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Source au km. 4400 du tunnel

du Simplon (côté S.-E.) . . 10,0 16,0 —4,0

Ce tableau montre d'une part la décroissance de la température avec l'altitude et d'autre part l'indépendance de la température des sources de celle de ren(u*oit où elles jaillissent. Cette température est le résultat de la profondeur du parcours souterrain et de la rapidité de l'écoulement de Veau vers la surfiice. C'est pour ce motif que les sources peuvent présenter une thermalité négative, lorsqu'elles descendent sous le flanc d'une montagne d'un niveau sensiblement supérieur au point d'émergence. Les sources qui ne descendent pas très profond (20 m.) ont seules la température de l'endroit. Les deux exemples du tunnel du Simplon montrent en outre que des sources très chaudes peuvent n'être pas du tout thermales et même

Srésenter une thermalité négative, puisqu'elles jaillissent 'un rocher qui est légèrement plus chaud que leur eau. Ces sources n'étaient d'ailleurs pas du tout thermales avant leur percée dans le tunnel ; leur eau se refroidissait totalement en remontant vers un point d'émergence situé à un niveau beaucoup plus élevé.

Sources minérales. Leur composition (minéralisation). On a constaté dans les eaux souterraines presque tous les corps chimiques connus, en Quantité plus ou moins considérable. Ils s'y trouvent à l'état de dissolution, plus rarement en suspension ; dans ce cas l'eau paraît trouole.

Voici sous cruelle forme les éléments cnimiques sont contenus dans les eaux de source :

Oxygène (0). A l'état pur ou combiné avec d'autres éléments sous forme d'oxyaes et de sels oxygénés. L'eau ellemême en contient d'ailleurs 9,99999 % de son poids. La combinaison oxygénée la plus répanaue dans l'eau est l'acide carbonique (CO ^).

Hydrogène (H). Rare a l'état pur, mais fréquent en combinaison (HjS). L'eau elle-même se compose de 1,11111 % de cet élément.

Azote (N). Fréquent en dissolution à l'état pur ; plus rarement combiné (nitrates, nitrites, ammoniaque).

Soufre (S). Sous forme d'hydrogène sulfure (H^), de sulfhydrates de sodium, de calcium, etc.) et surtout comme acide sulfurique dans les sulfates. Ici se placent les nombreuses eaux sulfureuses, tant sulfhydriques aue sulfhydratées ; telles sont les eaux de La Lenk, de Loèche, de Schinznach, du Gurnigel, etc., puis celles de Lavey, de Leissigen, de Stachelberg, de Schimberg, etc.

Brome (Br). En faibles quantités, comme bromures alcalins et magnésiens.

Iode ^I). Comme le brome. Sources thermales de Saxon, Rothenorunnen. Solis, Tarasp, Wildeffg.

Fluor (FI). A été trouvé dans de nombreuses sources minérales, mais en fort petite quantité. Thermes de Baden, Saint-Moritz, Tarasp, etc.

Phosphore (P). Se trouve à l'état de phosphates de fer et de chaux en très petite quantité. Eaux de Schwefelberg, Seewen (Schwyz), Solis (Grisons), Passugg.

Arsenic (As). En très petite quantité et rarement. Sources du val Sinestra (Grisons).

Bore (Bx). Des quantités notables de borate de soude ont été constatées dans les eaux de Saden, du val Sinestra ; quelques traces ont été constatées dans plusieurs autres.

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Silicium. L'acide silicique (Si 0«) se trouve en petite

Quantité dans presc^ue toutes les eaux, libre ou sous forme e silicates (de sodium, calcium, etc.).

Carbone (C). Outre les matières organiques et bitumineuses que beaucoup d'eaux contiennent en petite quantité, la combinaison à base de carbone la plus fréquente et la plus abondante est Tanhydrite carbonique (CO^). On le rencontre dissous dans toutes les eaux en quantité variable, suivant la température et la pression. Sa présence augmente la solubilité des carbonates terreux et du fer. L'eau qui en contient beaucoup apparaît à la surface dans un état d'eiîervescence. Les eaux qui sont dans ce cas se nomment eaux acidulés (Sâuerlinge). Un grand excès de ce ^az, dissous grâce à la pression, produit dans l'eau un vrai bouillonnement (Sprudel). Aucune eau suisse n'est cependant dans ce cas. Les sources les plus riches en CO^ sont celles de Saint-Moritz, de Belvedra, de Schuls, de Tarasp, du val Sinestra, du San-Bernardino, qui toutes contiennent plus de 1000 cm*^ par litre.

