‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 151 sur 225 · X. ladaitris. k.GtutnKLrrÉs. ï. Hiitorigtif du tUvelap · texte numérisé non relu

X. ladaitris. k.GtutnKLrrÉs. ï. Hiitorigtif du tUvelap

penienl iiel'indu(tri«. D'une façon générale l'énorme développement de l'industrie en Suisse et sa répartition par région n'ont pas été déterminés par des causes géographiques, mais par des causes purement historiques. C'est surtout le cas pour les grandes industries textiles de la Suisse septentrionale et orientale, ainsi que pour l'horlogerie du Jura et la plupart des autres grandes industries.

Nous prenons le mot industrie dans son sena le plus large, soit toute production qui dépasse les besoins locaux et qui est dealinée à l'exportation. Au mojen âge, la Suisse avait déjà quelque industrie; Zurich possédait l'industrie de la soie {Xlll' et XIV siècles), Qâle le tissage de la laine et au XV' siècle une llorissante fabrique de toiles peintes. Le concile qui s'y tint (1431-49) y amen» la fabrication du papier; la fondation de l'université (1460) provoqua un ^rand essor de l'imprimerie. Saint- Gall et Berne fabriquaient des toiles ; cette dernière ville, en outre, des draps de laine et de milaine. Les tanneries llorissaient à Berne et à Fribourg. Cependant, la vie industrielle se maintenait dans les cadres étroits des corporations (Zûnfte). La Suisse orientale se raita-

SUl

SUI

chait aux corps de métiers de la Souabef; la Suisse occidentale allemande à ceux du Rhin. L'évolution des métiers vers la grande industrie d'exportation ne date en Suisse que de la seconde moitié du aVI* siècle. Les per- FécutîoDS religieuses de cette époque amenèrent en Suisse les réformés oe Locarno (1555), les protestants des Pays- Bas (1560 à 1580), et de nombreux huguenots français. Ces réfugiés vinrent dans notre pays soit directement, soit après avoir séjourné dans le Palatinat et TAlsace qu'ils abandonnèrent pendant la guerre de Trente ans. Ils s'établirent principalement à Genève, Zurich et Bâle, et contribuèrent grandement à la transformation et au développement de la situation économique de la Suisse. Sans parler de certains progrès commerciaux et financiers, ils réorganisèrent en ^rticulier l'industrie de la soie à Zurich et l'introduisirent à Bâle ; l'horlogerie fut apportée à Genève par un huguenot. Cette immigration de réfugiés pour cause de religion augmenta encore d'impor-

de, le brillant essor de la broderie dans la Suisse orientale.

A ces industries importées par les réfugiés sont venus s'sjouter, à la fin du aVIII* siècle, le tressage de la paille dans le canton d'Argovie, puis l'industrie des machines à Zurich, Rûti, Winterthour, à cause de la concurrence des cotons anglais faits a la machine. Pendant la première moitié du XIX* siècle, le progrès industriel consiste, dans la Suisse allemande, dans le remplacement graduel du travail manuel par le travail mécanique et dans l'adoption de machines de plus en plus perfectionnées pour la filature, ainsi que pour le tissage et la broderie. L'industrie des machmes bénéficia de ces transformations. En même temps, on utilisa de plus en plus la force motrice des cours d'eau, d'abord par des turbines, par des installations électriques, puis en dernier lieu surtout par la turbine à vapeur.

La seconde moitié du XIX* siècle a vu nattre en Suisse de nouvelles industries : la fabrication des produits chi-

HépartitioQ des principales industries métallurgiques.

tance par la neutralité de la Suisse au cours de la guerre de Trente ans et par la paix de Westphalie (1648), qui consacra l'indépendance de la Suisse. Les guerres dévastatrices du Palatinat sous Louis XIV et surtout la révocation de l'Ëdit de Nantes (1685), amenèrent en Suisse une foule de huguenots. A coté de l'industrie, de la soie, le XVII« siècle vit surtout prospérer la fabrication des bas et le tissage des laines fines. L'industrie naissante de la filature et du tissage du coton trouva un terrain tout préparé dans les diverses contrées de la Suisse allemande où les populations s'occupaient depuis longtemps du tissage du fil. A partir de l'année 16S0, l'impression des indiennes prit un rapide essor; au XVIII' siècle, elle devint l'industrie la plus florissante et la plus rémunératrice de la Suisse ; son développement entraîna celui des filatures et tissages de coton. L'impression des tissus, qui, de Genève et Neuchâtel, s'était rapidement répandue dans tout le pays, ne subsiste plus aujourd'hui que dans le canton de Glaris pour certains tissus à grands dessins. Comme pendant à cette industrie, nous trouvons le tissage des mousselines qui débuta à Saint- Gall en 1721 et a provoqué, dès le milieu du XVllI* siè-

miques, des chaussures, des tricots, de la bière, du chocolat, du tabac et du lait condensé, puis toute une série d'industries plus ou moins importantes qui exigent une force hydraulique : la fabrication de la pâte de bois, du ciment, etc., récemment de l'aluminium, du carbure de calcium, du chlorate de potasse, du ferrosilicium, etc. A côté de ces industries électrochimiq^ues se placent presque toutes les branches de l'industrie electrotechnique. Dans tous ces domaines, la Suisse s'est sans cesse tenue au courant des proffrès techniques réalisés ailleurs; elle a introduit elle-même d'importantes innovations ; elle garde ainsi avec un soin jaloux la place d'honneur qu'elle occupe depuis longtemps.

2. Domaine de Vindustrie suisse. Nous parlerons plus loin des industries hydrauliques et électriques de la Suisse, ainsi que de celles qui tirent du sol une matière première; ces deux catégories d'industries sont les seules qui soient liées aux conditions géographiques du pays. Toutes les autres industries, textiles, métallurgiques, etc., ne sont pas nécessairement attachées à la région où elles sont nxées. Tliéoriquement. elles pourraient très bien s'exercer n'importe où.

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Répartition et împortaDce de quelques industrieii: horlogerie, métallurgie, papeterie, industries électriqaes.

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Répartition et inipoi tance des industries textiles.

SUI

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Il ressort de notre eflquiase historique querindustrie s'est fixée de préférence dans les contrées protestantes, tandis qu'elle fait défaut ou qu'elle ne s'est introduite que récemment dans les cantons catholiques, Saint-Gall excepté. Ce sont les progrès des moyens de communication et surtout l'utilisation des forces hydrauliques qui ouvrent à l'industrie des contrées autrefois complètement agricoles et qui la font remonter jusç^ue dans la région des montagnes (Grisons. Tessin et Valais, depuis l'ouverture du Simplon).

Aujourd'hui le N.-E. de la Suisse est la région des industries textil«*s et métallurgiques, tandisquel'horlojgerie forme la ppincipaleKiccupation *desnpopul]ftidhs jurassiennes.

Loe carte industrielle de la Suisse (publiée en 1883, par H. Schlatter, à 1 occasion de l'Exposition nationale de Zurich) nous montre successivement de l'E. à TO. les gazes à blutoir du Lulzenberg appenzellois et la broderie an crochet du Rheinthal saint-gallois et du Vorarlberg autrichien, puis la grande broderie au plumetis fabriquée à la machine à navette ou à main, et la broderie au crochet des cantons de Saint-Gall, Appenzeli etThurgovie, la fine broderie à la main des Rhodes- Intérieures, toujours accompagnées de la fabrication des machines, du filage et du tissage du coton et plus spécialement auttmentées du lissage au plumt tis du canton a'Appenzell Rh.-Ext. Le centre commercial de ces industries est la ville de Saint-Gall.

