‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 97 sur 207 · ION · texte numérisé non relu

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troisième dimanche de Carême 1093; les autorités et ]es raisons sur lesquelles il établissait son droit à posséder un évoque. La seconde, en date du mois de juillet oe la même année» est une réponse à celle qu*il avait reçue de la même église, sur le jour de la consécration de son nouvel évêque. La troisième adressée à Lamhert, alors sacré évêque d'Arras, regarde des excommuniés, au sujet desquels l'auteur lui donne quelques avis. Enfin , la quatrième, datée du 13 cie janvier 1095, est une réponse à Baudri, chantre de l'église de Térouane» dans laquelle Renauld lui envoie une copie du jugement avantageux que Sigebert avait

f>orté de sa Chronique de Cambrai, Cette ettre se lit en tête de Pouvrage. On la trouve aussi dans Marlot, et Le Yasseur y a joint une traduction française dans les Annales de Téglise de Noyon.

Ces onze lettres ne sont qu'une partie de celles gue notre archevêque écrivit pendant son épiscopat. Mous n*avons plus celle qu*il adressa au Pape Urbain pour lui rendre compte du concile tenu à Reims en 1093,

Eour le rétablissement de l'évêché d'Arras. le toutes celles qu'il eut occasion d'écrire au même Pape, ce n'est pas la seule qui s^it perdue, il nous manaue aussi la réponse à la lettre par laquelle Yves de Chartres lui avait demandé s'il avait réellement approuvé le mariage du roi Philippe avec Bertrade, comme ce prince s'en vantait. 11 ne nous reste presque rien non plus des Actes de tant de conciles que tint l'an^hevêque Renauld, pendant les treize ans qu'il gouverna l'Eglise de Reims. Seulement on en trouve quelques traits répandus dans les monuments historiques de ce temps-là. Il faut cependant en excepter les Actes du concile tenu au milieu du Carême de l'an 1093. L'auteur, qui a pris soin de recueillir les pièces originales, concernant le rétablissement de l'évêché d'Arras, nous en a conservé une partie considérable. On voit qu'à ce concile, dans lequel les églises de Cambrai et d'Arras discutèrent leur droit au sujet de cette érection, assistèrent six évê-

3ues, savoir : Hugues de Soissons, Elinand e Laon, Radboa de Noyon, Foulques de Beau vais, Gervin d'Amiens et Gérard de Térouane, présidés par l'archevêque Renauld, leur méiropolitain.

RÉïlCE, au rapport de Grégoire de Tours, était issu d'une noble famille. Après avoir ])assé pieusement les premières années de sa jeunesse, il s'engagea dans les liens du mariage^ et épousa une femme qui n'avait pas moins de modestie et de sagesse que lui. Unis ensemble par un amour purement spirituel, ils vécurent dans la continence, la prière, la méditation et la pratiuuede toutes sortes de bonnes œuvres. Apres plusieurs années écoulées de cette sorte, la femme, se sentant près de mourir, dit à son mari : « Je vous prie, mon très-cher frère, de commander que, quand vous aurez achevé votre course, on vous dépose dans le même sépulcre où l'on va renfermer mon corps, afin

qu'après avoir conservé l'amour de la chas» teté dans un même lit, nous nous trounoos réunis de même dans un seul tombeau i Peu de temps après la mort de sa femme, Rétice fijit proclamé évêque d'Autun parla suffrages du peuple de cette ville. On nesiiti pas au juste en quelle année eut lieu sod ordination ; mais on voit qu'en 313 Y^m\f^ reur Constantin le nomma avec Materne, évêque de Cologne, et Marin d'Arles, poif juger dans l'affaire des donatistes. Ce prioei avait choisi, pour terminer ce différend se] Ion la justice, ceux des prélats qui se distinJ

Suaient par une vie pure et par une cun* uite aussi sainte que leur caractère. Lunée suivante, Rétice assista au concile d'Arles, convoqué par l'empereur à la prière dd dbnatistes, et son nom se trouve encore aujourd'hui dans les souscriptions de ce coacile.U fit aussi le voyage de Rome, par orAo de Constantin, pour y juger l'affaire de CMlien, conjointement avec le Pape Hiltiade,fl non avec Sylvestre, comme l'affirme saut Jérôme dans sa lettre à Marcelle.

C'est tout ce que nous savons des aciioDs de son épiscopat, pendant lequel il fit loa-

I'ours paraître une piété égale à sa digniié. 1 mourut plein de mérites et de vertus, « fut enterré dans le tombeau de sa femme. Il laissa divers écrits, dont il ne nous resté

four ainsi dire plus que les titres. Sajoi érôme lui trouvait de l'éloquence, et dit 3ue son discours était orné, rapide, plein 'élévation, et son style sublime et magnifique, comme l'est celui de tous les Gauloii 11 lui attribue un Commentaire sur le Cantiifu des cantiques et un grand ouvrage contre l*^ novatiens. il obtint, par l'entremise de Rufia, une copie de ce Commentaire^ qui lui serrit à en faire plusieurs autres pour les distn* buer à différentes personnes ; mais il eo re* fusa un à sainte Marcelle, alléguant pour rason que ce n'était pas un livre propre à une personne aussi instruite qu'elle Tétait. L'aih teur, dit-il, y faisait paraître plus d'éioquence que d'érudition; il n'avait pas pris assez de soin de s'instruire par la iréquiotation des Juifs et par la lecture d'Origène et des autres interprètes ; enfin il y trouvait plus de choses qui lui déplaisaient que d*: passages capables de le satisfaire.il marque, en particulier, que Rétice était tombé dar.) la même faute que J.osèphe, et qu'il a>»)t confondu, comme lui, la ville de Tharsis avec Tarse en Cilicie, où est né saint Pau', et ophaz, qui est une espèce d'or'très-tio, avec Céphas, qui était le surnom de saici Pierre. Il nous reste un fragment de ce Commentaire dans V Apologie de Réreng(r> Saint Augustin en rappone un autre où Rétice parlait du baptême et du j^éché originel , ce qu'il faut entendre de son 7>fli/f contre les novatiens. Il lui donne le titre ue saint, aussi bien que saint Jérôme, et il dit que les actes du concile de Rome, où, ju^t^aai avec le Pape Miltiade, il avait condauti.o Novât et absous Cécilien, prouvaient au il avait eu une grande autorité dans ïï^^ pendant sou épiscopat.

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RBâGINUS, éTÔgue de Conalantia, dans *l]e de Chypre» assistait au concile d^Ephèse ta i31. Il nous reste de lui un discours |u'il prononça en présence de tous les Pères ^semblés. C est une invective contre Nestom qu*il compare, pour son impiété, aux ujfs qui ont cruciQé Jésus-Christ, à Caïn, à ïiam e( aux habitants de Sodome. 11 donne la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu ; l pour marquer au'il ne divisait point le hrist, comme le faisait cet hérésiarque, il il: « Nous adorons Dieu le Verbe, qui n*a S5 dédaigné de se faire cbair pour conver- (r avec nous. Nous reconnaissons en môme itDpsqu*il n'a dépouillé en aucune façon la ibs(ance de son Père, dont il tire son oriiDe,e( qa*il est toujours demeuré la splen* eurde sa gloire, la figure de sa substance, 1 qu'il soutient tout par la puissance de sa trole. » Il faut renvoyer à l'article du imile d'Ephèse le récit de ce qui se passa 10$ la septième session, au sujet des plain- 5 que Rhéginus , Zenon et Evagre présenrcnt contre le clergé d*Antioche, qui emélâit sur la liberté dont ils étaient en posssioD, de choisir leur métropolitain dans cûQcile de la province, sans que l'évèque Aiitioche ni aucun autre eussent droit de îD mêler.

RICHARD, d*abord moine de Fleury, en I élu abbé lors de la promotion de Vulfad Uikbé de Chartres, en 962. Cette abbaye ait ca grande réputation de savoir et de été, depuis que saint Odon y avait établi réforme de Cluny. Richard n'oublia rien >^rj maintenir Tun et l'autre, et il y iossit même si heureusement que l'odeur s vertus de cette maison y attira plums suiets d'un mérite distingué et qu'on t jusqu à des évèques renoncer aux emifras de répiscopat» pour aller y chercher ilieu de retraite et de repos. L*éclat des irtus d'un aussi saint abbé ne pouvait anquer de se répandre au loin. L évèque ombaud et son frère Guillaume, comte de prdeaui et duc de Gascogne, appelèrent iehard pour le mettre en possession de ibbaje de la Réole, et la soumettre à celle J Fleury, Richard fil le voyage, reçut le oiiaslère ruiné par les ravages des Nor- «niJs, en releva les ruines, revendiqua ^ biens aliénés et y établit une régularité parfaite, qu'il quitta son ancien nom de juirs, pour prendre celui de Recula ou <^le, d où s'est formé le nom vulgaire sous lue! il est connu. Tout en s'appliquant à «inlenir la discipline à Fleury, le pieux i'bé ne négligea pas pour cela le temporel s m monastère. 11 obtint en sa faveur iu^ieurs diplômes du roi Lothaire et il en ^o^oenta les revenus par les donations de Qel'iues seigneurs. Un incendie l'ayant ré- 'iiten cendres le 17 août 074., le vigilant bbé trouva moyen de le rebâtir en moins de lualreans. Enun, après avoir gouverné son "»8je, pendant dix-sept ans, avec une sa- •"^'«î supérieure encore à sa grande répu- ^^l\% il mourut le 16 février 979.