Potassium et Sodium (K et Na Alcalis). Ces deux métaux alcalins se trouvent sous forme de chlorures dans les eaux salines, souvent en très grande quantité, le premier surtout ; comme carbonates, ils déterminent la qualité spéciale des eaux dites alcalines ; leurs sulfates, celui du Sodium surtout, se trouvent en assez forte proportion dans certaines eaux laxatives. Dans le premier groupe rentrent les eaux de Wildegg, de Schweizerhalle, de Rheinfelden et du Sulzthal ; dans le deuxième, les iqnombrables sources, plus ou moins alcalines, telles que celles de Schuls et dePassugg; le troisième est représenté par les eaux de Mûlligen.

Lithium (Li). On attribue une importance très grande à la présence de ce métal alcalin dans les eaux minérales, même lorsqu'il ne s'y trouve au'en très petite quantité. Au fait, on peut en découvrir aes traces dans toutes les eaux. Aucune eau suisse n'est très riche en lithium. Une des plus riches serait celle de Baden (0,0043 gr'. par litre) ; on en trouve en outre dans les eaux de Stachelberg, d'Yverdon, etc. ; le plus souvent ce corps n'a pas été dosé, de même que le Césium, le Rubidium et le Thorium qui sont encore plus rares.

Strontium et Baryum (Sr et Ba). Ces deux métaux terreux sont fort peu représentés dans les eaux minérales et toujours en très petite quantité, sous forme de chlorures carbonates et en quantité encore moindre comme sulfates. Le Strontium (0,006 gr. par litre) est indiqué dans les eaux de Baden.

Calcium Ca). A côté du magnésium, c'est le métal terreux qui est le composant le plus répandu des matières minérales dissoutes dans certaines eaux. Il ne manaue presque dans aucune eau, car toutes renferment plus ou moins de carbonate de chaux (calcaire CaCOa). Les eaux peu chargées de ffaz acide carboniaue n'en contiennent guère plus de 0,20 à 0,30 gr. par litre; les eaux acidulées peuvent en dissoudre jusc|u'à 3 gr. et plus, mais aussitôt le gaz échappé, le calcaire se précipite sous forme de tuf. L'eau de Tarasp en contient 2,44/ gr. par litre. Le sulfate de chaux est tout aussi fréquent, mais il ne se précipite pas de lui-même, ni par la cuisson ; les eaux oui en contiennent plus de 0,2 a 0,3 gr. par litre, à côté d une quantité équivalente de carbonate de chaux, sont dites eaux gypseuses ou séléniteuses. Il y a d'innombrables sources gypseuses contenant de 1,5 à 2,0 gr. de sulfate de chaux par litre. Le chlorure de calcium est plutôt exceptionnel ; il se trouve de préférence dans les eaux salines chlorurées.

Magnésium (Mg). Les combinaisons chlorurées et carbonatées de ce métal terreux accompagnent presque toujours les composés correspondants de calcium, mais en quantité bien plus faible ; elles ne jouent donc guère de rôle prédominant sous cette forme, mais bien sous celui de sulfate (sel amer, sel d'Epsom) dans les eaux salines laxatives, qui peuvent en contenir beaucoup. L'eau de Birmensdorf en contient 22 gr. par litre.

Alumine (Al). Les combinaisons de ce métal .léger sont plutôt secondaires dans les eaux minérales suisses et s'y trouvent toujours en très petite quantité, probablement sous forme de silicates ou peut-être d'aluminates (de fer). De véritables eaux alunifères, contenant des sulfates doubles d'alumine, ne sont pas connues en Suisse.

Fer ( Fe). Les très nombreuses sources ferrugineuses con tiennent le fer, soit comme carbonate, soit plus rarement comme sulfate (eaux vitriolées). Dans la première caté-

Sorie rentrent les eaux de Saint-Moritz, de Grimmialp, e Sankt-Peter, Schuls, Sassal, Morgins, etc. Dans la seconde celle de Scerina (Tessin).

