qu'il est auteur de notre nature et qu'il nous en a donné le principe, lorsqu'il nous a donné Tôlro en nous créant. Il est vrai qu'il avait imprimé d'abord en notre nature cette puissance de faire le bien, mais nous l'avons tous perdue en celui en qui nous avons péché, il est donc nécessaire que nous soyons renouvelés en Jésus-Christ par un second principe et une nouvelle création, afin d'être en lui un nouvel ouvrage de Dieu et une nouvelle créature, puisque c'est lui qui, ne trouvant en nous aucun bien qui pût mériter ses faveurs, mais y trouvant au contraire beaucoup de péchés capables d'irriter sa Justice, nous a changés, de vases de colère que nous étions, en vases do ses miséricordes et de sa bonté. »
9° Ils disaient encore que le Sauveur n a
Eas été créé pour la rédemption de tuus les ommes. Saint Prosper leur montre que Jésus-Christ, avant une nature semblable à la nôtre, et ne l'ayant ^riseque pour nous délivrer de la contagion du péché, et de la misère qui nous est commune à tous dans le premier homme, on peut dire en ce sens qu'il est mort pour tout le monde; mais on peut dire aussi qu'il n'a été crucifié que pour ceux qui ont reçu le fruit de sa mort ; comme il dit lui-même qu'il n'est venu que pour les brebis perdues de la maison d'Israël {Matih, XV, ^)t c'est-à-dire pour ses élus.
10" Il montre que c'est en vain que les
f)rêtres gaulois objectaient que Dieu pousse es hommes au péché par sa toute-puissance, puisqu'aucun Catholique n'a jamais soutenu et n'oserait avancer que Dieu pousse au péché les hommes qui vivent avec piété, ni qu'il fasse violence à ceux qui vivent dans 1 innocence, pour les détourner de leurs bons propos. Ce n'est pas là l'œuvre de Dieuy mais du démon qui met sa joie dans la chute des saints. Lors donc que nous lisons que Dieu a endurci des pécheurs, qu'il les a livrés à leurs désirs, ou qu'il les a abandonnés, nous avouons que par les péchés précédents ils ont mérité d'être traites ainsi. C'est pourquoi nous ne nous plaignons point du jugement de Dieu, par lequel il abandonne ceux qui méritent d'être abandonnés, et nous rendons grâce à sa miséricorde, par laquelle il délivre ceux-»là même qui ne méritaient point d'être délivrés.
11** Il n'y avait pas plus de fondement dans la plainte qu'ils faisaient que Dieu 6te le don d'obéissance à quelques-uns de ceux qu*il a appelés et qui vivent bien, afin qu'ils cessent d'obéir; autrement il faudrait accuser le Seigneur de rendre le mal pour lo bien, ce qui ne peut se dire sans folie et sans impiété. Dieu connaît le bien et le mal, mais il ne veut que le bien, et ne pousse personne à faire le mal. Jamais non plus il n'a 6té le don d'obéissance a quelqu'un, pour ne l'avoir pas prédestiné, mais il ne l'a^ pas prédestiné, parce qu'il a prévu qu'il ne . persévérerait pas dans l'obéissance.
12" Us objectaient que Dieu a créé des
rao
bominey* non pour la vie éternelle mais pour une autre fin, c'est-à-dire pour fornement du monde et pour le bien des autres. « 11 n*y a, dit saint Prosper, aucune faute de la part du Créateur, si quelques-uns ne sont point participants de la vie éternelle. Il est Tauteur de la nature, et non du péché que la nature contracte. Du reste, il est visible que les méchants, comme les autres, ont leur utilité, et qu*ils contribuent à la variété qui fait Tornement du monde. N'estce pas |)ar la malice des Juifs que s'est accompli le mystère de notre rédemption sur la croix? La fureur des persécutions n'a-telle pas fait gagner la couronne du martyre à une inOnité de saints? Quel est le Chrétien qui, faisant attention aux ténèbres dans iesauelles vivent tes impies, et à la lumière de la foi qui éclaire les fidèles, n'en soit pas plus porté à rendre grâces à Dieu, et n'apprennent par ia chute de ceux qui périssent dans quels maux notre libre arbitre nous entraînerait si Jésus-Christ no le secourait par sa grâce.»
13* Ils objectaient que Dieu soustrait à
auelques-uns la prédication de TEvan^ile, e peur qu'en le recevant ils ne soient sauvés. Si l'on peut prouver, répond saint Prosper, (|ue rËvan^tle ait été prêché à tout le monde, c'est à faux que Ton objecte que Dieu en a soustrait la connaissance à quelques-uns. Mais s'il s'en trouve à qui l'Ëvangile n'ait pas été prêché, on ne peut pas dire
Sue cela soit arrivé ainsi sans le jugement e Dieu, qu on ne doit pas accuser, parce qu'il est incompréhensible.
14* Ils objectaient que ceux qui ne croient point à la prédication de TËvangile, ne refusent de croire que parce que Dieu Ta ainsi ordoané.ft Dieu, répond saintProsper est auteur des biens et non des maux ; sa prédestination a toujours eu pour objet ce qui est bon, c'est-à-dire, ou la récompense de la justice ou le don de la grâce. Ainsi rinfldélité de ceux qui ne croient pas n'est pas l'objet de la prédestination , mais de la prescience. Dieu a prévu l'incrédulité de quelques-uns; mais il ne Ta ni ordonnée, ni prédestinée, s
15* Ils disaient que la prescience est la même chose que la prédestination. Saint Prosper c:onvient que la prédestination ne saurait exister sans la prescience, mais il dit que la prescience peut-être sans la prédestination ; et il met cette différence entre l'une et Tautre, que la prédestination a pour objet le bien, et que la prescience connaît aussi le mal. Dieu donc a prédestiné et prévu tout ensemble le bien, parce qu'il le connaît et qu*il en est l'auteur; mais il a prévu le mal sans le prédestiner, parce qu'il ne le fait pas; le mal est l'ouvrage de l'homme méchant.
