POSTI-S, TÉLÉGRAPHE, TÉLÉPHONE. NoUS ne VOUloUS paS
faire ici l'historique des postes suisses à partir du XVI* siècle jusqu'au milieu du XIX« ; nous partirons de leur réorganisation par la Confédération. Malgré les soins que lui vouaient les cantons qui veillaientjalousement sur l'exercice de ce droit productif, le service des postes souffrait beaucoup de son morcellement en 14 ou 15 administrations cantonales, qui avaient entre elles et avec l'étranger des traités extrêmement compliqués. La première tâche du domaine économique ^ue, dès 18^8, s'imposa le Conseil fédéral, fut la suppression des tiraillements sans nombre qui Se produisaient entre les cantons, la diminution des frais d'exploitation et la simplification du service par la centralisation des Postes. Au milieu de l'année 1849, cette grosse réforme était un fait accompli. Par la suite, on joignit à l'administration des postes celles du télégraphe (lfô2) et du téléphone ]1881).
Outre ses avantages financiers et administratifs, la centralisation des postes développa avantageusement les relations entre toutes les parties de la Confédération. L'ancien service avait surtout pour but d'assurer les communications entre les places de commerce les plus importantes et les chefs-lieux de cantons ; la nouvelle administration travailla à étendre progressivement et à généraliser les services postaux réguliers pour le transport des voyageurs, des lettres et des colis. Un élément nouveau contribua à établir dans la seconde moitié du X1X« siècle des communications postales régulières jusque dans les montagnes les plus élevées ; c'est, avec le développement de l'industrie, l 'afflux ^ndissant des touristes étrangers. Il est vrai que la saison des étrangers étant courte et la poste devant desservir, par principe démocratique, jusqu'aux
habitations les plus éloij^ées, ce développement du service contribua a alourdir sa situation financière, mais les postes suisses se sont placées, de ce fait, au premier rang en Europe. A la fln de 1906, l'administration des postes suisses comptait 3803 bureaux et dépôts de poste, 11636 fonctionnaires et employés nommés définitivement, 722 aspirants et apprentis, et 469 aides, au total un personnel de 12827 fonctionnaires. Le nombre des bureaux de poste par tête de population (un pour 890 personnes) est de beaucoup supérieur à celui des autres pays. Il est environ deux fois plus grand qu'en AUemaffue et en Angleterre. En nombres ronds il a été expédie en 1906: 157 millions de lettres dont 131,1 millions pour l'intérieur de la Suisse, 90 millions de cartes postales, 153 millions de journaux suisses, 60 millions d'autrès imprimés et environ 3 millions d'échantillons et autres envois sans déclaration de valeur, ainsi que 5,7 millions de lettres recommandées. A ces chifl'res il faut encore ajouter comme envois de valeurs, ||[énéraieroent pour l'intérieur de la Suisse, 29 Vs millions de colis
f costaux pour environ 2V3 millions de francs, 9 Va niilions de mandats pour ëi35 millions de flrancs, 11 millions de remboursements avec 86 millions de f^ncs, 1,9 millions de recouvrements, avec 139 millions de francs ; les chèques et virements postaux, introduits en Suisse le l**' janvier 1906, d'après le système autrichien, sont appelés à faciliter beaucoup l'échange des valeurs d'une place de commerce à l'autre, ainsi que sur la même place. En 1906, il y a eu 1,8 millions de virements pour une valeur de 451 millions de francs.
Dans les relations internationales, c'est avec l'Allemagne que la Suisse entretient le trafic postal le plus intense ; en ISte, il n'a pas été expédié moins de 8,9 millions de lettres et de 11,6 millions de cartes postales de Suisse à destination de l'Allemagne. La France vient en second, avec 6,5 millions de lettres et 5,8 millions de cartes postales ; puis l'Italie avec plus de 3 millions de lettres et 2,5 millions de cartes postales, la Grande-Bretagne avec 2 265 000 lettres et 2,1 millions de cartes postales ; l'Autriche (Hongrie non comprise) avec 1323000 lettres et 1 444000 cartes postales ; la Russie avec 793000 lettres et 720000 cartes posUles ; les États-Unis avec 688000 lettres et 378 000 cartes postales ; la Belgique avec 554 000 lettres et 533 000 cartes postales; la Hollande avec 327000 lettres et 373 000 cartes postales, etc. Pendant l'année 1904, il a été expédié de Suisse à destination des autres pays du monde 23071000 lettres et 23048000 cartes posUles.
D'autre part, la Suisse a reçu de l'étranger : 25554000 lettres et 14 102 000 cartes postales.
