‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du Jura (volume 2)Chapitre 16 sur 21 · SU · texte numérisé non relu

SU

Bracon, Bracuns, Bracuens , Bracum, Bastrum Braconis, Braco , Brecon , chef-lieu de la seigneurie de Salins, a marqué, aux temps passés, parmi les lieux les plus considérables de la province.

Son origine remonts à une haute antiquité. Une hache gauloise de pierre de jade, recueillie en 1837, au hameau d'Arloz, par M. Brocard, prouve la présence d'une peuplade celtique dans cette contrée.

Il n'est plus possible de mettre en doute l'existence de Salins et de son château à l'époque de la domination romaine. Les voies nombreuses qui venaienl y aboutir, les tombeaux, les statues , tes médailles sont là pour l'attester. Nous sommes disposé à admettre la tradition locale qui attribue à César la construction de la tour de Bracon. Les historiens sont d'accord aujourd'hui que les 560,000 Helvètes qui traversèrent la Séquanie 58 ans avant Jésus-Christ, pour aller chercher de nouvelles demeures sur les bords de l'océan aquitainque, pénétrèrent dans notre pays par Pontarlier et Salins , et que, battus par César sur les bords de la Saône, ils regagnèrent leurs montagnes par le même chemin. Il ne serait pas étonnant que le général romain eût élevé un fort pour éviter le retour de ces hôtes incommodes et protéger les sources salées , dont l'exploitation était certainement connue de son temps. Le nom de ce lieu figure dans le titre le plus ancien intéressant notre province.

Dans une charte qui remonte à l'an 522 environ, Sigismond, roi de Bourgogne, dota l'abbaye d'Agaune qu'il venait de fonder en expiation du meurtre de son fils, de différents biens dont faisait partie Salins avec

le château de Bracon, Salinum cum castro de Bracon.

Seigneurie. Dans la notice fournie sur le Bourg-de-Sirod, nous avons fait connaître comment Albéric de Narbonne parvint, en 942, à obtenir du monastère d'Agaune, l'inféodation des biens provenant de la donation du roi Sigismond. Il ne nous reste qu'à publier la série des sires de Salins, depuis le comte Albéric.

Albéric de Narbonne , mort en 948 et inhumé dans le parvis de l'église Saint Etienne de Besançon , laissa deux fils : Létalde qui fut comte de Bourgogne et de Màcon, et Humbert l*r du nom , tige de la maison de Salins. Humbert Ier, mort vers 987, qui avait eu pour apanage quelques terres dans le comté de Màcon et la seigneurie de Salins, laissa pour seul héritier Humbert II, son fils. Humbert II , marié à Ermcnburge de Sein ur, mourut le 8 des calendes d'août de l'année 1028, laissant pour héritiers Gaucher Ier, sire de Salins, qui a continué la postérité , Létalde, Hugues, devenu archevêque de Besançon, et Ermenburge, épouse d'Amédée de Navilley (Navilly) , chevalier. Borcard, abbé d'Agaune, s'étant transporté à Salins pour recevoir l'hommage des biens que son abbaye avait inféodés au comte Albéric, Gaucher I*r lui en fil l'aveu, en la meilleure manière que ses prédécesseurs l'avait fait ; et étant requis, de la part de cet abbé, de déclarer les terres qui composaient son fief , en vassal soumis, il lui en fit l'cnuméralion. Après avoir convoqué ses chevaliers et ses clients, et avoir pris leur conseil, il reconnut, en présence d'une multitude de personnes assemblées à cet effet , qu'il tenait en fief de son église , Bracon et ses dépendances (du nombre desquelles était la plus grande partie des salines,

la vallée de Miéges , etc. ). Gaucher était mort avant 1083, transmettant cette seigneurie à Gaucher II , son fils et son seul héritier. Gaucher II, mort de 1117 à 1134, laissa de Béatrix, sa femme, Humbert III qui a continué la lignée, et Hugues de Salins, chanoine de Saint-Etienne de Besançon. Humbert III , surnommé le Renforcé, mort dans une croisade en 1089, et inhumé audehors du portail de Pabbaye de Rosières, laissa pour héritiers Gaucher III, Humbert, N. de Salins, épouse de Thibaud de Vativillers, et Elisabeth , épouse de Renaud de Traves, connétable du comté de Bourgogne. Gaucher III , sire de Salins, mourut le 1» août 1175, dans la ville de Saint-Oyen ( Saint- Claude), et fut inhumé dans l'église de Saint-Etienne de Besançon , dans le tombeau de ses ancêtres. La postérité d'Albéric subsistait depuis deux siècles, quand Gaucher III vit sa race s'éteindre par le défaut d'enfants mâles : les terres et les richesses qu'il possédait furent la dot de Maurette, sa fille, et son unique héritière, appelée dans quelques chartes Guigonne ou Comtesse, Comilissa; elle les porta à Gérard de Vienne, comte deMàcon, son mari.

Gérard de Vienne mourut le 16 des calendes d'octobre 1184. Maurette, sa veuve , lui survécut longtemps ; elle abandonna le château de Bracon pour aller habiter celui d'Huntiens (Ouoans). Sa mort n'arriva que vers l'an 1300. Du mariage de Gérard de Vienne avec Maurette de Salins naquirent: 1° Guillaume, comte de Vienne et de Màcon, époux de Scolastique de Champagne; 2° Gaucher IV, sire de Salins ; 3° Gérard , seigneur de Vadans ; 4° Renaud ; 8° J. de Vienne , mariée à Humbert II , sire de Coligny, et en .

secondes noces à Simon H , duc de Lorraine ; 6° Béatrix, femme d'Hti Albert IV, comte de Savoie ; 7° Alexandrie, mariée à Ulric deBaugey, fils de Renaud.

La seigneurie de Salins, qui s'était trouvée réunie une seconde fois avec le comté de Mâcon , dans La personne de Gérard de Vienne , en fut séparée après sa mort. Gaucher IV, son fils puiné, l'eut pour apanage. Ce dernier était déjà seigneur de Bourbon , par le mariage qu'il avait contracté avec Marguerite, fille et unique héritière d'Archambaud VU de Bourbon, et d' Adélals de Bourgogne. Devenu possesseur de ce fief, Gaucher quitta le nom de Vienne et celui de Bourbon, se qualifiant simplement de sire de Salins. Ce seigneur vécut peu de temps en bonne intelligence avec son épouse ; il n'y avait aucune sympathie dans leurs caractères ; à la suite de mauvais traitements, Marguerite de Bourbon prit la fuite et recourut à l'autorité du St.- Siége pour faire rompre son union ; le pape Célestin III nomma pour commissaires les évèques d'Auturt et de Troyes, qui annulèrent le mariage, l'an 1196, sous prétexte qu'il avait été contracté à un degré défendu et permirent aux deux époux, de prendre de nouveaux engagements. Marguerite de Bourbon se remaria à Guy de Dampierre, et Gaucher épousa Alix de Dreux, princesse du sang royal de France, fille de Robert II, dit le Jeune, comte de Dreux et de Braine et d'Iolande de Coucy, dont il n'eut pas d'enfants.

Ce puissant baron se rendit , er* 1 199, au lieu désigné par Gïmlier, abbé de Saint-Maurice d'Agaune > pour lui faire hommage des terres qui relevaient de son abbaye ; il lui déclara qu'il devait le recevoir avec distinction toutes les fois qu'il vien-

tirait au château deBracon, qu'il était chargé de pourvoir libéralement à sa dépense et à celle des religieux qui raccompagnaient , que les clefs de cette forteresse devaient lui être remises, et que le gardien des portes était obligé de prendre ses ordres.

Gaucher mourut le 5 août 1219 , et futinbumé dans l'église de Gouailles.

11 ne laissa pour héritière qu'une tille, Marguerite de Vienne, qu'il avait eue de son premier mariage avec Marguerite de Bourbon. Celle princesse avait la propriété du château de Bracon, mais Alix de Dreux, veuve de Gaucher, en ayait la jouissance qui lui avait été réservée par les dernières dispositions de son mari. Cette seconde femme de Gaucher n'avait pu supporter les ennuis du veuvage et avait épousé en secondes noces Renaud III , sire de Choiseul, issu des anciens comtes de Langres , qu'elle attira au château.

Cette continuation de résidence ne s'opéra point sans opposition de la paît de Marguerite de Vienne.

La position d'Alix était même devenue si difficile, que cette dame se vit dans la nécessité de demander au chapitre de Saint-Analoile , la permission de faire célébrer l'office divin dans un lieu de son château tel qu'il le désignerait , dans la crainte d'éprouver quelques insultes en allant dans la chapelle prendre sa place ordinaire. Elle supplia aussi, conjointement avec son mari, au mois de janvier 1224, Nantelme, abbé de Saint-Maurice d'Agaune, de se transporter à Salins pour leur donner l'investiture du fief de Bracon. Marguerite, de son cdlé, faisait la même demande pour le maintien de ses droits. Cette dernière avait épousé, en 1211 , Guillaume de Sabran , comte de Forcalquier, homme vaillant et capable des plus grandes

entreprises , du consentement de sa mère et du duc de Bourgogne, son oncle. Elle épousa en secondes noces, vers 1220 , Josserand de Brancion , l'un des chevaliers les plus accomplis de son siècle.

La difficulté qu'éprouva Josserand de Brancion à se mettre en possession de la seigneurie de Salins , la résistance d'Alix de Dreux , à qui Gaucher, son premier mari, en avait assigné une partie pour son douaire, le droit que les enfants du premier mariage de Marguerite de Vienne avec le comte de Forcalquier y prétendaient , furent autant de raisons qui déterminèrent ce seigneur à aliéner ce beau fief en faveur de Hugues IV, duc de Bourgogne.

Cette vente fut faite à vil prix , en i 234. Alix de Dreux reçut du duc, pour renoncer à son usufruit , une pension annuelle de 2040 livres , dont Henri de Sombemon fut caution. Le lendemain de l'octave de la Pentecôte de l'an 1237, le duc de Bourgogne céda la seigneurie de Salins en échange, à Jean, comte de Bourgogne et de Chalon, dit le Sage ou l'Antique , contre le comté de Chalon , avec ses dépendances , la vicomté d'Auxonne et la dot de Mahaut, première épouse de ce dernier. L'échange était à peine consommé, qu'Alix de Dreux se présenta pour demander l'exécution du traité qu'elle avait fait, eu 1224, avec le duc de Bourgogne, au sujet de son douaire. Jean de Chalon, pour se délivrer de l'embarras du paiement de la somme annuelle de 2040 livres qui devait s'effectuer en la ville de Langres, lui céda ainsi qu'à Renaud de Cboiseul, son mari, la baronnie de Trave , les terres de Scey-sur Saône et de Frotey. Il fit ratifier son échange en 1 239 , par le sire de Brancion et Marguerite

de Vienne, son épouse, et donna Pan née suivante 2400 livres à Guillaume et Gaucher de Sabran, fils de feu Guillaume de Sabran , comte de Forcalquier, pour tenir lieu de tous leurs droits. L'abbaye d'Agaune n'avait point reçu d'hommage de la baronnie de Salins , depuis celui que Renaud de Choiseul et Alix de Dreux avaient rendu en 1 224 , à l'abbé de ce monastère. Le sire de Drancion et le duc de Bourgogne avaient négligé de s'acquitter de ce devoir.

Jean de Chalon , plus exact observateur des règles, ne voulut pas s'en dispenser. Etant dans la maison de l'évèque de Lausanne , en 1 246, il reprit en fief de l'abbé Nanteline , le château de Bracon et ses dépendances, dans la forme contenue en la reconnaissance faite à l'abbé Gontier, par Gaucher IV. Il déclara, en présence d'Amédée, comte de Savoie et d'Hartman d'Arberg , que l'hommage qu'il venait de faire devait se rendre dans l'église d'Agaune, conformément au titre d'inféodalion et à l'usage de celle abbaye , et que si l'abbé l'avait reçu dans un autre lieu , il regardait cela comme une grâce dont il l'avait favorisé.

Hugues de Chalon , fils atné du comte Jean, épousa, en 1256, Alix de Méranie, devenue, en 1 248, comtesse de Bourgogne, par la mort d'Ollon IV, son frère. Ce fils, jaloux de la tendresse que son père portait aux enfants qu'il avait eus d'Isabelle de Courtcnay , sa seconde femme , s'était persuadé que ses intérêts en souffriraient un jour. Il dissimula pendant quelques années ses ressentiments. Il lui déclara enfin ouvertement la guerre. Le comté de Bourgogne était désolé par cette lutte intestine. Saint Louis interposa son autorité pour réconcilier le père

et le fils. La voix du sang se fil entendre. La paix revint ; l'oubli du passé fut complet. Jean de Chalon jugea son fils digne de recevoir des marques de son amitié. Sa politique, d'accord en ce point avec son inclination , seconda ses vues et avança l'exécution du projet qu'il avait conçu , de réunir dans la personne de ce fils la souveraineté de toutes les parties du comté de Bourgogne ; il se soumit à lui, et de souverain qu'il était , il se rendit son vassal ; pour ne plus laisser subsister d'exemple d'indépendance, il dé pouilla la seigneurie de Salins de sa plus belle prérogative, et la réduisit à son état primitif de simple fief , telle qu'elle était quand Albéric do Narbonne la reçut de l'abbaye d'Agaune. Au mois de janvier 12S9 ( v. s.), Jean de Chalon fit hommage de cette seigneurie à son fils Hugues, en déclarant qu'il s'était détermine à cette action pour entretenir la paix cnlre ses enfants , pour empêcher que ce beau fief ne passât en des mains étrangères, qu'il ne fût divisé après sa mort et que ces portions, qui auraient formé autant de seigneuries indépendantes , ne fussent assujetties , sous quelque prétexte , à des princes voisins, peut-être même à des ennemis. II ordonna qne celui qui tiendrait Bracon après sa mort , serait vassal de son fils aîné et de ses descendants , seuls chargés d'en faire les devoirs de fief à l'abbé d'Agaune ; que les partages de ses fils cadets relèveraient de l'aîné et que les biens constitués en dot à ses filles seraient soumis à la même mouvance. Ce titre fut confirme, le mardi après Pâques 1265, par un second, portant que le corn le palatin Hugues serait chef et sire de tous les fiefs , et que les enfants nés. des deux derniers mariages de Jean-

de Chalon deviendraient ses liommes.-ligcs.

Le lendemain de la Circoncision 1260 (v. s.), Jean de Chalon fit le partage de ses biens entre ses enfants. Il relâcha à son fils aîné 2400 Hvrei de rente sur son puits de Salins , pour la part qu'il pouvait avoir dans sa succession. Il attribua à Jean, son filspuiné, issu d'Isabelle deCourtenay, le château et le bourg de Bracon, suivant qu'il s'étendait, depuis la rivière appelée la Furieuse jusqu'au château de son nom , le parc situé à côté de celte forteresse, et la maison qu'il avait fait construire au bourg de Salins. Il défendit à ses enfants d'accroître leurs partages hors des limites qu'il leur prescrivait. Jean se montra fort peu satisfait de son lot. Afin de le ramener à de meilleures dispositions, Jean l'Antique employa la menace , ordonnant à son châtelain de Bracon de remettre cette forteresse , incontinent après sa mort, entre les mains des comtes palatins Hugues et Alix, qu'il autorisa à prélever tous les ans mille livres estevenantes sur la rente du puits de Salins assignée à Jean, pour tout le temps que celui-ci contredirait au partage et refuserait le serment de fidélité à son frère aîné (1860, le lendemain de la Pentecôte). La seconde disposition de Jean de Chalon , faite le jour de Pâques-fleuries , 1262 ( v. s.), est toute à l'avantage du comte Hugues, son fils aîné. Elle commence par une énuméralion des biens qu'il a reçus de Mahaut de Bourgogne , sa première femme ; il annonce qu'il en a tiré des profits considérables et qu'il les a consommés dans l'acquisition de la seigneurie de Salins. Pénétré de l'injustice dont il se reconnaît coupable envers son fils Hugues , il lui relâche, pour remplacer les biens

de sa mère qu'il a échangés ou aliénés, le château, le bourg et le parc de Bracon, la troisième partie de ses vignes de Salins et mille livres de rente sur ses salines. Il donne au comte Hugues, son aîné, toute l'autorité sur ses autres enfants , et à l'archevêque de Besançon le pouvoir de réprimer leurs entreprises par les censures de l'Eglise. 11 eut le soin de faire jurer au comte Otton , son petit-fils, le mercredi après l'octave de la fête de saint Timothée et de saint Symphorien de l'an 1 267, l'accomplissement de ses dispositions.

Après la mort de ce seigneur, arrivée le 30 septembre 1267, la seigneurie de Salins fut réunie au comté de Bourgogne , et les souverains de cette province ajoutèrent dès-lors à leurs titres celui de sire de Salins. En 1288 , Otton, comte palatin de Bourgogne , fit hommage de celte terre à Girard, abbé d'Agaune. En 1327, la comtesse Mahaut, sa veuve , et Jeanne, reine de France , renouvelèrent le même devoir.

Château. Une vigie romaine occupa probablement le sommet de la montagne sur laquelle s'éleva plus tard le château de Bracon, soit pour protéger les voies qui passaient ses pieds, soit pour défendre les salines.

Le géographe Strabon, qui vivait du temps de l'empereur Auguste, vantait déjà les salaisons de porc de la Scquanie, qui s'expédiaient jusqu'à Rome. Il voulait sans doute parler des salaisons de Salins. Vers l'an 130 après Jésus-Christ, Plolémée cite dans son énuméralion des villes et lieux remarquables des Gaules , Satinum, Salins, immédiatement après Vesonlio. Les rois de Bourgogne avaient place un gouverneur pour la défense de ce château déjà qualifié de castrum dans la donation faite par le roi Sigismond à l'abbaye

d'Agaune. Il servait de résidence au comte chargé de la justice , de la haute police, des finances, de la régie des droits régaliens et du commandement des troupes du canton de Scoding.

Dès qu'Albéric de Narbonne fut devenu possesseur de la seigneurie de Bracon par l'inféodation qui lui avait été consentie en 942 par les religieux d'Agaune, il fit reconstruire le château ruiné par les Sarrasins en 752 et y fixa sa résidence.

Humbert , son fils cadet, tige de la maison de Salins et les successeurs de ce dernier , même Gérard de Vienne , époux de Maurette de Salins, continuèrent de l'habiter. La plupart des chartes accordées par ces princes sont datées de ce lieu.

Après l'échange de 1*237, Jean de Cbalon fit construire, dans la grande saline , un palais dans lequel il fixa sa demeure. Hugues, son fils, habita le château de Bracon. Le comte Otton V, fils ainé de Hugues et d'Alix , y fonda une chapelle sous l'invocation de saint Jean l'évangéliste, dont le desservant devait toujours avoir la table du sire , et donna cette forteresse avec ses dépendances en douaire à Mabaut d'Artois, sa veuve.

Cette princesse y résidait souvent.

Elle y reçut , le mercredi 23 avril 1315, Jeanne II, sa fille, comtesse de Bourgogne et Philippe-le-Long, son gendre. Elle avait fait amener, pour les recevoir, des troupeaux de bœufs et de moutons, murer des chaudières, et préparer pour sa table des paons aux saumons du Rhin. Toute la chevalerie de Bourgogne y était réunie. Rien n'égala les splendeurs des festins, où étaient prodigués le sucre, les pommes dorées, les dragées et le gingembre confit. Philippe-le-Long, devenu roi de France en 1510, mourut le 3 jan-

vier 1322 (n. s. ); Jeanne, sa veuve, vint cacher sa douleur dans la Bourgogne. Elle préféra au séjour de Paris les châteaux deGray, de Dole oo de Bracon. Sa mère Maliaut, comtesse d'Artois, habitait alors ce dernier manoir ou celui d'Artois. En octobre 1327, ces dames écrivirent à l'abbé d'Agaune pour le prier de venir près d'elles recevoir l'hommage qu'elles lui devaient ; il déféra à cette invitation le jour de la Toussaint.

Ce fut pendant le séjour que firent ces princesses au château , que fut construite une galerie couverte qui conduisait à l'église du couvent de frères mineurs, où elles se rendaient le dimanche et les jours de fêtes solennelles,

Dans la guerre soutenue en 1336 par les barons confédérés contre le duc Eudes IV, époux de Jeanne III, comtesse de Bourgogne, Salins fut brûlé et le château de Bracon pris, mais non détruit. Poincart de Tbo-

raisc, auquel était confiée la garde de cette forteresse, périt victime de sa fidélité. En 13ft0, la duchesse étant à Bracon, fit dînera sa table les bourgeoises de Salins. Jean, duc de Normandie et de Guyenne , fils et présomptif héritier du roi Philippe de Valois, nommé régent des deux Bourgognes pendant la minorité de Philippe de Rouvres, petit-fils du duc Eudes et de la comtesse Jeanne III, vint prendre possession, au printemps de 1380, des nouveaux étals qu'il allait gouverner. Le 17 avril, il se rendit à Dole , où il séjourna quinze jours et vint ensuite visiter Salins et Bracon.

Le 3 janvier 1537, Jeanne de de Boulogne et d'Auvergne, veuve de Philippe de Bourgogne et épouse du roi Jean , captif en Angleterre , j amena Philippe de Rouvres, son

jeune fils à Gray, le surlendemain au château de Montmirey et quelques jours après, elle avait traversé Dole et se trouvait à Bracon. Philippe de Rouvres, duc et comte de Bourgogne , étant mort le 21 novembre 1361, Marguerite, fille de Jeanne H et du roi Phi lippe-le- Long, veuve du comte de Flandre, tué à Crécy, succéda au comté. A celle époque , la province était désolée par les grandes compagnies. Cette princesse déploya toute l'activité que Ton eût pu attendre d'un prince expérimenté et énergique. Elle se montra à ses défenseurs. Partout présente , à Poligny , à Dole , à Bracon , elle prit possession des places restées fidèles et anima les chevaliers à se rallier au vieux drapeau bourguignon. Le péril redoublait son énergie. Pendant le danger, elle ne quitta pas un seul jour son comté de Bourgogne. En 1 363, elle convoqua sa noblesse à Salins, afin de l'engager à veiller au salut du pays. Le jour de la Pentecôte de cette année, elle fit amener à Bracon ÎB bœufs et 100 moutons pour traiter tous les gentilshommes qui avaient répondu à son appel. Le il novembre 1366, elle envoya MM. de Montfcrrand et Humbert de la Platière, chevaliers , ses conseillers, à Blelterans, pour engager le duc de Bourgogne , Philippe-le-Hardi revenant de faire un pèlerinage à Saint-Claude, à visiter les bonnes villes du comté. 11 y eut grand dîner le 13 novembre à Poligny, où le duc passa la journée. On envoya à Bracon tout ce qui restait de harengs, poissons, anguilles, poivre , gingembre , safran , sucre, canelle et girofle qui n'avaient pas été consommés à Poligny. On acheta 25 livres de cire, b quarilade vin vieux, un maid et demi de vin nouveau

et 90 poulets pour fêter dignement l'hôte illustre qni séjourna le samedi et le dimanche à Bracon avec les 248 cavaliers qui l'accompagnaient.

Marguerite lre fut la dernière souveraine qui résida dans cette forteresse , convertie dès lors en prison d'Etat.

Au mois de janvier 4M 0, après la prise de Vellexon, le duc de Bourgogne fit enfermer dans ce château un grand nombre d'officiers qui avaient été faits prisonniers. En 1413, les enfants du duc de Bourbon, prince ligué, furent mis entre les mains du duc de Bourgogne qui les fit conduire à Montbard. La duchesse , par ordre de son mari , donna commission à Jean Moisson , receveur du bailliage de Dijon , de les diriger sur Bracon. Cet officier les y conduisit en litière , paya leur dépense et celle de leur suite. Ces enfants restèrent là prisonniers jusqu'à la réunion des princes, qui se fit au mois d'août suivant.

En 1431, Réné, duc d'Anjou, fait prisonnier par Antoine de Toulongeon, chambellan du duc de Bourgogne , à la bataille de Bulgnéville en 1431, fut amené à Salins et renfermé à Bracon jusqu'en U36, époque à laquelle il fut appelé au trône de Sicile.

Après la déroute de Morat, en 1476, le duc Charles-le-Témérairc vint se retirer quelque temps dans ce fort pour cacher sa honte et sa colère. Il y fit enfermer peu de jours après lolande , duchesse de Savoie , sa sœur y qui était venue pour le consoler de ses défaites.

En 1492, dans la guerre de Maximilien contre Louis XI, Baudricourt qui commandait le château de Bracon et la place de Salins , au nom de ce dernier, ne disposait que de forces peu considérables et se trouvait dans

l'impossibilité de résister à l'armée ennemie. Il se relira à Poligny et mit à sa place Henri de Maillot, capitaine normand , plein d'intelligence et de courage. Beaudricourt s'occupa de rassembler à Poligny les détachements éparpillés dans les forteresses voisines et de former une armée de 7 à 8000 hommes. Il entrait dans ses plans de venir au secours de Bracon, menacé par le sieur d'Areschcs, et de rentrer dans Salins avant l'arrivée des 500 lansquenets ferettois qui avançaient au nom de Maximilien, sous les ordres de Frédéric de Klaper. Le combat de Dournon mit les troupes françaises dans une déroute complète (17 janvier 1492, v. s. ). Le 8 février suivant, le capitaine de Maillot se promenant à cheval devant les portes du château qu'il commandait, fut emporté d'un coup d'arquebuse que lui tira un maréchal, bourgeois de Salins.

Le sieur de Loyle, seigneur d'Areschcs, entra dans Bracon et l'occupa au nom de Maximilien, auquel toutes les autres places ne tardèrent pas à se soumettre. Un historien anonyme de Villers-Sexel raconte les faits différemment. Il dit que les soldats allemands ayant pris Salins, assiégèrent Bracon pendant tout l'hiver. Les Français prévenus que Frédéric de Klaper, amenait d'Allemagne une nombreuse artillerie, réunirent une multitude de bœufs et de chevaux du pays pour la traîner lorsqu'ils l'auraient prise. Après un combat meurtrier qui dura un jour et une nuit , les Français reculèrent.

Klaper fit battre le château par une grosse bombarbe, deux bombardelles et plusieurs petites pièces.

Une couleuvrine lança un boulet qui frappa à la tète le capitaine de Maillot et le tua. La garnison se rendit immédiatement.

En 1507, des troupes du comté de Neuchàtel ayant fait une invasion dans le pays , le sire de Germon t , seigneur de Poupet, capitaine de Bracon, convoqua les retrahants au château et l'approvisionna d'arlillerie. Le sieur Marret en fit autant en 1576 et M. de Saint-Mauris , en 1590 et 1593.

Le château était ouvert de tous côtés lors de l'invasion d'Henri IV.

Quoique muni d'une bonne garnison, il lui aurait été impossible de faire une sérieuse résistance. Après la retraite du roi de France , le magistrat de Salins sollicita la démolition de cette forteresse qui paraissait en trop mauvais état pour pouvoir être réparée. Sa requête ne fut pas accueillie. En 1600, 1601 et 1609, le gouvernement du comté fit faire les réparations les plus urgentes. En 1631, elle était en ruine complète.

Au commencement de la guerre de dix ans, on rebâtit un fort sur la motte de Plaisance seulement. Les travaux furent dirigés par l'ingénieur Duehamp , seigneur de Parthey. A la nouvelle de l'approche des troupes du duc de Saxe-Weimar en

1639, on établit à Bracon restauré , 1 00 hommes de garnison. 11 y en avait 300 avec 3 capitaines et plusieurs autres officiers dans la redoute et dans la tenaille contiguë, lorsque Vil- Ieroy tenta de s'emparer de Salins par surprise, dans la nuit du 6 juin

1640. Lorsque celui-ci en fut à près de 1000 pas, un corps-de-garde avancé tira sur lui, et aussitôt deux coups de canon de Saint-André avertirent de l'approche de l'ennemi. La nuit était très sombre ; hOO Français de l'avant-garde se dirigèrent contre la redoute à droite pour l'occuper, et de là commander les défenses de Bracon. Le reste de l'infanterie tira

à la tenaille voisine du fort , qui riposta par un feu bien nourri. L'avant-garde française crut que c'était une sortie de Bracon qui la venait charger, et à la lueur de la mousquetade, entrevoyant les assaillants, elle les prit pour des Salinois et tira sur eux. Villeroy, attaqué par une partie des siens , crut aussi que c'était l'ennemi et répondit par une décharge pareille. Une panique réciproque s'empara des uns et des autres, lorsque tout à coup une grande lumière partie des faubourgs auxquels avait fait mettre le feu le commandant de Salins , découvrit Villeroy aux prises avec les siens , ce dernier fut si effrayé qu'il s'enfuit et regagna Arbois la même nuit.

Au moment de l'invasion de 1 668, Bracon , dans un état plus ruineux encore, se rendit le 6 février, après un combat de quelques heures. La lutte fut plus opiniâtre en 1 674.

Devenus maîtres du pays , les Français y employèrent le génie de Vauban, qui fit raser les restes des vieilles fortifications pour y substituer la lunette qu'on voit aujourd'hui, lunette qui est en ruine depuis le commencement de la révolution, époque à laquelle la garnison et le gardien furent renvoyés. Le fort construit par Vauban était en forme de flèche , la pointe tournée au sud de la vallée des Angoulirons. L'ouverture au nord sur la ville , était d'environ 40 mètres; cet espace était occupé par un corps-de-logis destiné à une garnison de 40 à HO hommes. En 1 796 , la jouissance de cette caserne , les fossés et les glacis , la redoute , furent accordés , à titre de récompense militaire, au général Prèval, originaire de Salins.

L'emplacement appartient aujourd'hui à M. Déservillers.

Le château et le parc occupaient

la motte qui domine le hameau de Bracon-Dessus et la motte de Plaisance. Il n'est plus possible aujourd'hui d'en déterminer la forme. Gollut dit que c'était « une magnifique demourance. » Plusieurs familles nobles possédaient leurs manoirs dans l'enceinte des murs qui entouraient la forteresse. Une famille noble en portait le nom. Guiard de Bracon vivait en i 168.

Bourg-Dessus. Ce bourg, dont l'origine est probablement aussi ancienne que le chàleau , était habité, au moyen-âge, par une nombreuse noblesse attachée à la cour des sires de Salins. Les seigneurs de Monnet, de Molpré, de Nozcroy, de Vers, de Bracon y avaient des maisons qu'ils tenaient en fief à la charge d'un cens à payer à l'abbaye d'Agaune. Il était clos de murs et de portes à ponlslevis. Les habitants de Salins furent assujettis par la charte de franchises qu'ils reçurent en 1349, de Jean de Chalon, dit l'Antique, à fournir chaque semaine un ouvrier pour travailler aux fortifications du bourg et du chàleau. Les habitants de Bracon reçurent aussi des franchises, mais on n'en connaît point la date. En 1 350, plusieurs d'entre eux se qualifiaient de bourgeois. Us n'avaient point d'administration municipale. Us étaient gouvernés par le châtelain que nommaient les sires de Salins.

En 1 1 26, Guillaume de Lay occupait ce poste important ; il eut pour successeurs en 1257, Hugonet, fils de Faivre de Salins; en 1 262, Balduin de Salins-Vincelles ; en 1264, Iluguenin Guyot ; en 1276, Jean de Chassignet; en 1279, Simon Balduin ; en 1 293 , Simon Vausc ; en 1308, Pierre, seigneur deBoncour; en 1333, Barthélémy de Baume; en 1359, Jean de Salins; en 1374, Thibaud , sire de Rye ; en iftOO, An-

toine de Bracon. Il y eut plus tard un bailliage comme dans toutes les seigneuries qui avaient la haute justice. Les fonctions du châtelain devinrent dès-lors toutes militaires.

Les juifs avaient une table pour le change dans ce bourg. Ils en furent chassés en 1374, parla comtesse Marguerite, sur les instances du clergé de Salins et du recteur de l'hôpital de Bracon.

Guerres. Nou s avons déjà fait connaître les sièges que subirent le bourg et le château de Bracon. Il ne nous reste qu'à indiquer les expéditions que firent au dehors les habitants et la garnison , sous les ordres du châtelain. En 1352 , ils allèrent à Chissey, pour y prendre quelques malfaiteurs qui avaient causé des dommages à la comtesse de Bourgogne , et s'emparèrent de Jacques de Fallerans, Perrin de Vautra vers et Hugues de Binand. Le dimanche 16 juin 1359, ils marchèrent sous le commandement du bailli d'Aval à Ivrey et de là allèrent brûler les villages de la seigneurie de Joux. En 1479, sur la réquisition des religieux de Cluny, ils chassèrent à mair. armée les chanoines de Saint- Maurice du prieuré de Château , dont ces derniers s'étaient emparés par force.

Incendies. Le 37 juillet 1825, l'incendie qui dévora la ville de Salins détruisit un quart au moins du village de Bracon ; la perte fut évaluée à près de 500,000 fr. Le 8 mars 1849, il y eut un nouvel incendie qui causa pour 37,000 fr. de pertes.

Seigneurie d'Arloz. Le roi de Bourgogne étant à la Loye, confirma au chapitre de Saint- Anatoile de Salins , en 1029, la donation de \z villa d'Arloz et de toutes ses dépendances, qui lui avait été faite par Hugues de Salins , archevêque de Besançon.

En 1049, Henri III, empereur des Romains , confirma à l'église de Saint-Etienne de Besançon, les possessions qu'elle avait dans le val de Salins, du nombre desquelles se trouvait la villula d'Arloz , avec une petite forêt, des vignes et d'autres propriétés.

Le prévôt de Saint- Anatoile était seigneur en toutejustice d'Arloz, et y faisait tenir les assises par un prévôt qu'il instituait. L'office de prévôt fut inféodé, à titre héréditaire , à une famille qui prit le nom de ce village. Jacques d'Arloz, seigneur de la Servette, épousa, en 1523, Madelaine Bouton. Ce fief appartenait, en 1645, à Antoine Dupré , chevalier, raestre de camp d'une tierce d'infanterie , an service du roi d'Espagne , qui mourut an château de Bletterans qu'il commandait. Le prévôt de Saint-Anatoile contesta à M.

Dupré la qualité qu'il prenait de seigneur d'Arloz. Il le força à ne se qualifier que de sieur d'Arloz.

Un procès criminel , en matière de sorcellerie , intenté au mois de janvier 1604 , en la justice de Bracon, contre Marguerite Mouille, dite la Monnière de Montfleuret, constata que le sabbat se tenait ès Combes d'Arloz. La sorcière fut brûlée à Dole par arrêt du parlement, confirmatif de deux sentences rendues à Salins.

Hôpital. Le 13 septembre 1302, Otton , comte de Bourgogne et sire de Salins , ordonna , par son testament, de construire un hôpital sous son château de Bracon, d'y consacrer 500 livres à acheter la place et élever la construction, et d'y placer un chanoine de Saint-Maurice de Chamblay. 11 donna en outre 1000 livres, dont le revenu devait être employé à faire une aumône générale à tous les pauvres qui se présenteraient à

la porte de l'hospice le jour de saint Michel, archange. 11 chargea Mahaut, son épouse, de l'exécution de ses volontés. Le 2 janvier 1306, cette princesse, par l'intermédiaire de Oltede Hesse, son chapelain, acheta de Micholet , fils de Girard , et de Ruillard Ghappuis de Salins , moyennant 33 livres , une vigne sur laquelle devait être construit l'hôpital.

Le 22 février suivant, elle acheta dans le même but deux cliazals d'Huguenin , dit Gay, et de Godefroy. Le mercredi après les Bordes de la même année, elle acheta un autre chazal franc, de Gérard, fils de Genevet et de Béatrix, sa femme, moyennant douze livres. En 1314, l'abbé de Saint -Maurice d'Agaune reprocha à Mahaut la négligence qu'elle mettait à accomplir les volontés de son mari. La comtesse lui répondit qu'elle n'était point tenue personnellement à la construction de l'hôpital ; que cette dépense con- ' cernait Jeanne , sa fille, reine de France; que cependant elle avait fait déjà beaucoup de sacrifices et qu'elle espérait lui donner prompte satisfaction. Le 20 décembre 1320, elle donna cent francs de rente sur la sauoerie de Salins, qui représentaient les 1000 livres consacrées par son mari à la création d'une aumône générale. Les travaux de construction commencèrent peu de temps après et furent terminés en 1327. L'édifice était somptueux ; ir se composait d'un corps principal , de deux longues ailes , d'une magnifique chapelle et de vastes dépendances. Le 16 août 1327, elle assura la dotation de cet hospice et des personnes qui devaient le desservir. Elle le plaça sous la protection de Dieu, de la sainte Vierge, de saint Michel , archange , de saint Maurice, martyr, et le destina à re-

cevoir les pauvres , les infirmes, les femmes étrangères en couches et à d'autres œuvres de charité. Elle y fonda trois chapellenies , dont les titulaires restaient à sa nomination et à celle de ses successeurs. Elle le dota de 322 livres et 12 deniers de terre, monnaie esteveoante, affranchie de toutes charges, fiefs, rièrefiefs, servitudes, exactions et hommages, et d'une rente de 200 livres, affectée sur la grande saunerie. Elle donna au recteur 30 chariots de bois à prendre dans la forêt de Spoy, et le droit de mettre 30 porcs dans la forêt de Chaux ou deMouchard, plusieurs immeubles lui provenant de confiscations de biens faites sur des meurtriers et sur des Juifs, les rentes sur les salines qu'elle avait acquises de Jean de Sainte-Marie-en -Chaux et d'autres, la rente de douze fromages que lui devaient les habitants de Bulle, et confirma la donation faite au recteur par Jean de la Chapelle , son trésorier , de différents biens relevant de son fief. Elle se réserva , pour elle et ses successeurs , la nomination du maître ou recteur, avec le droit d'élever à cette charge, un ecclésiastique ou un laïc non marié, ne remplissant aucune fonction publique , chargé de rendre compte de son administration temporelle chaque année , le jour de fête de saint Michel, à son châtelain ou à son trésorier. Elle confia le soin des malades à une directrice et à deux autres femmes sous les ordres de cette dernière ; une quatrième devait avoir soin du bétail et des ouvrages extérieurs. Un domestique devait faire l'office de cuisinier et un autre celui de portier, sauf au recteur à augmenter ou à diminuer Le personnel, selon les besoins de l'établissement. Elle fixa le costume du recteur et de la maltresse ainsi

que la nourriture à donner aux malades , entrant à cet égard dans les détails les plus minutieux.

La reine Jeanne confirma toutes les dispositions de sa mère par une ebarte du 20 septembre 1327.

Le 22 octobre de la même année, un traité intervint entre la comtesse Mahaut et le chapitre de l'église de Saint-Anatoilc, dont dépendait Dracon, par lequel il fut stipulé qu'une cloche pourrait être établie à l'hôpital, pour sonner les offices et l'heure du coucher; que les chapelains ne pourraient chanter les offices à notes que lorsque le sire de Salins , ses enfants ou autres grands personnages y assisteraient ; que toutes les offrandes qui se feraient aux autels de la chapelle appartiendraient au chapitre ; que le curé de Saint- Anatoile choisirait parmi les chapelains deux d'entre eux, qui auraient pouvoir de confesser les malades , de leur administrer la communion, l'extréme-onction et de recommander les âmes des morts, les inhumations seules étant réservées au curé ; que pour les fêtes solennelles, tous les chapelains assisteraient aux processions s'ils en étaient requis.

