BKPARTITION DES ESPÈCES DE POISSONS DE LA SUISSE PAR BASSINS FLUVIAUX
(D'après Fatiu.)
No
Espèces.
Rhin.
HhûDti.
Inn.
Tossin.
Petronxyzon fluviatUis.
» planeri.
Anguilîa vulf^ais.
Alosa vulgarxs.
» finta.
Esox lucius.
Salnw salvelinus.
n salar.
» variabilis {Trutta).
Thyniallus vulgaris.
Coregonus.
Cobitis (Neniachiltis) fossilis.
» (Misguimus) barbatula.
» tœnia.
Chondrostonya nasus.
» soêtta.
Phoxinus laevis.
Squalius cephalus.
» leuciscus.
» Agassizi.
Leuciscus rutilus.
ft pigus.
» aula.
Scardinius erythrophthalmus.
Albumus lucidus.
h alborella.
» bipunctatus.
Biicca bjôrkna Abramis brama.
Gobio fluviatilis.
Rhodeus aniarus.
Barbus fluxnatilis.
» plebejus.
» caninus.
Tinca vulgaris.
Carassius imlgaris.
Cyprinus carpio.
Stlurus glanis.
Lola vulgaris.
Gobius fluviatilis.
Cottus gobio.
Gasterosteus aculeatus.
Acerina cemua.
Lucioperca sandra.
Perça fluviatilis.
Lamproie de rivière
» ruisseau . . . .
Anguille
Alose
Alose finte
Brochet
Omble chevalier
Saumon
Truite (de ruisseau, rivière, lac).
Ombre commune
Fera I voir tableau spécial). . . Loche d'étang
» franche
» de rivière
Nase .
Séva
Vairon
Chevaine
Vandoise
Blageon
Gardon commun
Gardon galant
Gardon des pauvres
Rotengle
Ablette commune
Ablette alborelle
Spirlin
Bordelière
Brème
Gobie fluviatile
Bouvière
Barbeau commun
» plébéien
» canin
Tanche .
Corassm
i^arpe .. •...••,
Salut .*
Lotte
Goujon
Chabot de rivière . . . . ,
Epinochc
Gremille ordinaire . . . . ]
.Sandre
[Perche
ces. Outre les espèces indiquées dans ce tableau, il y a en Suisse une certaine quantité d'espèces importées, en particulier d'Amérique, ainsi : la truite arc-en-ciel {Salmo tridefis), le saumon de fontaine {S. fontinalis), le saumon d'Alsace (hybride de saumon de fontaine omble chevalier), le saumon du Canada {S. namaycush), le catfish {Amiurus nebuhsus, salut nain) et la perche soleil (Eupomotus aureus). Ces espèces exotiques ont été introduites généralement dans des étangs ; on en a cependant aussi mis çà et là dans des eaux libres. On trouve des truites arc-en-ciel (S. iridens) et des saumons de fontaine {S. fontinalis)^ dans divers cours d'eau, le
lac. Dans la Suisse allemande, les bateaux des pêcheurs de profession sont généralement désignés sous le nom de Gransen. Ils ont comme caractères communs un fond presque plat, des bords hauts et presaue verticaux, un vivier à l'avant, des rames maniées aebout; généralement aussi le bateau est construit de façon à ce qu'on Suisse y adapter une voile. Nous ne pouvons pas entrer ans le détail des modifications de forme et de dispositions que les Gransen subissent sur les difl'érents tacs ; nous devons cependant mentionner une espèce spéciale de bateau employée exclusivement par les pécheurs du lac d'iEgeri : l'Einbaum ou pirogue d'une seule pièce.
\Qi
SUl
SUI
Comme ce genre de canot est sur le point de disparaître, nous lui consacrerons quelques lignes. L'Einbaum est un canot long et étroit, formé d'un seul tronc de sapin et actionné par une seule rame. Il comprend deux compartiments : un petit à Tavant, avec des parois percées de trous, muni d'un couvercle et servant de vivier, et un plus grand à l'arrière, où le pêcheur, debout, manœuvre ravirun. L'embarcation n*a pas de gouvernail; le pécheur la guide très habilement au moyen de son aviron. Parfois, quand le vent souffle latéralement, une planche dressée sur un côté du canot sert en quelque sorte de gouvernail. Une platine fixée à l'un des côtés de l'embarcation supporte le moulinet de la ligne traînante. Si Ton pèche avec le Seehund (engin avec ligne traînante), on place au côté de la pirogue une perche sur laquelle passe la ficelle où sont fixés le Seehund et les hameçons. Les pêcheurs expérimentés avancent rapidement et sûrement dans cette embarcation. Celte pirogue chavire rarement, et si pareil accident arrive, elle se redresse d'elle-même ; elle ne peut pas couler. La plus grande embarcation de ce
genre employée sur le lac d'vEçeri a une longueur e 7,20 m. ; la profondeur intérieure est de 4o cm. Cette pirogue a une valeur de 250 à 300 fr. ; les autres valent environ 200 fr. Les pirogues durent de huit à dix ans ; elles sont plus solides que les bateaux de planches et, d'après le dire des pêcheurs, plus faciles à manœuvrer. Comme les grands sapins nécessaires à la construction de ces bateaux diminuent d'année en année, il est à prévoir que ces bateaux antiques disparaîtront sous peu. Sur les lacs de la Suisse occidentale, spécialement sur celui de Neuchâtel, les bateaux plats disparaissent ; ils sont remplacés par des chaloupes a une ou deux voiles et quille mobile. Les chaloupes du Léman n'ont pas la quille mobile; elles tendent à remplacer l'ancien bateau de pêche à proue relevée, à fond plat, à deux ou trois avirons, moteurs a tribord et un aviron recteur à bâbord.
bj Engins à hameçons. On distingue les espèces suivantes d'engins à hameçons : 1. la ligne flottante tenue à la main, 2. la ligne traînante, 3. la ligne de fond, 4. les fils à hameçons de fond, 5. les fils à hameçons de lève, 6. les torchons.
cj Filets. Les principaux filets employés en Suisse appartiennent aux catégories suivantes : 1. filets de fond, 2. courantilles, 3. filets à amorces, 4. éperviers, 5. filets flottants, 6. filets à mailles carrées, 7. filets traînants, 8. Lachswage (appareil pour la pèche du saumon).
