‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 52 sur 225 · DE CHASSES DU CANTON D'ARGOVIE · texte numérisé non relu

DE CHASSES DU CANTON D'ARGOVIE

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lequel il n'est question que du lièvre (gibier principal), peut donner une idée du gibier abattu en Argovie. Une société de chasseurs de Zofingue a loué, de 1874 à 1905, deux distrits, le 7«et le 8«, qui comprennent le Wiggerthal, rUerkenthal et le Suhrenthal jusqu'à la Suhr. Ces deux cercles voisins l'un de l'autre étaient limités au S. par le canton de Lucerne, à l'E par la Suhr, au N. par les

communes de KôUiken, Safenwil, Mûhlethal etOftiingen, à rO. par la 'Wigger. Ils comprenaient ensemble une superficie d'environ 50 km*. En 1896, quand Taflermage fut remis aux communes, cette société (Hubertus) loua les territoires appartenant eux communes qui forment les deux anciens districts. De 1893-1896, la société loua deux autres districts. De là vient que le produit de ces quatre années n'a pu être indiqué qu'approximativement. Mais tous ces chiffres se rapportent au même territoire. Afin de montrer la difTérence qui existe entre notre pays et d'autres contrées plus riches en gibier , grâce à un meilleur système de criasse et de surveillance, signalons le fait qu'a Tribach, en Bavière, dans le district du comte de Broy-Steinburg, du 5 au 9 novembre 1894, c'est-à-dire en cinq jours, 15 chasseurs réussirent à tuer 23 chevreuils, 847 lièvres, 356 faisans, 5 bécasses, 2 renards et 5 oiseaux de proie. Du 11 au 23 novembre 1894, c'est-à-dire en 11 jours, 12 chasseurs mirent à bas dans un autre district, appartenant au même propriétaire, 65 chevreuils, 2027 lièvres, 95 faisans, 167 perdrix, 3 bécasses, 3 oiseaux de proie et 4 chats sauvages. Dans la plupart des cantons à patentes (Berne, Luceme, Obwald, Zou|^, Fribourg, Soleure, SchafThouse, Âppenzell Rh.-Ext., Grisons, Valais, Vaud, Neuchâtel], les gouvernements prennent des mesures pour favoriser l'augmentation du gibier; ils établissent notamment des districts francs, mais ceux-ci ne sont pas subventionnés par la Confédération. A côté de ces districts, il existe dans certains cantons des parcs-asiles, c'est-à-dire de petits territoires où la chasse est interdite en tout temps. Ces parcs se trouvent généralement aux environs de grandes localités siuées au bord des lacs; la chasse y est interdite dans un certain rayon sur eau et sur terre, afin que les habitants, surtout les étrangers, puissent y admirer une vie animale intense. Les environs de Lucerne, avec le port et une partie de la Reuss, forment un de ces asiles ; par suite de la sécurité dont ils jouissent depuis longtemps, les oiseaux aquatiques s'y sont multipliés ; ce sont surtout des foulques (Bucheli) et des canards sauvages. Ces oiseaux demeurent là toute Tannée, été et hiver, excepté à l'époque de la ponte, pendant laquelle ils se retirent en dehors de la zone de protection. Une foule d'autres palmipèdes y séjournent aussi en hiver, comme les harles, les plongeons et les grèbes huppés, qui s'aperçoivent bientôt qu'ils sont là en sécurité. Ces dernières espèces sont encore plus nombreuses dans la zone franche qui a été établie autour de Sempach. Lugano possède aussi une de ces zones franches, ainsi que d'autres villes encore. Il est à souhaiter que les villes situées au bord des lacs en créent de nouvelles. Quelques cantons à patentes ont en cutre introduit un chômage d'un jour ou deux par semaine pendant le temps où la chasse est permise. Les cantons de Lucerne et de Soleure ont deux jours d'interdiction, le mardi et le vendredi. Comme la chasse est aussi interdite le dimanche dans ces deux cantons, elle n'est de fait autorisée que quatre jours par semaine. La chasse est permise le dimanche dans les cantons de Claris, Grisons, Tessin et Genève. Obwald autorise la chasse au petit gibier à partir de deux heures, la chasse au gros gibier reste tout a fait interdite ce jourlà. Beaucoupae cantons délivrent en outre des primes pour la destruction des animaux carnassiers ou nuisibles. Dans le tableau reproduit ci-dessus du gibier abattu dans le canton des Grisons, se trouve le nombre d'animaux carnassiers qui ont été tués ; il a été délivré une prime pour chacun d'eux. Les autres cantons n'ont à ce sujet que des statistiques incomph tes. Nous tirons des rapports cantonaux de 1903-1904 les renseignements suivants : Dans le canton de Zurich, le nombre des oiseaux de proie abattus en 1903, et pour lesquels on a délivré des primes, a été de :

