L-égliK
!• Thaon*.
Vis-à-via tlu Freienliof,. le Bosengarten, jolie maiBon avec une tourelle. Sur le Ralh.iusplaU se dresee l'hôtel de ville, cuDstruit en 1685; il renferme la bibliothèque, tea archives Je la ville et les portraits dex anciens boargme»- Ires ; l'hatel « lum Lôwen », avec une touralle, la maison d'habitation d'Anna von Veltschen, la femme de l'avoifer Pelermaon von Krauchthd, morte en 1164 et bien connue comme bienfaitrice de la ville. Mentionnons, en outre, le progvmnaae sur le Schlossberg, l'école primaire aur l'Aarereld. l'or-
fheliDat au Biîlltz, ou se trouve aussi l'hûtel des osles et la succursale de la Banque cantonale. La plupart des hôtiOs qui logent aisément 1000 étrangers, sont aituéa sur la route de llubletlen ; dans le voisinage de la ville, quelques-uns ne sont déjà pluB sur Bon territoire. A Hofatetten se trouvent la chapelle anglaise, l'église catholique, pluaieura magasins d'articles pour élrangcra. le Kursaal et un débarcadère pour baleaui à vapeur. Au-desBUB de Hafsietlen. Ip célèbre point lie vue connu sous le nom de a JakofashObeli ■. Ea amont de la ville. l'Aar entoure deux Ilots dont chacun renferme une maison de campagne. Dans la localité voisine de Schenligen. sur la rive gauche de l'Aar. une station du chemin de fer avec le débarcadère principal des bateaux i vapeur. On projette de réunir en une seule les deux gares de Thonne et de Scherzligen. A l'O. de la ville, Bur l'Allmeadstrasse, la grande caserne bâtie en 1S04 ; ses vérandas, son corps central élevé et ses quatre tours d'angles eo font un bâtiment plus original qu'approprié â son but. Casino 1 potir officiera, catitiDe militaire, grandes écuries, manège. A gauche de l'Ail me ndBirasse, la place d'armes pour l'ar-
tillerie ; à droile. du côté de l'Aar, les vastes bâtiments fédéraux ; ils coniprenoenl la fabriiviron lOÛO ouvriers et emploTés), (450 ouvrier»), le dépôt d"
Parmi les entreprises industrielles privées que possède la ville, nommons les usines métallurgiques Selve jfonderie, laminoir et tréfllerie) qui occupent environ 300 ouvriers et employés, une minoterie, une fabrique de meubles, une scierie, une fabrique de cartonnages, trois imprimeries, un grand nombre de magasins et de restaurants. Exposition de poteries de la Ciorique voisine de Heimberg. Les marchés hebdomadaires du samedi sont très fréauentét ainsi que les douze foires annuelles qui ont lieu le mercredi. Usine i gaz et usine électrique ; éclairage électri- Îue. Résesci de canalisation achevé en 1900 ; depuis 868 la ville reçoit l'eau du Homberg ; l'installation fut complétée en 1888 par un système de pompes. Caisse d'épargne ; caisse d'épargrie et de crédit ; succursale de la banque cantonale bernoise. H'ôpital de district et sanatorium. Hotels et penaiona. Plusieurs sociétés de chant et de musique ; sociétés de gymnastique; société des commerçants ; section Blùmlisalp du C. A. S. ; corps de ca-
été d'enfanU de t tir : stand et ciblerie sur qui a lieu en octobre, est ui publics et bains militaires
l'haleté ; sociétés de 'Allmend. L' i Ausachiesseti, e grande fête populaire. Uains LU bord de l'Aar.
1 1. dans les Balkans i dana >, en Angleterre « town • en celtiqui: dun, latinise en dunum ^ colline, puis ville, de là te nom de Thun. Des objets préhistoriques et romains, de nombreuses monnaies romaines, de César à Constantin le Jeune, trouvés à Thoune et dans les environs, prouvent que la contrée a été habitée de bonne heure. Entrepôt pour la navigation aur le lac et l'Aar, et point stratégique important a l'ent: ' rOberland. Au Vl»' siècle on parle du lacus dun en 1125, 1222. Tuna ; en 1S50, Dunum. . . .