Plus loin, nous trouvons les tissages en couleur du Toff-

fenbourg et l'impression des tissus de Glaris. Le canton ae urich, avec les districts avoisinants des cantons d'Ârgovie, de SchatThouse, de Thurgovie, de Schwyz et de Zoug, est de préféience le centre des industries textiles et métallurgiques de lu Suisse. C'est la région principale des filatures de soie et de coton, daa tissages^et des teintureries, des fabriques de machines et de l'industrie électrique. Le tissage de la laine, la fabrication des tricots, la confection et maintes autres industries secondaires ou spéciales y sont aussi fortement représentées ; c'est entre ScnafThouse au N. et Zoug au S., la vallée de la Tôss à l'E. et Brugg à l'O. que la vie industrielle est la plus intense et la plus variée en Suisse; de là, elle rayonne de plus en plus jusque dans les cantons catholiques de la Suisse centrale et rnéme plus loin dans l'Oberland bernois et jusqu'à Berne. Comme industries spéciales a l'Oberland bernois, il faut citer la sculpture sur bois de Brienz, la fabrication des allumettes et des boites d'allumettes dans la vallée de Fruttgen et la poterie de Heimberg, près de Thoune. Dans l'ancien territoire du canton de Berne, l'industrie du coton et récemment des cotonnades en couleur a pris pied dans la Haute- Ârgovie, à côté de la fabrication des diapsdansleMitlelland et des toiles dans le Bas-Erainenthal.

Le tressage de la paille tst une industrie spécialement argovienne qui s'étend dans la vallée de la Reuss et dans le Seethal ; dans les cantons de Fribourg et du Tessin fleurit l'industrie des cigares.

A rOuest, nous trouvons la fabrication des chaussures à Schônenwerd et Olten, ainsi que le tissage des rubans de soie, le moulinage de déchets de soie et 1 industrie chimique, à Bâle.

Nous arrivons ainsi à la limite de l'horlogerie, qui s'étend sur t« ut le Jura, de Hôlstein et Waldenburg, dans le canton de Bâle- Campagne, jusqu'à Genève. On fabrique, en outre, des appareils et instrumente de précision dans les cantons de Neucnâtel, d'Argoyie et de Genève, den boites à musique et des phonographes à Sainte-Croix. Lucens et Maisprach s'occupent du polissage des pie* resfines. A Genève, il existe des ateliers célèbres de joailliers, d'émailleurs et de graveurs.

Les fabriques de machines et les usines électriques, les tuileries, les fabriques de ciment, de pâle de bois et de papier,! de lainages et de .tissus- à mailles, puis aussi surtout les grandes industries alimente! res, les minoteries, les brasseries, les fabriques de lait condensé, de liqueurs, de limonades, d'eaux minérales, de conserves de fruite et de légumes, de chocolat, se rencontrent un peu partout dans toutes les régions du pays. Comme industries plus étroitement localisées, nous trouvons la préparation du vermouth à Genève, la distillation de l'absinthe dans le Val-de-Travers. la distillation du kirsch dans les cantons de Zoug, Schwyz et Bâle*Campagne, la fabrication des cigares dans l'Argovie et la Suisse romande, Tessin compris.

Une série d'anciens métiers, tels que la confection, la tannerie, la cordonnerie, l'ébénisterie, la serrurerie, la con-

fection d'articles d'emballage en fer et en bois augmentent avec l'accroissement progressif des villes et se transforment peu à peu en industries plus ou moins importantes.

Mais les industries déjà citées qui tirent leurs matières première du sol sont les seules qui soient absolument localisées.

3. Étendue et importance sociale de l*€u:tivité industriÊile, Le tableau suivant, basé sur le recensement du l*** décembre 1900, donne le nombre de personnes des deux sexes occupées ou entretenues par chaque industrie; il montre le développement et l'importance- sociale des diverses indostries.

Les personnes qui travaillaient à ces industries ou qui en vivaient se répartissaient alors comme suit :

PersooDet actives.

Industrie de la soie .

Brodi rie

Filature et tissage du coton

Industrie de la laine

Autres industries textiles

Total des industries textiles

Horlogerie et bijouterie

Industrie des machines

Autres industries métallurgiques ....

Total des industries métallurgiques . .

Moulins, minoteries .

Chocolateries ....

Brasseries

Autres spiritueux . .

Tabac

Autres industries d'alimentation (boulangerie, boucherie, tu,)

Total des industries d'alimentation . .

Vêtemente et modes .

Industrie du bâtiment

Industries chimiques Industrie du papier .

Arts graphiques . . .

Total général des industries et métiers

Total.

PersoaDe»

vivant dot industrian.

270 lU

3ias

Le commerce occupe 140867 personnes et en entretient 285426; l'industrie des transporte 61082 et 167278; l'agriculture, y compris l'horticulture et la viticulture, 473297 et 1 067905. Cela donne un total de 1470352 personnes vouées â ces diverses professions sur un ensemble de 3128333 personn(>s qui en vivent et pour une population totale de 3315443 habitante.

Les sept ans qui se sont écoulés depuis le dernier recensement ont été une période de grana développement pour la plupart des industries de la Suisse et surtout pour ^uel-

Sues-unes des plus importantes. Voici quelques chiffres 'exportation qui montrent clairement l'accroissement de certaines grandes industries pendant ce laps de temps. Valeur d'exporUtiuo en niilliona d« fraocs en 1900 el 1906

Broderies 119,0 159,0

Machines, etc 49,5 68,75

Chocolats 10,85 36,3

Couleurs d'aniline 15,34 21,8

Ces chiffres permettent de conclure à une augmentation considérable de personnes vivant de ces industries. Cette augmentation serait:

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d'un bon Va d'environ 3/,

» 90000àia0000 »

» 76000àl06000 »

d'environ V4 pour Thorlogerie Boit de 119000 à 146000 personnes la broderie »

rindustrie des machines »

les industries des couleurs »

^ du chocolat »

En réalité^ l'augmentation de la population est inférieure à ces chiffres, parce que, d'une part, l'mventionde machines de plus en plus perfectionnées permet de diminuer le nombre des ouvriers et cfue d'autre part la consommation intérieure n'a pas toujours marché de pair avec l'augmentation extraordinaire des exportations. Quant à l'industrie do chocolat la valeur des ezj>ortation8 doit être réduite de plus de 10 % à ca^ise de déclaration de valeur exagérée. La production de nos plus grandes industries peut

environ 800 millions pour 1906. La production totale, qui alimente aussi la consommation indigène, est naturellement beaucoup plus forte. La Suisse est actuellement à l'apogée de son développement industriel. Pour plusieurs branches, des chiffres aussi élevés que ceux que nous venons de citer ne seront peut-être pas atteints de si tôt. Mais ce serait tomber dans l'erreur que de vouloir ralentir le progrés industriel et l'expansion industrielle de la Suisse par des moyens artinciels, car dans aucun autre domaine ne se justifie aussi pleinement le dicton : Qui n'avance pas, recule. Les débouchés industriels ouverts à la Suisse et dont elle ne b'empare pas sont bientôt conduis, et pour toujours, par l'industrie étrangère. D s'agit plutôt pour la Suisse d'exploiter et de développer constamment la position qu'elle s'est créée comme nation industrielle et exportatrice : «t On donnera é celui qui a >. Quatre grands groupes d'activité productrice ont seuls

Carie de diverses induttries.

être évaluée comme suit (Valeur en millions de francs.)

Valeur approx.

Exportation.

Broderies 159

Montres 154

Machines 69

Soieries 106

Cotons (filés, tissés,

teints ou imprimés) .

Lait condense . . .

Chocolat 96 (plus exact*^.

Couleurs d'aniline . .

Bière

Rubans de soie . . .

Tabac

Chappes et cordonnets Laines filées et tissées Maillots 10

Et ainsi de suite.

L'exportation industrielle de la Suisse peut atteindre

■) Saus coi.ipier lest matières et machines tirées de l'étranger.