Il arrive souvent que les filets de fond sont employés comme filets courants (courantilles). Le filet à amorces (à mailles étroites servant à pêcher les poissons-amorces) est employé comme filet courant et filet flottant. Le filet à mailles carrées est utilisé tantôt comme filet de fond, tantôt comme filet courant et même comme filet traînant. Une forme très grande du filet flottant, appelée grand pic, est employée sur le Léman pour la pêche des feras. Les filets sont aussi quelquefois désignés d'après l'espèce de
{>oissons qu'ils prennent le plus souvent ; filet à brèmes, ilet à brochets, filet à palées, etc. Il n'y a pas encore de nomenclature uniforme pour les filets employés en Suisse. La Lachswage est un appareil compliqué servant à la pêche du saumon dans le Rhin.
Pour compléter la série des filets, citons encore un engin qui n'est plus beaucoup employé mais dont l'usage s'est maintenu ça et là au bord de quelques rivières : c'est l'épervier. Il est composé d'un sac dont l'ouverture est chargée de morceaux de plomb et dont le fond est attaché à un fort cordonnet.
dj Nasses, Ces engins sont faits en osier, en fil de chanvre, en fil de fer ou de laiton. On distingue les nasses simples à une seule ouverture et les nasses doubles à deux ouvertures. Au bord des lacs et dans les rivières, on place simplement les nasses sur le fond et on y prend diverses espèces de poissons. Pour la pêche des ombres, on emploie dans le Rhône de grandes nasses en osier. Pour la pêche des lottes dans les grandes profondeurs des lacs, on se sert de petites nasses en fil qui sont attachées, au nombre de 10 a 50, à une longue corde et placées dans le fond du lac. Ces nasses à lottes sont appelées dans la Suisse allemande « Trûschenbehren », le nom de Behren désignant les nasses en dialecte suisse-allemand (en allemand littéraire, Reusen).
ej Installations permanentes, H n'existe plus qu'un petit nombre d'installations permanentes pour la pêche ; il est interdit d'en poser de nouvelles. Celles qui subsistent consistent en rangées de pieux plantés en travers du lit de la rivière et ont pour but d'arrêter les bancs de poissons migrateurs (saumons, truites de lacs).
L'exercice de la pêche. D'après la loi fédérale, la concession ou la reconnaissance au droit de pêche appartient aux cantons pour autant qu'il n'existe pas d anciens droits privés. Dans la concession du droit de pêche, les cantons ne procèdent pas de la même manière. Dans le même canton, le système diffère encore suivant les cours d'eau et les lacs. On emploie celui des patentes, celui de la location et un système mixte. Avec le système des patentes, chaque pêcneur paie au canton une somme déterminée, peu considérable en général ; il obtient en retour le droit de pêcher dans les limites d'un territoire déterminé. Avec le système de la location, au contraire, les eaux d'un canton sont divisées en un grand nombre de petits districts ; dans chacun de ces districts le droit de pêche est afi'ermé par voie d'enchères pour 5 ou 6 ans à un seul amateur. Le pêcheur à patente a donc le droit de pèche sur un plus grand territoire, mais il a généralement un grand nombre de concurrents. Le pêcheur à ferme a un plus petit territoire de pèche, mais u est seul. Les cantons qui pratiquent les deux systèmes emploient les
{>atente8 pour les grands lacs et la location pour les petits acs et les rivières ; pour les grands cours d'eau on procède par patentes pour la pêche a l'hameçon, et par location, pour la pèche au filet. La pêche à la ligne flottante depuis la rive est généralement libre dans les grands lacs. Le système de la pêche simple fait peu à peu place en Suisse à celui d'une exploitation rationnelle, au moins pour les ruisseaux, rivières et petits lacs. Cette exploitation rationnelle ou mise en valeur, est simple pour les ruisseaux, car il ne s'agit que de la truite. Il s'agit ici de prendre les mesures nécessaires pour la protection des
Soissons contre leurs plus dangereux ennemis • loutres), 'éviter des prises exagérées, de suspendre la pêche à l'époque du frai et pendant les mois suivants, de faire des repeuplements annuels par des alevins (voir le paragraphe « pisciculture »). L'exploitation raisonnée des rivières est plus compliquée. Elle doit être dirigée d'après la nature de la rivière, ou de la section de rivière en question : dans la même rivière, certaines Sarties du cours conviennent mieux aux salmonidés, 'autres aux brochets et aux cyprinidés ; il ne faut pas négliger non plus les poissons migrateurs. Parmi ceux-ci se trouve spécialement le saumon en aval de la chute du Rhin. En 1880, d'après F.-W. Glaser, de Bâle, le produit de la pêche du saumon a rapporté 90000 fr. Cette pêche est soumise, il est vrai, à beaucoup de fluctuations, mais il est hors de doute que le nombre des saumons qui remontent de la mer vers le Rhin supérieur a diminué pendant ces dernières décades. Les causes de cette diminution ne sont pas faciles à déterminer avec certitude. On l'attribue entre autres à une pèche
f»lus intensive dans le Rhin inférieur, à la souillure de 'eau qui augmente par le fait des égouts des villes et des fabriques, aux entraves mises à la migration par les barrages. Toutes ces causes peuvent avoir exercé une influence défavorable sur le poisson, ainsi que, peut-être, le développement croissant de la navigation fluviale, mais il y a sans doute d'autres causes plus importantes à cette diminution que nous ne connaissons pas encore. Il va de soi que les saumons ont aussi diminué dans les affluents du Rhin (Aar, Reuss, Limmat, Tôss, Thur, etc). Les autres poissons qui entreprennent de grands voyages dans les rivières pour chercher des places favorables au frai sont la truite de lac, l'ombre, le barbeau et le nase. La première espèce voyage en bandes de quelques individus ; elle quitte les lacs pour remonter leurs affluents ; les autres voyagent parfois en bancs très nombreux et abandonnent les grandes rivières pour se rendre dans les cours d'eau secondaires. Le nombre de ces poissons migrateurs semble aussi diminuer. Il faut attribuer cette diminution principalement aux nombreux barrages qui entravent le libre passage des cours d'eau. Pour obvier à cet inconvénient, qui cause surtout préjudice au cours supérieur des rivières, on a introduit dans
SUI
SUl
la loi des prescriptions obligeant les propriétaires d'installations hydrauliques à établir dans les barrages des échelles à poissons, c'est-à-dire des passages qui permettent à ces derniers de franchir l'obstacle quand ils remontent le courant. Une partie des poissons utilisent l'échelle, mais il va de soi que ce passage ne saurait remplacer l'ancien lit du ruisseau. Il raut se faire à l'idée de ne plus considérer à l'avenir tout le cours d'une rivière comme une unité, mais de l'exploiter tronçon par tronçon, d'un barrat;e à l'autre. Les migrations des poissons diminueront encore davantage ; les poissons de passage devront de-
Les conditions de la pêche dans les lacs dépendent de l'étendue de la nappe d'eau, de la profondeur, de l'altitude, de la nature aes terrains environnants, des aflluents, de la configuration du sol, de la température de l'eau, de la quantité de nourriture qu'elle contient, etc. La richesse poissonnière ne dépend cependant pas d'une façon absolue de l'altitude ; certains lacs situés à une grande altitude, mais bénéficiant d'autres circonstances favorables, peuvent être plus poissonneux que des lacs situés beaucoup plus bas. On trouve des lacs poissonneux dans les Alpes jusqu'à près de 2500 m. de hauteur. Cependant, en gé-
APERÇr DES PRINCIPALES ÉPOQUES DE FRAI DES POISSONS DE LA SUISSE.