Thoune fut une place de grande importance. Elle appar-
tenait a
[ nobles de Thoune, mentionnés pour la pre-
Saint-Beatenberg. Sigriswil. Hilterdngen, StefTisburg, Heimberg, Diessbach, 'Wichtrach et les vallées de la Zulg et de la Bothachen : maîa ce vaste domaine ttit morcelé de bonne heure en petites eeigneuriea. Parmi
les représentants de la maison de Thou"- -' " — '
évéque de Bâle de 1215 à 12" siedein de 1313 à 1233. A la o
chent très probablement les seigneurs de Burgislein, de Heimberg, a'Oberhofen et d'Unspunnen. C'est sans doute à la suite de la guerre malheureuse qu'entreprirent les
seigneur*. oberlandaiB contre Berthnld V de Zâhriogea i que Thouoe pasw au vainqueur. A *a mort, ea 1316, la I
Thaone v
du Sud
ville passa i ses neveux, les anciens comtes de tiibourg. dont les béritiers (ureot les llabsbourg-Laufenbours, qui devinrent branche cadette des Kiboura. Un conlljt entre tes deux frères Hartmann et Eberhard de Kibourg ae termina, le S\ octobre 1332, par l'assassinat du premier dans le château de Thoune. En 1375. le flia d'Eberbard vendit Thoune aux KErnois; ceui-ci ' flrent de la ville et d'une partie de l'ancienne seigneurie un bailliage dont le chef portait le nom de Schultbeiss (avoyer)
ot -^S,)..!) ... ^V.i.n-.- T ..:il I..;. i j .1^
bon nombi Thoune ea
j chaU
de familles
ville
demeure de
Dès lors l'histoire de
liée à celle de Derne. Les guerriers de
permit de remplacer l'étoile . .. ..
;B par une étoile d'or. La bourgeoisie posaé-
aait de vaates domaines, de beaux alpages dans le Simmenthal et des forêts dan* les environs ; elle exerfait en outre les droits de auxeraineté sur les juridictions d'Uetendorf et de LIngenbûhl, qui appartenaient à l'hôpital de Thoune. Les conllits de la bourgeoisie avec les fonctionnaires bernois ne forent pas rarea. De grandes épidémies de peste ravagèrent la ville en 1439. 1500. 1577-1^, 15S». 1588. 1638-1629. Un Boulèvemenl partiel des paysans contre la ville de Thoune eut lieu en 1641. déjà avant le commeocement de la Guerre dn Paysans, Un grand nombre de réfugiés pour cauae de religion ou de polili-
3ue, venant du Palatioat. de la Hongrie, du Piémont et e la France séjournèrent à Thoune dans la seconde moitié du XVII* siècle, surtout aprëa la révocation de l'Ëdit de Nantes. La dérivation de la Kander dans le lac de Thoune en 1714 causa pendant quelque temps un grand préjudice i la ville et provoqua des inondations, parmi fesquellea celle de 1731 fut la plus désastreuse. De l'TWt il 1803, Thoune fut le chef-lieu du nouveau canton d'Oberland. En 1814, une partie de la population prit part à la résistance que les OherlanUais opposèrent au rétablissement du régime aristocratique. Les visiteurs étrangers commencèrent à venir à Thoune dès le dernier tiers du XVIll- siècle: Gtethe y fit un séjour en 177B, le grand duc et futur tsar Paul en 1782, lleinrich von Kreial en 1801 et 1803. Le tableau-panorama du peintre H. Wocher f 1S25. exposé à Bàle. a grandement contribué à faire connaître la beauté de Thouoe et de aes environs, A partir de 1833, des familles anglaises distinguées séjournèrent dans la maison de campagne de la famille Knechtenhofer, qui devint plus lard l'hôtel Itellevue. De tS30 à 1840, la futur empe-
' de Thoune, séjoama longtemps dans la ville aiec sa mère, la reine llortense. La ville de Thouoe a été en outre le séjour temporaire d'une quantité de personnages plut ou moins célèbres.
L'introduction de la navigation à vapeur en 1635 donna à la ville un nouvel essor. La chapelle anglaise fut construite en 1S40.
En 1875 fut construit l'hôtel Thunerhof et tout récemment le Kursaal ICasino). Un ■ Verliehrsverein > travaille à attirer les étrangers par l'ornoisa' lion de concerta, de courte» de che-
II publie un Journal des Étrangers, paraissant une ou deux fois par semaine pendant la belle saison.
La paroisse de Thoune, qui existait déjà aufXlll' siècle, faisait alora partie du décanat|,de Mûnsigen. évéché de Constance, mais elle ne comprenait que les quartiers de la rive droite de l'Aar. La rive gauche'el l'Ile de Bâlliz faisaient partie de la paroisse de Scberiligen tt de l'évéché de Lausanne. En 1371, le droit de patronage passa au couvent d'Interlaken et lors de la Réformalion.
à la ville de Berne: Sclieriligen fiit ■lors rattaché à la ville de Thoune, En 1738 on reconstruisit la nef de l'é-
Thoune fut organisé après la réforme en 1533: ■' com-
Erenait toutes les paroisses des districts de Haaii. Interlaen, Frutigen, Bas et Haut-Simmenthal. Gessena; et Thoune, excepté les paroisses de Thierachern et de Blumenatein, lesquelles quoique situées dans ce dernier district, appartenaient au chapitre de Berne.
