‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 94 sur 207 · HEM · texte numérisé non relu

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etm'eor, pTos de piété, pttis d^mclion el iiool le sljle soit meilleur en toni sen». Lnuleor 7 eetre tellement dan» te détail des éréoeinenCs et de leur» circonstances, qu*il M s'écarte jamais de son sojet. C*esC un des onnoments le pins aiitbenliqne qn^on ait pour Itiisloîre ecdésiasriqne de ee siècle, et Ip plus instractif sur oe qui regarde les misdons des pays an Nord. Quoique saint lembert ffltau bit |)ef lui^nreme des actions le sain! Anscbaire, tient néannioins recours iceutqa*il savait en être instruits. Il proitA en particulier de& connaissances d'un mire disciple du saint archevêque, et conlolta ratme les ecclésiastiques de Ham* IDorg;c*est ce qui, joint à son buinilité, le }onn kles désigner è ta tète de son ouvrage, fOQs le nom général de fils et disciples k saint Anschaire ; nom sons lequel il le lédie SOI moines de l'ancienne Corbîe en ^nnee. Cette Vie fait partie du sixième tome te Actes de TOrdre de Saint-Benotr. Phi- Ippe César lui donna place dans son TriaiùstobUui^ publié k Cologne, en 1642.

Saint Rembert , au rapport de Tauteur irigioal de sa Vie, avait écrit quelques letfts de piété, adressées à diverses per«> ^oes. Hais de tous ces précieux roonunents, dignes de passer k la dernière pos« tnté^ nous ne possédons que celle adressée iWalbtirge , religieuse au monastère de Beoherse. Adal^ire t*étant allé voir, elle la plaignit à lui qu*elle ne recevait que rarement des lettres de la part de Rembert. Lr saiol, |>our lui donner des marques de tto attention , crut pouvoir ne mieux faire ]Qe de Texhorter, elle et sa communauté, à jcffiplirtous les devoirs de leur état, principataeot à joindre la pureté de TAme à celle n corps, et à conserver ce don précieux de Il grâce par rhumilité, qui est le vrai moyen «plaire à Jésus-Christ, Tépoux des vierges. •Suivez, leur dit-il, cet agneau en cette vie« ttjant par la pureté du cœur que du corps ; Kiîez-lc partout où il ira« en observant ses Pépies, afin qu'avec son secours vous poUsicz aussi le suivre dans la vie éter- *"l^> et chanter ce divin cantique que péroné ne jpent chanter que le chœur des 3 es. « Cette lettre n'est qu'un tissu des . es de TEcriture , de saint Augustin et ^ saint Grégoire le Grand. Saint Rembert ^Uassiduement les écrits de ce saint Pape, v^Qt il avait fait des extraits de ses propres JMjns, pour s'en servir, soit dans ses dis- ^rs» soit dans ses lettres de piélé. Il en J^fit plusieurs en ce genre , pleines d*édiwuon. Elles ne sont point parvenues jusy>* oous, k Texceptionde celle k Walburge, HwPossevin et André Valère, semblent

o^îtl'"* pour un traité sur la virginité. Il- Tr! ^^ *"^» (Saint}. Les Pères du .-fi' *®°' Tolfice fut de prêcher ou de •"^'eodre la religion au centre de la civilisa-

'^Qj^recqueet latine, de vaient unir k Texem- MMesTertos cbrôliennes le savoir el Télo- 40|înce ; cl nous dvons vu que la Providence ^7 pourvoir. Elle suscita les Rasile cl les • WsliD pour instruire des esprits cultivés

el pow confondre de subtils hérésiarques. Mais, pour convertir les barbares, il n était besoin ni de beaux esprits» ni de savants. Il fallait des hommes irune simplicité mâle et austère^ accompagnée de la force du caractère et de la volonté. Tels forent la plupart de ces évéques des Gaules qui amenèrent an sein de PEglise les hordes germaniques, qui façonnèrent des espits grossiers au jou^ de la religion, qui aidèrent ensuite si puissamment eux-mêmes k construire Fédtfice du gouvernement civil. Dieu mit saint Rémi en face de Clovis payen, el le fier Sicambre courba la tête devant l'apôtre. Ce saint homme, né en 438 ou 439 d'une famille fllnstre des environs do Laon en Picardie, avait été tiré dès Tftge de vingtquatre ans du fond d'une solitude pour être placé sur le siège pontifical de Reims. La renommée de ses vertus et de ses hautes

auairtés l'avait rendu vénérable dans les aules. Appelé secrètement par la femme du roi Germain, chrétienne et catholique, pour féconder le germe d'un désir de conversion qu'elle avait implanté dans l'Ame de son époux, Rémi, secondé de saint Godard de Rouen et de saint Waast d'Arras, consomma ce grand ouvrage. Les Francs suivirent Texemple de leur prince, et Rémi, assisté des deux évéques que nous venons de nommer, sema parmi eux la parole évangétique. On n'a du saint pontife que quelques fragments de lettres, et encore leur authenticité est-elle contestée. Son œuvre k lui, c'est d*avoic lait la France chrétienne, te plus bel œuvre sans contredit que, depuis celui des apôLres, ait accompli la mission évangélique, dans finlérélde la religion et de la société humaine.