18Vâ

de la part de

Consom-

Pro- travail

ma lion

duciion exécaté

indigène.

totale, en Suisse i).

une localisation déterminée par la nature du pays. Ce sont : 1<* l'agriculture, qui comprend la culture des fourrages, l'élève du bétail et l'industrie laitière sur le versant nord des Alpes où les conditions orographioues et climatiques commandent cette spécialisation; la culture de la vigne et des arbres fruitiers est localisée sur la rive nord des lacs et sur; les coteaux bien exposés au soleil. 2* Les industries employant comme matières premières des matériaux tirés du sol : pierres, terres, minerais, sources minérales, thermales, etc. C'est ainsi que les anciennes verreries et les fabriques de poterie réfractaire s'établirent naturellement là ou le sol renfermait les matières premières nécessaires. Il en est de même de la poterie, de l'exploitation de la tourbe, des hauts fourneaux, des mines, jadis exploitées, d'argent, de cuivre, de cobalt, de nickel, de plomb et d'anthracite du Valais et des Grisons ; des mines d'asphalte du Val-de-Travers et des salines du Rhin et de Bex ; des carrières de calcaire, des fabriques de ciment et des carrières de gyp*^ ^^ ^^^ ^ des Alpes calcaires ; des carrières de mollasse du Plateia et de 1 exploitation du granit le long de la ligne du Gothard. etc. — 3° L'industrie hôtelière et 4» toutes les industries utilisant les forces hydrauliques. [Dr T. GBBBwe.j

SUl

B, Produits minùiiiix. La Siiitu patse pour nu des pava 1r>i ptui riche» en matières minérales, lant *u poiot de vue de l'intérêt acieDtiGque de ces produit! aue boub le rapport de lejr utilisation dans l'induBtrie. Il raut avouer cepeDdant que les eiploïlatioUB de minerais métBlliféres ont doDDé, dan* la plupart de* cas, des réaultata peu encourajjeanti, Notre tiche sera donc de jeter d'abord ud coup d'ceil d'ensemble Bur les miaéraui en général, puis d'examiner dao* quelle mesure on peut en tirer profit dans les arts et dans l'industrie.

1. Uiwraux de la Suit$e. Il n'est pas poBBible de donner ici une description complète des minéraux de la Suisse. Nous devons nous borner à quelques indications '■incernant les minéraux les plus remarquables de notre

i]s et à quelques renseigne inents historiques relatifs à

ur découverte.

Diverses régions, notamment les Alpes, sont, de très incienne date, réputées par l'abondance de plusieurs minéraux aussi bien que par les dimensions de cerlaiDS cristaux. On ne connaît guère de gisements de pierres précieuses ou de pierres de joaillerie. On ne trouve en Suisse ni émeraudes, ni turquoises, ni opales nobles. Quelques minéraux, compris dans la dë9isB«><on de pierres ■emi'pEécieuses, se rencontrent cepenilant en asseï grande

Înintité. D'autres alimentent un commerce aasez actif i 9 sont vendus comme souvenirs aux touristes qui visi' tenl nos répons pendant la belle saison. Enlln, plusieurs parties des Alpes ont acquis une réputation universelle par leur rictieise en minéraux intéressants au point de vue scientifiaue ; à ne citer que le massir du Saint- Gothard, les vallées de Saas et de Saint-Nicolas, le Simplon et le Binuenthal. Les trouvailles de cette catégorie alimentent même un commerce asseï actif et lucratif, puisque dans le Dinnenthal on procède à leur exploitation industrie lie ment, moyennant une redevance à la commune qui accorde la concession. Certains minéraux d'une forme crislalline particulière, ou remarquable par leur composition cliimique, atteignent même des prix assez élevés Dans ce qui suit nous examinerons les principaux minéraux qui peuvent entrer ici en ligne de compte, en Ïenant pour guide l'excellent ouvrage de Kenngott, Die inerate Oer ^ichweiz. 1868.

n/Quartz. Ce minéral se place en première ligne par sa fréquence, ta beauté et les dimensions souvent colossales

tfi

de ses cristaux. La réputation des cristaux de quartz des Alpes date de la plus haute antiquité, puîKjue Pline en fait déjà mention. La forme régulière en prisme hexagvnat terminé pardes pyramides, elle limpidité, de même que la

lé pardes pyramides, elle limpidi coloration variée de ce minéral, en augmentent trait, sans compter que les formes extérieures présentent d'innombrables variations des plus intéressantes. Quant i la couleur, il convient de dislinguer le quarti ordinaire, à aspect vitreux elceluid'une transparence laiteuse, se trouvant presque partout dans les terrains les plus variés soui forme de remplissages de fissures, formant souvent des nions de plusieurs mètres d'épaisseur. C'est au quartz criatalliaé vitreux et hyalin que I on donne le nom de cristal de roche. C'est le minéral le plus remarquable et aussi le plus remarqué des .\lpes. Le vrai cristal de roche est incolore ; la topaze enfumée est du cristal de roche de couleur brune plus ou moins foncée ; des topazes très (bncêes se nomment horions : une nuance violette caractérise l'améthyste. Le cristal de roche de toutes ces variétés renferme souvent en inclusion toute une série d'autres minéraux, notamment le rutile (Piz Aul dsns les Grisons), le mica, l'oxvde de fer, l'amphibole, la tourmaline, le fer spéculaire, divera feldspaths, etc. Les gisements tes plus remarquables de cristal de roche sont le Haul- Valais, aussi bien la région sud, du côté du massif du Simplon (Binnenthal), que le versant nord, vera le massif du Satnt-Gothard, C'est dans ce dernier et dans les roches cristallines du massif de l'Aar qu'ont été découverts les plus nombreux et les plus grands cristaux de quarti, notamment au Zinkenstocli, en 1719, au Galenstock et au TieEengle tacher en 1888, d'où proviennent les

filus grands spécimens de quartz enfumé du monde poids du plus grand cristal -127 kg.). Us ont été extraits de vastes cavités, dites géodes, dont les cristaux tapissaient les parois. Des cristaux de quarti de moindres j; 1 ..■■ j — ]gj dlverees par-

gisements. Dans l'antiquité I

dimensions ne sont nullement n

Oroups de eriittui d« qusrti provanint du TisraoBleDcher coaiarve au Muais d* ^ra*.

ment du XVIII* siècle, on cnlTque le cristal de roche résultait d'une transformation de la glace ; on basait cette hypothèse sur la situation des • caves à cristaux > dans les hautes régions des Alpes. On peut, par suite des trouvailles remarcguabtes de cristal de roche faites en Suisse, appeler ce minéral notre minéral national ; ce sont aussi nos musées suisses qui en renferment les plus beaux spécimens (Berne, Bâle. Zurich, Genève, etc.j,

Lescristauxde roche frappent parla fortned'aigulllesou de rayons (Strahlen].et les chercheurade cristaux (Strahler} concentrent leur atleution en général sur des formes d'un éclat ou de couleurs plus apparenta. Par extension, le nom de t Strahlen • a été appliqué dans la Suisse allemande 1 d'autres minéraux bien cristallisés.

bj Le feldspath est loin d'atteindre, même de loin, la fréquence et les grandes dimensions des cristaux de quarti. L'intérêt scientifique des trouvailles d'un grand nombre de gisements est cependant très réel ; depuis fort longtemps les cristaux de ce groupe minéral ont attiré l'attention des savants ; à ne citer que le fait que la variété appelée adulsire est une des premières qui ^t décrite [1781). Mais à côté de l'adulaire cristallisé et transparent qui se rencontre dans des géodes, le feldspath orthose ordinaire d'une couleur blanc opaque, rosée ou verdâtre, ne se rencontre presque exclusivement que comme composant des roches granitiques et gneisaiques. Une forme très voisine de l'orthose est le feldspath hyaiophane, dont le Binnenthal en particulier renferme le gisement le plus connu. Quant aux feldspaths du groupe des plagioclasea, c'est l'albite seul qui mérite ici une mention spéciale, parce que ce minéral se rencontre souvent en très beaux cristaux, soit sous sa forme normale, l'albite, soit sous la forme de périclase, dans diverses parties des Grisons, du Tessin, du Unton d'Uri et dans le Haut- Valais,

cj L'épidote ou pislacite, est un minéral de couleur vert clair ou jaunâtre, en cristaux de forme prismatique ou tabulaire. Les psementa les plus connus sont les environs de Guttanncn. leSustenhorn. la vallée de Couches au-deasus de Fiesch, dans le Haut- Valais, le Binnenthal, les vallées de Saint-Nicolas et de Saas. le val d'Ëntremont, le Saïnt-Gothard, le Maderanerthal et diverses parties des Alpes grisonnes. La zoïsite, minéral très voisin de l'épidote, et l'escbérîte, qui en est une autre variété, se rencontrent plus rarement, la première surtout dans lee vallées de Saas et de Saint^Nicolas.