*^'m-5çulemeul Richard favorisa les let-

tres et ceux qui les cultivaient»' mais il Us étudia lui-même et il en acquit une grande connaissance. Il en donna des preuves à l'occasion d'une erreur populaire alors universellement répandue. C'était celle qui annonçait comme prochaine la fin du monde, et qui supposait qu'elle arriverait infailliblement, lorsque la fête de l'Annonciation tombe rait le vendredi saint. « Le bienheureux Richard, dit Abbon, modérateur des écoles de Fleury, sous son gouvernement, employa sa sagacité h combattre cette rêverie et réussit à la détruire. » Quelques critiques modernes concluent de ces exprès* sions que Richard composa quelque ouvrage sur ce sujet. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous n'en connaissons* aucun qui soit venu jusqu'à nous. L&t seul que nous possédions» au moins en substance, sous le nom de cet abbé, c'est un Recueil d'usages et coutumes» dans lequel sont marqués en détail les devoirs^et redevances auxquels étaient tenus tes vassaux et les serfs, dépendant de l'abbaye de la Réole. Ce fut en 977, lors d'un voyage qu'il fit en Gascogne, que Richard les rédi-

§ea par écrit, sur l'avis et du consentement e l'évèque Gombaud et du duc, son frère» qui, pour leur donner plus d'autorité, les. ratifièrent peu de temps après la mort de l'abbé et les rendirent publics. Le P. Labbe les a insérés en entier parmi ses Monun ments pour servir à V Histoire d^ Aquitaine,

RICHARD, abbé de Saint-Vanne» que sa douceur fit surnommer la GrÂce de Dieu, fut un des illustres restaurateurs de la discinline monastique au xi* siècle. 11 na-

3uit a Banton en Argone, à Textrémité da iocèse de Reims, ff une famille distinguée par sa noblesse. Dès son enfance, il fut placé dans la cathédrale de Reims, pour y être élevé dans la connaissance des lettres et de la religion. Le jeune Richard, douédes plus heureuses dispositions de Tesprit et du cœur, v fit en peu de temps de rapides progrès aans la science et dans la vertu. Promu aux ordres sacrés, dès qull eut atteint TAge de les recevoir, son mérite releva successivement aux dignités de grand chantre, d'archidiacre et de doyen. Quoiqu'il se distingu&t dans son église par une vie saintement exemplaire et par sa fermeté à soutenir le bon ordre et à empêcher le rel&chement, H aspirait néanmoins à un état encore plus parfait. Il était tout occupé de cette pensée, lorsque Frédéric» comte de Verdun, déjà touché de Dieu et dégoûté du monde, le détermina à le quitter. De l'avis de saint Odilon, abbé de Cluny» qu'ils allèrent consulter, ils se retirèrent à Saint- Vanne de Verdun, monastère réduit alors à très-peu de chose. C'était en 1004 ; Tabbé Fingenne étant mort au bout de quelques mois, Richard fut' élu pour lui supcéder. Dès lors il s'appliqua tout entier à faire revivre dans sa maison la plus exacte discipline. 11 avait tous les talents nécessaires pour y réussir ; une discrétion pleine de prudence pour corriger les fautes, et une élo-

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DICTIONNAIHE

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çiuence vive el tempérOe de douceur, pour inspirer l'amour du bien. Son mérita ne fut pas plutôt connu qu'il lui attira un grand nombre de sujets. Les seigneurs el les personnes de tuoindre condition s^empressèront è Tenvi de lui offrir leurs enfants, et sa communauté devint en peu de temps si uombreuse, qu'on pouvait la comparer aux monastères de Nitrie et d'Egypte. Il n'y avait plus moyen de loger les religieux .sans étendre les bornes de la maison. Richard entreprit delà rebâtir pour la rendre plus spacieuse, ei trouva dans ta libéralité du roi Henri, depuis empereur, et de plusieurs autres personnages puissants, de quoi subvenir aux dépenses nécessaires. On |)0âsède une description détaillée des décorations qu*il fit à l'église.

Toutes ces améliorations étemlirent au loin la renommée de Saint-Vanne, et cette abbaye devint le modèle sur lequel plusieurs autres furent réformées. On en compte jus-

au*à vingt et une sur lesqiielles Thomme de îeu 6t revivre l'esprit de saint Benoit. Dans un vova^e qu'il fit à Rome, il réussit sans peine à s assurer les bonnes grâces du Pape Benoît YIII, et il semble qull en entreprit un autre sous Jean XIX, son successeur, pour empêcher ce pontife de se prêter aux desseins ambitieux du patriarche de Constantinopie. L'empereur saint Henri avait également accordé au saint homme sa confiance et son estime, jusqu'au point de

fenser è se rendre moine sous sa conduite. I trouvait dans ses lumières et sa prudence une source féconde de bons conseils, tant pour sa conduite particulière que pour le gouvernement de ses Etats. Ce prince le choisit ainsi que Gérard, évèque de Cam* brai, pour les députer au roi Robert, avec qui ils conclurent cette paix de Compiègne, oui dura si longtemps, entre la France et 1 Empire.

L'empereur Henri III montra qu'il ne faisait pas moins de cas de notre pieux abbé, en le nommant à Tévèché de Verdun, devenu vacant par la mort de Rembert. Un autre de ses admirateurs qui lui avait déjà donné des preuves de son estime et de son amitié, Richard II, duc de Normandie, voulut y ajouter encore celle de fournir aux IVais d'un voyage de dévotion qu'il entreprit à Jérusalem, suivant le ^oût de son siècle. Libéralité magnifique, puisqu'elle suffit à défrayer sept cents pèlerins qui accompagnèrent le saint abbé. En passant à Constantinopie, il fut comblé d'honneurs et de présents de la part de l'empereur et du patriarche. A son retour à Verdun, l'évéque avec son clergé, les moines, le peuple, et jusqu'aux religieuses même, allèrent à sa rencontre, pour lui témoigner la joie extraordinaire que l'on avait de le revoir. Quelques années avant sa mort, il se déchargea sur d'autres du soin des monastères qu'il diri-

Seait par lui-même, et ne retint ç[ue celui e Saint- Vanne, où il s'éteignit saintement le iU juin 1046, après y avoir exercé pendant quarante-dcux ans les fonctions

d'abbé. Richard est honoré comme bienheareux.

L L'historien de sa Vie nous apprend que le pieux abbé avait écrit la Vie de »aint fiodinge^ vulgairement saint Rouyn, confes* seur, honoré du culte particulier àFabban de Beaulieu en Argone, une de celles qoeli bienheureux Richard réforma. Le mèiijr.

écrivain ajoute que cette vie était d'un beau style et noblement écrite, konorifico semofie. Si, comme il y a toute apparence, c'est la même que celle qui est venue jusqu'à nous, elle n'est pas mal écrite en rf^alité. 0» y aperçoit même de Tordre et de la rnélhodf dans la narration. Il est seulement Acbeut que l'auteur n'hit pas eu de meilleurs id{* moires. Il était trop éloigné des temps du saint, qui avait vécu au vii* siècle, poo? être bien renseigné sur ses actions sans a secours. Dom Hugues Hénard est le prtmier qui ait publié cette Ftf , mais sans U donner de nom d'auteur. Il l'avait tirée d'à manuscrit de l'abbaye de Saint-Pierre «k Ch&loiis-sur-Harne, qui remontait jusqu'à temps du bienheureux Richard. C*estsurcc même manuscrit que dom Mabillon la duQ< née dans la suite, au tome VIII de ses AcitSi avec de savantes observations prélimioaire*, dans lesquelles il discute les raisons qui l'adjugent h notre abbé.