Des traces de nickel, cobalt, manganèse, étain, zinc, bismuth, plomb, etc. ont été constatées dans quelques eaux minérales, sans qu'il en résulte une caractéristique quelconque pour ces eaux.

La classification des eaux minérales est extrêmement difficile, en raison de la multiplicité des composants qui s'y trouvent en dissolution.

Daubrée avait essayé d'établir une classification chimique, d'après les éléments électronégatifs (acides) ; mais pour chaque groupe, représenté par quelques types, il a fallu admettre une division dite mixte, dans laquelle se trouve toujours le plus grand nombre de sources. Une telle classification ne peut présenter qu'un intérêt scientifique. On pourrait d ailleurs, avec tout autant de raison. E rendre pour base les composants positifs (métaux ou ases).

Les eaux minérales, dont la Suisse possède un très grand nombre, ayant surtout de l'importance au point de vue médicinal et thérapeutique, c'est d'après les éléments actifs qui déterminent leur emploi dans 1 hydrothérapie et dans la balnéothérapie qu'il convient de les grouper. Cette classification est d'autant plus logique que pour oeaucoup de sources des analyses un peu complètes font encore défaut, et ce n'est que d'après des caractères extérieurs (odeur, couleur, goût, précipités, etc.) qu'il est possible de reconnaître leurs caractères.

Les analyses chimiques ne permettent pas toujours une comparaison facile, par le fait que le calcul des composants a été fait le plus souvent théoriquement, en attribuant à chaque radical basique une quantité équivalente d'un radical acide et en exprimant la composition chimique des corps dissous sous forme de sels. Cette méthode a l'avantage, il est vrai, de pouvoir dire que cette eau contient tant et tant de carbonate de chaux ou de soude, tant de chlorure de sodium ou de magnésie, tant de sulfate de chaux, etc. Mais dans beaucoup de cas ces analyses sont absolument arbitraires et ne correspondent nullement à la répartition des éléments, même si nous supposons ceux-ci isolés dans le résidu sec. De plus, on sait que dans des solutions très diluées, comme le sont la plupart ou presque toutes les eaux minérales, les sels n'existent absolument pas à l'état de combinaisons, mais leurs composants sont dissociés en « ions » (anions et cathions), lesquels ne se groupent en combinaisons pour former des sels qu'au cours de la concentration conduisant à la siccité, mais suivant un mode probablement fort différent parfois de celui que leur a attribué le chimiste. Il n'y a qu'à comparer sous ce rapport deux analyses, également bien faites, calculées sous cette forme par deux chimistes différents. Sauf quelques rares exceptions, toutes les analyses dont nous disposons sont exprimées d'après l'ancienne méthode, et il faudrait, pour les rendre rigoureusement comparables, les recalculer d'après les tt ions ». Nous sommes donc forcés de nous en tenir à la méthode qui a prévalu jusqu'ici et qui, d'ailleurs, peut être parfaitement juste dans certains cas, à la condition de supposer qu'on a affaire au résidu sec des eaux.

Grâce aux terrains très variés qui composent le sol de la Suisse, et ensuite des bouleversements que ces terrains ont subis, les eaux d'infiltration devenues soutei^ raines pénètrent à des profondeurs très variables et entrent en contact avec des terrains très différents les uns des autres. Il en résulte que nous trouvons des eaux ayant dissous sur leur passage souterrain des matières très diverses, d'où la multiplicité des eaux minérales, depuis les eaux potables, contenant parfois moins d'un dëcigramme de matière minérale, jusqu'aux eaux fortement saturées de sel qu'amènent au jour les pompes des salines (plus de 300 grammes de sels par litre).

Voici le groupement qui me paraît le plus simple et le plus clair, étant données les circonstances indiquées :

A. Eauœ potables. Elles ne doivent pas contenir plus de 0,5 de matières minérales solides par litre ; elles en

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contiennent le plus souvent bien moins. On peut distinguer dans cette catégorie :

1. Eaux calcaires, qui ne contiennent que des quantités insignifiantes de sulfote de chaux, des traces de fer et de magnésie.