Parmi les hommes distingués de Thoune, citons : Johann Rudolf Rebmann (1566-1604) pasteur dccetteville, auteur du poème didactique, important au point de vue topDgraphique, intitulé : Poëliach Gatinial unrf Getprâch zioeier Berge, det Nietent und dis Stockhomi, Berne. 1606; Jean Fâdminger (f 1586) doyen de l'église de Berne, Jean Erb (1635-1701) un dea membres les plus distingués du clergé bernois de son siècle, Jean Rubin (1648-1730), médecin et poète dramatique; le peintre Jean-Georg Koch (1702-1765): Jean-Henri Koch (1706-1787). botaniste et naturaliste; l'historien Jacob Uubin (1730-1785); Jean-Henri Beckh (1735-1750). diplomate en Pologne et conseiller de Frédéric II le Grand les questions militaires; iea deux orientalistes Daviit
Kocher {\ 1791) et Jacob Kocher (2711-1761) professeur à l'Université de Groningue, !e doyen Henri SUhli (1734- 1803) qui laissa des mémoires intéressants; le colonel Charles Koch (1771-1884) oDicier et homme d'Elat bernois de haut mérite; le botaniste J.-G. Troe (1781-1865) et deux historiens le pasteur J.-G, Schràmh (1793-1841) et le landamann C.-F.-L. Lohner (1786-1863).
Bibliographie. J. Rubin. Handvetle der Sfadt Thun, Berne. 1779, Fr,-Nil(l, Kônig. Bcschreilning i-on Tftufi und Onigebung. Bâle. 1615. G.-Pr. Studer. Ztpei Tage in Thun. Berne. 1833. Chr. Burgener. Thun. dans le 3* vol, de : Die Schweii in ihren Rilierburgen, Berne, 1830. Idem Thun und seine Unigeining. Thoune. 1840. 11' A. Roth. Thun ujid teine Unuiefning. Berne, 1873. Thoune dans la collection de VEurope iltuttrèe, a" 6. Guide de Thoune, publié par le Verltehrsverein. Les collectanea encore inédita, de Schràmli et Lohner. conservés à la bibliothèque de la ville, renferment une foule de renseignements historiques sur la ville de Thoune,
THOUNK (LAC DE) (thunersee) (G. Reme. D. Thouoe, Frutigen, Bas-Simmenthal et Interlaken). 560 T,^,^ I.7., ..jr.ir.r.i. r„ I... .i..ii ...n »„... i I. yille
e le
bl
co
bl
•lAj
flC
UJ
liJ
THO
pénétre dans la région du Plateau, Il occupe uoe plu»
rés imporlaDte ai
c ds Tbouns vu du Saiul-ButeDbsrg.
. . , . vue géologique : c'est l'endroit
la chaîne extérieure des Alpes oloire«, i^ui s'étend du SiutiB par le Pilate, le ilotixaDt et le Sigriiwilgrat s'abaisse jusqu'au-dessouB de Is nappe lacustre. Sur la rive opposée s'élèvent les montagnes charriée» de la chaîne du Niesen et du Stockhorn, dont les coutreforts {les Spieierklippen) descendent jusque dans le lac. Au point de vue géologique, les deux rives du lac durèrent donc lotslement. B. Studer remarqua déjà que celle ditcordance est due au fait que les chaînes de la rive IS'.-E. du lac de Thouue se sont avancées davsntase vers le plateau tertiaire que leur prolongement de la rive gauche, la chaîne du Morgenberghorn. Il est difficile de dire si cet accident tectonique a eu quelque inOuence sur la formation du lac. car lea prolils transversaux moDlrenl que le bassin du lac de Thoune n'est qu'un enfoncement de peu d'importance si on le compare à Taltitude des chaînes qui I environnent. Il faut plutôt chercher dans divers plissements l'explication de la direction de la vallée entre Meiringen et Thoune. dont le lac n'est qu'une fraction. La vallée a évidemment été creusée par l'érosion lluviale, tout comme les vallées occupées Esr les autres lacs marginaux des Alpes, 'élargissement est dû à l'action érosive subséquente des glaciers. Jadis le niveau du lac devait être plus élevé et recouvrait par conséquent une beaucoup plus grande surface qu'aujourd'hui; il couvrait alors toute la vallée au delà du lac actuel de Ijrienz, jusqu'au Kirc)iet, en amont de Ueiringen. Son extrémité inférieure était barrée au N. par la chaîne de collines du Thungschneît, près de Heimberg. Le niveau de cet immense lac était, i en juger par les dépôts les plus anciens de U Kander. à une aftitude voisine de 600 m., soit 40 m. plus élevé que le niveau actuel. A cette époque, le Bodeli n'existait pas encore, car, abstraction faite de la hauteur des eaux, les alluvions de la Lljtgchine et du Lombach n'avaient pas encore formé leur delta. Le plafond du lac de Thoune, a 360 m. environ d'altitude, n'est que le prul on Bernent de celui du lac de Brienz. dont le fond est à 330 I