Pies et geais 1347

Corneilles 866

Autours et éperviers 211

Hérons 39

Grèbes 24

Aigles 1

soit 2488 têtes pour lesquelles il a été délivré fr. 1171 de primes.

Les gardes-chasse du canton de Berne ont tué, en 1904, dans les districts francs cantonaux et fédéraux :

Renards 115

Blaireaux 34

Martres 5

Putois 1

Chats sauvages 11

Aigles 3

Autours 6

Éperviers 4

Corbeaux de montagne 50

Corneilles 22

Pies 20

Geais 51

Pies-grièches 10

soit 332 têtes pour lesquelles il a été payé fr. 328 de primes.

Pour 1903, le canton de Scnwyz fournit les chifTres suivants :

Loutres 1

Éperviers 11

Grands-ducs 4

Autours 7

Geais , 189

Corbeaux 2

Pies 100

Corneilles 101

Ensemble 415 bêtes pour la destruction desquelles il a été distribué fr. 168 de primes.

Voici les chiffres de 1904 pour le canton de Vaud :

Renards tués en septembre 627

Martres tuées en septembre et octobre . . 35 Loutres, dont 15 vieilles et 2 jeunes ... 17 Hérons 11

Ensemble 690 pièces pour la destruction desquelles il a été payé fr. 2091 de primes.

En 1904, les gardes-chasse ont abattu dans tou« les districts francs de la Confédération 638 pièces de ^bier à poil et 389 de gibier à plume pour lesouelles il a été versé fr. 1689 de primes. De plus, en ld04, les cantons de Berne, Lucerne, Bâle, Appenzell Rh.-Int., Saint- Gall, Grisons, Argovie, Vaud, Valais et Genève ont reçu une subvention de la Confédération pour Toctroi de

E rimes aux chasseurs oui ont détruit des animaux nuisiles à la pêche. Il a été tué dans ces cantons :

Loutres 54

Hérons 91

Grèbes 9

Corneilles 308

Ensemble 462 pièces pour lesquelles il a été délivré fr. 2131 de primes.

Malgré ces mesures de protection, le gibier est loin d'être ce qu'il devrait être, surtout dans les cantons à patentes ; on importe encore chaque année en Suisse pour un demi-million de francs de gibier ; en 1903, par exemple, on en importa 5763 pièces, pour une valeur de fr. 765 040. Quelque? contrées font exception et fournissent beaucoup de gibier à certains moments de l'année. Les marais de Wauwil, par exemple, dans le canton de Lucerne, sont en été le rendez-vous d'une foule d'oiseaux de passage qui s'y assemblent souvent en vols énormes avant de partir pour le Sud. Aussi les chasseurs du canton et ceux des cantons voisins y accourent-ils nombreux en automne. Le principal gibier que l'on y tire, avec le canard et les oiseaux de marais, est la caille. Afin de donner une idée de l'abondance momentanée du gibier dans ce district en automne, voici la statistique des cailles tuées en 21 ans par deux chasseurs de Zofinjg^ue, qui ont abattu chaque année, à eux deux, la moitié des cailles tuées pendant la saison.

En 1871 et de 1874 à 187^, il ne fut pas délivré de patentes dans le canton de Luceme ; pendant les premières années, on porta aussi un intérêt moindre aux cailles que plus tard. D'autre part, les mêmes chasseurs ne tirèrent que peu de cailles pendant la saison d'automne dans les vallées de la Wigger et de la Suhr : seulement 149 en 13 ans, soit 11 en moyenne par saison, tandis que dans

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les marais de Wauwil, la moyenne annuelle a été de 126 pour une période de 21 ans, soit 2635 pièces en tout pendant 187 jours de chasse, ce qui donne une moyenne de 14 pièces par jour. Les chasseurs lucernois affirment

tu'autrefois on abattait de 1000 à 1500 cailles par saison. Iles sont devenues plus rares d*année en année dans toute TEurope, par suite de la chasse effrénée dont elles ont été Tobjet dans les pays du Midi, et de la destruction qu'on en a fait en Orient pour les importer en France et en Angleterre par carg^aisons entières. En avril 1889, an navire amena de Syrie a Marseille 167000 cailles ; 60000 avaient péri en route. De 1887 à 1^0, il a été importé d'Egypte en France 3485000 cailles; le 25% a péri en route. L'importation a été plus grande encore en Angle-

TABLEAU DES CAILLES TUÉES DANS LES MARAIS DE WAUWIL PAR DEUX CHASSEURS.