Saint Sidoine esl le seul des auteurs contemporains oui parle des écrits du grand évéque. Il n en marque ni le sujet ni les titres; il se contente de dire qu'ils formaient plusieurs volumes et qu'il était venu k bout de se les procurer par un homme d'Auvergne, qui avait réussi k force d'ar* gent k les obtenir de sou secrétaire. Il loue en général la justesse de ses discours qui se soutenaient partout avec autant de solidité que d'agrément, la grandeur de ses pensées, la force do ses expressions, la noblesse des exemples qu'il rapportait, la fidélité et l'exactitude des témoignages dont il appuyait ses preuves, le choix des épi« thètes, la grflce et la politesse des figures et la force des raisonnements. Il ajoute k ce tableau flatteur qu'il en retrace beaucoup d'autres éloges qui nous en font encore plus vivement regretter la perte. Quoi qu'il en soit, nous allons dire un mot des quel- (]ues traginents de lettres qui sont venus jusqu'k nous» sous le nom do ce premier consécrateurde nos rois.

A Cloviê. — Le jour même oh il ba()tjsa Glovis, le saint évè^^ue de Reims administra ce sacrement do la régénération k plus de trois mille français, au nombre desquels se trouvait une sœur du roi nommée Albo-' flède. Celle princesse ne survécut pas long

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temps à son baptême. Clovis qui Taimail en frère se montra vivement touché de sa mort, ce qui engagea saint Rémi & lui écrire une lettre de consolation dans laquelle il lui représente qu*Alboflè(le étant morte dans (les sentiments aussi chrétiens, il y avait moins sujetdepleurer quede se réjouir de sa mort. Dieu ne Pavait enlevée & ce monde que pour la placer dans sa gloire et lui donner la couronne qu'elle méritait, pour lui avoir consacré sa virginité. Les Chrétiens ne doivent Eoint pleurer celle qui a mérité de devenir la onne odeur de Jésus-Christ ; au contraire, son souvenir doit faire leur joie, puisque par le crédit qu'elle a sur le cœur au divin époux, elle peut obtenir tous les secours que Ton réclame par son intercession.

« Ainsi» mon seigneur, ajoutait le saint évoque, bannissez te chagrin de votre'cœur, aGn que votre esprit jouissant de toute sa tranquillité, vous continuiez de gouverner vos États avec votre sagesse ordinaire. Que les peuples dont vous êtes le chef et dont le soin vous est confié ne vous voient point dans la tristesse, eux qui vous doivent le bonheur de vivre dans la prospérité. Soyez Tous-mème votre consolateur et ne permettez point que le chagrin trouble la sérénité de votre Ame. Dieu lui-même, le grand Roi du ciel, se réjouit d*avoir appelé à lui votre sœur pour la placer dans sa gloire avec les chœurs des vierges, i» Saint Rémi recommandait à Clovis le prêtre Maccolus porteur de sa lettre, et rassurait en même temps qu'il serait allé le consoler lui-même, sans 1 extrême rigueur de Thiver. Cette lettre est sans date.

Au même. — 11 n'y a point de date non

f^lus à la seconde lettre que le saint évêque ui écrivit; mais on voit que ce prince se préparait alors à la guerre contre les Goths, maîtres encore d'une partie des Gaules qu'ils infestaient de Tarianisme. Ainsi on peut la rapporter à Tan 506 ou 507. Le dessein de Clovis fut approuvé de tous les Français. Mais avant de Texécuter, il défendit & toute son armée de piller les vases sacrés des églises et de ne faire aucune insulte aux vierges ou aux veuves consacrées à Dieu, aux clercs, à leurs enfants, à leurs domestiques, ou aux serfs de .l'Eglise. Saint Rémi lui donnait des avis sur le gouvernement des peuples que Dieu soumettait à sa puissance. n, Choisissez- VOUS des conseillers, lui dit-Il, qui fassent honneur à votre dignité et qui soutiennent votre réputation. Honorez les

Crêtres et prenez toujours leurs conseils; le ien de vos Etats dépend de la bonne intelligence que vous entretiendrez avec eux.

Relevez et soulagez vos peuples et vos citoyens; consolez et secourez les affligés; protégez les veuves ; nourrissez les orphelins; et faites en sorte que tous vos sujets vous aiment et vous vénèrent et que toutes vos paroles et vos ordonnances soient réglées sur la Justice. N'exigez rien des pauvres ni des étrangers. Que la porte de votre palais soit ouverte à tous ceux qui s'y présenteront pour vous demander justice; que

Personne ne s'en aille mécontent de vous, lue les grands biens que vous avez hérités de vos ancêtres soient distribués de mani^9 à ce qu'ils puissent servir à racheter les captifs et à les délivrer de la servitude; qu'au* Clin de ceux qui se présentent devaot vous ne s'aperçoive que vous le recem comme un étranger; admettez les jeaoei gens à vos plaisirs et ft vos jeux, mais trai* tez des affaires de votre royaume aveclai vieillards, si vous voulez régner heureuse* ment et passer pour un prince grand etgt* néreux. »