Sentences. — Saint Prosper, après avoir ré-
1>ondu à chacune des objections que les Gauois adressaient aux disciples de saint Augustin, reprend toutes ces objections l'une après l'autre et les condamne en quinze propositions qui contiennent une doctrine tout opposée. Celui-là n'est pas catholique qui
PRO m
dit que la prédestination est une espèce a fatalité qui nécessite les hommes à faire t mal. De même, quiconque dit que la grâe du baptême n'dte pas le péché originel ceux qui ne sont pas prédestinés k la Ti( n'est pas catholique. Celui-là ne t est pasoo plus qui dit, qu'jl ne sert de rien à ceux qv ne sont pas prédestinés à vivre salntemet après leur baptême, et qu'ils sont résenrt jusqu'à ce qu'ils tombent dans le pécb( parce que Dieu ne prolonge pas la vie à Oi homme, pour qu'il tombe et €{u*il apo&tasi^ Au contraire la durée de la yie est un bm fait de Dieu dont l'homme doit user poa devenir meilleur et cesser d'être roécbaai Celui qui dit que tous les hommes ne sofl pas appelés à la grflce, ne doit point ètren pris, s il parle de ceux à qui Jésus-Cbrist d' point été annoncé; car nous savons que ' dessein de Dieu est que l'Evangile soU |ii ché dans toutes les régions de ia terre; nous ne croyons pas que cette prédicali soit encore complètCt et par conséquent no ne pouvons dire que les hommes soient a; pelés à la grflce dans les pays où TË^' n'entendre pas encore d'enfants de Dr Celui qui dit que ceux qui sont appelés le sont pas également; que les uns sont pelés pour croire et les autres pour ne croire» comme si la vocation était !a eau de l'incrédulité de ceux-ci et de la foi ceux-là, ne dit pas bien ; car, quoiqae la soit un don de Dieu, et qa*il dépende de volonté de l'homme de croire, l'inûdéli néanmoins vient de la seule volonté l'homme. Celui qui dit que le libre arbil n'est rien dans Thomme, et que c'est ia prédestination qui y fait tout le bien et toutU mal, n*est pas catholique ; car la grâce A détruit pas le libre arbitre; elle l'aide, le fif^ tiQe, le ramène de l'erreur dans la voieth la vérité. Celui qui dit que les fidèles régéiié rés en Jésus-Christ ne reçoiventpasledoaif la persévérance y parce qu'ils nont pv^sèi séparés de la masse de perdition, dans t décret éternel de Dieu; s'il entend par là qai Dieu est lui-même la cause de ce qu'il œ persévèrent pas, il a mauvaise opinion do la bonté ou cle la justice de Dieu, qui n'abandonne personne, avant qu'il n'en soilat>aa« donné. Celui qui dit que Dieu ne veut \^ sauver tous les hommes, mais seulement us certain nombre de prédestinés, use d'uoe expression plus dure qu*il n'est besoin jjoof marquer la profondeur impénétrable de li grâce de Dieu, puisqu'il est vrai de dire qu'il veut que tous les hommes soient sauvés et qu'ils viennent à la connaissance de sa vérité ; qu'il accomplit le décret de sa volonté suprême dans ceuxau'il aprédesiin^^ après les avoir prévus, qu il a appelés aprfcj les avoir prédestinés, et qu'il a gloriné* après les avoir justifiés. 11 n'en perd aucuo de toute cette plénitude de bâtions et de toute la semence d'Israël, à laquelle lu royaume éternel a été préparé en Usus- Christ, avant la création du monde; rar<<^" le monde est choisi de tout le monde, i^i tous les hommes sont adoptés d'entre teu5
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De PATHOLOGIE.
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les boffloies. Et il c$l impossible que la vé- (lié de la promesse que Dieu a faite à Abra- ^, eD lui disant aue toutes les nations de b terre seraient bénies dans sa race (Gen. pu, 18), puisse être ébranlée parrinfidéiitâ pi tidésobëissance de plusieurs, parce que liesest loQt-puissant, pour faire lui-même H qu'il a promis de faire. Ceux qui se sauliQt$oii(doncsauTés, parce queDieu a voulu plis fussent sauvés, et ceui qui se perdent Ifrisseol, parce Qu*eui*niémes ont mérité de inr. Celui qui dit que Jésus-Christ n'a pas lé cruciGé j)our la rédemption de tout le loflde, 06 fait pas attention à la vertu de isicrement, puisque le sang de Jésus- ^( est le prix de la rédemption univer- 'le. Celui qui dit que Dieu a soustrait à rlqiies-ans la prédication de TEvangile, peur qu*en croyant ils ne soient sauvés, m\i s'aiipuyer sur ce qu*on lit dans Matthieu, que certaines nations au* irraen Jésus-Christ, si elles avaient PlèDoins de ses miracles {Maith. xi, 21), I ne le Sauveur défendit à ses apôtres fkJKf prêcher TE vangile à certains peuples ; Mis la foi ne nous permet pas de douter bêla Térité ne doive s*élendre à toutes les ptrémités de la terre, et cela Avant la fin du ptode. (PAitip. Il, 11. J Celui-là mérite d*â- |ire|)risqui dit que Dieu pousse les hom- 1$ au péché par sa toute-puissance. Celui i dit qae Tobéissance est ôtée à quelqu'un ceui qui sont appelés et qui vivent a, afia qu'il cesse d'obéir, pense mal !a lK)Dié et de la justice de Dieu, qui oerianocence et qui en est le gardien, li qui dit que Dieu a créé des hommes, jK pour pour la vie éternelle, mais f)Our perueut du siècle présent et pour l'utilité vautres, parlerait mieux eu disant que pu a'a pas créé en vain ceux qui dans »a iHismo ne doivent point participer à la vie boelie, parce que dans fes méchants mëtt il j a un bien qui est la nature, et parce lie Dieu est louable, lorsqu'il punit les Mants. Celui qui dit qu'il en est qui ne nûmjiasè la prédication de l'Evan^^ile, *te que Dieu le veut ainsi, n*est pas cacique; la foi qui opère par la chanté est iduodeDieu, mais il n'ordonne pas l'infinité. Enfin, dans la quinzième proposition, tuit Prosper montre en quoi ditièrent la ft'Jeslinaliun et la prescience, à peu près Mbme il l'a fait, dans sa réponse à la quinleaje objection des Gaulois.
^P(mtes à Ftncfnr— Tant de zèle déplo;ré ^' »kinl Prosper pour la défense de saint ^'^iiosiin ne iK)uvait manquer de lui attirer uclque attaque personnelle de la part de ^euoemis. C'est ce «qui arriva en effet. *kii deux, nommé Vincent, oubliant ce IQiideuità la charité fraternelle et à sa ^H^ réputation qu'il compromettait en «'ttlani ruiner celles des autres, dressa une '^e de seize propositions insoutenables , 1*1 il débita en toutes circonstances, comme ^i véritables sentifnents de saint Prosper. '; suffisait d'un simple analhème de la ftart •^ orluKi pour couvrir son adversaire de
conftision ; mais il aima mieux eiposer ses sentiments sur chacune de ces propositions, afin de rendre la calomnie palpable aux yeux de tous les lecteurs.
1* La première est conçue en ces termes : Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas souffert
[^our le salut et la rédemption de tous les lommes. Saint Prosper répond qu'il est vrai de dire que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes, puisau'il a pris une nature commune à tous les hommes, qu'il s'est offert pour la cause de tous les hommes, et que son sang est d'un prix suffisant pour les racheter tous; tous néanmoins n'ont pas part à cette rédemption, mais ceux-là seulement qui, régénérés par la grâce du baptême, sont devenus les membres de Jésus-Christ. La mort de Jésus-Christ est un breuvage d'immortalité et de salut, ayant assez de force pour rendre la santé à tous les hommes; mais il noisertde remède qu'à ceux qui le prennent.?