IL Richard a composé également une Tli de saint Vanner évèque de Verdun et paliDl titulaire de son monastère. Il parait, rar li préface adressée à ses religieux, qu'il Tcetreprit à leurs prières, el que ce fui 5<»

Eremitîr écrit en ce genre. Rien de çl umblc, de plus modeste, de plus édiha que cette préface. L'auteur s'y nomme uai le titre, en se qualiflant le dernier des serti teurs de Jésus-Christ. 11 nous apprend qut le motif qui porta ses frères à lui faire prendre la plume, fut le désir de s'instruire dJ ce qui regardait leur saint patron. On}m par le, ou que personne n'avait encore éirii sur ce sujet, ou si quelqu'un ravaitfait, qui son ouvrage avait été perdu par le nialheuç des temps. Celui du bienheureux abbé, qui a beaucoup de ressemblan(-e pour le snl4 avec la Vie de saint Rouyn^ et qui surpassa* pour la manière de raconter, la plupart des auteurs de son temps, est divisé en deux

Parties. L'auteur consacre la première à faiw histoire ou plutôt l'éloge du sainU part que, dans le grand éloignement où ii 5« trouvait du siècle où il avait vécu, il ne possédait point de faits bien avérés à en rapporter. La seconde partie contient la relatiou do ses miracles. C'est une tâche que l'auteur a bien comprise, et qu'il a exécutée aTtv choix et en homme judicieux, aui auraii mieux aimé se condamner au silence ({^^ d'avouer des faussetés. Sur ces principes qui devraient être ceux de tous les bons écrivains, il s'est borné à ne parler que de* miracles dont il était instruit par lui-iwéfî^?' ou qu'il avait appris de personnes véndiques et dignes de foi. Ceux qu'il rapport* prouvent qu'il s*est tenu parole è lui-œWf- Ils sont tellement détaillés et reitm^^

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00(66 leors principales circonstances ; de »|qi, ils sont écrits avec tant de gravité, de indeur et d*onction, qu'on ne peut se refuff à j recûDuattre la vérité. Dom Habillon, |ai a tiré cet ouvrage de l'obscurité, n'en a ubiié que la prérace avec la relation des Qiracles. 11 a jugé à propos d'en retrancher I première partie, probablement parce que » faits na elle rapporte ne présentent au- Qoe certitude historique, pour les raisons \ufi nous avons exposées plus haut. On a, ifls le Supplément de Surius par Mosan- ^r, an très-court abrégé de la Vie de eaini We. Cest fort peu de chose que cet écrit ; iiis quel qu'en soit l'auteur, on voit qu'il rail sous les yeux l'ouvrage de notre saint bbé.

Ul. Nous apprenons par Hugues de Flavi- Df que Richard avait composé une Règle DtsTeur des solitaires qui s'étaient mis Ms sa conduite, lors de son séiour à Romecb, près de Remiremont, où iis'étail retiijx>ur céder au temps, à l'occasion de son inérend avec Tévèque Haimon qui voulait tttgré lui comprendre le monastère de liut-Vaune dans l'enceinte des murs de la illede Verdun. Cette Rèslct qui était tirée es anciens Pères de la vie ascétique, 'nisle plus aujourd'hui. Le même histoian parle aussi de quelque roulements que Schard dressa pour Téglise de Rouen, où i jeune duc, Guillaume-le-Bâtard, qui nu pour lui une vénération particulière, ivait engagé à venir à force de solliiiadoûs. Ces renflements se lisaient en- Br« i la fin du xiu' siècle, dans le lire commun de cette église, enchaîné selon osage derrière le maltre^autel.

IV. Richard possédait autant que personne lesoa siècle le don de la parole, et en failit usage non-seulement pour instruire es frères, mais encore pour annoncer au «uple les grandes vérités du salut. Ce qu'on tous apprend de l'éloquence et de l'onction <ûéirante de ses discours, particulière- B^otdeceux qu'il faisait contre les vices AduQ autre qu'il prononça à Blois sur la '^ioo du Sauveur, à son retour d'un pè- ^na^e au tombeau de saint Martin, fait ^retter vivement que l'on ne se soit pas H^né le soin de les conserver à la posté- ^té. L*homme de Dieu eut l'attention d'en «f« écrire un à la tète du Nécrologe de ^u monastère, afin que les frères eus- ^t constamment sous les yeux l'iustruc- ^Q qu'il leur donnait* Ce discours qu'il tvait prouoncé dans sa communauté roulait ^ la reconnaissance indispensable que OD doit aux fondateurs et aux bienfaiteurs a«monasières.

^.Onnenonsa pas conservé non plus qoaniiié de lettres qu'il eut souvent occam décrire. Il y eu avait plusieurs en ^poose à celles de ses frères, qui, pendant pmsieurs années qu'il demeura dans sa re- ^fvie de Rombejb, le sollicitaient de temps ^ temps de venir les consoler 'par sa prél^ïice. Hugues de Flavigny atteste qu'en "oneoûnceîl avait lu ce recueil. Richard

en écrivit encore plusieurs autres, à Toccasion de l'extrême famine qui désola fa France en 1028. Après avoir épuisé^ toutes les facultés de son monastère et vendu jusqu'aux ornements de l'église pour soulager les pauvres, il eut recours à sa plume pour engager les rois, les princes et les évêques de sa connaissance à faire la même chose. Des lettres écrites par une plume aussi éloquente et sur un sujet aussi touchant, se feraient lire avec autant de plaisir que d'édification. Le même historien parle avec autant d'éloges de celles qu'il écrivit à saint Pappon, abbé de Stavelo, qui voulut être inhumé avec ce recueil sur la poitrine. Mais, remarque-t-il, on avait eu soin d*en conserver un exemplaire pour l'édification de la postérité.

VI. Nous avons eu occasion d'observer plusieurs fois déjà l'utilité des Cartulaires. C'est ce qui, dans presquo tous les temps, a porté les plus illustres abbés à tenir la^ main à la rédaction de ces sortes de recueils» Le bienheureux Richard s'en fit un devoir, et veiHa à en faire rédiger un oui s'est conservé longtemps original à la bibliothèque de Dijon. Il a pris soin d'y marquer lui^ même les motifs qui l'avaient déterminé à ce travail. C'était dans le but de prévenir tout sujet de différends qui ont toujours des suites lAcheuses, et de prémunir, lui et ses successeurs, contre les préjudices qu'on pourrait leur causer. C'est par cette sorte de voie que sont venus jusqu'à nous la plupart des anciens titres.

RICHARD, cardinal, évèque d'Albano. -- D'abord doven du chapitre cie Saint-Laurent, à Metz, il fut élevé au cardinalat.

Nous n'avons pas la date précise de cette élé-^ vation , mais nous trouvons dans le Spicile*. gium que Ciaconius parle de sa promotion^u. siège d'Albano en I an 1100, à la première création que fit le Pape Pascal II,

Il parait que cette dignité lui fut accordée en récompense de son attachement inviolable à l'Eglise romaine pendant le schisme de l'antipape Guibert.

L'an 1102, il fut en vov4 en France oomm» légat. Les conciles qu'il y tint et les nombreuses lettres que ses fonctions le mirent dans l'obligation d'écrire nous le font cou* naître à cette époque.

L'affaire la plus importante qu'eut à trai-* ter pendant sa légation l'évoque d'Albano est, sans contre lit, Tabsolution du roi Philippe I*% que le Pape avait excommunié à cause de son mariage avec Bertrade de MontforL II avait d'abord paru se soumettre aux injonctions pontificales; mais, revenant toujours è Bertrade , il fut de nouveau séparé du corps de TEglise en 1100, au concile de Poitiers. Ce fut alors que Richard d'Albano fut envoyé pour terminer cette afiRaire. La chose, à ce qu'il parait, tratna en longueur; car en juillet llOt, au concile de Beaugency, que présida Richard , elle n'était pas encore terminée, et rien ne fut non plus conclu cette fois.

Le Pape , ayant été supplié par Tves^ de

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Chartres* d'user de condescendance envers le roi Philippe, chargea Lambert, évéque d'Arras» d'assembler >'es éyèques pour examiner cette affaire. Richard avait sans doute déjà quitté la France à cette époque, ce qui explique son remplacement par Lambert.

Après cela, le cardinal d'Albano alla travailler en Allemagne à une affaire plus difficile encore, il s agissait des différends de Tempereur Henri IV avec son fils. Ce mal^ heureux prince, dépouillé, à l'assemblée de Mayence, de la puissance impériale dont fut revota son fils , n'eut pas même la consolation d'être relevé de l'excommunication lancée contre lui. Après cela, Richard, qui avait rejoint le Pape, rentra avec lui en France en

Il est probable qu'il présida ensuite le concile de Palencia en Espagne.

Il est au moins certain qu'en 1110 il réunit et présida les deux conciles de Toulouse et de Saint- Renolt-sur- Loire. — Il mourut vers l'an 1116.

•Sbs lbttbbs. — Nous avons perdu deux lettres de Richard, l'une à l'évèque Yves de Chartres, qui, à ce qu'il paraît, avait été accusé près du légat de tolérer la simonie dans son diocèse. Nous ne connaissons cette pièce que par la réponse que l'évoque accusé y fit, en manière d'explication des faits incriminés.

La seconde lettre était adressée à l'évèque de Saintes. C'était plutôt un décret qui condamnait ce prélat à restituer à l'abbaye de Vendôme Tlle de Fleac , près de Surgères. Nous ne savons Texistence de ce document

aue par la lettre de Geofroy , abbé de Venôme, à l'évèque de Saintes, à Toccasion de ce décret

En 1103 ou 1104, Tévèque d'Albano écrit à Robert, comte de Flandre , pour lui demander qu'il prête main-forte à Lambert, évêque d Arras, contre l'autorité duquel certains clercs, excommuniés pour inconduite, s'étaient révoltés.