AHéracle^ évêque de Parii^ etc.— Qael()ua temps avant la mort de Clovis, saint Reuif« à la recommandation de ce prince, avait élevé à la prêtrise un ecclésiastique nomorfi Claude. Il lui arriva du tomber dans uni faute qui ne parut pas assez grande au saîri évêque pour mériter \» déposition. II sa contenta donc de le réconcilier à l'Eglise par la pénitence. Trois évêques des Gaules, Uti radius évêque de Paris, Théodore d'Auiem et Léon de Sens, désapprouvèrent sa cot^ duile, prétendant qu'elle était contraire aiff canons, et se plaignirent à lui-même, pal, une lettre commune, qu'il se fût relâché | regard de Claude d'une manière qui avilia». sait son caractère. Sensible à ces reproches^ le saint crut devoir justifier sa conduite, f leur écrivitdoncque, s'il avaitordonnéprtire' celui pour lequel ils témoignaient tam da mépris, ce n'avait été par aucun motif dm*» térêt, mais à la prière et sur le témoignaji d'un grand roi, qui méritait bien que roi( eût pour lui des égards, puisqu'il était, al le prédicateur et le défenseur de la loi ca* tholique dans son royaume; qu'en disant, que ce prince avait fait élever Claude Ih. prêtrise contre les canons, ils s'arro^eaieal eux-mêmes l'autorité du souverain puolifi puisqu'ils prononçaient sur une matière o& il s'agissait de condamner la conduite dflL| maître des peuples, du père de la patrie, ci du vainqueur des nations. A Tégard du sa* crilége dont Claude éiait accusé, il lesavaB priés de trouver bon qu'il expiât celle faaH' par la pénitence. En cela il n avait fait qot suivre les règles prescrites par ^Ec^iluf^ où nous lisons que la pénitence délivra lea Ninivites de la ruine dont ils étaient roeDa» ces. Le saint Précurseur avertit les peuples d'effacer leurs péchés par de dignes fruiU de pénitence ; saiut Jean, dans ^A|K>cal)p$^ enjoint aux évêques d*Asie de réfprtûcr par la pénitence le mal qu'ils avaient commis dans l'administration de leurs églises. « Ual^ ajoute-t-il, ce qui me paraît ressortir de to* tre lettre, c'est que vous appréhendez qaa ce prêtre ne se convertisse et ne vive, quoique vous ne puissiez ignorer que le Sei* gneuraitdit : Je neveux point la moridupi^ cAeur, mais plutôt qu'il se converiisMt ^ {^^ vive. [Exech. xxxiii, 11.) N'est-il pas pies expédient de suivre la volonté du Seigneur

Sue de nous en écarter? Il ne nous a p^ tablis pour dominer sur les peuples a▼^* hauteur, mais pour les conduire avec douceur; et plus pour éJilier les fidèles qu»

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DE PATROLOCIE.

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pour leur faire sentir les effets d*un zèle iMpriolent et trop amer« » II se plaint de :eque ces trois évêques roulaient le rendre ■v^poosable de certains effets qu*un nommé CeUe arait confiés an prêtre Claude, et de â personne même de ce Celse qui avait dislaru. a Vous me demandez» leur dit-iJ, des :hoses impossibles, pour avoir occasion de ùt traiter avec plus d'indignité ; et vous Kiussezla raillerie jusqu'à me reprocher le nombre de mes années en m'appelant ju(t7^, larce qu€ il y a cinquante-trois ans que je ttis éTÔaue. »

A Foulques^ éviquc de Tongres. — On ne rouve pas moins de vigueur dans la lettre •tressée à Foulques, évégue de Tongres.

'oui quelle en fut l'occasion : L'église de lauzan avait toujours été de la iuridiction f Ti^vèque de Reims. Comme elle confine ; diocèse de Tongres, Foulques ne se vit «5 plutôt en possession de son sié^e, que ins se donner le loisir d'en examiner las roiu, il ordonna des prêtres et des diacres our réglise de Hauzan, v établit un archiîacre, uo primicieri et s appropria certains nreiius dépendants de cette église. Saint mi, informé du procédé de Foulques, l'en ["prit vivement, mais sans s'écarter des rèr jes de la charité, se proposant uniquement Hgager ce nouvel évèquo à se contenir ans les bornes de sa juridiction, et à se r>Dduire dans la suite avec plus de prurnceetde retenue. Il lui représente qu'au va de lui faire cette injure en usurpant ses ftiiis» il aurait dû commencer son épiscoi( par lui donner avis de son ordination. i avant d*être élu évêque il ne connaissait I) les canons de l'Eglise, il était de son eToir de s'en instruire aussitôt après son ^tion; au contraire, s*il en était instruit, I bute qu'il avait commise en célébrant des rdinalions dans un diocèse étranger était cflacoup plus grande. Les taxes ou redeanres qu il avait exigées de la ville de lauzan ou de ceux qui en cultivaient les ^TTts, marquaient trop d*avidité pour les <«*ns temporels; et cette avidité donnait ieu do croire qu'il recherchait plus les «cas de l'Eglise que l'épiscopat. Enfin il lui •^ lare qu'il a déposé les prêtres et les dia- 1*5 ordonnés par lui contre les canons. Il '•«ibie vouloir porter cette affaire au jugeaenl des évéques. Mais peut-être que Foul- 'Jtrs ne Tattendit pas, et qtjtt se désista «ses prétentions sur le spirituel et le tem- >'rv( de la ville de Mauzan et de son terri- ;ire qui dépendent encore aujourd'hui de «nrhevêché de Reims.

^^pape Hortnisdas. -- Le diacre Hormis- >-^$ ajant été élu pour succéder au pape '.Mi)DQai^ue, mort le 9 juillet 514, saint ^emi lui écrivit aussitôt, pour le féliciter 'Jr son eialtation. Nous n avons plus cette ^re, mais nous avons la réponse, dans la- [uelle Uormisdas, en déclarant saint Refui ^'n ficaire et son légat dans tout le royaume '^ Ciovis, rappelle son fils spirituel et le ""«raiule de ce que par un elfet extraordi- ^iirc et des miracles comparables à ceux

qu'ont accomplis les apôtres, il avait depuis peu converti et baptisé ce prince avec toute la nation française. Ou retrouve ces quatre lettres publiées sous le nom de saint RemI dans les Recueils des conciles et dans toutes les Bibliothèques des Pères,