dl Un des minéraux les plus remarquables des Alpes est la tourmaline dont les cristaux prismatiques de forme hexagonale ou cannelée se distinguent en outre par une extrême variété de nuances, qui vont du vert clair au vert foncé, au brun et au noir presoue complet. Les gisementa les plus importants de ce minerai se trouvent dans divers terrains sédimentaires métamorphiques, comme les do-

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lomites cristallines du versant sud du SainUGothard et du fiinnenthal ; ailleurs c'est dans du gneiss ou dans des micaschistes que se trouve ce minéral, toujours en longues aiguilles, mais tandis que dans la dolomite c'est la variété verte qui prédomine, dans les schistes cristallins ce sont les teintes brunes et noires qui sont les plus fréauentes.

e) L'amphibole, dont la variété la plus commune est l'actinote (Strahistein), se place à la suite de la tourmaline, en laison de sa fréquence et d'une certaine analogie de forme ; sa couleur verte plus ou moins foncée, et la disposition fayonnante de ses cristaux prismatiques en font un des plus beaux minéraux des Alpes. On trouve l'actinote dans les terrains les plus variés, surtout dans les schistes amphiboliques, les roches talqueuses, la serpentine, etc. Lorsque les cristaux d'actinote deviennent très minces, iiliformed et allongés en forme de filaments soyeux, on donne à ce minéral les noms de trémolite. de byssolite, d'asbeste et d'amiante. Ces deux dernières variétés ont une certaine utilité et seront encore citées parmi les minéraux exploitables. Les fibres de l'amiante enchevêtrées en forme de feutrage donnent le liè^e ou le carton de montagne. Ces différents minéraux dérivent de l'amphibole par suite de simples variations de la forme cristalline et du mode d'agrégation des cristaux, ainsi que de la quantité de fer qui entre dans leur composition ; on les trouve presque toujours associés dans les mêmes gisements ou du moins dans la même région. C'est dans le massif du Saint-Gothard, au Grimsel, dans la vallée du Ha^li, dans le Maderanerihal, dans le voisinage du Binnenthal, du Simplon et dans les vallées de Saas et de Saint- Nicolas qu'il faut chercher l'actinote et ses variétés.

fj Le talc, quoique fort différent de l'actinote, est souvent associé à ce minéral, parce que les mêmes roches qui donnent naissance à la première espèce sont également les roches- mères du talc. Ce dernier accoi)|ipagne surtout la serpentine et la pierre ollaire, en formant des filons ou des nids de dimensions généralement peu étendues.

gj Le grenat, ou plutôt les grenats, sont extrêmement répandus, mais nulle part ils ne sont assez abondants pour pouvoir donner lieu à une exploitation ; ce n'est donc qu'à titre purement scientifique que nous en faisons mention ici. Leur coloration est très variée. Du grenat à peine coloré en rose des micaschistes et des gneiss micacés, on passe à des grenats rose rubis, dits grossulaires, qui se modifient à leur tour pour prendre une teinte brunâtre. D'autres grenats sont pres(^ue noirs et atteignent une assez grande dimension ; ils se trouvent de préférence dans les schistes micacés métamorphiques. Les grenats sont tantôt transsparents tantôt presque opaques et renferment souvent d'autres minéraux en inclusion. Leur couleur est déterminée par la présence et l'état de combinaison du fer et parfois d'une certaine proportion de manganèse. Il s'en trouve dans presque tous les schistes cristallins des Alpes, dans les micaschistes et gneiss des zones latérales du mapsif du Saint-Gothard, du Simplon, des Alpes Pennines ainsi que dans toute ses zones de schistes métamorphiques intercalées entre les gneiss massifs ou schisteux du Tessin, des Grisons et ou Valais. 11 en existe également dans de nombreuses roches amphiboliques.

h) Dans les mêmes terrains que le grenat on trouve aussi le minéral appelé staurolite, qui forme souvent des groupes cristallins en forme de croix ou de simples

f»rismes de couleur brune, tandis que le disthéne de coueur bleue (d'où le nom cyanite) est très recherché par les collectionneurs. On cite surtout le versant sud du Saint-Gothard, entre le col de Nufenen et le Lukmanier comme particulièrement riche en staurolite et en disthéne. Â citer encore comme minéraux moins fréquents, mais très recherchés, l'axinite du Saint-Gothard, en cristaux jaunâtres, brunâtres et transparents, l'idocrase (vésuviane) de la vallée de Saas et de Zermatt, Tandalousite des Grisons, le corindon de Campocologno, le diaspore du même endroit et la chloritoîde de Saas.

i) La chlorite est un minéral des plus répandus, facile à reconnaître grâce à sa couleur veraâtre et à ses feuillets hexagonaux, s'il ne forme pas des enduits pulvérulents sur

d'autres minéraux ou bien des remplissages dans des fissures (terre de velours). On trouve la chlorite dans toutes les parties des Alpes cristallines, soit sous Tune, soit aous l'autre des deux formes indiquées.

kj Plus fréquemment encore que la chlorite on rencontre dans toutes les Alpes cristallines la famille des micas, minéraux cristallisant en lamelles hexagonales, comme la chlorite, mais qui s'en distinguent par leur éclat métallique argenté, doré ou brun mordoré. On distingue sans peine le mica blanc ou gris (moscovite et helvetan) des micas bruns ou noirs (biotite et phlogopite). Les uns et les autres ne forment que rarement des cristaux de grande dimensions. On n'a pas trouvé jusqu'ici de ces lames capables de fournir du verre vierge comme le mica de Sibérie ; cependant au Saint<^othaV<r et dans la vallée de Binn on a trouvé des lamed dé «entotite mesurant Jusqu'à 15 cm. de diamètre.

l) La titiinite ou sphène, minéral de couleur jaune-miel ou verdâtre, transparent, en cristaux lamellaires, se trouve en inclusions dans de nombreuses roches granitiques et lineissiques des Alpes; mais c'est sous forme de cristaux isolés que ce minéral est surtout apprécié. Les gisements les plus importants sont : le val Tavetsch, liant et Rueras dans les Grisons, Guttannen, le Maderanerthal, le Saint-Gothard, le val Maggia, le Haut- Valais, le Binnenthaï et Zermatt.

mj Le rutile, la brookite et l'anataaeySont trois minéraux de composition chimique identique (oxyde de titane), mais de forme cristalline et d'aspect tout a fait différents. Le rutile a une forme prismatique et offre une couleur variant du brun au jaune avec un éclat métallique particulier. La brookite constitue des tables d'une couleur semlable à celle du rutile, tandis que l'anatase donne des cristaux jaune bmn, en forme de double pyramide. Le rutile se 'trouve dans le Haut- Valais, notamment dans le Binnenthal, dans le val Tavetsch, au Lukmanier, dans le val Medels, etc. Une forme spéciale du rutile est la sagénite, en aiguilles très fines, souvent entrecroisées. La brookite et lanatuae^e trouvent dans les. mêmes gise ments que le rutile ; la brookite plus spécialement encore dans le Griesserenthal (Simplon), et dans le Maderanerthal ; on rencontre en outre l'anatase au Saint-Gothard, au Galenstock, près de Fiesch et dans la vallée de Couches. Nous ne [x>uvons que citer ici un certain nombre de minéraux de moindre importance, bien moins répandus et de ce chef moins connus des chercheurs de cristaux. Ce sont : le diopside de la vallée de Saas, du Cervin et du val Maggia; la préhénite des mêmes gisements; la Uumontite de plusieurs points du Haut- Valais; la desmine du Binnenthal, du val Tavetsch, du Saint-Gothard et du val Maggia; la stilbite du Giebelbach dans le Haut- Valais, du val Tavetsch, et d'Amsteg ; la chabasile des mêmes gisements que la stilbite ainsi que du haut Binnenthal; la gismondine et le zircone des environs de Zermatt; la wisérine du Binnenthal; la chr}socolle du Mûrtschenstock ; la turnérite (monàzite) du val Tavetsch et de Binn; la pérowskite, très rare, au Findelengletscher au-dessus de Zermatt. L'hématite se rencontre à l'état cristallisé sous forme de deux variétés, l'hématite spéculaire et Thématite lamellaire ou mica hématite. Ce dernier constitue fréquemment ( Saint - Gotliard ) des agrégats cristallins en forme ae rosace, appelés t roses de fer ». Le val Tavetsch, le Binnenthal, les vallées de Saas et de Zermatt, le Maderanerthal et diverses vallées des Grisons (Ferrera) sont connus pour la beauté des cristaux de fer spéculaire. La magnétite ou fer magnétique, qui forme aes octaèdres ordinairement très nets, se rencontre dans le Binnenthal, dans la vallée de Zermatt, au Saint-Gothard, dans les vais Tavetsch et Medels, ainsi qu'au Gonzen sur Sargans. La limonite constitue en majeure partie le minerai de fer pisiformc du Jura, ainsi que les oolithes ferrugineuses de divers niveaux dif terrain jurassique et du Valangien; il en sera

auestion plus loin à propos des minéraux exploitables, les combinaisons manganèsifères, telles que la hansmannite, la manganite, la rhodochrosite accompagnent le minerai de fer du Gonzen sur Sargans. On connaît la sidérose ou carbonate de fer du val Tavetsch, de Disentis, du Binnenthal, du Tessin, etc.