2* La seconde proposition porte que Dieu ne veut pas sauver tous les hommes, quand roèmie ils voudraient être sauvés. On doit croire sincèrement, répond saint Prosper, et dire aussi que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, puisque rApôlre( / Ttifi. Il, k) veut que Ton prie dans toutes les Eglises pour tous les hommes, quoiqu'il y en ait qui ne soient pas sauvés, pour des raisons qui ne sont connues aue de Dieu seul. Ceux qui périssent, périssent par leur faute, et ceux qui sont sauvés le sont par la grAce de Dieu.
3* Vincent objectait ensuite que Dieu a créé la plus grande partie du genre humain pour la perdre éternellement. La naissance des hommes, répond saint Prosper, est un bienfait du Créateur; leur perte est la peine de leurs crimes. Tous ont péché dans Adam en qui la nature humaine a été primitivement formée, et tous ont été enveloppés dans la sentence qui a suivi son pèche. Le lien qui les lie tous, quoiqu'ils n'aient point de péchés propres, ne peut être rompu, s'ils ne renaissent par le Saint-Esprit dans le sacrement de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c'est-à-dire dans le baptême. Il y a donc de Timpiété et de l'ignorance à ne pas distinguer le vice de la nature de l'auteur même de la nature. Il crée les hommes non pour être damnés, mais pour être hommes, puisqu'il ne refuse
S oint son concours pour la multiplication u genre humain ; mais il récompense dans [plusieurs, selon le conseil de sa bonne voonté, le bien qu'il a fait en eux, et il punit dans les autres le mal qu'il n'y a pas fait.
4* La quatrième objection porte que la plus grande partie du genre humain est créée de Dieu, non pour laire la volonté de Dieu, mais celle du diable. La prévarication des hommes, dit saint Prosper, n a pas été capable de troubler l'ordre de la création i et la créature pécheresse est soumise avec îustice à la damuatioo de celui auquel elle
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DlCTlO.'tMAIRE
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8*est rendue volontairement, en abandonnant son Téritable Seigneur. Celle servitude n'est point de rinstitution de Dieu, mais la peine du péché de l'homme , dont aucun n'est délivré que par le médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ, dont la grAce toute gratuite n'est pas donnée à plusieurs à cause de leurs pécné.s et qui est donnée à d'autres, quoiqu'ils né l'aient pas méritée. Il dit qu'encore qu'il soit vrai que tous les hommes soient tombés en Adam, ce n'est pas une raison pour que Dieu crée chacun ii'eux pour faire la volonté du diable ; mais on doit reconnaître que tout homme qui n*est point racheté, est captif du démon, è cause de la prévarication du premier homme.
5* Dans Tobjeclion suivante, Vincent disait que Dieu est auteur de nos péchés, puisqu'il l'est de notre mauvaise volonté, et qu'il a créé, en nous donnant l'Etre, une nature qui, par son mouvement naturel, ne peut faire autre chose que pécher. Saint Prosper répond que Dieu n'est auteur d'aucun péché, mais Créateur d'une nature qui, avant la puiss^ince de ne point pécher, a péché volontairement, et s est assujettie de sa propre volonté à celui qui Ta trompée. Ce n'est donc pas par un mouvement naturel, mais par une suite de la servitude qu'elle vit dans le vice, jusqu'à ce qu'elle meure au péché et qu'elle vive pour Dieu; ce qui ne peut se faire sans la grâce de Dieu, parce qu'elle ne peut recouvrer que par Jésus- Christ, son libérateur, la liberté qu'elle a ^:erdue librement.
G* L'objection sixième dit que Dieu crée dans les hommes un libre arbitre semblable à celui des démons, qui, de son propre mouvement, ne veut et ne peut vouloir que le mal. Cette objection contient deux partics : Tune, que le libre arbitre laissé à luimôme ne peut uue pécher, et l'autre, que c'est Dieu qui l'a rendu tel. Saint Prosper accorde la première partie, mais il nie la seconde, et dit qu'il y a cette différence entre la malice des hommes et celle des démons, que les hommes, quelque perdus qu'ils puissent ôlre, peuvent encore être réconciliés avec Dieu, s'il leur fait miséricorde, au lieu que les démons ne peuvent jamais se convertir, et que, comme ce n'est point Dieu qui a donné aux anges rebelles cette volonté orgueilleuse par laquelle ils ont abandonné la vérité, il n'a pas non plus inspiré aux hommes cette aifection vK^ieuse et corrompue par laquelle ils imitent les démons.
I 7% 8% 9*, iOr. Les quatre objections suivanies roulent sur la même matière, savoir, que Dieu ne veut pas le salut de la plus grande partie des hommes ni même que la plupart aient la volonté d'être sauvés. Saint Prosper répond que ceux-là ne peuvent ôlre sauvés qui ne veulent pas l'être ; mais que ce n'est point Dieu qui fait qu'ils ne Je y tMilent pas, puisqu'au contraire c'est lui ((ui, selon le Psalmiste, relève coux qui tom-
bent (Psal. GXLiv, k)t et qu'il naban^ioni personne dont il n'ait été abandonné aupi ravant; que la prédestination de Dieu i concourt en aucune manière à la chute d pécheurs, et que si les hommes péch&ic par la volonté de Dieu, il n'y aurait point < jugement où ils dussent rendre compte < leurs actions ; et que tout ce que Ton pt rapporter à la prédestination reeardCt ou rétribution de la justice » ou la collatû gratuite de la grilice.
11% 12% 13", 14% 15'. La prédestinais fait encore le sujet des autres objections < Vincent. Elles se réduisent à dire que Dieu a prédestiné au salut les uns et I autres à la damnation, cette préde$tin;i(ii est la cause de tout le mal que font les |i cheurs ; tous les hommes qui sont ytésk tinés à la damnation ne peuvent rérib quoi qu'ils fassent. Saint Prosper répfli que la prédestination de Dieu n'est cause i la chute de personne, mais au contraire d est cause de la persévérance de plusiem Quoique Dieu sache de toute éternité qu'il doit rendre au mérite de chacun, ui connaissance ne met personne dans Ida cessité ou dans la volonté de pécher. Oi qui abandonnent la justice se jettent ti^ le précipice par leur propre libre arhii ceux qui vivent dans la piété el qui y [ sévèrent, le font par le secours de la'gi de Dieu. Comme il n'est pas possible da i voir pourauoi il accorde à l'un la persev rance qu'il refuse à l'autre, il n'est pas pc mis non plus de le rechercher, puiiujfl suffit de savoir que c'est de lui que f tient la persévérance, et qu'il n'est poiat cause si l'on tombe. Dieu n'ôtc à perron le moyen de se corriger, et il ne dé|K)au personne de la possibilité de faire le bit Celui quis*éloigne de Dieu s*ôte à lui mH le vouloir du bien et le pouvoir de le bif Parce que Dieu ne donne pas à quclqur uns la pénitence, ce n'est pas une c<iDS quence qu'il leur retire également !e dé^ de la faire, ni qu'il terrasse ceux qu'il É relève pas. Jl y a bien de la différence CDU I oiisscr un innocent à commettre le cùvt et ne pas iniliger à un rou|>able la {leii qu'il mérite pour son péché. Aussi ior que ceux qui ne sont pas du nombre iWs\r destinés disent, dans l'Oraison dominic^f que votre volonté soit faite, ils ne ili sent pas à Dieu de les laisser tomber cl H rir éternellement, mais ils lui demanaeii que sa volonté à l'éjjard des bons el de> M chants soit accomplie, de sorte queclM<'<i soit jujjé suivant ses mérites.