Le vendredi avant la saint Judcs (2fc octobre) 1327, Mahaut régla le mode de distribution des revenus des 1 000 livres, léguées aux pauvres par son mari. Elle décida que chaque année tous les pauvres qui se présenteraient à la porte de l'hospice le jour de fête saint Michel recevraient chacun six deniers ; (fue la distribution serait faite en présence du chanoine de Saint-Maurice de Chamblay, qui résidait dans l'établissement, du doyen du chapitre de Saint-Michel et du gardien des frères mineurs ; qu'afin d'éviter les accidents que pouvait occasionner la multitude de pauvres qui se présentaient, six ser-

gents du bourg de Salins seraient tenus de garder les portes, en recevant, comme les pauvres, chacun six deniers; que l'aumône serait faite par deux prud'hommes du bourg de Salins ou de la sauneric , qui recevraient pour leur peine chacun deux sols; que le gardien des frères mineurs aurait cinq sols et le doyen du chapitre de Saint-Michel trois sols.

Au mois d'octobre 1529, le pape Jean XXII autorisa l'usage de la cloche, la création d'un cimetière pour les malades morts à l'hospice et conféra aux chapelains le droit d'administrer tous les sacrements.

Le 20 janvier 1332, Bartholomée, abbé de Saint-Maurice d'Agaune, confirma l'établissement et approuva les dispositions de la bulle du pape Jean XXII.

L'hôpital de Bracon venait à peine de naître qu'il fut sur le point de disparaître. Jean de Chalon-Arlay II, faisait une guerre à outrance à Eudes IV, duc de Bourgogne. En 13fcl , après l'incendie de Salins qu'il avait causé , il construisit an voisinage de sa forteresse de Chàtclguyon, près de Saint-Anatoile, une seconde forteresse. Le duc, inquiet , lui ordonne de la détruire et élève lui-même un nouveau boulevart au bord de la Furieuse , dans l'hôpital même. La guerre éclata (1342) et se soutint avec acharnement. Un traité de paix intervint en 13ft7, d'après lequel le duc fut obligé de détruire cette fortification.

En 1374, la princesse Marguerite, informée que l'hôpital avait besoin de réparations urgentes, que les immeubles qui formaient sa dotation restaient incultes, que les rentes ne s'acquittaient pas, assura le paiement d'une rente de 200 livres qu'elle affecta sur les salines, défendant à son receveur de faire aucune dépense

chaque année avant d'avoir servi cette pension. En 1596, Marguerite, sa petite fille, épouse de Philippe-Ie- Hardi, confirma au recteur le droit d'usage dans ses forêts de Chaux et de Mouchard, et celui d'y mettre 30 porcs. En 1233, Gaucher de Salins avait donné le moulin sous Bracon au prieur d'Arbois. Ce dernier le céda, le 28 juillet 135*, à titre d'échange, au recteur de l'hôpital, qui l'accensa le 30 mai 1635, à Blaiseville de Leoiuy , moyennant un cens annuel de 66 livres.

En 1481, Louis XI unit les revenus de cet hospice à la manse du chapitre de Saint-Claude. Le curé de Maiche, qui en était recteur, se refusa à laisser les chanoines en prendre possession. Un procès s'engagea.

Louis XI se trouvant à Saint-Claude le 22 avril 1482, manda devant lui le prêtre récalcitrant, et lui fit promettre d'abandonner ses prétentions , moyennant une pension de 50 livres que lui paierait le chapitre pendant sa vie. L'intervention du monarque resta sans résultat. La procédure durait encore en 1485. Devenus possesseurs de ce riche bénéfice , les chanoines de Saint-Claude s'empressèrent de faire renouveler tous les titres en leur faveur. Ils sollicitèrent des souverains de Bourgogne l'affranchissement de tout impôt , tels que droit d'aides , vingtième , etc.

Au lieu de 100 malades entretenus dans l'origine, on n'y conserva plus qu'une trentaine d'enfants pauvres qu'on élevait. En 1639, le magistrat de Salins décida que le faubourg et l'hôpital de Bracon seraient détruits, afin d'éviter une surprise , en cas d'attaque par les Français. Au mois de février 1710, Louis XIV instruit que cet établissement ne rendait plus aucun service , l'unit à l'hôpital général de Salins , créé au mois d'avril

1709. En 1714, Etienne-Joseph Perret, docteur en médecine, et Antoinette Bonmarchand , son épouse, fondèrent une messe quotidienne dans la chapelle de l'hôpital de Bracon, et donnèrent 200 livres, à condition qu'un chapelain y résiderait et dirigerait l'éducation des enfants. En 1793, le représentant du peuple Pelletier, ordonna que des enfants pauvres des deux sexes seraient placés dans cet hospice pour y apprendre des métiers, que les revenus seraient employés à payer les frais d'apprentissage , et à acheter un trousseau à la sortie de chaque élève. Peu de temps après , les bâtiments furent vendus nationalement. Ils furent détruits par l'incendie de 1825. Leur emplacement, converti en jardins , porte aujourd'hui le nom de Charité. Du reste , depuis longtemps il ne restait de la construction primitive qu'une seule aile. Une petite chapelle avait été érigée au fond d'un corridor, dont les appartements occupaient les côtés.

Le premier recteur institué fut Guillaume, dit Bonate de Salins, 1332-1366. Il eut pour successeurs en 1574, Laurent de Gray, chanoine de Langres ; en 1391 , Besançon de Blegney; en 1399, Jean de Cromary, chanoine de Saint-Maurice d'Agaune; en 1413, Jean de Nozeroy, licencié en lois, chanoine de Saint- Anatoile ; en 1585 , Guillaume Colin , écuyer, de Pontarlicr, protonotaire du Saint- Siège apostolique; en 1655, Jean de Glanne, vicaire-général des armées de sa majesté en Lombard ic ; en 1685 , Jean d'Esglans, prieur de Coligny; en 1710 , Pierre de Faux.

BIOGRAPHIE

Bracon s'honore d'avoir vu naître plusieurs personnes illustres. Il I nous suffira de citer :

1° Saint Claude, né en 607, chanoine de Besançon à 20 ans, religieux dans l'abbaye de Saint-Oyen en 639 jusqu'en 644, époque à laquelle il en devint abbé, archevêque de Besançon en 686. 11 abdiqua en 693 , et reprit le gouvernement de son abbaye, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 699. Les nombreux miracles opérés par l'intercession de ce saint, rendirent ses reliques célèbres dans toute l'Europe.

2° Hugues de Salins, fils de Gaucher II, seigneur de Salins, abbé de Saint-Paul , l'un des plus célèbres archevêques de Besançon , légat en France, et grand chancelier de FEmpire, mort le 27 juillet 1066.

3° Jeanne 11, fille d'Otton, comte de Bourgogne, mariée en 1307, à Pbilippe-le-Long , qui devint roi de France en 1316, placée par les historiens au rang des grandes princesses qui ont gouverné notre province. Le collège de Paris, qu'elle fonda pour vingt boursiers comtois, l'habileté calculée de ses parlements, la servitude de la glèbe effacée dans les deux Bourgognes, les affranchissements des bourgs et des villes , prouvent la noblesse et la portée de ses vues.

Bourgeois Denis-4ugu$tin,(i779- 1849), lieutenant-colonel d'artillerie, officier de la légion -d'honneur et chevalier de Saint-Louis.

Bourgeois Louis-Hypolite , fils du précédent , capitaine d'état-major, en activité de service.

Perrey (de) Edouard- Henri, né en 1803, commandant d'artillerie, en activité de service, membre de la légion-d'honneur.

Bralnans, Brunens, Braignans, Brennans, Bregnans, Braisnans, Braynan, vg. de l'arr., cant et bur. de poste de Poligny, perc. de Co-

lonne ; succursale ; à 10 kil. de Poligny, 17 d'Arbois et 28 de Lons-le- Saunier.

Situé sur la rive droite de la rivière d'Orain, au pied sud d'un mamelon isolé au milieu d'une vaste plaine , il est limité au nord par Neuvilley et Montholier, au sud par Colonne, Bersaillin, Saint-Lolhein et Tourmont, à l'est par Bersaillin, Saint- Lolhein , Villerserine, Tourmont et Montholier, à l'ouest par Bersaillin , Colonne, Neuvilley et Montholier.

La grange Gremier, le moulin et la grange de Vacadieu font partie de la commune.

Altitude : 250 mètres; de la montagne 300 mètres.

Les maisons, construites sans goût et d'un aspect misérable, sont généralement bâties en pierres et couvertes moitié en chaume , moitié à tuiles. La plupart n'ont qu'un rezde-chaussée. Elles ne sont point disséminées.

Il est traversé par le chemin de gr. com. n° 22, de Poligny à Tasse nières, par les chemins vicinaux tirant à Villerserine, à Tourmont , à Rabeur, à Colonne , à la Grange-des- Sapins, à Viseney, à Gremier, de la grange de Vacadieu à Poligny, par la rivière d'Orain, les ruisseaux d'Acle et de l'étang l'Etalay, le bief Tord et le canal de dérivation du moulin.

Pop. en 1790, 455 h.; en 1846, 430; en 1851. 432, dont 209 hom. et 223 fem.; pop. aggl. 297 ; pop.

spéc. par kil. carré, 61 hab.; 48 maisons, savoir : à Brainans , 44 ; au moulin, 1 ; à Gremier, 2 et à Vacadieu, 1 ; 100 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1779.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Poligny, à Dole, à Lyon et à Paris.

Cadastre exécuté en 1834 ; surf.

territ., 706h 85*, divisés en 2520 parcelles que posèdent 296 propriétaires, dont 185 forains ; surf. imp.

62 5h 09*, savoir : 51 6h 91» en terres lab., 142h 18* en prés, I21h 74* en bois taillis , 33b 25* en vignes , 5b 27* en pâtures , 2h 98* en sol des propriétés bâties, th 56* en jardins, 86* en vergers et 9* en broussailles , d'un revenu cad. de 12,i28fr.; cont. dir. en principal, 2513 fr.

La surface non imposable de 81b 74*, se compose d'une partie de la forêt de Foras qui appartient à l'Etat.

Le sol, de fertilité moyenne, produit du blé, peu de seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des légumes secs , de la navette , des pommes de terre , des betteraves , du chanvre , du vin , des fruits et surtout beaucoup de noix, des foins et des fourrages artificiels.

On importe le quart des céréales et du vin.

Le revenu réel des propriétés est de 5 fr. 50 cent, pour cent.

Les habitants négligent l'agriculture pour s'occuper de maquignonnage. Ils tiennent toutes les foires à 6 lieues à la ronde pour acheter du bétail et le revendre ensuite avec le moindre bénéfice. En courant ainsi, ils contractent des habitudes de luxe et de débauche qui ne tardent pas à les ruiner. Ils recourent aux emprunts , pour retarder autant que possible la vente de leurs propriétés.

Cet état de choses est très fâcheux.

Ils fréquentent habituellement les marchés de Sellières et de Poligny.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , des moutons , des cochons et des volailles. 50 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir.

11 y a une source d'eau saumâtre

dans laquelle les oiseaux aiment à se désaltérer. Elle est peu abondante.

Une fruitière produit annuellement 7000 kil. de fromage façon Gruyère.

Il y a un moulin à blé à 3 tournants , 2 auberges , un marchand épicier, 2 sabotiers, un tailleur d'habits et un maréchal-ferrant taillandier.

Biens communaux. Une église, un cimetière, un presbytère rapproché de l'église et suffisant , mais en mauvais état, une maison commune renfermant la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude fréquentée en hiver par 55 élèves ; la salle d'étude des filles fréquentée en hiver par 40 élèves; l'institutrice a un logement séparé dans le village ; deux fontaines avec abreuvoirs et Ô4b 54* de parcours, mares, terres lab. , d'un rev. cad. de 535 fr.

91 cent.

Bots commundux : 60b 58», dont lh 81a sont enexpl. annuelle.

Budget: recettes ord. 2366 fr.; dép. ord. 2366 fr.

Bureau de bienfaisance : recettes ord. 118 fr., provenant d'un don fait par M. Bulabois.

NOTICE HISTORIQUE

Ce village se forma à l'est de la voie romaine venant de Bersaillin, que nous avons signalée dans la notice sur ce dernier lieu. Plusieurs climats du territoire semblent par leurs noms rappeler le souvenir de l'époque gallo-romaine. Tels sont ceux appelés en Saint-Germain, à la Vie, les Chazeaux- Perraud, en Chante-Merle, au Murger, à la Châtelaine, Sous-la-Ville. On est autorisé à croire qu'une ou plusieurs villas étaient bâties dans cette contrée. Le passage des Sarrasins est

attesté par plusieurs dénominations, telles que la Pièce sarrasine, la Vie sarrasine. Lé premier titre historique qui nous révèle le nom de ce village est de Tan 111 i ; c'est la bulle par laquelle le pape Innocent II confirma à l'abbaye de Baume, la possession de l'église de Brtinens, fondée probablement par les religieux de Sainl-Lothein. En 1198, Hugues de Mont-Didier, chevalier, frère d'Aymon de Vaudrey, renonça à toutes ses prétentions sur les biens des moines de Rosières, situés à Vaudrey et à Brainans. Cette donation est une preuve de plus que les sires de Vaudrey ont possédé la seigneurie de Bersaillin , à l'époque citée par l'historien Gollut. (Voir Bersaillin.)

Seigneurie. Brainans dépendait en toute justice, haute, moyenne et basse, de la prévôté de Colonne.

Il y avait plusieurs fiefs tenus en franc-alleu sur le territoire. Il yen avait un qui appartenait, en 1500, à Jean, ditGelin, chevalier,dePoligny.

La famille Masson en possédait un autre. Jean-François Masson, de Brainans, seigneur de Burgille, était conseiller au parlement de Besançon ; Jean-Ignace Masson, de Brainans, son fils, docteur en théologie , doyen de l'église collégiale de Poligny, vivait en 1746. Une famille noble , qui avait reçu la mairie en fief héréditaire, portait le nom de ce village ; ce fief passa à la maison de Grammont. En 1477, Antoine de Grammont se qualifiait de seigneur de ce lieu. Le prieur de Saint-Lothein et l'abbesse de Saint-Jean-lc- Grand d'Autun , possédaient le bois de Soupois , appelé aujourd'hui le bois de Brainans , qui contenait plus de 2000 journaux. Un tiers appartenait au prieur et deux tiers à l'abbesse. Une partie de cette forêt fut dé-

frichée en suite d'accensements consentis par l'abbé de Baume, aux droits du prieuré de Saint-Lothein dans le cours des années 1542 à 1363. Les souverains de Franche- Comté , possesseurs de la seigneurie de Colonne , firent des concessions importantes dans leurs forèls aux colons qui viendraient habiter celte terre, dépeuplée par la peste de 1 349 et par les guerres de Louis XI, soit pour la construction des maisons et le chauffage , soit pour le parcours du bétail. (Voir la notice sur Colonne. ) Le 24 octobre 1452 , l'abbé de Baume accensa à noble Henri de Courchapon , écuyer , la place et le cours d'eau où avait existé autrefois un moulin , moyennant le cens de 70 sols estevenants.

Le 16 mars 1553, l'abbé Guillaume de Poupet, seigneur de Saint-Lolhein , accensa à la communauté de Brainans, 19 hectares de bois et broussailles dans la forêt de Boichat.

Lorsdu rétablissement des salines de Montmorot, les officiers de la réformation s'en emparèrent, sous prétexte que portant le nom de Boichat, ce terrain dépendait du domaine du roi qui en possédait un autre à côté, ayant la même dénomination. M. le marquis de Froissard, devenu propriétaire de la seigneurie de Bersaillin, au moyen de l'acquisition qu'il en fit de l'héritière de Louise de Ray, épouse de Philibert de Montmartin, et de Renée de Ray, épouse de François de Vergy, comte de Champlilte, posséda comme une dépendance de ce fief un domaine en franc-alleu à Brainans et le moulin tenu précédemment par Henri de Courchapon.

Evénements divers. Les événements intéressant cette commune seront rapportés d'une manière générale dans la notice sur Colonne.

Un champ, dit à la Bataille, rap-

pelle probablement un épisode des guerres du xvn* siècle. Le 28 août i 798, l'administration départementale fut obligée d'envoyer 50 hommes en garnison, pour faire cesser les émeutes qui se renouvelaient chaque jour dans le village. Les inondations de 18&0 et de 1841, y ont causé les plus grands ravages. Un pont en fil de fer a été placé, il y a quelques années, sur la rivière d'Orain.

Paroisse. Brainans dépendait dans l'origine de la paroisse de Colonne.

En iU9U , les habitants érigèrent une chapelle, dans laquelle le curé ou le vicaire de ce dernier lieu venait célébrer quelques offices , moyennant la somme annuelle de 8 livres. Cette chapelle fut érigée en succursale en 4775.

Eglise. L'église occupe le sommet de la montagne au pied duquel se groupe le village. Elle est dédiée à saint Barthélémy, dont on célèbre la fête le 24 août. Elle est orientée et se compose d'un clocher, d'une nef, d'une chapelle au sud ajoutée en 1831, d'un sanctuaire se terminant rectangulai rement. Les réparations faites en 1822 ne permettent point de reconnaître le style primitif de l'édifice. Son architecture lourde et les arêtes irrégulières des voûtes sont d'un effet détestable. 11 y avait autrefois dans cette église une confrérie qui remontait au xv° siècle. Du cimetière, on jouit d'une vue magnifique.

Braine, Brenne, rivière qui prend sa source au pied des premiers gradins du Mont-Jura , entre Mierry et la grange Bougclier, passe à Scllières , à Chaumergy, quitte ce département pour entrer dans celui de Saône-et-Loire, dans lequel elle se réunit à la Seille , au village de

Condes, après un trajet de 3 myria mètres dans le département du Jura, où elle met en activité plusieurs moulins, avec une pente d'un mètre par chaque myriamètre. Elle conserve son nom de Braine jusqu'à Louhans.

Elle reçoit à sa droite les ruisseaux de Mierry, de Moussard , de Milliacre, de Pulvernois, de la Ronce, de la Motte, de Villey et d'Anson.

Ce dernier ruisseau se compose des biefs de Traconas, de Maldine , deBersaillin, de Chézabois, de Colonne, de Pont-du-Bourg , deChamprougier et du moulin Chancelier.

Ensuite, la Braine continue de recevoir à droite les ruisseaux de Foulenay, de Fay et de la Chassagne .

Ses affluents de gauche sont ceux des Bordes, de la Sauge , de Montchauvier, de la Grange-Blanche , de Francheville, de Chaumergy et de la Codre.

Les débordements à peu près périodiques de cette rivière, au mois de juin de chaque année, causent les plus grands dommages aux immenses prairies qui la bordent. Les travaux de redressement exécutés depuis quelques années n'ont apporté aucune amélioration sensible.

L'anguille , le brochet, la tanche et la carpe sont les poissons les plus communs dans ce cours d'eau. Us y atteignent quelquefois une grosseur extraordinaire.

Bran«* Bran, Branc, arr. de Dole , canton de Montmirey-le-Châtcau, perc. de Dammartin, bur. de poste de Moissey ; succursale ; à 3 kil. de Montmirey-le-Chàteau, 20 de Dole et 72 de Lons-le-Saunier.

Situé dans une position fort agréable, au milieu d'une gracieuse vallée, il est limité au nord par Serre-

les-Moulières , Thervay et Marpain, au sud par 3erre-les-Moulières et Offlange, à Test par Marpain, Thervay, Serre-les-Moulières et Malange, à l'ouest par Offlange et Montmireyle-Chàteau.

Altitude : 207m.

Il est traversé sur une petite étendue par la route dép. n° 13, de Dole à Gray, par le ch. de gr. com. n° 15 , d'Orchamps à Pointre, par les chemins vicinaux tirant à Dammartin, à Montrambert, à Offlange, à Serre-les-Moulières , par le bief du moulin, le bief Fluant et le ruisseau du bois de la Serre.

Les maisons, disposées par groupes, sont bâties en pierres, et couvertes une partie en tuiles et une partie en paille.

Ces dernières sont de pauvre apparence.

465; en 1851, 455, dont 218 hom.

et 237 fem. ; pop. spéc. par kil.

carré, 52 hab.; 86 maisons, savoir :

72 dans la Grand'Rue, 4 dans la rue du Vernois, 4 dans la rue de Pesmes et 6 dans la rue du Bois.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1756.

On n'émigre pas.

Cadastre exécuté en 1824 : surf, territ. 868h 89», divisés en 3514 parcelles que posèdent 235 propriétaires, dont 95 forains; surf. imp.

852h 78*, savoir : 368h 33a en bois taillis, 298h 62* en terres lab., 74h 18* en vignes, 57h56*en prés, 41h 06* en parcours , 4b 23* en friches et murgers , 3h 49* en jardins , 3h 47* en sol des propriétés bâties et aisances, lh 79* en vergers, d'un rev.

cad. de 14,003 fr.; cont. dir. en principal, 3185 fr.

Le sol produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des pommes de terre, du sarrasin,

de la navette, du colza, des légumes secs, des vin* rouges et blancs de bonne qualité, du chanvre, du foin et des fourrages artificiels.

On exporte moitié des céréales et le tiers du vin.

Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 cent, pour cent.

On élève dans la commune des chevaux, beaucoup de bétes à cornes, des cochons, des moutons, des chèvres et des volailles. 30 ruches d'abeilles.

Le3 habitants fréquentent habituellement les marchés de. Dole et de Pesmes.

Il y a un moulin à 2 tournants, 5 battoirs à blé, une huilerie mécanique, une auberge, un maréchaWerrant taillandier, 2 charrons forgerons, 2 tisserands , 2 marchands épiciers, 2 menuisiers, 6 maçons, I cordonnier et 1 sabotier.

Biens communaux : une église, un cimetière à Pentour, un presbytère convenable, une maison commune contenant la mairie, la salle de la pompe à incendie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 50 élèves, le logement d'une institutrice laïque et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 50 élèves, une pompe à incendie desservie par unecompa gnie de 30 pompiers ; 2 fontaines avec lavoirs et abreuvoirs et 230 07* de friches, pâtures, terres lab.

et bois taillis, d'un rev. cad. de 1915 francs.

Bois communaux : 100* 30 , dont 5h 90* sont en exploitât;00 annuelle; essences dom. : chêne et charme.

Budget : recettes ord. 4383 fr. ; dép. ord. 4353 fr.

MOT1CE HISTORIQUE

Longtemps avant l'époque ou

Brans commença à figurer dans l'histoire, une cité puissante avait existé non loin de la vallée qu'il occupe. C'était une des villes les plus considérables de la province. Plusieurs historiens s'accordent à reconnaître dans le village actuel de Dammartin, l'emplacement de Tantique Didatium, citée parPtolémée.

En passant sous la domination romaine, cette ville n'avait point perdu son rang élevé; ses nouveaux maîtres, par d'utiles travaux, par de nombreux et beaux monuments, avaient encore rehaussé son importance. Malgré le silence de MM. Marquiset, E. Clerc, D. Monnier, on ne saurait douter que Brans, voisin de Didatium, a été habité depuis une époque très reculée. On a trouvé dans la contrée dite aux Grands- Chemins, des vestiges de voie romaine, au climat des Mazières , des restes de constructions, des débris de murs, coupant le sol dans tous les sens. 11 existe encore aux Murgers, des traces du plancher inférieur des maisons , area, qui était formé d'un lit de pierres brutes et recouvert d'une épaisse couche de ciment, au-dessous de laquelle l'eau pouvait filtrer sans obstacle. En plusieurs endroits, les ruines sont enduites d'une espèce de stuc, dont les couleurs étaient fort brillantes. On trouve fréquemment des fragments de tuiles, des morceaux de poterie rappelant une existence , des arts et une civilisation dont près de deux mille ans nous séparent.

A partir du xue siècle , l'histoire de Brans commence à présenter quelque certitude. Guy de Brench fut du nombre des fondateurs de l'abbaye d'Acey , en donnant , en i 1 28 , à Constantin , prêtre , et à ttobert, son frère, ses droits dans le val Saint-Jean. En i 133, on voit fi-

gurer comme témoins, dans une charte signée de l'archevêque Ansérie , Robert, Etienne et Mangin de Brans, chevaliers.

Seigneurie. Brans faisait partie de la prévôté de Montmirey-le-Château.

Il appartint, dès son origine, à une famille noble qui porta son nom. Dans un temps où la puissance des seigneurs consistait dans le nombre de leurs vassaux, Jean de Chalon, dit l'Antique, songea à multiplier les siens. Guillaume de Brans , chevalier, attiré par ses bienfaits , ou séduit par l'espoir de sa protection , se reconnut son homme - lige en ma, sauf la fidélité qu'il devait aux seigneurs de Montmirey et de Choisey. En 1386 , Guyot de Brans fournit son dénombrement au duc et comte de Bourgogne. En 1427 vivait Jean de Brans. Odot de Brans, écuyer, seigneur de Chassey, échanson de la duchesse de Bourgogne, mourut le 13 février ihùh. En 1584, cette terre appartenait à Benoit Charrelon, chevalier, trésorier de l'épargne de Philippe H, roi d'Espagne , avec la moyenne et basse justice et plusieurs autres droits seigneuriaux. Il l'avait acquise de Georges Philiain. Le 20 mars de la même année, le noble trésorier supplia son souverain de lui céder la ha u tej ustice et quelques petits droits en valeur de 2$ livres , monnaie du comté de Bourgogne , offrant d'abandonner a sa majesté une rente de cent livres de quarante gros, monnaie de Flandre , qui lui était due sur les saulneries de Salins. Le roi Philippe voulut bien accéder à cette demande et transporta perpétuellement et à toujours, pour lui et ses successeurs, comtes et comtesses de Bourgogne , au sieur Benoît Charreton, ses hoirs, successeurs et ayantcause, les droits de haute justice et

revenus auparavant exprimés, en échange de la rente annuelle dont il offrait la cession.

Ce fief , avec les droits de haute justice , passa de la famille de Benoit Charreton dans celle desDupin, gentilshommes de Franche-Comté ; elle fut saisie sur eux au mois de décembre 1656, d'autorité du bailliage de Dole, et adjugée à Joachim de Vaux , de Marnoz , qui en fournit son aveu et le dénombrement en 1657, à la chambre des comptes.

Joachim de Vaux ne laissa de Jeanne de Buade , son épouse , qu'un fils nommé Joseph, qui recueillit sa succession. En 1747, Alexis et Charles, fils de Joseph de Vaux, chanoines de Saint-Anatoile de Salins , Antoine- Joseph Baland , écuyer, demeurant à Dole , et Claude-Joseph Paponct , écuyer, demeurant à Brans , possédaient celte terre , qu'ils vendirent , en 1772, au baron de Quentrey, capitaine de cavalerie. Ce dernier la possédait encore au moment de la révolution. Vendue comme domaine national, elle fut achetée par divers particuliers.

Droits seigneuriaux. Ils n'étaient autres que ceux inhérents à la haute justice, d'après lescoutumes du pays.

Château primitif. L'ancienne maison-forte, bâtie près de l'église, en une contrée appelée au Chàtelot, avait une certaine importance. Elle était défendue par de larges fossés et une porte à ponl-levis; des tuiles plombées la couvraient. 11 y avait une double cour, dont l'une servait pour les retraitants , et un parc de deux hectares clos de murailles. Les habitants devaient y faire le guet et garde en temps d'éminent péril , de la même manière qu'au château de Montmirey, et ils étaient tenus de contribuer à ses réparations. 11 existait derrière l'église une grande

place vague entourée de murs, servant de verger, au centre de laquelle s'élevait un colombier. Cette forteresse fut détruite par les troupes d'Henri IV en 1595. II n'en reste plus de vestiges. En 1583, Jeanne, veuve du roi Philippe-le-Long , fit construire un chemin du duché de Bourgogne à Montmirey qui traversait Brans.

Château moderne. Ce château * bâti par Benoit Charreton , se composait d'une tour plus élevée que le clocher de l'église , d'un vaste bâtiment rectangulaire avec deux ailes, dont la droite aboutissait contre la tour. A tous les angles extérieurs s'élevaient , en encorbeillement sur de gracieux culs-de-lampe , des tourelles armées de meurtrières et couronnées de clochetons. Autour de la forteresse étaient des fossés avec pont-levis et une double cour close de murs. Ce manoir fut acheté en 1790, par M. Boicbot père, et appartient depuis 1828 à M. le baron Picot d'Aligny, qui l'a fait restaurer.

Depuis 1789 les fossés ont été comblés, la tour, les flèches des tourelles et les murs à crénaux ont été ; démolis, le jardin a été réduit de moitié ; les murs de clôture ont été reconstruits d'après l'usage moderne. Une couche d'un jaune tendre cache le vernis antique de la forteresse. Une cour à l'anglaise , précédée d'une grille élégante, des promenades gracieuses enlacent de toutes parts celte agréable demeure.

Eglise. Dans l'origine , Brans dépendait de la paroisse de Pointre.

Vers l'an 1500, il fut érigé en cure, ayant Offlange pour annexe. L'archevêque de Besançon , patron de l'église , percevait les dîmes sur le territoire, à charge de donner à l'abbaye d'Acey deux mesures de froment et deux mesures d'avoine.

L'église , placée sous le vocable de saint Pierre, apôtre , dont on célèbre la fête le 29 juin, se compose d'un clocher, d'une nef, de quatre chapelles et d'une sacristie. Elle est décorée de pilastres d'un mauvais ordre toscan, sur lesquels s'élèvent les arcs-doubleaux des voûtes. Le chœur est formé par une portion d'octogone irrégulier. Cet édifice a été rf construit en grande partie en 1726. Lapremièrecbapelleàgauche et celle qui lui fait pendant à droite, remontent au xive siècle. Autrefois il n'y avait que trois chapelles, dont deux étaient à la nomination du seigneur. Dans celle de sainte Catherine, on remarque une tombe chargée d'ornements et d'inscriptions.

Couché sur sa sépulture, couvert de sa cotte d'armes , l'épée au côté et les mains jointes sur la poitrine, Ode de Brans offre son effigie de pierre aux regards du voyageur. Ses pieds reposent sur le dos d'un lévrier ; il a les yeux fermés et sa tête , près de laquelle on voit son écusson et ses armes, n'est point parée de casque.

Jehanne de Vuillafans, sa femme , est représentée avec une longue et large robe, qui descend jusqu'à terre ; un seul pli de cette robe, naturellement soulevé , laisse apercevoir un petit chien , d'allure spirituelle, qui tient à la gueule une devise mystérieuse. La coiffure de la châtelaine se compose d'un voile, qui découvrant une partie du front et le visage , tombe le long des joues et s'étend au-dessous du menton jusque sur la poitrine ; au-dessus de sa tête on voit l'âme de la défunte, enlevée au ciel par deux anges. Ainsi que cela se pratiquait depuis le commencement du xv° siècle , des écussons avec les armes sont sculptés aux quatre coins de la tombe, remarquable par son élégance. Cette tombe

porte l'inscription suivante : Cy gisent Odot de Brans, escuier , seigneur de Chassey, eschanson de madame la duchesse de Bourgogne et son gruier ès terres de Bourgogne , et trépassa le treizième jour de février 1464, et damoiselle Jehanne de Vuillafans , sa femme, fille du

seigneur de Say, qui trépassa

La nef de l'église renferme beaucoup de pierres tombales mutilées , les unes par le temps , d'autres par le marteau révolutionnaire. Dans le cimetière, on remarque les tombes de H. Anne-Claude Bilon, baron d'Aligny ( 1732-1834), maréchalde-camp aux armées du roi , chevalier de Saint-Louis , et d'Anne- Marie-Magdeleine-Sophie Picot de Moras , baronne d'Aligny , dccédéo à Paris en 1838.

BIOGRAPHIE

MM. Boichot , que les historiens font naître à Brans, ont vu le jour à Gendrey; c'est dans la notice sur ce dernier lieu que nous publierons leurs biographies.

Bréry , vg. de l'arr. de Lons-le- Saunier, cant., perc. et bureau de poste de Sellières ; succursale érigée le 26 mars 1826 ; à 12 kil. de Sellières et 18 de Lons-le-Saunier.

Bâti sur le revers oriental d'un côteau incliné vers la rive droite de la Seille , il est limité à l'est par Montchauvier, section de Saint- Lamain, Frontenay et Domblans, à l'ouest par Monlchauvrot et Mauffans , section de Mantry, au sud par Saint-Germain et Domblans , au nord par Monlchauvrot, Mauffans et Montchauvier. Il se divise en plusieurs quartiers appelés rue du Village, rue du Château, rue des Goulots, Grand'Rue, la Gravalle, rue de

la Bernarde , rue de la Grande-Fontaine , rue du Préviard , rue des Casernes , rue Michel , Cart-Baclu , le Prioré et le Moulin.

Altitude : 285m.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Sellières, à Domblans, à la route nat. n° 85, de Lyon à Strasbourg, à Frontenay, à Saint- Lamain, par la rivière de Seille et 2 de ses dérivations, par la Sereneuse qui y prend sa source et par le ruisseau du Vieux-Creux.

Pop. en 1790, 425 hab.; en 1846, 477; en 1851, 459 , dont 214 nom.

et 245 fem.; pop. aggl., 452 hab. ; pop spécif. par kil. carré, 95 hab. ; 110 maisons, savoir : 102 au village, 6 au Prioré et 1 au Moulin ; 124 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Lyon et à Paris , et cependant les habitants manquent de bras pour cultiver leurs terres.

Les trois quarts de la population sont atteints de principes goitreux dans la jeunesse ; presque tous se guérissent aux premiers remèdes.

Cadastre exécuté en 1808; surf, territ. 479h 52a, divisés en 2285 parcelles que possèdent 568 propriétaires , dont 255 forains ; surf, imp. 460h 8la, savoir : 157h 60a en terres lab., 155h 75* en vignes , 70h 12a en prés, 55h 17acn pâtures, 24h 69a en bois taillis , 7h 90a en friches, 5h 1 la en graviers, 2h 44* en jardins, 2b 06a en sol des propriétés bâties et cours, 52* en vergers, 28a en plantations de noyers, 2* en murgers, d'un rev. cad. de 25,742 francs ; contrib. dir. en principal , 5666 fr.

Le sol, très fertile, produit des vins blancs et rouges de bonne qualité, du blé, du maïs , de l'orge, de

l'avoine, des pommes de terre, des légumes secs, de la navette, des fruits, du chanvre, du foin et des fourrages artificiels.

On élève dans la commune des bétes à cornes et des moutons. 40 ruches d'abeilles.

Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Sellières.

11 y avait avant 1789, une foire célèbre qui s'ouvrait le 10 août de chaque année et durait 10 jours.

Elle attirait une foule d'étrangers et de saltimbanques, comme celles de la Balme et de Longwy.

On trouve sur le territoire, des sablières, des carrières de pierre à bâtir ordinaire exploitées et des carrières de tuf non exploitées.

Une fromagerie produit annuellement 7000 kil. de fromage de bonne qualité.

Il y a un moulin à 4 paires de meules, un battoir à blé, une huilerie détruite en 1846 qu'on va reconstruire, 1 marchand épicier, 2 aubergistes, 3 tisserands, 2 maçons, 1 sabotier, 2 menuisiers, 1 tonnelier.

Biens communaux : une église , un cimetière, un presbytère, une maison commune bâtie dans une charmante position, construite en 1846 et qui a coûté 12,000 fr. Elle contientle logement de l'instituteur, la salle d'étude fréquentée en hiver par 55 garçons et 40 filles, une fromagerie avec ses cuves, le logement de l'institutrice et la salle d'école des filles. Cette partie est inhabitée , la commune n'ayant pas de ressources suffisantes pour assurer le traitement d'une institutrice. Les réunions municipales ont lieu dans ce quartier ; 6 fontaines , un oratoire dédié à saint Jean-Baptiste, et 54h

fe — 333 — B

18' de bois, pâtures, friches, gravières, terres, vignes , saulées, d'un rev. cad. de 746 fr.

Bots communaux : 25h 02* exploités en coupe biennale : essences dom.; chêne et hêtre.

Budget ; recettes ord. 2202 fr.; dépenses ord. 2202 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Bréry, Brariacus , Brariachum , Breriacus, Brairium, pagus Breriaci est si avantageusement situé , que, selon toutes les apparences, il y a toujours eu des hommes en cet endroit depuis que la Séquanie est habitée. En fouillant longuement et obstinément le sol , on y trouverait peut-être encore les restes plus ou moins effacés d'une bourgade antérieure à la domination romaine. Sans prétendre résoudre cette question , nous dirons qu'on a découvert en 1822, au versant oriental de la côte qui domine ce village et au-dessus des vignes, dans un climat dit au Barberon , avec des pièces de monnaie d'Antonin et de Constantin, une hache de sacrifice. On a trouvé dans la contrée du Rafour, en 1850 et 1851 et antérieurement, des sépultures construites en murs et couvertes de dalles renfermant des squelettes qui avaient à leurs côtés des épées rongées par l'oxide et des vases de terre. En Boussière, au Couvent, le sol est jonché de décombres et de tuiles romaines , au milieu desquels on rencontre des anneaux, des colliers et des armures antiques. Un grand chemin, reliant Lons-le-Saunier à Poligny traversait le territoire. Il est désigné dans les anciens titres sous le nom de vie Poire, vieux grand chemin, chemin des Allemand*, chemin de la Poste, chemin public (via publica). Ces dé-

nominations ne laissent aucun doute sur l'origine romaine de cette route qui traversait la Seille à Bréry, au Gué-Farou. Les historiens nous laissent ignorer complètement ce qui se passa dans ce lieu pendant plusieurs siècles. Le plus ancien titre qui en fasse mention est de l'an

Prieuré, Le 5 des calendes de janvier 1089 , le pape Urbain II adressa une bulle à Hugues, ahbé de Baume, confirmant les possessions de son monastère , parmi lesquelles figurait l'église de Bréry.

Cette église n'était qu'un simple baptistère , élevé dès l'origine du christianisme dans notre province.

Les moines de Baume ne (ardèrent pas à envoyer deux bénédictins sous les ordres d'un prieur pour percevoir les dîmes et autres revenus attachés à l'église qui leur avait été donnée. Cette colonie donna naissance au prieuré. Une bulle du pape Pascal du 5 des calendes d'avril 1107, comprend l'église de Bréry et ses dépendances , au nombre des possessions dépendant de l'abbaye de Baume. 11 en est de même d'un décret rendu en 1133 par Anséric , archevêque de Besançon. Les aumônes des souverains et des seigneurs du voisinage , enrichirent ce nouveau prieuré. En 1148, les religieux de Baume se permirent de maltraiter Ansbert, chanoine d'Aulun , qui venait en qualité de légat du Saint-Siège pour les visiter. Le pape, irrité de celte action, réduisît cette abbaye en simple prieuré, ordonna qne tous ses biens passeraient à Cluny, dont les moines, expulsés de leur maison , reconnaîtraient l'obédience. Les monastères voisins profitèrent de ces désordres pour s'enrichir des dépouilles de Baume.