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I^ dolomite cristallisée forme des ipsements importants dans le Bionenthal ; dans le tunnel du Simplon il en a été trouvé de très beaux échantillons ; on en connaît du Haut- Valais et des environs de Bex.

n) Après le cristal de roche, cVst la calcite qui est certainement le minéral cristsilisé le plus connu et le plus remarqué. Ses cristaux en forme de pyramides aiguës (scalénoedres) ou en rhomboèdres lenticulaires tapissent fréquemment les cavités, fissures et géodes de toutes les roches calcaires, tant dans les Alpes que dans le Jura. Mais il s'en trouve aussi dans les Alpes cristallines : Saint-Gothard, Simplon, etc. Le Plateau suisse offre parfois, dans les fissures des bancs de mollasse ou de poudingue, des cristaux de calcite de très grandes dimensions. Mais ce n'est que très rarement que cette calcite possède une transparence suffisante pour avoir les propriétés du spath dislande. L'aragonite, une autre forme du carbonate de chaux, ne se rencontre que sporadiquement, par exemple à Grenffiols en Valais et dans divers (gisements du canton des Grisons (alpe Tisch, Lugnez, Tarasp, etc.). La strontianite est encore plus rare (val Tavetoch).

o] Le gypse cristallisé se trouve dans tous les gisements gypsifères, autant dans le Jura que dans les Alpes, soit sous forme de gypse fibreux à éclat soveux, semblable à l'amiante (marnes de la mollasse deau douce inférieure;, soit en cristaux isolés ou diverseuient groupés, souvent d'assez grandes dimensions, en fer de lance). Dans les mines de sel de Bex on a trouvé les plus grands cristaux de ce minéral ; dans les eaux salées stagnantes de ce même

G 'sèment on peut constater la présence de cristaux acicuires de gypse formés récemment sur des fragments de bois, etc. D'autres gisements indiqués sont Muttenz, Ehrendingen, Meltingen, Schambelen, Krattigen, etc. De très beaux cristaux ont été trouvés dans les mines d'asphalte de la Presta prés de Travers. L'anhydrite ou gypse anhydre ne se rencontre * dans la plupart Bes gisements

3ae sous forme de masses cristallines, sécrétées dans es fissures; les cristaux isolés sont très rares. On en a trouvé en assez grande quantité dans la partie centrale du tunnel du Simplon, ayant une belle transparence et une teinte violacée. La célestine, dont le nom provient de sa couleur bleu de ciel est ordinairement associée aux gisements de gypse; elle rem- Sut aussi des fissures dans divers terrams, notamment ans le Lias. On en cite dans le Keuper de Gûnsberg, dans le Lias.de Sdiônthal, de Scfaamhelen, ettdans Te Trias de Bex. La barytine est plutdt rare et parfois associée à la célestine sous forme de baryto-célestine. Elle est connue dans les vallées de Tavetsch, de Lauterbrunnen, de Lôtschen, de Binn, de Sareans.

p) La fluorite ou spath fluor est, après le cristal de roche, certainement le minéral dont les cristaux peuvent atteindre les plus grandes dimensions. Sa transparence généralement par&ite et surtout ses variétés si multiples de coloration en font un des minéraux les plus recherchés par les collectionneurs. On la rencontre dans les terrains les plus variés, tant dans la région des roches cristallines que dans les Alpes calcaires et dans le Jura. Sa couleur va de l'hyalinite la plus parfaite aux nuances plus ou moins foncées, du jaune, du brun-ambre jusqu'au violet et au vert plus ou moins foncés. Les gisements les

Elus connus sont, dans la réffion cristalline, le Galenstock, le riebelthal dans le Haut-Valais, le val Tavetsch, la Gôschenenalp, le val Maggia, le Saint-Gothard, etc. Mais c'est dans les régions calcaires que se sont faites les plus belles découvertes de fluorite, notamment dans les Alpes calcaires, entre la vallée de l'Aar et celle de la Reuss. La région de Brienz en a fourni les spécimens les plus remarouables au gisement de l'Oltschenalp, découvert vers 1830 et remis en exploitation en lffî6 ; à part quel-

aues cristaux incolores, c'est surtout de la fluorite verâtre de grande beauté et en cristaux de dimensions énormes (jusqu'à 100 kg.) qui furent extraits d'une fis Bure où ils gisaient dans une argile grasse. On en cite aussi du Sântis, du Lauchemstock sur Wolfenschiessen et même du Jura (Muttenz près Baie). Nous reviendrons sur ce minéral à propos de son application dans l'optique. 9/ L'apatite ou phosphate de chaux, qui se rencontre en cnstaux hexagonaux, généralement de petites dimensions,

est ordinairement incolore ou blanche, mais elle peut affecter les mêmes variations de nuance que la fluorite. On cite ce minéral au Saint-Gothard, dans le val Maggia, le val Tavetsch, le Haut-Valais et le Binnenthal.

r) Un certain nombre de minéraux métallifères méritent d'être mentionnés ici, bien que la revision de ceux qui ont fait l'objet de tentatives d'exploitation, doive nous amener à revenir sur quelques-uns d'entre eux

L'azurite accompagne, avec quelques traces de malachite, les gisements de pyrite cuivreuse et d'autres minerais de ce métal, comme la cérusite qui se trouve dans le voisinage du minerai de plomb sulfuré ou galène, comme l'érythrine près des gisements de cobalt, la limonite en amas informas au sommet des gisements de pyrite de fer ; ce dernier minéral se trouve en heaux cristaux, soit libres, soit engagés dans la roche, dans les terrains les plus variés, autant dans les gneiss du Tessin, des Grisons, du Saint-Gothard, du Valais, etc., que dans les schistes argileux et les calcaires. Il offre une variabilité extrême dans ses formes cristallines. La marcasite et la pyrrhotine ou pyrite magnétique sont plus rares, la dernière surtout. La première forme la plupart des concrétions pyriteuses des terrains marneux et argileux, tandis que la seconde est réduite aux terrains gneissiques (Tessin. Valais).

La blende se trouve associée fréquemment au minerai de plomb (galène) ; on la trouve dans les filons du Lôtschen thaï, au Simplon, Davos, etc. On la cite aussi dans les dolomites du Binnenthal, dans la vallée de Lauterbrunnen et à Bex.

