‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 36 sur 225 · K-SO · texte numérisé non relu

K-SO

NaCl. . . . 0,837 0,222 0,544

C0.encm3 . 954 1117 924

On voit que par l'acidulation le carbonate de chaux a été dissous dans les deux premiers dans la prpportion de plus de 1 gramme par litre. Ces eaux sont parmi les plus riches en carbonates alcalins. Les sources de Tarasp- Schuls dans l'Engadine en diffèrent par leur richesse en chlorure de sodium et par la présence constante d'une forte quantité de borate de soude. Voici les chiffres essentiels :

Source Lucius Source Emerita Température ... 6,0 6,0

Résidu total . . . 14,7510 94,7767

NaHCOg .... 4,873 4,888

CaILCsOr. .... 2.U79 2,4443

NajSO, ..... 2,1004 2,0710

NaCI 3,6739 3,6859

NajB^O, 0,1722 0,1763

COa en cm» . . . 1060 1034

Dans ce groupe rentrent aussi les sources de Sassal, près Coirejl,ll;l,27; 1,70).

E. Eaux ferrugineuses. Leur nombre est très grand,

f»ar le fait sans doute que leur propriété de précipiter de 'oxvde de fer hydraté de couleur jaune-rougeâtre attire facilement l'attention. Les noms d'eau rouge, Rothenwasser ou Rothenbrunnen,sont suffisamment significatifs, car les plus faibles quantités de sais de fer en dissolution dans l'eau d'une source produisent sur le parcours de l'eau et

surtout dans les réservoirs un dépôt ochracé caractéristique ; il suffit de moins d'un centigramme de carbonate de fer par litre pour produire cette réaction.

Le fer est contenu dans la plupart des sources sous forme de carbonate acide ou bicarbonate (FeU^CJ^Q), plus rarement sous forme de sulfate ou vitriol (FeSOJ ; quelques eaux sont indiquées comme renfermant de l'arséniate, de l'aluminate, ou du phosphate de fer. Suivant les composants qui accompagnent le fer et qui l'emportent d'auleurs toujours en quantité sur ce métal, on peut distinguer toute une série de sous-groupes. Mais Teffet thérapeutique du fer est à tel point prononcé que c'est à ce métal que revient l'honneur de servir de caractéristi- (|ue à une nombreuse série d'eaux minérales de composition d'ailleurs très variée.

1. Eaux ferro-terreuses sulfatées. Le fer se trouve toujours à l'état de bicarbonate (FeHjC^Oa), accompagné d'une assez forte proportion de sulfate de chaux (gypse, CaSO^ ) pouvant atteindre 1 à 2 grammes par litre et de quantités variables de calcaire. Ce sont donc des eaux gypseuses et calcaires ferrugineuses. (Voir ce groupe dans la catégorie des eaux terreuses.) Dans ce groupe rentrent la source dite l'eau rouge, qui alimente les Bains de Morgins sur Monthey (Valais) ; les sources de Grimmialp, dans la

{>artie supérieure de la vallée de Diemtigen (Simmenthal) ; a source ferrugineuse de La Lenk : la source de Sankt Peter, celles du val d'Urezza, de Vais, d'Ândeer (avec 0,3200 de MgS04), de Tennigerbad (0,3428 MgSO^), de Bergûn (0,3505 MgS04), de Silvaplana, du San-Bemardino (0,3064 MgS04), toutes dans le canton des Grisons ; enfin, d'innombrables sources non utilisées ou qui Tout été autrefois, situées dans les mêmes régions où se trouvent des sources gypseuses, soit le long des gisements de gypse et d'anhydrite, soit dans le Jura, soit surtout dans les Alpes. Il y en a plusieurs dans la vallée de Champéry (Bas- Valais), dans la vallée de Charmey (Fribourg), dans le canton du Valais, le long de la zone des schistes lustrés, où presaue toutes les sources sont fortement séléniteuses il y a d innombrables sources déposant de l'hydrate de fer. Rappelons à cet endroit que presque toutes les sources gypseuses rencontrées dans le tunnel du Simplon, aussi bien les sources froides que les sources chaudes, ont la propriété de déposer de l'hydrate de fer, les dernières en plus grande abondance que les premières.