Ainsi l'abbaye de Château -Chai on

se fit confirmer par le pape Urbain IV, en 1 1 84, la possession de l'église de Bréry. Frédéric Barberoussc, par son diplôme de 1157, restitua bien à Baume le village, Brariachum, mais il ne dit pas un mot de l'église. En 1 165 , il en assura même la propriété aux. dames de Chàteau-Chalon avec les dîmes et une maison élevée sur le cimetière. Le pape Luce III en fit de même par une bulle de l'an 1181. Cependant l'anti-pape Victor , en 1 162 , et le pape Clément III, en 1190, reconnurent positivement que l'église et le village de Bréry appartenaient aux religieux de Baume. Ces chartes qui semblent contradictoires, prouvent simplement que les deux monastères de Baume et de Chàteau-Chalon, avaient des droits indivis sur cette église, le premier à cause du prieuré de Bréry, le second à cause du prieuré de Saint- Lamain. Dès qu'un chapitre général, tenu à Cluny en 1208, eut autorisé les abbayes à unir les prieurés aux offices claustraux, celui de Bréry ne devint plus qu'un simple fief attaché à l'office de grand chambrier de Baume. M. l'abbé Richard, dans son Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude , page 174, donne une toute autre origine à ce petit monastère. 11 prétend qu'un religieux du nom de saint Lamain , fuyant soit devant les Sarrasins, en 732, ou devant les Normands , de 888 à 889 , fut mis à mort dans le village qui porte son nom ; qu'un prieuré fut établi dans le village de Bréry, dépendant de la paroisse de Saint-Lamain , et que plusieurs papes en confirmèrent la possession à l'abbaye de Baume. Cet historien ajoute que le patronage du prieuré de Bréry et de l'église de Saint-Lamain passa à l'abbesse de Chàteau-Chalon, qui envoya à Bréry

une prieure avec quelques religieuses. Il soutient que Chevalier a commis une erreur manifeste , en avançant que celle colonie de Chàteau-Chalon habitait Sainl-Lamain ; car il n'y eut jamais , dit-il , de maison religieuse en cet endroit. Noos avons eu bien des fois déjà l'occasion de remarquer qu'il était très difficile, pour ne pas dire impossible, d'écrire l'histoire de lieux qu'on ne connaissait pas. En voulant relever une erreur, M. Richard est tombédans une autre. Le prieuré de Bréry n'a jamais cessé d'appartenir à l'abbaye de Baume ; il n'a jamais été habité par des religieuses de Chàteau-Chalon. Il y a eu une maison religieuse à Sainl- Lamain, occupée par des nonnes de Chàteau-Chalon. Elle existait encore en 1789. M. Richard nousenfournit du restelui-même la preuve. Unoos dit, page 342, que Chàteau-Chalon avait des prieurés à Piaisia,Gevingey, Saint-Lamain et Noires.

Maison prieurale. Elle étaîtsitaée au sommet d'un coteau , à un kilomètre sud -ouest du village , dans un climat qui en porte encore le nom.

Sa position était fort pittoresque ; on découvrait de là une foule de riches villages et de beaux châteaux. Elle se composait d'un vaste bàliment d'habitation et d'une tour seigneuriale, avec grangeages, jardins, vergers, le tout clos de murs et réparé presque à neuf en 1 700 , par M.

Claude-Louis Oyselet , dit de Chaotrans, l'un des prieurs. 11 n'en reste d'autres vestiges que quelques pans de murs délabrés.

Prieurs. Les prieurs de Bréry étaient seigneurs du village. Dans l'Annuaire de Jura pour 1 842, M. D.

Monnier a fait connaître la liste des prieurs. Quelques noms ayant échappé à ses recherches , nous allons la compléter. Les premiers titulaires

parvenus à sa connaissance ne remontent qu'au xvie siècle. Ce qui a induit en erreur cet historien, c'est qu'il ignorait que ce prieuré était uni à l'office de grand chambrier. Jeanle-Bois était prieur en 1582 ; Humbert de Malotte, en 1445; Pierre Grand, en 1452; Antoine le Gaignard, en 1496; Philibert Fauquier, en 1530 ; Jean Coulot , en 1550 ; Adrien de Chaulcin , en 1555; dom Gaspard -Frédéric deChavannes, vicaire-général, grand prieur et grand chambrier, en 1607 ; Antoine Doncieux , en 1611 ; Philibert de Molpré, en 1614 ; Joachim de Dortans, en 1623; François de Jouffroy-Gonsans, en 1654; Réné Benoit Dupin, en 1655; Claude-Louis d'Oyselet, dit de Chantrans, en 1663 ; Laurent d'Oyselet, en 1706; Gaspard de Visemal de Frontenay, en 1717 ; Antoine du Pasquier , seigneur de la Vilette, en 1724 ; Gabriel-Frédéric du Pasquier, frère du précédent, en 1740. Les bénéfices attachés aux offices claustraux ayant été réunis à la manse capilulaire , lors de ia sécularisation de l'abbaye de Baume en 1761, le chapitre devint seigneur de Bréry.

Droits seigneuriaux. Le seigneur prieur avait la justice moyenne < t basse sur les habitants et sur le territoire , en vertu d'une concession faite en 1297 , par Renaud de Bourgogne , comte de Montbéliard , qui ne se réserva que la garde du prieuré et l'exécution à mort des criminels. 11 avait le droit d'instituer, pour l'exercice de cette justice , un châtelain, un procureur, un greffier, un sergent, un forestier et un gardefruits. Le juge châtelain connaissait des causes réelles et personnelles , civiles et criminelles , sur tous les sujets de la seigneurie. Le lendemain du jour de la fête de saint

Laurent seulement, les officiers du seigneur de Sellières, tenaient des assises à Bréry et avaient seuls le droit d'exécuter les sentences du châtelain emportant des condamnations à mort. Le prieur avait la banalité du moulin et du battoir , du four, les langues de bœufs et de vaches tués dans le village, la chasse et la pèche exclusives, le droit de publier le ban des vendanges , d'échantillonner les mesures, d'exiger de nombreuses corvées à bras et à voitures pour cultiver et vendanger la vigne de la Corvée , faucher 1 2 soitures de pré , amener des denrées à Baume et du bois au prieuré. Il avait la propriété de vastes terrains en terres, vignes et bois , une petite dîme sur certains cantons et le tiers de la grande dîme, dont les deux autres tiers se partageaient entre le curé de Saint-Lamain et l'abbesse de Chàteau-Chalon. Les sujets se rachetèrent, au xvue siècle, de la banalité du four, moyennant trois gerbes de froment par ménage; des corvées pour la culture des vignes du prieuré, moyennant 120 livres , et obtinrent le droit de pécher à la ligne et à la trouble dans la rivière de Seille.

En 1797, les principaux propriétaires forains après le prieur étaient M. le comte de Mantry, M. le marquis de Vaulchier, M. Courcenet de Bretenières, les oratoriens de Poligny, le celerier de Baume, M. Richardot de Choisey, MM. de Crécy , de Vaudrey, de Saizenay, de Montrichard, de Grammont, le prince d'Iscnghein, les cordeliers de Sellières, la Charité de Poligny et PIIôtel-Dieu de Lons-le-Saunier.

II y avait un fief dit de Chaulcin, avec chapelle seigneuriale dans l'église.

Evénements divers. Bâti sur le

bord d'un grand chemin , Bréry eut à souffrir de toutes les invasions qui désolèrent notre province , aux différentes époques de notre histoire.

La peste de 1 636 et la guerre de dix ans dépeuplèrent entièrement cette Contrée. Des incendies partiels arrivés en 1806 , en 1832, en 1837 et 1848 ont dévoré plusieurs habitations.

Paroisse. L'église de Saint-Lamain, dédiée à saint Etienne , est une des plus anciennes de la province. La paroisse comprenait SainU Lamain; Bréry, Passenans, et Montchauvier. La chapelle dédiée à saint Laurent, érigée à Bréry , jouissait , malgré son titre de chapelle simple, depuis un temps immémorial , de tous les caractères de la paroissialité. Elle avait un cimetière, des fonts baptismaux. Le curé de Saint-Lamain venait y célébrer les offices tous les dimanches et les jours de fêtes, et y administrait tous les sacrements. Les habitants n'étaient tenus d'assister à la messe de Saint-Lamain que le jour de Pâques. Au xvme siècle , ils prétendirent que leur église était une église mère, et qu'ils ne dépendaient de celle de Saint-Lamain que depuis le malheur des guerres. Leurs prétentions furent repoussées par une sentence du bailliage de Poligny de 1730 et par deux arrêts du parlement de 1739 et 1749.

Eglise. L'ancienne chapelle, bâtie sur l'emplacement du baptistère primitif , était isolée du village et 6'élevait â côté du prieuré. L'église actuelle fut commencée en 1767.

Elle est dédiée à saint Laurent , martyr, dont on célèbre la fête le 10 août. Elle se compose d'un clocher , d'une nef terminée par une portion d'octogone , de deux chapelles et d'une sacristie. Cet édifice, remarquable par la pureté

de sa distribution et de sa décoration intérieure, est de l'ordonnance toscane.

Curiosités. Outre les nombreuses antiquités romaines sur lesquelles nous appelons l'attention des archéologues , on remarque à Bréry une délicieuse habitation, dont lé principal corps de bâtiment est flanqué aux quatre angles de gracieuses tourelles quadrangulaires d'un aspect tout féodal; elle appartient 1 M. Wladimir Gagneur, de Poligny.

Aux Boussières, des courants d'eaux souterraines minent le sol et occasionnent de profonds enfoncements en forme d'entonnoirs. On a détruit, en 1840, un signal télégraphique élevé sur la côte de la Faye, par les officiers d'état-major, pour la confection de la carte de France.

BIOGRAPHIE

C'est à Bréry qu'est mort, co 1852, M. Claude-François Manèque, néàArlay en 1775, officier d'une bravoure et d'une intelligence remarquables, major d'infanterie, chevalier de Saint-Louis et de la légion-d'honneur. Ses fils marchent sur ses traces. L'un d'eux, Aime- Charles - François - Joseph , né en 1808, est colonel du 58e régiment de ligne ; le plus jeune, né en 1812, est capitaine d'état-major, décore.

Bretenlére (la), vg. derarr.de Dole, cant. et perc. future de Dampierre, perc. actuelle et bur. de poste d'Orchamps , paroisse d Etrepigney; à 10 kil. de Dampierre, 1»

de Dole et 70 de Lons-le -Saunier

Bâti dans une gorge étroite parallèle à la rive gauche duDoulw, <* village est limité att nord par w* champs et Etrepigney, au sud F Our et Etrepigney, à l'est par

pigney et à l'ouest par Our. La tuilerie fait partie de la commune.

Altitude : 250m.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Orchamps, à Etrcpigney, à Our, et par le ruisseau de la Vaine- Raye qui descend de la forêt de Chaux, s'engouffre à quelques pas du moulin, dans une crevasse de rocher et va ressortir près d'Etrepigney, au pied de la côte de Sancy, pour se jeter à peu de distance de là dans la rivière du Doubs.

Les maisons, isolées, sont généralement construites en pierres et couvertes en tuiles.

Pop. en 1790, 512 hab.; en 1846, 311 ; en 1851, 518, dont 151 hom. et 167 fem.; pop. spéc.

par kil. carré, 196 hab.; 7b' maisons, 83 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792 ; ceux antérieurs sont à Etrepigney.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Paris.

Cadastre exécuté en 1809; surf, terr. 162h 89*, divisés en 730 parcelles que possèdent 169 propriétaires, dont 71 forains; surf. imp. 158u 82*, savoir : 130u 60a en terres lab. , 8h 99* en vergers , 7h 54* en prés, 4h05* en friches, 2h 52* en vignes, 2h 26* en sol des propriétés bâties, lh 58* en étangs, lh 37* en jardins, 7* en mares ou abreuvoirs, d'un rev.cad.de 5431 f.; contributions directes en principal , 1045 fr.

Le sol , d'une fertilité moyenne , produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs, beaucoup de pommes de terre, des légumes secs, de la navette , des fruits , du foin , des fourrages artificiels et du chanvre.

Les vignes ont toutes été extirpées depuis l'exécution du cadastre. On

importe tout le vin nécessaire à la consommation.

On élève dans la commune des bêtes à cornes, des cochons, des moulons et des chèvres. 20 ruches d'abeilles. L'agriculture est en progrès. On emploie pour engrais le fumier et le gypse.

Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir exploitées. *

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole.

Il y a un moulin à 3 tournants , une tuilerie renommée par ses produits, une auberge, 1 marchand épicier et un sabotier. Profitant du voisiuage de la forêt de Chaux, la population se livre et s'est livrée de tout temps à la fabrication des paniers à terre et à charbon appelés rasses. Il y a aussi plusieurs tisserands.

Biens communaux : une maison commune insuffisante, construite en 1834, contenant la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 25 garçons et 20 filles ; un puits public, une fontaine en mauvais état et 18* en terre et abreuvoirs d'un rev. cad.

de 2 fr. 13 cent.

Bois : ce village jouit d'un droit d'usage dans la forêt de Chaux.

Budget : recettes ord. 1850 fr. ; dépenses ord. 1850 fr.

NOTICE HISTORIQUE

La Bretenière , Labretenière, est bâtie sur la lisière de la forêt de Chaux, l'une des plus belles de France. Si on en croit la tradition , celle antique forêt fut jadis consacrée par les druides et servit d'habitation aux prêtres gaulois. Tous les villages qui l'entourent parais-

sent remonter à l'antiquité la plus reculée. Le savant Bullet fait dériver le nom de la Brelcnière de Bretin , er, qui signifie en langue celtique mauvaise terre. Rapproché de la castramétation romaine d'Orchamps, il est probable que ce lieu fut habité sous la domination romaine.

Toutefois, son nom se rencontre fort tard dans les titres. M. Béchet cite une charte de Tan 1257. dans laquelle il figure; mais cet historien a confondu la Brclenière avec Brelenières. On ne doit pas être surpris du silence des chroniqueurs. Ce village était une dépendance de la paroisse d'Etrepigney. Les bulles des papes, les diplômes des souverains ne nommaient souvenlque les lieux, où était bâtie une église, ce qui comprenait néanmoins la paroisse entière. Le pape Calixte II , confirma de 1 1 20 à 1422, l'église d'Etrepigney à l'abbaye de Saint-Paul de Besançon. En 1175, l'archevêque Eberard approuva la sentence par laquelle Burcard d'Ancel, légat impérial, confirmait à l'obédiencier d'Etrepigney, son droit d'usage dans la forêt de Chaux.

Seigneurie. La Bretenière dépendait dans l'origine en toute justice de la prévôté d'Orchamps. Elle fut érigée en fief avec moyenne justice.

Philippe Benoit était seigneur de ce village en 1572 ; il avait épousé Jeannette de Saint-Mauris, fille de Guillaume de Saint-Mauris, conseiller au parlement de Dole, et de Françoise Nicod. Il eut pour fils Jean- François Benoît, marié à Désirée Mayrot. On retrouve ensuite noble Gaspard Balland, qui s'allia à Bonaventure Boyvin, fille du célèbre présidentBoyvin. M. Balland était connu par son goût pour l'histoire de la province. Parent de Lacuzon, il pos-

sédait un titre prouvant que Louis XIV offrit à ce dernier le cordon rouge pour prix de sa soumission.

Cette terre ne cessa dès lors d'appartenir à la famille Balland jusqu'en 1789.

Château. On remarque dans un climat dit aux Baraques, les vestiges d'une motte artificielle circulaire,entourée de fossés,sur laquelle s'élevait une maison- forte. Oa a extrait, il y a peu de temps encore, de nombreux matériaux provenant des ruines de ce château.

Chapelle. Dans la contrée appelée à la Chapelle , au sud-est du village, se trouvait une chapelle seigneuriale dédiée à saint Thiébaud, détruite seulement en 1790. La cloche fut transportée au château de M. de Toulongcon, à Eclans.

Fêle patronale. Saint Etienne, dont on célèbre la féle le 5 août.

Evénements divers. Un incendie arrivé le 50 mars 1 837, chassa hors de leurs maisons dix ménages et occasionna une perle de 20,000 fr.

On trouvera, à l'article Orchamps, les faits intéressant les villages de la prévôté en général.

Broient ère», vg. de l'arr. de Dole, cant. de Chaussin, perception actuelle de Rahon ; perc. future et bur. de poste du Déchaux ; paroisse de Tasscnières; à 13 kil. de Chaussin , 23 de Dole et 52 de Lons-le- Saunier.

Situé dans une plaine, borné au midi par la longue chaîne de bois qui s'étend jusqu'à la Chassagne et au nord par la jolie prairie qu'arrose la rivière d'Orain , il est limité au nord par Villers-Robert et Villersles-Bois , au sud par Biefmorin , à l'est par VilIcrs-les-Bois et à l'ouest par Tassenicres.

Altitude : 2ft2Tn.

Il est traversé par le chemin de gr. com. n° 22 , de Poligny à Tassenières, par les chemins vicinaux tirant à Tasscnières, à Seligney , à Villers-les-Bois et à Biefmorin , par les biefs des étangs Guyot, Chot, la Folie , du Grand-Chagnat et du Viseney ou Visemal.

Les maisons sont généralement isolées , bâties en pans de bois avec briques ou pierres et couvertes en chaume, à l'exception de quatre, couvertes en tuiles. Les rues sont en très bon état et bien percées. 11 y a vingt-cinq ans , celte commune n'avait pas de chemins ; on ne pouvait y arriver qu'à travers les terres labourées ; pendant la mauvaise saison , elle était inaccessible.

1 72 ; en 18b 1, 169, dont 84 garçons et 85 filles; pop. spéc. par kil.

carré, 41 hab.; 32 maisons; 45 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1795.

Les jeunes gens n'émigrent pas.

Cadastre exécuté en 1829; surf, territ. 400h 44a, divisés en 994 parcelles que possèdent 140 propriétaires , dont 87 forains ; surf. imp.

393h 70a, savoir : 159h 21a en bois, iktih 68a en terres lab., 65h 62a en prés , 10h 72a en étangs, 7h 91a en pâtures, 5h76a en friches, lh 73a en soldes propriétés bâties, lh 28a en jardins, 75a en vergers, d'un rev. cad. de 6894 fr.; cont. dir. en princ. 980 fr.

Le sol , d'une fertilité moyenne , produit du froment , du seigle , de l'orge, de l'avoine, du maïs, des légumes secs, de la navette, des pommes de terres, des fruits, du foin , des fourrages artificiels et du chanvre.

On importe le vin et on exporte le quart du produit des céréales.

Le revenu réel des propriétés est de 3 f. 50 cent, pour cent.

On élève dans la commune des chevaux , des bétes à cornes , des moutons , des cochons et des volailles. 50 ruches d'abeilles.

L'agriculture y est en grand progrès. On emploie pour engrais le fumier et les cendres.

11 y a sur le territoire cinq étangs très poissonneux , des carrières de gravier exploitées et du minerai de fer non exploité.

Biens communaux : une maison commune avec beffroi et cloche construite en 1832, qui a coûté 20,000 fr. Elle renferme la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 20 garçons et 16 filles; 156h 85ade bois, pâtures, friches, mares, d'un rev. cad. de 1855 fr.

Bois communaux : 151b 87a, dont 4h 35a sont en exploitation annuelle. Essences dominantes : chêne, charme et tremble.

Budget : recettes ord. 2500 fr.; dép. ord. 2500 fr.

NOTICE HISTORIQUE

La voie romaine venant de Tavaux se dirigeait sur Poligny, en traversant au sud le territoire de Bretenières. A une certaine distance de celte route, à Test du village, on rencontre de vastes débris de constructions antiques. Toutefois le plus ancien titre qui fasse mention de ce lieu, ne remonte qu'à 1257.

Seigneurie. Au moisdejuin 1257, Mathé, sire de Longwy, se fit homme-lige de Hugues , comte palatin de Bourgogne, et d'Alix son épouse, en reconnaissance de bienfaits et leur fit hommage volontaire de Bretenières, Tassenlères et Moussières, qui étaient de son alleu, avec les hommes et les appendices de ces

(rois lieux qualifiés de villes. Au moment de la guerre qui existait entre le comte Hugues et Jean de Cbalon l'Antique , son père , ces deux seigneurs cherchaient par tous les moyens possibles à s'attacher des vassaux. Ce lief dépendait , pour la haute justice, de la prévôté de Colonne et formait une seigneurie en moyenne justice, possédée successivement par les maisons de Salins et de Visemal. Jean de Visemal vendit, en 1562, son manoir féodal et un vaste domaine à Catherin Courcenet, né en 1 bi», en Savoie. Cette maison était située dans le meix de la Grange , où est aujourd'hui celle de Pierre Courcenet, sur le bord sud de la rue principale du village. La seigneurie proprement dite passa, par acquisition, à la famille Froissard de Broissia. Au mois de décembre 1697, Louis XIV érigea en marquisat, en faveur de Jean-Bapliste Froissard de Broissia, les terres de Châtenois , Bellecin , Rantechaux et Bretenières, à charge de tenir le tout de lui en foi et hommage. La maison de Broissia possédait encore cette seigneurie en 1 7 89 .

Evénements divers. Les habitants de Bretenières furent horriblement maltraités par les armées de Henri IV en 1595. L'armée du prince de Condé fut une charge bien lourde pour eux, et cependant elle était tolérable, comparée aux malheurs qu'entraîna l'occupation immédiate des armées impériales qui marchaient au secours de Dole. Le nom de Gallas , qui commandait ces armées, est encore en exécration dans la mémoire de la population. La peste mit le comble à tant de maux.

11 ne resta pas la dixième partie des habitants. Les vieillards racontent que leurs pères allèrent chercher un refuge dans les bois et creusè-

rent des trous dans lesquels cbaquc famille se réfugiait. On remarque en effet dans les bois de Bretenières des mares profondes , au fond desquelles on trouve des pièces de bois bien conservées. La nature de ces mares, d'une profondeur incommensurable et remplies d'eau , ne nous permet pas de les considérer comme dues au travail de l'iionime. Elles sont le résultat d'un phénomène géologique, comme les enfoncements qu'on remarque dans la montagne.

Fête patronale. Saint Genest, martyr, dont on célèbre la fête le 26 août.

BIOGRAPHIE

Parmi les descendants de Catherin Courcenet, établis à Bretenières, plusieurs tinrent un rang distingué dans le barreau; l'un d'eux fut curé à Tavaux pendant 56 ans, un autre capucin. Dominique Courcenet (1764- 1851), ancien professeur de l'Oratoire, juge de paix à Chaussin pendant 30 ans, était un versificateur habile et un poète aimable.

BreTaDi, Breuvans, vg. de l'arr.

de Dole, cant. de Rochefort, perc.

d'Aulhume, bur. de poste de Dole, paroisse de Baverans; à h kil. de Rochefort, 3 de Dole et 55 de Lonsle-Saunier.

Situé sur le côteau qui borde la rive droite du canal du Rhône au Rhin, dans une position fort agréable, il est limité au nord par Authume et Rochefort, au sud par Dole, à l'est par Falletans, Baverans et Rochefort et à l'ouest par Authume et Dole.

Il est traversé par la roule nat.

n° 73, de Moulins à Bàle, par les chemins vicinaux tirant à Dole, à Authume, à Baverans, à Falletans ,

par le Doubs , le canal du Rhôue an Illiin et les contre-fossés de ce canal.

Les maisons sont généralement bâties en pierres et couvertes en tuiles ; celles couvertes en chaume sont peu nombreuses.

Pop. en 1790, 212 habit. ; en 1846, 284; en 1851 , 276 , donl 122 nom. et 154 fcm.; pop. spéc.

parkil. carré, 76 hab.; 52 maisons, 66 ménages.

On n'émigre pas.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.

Cadastre exécuté en 1 836 ; surf, territ. 560h 24* , divisés en 923 parcelles que possèdent 119 propriétaires, dont 56 forains; surf, imp. 349h 15% savoir : 245h 80* en terres lab., 45h 26* en prés, 25h 99* en bois, 12h 87* en friches, 7h 23* en vignes, 4b 90* en pâtures, 2h 58* en sol des propriétés bâties, 2h 11* en jardins, d'un rev. cad . de 7847 f. ; cont. dir. en principal, 1861 fr.

Le sol produit du blé, de l'orge, beaucoup d'avoine, delà navette, des pommes de terre, des légumes secs, beaucoup de fruits, du chanvre, du foin, des fourrages artificiels, des vins blancs et rouges en petite quantité.

On élève dans la commune des chevaux, des bœufs de trait et des bœufs gras, des vaches , des veaux et des cochons. 80 ruches d'abeilles.

Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole. La vente du jardinage et du laitage est une de leurs grandes ressources.

On trouve sur le territoire des sablières exploitées, des carrières de pierre àjbâtir et de taille non exploitées. Il y a une auberge, un ma-

réchal-ferrant taillandier, on menuisier et un cordonnier.

Il y a quelques années , M. Thibert avait fait construire une verrerie à bouteilles dans ce village. Cette usine, dirigée avec beaucoup de tact et de savoir par M. Grillot-Vandevelle, employait soit en souffleurs , soit en manœuvres, 60 à 70 personnes. Le sable était tiré d'une propriété voisine de la forêt de Chaux et du territoire d' A xans ; les produits , qui pouvaient s'élever à 3000 bouteilles par jour, étaient principalement recherchés pour le vin mousseux et employés en Champagne , en Bourgogne , à Salins et à Arbois. Tous les oulils nécessaires à la cuisson du verre étaient fabriqués par des ouvriers habiles, dans l'intérieur même de l'établissement. On y ajouta en 1841 un four que Ton chauffait avec des résidus de houille et qui donnait 5 à 6 queues de chaux grasse et de chaux hydraulique, dont la qualité passait pour très bonne. La verrerie n'existe plus; elle est remplacée par une gypserie et un battoir à blé.

Biens communaux : une maison commune convenable , contenant la mairie, le logement de l'instituteur et de vastes dépendances, la salle d'étude, fréquentée en hiver par 32 garçons et 28 filles ; une fontaine avec lavoir et abreuvoir, une croix sur la place publique et 23h 53* de bois, friches et pâtures , d'un rev. cad. de 136 fr.

Bois communaux : Baverans et Brevans ont 66h 80* de bois , dont lb 93* sont en exploitation annuelle.

Essences dominantes : chêne et charme.

Budget: recettes ord. 2358 fr. ; dép. ord. 1910 fr.

Bureau de bienfaisance : rec.

ord. 118 fr.

NOTICE niSTOHIQUB.

L'origine de Brevans se perd dans la nuit du moyen-âge. Son nom ne ligure que fort rarement dans les anciennes chartes. Simple dépendance de la paroisse de Baverans , c'est ce dernier lieu qui apparaît dans les titres. Il est du reste difficile de les distinguer. Breuvans , Beuverans ont une telle analogie, que souvent un nom a été mis pour l'autre.

Seigneurie. Ce village dépendait en toute justice de la prévôté de Dole. En 1725, les droits appartenant au souverain furent adjugés à M. Jobard de Dole ; ils passèrent, vers 1748, à M. Claude Gauthier, conseiller à la cour des comptes de Dijon , qui se qualifiait de seigneur de Brevans. Il y avait en outre plusieurs fiefs épars sur le territoire. L'un d'eux appartenait en 1789 à M. Moréal de Grozon. En 1500, Outhcnin de Gevry reprit en fief de Mahaut d'Artois, douairière du comte Otton, la maison-forte de Brevans et ses appartenances. Nicolas de Grammont, prêtre, fit de même le 15 juillet 1552. Une maison noble de nom et d'armes porte le nom de ce village.

Château. Le château-fort était situé dans la vallée du Doubs, presque sur le bord de la rive droite du canal du Rhône au Rhin. Son plan était de forme très irrégulière. Il était précédé d'une cour close, destinée aux rctrahants; puis venait le pont-levis, défendu par une tour carrée adhérente au château et armée d'une herse. Après avoir franchi la porte ouverte sous cette tour, on se trouvait dans une seconde cour, entourée de bâtiments constituant la forteresse. La façade principale, tournée à l'est, était munie à ses

deux angles de tours circulaires avec meurtrières. Autour du château étaient d'immenses fossés, dans lesquels on mettait l'eau au moyen d'un conduit souterrain qui correspondait à une fontaine.

De cette forteresse il ne reste rien qui indique sa destination primitive. Les ouvertures ont été agrandies et on en a pratiqué de nouvelles; les tours ont été démolies et les fossés comblés ; de nouvelles constructions ont été ajoutées aux anciennes ; le tout sert aujourd'hui de bâtiments d'exploitation d'une gypserie , bâtie à quelques mètres de l'enceinte du vieux château, et appartient, depuis la vente des biens nationaux, à MM. Courcenet de Tassenières et Bretenières. Derrière le château est un vaste clos euiplanté de vignes, dont les vins blancs pouvaient rivaliser autrefois avec les meilleurs d'Arbois; en voulant obtenir de plus grands produits , on en a altéré la qualité.

On a trouvé, en 1822, prés du château, une plaque en composition de cuivre et d étain, représentant saint Georges, patron des chevaliers, ou Curtius se précipitant dans le gouffre. Cet ornement, qui date de la renaissance, est au musée de Dole.

Evénements divers. Les annales de ce village se lient d'une manière si intime à celles de Dole, qu'il est difficile de les séparer. Le sire de Craon était venu assiéger Dole, en 1^77 et fut repoussé. Louis XI ne put pardonner à ce seigneur l'affront subi par les armées françaises. Il lui ôta son gouvernement de Bourgogne et lui donna pour successeur Charles d'Ainboise, sieur de Chaumont.

Un armistice avait été conclu , durant lequel les seigneurs du comté , fidèles à Marie de Bourgogne , leur légitime souveraine, organi-

sèrent la résistance , fortifièrent les castcls et demandèrent à l'archiduc Maximilien des secours que ce souverain fit longtemps attendre et restregnit à un petit nombre d'hommes.

D' Amboise craignant de voir les mouvemeuts de ses ennemis se régulariser , leur nombre s'accroître et la guerre de partisans s'étendre sur toute la surface du territoire , n'attendit pas la fin de la trêve , qui devait expirer le 1er mai 1479, pour entrer en campagne. Après avoir anéanti dans une embuscade la fleur de la noblesse comtoise, au milieu de la forêt de Chaux , il entreprit le siège de Dole. Après trois heures de lutte (5 mai 1479), les Français étaient parvenus à faire une brèche aux murailles, entre la tour des Bénits et la Porte-Verte. Les Dolois , au milieu de la nuit , sortent en silence par cette dernière porte , se précipitent avec des cris épouvantables sur le camp volant de Charles d'Àmboise dont ils franchissent les limites et exterminent les vedettes.

Le général français, à la pointe du jour , se hâta de rallier ses troupes et chercha à les déployer; mais serrées par les nôtres, toutes manœuvres étaient devenues inutiles. On se battait à l'arme blanche avec un courage égal. D'Amboise perdit du terrain ; sa retraite lui coûta beaucoup de monde , et les Dolois ne cessèrent de le poursuivre qu'auprès du village de Brevans. C'est là que le général français rallia de nouveau ses troupes , où un détachement de l'armée de réserve était venu pour le secourir. On trouvera à l'article Dole les détails de ce siège célèbre.

Pendant le siège de 1630, les Français avaient une partie de leur armée campée sur le territoire de Brevans.

Quatre ans plus tard , le marquis

de Villeroy , envoyé par le cardinal de Richelieu pour ravager le comté de Bourgogne , se présenta sur les hauteurs en avant du château de Brevans, avec un corps de troupes assez considérable.

« Dans les masures du château, dit un vieux chroniqueur, étaient quelques soldats, avec d'Olans, adjudant du comte de Laverne, gouverneur de Dole , qui avait si vaillamment défendu cette place contre le prince de Condé. Le comte de Laverne donna ordre à d'Olans de se retirer. D'Olans se fit jour à travers ses ennemis sans perdre aucun de ses gens. La plus grande et la meilleure moisson était de ce côté, à laquelle Villeroy voulut appliquer ses faucheurs , qu'il avait de nouveau armés de faulx, mais il en fut gardé par une puissante sortie qui repoussa les faucheurs et leurs gardes jusque devant Brevans. La nuit était à craindre, et il fut résolu par les bourgeois intéressés, une pareille sortie à celle qui avait été faite de jour. Duchamp, capitaine de l'artillerie, dressa quantité de fallots qui furent posés et allumés de nuit à la campagne où étaient les blés. Le comte de Laverne n'approuvait pas cette sortie de nuit.

11 la disposa néanmoins par de petites escadres qu'il fit poser en divers endroits, afin qu'il y eût garde partout , leur recommandant de ne pas bouger de leurs postes jusqu'à ce qu'il les en retirât, et donna ordre à la cavalerie de reconnaître et avertir de tous mouvements de l'ennemi, la partageant en pelotons et leur assignant les lieux où ils passeraient , entre la lumière des fallots.

» Les combats de nuit sont rare-

ment sans confusion : aussi ,

dans

cette sortie , tout fut désordre de part et d'autre ; car ceux de Do\e n'obéirent pas : ainsi , chacun aUa

prendre soin de son champ , et en ces allées et venues , les uns et les autres , croyant avoir l'ennemi sur les bras, s'arquebusèrent vigoureusement. Lacroix, lieutenant de cavalerie, qui était en réputation , fut percé d'une mousquetade et retourna mourir à la ville. Brun , dans sa barricade , persuadé que les bourgeois sortis, étaient accablés par les Français , demandait du secours et faisait sonner les cloches incessamment.

» Villeroy croyait que le baron d'Arnans, qui était alors la terreur de ses soldats , était arrivé à Dole avec sa cavalerie. Sorie, l'un de nos plus braves capitaines , avait donné bien à propos cette baie au général ennemi, et comme ce lieutenant de Louis XIII entendait dans la ville un grand bruit , il quitta Brevans, et se tirant en arrière du côté de Bavera ns, il demeura toute la nuit sur la défensive. »

Louis XIV étant venu en personne, en 1668, diriger le siège de Dole, occupa quelque temps ce village avec son quartier général. Il séjourna dans une maison détruite en 1 839, sur l'emplacement de laquelle est construite l'habitation de M. Jacquemont-Dumouchet. En creusant les fondations de cette maison , en 1843, on ramena à la lumière plusieurs squelettes humains parfaitement conservés. Un climat dit à la Croix des Bourguignons, rappelle sans doute le souvenir d'un combat entre les Français et les Comtois.

De 1668 à ce jour, nous n'avons trouvé aucun fait saillant à enregistrer, si ce n'est un incendie de neuf maisons, arrivé en 1840.

BIOGRAPHIE

Ce village est la patrie de : 1

de M. Benjamin Constant , fille de M. Just-Louis Constant de Rebèque et d'Anne-Jeanne-Marie Magnin de Biteuse de Brevans, née le 3 juin 1792, et mariée à M. Bellard Destourn elles. M. le général de Rebèque avait acquis à Brevans une jolie maison, que son illustre fils vint habiter à plusieurs reprises. Le grand publiciste y parut pour la dernière fois quelques semaines avant les journées de Juillet. Marie Destournelles a publié plusieurs romans gracieux, tels qu'Alphonse et Mathilde, Pascal ine, les deux Femmes, presque tous écrits à Brevans. La demeure de Mme Destournelles appartient aujourd'hui à M. Thibert , qui l'a transformée en maison de cultivateur.

2* De M. Lambert (1764-1834), chef de bataillon.

Vrilla , commune réunie à celle de Maisod , le 11 septembre 1822.

Briod 9 vg. de l'arr. et bur. de poste de Lons-le-Saunier , cant. , perc. et paroisse de Conliège ; à 3 kil. de Conliège et 7 de Lons-le- Saunier.

Bâti sur le premier plateau du Mont- Jura, il est limité au nord par Perrigny et Vevy, au sud par Publy, sur un point seulement, et par Conliège, à l'est par Vevy et à l'ouest par Perrigny et Conliège. La Rochette et la grange de Coldres font partie de la commune.

Altitude : S40m ; l'église de Saint- Etienne de Coldres, 556m.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Conliège , à Vevy, à Blye et à la route dép. n° 2 > de Chalon en Suisse.

Les maisons, groupées, sont bâties en pierre avec chambres et cuisines

Mm0 Louise-Marie-Anne de Rebèque, | généralement voûtées et couvertes

en laves ou en chaume. Elles n'ont pour la plupart qu'un rez-dechaussée.

Pop. en 1790, 249 habit.; en 1856 , 537; en 1851, 221, dont 123 nom. et 98 fem. ; pop. spécif.

par kil. carré, 54 hab. ; 59 maisons, savoir : 51 à Briod , 1 à la Rochette et 1 à Coldres.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1766.

Les jeunes gens émigrent en grand nombre pour aller au service à Lyon et à Paris.

Cadastre exécuté en 1817 : surf, lerrit., 403h89*, divisés en 1162 imp. 394h 93a, savoir : 257h 39* en terres lab., 89h 29a en pâtures, 43h en bois, 3h 82* en jardins, lh 61* en sol des propriétés bâties , 58* en broussailles, 8* en abreuvoirs et mares , d'un rev. cad. de 8440 fr. ; cont. dir. en principal, 937 fr.

Le sol , peu fertile , produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs , des pommes de terre, de la navette , du colza , des légumes secs, des betteraves, des fruits, du foin et des fourrages artificiels.

On exporte le cinquième des céréales et on importe le vin.

On élève dans la commune des chevaux , des bétes à cornes et des moulons. 20 ruches d'abeilles.

Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 c. pour cent.

On trouve sur le territoire des carrières abondantes de pierre à bâtir et de taille de très bonne qualité et des sablières.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier.

Une fromagerie produit annuellement 7500 kil. de fromage façon Gruyère, de bonne qualité.

Les seuls patentables sont : un marchand de bois et deux exploitants de carrières.

Biens communaux : une église à Coldres avec un cimetière à l'entour, une chapelle à Briod , une maison commune contenant la mairie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude, fréquentée en hiver par 25 garçons et 18 filles, et un appartement loué à un particulier, une fontaine, deux puits communaux et 1 28h 79* de bois taillis , pâtures , abreuvoirs , broussailles , d'un rev.

cad. de 768 fr.

Bois communaux : 15h 55*, dont 2h 27* sont en exploitation annuelle.

Essence dominante : chêne.