Réponses aux prêtres de Gènes. -- Peu i temps après la mort de saint Augustin. ù^& -prêtres de la ville de Gênes, nomroés'i'uj Camille et Tautre Théodore, «nvoyèreni^ saint Prosper quelques pro[>ositioas tirô^i du Livre de la prédestinaUan des saints ti ^ la persévérance^ pour le prier de leur eno»»»^ ner le vrai sens, craignant de ne pas le l)<**i comprendre eux-mêmes. Leur dcmandt* révèle autant de bonne foi que d'buntiiiii'r H
PRa
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iiiot Prospcr n*cn fait pas moins paraître ^ns ses explications.
1' Poun]uoi saint Augustin a changé de leûtimeiit sur la grâce 7 Saint Prosper fait d*alionl remarouer gue les trois premières pro- |4isitions nolTraient d'obscurité* que parce ^'eifes étaient détachées du corps de Tou* tra^e, et que, pour les bien entendre il failli: bire attention à ce qui précède et à ce qu suit. Il dit ensuite qu en ces endroits Mist Augustin répond à ceux qui lui reprochaient d'avoir changé de sentiment sur la (race. Dans les commencements de sa con- ^rsion, il croyait que la foi, par laquelle 'lou^ sommes chrétiens, n*était pas un don k Dieu, mais aue nous l'avions de nousbèffles et par les forces de notre libre arwe. Ensuite il avait enseigné que la foi est ■BdofldeDien, et que c'est en parJanl dVlle ne saint Paul dit : Qu'avex-vous que vous fÊÏa^ezreçuî (/ Cor. iv, 7.)11 leursemblait fKSâiot Augustin pensait mieux lorsqu'il UrODTertit, et que mal à propos, sur la fin feic$ jours, il rapportait à la prédestinalion ilrfiieu Téiectiou de Jacob, que longtemps jtipiraTaDt il regardait comme une suite de Ifresrienoe. C*est, dit saint Prosper, pour Uiuntire à cette objection que saint Aufûtiij atrooe dans son livre JJe la prédesti^ pion et dans le second de ses îiitracta- •ifUt qu^il avait été dans l'erreur au sujet pta grâce, avant son épiscopat; mais que mttsulié depuis par le saint évêque de Hi- H Sirnplicien, sur Télection de Jacob et n^probation d'Esaû, il avait examiné cette >iion avec beaucoup de soin et d'exac- <ic, et reconnu certainement que Télec- (ie la Krace n'est précédée d*aucun méliumain, et que la foi qui est le printpe de tous les mérites, est un don de Dieu, |irie qu'autrement la grâce ne serait plus
£1(1', si elle était précédée de Quelque ac- B in vertu de lai{uelle elle rût donnée, horapppuver celle doctrine, saint Prosper iilToir qu Adam , par son péché, a perdu b^li; que nous Tavons tous perdue en lui, << que nous ne pouvons la recouvrer que H' '3 grâce.
U' K^trcs de Gènes demandaient encore ^r itircissemcnt de ces paroles de saint Au- ^uMin : c*est à la liberté et è la volonté de ••lonime à croire ou à no croire pas; mais c^n le Seii^n^ur qui prépare la volonté dans '■* «^îus, A CCS paroles que ces deux prêtres juifnl du Litre de ta prédestination y saiiit ^^Mff en ajoute beaucoup d'autres qui *>'(inontdu jour à la pensée do saint Aui^i'^iiii; puis il dit: « Un homme qui a de ^1 i'iélé ai qui se souvient qu'il est catholi- 'i ^1 )»eut-il être blessé de ces paroles? Le ^^e a-t-il parlé faussement lorsqu'il nous < issuré que c'est par le Seigneur que notre 'oloDlé est préparée î (Prot?. viii.) L'Apôtre • •' is a-t-il trompés lorsqu'il nous a dit que
'« ftifants de Dieu sont ceux qui sont poussés
^^' i'tipntde bieuf (Rom. viii, 14.) Est-ce
namre qui distinguo Thomme. d'avec
""ïne, ou n'est-ce. pas plutôt la grâce v^i uisûnjue le fidèle d'avec Tinfidèlc? Y
a-t-il quelqu'un qui prétende avoir quelque chose qu'il n'ait pas reçu, ou qui puisse se glorifier de ce qu'il a reçu, comme s'il lui était propre et lui venait de lui-même, quand certainement il n'aurait jamais ce qu'il a, s'il ne l'avait pas reçu de Dieu? Peut-on douter que lorsque l'on prêche l'Evangile, les uns croient, parce qu ils veulent croire, et les autres ne croient pas, parce qu'ils ne veulent pas croire? Mais comme il est certain que Dieu ouvre le cœur des uns, et qu'il n'ouvre pas le cœur des autres, on doit distinguer en ces rencontres les effets de la miséricorde de Dieu sur les uns, des effets desa'justicesurles autres.» Saint Prosper fait voirqnesaintAugustin prouve cette doctrine
Sar plusieurs passages de l'Ancien et du [ouveau Testament, et conclut que l'on ne peut lai rejeter sans donner dans Thérésie de Pelage. Car s*il est vrai, comme le soutenait cet ennemi de la grâce, que les hommes méritent aussi bien les dons de Dieu qu'ils méritent ies effets de sa colère et de sa justice, il s'ensuit visiblement que Ton