m. Ce dernier correspond donc à la partie la plus profonde du lac primitif. Nous ne savons rien de positif sur l'état et l'étendue du lac au commencement de l'époque glaciaire; nous pouvons admettre des chan-
Kementa succesaib de relief et de diinenaioDs pendant i» époques glaciaires et interglaciaires, mais il est certain que le niveau élevé du lac et son union avec lu lac de Brieni existaient encore lors de la dernière période interglaciaire. A cette époque, la Kander et la Simme ont formé dans ce lac un delta dont les [couches inclinées dépassent de 40 m. le niveau actuel. Dans la dernière glaciation, le glacier de l'Aar avait rempli le bassin du lac de Thoune et l'avait peut-être encore érodé pour la dernière fois; mais, de l'époque postglaciaire i nos jours, l'Aar a creusé plus profondément son lit à l'issue du lac, taudis qu'en aval de Thoune, la Kander et la Zulg réunies ont rempli de leurs alluvions la pfaine de l'Allmend et poussé ainsi la limite du lac on amont. Mais plus haut le Lomhach et la Lût- Bchine ont formé par leurs dépôts une plaine élevée (570 m.) et cultivée sur laquelle s'étendent les villages d'inlerlaken. Unterseen, Bonieen et Matten. Cette plaine, île Bodeli •. sépare l'ancien lac en deux bassins distincts : lac de Brienz et lac de Thoune.
Depuis l'époque à laquelle remontent les plus anciens documents que nous possédons sur la présence de l'homme dans cette contrée, le lac de Thoune avait à peu prés son étendue et sa forme actuelles. Son bassin s'étend de l'embouchure de l'Aar. près d'inlerlaken, d'abord dans la direction de l'E. i l'O., puis, vers le deuxième tiers de sa longueur, dans la direction S.-E. — N.-O. La vallée suit également cette courbe avec la ligne fléchie de l'axe, due en parUe à rabaissement de la chaîne du Niederhorn sous le lac et à la superposition du massif du Stockhorn, Le tracé des rivages, conséquence du relief des montagnes, n'est pas très accentué. En lait de promontoires, outre le delta de la Kander, qui est plat et couvert de cultures et se remarque à peine pour relie raison, on peut mentionner les Spieierhlippen, [les sommets du Spiezerberg et de la BurgHuli qui entourent la haie piltort'smie où se Irouve le village oe Spiei. Devant Dârligen, le Bûhlihubel, contrefort du Buchholikopf, forme une ïouaaure calcaire. Hur la rive droite, on remarque d'abord les deltas des ruisseaux descendant de la Blume, s'avançant plus ou moins dans le lac iGoldiwilgraben, Riedcrenbach prés d'Oberhofen, Guntenbach prés de Gunlen. Grônbach prés de Iferligen, Sundgraben près de Sund-
lauenen) ; mais le promontoire le plus formé par la chaîne du Niederhorn, Sundiauenen ; c'est aussi, au point de '
isidérable est e Merligen et lu paysage, la
THO
partie la plus impounte. Lei principales dimenaioas du lac de Thoune «ont lee suivantes : longueur. 18,300 kin.' largeur moTenne, 3,650 km.; largeur maiimale, 3,800 kra. (eatre MerJigen et Faolensee), larfieur minimale 2.100 km. (entre Krattighalde et Wideli) ; su- SerRcie, 18,0750 km'; u plua grande profondeur est e 317 m.; le volume mojen. au niveau de 560,3 m.. est de 8,500 km^ ce qui donnerait une prorondeur moyenne de 135 m.