Budget : recettes ord. 1721 fr. ; dépenses ord. 1721 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Briod, Brfoz, dont le nom , en langue celtique, signifie éminence, a une origine très ancienne. Les ruines trouvées sur son territoire prouvent que la domination romaine y date des premiers temps de la conquête. M. de Caylus a donné la description suivante du camp de Coldres, dont quelques historiens attribuent l'établissement à Codrus, lieutenant de César. < Ce camp est sur une haute montagne , dit-il , et ne peut être attaqué que par le côté retranché, dans la partie du nord qui communique à la plaine; les trois autres parties de la montagne sont défendues par une pente très rapide, garnie de pointes de rochers:

au-dessous de cette pente, règne un rocher perpendiculaire de 50 à 60 pieds de hauteur ; le glacis inférieur est aujourd'hui planté de vignes. Le retranchement est composé d'un mur de maçonnerie de 1 4 pieds d'épaisseur, garni de terre en talus des

deux côtés, et de 30 pieds de hauteur ; il a 1 8 pieds de largeur dans sa sommité. Le fossé en avant du côté de la plaine est encore marqué pour avoir eu 30 pieds de largeur et h à 5 de profondeur. Le camp, dans la partie du couchant, au haut de la montagne, était défendu par une terrasse gazonnée , de 1 2 pieds de hauteur. Dans la partie du levant, vers le milieu de la pente, la nature a placé une fontaine très abondante.

Ce camp est peu étendu ; il ne contient qu'environ 9 arpents, et il pouvait renfermer tout au plus la moitié d'une légion. » On le nomme dans iepayslepuitsde Goldres. Levallum de pierre et de gazon tiré de Test à l'ouest, d'un bord du plateau à l'autre, a une longueur de 300 mètres.

Il couvre une allée souterraine dont la voûte a 3 m. iih mil. de hauteur.

En parcourant les autres bords extérieurs du retranchement, M. D.

Monnier a trouvé sur trois points principaux, des décombres de constructions , remplis de tuileaux antiques et de preuves matérielles d'un incendie. Ces débris attestent clairement qu'il y avait des portes fortifiées et des habitations dans ce camp stalif , savoir : 1° à l'est de la Via Quintana, chemin par lequel on descendait à Perrigny et à Ledo ; â° au Posticum, qui domine aujourd'hui le village de Coniiège ; 3° à la porte Decumane, qui conduisait par Briod à Monllion et dans le val d'Ain. Ce chemin est appelé chemin de Rète. Cette castramétalion parait avoir servi aux légions pendant plusieurs siècles, car elle était encore occupée à la fin du ive siècle. On a découvert dans ses environs un ornement en or représentant sur son champ une croix chrétienne, une plaque en bronze damasquinée, sur laquelle sont figurés plusieurs ani-

maux fantastiques , une médaille d'argent, de l'empereur Trajan, avec une médaille en bronze d'Antoninle-Pieux.

Le 5 avril 1841, des petites filles de Coniiège trouvèrent sur le talus d'un fossé d'aménagement , au bord du bois de Perrigny et à la dislance de 422 mètres sud-ouest de l'église de Saint-Etienne, un vase d'airain et un chaudron corrodé par l'oxide , contenant des vases de bronze et de potin, de diverses formes, qui, sous le règne du polythéisme, avaient dù servir au culte de quelque idole; savoir : deux aiguières, une grande tymbale, un bassin à bec et quatre cassolettes , dont deux à manches anaglyphiques. Sur ces manches figurent des têtes d'Ibis , des fleurs de Nymphéa, un lituos augurai, un bélier, sculptés en bas-relief, comme on en a trouvé à beaucoup d'autres vases de sacrifices païens , bien reconnus pour tels par les archéologues. Ces ustensiles, la plupart cassés, auront été probablement mis hors d'usage et enfouis, à partir de l'inauguration d'un autel du vrai Dieu. Le bélier représenté sur le manche d'une de ces cassolettes indiquerait-il qu'ici on sacrifiait à Mars, première divinité des Romains et surtout des soldats? Briod doit son origine ou son développement à ce camp, car de nombreuses habitations ne manquaient jamais de se grouper à l'abri de ces travaux de défense. La plaine qui s'étend entre Briod et Publy est semée de tertres funéraires, dont la hauteur varie d'un mètre à cinq et le diamètre de la base de 30 à 60 mètres. Ils sont semblables à tous ceux qu'on rencontre sur les champs de bataille antiques. Nous les décrirons à l'article Publy,

Eglise de Saint-Etienne de Çol-

dres. La célèbre église de Saint- Etienne de Coldres, qui passe pour la plus ancienne du diocèse, après celle de Besançon, est située dans la plaine , sur le bord occidental de la montagne, à environ 300 pas de distance du retranchement. Elle succéda probablement à un temple païen. On voit depuis Chalon, à 10 lieues de distance , les grands arbres qui entourent le cimetière de celte église. La tradition constante est que, dans la primitive église, elle servait de paroisse jusqu'à la Saône, et que, peu avant d'y célébrer le service divin, on allumait un bûcher pour en avertir les peuples dans cette vaste étendue. On remarque sur le cimetière des lombes anciennes; sous quelques-unes sont des cadavres qui paraissent être ceux de gens de marque. On en a vu dont le crâne était couvei l de tuiles creuses, vernies et armoriées en dedans. Les laboureurs qui cultivent les terres d'alentour trouvent des tombes dans leurs champs, et à une certaine profondeur ; ce qui fait croire que Saint-Etienne de Coldres servait de paroisse à beaucoup d'autres villages que ceux qui en dépendaient en 1789 , tels que Conliège.

Briod , Perrigny , Yatagna , Publy, Crançot et Vevy.

La position de l'église sur un lieu élevé, son orientation, sa dédicace, quelques parties de son architecture, la vaste étendue de la paroisse ne laissent aucun doute sur son antiquité ; toutefois , la certitude historique, dégagée de tout nuage, ne remonte en ce qui la concerne qu'au xne siècle. En 1135, Anseric, archevêque de Besançon, en confirma la possession à l'abbaye de Baume ; elle est désignée dans ce titre sous le nom d'Ecclesia sancti Stephani supra Ledonem.

L'empereur Frédéric Barberousse la mentionne également dans son diplôme de l'an 1157. Un prêtre inamovible résidait avec son vicaire dans le bourg de Coldres. Son traitement consistait dans le droit de quarteron que lui payait chaque paroissien et dans le tiers des offrandes, mortuaires, deniers de confessions , billets d'épousailles, trente-deniers des trépassés et poses de charrue. Les dîmes de toute espèce appartenaient à l'abbé de Baume. Le droit de quarteron consistait dans une mesure de froment que devait chaque chef de famille. Les veuves ne devaient qu'une poule. Dans le partage qui eut lieu entre l'abbé de Baume et ses religieux, le patronage de l'église de Saint-Etienne fut compris dans la manse capitulaire. La qualité de * patron donnait au chapitre entre autres droits , celui de percevoir les deux tiers des oblations. En 1112, Jean Caussomel , curé et recteur de l'église Saint-Etienne , voulut contester ce droit de patronage ; mais par un traité du 22 janvier de cette année , il reconnut l'injustice de sa prétention. Hugues du Miroir , son successeur , par une déclaration de l'an 1457 , ne fit nulle difficulté de reconnaître que le patronage de son église et les revenus qui y étaient attachés, étaient la propriété du chapitre. Poly-Nilier, en U07, engagea un nouveau procès à ce sujet, qui ne se termina qu'en 1501 , après que tous les degrés de juridiction furent épuisés. Le 51 juillet de celle même année , il contracta l'obligation de payer au chapitre 200 francs , pour les revenus qu'il avait perçus à tort pendant 10 ans et amodia le patronage pour sa \ie , moyennant 25 fr .

par an.

A la mort de Poly-Nilier, Désiré Morel fut pourvu de ce bénéfice. Iaï^

religieux , fatigués de contestations toujours renaissantes, prirent le parti de recourir au pape pour obtenir l'union de cette cure à leur ïnanse. Us commencèrent à entrer en pourparlers avec Désiré Morel pour l'engager à se démettre. Le 24 mai i 8 11 , cet ecclésiastique déclara qu'il consentirait à cette union , moyennant une pension annuelle de 100 fr.

pour lui et de 30 francs pour le sieur de Boisset, son vicaire, jusqu'à ce que MM. de Baume les eussent pourvus de bénéfices équivalants à leurs pensions. En attendant, le curé de Saint- Etienne devait payer au chapitre la responsion annuelle de 25 fr. pour le patronage. L'union fut opérée en exécution d'une bulle de Jules H, en date du 3 des nones de septembre 1512, fulminée le 1 4 juillet 1513. Le chapitre paya 200 écus d'or au soleil , au banquier chargé d'expédier cette bulle. De cette époque date la décadence de l'église. Dans tous les villages de la paroisse furent attachés des vicaires amovibles résidents, pour la desserte des chapelles succursales. Celui qui fut chargé de desservir l'église de Saint-Etienne et Briod, fixa sa résidence à Conliège. Ce dernier lieu, d'une certaine importance, vit se former dans son sein un corps de familiers chargés des fondations, dont la piété des fidèles augmentait chaque jour le nombre. L'archevêque de Besançon autorisa la bénédiction d'un cimetière à Conliège , et permit aux bourgeois de se faire inhumer, soit dans ce cimetière, soit dans celui de Saint- Etienne.

En 1551, les différentes communautés composant la paroisse, s'affranchirent de l'obligation d'entretenir le presbytère de Coldres. En 1613, les habitants de Crançot, Perrigny, Publy et Vevy, présentè-

rent une requête pour être tout-àfait démembrés de Saint- Etienne.

Leur demande fut rejetée. Ils se cotisèrent alors, en 1624, pour réparer leur mère église , la couvrir, rétablir la campanille, les murailles, les balustres et la pourvoir d'ornements convenables. En 1627, le cimetière était abandonné , le chapitre voyait les produits du patronage diminuer d'une manière sensible. Il fit condamner Mme de Saint-Maurice à lui payer les frais d'inhumation de sa fille, qui s'était faite dans la chapelle Notre-Dame de Conliège. Le 2 1 janvier de l'année suivante , il obtint un mandement de garde , par lequel

11 fut défendu aux bourgeois de ce bourg de se faire inhumer ailleurs qu'à Saint-Etienne de Coldres. Le

12 juin 1633, il protesta contre la consécration qui allait se faire d'une église récemment érigée à Conliège , sous l'invocation de Notre-Dame, comme préjudiciant à son droit de curé primitif. Les bourgeois et l'évôque qui se disposait à cette cérémonie, ayant déclaré, à la suite de cette protestation, qu'on procéderait à la dédicace de la nouvelle église, sans entendre préjudicier aux droits des religieux , la cérémonie n'éprouva plus d'opposition. Les familiers, tous issus de familles bourgeoises, voyaient avec peine à leur tète un vicaire amovible sur le choix duquel ils n'étaient pas même consultés; ils firent de grands sacrifices pour se soustraire à la domination du chapitre. Par un traité en date du 24 juin 1635 , signé des chanoines assemblés capilulaircment , des échevins , des conseillers de la ville et des familiers, il fut convenu que ces derniers se chargeraient en corps de la desserte de Conliège , Briod et Vatagna , avec le titre de vicaires perpétuels; qu'ils choisiraient parmi

eux un ou deux suppôts approuvés de Tord inaire , réélus tous les trois ans, pour administrer les sacrements et faire les fonctions curiales, à condition que le droit de quarteron du par chaque ménage leur appartiendrait , que les chanoines conserveraient le titre de curés primitifs ; qu'en celle qualité, ils auraient le droit de célébrer les offices solennels les jours des fêtes patronales à Saint- Etienne, à Conlicge et à Briod; qu'ils ne devraient aucune portion congrue, qu'ils seraient dispensés de l'entretien de l'église et du presbytère, et qu'ils recevraient une rcsponsion annuelle de 80 fr. Cette convention fut ratifiée au mois de novembre suivant, par tous les bourgeois, au nombre de trente-sept, par une sentence de l'officialité de Besançon du 18 mars 1644, par des Icllres-palentes du roi en 4719 , et par une bulle du pape Benoit XIII du 4 juin 1724, qui unit la vicairie perpétuelle à la familiarité.

En 1637, de malheureux paysans s'élaient réfugiés dans l'église Saint- Etienne pour se soustraire aux cruautés des soldats français. In détachement de l'armée de Longueville y pénétra et massacra les hommes , les femmes, les enfants , jusqu'aux pieds des autels. La maison de Dieu, souillée de sang et de blasphèmes , devint tout à fait déserte : une sommation fut faite le 28 mai 1660, de la part du chapitre, aux habitants de toute la paroisse , d'avoir à la réparer et tous se soumirent à ce commandement , excepté ceux de Perrigny. En 1685, Louis XIV ordonna à toutes les communautés et aux chapitres auxquels des cures avaient été unies , de nommer des vicaires perpétuels pour les desservir. En exécution de cet ordre , les familiers de CoDliége élurent un de leurs

membres pour exercer les fonctions curiales à Gonliège, Briod et Vatagna, en stipulant toutefois que le vicaire élu n'aurait aucune préséance sur eux et que ses fonctions seraient gratuites. Désiré Renaud fut choisi en 1715. Cet ecclésiastique se rendit à Besançon, et obtint du vicairegénéral de l'archevêché le titre de vicaire perpétuel. Il fit immédiatement assigner ses collègues au bailliage de Lons-le-Saunier. 11 demanda, en sa nouvelle qualité, à être maintenu dans le droit de percevoir seul, les oblations , le casuel et toutes les redevances paroissiales , d'avoir une double part dans la familiarité, d'officier seul les dimanches et jours de fêtes solennelles, d'avoir le premier rang au chœur et toutes les autres prérogatives attachées à ses fonctions. Les bourgeois, les familiers, le chapitre de Baume firent cause commune pour repousser des prétentions aussi contraires au traité de 1635. Le curé fut débouté de sa demande par une sentence du 18 mars 1721 , et condamné à tous les frais. Il recourut au parlement de Besançon et obtint un gain de cause complet le 9 juillet 1722. Le roi évoqua cet arrêt à son conseil le 6 juillet 1723. Abreuvé d'ennuis, M. Renaud mourut de chagrin la même année. Les familiers élurent le sieur Malachard, en lui imposant l'obligation formelle de reconnaître qu'il n'aurait aucune préséance sur eux. En 1724, Laurent Marion, de Vatagna, se pourvut en cour de Rome, et se fit nommer par dévolution curé de Saint-Etienne. Le parlement de Besançon l'envoya en possession le 5 juin 1725, et peu de temps après il se démit, pour éviter les suites du procès qu'on lui intentait.

L'histoire ecclésiastique du xvm° siècle est pleine de contestations de

ce genre. La religion en ressentait les funestes contre-coups.

L'église de Saint-Etienne est fort petite. Elle se compose d'une nef et d'un chœur qui a été agrandi en 1613. On n'y arrivait qu'en descendant huit marches d'escaliers. La nef est du style roman primordial. Le chœur est éclairé par une fenêtre ogivale de style flamboyant. La perspective qui se découvre du seuil de, cet édifice est d'un effet magique.

Ce monument a été restauré en 1837, aux frais de plusieurs personnes pieuses de Conliège. On y replaça, en présence d'un immense concours de peuple, l'antique statue de saint Etienne. Celte vénérable image avait été transportée, au moment de la révolution, dans un jardin de Moiron, et transformée en divinité bocagère. Lorsque le calme fut revenu, on la ramena à Conlicge.

On raconte qu'un jeune berger la frappa un jour à coups redoublés avec son fouet, en lui disant : si tu es un saint, dé fends- toi. Peu de jours après, cet enfant mourut et on affirme à Conlicge que son cadavre était sillonné de meurtrissures semblables à celles qu'occasionnent des coups de lanière.

Abbaye de Saint- Maurice. Au nord du village de Briod, se trouve un climat appelé à V Abbaye , tout couvert de ruines antiques. Il y eut là probablement un monastère d'hommes. En effet , le prèlre Pharulphe donna, en 895, à l'église de Saint- Jean de Besançon, l'église de Saint- Maurice, dans la villa de Coldres , avec des meix, des prés et des familles de serfs. Les chanoines de Saint-Jean transmirent les effets de cette donation à l'abbé de Baume , car ce prélat jouissait de la dîme sur toute la paroisse de Sainl- Elienne; on sait cependant que cette

église n'eut jamais de dîme dans sa dotation, composée uniquement de prestations appelées droit de primasse ou de mariglerie. Celte dime appartenait déjà à l'abbé au xine siècle, longtemps avant l'union de la cure de Saint-Etienne à la mansecapilulaire.

Bourg de Coldres. Lorsque les Romains eurent abandonné le camp de Coldres, les habitants du voisinage construisirent dans son enceinte de petites maisons pour s'y réfugier en cas d'éminent péril. On sait que déjà les Galls fortifiaient certains lieux qui servaient de refuge en temps de guerre et que Ton appelait oppida. C'est dans ce castrum que se trouvait le presbytère du curé de Saint-Etienne, mais il n'y eut jamais de château. Au mois d'octobre 1255, Jean, comte de Bourgogne et Guillaume de Vienne, souverains du pays , signèrent un traité par lequel il fut stipulé entre autres choses, qu'ils ne feraient nouvel chestel au val de Laons , doires en avant , dois le dit chestel de Garde-Chemin (le Pin), jusqu'à Valnantey (Vernantois) et Revignez; et qu'ils ne fermeraient ni ne laisseraient fermer le puis (le camp) de Codre sur Conliége. Dans une reconnaissance seigneuriale de 11M7, on lit : qu'au village de Coldres sont environ i 5 ou 1 6 maisons, oit nul ne fait sa résidence ordinaire, parce qu'ils se sont retirés à Brioz, sinon en temps de vendanges qu'ils mettent leurs vins en icelles.

Une autre reconnaissance de 1594, porte : qu'au village de Coldres sont environ 9 ou 10 «taisons , où nul ne fait sa résidence continuelle, pour s'être retirés tant à Brioz qu'ailleurs. Les troupes françaises, commandées par le duc dcLongucvillc, avaient, en 1657, ré-

duit ce lieu à dix ménages. Une reconnaissance de 1659 explique que les bourgeois et habitants de Coldres, en temps de guerre ouverte et manifeste , étaient tenus de servir un jour et une nuit, à leurs propres frais et dépens, sous la bannière de leur seigneur ; qu'ils s'exemptaient de la garde au bourg de Binand, au moyen de la livraison annuelle d'une gerbe par feu; que dans le péril, ils devaient toutes corvées de leurs corps et de leurs bétes , lorsqu'ils en étaient requis par le baron. La reconnaissance de 1673, énonce:

qu'au dit village soûlaient être 9 ou 10 maisons où nul ne fait présentement habitation , pour être tous les habitants retirés tant audit Brioz qu'ailleurs, pour être led.

Coldre entièrement ruiné, sau f une grange étant dans l'enclos dud.

Coldre y appartenant au sieur Jean Mdrey , à cause de demoiselle Françoise de Saint Meur, sa femme.

Il n'existe aujourd'hui qu'une seule ferme au milieu du castrum, appartenant à M. Trouillot.

Les anciennes maisons n'étaient point propres pour l'habitation des gens de la campagne ; il n'y avait ni granges, ni écuries, ni places pour en faire ; ce n'étaient que de simples habitations pour s'y retirer dans le temps des hostilités.

Seigneurie. Briod dépendait en toute justice, haute , moyenne et basse, delà baronnie de Binans.

Chapelle. La chapelle de Briod fut construite après l'union de la cure de Saint - Etienne au chapitre de Baume. Desservie d'abord par le curé de Saint-Etienne, puis par un vicaire amovible et enfin par les familiers de Conliège, les habitants ne cessèrent point pourtant d'être paroissiens de Saint-Etienne. Une sentence du bailliage de Lons-le-Sau-

nier du 18 juillet 1774 les maintint même dans le droit d'être desservis dans Téglise-mère, pour tous les offices paroissiaux sans exception , et condamna le chapitre de Baume à pourvoir à ce service, sauf à se faire indemniser par les familiers de Conliège.

La chapelle est dédiée à saint Jérôme, dont on célèbre la fêle le 30 septembre. On n'y dit la messe que le jour de la fête patronale et pour quelques trépassés. Elle est précédée d'un porche et se compose d'un clocher à l'entrée de la nef , d'une nef éclairée par une seule fenêtre au chœur , d'une chapelle à gauche et d'une sacristie. Des bancs en pierre sont engagés dans les murailles à l'intérieur.

Evénements divers. Le 20 juin 1793, Guichard de Vevy, jeune homme de 18 ans, futarrétéen plein jour sur le chemin qui traverse le climat appelé Combe d'Auxonne, par Judct son beau-frère qui, armé d'un mauvais couteau , lui coupa la gorge. L'assassin fut condamné à mort et eut le triste honneur d'être le premier criminel guillotiné dans le Jura, peu après l'invention du célèbre Guillolin.

Curiosités. Les pâturages entre Briod et Publy , appelés aux Combelles, sont parsemés de petits rochers de formes bizarrement pittoresques. En les contemplant longtemps, on croit y trouver tout un monde fantastique d'idoles ou d'emblèmes celtiques. Dans certaines pierres on reconnaît des tètes d'animaux , des pyramides , des monuments, des autels, des galeries druidiques, des fauteuils, des vases, etc.

Le paysage, du reste, se prête à ces illusions d'optique.

Brotssla ♦ Broissie, vg. de l'arr.

de Lons-le-Saunier, cant., perc. et distrib. de poste de Saint-Julien-sur- Suran ; paroisse de Villechantria ; à 5 kil. de Saint- Julien et 39 de Lonsle-Saunier.

Situé dans la vallée du Suran, que resserre les premiers chaînons du Jura , il est limité au nord par Villechantria , au sud par Montfleur , à Test par Villechantria et Montagnale-Templicr, à l'ouest par Bourcia.

Les Cruats et les Bordelets font partie de la commune.

Altitude : 506 mètres.

11 est traversé par le chemin de gr. corn. n° 4 , de Lons-le-Saunier à Montfleur , par les chemins vicinaux tirant à Villechantria , Montagna-Ie-Tcmplier, Bourcia et Liconas, par la rivière du Suran et les canaux des moulins.

Les maisons sont généralement construites en pierres et couvertes en tuiles creuses.

Pop. en 1790, 175 hah.; en 1846, 179; en 1851 , 187, dont 91 hom.

et 96 fem. ; pop. aggl. 138 hab. ; pop. spécif.par kil. carré, 65 hab.; 57 maisons ; 37 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1746.

terril. 287h 74% divisés en 1888 imp. 287b 44a, savoir : 160h 41* en terres lab. , 43h 91* en parcours, 38h 51* en bois taillis , 32h 33* en prés, 10h 45* en friches , lh 28* en sol des propriétés bâties, 52* en jardins, d'un rcv. cad. de 5446 fr.; cont. directes en princ. 950 fr.

Le sol, peu fertile, produit du froment , de l'avoine , du maïs , du chanvre , des pommes de terre , peu d'orge et de méteil.

Depuis quelques années on a em-

planlé 2 hectares de vignes, qui produisent un vin médiocre.

Ou élève des chevaux, des bœufs* des vaches et des volailles.

Le' revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

On trouve sur le territoire une carrière de pierre à bâtir et de taille.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Saint- Julien.

Il y a un charron et deux moulins à deux tournants avec chacun un batloirà chanvre. Le laitage de cette commune est porté à la fromagerie de Villechantria.

Biens communaux: une chapelle avec un cimetière à l'cntour , une fontaine publique et 68h 6'i* de bois, terre et parcours , d'un rev. cad. de 159 fr.. Il n'y a pas de maison commune. Les enfants fréquentent actuellement l'école de Villechantria.

Le conseil municipal se propose de voter cette année le traitement d'un instituleur.

flots communaux: 23h 63*, dont 63* sont en exploit, annuelle. Essences dominantes : chêne et hêtre.

Budget : receltes ord., 1235 fr.

dépenses ord., 1222 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Le premier document qu fasse mention de Broissia, est un acte en date de Tan 1191, par lequel Àymon, prieur de Gi^ny, du consentement de tous ses religieux, céda à Etienne II, comte de Bourgogne, ce qui leur appartenait dans ce village, à condition que la moitié des revenus ainsi que la moitié à retirer des nouveaux établissements appartiendraient à l'église deGigny. Les amendes furent déclarées communes et partageables par moitié entre le comte et les religieux ; mais les dîmes et autres revenus ecclésiastiques furent réscr-

vés en entier à ces derniers. Il fut défendu au comte de retirer quelqu'un ou de percevoir le droit de gite sans leur consentement.

Seigneurie. Broissia faisait partie de la seigneurie indépendante du Revermont , possédée par l'illustre maison de Coligny. En 1 227 , Manassès de Coligny , frère d'Aîné , donna à Tordre du Temple, en s'y faisant recevoir chevalier , la suieraineté de Montagna, Broissia , Eperigna et Sainle-Fontaine. Ponce , prieur de Gigny , de concert avec Jean de Chalon, comte de Bourgogne , Amé, sire de Coligny et d'Andelot et Hugues de Rougcmont, grand- mai tre du Temple, apposèrent leur sceau sur celte charte , Tune des plus anciennes écrites en langue française et pleine de détails curieux. En 1 254 , le mèmeManassès reconnut que les biens qu'il possédait à Montagna, Broissia, Eperigna et Sainte-Fontaine étaient chargés d'un cens annuel de six sols viennois, dont deux gros et quatre petits , en faveur de l'église de Gigny.

Il reconnut, en outre, que son moulin de Broissia devait en particulier un autre cens de huit sols, et qu'aux religieux de Gigny appartenait le droit exclusif de prendre le poisson dans la rivière et de pécher à la nasse. Cette reconnaissance fut faite sous le sceau de Jean , comte de Bourgogne et sire de Salins. Il parait que les religieux ne tardèrent pas à être troublés dans la jouissance de ces droits ; car on voit qu'en 1316, Etienne de Coligny, seigneur d'Andelot et neveu de Manassès, en fit une nouvelle reconnaissance qui témoigne de son repentir. Une branche de la maison de Coligny porta le titrede seigneur de Broissia.

Ce fief appartint, dès le xv* siècle , à la famille de Froissard, originaire

du bourg de Sellières, illustrée par les grands emplois et les dignités eminentes dont ses membres ont été décorés.

Anatoile Froissard épousa , en 1532, Madeleine Legoux, fille de Philippe, seigneur de la Berchèro et d'Anne Morolte. Il eut pour enfants Pierre, chevalier, seigneur de Broissia, président du parlement du comté de Bourgogne à Dole, le 6 janvier 4 576 , mort le 43 janvier 4592, sans postérité, Simon et Reiny, prêtres, Jean, et Jeanne, mariée à Nicolas Racle , premier président en la chambre des comptes de Dole. Jean Froissard, chevalier, seigneur de Broissia, Montagna, etc., aussi premier président du parlement de Dole, conseiller d'Etat de sa majeslé catholique en Flandre, mort le 3 décembre 4595 , épousa le 4er juin 4572, Claudine Blanchot, dont il eut entre autres enfants, Jean-Simon Froissard. Ce dernier, maître des requêtes au parlement de Dole , fut créé chevalier par lettres-patentes de Philippe, roi d'Espagne, datées de Madrid le 24 mars 4629. Il avait épousé le 24 juin 4644, Bonaventure Dumoulin, dont il eut François, Jean-Ignace, prêtre , chanoine de l'église métropolitaine de Besançon, abbé de Cher lieu, prieur de Vaux, Fay et Laval, chambrier du pape Innocent XI et grand chantre en l'église métropolitaine de Besançon, Jean, auteur d'une branche éteinte, et Bonaventure, mariée à Gérard de Rosières, seigneur de Sorans. M. Jean-Ignace de Froissard, d'une charité inépuisable, ne cessa de s'occuper des moyens d'éteindre la mendicité dans le comté de Bourgogne. 11 fonda à ses frais, en 4689, à Dole, un établissement dit des Orphelins dont nous parlerons dans la notice sur celte ville. Ses héritiers

fondèrent dans celte maison sept bourses, en faveur des bourgeois de Dole, de Sellières et de Broissia. Les revenus de la seigneurie de ce dernier lieu firent partie de la dotation de cet hospice. Ce pieux ecclésiastique eut pour successeur François Froissard, major et commandant au régiment de cuirassiers bourguignons, dans les armées de Biscaye et Catalogne, marié le 22 mai 16!>6 à Claudine-Caroline de Poligny.

Jean-Claude Joseph de Froissard, né de ce mariage, marquis de Broissia, par des lettres-patentes du mois d'octobre 1691 , était chevalier d'honneur au parlement de Besancon, et mourut à Neublans en 1750.

11 avait épouse, le 13 février 1692, Hilaire d'Albon Saint-Forgeux, fille de Gaspard d'Albon, marquis de Saint-Forgeux et de Françoise-Damas Thianges, dont il eut pour fils unique, Joseph -Ignace-François de Froissard, marquis de Broissia, vicomte de Neublans, seigneur d'Annoire, etc., lieutenant-colonel du régiment de Luc, chevalier de Saint- Louis, chevalier d'honneur au parlement de Besançon. Il épousa le 22 août 1720, Claude-Bonaventure de Belot-Vilette, chanoinesse non professe de Chàleau-Chalon. De ce mariage est issu Maric-Charles-Hilaire- Flavien de Froissard, né à Dole le 21 décembre 1746, maréchal-decamp, marié le 15 avril 1771, à Marie-Anne-Rose-Jeanne-Thérèse-Félicilé May rot de Mutigney . Ce seigneur, mort à Neublans le 29 janvier 1825, avait émigré. Ses biens furent vendus nationalement. La terre de Broissia adjugée en détail , produisit 45,000 fr. A ce fief était attachée la justice haute, moyenne et basse.

Château. A mi-côte d'une montagne qui domine au couchant le village de Broissia, se trouve un cli-

mat appelé le Châtelard, encore jonché des ruines d'un donjon détruit au xve siècle par les armées de Louis XI.

Maladrerie. Dans la contrée dite à la Malatière, existait un hospice pour les lépreux, rappelé dans les testaments des deux Etienne de Coligny, seigneurs d'Andelot, de 1318 et 1328, et dans celui de Jean d'Andelot, seigneur de Cressia , de 1347.

Chapelle. Broissia dépendait de la paroisse de Montagna-le- Templier, et avait une simple chapelle desservie par un vicaire résident. Cet édifice , entouré d'un cimetière, dont l'usage est encore toléré, était dédié à saint Oycn , dont on célèbre la fétc le /i janvier. Il renfermait une chapelle seigneuriale dans laquelle MM. de Froissard avaient fondé plusienrs offices. Il est aujourd'hui dans un état complet de dégradation.

La dime du village appartenait en grande partie aux religieux de Gi-

gny.

Antiquités. Nous n'avons à signaler aux archéologues que deux dénominations locales qui indiqueraient le passage d'une voie antique dans ce village ; ce sont celles de Grande-Charrière et de Pré-Pérou.

Burlçna, commune réunie à celle d'Aromas , le 29 janvier 1823.

Boron , commune réunie à celle de Mesnois, le 28 septembre 1815.

Buvlllj, Maximiacus, Bwliacum, Buvliachum> Byvileyum, Bevilley, Bevilly, vg. de l'arr., cant., perc. future et bur. de poste de Poligny , perception actuelle de Tourmont ; succursale ; à k kil. de Poligny, 7 d'Arbois et 32 de Lons-le- Saunier.

BAli dans une petite plaine entr

deux Talions riants, au pied occidental des plus basses chaînes du Mont-Jura, il est limité au nord par Grozon, Arbois et Pupillin, au sud par Poligny, à Test par Pupillin et Poligny, et à l'ouest par Grozon et Poligny. La Baraque fait partie de la commune.

Il se divise en plusieurs rues ou quartiers appelés le Crequillat, sur la Fontaine, rue de la Fontaine, sur la Route, Grand'Rue et rue Saint- Antoine.

Altitude : 380 mètres.

Il est traversé par la route nat.

n° 83, de Lyon à Strasbourg, par les chemins vicinaux tirant à Poligny, à Grozon, à Chamole , à la roule nat.

n° 83, à Arbois, par le chemin dit le Pré-Millot et par le ruisseau aux replis tortueux appelé le Limantat qui prend sa source sous Buvilly.

Les maisons, assez bien bâties , sont construites en pierres et couvertes en tuiles. Elles foi ment plusieurs groupes et sont rarement isolées.

Pop. en 1790, 517 hab.; en 1846, 636 ; en 1831, 611, dont 319 hom.

et 291 fem.; pop. spéc. par kilom.

carré, 100 bab.; 137 maisons, 163 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.

On n'émigre pas.

Cadastre exécuté en 1834 : surf, territ., 600h Ua, divisés en 2340 parcelles que possèdent 472 propriétaires, dont 280 forains ; surf, imp. 580» 98*, savoir : 292h 42» en terres lab., 153» KO* en vignes, 59»

73» en prés, 39h 60» en pâtures , 2 lh 21» en bois, 7h 87» en friches , 3h en sol des propriétés bâties et cours, lh 45* en vergers. lh 20* en jardins , 93* en murgers, d'un rev.

cad. de 28,424 fr.; cont. dir. en prîne. 4649 fr.

Le sol, d'une grande fertilité, produit du blé , de l'orge , de l'avoine du maïs, des pommes de terre, de la navette , des légumes secs , des fruits , des vins blancs et rouges dé bonne qualité, des foins, des fourrages artificiels et du chanvre.

On exporte les deux tiers des vins. Les céréales suffisent aux besoins des habitants.

On élève dans la commune des bêtes à cornes, des moutons et quelques cochons. 40 ruches d'abeilles.

L'agriculture y fait de grands progrès.

Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.

Les habitants fréquentent les marchés de Poligny et d'Arbois et spéculent sur le bétail.

On trouve sur le territoire des carrières de plâtre exploitées, deux carrières de pierre à bâtir et de taille et de la pierre à chaux hydraulique non utilisée.

Les patentables sont : un aubergiste, un cafetier, un menuiser, un maitre maçon et un charpentier.

11 y a une fromagerie dans laquelle on fabrique annuellement 9000 kil.

de fromage de bonne qualité.

BUm comumnaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère en très mauvais état, une maison commune contenant la mai- I rie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 80 élèves, le logement de deux institutrices religieuses de l'ordre de la Providence, dont la maison principale est à Portieux (Vosges), et la salle d'étude des filles, fréquentée en hiver par 60 élèves ; deux fontaines avec lavoir et abreuvoir, trois puits communaux, et 65b 07* de bois, pâtures et terres, d'un rev. cad. de 694 fr.

Bois communaux : 165h &8a, dont fcb 7$a en exploitation annuelle.

Budget : recettes ord. 4256 fr.; dép. ord. UZM fr.

Association de charité. A défaut de bureau de bienfaisance, une société de Saiut-Vincent-de-Paul distribue des secours aux indigents.

KOTICE HISTORIQUE.

Buvilly est une bourgade d'origine toute gauloise ; mais on n'a sur son existence , dans les temps antérieurs à la conquête de Jules-César et même pendant la domination romaine, aucun renseignement assez positif pour entrer à ce sujet dans le moindre détail. On sait seulement qu'à •cette dernière époque, il était traversé par la grande voie d' Agrippa, se dirigeant de Lyon au Rhin par Besançon. On trouve en divers endroits de son territoire des ruines de bâtiments antiques, des terrains parsemés de tuiles romaines et des médailles consulaires. A l'arrivée des barbares, ce village subit le sort commun et fut incendié.

Prieuré. Au ve siècle , saint Lothein, né avant 480 dans le pays des Ëduens, avait embrassé la vie monastique sous la direction de Laurent, abbé de Saint-Symphorien d'Autun, et devint, sous cet habile maître, un modèle de vertu et d'humilité. Se sentant appelé à la vie érémitique , il obtint de son supérieur la permission de se retirer dans la solitude.

Arrivé dans la Haute-Bourgogne, il s'arrêta près de Poligny, dans un lieu appelé Silèce ou Salèce, couvert d'un bois qu'avaient déshonoré les superstitions païennes. Il y construisit une cabane, dans laquelle il espérait vivre seul et ignoré dans les austérités de la pénitence ; mais la renommée de ses vertus lui ayant

attiré des disciples, il fut obligé d'y fonder un monastère où l'on compta bientôt jusqu'à soixante-dix religieux qui changèrent Silèce en une sainte habitation. De nouveaux disciples se présentaient, et son monastère ne pouvant les recevoir, il en fonda nn second en un lieu appelé Maximiacus , aujourd'hui Buvilly , où il rassembla en peu de temps plus de quarante religieux. Saint Lothein gouvernait en même temps ses deux monastères, mais Maximiac lui plaisait davantage et il avait coutume d'y passer les jours de jeûne. Il s'y trouvait lorsqu'il fut averti de l'arrivée de saint Grégoire, évéque de Langres, qui se rendait à Genève où un concile était indiqué. Lothein alla à sa rencontre jusqu'à Groion, et le pressa de Yenir se reposer dans son monastère qui était tout proche.

Saint Grégoire n'ayant pu accepter son offre, ils passèrent un jour ensemble, après quoi ils se séparèrent.

Saint Lothein avait plus de cinquante ans lorsqu'il fut ordonné prêtre.

C'est à Maximiac qu'il éprouva les symptômes de sa dernière maladie ; sentant que sa fin approchait, il en avertit ses religieux, et trois jours avant sa mort, il retourna à Silèce , où il avait choisi le lieu de sa sépulture. Dom Mabillon a placé Maximiac à Mesnay , près d'Arbois ; Dunod, à Baume-les- Moines ; M. D.

Monnier, au Sauvement , commune de Mantry. Ces opinions ne sont pas soulenablcs. Chevalier et l'abbé Richard n'hésitent pas à reconnaître que le prieuré de Buvilly a succédé à l'abbaye de Maximiac. La tradition, la dédicace de l'abbaye à saint Symphorien en souvenir de l'éducation de saint Lothein à Autun, les termes « tout proche » employés dans l'invitation faite par Lothein à révèque Grégoire, les droits

des abbés de Baume sur le village, Une inscription gravée sur une pierre qu'un laboureur trouva il y a quelque temps en cultivant son champ, près du prieuré, font disparaître tous les doutes. Ce monastère fut ruiné par les Normands en 888 ou 889. Bernon, fondateur de Gigny, rétablit l'abbaye de Baume et le monastère de Saint-Lothein ; Maximiac ne se releva pas. Ses biens devinrent la propriété de l'abbaye de Baume , par suile de la cession qui lui avait été faite du prieuré de Saint- Lotlidn. Par une bulle du 5 des calendes de janvier i089, adressée à Hugues, abbé de Baume, le pape lui confirma la possession de l'église de Buvilly , Buvliaci.

Les papes Pascal 11 , Innocent II , | Clément III, en H 07, 1143 et H 90, Anseric , archevêque de Besançon, en 1 1 33, l'empereur Frédéric Barberousse, en 1 157, reconnurent que cette église était la propriété de Baume. Chevalier, et après lui d'autres historiens, ont prétendu qu'un prieuré fut bâti sur l'emplacement de l'ancienne abbaye et qu'il fut habité jusqu'en 1639 par un prieur et trois ou quatre religieux.