Eeut comprendre ses conseils incompréensibles, et que les raisons de sa volonté divine ne sont ni cachées ni inconnues. . Un autre passage du Livre de la prédestination qui faisait peine aux prêtres de Gênes est celui-ci : « La foi, dans son commencement et dans sa perfection, est un don de Dieu, et nul ne peut douter que ce don ne soit accordé aux uns et refusé aux autres, à moins qu'ils ne veuillent combattre ouvertement les paroles claires de la divine Ecriture. > Saint Prosper dit que parler autrement que ne le fait ici saint Augustin, c'est dire que l'on tient de soi-même la foi par laquelle on est justifié, et que l'on a par soi-même et par la force de la nature, le bien dont le juste vit. « Or, ajoute-t-il, si la foi n'est pas un don de Dieu, c'est en vain que l'Eglise prie pour ceux qui ne croient pas, afin qu'ils croient; il sullit d'emplover envers les infidèles l'instruction de la loi, dont toutefoisJ'Apôlre dit : « Si la loi produit K la justice, c'est inutilement que Jésus-Christ « est mort.» C'est encore en vain que l'Apêtre rend grâces à Dieu pour ceux qui ont reçii l'Evangile, puisque, selon les pélagiens, la foi par laquelle ils l'ont reçu n'est pas l'effet du don et de la grâce de Dieu en eux, mais l'ouvrage de la seule volonté de l'homme. Enfin, c'est vainement que le même apôtre souhaite à quelques-uns des fidèles, que Dieu leur donne sa paix el sou amour avec la foi. {Ephes. vi, 23.) Il faudra encore conclure, dans le principe des ennemis de la grâce, que la paix et la charité ne sont pas un don de Dieu, puisqu'ils le disent de la foi qui, selon saint Paul, n'est pas moins un don de Dieu que les deux autres, (/btd.) t Ainsi on ne peut combattre ces paroles de saint Augustin : 1 La foi dans son commencement et dans sa perfection est un don de Dieu ; « autrement, il faudrait condamner aussi cet endroit de l'épltre aux Ephésiens : Vous avez été sauvés par la foi ; et cela ne vient pas de vous [Ephes. ii. H) ; c'est un don de Di^u qui
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fCeêê pa$ mérité par le$ 0urre#, afn que per^ sonne ne s'éUve en lui-même. {Philip, i, 20.) Quant à ce au*ajoale saint Auguslin, que la foi est donnée aux uns et refusée aut antres, c'est une vérité que l'on ne peut contester, puisqu'il est visible qu'il v en a qui croient, et que, selon l'Apôtre, /o /bî n'est pas tommune à tous (il Thess. nu z) ; d où il suit, que comme tous ceui qui ont la foi l'ont reç'ie de Dieu, tous ceux aussi qui ne l'ont pas, ne l'ont point reçue.
Saint Augustin dit encore dans son Livre de la prédestinât ion^ que tous les hommes ayant été précipités par le péché d'un seul dans une condamnation très-juste, nul ne pourrait se plaindre de Dieu justement,
3|uand même il ne délivrerait aucun homme e cette ruine générale de la nature. C'efst donc par uue grâce que Dieu en délivre plusieurs qui reconnaissent la peine qui leur était d«e^ par l'état misérable de ceux qui n'en sont point délivrés, et si Ton demande
Kurquoi Dieu délivre l'un et ne délivre pas utre, on doit répondre avec saint Paul, que c'est en cela proprement que ses jugegements sont impénétrables ; et que l'homme aurait lieu de se glorifier dans lui-même, et non pas dans le Seigneur, puisqu'il se serait rendu digne par ses mérites que Dieu le sauvât, comme les autres ont mérité, \Ukr ]eur Dro^e faute, de périr éternellement. Mais a Dieu ne plaise, ajoute-t-il, qu'il nous vienne jamais dans la pensée qu'aucun homua mérite par soi-même d'être délivré de la puissance des ténèbres, pour passer ensuite dans in royaume du Fils de Dieu, pàt une adoption qui soit l'moins une miséricorde gratuite qu une récompense méritée. Adam s^st perdu par le grand crioie qu'il a commis, et, avec lui, tous les hommes se sont perdus. Il n'y en a aucun qui, ayant été conçu dans le péché, ne mérite en Adam d'être condamné et de périr; et comme nous ne pouvons nous plaindre de ce que dans les siècles passés Dieu» abandonnant toutes les nations du monde, les ait laissé marcher selon leurs désirs ; de même il ne nous resterait aucun sujet de plainte légitime, si la grâce n'étant yius maintenant plus accordée qu'alors, Dieu nous laissait périr avec tous ces peuples, avec lesquels nous avons une cause commune, puisque nous sommes sortis romme eux d'une race corrompue.
Mais c'est le bonheur de ces derniers temps ; au lieu que la grâce ne sauvait autrefois qu'un très-petit nombre d'hommes de tous ceux qui étaient répandus dans le monde, elle en sauve aujourd'hui une fuulè innombrable, non par le mérite de nos œuvres, mais par le décret de Dieu et par la grâce qui nous a été donnée «n Jésus-Christ, avant tous les siècles.
Les prêtres de Gênes n'entendaient pas comment saint Augustin avait dit que les méchants, eti ajgissant contre la volonté de Dieu, ne laissaient pas de l'accomplir quelquefois. Saint Prosper le leur fait comprendre par le passade du Livre des Actes, cité par saint Augustin^ et dans lequel nous
lisons que Pilate, Hérode, les gentils et |
{»euple d'Israël s'unirent ensemble cont^ ésus-Christ, pour faire ce que la puissan^ de Dieu et son conseil avaient ordonné devu être fait (Ac^ iv, 13 et seq.); d'où iluari que Dieu se sert de la malice des pécheu! )K>ur accomplir ses desseins, et qu'eu a^:!! sant contre sa volonté, ils ne laissent \^ quelquefois de l'accomplir. Mais Dion h arrête souvent, et ne les laisse a^ir ou'ai tant que leur action peut être uule à si saints, soit pour les punir de quelques fat tes, soit {»aur les éprouver.