Comme le montre le profil longitudinal, le bassin du lac eit régulier et le changement de direction de la vallée n'a sur lui aucune iulluence. Le bassin limité par l'isobathe de 960 m. remonte dans la partie inrérieure du lac jusqu'à la ligne Spiez-Guntea. La rive droite est, en général, la plus escarpée ; ainsi au-dessus de Gunten et entre Uerligen et Sundlauenen elle forme une rampe rapide jusqu'à la profondeur de 390 m. Toutefois la hcine manque rarement; ainsi, a l'extrémité aupérieure, de Dârligen à Neuhaus, et à l'extrémité infériture, de Scherzligen à Gwatt. En amont de l'emboucliure de la Kaoïter jusqu'au Spiezberg elle est très développée, ainsi qu en général le long de la rive gauche. A l'extrémité supérieure, la courbe du plafond accuse clairement l'accumulation des alluvions du Lomhach, tandis que l'Aar n'apporte que peu d'alluvions et n'est marquée que par un chenal plus ou moins large au fond du lac. Une modification récente dans le relief du fond du lac résulte du delta de la Kander dont la formation a commencé en 1714, par suite de la dérivation artificielle de cette rivière dans le lac de Thoune, La courbe isobathe à 155 m. fait supposer que ce delta D'existait ]>as autrefois (l'ancien delta inlerglaciaire étant de 40 m. plus élevé et n'atteignant paa le lac actuel); lee sondages exécutés avant la percée de 1714 confirment cette opinion. Le cône de déjection formé ici de 1714 à 1886 mesurerait, d'après Steck, 56760000 m*. L'augmentation annuelle de ce delU est d'environ 300000m'; ces matériaux suffiraient à combler le lac de Thoune ea seize mKIe ans. Mais, outre la Kander. le Lombach chjrrie beaucoup, et les terrains enlevés dani la vallée de Habkem et amenés ainsi dans le lac mesureraient, d'après Heuseher, 15000 m^ par an. L'Aar n'apporte que des matières en suspension et en dissolution.
Le niveau moyen des eaui du lac est à 560,2 m., mais il subit des modifications par le fait des variations des aflluenta. De décembre  mars, le niveau est le plus bas et auaii le plu* constant ; il atteint son maximum de juin à aoilt. De violents orages tombant sur le tnssin de ré' ception occasionnent aussi souvent des crues rapides;
amplitude annuelle est un peu au-dessous d'un mètre, omme le montre, pour lea années 1884 à 1897, le tableau uivïnt du bureau hydrométrique fédéral :
THO
Hautes eaux Basses eaux
1884 juillet. . 560,S5m. 1S88 mars . . 5Se.36m
1885 décembre. .%0,74 > 1890 mars . . 5SS3) • 1887 décembre. 560.43 > 1891 mars . . 56S.30 • 1889 juillet. . 580,56 • 1893 décembre. 556,30 ■ 1891 juillet . . 560,74 • 1893 janvier , 569.19 • 1697 août . . 560,61 • 1894 décembre. 550.30 •
1895 février. . 559.10 > Le niveau de crue le années (1885 etl891 : 560, cm. le niveau moyen ; le
559,10 m.) infé.
le plus élevé pendant ces quatorze
i60,74 m.) ne dépasse donc que de 54
le plus bas n'est que de
Lombach étant assez élevé à l'extrémité supérii les inondations des rives, lors des hautes eaux, sonisans importance en étendue et en intensité. Elles se font surtout relnarquer près de Gwatt. Il n'en fut paa toujours ainsi - avant la correction de la Kander, les eaux de I Aar, refoulées en aval de Thoune, inondaient fréquemment les parties basses de la vil]<;. Cet état de choses défavorable conduisit à la dérivation de la Kander dans le lac. Le
Ïhénatnéne des seiches a aussi été obsené sur le lac de houne. La durée du balancement est, d'après Porel. de 18,6 minutes. La hauteur de l'oscillation n'est que de quelques centimètres.
L'Aar occupe le premier rang parmi lea affluents du lac. Cette rivière se jette dans le lac. après un cours de 6 km., avec une pente de 1 '"/■o (la dilTérence de niveau des lacs de Brlenz et de Thoune étant de 8,2 m.) ; puis vient la Kander, également Iréa importante, et le Lombach ; les autres affluents, en général de caractère torrentiel, sont moina importante. Ce sont, sur la rive droite et en partant du Lombach : le Sundbach qui, venant des versants du Gemmenalphorn, a formé un beau cône de déiection
Krès de Sundiauenen, pula l'Intéressant Bealenbach dont : cours est souterrain jusque près de son embouchure dans le lac. Viennent ensuite quelques ruisseaux dont la plupart sont 4 sec en été, puis, près de Merligen. le Crônbach, émissaire du Justiathal. Parmi tes ruisseaux que l'on rencontre entre Merligen et Gunten, le Stampbach est re- — rquable par son caractère torrentiel, J--" — '- '""-
tenbach qui débouche prés de Gunten, après a'
une gorge profonde dans les rochers de Nageldi
ch et le Riederenbach près d'Oberhofen, i
l'émissaire du Goldiwilgraben, n'ont créé qae de petits cônes de déjection.