No
Espèces.
Lamproie de rivière
Lamproie de ruisseau . . . .
Anguille
Alose
Alose tinte
Brochet » • •
Omble chevalier
Saumon
Truite
Ombre commun
Corégones (voir tableau spécial).
Loche d'étang
» franche
» de rivière
Nase
Séva
Vairon
Chevaine
Vandoise
Blageon
Gardon commun
» galant
M des pauvres
Rotengle
Ablette commune
Ablette alborelle
Spirlin
Bordeliêre
Brème
Gobie fluviatile
Bouvière
Barbeau commun . . . , .
» plébéien
» canin
Tanche
Carassin
v^arpe
Salut
Lotte
Goujon
Chabot de rivière
Épinoche
Gremille ordinaire
Sandre
Perche
venir des hôtes stables, ou bien ils disparaîtront des contrées impropres au frai. Les salmonidés (truites et ombres) sont particulièrement propres au peuplement de sections plus ou moins fermées ; on réussira à les multiplier comme dans les ruisseaux au moyen de l'élevage artiticiel et en les protégeant à Tépoque du frai. Les rp^^ions qui ne conviennent pas aux salmonidés sont en jjénéral favorables au développement des brochets et aux cyprinidés ; il faut maintenir dans ces régions des poissons carnassiers de grandeur moyenne et en quantité modérée, sans cela les eaux seraient trop peuplées et les espèces dégénéreraient par suite du manque de nourriture.
néral, la quantité de nourriture diminue en raison directe de l'altitude. Dans les hautes altitudes, on trouve encore comme poissons de rapport la truite de ruisseau et la lotte, comme poissons servant de nourriture le vairon et le chabot ; dans la plupart des cas, ces derniers ont été apportés de la plaine par des bergers, des chasseurs ou des touristes ; dans beaucoup de vallées l'émigration du bas vers le haut ne se fait pas naturellement. Le plus grand des lacs alpestres élevés qui soit riche en truites est le lac de Siîs dans la Haute- hngadine, à 1800 m. d'altitude ; il a une superficie de 4,16 km^ et une profondeur de 71 m.; la pèche y est active en été, et d'un non rapport ; mais les poissons du genre de la carpe qu'on y a importés ne sem-
SUl
blent pas se reproduire ; il n'en existe que quelques exemplaires. A des altitudes moindres, outre la truite, on trouve dans les montagnes le brochet, la perche et la lotte ; plus bas encore on trouve aussi des cyprinidés.
Ce sont naturellement les grands lacs de moins de 1000 m. qui fournissent la plus grande quantité de poissons. Ils ont ensemble, Bodan et Léman compris, une superficie de 2100 km*. Le droit de pêche sur les petits lacs de vallée est concédé à un ou à plusieurs particuliers ; parfois aussi ces lacs sont soumis au régime des patentes. Quand le droit de pèche appartient aune seule personne, celle-ci peut augmenter le produit de la pêche avec les années en péchant méthodiquement ; quand la concession est accordée à plusieurs pêcheurs, chacun agit
d'appliquer quelques principes directeurs qui assurent une pêche rationnelle et un rendement aussi durable que possible.
On doit favoriser la capture des grands poissons carnassiers et la multiplication des omnivores en les protégeant pendant le frai par l'établissement de frayères artificielle!) (cases, branchages, etc.) et par la régularisation du niveau de l'eau à l'époque du rrai afin que les œufs déposés ne soient pas mis à sec ; les corégones en particulier, peuvent être multipliés en élevant les œufs des espèces capturées à l'époque du frai et en protégeant celles qui fraient dans les profondeurs. La truite n'est pasexclusivemei t piscivore tant qu'elle n'a pas atteint tout son développement. Les grosses truites cependant deviennent dangereuses
TABLEAU DES CORÉGONES DE LA SUISSE ET DE LEURS PRINCIPALES ÉPOQUES DE FRAI.
Noms des lacs
Noms des corégones
Principale époque de frai.
Bodan
Zurich
Walenstadt
Zoug
Quatre-Cantons . .
Samen
Lungern . . . .
Pfaffikon . . . .
Greifensee . . . .
Baldegg et Hallwil .
Sempach . . . .
Brienz et Thoune .
( Blaufelchen
< Weissfelchen
/Gangfisch .
Kilch . .
Blauling Âlbeli . .
/ a)Winter-(Buchberg)
1 b) Winteralbeli (Hâgl
f c) Sommeralbeli
^ Weissfelchen
\ Blauling .
■ i Weissfelchen
^Albeli .
^Albock .
Ulheli .
'Balchen
\ Edelfisch ' i Balchen
^ Weissfisch . { Edelfisch
' Balchen
• Albock .
• Felchen
• Felchen
• Ballen .
• Ballen .
Balchen Albock .
Albeli
Morat
/ Brienzlig ■ Pfarrig .
f Périt .
Neuchâtel et Bienne
Pfarrig
Léman
. ( Férit } Bondelle et l Palée .
. j Fera . .
Gravenche
Wartnianni
Se h hm-heiveticus
exiguus Nûsslini
acronius Wartnianiii-dolosus
Asperi-niaraenoides ?
S chinzi' duplex Wartmanni-dolosus Schinzi^heheticus Asperi-marctenoides ?