Années.

Juurs

de chatte.

Cailleii tuées.

Remarques.

18fÇ>

La dernière le 17 octob re.

En octobre encore 4 têtes.

La dernière le 6 octobre.

La dernière le 3 octobre.

En octobre encore 15 pièces.

Les 5 dernières le 5 octobre.

Le l»' octobre encore 2.

Le 7 octobre encore 3.

Le 2 octobre encore 10.

La dernière le 9 octobre.

La dernière le 24 octobre

La dernière le 3 octobre.

Toutes en septembre.

env. 102. Il y eut en

outre un grand vol

le 21 septembre.

env. 30.

Passablement.

De 1900 à 1903 la chasse ne fut ouverte que le I" octobre. Les chiffres indiqués pour septembr e ne désignent que des cailles observées.

Le 7 et le 1/ septembre.

Le l"'' octobre, Ed. Fischer en abattit encore 8.

On en tira encore 19 en octobre; on en vit jusqu'au milieu de novembre.

La chasse s'ouvrit le 15 septembre. 8 cailles furent encore tirées en octobre, la dernière le 17.

terre ; il a été calculé qu'on a importé dans ce pays annuellement 6000000 de cailles dans les dernières années du XIX* siècle. Par suite de ces pratiques, les cailles ont diminué graduellement partout comme en Suisse ; on en tua de moins en moins dans le marais de Wauwil : 250 à 300 seulement par an pendant le dernier quart de siècle. C^ dernières années, les cailles semblent avoir de nouveau augmenté, ce qui doit être attribué aux mesures internationales que l'on a prises pour arrêter leur destruction en masse.

En hiver on trouve encore beaucoup de gibier sur les lacs suisses. Les diverses espèces de canards, harles et plongeurs qui se rendent en été dans le N. pour y pondre viennent passer la mauvaise saison dans nos contrées. Les cantons possédant des lacs délivrent des patentes spéciales pour la chasse aux oiseaux aauatiques. Dans le canton de Luceme, par exemple, on aélivre des patentes spéciales pour la chasse sur les lacs de Sempach et des Ouatre-Cantons, pendant les mois de décembre et de janvier, mais seulement aux chasseurs qui se sont procuré la patente ordinaire. En cette saison il est permis de tirer les oiseaux sur le lac et les rives, mais remploi des chiens est interdit. Le gibier se compose essentiellement de canards sauvages et de Hollen, nom

par lequel les chasseurs désignent le grèbe huppé {l'odiceps crùfa^us) dont le plumage, très fourni, servait quand il était à la mode à la confection des pelisses de dames. Chaque hiver les chasseurs abattent sur le lac de Sem-

Each 60 à 80 gr«'bes qui sont vendus à des pelletiers de lUcerne. Des conventions spéciales ont été conclues entre les États limitrophes pour la chasse a la plume sur le Bodan. Dans beaucoup de cantons a patentes, certains chasseurs ont cherché a introduire le système de fermage, ainsi k Zurich et à Saint-Gall en 1891, à Soleure en 1905. Jusqu'à présent ils n'ont réussi nulle part. Chaque fois qu'une transformation de ce genre a été soumise au peuple dans un canton, elle a été repoussée comme antidémocratique. Et pourtant le système des patentes a encore

des inconvénients autres que ceux d'être peu démocratique. Là où les patentes sont bon marche, bien des gens abandonnent leurs affaires et cherchent à ga-

fner leur vie par la chasse* Ist-il besoin de dire que ce calcul est faux laplupartdu temps? Afin que l'on puisse se rendre compte des ressources que la chasse procure aux cantons et aux communes, nous donnerons le tableau p. 190, tiré du périodique Diana; année 1894, no 12.