Testaments de saint Rémi, — Nous avons deux testaments sous le nom de saint Rémi ; l'un beaucoup plus long que l'autre. Le premier est rapporté dans le septième livre des Formules anciennes du président Brisson, qui l'avait tiré des écrits d'Hincmar et des Archives de l'église de Reims. Doni Guillaume Marlot, grand prieur de Saint* Nicaise, nous a donné le second, qui est plus simple et moins orné. Ils commencent et finissent tous les deux de la même manière, et sont signés des mêmes témoins. L'auteur dit à la fin de chacun , qu'après avoir fait et signé son testament, il avait légué à la basilique des saints martyrs Ti* mothée et Aitollinaire un plat d'argent du poids de six livres pour son tombeau. Mais plusieurs savants ont contesté Tauthenticité de ces deux pièces. Le Père Suj^skens, dans les Acta sanctorum^ paraît avoir démontré que lé plus an^ple de ces testaments est une pièce supposée. L'abbé Bye, savant bollandiste, a fortifié les preuves du P. Suyskens d'une dissertation intitulée Réponse au Mémoire de Mgr des Roches^ Bruxelles, 1780, in-8". L'abbé Ghesquière a démontré la même chose dans les Àcla sanctorum Belgii selecta, (Voir pour plus de renseignements la discussion établie h ce sujet dans la ^tbliothèque des auteurs sacrés de dom Ceillicri tome XVr.)

Yillipand a fait imprimer \ Rome, en 1598, sous le nom de saint Rémi, évêque de Reims, un Commentaire sur les EpUres de saint Paulf qui porte des traces de supposition trop flagrante pour que nous ayons à nous en occuper, il nous suffira de dire que fauteur de ce Commentaire cite des écrivains de beaucoup postérieurs i saint Rémi, comme Cassiod(»re, le vénérable Bède et saint Grégoire le Grand. On ne croit pouvoir mieux l'attribuer qu'à Rémi d'Auxerre, célèbre par plusieurs commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament, lequel avait été appelé par l'archevêque Foulques, pour enseigner à Reims sur la fin du ix' siècle.

REMI, évêque de Coire, que nous ne connaissons pas autrement, composa par ordre de Charlemagne un Recueil ce canons pour les Eglises d Allemagne. Il est divisé en quarante-neuf capitules tirés pour la plupart des fausses décrétales. On lit dans le quarante-septième les propres paroles de la lettre c|ui porte le nom du pape Urbain ; ce qui fait voir l'erreur de ceux qui ont cru que cette fausse décrétale n'avait été fabriquée qu'après l'an 829; car on ne peut douter que cet évêque de Coire n'ait été contemporain de Charlemagne, mort en 824.

Goldast a inséré le Recueil de Rémi dans le second tome des Historiens d'Allemagne.

REMI, grand aumônier de l'empereur Lothaire, succéda à Amolon, sur le (ié^e

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archiépiscopal de Lyon on 852. L*antiquUé ne nous apprend rien de sa naissance ni de ses premières études, mais la conduite qu'il tint dans i'épiscopat, nous fait juger qu'il avait reçu une éducation brillante et quMl était parfaitement instruit dans les sciences ecclésiastiques. Les temps alors étaient difficiles et mauvais; l'Eglise de France était affligée d*une foule de désordres qui furent

J)0ur le nouveau prélat une source de doueur et de gémissements. Il ne voyait quV vec larmes le trouble et la division qui régnaient dans Tétat, la sévérité des lois tombée, les conciles généraux, ces remèdes si efficaces contre les désordres, négligés ou interrompus, les études, ces moyens si propres à soutenir la crop^ance, presque éteintes partout, et ce qu*il regardait comme le comble du malheur, la vérité méprisée et ravalée au-dessous des plus folles opinion^ humaines. Touché de tant de maux, mais sans en être abaltu, ce savant et généreux prélat résolut de consacrer tout son zèle h y remédier. La Providence lui en fournit l'occasion dès son entrée dans l't^piscopat. Raban, archevêque de Hayence, Hincmar de Reims, et Pardule de Laon, venaient de condamner en divers conciles la doctrine de Gothoscalc, lorsc]u*ils écrivirent à Amolon pour le prier d appuyer leur décision de son suffrage. Amolon n'existait plus lorsque ces lettres arrivèrent à Lyon; mais Rémi, son successeur, après avoir pris lavis do son clergé y fit au nom de TEglise de Lyon la réponse triomphante que personne aîiîourd hui ne lui conteste plus.

La première des trois lettres envoyées à Lyon était celle d'Uincmar. Cet évéque exposait comment Gotliescalc avait été condamné dans les deux conciles de Mayence et de Quierzy, après j avoir été entendu ; nuis il donnait le précis do sa doctrine sur la prédestination, la volonté de Dieu pour le salut du genre humain, et les forces du libre arbitre depuis le péché du premier homme. Il n'oubliait pas de remarquer que ce moine s'était donné la mission de prêcher sans en avoir reçu le pouvoir, et que bien loin d'imiter Jean-Baptiste, en commençant sa prédication par la pénitence, il avait commencé, lui, par répandre ses erreurs sur la double prédestination. Saint Rémi, avant d^entrer en matière, établit d'abord sept règles ou aept principes do théologie, savoir, que la prescience et la prédestination de Dieu sont éternelles ou immuables; que toutes choses sont soumises % sa prescience et à ses décrets; que dans chacun des ouvrages de Dieu, tout ce qui a été prévu a aussi été prédestiné; que les bonnes œuvres sont de Dieu principalement, mais aussi de la créature par coopération ; que les fautes commises par la créature, sont prévues de Dieu sans être prédestinées ; que la prédestination divine n*impose à personne la nécessité de faire le mal ; et qu*encore que les termes de prescience et de prédestination ne se trouvent pas expressément dans les Ecritures, ils y sont d'une manière équiva-

lente et de façon è ne laisser aucun doute; enfin, une comme aucun des élus Depcm périr, ue même aucun des réprouvés ne peut être sauvé.