Le Binnenthal, qui est certainement la région la plus riche par l'innombrable variété de minéraux que renferment ses gisements dedolomite, ainsi aue les calcaires, gneiss et schistes cristallins, offre, à parties divers minéraux mentionnés dans cette énumération, toute une série de minéraux arsénifères oui ont exercé la sagacité des minéralogistes. Tels sont la binnite, la dufMnoysite, le sclérodase, l'arsénomélane. la jordanite, la tétraédrite^ l'arsénopyrite, et surtout le réalgar et l'orpiment, dont la belle couleur rouge ou jaune a très anciennement déjà attiré l'attention sur ces gisements. La tétraédrite et l'arsénopyrite (fahlerz) se trouvent encore dans plusieurs autres stations, le Haut-Valais, le val d'Anniviers, etc. Dans cette dernière vallée, on a même distingué des variétés de fàhlerz sous les noms de studérite et d'annivite. C'est encore dans le val d'Anniviers que se rencontrent les minerais arsénifères de nickel et de cobalt, la ni ckéNne 'et 'hrMBhlqanthite. Récemment, on a découvert et mis en exploitation un filon de minerai arsénifére. probablementdu mispickel (tétraédrite) sur l'alpe de Salanfe, dans le massif du Luisin. La molybdénite, oue nous avons encore à mentionner, n'a été trouvée c][u en

Setite quantité dans divers gisements du Haut- Valais et u massif du Saint-Gothard. Il en est de même de l'antimonite, qui n'est connue que dans queloues gisements grisons. Nous devons mentionner encore la rencontre assez sporadique de la vivianite, un phosphate de fer d'une belle couleur bleue, qui se rencontre dans les gîtes de lignite et dans les tourbières, revêtant des fragments de bois, etc.

On n'a guère trouvé de gîtes de corps élémentaires, dans notre territoire, car ce n'est que sous forme de petits cristaux oue l'on rencontre, par exemple, le soufire dans le gypse et l'anhydrite de Bex, de Lauenen et de Krattigen, de même (^ue dans le tunnel du Simplon. Quant aux métaux natifs, on peut citer l'or qui se trouve à l'état de paillettes dans les sables des cours d'eau sortant des Alpes, dans la pyrite de divers filons à Gondo et en forme de cristaux au Calanda. Quant à l'argent, on en a exploité jadis au Mûrtschenstock, où il se trouvait à l'état natif; les minerais de plomb argentifère et divers minerais du val d'Anniviers en renferment de même en quantité variable. Le cuivre natif ne se trouve que très rarement.

Le sel gemme n'est accessible que dans les mines de Bex, où il forme des filons et des remplissages cristallins dans la roche salifère. Mais dans les flaques d'eau salée concentrée quise trouvent dans les souterrains, on trouve de trèsi grands cristaux de forme cubique ayant 3 à 4 cm. de côté. 11 y en a qui ont mis 90 à 40 années à se former. Les autres minéraux salins, tels que la mélan-

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térite (sulfate de fer, vitriol vert), Talun, le sel de Glauber, Tepsomite (sulfate de magnésie), etc., ne présentent ffuéré d*intérét au point de vue de leur existence isolée dans certains terrains ou sous forme d^efflorescences à la surface de ceux-ci. Par contre leur importance réside dans le fait ({u'ils passent dans les eaux souterraines et forment ainsi les eaux minérales salines dont il a été question dans le chapitre relatif à cet objet.

Les minéraux combustibles et les matières bitumineuses seront mentionnés dans le paragraphe traitant des combustibles minéraux ; nous n'avons à citer ici que la résine fossile de la catégorie de l'ambre, qui a été découverte dans le lignite feuilleté de la Suisse orientale, ainsi que le graphite qui a temporairement été exploité dans le Valais.

C^est dans les ffisements profonds de tourbe que se rencontre localise un minéral gélatineux de couleur brun foncé, qui prend en séchant un aspect résineux, la dopplérite.

i. Exploitations minièreê et carrières. Les produits minéraux utilisables sont exploités soit à ciel ouvert, en carrière, soit en souterram dans des mines. Une forme intermédiaire est l'exploitation semi-souterraine, qui se pratique à faible profondeur sous terre, de manière

aue la cavité de l'exploitation soit encore sous l'influence u jour, tandis qu'elle n'est couverte que par une certaine épaisseur de terrain en surplomb que l'on cherche alors a soutenir au moyen d'étançonnages ou de piliers naturels. L'exploitation semi-souterraine est assez rare, parce qu'elle présente des dangers, surtout lorsqu'elle a lieu sur des coteaux très inclinés. Les exploitations souterraines, soit les mines et les carrières, diffèrent donc, avant tout, par le mode technique de l'extraction. Cependant la nature du- produit exploité sert aussi dans une certaine mesure à faire cette distinction, ce qui provient des termes dans lesquels s'expriment les prescriptions légales sur la matière. En effet, l'exploitation des minerais métallifères et des combustibles minéraux, qui se pratique en général en souterrains comme mine, parce gue la valeur de ces produits en vaut la peine, est comprise dans la régale aes mines que se réservent les gouvernements comme constituant un oien commun, tandis que l'exploitation des pierres, qui peut le plus souvent se fiiire à fleur de sol, est laissée liore au gré du propriétaire. Il s'en suit que les exploitations souterraines de telles matières minérales sont comprises sous la dénomination de carrière souterraine, alors au'en réalité il s'agit, au point de vue technique, de véritables mines. De même, une carrière à ciel ouvert dans laquelle on exploiterait de la houille ou du minerai, serait, au point de vue légal, une mine. On ne peut donc, sans commettre une équivoque, par|^r de mines et de carrières avant d'avoir bien défini au préahibl^ 4ian8 quel sens il faut comprendre ces deux mots. Pour nous, les mines sont des exploitations souterraines, quelles que soient les matières qu on en extrait.

Tous les cantons n'ont pas une léjpslation minière, même parmi ceux dont le territoire contient des minerais et des combustibles; quelques-uns au contraire, exercent un droit régalien sur les minéraux renfermés dans le sol, dont l'exploitation est soumise à l'obtention d'une concession du gouvernement et au paiement d'une taxe annuelle. Plusieurs cantons ont même légiféré sur l'exploitation des carrières, non au point de vue régalien, mais au point de vue de la sécurité publique et des ouvriers occupés dans les souterrains, soit en vue de l'exercice d'un certain contrôle sur ces entreprises, soit aussi pour se réserver certains droits sur les découvertes d'objets pouvant intéresser les sciences et l'archéologie.

Le projet de code civil fédéral se place au point de vue que nous venons d'exposer pour établir la distinction entre mines et carrières: il appelle mine tout ce qui est exploité en souterrain, en comprenant même dans cette catégorie les sources minérales et thérapeutiques, lorsque des forages ou autres ouvrais souterrains les amenèrent à la surface du sol. Ce projet base la nécessité d'un contrôle sur le fait que dans les mines la nature du produit exploité n'est pas reconnaissable pour chacun. Il est donc nécessaire que l'exploi-

tation se fasse en vertu d'une concession garantissant autant les droits du propriétaire du terrain que ceux des tiera, ceci sans supprimer ni restreindre le droit régalien que pourraient se réserver les cantons; ceux-ci sont d'aïUenra libres d'étendre les prescriptions du code fédéral également aux carrières et fouilles en général.

Voici la situation actuelle des divera cantons de la Suisse en ce qui concerne les lois minières et la régale :

Zurich. Loi minière de 1805 ; régale mintôre; surveillance ofHcielle.

Genève. Lois minières de 1839 et 1805; pas de régale des mines ; droit de légiférer réservé.

Fribourg. Loi sur les mines et carrières de 1850; régale.

Berne. Loi sur les mines de 1^3 et régale.

Tessin. Loi sur les mines et les tourbières de 1853 et régale.

Valais. Loi sur les mines et carrières de 1856; régale du sel.

Neuchâtel. Lois de 1867 et de 1872 sur les mines d'asphalte; surveillance et contrôle des mines d'as-

fihafte et des carrières souterraines ; régale concernant 'asphalte.

Argovie. Loi sur la régale du sel de 1873 et constitution de 1^ ; régale des mine4.

Bâle-Gampagne. Loi sur la régale des mines de 1876.

Bâle- Ville. Arrêté sur la régale des mines de 1891.

Vaud. Loi sur les mines et carrières de 1891 ; régale des mines.

Glaris. Loi sur l'industrie minière de 1893; pas de régale.

Schaflhouse, Soleure, Uri, Grisons et Appenzell Rh.-Ext. possèdent quelques prescriptions légales sur les mines; les deux premiers la régale minière.

Unterwald, Lucerne, Schwyz, Zoug, Thursovie, Appenzell Rh.-Int. n'ont aucune prescription le^le sur les mines, ni aucune régale minière. Des décisions gouvernementales règlent l'exploitation des lignites aans le canton de Saint-Gall.