Nous trouvons encore, dans les Jlf/Ian(jfe5 de Baluze, une lettre de Richard au même évéque d'Arras, Lambert, pour lui enjoindre de ne plus souffrir dans son diocèse que plusieurs titulaires soient nommés à un même bénéOce. Dans cette même lettre, le lé* gat décide que l'usurier doit rendre l'usure, toutes les fois que le créancier peut prouver par témoins qu'il lui a payé le principal avec l'intérêt de l'argent prêté.

Richard écrivit une lettre au doyen de l'église de Chartres en faveur du chanoine Robert à qui on contestait sa prébende; et deux lettres à Pierre, évêque de Clermont, pour lui enjoindre d'excommunier les bourgeois d'Escuroles, de Soler, de Monteclair et de Mauriac, qui avaient maltraité les reli-

Sieux de Mauriac. Nous trouvons à la suite, ans le Spicilégt^ le décret d'excommunication adressé aux moines de Mauriac et une lettre à Arnaud, ahbé de Saint-Pierre-le- Vif, de Sens, dans laquelle on lui annonce que l'évèque a lancé l'excommunication.

A AmélitiSy évêque de Toulouse,— Dans une

première lettre, il lui rappelle que, confor* mément aux dispositions du concile M Troyes,de 1107, il avait lancé, an concile df Toulouse , l'excommunication contre IH usurpateurs des dîmes et des biens ecclé^ siastiques, et lui enjoint d'en faire Tappln cation aux spoliateurs de l'église calbédrah de Saint-Etienne. Dans la secoDde,il luiofJ donne de lancer l'interdit sur le mona$ièr«| de, Sainl-Pierre-de-la-Cour, parce qnefd religieux , étant en procès avec ceui ili Moissac , avaient refusé de paraître Aîm lui à Vézelav, où il les avait convoqués.

A Léger j évéque de Viviers. — H y enjoiDli ce prélat de maintenir contre le clergé «h son éçlise la donation faite aux chanoiiM de Saint-Ruf, de l'église de Saiat-ADdé(H donation par lui confirmée au concile é Toulouse, sur la demande de Tévêque.

Nous avons encore du cardinal d^Albw une charte ou privilège d'exemption eofe^ veur de l'église de Cheminon, au diocèsedi ChAlons, église fondée pour des chaboinf^ réguliers, par Hugues, comte de Chaio gne, à la charge de payer un cens annuei la chambre apostolique. Richard en avr fait la dédicace Tan 1110. j

Telles sont les productions de la plod du cardinal, évêque d'Albano, productio^ qui ont sans nui doute leur valeur histoii que, mais dans lesquelles on ne trouve qo bien peu de mérite littéraire.

RICHARD, moine de Grand Sclve,auiM cèse de Toulouse. Il composa, vers 11^ quatre-vingt-treize vers en l'honneur ' 1 abbaye de Clairvaux. En voici quelqo«f uns qui feront juger du reste :

Gaudia qui nwndi vii spemere vana rolunâu El cmitemplari Christi mbar et medkari, Tmic locus aptior, ad bmta promplier, est adataivs Quem diuu frônitos, ffietas, bona prœdia, fauii» Vallii devoUi^ vaUit pûi, congrua Ma, Vallis nobUis atque probabUis ac popâfosa SphrUualibus aptaque (ratribui ac apectasa.... 0 vallit clora, divmi mminis ara,.,.

Clara vale vaUis, plut claris dora meUdlis, Tu nisi me fallis, es reclus ad œlhera collu.

Nous trouvons cette pièce de vers à ia£i des CMEuvres de Saint-Bernard, édilion di 1536, in-fol., Paris. On ne les trouTeqoi dans cette édition, et ilsy ont pour titre Richardi monacki de Grandi St/m, diacaii Tholosanœf ordinis Cirterciensis^ carmcni laude ClarcBvalliSy et de religiosa ibidem éif' ciplina.

Ces vers, presque tous léonins» rini»i fort souvent deux k deux, ce qui paraît étr^ dans le goût du moyen âge. Au reste, ii^ n'ont guère de mérite poétique et nou$ o« les donnons que comme extrait curieux et la versification latine au xit* siècle. ^

RICHARD, de la famille des vicomtes uj Milhaud, embrassa la profession oionasti'idc dans l'abbaye de Saint-Victor de Marscil ^ qu'il gouverna en qualité d'abbé, sprbf^ frère Bernard, mort en 1079. IléiaiN^^ cardinal , et, en cette qualité, il rempli^*»» les fonctions de légat en £spag;oe. A la p^ de Constance, femme du toi Alphonse of Castille, les anciens rites et oflices ff>^i*\^''

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fareot abrogés» et on leur substitua Toffice ({ les rites romains, qui demeurèrent établis arec le consentement du roi et des pré- (at5. Grégoire VII « qui connaissait les taleols de Richard, remploya dans plusieurs affaires ioiporlautes , et nous voyons, par one lettre datée du 18 avril 1080, qu'il le chargea de travailler à la réforme des ab«- Mves de la Grasse et de Montmajour. Mais il ^'eo faut qu'il jouit de la même faveur ions Victor III , successeur du Pape Grépure VIL Ce pontife, offensé de ce que Ricliard prenait le parti de Huffues , archertque de Lyon , contre lequel il avait de Ittstes sujets de plainte, ou même, si Ion m croit Ciaeonius, de ce qu'il favorisait le KhiMne de Guibert, l'excommunia dans IQ concile qu'il tint à Bénévent, en 1087. lais sa disgrâce ne fut pas de longue duife; à la mort de Victor 111 , qui suivit de rts ce concile , Richard rentra en grâce iTcc le Saint*Siége et se montra depuis consimment attaché aux Papes. Elu archevêque le Narbonne sur la fin de l'an 1106, il tint «siège quatorze ans et trois mois, et mouut le 13 février 1121. On a remarqué qu'à lartir de sa promotion à larchevêché de farbonne il cessa de prendre le titre de anlioal.

Ce prélat n'a droit à une place dans nos olooncs que par la relation qu'il a faite de es démêlés avec le vicomte de Narbonne iiueri IL L'origine de ce différend était ihtôrieare à son épiscopat, et Bertrand, 00 prédécesseur immédiat , aurait éprouvé le la part d'Aimeri I*' ce dont il se plaignait uos le gouvernement de son fils. L'arche- ^qoede Narbonne, après avoir exposé ses liaintes et ses griefs contre Aimeri II , exlone ceux oui lui succéderont dans le gou* emement de cette Eglise, à faire tous leurs fforis pour recouvrer les droits qu'il a lissé enlever par sa faiblesse, et parce q.u'il Tait manqué de courage pour résister aux Mux qu'on lui faisait souffrir. On voit dans eue relation que Bertrand , prédécesseur le Richard , avait été déposé par le Pape, et |ue l'archevêché de Narbonne était resté '^ant pendant quelque temps avant oue "ckard en fût pourvu. Quoique cet arche- '^ue eût été extrêmement maltraité par ^^ geos du Ticomte de Narbonne, qui Fa- ^i^ot enfermé dans une étroite prison, d'où Jot* sortit qu'en aquiesçant à tout ce que ^ exigeait de lui, cependant son mémoire ^t écrit avec assez de modération, mais lYec plus de candeur que d'éloquence. On e iruufe dans l'i^pp^ndice au tome VP de ^daule chrétienne y et parmi les Preuves de ■*i«^oire du Languedoc.

Pom Martàne a publié dans sa grande ^MtKtxan une lettre adressée à Sanchc V, roi de Navarre, par laquelle Richard con- Bfoie Teicommunication lancée contre les diocésains de Pampelune, et interdît toute communication avec eux. Il y défend d'en* wiîelir les morts et de célébrer l'office di- ^|n dans les églises, et permet seulement <1 >iJmiaistrer le baptême aux enfants en <^a$

de maladie et de danger de mort. Richard écrivit encore au Pape Grégoire Vil une lettre dont dom Mabillon parle dans ses Annaiee, C'est tout ce que nous connaissons des écrits de ce prélat.