Wartmann i-compactus
Schinzi'helveticus Wartmanni-nobilis Schinzi'heiveticiis exiguus- albellus Wartmanni-nobilis Sch inzi'helveticus Wartnianni-alpinus Asperi-Suizeri Asperi-dispar annectus-batleoides Suidteri
Schinzi-helt'eticus Wartmanni-alpinus exiguus-albeMus Wartnianni-confustu eœiguus-feritus Wartftianni-confusus eariguus'ferilus exiguus-oondeUa Schinzi'palea Schinzi-fera hieniaiis
Décembre Novembre
Novembre- Décembre Novembre Novembre-Décembre
Fin Décembre
Octobre-Novembre
Juillet-Août
Fin Novembre-Décembre
Novembre-Décembre
Novembre-Décembre
Décembre ?
Septembre-Octobre
Novembre-Décembre Août
Novembre-Décembre Aoùt^Septembre Novembre- Décembre
Novembre-Décembre
Novembre-Décembre
Novembre-Décembre
Novembre-Décembre
Décembre
Septembre
Août-Septembre
Décembre-Janvier
Décembre-Janvier
Décembre-Janvier
Décembre-Janvier
Janvier
Novembre-Janvier
Février-Mars
Décembre
comme cela lui paraît le plus avantageux. Dans ces cas-là, les cantons devraient obliger les pécheurs à se constituer en corporation pour l'exploitation métliodique du lac. Pour les grands lacs, on ne peut pas actuellement penser à une exploitation par une corporation; diverses raisons empêchent aussi les autorités de partager la nappe d'eau en parcelles afï'ermées ; il ne reste donc que le système des patentes. Celui-ci est appliqué de différentes manières suivant les cantons. La collaboration d'au moins deux pêcheurs est nécessaire pour l'exercice de la grande pêche. Certains cantons accordent en conséquence des patentes de patron et d'aide en ce sens que le patron paie pour lui une taxe déterminée, et une somme un peu moins forte pour son aide ; tous deux peuvent alors exercer la pêche en grand, avec tous les engins, pendant toute la durée de la patente (une année). D'autres cantons ont une taxe spéciale pour chaque engin et le pécheur peut choisir ceux qu'il préfère. 11 n'est pas possible d'exploiter méthodiquement les grands lacs comme on le fait pour les étangs ; cependant une surveillance attentive permet
pour les corégones et doivent être pourchassées ; on s'en empare le plus facilement à l'époque du frai quand elles remontent le cours des rivières. Les grosses truites pondent jusqu'à 15000 œufs ; en les élevant artificiellement et en les rendant au lac à l'état d'alevins on remplace avantageusement les truites que l'on a capturées. L'omble-chevalier, ce poisson si délicat, ne peut être pris en quantité qu'à 1 époque du frai. A cette époque ces poissons se rassemblent en bancs nombreux sur des fonds de gravier. On peut leur créer des frayère< artificielles, là où il n'y en a point de naturelles, en déposant au fond de l'eau du gros gravier lavé. Les œufs des poissons capturés sont assemblés, couvés et les alevins rendus au lac. Par l'emploi des filets et des nasses il faut faire une chasse sans trêve aux lottes, car elles sont de redoutables mangeurs d'œufs de poissons.
11 faut veiller à ce qu'on ne pêche que des poissons d'une grandeur déterminée. Les mailles des filets ne doivent pas être trop petites. On devrait réagir contre une pt^che excessive, comme c'est le cas, par exemple, pour les
SUl
SUI
feras du Léman, en limitant la grandeur et le nombre des filets. Nous ne pouvons que sign&ler sans les décrire en détail quelques pèches spéciales, comme celle des corégones dans les différents lacs suisses, celle de 1 omble chevalier dans les lacs de Zoug et d'i£geri, celle de la lotte dans le lac de Zurich et la pèche aux flambeaux de l'affone dans le lac de Lugano.
L'élevage artificiel ou pisciculture. Le fait que les œufs de nos poissons sont fécondés hors du sein maternel permet la fécondation artificielle. Celle-ci ne peut naturellement être opérée que lorsque les œufs sont arrivés à complète maturité, soit à Tépoque du frai. Les tableaux ci-dessus donnent un aperçu des principales époques auxquelles fraient les poissons de la Suisse.
Les femelles ont plus ou moins d'œufs suivant Tes-
Sèce, Và^e et la grandeur. Les truites de rivières ponent de quelques centaines à 2000 œufs, les truites de lac en pondent jusqu'à 15000, les saumons de même, les corégones de 5 à 15000, les brochets 100000. Après la fécondation artificielle, les œufs sont déposés aans des auges d'incubation. Pour les truites, saumons, etc., on obtient en général 90 alevins sur 100 œufs fécondés. Ces alevins sont les uns déposés directement dans les eaux libres, les autres élevés dans des étangs oii ils sont gardés jusqu'en automne, on les appelle alors alevins d'été (Sômmerlinge) ou jusqu'en hiver, alevins d'un an (Jâhrlinge).
Quelques chiffres montreront combien l'élevage artificiel des poissons s'est développé en 20 ans et l'importance qu'il a prise en Suisse.
Il gavait en 1884 1904
établissements de pisciculture 52 167
On a déposé dans les lacs et cours d'eau et sous contrôle officiel 4 335 117 52 477 000 alevins.
Et en 1905 68443 900 »
Depuis quelque temps on dépose dans les grands ruisseaux et rivières surtout des alevins d'été.
Lois sur la pêche. Jusqu'en 1875, il n'existait aucune loi fédérale sur la pèche et peu de cantons avaient un règlement sur cette matière ; la pèche dans les ruisseaux était généralement libre ; les cours d'eau étaient employés comme dépotoirs de déchets de toute nature. C'est en 1875 que fut promulguée la première loi fédérale sur la pêche. Révisée en 1888 elle est encore aujourd'hui en vigueur.
Le 3 juin 1889 cette loi fut complétée par un règlement d'exécution ainsi que par une ordonnance spéciale relative à l'article 21 ; les cantons furent invités à conformer leurs lois et leurs règlements aux stipulations de la loi fédérale. On conclut des conventions avec les pays limitrophes pour soumettre la pèche dans les eaux frontières à un régimo uniforme. Outre les dispositions de nature plutôt policière, cette loi renfermée l'art. 29 une stipulation qui permet l'octroi de subventions fédérales à toutes les entreprises ayant pour but de favoriser la multiplication du poisson ; la Confédération a accordé 23810 fr. de subvention pour le dépôt d'alevins dans les ri\iéres et les lacs, et 35205 fr. aux cantons pour le payement des gardes-péche (moitié des frais).