Les cantons qui exigent des levés de plans de mines et carrières souterraines sont : Berne, Tessin, Valais, Neuchâtel, Vaud et Glaris. L'absence de semblables prescriptions dans quelques cantons qui possèdent des mines assez nombreuses aujourd'hui abandonnées, comme par exem-

f»le les Grisons, est certes très regrettable, vu l'impossibiité de connaître l'étendue des anciens travaux. Cependant certaines entreprises ont, de leur chef, finit lever des plans, en sorte qu'on n'est pas dans tous les cas réduit à 1 ignorance totale de l'extension des anciens travaux, après Téboulement des entrées de ceux-ci.

Nous renoncerons cependant, dans les lignes qui suivent, à appliquera notre description une subdivision basée sur la distinction purepaent technique entre mine et carrière. Cette distinction ne se justifie pas, au point ait vue des produits extraits. On peut logiquement diviser les matières minérales exploitables en trois croupes, savoir : aj Les combustibles minéraux et les matières bitumineuses, bj Les minerais métallifères, c) Les matériaux de construction et d'usage industriel.

aJ. Combustibles et matières bitumineuses. Graphite. Bien que n'étant pas combustible par lui-même, le graphite se place dans cette catégorie de minéraux, étant composé exclusivement de carbone loraqu'il est pur. On a exploité temporairement un graphite très pur sous forme de lentille dans le nieiss, près de Talpe de Fully, au-dessus de Branson en Valais. Une autre exploitation encore en activité se trouve au-dessus du village d'Isérables. On en tire un craphite très impur, fortement mélangé d'anthracite, si bien que la concession d'exploitation avait été demandée par deux amateure, dont l'un y voyait de l'anthracite et l'autre du graphite. Le rendement annuel de cette mine a été, pendant quelaue temps d'environ 3000 tonnes. Cette matière était utilisée pour la confection de moules de fonderie. On a fait une tentative de sondage sur un filon de graphite près de Ferden, dans le Lôtschenihal ; c'est un produit semblable à celui de Fully. On cite encore une ancienne exploitation dans les Grisons, près de Roveredo (val Mesocco), ayant fourni un graphite peu estimé. Ces gisements

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apparaissent dans des terrains ayant subi une forte compression et un métamorphisme équivalent. Celui d'isérables appartient certainement au terrain carbonifère, tandis que les trois autres sont peut-être plus anciens.

Anthracite. L'anthracite existe exclusivement dans les Alpes, où le terrain carbonifère, auquel appartiennent tous les gisements, a subi l'effet du métamorphisme dynamique. C'est de la houille transformée par pression. Il est orillant, très dense, et brûle sans flamme, sans s'affgiutiner comme la houille, d'où le nom de houille sèche. Les seules exploitations encore en activité se trouvent dans le canton du Valais. Elles sont au nombre de quatre : à Chandoline, près Sion, Granges, Grône et Bramois, fournissant moins de 4000 tonnes par année. Cet anthracite est très riche en cendre (15 à S5^/q). Un anthracite d'excellente qualité a été extrait jadis dune mine située à environ 600 m au-dessus de la vallée du Rhône, dans la commune de Collonges. Le Valais compte de nombreuses mines d'anthracite abandonnées. En 4859, lorsque Gerlach fût chargé par le gouvernement valaisan d'une étude générale sur les mines de ce canton, il n*y avait pas moins de 26 concessions accordées et en bonne partie en exploitation. On avait essa][é, à plusieurs reprises, de donner à cette industrie minière un nouvel essor par le groupement d'un grand nombre de mines sous la même direction, mais la combinaison ne put aboutir. Plusieurs d'entre elles pourraient donner un bon rendement, si elles étaient exploitées rationnellement et pourvues des capitaux nécessaires en vue d'une exploitation continue. Les anciennes exploitations aujourd'hui abandonnées sont situées dans les endroits suivants : Collonges, Dorénaz, Haut-d'Alesse, Salvan, vallée des Planards, col des Établons, Nendaz, Mayens de Sion. Plan fiaar, etc. On a récemment tenté d'exploiter de l'anthracite dans un lambeau isolé de terrain houiller, sans continuité en profondeur, qui se trouve au-dessus de Morgins. A citer la présence d'anthracite tertiaire (Nummulitique) aux Oiablerets.

Houille. A part les Alpes où le terrain houiller n'est productif qu'en Valais, on ne connaît nulle part ce terrain a découvert. U n'y a d'ailleurs, en Suisse, point de houille du terrain carbonifère. On avait songé à faire, dans le voisinage de Cornol, près Porrentruy, un sondage en vue de découvrir le précieux combustible, près de l'endroit où, en 4820, un sondage, poussé à près de 400 m. pour trouver le sel gemme, avait déjà donné un résultat absolument négatif. Un premier sondage, exécuté en 1870, fut déjà arrêté à 70 m. de profondeur. En 1888, une nouvelle société avait projeté de reprendre ces travaux, mais elle ne put se constituer définitivement. Auparavant déjà un sondage fait au Weiherfeld près de Rheinfelden, en 1875, par la Schweizerische Stemkohlenbohrgesellschaft, sondaffe qui fut poussé jusqu'à 434 m., avait donné un résultat aosolument négatif. Les seules houilles de notre pays appartiennent aux terrains triasique, jurassique et tertiaire. Celles du Trias n'ont jamais donné lieu à une exploitation suivie; dans le Trias supérieur, groupe de la Lettenkohle, se trouvent des feuillets tout à fait insignifiants de ce combustible.

Par contre, le Bathonien du faciès littoral des couches à Mytilus, propre aux Préalpes, renferme dans la région du Simmenthal et dans le Pays-d'Enhaut, des gîtes de houille grasse qui, pendant longtemps, ont donné lieu à une exploitation suivie. On a fait diverses tentatives d'exploitation dans ce même niveau, sur la rive gauche du Rhône, dans le Bas-Valais. Voici les gisements les plus connus :

Klus, près de Boltigen, dans une étroite gorge traversant l'aréte du Baderbers, prolongement des Gastlosen. Des galeries furent poussées des deux côtés de la vallée dans le niveau du charbon, dont la plus grande épaisseur pouvait atteindre 20 à 30 cm. Les travaux sont suspendus depuis une quinzaine d'années, par suite de la perte du filon qui 8*est trouvé curoplétement écrasé. D'autres tentatives, qui n'ont jamais été couronnées de succès, ont eu lieu auxpoints suivants : Bâderberg, Reutigen, Laitmaire près Chateaud'Œx et au Rocher de la Raye sur Rougemont, ainsi qu'à Gérignoz et au Rubli.

Les gisements du Bas-Valais, qui se trouvent dans le même niveau géologique, sont également abandonnés depuis longtemps déjà. Plusieurs galeries ont été percées

presque au niveau de la vallée du Rhône près de Vionnaz, entre ce village et Vouvry. Sur le territoire de cette dernière commune on a ouvert et exploité, pendant assez longtemps, des mines de houille au Blanc-Sex, sur l'aréte qui domine le versant S. de la vallée de Vemaz sur Vouvry. On a également trouvé quelques traces de combustible sur le versant opposé de cette vallée, dans les environs de Jiliex ; mais les gisements les plus riches se rencontrent dans le haut de la dite vallée, près des chalets de Combre et de La Callaz. Le premier de ces endroits offre trois galeries, dont une encore accessible, dans lesquelles on a rencontré plusieurs lentilles assez volumineuses de combustible. La situation n'a pas été aussi favorable à La Callaz, où la couche de charbon s'est trouvée bien plus laminée. Au Beatenberg, on a exploité jusqu'au commencement du XIX* siècle de la houille du Nummulitique.

Lignites tertiaires et limites noirs. Ces gisements de lignite se réduisent exclusivement aux formations tertiaires de la mollasse du Plateau et de quelques parties du Jura. Leur exploitation, sans être extrêmement active, a cependant donné en général d'assez bons résultats. Nous examinerons les gisements en avançant de l'Ouest à l'Est.