2. Eaux ferro-terreuses carbonatées. C'est le carbonate de chaux et celui de magnésie qui accompagnent le fer qui se trouve également a l'état de bicarbonate; ces eaux ne sont le plus souvent que très peu acidulés, pas davantage qu'une eau potable terreuse ordinaire; aussi la quantité de matière minérale en dissolution est ordinairement au-dessous de la limite admise pour les eaux potables. Un certain nombre de ces sources doivent prendre naissance dans des sols marécageux, où, comme on sait, Teffet de la végétation fait naître dans ces eaux presque stagnantes, par réaction lente entre le sol et l'eau, du carbonate de fer que l'eau dissout et entraîne. Il faudrait examiner chaque cas à part pour distinguer les eaux ferreuses d'origine paludéenne de celles (]ui puisent leur fer dans la profondeur de la terre. Voici les principales sources qui rentrent dans ce ^upe : Ottenleuebad, Langeneibad, Enggestein, Oberwil près Bûren, Bains de Wickartswiler ou Rûtihubel près Walkringen, Thalgutbad, Lochbad, près Berthoud, Limbachbad, Gîutenbergbad, Kapellenbad, Kuttlenbad, Laufenbad, Blumenstein, Kybourg et Lûterswil, Grânichenbad, SchultheissenbadprèsHuttwil, Dôttingen, Lindenhof près Lucerne,Pfaffnau,Russwil, Sempach, Schûpfheim, Rigi-Scheideçg, Rigi-Kaltbad, Schwendi- Kaltbad, Seewen (Schwyz), MoosbadifUri) (eau paludéenne), Gonten, Ueberlingen, Balgach, la source de la Brévine dans le Jura (eau paludéenne), etc., etc. Les plus nombreuses n'ont qu'une importance locale.

3. Eaux ferro-terreuses alcalines et parfois acidulés. Ce sont en somme des sources du caractère général des eaux alcalino- terreuses acidulés on non contenant une certaine proportion de fer bicarbonaté, ordinairement pas en quantité beaucoup plus considérable aue dans^ les eaux des deux groupes précédents ; mais tandis que là la quantité de calcaire reste au-dessus de 0,50 grammes par litre, nous trouvons ici des eaux qui contiennent souvent, comme les eaux alcalino-terreuses, un gramme et plus de

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carbonate de chaux car litre, ainsi qu*un excès souvent important de gaz acide carboniaue ; à cela s'associent encore les sels alcalins carbonates et sulfatés, ainsi que des sulfates et carbonates magnésiens. Ces sources se trouvent dans les mêmes régions que les sources alcalines acidulés et en plus grand nombre dans les Grisons. Voici la liste des plus importantes : Fideris dans le Prâligau, (résidu 1,9©, NaHCOg 0,7423, CO* libre 752 cm^), Neu Belvedra (Passugg) (KHC03 2,0065, CO, 1043 cm3), Kastiel val Schanfigg, Sassal, Rothenbrunnen, dans le Domleschg, Solis dans la gorae de l'Albula, Tiefenkastel, Donatusquelle, Disentis, Rhâzùns, Peiden val Lugnez, Saint-Moritz, deux sources, dont voici les analyses :

Ancienne Nouvelle source source

Résidu toUl par litre . 2,1497 2,1715

NaCl 0,0437 0,0347

Na-SO. 0,3074 0,3211

NaHCOg 0,2723 0,1815

CaHjC-O, 1,2269 1,3019

MgH,h,C-0, 0,1971 0,2022

COj fibre 1230 c^a 1283 cm».

La quantité de fer atteint dans les deux à peu près le même chiffre, soit 0,00331 et 0,0386 de FeHj^CjO, par litre. Des sources ferrugineuses alcalines acidulés existent encore près de Bchuis-Tarasp ; elles sont au nombre de quatre et diffèrent soit entre elles, soit de celles de Saint- Moritz, ainsi que le montrent les analyses suivantes : (dans 10 litres d'eau)

Sources Bonifacius Carola Wy Carola

Na Cl. ... 0,570 0,2070 0,021 0,009

KaSO, . . . 0,955 0,1310 0,109 0,114 NajSO, . . . 2.147 0,5300 0,113 0,199 MgSO, . . . - 0,8560 -CaSO, 0,188

CaH-C,0, . . 27,393 7,3960 17,750 14,499 MgHjCLOs • ■ 5,129 1,0910 1,289 1,190 NalIGOg. . . 14,610 - 0,052 -

FefLCjO, . . 0,455 0,1890 0,365 0,175 MnHsCjO, . . - - 0,017 -

SiOj .... 0,185 0,1210 0,192 0,148 PjOj.AljOaetc. traces traces 0,001 —

51,444 10,5210 19,908 16,967 COj non com

biné . . 11848,8 88921,0 11991,9 12342,8 cm3

Deux sources ferrugineuses intéressantes existent dans le val Mnestra, également dans la Basse-Engadine ; elles se distinguent par leur teneur en arsenic. On indique en effet 0.0l7l et 0,0199 d'arséniate de soude pour 10 litres de ces eaux.