Sociétés pour le développement de la pêche. En 1882 fut fondée une société suisse de pèche ; très modeste à ses débuts, la société compte aujourd'hui des associations cantonales, des sections locales et des membres dispersés dans toute la Suisse. Elle a pour but le développement de la pèche dans les eaux de la Suisse. Elle s'efforce de servir de trait d'union entre les diverses entreprises locales pour le développement de la pèche, de les faciliter, de soutenir les autorités fédérales et cantonales et d'autre part de travailler à assurer à la pêche l'appui de la Confédération et des cantons. Elle cherche, en particulier, à organiser la pêche d'une façon rationnelle dans toute la Suisse^ par la fondation de sociétés locales et cantonales, à exciter l'intérêt pour la pèche et à faire comprendre ce qu'elle doit être, par la presse et par des conférences, a propager l'élevage artificiel par la multiplication des établissements de pisciculture, à développer l'élevage des alevins d'été pour le repeuplement des grandes rivières, etc. Pour atteindre son but et pour avoir un moyen de correspondance entre les sections et les membres iso-
lés ou entre eux et le comité central, la société possède deux organes mensuels : la Schweizerische Fischerei-Zei" tung^ en allemand, et le Bulletin suisse de pêche et pisciculture^ en français.
On peut constater en général que l'intérêt va croissant pour la pèche, branche d'économie publique et à côté de cela sport pour (quelques amateurs | il est permis d'espérer que les efforts de tous les intéressés parviendront à accroître la production en poisson de nos eaux et à veiller à ce qu'elle se maintienne à un niveau satisfaisant. [Prof. Dr j. Heoscbbr.j
VL PopuIaUoB. A. ANTHROPOLOGIE. L'étude consciencieuse, mais non définitive, des caractères anthropologiques des Suisses est loin d'être close. Les connaissances que nous possédons des caractères physiques des populations qui habitaient et habitent encore notre sol, sont absolument fragmentaires. Il faut dire cependant aue depuis dix ans des progrès assez considérables ont été réalisés dans ce domame. Mais, quand on compare la somme des connaissances acquises en ce qui concerne la feune, la flore, la composition géologique de la Suisse, par exemple, on reste confondu du mépris avec leauel ont été traitées les questions relatives a l'homme luimême, celles qu'on s'accorde pourtant à considérer comme les plus importantes. Afin d'éviter tout malentendu, disons tout de suite qu'il nous sera impossible, dans cet article, d'exposer en détail et de discuter tous les travaux Îrui ont été publiés sur l'anthropologie de la Suisse. Il audrait pour cela plus d'un fascicule du Dictionnaire. Nous ne pourrons, non plus, examiner tous les caractères physiques que l'on relève sur le squelette ou sur le vivant et qui servent à constituer la « ptiysionomie ethnique » de l'individu considéré. Une courte notice n'est pas un volume. Nous nous bornerons à exposer brièvement deux ou trois de ces caractères. Nous laisserons également de côté, sauf le strict nécessaire, tout ce qui ne se rapporte pas exclusivement à l'anthropologie physique, en particulier tout ce qui concerne les aécouvertes de sépultures, les trouvailles dans les grottes, abris sous roches, les fouilles des palafittes, etc. Pour toutes ces questions, nous renvoyons le lecteur à l'article Préhistoire.
Parmi les caractères somatologiques considérés comme les plus importants pour l'ethnologie, afin de pouvoir établir des coupures dans le genre Homo, on peut citer la forme du crâne, celle de la face, la stature, la couleur des yeux et des cheveux, la forme du nez, la couleur de la peau. C'est à ces caractères-là que nous bornerons les documents que nous allons exposer.
Le crâne et la face. La forme générale du crâne est certainement un bon signalement dans la classification des groupes humains. Elle s'exprime par l'indice cépha-
Tjrpe de crâne allongé («uus-dolicbocéphale).
lique ou crânien (rapport entre les diamètres longitudinal et transversal du crâne). Les types crâniens principaux sont les suivants (nomenclature de Broca) :
SU
Dolichocéphales de ■ . à 75.
Sou 9 -dolichocéphales de 75.01 » 77,77
M^ticéphalea de 77,78 à 80.00
SouB-brachïCi'phales de RO.Ot à 83.33
Brachycéphales de K),34 à. . . .
Un crine dont le rapport, par exemple, est indiqué par 74,50. est dolichocéphale ; s'il est de 84, il est brachycé-
Pour les populations vivantes, on a proposé plusieurs nomenclatures. Nous allons indiquer celle de J. Deniker. Elle est souvent emplovêe, surtout depuis que son auteur e publié la carie de l'Indice céphalique en Europe, Ind. céph. : de 75,9 et au-dessous = hyperdolichocép haies.
» » " 76 n 77,9 =dolichocéales.
• f D 78 » 79.!l =sous-dolicliocépliales.
• r. n 80 « 81.9 = méaocéphales.
• » o 84 » m.\i — brschvcéphales.
D B u 86 et au-dessus =hyper!)rachvcéphales.
Connaissons- nous, de Taçon satislaisanle. l'inilice céphalique des populations suisses dans les iges historiques et dans les dilfêi-enlt's régions de notre pays? Il est évident qu'encore maintenant nous devons répondre : Non, Nous connaissons les caraftéres généraux — et Dolamment l'indice céphalique quand il était mesurable ~ de presque tous les crânes préhistoriques trouvés en Suisse et qui existent encore dans les collections publiques et privées. Les crânes néolithiques (âge de la pierre polie), ceux de l'âge du bronze et du fer, découverts jusqu'à présent, nous sont presque tous connus. Mais combien en a-t-on découverts'? Le nombre des crânes qui appartiennent à coup sur à l'époque néolithique oui 1 âge du bron7.e est relativement très petit. Les découvertes les plus authentiques à cet égard sont celles qui ont eu lieu dans les cavernes et dans les sépultures sur terre ferme, où les remaniements possibles sont bien visibles. Mais les habitations lacustres dont nous avons tiré la majorité des crânes de ces époques n'olTrenl pas une certitude a iaoliic. Il n'existe, à l'égard de ces derniers, quand nous fixons leur âge, que de très grandes probabi-
Lea populations préhistoriques étaient probablement très clairsemées en Suisse, Dans les «temps historiques B, elles sont déjà nombreuses. Or la quantité de documents squelettiques que nous possédons de cette
SUI
ce que nous savons de leurs caractères craniologlques. Aux indications fournies par l'indice céphalique, il convient d'ajouter celles obtenues par les caractères de la face. Celle-ci peut «re. comme le crâne, relativemenl longue et étroite, el relativement courte et large. Les Faces du premier groupe sont dites leptoprosopes, celles du second, chamaeprosopes Iclassification de Kollmann). L'n
ible
phale. Jusqu â ce Jour, nous ne savons rien de préci< sujet de ces types dans !a population suisse des der -;a„i™ „. j — .. ]j population contemporai — " — ■
ae ces caractères chez les populations les plus anciennes, nous en dirons un mot en temps et lieu. Mais il ne faut cesser de le répéter : le nombre des crânes recueillis jusqu'ici est encore insuflisant. En statistique, il faut ae m elle r des petites séries.