Paudex, près Lausanne. Lignite noir passant à la houille, intercalé à des couches de marnes contenant Hélix Ramondi. Les premiers travaux datent du milieu du XVIII* siècle, pour Paudex, tandis queles^sements de Belmont-La Conversion, appartenant à la même zone, ont commencé à être exploités un peu plus tard, soit v«rs la fin du XVI II* siècle, il n'y a là pas moins de 8 concesilons, dont 4 en activité, iiui se partagent une surCuce relativement faible et dans lacjueUe le combustible est réparti sur deux filons, l'un supérieur dit grand filon avec 20 a 25 cm. d'épaisseur et le petit filon, qui n'a que 8 à 9 cm., et se trouve 4,50 m. plus bas. Cependant, dans les dernières galeries, le grand filon est loin d'avoir 20cm. d'épaisseur, surtout dans les concessions voisines de La Conversion. La production a été, en 1^8, d'environ 850 tonnes au total dans toutes les concessions.

Les environs deChâtillensetd'Oron offrent divers filons de lignite noir dans le même niveau géologique. II y a égalementdeux couchesde 10 à 14 cm. d'épaisseur. La production est très faible; de 150 tonnes en 1881, elle est tombée en 1898 à 31 tonnes. Ce sont les seuls gisements encore exploités dans la Suisse occidentale, fl y a cependant d'innombrables endroits où l'on a constaté dans les terrains tertiaires des traces de combustible : des concessions ont été même demandées et obtenues, déjà dans le cours du XVIII* siècle, mais les travaux, dont aujourd'hui il ne reste souvent pas trace, ne paraissent avoir conduit à aucun résultat satisfaisant. Il a même été fait récemment, en 1888 et 1889, deux sondages dans le voisinage de Corpataux, dans le canton de FrÎDOurg, en vue de découvrir des couches de charbon dans la muUasse aquiianienne ; l'un fût même poussé jusqu'à près de 100 m., sans que l'on trouvât rien d'exploitable. Dans la vallée de la Mionnaz, en particulier, on a fait de nombreux travaux assez importants en vue de découvrir et d'exploiter des lignites aquitaniens. Le combustible qui fut l'oojet de ces recherches se trouvait réparti en un grand nombre de petites couches, parfois plus de 10, dont quelques-unes assez épaisses pour être exploitées. Les anciens travaux, tous abandonnes aujourd'hui, s'étendent entre Palézieux et Semsales sur une longueur d'environ 7 kilomètres ; ils furent commencés en partie déjà dans la seconde moitié du XVIII* siècle. En voici rénumération :

Pierre Confry. Travaux commencés en 1771 et repris en 1837, puis abandonnés en 1857. Deux filons.

Essert. Une galerie commencée en 1873 et abandonnée en 1887, ayant rencontré une seule couche de charbon. D'autres travaux abandonnés se trouvent près de Praz- Petou.

Semsales. C'est sur le flanc N.-O. de la colline de Progens que se trouvent les anciennes exploitations de Semsales, les plus importantes de la région ; pendant longtemps elles alimentèrent la verrerie de Semsales. C'est Brès de Froumi, à La Combaz, et surtout prés de Praz- [ontésy, que se trouvent les travaux les plus importants. Commences en 1776, ils furent poursuivis pendant plus d'un demi-siècle avec plus ou moins de succès. A La Combaz, il a été rencontré deux couches de charbon de 90 et

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23 cm. d'éDaisseur. La galerie de Proumi en a traversé de

10 à 13; celle de Praz-Montésy, Ionise de plus de 300 m. à travers banc, en a coupé non moins de 1d, dont deux de 20 et 30 cm. d'épaisseur, appelées grand et petit filon, comme dans la région de JPauaex-Belmont. Les gisements de la Mionnazse poursuivent parallélementà ceuzde la zone précédente ; ils paraissent appartenir à un niveau supérieur, ce qui n'est qu'une apparence, parce qu'entre deux se trouvent les importantes failles qui entrecoupent la mollasse subalpine. 11 est plutôt probable qu'il s'agit des mêmes couches, soit de la même zone.

En dehors de ces exploitations, on a souvent tenté des recherches en se basant sur de simples indices sous forme de traces charbonneuses, si fréquentes dans ces formations d'eau douce. C'est ainsi qu'il a été fait des recherches près de Rivaz, Savi^y, Porel, Chexbres, Épesses, Chailly et Ghfttelard non lom de Clarens.

Dans la région au N. de Semsales, des tentatives analogues ont été faites près de Marsens (1856), au Gurnigelwald (1797), au Grûsisberg près de Thoune, endroit cité déjà jpar Scheuchzer, ou une concession fut demandée en 17q6 ; dans la vallée d'Eriz, puis près de Marbach, Bi«hlen et Escholzmatt. En dehors de fa zone subalpine, on a ûiit des recherches dans la vallée de la petite Glane, près de Granges de Vésin, localité citée déjà par Razoumovsky (1780), puis à Neuenegg (1796), Laupen (1812J, l^rienisberg (1747) et Winau. Dans toutes ces localités, il s'agit essentiellement de lentilles de charbon brillant du typedujayet (Pechkohle), plutôt que de couches régulières.

11 n'est donc pas surprenant que le succès n'ait pas cou-

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ProdactioD de la houille el da ciment de la mioe de Kapfoach.

ronné ces efforts, car les soi-disant filons se perdaient régulièrement à une faible distance après avoir donné au début beaucoup d'espoir, en raison de la pureté du com-

bustible. Des lentilles semblables de j[ayet se rencontrent aussi dans la mollasse grise des environs de Lausanne.

Dans les couches de la mollasse marine (Helvétien), on a rencontré également des indices de combustible minéral sous forme de lentilles (Schmitzen) de jayet brillant, mais non de véritables filons. Malgré cette situation défavorable, de nombreuses concessions ont été accordées. Les localités où l'on a véritablement constaté la présence de charbon sont : Belpberg, Gurten, Bantiger, Berthoud, Madiswil, liuswil, etc.

La mollasse d'eau douce supérieure ^Qeningien) offre dans cette région de même des intercalations assez fréquentes de combustible sous forme de charbon brillant et léger, mais ce charbon n'a jamais donné lieu à une ez-

{>loitatîon régulière ; nous ne pouvons donc que citer les ocalités où des recherches ont été tentées. Ce sont: Lûtzelflûh (1804), Wildeneigraben, près Bowil (1803), vallée de rUfis entre Langnau et Trubschachen (1784), vallée de la Grûne (1779), la partie supérieure du Pontannenthal (1808), Bûron (1853), Schwarzenberg près Gontenswil (1785), Hâgglingen (1818).

 mentionner ici lear essais absolument infructueux qui ont été tentés en vue de tirer profit des nombreux petits filons de lignite noir des couches œningiennes du vallon du Locle, dans le Jura Neuchfttelois.( 1800-18 10), les endroits où l'on a fiiit les travaux les plus importants s'appellent la Philosophière et la Jambe-du-Commun.

Dans la région à l'E. de la Reuss, soit dans le plateau oriental, se trouvent encore quelques gisements de lignite tertiaire qui ont été exploités, non sans un certain succès, au moins quelquts-uns d'entre eux.

Ils appartiennent aux mêmes niveaux que ceux oue nous venons de passer en revue. Voici les plus connus :

1. Hohe Rhône. Gisements aquitaoiens situés sur le versant N.-O. de la montagne, exploités dès 1835, au moyen d'une quinzaine de galeries ouvertes dans le voisinage de Steinerfluh, de Greit, de Wurf et d'Ober Sparen. Une seule couche de combustible de 15 à 21 cm. d'épaisseur. Les travaux sont totalement suspendus depuis 1800, bien que momentanément l'exploitation fût très active et que le combustible fût de bonne qualité 2. Environs de Luceme. Probsteimatte,

gisement formé par une couche de charon de 30 cm. d'épaisseur, mais contf*nant beaucoup de pyrite ; exploité de 1858 à 1867.

3. Sonnenberg, près Littau. Dans la mollasse marine (Helvétien) se trouve un lit de charbon brillant, d'épaisseur très variable (de 10 à 45 cm.) et en position presque verticale (^°).

Exploité de 1866 à 1881. Rendement 10 à 20000 qm.

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