'RICHARD, surnommé des Fourneaux, embrassa fort jeune la vie monastique dans iVibbaje de Saint-Vigor, près de Bayeux en Normandie, où il était né. Il fut élevé sous la discipline de l'abbé Robert de Tombelaine, si recommandable par sa science et sa f)iété, et fut formé par lui aux lettres et à a vertu. Mais celui-ci ayant quitté son abbaye pour des raisons qui nous sont incon* nues, la communauté, privée de son chef, se dispersa. Richard, obligé d'abandonnée son monastère, se retira d'abord à l'abbaye du Bec, où il profita des leçons de saint Anselme; il passa ensuite à Fonlenelle, où Gerbert enseignait, et enfin à Jumiéges où florissait Gontard. Cependant le goût qu'il avait pour l'étude ne lui fit négliger aucun des devoirs du religieux. La grande réputation qu'il s'était acquise par ses vertus, non moins que perses connaissances, fut ' sans doute ce qui engagea les moines de Préaux à jeter les yeux sur lui pour remplir la place de leur abbé, mort au mois d^aoûl 1101. Revêtu de cette dignité, il donna ses premiers soins à l'instruction de ses reli-

f;ieux ; mais son application à leur procurer es biens spirituels ne l'empêcha pas de veiller à la conservation du temporel de sa maison, sur lequel il étendait également sa sollicitude. C'est ce qu'atteste une lettre d'Yves de Chartres, qui fait beaucoup d*honneur à notre abbé, et c'est ce qu'il expose lui-même dans l'épttre dédicatoire de son Commentaire $ur la Genèse^ où il dit « Qu'il n*avait de plaisir et de satisfaction que dans l'occupation qu'il s'était faite d'expliquer et de commenter l'Ecriture sainte , et que sa plus grande mortification était d'en être souvent arraché, malgré lui, par l'ennuyeux embarras des affaires temporelles. » Il s'en explique d'une manière encore plus énergique dans le prologue de son Commentaire sur le livre des Nombres, où il gémit de se voir détourné de ses chères éludes par une foule d'affaires extérieures, gui , se succédant les unes aux autres, lui font perdre la tranquillité nécessaire pour le travail de l'esprit, et un temps précieux qu*il regrette beaucoup. Après avoir gouverné son monastère avec beaucoup de sagesse pendant l'espace de trente ans, Richard mourut le 30 janvier de l'an 1132.

Ses écrits, comme nous Tavons dit, sont des commentaires sur TEcriture sainte, qui n'ont point encore paru, qui ne parattront peut-être jamais, mais dont plusieurs biblio* graphes ont publié les prologues. Son Commentaire sur la Genèse est adressé à saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, par une lettre qui n'est point signée, non pln^ que les prologues qui sont à la tête de ses autres commentaires. Il y prend ordinaire* ment le titre de serviteur de la croix du Seigneur. Ordcric- Vital dit que Richard dé*

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diacet ouvrage à Maurice, abbé de- Saint- Laumer de BÏois ; ce qui ne doit s'entendre

3ue d'une partie» dont lauteur aura publié 'abord les vingt-huit premiers chapitres en les adressant à saint Anselme, et, plus tard, le reste à l'abbé Maurice. C'est pour cela que Ton trouve des manuscrits ou il n'y a que les vingt-huit premiers chapitres. Le P. le Long en cite deux-; mais, quoi qu'il en en soit, l'épltre dédicatoire, aJrcssée à saint Anselme, prouve que l'auteur lui a adressé son ouvrage, ou, tout au moins, une partie. Un Commentaire sur VExode^ divisé en dii-sept livres, conservé longtemps à Saint- Germain des Prés, dans un manuscrit du tem|)s de l'auteur, lequel se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale. Un Commentaire sur le Léviiique^ divisé , comme le précédent, en dix-sept livres, et adressé à saint Anselme. Dom Martèneetdom Durand nous ont donné, dans leur grande collection, le prologue de ce commentaire, qui ne permet pas de douter que Richard n'en soit l'auteur. Il y est qualiQé de serviteur de la croix du Seigneur, titre qu'il avait déjà pris en adressant à saint Anselme sonCommeiilmre 9ur la Genèse, Il prie ce saint prélat de prendre la peine de lire attentivement son ouvrage, d'y retrancher et d'y ajouter ce qu'il jugera à propos, afin qu'il puisse réprimer les murmures des censeurs et des envieux, et faire lire avec assurance un écrit revêtu de son approbation. Richard fmratt de mauvaise humeur contre les critiques, car il n'est presqu'aucun des prologues qu'il a mis à la tète de ses ouvrages, ou il ne fasse quelque sortie contre eux. C*est être un peu trop susceptible. Dans tous les temps il y a eu , et la républic|ue des lettres produira toujours de ces écrivains, nés avec un esprit de travers, et qui, conduits par un sentiment de basse jalousie, ne peuvent, comme le dit un ancien, que critiquer ceux qui valent mieux

au'eux. C'est leur faire trop d'honneur que e s'en plaindre si fréquemment. Richard, voulant arrêter leurs critiques, leur dit que ce n'est point contre lui, mais contre un archevêque et une multitude de pieux personnages, par l'ordre desquels il a composé ses commentaires, qu'ils doivent lancer leurs traits forgés sur l'enclume de la jalousie. Il proteste qu'il y a vingt-cinq ans qu'il couche nuit et jour devant la porte de la souveraine Sagesse, pour obtenir la grâce d'être introduit dans son sanctuaire.* On peut juger par là que Richard a mis autant da persévérance dans le travail que dans la prière pour la composition de ses ouvrages. ^ Un Commentaire sur le livre des Nondfres, adressé à Adhelelme, savant moine de Flaix» alors retiré dans le monastère de Fécamp. On voit, par le prologue dont le P. Mabillon rapporte une partie aans ses Annales^ combien l'auteur avait de goût pour la retraite et pour l'étude. Un autre Commentaire sur le Deuiéronome^ dont Orderic-Vital fait ex-

f^ressément mention. Possevin, Simler, Ba- (pus attribuent à Richard des commentaires sur Jotuéy les Juges^ Ruth et la Sagesse de

Salomon. Orderic Vital marque expressément un Commentaire sur les paraboles di Salomon^ dédié à Ponce, abbé de CIud?

avant Pierre le Vénérable, et assure qD« c'est une excellente explication de ee livr^ de l'Ecriture. Le même Orderic donne à Eh chard un Commentaire sur le Cantique da cantiques, dédié à Maurice* son 61s, c'est-i* dire a Maurice, abbé de Saint-Laumer, qu'O appelait son Qls, probablement |iarce quil avait été son disciple. On conserve ce tnvail manuscrit dans labiblio(hè«|uede Wur« chester en Angleterre. Orderic attribae escore à Richard un Commentaire sur VEccUsiaste^ que dom Mabillon et dom Rivet ) contestent, pour en faire honneur à moine de Troarn, mais que nous erof devoir lui restituer avec les savants aoî de V Histoire littéraire de la France, dopt peut lire la dissertation au tome XI de Recueil.

Il faut encore ajouter aux écrits de d auteur une Description du temple, avec figures tracées en vermillon, dont dom Ri a omis de parler en rendant compte desp tendus écrits du moine de Troarn. Elle placée à la suite du Commentaire sur Et^ chiel. Si nous voulions pousser plus loin o<m conjectures , peut-être pourrions-nous encore faire honneur à Richard des commea* taires sur la prophétie de Nahum et sur Ti* pocalypse, dont fe P. le Long fait autear ai abbé de Fontenelle, nommé Raoul, quoi^ qu'on ne trouve aucun religieux de ce ooa

Earmi ceux qui ont gouverné cette abbaje. ependant, comme dans un manuscrit de 0teaux, ces deux écrits sont joints à un cooi* mentaire de Robert de Tombelatne, sur h CantiqtAe des cantiques, et qu'ainsi ils pour raient appartenir à cet auteur, nous ne too* Ions rien décidei: sur cet article, ni tmubler Robert de Tombelaine dans la tranquille

Eossession où il parait être de cet ooTraie lans un manuscrit provenant du monastère de Savigny, on trouve deux lettres de l'abbi de Préaux, sur l'obligation de garder /ab>* tinence aux jours solennels.

RICHARD DB Saint-Victor, né en Ecosse» vint étudier à Paris, où il se fit religieux dans l'abbaye de Saint-Victor, et c'est de là qu'il tira sou surnom. Vers 1163, il derict prieur de ce monastère dans des circonstances difficiles. Ervisius, qui en était abbé, n'avait ni les vertus de son état ni la capacité nécessaire au chef d'une maison si lo* portante ; aussi le Pape Alexandre Ui, qoi voulait réformer les désordres introduits par une telle administration, n'eut pas de peioe à reconnaître et l'incapacité d'Ervisius et les talents du prieur Richard.

Tandis que le premier, loin de se corriger sous le coup des menaces du Pape, se montrait de plus en plus négligent et io« digne, Richard, en véritable élève du célèbre Hugues de Saint-Victor, donaaitè ses frères Texemple de la piété et du saroir.

La réputation de ses ouvrages n*étaitpoio( limitée par les murs de son monastère.

Nous trouvons, en effet, dans Andi4 I^u*

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BhêsSêt qae Garin de Saint-AIban lui de- Diode une liste complète de ses ouvrages. En aotret appelé Jean, sous-prieur de nMrvsax, lui fait demander une prière au fain(-Esprity« suivant le jugement, luidit-il, ^ la science dont TEsprit-Saint vous a dbué. ^ Jo prieur d'Ourcamps, de l'ordre de Cî- MQX, lui fait aussi la demande de ses ou- Tiges. On trouve encore dans Duchesne plusieurs lettres de divers religieux écrites Richard. On avance même que saint Berlard le consultait fréquemment , quoique t point soit controversé parmi les criti- Qes.

