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Le canton de Luceme reçut une subvention fédérale

de 20000 fr. pour l'établissement de sa carte. Les levés fîirent exécutés de 1853 à 1862 pour la plus arande partie par E.-R. Mohr. Cette carte, comprenant l(f feuilles gravées sur cuivre par H. Mûllhaupt et fils, fat publia, à l'échelle de 1 : 25 000, simultanément en deux éditions, l'une avec les courbes seules de 10 m. d'équidistance, l'autre avec les courbes et des teintes d'ombres destinées à faire ressortir le relief du sol. Ce tût le premier essai de ce ^enre.

Baie (levé de 1838 à 1844), Berne (ancien canton, levé de 1809 à 1828 et de 1854 à 1862) et Schaflhouse (levé de 1843 à 1847) ne publièrent point les minutes de leur carte d'une façon spéciale. Les cantons d'Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Glaris, Grisons, Tessin et Valais furent levés directement par le Bureau topographique fédéral, aux frais de la Confédération.

Le canton de Zoug fut levé au moyen du montant du legs de 9000 fr., fait en 1844 par un bourgeois de Vevey, du nom de Collet. La carte parut en 1846, sans l'assentiment de Dufour, chez Weiss, lithographe à Zoug, aux deux échelles de 1 : 25 000 et 1 : 50000 en 4 couleura.

Le coût de la carte Dufour 1 : 100 000 se répartit ainsi :

Dépenses de la Confédération :

f « période (1810 à 1832) Fr. 45 643 - 2'»« période (1^33 à 1864) » 1 036 507 -

ToUl Dépenses des cantons Legs et dons . . .

Fr.

Fr. 1 539 244 soit un million et demi de francs en chifi'res ronds.

En 1864, son œuvre achevée après 32 ans de labeur ininterrompu, Dufour se retirait entouré de la reconnaissance générale. Le colonel Siegfried (1819-1879), de Zofmgue, un de ses coUaborateura, fut appelé à lui succéder en 1865. Le Bureau topo^raphique fut transporté à Berne où il reçut une or^nisation plus complète.

Siegfried mena a bien le projet de publier les minutes 1 : 25000 et 1 : 50 000 de la carte Dufour au 1 : 100000. Il était soutenu principalement par le Club alpin suisse, société fondée en 18o3, et qui, dès. 1864, avait publié au 1 : 50 000, soit avec hachures, soit avec courbes, avec l'ap-

Srobation des autorités fédérales, les levés originaux de i verses parties des Alpes. Ces cartes plurent tellement qu'une pétition fut adressée au Conseil fédéral, demandant la publication des minutes de la carte Dufour. L'idée était neuve, car à ce moment-là (1866), la Belgique, seule en Europe, précédait la Suisse dans cette voie. Sur les propositions présentées par Siegfk'ied, au nom d'une commission composée du colonel Delarageaz, du prof. Wild et de l'inspecteur forestier J. Coaz, lesChambres fédérales, le 18 décembre 1868, décidèrent la publication de « l'Atlas topographique de la Suisse à l'échelle des levés orisinaux ». Cet atlas fut appelé du nom de son promoteur, Atlas Siegfried. A l'heure qu'il est, cette carte comprend 599 feuilles de 35 cm. sur 24 cm., dont 465 au 1 : 25Ô0O dans le Jura, sur le Plateau, dans les Préalpes et le Sud du Tessin, et 134 au 1 : 50 000 pour la région alpine ; 49 sections, situées aux confins des Alpes etdu Plateau, sont publiées aux deux échelles. Elle est en trois couleura, noir pour la situation, les rochera, les forêts et la lettre, bleu pour lés eaux, brun pour les courbes de niveau qui sont à 10 m. d'équidistance au 1 : 25000 et de 30 m. au 1 : 50000. A cette dernière échelle, les feuilles sont lithographiées ; celles au 1 : 25 000 gravées sur cuivre, sauf la feuille S&n-» tis qui, par exception, à cause du grand nombre de rochera ou'il fallait représenter, fut gravée sur pierre.

Le décret des Chambres ordonnant la publication de la nouvelle carte prévoyait deux opérations. Il s'agissait, en premier lieu, de procéder au levé nouveau des contrées dont les minutes étaient à hachures, soit les cantons de Neuchâtel, Soleure, Thurgovie, Argovie, Appenzell et le Jura bernois. En outre, une re vision soignée ae^ chaque section était nécessaire avant la publication. La tâche fut grande pour le colonel Siegfried. Les travaux utilisés par Dufour étaient loin d'avoir la même valeur. Les levés exécutés directement par la Confédération avaient été faits pour une réduction au 1 : 100 000, les courbes ne devant servir au'à la construction rationnelle des hachures. Pour aller plus vite et ne pas surcharger son bud-

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get, Dufour recommandait à ses ingénieurs de ne pas s'attacher au détail, leur demandant plutôt une conception intelligente et artistique des formes du sol qu'une exactitude rigoureuse. Les premières feuilles de l'Atlas Siegfried parurent en 1870 ; aujourd'hui (1906), la publication de l'Atlas est près d'être achevée ; il ne reste plus que quatre feuilles à paraître. Siegfried mourut en i879 «ans avoir vu l'œuvre qu'il avait entreprise arriver à son terme.