Un autre caractère de la face, qui possède une réelle valeur ethnique est l'indice nasal. C'est le rapport de la largeur â la longueur de l'ouverture nasale. Les individus dont l'ouverture nasale est étroite et allongée sont dits leptorrliinitns ; ceux qui, au contraire, possèdent i"
. ta-
re période est certainemei
, Quant â la population [ populations contemporain
noins nombreuse. , s temps préhislo-
tre eux se placent les mésorrhin core en Suisse la répartition de ces caractères chez les habitants de notre sot, 11 est probable que nos populations ae placent entre les mésorrhiniena et les leptorrhi-
La Inilte. Ce que l'on sait de la laifle en Suisse est presque exclusivement le résultat des mensurations des recrues. Cependant quelques travaux détaillés sur la stature des hommes, dans certains cantons, ont déjà paru. Il faut citer parmi les premiers ceux de Mallet et de J.-P. Dunant sur les habitants du canton de Genève (voir J.-P, Dunant, De la taille- moyenne (fej hahitanU du vantiirt id' ■"' " " la délemiinalion de la lailU"
canton de Fribourg {Journal de statiiliçue *uu$i , En 1895, le D'' Lorenz e étudié à ce point de vue les habitant! du canton des Grisons {Die Ergebnitie der mni- (arijpAwt Uniertuchungen der RekruUM des Kantons draubundcn.
Berne. 1895), Il faut également nnenlionner tes publications annuelles du Bureau fédéral de staUsIique concernant les recrues. C'est dans ces publications que L. Chalumeau a puisé des documents intéressants
Cour son mémoire sur Le» racus et I pupulatifti tuitse (voir Jtmrnal de sliiliuhr/ue, 189t>),
Le Bureau fédéral de statistique répartit les hommes mesurés en deux groupes : ceux dont la taille est inférieure à 1 m. 56 el ceux dont la taille est supérieure à 1 m.
70. Celte fai;on de procéder empêche d'établir la courbe de la taille et de connaître la stature moyenne des recrues de tel ou tel canton, de tel ou tel district.
Le II' Morax déclare que la taille moyenne des recrues vaudoises e^t de 1 m. 6b (J. Morax, Slalistique nieilicale dit tanton de Vaud. 1899).
mais M. Kappevne et K. Piltard, sur
trouvé une taille moyenne de 1 m.
Ht. D'ailleurs, il est bon de faire observer que les chilTres fournis ne leiiiopriiadps. par les recrutements militaires n'in-
diquent pas ta taille réelle de la population adulte. Les jeunes hommes de 19 à !20an8 qui se présentent au recrutement n'ont pas achevé leur croissance, El peut-être même que dans les massifs montagneux de la Suisse (Valais, Grisons.
9 i-etardée que dans les ai
parties du pays. NouBdiacutemm cette^queitioD inléreeïSDte à l'article Valais. D»ne le» tables de Deniker (Races et peuples de la lerre, Paris.
1900). on voit figurer les moyennes i pour les trois divisiona
quant la répartition du tjpé blond et du type bruD dans
allemande. 1 m. 639 mm.; 1532 conacrilB de la Suisse italienne,
I m. 635 mm. ; 9450 conscrits de la Suisse française, 1 m. 6W mm.
frelon la nomenclature, ce sont des tailles au-dessous de la moyenne.
II existe bien d'autres chilTres relatifs à la taille des Suisses. Il y aurait, en particulier, à exposer ce que nous savons de la taille chei les hommes des régions urbaines, comparés à ceuï des régions eiclusivement rurales, la marche de la croissance, mais nous ne voulons pas allonger. [I y a sur la stature aes
populations de notre pays toute une ««««rturs naaiie d< série de recherches intéressantes à poursuivre. Cela ne nécessiterait pas des observations difficiles à Taire, car nous possédons la masse considérable de documents mis chaque innée à notre disposition parles bureaux de recrutement militaire'.