La rive gauche ne compte, a l'exception de la Kander.
qu'une série de ruisselets entre Leissigen et Dârligen.
sortant des pentes escarpéesdu Leissigengrat, qui sont de*
affluents sans grande importance et n'ont pu
modifier le relief du fond du lac. A la sortie
' de l'Aar du Isc, à Thoune, le volume de l'effluent est. par un niveau normal du lac, de 310 m^ par seconde en été, mais il peut atteindre 380 m" par suite d'une fonte considérable des neiges ou d'orages. Par contre, en hiver, par des froids prolongés, il peut descendre jusqu'i 30 et même seulement 15 la'- F.-A. Porel et J. Heuacher ont déterminé la température des eaux du lac à diverses profondeurs. Le premier a trouvé, le 5 août 1880. " "a Burfsce. 18'^ à 30 m., 1 3' ;
140 m., 4,5'. HeuBcher a constaté, le t a 1895, devant le château de Schadau, i la surface, 5.0° (l'air ambiant avait 6,5*) ; à 10 m.. 4" ; le 29 juillet, au même endroit, il a relevo a Iaaarfkcel5,5<>; à 90 m., 8" ; à 40 m.. 5.35°: à 60 m., 4,^'': à 80 m., 4,1°; à 100 ro.. 4': la même température de 4°, a été constatée les jours suivants à des profondeurs ■upéi^enrea de 100 m. avec une température à la snrface de 18", mesures prises au milieu du Uc. entre Spiei et Gunten. Les eaux pins froide' de la Kander font sentir leur influence dans le voisinage de son embouchure pour lea températures de surface qui sont de 3 à 4° plus basses que celles du lac en amont. Cea eaux descendent neu à peu vers le fond oii l'on constate, à l'extrémité înlerieore do
L>c d» Thouoa. A M*rlle«a.
ront des réauluts quelque peu différenti. car l'usioe éleo trique de U Kauder dérive udc bonne partie des eaux de cette rivière et le« conduit dans l'étang de barrage, prè» du Spiezmoos, après en avoir élevé la température. D'après HeuBCher, ['analyse chimique de» eaux du lac a
Milligrammes
Chlorure de Bodium Na Cl 1,46
Sulfate de soude Na S0< 18,67
SulEite de chaux Ca SO^ 38.46
Carbonate de chaux Ca CO^ 86.20
Carbouale de magnésie Mg GO' . . , . 7,46
OxYde Terrique Fe* 0^ 0,18
Acide lîlicique Si 0< 2.38
SouB le rapport de la dureté de l'eau, le lac de Thoune occupe la quatrième place parmi les grands lacs suisses. La couleur de son eau est d'un bleu un peu trouble et correspond au d°V de l'échelle de Korel, Le lac de Thoune rentre toutefois dans la catégorie des lacs bleus de la Suisse et ne Ee cède, à l'etception des petits lacs (Blauseen), qu'au Uraai). Cependant la transparence de ses eaux n'est pas très grande. Elle esl en élé et au milieu du lac, de 2 m., en hiver d'environ 4 m., en moyenne de 3 m. (Léman 11 m., Bodan6i Sri., lac des Quatre-Canlons 10 m.). L'eau est donc passablement trouble, ce qui provient de l'Aar qui reçoit beaucoup de matières en suspension de la Lûtschine avant son entrée dans le lac, du Lombach et enltn de la Kander.
Flore et faune. Sur la zone riveraine croissent quelques plantes qui jouent un certain rôle dans le paysage. C est d'abord un groupe de plantes qui vivent comme en société : le seirpe des lacs (Scirput iacutirit), la maseette (Typha lalifolxa) et le ruban d'eau {Sparga~ niufn raniotuni). Ces plantes croissent dans la partie gauche iurérieure du lac dont elles tapissent le fond. On trouve aussi des étendues peupléps de joncs près d'Eioigen, ainsi qu'à la partie supérieure du lac. entre l'Aar et le Lombach. Dans les Joncs, les clairières présentent souvent le nénuphar {Ntfniphma alba) ; c'est auasi le seul endroit où l'on
trouve la pesse d'eau (/ftppur-i* tmlgarit) ; quant aux plantes à feuilles submergées, les plus fréquentes sont celles formant des frayères, comme divertes espèces d'épi d'eau [Potamogelon Iucctu, crii^iui.
THO
aelinatus, tfenaui) ; les deux premières s .
>■ deux rives en touITes très denses et Juaiiu'à 4 et 5 mètres de profondeur, plus ou moins en compagnie du volant d'eau [UyriophylUim «picaluni) et de l'hydre comue {Ceratnphyllum denierlum). Parmi les algues, on doit citer les Charagnes, (Chara) (• Chrâb • des pCcbeura), couvrant de vastes surfaces jusqu'à une profondeur de 20 m.