Ces principes posés, il répond par onlru aux reproches d'Hincmaret remarque qui] n'était pas croyable que Gothescalc, en prft chant aux inndèles, eût commencé par le» instruire sur la prédestination. Il est plui vraisemblable que c'est avec des fidèles lJo^ tes et bien instruits qu'il s*en est enlreteou, pour leur donujer une idée avantageuse do son savoir. Encore qu'il soit blâmable \ cause de sa légèreté, de sa témérité et de si trop grande démangeaison h parler sur ces sortes de matières, ce n*est pas une raisim qui oblige h rejeter ce qailen a dit.tp prouve par plusieurs passages de saint An* gustin et de ses disciples, que la prescience et la prédestination de Dieu étant infaillible^ il s'ensuit qu'aucun de ceux qu'il a prédes^ tinés à la gloire par une grâce toute gratuit!^ ne périra, comme également aucun decea qu'il a prétlestinés à la mort éternelle pli un Jugement équitable, après avoir ^irerï leur impiété, ne sera sauvé ; non qui! M contraigne à la damnation par la force dc«

f)uissance, mais parce qu'ils la méritenl (41 eur mauvaise volonté et lour pcrsévéraiief dans le crime.

Sur la volonté où est Dieu de sauver (oai les hommes, il enseigne qu*il est ccrtaio^ d*un côté, que tous les hommes ne sontpn sauvés,etde l'autre, que tout ce que Pieu reoV il le fait; que pour résoudre une questiul aussi difficile, on peut dire avec les saiidi Pères que les termes tous dans celte prQ|)a^ sition, Dieu veut que tous les hommes soitst sauvés [I Titn. ii, 4), signifie, ou qu il y es a de sauvés dans toutes les coudilionsd parmi toutes sortes de personnes, ou biet tous ceux qui sont sauvés, parce qu'il o*]f en a de sauvés que par lui, ou encx)re |»anBi qu'il inspire aux fidèles le désir que \sm les hommes soient sauvée, ou enftti, pan*

Ïu'il a donné à tous les hommes, comsi réateur, la liberté de se sauver s'ils le tcolent. Ce n'est qu'avec peine qu'il s'expli<j« Ih-dessus, et sur la mort cfe Jésus^Ibri»! pour tous, quand il voit les autres agiter des questions si obscures et si embarraf* santés, llconvientque lésusXbristeslmorL non-seulement pour les élus, mais eocdra pour ceux qui, après avoir reçu le baplêitiCi ne persévèrent pas dans la çrAce, et pour ceux d'entre les infidèles qui doivent être appelés à la foi; mais il ne croit pas quil ait répandu son sang pour les imi)ies morts avant sa naissance temporelle, oipourle^ inGdèles qui ne viendront jamais à la coo* naissance de la vérité. Il apporte sur tous ces points des autorités de 1 Ecriture et des Pères, et «Joute que s'il se trouve quelque docteur qui ait dit que Jésos-Chrisl c>t mort, même pour ceux qui n*ont point w«:« le baptême, on peut tolérer \'^ exjjression^ pour le bien delà paix , quoîqu elles ne soient ni vraies ni exactes ; d'où il conel" que nous ne devona pas nous condamfl^^

DE PàlRtfLOGlt

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\H 005 les autres dans cos sortes de dispu^ ir$. parce qu'il se peut fhire que par iitcapaciié ou |)ar ignor afice, nous ne soyons pas en étal de connaître le rr^u

Comme Hincmar, dans sa lettre, imputait î Golheslcac, de soutenir que le premier lioatme irait perdu son libre arbitre, et que ^ soite aucun de nous ne le possédait

Ear faire le bien, mais seutement pour re le mal, saint Bemi répond qu'il paratl lorm^able qu'un homme nourri et ins^tniit ^1 lesfkieles et pat les ûdèles, savant et usida à la lecture des Pères, soit tombé bas une erreur de cette nature, erreur que iun ne trouve avancée nulle part par lei» né- "iiKioes. Cetle proposition serait oribodote, À Ion ajoutait, tans fa grûee^ parce <iu'en tfel notre libre arbitre, depuis le péché, a «soitt de la grAce de Jési>s pour se porter m bieu, au lieu qu'il s'y portait de luiaéme avant le péché. Après avoir établi «tlo doctrine, il remarque qu'il estftbsurde JR ce moitié amené au jugement des évèpes, ait été d'abord condamné au fouet pur «abfiés i^résents, puis jugé par ks évô« |Bp& suivant les canons. On devait le cbA* mt |iour les injures qu'il avait ^ dit-on, sir>férées contre les évoques, mais ils délient lui faire snbir ce châtiment plutôt m d auti^es que iiar eux-mêmes. Quant au •liroclie qu on lui Haii de n'avoir pas voulu flinger de sentiment sur la (>rédestination iritte, parce ()u*il croyait le sien conforme lit foi catliolique et conGnné par les saints !tre$, il nous parati hors de doute qu'il n'a Mrn dit que de véritable et que Ton no soit Aljgé de recevoir, si Ton veut passer pour Mitolique. « Tout le monde, ajoule-*t-il, a ta borretir la cruauté inouïe que l'on a iiercée envers i!« misérable, en le déchirant f <oup de fouet jusqu'à ce qu'il se décidât à jtterdans un feu allumé devant lui, un mémoire o& il avait recueilli des passages de Fïmitire et des Pères, jpour les présenter ioconcile;au li^u que jusque-là, tous les Mrétiques ont été convaincus par des paro*^ ks et par des raisons. » Il dit que des cinq fru|Kh»itions contenues dans le libelle qu'on Im avni envoyé, il nV avait que la dernière poor laquelle il méritât d'être condamné, si ^(efois il l'avait avancée dans les mêmes tmups, c'était celle qui regardait le libre tftiitre; que l'on devait au moins tempérer tt longue et inhumaine détention par quel* 9tte consolation, pour gagner par des témoi"^ P'ges de charité, ce frère pour qui Jésus- ^imt est mort, plutôt que de l'accabler de instesse. Ensuite saint Bemi réfute tout eu (taHifictnar avait dit dans sa lettre sur la volonté de Dieu de sauver tous les hommes Q>ûtre la prédestination des impies à la mort, <^t m le libre arbitre. 11 y a peu de chose à Marquer dans sa réponse à Pardule de Laoo ; quant à celle de Haban - H aur, elle a'aTait j)oint clé adressée à TEglisede Lycm, ^i< ^ Notingne, évêque de Vérone. Hinc- ^t'^ t\ iMule avaient invoqué dans leur ^^^^^' l'autorité de l'fl jpognosticon , en le ^t^m sous tê.noin de saint A^gnstîn et dVn