A côté de la publication des feuilles de l'Atlas 1 : 25000 et 1 : 50 000, le Bureau topographique fédéral s'occupait de rétablissement d'autres cartes :

La carte générale au 1 : 250000, en 4 feuilles, réduction de la carte Dufour, monochrome, à hachures, fut décidée en 1853, mais la première feuille ne vit le jour qu'en 1873. La gravure en avait été commencée sur acier, mais après des vicissitudes diverses, on en revint au cuivre qu'on pouvait désormais durcir, avant l'impression, par l'aciérage galvanoplastique. En 1878 parut la carte au 1 : 1 000000 (la Suisse avec les pays environnants). C'est une carte d'ensemble en 5 couleurs.

Les perfectionnements apportés aux arts graphiques ont facilité grandement la diffusion des cartes dans le public. Par le procédé du report sur pierre, qui a l'énorme avantage de ménager les pierres et cuivres originaux, on obtient dans un format (quelconque et à bon marché des extraits des cartes ordinaires : cartes d'excursions, cartes de manœuvres militaires, cartes forestières, de chemins de fer, etc. Reprenant l'idée qui avait été réalisée pour la carte de Lucerne (1861), on a exécuté des cartes teintées, où le relief du terrain est exprimé par des ombres au lavis par éclairage oblique, en se servant des courbes de niveau comme canevas. Dans cette direction, bien des essais plus ou moins réussis, officiels et particuliers, ont été tentés par les procédés de la chromolithographie, en une teinte ou en plusieurs couleurs. Dans les uns, pour une raison ou pour une autre, on a, supprimé les courbes, comme dans la première édition de Ja carte du Mont-Blanc de X. Imfeld (dans la seconde édjMMi de 1906 de cette carte, les courbes ont été reconstituées) ; d'autres les ont gardées, ainsi Certaines cartes d'excUrsions du Club alpin suisse, Évolène-Zermatt, Albulagebiet, Oberengadin, d'autres enfin, comme les cartes de Simon, n'ont donné qu'une teinte légère, juste suffisante pour faire ressortir les crêtes des montagnes. Le type le plus parfait de carte- relief est la carte murale scolaire de la Suisse au 1 : 200 000, superbe comme effet plastique. L'inconvénient des cartes de ce genre, c'est de n'être pas bien lisibles dans toutes leurs parties ; magnifiques comme effet d'ensemble, le voyageur qui les utilise sur les lieux a de la peine à reconnaître la situation dans les régions chargées d'ombre. En outre, elles reviennent cher, à causé du grand nombre de pierres que nécessite l'impression des couleurs. Ainsi la carte murale scolaire a exigé 56 pierres pour les 4 feuilles dont elle se compose.

Avec l'achèvement de l'Atlas Siegfried, le Bureau topographique fédéral entre dans une phase nouvelle. Devant les exigences d'un public plus instruit, la mise à jour des cartes existantes s'impose tout d'abord ; pour rester fidèle aux idéesde Dufour et de Siegfried et maintenir la Suisse au premier rang des nations dans le domaine cartographique, il s'agit de procéder à une revision toujours plus soignée et plus précise de l'œuvre des minutes, en poussant judicieusement le détail aussi loin que lepermet 1 échelle ; il faut aussi ngeunir les cartes au 1 : 100 000 et au 1 : 250000. Malgré toutes les précautions prises, le tirage a pour effet d'écraser à la fin les cuivres ; les épreuves tirées deviennent de plus en plus ternes. Pour leur rendre la vigueur {primitive, il fauarait reprendre au burin chaque trait de a planche de cuivre ; mais c0 travail est aussi long et plus minutieux que la première gravure. Il est préférable de refaire à neuf. Actuellement (1906) des essais se poursuivent pour doter la Suisse de cartes au 1 : 100000 et au 1 : 250000 encore plus claires que la carte Dufour et la carte générale. Elles seraient publiées en plusieurs couleurs, noir pour la situation, les rochers et la lettre, bleu pour les eaux, vert pour les forêts, bistre pour le terrain et, grâce aux procédés améliorés et rapides de reproduction et d'impression, ne coûteraient guère plus cher que les cartes actuelles. A coté de la cartographie officielle, il.est juste de citer