Il n'y a pas à douter que la Suisse neposséde sur son sol des individus de « races • dilTéreates. Les quelques renseignements Bom a to logiques que l'on possède sur ce point Inous laissons de cdte les documents linguistiques) nous l'indiquent déjà suffisamment. Malheureusement le classement des matériaux fournis par le Bureau fédéral de statistique se fait par districts. C'est peut-être parfait au point de vue administratif; c'est complètement insuHisant au point de vue anthropologique. Chacun sait qu'en Suisse un district est une division peut-être beaucoup plus artificielle qu'ailleurs, une réunion de lieux absolument diirérents au point de vue physique et ethnique. Si nous devions en fournir, les exemples ne manqueraient pas dans le Valais, les Grisons, le canton de Berne et, en somme, dans tous les grands cantons. La moyenne de la taille indiquée par districts, qui nous est d'ailleurs à peu près inconnue, n'exprimera donc pas tout ce que nous
ir des yeux et des
llenseigiien\entt descriptifs. La i cheveux, celle de la peau, la fori d'autres encore, les renseignements descriptifs les plus importants à connaître et qu'il importe d'indiquer en même temps que la taille et la forme du crâne et de la face. Les premiers renseignements que nous venons il'ênumérer ont été recueillis dans une grande enauêl« faite sur les écoliera de la Suiase, et puliliée par Kollmann (Die statiitischen Ergflmngen ùber aie Farbe lier Aiigen, dfr Haare und der Haulin den Schulen der Sl'hirri:, l8Si). 'Voir aussi Guillaume : Observationt laites sur la cotileur des yeux et des chevivx dans le niHlnn ite^ lieuchdtel. iBulleli» Sor. de» Si\ niiliirfttei, Neuchàtel. ISÎfl, et Journal de ttatiatiqve suisse, IK8). Boéchat. Im coiiWr des g^in, des t:heveti3! et 'le lit peau i-hez lei enfants des ërolei du canton de Friboarg. Pribouif . 1880. Studer, Veber die statislitche Aufiia/inie der Farbe der Haut und der Augen ini KanloH Rem. [Mitteilungen der A'ofur. Gesetlsch. in liem. 1880) et Beck. Veber die anthropologische Vntersuchung 'ter Sfhulkinder, etc., (même publication, 1879). Avec certaines réserves sur le caractère artificiel de la division par cantons et sur l'authenticité de quelques résultats roumis à l'enquête, celle-ci a montré ses faits très iot^-
- Milhflursu»meDl l« syiléme dea flcbe> lDdividutll«> n'a pis ■^Ic poursuivi : douh In crojiuns Iomohb nuus avoni écrit les 1i-
ID'aprts Kulln les divers cantons q autres qu'ai
Ouve
a pUljrrbiaiao
pour certains endroits, tout
ori. le supposer. C'est ainsi
les cantons qui ont la plus forte proportion de bruns
l^iu a 3t ^) sont : Claris, 'Tessin. Grisons ; puis vieuDent (26 à J9 %) Vaud. le Jura bernois, Neuchàtel, Fribourg. bâie. Les cantons de Schallbouse, Zurich, Thurcovie, Saint-Gall. L'ri en ont de 16 à 30 %. Le reste de la Suisse, L'nterwald excepté, 21 à 25 "/g.
IJue répartition définitive des • races • de l'Europe n'est pas encore possible. Deniker, qui a rassemblé des quantités de documents sur celte question, pense qu'on peut distinguer six races principales et quatre races secondaires. Il range les populations de la Suisse dans deux catégories : 1. La race brune, très brachycéphale, de petite taille, dite race occidentale. Elle aurait comme représentants une partie des habitants de ia Suisse centrale et orientale. Les caractères des représentants de cette race seraient un crâne arrondi avec indice céphalique de 85 à 87, une taille plutôt petite (1 m. 63 à 1 m. m), des cheveux bruns, des yeui brun clair ou foncés, la face large, le corps trapu. Il s'agirait là de la race dite celtique, celto-ligure. celto-alpine, dont nous reparlerons. 3. La race brune brachycéphale, de grande taille (dite adriatique ou dinarique|. Les Romanches et les Ladins en seraient les représentants. Les caractères de cette race sont . une Uille élevée (1 m. 69 à 1 m. 71), une forte brachycéphalie (65 à 86), des cheveux bruns, une face allongée, etc. Selon Deniker, la Suisse romande serait peuplée par des gens de cette race, mais avec des caractères atténués.
Si nous comparons les caractères de pigmentation qui sont accordés a ces deux ° races >, nous voyons que la répartition indiquée par Deniker ne concorde guère avec les résultats de la grande enquête sur les écoliers de parler. Rien que cette constatation
le venons de parler. Rien que i l'intérêt qu'il y aurait à poui chelte et dans toute la Suisse, 1
e plus o {ollmani
grande échelle et dans toute la Suisse, l'étude des Cl tèrea anthropologiques de nos populations.
Un de nos compatriotes qui s'est le plus occupé de la
classification des r - ' '- - '' — '■
plus
populations du Nord,
latjons du Sud, brunes, de taille plus petite. Toutefois tes deux types se ?oot pénétrés et se sont mélangés si bien que le produit de re métissage représenterait en Suisse le 63 "/fl de la population actuelle.
" ' ' absolument
1 Suissi
anthropologiques chez chaque individu. Nous ne savons pas si réellement les brachjcéphales sont de petite ou de grande taille: s'ils sont plutôt bruns que blonds, etc. Bedot semble avoir remarqué aue. dans le Valais, les blonds ont. en moyenne, la taille la plus élevée (Bult. Soc. Anthrop. Paris. 1898).
L'homme est apparu dans l'ère quaternaire. Les limons et les graviera des périodes interglaciaires d'une
SUl
SUI
grande partie de l'Europe nous ont fourni des preuves nombreuses de sa présence. Mais aucune trace absolument certaine de Thomme n'a été découverte dans l'ère tertiaire (nous faisons abstraction ici des éolithes et du Pithevanthroptis erectus ; ce n'est pas le lieu d'en parler). Deux grands phénomènes caractérisent l'ère quaternaire. C'est, dans l'ordre géologique, le développement considérable des glaciers (il y a eu plusieurs extensions glaciaires) et, dans l'ordre zoologique, l'existence certaine de l'homme.
L'ère quaternaire a été subdivisée en deux parties : la période pléistocène qui comprend les couches les plus anciennes et la période holocène (|ui comprend les couches récentes. La période paléolithique (de la pierre taillée) des préhistoriens (voir article Préhistoire) correspond à la période pléistocène des géologues. La période néolithiâue (delà pierre polie) et les â^es du cuivre, du bronze et du fer correspondent à la période holocène. L'homme paléolithique a été contemporain de quelques grands animaux disparus : le mammouth, le rhinocéros laineux, le lion et l'ours des cavernes, etc. L'homme de cette époque est fossile. La période paléolithique ou pléistocène a été divisée (Gabriel de Mortillet, J. Evans, Piette, etc.) en plusieurs époques, selon les caractères différents de l'outillage humain. Au sujet de cette division, l'accord n'est pas encore réalisé. Pour ne rien compliquer, nous conserverons la nomenclature de G. de Mortillet. La voici en lisant de bas en haut, c'est-à-dire en allant des couches les plus anciennes aux plus récentes.
Magdalénien.
Solutréen.
Moustérien.
Acheuléen.
Chelléen.
Le Solutréen et le Magdalénien constituent Vâge glyptique d'Edouard Piette.
Jusqu'à présent nous ne possédons, en Suisse, aucun débris de l'existence de 1 homme datant des périodes les plus anciennes. II nous faut atteindre le Solutréen et le Magdalénien pour trouver des traces, déjà nombreuses il est vrai, de nos ancêtres les plus lointains. Ces traces sont des produits de l'industrie, des restes de foyers, etc. Nous renvoyons également à l'article Préhistoire pour les détails de ces trouvailles.