Le passage du Livre de la persévérante^ doi les deux prêtres génois demandaient Wi
filicalion, est tiré du chapitre Ik, (ïs\ equel saint Augustin dit que la prédestin tions des saints n'est autre chose que tel connaissance éternelle, et cette préparafit des gi-Aces de Dieu qui opèrent très-ccrU nement le salut de tous ceux qui sont sauvé A l'égard des autres, on n'en peut dire avti chose, sinon qu'ils sont laissés dans lamaiti de perdition, par un juste jugement delM comme ceuxdeTyret de bidon, quiaurain cru s'ils avaient vu les miracles de Jêia Christs {Luc. Xj 13.) Saint Pros{)er affirme m penser autrement c'est dire que la foi ne
EasundondeDieu;qu*ellesuitnotreIihrea ilre et qu'elle ne le prévient )>as, et ({ue grâce nous est donnée selon nos mérites. appuie la doctrine de saint Augustin surd vers passages de l'Ecriture, entre autres, j^| celui du Psaume où nous lisons que si Diii ne bâtit lui-même sa maison, le travaih ceux qui la bâtissent est vain et ioutij [PsmL cxxvi, 1.) 11 l'appuie encore sur que dit l'Evangile, que ceux de Tyret Sidon auraient cru, s'ils avaient vu les r racles de Jésus-Christ. « Que pouvons-!» dire d'eux en efiet, sinon qu'il ne leur a t été donné de croire, et qu'en conséqiieoi, ce qui aurait pu les faire iToire leur a k refusé? C'est à eux, qui sont dans unedûj trine contraire à celle de la prédeslinaiioj gratuite, de rendre raison de ce refus, et î montrer pourquoi le Seigneur a fait des rai racles chez ceux-là mêmes qui n'en JoireQ pas f)ro&ter, et pourquoi il n'en a pas Uj parmi les peuples qui auraient pu en pro< iiter? Pour nous, ajoute ce Père, encore qui nous ne puissions pénétrer la raison de II conduite de Dieu ni la profondeur de sd jugements, nous savons certainement aai ce qu'il a dit est vrai, et que ce qu'il a »1 est juste ; et que non-seulement ceux de l)r et de Sidon, mais encore ceux de Corouia et de Bethsaïde auraient pu se convertiMÎ Dieu avait voulu leur en accorder la grlit. Car personne ne peut révoquer en doutée* que dit la vérité : .4tM;ttn ne peut venir à mn, s'il ne lui est donné de mon Père. {Jow. r, 66.) C'est lui qui, selon l'Apôtre, fait toutes tout (Ephes. I, 23); et s'il ne nous a?»! donné l'esprit de foi, de constance, deroo* tinence, de charité, de sagesse, d'iotelii* gence, de conseil, de force, de sdeflc^ ^ piété et de la crainte de son saint naoK^I est indubitable que nous n'anrioas pès fU
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Dfi PATROLOGIE.
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aroôns-mtmes tous ces grands biens. Joints
I (t'z qui n*ont pas connu le Seigneur, ou |ui, ie connaissant, ne Tout pas glorifié mmt Dieu, nous serions encore engloutis |iD5 les léDèbres de la mort, sans pouvoir Mver dI aucan secours dans notre nature,
II aucune eicuse dans notre ignorance , m loruosujetde plainte dans notre supplices
In autre f massage tiré du môme livre ren- ItruMJl les inconvénients que les semi-péla-
C' Ds irouvaient dans la doctrine de la prétioatioD,' si im renseignait publiquemenl tiDS les églises. Saint Prosper montre que linest |N)int saint Augustin qui parle en llradroit: c*est une objection qu'il se fait» à laquelle il ^pond fort longuement dans néme lirre. Toutefois il veut ^ue Ton 'ie la prédestination au peuple, mais beaucoup de précaution, dans la crainte il rendre odieuse.
JLmtre 1$ CoUaieur. — Les ennemis de la que saint Prosper combat dans cei
BS n'étaient pas des pélagiens qui, plus de vingt ans, frappés iranalbème Anis les évéques, dé()Osés de Tépiscopat, ^éi de la communion catholique , et is de TËgltse comme indignes de dercrau nombre de ses enfants, n!avaient lapermission de respirer, encore moins le produire. Il y attaque, ditril, certaines UQes qui participent à la grAce de -Christ, qui, comme nous, sont encore toembres de son corps, mais qui osent rtvolier contre la main et les armes qui ' soutenu la foi oui leur est commune Dous, et qui veulent recommencer une re déjà terminée, et affaiblir autant qu*il M eux les principaux remparts de l'E- ^i loffibre desquels elle jouissait d'une profonde^ Comme la plupart d'entre fuient recommandables par leur esprit, 'ils faisaient paraître beaucoup de piété leurs mœurs, ils attiraient à leur parti eursde ceux qui n*étaientpas instruits ^s matières, et jetaient le (rouble dans ^ ^mes incapables de discerner ie vrai *«c le faux. Pour les vaincre plus sûre- % saint Prosper s*attaque au plus babile ire eux, à celui qui, 4yant fait une dé-
F tiion publique de leur doctrine, ne pou^ Uire désavoué. Il ne le nomme point, et contente d*intituler son ouvrage Contre luUaffur, convaincu que tout le monde jtoooaJirait Tauteur des Conférences, c'estwe Cassien, qui vivait encore. Dans sa wrence 13, il enseigne que le commen- ■j^i de la bonne volonté et de la foi 2|^[ <|uelquefois de Siau ^t quelquefois •itomme; que l'on doit reconnaître en ■•Hes semences de vertu ; que le libre
2*i» Saint Prosper entreprend de montrer Jfjûules ces propositions sont des consé- T^^ du péfagianisme. Il suivrait de là ^u grice est donnée suivant les mérites, n^ la nature humaine n*a point été **^PV le péché d*Adam. 11 montre aussi PtcnoHii, DB Pateologib. IV,
que ces erreurs ont été condamnées avec celles de Pelage, dans divers conciles, et ^ les lettres et les décrets des Souverains Pontifes; et enfin qu'elles sont détruites jusqu'à leurs fondements par les écrits de saint Augustin. Afin que l'on juge mieux de la doctrine «répandue dans cette conférence, saint Prosper en rapparie les propres termes, et montre que l'auteur n'était a'ac* cord ni airec ses principes, ni avec la doc** irine de l'Eglise.