Des colonies de diatomées et d'infusoirea sont plus ou moins localisées. Toute cette Dore des rives fournil un abri à un grand nombre d'espèces de crustacés, spécialement aux cladocères et aux copépodes. Quant aui mollusques, citons : Linmiea itagnatit. a-uricularia. linioia et paluâlrië ; Planorbîi carinatui, P. conlùrlus. P. oJbu*,' Bythmia tentacutala ; Vaivala piteinalii ; .4n<^iui fluviatU'a ; Anodonta anatina ; Unio craïïU» ; PitidiMn amnicvTn, P. (onarinuni, P. nitidum et P. uri-nator. Les limnées habitent de préférence les rives riches en espèces végétales. Les anodontes et la mulette des peintres sont fréquentes dans le caua nrès de ScheraliBen, ainsi qu'entre Einigen et montagne de Spiei. La faune du fond du lac
est pauvre
cequelleuacheratlri
t>ue
à l'abseno
pentes douces et mU de plantes, i
vertes du
grand no
ion glaciaire amené
par
La
flo
e et la fau
e notlante.
le Plancton, consis
en-
en diverses algues et crustacés, principalement : Arplanchna priodonta ; Daphnia hyatmaï Èytbolrephe» umgi' nionua ; Leptoitora nyaiina ; Hcapbolebrii mucroaala; Cyclop$ ilrenuui ; Diaploniut gracilit.
Le lac de Thoune est habité par environ 35 espèces de poissons dont les principales sont: le brochet, la truite de lac etcelle de rivïèro, l'anguille, diveracorégones tels i^ue les C. exiçuui, C. .'■cAimi (bondellc); puis le Souotiut AgoMsâi (blageonj; ÏAbramu brania (la brème), le Barbu» ftuvialilii {bttbtiLii commun), la tanche, la carpe, la lotte, la perche de rivière. La plupart de ces poissons sont des espèces de rivage qui ne descendeat qu'en hiver dans les endroits profonds ou vers les rives escarpées. L'anguille, la lamproie et la lotte se cachent dans la vaae, cette deroHre souvent à une grande profondeur. Les feras vivent en pleine eau. à l'exception de l'époque du frai. L'introduction de la Kander dans le lac s élé néfaste i la pèche, car le lin limon charrié par celte rivière trouble
Vna pri» ■ u loin et la basse température de "ses e
l'aa birquB du He d> l'honns.
rêcU ma lions qui aboulirent, enl72T, à un irrangeroent amiable. Aujourd'hui encore, ^bon nombre de lamilles vivent du produit de la pèche. Ha Tait d'engins, on ee sert des fliets auivsnta : le filet de fond ordinaire, le filet à mailles carrées, le filet à amorce, le lllet flottant et le filet traînant ; quant à ce dernier, il n'est accordé qu'une concession ; une autre se trouve près de SpiPi en propriété privée. On emploie la nasse pour prendre la lotie on biver Quant aux lignes, les pécheurs de proreasion emploient celle de fond et le (il a hameçon, tandis que la ligne ordinaire â perche et la licne Iratnante sont les engins préférés des amateurs. 1j grande patente, qui autorise à pécher avec le filet traînant coûte, annuellement, fr. cO: la petite patente, qui permet la pèche avec les autres engins autorisés, coûte fr. SO.
La fjune des oiseaux de marais et des oiseaui na-
feurs du lac de Thoune ne présente aucune particuarité spéciale; on voit le canard sauvage et la poule d'eau dans les joncs du lac supérieur se laisser approcher par les ttatoaux i v^ipeur à une cinquantaine de mètres avant de s'envoler. Il existe aussi une colonie
Cermanente de ces oiseaux dans le lac inrérieur, entre I Schadau et Gwatt. où ils trouvent un abri dans les roseaux. Lrs plongeons sont même désa^résbles aux pécheurs, et l'on a paraft-il, pris quelquefois des harles au lllet tlollanl. Le fiéron et l'aigle- pécheur sont rares; la mouette rieuse vient en liiver. A dilTérents endroits on voit des cygnes ; on prétend même avoir tiré te cygne chanteur sauvage.