autre écrit qu'ils anribuaiem II saint )é^ rôme. Saint Rémi feit la critique d« ces deux ouvrages, at«Hmtre qu'ils sont suppo*sés( ce qui passe aujourd'hui pour constant.

Il y a peu d'écrits du même siècle où l'on trouve plus da théologie, plus d'ordre, plus de nréthode, plus de force de raisonnements, plus d'érudition, plus de netteté et de précision de style ; quoiqu'il soit vrai de dira cependant que saint Rémi n'est pas entière* ment exempt du défaut ordinaire aux autres écrivains du même temps ; c'est-à^lire qu'il se sert de temps en temps d'expressions dures et insolites, qui se ressentent de la bartHirie et de la décadence de la bonne latinité. On est forcé de convenir, à certains traits de critique qui se rencontrent çà et fà dans ce! ouvrage,que l'auteurétaitloind'ètre dépourvu de cette Qualité, chose excessivement rare et presqu iuconnue àcetie époque.

On ti^uve à la suite de cette répotise un petit traité dogmatique intitulé : Traité de ia condamnation de tous lee hommes par Adam^ etdeia dêtitrance de quelqutê^tms par Jéeus-Chriet ; restriction qui ne doit s'entendre que de la délivrance efficace et effeM> tive. Le but de l'auteur est de montrer qu'encore que tous les hommes aient mérité la tiamnation éternelle par le péché d'Adam, Dieu, par un effet de sa miséricorde et de sa bonté, en a tiré quelques-uns gratuitement de cette masse de damnation , f>0ttr les sauver, après les avoir rachetés par e sang de Jésus^Ibrist , et y a laissé les autres, [mr un juste jugement. Ses preuves sont tirées des EpUres de saint Paul et des Pères de l'Eglise, surtout de saint Augustin.

De Vautorité de f Ecriture et des Pères. — Quelques Odèles croyant la doctrine de saint Au^stin attaqué» aussi bien que celle de l'Ecriture dans les quatre articles de l'Assemblée de Quierzi, en 863, les dénoncèrent à l'EgHse de Lyon. C'est ce qui donna occasion au traité dans lequel saint Rémi montre qu*il fa a ti s'attacher inviolablement à la v*rité de l'EcrituTe sainte et suivre fidèlement l'autorité des Pères de l'Eglise. Les quatre articles de Quierzi portent, qu'il n'y a qu'une seule prédestination, savoir celle des élus Cfue Dieu nrédestine par la grâce à la gloire; qu'à l'égard de ceui qu il laisse dans la masse de perdition par le jugement de sa justice, il ne les a pas prédestinés à périr, Quoiqu'il leur ait prédestiné la peine qu'ils méritaient. Nous avons recouvré par lésus-Christ la liberté que nous avons perdue dans le premier hoiume. Ainsi nous avons le libre arlnire pour faire le bien ayec le secours de la grâce, lorsqu'il en est prévenu , et pour le mal lorsque la çrflce l'abandonne. Dieu veut sans exception le salut de tous les hommes , quoique tous ne soient pas sauvés ; mais ceux qui sont sauvés, ^e sont par la grâce du Sauveur, et ceux qui ijérissenl, périssent par leur faute. Comme ri n'y a point d*homme dont Jésus-Christ n'ail pris la nature, il n'y en a point poor lequel Il n'ait souffert, quoique tous ne soient pas

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rachetés par sa passion ; or, si lous ne sont pas rachetés, ce n*est pas que le prix soit insuffisant, mais c*eslqu*il en est qui ne croient pas de cette foi qui opère par la charité. Saint Rémi trouve à reprendre que dans leur premier article, les évêques du Quierzi aient avancé que le premier homme était libre de faire le bien, sans ajouter qu'il avait besoin du secours de la grftce, sans laquelle ni lui ni les anges ne pouvaient, ni acquérir la justice ni y persévérer jus-

Îu*à la fin. Il trouve encore mauvais que ans ce même article, ils aient donné à en* tendre que la prédestination des élus se faisait à cause de la prévision de leurs mérites, et qu'ils aient nié la prédestination des impies à la damnation éternelle. Il trouve qu'ils se sont mal expliqués dans le second, et avec trop de concision sur le libre arbitre, pendant qu'ils pouvaient dire clairement ce 3u'ils en pensaient, en recourant aux écrits es Pères gui ont traité cette matière avec clarté. Il ajoute qu'en les consultant et en suivant leur doctrine, ils n'auraient pas dit que nous avons perdu le libre arbitre par le péché du premier homme, mais seulement qu'il a été affaibli par ce péché ; de sorte qu'encore qu'il subsiste, il ne peut cependant accomplir le bien sans la grflce, ce qu'il entend du bien qui a rapport au salut; car il convient que l'homme peut, sans ce secours, vouloir ce qui est bon et utile h la société et à ses intérêts. Il désapprouve ce que l'on avait lyouté au second article savoir, que nous avons le libre arbitre pour le mal quand il est abandonné de la

f^ràce^ comme si, dit-il, nous n'avions le ibre arbitre pour le mal que depuis que nous avons été régénérés par la grâce de Jésus-Christ. Ses remarques sur le troisième article sont en partie perdues. On voit par ce qui en reste, qu'il n approuvait pas qu on y e&t dit aussi absolument : Dieu tout-puis^ sant veut le salut de tous les hommes sans exception^ et qu'on eût regretté par là les explications que les Pères ont données aux paroles de saint Paul, sur la volonté qui existe en Dieu de sauver tous les hommes.