EnGn, en 1172, on obtint une abdication e Tabbë Ervisius. Et sous son successeur, ilibé Guérin, Richard continua ses tonc^ 0ns de prieur jusqu*en 1173, au'il mourut. Le Nécrologe de Pabbaje de Saint-Victor, Di Dorte sa mort au 10 de mars de cette inée, exalte beaucoup son savoir et sa iélé. Son tombeau, placé dans le cloître, à kéde la porte de rAuntône, portait une ^Uphe à la date de 1348, qui ne brillait ne par sa brièveté :

K QllESCrr B. BICHÂRPUS A 8ÂHGT0 VICTOHB, DOCTOa CBLBBBRRL1ID8.

Kichard de Saint-Victor a laissé de nompeox ouvrages écrits sans méthode, mais ooe dialectique vigoureuse; commentaires Hachés, souvent sous forme d'extraits ou de . !m](ins, sur divers points des livres saints,/ iilés sur les dogmes et sur la morale roys-' |ue. Nous remarquons la propension de i aaleur à entrer dans les interprétations jrsiiques ou tropologiques , sans passer il applications morales, défaut général de I siècle, trop porté à ne tirer de fa sainte rriture que de froides banalités, qui, au rede Tabbé Fieury,,a demeurant dans les ^s générales dont tout le monde coneot, sans en faire l'application au détail, ^sont d'aucune utilité. » Quoique ce jugeai soit généralement vrai des écrits de icbard de Saint-Victor, on y trouve pour- Qt parfois, et dans ceui mêmes de ses ouïmes où il a mis le plus d'imagination et moins de méthode, des applications très- Atas et surtout très-pratiques pour la vie orale. Nous aurons occasion de faire plus UQB fois cette remarque dans la lecture ^ ses OEuvres, dont nous allons donner iwlyse.

^BsComiBNTiiiBBS. — Lo Benjamin Minor^ < premier de sfts Commentaires qui nous ^t parTcnu sous ce titre, est une explica- OQ de ces mots du psaume lxvii* : Ibi Ben^ ^<a adolescêntulus in mentis excessu.,.

^t ie jeune Benjamin en extase... »

Cei ouvrage traite de la contemplation ou ^ la connaissance de soi-même. Uauteur • M$e en quatre-vingt-sept chapitres, où ^^ plaît à dérouler toutes les allégories le fournit la vie de Jacob, ses douze en- (nis, ses deux épouses, ses deux servantes ; ^y apas jusqu'aux noms et aux moin- ^ circonstances de la vie de ces person- «é^î où l*auleur ne trouve quelque sens

allégorique. On peut bien penser que l'imagination joue ici le principal rôle. On v peut regretter aussi l'absence de méthodfe, ce (|ui nuit à la clarté. Quoi qu'il en soit, ces interprétations portent presque toutes è un résultat pratique, ce que l'on trouve trop rarement dans les écrivains de cette époque.

Richard reproche aux auteurs de son temps détenir plus à la correction et à Féloquem^e du langage qu'à inexactitude de la doctrine : ff Ils sont, dit-il, plus honteux d'un barbarisme qui leur écnappe que d'un mensonge qu*iIsontarti$tement ménagé. ^

Il exalte beaucoup, et à juste titre, la mission de ceux qui convertissent leurs semblables. Il met ce ministère au-dessus de tous les autres dons de Dieu, au-dessus du don même des miracles, car rien ne peut égaler la gloire de celui qui sait transformer les esclaves du démon en fils, en héritiers de Dieu, en frères de Jésus-Christ.

Le Benjamin Minora été, de tous les écrits de Richard, le premier imprimé. On le trouve dans une édition particulière, in-&% de l'année 1&89, Paris. — Il fut réimprimé séparément dans la même ville, en 15x1. — On connaît encore cet ouvrage sous le nom de De duodeeim patriarchit.

Benjamin Major. — Cet ouvrage roule entièrement sur la construction de l'arche lar Moïse dans le désert. Il traite, comme e précédent, de l'élévation de l'Ame dans la contem{)lation.

Le premier des cinq livres qui le composent est employé tout entier à établir que l'arche d'alliance est l'exacte fisure de la grAcede la contemplation; mais ilannonce, en terminant, qu'il va, dans les livres suivants, donner plus d'extension à sa pensée.

En effet, il distingue six degrés dans la contemplation. Dans le premier degré on étudie et on admire les objets créés, ce qui nous prédispose déjà à élever notre Ame jusqu'à leur auteur; le second descré est encore arrêté à la nature matérielle, il est vrai, mais par 1 étude de cette nature et des

f)roductions que l'homme peut en tirer, à a vue surtout des merveilles du monde physique et de l'art humain, l'Ame s'élève de plus en plus et parvient au troisième degré qui nous conduit à la méditation de l'ordre moral, des lois divines et des lois humaines.

Arrivés au quatrième, nous entrons dans la connaissance des créatures spirituelles, c'est-à-dire de nos Ames et des esprits angéliques; au cinquième, notre raison s'élève au-dessus d'elle-même jusqu'à la hauteur des mystères; enfin l'extase constitue le sixième et dernier degré de la contemplation.

Il faut avouer qu'on a besoin de se rappeler à quelle occasion toutes ces belles choses sont écrites, pour savoir que l'auteur les tire de l'arche ou tabernacle de Mo'ise. On peut encore remarquer dans ce q^ui prér^de quels sont les sujets favoris de Richard et le peu do méthode qu'on retrouve dans s^s écrits.

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On pourra se former une idée de sa manière par ce qu*il dit dans Tappendice de Pourra j^e qui nous occupe* et qu'il intitule : Allégories du tabernacle de t alliance, « L*arche, dit-il, était composée de bois et d'or; il est donc incontestable que le bois est le sens littéral, et l'or le sens moral ou figuratif. »

On a une édiiion particulière de ce traité de Tannée 14%.

Explication du tabernacle de Valliance. — Ce traité ou plutôt ces explications ne forment point précisément une répétition de l'ouvrage qui précède. Celui-ci est partagé en trois livres. Dans le premier, il est question de la construction au tabernacle; dans le second, du temple de Salomon; dans le troisième, de la chronologie des rois de Juda et d'Israël. :^

il est digne de remarque que le troisième livre est adressé , sinon par Richard, au moins par les éditeurs, a saint Bernard, abbé de Clairvaux.

Remarquons encore qu'il n'y a point de mysticité dans cette troisième partie, et que Ton y trouve conciliées les contradictions apparentes qui se rencontrent dans la manière de dater les faits de IHistoire sainte. On trouve à la suite de ce traité deux tables chronologiques destinées à faciliter l'étude de l'histoire du peuple juif. — Cet ouvrage a été imprimé à part à Venise, 1590.

Remarques mystiques sur les Psaumes de David. — Ce ne sont que des commentaires détachés sur divers versets des Psaumes. On y trouve ce vers, devenu proverbe, échappé indubitablement sans intention à l'auteur, et que nous ne mentionnons que comme origine curieuse :

GuUa cavat lapident, mn vi sed sœpe cadendo.

Explication du Cantique des cantiques ^ etc. — Dans cet ouvrage , qui comprend quarante-deux sermons, l'auteur est bien inférieur à saint Bernard, qui a traité le même sujet. Richard y est sobre d'interprétations allégoriques, et on lui en sait gré. Quoique ses applications morales y soient presque toutes tirées de saint Grégoire le Grand, ce livre est, en somme, l'un de ses meilleurs écrits.

Nous pouvons en dire autant de l'explication qu'il donne dé ces paroles dlsaïe : Radix Jesse stat in signum populorum (Isa. XI, JO), oii il s'agit de Jésus-Christ élevé sur la croix et appelant à lui les Juifs et les gentils, et du commentaire sur ces paroles du môme propbète : Ecce Virgo concipiet. (Isa. vil, 14.) Cette dernière interprétation, dirigée contre les Juifs qui refusent de reconnaître l'incarnation du Fils de Dieu, se trouve dans le livre intitulé : De Emmanuele.

Explication de la vision d'EzéchieL — Notre.auteur s'attache, dans cet écrit, à expliquer littéralement les animaux, les édiûces, les roues pleines d'yeux décrits par le prophète. Il emploie même dans ce but les données de la goométr^p et de Tarchitecture,

DICTIONNAIRE RiC i^

ainsi qu*un plab qui rend plus sensible s^ pensée.

Commentaires sur divers textes diffiàks i saint Paul. — Richard explique ou tM( d'expliquer d'une manière plus ou mm heureuse certains passages difficiles !> l'Apôtre, tels que ceux-ci ; Lexquidmf»

cta est. {Rom. vu, 12.) Lex iram openutsr, (Rom. IV, 15.) Legis factoresjustificabunivr (Rom. Il, 13.) Omnia mihi licent^ etc. Il Cor VI, 12.)

On peut louer l'auteur d'avoir su conw ver, dans des explications si ardues» un I«d gage parfaitement orthodoxe ; mais il o*i guère réussi à éclaircir les textes, objet & son travail.