Il a été expédié en 190d à destination des contrées suivantes :
Europe . . . 24596000 lettres et 25 948 000 cartes postales Amérique .910000 « 505000 ».
Afrique... 220000 » 129 000 »
Asie 172000 » 89000 »
Australie et Océanie . 37000 » 35000 »
ToUl en 1906 25937 000 lettres et 26 706 000 cartes postales, Total en 1905 23071000 » 23048000 »>
En revanche, il est entré en Suisse : 28534000 lettres et 17551 000 cartes postales.
En 1906, les recettes de l'administration postale ont été d'environ 47,6 millions de francs et les dépenses de 43,9 millions, ce qui donne un bénéfice net de 3,7 millions (4,5 millions en 1905; 3,38 millions en 1904; 3,56 millions en 1903 ; 3,67 millions en 1902). Le produit des postes ne sert pas uniquement à alimenter la caisse de la Confédération ; il est consacré avant tout à l'amélioration du service.
Le rendement des diverses branches de l'administration postale est naturellement bien différent. Celles qui rapportent le plus sont : le service des lettres, des colis, des mandats et recouvrements ; celle qui rapporte le moins : le service des diligences pour le transport des voyageurs, là où n'existe pas encore de voie ferrée. C'est surtout le cas sur les routes alpestres où l'enlèvement des neiges occasionne de grands frais tandis que f plusieurs services ne sont fréquentés que très irréguièrement.
SUl
SUI
Le tableau ci-après donne le nombre des voyageurs transportés en 1906 :
Nombre Nombre
Routes, des voyageurs. Routes. des voyageurs.
Report ... 158103 Maloja et Enga- Grtmsel . . . . 5793
dine .... 65574 Julier 18113
Simplon . . . 4417 Bernardin . . . 21546 Furka .... 14677 Ofenpass . . . 3589 Bemina ... 24701 Klausen .... 3427 Flùela ..... 11157 Landwasser . . 6872 Oberalp . . . 22405 Umbrai! . ... 1404 Splûgen . . . 1M72 Lukmanier . • .. .2064 A reporter. . . 158iar Total . . . 220 93t
Malgré la diminution considérable occasionnée par l'ouverture de la ligne du Simplon (8841 de moins au 'en 1905), ce nombre dépasse de 52o8 celui constaté en 1904 ; mais le déficit occasionné par ces services de postes atteint annuellement plus de 500000 Pr.
De 1901 à 1904, les postes suisses ont transporté annuellement de 1 500000 à 1 600000 voyageurs ; en l()05, 1 618000; en 1906, 1 679470. Les recettes n'^étant que de 2,2 à 2.6 millions et les dépenses de 7 à 8 millions (en 1906, 8^/, millions), ce service occasionne donc à l'administration un déficit annuel de 5 (1903) à 6 079 000 francs (1906) .
Le service de diligences diminue d'ailleurs d'année en année par suite du développement des voies ferrées. Mais si l'administration postale a ainsi perdu dans la ré-
S ion du Plateau des services qui étaient d*un bon rapport, ans la Montagne d'autres services qui occasionnaient de gros déficits ont à leur tour pu être abandonnés. La suppression des diligences de l'Albula et du Flimserstein, de Reichenau à Ilanz. par exemple, a valu à la Confédération une économie de 252000 Cr. de 1903 à 1904. Une autre économie a été réalisée en 11106 par la suppression, au moins partielle, des diligences du Simplon. Par contre, il a fallu dernièrement ajouter à la série de ces services onéreux ceux du Klausen et du Grimsel.
Le développement du réseau télégraphique suisse a marché de pair avec celui des voies ferrées. Établies en 1852, les premières lignes télégraphiques suivaient d'abord les voies ferrées. Comme pour celles-ci, les lignes maîtresses du télégraphe furent aussi celles de Bâle-Chiasso et de Genève-Bodan. Ce que nous avons dit du dévelop-
f>ement des postes est applicable également au dévtoppement des lignes télégraphiques et des lignes téléphoniques, inaugurées en 1881. Mais pour ces derniers services les charges financières sont encore plus lourdes que pour les postes; ces charges proviennent en partie de la pose et de l'entretien des fils, de l'affinx croissant des étrangers, qui exige la pose de fils jusque dans les régions les plus élevées, en partie aussi du principe démocratique qui exige que toutes les parties du pays jouissent des mêmes avantages.