La peste de 13ft9, les guerres de Louis XI, avaient entièrement dépeuplé Buvilly. Il est certain que depuis cette époque, aucun bénédictin n'habita le prieuré, car dès le commencement du xvie siècle, on voit des receveurs chargés spécialement de la perception des revenus, et même des fermiers. Le monastère de Maximiac avait été richement doté. Le prieuré qui lui succéda reçut de nouvelles libéralités. L'abbé de Baume, en qualité de prieur, avait la propriété d'une grande parlie du territoire, qu'il accensa par de nombreux actes de 1520 à 1600.

H recevait l'hommage de plusieurs

vassaux , tels que des seigneurs du nom de Buvilly, de Reculot, etc. Il avait le droit d'entrer toutes ses récolles à Poligny et dans ses faubourgs sans payer aucun impôt. Il percevait la dîme du vin, du blé, de l'orge, de l'avoine, à raison du dixième des récoltes sur Buvilly, Plane, Bongelier, et à raison du vingt-quatrième à Grozon. Les échevins des communautés étaient tenus personnellement de recueillir cette dîme pour le compte de l'abbé, sans rétribulion. Comme curé primitif et patron de l'église, il instituait un vicaire amovible, auquel il ne donnait pour traitement que le tiers du casuel.

Forcé par le concile de Trente et par les édits de nos rois de nommer un vicaire perpétuel inamovible, il fut condamné, en \ 769, à payer au titulaire la portion congrue. La maison prieurale ruinée par les troupes de Saxe-Weimar, en 1639, ne fut pas rétablie. Il n'en reste pas de vestiges.

Seigneurie. Buvilly formait une prévôté de la chàtellcnie de Poligny.

La juridiction y appartenait au souverain, comme seigneur de ce dernier lieu. En 1511, cette prévôté était déjà tenue à ferme. L'abbé de Baume ne voulait point reconnaître la justice du prévôt sur les hommes et les terres de son prieuré. La seigneurie et le domaine utile de ce lieu, qui avaient été engagés à Antoine Moréal, correcteur des comptes, rentrèrent quelques années après dans le domaine royal.

Jlfatrfe et sergenterie. L'office de maire et sergent avait été inféodé à une famille noble, qui prit le nom de ce village. Guillaume de Bévilly ou Buvilly vivait en 1304, époque à laquelle il reprit de fief, de l'abbé de Baume, plusieurs maisons et des héritages situés dans ce lieu. L'année

suivante, ce seigneur donna au même abbé tous les droits et usages qu'il avait au territoire de la Rochelle , à l'étang de Glanon et au Chaumois. Renaud de fiévilly , écuyer, était prévôt de Poligny en 1353. Une branche de cette famille, surnommée Dieu-le-Fit , commença par Aimonin, dit Dex-le-Fit, écuyer, mort avant Tan 1326. Jeanne Dieule-Fit , fille unique de Hugues , écuyer, seigneur d1 A uni ont, Charrin et autres lieux , épousa avant l'an 1375, Jean de Cbalon , chevalier, bailli d'Aval, fils naturel de Louis de Chalon II, comte de Tonnerre. La maison de Fauquier obtint par succession le fief de mairie et de sergenterie de Buvilly, ce qui lui donnait le droit de prendre à son profit les amendes au-dessous de soixante sols e$ de recevoir le serment des messiers. Le prince de Beauffremont, descendant des Fauquier, par ses alliances, leur succéda, m «s il négligea l'exercice de cette charge.

Fief des Dupin. Jeannette de Reculot possédait, en 1396, dans ce village , un fief qui passa à MM. Dupin.

Eglise. L'église de Buvilly, dédiée à saint Symphorien, martyr, dont on célèbre la féte le 22 août, est orientée. On y reconnaît aisément plusieurs époques de construction. Les piliers qui séparent la nef des collatéraux portent l'empreinte de la fin du xie siècle, les deux chapelles sont du xve siècle. La nef, les collatéraux , le chœur, le clocher, datent de 1 689. L'église se compose d'un clocher à l'entrée, de trois nefs, de deux chapelles, d'un chœur et d'unesacristieau fond du sanctuaire.

Le baptistère et les deux chapelles sont voûtées et de style ogival tertiaire. Le chœur et les nefs sont plafonnés. Dans les chapelles sont deux

gracieuses petites niches, au-dessus desquelles on remarque d'élégantes consoles formées par deux anges supportant un écusson sur leur poitrine. L'édifice primitif avait toutes les marques d'une église ancienne et monacale ; elle était à trois nefs et ne fut jamais voûtée ; on n'y voyait ni arcs-boutants , ni contre -forts; elle n'était terminée que par un simple lambris ou plafond , comme l'étaient les anciennes basiliques.

On y remarquait les stalles des religieux et des statues, dont la draperie représentait l'habit des anciens moines bénédictins. 11 y avait deux chapelles fondées, l'une sous le titre de la sainte Vierge et de saint Sébastien, dont le sieur Monnoyeur, ancien lieutenant-général au bailliage de Poligny , était patron, du chef de Claudine de Vers, sa mère , de la famille des fondateurs; l'autre, sous le titre de Notre-Dame et de saint Antoine, de la fondation et du patronage des Lemoine.

BIOGRAPHIE

Ce village a donné le jour nou seulement aux nobles familles diles de Buvilly et Dieu-le-Fit, dont plusieurs membres ont rempli des charges importantes, mais encore à celle des Moine, ou Lemoine quiûorissait dès le xive siècle. Aimonin Moine vivait en 1349; Etienne Moine était lieutenant-général du bailli d'Aval, en 1483., puis conseiller au parlement de Dole ; Jean Lemoine, seigneur de Muligney, était trésorier des chartes de Grimon, en 1 534, avocat-général, puis conseiller au parlement. Nous citerons encore Pierre Loiseau (1772-1837 ), cbef de bataillon, officier de la légiond'honneur; Gilbert Navand, (17U6- 1849), capitaine décoré; les officiers Loiseau, Claude-Etienne (i 77*

i 837); Arsène Baverey, né en i 8 20, qui fait avec diclinction les campagnes d'Afrique, et Jean-Théodore

Mouchot, né en 1810, fondateur et directeur de l'école primaire supérieure du Mans.

Offla , vg. de l'arr. de Lonsle- Saunier, cant. d'Arinthod , perc.

et distrib. de "poste de Thoiretle, paroisse d'Aromas ; à 15 kil. d'Arinthod et 51 de Lons-le-Saunier.

Groupé sur le plateau d'une des chaînes de montagnes qui séparent le bassin de la Valouze de celui du Suran , il est limité au nord par Vosbles, au sud parThoirettetà l'est par Yosbles et Thoiretle , à l'ouest par Aromas. La Grange-sur-les- Meules et le moulin Bidet font partie de la commune.

Les maisons, alignées au pied du montde Burigna, sont généralement construites en pierres , composées d'un simple rez-de-chaussée et couvertes en tuiles creuses. La vue est bornée de tous côtés par les cimes de hautes montagnes.

Le village est traversé -à l'extrémité de son territoire par la rouie nationale n° 9, de Bourg à Nantua , par les chemins vicinaux tirant à cette route , à Vosbles et à Aromas , par le bief Samson , torrent impétueux coulant au fond d'un dangereux ravin, par le bief des Fouges et par le torrent des Combes.

Fop. en 1790, 2*6 hab. ; en 1846, 185; en 1851 , 165, dont 87 nom. et 87fem. ; pop. spéc. par kil. carré, 34 hab.; 42 maisons, savoir : 40 a Ceffia , 1 à la Grangesur-les-Meules et 1 au moulin Bidet ; 42 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1666.

Cadastre exécuté en 1831 : surf, territ. 476\ divisés en 3154 par-

celles que possèdent 167 propriétaires, dont 83 forains ; surf. imp.

469h 65*, savoir: 177h 50* en terres lab., 121h50*en parcours, 99b 34* en bois, 45h 49* en prés, 12h 21* en vignes, 9h 65* en friches , 4h 85* en canaux de moulins , 2h 56* en broussailles, lh 29* en sol des propriétés bâties , d'un rev. cadast. de 3563 fr. ; cont. dir. en princ. 896 f.

Le sol, de fertilité moyenne, produit du blé, du maïs, de l'orge, de l'avoine, des pommes de terre , beaucoup de chanvre et des fruits.

MM- Albert avaient fait des plantalions de mûriers qui avaient parfaitement réussi. Il est regrettable que depuis quelques années celte culture ail été négligée. Dès la confection du cadastre , les plantations de vignes ont doublé.

On élève dans la commune des bêles à cornes , quelques mulets, des moutons , peu de cochons et de volailles.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arinthod, de Nantua et d'Oyonnax.

Il y a un petit moulin sur le bief Samson , appelé le moulin Bidet , à un seul tournant.

L'établissement d'une fruitière serait aussi facile qu'avantageux dans ce village.

On trouve sur le territoire des sablières abondantes. 11 n'y a pas de carrières exploitées.

Biens communaux : une église* un cimetière à l'entour, abandonné,

un cimelière nouveau , une maison commune qui nécessite d'urgentes réparations, contenant la mairie, le logement d'un instituteur et la salle d'étude des garçons , fréquentée en hiver par 25 élèves; une institutrice privée donne des leçons à 1 5 élèves ; une fontaine publique jaillissante, avec lavoir et abreuvoir, et 139h 05* de bois , friches et parcours , d'un rcv. cad. de 476 fr.

Bois communaux : 98h 75*, dont 3b 70* sont en exploitation annuelle. Essences dominantes : chêne et hêtre.

NOTICE HISTORIQUE

Ce f fia, que tous les titres anciens désignent sous le nom de Cessyat , Cessyaz , Ce&sta, flt partie , jusqu'en 1 790, de la Bresse. Nous sommes disposé à le considérer comme d'origine gauloise, de même que la plupart des villages du canton d'Arinlhod. Au Chanelet et au Prétyon> on a trouvé des tombeaux en maçonnerie couverts de laves, renfermant des squelettes, dont les pieds étaient dirigés à l'orient. On reconnaît eucore dans la contrée dite Sous-la-Vie, les traces d'un ancien chemin de Bourg à Nantua. Une charte de l'empereur Lothaire, du 21 septembre 8K5, confirmant à l'abbaye de Saint-Oyen de Joux les donations antérieures qui avaient enrichi ce monastère , désigne Sessiacum, Senolcas et Pisaditium> qu'on doit traduire par Cessia , le Ceffia actuel , Senaud et Poisoux, trois lieux assez rapprochés les uns des autres. Quelques historiens ont traduit Senolcas par Genouiliers, et Sessiacum par Sessy, mais c'est à tort , ainsi que nous le prouverons à l'article Saint-Claude.

Seigneurie. Ceffia dépendait dans

l'origine du mandement de Montdidier . dont Gaspard de Chevrier , écuyer, seigneur de la Saugerée , avait la cinquième partie, en qualité de cohéritier de Charles Emmanuel de Seylurier, baron de Cornod. Pour former le lot de ce seigneur, on démembra ce village de Hontdidier le 2 mai 1647, et on l'érigea en seigneurie distincte en sa faveur. Ce fief passa en 1681 à M. A n tel me - François d'Angeville , qui le transmit , quelques années après , à M. Toquet, marquis de Meximieux , seigneur de Mongefond. Dès cette dismembration , Ceffia jouit d'une certaine importance. 11 devint la résidence d'un bailli , d'un juge châtelain, d'un procureur, d'un greffier, d'un sergent , d'un notaire tabellion. Les appels du bailli se portaient directement au bailliage d'Orgelet. Les assises se tenaient dans la maison du seigneur, proche de laquelle étaient le carcan et les fourches patibulaires. Les sujets, affranchis du droit de contribuer aux réparations du château de Montdidier, faisaient le guet et garde sur leur territoire, en un lieu dit à la Garde , au sommet d'une montagne qui dominait le val de l'Ain.

Fief de Brun. Un ancien fief de mairie héréditaire portait le nom de Fief de Brun. La maison féodale, munie d'une tour carrée, appartient aujourd'hui à MM. Albert de Ceffia.

Maladrerie. Au sud du village était construit un hôpital pour les lépreux , en une contrée appelée à la Malatière. Il parait que la lèpre faisait d'affreux ravages dans la partie méridionale du département; car des hospices de ce genre y sont multipliés à l'infini. C'est près de la Malatière que furent relégués les pestiférés en 1 636.

Paroisse. Ceffia , érigé en cure

vers Tan 1 500 , dépendait de l'archiprétré de Treffort et du diocèse de Lyon.

Eglise. L'église, dédiée à saint Martin , dont on célèbre la fête le 1 i novembre, est orientée. Elle se compose d'un porche surmonté d'une campanille, d'une nef, d'un chœur, de deux autels , placés sous le vocable de saint André et de la sainte Vierge. Elle est du style roman usité au xii* siècle. L'épaisseur des murs, la forme des fenêtres l'indiquent suffisamment. Quelques parties de l'édifice sont d'une époque plus récente et ne remontent qu'au xve siècle. Le curé d'Aromas vient y célébrer chaque année les offices de la fête patronale. L'abbé de Saint- Claude en avait le patronage.

Le presbytère était en face de l'église. 11 a été vendu nationalement en 1796.

Evénements divers. Les événements qui concernent ce village sont rapportes à l'article Ar ornas. Au mois de mai 1840, plusieurs loups, que l'on croyait atteints d'hydrophobie, jetèrent la terreur parmi les habitants. Les craintes étaient d'autant plus vives que plusieurs chiens mordus moururent de la rage.

Censean, vg. de Farr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Nozeroy ; chef lieu de perception ; succursale ; à 7 kil. de Nozeroy, 31 d'Arbois, 38 dePoligny et 53 de

Situé dans le val de Mièges, il est limité au nord par Courvières (Doubs) etCuvier, au sud par Mièges , Molpré et Communales , à l'est par Molpré, Communales et Bief-du-Four et à l'ouest par Mièges, Esserval-Tartre , Esserval-Combe et Cuvier. Les Grangettes , le moulin des Grangettes, la Scierie, le Maga-

sin , le Chalet cl la ferme Bourgeois font partie delà commune.

Altitude : 846m.

Il est traversé par les roules dép.

n° 7, de Salins en Suisse, n° 2, de Chalon en Suisse , par le chemin de gr. com. n° 20, de Nozeroy à Levier, par les chemins vicinaux tirant à la route dép. n° 2 , aux Grangettes, à Nozeroy, au Magasin , de Bief-du- Four à Cuvier, par la Serpentine qui y prend sa source, par le bief des Combes et celui de la Fontaine.

Les maisons sont généralement groupées , construites en pierres et couvertes en tuiles plates ou ancelles. Les toits sont très saillants.

La commune de3 Grangettes a été réunie à celle de Censeau le 3 décembre 1813.

Pop. en 1790 , de Censeau ,484 hab.; des Grangettes, 85; en 1846, 761; en 1851, 769, dont 378 nom.

et 391 fem.; pop. agglom., 520; pop. spécif. par kil. carré, 79 hab.; 98 maisons , savoir : à Censeau , 44; aux Grangettes, 12 ; au Magasin , 39 ; il n'y en avait qu'une en 1789; à la ferme Bourgeois , 1; 198 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1783.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Paris et à Lyon.

Cadastre exécuté en 1 8 1 4 ; surf, territ., 969h 04*, divises en 2175 parcelles que possèdent 335 propriétaires, dont 179 forains; surf, imp. 945h 1 la, savoir : 634h 49a en terres lab., 124h 68* en pâtures, 125h 73* en bois futaie de sapins, 50h 02* en prés, 4h 83* en sol des propriétés bâties et cours, 4h4l* en tourbières, 2h 11* en friches, 66* en jardins, 11* en marnières, 5* en abreuvoirs, d'un'rcvcnu cad. de 34,411 fr. ; contrib. dir. en principal, 4447 fr.

Le sol, peu fertile, produit du blé , de Forge , de l'avoine , du seigle , des pommes de terre , des légumes secs, de la navette, des betteraves, du lin, du chanvre, du foin et des fourrages artificiels.

On récolte des céréales pour la consommation des habitants; on importe le vin.

Le revenu réel des propriétés est de k pour cent.

On élève dans la commune des bétes à cornes , des moutons , des cochons, des mulets et des volailles.

100 ruches d'abeilles.

L'agriculture y est en progrès.

On y fabrique annuellement 45,000 kil.de fromage, façon Gruyère, de bonne qualité.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins , de Cbampagnole et d'Àrbois.

On trouve sur le territoire des tourbières abondantes non exploitées, des sablières de bonne qualité en exploitation , des carrières de pierre douce, dont les produits sont très recherchés pour ta confection des foyers et des fours à cuire le pain, des carrières exploitées de pierre tendre et jaune très propre à la taille et à bâtir. Il y a aussi du minerai de fer dont l'extraction a été abandonnée depuis quelques années.

Foires. Il y a deux foires fixées , Tune au 1er avril et l'autre au 10 octobre. Il serait à désirer que le nombre en fût augmenté, car celles qui existent sont fort importantes. On y vend du bétail , des instruments aratoires, de la quincaillerie, de la draperie , de la mercerie et de l'épicerie.

Commerce. Les patentables sont:

5 marchands de bois de sciage , 1 0 aubergistes, un cafetier, 2 marchands de vin en détail, un mar-

chand de planches en détail, 5 marchands épiciers, un boulanger, un plâtrier, un marchand de tissus, un tonnelier, 2 voituriers, 1 maréchalferrant, 1 marchand de faïence, 4 débitant de tabac.

Il y a un moulin à farine à trois paires de meules et une scierie mécanique à une lame de scie.

Censeau est la résidence d'un notaire, d'un médecin vétérinaire, d'un arpenteur et d'une brigade de gendarmerie. Il y a un gîte d'étape et un relais de poste aux chevaux.

Biens communaux. Une église, un cimetière, un presbytère, une maison commune inachevée, contenant la mairie , le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 70 élèves > la salle des pompes à incendie , deux caves pour le dépôt des fromages et un corps-de-garde; 6 fontaines, 6 abreuvoirs, 2 lavoirs couverts, un abattoir, 2 pompes à incendie, desservies par une compagnie de 40 pompiers, parfaitement tenue ; une maison d'école pour les filles, un oratoire au sud de la commune , dédié à la mère de Dieu, et 174h 48* de pâtures, abreuvoirs, marnières, terres lab., bois de sapin, tourbières et friches, d'un rev. cad. de 3776 fr.

La section des Grangettes possède 51h 66* de prés, terres et pâtures, d'un rev. cad. de 383 fr.

Bois communaux. 80h de bois sapins ; 75 arbres sont délivrés annuellement aux habitants.

Budget : recettes ord. 5242 fr.; dép. ord. 5242 fr.

Bureau de bienfaisance. Le bureau de bienfaisance a 1300 fr. de revenus, provenant en grande partie d'un don fait par M. l'avocat Germain. Sur cette somme, 800 fr.

sont employés à rétribuer 3. sœurs

de la charité, dont 2 sont chargées de l'éducation des filles et une troisième du soin des malades.

NOTICE HISTORIQUE

Le val de Mièges a été habité depuis les temps les plus anciens. Les monuments druidiques épars sur son territoire, les mœurs, les habitudes, les croyances des habitants suffisent pour le prouver. Il présente à l'archéologue de nombreux vestiges de la domination romaine, que nous aurons occasion de signaler en écrivant l'histoire de chaque commune. Une voie antique, venant de Jougne, se bifurquait à Genseau, jetait une de ses branches sur Salins et l'autre sur Champagnole. L'une d'elles porte encore le nom de Viedu-Grès. L'art gothique , religieux et militaire s'était également épanoui sur cette terre, où la civilisation semble avoir eu tant de peine à pénétrer. Un titre du vie siècle nous révèle l'existence de Miéges; un autre du ix* siècle parle de Sirod.

Ce serait donc une erreur très grave de supposer que les concessions faites par les seigneurs de Nozeroy ont amené les premiers défrichements dans cette partie de nos montagnes.

Les historiens n'ont pas su reconnaître sous leurs anciens noms une foule de villages qui existaient longtemps avant l'époque de ces concessions. Ainsi, Gaucher de Com mercy, sire de Château-Vilain et de Montrivel , reconnaissait tenir en fief, en 1282, de l'abbé de Saint- Claude , les dîmes de villa de Pon- «6ms; c'était le village des Planches; de YEssart-Rapoli et de l'jEssar* à Moyne ; c'étaient Esserval-Tartre et Esserval- Combe , etc.

Seigneurie. Censeau dépendait en toute justice de la seigneurie de Nozeroy. il avait été affranchi de la

main -morte en 1350. Le 30 mai IftOO, Jean de Cbalon-Arlay III, prince d'Orange, cherchant à réparer les désastres causés par la peste de 1349, qui avait dépeuplé ses terres, concéda aux habitants qui viendraient habiter Censeau, ainsi qu'à ceux déjà établis, le droit de prendre dans ses forêts de la Haute-Joux, du bois de construction pour édifier leurs bâtiments, du bois de chauffage pour leur usage , des droits de parcours importants; il autorisa même les défrichements. On mit le feu à de vastes forêts pour obtenir plus promptement des terres arables. Cette concession avait été faite à vil prix, et moyennant le cens illusoire de 12 livres estevenantes annuellement, payable moitié après la fête de la Toussaint et moitié le lundi après la Pentecôte.

Jean de Chalon-Arlay IV ratifia ces conventions en 1493.

Par traité du 24 janvier 1693, les censés et redevances dues aux seigneurs de Nozeroy, furent réglées avec les habitants de Censeau, en une rente annuelle de 63 quartaux d'avoine à l'ancienne mesure du château de Nozeroy et de 63 francs, monnaie ancienne du comté de Bourgogne. Au moyen de cette somme, la banalité du four, le droit de guet et garde , de réparation au château furent éteints.

Paroisse. L'église de Mièges servait primitivement de paroisse à tous les habitants du val. En 1304, Hugues de Chalon, archevêque de Besançon, autorisa la construction d'une église à Mignovillard , ce qui opéra un premier démembrement de la paroisse de Mièges. Des chapelles se bâtirent successivement dans les différents villages. Celle de Cuvier ne tarda pas à être érigée en succursale, avec Censeau pour

annexe. L'église prieurale de Mièges, avec toutes les églises succursales et les chapelles qui en dépendaient, furent unies, en 1413, à la demande du prince d'Orange, à l'hôpital de Nozeroy; mais celte union , a laquelle n'avait point consenti l'abbé de Cluny, resta sans effet. Louis de Chalon obtint , en 1422, suivant Gilbert Cousin, et en 4437, suivant d'autres titres plus positifs, que l'église prieurale et paroissiale de Miéges serait unie à l'église collégiale de Nozeroy, ce qui fut autorisé par le pape Eugène IV. Les chanoines de Nozeroy réclamèrent, en 1685, les dîmes et autres prestations dues par chaque ménage de Censeau et de Cuvier, telles qu'elles étaient dues et payées autrefois au curé de Miéges. Les habitants prétendirent que pour avoir droit à ces dîmes et à ces prestations , les chanoines devaient faire célébrer les offices les jours de dimanches et de fêtes dans l'église Saint-Donat de Cuvier. Une transaction du 9 novembre de la môme année leur donna gain de cause. La chapelle de Censeau fut érigée en succursale le 4 décembre 1782.

Eglise. L'église, construite en 1749, est dédiée à l'Assomption de la Sainte- Vierge, dont la fête se célèbre le 15 août. Elle est orientée.

Elle se compose d'un clocher construit en 1804, d'une nef, d'une tribune, de deux chapelles formant transsept, d'un sanctuaire formé' par cinq côtés d'octogone et d'une sacristie. Un dôme couronne le clocher. L'intérieur de cet édifice, qui est d'une belle architecture romaine, est décoré de pilastres de l'ordre dorique, sur lesquels s'élèvent les arcs doubleaux et les arêtes des voûtes.

On y remarque un beau înaître-autel en marbres très variés, une

chaire à prêcher ornée de riches sculptures , dites du style de Louis XV et plusieurs tableaux. Il y a un magnifique calice en vermeil, qui fut1 donné au fort Saint- André de Salins par Louis XIV. Le presbytère , très convenable, a été construit en 1783.

Evénements divers. On trouvera aux articles Nozeroy et Mièges , les principaux faits historiques intéressant Censeau.

En 1742, un incendie détruisit à peu près tout le village. Le 22 novembre 1792, il y eut une émeute à l'occasion de l'arrestation qui y fut faite de MM. Alix , Bailly, Bonjour et Vuillcrinet , prêtres réfraclaircs.

M. Bailly, mort en 1807, zélé confesseur de la foi, 'est enterré dans l'église. Le 1er juillet 1832, la procession de la Fête Dieu défilant devant la demeure du receveur de la douane, des coups de carabines partirent des croisées et amenèrent une rixe entre les douaniers et la garde nationale qui assistait au cortège. En 1841 , un incendie dévora 5 maisons et causa une perte de 32,000 fr. Il y avait aulrefois un entrepôt des salines de Montmorot, au lieu dit au Magasin. Il a été vendu en 1790 comme domaine national.

BIOGRAPHIE

Ce village a tu naître U.Germain, Jean-François (1762-1 825), avocat, administrateur du département du Jura en 1793, député au corps législatif, membre de la chambre des députés en 1825, chevalier de la légion-d'honneur, conseiller de préfecture dans le Jura. Ce magistrat intègre, par son testament du 7 janvier 1824, donna au bureau de bienfaisance de Censeau, des meubles et des immeubles estimés 30 mille francs et fit beaucoup d'autres legs pieux.

2° Frédéric Germain, directeur du séminaire de Besançon; son nom figure dans l'acte par lequel l'archevêque de Grammont confia , en 1676, la direction de son nouveau séminaire , à une communauté de prêtres séculiers ;

3° Claude -Antoine Rulillard, aussi directeur du séminaire de Besançon , cité avec éloge dans la Bibliothèque des Pères , par Tricalct.

Cernai» , vg. de l'arr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Salins , chef-lieu de perception ; succursale , composée de Cernans , Dournon , Abergement-les-ïhésy , GeraiseetClucy;à7kil.deSalins, 20 d'Arbois et 5o de Lons-le-Saunier.

Situé au sommet des monts de Salins, il est limité au nord par Sainte-Anne (Doubs) et Glucy, au sud par Salins et Abergemcnl-les- Thésy, à l'est par Sainte-Anne et à l'ouest par Salins, Geraise et Glucy.

La Mare et le Pelit-Cernans font partie de la commune.

Altitude : 6S5m.

Il est traversé par la roule nat.

n° 72, de Dijon à Pontarlier, par les chemins vicinaux tirant à la Mare et à Geraise, à l'Abergement-lcs-Thésy, à Glucy et par le ruisseau de Bacon.

Les maisons , groupées sur le bord de la route , sont construites en pierres et couvertes en bardeaux.

Les toits sont très saillants.

Pop. en 1790, 338 hab. ; en 1846, 377; en 18SI, 596 , dont 207 nom. et 189 fem, ; pop. aggl.

525 ; pop. spécif. par kil. carré, 77 hab.; 54 maisons, savoir : 45 à Cernans, 7 au Pelit-Cernans et 2 à la Mare; 86 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1686.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Paris.

Cadastre exécuté en 1831 ; surf, territ. S5ih 31a, divisés en 679 imp., 542h 59a, savoir : 328h 55a en terres lab. , 152h 45* en parcours, 74h 5Sa en bois, 2h 27a en broussailles , 2h 26a en sol des maisons et cours, lh 89a en jardins, 42a en vergers , 50a en friches et 30a en murgers , d'un rev. cad. de 16,344 francs; cont. dir. en princ.

2817 fr.

Le sol, très fertile, produit du blé , de l'orge , de l'avoine , des légumes secs , de la navette , des betteraves, des pommes de terre, du lin , du chanvre , des fruits , du foin ei des fourrages artificiels.

On exporte le tiers des céréales et on importe le vin.

Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , des chevaux , des moutons et des volailles. 100 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et de taille, de très bonne qualité, en exploitation. On a trouvé il y a quelques années une tête fossile de mammouth dans la contrée dite à 1£cheneaud.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins.

Une fromagerie produit annuellement 12,000 kilog. de fromage , façon Gruyère.

Les patentables sont : un cafetier, un maçon , 2 marchands de vin en gros, 3 aubergistes, 3 cordonniers, 3 maréchaux-ferrants et 2 marchands de tissus.

L'agriculture est la principale ressource des habitants.

Biens communaux. Une église , un cimetière à l'entour, un presby-

tère, une maison commune construite en 1848, qui a coûté 30,000 francs ; clic contient le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 40 élèves ; le logement de l'institutrice , la salle d'étude des filles, fréquentée en hiver par 42 élèves , 2 salles pour la mairie ; une fontaine avec lavoir et abreuvoir , construite en 1840, qui a coûté 6000 f.; une pompe à incendie, et 199h 35a de bois , terres, friches, mares et jardins, d'un rev. cad. de 1501 fr.

Bois conmunaux. 94h, dont 2h 82' sont en exploitation annuelle.

Budget : recettes ord. 5870 fr. ; dépenses ord. 2957 fr.

Bureau de bienfaisance : recettes ord. 85 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Quelques historiens prétendent que les villages qui entourent Salins doivent leur origine à des Toscans appelés par les religieux de St.-Maurice d'Agaune, au vie siècle, pour exploiter les salines de Salins qu'ils tenaient des libéralités du roi Sigismond. D'autres attribuent leur fondation, d'après de simples rapprochements étymologiques , à l'invasion des Sarrasins au viu* siècle.

Ainsi , ils font dériver les noms de Sarcenne, de Cernans, de Saizenay du mot Saraceni. Que les Sarrasins aient traversé nos montagnes le fer et la flamme à la main, pillant les églises , les monastères , nous l'admettons ; mais nous croirons difficilement qu'ils y aient fondé des colonies. Les débris trouvés à Salins et dans les environs ne laissent plus de doutes sur la haute ancienneté de ces lieux. La voie romaine par laquelle on communiquait de Dijon à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, traversait le territoire de

Cernans, oû elle a conservé le nom de Vie de Dournon. Ses traces en sont encore reconnaissables*

Seigneurie. Cernans dépendait en toute justice, haute, moyenne et basse, de la seigneurie de Montmabou. En 974, Henri, duc de Bourgogne et la comtesse Gerberge , donnèrent à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon des biens dans ce village.

La date de ce titre suffit pour prouver l'antiquité de ce lieu. En 1266, Jean de Chalon augmenta l'apanage des enfants issus de son mariage avec la comtesse Laure, de ce qu'il avait en maisons , fiefs et héritages, depuis Villers jusqu'à Lausanne et depuis Mournans jusqu'à Prangin, ainsi que de la justice et de la garde de ses forêts, depuis Cernans en tirant contre les montagnes , réservant cette justice et cette garde à celui de ses fils qui serait seigneur de Nozeroy. Les charges féodales qui pesaient sur les sujets seront rapportées à l'article Montmahou.

Eglise. Guillaume d'Arguel, archevêque de Besançon, donna, de U09à 1 1 17, l'église de Cernans au chapitre de Saint-Etienne de cette ville, donation qui fut confirmée par Humbert, son successeur, au mois de mars H 39 , et par le pape Eugène III, en 1148.

En 1257, l'arche véque Guillaume de la Tour-Saint-Quentin, unit la cure de Cernans au chapitre Saint- Analoile de Salins. Cette union fut confirmée par les archevêques Eudes de Rougemont en 1281 et Hugues V de Chalon en 1303. Le patronage de l'église appartenait à l'abbé de Goailles. Par un traité passé en 1259, il fut convenu que l'abbé de ce monastère jouirait du patronage, mais que le chapitre de Saint-Anatoile aurait seul le droit de présenter à l'ordinaire le curé chargé

de la desservir. De cette transaction bizarre surgit une foule de procès terminés par une sentence de PofGcial de Besançon, de l'an 1557.

Les produits de cette cure se partageaient ainsi : un tiers appartenait au chanoine prébendier de Saint- Anatoile, un tiers à l'abbé de Goailles et un tiers au curé.

L'édifice actuel se compose d'un porche , d'un clocher, d'une nef, de deux tribunes superposées, de deux chapelles , d'une sacristie et d'un vaste sanctuaire. Le porche est du style ogival ; sa voûte est masquée par un plafond qui ne laisse apercevoir que les tètes humaines en pierre sur lesquelles viennent reposer les nervures. Le clocher est énorme et porte le millésime de 1 67 i . Une de ses fenêtres appartient à l'architecture romane usitée au xie siècle. Dans le mur qui termine rectangulairement le chœur, on remarque une belle fenêtre ogivale richement sculptée, qui a été mutilée pour recevoir une croix de verre jaune d'un détestable effet. On reconnaît différentes époques de constructions dans l'ensemble du monument. La nef est la partie la plus récente.

L'église est dédiée à saint Pierre, dont on célèbre la fête le 24 juin.

Chapelle de la Marc. Il y avait dans ce hameau une chapelle dédiée à sainte Anne, déjà mentionnée dans le traité intervenu en 1 259, entre Pabbé de Goailles et le chapitre Saint-Anatoile; elle sert aujourd'hui de chalet et appartient aux frères Page.

Evénements divers. Cernans a été occupé en 4595 par les troupes de Henri IV, commandées par Louis de Beauveau-Tremblecourt qui venait assiéger Salins. En 1639, il a été pris et brûlé par les farouches sol-

| dats du duc de Saxe-Weimar ; du 20 au 21 janvier 1649, l'engloutissèment de Sarcenne a inspiré les plus vives terreurs à la population , qu'un même sort semblait menacer.

Du 20 au 30 janvier 1840, les mêmes alarmes se sont renouvelées. A la suite de pluies , qui , pendant plusieurs jours ont tombé sur le Jura, les infiltrations amenèrent un déplacement de terrain assez considérable dans la rampe de Salins à Cernans , route nationale n°72, de Dijon à Pontarlier. Une partie du sol dériva du mont de Cernans , s'affaissa tout à coup et ne s'arrêta dans sa chute qu'à 200 mètres de là , emportant avec elle un fragment de la route, sans dérangement des fossés. L'éboulement ayant eu lieu pendant la nuit, personne ne fut viclime de ce sinistre. Pendant le jour, 200 manœuvres occupés aux travaux de la traversée y auraient probablement été surpris. L'étendue du terrain déplacé était d'environ 3000 mètres carrés. L'aspect des lieux et la tradition annoncent qu'il y a eu anciennement des bouleversements de cette vallée. La source du Creux-d'Enfer a plusieurs fois changé de place. Le lit du ruisseau est aujourd'hui élevé de 20 mètres au-dessus de son ancien niveau.

BIOGRAPHIE

Ce village a vu naître :

i°Becnee, J.-B. ( 1759-1830), premier secrétaire général de la préfecture du Jura et secrétaire perpétuel de l'académie des inscriptions, arts et belles-lettres de Besançon.

Ecrivain consciencieux et solide, ce magistrat s'est beaucoup occupé de l'histoire du Jura. Il a laissé manuscrit le Jura ancien , moyen et moderne, déposé à la bibliothèque publique de Besançon. Ses Recherches

historiques sur Salins sont le seul ouvrage de ce genre qui ait été livré à l'impression.

WMarsoudet, J.-B. (1762-1847), avocat, aide- de-camp du comte de Narbonne gouverneur de la Franche-Comté (1789-1790), poète aimable, spirituel et original, auteur de plusieurs comédies manuscrites.

Il a aussi donné le jour à plusieurs officiers, dont quelques-uns sont encore au service. Nous nous bornerons à citer Claude-Joseph Marsoudet et Jean-Joseph-Adolphe Crcfîti, (ous deux capitaines, et Auguste Parod ( 1782-1825 ) , lieutenant dans la garde royale ; MM.

Léon Dousson (1 82 1 ) et Eiie Gindre, officiers, en activité de service.

Cernléband , Cerniebal , vg. de Parr. de Poligny, cant. perc. et bur.

de poste de Nozeroy; paroisse de Fraroz; à 10 kil. de Nozeroy, 38 de Poligny, 44 d'Arboiset 57 deLonsle-Saunier.

Situé dans le val de Mièges sur le versant oriental d'un coteau qui s'incline contre le pied des montagnes de la Haute-Joux , semblables à une immense muraille , il est limité au nord par la Latelte etFroidefontaine, au sud par Fraroz et les Pontets (Doubs), à l'est par Froidefohtainc et les Pontets , à l'ouest par la Latelte et Fraroz. La grange de Fresne, la grange et le chalet Paccaud et la grange du Cernois font partie de la commune.

Altitude :950m.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Fraroz , à Mouthe et à Mignovillard.

Le sol fertile , mais craignant les sécheresses , produit du blé , de l'orge, de l'avoine, des pommes de terre, peu de chanvre, du foin et des fourrages artificiels.

On importe le dixième des céréales et tout le vin nécessaires à la consommation.

Les maisons sont généralement construites en pierres et couvertes en bardeaux retenus par de grosses pierres. Les vents du nord qui soufflent parallèlement au pied de la montagne sont si impétueux, qu'ils enlèvent souvent les toitures entières et les récoltes dans les champs.

Pop. en 1790, 232 hab.;en 1846, 262; en 1851, 265, dont 147 hom.

et 418 fem. ; pop. spéc. par kil.

carré, 22 hab.; 39 maisons; 56 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remonietit à 1793.

Les jeunes gens émigrent, sans esprit de retour, pour aller au service à Paris et à Besançon.

Cadastre exécuté en 1815 : surf, terril. 1048h 74% divises en 954 parcelles que posèdenl 91 propriétaires , dont 44 forains ; sui f. imp. 1037h 93a, savoir : 460h23a en pâtures, 294u 41a en terres lab., 236b 58a eu bois faillis, 23h 70* en prés secs, 10h 45a en prés, 7b 84a en broussailles, 3h 16a en friches, ih 48a en sol des propriétés bâties, 4a en abreuvoirs, d'un revenu cadast.

de 12,669 fr.jcont. dir. en princ, 1611 fr.

On élève dans la commune des bêtes à cornes, des chèvres , des cochons et des volailles. 20 ruches d'abeilles.

On y fabrique 15,000 kil. de fromage de bonne qualité.

On trouve sur le territoire des tourbières épuisées , des sablières , des carrières de pierre à bâtir et de taille, susceptible de recevoir le poli.

La principale ressource des habitants consiste dans la fabrication des fromages. On y fait des chapeaux de paille, mais en petite quantité.

Le revenu réel des propriétés est de 5 fr. 50 c. pour cent.

La population fréquente habituellement les marchés de Champagnole et de Saint-Laurent-cn-Grandvaux.

11 y a deux auberges.

Biens communaux : une maison commune insuffisante et en mauvais état, contenant la salle d'étude, fréquentée en hiver par ftO garçons et 25 filles; l'instituteur est logé dans une maison particulière; quatre fontaines publiques, dont deux avec abreuvoirs , auxquelles il conviendrait d'ajouter un lavoir couvert, et 3ft2h 20a de pâtures, terres et prés, d'un rcv. cad. de 2089 fr.

Budget : recettes ord. 2161 fr.

dép. ord. 1718 fr.

Bureau de bienfaisance : receltes ord. 32 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Si on veut chercher dans les dénominations locales les traces de l'antiquité de ce lieu, on remarquera les noms de Seignes Belin et de Prés du Soleil, qui semblent se rattacher au culte d'Apollon , très honoré dans nos hautes montagnes.