Propositions 1 j^ 2. -^ Dans sa xiii* confé» rence, intitulée De la protection de Dieut Cassien avance douze propositions sur les ma tiares d,e la grAce et au libre arbitre. Dans la première, il établit que Dieu «^st le commencement non-seulement de toute bonne œuvre, mais de toute bonne pensée ; et afia que l'on ne crût pas qu'il ne restait rien à faire au libre arbitre, il ajoute que c'est à nous de suivre bumblementJes attraits de la gr&ce. Saint Prosper convient qu'il n'y a xien que de catholique dans cette doctrine; mais il s'eji faut qu'il juge de même des autres propositions. La seconde porte que plusieurs viennent à la grAce sans la grAce, et que sans elle ils ont le désir de demander, de chercher et de frapper à la porte du père de famille, c*est-à-clire de se porter a la vertu; de soi'te que Dieu, voyant en eux I9 commencement d'une bonne volonté, l'é^ claire, la fortifie, l'excite au salut et lui donne de laccroissament. En cela« con^ce le remarque saint Prosper, le CoUateur s'éloigne de ce qu!il avait dit d'abord, savoir, que te commencement do nos bonnes pensées comme de nos bonnes actions vient de Dieu, au lieu qu'ici fl dit que pour plusieurs l'un et l'autre viennent quelquefois du libre Arbitre. « Docteur catholique, lui dit-il, pourquoi abandonnez -vous la cause que vous faites profession de soutenir? Pourquoi vous retirez-vous de la lumière si pure et si éclatante de la vérité pour vous cou?» vrir des ténèbres de l'obscurité et dn n^ensonge. Pourquoi ne reconnaissezrvous pas que ces premiers désirs que vous admirez en ceux qui demandent, qui cherchent et qui frappejit à la porte, sont des effets de la môme grAce qu'ils demandent et qu'ils dé? sirent? Vous voyez des efforts louables et des affections saintes et pieuses dans les Ames, et vous doutez si elles sont des dons de Dieu. Ou ne peut pas bien discerner l'acr tion de la grAce lorsqu'elle demâuro cachée dans le fond du cœur, sans se produire àii dehors par des mouvements et des actions sensibles. Mais lorsque vous voyez un homme qui demande avec une humble prière, qui cherche avec une exacte fidélité, et qui frappe à la porte avec une ardeur continuelle, comment ne comprenez-vous point, par la qua-* lité m6n)e de ces actions si s^aintes, ({ue c'est Dieu qui remue cette Ame et que' c'est sa grAce qui agit en elle? Vous croyez-vous assez à couvert contre le venin si dangereux de Pélaçe, quand vous voulez que parmi les prédestinés il n*y en ait que quelques-uns en qui le consentement à la vocation soit ufl
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don particulier de )a grâce ; tandis que ce que >ous accordez seulement de quelquesuns est rrai généralement de tous Jes fidèles. Ainsi, vous n^êtes entièrement d'accord ni avec les hérétiques ni avec les catholiques. Ceui-là soutiennent que c'est la volonté libre de Tbomme qui commence, et que les premières pensées pour ie bien naissent on nous de rimpression de la grAce. Pour vous, il vous a plu d'inventer une troisième opinion qui choque également les deux autres, et vous tombez, sans y penser, dans un sentiment condamné par les conciles. Quand vous enseignez qu'il y a dans les hommes quelque chose de bon, qui précède la grAce et qui est cause que Dieu U leur donne, vous êtes convaincu par vousmême de dire que la grAce de Dieu nous est donnée selon nos mérites. » Saint Prosper montre par ces paroles de Jésus-Ghrist : Per^ sonne ne vient à mot, s*il n'eet entraîné par mon Père [Joan, vi , U), que c'est Dieu qui appelle Thomme et qui 1 entraîne àsonFils ; c non, dit-41, qu'il l'emporte malgré lui et contre sa'volonté, mais parce quil le fait vouloir, tandis qu'il ne voulait pas auparavant, et que, par une infinité de moyens secrets et ineffables, il ramène à lui son Ame qui s'en était détournée et lui résistait dans son infidélité, afin que le cœur touché par un saint plaisir que Dieu forme en lui et qui le porte à lui obéir, après avoir été opprimé par la domination du pécbé, se relève par la liberté de la grAce. »
Propositions S et k. — Cette proposition est une suite de la précédente. Cassien y enseigne que l'homme est porté de lui-même à la vertu, quoiqu'il ait besoin d'être secouru de Dieu pour la mettre en pratique. Saint Prosper lui fait voir, dans sa réponse, que nous avons besoin du médecin céleste, non-seulement pour être guéri, mais encore pour désirer de l'être. La raison qu'il en donne est tir^ie de Tabime de misères où le péché nous a jetés, abime qui est tel que nous trouvons du phtisir à nous y enfoncer, que nous aimons nos erreurs, et que nous embrassons lefaux pour le vrai. Ge qui ^arrive toujours, jusqu à ce que celui qui peut seul nous tirer de cet abîme, et nous guérir de nos maux, nous en inspire le désir. Gassien ajoutait, dans une quatrième pro-
t»osition, que les biens de la nature que )ieu a mis en nous, en nous créant, étaient quelquefois le principe des bonnes volontés, que nous ne pouvons toutefois accomplir s;ms le secunrs de Dieu. 11 en apportait pour preuve ce que dit saint Pa'ul : Je trouve en moi la volonté de faire le bien^ mais je ne trouve pas le moyen de Vaccomplir. (Rom. Yii, 16.) « H est vrai, dit s«lnl Prosper, que l'Apôtre a parlé ainsi, mais il dit aussi : Que nouji sommes incapables de Jormer de nous» mêmes aucune bonne pensée) comme de nousmémeSy €t aut cest Dieu qui nous en rtnd ca* pables, (Il Cor. ju, 5.) Il dit encore que c'est Dieu qui opère en nous le vouloir et te faire (Philip., ii, là), selon qu'il lui ^plaît. L'Apôlrenc pouvant. donc se ccnîrcdiiv, il
faut reconnaître que lorsqu'il dit ( trouvait en lui le vouloir, c'était par effet de )a grAce, et que dès lors il plaisait, comme il le dit, dans la lo Dieu selon l'homme intérieur, mais ( sentait dans les membres de son corps autre loi qui combattait contre la loi de esprit ; et que^ quoiqu'il eût reçu de I la volonté de faire le bien, il n en a?aii encore reçu le pouvoir d'accomplir tou bien qu'il désirait. »
Proposition &. — Gassiea nous laisse bres de croire que Dieu a pitié de m parce qu-il voit en nous un commeocen de l>onne volonté, ou que -cette 4)0QQe lonlé n'est dans notre4me que parce Dieu a pitié de 4ious. Pour montrer Ton peut admettre l'un ou l'autre de sentiments, ou même les admeUre toiu deux quoiq.ue opposés, il propose i eu pie de saint Paul et de saint Matthieu, I lesquels on ne peut pas dire que dm trouvé un commencement de bonoa lonté, lorsqu'il les convertit, puisqi étaient, dans le moment même, occupa de mauvaises actions ; et celui de Zati et du bon Larron, qui, par leurs bons sirs, ont fait une espèce de violence ciel, et ont prévenu par un commeoceai de bonne volonté les avertissements du lut. Saint-jProsper montre que« direqiK commencement des bojines volontés vient .pas de Dieu dans tous lesboami c*est-accuser d'erreur les saints Papes U cent et Zozime, les é vèques- d'Orient dl le concile de Diospolis, et ceux d'Afri qui dans leurs conciles et dans leurs 1« ont enseigné que c'était également tta de Dieu de savoir ce que nous devons et de le faire. Pour faire le bien, col pour le connaître, nous avons besoin, àd que action, de la grAce de Diea, de sorte d sans elle nous ne pouvons rien penser, dire, ni faire de bien. 11 fait un criujeÂC sien, qui ne pouvait ignorer ceque T^ avait déûui touchant la nécessité ii\ grAce contre les pélagiens, d'avoir reafl vêlé ces questions, en soutenant que le bre arbitre est anéanti par la force di grAce. £lle ne le met, dit-il, en aucun di ger de périr. La volonté ne nous est M ôtée lorsque Dieu forme en elle kbonn loir ; comme on ne peut pas dire que I enfa its de Dieu perdent leur liberté, I qu'ils sout mus par TEspritdeDieu.ni ceux-4à perdent toute la force de (a raii et tout ce qu*il y a de saint el de iou» dans les mouvements d'une charité )ib>^ volontaire, qui reçoivent d'en heul !'£■ de sagesse et d'intelligence, l'Espril de seiletde force, l'Esprit de science^ piéié et l'espfit de la crainte du Sei^ Il montreeosuile que la lumière de la qui éclaira saint Matthieu etsalntPauIfi lo moment où l'un était occupé à [«rcf les impôts et l'autre animé de fureurc l'Eglise, éclaira aussi Zachée et le bon ron; car on ne peut pas dire quf ^'^l Christ, qui se choisit un logemeul chcx
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DE PATKOLOCIE.
