‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du Jura (volume 2)Chapitre 15 sur 21 · B — SOS — B · texte numérisé non relu

B — SOS — B

1829, et la campanille de 1845. Le curé vienly dire quatre messes basses chaque année, des jours non fériés.

Paroisse. Le Bourget dépendait autrefois de la paroisse de Maisod , Tune des plus anciennes de la province, et Bellecin de celle de Saint- Christophe.

FêKe patronale : la Nativité de Notre-Dame, dont la fête se célèbre le 8 septembre.

Port et péage du Bourget. La rivière d'Ain servait de limite à l'ouest aux possessions de l'abbaye de Saint- Claude. L'abbé de ce monastère prétendait que sa qualité de souverain lui assurait la propriété exclusive de cette rivière et qu'à lui seul appartenait le droit d'y établir des ponts ou des bacs et d'en percevoir le péage.

Les seigneurs de Virecbatel soutenaient de leur côté qu'ils avaient moitié de cette rivière, en suivant le fil de l'eau depuis le pont de Poitte jusqu'au Bourget. L'abbé Hugues se permit , au commencement du xive siècle, de construire sur le territoire de la Tour-du-Meix, un pont qui fut appelé Pont- de-la- Pile ou Êntredeux-Roches. La préférence que les voyageurs accordaient à ce pont en abandonnant le bac du Bourget, irrita le seigneur de Virecbatel. Il déclara une guerre ouverte à l'abbé Hugues. Un homme du Bourget fut tué dans une de ces luttes. Les parties belligérantes résolurent de mettre un terme à des discussions qui avaient des suites si funestes. Elles soumirent leur différend à des arbitres.

Le sire de Maisod prétendait avoir le droit de passer sur le bac sans payer le péage. Après de longs débats, ses prétentions furent repoussées. ( xvi* et xvu* siècles.)

Les chartreux de Vauchise avaient reçu , au xw* siècle, l'autorisation

d'établir un bateau sur la rivière pour leur usage et pour celui de leurs domestiques. Ils se permirent plus tard de passer et de repasser tous ceux qui se présentaient. Us furent poursuivis et condamnés en

L'abbé d'Eslrées , fatigué des dépenses continuelles que lui occasionnait l'entretien des bacs , céda à son chapitre les différents péages qui lui appartenaient. Cet abandon fut confirmé par l'abbé de Clerinont, le 20 septembre il US.

Le.2t juillet 1749, le conseil d'Etat tua le tarif suivant pour la perception des droits : 11 était dû, pour une personne à pied , 6 deniers tournois ; pour une personne à cheval , 1 sol 6 deniers ; par chariot attelé d'un cheval , d'un mulet ou de deux bœufs , î sols 6 deniers ; par litière, chaise, carrosse, coche , chariot attelé de deux chevaux, bœufs ou mulets , 3 sols; par douzaine de porcs , chèvres , moutons , 1 sol; par bœuf ou vache, 6 deniers.

Les habitants du Bourget , hommes, femmes et enfants, avaient droit de passer et repasser la rivière en payant chaque année troisengrognes par ménage et un blanc au fermier du péage, à charge de fournir moitié de la natte lorsqu'il se faisait un bac neuf, et d'accourir porter du secours en cas d'alarme , sous peine de l'amende de sept sols.

Les seigneurs de Virecbatel embarquaient tous leurs bois pour Lyon au port du Bourget.

En 1845, le roi Louis-Philippe autorisa la construction d'un pout en fil de fer pour remplacer le bac.

Ce pont, qui relie le hameau du Péage à celui de Brillât , commune de Maisod , a 5m de largeur, et est suspendu sur une longueur de 60 mètres.

Bac de Bellecin. Bellecin est aussi ancien que le Bourget. En 1260, le curé de Crilla renonça, en faveur de celui de Saint-Christophe, à tous les droits qu'il avait sur les habitants de ce village. En 1267, Ayraon de la Tour-du-Meix donna à l'abbaye de Saint-Claude ladtme de Bellecin. Le 21 juin 1621, les archiducs Albert et Claire-Eugénie autorisèrent Claudine Blauchot , dame de Broissia , à établir un bac à Bellecin et â percevoir un droit de péage. Le 2 1 ortobrc 4 738, Louis XV maintint M. du Saix d'Amans dans ce droit, et lui permit de percevoir un sol par chariot et *ii deniers tournois par personne.

Evénements divers. Le château de Virechatel, séjour de l'illustre chef de partisans francs-comtois, connu sous le nom de baron d'Arnans, a joué un rôle important dans notre histoire au xvue siècle. Le marquis de Villeroy s'étant emparé de cette forteresse, le 23 août 1 639 , fit piller et brûler le Bourget. La destruction fut si complète, qu'il serait impossible de distinguer aujourd'hui si ce village fut fortifié, ainsi que son nom semble l'indiquer. Ce qui le ferait présumer, c'est qu'un climat porte le nom de Sur-les-Murs, et deux autres ceux de Des&m-la- Ville et de Champs-de-la-Fille. On sait qu'en général le* bourgs étaient divisés en deux parties , dont l'une était close de murs et l'autre découverte qu'on appelait la Ville.

Sur la fin du dernier siècle, le sieur Bavoux, percepteur, fut assassiné par des voleurs dans le bois de Crance. Son corps , caché sous un murger dans la contrée de Bftuzia , fut retrouvé trois jours après par son chien. La somme importante dont ce comptable était porteur fut volée.