Seigneurie. Cerniébaud dépendait en toute justice, haute , moyenne et basse, de la seigneurie de Nozeroy.

Il fut du nombre des villages affranchis par Hugues de Cbalon-Arlay, en 1550, et de ceux qui reçurent du même prince , en 1572, des droits d'usage importants dans les forêts delà Haute-Joux.

Evénements divers. Afin d'éviter des répétitions , nous renvoyons le lecteur aux notices sur Nozeroy et Mièges , où se trouveront réunis tous les faits intéressant les villages compris dans le val de Mièges.

Curiosités. Dans les forêts qui ombragent les montagnes de la

Haute-Joux, on remarque une grotte attenante au territoire de Bellefontaine. On l'appelle la Roche percée.

Son ouverture cintrée comme une porte de grange , a h mètres 50 c.

de hauteur moyenne et 5 mètres de largeur. La profondeur de cette grotte est de 20 mètres.

Le Crèt de Saint-Sorlin est un rocher d'une hauteur immense, du sommet duquel on découvre une grande partie de la Suisse, tout le Jura et un horizon sans limite. Il y avait en 1826 un signal établi pour la confection de la carte de l'ctatmajor.

BIOGRAPHIE

Ce village est la patrie :

1° WMpy, Jean-François (1766- 1842), colonel décoré de plusieurs ordres, mort commandant de a place de Strasbourg.

2° WAlpy, Claude-François, mort en 1 806, capitaine de cavalerie, dont le fils est actuellement capitaine de cavalerie à Lyon.

5° De Jean Antoine Bailly, ardent confesseur de la foi , mort curé de Censeau en 1807.

U° De Claude- Antoine Alpy , ancien chanoine de Nozeroy, mort en 1827, et de plusieurs autres ecclésiastiques, dont les éminentes qualités restent dans le souvenir des paroissiens au milieu desquels ils ont vécu.

Ccrnon, villa Cemonis , vg. de l'arr. de Lons-lc-Saunier, canton, perc. et bur. de poste d'Arinthod ; succursale ; à 15 kil. d'Arinthod et 37 de Lons-le-Saunier.

11 est limité au nord par Onoz , au sud par Vescles , à l'est par Lect et Onoz , à l'ouest par Vescles , Arinlhod , Légna et Viremont. Me- [ nouille, la grange de la Foulatière ,

celle de la Palanche, celle des Cornes, la grange Landon et le moulin deMenouille, font partie de la commune.

Altitude de Menouille , 350m.

11 est traversé par les chemins vicinaux tirant à Lect, à Onoz , à Arinthod, de Menouille à Condes , par la rivière d'Ain, le ruisseau du Landon , le ruisseau de Froidière et le ruisseau du Gay , qui a sa source à Menouille.

Il est groupé sur un plateau très accidente que resserrent à Test les âpres rochers qui longent la rivière d'Ain et à l'ouest les hautes montagnes qui séparent le bassin de l'Ain de celui de la Valouze. Menouille occupe une position beaucoup plus basse que Cernon.

Les maisons sont généralement construites en pierres et couvertes , partie à tuiles plates ou creuses et partie en chaume.

Le village est séparé en trois groupes, occupantchacun le sommet d'une éminence. L'horizon, borné de toutes parts par de hautes montagnes , offre quelques perspectives fort pittoresques.

Menouille a été réuni à Cernon , le 7 août 1822.

Pop. de Cernon en 1790 , 270 hab. ; de Menouille , 269 ; pop.

réunie, en 1846, 544; en 1851, 501 , dont 246 nom. et 262 fem.; pop. spéc. par kil. carré, 40 hab.; 101 maisons, savoir : à Cernon, 55; à Menouille, 37; à la Foulatière, 3 ; à la grange des Cornes, 1 ; à la grange Landon , 1 ; à la grange de la Palanche , 1 ; au moulin de Menouille, 1 ; 109 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1660.

Les jeunes gens émigrent pour alK*r au service dans les villes.

Cadastre exécuté en 1831 ; surf.

'terr. 1252h 82», divisés en 4412 parcelles; surf. imp. 1228b 69», savoir : 463h 15a en pâtures, 303* 15a enterres lab., 212b31*enbois, 148h 44a en prés, 69h 76a en broussailles, 25b 64a en friches, 2h 19a en sol des propriétés bâties, lh 79a en jardins, lh 12a en murgers, lh 1 la en vergers , d'un rev. cad. de 9452 fr.; cont. directes en princ.

2246 fr.

Le sol, peu fertile, produit du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des pommes de terre , des légumes secs, du foin et des fruits. La culture de la vigne prend du développement à Menouille et reste sans succès à Cernon.

Les produits du sol suffisent à peine à la consommation des habitants.

Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arinthod et quelquefois ceux de Moirans, d'Orgelet et de Dortans.

bétes à cornes, des moutons et quelques cochons. 20 ruches d'abeilles.

Depuis plusieurs années on a cessé d'élever des mulets.

On trouve sur le territoire des carrières de bonne pierre à bâtir et de taille , non exploitées, et des sablières à Menouille.

Une fromagerie qui produisait 6 à 7000 kil. de fromage, n'en livre plus que 1000 kil. au commerce.

Les fermes isolées se sont retirées de cette association, pour fabriquer des fromages façon Septmoncel.

On compte deux auberges à Cernon ; il n'y en a pas à Menouille.

11 y a à Menouille , sur la rivière d'Ain , un moulin à deux touroanls avec un battoir à chanvre qui Ait bué, en 1617, par Jeanne de B€au-

fort, veuve de Guillaume de Boisset, à François Mallet, à charge de payer le cens annuel de 1 3 sols à l'abbé de Saint-Claude.

Il y avait à la grange de la Foulatière , une foule à draps aujourd'hui en ruines , et précédemment un moulin avec battoir qui fut vendu en 1513, par l'abbé de Saint-Claude, au prieur de Vaucluse.

Une vingtaine de familles, la plupart d'origine étrangère, s'occupent pendant l'hiver de la fabrication de robinets , étuis , peignes , cuillères et fourchettes en buis, qu'elles vendent à Saint-Claude et à Dortans.

Le flottage des bois sur la rivière d'Ain occupe beaucoup de bras à Menouille.

Biens communaux : Cernon possède une église, un cimetière à l'cntour, un presbytère rapproché de V église nécessitant des réparations , une seule citerne , et 434h 42* de bois , parcours , friches , d'un rev.

cad. de 641 fr. Menouille a une chapelle et 27 lh 51* de bois , parcours , friches , d'un rev. cad. de 270 fr.

H n'y a pas de maison commune ; l'instituteur, logé dans une maison particulière , a 65 élèves , dont 40 garçons et 15 filles. Il y a un sousmaître à Menouille , qui a 30 élèves des deux sexes.

Bois communaux : Cernon a 1 19b 42* de bois, dont 3h 57* sont en exploitation annuelle ; Menouille a 89h 50*, dont 3h 35* sont coupés annuellement. Essence dominante :

chêne.

Budget : recettes ord. 2549 fr. ; dépenses ord. 2527 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Une destinée étrange semble avoir été réservée dans nos annales auxvillages de Cernon et de Menouille ,

Mcnoilly. Leur histoire ne se compose que du récit des désastres qu'ils ont essuyés et des efforts qu'ils ont faits pour se relever de leurs ruines. Les traces du passé sont trop fortement empreintes sur le sol pour mettre en doute l'antiquité de leur origine. Placés entre la bourgade gauloise d'Arinthod et la ville d'Antre, à peu de distance de Condes , que les cartes Théodosiennes désignent comme station, sous le nom de Condate, il n'est pas surprenant que les habitants fassent remonter la fondation de ces lieux au temps des Celtes. Le pied du mamelon , sur lequel se groupe le quartier principal de Cernon, se nomme Sous-Cour. Là , on ne saurait faire une fouille sans rencontrer des substructions romaines , des tuiles à rebords , des pierres taillées avec art. Pour se rendre d'Antre à Arinthod , à Vincia ( Saint-Amour) , on traversait l'Ain sur un pont ou sur un bac , entre Vauglans et Menouille et on remontait à Cernon. De Cernon , on arrivait à Arinthod par une route appelée aujourd'hui le Pérou, que suivit, en 1637, l'armée française, commandée par le duc de Longueville , pour aller assiéger Moirans , ainsi que l'atteste Girardot de Beauchemin , dans son Histoire de la guerre de dix ans. A mi-chemin de Cernon à Arinthod , on rencontre, au fond d'une vallée étroite et sauvage , la Grange-des- Prêtres, la grange et le château de Saint- Colomb , antique séjour des druides, dont nous avons parlé à l'article Arinthod. La tour de Saint- Colomb s'élevait isolée sur le plateau d'un monticule arrondi, comme une sen- . tinelle destinée à surveiller ce défilé. Des fossés profonds,encore existants, entouraient ce fort , accessible seulement du côté du sud par un pont-

lcvisjelé sur les fossés. Tout porte à croire que la lour de Saint-Colomb succéda à une vigie romaine. Une autre route , appelée sur la Latte , conduisait de Cernon à Orgelet, par Onoz , village déjà mentionné dans un diplôme de l'empereur Lotiiaire de 855, sous le nom (VHagonoscum.

Cette voie était également défendue par un fortin construit au sommet d'une haute montagne. Une charte de Jean de Chalon, comte d'Auxerre et seigneur d'Orgelet, de l'an 1508, mentionne ce fort , sous le nom de Chàtelard de Cernon.

Seigneurie. On donne généralement â la terre de Saint-Claude la rivière d'Ain comme limite occidentale. Cernon et Menouille, qui, dans l'origine, ne formaient qu'une même communauté, ne faisaient partie ni de la terre de Saint-Claude , ni de la baronnie de Moirans et appartenaient cependant à l'abbaye de Saint-Oyen de Joux , en vertu d'une donation faite en 1230, par Etienne II, comte de Bourgogne. En 1248, les seigneurs de Beauregard donnèrent à ce monastère tous les droits qu'ils possédaient dans la prévôté de Cernon ; les sires de Clairvaux firent de même en 1200, et le curé de Sarrogna en 1308. Au commencement du xive siècle, l'abbaye de Saint-Claude succombait sons le poids de ses dettes. Pour aider à leur extinction , l'abbé Odon , en 1510, vendit à perpétuité à Jean d'Albon , damoiseau , moyennant 700 livres viennoises, Cernon et Menouille avec leurs dépendances , en hommes, femmes, revenus, tailles, corvées, échutes, amendes, justice, main-morte , forêts , cours d'eau , pêche , chasse , avénerie , dîmes grosses et petites, domaines, pâturages , terres cultivées et non cultivées, censés et usages. En 1318,

Humbert de Buene, sacristain de l'abbaye, racheta cette seigneurie de Jean d'Albon, moyennant 800 livres viennoises. En 1319, l'abbé de Saint-Oyen donna son adhésion à cette acquisition et consentit que a terre de Cernon restât irrévocablement unie à l'office de sacristain. Il se porta garant du paiement du prix.

Il paraît que Jean d'Albon n'avait pas beaucoup de confiance dans cette signature; car il exigea que Jean de Chalon II, comte d'Auxerre et seigneur d'Orgelet, et Etienne, dit Gaby, de Baume, chevalier, s'engageasssent à le payer, si l'abbé et le sacristain ne tenaient point leurs engagements. Ces deux seigneurs étant au château d'Orgelet, fournirent leur cautionnement par acte du 1 6 décembre 1 520. L'abbé paya luimême le prix, et l'acquisition faite par le sacristain n'eut pas de suite.

En 1367, Philibert du Louverot donna à l'abbé de Saint-Claude tout ce qu'il possédait à Cernon.

Cernon et Menouille formaient une prévôté, dont l'abbé de Saint- Claude était seigneur, avec justice haute, moyenne et basse. L'exercice de cette justice donna lieu à des conflits déplorables. L'ouverture de chaque succession suscitait un procès. S'agissait-il d'une apposition de scellés, d'un inventaire, d'un testament à ouvrir ? on voyait accourir à la fois les officiers d'Arinthod, ceux d'Orgelet, ceux de Moirans , chacun avec des prétentions exclusives. Pour faire cesser de tels abus, on recourut à l'autorité du parlement de Dole. Par arrêt du 19 août 1654, cette cour décida que l'abbé de Saint-Claude établirait à Cernon un bailli , un juge châtelain , un procureur et un scribe qui exerceraient en son nom tous actes de justice, sauf appel au siège d'Or-

gelct et que les officiers du bailliage de Moirans feraient provisoirement tous actes de juridiction. La peste de 1549 avait converti ces villages en solitude. Pour réparer ce désastre, l'abbé de Saint-Claude y attira, en 1360, une colonie d'étrangers, dont le caractère processif causa une foule d'ennuis à ses successeurs. Ainsi, la terre de Ccrnon et de Menouille était main-mortable en 1310, en 1519, en 1520, en 1G89 ; un arrêt du parlement décida cependant, en 165fo, que les habitants étaient de franche condition.

Tous les droits seigneuriaux étaient successivement contestés par les habitants. Ces nouveaux venus vivaient dans la plus mauvaise intelligence avec les chartreux de Vaucluse, leurs voisins.

A la suite d'une délimitation de territoire, faite en 1618, provoquée par les chartreux, les habitants de Cernon conçurent une telle haine et un tel désir de vengeance , qu'ils se permirent des menaces non-seulement contre les frères en général , mais contre le frère procureur en particulier, contre leurs métayers et contre leurs domestiques. Le fermier de la Chartreuse à la grange des Fenils, revenant de la messe paroissiale, le jour de la fête de saint Romain, patron spirituel de Cernon, fut arrêté par quelques jeunes gens, qui le frappèrent tellement de coups de pierres et de bâtons, qu'ils le basèrent pour mort. Les chartreux, craignant d'être victimes à leur tour de l'animosité de leurs adversaires ,

1621 ). Le procureur fiscal au siège d'Orgelet poursuivit les meurtriers et leur fit appliquer une sévère punition.

Paroisse. L'église de Cernon avait déjà le titre de cure en 1573. Elle avait pour annexe Menouille et quelques granges éparses. Le grand chambrier de Saint-Claude en avait le patronage, en reconnaissance duquel le curé de Cernon lui payait la responsion annuelle de 2 fr.

Eglise. L'église est dédiée à saints Romain, martyr, et Barula, dont on célèbre la fête le 18 novembre. Assise sur la pointe d'un monticule, elle se compose d'un clocher en forme de tour carrée, servant de porche, d'une nef et d'un chœur voûtés, éclairés par six fenêtres. L'entrée est tournée du Côté de l'est , ce qui fait dire que l'église de Cernon est tournée à reculons. La construction remonte au commencement de ce siècle.

Oratoire de Notre-Dame-de-Bonrencontre. A peu de distance de l'église, au sud, sur une pointe de rocher, existait une ancienne chapelle remplacée en 1775 par un oratoire érigé par Pierre Blondeau, sous le vocable de Notrc-Damc-de-Boh-rencontre. Tous les fonds environnants sont appelés sous la Chapelle , vers la Chapelle. 11 y avait probablement là, dans le principe, un sacellum païen. Une procession s'y fait chaque année. A rentrée du village au nord, on remarque un autre oratoire, érigé coutre une maison particulière, en 1779, par un ancien

à cause, disaient-ils, que ce sont ru- serviteur des chartreux de Vaucluse, des paysans, et faciles à exécuter leurs mauvais desseins et volontés, demandèrent au parlement de Dole une sauvegarde contre la violence de leurs ennemis, ce qui leur fut accordé sur le champ ( 14 janvier

sous l'invocation de Notre-Dame.

Oratoire de sainte Barbe. Sur le chemin qui conduit de Cernon à Vaucluse, on rencontre dans une fissure de rocher, à H mètres de hauteur, une statue de sainte Barbe, en.

grande vénération parmi les voyageurs. Aucun habitant des villages voisins, dans un rayon de plus de 10 lieues, ne passe devant celte madone, sans lui adresser, à genoux , une fervente prière.

Chapelle de Menouilie. Il y a une chapelle à Menouilie dédiée à saint Oyen, dont on célèbre la féte le 7 juin. Il ne s'agit point ici de saint Oyen, k* abbé de Condat, car sa féte se célèbre le 4 janvier. L'existence de cette chapelle donna lieu à sept ou huit procès considérables. Une sentence de rofficialité de Besançon, de l'an 1574, condamna le curé de Gernon à faire certains offices dans l'église de Menouilie. L'ecclésiastique qui desservait cette paroisse, en 1627, s'adressa à l'official pour contraindre les habitants de Menouilie à lui rétribuer les services qu'il était obligé de faire dais leur village. Cette rétribution fut fixée par deux traités passés en 1651 et en 1633. Une sentence de l'official, du 28 février 1698, condamna le curé à célébrer à Menouilie tous les offices paroissiaux , même à y faire les inhumations.

Le 22 octobre 1 703 , un curé de Cernon, effrayé des menaces que lui faisaient chaque jour les habitants de Menouilie, consentit à une transaction très onéreuse pour ses successeurs. Il s'obligea à dire une grande messe à Menouilie tous les dimanches et jours de fêtes, à y chanter les vêpres trois fois par an, à y faire une procession le jour de saint Marc, et à y bénir les fontaines un des jours des Rogations. Chaque concession créait de nouvelles exigeances. Ainsi , en 1712 , les habitants de Menouilie refusèrent de contribuer aux réparations de l'église de Cernon , dont ils contestaient la maternité. En 1726, ils ne voulurent

plus y offrir le pain bénit. En 1764, ils allèrent jusqu'à soutenir que leur église était indépendante de celle de Cernon. Un arrêt du parlement, du 17 mars 1768, ordonna l'exécution pure et simple du traité de 1703.

Irrités de cette décision , ils prirent la résolution de ne plus fréquenter l'église de Cernon. On leur adressa des monitoires particuliers, desmoniloires publics , rien ne put ébranler leur résolution. « Si on veut nous faire entendre la parole de Dieu, disaient-ils, qu'on vienne nous la prêcher au milieu de nous , nous ne voulons pas nous déranger et malheur au curé , s'il ne vient pas. »

Ces fiers républicains , écrivait le curé à l'évêque de Saint-Claude en 1769. sont indomptables. Larévo- I ution seule mit un terme à ces tristes débats.

Bac et port de Menouilie. Depuis une époque inconnue, il existait un bac entre Vauglans et Menouilie.

Une inondation extraordinaire arrivée en 1688, l'entraîna. L'évêque de Saint-Claude, au lieu de le rétablir, préfera accenser le péage, en obligeant le concessionnaire à construire un nouveau bateau. Le port de Menouilie ne manque pas d'activité. On y lance fort souvent des radeaux dirigés sur Lyon , malgré les dangers qu'offre en cet endroit le cours de l'Ain. Les eaux resserrées entre d'affreux précipices, roulent avec un bruit épouvantable au fond d'un lit d'un aspect effrayant. Ce détroit , appelé le Saut du Mortier , est célèbre dans les fastes des naufrages. Une foule d'hommes y ont trouvé la mort. Un simple particulier , nommé Biélet , originaire du hameau de Khien , avec son seul courage , avec les bras de quelques compagnons aussi intrépides que lui , et qui partageaient ses vues*

avait commencé, il y a soixante ans, un travail qui a beaucoup diminué le danger de ce passage. Depuis (rois ou quatre ans , des travaux importants ont été exécutés pour continuer l'œuvre de Biélet.

Maladreries. Un hospice pour les lépreux existait à Menouille à Test , et à peu de distance du village. Il y en avait un autre à Gernon , du côté du nord. Leur emplacement porte le nom de Malatière.

Evénements divers. Sans parler du cataclysme qui ensevelit sous leurs décombres les villages de Cernon et de Menouille , lors des invasions des bandes germaniques , qui se succédèrent des m° au ve siècles, nous trou vons ces lieux complètement déserts à la suite de la peste de 1 349 ,. et du passage des Français en 1637.

En 4640, le fermier de celte seigneurie demanda à l'abbé de Saint- Claude la remise entière du prix de son bail , en exposant que tous les habitants étaient morts ou avaient déserté, et que les terres restaient complètement en friches. Il fut fait droit à cette juste réclamation.

Certemery, vg. de l'arr. de Poligny , cant. de Villers-Farlay, perc.

actuelle de Cramans et fnture de Villers-Farlay , bur. de poste et paroisse de Mouchard ; à 6 kilom. de Villers-Farlay, 8 d'Arbois, 19 de Poligny et 47 de Lons-le-Saunier.

Il est limité au nord par Villers- Farlay , au sud par les Arsures , à Test par Mouchard dont il est séparé par le ruisseau de la Larine , et par les Arsures, à l'ouest par Villeneuved'Aval.

11 occupe june éminence d'où la vue s'égare au loin sur des paysages aussi riches que variés. Les maisons sont isolées , généralement construites en pierres et couvertes en

chaume, à l'exception de cinq , qui sont couvertes en tuiles.

Son territoire est traversé par les chemins vicinanx tirant à Mouchard, à la route nationale n° 83, de Lyon à Strasbourg, à Villers-Farlay, à Villeneuve-d' Aval ; par les ruisseaux de la Larine et de la Fontaine-Quartaux.

Pop. en 1 790 , 80 hab. ; en 1 846, 45 ; en 1851 , 45 , dont 34 hom. et 21 fem.; pop. spécif. par kil. carré, 55 hab. ; 11 maisons; 15 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1791.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Paris et à Lyon.

Cadastre exécuté en 1811 ; surf, territ., 79h 76% divisés en 220 parcellesqueposèdent40 propriétaires, dont 23 forains ; surf. imp.77h 14*, savoir : 47h 05a en terres lab. , 18h 72* en prés, 4h 25* en vignes , 3h 08* en bois, 2h 58a en vergers, 54* en friches, 49* en sol des propriétés bâties, 46* en jardins, 9* en terrain à exploiter la tuile, 3* en mares d'eau , d'un rev. cad. de 2875 fr. ; cont. dir. en princ. 388 fr.

Le sol , peu fertile , produit du blé, de l'avoine, du seigle, du maïs, des pommes de terre , des légumes secs , de la navette , des betteraves, du chanvre, du foin , des fourrages artificiels , des fruits d'excellente qualité, de bons vins rouges et blancs .

On importe le huitième des céréales et un huitième des vins nécessaires à la consommation des habitants.

Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

On élève dans la commune des bêles à cornes , des chevaux , des moutons, des cochons, des chèvres et des volailles. 30 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre H bâtir , à chaux

hydraulique , el de l'excellente terre glaise pour la fabrication de la tuile et de la brique.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins et d'Arbois.

Leur principale ressource consiste dans l'agriculture et l'éducation du bétail. La difficulté des chemins enlève tout moyen de développement à ce village , dont la population décroit dans une proportion étonnante.

Le seul établissement industriel est une tuilerie.

Biens communaux : 5h 08a de bois , d'un rev. cadast. de 55 fr.

Il n'y a pas de maison commune, les élèves fréquentent l'école de Mouchard.

Bois communaux : 3h 1 8a, réglés en coupe biennale.

Budget : recettes ord. 282 fr. ; dép. ord. 287 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Certemery, Xartemery, Cerlcmeri , Certhemery , Cerlemagne , point presque imperceptible aujourd'hui, semble avoir eu une certaine importance dans les siècles passés.

L'antiquité de son origine est incontestable. Son sol çst tout jonché de débris de constructions romaines.

La voie d'Agrippa de Lyon au Rhin par Besançon, appelée aujourd'hui vote de César, passait à 2 kilomètres au couchant de ce village , sur le territoire de Villers-Farlay. Une autre route de Dijon au Mont-Jura et aux Alpes grecques, traversait le village même. C'est par ce chemin que communiquait, depuis Dijon, l'abbaye de Saint-Bénigne avec Pontarlier et avec celle d'Agaune, à laquelle le roi Gontran l'avait unie à la Cn du vi° siècle. L'itinéraire en est parfaitement tracé par la chro-

nique de saint Bénigne , écrite vers 1050, comme par la vie de saint Anatoile , rédigée un siècle après .

Certemery est le Sartum Mortalité indiqué comme station de celte roule publique, dans la translation des reliques de saint Urbain, vers 863. Les traces de ce chemin sont très reconnaissables entre ce village et celui d'Aiglepierre, l'antique Petregium, mentionné dans la chronique de saint Bénigne.

Seigneurie. Certemery formait une seigneurie distincte, avec justice haute, moyenne et basse , appartenant à l'abbaye de Chàleau-Chalon.

La propriété en fut confirmée à ce monastère par deux bulles du pape Adrien IV, du 13 des calendes de mai (20 avril) 1154, et du 13 avril 1 1 55, par un diplôme de l'empereur Frédéric 1er, du 15 des calendes d'octobre (19 septembre) 1165, par une bulle du pape Luce 111, du 5 des calendes de mars (25 février) 1181 et une autre du pape Grégoire IX, du 2 des ides (12 mai) 1232.

Les habitants étaient soumis à la mainrmortc réelle et pesonnelle, à la banalité du four, à des corvées nombreuses , à des cens en grains, en argent et en poules.

Maison seigneuriale. Elle se composait d'un corps-de-logis flanqué de deux tourelles , construit au xve siècle. Les tours ont été détruites depuis peu de temps. Le bâtiment sert d'habitation à la ferme de M.

Jules Garnier, capitaine d'artillerie , né à Salins cn 1806. Près de là était la chapelle du château, dédiée à saint Laurent, dont on célèbre la fête le 10 août. Elle est tombée en ruines en 1780. La commune possède encore la cloche qui avait été bénite en 1731, ayant eu pour parrain Charles - Antoine Javelle et pour marraine Mlle Ursule -Gabriellc de

Crécy, fille de M. de Crécy, de Poligny, ancien chevalier de Malle.

Cesancey,vg. de l'arr. et bur.

de poste de Lonsle-Saunicr, cant.

et perc. future de Beaufort, perc.

act. de Cesancey ; succursale ; à 8 kil. de Beaufurt et 8 de Lons-le Saunier.

11 est limité au nord par Trcnal et Gevingey, au sud par Sainte-Agnès, Vincelles et Grusse , à Test par Gevingey et Saint-Laurent-la-Roche, à l'ouest par Trenal et Vincelles.

Altitude vers la route : 256m, vers la fontaine : 34 6m.

Son territoire est traversé par la roule nat. n° 85, de Lyon à Strasbourg, par les chemins vicinaux tirant à Saint-Laurenl-la-Roche , au hameau des Machurés , à la Prairie, et de Gevingey à Sainte-Agnès, par le ruisseau de la fontaine du Préau et par le bief de Villeneuve qui y a sa source.

Le village , groupé à Test de la route nationale , sur un terrain accidenté, au pied des premières collines du Mont-Jura, occupe une heureuse position. On domine les vastes plaines de la Bresse chalonnaise. Les maisons, bâties avec goût, ayant toutes ou presque toutes un premier étage, sont construites en pierres et couvertes en tuiles. Il y a une dizaine de belles maisons bourgeoises.

Pop. en 1790, 426 hah.; en 1846, 508; en 1851, 533, dont 252 nom.

et 281 fem. ; pop. spécif. par kil.

carre, 104 hab.; 126 maisons; 150 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1700.

Les jeunes gens émigrent peu.

Cadastre exécuté en 1836 : surf, territ. 512h 19a, divisés en 1934 parcelles que possèdent 272 pro-

priétaires, dont 114 forains; surf, imp. 501u07a, savoir : 167h03aeu vignes, 154b 51a en terres lab., 125u 08* en pâtures, 40u 01a en prés , 3h 61a en jardins , 5b 09* en vergers, 2h 99a en sol des propriétés bâties, 2h 17a en friches, 75a en broussailles, d'un rev. cad. de 17,551 fr.; cont. directes en princ.

2486 fr.

Le sol, fertile, produit du blé, du maïs, des pommes de terre, des légumes secs, des fruits, du chanvre, du foin , des fourrages artificiels , peu d'orge et d'avoine, des vins blancs et rouges très estimés.

Le produit des céréales suffit à la consommation des habitants. On exporte les sept dixièmes des vins.

La culture de la vigne se perfectionne et prend un grand développement. Il y avait un étang aux Machurés qui, depuis peu, a été converti en pré.

On élève des bêles à cornes, des moutons, des cochons, des chevaux employés aux transports, et des volailles. 40 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de bonne pierre à bâtir et de taille, ainsi que des sablières exploitées.

Les patentables sont : 4 exploitants de carrières , 1 marchand de vins en gros , 1 boulanger, 1 cabaretier, 1 tailleur d'habits , 1 maçon, 1 tonnelier, 1 menuisier, 1 marchand épicier et 1 voiturier.

Il y a une fromagerie dans laquelle on fabrique annuellement 6000 kil.

de bon fromage.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier.

Biens communaux : une église , un cimetière à l'enlour, un presby-

1ère, une maison commune contiguë, renfermant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 48 élèves ; la salle de la pompe à incendie, une pompe desservie par une compagnie de 30 pompiers , très bien organisée, une fontaine jaillissante avec lavoir couvert et entouré d'une belle colonnade, une autre fontaine et 1 18h07*de terres et parcours, d'un rev. cad. de 156 fr.

L'école des filles, dirigée par une institutrice laïque, est établie dans une maison qu'a fait construire à cet effet, de ses propres deniers, M.

Faton , curé actuel de la paroisse.

Elle est fréquentée par ftîi élèves.

Bois communaux: 32h nouvellement plantés et soumis au régime forestier seulement depuis 1849.

Budget : receltes ord., 3313 fr.

dépenses ord., 2313 fr.

INOTICE HISTORIQUE.

Cesancey, autrefois nommé Stsenlia, Sisentiacm , Sisentiachum, existait certainement au temps de la domination romaine.

La voie qui liait Lugdunum à Vesontio, appelée la Fie-des-Sauniers, la traversait. Ses traces en sont encore parfaitement, reconnaissables dans la direction de Vincelles et de Gevingey. M. Bouillier de la Marlinière, en 1806, trouva au centre même du village , dans un terrain vague , contigu au chemin qui descend dans la Bresse, un sarcophage antique. Ce cercueil de pierre avait été creusé pour recevoir presque hermétiquement les formes du corps.

On n'y trouva que de la poussière humaine et un petit vase , dont l'orifice était fort étroit. Dans le canton appelé aux Machurés, sur une colline ôiie'Bois-de-V Hôpital , on a découvert, à différentes époques, des

sépultures présumées gauloises, formées de murs secs et couvertes de dalles brutes et plusieurs monnaies romaines. Près de là se trouve un lieu dit Es-Senan$. Nous avons déjà fait remarquer, à l'article Balmed'Epy, qu'une telle dénomination rappelle le souvenir des prêtres gaulois qui succédèrent aux druides.

Au sud du village, une pièce de vigne porte le nom de Martinière. Dulaure , dans son Histoire de Paris, dit que plusieurs pierres druidiques ont conservé le nom de Marte, Afartel, Martine. On trouva en effet , en 1833, à Macornay, en un lieu appelé les Martinet, des sépultures formées de murs secs et de dalles , des ossements, un fragment d'épée , un anneau de cuivre rouge , une plaque de baudrier en fer battu, damasquinée d'or et d'argent, absolument semblable à d'autres plaques que les archéologues regardent comme évidemment romaines ou gauloises, A l'est, et à peu de distance de l'église de Cesancey, sur un monticule d'où la vue embrasse un immense horizon, existe une place appelée en Saint-Martin. Nous sommes disposé à croire que sur cet emplacement , occupé aujourd'hui par une croix, s'élevait jadis un oratoire païen.

Prieuré. En 1083, Hugues H, archevêque de Besançon , autorisa l'acquisition de l'église de Cesancey, ffue Bernard, abbé de Baume , avait faite de Ponce, curé de cette paroisse. Par une bulle de l'an 1080 , le pape Urbain II confirma à l'abbaye de Baume la possession de cette église, Ecclesia sisintiaci. L'abbé de ce monastère envoya des religieux bénédictins pour la desservir, ce qui donna naissance au prieuré. Une bulle du pape Pascal II , du 3 des calendes d'avril 1107, confirma la possession de ce prieuré à l'abbé de

Baume. Sans égard à ces litres , Guillaume d'Argucl , archevêque de Besançon, le donna à l'abbaye de Cluny. Cette donation fut probablement le résultat d'une erreur; car l'archevêque Anseric, en 1133, le pape Innocent II , en 1 1 43 , l'empereur Frédéric Ier, en 1 1 S7, l'antipape VictorI V, en i 1 62, Clément III, en 1 190 , déclarèrent positivement que ce prieuré appartenait au monastère de Baume. L'abbé Richard, dans son Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude , publiée en 1847, en parlant de la donation faite , en 1 11 7, par l'archevêque de Besançon à l'abbé de Cluny , dit que le prieuré de Cesancey existait auprès de l'église de Trenal , dout il occasionna la construction, et que le curé faisait souvent les offices paroissiaux dans l'église de Cesancey. Cet historien a commis une erreurgrave. Les bâtiments du prieuré, servant aujourd'hui de cure et de maison commune , existent encore et ont toujours existé au pied de l'église de Cesancey.

Au mois de mars 1302, l'abbé et les religieux de Baume , criblés de dettes , engagèreut à vie les revenus de celte obédience à Blanchard, petit-fils de Jean de Culay, moyennant une somme de 300 livres. Ce dernier renonça, peu de temps après, au bénéfice de celte cession , moyennant une pension viagère de 30 livres estevenantes et 80 quartaux , moitié avoine et moitié froment , garantie sur les dîmes de Montain , Lavigny etPannessières. En 1489, le prieuré de Cesancey fut imposé à cinq francs six gros et six engrognes pour subvenir aux frais du procès que le monastère de Baume soutenait pour échapper à la dépendance de Cluny.

Celui de Jouhe ne fut imposé qu'à 8 livres , ce qui prouve que ces deux

établissements étaient d'une valeur à peu près égale. Par une transaction passée le 30 juin 1697 , l'abbé de Watteville céda les produits de ce prieuré au chapitre de Baume, qui le conserva jusqu'au moment de la révolution de 1789.

Les revenus consistaient dans le patronage de l'église , dans le grand et le petit patronage de l'église de Sainte-Agnès , dans les dîmes de ce dernier lieu et des villages de Vercia, Paisia, Longeverne, le Perron, Rotalier, les Machurés, Froideville, de Beyne et de la Combe de Cbalandigna. Chaque chef de famille devait , pour droit demarguillerie, une gerbe de froment et une gerbe d'avoine.

Le seigneur de Courlaou avait la dîme des gros blés sur le territoire de Cesancey. Celle des menues graines appartenait , savoir : moitié au seigneur, un quart au curé et le surplus au prieur.

Avant aucun partage , le couvent de Gigny prélevait cent mesures de blé et avoine , à cause du prieuré de la Chaze-Dieu , qui lui avait été annexé.

Maison prieurale. Elle était bâtie à l'est du village, proche de l'église , et se composait de vastes salles voûtées , avec une tour carrée à l'entrée. De belles caves , une grande cuverie , des grangeagcs servaient de dépendances. La partie habitable est occupée par le presbytère , et les dépendances ont été converties en maison commune.

Eglise. L'église, située sur la pointe d'une éminence , à laquelle on arrive par de nombreuses marches d'escaliers., est dédiée à saint Nicet, archevêque de Besançon , mort vers 612 ou 613 , dont on célèbre la féte le 31 janvier. Une chapelle de Notre- Dame et de saint Antoine y avait été fondée en 1613, par la famille Bah

dou, de cette commune. Elle se compose d'un clocher, d'une nef, de deux chapelles et d'une sacristie. Les restaurations faites en 1845 et 1846 lui ont été tout caractère architeclonique. Le retable, fort beau , provient du couvent des carmes de Blette rans.

Seigneurie. Ce village dépendait en toute justice , haute , moyenne et basse , de la terre de Saint- Laurentla- Roche. La messerie fut inféodée, en 1302, par Renaud de Bourgogne, à l'abbé de Baume.

Evénements divers. La peste de 1636, la guerre de 1637 dépeuplèrent complètement ce village. A la suite d'un engagement fort vif qui eut lieu à cette époque entre un détachement de l'armée de Longucville et les troupes comtoises , deux colonels français furent tués entre Sainte- Agnès et Cesancey.

BIOGRAPHIE

Les familles Dauphin et Bouillier, originaires de ce village, ont fourni . plusieurs sujets distingués à l'armée et à la magistrature.

De la famille Baldou , la plus ancienne du pays , sont sortis plusieurs prèlres, et des recteurs de l'hôpital de Saint-Laurent- la -Roche.

Ces»ta, commune réunie à celle de Saint- Jean-d'Etreux, le 26 juin

Cézta, vg. del'arr. de Lons-Ie- Saunier, cant. et bur. de poste d'Arinthod, perc. deThoirclte; paroisse de Saint-lmetière; à 5 kil. d'Arinthod et 40 de Lons-le- Saunier.

Il est limité au nord par Chisséria, au sud par Louans , à l'est par Lavans et Chisséria , à l'ouest par Chemilla et Saint-lmetière.

Altitude : 488m.

Son territoire est traversé par les chemins vicinaux tirant à Chemilla , à Chisséria et à Montcoux , et par un ruisseau dit le ruisseau de Cézia.

Le village est situé dans le bassin de la Yalouze, au pied occidental des montagnes qui séparent cette vallée de celle de l'Ain.

Les maisons , de pauvre apparence , sont construites en pierres et couvertes partie en tuiles creuses, partie en chaume.

Pop. de Cézia et Hautecourt en 1 7 90, 1 02 hab. ; de Cézia seulement, en 1846, 177 ; en 1851. 164, dont 82 hom. et 82 fem.; pop. spéc. par kil. carré, 45 hab.; 33 maisons ; 35 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.

Quelques jeunes gens émigrent pour aller au service dans les villes.

Cadastre exécuté en 1831 ; surf, territ. 358b 05a, divisés en 2000 parcelles que possèdent 97 propriétaires , dont 40 forains; surf, imp., 355h45M, savoir: 134h92a eu terres lab., 37h 62a en prés, lh 19a en vergers, lh02aensoldes propriétés bâlies , 20a en vignes , d'un rev. cad. de 2500 fr. ; cont. dir. en princ. , 709 fr.

Le sol , peu fertile , et craignant les sécheresses, produit du blé , de l'orge, du maïs , peu d'avoine , des légumes secs, des pommes de terre, des fruits et surtout des pommes.

Les produits du sol sont à peine suffisants aux besoins des habitants.

Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 75 cent, pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , des moutons, et pe u de cochons. 15 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et du sable .

Les seuls patentables sont un cordonnier et un menuisier.

Les habitante , occupés exclusivement d'agriculture , fréquentent habituellement les marchés d'Arinthod.

Biens communaux : une maison commune , contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par fi5 élèves, dont 20 garçons et 25 filles ; deux puits communaux , un lavoir isolé du village, une chapelle, et 18Bh 06a de terres, murgers, bois , broussailles , d'un rev. cad.

de 319 fr.