2. Eaux gypsifères, dans lesquelles le sulfote de chaux remporte sûr le carbonate.

3. Eaux calcaréo-gypsifères, où ces deux sels sont également représentés.

Dans toutes ces eaux, il y a toujours des traces de magnésie, de fer et de carbonates, chlorures et sulfates alcalins, à côté d'acide phosphorique et silicique, de lithine, de strontium, etc. Dans le groupe i rentrent presque toutes les eaux sortant du Jurassiaue supérieur et du crétacique, soit dans les Alpes soit aans le Jura ; le groupe 2 renferme les eaux sortant du Lias et en bonne partie aussi celles des dépôts tertiaires du Plateau ; le troisième est lié aux terrains triasiques riches en gîtes de gypse. Les eaux des deux premiers ont la propriété de perdre l'acide carbonique servant à la dissolution du calcaire lorsqu'elles s'écoulent en ruisselant à la surface du terrain et de déposer le carbonate de chaux sous forme de tuf.

4. Eaux dites granitiques, ne renfermant que très peu de sels terreux et une faible proportion de sels alcalins. Elles sont formées dans les régions de granits, de gneiss et de schistes cristallins des Alpes, où les sédiments calcaires font défaut ; les terrains exclusivement argileux et argilo-schisteux, de même que les formations sableuses non calcaires, peuvent également donner naissance à des sources de ce quatrième groupe.

B. Eaux indifférentes. Les eaux minérales dites indifférentes forment un groupe de sources et d'eaux souterraines qui n'ont en réalité de « minéral » que le fait de ne pas être utilisées comme eaux potables. La fi^rande majorité de ces eaux pourrait parfaitement servir dans ce dernier but, car la matière minérale solide qu'elles renferment n'atteint pas chez beaucoup la limite que nous avons fixée plus haut. Elles ont été considérées comme eaux minérales par l'usage qu'on en fait ; on en boit exceptionnellement au cours d'une cure. Il a donc fallu inventer le terme « indifférent », pour les distinguer des eaux vraiment minérales. Elles sont, en réalité, comme les eaux potables ordinaires, des eaux terreuses ou alcalines très faibles ; chez quelques-unes cependant la proportion de la magnésie est un peu plus forte et remplace le sulfate ou le carbonate de chaux ; chez d'autres encore on constate une très faible teneur en fer ; quelques-unes exhalent des émanations sulfureuses, sans pour cela mériter le titre d'eaux sulfureuses. Un groupe très distinct est celui des eaux indifférentes thermales, soit d'eaux que leur thermalité seule rend impropres comme eaux potables.

Par l'usage qu'on en fait, de nombreuses sources minérales indifférentes ont acquis la réputation d'aiguiser l'appétit et d'activer la digestion (Fressquellen) ; mais c[est le plus souvent à l'ensemble de la cure et a l'exercice physique auquel on s'astreint au cours de celle-ci, plutôt qu'aux matières minérales contenues dans l'eau qu'il faut attribuer cet effet. Vu le ffrand nombre de ces sources qui ont successivement fait leur apparition et acquis une certaine réputation, il convient d'en citer ici les plus connues. Les chiffres entre parenthèses indiquent la quantité de matières minérales qu'elles contiennent par litre.

1. Eaux calcaires. Rômerbad près Zofingue (0,2555), Schwarzenberg, Argovie (deux sources avec 0,2360 et 0,2844 gr. par litre), Schônbrunn, Zoug, Kienberg, Ëttin-

Sen, etc. Ici se placent les sources thermales si réputées e Pfafers qui, au nombre de cinq, jaillissent à la température de 2o à 38° C, des schistes du Flysch dans la gorge de la Tamina ; leur débit varie de 900 a 1100 Im. (0,^â, dont 0,1305 de CaCOa).

2. Eaux calcaréo-gypseuses. Laurenzenbad (Argovie), thermales, 17,5° r0,«47) ; Fisibachbad (Arpvie) (0,2803).

3. Eaux calcaréo-magnésiennes. Wengibad ou iEugsterbad (0,aM6), Gyrenbad, au pied du Bachtel (0,311), SUmmheim près Frauenfeld (0,403).

4. Eaux alcalino- terreuses. Henniez (0,3042) ; Osterfinen (SchafThouse) (0,3469), Dettlingerbad près Radelfingen 0,4850, dont 0,aW3 Mg CO3).

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