Commentaire sur F Apocalypse. Cet oq vrage, que Tauteur n'appelle qu'un opa»

cule, quoiqu'il n'ait pas moins de se}>t & vres et cent pases in-folio, tend à explique les visions de "Apocalypse; mais il ne réni sil qu'à donner une interprétation M mystique de ce qu'il y a, sans conlreiiit, d plus difficile à expliquer dans nos livres ind pires.

Réponses à deux questions adressées à fm leur. — Ces questions, les voici : 1* Cofl ment Hoîse peut-il diviser les animaui e, animaux purs et en animaux immondd lorsqu'il a dit avant, dans la Genèse, qii toutes les œuvres de la création avaient p»^ bonnes aux yeux de Dieu même?

2^ Comment saint Paul peut-il appetil azymes ceux qu'il exhorte a se puriéer d^ vieux levain?

Après avoir répondu par des allé^om morales à ces deux questions dont doq laissons au lecteur à apprécier l'importancf il en expose trois autres dans Je même gei et les résout de la même mioièrc*

Les éditeurs des GËiivres de Richard Saint-Victor ont ajouté au litre decelot vrage le nom de saint Bernard. Ouoiqi l'on n'ait pas la preuve qu'il soiladres è l'abbé de Clairvaux, Manrique et Baro nius ne craignent pas de l'avancer et de h soutenir.

Tels sont les Commentaires propreofieo dits composés par Richard.

Ses ouvrages dogmatiques. — Parloiu maintenant de ses ouvrages dogmfitique«.

On les peut diviser en : Traités de la Trinité j de r Incarnation et du Saint-Etpriu ainsi que quelques Opuscules qu'on peut rattacher aux ouvrages dogmatiques Q^^^' qu'ils soient mêlés d'un grand nombre di' considérations morales ou mystiques.

Traité de la Trinité. — Cet ouvrage est divisé en six livres et précédé d*un prologue où l'auteur fait voir combien lafoit^^^ nécessaire, et qu'elle est la seule base de l'espérance et de la charité.

En commençant son premier livrait distingue, en thèse générale, trois mojeni d^arriveràia connaissance de quelque chose; ces moyens sont: l'expérience, le raisofinementet la foi. La foi est le moyen le ptu^ parfait, et l'auteur s'anpuie pour prourer son dire sur ce texte d'Isaïe : Si non cr^*

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UéTî/â, non intelligelis. {Isa, yii, 9.) foQS deroos avouer que le texle de la Vuljte porte non permanebitis. Au reste, les ilatioDS de I*auteur diffèrent souvent de pite traduction des livres saints.

Richard prétend que l'existence d'un Dieu loiqae, éternel, tout-puissant* immense, \t saurait être prouvée directement ni par es expériences, ni par des raisonnements ; I foi seule peut nous en convaincre. Quoi a'il easoit du dédain de Richard pour les UDières de la raison, il n'en raisonne pas mus et bien longuement, sur la double lanière d'exister de toute éternité, ce qu'il \\\Hi\\e: de gemino modo essendi ab œlerni» Ut, II y distingue l'existence éternelle éma- ^dun principe; il accumule tous les tiSDonements qui peuvent nous élever à

connaissance de rètre nécessaire, éter- 2I par nature» un, dont toutes les perfec- OQs sont la substance même.

Dans le second livre, il expose les prorirlés de la nature divine; et dansle iroièaie, en parlant de la Trinité, il établit que, los celle pluralité des personnes divines iisoolégalementcoéternelles,consubstanclle$tparfaites,Dieu neserait ui souveraineeûlbon,ni souverainement heureux. Il en reia cûDciusion, et qu'il y a trois personnes 1 Dieu, et qu'il ne peut y en avoir ni plus \ nioins. Il est si satisfait de ce raisonne- •eni qu'il oe craint pas d'avancer qu'il ne utlrail pas avoir le sens commun pour se eruielire de le contredire.

Dans le quatrième livre, Richard tire de ifui la certitude des dogmes qu'il y exo$e. Il y remarque que la plupart des ereurs des hérétiques et dts intidèles sur la noité viennent de ce que l'on a peine à loceToir une pluralité de personnes là oii ' D J a qu'une substance.

l« cinquième livre traite des propriétés irliculières h chacune des personnes dirôes, el le sixième, de la manière dont proî^iffli le Fils et le Saint-Esprit, et des luo- >'>4ui leur ont l'ait donner le nom qu'ils

^^ue livre de cet ouvrage est divisé en 'ûot-tinq chapitres. Dans le dernier cha- 'Hie du livre quatrième, lauteur remarque lU^^ceilains théologiens de son temps don* «lent un corps aux anges.

A la suite de ces six livres, l'auteur a l^téun Appendice qui traite des attributs Ifî chaque personne, et qui est adressé à r,rwrd. On s'est demandé si ce Bernard est 'Illustre abbé de Clairvaux. Manrique et Bdroaius Tonl soutenu ainsi que Dupin, et 'Hc quelque raison, bien qu'on ne trouve, '*nb ies Okuvres de saint Bernard, rien qui 'M'^îij^e faire supposer. Vincent de Beau- ^^:^<iit eu parlant de ce traité de la Trinité, 4'^<^c'e$ile meilleur ouvrage de Richard de '^""ii-Vicior. Henri Eslienne (père de Ro- ^% en a donné une édition particulière,^ "*->'i en 1510.

^utre ce traité, nous avons encore du "^Jwe auteur un article ; c'est le dix-neu- '^éiûe rie l'édition de 1650, Rouen, où il ^

parle de la Trinité. Il y examine de quelle manière le Saint-Esprit est appelé l'amour du Père et du Fils, et pourquoi l'on doit dire que le Père aime le Fils par le Saint- Esprit, tandis qu'on ne peut dire que le Père est sage par le Fils. On a pourtant dit bien souvent du Verbe divin, qu'il est la Sagesse du Père, Sapientia Patrts. — Il y a encore de lui sur le Saint-Esprit, un sermon pour la Pentecôte, ainsi que différents passades de ses autres ouvrages.

Le livre du Verbe iricOmé. — Dédié h Bcr-. nard, en réponse à une consultation qu'il avait adressée au prieur de Saint-Victor , cet écrit est tout à la fois un traité de Uncarnation et une application des versets 11 et 12 du chapitré x\iû*Isaie: On me erie de Séir: Sentinelle^ qu'avez-vous vu cette nuit ? Sentinelle, que sest4l passé cette nuit ? ta sentinelle répond : J'ai vu venir et le ma* tin et la nuit; si vous cherchez j cherchez. Convertissez-vous et venez. L'auteur trouve la Trinité dans ce mot sentinelle trois fois répété, puis il arrive éprouver la nécessité de l'Incarnation par la prophétie de Balaam, par les sibylles et par 1 autel que les païens avaient consacré au Dieu inconnu. {Act.

XVII, 23.) — Le style de Richard est assez bon dans le cours de cet ouvrage, malgré les consonnances qu'il recherche et qu il em« ploie trc^s-fréquemment.

Dans le livre intitulé De £mmonue/e, l'au leur prouve encore par le texte : Ecce Virgo concipiet (Isa. vu, lA), la vérité de l'Incarnation. Nous avons parlé de cet ouvrage à Tarlicle des Commeutaires.

Il y a encore de Richard quatre opuscules, comprenant quelques pages à peine, et traitant des points de dogme.

Le premier que nous rencontrons est destiné à examiner cette question : « Si un homme qui meurt avec un péché mortel et un péché véniel doit souffrir une aggravation de châtiment à raison de ce dernier péché; » mais, au lieu d'y répondre avec pré-cision, il se met à commenter ces paroles de y Ecclésiastique : Eleemosyna palris non erit in oblivione , nam pro peccato matris restituelur tibibonum. {Eccli. m, 15.)

Dans un autre opuscule qui est plus court encore, il compare Notre-Seigneur Jésus- Christ à la fleur, et Marie à la branche de larbre. Ce n'est qu'un recueil d'antithèses d assez mauvais goût.

Dans le Traité de l esprit de blasphème il se demande si l'esprit de blasphème est la même chose que le blasphème contre le Saint-Esprit. Il ne se prononce pas ; mais il incline à suivre le sentiment d/^ son maître, Hugues de Saint-Victor qui conciut, après saint Augustin, que la miséricorde de Dieu étant infinie, il n y a pas de p>;ché irrémissible.

Dans l'opuscule sur le jugement général» l'auteur veut montrer qu'au dernier jour les apôtres pourront juger, en un içslaiu, avec la plus grande facililé, tous les hoi mes qui ont jamais existé ou qui existeront ; qu'ils verront les secrets de toutes

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les consciences, et sauront déterminer avec la plus exacte justice les récompenses ou les châtiments, selon les mérites ou les démérites de chacun.