Itois communaux : 9h 78% trop jeunes pour être livrés à l'exploitation. Essences dominantes : chêne et buis.

Budget : recettes ord. 948 fr. ; dépenses ord. 945 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Les vestiges d'antiquités sont peu nombreux dans ce village ; ils suffisent cependant pour attester que son existence remonte à l'époque celtique, comme la plupart des localités qu'on rencontre dans le bassin de la Valouze. La voie qui reliait les deux bourgades gauloises d' Arinthod et d'Isernorc limitait son territoire à l'ouest; elle porte encore le nom de Pérou. Les champs qui longent le chemin, qui de Cézia venait aboutir à cette route , s'appellent à VEstrat, mot dérivé de strata via. On y découvre des ossements humains, dont la grosseur annonce de fortes statures. De nombreuses traditions et croyances populaires se rattachant au culte druidique , confirment nos conjectures.

Seigneurie. Cézia dépendait en toute justice, haute, moyenne et basse, de la vaste seigneurie de Valfin. Les habitants étaient mainniortables et soumis à une foule de charges, que nous expliquerons

dans la notice sur le chef-lieu de cette terre. L'administration de la communauté était conûée à un prévôt, qui avait fait construire son manoir sur une éminence isolée , au nord des habitations, en un lieu appelé aujourd'hui le Châtelard. On apercevait de là le château de Valfin, et la célèbre tour de Dramelay .

En cas d'éminent péril , le signal était facile à donner et à recevoir. A peu de distance de cette habitation, passait un ancien chemin se dirigeant sur Arinthod, nommé la Fie du Marché.

Chapelle. Au sud du village, au milieu d'une plaine, s'élève une modeste chapelle , placée sous l'invocation de saint Didier. Le curé de Saint- Imelière vient y célébrer trois messes par année , le jour des fêles de saint Didier, de saint Clair et de saint Augustin.

La fête patronale du lieu se célèbre le jour de la Pentecôte , anniversaire de l'invention des reliques de saint Imetière. Ce faible édifice , remarquable seulement par son antiquité , se cachait , il y a peu de temps encore, sous un épais massif de buis dont les tiges avaient atteint une grosseur extraordinaire.

Chalèa , commune réunie à celle deThoirelle,le 11 septembre 1822.

Chainéc-dcs-Conpls. Voir Chê-

naie-des-Coupis.

Chaiéaies , vg. de Parr. de Po~ ligny, cant., perc. et bur. de poste des Planches; succursale ; à 8 kii.

des Planches, hk d'Arbois, 56 de Poligny et 48 de Lons-le-Saunier.

Il est limité au nord par Sirod , Treffay, Gillois et Bief-des-Maisons, au sud par la Perrena , les Planches et Foncine-le-Haut, à l'est par Bief-

des-Maisons et Foncinc-le-IIaut , à l'ouest par la Perrena, Crans, Sirod et Treffay. Le Pelit-Chaléme , le Grand - Chaléme , Sous-Chalamet , composent la commune.

AlUtude : 934m.

Il est traversé par le chemin de gr. com. n° 17, de Nozeroy aux Planches , par les chemins vicinaux tirant à Treffay et à Sirod, du Grand- Chaléme à Foncine-le-Haut , du Petit-Chaléme au Chalamet, du Grand- Chaléme au Chalamet, du Petii-Chaléme aux Fontaines et à Treffay, du Grand-Chalémc au Petit-Chalême , par le bief de la Fontaine-de-la- Tourelle et par celui de la Culée.

Le village, situé dans le val de Sirod, sur un plateau accidenté , se compose de trois quartiers , autour desquels se groupent les habitations.

Les maisons sont construites en pierres, la plupart élevées d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée et couvertes en bardeaux. Les vents , surtout ceux du nord , sont si violents, qu'on est obligé de charger les toitures de grosses pierres.

Pop. en 1790 , 377 habit.; en 181 hom. et 168 fem.; pop. spéc.

parkil. carré, 5b hab.; 68 maisons, savoir : 13 au Petit-Chaléme , 38 au Grand- Cbaléme et 17 tous-Chalamet; 81 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1736.

Les habitants ne trouvant pas suffisamment de ressources dans la culture de leur territoire, embrassent les professions d'instituteurs , de douaniers , de domestiques et de commis dans les villes.

Cadastre exécuté en 1 826 ; surf, territ. 946h 81a, divisés en 2180 parcelles que possèdent 204 propriétaires, dont 88 forains; surf, imp. 936b 70% savoir : 349h 61» en

terres lab., 256h 70* en friches , murgers , pâtures et rochers , 10Ou 73a en pâturages, 81h 71* en bois taillis , 78h 35* en prés, 55h 89* en broussailles, 1 lb 55* en bois-sapins, 2h 08* en sol des propriétés bâties et aisances, 6* en jardins, d'un rev. cad. de 6822 fr.; cont. dir. en princ. 1979 fr.

Le sol , peu fertile et très froid, produit peu de blé, de l'avoine, des pommes de terre , du lin , peu de chanvre , du foin et des fourrages artificiels.

On importe le dixième des céréales et tout le vin nécessaires à la consommation.

de 4 fr. pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , quelques cochons et peu de volailles.

On trouve sur le territoire des tourbières épuisées par une mauvaise exploitation , et du minerai de fer non exploité.

11 n'y a point de sources. L'eau y est rare et ne peut être conservée que dans des citernes.

On fabrique dans deux chalets appartenant aux sociétaires, 27,000 kil. de fromage , façon Gruyère , de bonne qualité. C'est la principale ressource du village.

Les habitants fabriquent des chapeaux de paille en hiver pour une valeur annuelle d'environ 600 fr.

Us font aussi , avec des racines de gentiane, plante fort commune dans leur pays, une eau- de- vie très estimée , qui se vend 25 centimes le litre au-dessus du prix de celle provenant du marc de raisins.

Ils fréquentent habituellement les marchés de Champagnole.

Les seuls patentables sont : un marchand de chevaux, un aubergiste et un débitant de tabac.

Biens communaux : une église et un cimetière à l'enlour, un prèsbytère derrière l'église , dans le quartier dit Sous - Chahmet , une croix en pierre datant du xuie siècle, ombragée de deux magnifiques tilleuls , et cinq autres , dont quelques-unes ont pour base de gracieux balustres en pierre de taille ; la section du Grand-Chalême possède en pâtures , prés-secs , bois-taillis et bois-sapins , 205h 30», d'un rev.

cad. de 848 fr.; le Pelit-Chalème et Sous-Chalamet , ont en bois, pâtures , terres lab. , friches, mare et sol d'un chalet en cours de construction, 216h 49a, d'unrev.cad. de 524 fr. H n'y a pas de maison commune , l'instituteur habite une maison particulière qui contient son logement et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 55 garçons et 30 filles, y compris les élèves du village de la Perrena , dont l'école est unie à celle des Ghalèmes. La construction d'une maison commune est d'une urgente nécessité.

Bois communaux : Le Grand- Chaléme a dans les forêts de la Haute- Joux, 45h, dont lh 35* sont en exploitation annuelle et 15 arbres ou 45 stères de bois-sapins ; le Pe- Ut-Chalême a 50u dans la même forêt, dont th 52» sont délivrés annuellement.

Budget : recettes ord. 2048 fr. ; dép. ord. 2015 fr.

Bureau de bienfaisance : revenus ord. 584 fr. provenant d'un legs fait par Claude-François Martin , curé des Chalèmes, dont la tombe est devant l'église.

Nous avons eu déjà l'occasion de prouver que les villages disséminés dans le val de Mièges, ne le cédaient point en antiquité à ceux répandus

dans la plaine. Ce serait donc une grande erreur de croire que les importantes concessions faites par les seigneurs de Nozeroy dans leurs forêts de la Haute-Joux, en 1372, ont attiré des colons sur un sol vierge.

Le chemin gaulois ou gallo-romain, tracé dans nos hautes montagnes et qui communiquait de Saint-Claude à Salins par les Planches , villa de Pontibus, la Perrena , traversait aussi les Chalèmes. 11 porte aujourd'hui le nom de Vie du Charbonnier.

Au bord de cette route, on trouve un canton appelé les Chazeaux.

Celte dénomination indique évidemment des habitations détruites depuis plusieurs siècles. Nous avons lieu de croire que le village des Chalèmes est le même que celui désigné sous le nom de villa Calamœ, dans une donation faite en 1283, par Gaucher de Commercy, sire de Château- Vilain et de Montrivel, à l'abbé de Saint-Claude. Ce qui le fait supposer, c'est que tous les autres lieux désignés dans ce titre entourent celui qui nous occupe. Après la peste de 1349, qui avait enlevé ou mis en fuite tous les habitants, de nouveaux noms , souvent sans rapport avec les anciens, furent donnés aux villages, par les colons qu'attirèrent sur leurs terres les seigneurs de Nozeroy et de Château- Vilain.

Seigneurie. Le Grand-Chalême dépendait de la seigneurie de Château- Vilain ; le Petit-Chelème et Sous- Chalamet de celle de Nozeroy, sauf quelques meix et les hommes en dépendant , qui appartenaient au seigneur de la Chaux-des-Crotenay.

Les sires de la Chaux et de Château- Vilain n'affranchirent jamais leurs sujets de la main-morte.

Châlelet. Au sud-ouest du village, on voit, sur une éminence, des tronçons de murs appartenant à une

construction dont on ne connaît point l'origine. Nous avons remarqué que sur le bord de la voie antique que nous avons signalée, on rencontre plusieurs lieux appelés au Chàtelet. M. Ed. Clerc, dans sa Notice sur la Franche-Comté à l'époque romaine, nous apprend qu'un grand nombre de stations fortifiées furent créées dans les derniers siècles de l'empire, pour la défense des routes, et que ces retranchements portent souvent le nom de Chàtelet, de Chàtelard.

Paroisse. Après avoir longtemps fait partie de l'immense paroisse du val de Mièges , puis de celle de Sirod, l'église des Chalémes , simple chapelle d'abord, fut érigée, au xvu* siècle, en succursale de celle de Sirod et desservie par un vicaire résident.

Eglise. L'église , placée sous le vocable de saint Sébastien et de saint Ignace, martyrs, patrons du village, dont on célèbre la fête le 20 janvier, est orientée. Elle se compose d'un clocher, d'une tribune, d'une nef, d'un chœur et d'une sacristie. La partie inférieure du clocher date du xvic siècle ; l'architecture" ogivale y alterne avec le plein cintre , ainsi que dans les fenêtres de la nef. La partie supérieure, couronnée par une flèche, est plus récente. On descend plusieurs marches d'escaliers pour arriver à la nef, dont le dallage est fort inégal.

Les murs de la nef sont plus anciens que le clocher, mais les voûtes et les fenêtres lui sont postérieures.

La porte d'entrée date du xme siècle ; elle a probablement appartenu à l'édifice primitif. Le chœur, plus étroit que la nef, composait dans l'origine toute l'église. Il est du style ogival en usage au xme siècle. De belles nervures décorent sa voûte

dans tous les sens ; un trèfle est à la jonction des nervures diagonales.

Dans la face droite, on remarque une belle fenêtre, dont Parcature, richement profilée, est supportée par deux personnages d'une bonne exécution. La sacristie est voûtée et de construction moderne. L'ensemble du monument, avec ses fenêtres étroites , ses voûtes basses, possède au plus haut degré le caractère religieux. Quelques tableaux d'un certain mérite, plusieurs statuettes, un bénitier en marbre blanc, décorent l'église.

Cimetière. On remarque dans le cimetière , qui entoure l'église, une tombe portant cette iuscriplion :

« Ici repose Jean-François Baillaud, prêtre, né à Mesnay, le 13 avril 1770. Engagé dans le mariage et devenu libre, il quitta le monde et se donna à Dieu. Humble, pauvre et zélé, il voulut finir sa vie dans la méditation des années éternelles.

Par un effort de sa foi, il quitta sa chère paroisse de Pierrefontaine, qu'il administra 35 ans, et mourut le 27 mars 18M, où il ne vivait que pour son Dieu. Ses enfants et ses paroissiens lui ont élevé ce simple monument. In memoria œterna erit justus. Epilaphe donnée par Mgr.

l'archevêque de Besançon. » Par une singularité extraordinaire, un fils de M. Baillaud, imitant les vertus de son père , est curé actuellement aux Chalémes. Une autre tombe est érigée à la mémoire de Claude- François Martin, prêtre, qui légua sa fortune aux pauvres de sa paroisse et mourut en 1822.

BIOGRAPHIE

Ce village est la patrie de Claude- Joseph-Victor Piunet, né en 1796, sculpteur fort distingué , qui exerce son art à Paris.

Chambérta , Chambiriacum , Castrum , Oppidum , villa Chambiriaci, Chambérye, Chambériaen-Montagne , vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, cant. et bur. de poste d'Orgelet, perc. de Présilly; succursale; à 10 kil. d'Orgelet et 29 de Lons-le-Saunier.

11 est limité au nord parChavéria, Orgelet et Montjouvent, au sud par Savigna, à Test par Sarrogna , et à l'ouest par Marigna et Nancuise.

Messia, Sancia et Marsenay, font partie de la commune.

Altitude : 404 mètres.

11 est traversé par le chemin de grande com., n° 32, d'Orgelet à Arinthod, par les chemins vicinaux tirant de Marsenay à Orgelet, de Messia à Savigna et à Sancia, par la rivière de Valouze et un canal de dérivation, par le ruisseau de Courrailloux et le ruisseau de Chambéria qui y prend sa source.

Le village est situé sur un plateau bordé à l'ouest par un rideau de collines et à l'est par le lit capricieux de la Valouze. Ir se compose de quatre groupes principaux ; Chambéria occupe un centre ayant au nord le hameau de Sancia et au sud celui de Marsenay. La section de Messia est séparée des autres par la Valouze. L'horizon, quoique fort borné, n'est pas sans charmes. Les maisons, construites en pierres, sont couvertes partie en tuiles creuses ou plates , partie en chaume.

Messia, Sancia et Marsenay ont été réunis à Chambéria , le 28 octobre

Pop. de Chambéria en 1790, 168 hab. ; de Messia, 103; de Marsenay, 93 ; de Sancia, lia; pop. réunie en 1846, 537 ; en 1851, 818 ; pop. spéc. par kil. carré , 35 hab.; 124 maisons, savoir : à Chambéria, 41, à Sancia, 32; à Messia,

34; à Marsenay, 17; 118 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1773.

Quelques jeunes gens émigrent pour aller au service à Lyon.

Cadastre exécuté en 1828 : surf, lerrit. , 1466h 40*, divisés en 4386 parcelles que possèdent 228 propriétaires, dont 86 forains; surf, imp. 1440* 37a, savoir: 54 8h 36* en terres lab., 528h 53* en bois , 21 0h 56a en pâtures, 124h 97» en prés, 23h 08* en friches et murgers, 3h 39* en sol des propriétés bâties et aisances, lh 44* en jardins , d'un rev. cad. de 28,178 fr. ; cont. dir.

en principal , 3532 fr.

Le sol, peu fertile, produit du blé, du maïs, des pommes de terre, peu d'orge et de légumes secs , du chanvre et du foin.

Le produit des céréales suffit seulement à la consommation des habitants ; on importe le vin.

Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.

On élève dans la commune des bétes à cornes , des mulets et des moutons. 50 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et de sable , non exploitées.

11 y a deux auberges, un moulin à deux tournants à Sancia et un battoir à blé mû par l'eau à Chambéria.

Les habitants, adonnés exclusivement à l'agriculture, fréquentent habituellement les marchés d'Orgelet et d'Arinthod.

! Foires. Le 27 mars , le 10 juillet et le 7 septembre. Cette dernière est fort importante pour la vente des mulets que viennent acheter les Auvergnats et les Savoyards.

Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un pres- I bytère à côté de l'église, une maison I commune contenant la mairie , le

logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 40 garçons et 30 filles , une fontaine monumentale à Chambéria , surmontée d'une haute colonne cannelée, une autre fontaine au bas de l'ancien château; la section de Chambéria possède 199b 29* de bois, pâtures, friches, d'un rev. cad. de 4965 fr.; celle de Sancia, 169h 60* de bois et pâtures, d'un rev. cad. de 1791 fr.; celle de Messia, U5b 56* de bois, pâtures et murgers, d'un rev. cad. de 1688 fr., ainsi qu'une maison commune nouvellement restaurée , qu'on se propose de convertir en chalet; celle de Marscnay a 76h 68* de bois, pâtures , friches et murgers, d'un rev. cad. de 606 f.

Bois communaux : Chambéria a 130b 60% dont 3h 63* sont délivrés annuellement; Messia, U5b 56*, dont 3b 60* sont en exploitation annuelle; Messia, 3î>b 83*, dont lh 10* sont coupés chaque année ; Sancia, 150\ Essences dominantes : chêne et hêtre.

Budget : recettes ord. !>343 fr.; dép. ord. b%U9 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Malgré la rareté des renseignements sur les antiquités du bassin de la Valouze , il y a lieu de croire que, pendant la période celtique, et sous la domination romaine, les bords de cette rivière étaient cultivés , et que de nombreuses peuplades y avaient choisi leurs demeures, puisque chaque commune, en effet, conserve de nombreux vestiges de l'antiquité nationale, quelques traditions , quelque fontaine sacrée indiquée encore aujourd'hui par la vénération des peuples. Orgelet et Arinlhod , qui y tenaient le premier rang, existaient certainement alors et d'autres bourgades y

prospéraient, dont de modestes villages gardeut et désignent la place.

Tels sont Chambéria, Nancuise, Cornod et Fétigny.

A l'ouest de ce premier village , au sommet d'une colline, un champ est appelé en Saint-Germain. Les terres qui sont sur la pente et au pied se nomment vers la Chapelle , sous la Chapelle. 11 existait effectivement à cette place, une église longtemps en grande vénération. L'archevêque de Besançon ordonna de la démolir en 1627, parce qu'elle était trop souvent profanée par de nocturnes rendez-vous. Nous y avons retrouvé des dalles rangées avec symétrie qui ont dû servir de pavé. A côté de cet oratoire, au sud, on voit deux enfoncements assez profonds , appelés les Louv atières.Les habitants racontent qu'il y avait près de la chapelle un couvent d'hommes et un couvent de femmes qui ont tout-àcoup disparu dans un abime. Les esprits peuplent les forêts qui bordent cet ancien temple. Le séjour des druides dans cette contrée est incontestable. On a vu bien souvent la vouivre venir se désaltérer à la fontaine qui est au pied du château.

Deux chemins fort anciens mettaient en communication Chambéria avec Orgelet et avec Arinthod. M. Réchet cite un titre de l'an 64$ , qui fait mention de ce village. Nous ignorons absolument où cet historien a puisé cette date. Il ne faut pas être surpris si, au moyen âge, Chambéria n'apparait que tard dans les chartes.

Celles où son nom figure pour la première fois devaient appartenir à l'abbaye de Gigny ; or, on sait que la révolution de 1789 a anéanti les précieuses archives de ce monastère.

Seigneurie. Avant la suppression du régime féodal , la terre de Chambéria comprenait ce village pour

dief-lieu , Messia , Sancia et une partie de Marscnay; la plus forte partie de ce dernier lieu dépendait de la seigneurie de Nancuise. A l'exception des habitants de Chambéria , tous les autres sujets de la terre étaient soumis à la main morte réelle et personnelle. Le seigneur avait la justice haute , moyenne et basse , qu'il faisait exercer par un bailli, un juge châtelain, un procureur, un scribe et plusieurs sergents. En 1627, le souverain du comté de Bourgogne lui permit d'établir un notaire tabellion dans sa terre. Il avait des cens en argent , en grains, des corvées de charrue et d'hommes. Un signe patibulaire à deux piliers, élevé sur le Molard- Brandon , servait à l'exécution des criminels. Un carcan en fer était attaché à un orme, près de la maison curiale, pour la punition des délinquants. Les sentences du bailli de Chambéria ressortissaient au siège d'Orgelet.

Seigneurs. Il ne faut chercher ni dans le nobiliaire de Dunod, ni dans les annuaires du Jura, la série exacte des seigneurs de Chambéria. Elle n'y est pas, et ne peut être établie qu'à l'aide des titres de famille que nous avons pu consulter dans les archives départementales.

En 1298, Etienne, chevalier, sire de Courlaoux , céda à Humbert de Binans , fils de Guy, le fief de Sancia, en territoire , hommes , femmes , tailles , prises , aides , corvées , lâches, censés, servis en grains , dîmes , amendes , seigneurie , fooirs , moulin t eaux , bois , prés et terres arables, chazal, maison, tel du reste que Guy de Binans l'avait précédemment reçu en fief du seigneur de Courlaoux. Au mois de mai 130b , Humbert, ditCuche, de Trenay (Trenal), écuyer, fils de Simon de Tre-

nay, chevalier, vendit à Humbert de Binans, ses droits dans la seigneurie de Messia (Missie), du consentement de sa femme et de ses enfants.

Au mois d'août 1522, Marguerite de Beaujeu, dame de Saint-Julien, veuve de Jean de Chalon, comte d'Auxerre et sire d'Orgelet , attesta que Guillaume de Chalon, son fils, avait donné à Humbert de Binans , seigneur de Chambéria-en-Montagne , pour le récompenser de ses bons services, la haute justice sur les hommes de sa terre et confirma ellemême cette donation, comme ayant reçu en douaire le château de Nancuise. En 1328, Girard de Trenay et Blanche , sa femme , cédèrent au même Humbert tous les droits qu'ils avaient à Sancia. Le 50 avril 1328 , Humbert étant en présence de Jean de Chalon II , comte d'Auxerre , à Montfleur, se dépouilla de ses biens, dont Jean de Binans , son fils, fut à l'instant même investi. Le 10 juin 1516 , il lui avait déjà assuré, par une donation , la propriété de son château de Chambéria.

Jean laissa deux fils : Hugues ou Huguenin et Jean de Binans. Le 12 février 1362 , Hugues fit hommage de sa terre au seigneur d'Orgelet. Jean lui intenta un procès pour obtenir un lot plus fort que celui qui lui avait été attribué. Un nouveau partage eut lieu en 1378, de l'autorité de l'archevêque de Besançon. Ce Jean de Binans était un vrai brigand. En 1 367, il vola sur les grands chemins les joyaux de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre.

Nous trouvons ce fait consigné dans une lettre adressée à ce sujet par le pape Urbain IV à l'archevêque de Besançon. En 1390, Humbert, fils de Hugues, comprit dans l'hommage qu'il présenta à son suzerain , les anciens fiefs que tenaient de lui Jean

de Binans, écuyer, Guillaume de Sarrogna, Jean de Montaigu, et le fief que lui-même tenait à Mcssia et à Sancia, de l'abbé de Saint-Oyen de Joux ; Guy , frère d'Humbert , avait moitié de la seigneurie de Chambéria. H épousa, en Ui08, Isabelle de Saint-Colomb, fille naturelle de Jean dcChalon-Auxerrc, dont il eut deux enfants, Aimé et Bonne. Bonne épousa Jean de Tennerre , chevalier, et donna sa fortune à son frère en i /* 59 . Aimé laissa deux fils : Humbert et Emard. Ce dernier eut la seigneurie de Montadroit, et Humbert celle de Chambéria. Hugues de Chalon , sire de Chàtelbclin, portait la plus vive affection à Humbert , son serviteur et son domestique. Pour le récompenser de ses bons services, il lui donna, le 9 mai M8ft, en augmentation de son fief, la haute justice et la montre d'armes sur les hommes que le sacristain de Gigny avait a Chambéria , et sur deux familles de Messia et de Légna, ne se réservant que la contribution féodale de deux cas , nouvelle chevalerie et mariage de filles. En l'*89, il lui confirma ses droits de justice, que les seigneurs de Nancuise lui contestaient, et lui permit défaire faire, devant le capitaine de son château , la montre d'armes que ses sujets faisaient à Orgelet.

Humbert laissa un grand nombre d'enfants. Ses deux fils, Humbert et Aimé, curent ses domaines, à charge de payer la dot de leurs sœurs. Ces demoiselles avaient toutes contracté de nobles alliances ; ainsi , Perneltc épousa, en 1500, Aimé du Saix , écuyer , seigneur d'Amans et de Montgcfond ; Eliennelte épousa, en ioOU, God'froy de Bellecombe , ecuyer ; Henriette, Claude de Bussy, seigneur de Vescles , et Benoi'e , M. de Vautravers, seigneur de Char-

rin. Chaque noce se célébrait à Cham- j combat deux coups d'arquebuse qui

béria, avec un éclat extraordinaire.

Humbert se maria en 1 50o , avec Clauda de Vienne , veuve de Pierre dcMontmoret, seigneur de Ko tailler.

C'était pour lui une magnifique alliance ; aussi , vit-on ses fils épouser plus tard les plus riches héritières de la province. Jean Philibert, l'ainé d'entre eux, s'allia, en 1538, à la fille de Philibert de Pontailler , chevalier, sire de Vaugrenans. On vit, à celte occasion , réunis à Chambéria , Guillaume de Poupet , abbé commandatairc de Baume , Antoine de Vergy, archevêque de Besançon, le comte de Champlitte, Jean de Poupet , chevalier , chambellan de Sa Majesté, et une foule d'autres gentilshommes. Claude de Binans, le second des fils d'Humbert et de Clauda de Vienne, épousa Péroné de la Banme-Saint-Amour, et devint propriétaire, en ibGt, de la fortune de son frère. Claude de Binans laissa beaucoup d'enfants; mais Guillaume, l'ainé, réunit par la suite sur sa tète tous les droits de ses frères et sœurs. Louis de Binans, seigneur de Monljouvcnt , s'enrôla dans le régiment du baron de la Chaux ; Pierre fut abbé de Baume; Gaspardc épousa Marc de Lczay, écuyer, et Béatrix devint l'épouse de Maximilien Charreton, baron du Pin et de Pymorin ; Philibert fut seigneur de Montadroit; Clauda se fit religieuse à Chàteau-Chalon.

Guillaume avait embrassé la carrière des armes. Nommé en 1386 , par le roi d'Espagne, capitaine d'une compagnie de deux cents hommes , il fit les campagnes d'Italie, ayant sous ses ordres MM. de la Tour, de Ruffey, de Charchilta , de Grusse , de Ronchaud , de Molpré, de Saint- Martin, d'Ecrilles, d'Onoz, de Mont et de Darbonnay, Il reçut dans un

le forcèrent de demander un congé.

Au mois de février 1595 , Philibert de Coligny , chevalier, seigneur de Crcssia, Beaufort, Loysia, laBiolée, gouverneur et capitaine de la ville de Lons-le-Saunier, le nomma pour son lieutenant dans le commandement de celte place. Les fatigues ne lui permettant pas de continuer le service, il se retira avec le grade de colonel, et épousa, en 1598, Péroné ou Pétronille de Thomassin , femme d'un vaste génie. Elle était fiUe d'Adrien de Thomassin , chevalier, du conseil étroit de Sa Majesté, le président de Bourgogne. Malgré sa grande fortune , ses affaires se dérangèrent.

La terre de Chambéria fut mise en décret en 1627, et adjugée à Claude d'Ugna, moyennant 40,000 livres.

Il la racheta peu de temps après, au nom de son épouse. Ce seigneur testa en 1633, léguant à l'église de Chambéria des ornements magnifiques, et ordonna que cinquante prêtres assistassent à ses funérailles.

Adrienne-Thérèse de Binans, sa fille unique, épousa, en 1650, Jean- François de Joux, dit de Grammont, chevalier, baron de Châtillon- Guyotte. Les cérémonies du mariage furent magnifiques et attirèrent au château des hôtes illustres. On y voyaitPhilippcdeMonlessus, Charles du Saix , baron d'Amans , Benoît de Pélapucin et une multitude d'autres seigneurs. De cette union naquirent Gabriel Philibert de Joux, de Binans, de Grammont , baron de Châtillon- Guyotte , et Claude - François de Grammont , seigneur de la Molhe de Ternans. Gabriel - Philibert obtint, en 1 688, un brevet de capitaine d'infanterie et épousa en secondes noees, Jeanne, fille de Philippe de Poitiers. Cette dame fut enfermée chez les Bernardines d'Orgelet, en vertu de lettres de cachet du 9 avril 1743.

Sa famille lui reprochait le dérangement de sa fortune et ses absences d'esprit, qui ne permettaient pas d'espérer qu'elle pût clle-mèine y remettre de l'ordre. Elle se trouvait bien de ce paisible séjour, mais le mariage de sa fille unique , avec M. le marquis du Chaylard, officier étranger et sans fortune, mariage auquel cette tendre mère se crut obligée de refuser son consentement, lui causa un tel déplaisir, que le chagrin de subir, de la part de sa fille, uuc telle irrévérence, abrégea ses jours et la fit descendre dans la tombe, le 24 avril 1747. Le cadavre embaumé de la baronne fut l'objet d'une dispute singulière : les Bernardines se disposaient à le déposer dans leur charnier, lorsque les familiers de la ville d'Orgelet arrivèrent pour la transporter à leur cimetière communal. Tandis qu'on verbalisait contre l'opposition des* nonnes à cet enlèvement , les gens de M. le marquis du Chaylard survinrent, payèrent à la ville ses droits funéraires , et emportèrent le cercueil à Chambéria.

Claude-François de Grammont devint chevalier de Malte et mourut, en 1738 , après avoir légué les trois quarts de sa fortune aux pwvres , aux veuves et aux orphelins de Chambéria , et l'autre quart à l'hôpital de Saint-Claude. Gabrielle- Charlolle- Françoise - Suzanne , lille de Gabriel-Philibert de Grammonl , épousa le marquis du Chaylard et mourut peu de temps après , ayant institué son mari pour son héritier universel. Son testament fut taxé de nullité. Un partage fait à la suite de ce procès , attribua la terre de Chambéria à Claude-Louis - Maximilicn , libre Nron d'Iselin de Lanans, fils de Ferdinand, baron d'Ise- | lin , et de Péroné - Alexandre de

Grammonl. Ce seigneur ayant émigré en 1790 , ses biens furent vendus nationalement.

Armoiries. La maison de Binans portait : d'azur à la bande dentelée d'or, accompagnée de six croisettes pommelées de même.

Château. Le château de Chambéria était une des forteresses les plus importantes du pays. Il s'élevait au nord-est du village , sur un monticule qui dominait le cours de la Valouze. U était entouré de larges fossés creusés â fond de cuve , qu'on pouvait remplir d'eau à volonté. Une double enceintede murailles, à l'abri de l'escalade et de la sape, flanquées de quatre tours aux angles , entourait le caslrum. Trois de ces tours étaient rondes ; la quatrième, placée à l'angle nord-ouest, était carrée et servait de donjon. La porte était précédée d'un pont-levis ; son ouverture était unique et se fermait avec une herse en fer et une lourde porte pleine. Des meurtrières aux tours , des mâchicoulis multipliés au-dessus de l'entrée, descrénaux couronnant les plates-formes, servaient à en défendre l'accès. Les grangeages et autres dépendances étaient à gauche et formaient une aile. Le château , proprement dit, se composait de dixhuit chambres, dont les portes aboutissaient sur une large galerie régnant sur trois faces du bâtiment.

Les fenêtres, étroites, prenaient jour du côté de l'est. A l'extrémité septentrionale de la galerie, se trouvait un autel portatif, dont le pape avait autorisé l'érection en 1475, en permettant au chapelain d'absoudre les seigneurs et dames de Cbambéria de certains cas réservés, une fois en leur vie et à l'article de la mort. Du château on communiquait au donjon, au moyen d'un pont-levis et d'un escalier suspendu.

Au sud , s'étendait une vaste place, close de palissades, destinée auxretrahants. Elle pouvait contenir jusqu'à 5000 tètes de bétail. Aussi, au moment du danger , on voyait accourir dans ce manoir non seulement ceux qui étaient obligés de s'y réfugier , mais encore les habitants de Nancuise , de Fétigny, de Savigna , de Marsenay et de Montadroit. M. de Dramelay , chargé de visiter , en 1595 , les places fortes des environs d'Orgelet , y trouva deux feuillettes de poudre , plusieurs tonneaux de fonte, des bâtons à crocs, des pistolets, des arquebuses, des mousquets ea grande quantité.

Au moment de la conquête de la province par Louis XIV en 1674, les deux fils de Grammonl avaient eu l'imprudence de se retirer à Rome; le roi fit mettre sous sa main tous leurs domaines. Leur mère, Adrienne-Thérèse de Binans , les invita à revenir en toute bâte pour obtenir la main-levée de cette saisie. Des soldats s'élant présentés, en 1687, pour démolir le château, Gabriel- Philibert de Grammont se permit de tenir des propos injurieux contre son souverain. Il fut mandé à la cour pour se justifier , et profita de ce voyage pour solliciter la conservation de sa demeure. Le roi y consentit. U n'y a que vingt ans que cette forteresse a été démolie. Une reste qu'une tour, quelques pans Je murs et une petite portion ducMtcau toute en ruine , qui sert de résidence à une famille de cultivateur .

Bourg et ville. Au nord du cnâ; teau , se groupaient quelques maisons de vassaux et d'officiers de justice , entourées d'une muraillei <P* constituaient le bourg; Plusicu* chaumières en marquent encore

place. ... n

L'église et le presbytère, bâtis en

un lieu isolé, étaient à une distance à peu près égale du bourg et du quartier en plaine , appelé la Ville.

Industrie et commerce au moyenâge. Les seigneurs de Chambéria avaient utilisé les eaux de la Valouze en construisant une papeterie dans le lieu où est aujourd'hui le battoir à blé, et plus bas, des forges. Il se tenait dans ce lieu un marché le mardi de chaque semaine , et trois foires chaque année, fixées au 25 février , 26 mars et 1 9 septembre.

Les guerres du xvu° siècle ayant fait tomber ces établissements en désuétude, des lettres-patentes du 30 juillet 1706 les rétablirent. Rien , aujourd'hui, ne rappelle l'ancienne importance de ce lieu.

Guerres et sièges. En 1368, le Petit Maignin , à la téte des grandes compagnies, ravagea le village et fut pris devant Orgelet par Huart de Raincheval, bailli de la comtesse de Bourgogne. M. de la Villette prétendait avoir des droits sur certains parcours de Cbambéria. Au mois de septembre 1574, il engagea ses sujets à y mener paître leur bétail. Instruit de ce fait, M. de Cbambéria arma ses domestiques et quelques paysans , de pistolets et d'arquebuses , leur donnant Tordre de s'emparer des juments qui étaient au pâturage , et d'aller enlever le signe patibulaire et les girouettes de M. de Villette. Une rixe s'engagea , qui donna lieu à une instruction judiciaire. Claude de Binans affirma qu'a était étranger à cet événement.

Le parlement de Dole se borna à infliger une punition à son domestique.

En 1591 , le baron de Luz, à la tète d'une bande de ligueurs, vint séjourner pendant quinze jours dans le bassin de la Valouze. Les retraitants s'enfermèrent pendant tout ce temps dans le château. En 1595, Trem-

blecourt se présenta au nom d'Henri IV, pour faire le siège de celte place. Frappé de la bonne contenance de la garnison, commandée par Jean de Pelousey et Pierre de Courlans , il renonça â son entreprise. Le marquis de Villeroy, après avoir pris les châteaux de Virechàlel, de Fétigny et de la Villette, envoya, le 23 août 1 639, le marquis de Coligny et M. de Beaurepaire pour s'emparer de celui de Chambéria, Ces députés se présentèrent au château , et prévinrent la baronne (Pétronille de Thomassin), qui était au lit, malade, que M. de Villeroy voulait absolument avoir M. de la Villette et M. Jeannin, de Lons-le-Saunier, lieutenant-général du bailli d'Aval au siège de Montmorot , qui depuis longtemps dirigeait des courses fatales à l'armée française. M™* de Chambéria répondit qu'elle ignorait absolument ou étaient ces officiers. M. de Coligny lui représenta qu'en persistant dans sa déclaration , elle s'exposait à voir son château pillé et son village livré aux flammes. Les députés se retirèrent, pour faire connaître au marquis de Villeroy la réponse qui leur avait été faite. Dans la nuit, les Français mirent le feu au moulin et à quelques maisons. M. Jeannin, auquel Villeroy en voulait principalement , et qui était caché dans une* des tours du château, fut prévenu de se tenir sur ses gardes. Le lendemain , Mmo Jeannin vint trouver Mme de Chambéria , et lui dit qu'il ne fallait plus cacher que son époux était au château, puisque lni-mémc avait fait savoir au marquis de Coligny qu'il se mettait sous sa protection ; elle offrit même défaire attester le fait par son mari. M. Jeannin fut appelé, et à la suite d'une courte entrevue, il se retira dans une chambre voisine de celle de la baronne.

Le marquis de Coligny et M. de Beaurepaire revinrent et déclarèrent que M. de Villcroy persistait à avoir le sieur Jeannin et tous les autres étrangers réfugiés au château. On leur demanda s'il ne serait pas possible de se rédimer en argent. Sur leur réponse affirmative, le brave Jeannin se présenta. On débattit longtemps les conditions de la capitulation. Le chiffre de 10,000 écus, d'abord exigé, fut réduit à 6,800 livres , payables , une moitié comptant et le surplus au mois de mars suivant. Mme de Ghambéria prêta 3000 francs qu'elle avait en or , à M. Jeannin , qui les compta à M. de Beaurepaire. La garnison comtoise sortit avec armes et bagage , et fut remplacée par 20 Français. Le 25 mars 1640 , le marquis de Coligny revint avec 80 chevaux chercher tes 3500 livres redues.

Lorsque le notaire présenta à M. Jeannin , une obligation de ces 6800 livres, à souscrire au bénéfice de Mmo de Ghambéria , le débiteur prit le titre et le déchira en mille pièces. La baronne l'assigna en justice , et le parlement décida que toutes les personnes qui étaient dans le château lui rembourseraient cette somme suivant un répartement qui serait fait plus tard. C'est dans les pièces de ce procès que nous avons puisé les documents qui précèdent.

Les journaux français de l'époque désignaient le château de Ghambéria sous le nom de Chevaltine.

Eglise, L'église, placée sous le vocable de saint Just , dont on célèbre la fétc le 2 septembre, était du patronage du prieur de Gigny. Elle est orientée et se compose d'une nef, d'un chœur, d'une chapelle autrefois seigneuriale, à gauche, et d'une sacristie. Le clocher, en forme de tour carrée, s'élève à l'inter-

section de la nef, du chœur et de la chapelle. Il est surmonté d'une lourde flèche en pierre, percée d'ouvertures servant jadis à faire le guet.

Le chœur date du xm* siècle; la nef a été agrandie et le clocher réparé en 1728. La chapelle, datant do xvie siècle, est voûtée, avec de belles nervures ogivales qui viennent retomber sur des colonnes engagées.