A la fin de l'année 19^, l'administration des télégraphes disposait de 6035 km., fin 1906 encore de 5 888 km. de lignes télégraphiques d'État, dont plus de la moitié est établie le long des chemins de fer, le reste le long des routes ; les fils de ces liâmes télégraphiques avaient une longueur en 1905 de 22860 km., en 1906 de 23058 km., dont environ les deux tiers suivent les voies ferrées. 2206 stations télégraphiques et 710 stations téléphoniques, auxquelles il faut encore ajouter 918 stations téléphoniques avec service télégraphiaue, étaient desservies en 1906 par un personnel de 41*70 employés. En 1906, il a été expédié environ 1 609 000 télégrammes internes et environ 2 36)000 télégrammes internationaux, 97000 de télégrammes en transit, soit un total de 4919000 télégrammes. Comme pour les postes, le pavs avec lequel les communications télégraphiques ont été fesplus nombreuses est l'Allemagne : 770000 dépêches reçues et expédiées; vient ensuite la France 611000; puin l'Italie 281000; TAutriche 181000 et l'Angleterre 163000; enfin la Russie 90000, la Belgique 53000, l'Amérique 59000, la Hollande 28000, etc.
Au point de vue financier, l'administration des télégraphes suisses est arrivée, malgré un assez fort amortissement des frais d'établissement, à balancer les dépenses avec les recettes. Un petit excédent de ces dernières en 1905 : fr. 112000, en 1906 : fr. 177000 ont été employés à l'amortissement extraordinaire du réseau.
Intimement lié au service télégraphique, celui des téléphones, inauguré en 1881, est place aussi dans les niains de l'État et, progressant avec rapidité, n'a pas tardé à dépasser de beaucoup son aîné. De 377 km. en 1881 et 170CX) en 1890, la longueur des fils du réseau téléphonique atteignait 162000 km. en 1900 et 273000 km. en 1906. La longueur des lignes avait à la fin de 1906 un développement de 1696) km. avec 711 téléphones. Le nombre des lignes interurbaines était de 753 avec 42 244 km. de fils : celui des lignes internationales était de 48. Les 40 millions (nombre rond) de converf>ations en 1906 se divisent en 32,4 millions locales, 6^7000 interurbaines et 299000 internationales, dont plus de la moitié (161 OOU) avec l'Allemagne, 93 000 avec la France, 35000avec l'ItaKe et lOOOO avec l'Autriche. Le développement rapide du réseau téléphonique et l'établissement de lignes dans le sous-sol joints a un amortissement de 15 '/o du capital d'établissement ont amené d;)ns ce service, vers la fin du XIX* siècle, une période de déficits qui est maintenant surmontée. Les dépenses régulières de 1905 et 1906 en moyenne pour chacune de 7 Vt millions (1906 : 8 millions en chifi'res ronds), ont été balancées par aes recettes un peu plas fortes (1905, 7,8 mill ; 1906, 8.8 mill.) et le bénéfice a été, comme dans le service des télégraphes, employé à Tamortissement extraordinaire du réseau. [Or T. Gbbrikc]
IX. Agriculture. 1. Facteurs naturels. Sol et climat. La production agricole, par quoi il faut entendre en premier lieu la production végétale, est influencée par deux facteurs naturels : le sol et le climat, qui tous deux »ont caractérisés, pour la Suisse, par une extrême variabilité, d'où résulte la grande diversité des productions de notre pays. Ces deux facteurs ont été étudiés au point de vue
{Ifénéral dans de précédents chapitres. On se bornera ici à es envisager au point de vue purement apicole.
a) Le sol suisse, de configuration si variée (exposition, altitude). Test encore davantage quant à sa composition chimique et physique. On trouve dans notre pays des repi^ésentants de presque toutes les formations possibles : terrains en place, terrains de transport glaciaire, terrains d'alluvion, formations tourbeuses de types divers; mélanges de terrains en place et d'apports glaciaires; mélanges de formations alluviennes et tourbeuses, etc. C'est pourquoi l'établissement de cartes agronomiques, relativement aisé en d'autres pays, n'est réalisable chez nous que pour des régions de très faible étendue, une commune ou un district. Et même ces cartes, dressées à l'échelle du Vciao^'* ^^ peuvent-elles porter qu'une faible partie des indications qui seraient nécessaires pour rendre compte des variations constatées par l'analyse chimique ou physique.