On connaît un grand nombre de sources ferrugineuses dans le Tessin ; mais un petit nombre seulement sont régulièrement exploitées; plusieurs sont parmi les plus riches en carbonate de fer. Telles sont celles de Rovio, l.ugano, M-uzzano, Montagnola, Magliaso, Astano prés Xovaggio, Manno, Ravegna près Locarno, du Monte del Adolorato et une quinzaine d'autres, dont on ne connaît pas même d'analysie.

4. Eaux ferrugineuses vitriolées. On cite près de Scerina au bord du Brenno (Tessin) une source ferrugineuse qui renfermerait, d'après l'analyse, du sulfate terreux dans la proportion de 0,32o grammes par litre ; une assez forte proportion d'alumine (0,840) à l'état de sulfate caractériserait cette eau comme une eau alumineuse et terreuse sulfatée, ainsi qu'il s'en forme dans les terrains argileux riches en pyrite en voie de décomposition.

F. Eaux sulfureuses. Pour le même motif que pour les eaux ferrugineuses, nous classons sous ce titre toutes les eaux renfermant assez de composés sulfurés pour motiver leur emploi cornu e eaux sulfureuses. Il est possible d'adopter le même groupement que pour les eaux ferrugineuses, en faisant intervenir en outre la distinction qui résulte de la nature des composés sulfurés qui déterminent le caractère de l'eau.

1. Eaux sulfureuses gvpseuses. Les eaux de cette nature doivent leurs qualités presque toujours à de l'hydroeène sulfuré en dissolution ; ce gaz résulte de la réduction a'une faible partie du sulfate de chaux par le contact avec des schistes bltumeux. L'instabilité du sulfure de calcium qui en résulte fait qu'il se forme au fur et à mesure du

gaz hydrogène sulfuré ; il s'en suit aue ces eaux perdent rapidement leurs propriétés, dès qu elles sont exposées à l'air. Elles accompagnent toujours les eaux gypseuses et les eaux ferrugineuses ; même il y en a qui sont à la fois gypseuses, ferrugineuses et sulfureuses. Ces eaux contiennent 1 à 2 grammes de gypse ainsi qu'une quantité très variable d'hydrogène sulfuré, depuis une fraction de cm^ jusqu'à plus de 50 cm^ par litre; dans ces conditions, une comparaison est très difficile et ne présenterait aucun intérêt. Dans les réservoirs, ou lorsqu'elles s'écoulent à la surface de la terre, les eaux sulfureuses déposent leur soufre sous forme de filaments et d'enduits olanchâtres concurremment avec la croissance d'algues de la famille des oscillariées (Beggiatoa). Voici les sources sulfureuses les plus connues de ce groupe : Bains de l'Alliaz sur Clarens ; Bains de l'Étivaz ; dans la Gruyère les bains de Montbarry, ceux du lac Noir ; dans la même zone alpine les bains d'ancienne réputation du Gumigel, alimentés par la source du Stockwasser et une autre source sulfureuse voisine, le Schwarzbrûnnli ; l'établissement balnéaire de La Lenk a deux sources, la Hohliebquelle, moins riche en HjS (2,8 cm^) et la Balmenquelle qui est bien plus forte (52 cm^) ; la première est utilisée pour les bains et l'autre comme boisson. A citer ici encore dans les Alpes les sources des Bains de Schwefelbei^^. de Leissigen (Éad et Lândiquelle) du Schlegelweg près ifiesbach, de Riederwald près Adelboden, et du Faulensee, puis dans le Jura les deux sources de Lostorf, dont une est légèrement saline, enfin la source thermale de Schinznach (36°C) qui est également un peu saline (résidu 2,166 à 2,642, dont

S lus de 1 gramme de gypse). Ici se place encore l'eau 'Alveneu dans les Grisons et celle de Le Prese dans le val Poschiavo. Il y a encore de très nombreuses sources sulfureuses de ce genre, dont seuls tirent profit les habitants de la contree ou quelques passants ; quelques-unes ont été utilisées autrefois, puis abandonnées ; il en est cependant qui mériteraient d'être exploitées, telle par exemple la source sulfureuse d'Im otein près de La Lenk, et une autre à proximité ; il y en a plusieurs près de Villeneuve, et dans la plaine d'alluvion du Rhône près de Bex. aux Placettes et aux Iles, où il y a eu autrefois des bains. D'autres se trouvent dans les mines de Bex, à Cornaux au-dessus de Clarens, à Dom Hugon et aux Siernes près de Charmey, au-dessus de Champéry dans le val déniiez, etc.; à mentionner une source sulfureuse qui sort des alluvions entre Roches et Vers-Vey, laquelle déffage du gaz des marais.

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