Une croix plantée sur le théâtre du crime en perpétue le souvenir.

Boatavan* • commune réunie à celle de Vescles , le tl i septembre

Bonzaiiies, commune réunie à celles des Petites-Chietles , le \U avril 1824.

Bracon • vg. de l'arr. de Poligny, cant. , perc. et bur. de poste de Salins ; paroisse de l'église saint Jean- Baptiste de Salins; à 300 mètres de Salins, 10 kit. d'Arbois, 21 de Poligny et 49 de Lons-le- Saunier.

Bâti sur la rive gauche de la Fu rieuse, à l'extrémité d'une vallée profonde , il est limité au nord par Salins et Pretin , au sud par Champagnyet Ivory, à l'est par Salins et Champagny et à l'ouest par Pretin et Ivory.

Il se divise en plusieurs quartiers, hameaux et fermes isolées appelés Bracon-Dessus , rue de Bracon , quartier du Dieu-de-Pitié, les Planchettes , la Charité , la grange Chassagne, la grange Cavaroz, la grange Sauvaget , la grange d'Àrloz, la grange d'Arloz-Dessus , l'usine du pont Romand et le moulin Cornez.

Altitude : 610m, à la Crange-Sauvaget.

Une seule rue traverse le village , situé au pied nord des monts de Bracon. Les maisons groupées le long de cette rue, entassées les unes derrière les autres , offrent pour la plupart des communications douteuses ; d'autres bâtiments viennent en quelque sorte se précipiter sur la Furieuse comme pour la franchir, afin de se confondre avec Salins , dont ils ne sont séparés que par la rivière. Les maisons, très anciennes , sont mal bâties et de chétiv»

apparence. Elles sont construites

en pierres et pans de bois avec toitures en tuiles.

Le territoire est montagneux et très accidenté. Son incorporation avec celui de Salins a été tenté déjà plusieurs fois. Les habitants de Bracon s'y sont toujours opposés , afin d'échapper au régime des octrois et aux autres charges qui pèsent sur les villes.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant du fort Saint-André à Pretin, de Bracon à Ivory, des granges Sauvaget au pont Romand, par le chemin dit des Engoulirons tirant à Mesnay , par la rivière de Furieuse qui est mitoyenne avec Salins , par les ruisseaux des Saules, de Fosse- Fleurie et par le bief Salant.

Pop. en 1790, 515 hab. ; en 1846, 360; en 1851 , 404 , dont 210 hom. et 194 fem. ; pop. aggl. , 219 hab.; pop. spéc. par kil. carré, 64 hab.; 56 maisons, savoir : à la rue de Bracon , 25 ; au quartier du Dieu-de-Pilié, 7; à Bracon-Dcssus, 5; à Chassagne , 3 ; au moulin Gomez , 7 ; au pont Romand , 3 ; à Arloz et Sauvaget, 6 ; 94 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil déposés à la mairie remontent à 1825, ceux antérieurs ayant été détruits par l'incendie qui dévora une partie du village cette même année; les registres déposés au greffe d'Arbois concernant celte commune remontent à 1793.

Cadastre exécuté en 1831; surf, territ., 628h 67% divisés en 1S07 parcelles que possèdent 316 propriétaires , dont 262 forains ; surf, imp. 616h 26% savoir : 435h53* en terres lab., 82h 10* en parcours, 43h 4 6a en vignes , 1 6h 89* en prés, 11 h 20* en broussailles, 9h 26* en vergers et sol des propriétés bâties, 6h 60* en bois , 3h 54* en friches et murgers, d'un rev. cad. de 18,679

francs; contrib. dir. en principal, 3559 fr.

Le sol, d'une grande fertilité, produit du froment , peu d'orge, de l'avoine , du maïs, des légumes secs , des pommes de terre, des fruits, du vin, du chanvre, du foin et des fourrages artificiels en abondance.

On élève dans la commune des bœufs , des vaches , des veaux , des moutons , peu de cochons et de volailles. 40 ruches d'abeilles. .

L'agriculture y fait de grands progrès.

Le revenu réel des propriétés est de 3 f. 50 cent, pour cent.

On trouve sur le territoire d'abondantes carrières de pierre ordinaire à bâtir et de plâtre.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins.

Commerce et industrie. Il y a une fromagerie dans laquelle on fabrique annuellement 5400 kil. de fromage de bonne qualité , un moulin à farine à 4 paires de meules avec battoir à écorce , scierie mécanique à 5 lames pour bois de construction, un autre moulin à farine à 3 paires de meules avec une lame de scierie , 2 tanneries avec moulins à battre l'écorce , une fabrique de plâtre à un four, une autre fabrique de plâtre avec scierie mécanique, 2.marcbands corroyeurs, une auberge , un boucher, un tonnelier et un charron.

Biens communaux : une fontaine avec lavoir el abreuvoir et 47h 98* de broussailles , d'un rev. cad. de 72 fr. 92 cent. Il n'y a pas de matson commune. Lts élèves fréquentent les écoles de Salins.

Bois communaux : 14h dé broussailles soumis au régime forestier depuis 1848.

Budget : recettes ord. 1260 fr.; dép. ord. 1260 fr.

NOTICE HISTORIQUE

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