11 divise le quatrième article en trois parties. Dans la première, il enseigne qu encore que iésus-Christ ait pris la nature commune è tous les hommes, il ne l'a point prise par nécessité , mais par sa bonne volonté ; qu'ainsi il lui était libre de racheter ceux qu'il voulait, c'est-à-dire les élus, pour les* quels il s'est fait homme et a répandu son sang. Il dit dans la seconde, que rassemblée de Quierzi ne devait pas alBrmer, comme elle l'a fait, qu'il n'y a point eu d'hommes, qu'il n'y en a point, et qu'il n'y en aura jamais pour qui Jésus-Christ ne soit mort, puisque, quoiqu'il soit mort pour tous les baptisés et tous les justes de 1 Ancien Testament, il n'est mort ni pour les infidèles morts avant son Incarnation, ni pour ceux qui n ont jamais connu la vérité, ni pour les enfants morts sans baptême. Dans la troisième partie, il blAme la comparaison que (*^te assemblée faisait des infidèles qui n'ont

pas eu la fui, avec les fidèles qui, juitifiés dans le liaptème, retombent et menreat dani, Je péché. Il soutient que Jésos-Chrisl ne^l mort que |)our ceux auxquels l'Eglise sW téresse, en offrant pour eux des sacrtik^ ' Ce traité, comme les précédents, est appuj de l'Ecriture et des Pères, particulièreme de saint Augustin; car il est à remarqo que l'on convenait de part et d*aulre dai les disputes sur la grâce et la prédeslinalio

2 ne de tous les Pères, le docteur d'flippo tait celui dont l'autorité devait être le pL suivie; et de là vient qu'Hincmar s'attacbi si fort à soutenir que le livre inliiulé f ponnesticon était de saint Augustin, pa qu'il trouvait dans ce livre de quoifaîor son sentiment et sa doctrine.

Saint Rémi fit confirmer la sienne dans I différents conciles auxquels il assista. Il ^ sida le concile de Valence en 855, se trou à celui de Langres et à celui de Savonièr près de Toul, en 859, et se signala dans t tes ces assemblées par un zèle peu oooiid Cet illustre prélat termina sa vie gloriei en 875, après avoir fait diverses fondatio On trouve son nom parmi ceux des sai dans le supplément au Martyrologe rom de Ferrari, et dans le Martyrologe de Franc par du Saussay; mais il ne paraît pasqu ait jamais été honoré d'un culte public. ( trouve les écrits que nous venons d'acai ser, dans toutes les BibliotlUques des Pèr Divers auteurs, entre autres, Maldooal Us.sérius ont voulu lui faire honneur d' Commentaire sur les épitres de saint Pnul, on le trouve sous son nom dans la MM thique des Pères de Cologne ; mais cet vrage n'appartient pas plus à saint Reoii Lyon qu'à saint Rémi de Reims, sous le m duquel Villalpand le publiaàRomeeo 15f et qu'il porte aussi dans les éditions qui ont été faites à Mayence en I6U, et dans tome Vlir de la Bibliothèque des Pèm Lyon ; mais nous montrons dans i'aru suivant que ce commentaire est l'oeuvre Rémi d'Auxerre.

REMI, d'Auxerre, un des plus célèbr docteurs qu'ait eus l'Eglise de France ï u époque où ils étaient rares, est moins ce nu par les événements de sa vie que par doctrine et ses écrits. On ignore le lieu l'époque précise de sà naissance, mais que| ques passages de sîts écrits font présuin qu'il naquit en Rourgogne, un peu avant milieu du ix* siècle. Il prit Thabit nioaa>i que à l'abbaye de Saint-Germain d*Auiei re, où il eut pour maître fienricouHen (jui avait été disciple de Loup de Perrière Ses études, suivant le bon usage de ceten)(> là, embrassèrent les sciences divines clin fanes. On croyait alors ce que les gens sj^^') pensent encore aujourd'hui que ces scieuces bien étudiées, au lieu de s'exclure, ^e prêtent un mutuel secours. Après avoir enseigné quelque temps dans ce monastère et formé des disciples capables de l'y remplacer, il fût appelé à Reims, vers 882, par Foulques, archevêque de cette ville, pour jéta* blir des écoles. Foulques étant morti vert

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bE PATROLOGie.

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fan 900, Rémi passa de Reims k Paris, où il oorrit la première école publique sur Télabli^ement de laquelle on possède des documents certains. Eoire les sciences qu*il y professa, on ne cite que la philosophie et les arts libéraui, mais il est hors de doute qu*il y donna aussi des leçons de théolo^'e. Dans cette carrière qu'il remplit avec distinction il eut rhonnenr de compter au nombre de ses élèves, Odon, qui fut abbé de Cluny, et Tun des plus saints et des plus savants personnages de son siècle. Le Nécroioge de la cath&Jraie d'Auxerre flxe la mort de Rémi au second jour de mai, mais sans en marquer Tannée. On croit qu'elle arriva en 908. Malgré ses nombreuses occupations Rémi trouva encore le temps de composer plusieurs ouTrages.