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diéeinailpoinl disposé son cœur à lereceloir* puisque lorsque les pharisiens murluoraieDt en le voyant descendre chez un bommedemauTaiseTie, il les assura que Boo-sealement il était un enfant d'Abrakam, etqae la maison de Zachée arait reçu tejour-llle salutv» mais il ajouta encore MfileFils'de Thomme était yenu pour fbercher et pour saurer ceux qui étaient pnJQS, afln que nous fussions couTaincus f] i] STaiC préyenii de sa gr&ce celui qu'il |fotlaioait héritier du salut. Saint Prosper
SuTe la même chose du bon latvon et poKe ie |>assage de VEpUre aux Corifi'» 0imi, où saint Paul parlant des opérations Saint-Esprit» dit» qne nul ne ptuê eonfesfuJé$u»^hri$ttsî le Seigneur f sinon par kMi'Etprit. (I Cor, xii , 8.) bùposiiion 6. — Selon le Collateur, on itreconnaltre le même degré de force le libre art>itre de Thommeque dans la ede Dieu» de sorte que l'un et l'autre IWDrwraient également au salut. Saint ||M^ réfute cette proposition par un ipKià nombre de passages de l'Ecriture»
^attribuent te salut de fhomme è la e, et il n'eubKe pas celui de YEpHre aux ipfiensoù il est dit que Dieu opère en ^ûtouloir et le faire selon son bon plai^ ^. (ftt/ip. n, 13.) Il montre ensuite que Ku« en agissant en nous, ne détruit point vulooté libre, parce que la vertu de la Si n'ag;it pas sur les volontés humaines» qo'elles cessent d*étpe» maisatin qu'elles ^(Deocent à être bonnes de mauvaises lelles étaient» et qu'elles commencent à &lèles d'inQdèles qu'elles étaient au- 'uit;que ceux qui n'étaient que têts deviennent une lumière dans le eur; que ceux qui étaient morts PJJûl ressuscites; que ceux qui étaient |M|QS et languissants soient relevés et J*i$; et que ceux qui étaient perdus P^t tirés enfin de leur long égarement. 11 pfitre aussi par l'autorité des Ecritures APe te commencement de la bonne volonté pw l'effet de la grâce, et que c'est Dieu qui
Î !■'»«« nos pas pour nous faire entrer dans ^•He d\x salut. 11 est bien vrai que le prêter homme dans l'état d'innocence pou- W, eo n'abandonnant point le secours dont P'w iefatorisait» persévérer dans les biens ri'il avait reçus» et mériter par sa persél^ance volontaire la béatitude; mais de- |IJ*soa péché, le libre arbitre ne peut i^i^ir le véritable bien sans le secours de I» grâce.
ij^^^poiition 7. — Adam, après son péché, llJlwi la science du mal quil n'avait pas, j»\silne perdit pas la science du bien Ju avait; telle est la septième proposition JM/)llateur. Saint Prosper répond qu'A- ■J «^lit la science du bien lorsqu'il était J^« ^1 qu'il accomplissait avec fidélité les ^^ÏJ^fweinents de Dieu ; mais qu'aussitôt V^i^ les eut transgressés» il perdit cette v^fjiissancc parce qu'il perdit 1 innocence» ^ ^^^ Tinnocence la liberté» son péché ••)»»i réduit sous la cai>livité du démon.
Cassien» n'accordant pas non plus que la genre humain eût perdu la science du bien après le péché d'Adam, alléguait pour -le prouNver le passage deVEpUre aux Romains où l'Apôtre dit que ies gentils qui n'ont point la loi font naturellement les choses que f la loi commande 'et qu'ils se ti&inent à eux- f mêmes lieu de hi. {Rom. ii, Ib.) Saint Pposper répond que saint Paul parle» ou des gentils convertis à la foi» ou de ceux qtui n'avaient pas embrassé le christiaoisme. S'il parle des premiers, le collateur ne pou«ait«n tirer aucun avantage pour son seatimeat, puisqu'il est évident que les gentils Accomplissaient les commandements de la loi nouvelle par Je secours de la gr&ce du médiateur; s'il parle des derniers» on doit appli* 3ucr ce qu'il en dit de bien au règlement e leurs mœurs, parce qu'il n'est pas douteux Qu'il reste même dans les païens quelque chose de cette sagesse que Dieu a don* née àThommeen lecréant et avec le secours de laquelle ils sont en état de faire même des lois pour l'utilité de la vie temporelle, pour la police des villes et la conservatioa de la paix parmi les peuples. Il ajoute que si TApôtre décide ^i datrement, quelquea lignes après» que nul homme ne sera justifie devant Dieu, même par les œuvres de la loi , bien moins doit-on croire que les païens soient justifiés par leurs propres œuvres» puisque» comme il le dit au même endroit^ tout ce qui ne se fait point selon la foi est péché; et ailleurs :5ana la foi il est impossible de plaire à Dieu^ [Hebr. xi, 6.) 11 fait voir que nous n'avons ni le vouloir ni le pouvoir d« bien que parla grflce ; et»
girce qu^en pouvait lui demander pourquoi ieu nous fait des commandements que nous ne .pouvons accomplir par les seules forces de notre libre arbitre» il répond : Dieu commande à l'homme de suivre ses lois» afin qu'en lui prescrivant des choses dont il lui avait donné la puissance dans la première création de la nature il reconnaisse que c'est \mv sa propre faute qu'il l'a perdue» et que Dieu n'est pas injuste lorsqu'il exige de lui ce qui lui est dû légitimement» quoiqu'en l'état o^ il est il soit incapable de le lui rendre. Ce qui lui reste donc est d'avoir recours, non à la lettre qui tue» mais à Tesprit qui vivifie» et de rechercher dans l'assistance de la grâce le pouvoir de faire le bien qu'il n'a pu trouver auparavant dans les forces de la nature. S'il recherche ce secours» c'est une grande miséricorde de Dieu ; et s'il ne le fait pas» c'est une juste punition de sou péché.
Proposttioni. — Cassien posait pour principe qu'il ne faut pas tellement rapportera Dieu les mérites des saints qu'ils n'en possèdent pas un seul que par la grâce. 11 soutenait qu'ils avaient {>ar eux-^mêmes de bonnes pensées et de saints désirs. C'est ce qui paraît dans David, dont Dieu approuva la pensée qu'il avait eue de bâtir un temple en l'honneur du Seigneur. (/// Reg. vui, 17.) Saint Prosper prouve qu'en cet endroit, comme en beaucoup a*autrcs, le CoJlaleur