On peut néanmoins noter, parmi les caractères généraux, en premier lieu, l'abondance des apports glaciaires et par conséquent de l'argile, sur une grande partie de la région agricole principale, celle du Plateau. lie là des terres fortes, compactes, partout où des formations alluviennes n'ont pas modifié les propriétés spécifiques de l'argile. Heureusement pour notre agriculture, ces formations alluviennes sont très nombreuses et parfois très étendues dans nos vallées et nos plaines. Fréquemment, ces alluvions proviennent à la fois de terrains cristallins ■ et de terrains calcaires ; on y trouve réunis les éléments nécessaires à une constitution favorable du sol, au point de vue physique et chimique (vallées du Rhône, du Rhin, de l'Âar, etc). Enfin, un troisième fait d'importance générale est la fréquence relative des terrains marécageux et tourbeux, résultant à la fois des conditions météorologiques et de la structure orographiaue du pays. Ces terrains, longtemps improductifs, ont été, dès la seconde moitié du XIX* siècle, l'objet de nombreuses et importantes entreprises d'améliorations, qui ont exercé une grande influence sur notre production agricole. L'un des exemples les plus frappants de ces transformations est celui que nous offre la vaste entreprise d'assainissement de la région des lacs du Jura (Seeland), par la correction du cours de l'Aar inférieur. De même, les corrections du Rhin, du Rhône et celle de la Linth, la première en date, ont permis de mettre en valeur des terrains d'une vaste étendue et modifié profondément les conditions agricoles d'une grande partie de notre pays. Les terrains marécageux, riches en matières organiques, une fois assainis et livrés à
U culture, constituent en elTet, après une période plus
ou moins longue d'ameublissemeot et d'araenderaents (spportde malériaui calcaires) des terres d'une richesse remarquable, se prêtant particulièrement à la production iotensive et aui cultures indostri elles. C'est ainsi que la r^ion du Seeland, seule en Suisse, alimente actuellement une fabrique de sucre de betteraves.
Outre les marais de plaine (Riede), plus ou moins tourbeux, caractérisés par la végétation des Carex, il faut noter encore l'eiiatence, surtout dans le Jura, des formatioDs connues sous le nom de lagnea {llochmoore), carac lèrisèes par l'absence complète du dépât de calcaire (craie lacustrel que l'on trouve régulièrement, à une profondeur variable, dans les marais de plaine et par la prédominance des sphaignei, plantes calcifuees. Ces hautes tourbières ont une importance à la fois industrielle et agricole; outre le combustible qu'elles livrent, leur couche supérieure, constituée par de la tourbe désagrégée ou
sui
rable que celle des engrais phosphatés. Ceui-ci, principalement les phosphates basiques (scories phosphatées) et les superphosphates sont, depuis un quart de siècle. l'objet d'une importation considérable; l'énorme augmentation de la production agricole suisse est certainement en relation directe avec cet emploi rationnel des engrais phosphates.
£/Leclinia(muie,eiceplion bitepourquelques régions dont la plus importante est celle dont Sion constitues peu près le centre, a pour caractère principal la fréquence des précipitations aqueuses et leur abondance relative. Les chilTreii suivants, donnés par Volkarl. permettent de s'en rendre compte.
La hauteur totale des chutes de pluie dépasse 100 cm. anouellemenl sur le 75% du territoire suisse. L'Irlande seule approche de ce chilTre avec (Ë%; l'An)ilclerre n'a que 35%. la France S%, l'Allemagne seulement 3 %. La cliute annuelle est de 85 à 100 cm. sur 30 ■/.
iBtlOD
terreau de tourbe, riche ei
smployée , iddition d
!C succès ce
dition de matières ca
Au point de vue chir , ., . .
varie naturellement dans des limil dues; on peut cependant noier c pauvreté en acide phoiphorii/tte, m grand nombre d'analyses, portant
, . et peut être .ubstance fertilisante, après et phopphatéea.
la composition de nos sols
B les
Les roches qui présentent chez nous la plus grande extension et ont contribué le plus Idrgement s la formation de nos sols sont toutes exemples, ou a peu près, d'acide phosphorique, que ce soient les grès ou mollaeses. les calcaires (à uneoudeui piceptïons près, qui n'ont qu'une importance locale), les roches cristallines, etc. Au contraire, la potasse est plus abondante, au moins dans les sols argileux et dans ceux formés par la déaagrégaliou des roches feidspalhiques, mais elle est principalement à l'état insoluble et difliciie ment assimilable, c'est pourquoi les engrais potassiques ont lou)ours leur rôle a Jouer dans noire agriculture, quoique leur action ne soit pas aussi régulièrement favo-
du territoire ; sur le 5 % seulement.
Heure à 85 cm.. Undis que le 90 % du ten . . .
pire allemand et le 82 !^ de la France sont dans c
Ce caractère humide s'accorde avec la conflgurition Bccidenlée du sol et fréquemment avec sa composition mécanique pour donner la prépondérance à la production rnurrauère, e( par conséquent à I élève du bétail, tandis que les cultures qui exigent un climat plutôt » les céréales surtout, trouvent chei r — """ — ^'^^beaucoup moins favorables,
La statistique montre, en eilet, que suisse les prairies (pâturages non comt cultivé dans le rapport de 1 a 0,9, landi loïre de l'empire allemand, i