Ses écrits dk moralb. — De extermina^ tione mali ei promotione front, ou Des moyens d* extirper le mal et de propager le bien. — Ce traité se divise en trois parties et renferme cinquante -deux chapitres. Richard donne pour texte à son ouvrage le verset 5 du psaume cxiu : Quid est tibif mare^ quod fugisti^ et tu^ Jordanie^ quia conversus es retrorsum : « 0 mer^ pourquoi as -tu pris la fuite^ et toi^ Jourdain^ pourquoi es^tu re^ monté vers ta source? m II en tire un grand nombre d*allégories qui toutes aboutissent à démontrer la nécessité de se faire violence et de se résigner aux afflictions et aux malheurs de cette vie, pour parvenir à la verlu ou s*y conserver, si on a le bonheur d*y être. L*auteur avance qu*il n*y a point de morale sans piété, point de piété sans idées mvstiqueSy et point d'idées mvstiques sans allégories. Aussi en use-t-ii largement.

De statu hominis interioris : « Sur Vitat do t homme intérieur. »— Cet ou vrage est précédé d'un prologue. Ce n'est qu'une longue explication de CCS paroles d*lsaïe : A planta pedum usque ad verticem non est in eo sani' tas : « De la plante des pieds au sommet de la iéte il n'y a rien de satn en lui. » (Isa. i, 6.)

Impuissance, ignorance, concupiscence, tel est le triple mal de Thomme, le triple vice de sa nature déchue. De ces trois plaies de Phomme moral, comme de trois sources empoisonnées, découlent trois différentes espèces de péchés, des faiblesses, des erreurs et des actes mauvais entièrement volontaires. A ces trois genres de désordres nous devons opposer trois genres de remèdes, les commandements de Dieu, ses promesses et ses menaces.

L'auteur divise son travail en trois parties, et cette division est très-naturelle : trentesept chapitres pour le triple vice forment la première partie, sept chapitres sur le triple péché forment la seconde, et les huit derniers traitent du triple remède et composent la troisième partie.

A Toccasion des maladies du corps, qu'il met en parallèle avec celles de TÂme, Richard nous fait connaître une particularité de la science médicale au xii* siècle : c'est que les médecins de cette époque distinguaient dans le corps de Thomme trois esprits différents : l'esprit animal qu'ils plaçaient dans la tète, l'esprit naturel dans le loie, et l'esprit vital dans le cœur.

On peut dire en somme de ce traité qu'il est plus édifiant Qu'instructif, et que I auteur, au milieu d un nombre considérable de pensées pieuses, se livre à de très-longues et trèS'lréquentes digressions. Il l'avoue lui-même et se compare a un voyageur qui s'écarte de sa route pour visiter, aux environs, quelques lieux d'agréable apparence. Quoi qu'il en soit, ou trouve dans cet écrit plus de méthode que dans bien d'autres du même personnage.

De eruditione hominis interioris : • De fin^ truction de fhornme intérieur, fe — Il sa ici d'interpréter les chapitres u, iv et vu prophète Daniel. L'auteur ne s'y occo, nullement du sens historique, mais il rî cherche toutes les interprétations Iropo giques qui peuvent se tirer du songe Nabuchodonosor ou de son histoire. A c que détail il trouve une explication mon souvent fort ingénieuse, et il croit qu oo en pourrait trouver d'autres encore, ce qu' engage à essayer.

L'intention du prophète, selon Richan)«i été de nous montrer comment les juste»

peuvent, par degrés, abandonner la praiiqui des vertus et tomber dans le vice, et com*j ment la grâce les secourt efficacement et Id retire de l'abîme. Ce traité est rempli d'atlo^ sions : ainsi, par exemple, dit l'auteur, dODH nez aux gens de lettres de l'emploi et da| dignités, et ils abandonneront l'étude et perdront le goût du travail.

Des degrés de la charité. — Richard a deoi traités sous ce titre. Le premier, en quatre, chapitres, est adressé à un religieux aipeJ Séverin, qui l'avait demandé au prieur d| Saint-Victor, avec qui il se trouvait en rapport d'amitié. L'auteury'explique les uA ractères de la charité énumérés par saifl( Paul.

Dans le second traité, il oppose, ou mieoi il met la charité en parallèle avec la cupidite : de même que 1 amour profane blesseï enchaîne, fait languir et consume, de ménii la charité passe par ces quatre degrés pou arriver à sa perfection.

Un compilateur du xni* ou xiv' siècle s'al servi de cet ouvrage pour composer ai' Traité de la charité faussement attribué I saint Bernard.

De gemino Paschate inDela double Pâipu.y (La pflque des fleurs et là pâque des fruits.)

— Cest un sermon pour le jour des Rameaux. Il est suivi d un autre pour le jour de Pâques, qui paraphrase ces mots de IV pôtre saint Paul : Pascha nostrum immolatut est Christus. (1 Cor. v, 7.)

Du très-excellent baptême de Jésus-Ckrtit.

— L'auteur, engagé par une personne de <a famille à traiter ce sujet, s'en reconnaît (jea capaljJe. Aussi son écrit ne con$iste-t*il quVn digressions sur l'immensité de Dieu, i\:f l'incarnation, sur le Saint-Esprit, qui s'e.^t montré, dit Richard , sous la forme d'uoe colombe, parce que cet oiseau est remblème de l'union des cœurs et de l'unité de la foi; enfln sur les effets du baptême.

Depotestate ligandi et solvendi: « Du pouvoir de lier et de délier. » — Ce traité e^t beaucoup plus moral que dogmatique, ei c'est pour cela que nous l'aoalvsons ai.

On avait proposé à Richard cette question : Le pouvoir de lier et de délier, cooféré à saint Pierre, est-il le même que celui que Jésus-Christ donne ailleurs à tous ses^i^* très et à leurs successeurs 7

L'auteur s'abstient absolument d'/ rf* pondre; il ne la touche même pas, (jQOi-

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DE PÂlHOLOGIE.

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|u*en dise Elie Dupin» qui sans doute a parlé le cet outrage sans l'avoir lu.

Si cet écrit était moins rempli de digresiioQS inutiles et composé avec plus de méhode, il serait très-utile et aux confesseurs i aai péoitents, par le {çrand nombre d*ins<* rudioDS édifiantes et pratiques qu'il renenne.

Eiplication du sacrifice â^ Abraham. — iichard expliaue aux religieux de Saintiolor en quoi le sacrifice de David est difféeot de celui d*Abraham.

Il s'agiU en cet endroit, non pas du sarifice dont Isaac devait 6lre la victime» lais de celui qui est ordonné au père des rovants , en ces termes : Prenez une vache t'troii anif un bélier tê une chèvre du éme dge^ une tourterelle et une colombe. r'm. XV, 8» 9.)

Tout ce discours consiste en explications Ségoriqnes et en rapprochements de ce lie à CCS mots du Psalmisle : Holocausta tdullata offeram tibi cum incenso arie^um^ feram tibi boves cum hircis, {Psai. lxv, 15.) Autre explication du même eacrifice d*A- )oham. ^ L'auteur cherche les difTérences li se trouvent entre ce sacrifice et celui ) la sainte Vierge offre deux tourterelles deat colombes à peine écloses.

Tractatui excerpttonum : « Traité ieX" ai/i. » — Sous ce singulier titre, on a uni Quelques pages sur l'origine des arts sur les sciences divines et humaines, le Qt mêlé à un Abrégé historique de VAncien ttiament et h d'inutiles notions de géogratte.

Au reste, c'est h tort qu'on a inséré ces Iraiu dans les (XEuvres de Richard de lint-Victor. — Bellarmin et Oudin disent le ces écrits ne sont pas de lui. Oudin prend même qu*on les doit attribuer à un icbard de Clunjt qui écrivait vers tl80 ou

Ses ouvBAGES MAifusGRFrs. — Trithèmo , fls son Catalogue des écrivains ecclésias-^ P^^, donne les titres de quelques ouvrages ^ Richard de Saint-Victor, qu'on ne reoQve point dans les diverses éditions de s (autres, — De studio sapientiœ ; — De 'o/^/ti monacAorum; —De oratione mentali;

t^officiis Ecclesiœ: — De quatuor ventis ; ^Achbus apostolorum; — Denovitate vitœ;

^pitome totius Bibliœ.

^ plupart de ces titres pourraient s'appli- |.^r à certains morceaux ou fragments des ^«rw de Richard , et il est fort vraisem- <tle qu'ils ne sont que des intitulés de i^toents détachés.

Uonlfaacon, dans sa grande Bibliothèque, l^deux manuscrits de Richard de Saint- Hor, découverts (lar lui, dans la biblio- ^^ae Ambrosienno : le premier est lo rtué De laudibus beatœ mariœ; le second appelle Incendium divini amoris. Si ce 'roier ouvrage n'est pas le même que le ^nj Traité de la charité ^ que nous avons < ms haut, on peut croire qu'il no diffère ^ «iu Stimulus divini mmoris , de saint BoiTeûlure

L'opinion que nous émettons plus haut, sur la non existence d'ouvrages manuscrits de Richard de Saint-Victor, peut s'appliquer encore aux écrits suivants :

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