Commentaire nir la Genèse, — On a de lui des commentaires sur une grande partie des maintes Ecritures. Celui qu'il composa sur la Genèse demeura longtemps enseveli dans la poussière, et pendant les six premiers siècles qui suivirent la mort de I auteur, il parait n avoir été que de l'anonyme de Molk. On doit à dom Bernard Pèz, bibliothécaire de cette abbaye, de l'avoir tiré de l'obscurité et publié dans le tome IV* de son Thesaurtis anecdotarum. Ce commentaire est d'une trèsgrande brièveté. Rémi n'y explique pas mézne toutes les parties du texte sacré, et il laisse dans chaaue chapitre plusieurs versets sans y toucner. Il donne d*abord le sens littéral, puis il passe au sens allégorique ou spirituel qu'il préfère à l'autre, comme plus

}>ropre, dit-il, à la nourriture de Pâme. Le onds de ce commentaire est pris, selon la coutume du temps parmi ce que les Pères avaient écrit de mieux sur le même livre. Il débute }>ar la préface de saint Jérôme sur la traduction du Pentaieuçue dont il explique certains termes et pense que le Didier à qui die est adressée avait été évéque 11 rejette avec le solitaire de Bethléem Tbistolre fabuleuse des cellules séparées dans lesquelles le faux Aristée enferme les soixante-dix interprètes, dans l'espérance de concilier ainsi plus de respect à la version des Septante. Il réfute les erreurs des philosophes sur la création du monde. Il place le paradis terrestre an delà de l'Océan et dans on lieu assez éle- Té pour qu'il fût inaccessible aux eaux du déluge. Il applique au démon ce que la Gemise rapporte de la ruse du serpent, qui n'était que finstrument dont cet esprit malin se servit pour tromper l'hommci de sorte que le démon parlait par la bouche du serpent, comme il le fait encore par la bouche des énergumènes. Par les enfants de Dieu, il entend les fils de Sel h, et par les filles des hommes la race de Cain. 11 ne s'en tient pas à la Tersion des Septante, mais souvent aussi il a recours au texte original, aux interprètes hébreux et aux Pères de l'Eglise. Il j cite aussi de temps en temps quelques particularités empruntées aux traditions des Jui&. En général, cet ouvrage est grave, édifiant, bien écrit; mais il ne faut pas s'attendre à y trouver une explication assez exacte, ni.

surtout assez lumineuse pour donner Tintelligence de toutes les difficultés que présente ce premier livre de Moïse. — Sixte de Sienne met au nombre des ouvrages de Rémi un Commentaire sur le Pentateuque, En effet, on en trouve un sous ce nom parmi les manuscrits de l'abbaye de Tégernsée, mais dom Bernard Pez prouve |)ar de bonnes raisons qu'il est de Ral>an-Maur.

Sur les Psaumes. — Il n'en est pas de mè« me du Commentaire sur les Psaumes ; il ap-

Fartient réellement à Rémi d'Auxerre, et anonyme de Molk, écrivain du xu* siècle, avait eu connaissance de cet ouvrage. On y reconnaît sa méthode et son génie, et personne, aujourd'hui ne songe à le lui contes* ter. L'auteur le commence par des prolégo* mènes ou observations préliminaires pour l'intelligence des psaumes, de leurs titres et des instruments avec lesquels on les chantait. Il met ensuite la lettre de saint Jérôme au pape Damase pour lui demander de faire chanter ia doxologie, Gloria Patrie à la fin de chaque psaume, en y ajoutant alléluia. Une autre lettre du même solitaire à sainte Paule, sur la valeur des lettres de l'alphabet hébreu, le petit écrit de saint Augustin sur l'excellence et les vertus des psaumes. Suit une préface générale sur tout le psautier^ dans laquelle l'auteur explique ce que Ton entend par le termede révélation, et en combien de manières Dieu nous révèle les cho* ses qui ne sont connues que de lui. Il donne aussi la description de l'instrument appelé en grec psalterium^ et en latin organum, sur lequel David avait réglé le chant deà Psau^ mes. Cet instrument était de forme triangulaire et à dix cordes. Il pense que tous les psaumes sont de David ; s*ils ne portent pas tous son nom, c'est qu'Esdras oui les a classés a eu des raisons particulières pour en varier les titres. L'intention du Prophète dans chaque psaume est de «onsoler le genre humain sur les misères encourues par le péché du premier homme, dont nous ne pouvons être délivrés que par la miséricorde de Dieu, et de nous apprendre comment nous pouvons nous en relever par Jésus-Christ, en imitant ses actions. L'interprète s'aj'plique surtout k montrer, qu'encore que les psaumes nous représentent les principales circonstances de la vie de David, il faut les entendre de Jésus-Christ dont ce prince élait la figure. Tel est en abrégé le plan que Rémi se proposa en écrivant sur les Psaumes^ et l'on peut dire à sa louange qu'il l'a fort bien exécuté. 11 est peu de commentaires d*où l'on puisse tirer plus de lumières peur le sens spirituel du texte, et plus de connaissances sur presque tous les points de la religion chrétienne Le Maître des Sentences faisait tant de cas de ce travail de Rémi qu'il le choisit avec les commentaires de saint Jérôme, de saint Augustin et de quelques au^^ très docteurs, pour en composer une chaîne des Pères sur le Psautier. Outre l'édiliou qn'Historpius en fit publier à Cologne eu 1536, on le trouve encore dans les Bmiotkè^ ques des Pères de Cologne et de Lyon.

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