les noms de quelques particulierg qui ont contribué à éta^ blir le bon renom de la Suisse dans ce domaine : Henri Relier et son fils, à Zurich, connus principalement pour leur» Sanoramas et leurs cartes scolaires, Joh. Mdch. Ziegler, e Winterthour, et ses successeurs, Wùrster. Randegger et C*. puis J. Schiumpf. C'est chez Ziegler que se forma le lithographe R. Leuzinger (1826-96), de Glaris, qui ffrava magistralement les feuilles 1 : 50000 de l'Atlas Sieffiried ; sa dernière œuvre fut la ffravure des rochers de Ta carte du Mont-Blanc de X. lmfela(l : 50000). Notons encore Rûmmerly et C'* à Berne, qui exécutèrent les teintes de la carte murale scolaire au 1 : 200000, Hofer et Uûrger à Zurich, éditeurs de reproductions d'anciennes cartes, entre autres celle de Gyger; Mûllhaupt à Berne, Maurice Borel et C^ à Neuchâtel, etc.

Pour terminer, mentionnons quelques œuvres faites à l'étranger, basées sur nos cartes officielles, et qui se distini^uent par leur belle exécution : la superbe Map of Switzerland, de l'Alpine Club, par C. Nichols en 4 feuilles 1 : 250 000 (Londres 1871); puis, dans TAUas Universel de Vivien de Saint-Martin, a Paris, la carte de la Suisse, gravée avec une finesse sans égale par C.-E. Collin ; les cartes d'ensemble de la Suisse contenues dans les Atlas allemands de Kiepert, de Stieler et d'Andrée ; enfin les deux cartes orographiques des Alpes suisses par H. Ravenstein, au 1 : 250000 (Francfort s/M., 1897).

Afin de compléter cet aperçu sur la cartographie suisse, disons quelques mots des panoramas, des reliefs et des sondages.

Les Panaranicts avaient leur raison d'être quand on ne possédait pas encore de cartes exactes. Moyen d'orientation utile et agréable au touriste se trouvant sur un point de vue, ils n'offrent plus à présent qu'un intérêt secondaire

{>ar rapport à la carte. Tous les sommets quelque peu céèbres et d'accès facile, les stations d'étrangers avec vue étendue et intéressante, possèdent leur panorama. Le Mont-Blanc lui-même a le sien, dessiné en grand détail par X. Irafeld lors des travaux de sondage que cet in^é- * nieur dirigea dans le but de construire un observatoire sur la cime de cette montagne.

Le relief est le mode de représentation du terrain le plus complet ^ue l'on puisse désirer. C'est la réduction « rendue aussi hdèlement que possible, d'une portion de la surface terrestre. Seulement le relief n'est pas maniable et n'a forcément au'un intérêt didactique restreint, peu en rapport avec les frais considérables qu'entratne sa confection. Les anciens reliefs n'avaient, comme les cartes, aucune base mathématique ; outre les erreurs de position des lieux, la hauteur des montagnes était exagérée. Nous avons déjà parlé plus haut du relief de J.-R. Meyer, qui servit à établir sa carte de la Suisse. Aujourd'hui on procède inversement ; c'est la carte qui sert de base rationnelle au relief.

Il y a deux sortes de reliefs : les reliefs par courbes de niveau ou en étages, c'est-à-dire les cartes, généralement au 1 : 25 000, collées sur carton d'épaisseur correspon-» dante à l'équidistance, découpées suivant les courbes, puis reconstruites en superposant les fragments ; et les reliefs modelés et reproauits par moulage, plus compléta aue les précédents. On fait de ces derniers à toutes les échelles, depuis le 1 : 500 000 (Relief de la Suisse de F. Brùngger) jusqu'au 1 : 2500.

Plus 1 échelle est grande, plus l'effet est imposant. Dea œuvres très remarauables ont été produites dans ce g]enre, Citons les noms ae Xavier Imfeld, qui s'est distingué par son relief de la Suisse centrale au 1 : 25000, par la ravissante étude si fouillée du Cervin au 1 : 5000, et surtout par son grand relief de la Jungfrau à 1 : 2500, ouvrage de dimensions colossales, où la montagne, qui est représentée dans tous ses détails, n'a pas moins de 1,60 m, de hauteur; le professeur* F. Becker a Modelé* le canton de Claris et la plus grande partie du Tessin au 1 : 25 OOO ; S. Simon a représenté la Haute-Engadine au 1 : 25000 et la partie principale des Alpes bernoises au 1 : 10 000 ; le professeur Alb. Heim s'est essayé entre autres à un relier géologique du massif du Sântis qui constitue un vrai chef-d'œuvre; Ch. Perron a fait un relief d'ensemble de la Suisse au 1 : 100 000, mais sans le colorier.

Sondages. L'atlas Siegfried donne aussi la carte du relief sous-lacustre de tous les lacs suisses, excepté celui

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Lacs.

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