La dore des rives du lac de Thoune est. en général, celle du Plateau, mais grâce i l'influence modératrice du lac et i l'abri donné à la végélation par les montagnes, plusieurs plantes de régions plus méridionales ont Su s'y acclimater et quelques espèces alpines se sont léesjusque sur les bords du lac. l.a rive droite gr.ice surtoutâ son exposition favorable, présente une série de plantes qui exigent une insolation plus intense et plus durable que celle indiquée par l'altitude et la situation .géugraptii^ue. Entre Merligen et Ofierhofen. ainsi que prés de Spïez, la vigne prospère encore; le laurier-cerise et autres arbustes du Midi croissent facilement dans les jardins de la rive droite. Sur les rochers de la rive, entre Gunten et Merligen, puis plus à l'E., à ta Merligstrasse, on trouve des colonies de plantes «érotbermiques exigeant tout i la fois de la cnaleur et un sol bien sec et dont le véritable habitat est plus au S. Citons, d'après Christ et Fischer : Helianthenium Fu-
THO
I niana. Inttla Vaillanli, Coronilla Efiiena, Vicia Gerardi, I Sedu1}t nioximu)?!, Asperula taurina, Lactufa ptrenniM.,
AUium tphxrocephalvm, Carex Auniili», Andropogon lichietyium, Stipa pennata, Meiiea ciliala. Cyclamen europœum (prés de Leerau), Taniut cotiimunii, Aipleniuni Adiantum nigruni. Dans la baie du Beatenberg se mêlent i ces espèces les plantes suivantes : Rliododendron ferrugin^mi, Erînvs alpinus, Globularia cordifolia, Eriea car~
nea (bruyère). Dans plue
bord de la route de la rivt et Leissigeobad, prospère général, c'est le noyer qui doniin<
Foie» de cimmiunirafitm. Le lac de Thoune forme l'entrée de l'Oberland bernois, aussi de tout temps a-t-il Joué un râle important commie voie de communication entre cette contrée et le bas pave. Ce rôle a élé d'autant plus conaidérabe
3ue le haut lac est entouré, à sa partie supérieure. e chaînes de montagnes élevées fermant l'accès du Bodeli. Le transport des voyageurs, dont le nombre va toujours croissant, donne lieu à ua grand mouvement de la navi^tion entre Thoune et Interlaken. l'ne roule existait, il est vrai, depuis 1830, le lon^ de la rive gauche, mais elle n'a jamais eu grande importance. La rive droite, bordée d'abriipies parois de rochers, n'avait qu'un sentier. dangereux même par endroits, conduisaol de Merligen à la g;rotte de Saint-Béat, par le Etalmlioli et de li à Interlaken par Sundlaueneo. Ainsi l'utilisation de la voie du lac élait tout indiquée. De grandes barques appelées iBocke). pouvant porter de 10 à 3() tonnes et desservies par 3 à 4 hommes. |transporta)enl les marchandises. Les communications rapides étaient assurées par le bateau poste de rï:tat, de Thoune & Interlaken et par des canota à deux rameurs, ce qui coûtait alors un écu ; pour les moins fortunés, une barque se rendait à Ontersee quatre fois
Sar semaine ; le prix du voyage n'était pas élevé ; pour • retour, ou pouvait utiliser la grande barque (Kâfberpost), allant une fois par semaine au marche 1 Thonne et à Berne, avec voyageurs et bétail.
Les ports les plus impartants étaient le Neuhans prés d'Unteraeen et Thoune. Le trafic était très actif toute l'année. Les courses de plaisir que le conseil de Thoune organisait annuellement avec les fonctionnaires bernois, les baillis d'Unterseen et d' Interlaken et lea ecclésiastiques des environs, avaient toujours un grand succès. En 1GB9, on établit un service postal régulier entre Berne et l'Oberland, et deux courses hebdomadaires de bateauxposte sur le lac. Après 17fl0. les étrangers commencèrent a affluer en Suisse et l'on dut augmenter le Dombre des courses. Aux bateaux. poste officiels, qui pouvaient transporter 20 personnes et qui, en 1786, ne faiaaient encore que lieux fois la course par semaine, vinrent a'aiouter des bateaux ordinaires qui n'étaient pas chargés du service postal, mais faisaient régulièrement trois courses par semaine. Puis vinrent les bateaux de marché qui faisaient deux courses par semaine et prenaient aussi des passagers. A partir de 18S6, les bateaux-poale tirent une course quotidienne. Des bateaux ii rames privés, appartenant aux bateliers de Thoune et d'Unterseen. servaient aussi aux voyages d'agrément. Le trajet entre ces deux villes durait de •) à 5 li.. suivant le temps.
Les premiers bateaux i vapeur sont dus à l'initiative des frères Knechtenhofer. de Thoune. qui lancèrent en 1635 le premier baleau. le • Itellevue • (16 HP.], conalruit à Paris. De ^S36 à 18tS, ce bateau fit le service délé entre Thoune (Hôtel Bellevue) et Neuhaue. f-:n 184S. fiit fondée la Société de Navigation des lacs de Thoune et de Brieni. qui existe encore actuellement ; le • Rellevue • fut destiné au service sur le lac de Brienx, tandia qu'un nonveau bateau, le i Niesen •, faisait le trlyet sur le lac de Tnoune. Déjà après tSôO, la Société de Navigation dut auEmenter sa flottille. En 1S69, le premier baleau, le • Bellevue >. qui entre temps avait été ramené sor le lac de Thoune et servait, en dernier lieu, de remorqueur, coula, pendant une tempête, devant Oberhofen. En 1856-5'? on organisa le aervice d'hiver. Ce n'est qu'en 1)459. par l'ouverture de la voie ferrée