U loi fédérale de 1876 sur la chasse a été revisée en 1904, et la nouvelle loi est entrée en vigueur le l«f janvier 1905. Elle a marque un pas en avant dans la réglementation et a améliore les conditions de la chasse en Suisse. Elle a supprimé bien des inconvénients du mode de faire antérieur. Pour mieux protéger le gibier, la durée ae la chasse au gros gibier a été diminuée. Le cerf, qui s'est multiplié depuis un certain temps dans les Grisons, est aussi l'objet de mesures de protection.

Quant à la chasse au petit gibier, on a maintenu l'interdiction de la chasse à la plume au printemps dans les cantons à patentes ; mais les cantons qui ont l'autre système peuvent permettre la chasse à la bécasse pour une courte période. Le canton d'Ârgovie a fait déjà usaffe de cette autorisation désirée depuis longtemps par les chasseurs du pays ; sa loi cantonale sur la chasse, récemment révisée, autorise la chasse à la bécasse.

Bibliographie. Une bibliographie assez complète de la chasse se trouve réunie dans la Bibliographie nationale Sui.<?s6. Fascicule IV,6. faumi helveticaf 3'"« cahier. Mammifères par le Df II. Fischer-Sigwart. Joh. Léopold Cysat, Beschreibung des beràhnibten Luzemer- oder Vierwaldstàttersees. Lucerne, 1661. D"" Joh. J. C. Wagner, Hisloria naturalis Helvetiae. Zurich, 1680. Curé bchnyder, Geschichte der Entlebucher. 1782. Helvetischer Alnxanach, année 1806. Hs. Caspar Rohrdorf, de Zurich, Der Schvoeizerjâger. Glaris, 1835. L. Rûtimeyer, Endergebnisse der Untersuchung der Tierreste in den Ffahlbauten {Mitteilunaen der antiauarischen Gesellschaft in Zurich. Vol. XIV). Zurich, 1861. L. Riitimeyer, Die Berkunft unserer TierwelL Baie et Genève, 1867. L. Rûtimeyer, Ueber die Bentierstation von Veyrier ani Salève (Archiv fur Anthropologie, \^3). L. Riitimeyer, Ueber die neu entdeckten Knochenhôhlen von Thayngenund Freudenlhal {Ar~ chiv fur Anthropologie. Vol. VII, 1874.) D"" L. Rûtimeyer, Die Verànderungen der Tienvelt in der Schtveiz seit An-

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wesenheit des Menschen. Bâle, 1876. D' Med. Girtanner. Drei rhàtische Jàgergeslaltefi aus guter Zeit (Wald und Heide, 1878). D»" Oswald Heer, Le monde primitif de la suisse, 1879. Th. Sluder, Die Tierweli in den l'fohihauten des Bielersees [Mitteilungen der bemischen naturforschenden Gesellschaft, 1882, 1883, 1884). Diana (Orcane de la Société suisse des chasseurs, paraît depuis 1883). Centralblait fur Jagd^ und Hundeliebhaher, paraît depuis 1885. Die Tierwelt^ paraît depuis 1890. Pestalozzi, Vas Tierlehen der Landschaft Davos^ 1883. Friedr. von Tschudi, i>(M Tierleben der Alpenwelt, 11 «>• édition, 1890. D*" Conr. Keller, Alpentiere ini Wechsel der Zeit, 1892. H. Fischer-Sigwart, Das Gebirge^ ein Rûckzuasgebiet fur die Tierwelt {Mitteilungen dei" aargauischen naturforschenden Gesellschaft Vl« livr.) 18S&. H. Nûesch, Das Schweizersbild, eine Niederlassung aus paUBOlithischer und neolithischer Zeit, {Neue Denkschriften der allgemeinen Schweizerischen Gesellschaft fur die gesamten Naturwissenschaften. Vol. XXX V). Zurich,

dant la saison, de sorte qu'ils sont obligés d'avoir recours à rétranffer. La production du çoisson peut encore se développer beaucoup en Suisse ; bien des cours d'eau ne sont pas exploités ou ne le sont que dans une mesure insuffisante. La production indigène a sans doute augmenté depuis une vingtaine d'années, mais pas en proportion de la consommation, ce que prouve l'augmentation de l'importation d'année en année. La statistique publiée par le Département fédéral des douanes nous fournit la-dessus des renseignements probants. Il a été importé en : Poissons.

Quintaux Valeur.

Année. métriques. Fr.

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