Malheureusement aucun reste squelettique vraiment utilisable datant du Paléolithique n'a été découvert. Toutefois, il ne faut pas désespérer de rencontrer un jour, sur le territoire suisse, des sépultures magdaléniennes, car nous avons la certitude que déjà à cette époque les hommes n'abandonnaient pas leurs morts.
Quand on voit les belles découvertes qui ont été faites ces dernières années, notamment dans le canton de SchalTliouse (à Chamblandes, canton de Vaud également) et les soins scrupuleux de quelques fouilleurs suisses (J. Nûesch, Nspf, etc.), on peut avoir confiance que de pareilles trouvailles nous parviendront dans les meilleures conditions possibles. La Suisse a été certainement parcourue par des hommes du paléolithique supérieur. Partout en Europe où des squelettes humains datant du paléolithique ont été découverts (France, Angleterre, Belgique, Moravie, etc.), on a constaté que les nommes de cette époque avaient une unité de forme crânienne remarquable. Tous étaient dolichocéphales*. On a voulu, en se basant sur quelques détails de leur conformation crânienne et sur leur taille, créer parmi eux des types : Spyo-Néanderthal, Laugerie-Chancelade, etc. Nous ne parlerons pas ici de ces subdivisions.
Au cours de la période néolithique (âge de la pierre polie) apparaissent des hommes très différents par les caractères de leur squelette, des dolichocéphales paléolithiques. Ces nouveaux venus, au lieu d'avoir un crâne allongé, ont un crâne arrondi. Ce sont des brachycéphales. Certains auteurs les ont appelés protobrachycéphales pour les distinguer d'autres brachycéphales qui, croit-on, sont apparus à une époque postérieure. On les nomme aussi brachycéphales néolithiques. Ce sont eux qui paraissent avoir construit sur nos lacs les premières habitations lacustres.
* La taille, (Cependant, ne présente pas cetta unité, luin de 11.
Les dolichocéphales paléolithiques nui devaient exister encore en Suisse sont-ils venus se mêler à eux ? Ou d'autres dolichocéphales, apparus on ne sait d'où, faisaientils déjà partie de leurs bandes ? Mystère. Mais autant qu'on peut l'affirmer pour le moment, il paraît que, des le milieu de la période néolithique il existait, en même temps que les brachycéphales, un type mixte mésaticéphafe et un type dolichocéphale. Et même quand Tâge du bronze va succéder à l'âge de la pierre, les dolichocéphales semblent être devenus les plus nombreux.
Outre leur indice céphalique, ces dolichocéphales nouveaux paraissent pouvoir être caractérisés comme lepioprosopes, leptorrhiniens et mésosèmes. Les dolichocéphales de deuxième arrivée qui, en France, dominent dans les sépultures dolméniques ont été appelés, par Hamy, dolicnocéphales néolithiques. On leur attribue une origine septentrionale. On peut les homologuer, comme types, aux populations des Reihengràber allemands. Par la similitude de leurs caractères anatomiques. Hervé pense que ces dolichocéphales de l'âge du bronze ne sont que les descendants des dolichocéphales de 1 âge de la pierre.
Vers la fin de l'âge du bronze, un élément ethnique qu'on croit nouveau pour ce moment-là, et qui acquerra en Suisse une expansion considérable, semble arriver de l'Est, peut-être par les cols des Alpes. Ce sont des brachycéphales. Par opposition à ceux du commencement de Tâgo de la pierre polie, on les a appelés néobrachycéphales. L'indice céphaliaue de ceux-ci est plus élevé. Le crâne est
Blus capace et plus globuleux. Dans la nomenclature de [is et Biitimeyer, ce type correspond à celui dit de Disentis.
Pour notre part, nous pensons que ces brachycéphales ont donné à la majorité de la population suisse contemporaine, les grands traits de son « expression ethnique ».
(Consulter : G. Hervé, Les papulatiotis Ia4:ustre8, (Hev. École d'Anthropologie, Paris, 1895). La race des TrogUjdy tes f nagdalêniens {Idem, 1893). Ethnologie des populations françaises (Idem, 1896). Eugène Pitlard, Ethnokhgie des populations suisses, (L Anthropologie. Paris 1898. ) Schenk, Ethnogénie des populations helvétiques. {Bull. Soc. Neuchdteloise de géogr., 1900.)
Quant aux invasions des temps historiques qui ont pu laisser en Suisse des représentants en assez grand nombre pour que ceux-ci aient constitué des s^roupements ethniques, nous avouons être encore fort mal renseignés. Les géographes de l'antiquité et les historiens ne fournissent que des indications confuses. (Strabon, Géoqra phie ; Diodore de Sicile, Bibliothèque historique ; Pline, nistoire naturelle; César, Mémoires; Polybe, Histoire. etc.). Il n'est pas possible de considérer ces documents comme des bases suffisantes de discussion. Nous savons que notre pays a été parcouru et ravagé par de nombreuses et diverses bandes, mais pour nous rendre compte de l'influence ethnique que celles-ci ont pu exercer, nous avouons notre ignorance. Les noms mêmes donnés par les anciens auteurs aux peuplades dont ils parlent, et la distribution géographique qu'ils leur assignent, ne concordent pas. Romains, Vandales, Burgondes, Francs. Lombards, Sarrasins, etc., ont traversé la Suisse ou des parties de la Suisse sans que nous sachions au iuste quelle empreinte ethnique ils ont donnée à tel ou tel groupe de nos populations. D'ailleurs n'oublions pas que ces termes nationalistes ne représentent pas chacun un groupe ethnique. Plusieurs de ces populations ont une commune origine. Anthropologiquement, elles auraient les mêmes caractères.
Nous venons d'esquisser, dans leurs grandes lignes, les modifications successives de l'ethnogénie helvétique. Quelques parties de cette esquisse demandent à être reprises avec un peu plus de détails. Nous nous en tiendrons aux origines de nos populations suisses représentées par les restes de squelettes utilisables datant, pour les plus anciens (et jusqu'à présent), du néolithique, puis nous passerons aux populations modernes, sans nous attarder trop longtemps aux autres. Quand le lecteur trouvera des cnifîres indiquant l'indice céphalique, nous le prions de se reporter au tableau publié dans la première partie de cette notice.
Période pléistocène ou paléolithique. Nous avons suf-