Une fenêtre , de style ogival flamboyant , l'éclairé à l'est. Dans le principe, les seigneurs et dames de Ghambéria étaient inhumés devant le maitre-autel. Après la construction de la chapelle, leurs corps furent déposés dans le charaier ouvert au-dessous. Àdrienne-Thérèse de Binans, fit ériger dans cette chapelle, un superbe mausolée en pierre. On y voyait étendus sur un lit de parade, ses père et mère. Il portait cette épitaphe :

Utc jacet , illustriS8imus Dominas Guillelmus de Binons, de Chamberia, sti sulpicii, Montrent et Monladroit ; qui ab avis generosum haustus sanguinem, mox centurio, poslea tribunus, strenue bellando ferè totam consumpsit vitam; tandem vutneribus impos belli factus, ut familiœ antiquissimœ labenti consuleret, jam septuagenarius , optima sorte , nobilissimam Petronillam de Thomassin durit , vasti ingenui fœminam , quee conflangrante undique bello, subditos servant illœses. Obiit ille décimasexta mat anno 1634; hœc vero sextajunii 1682.

Optimis parentibus, vita, morte, génère, sepulcro, et si numini placet , etiam ipso cœlo conjunctissimist Adriana-Therezia de Binans, ex quinque liberis , immo ex tota gente unica super s les , mœrens posait.

Ce monument, d'une exécution remarquable, a été jeté, en 1790, par des vandales , au fond du charnier, où on le voit encore, mais mutilé. Chaque seigneur, par son testament, fondait dans l'église quelques services largement rétribués. Jean-Antoine de Binans y fonda une confrérie du Rosaire en 1556. Le 28 mai 1633, Guillaume de Binans et Péroné de Tbomassin, fondèrent dans la chapelle seigneuriale les confréries du Mont-Carmel et du Scapulaire.

Chmmhlnjt vg. de Pair, de Poligny, canton de Villers-Parlay , perc. act. de Cramans et fut. de Villers-Parlay; succursale; à 4 kil.

de Villers-Parlay, 16 d'Arbois, 27 de Poligny et 5» de Lons-le-Saunier.

Il est limité au nord par Ounans, Santans , Germigney , Chissey et Ecleux, au sud par Ounans, Vadans et Montmalin , à Test par Montmalin et Ecleux, à l'ouest par Ounans.

11 se divise en plusieurs quartiers appelés le Centre, la Route et la rue du Bois. Le hameau de Clervans et la ferme de la Biche, font partie de la commune.

Altitude: 213m.

11 est traversé par la route nat.

n° 7%, de Dijon à Pontarlier, par les chemins vicinaux tirant à Villeneuve-d'Aval, à Saint-Cyr, à la Ferté, à Vadans, par la Loue et ses bras, par les ruisseaux de la Biche, du Saron et de Clervans. Un bac établit la communication entre Chamblay et les communes de la rive droite de la Loue.

Ce village est situé dans le val d'Amaous ou d'Amour, sur la rive gauche de la Loue. Ses maisons , échelonnées sur les bords de la route de Dole à Salins, sont cons-

truites en pierres et couvertes les deux tiers en tuiles et les autres en chaume. Un grand nombre sont composées de plusieurs étages.

Pop. en 1790, 640 hab.; en 1846, 1377; en 1851 , 1304, dont 670 hom. et 634 fem.; pop. aggloni.

1113; pop. spéc. par kil. carré, 98 hab.; 189 maisons, savoir :

167 à Chamblay, 21 à Clervans et 1 à la Biche ; 300 ménages.

Les plus anciens registres de PeV tat civil remontent à 1741.

Cadastre exécuté en 1811 ; surf, terril. 1372h 18*, divisés en 6000 parcelles que possèdent 421 propriétaires, dont 119 forains; surf, imp. 1320h86% savoir: 592h 55* en bois, 52 lh 93* en terres lab., 104h 63a en prés, 61h 76* en friches et graviers, 23h 68* en pâtures , 6h 03* en vergers , 5h 45* en sol et aisances des propriétés bâties, 3h 24* en jardins , lh 56* en vignes, d'un revenu cadast. de 47,062 fr.

28 cent. ; cont. directes en princ.

4748 fr.

Un nouveau cadastre est en cours d'exécution.

Le sol, peu fertile, produit du blé , du seigle , de l'orge , de l'avoine, du maïs, des légumes secs , de la navette, des pommes de terre , peu de betteraves , du chanvre, du foin et des fourrages artificiels. On essaie depuis quelque temps d'y cultiver la vigne, qui parait réussir.

On importe le quart des céréales et le vin nécessaires à la consommation.

Le revenu réel des propriétés est de 2 f. 75 cent, pour cent.

On élève dans la commune des chevaux , des bétes à cornes , des chèvres, des moutons et des cochons. 50 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire de bonnes sablières peu exploitées.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arbois , de Salins et de Dole.

Foires. Le 5 avril et le 5 septembre. On y vend du bétail de toute espèce, de la mercerie, des étoffes et de la quincaillerie. Une fromagerie produit annuellement 30,000 kilogr. de fromage façon Gruyère.

Le vaste port de Chamblay reçoit les bois de sapins des forêts des arrondissements de Poligny et de Pontarlier, ainsi que les bois de chêne des environs. Arrivés par les voitures , ou en forme des radeaux conduits sur tous tes points de la France. Ce port, une des grandes ressources du pays , occupe plus de 200 bras.

Il y a un moulin à trois paires de meules à Clervans , et une tuilerie dans le village.

Les patentables sont : un maréchal-ferrant taillandier, deux menuisiers, trois marchands de bois de construction , un marchand d'étoffes, un boucher, un marchand mercier, cinq auberges, un cordonnier, quatre maîtres d'équipages maritimes, un marchand quincaillier, un cafetier et un plâtrier.

Biens communaux. Une église , un cimetière , un presbytère convenable , une maison commune insuffisante et en mauvais état, contenant la mairie , le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 100 élèves, le logement de l'institutrice et l'école des filles , fréquentée en hiver aussi par 100 élèves; deux pompes à incendie, desservies par une compagnie de quarante pompiers, et 152h 4 3a de terres , bois et parcours d'un rcv. cad. de 2084 fr.

Bois communaux : 150h 18a, dont 4h 52» sont en exploitation annuelle.

Budget : recettes ord. 5Ô24 fr.; dépenses ord. 5850 fr.

NOTICE HISTORIQUE

On aimerait à se représenter le site où s'élève aujourd'hui Chamblay, tel qu'il était dans les siècles primitifs de la Séquanie. Alors , la loue, Lupa, furieuse et ravissante, après s'être repliée plusieurs fois sur elle-même, comme un serpent qui ramasse ses forces pour s'élancer sur sa proie, trouvait son cours arrêté par une digue immense et se transformait en un lac semblable à une mer. C'est une tradition constante qu'une mer ou tout au moins un lac couvrait autrefois de ses eaux le riche val d'Amour. L'historien Gollut en parle ainsi : « Nos pères disent que au Val-Loue, L'un des plus fertils quartiers qui soient en Gaule, la Loue estoit arrestée, et qu'elle y faisoit un grand et profond lac ; mais que le terrain estant dehument nivellé , Ion luy ha voit faict carrière, pour la faire couler plus librement jusques au Doubs, où présentement elle se décharge par un cours non plus arresté , mais continué.

» Et de vray, par tout le Val- Loue, Ion remarque un rivage fort relevé et fort éminent qui borde et environne en un long circuit toute la vallée , et monstre que autrefois ce lac y estoit composé , courant au milieu cette rapide rivière , laquelle par son cours rapide et par sa gueulle ravissante de Louve, se seroit faicte ouverture aux endroits abaissés et plus foibles, ou bien Ion luy auroit tranché son issue par le travail des homes, pour gaigner ce très beau Val-Loue , non assez jamais loué, pour sa fertilité très grande. » Une vieille chronique , qui s'est transmise jusqu'à nous

d'âge en Âge et que nous aurait conservée le vénérable Hilaire, évêque de Besaoçon en 51 , conforme à la fable grecque de Héro et de Léandre, semble confirmer la tradition qui précède. « Cinq ou six siècles en ça, dit la légende , vivait à Clair-Vent , un riche homme de Bourgogne, qui joignait la déplaisance à la fierté.

Les tourelles de son château se miraient dans le lac de la Loue. Il avait une fille belle à ravir et qui n'était pourtant mie glorieuse. Cette jolie pucelleaimait un gent menestreux de Mont-Barrey, mais Rainfroy, dur et chiche, ne voulait pas qu'elle épousât le pauvre Philippe , et la vive Alicette fut mise en étroite prison malgré ses pleurs. Philippe , alors, creusa un chêne à l'aide du feu, et quand la lune était à son décours , il traversait le lac guidé par un fanal qu'allumait la nourrice d' Alicette.

Il baisait les mains de sa mie à travers les barreaux de la tour et revenait content de sa soirée. Mais sa boursette s'épuisa bien vite à payer la nourrice avaricieuse. La maudite goyne souffla une nuit son cierge et le canot mal dirigé dévala tout à fond. Philippe se noya tristement.

Peu de jours après, Rainfroy passa lui-même de vie à trépas, et sa fille, libre enfin, jura de retrouver son amant mort ou vif. Elle fit rompre à Parrecey la digue qui retenait les eaux du lac, et on le retrouva en eûet à Chissey où il avait chust, déjà tout défiguré. Alicette garda de lui perpétuelle souvenance, et bâtit la chapelle d'Ounans, où elle fut inhumée à côté de son doux ami. »

Les hommes ne pouvaient manquer à une terre aussi avantageusement située que le val d'Amour, pour les besoins de la vie, du commerce ou de la guerre. Aussi, futelle habitée de très bonne heure.

Chamhlay devint un des centres principaux de cette vallée ; son nom primitif de Campus Felleii, s'applique â toute la contrée appelée le Falhouais. Dans l'origine, ses maisons s'alignaient sur les bords d'une voie romaine, dont on reconnaît encore la trace et qui s'appelle la Levée. Les débordements successifs de la Loue ayant fait disparaître les premières habitations, le village se reporta plus au sud. L'ancien cimetière est coupé en denx par un des bras de celle rivière. De 293 à 297 , après Jésus-Christ , il y eut dans nos contrées une irruption d'Allemands , en telle multitude , que Constance Chlore en tua soixante mille près de Langres. A la suite de cette invasion, notre pays fut si dépeuplé , qu'en 301 , cet empereur donna les campagnes voisines de Dole à des prisonniers Chamaves ou Amaves qui transmirent probablement leur nom au canton d'Amaous, dont une partie est appelée aujourd'hui le Val-d'Amour.

Lors de la translation des reliques de saint Tiburce et de saint Urbain, vers 863, il existait une voie romaine de Dijon au Mont-Jura et aux Alpes grecques, par Chamblay , Salins et Pontarlier. C'est par cette route que communiquait , depuis Dijon , l'abbaye de Saint-Bénigne avec celle d'Agaune , à laquelle le roi Gontran l'avait unie à la fin du \i° siècle. L'itinéraire en est parfaitement tracé par la chronique de saint Bénigne, écrite vers 1050, comme par la vie de saint Anatoile, rédigée un siècle après. De Belmont, elle arrivait à Chamblay et à Certemery. Ces villages sont le Campus Felleii et le Sartum mortaliœ, indiqués comme stations de celle route publique, dans la translation des reliques de saint Urbain. Chevalier, seul, dans

son Histoire de Poligny, s'est égaré en cherchant le Campus velleii à Charapvans. Les archives des comtes de Bourgogne attestent que cette ligne de la France au Jura, était excessivement fréquentée par les marchands dans les treizième et quatorzième siècles. Parmi les dénominations locales qui peuvent rappeler d'anciens souvenirs , nous signalerons les cantons appelés la Levée , sur la Levée et sous la Levée , le champ de la Fouivre, le champ des Ruines, au Trépied, le mont Emilien ou Millian, la voie de Germigney, et sous le gué de Germigney.

Seigneurie de Clervans. Cette terre, qui avait le titre de baronnie, se composait des lieux de Clervans , Chamblay ou Ounans et Fontenoyd'Aval. Le seigneur avait la justice haute, moyenne et basse, qu'il faisait exercer par un bailli, un juge châtelain, un procureur fiscal , un scribe, des messiers et des sergents, avec prison, signe patibulaire et carcan ; la banalité des fours , des moulins et des cours d'eau. Les sujets étaient tenus de faire le guet et garde au château , de contribuer à ses menus emparements, de s'y retirer en cas d'éminent péril , de faire montre d'armes à toute réquisition devant le capitaine châtelain , à différentes corvées pour faucher et récolter le grand pré sous le le château et entasser les gerbiers et de payer l'impôt des quatre cas. Les familles qui n'avaient pas été affranchies de la main-morte étaient corvéables à volontéetdevaientune taille appelée le dépend. Les habitants avaient la propriété des bois dits de Cbamblay-d' Amont et delà Taillée , avec droit d'y mener paître leur bétail, d'y couper du bois pour leur chauffage, leurs clôtures et leurs constructions, à charge de payer an-

nuellement un cens de quatre sols estevenants, appelé Yamende des bois, et un autre de trois sols, appelé V amende des messiers. Ceux qui coupaient du bois pour faire des ancelles devaient une poule. Les sujets n'ayant ni chevaux ni voitures étaient exempts des cens qui précèdent. Le seigneur nommait un messier pour Ounans et un autre pour Chamblay; deux autres messiers étaient au choix des habitants de ce dernier lieu. Le sire pouvait forcer ses vassaux à s'équiper et à s'armer pour l'accompagner au service du souverain et pour garder sa personne. Les habitants de Chamblay avaient le droit de pêcher dans la Loue. Aucun village ne pouvait disposer de ses communaux sans l'autorisation du sire ou de ses officiers.

Seigneurs. On ne saurait faire un pas dans l'histoire de Chamblay sans se heurter contre un problème. Tout y est obscur. Ainsi on voit en 942, Maynerius, prévôt du monastère d'Agaune, inféoder au comte Albéric de Narbonne, une grande partie des biens que son abbaye avait reçus de la libéralité du roi Sigismond , en 523, et y comprendre l'église de Saint-Maurice de Chamblay, ecclesiam sancti Mauricii in Camblasio, avec la prévôté, les dîmes et leurs dépendances. Cependant , la charte de fondation de 523 ne fait nulle mention de ce lieu. En 1049, Henri III , empereur des Romains , roi des Germains et des Bourguignons, confirme à l'église métropolitaine de Besançon, qu'il appelait son épouse , différentes possessions , parmi lesquelles figure l'église de Saint-Etienne de Chamblay, ecclesiam de Chamblay insonore sancti Stephani , avec les droits relatifs à l'autel , même avec des terres et avec la pèche dans la Loue. Celte

église, dit-il , son père la lui avait laissée à titre d'héritage pendant sa vie, et à la mort de son père, elle devait être cédée à l'église, an profit de l'àme du défunt. Le titre de 94 1 désigne l' église de Chamblay sous le vocable de saint Maurice, et celui de 1049, sous celui de saint Etienne. On pourrait croire qu'il est ici question de deux églises différentes; il n'en est rien cependant, car, vers cette même année 1049, Gaucher 1er, sire de Salins, l'un des successeurs du comte Albéric, faisant hommage à l'abbé d'Agaune des biens qu'il tenait de lui en fief, y comprend Chamblay, Chamhlasium, et il disait que ce village venait de lui être enlevé par l'empereur ; il priait l'abbé de l'aider de ses conseils ou de ses moyens pour le recouvrer. L'usurpation signalée dans cet acte se rapporte évidemment au don qui venait d'être fait à l'église de Besançon. Les hommages rendus aux abbés de Saint- Maurice d'Agaune, par Gaucher IV, sire de Salins, en i 199, par Jean de Chalon l'Antique, en 1246, par Otton, comte de Bourgogne, en 1288, par la comtesse Mahaut , et Jeanne, reine de France, sa fille, en 1327, comprennent tous Chamblay, Chamblasium.

A quelle époque celte terre futelle sous-inféodée par les sires de Salins, c'est ce que nous n'avons pu découvrir. Etienne II , comte de Bourgogne, avait eu avant 1208, de Blandine de Cicon, sa maîtresse, un fils naturel nommé Etienne, tige des sires d'Oisclay, maison puissante , éteinte seulement dans la première moitié du dix -septième siècle. Etienne obtint de son père , pour lui et sa mère Blandine , par donation du mois de novembre 1208, les terres de Sccy-sur-Saône,

Fresne-Saint-Mamès, Thorrères et la Villeneuve, avec la garde du prieuré de Bonnevcnt, et plusieurs fiefs depuis Traves et au-dessus. En 1237, il reçut la seigneurie d'Oiselay, et son frère, le comte Jean , dit l'Antique, qui l'aimait beaucoup, accrut encore son partage des terres de Varenncs, Sainte-Marie-en Chaux etFlagey, du fief de Corcondray, de l'avouer i' du monastère de la Charité, ave 200 livres de rente au puits de Salins (1243, 12'i8, 1256, 1257). Nous croyons que Jean, devenu possesseur des biens inféodés par l'abbaye d'Agaune, au moyen de l'échange qu'il fit, en 1237, avec Hugues, duc de Bourgogne, ajouta aux dons qu'il avait faits à son frère naturel , la terre de Chamblay.

Etienne épousa Clémence de Faucogney, dont il eut plusieurs enfants, et mourut en 1267. Etienne II, son fils, marié à Iolande de Choiseul lui succéda. En 1 324, on trouve Etienne III, époux de Marguerite de Rougemont et Clériadus d'Oiselay, tous deux fils du précédent, qui se qualifient de seigneurs de Clervans, Chamblay et Ounans. Cette même année, Clériadus. damoiseau, touché de la misère de l'abbaye des dames d'Ounans , permit à l'abbcsse de construire un .moulin sur la Loue , près de leur couvent, et d'y moudre le grain de ses hommes d'Ounans, de Chamblay et de Fonlenoy. En attendant l'achèvement de cette construction, il accorda au monastère le droit de mouture franche dans le moulin qu'il avait à Chamblay sur l'étang de l'Anviron, avec privilège d'être toujours servies les premières. Marguerite de Rougemont, veuve d'Etienne d'Oiselay, parait avoir reçu cette terre en remboursement de ses deniers dotaux ; car , en 1341, elle donna à Bérault , d'Andelol , sci-

gneur de Crcssia , un bien qu'elle possédait à Chamblay. Par un acte du mois d'octobre de la même année, elle donnait au comte d'Auxerre la justice de Chamblay, la terre de Clervans et tout ce qu'elle possédait dans le Valouhais, c'est-àdire le val de la Loue, et à Maîche, sur les montagnes du Doubs. Quel motif pouvait engager cette dame à disposer de sa fortune en faveur d'étrangers, tandis qu'elle avait des enfants ? Ces donations ne portaient probablement que sur un usufruit , puisque ses enfants jouirent des objets qu'elle avait donnés. Jean de Vienne, seigneur de Roulans, Montbis , amiral de France , mort à la bataille de Nicopolis, livrée contre les Turcs, le 26 septembre 1396, avait épousé, le 28 mars 1356, Jeanne d'Oiselay, dame de Bonencontre, fille de Jean , sire d'Oiselay, et de Marguerite de Rougemont, et obtint par cette union une portion de la seigneurie de Clervans. Philippe, son fils, mort le 26 décembre 1413, se qualifiait de seigneur de Roulans, Montbis et Clervans. Ce seigneur eut de Philiberte de Maubec , dame de Chantonnay, qu'il avait épousée le 14 juin 1395, Guillaume, qui mourut en 1471, après avoir épousé Béatrix de Cusance. Philippe de- Vienne, troisième fils né de ce mariage, fut la tige d'une branche qui prit le nom de Clervans. Il vivait en 1517, et avait épousé, le 1er décembre 1482, Catherine de la Guicbe. Claude de Vienne, chevalier, et Jean de Vienne, écuyer, fils des précédents, contestèrent, en 1533, aux dames d'Ounans, leur droit de mouture franche. Jean mourut sans postérité en 1534. Claude, l'aîné, chambellan de l'empereur Charles- Quint, épousa, le 15 janvier 1532 , Claudine du Chàtelet, et mourut

vers 1540. 11 laissa pour héritier Claude-Antoine, seigneur de Clervans, baron de Coppet, souverain de Cou réelles et de Bctloncourt, colonel de 5000 réistres.

Claude-Antoine fut l'un des rares gentilshommes du comté de Bourgogne qui embrassèrent la réforme protestante et qui s'en proclamèrent ouvertement les protecteurs. Il épousa Catherine de Heu , dont il eut François et Gédéon de Vienne.

Il se maria en secondes noces avec Pierrette de Ligniville, d'une des plus nobles familles de Lorraine.

En 1566, il était bailli d'Aval au comté de Bourgogne. Reçu bourgeois à Berne , où il se nourrit des idées du luthérianisme, il se retira dans son château de Coppet. H ne quitta cette résidence que pour répondre à la confiance du roi de Navarre, qui l'avait nommé som ambassadeur près des Ligues, et de plusieurs cours protestantes d'Allemagne. Il mourut en 1588. La terre de Clervans fut confisquée à l'époque où son maître fut proscrit, mais elle fut rendue à ses enfants. François de Vienne en a joui, et Gédéon, son frère, se qualifiait de baron de Clervans. En même temps que fa maison de Vienne possédait une partie de ce fief, l'autre partie était toujours entre les mains des seigneurs d'Oiselay ; ainsi, le 4 mars 1383 , Etienne d'Oiselay donnait aux dames d'Ounans et à leurs familiers, un bichet de froment à la mesure d'Arbois, à prendre chaque année sur le moulin d'Ounans, et une certaine quantité de poissons ( deux spuisses), à condition que les religieuses célébreraient son anniversaire le jeudi après les bordes de chaque année, que la messe serait célébrée par le chapelain du couvent, le chapelain de la chapelle sei-

s. Gédéon de Vienne porta i étaient écrits sur une cheminée de ier le titre de baron, ce qui ce château, et dont Paccomplisse-

gneuriale de Chamblay et deux autres prêtres. Guillaume, fils d'Etienne, chevalier, se qualifiait de seigneur de Clervans, Ounans et Chamblay. Il épousa Agathe de Vienne, dont il eut Charles et Philippe. Charles prit le titre de seigneur de Chamblay et Ounans, et Philippe celui de seigneur de Clervans. Philippe vivait en 1481. Il épousa en premières noces, Marie- Antoinette deMailly, et en secondes noces, Cécile de Grozon. Il est probable qu'il vendit ses droits à la maison de Vienne, car il est le dernier membre de la famille d'Oiselay qui se soit qualifié de seigneur de Clervans le premier ferait supposer que la seigneurie a été érigée en baronnie en sa faveur.

En 1651, René de Chàteauvieux de Vienne, possédait cette seigneurie, qui passa à la maison de Grainmont. Mmc Marie-Elisabeth de Grammont, veuve de Marc, marquis de Salives, fut la dernière dame de Clervans.

Château de Clervans. L'histoire du château de Clervans commence par un désastre. Dans la guerre que les barons comtois firent à Philippele-Long, ils brûlèrent cette forteresse. En 1301, la paix fut conclue.

Philippe-Ie-Bel, administrateur du comté , condamna Jean de Chalon , sire d'Arlay, Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, Jean de Bourgogne, Jean de Montbéliard, sire de Montfaucon , Vauthier de Monlfaucon, Thiébaud, sire de Neuchàtel, Jean, sire de Faucogney, Vaucher de Commercy, sire de Château-Vilain, Jean d'Oiselay, sire de Flagey, Guillaume, sire de Corcondray, Humbert, sire de Clairvaux, Eudes, sire de Montferrand, et Jehan, sire

de Joux, principaux chefs de la coalition, à rebâtir cette forteresse et à réparer tous les dommages qu'ils avaient causés. Le château qui fut rebâti occupait un plateau qui s'élève en amphithéâtre au sud-est du Val-d'Amour, et dominait une admirable perspective. Il montrait sur la roche qui borde la rive gauche de la Loue, ses hauts remparts garnis de parapets, de crénaux , de tourelles élégantes, et ses quatre ponts levis. M. Angréer, de Dole, prit copie, en 1785, de certains vers prophétiques attribués à Muller ou Regiomontano (Jean), célèbre astronome, né en Franconie , en U5ê, qui

ment devait bientôt arriver; en voici la traduction : « Dans un millier » d'années, à dater de l'enfantement » de la Vierge , plus sept siècles ré- » volus depuis, la quatre-vingt-hui- » tième année qui viendra ensuite, » sera toute de misère et de maux.

» Si alors le monde n'est pas détruit » de fond en comble, tous les em- » pires n'en iront pas moins sans- > dessus-dessous , et le deuil sera » grand de toutes parts. » Cette inscription paraissait, par l'écriture, dater de l'époque à laquelle vivait Claude-Antoine de Vienne.

L'ancien castel est remplacé par un château moderne que fait bâtir M. de Saint-Mauris-Chàtenois , et dont l'intérieur n'est pas encore terminé. 11 se compose d'un principal corps-de-logis, aux angles duquel sont au sud deux ailes en retour et au nord deux tours octogonales, appartenant à l'ancienne construction, couronnées par des flèches couvertes en ardoise et surmontées de paratonnerres. Cet édifice, d'un effet imposant, est dépourvu d'unité dans son style architectonique. La cha-

pelle du', château, mérite d'être visitée.

Tour de Chamblay. Un champ de ce village porle encore le nom de champ de la Tour. Il y avait là effectivement une tour dans laquelle demeuraient les sires d'Oiselay. Un acte émané d'Etienne d'Oiselay, en 1383, est daté de son hostel de Chamblay. Les seigneurs de la maison de Vienne occupaient à cette époque le château de Clervans.

Une maison noble, qui avait reçu eu fief la prévôté de ce village, en portait le nom. M. D. Monnier en fait remonter l'origine au xivc siècle, mais elle était bien plus ancienne.

En 1270, Hugues de Chamblay, clerc, fils de feu Gérard , chevalier, donna au prieuré de Chàteau-sur- Salins, un tiers des dîmes de la paroisse de Vadans, moyennant la jouissance viagère du patronage de l'église d'Ounans.

En 1299, Richard de Vadans, écuyer, dit de Chamblay, restitua un autre tiers des dîmes de Vadans, dont il avait spolié le monastère.

En 1335, Pierre de Chamblay, curé de Saint-Anatoile de Salins , donna tous ses biens meubles et immeubles au même prieuré , en confessant de plus qu'il tenait de ce dernier le patronage de l'église de Vadans. Perrenette, qui était femme de Jean de Germigney, testa en 1590. Jean de Chamblay fut tué en 1431, à la bataille de Buligneville.

Antoine Bouton de Chamblay, marié à Philiberte de Boutechoux, née en 1599, fut lieutenant-général au bailliage de Salins , puis conseiller au parlement de Dole.

Evénements divers. Chamblay, de même que tout le val de la Loue, fut ravagé par les Allemands à la fin du me siècle; de 1295 à 1301, et en 4336, par les barons comtois ; en

1349, par la peste; en 1356, 1361, 1364, 1365, par les grandes compagnies; de 1477 à 1479, parles armées de Louis XI ; en 1595, par celles de Henri IV; en 1628, une inondation détruisit entièrement le village de Fontenoy-d'Aval, qui faisait partie de la paroisse de Villcrs- Farlay ; son territoire est compris dans celui de Chamblay; en 1636, par la peste et la guerre. Les incendies et les inondations y sont fort communs.

Eglise. Nous avons vu que l'église de Chamblay fut inféodée, en 94 2, par l'abbé de Saint-Maurice d'Agaune, au comte Albéric de Narbonne, et donnée en 1049 par l'empereur des Romains à la métropole de Besançon.

L'archevêque Vital rendit un décret le 21 janvier 1514, sur l'administration des paroisses réunies à la manse du chapitre métropolitain, dont faisait partie celle de Chamblay. Il ordonna que les curés de ces paroisses fussent remplacés , à mesure des vacances, par des vicaires perpétuels, et les fruits de ces bénéfices divisés en deux parts, dont l'une revenait au vicaire à litre de portion congrue, et l'autre au chapitre , qui l'employait eo distributions mensuelles.

L'édifice actuel a été construit en 1775, aux frais de Mme la marquise de Salives. Il est placé sous le vocable de saint Etienne, dont on célèbre la fête le 3 août. Il se compose d'un clocher qui n'a sa naissance intérieure qu'au-dessus de la voûte de la nef principale, de trois nefs , d'un chœur se terminant rectangulairement, et de deux sacristies. La nef principale et le chœur sont divisés en cinq travées principales et séparées des collatéraux par huit arcatures qui viennent retomber

sur des pilastres et des colonnes accouplés. La voûte de la grande nef est à berceau avec pénétration, et celle des nefs secondaires à arêtes.

Les colonnes et les pilastres sont de l'ordre dorique. Le clocher est terminé par un gracieux dôme. Les autels sont en beau marbre, avec des retables en bois délicatement sculptés. La chaire à prêcher est d'une exécution remarquable. Le tableau représentant le martyre de saint Etienne , a été exécuté par Brenet en 177b. Dans le collatéral gauche, se trouve la tombe de Marie-Elisabeth de Grammont-Salives , morte en 1789.

Cimetière. Le cimetière entoure l'église ; sa porte d'entrée est composée de pilastres couronnés par des urnes funéraires. Il renferme les tombes de Gabriel Bernard , comte de Saint-Mauris-Châtenois , officier supérieur de cavalerie, chevalier des ordres de Malte et de Saint- Georges, né à Ghàtenois, le 29 mars 1771, et mort à Clervans, le 13 mai 1843 ; de Jean-Baptiste Crétin, prêtre , confesseur de la foi dans l'exil, mort curé de Chamblay en 1820, et de plusieurs militaires.

BIOGRAPHIE

Ce village a fourni un large contingent aux armées de la république et de l'empire.

Il a vu naître :

François Bouton , jésuite , professeur de philosophie, mort en 1628, victime de son zèle à secourir les pestiférés de Lyon.

Ckazerand, P.-F. (1774-1844), capitaine adjudant-major, chevalier de la légion-d'bonneur.

Chazerand, Jean-Baptiste, né en 1773, capitaine d'artillerie, décoré de plusieurs ordres français et étrangers.

Les capitaines Barbe y Claude-Antoine, né en 1779 ; Gros, François (1774) ; le lieutenant Debrand , Claude-Etienne (1771) , et le souslieutenant Seron, Claude-François (1759), ayant tous des états de services des plus honorables.

Chambiy, commune réunie à celle de Doucier, le 26 octobre

Chamoie , vg. de l'arr. , cant. et bur. de poste de Poligny; perc. actuelle de Vaux-sur-Poligny, et future de Poligny ; succursale composée de Chamoie et Chaussenans ; à 4 kil. de Poligny et 31 de Lonsle-Saunier. La Petite-Claie, le Murger des Gueux et la grange de la Suisse font partie de la commune.

Altitude : 572m.

Il est limité dans une partie de son côté sud par l'ancienne route de Paris à Genève, qui sépare son territoire de celui de Chaussenans. De tous autres côtés, il est enclavé dans le territoire de Poligny.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Poligny, à Buvilly, à Molain et à Chaussenans.

Ce village se divise en deux quartiers distincts, appelés l'un le Haut et l'autre le Bas. Son accès du côté de l'ouest est très difficile. Il- est à la naissance du premier plateau du Mont- Jura. Les maisons sont groupées, construites sans goût et d'un aspect misérable; elles sont bâties en pierres et couvertes en tuiles et laves. Plusieurs ont un étage au-dessus du rez-de-chaussée.

Pop. en 1790,254 hab.; en 1846, 297; en 1851, 300, dont 151 nom.

et 149 fcm. ; pop. spéc. par kil. carré, 51 hab.; 25 maisons, savoir :

22 à Chamoie , une à la Petite-Claie,

c — im —

une à la Suisse et une au Murger des Gueux ; 68 ménages.

On n'émigre pas.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1757.

Cadastre exécuté en 1834 : surf, territ. 578h 14*, divisés en 1106 parcelles que posèdent 1 36 propriétaires, dont 37 forains; surf. imp.

568h 15% savoir : 310h 93a en terre lab., 158h 27* en pâtures, 80h 08* en bois, llh 10* en friches, 2h 82* en broussailles, lh 97* en sol des propriétés bâties, 81* en jardins et 15* en murgers, d'un rev. cad.

de 14,707 fr.; cont. dir. en princ, 1508 fr.

Le sol, fertile, produit du blé, de Forge, de l'avoine , du maïs, des légumes secs, de la navette, beaucoup de betteraves, des pommes de (erre, du chanvre, des fruits, du foin et des fourrages artificiels.

On cultivait autrefois de la vigne derrière le four banal. Il n'en reste pas de traces.

On exporte le tiers du produit des céréales et on importe le vin.

Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 cent, pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , des moutons , des chèvres et des volailles. 25 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières de belle et bonne ' pierre, principalement de vergenne, à bâtir et de taille, de couleur bleue et blanche.

Il y a une fromagerie, dans laquelle on fabrique annuellement 19,000 kilogr. de fromage façon Gruyère, de bonne qualité.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Poligny.

Biens communaux : une église , une ancienne chapelle convertie en hangar, un presbytère très conve-

nable, construit en 1830, qui a coûté 18,000 fr., un ancien cimetière, un cimetière nouveau érigé en 1838, deux fontaines avec lavoirs et abreuvoirs , un abreuvoir , un puits communal, et 229h 59* de pâtures , bois, broussailles, d'un rev.

cad. de 2411 fr. Il n'y a point de maison commune.

L'instituteur tient, dans une maison louée, son école, fréquentée en hiver par 45 garçons et 25 filles.

Bois communaux : 81h 17*, dont 2h 44* sont coupés annuellement.

Budget: receltes ord. , 2877 fr. ; dépenses ord. , 2545 fr.

Bureau de bienfaisance : rev.

50 fr., provenant d'un legs fait par Mlle Gindre, en 1847.

NOTICE HISTORIQUE

On a trouvé à diverses époques, sur les hauteurs qui dominent Poligny, des témoignages de l'existence de ce village sous les périodes celtique et romaine. On rencontre à chaque instant des monnaies gauloises en bronze et en argent, jusque sur le pic de Grimont. Un particulier de Ghaussenans , village attenant à celui de Chamole, démolissant un vieux mur, y trouva, en 1 804, un pot de terre renfermant 1 80 petites médailles gauloises enpolain.

Chamole, Chamoal, était traversé par deux anciens chemins tirant, l'un à Arbois et l'autre à Pontarlier et en Suisse. Quelques dénominations locales semblent rappeler des souvenir d'un passé loin de nous. En Beaur egards au Châtelet, au champ Dioi ( champ du deuil ) , les Lites , sont des noms qui se rattachent tous à la période celtique ou romaine.

Le mot /t'fcs, d'origine grecque, signifie, ou des pierres sacrées ou les prières , Déesses, filles de Jupi-

ter. Toutefois , le plus ancien litre parvenu à notre connaissance, mentionnant ce lieu, est l'acte par lequel Raoul de Molpré, Poncet et Henri , ses fils, cédèrent, en 1254, au prieuré de Vaux, les droits de dime qu'ils avaient dans ce village.

Seigneurie. Chamole dépendait de la chàtellenie et de la prévôté de Poligny. Le capitaine ou châtelain du château de Grimont y exerçait la juridiction ordinaire des prévôts, avant que la ville de Poligny en eût obtenu l'exercice. Le domaine de Chamole ayant été acquis en 1704, par M. Nicolas d'Olivet, conseiller au parlement de Besançon , la ville cessa d'y exercer la juridiction de la prévôté et de la mairie, quoique les concessions qu'on en avait, fussent antérieures de quelques siècles à la conquête du pays par Louis XIV.

Mairie. La mairie de Chamole fut inféodée à une famille noble de Poligny, qui prit le nom de ce village.

Simonin de Mimirey ( Montmirey ) , fit l'aveu de ce fief en 1299. Il était probablement le neveu de Simonin de Chamoal , rappelé de l'exil en 1304, par Philippe- le-Bel, dont il s'était attiré la disgrâce. Henri de Chamole était, en 1346, secrétaire d'Eudes, duc et comte de Bourgogne.

Jocerand de Chamole était, ent1359, conseiller et secrétaire du duc de Bourgogne. Les armes de ce dernier

étaient de à trois rocs de

l'écu placé sur le buste de sainte Agathe , patrone du château de Poligny et de Chamole.

Chapelle. 11 y a dans ce village une ancienne chapelle , sous le nom de l'apôtre saint Jacques-le-Majeur, auquel nos comtes de Bourgogne portaient une dévotion particulière.

Après la démolition du château de Grimont , le service de la paroisse , qui se faisait dans la chapelle de ce

château, fût transféré dans cette chapelle. Malgré ces changements , sainte Agathe , patrone de l'église du château , fut toujours reconnue par les habitants de Chamole pour la leur. Ceux-ci jouissaient des mêmes avantages, dans la collégiale de Saint-Hippolyte de Poligny, que les paroissiens de Saint-Savin. (Voir Barretaine).

Cette chapelle est orientée. Ses murs sont très bas et flanqués de contre forts. Elle ne se compose que d'une nef peu élevée et voûtée» Sur le milieu de sa longueur, apparaît audessus du toit un mur percé d'une ouverture, dans laquelle était placée la cloche. Deux fenêtres pratiquées après coup dans le mur oriental, éclairent l'édifice, qui dans l'origine ne recevait de jour que par la porte.

L'ensemble du monument est du style ogival usité au xme siècle.

On y remarque une statuette en pierre et un grand nombre de pierres tombales fort anciennes. L'état de cette chapelle est déplorable. Elle est louée à plusieurs particuliers pour servir de bûcher. Il est question d'en faire une fromagerie. On devrait la conserver, comme un précieux spécimen de l'architecture rurale religieuse au xiu° siècle.

Eglise. L'église actuelle a été construite en 1834, et a coûté 26,000 fr.; elle se compose d'un clocher couronné par une flèche de mauvais goût et à base quadrangulaire, d'une tribune, de trois nefs, dont la principale est voûtée et les autres plafonnées. La nef et le chœur sont décorés de pilastres et de colonnes d'un mauvais ordre toscan.

Croix. Une croix remarquable, en pierre, datant du xme siècle, orne le cimetière; d'un côté est le Christ, de l'autre la Vierge , tenant l'enfant Jésus ; au-dessus du chapiteau qui

indique la naissance des croisillons, on remarque deux gracieuses statuettes en pierre ; il y en avait deux autres qui ont disparu. Getle croix provient de l'ancien cimetière qui entourait la chapelle.

11 y a dans le bois de Chamole, près du territoire de Buvilly, une croix fort ancienne, objet d'une grande vénération.

Oratoire. La commune entretient, entre Poligny et Chamole , un oratoire dédié à l'Assomption de la mère de Dieu ; les habitants s'y rendent proccssionnellement chaque année , le 15 août.

Fête patronale. Sainte Agathe, dont on célèbre la fôte le 2b juillet.

Evénements divers. La plupart des événements concernant Chamole se trouveront rapportés à l'article Poligny. Le plus remarquable est le combat qui y eut lieu le 1 9 juin 1 658. Charles de Lorraine , l'un des plus habiles capitaines de son temps, général des troupes espagnoles , comtoises et lorraines , prit Bourbonne et quelques autres places appartenant à la France , d'où il tira quelques contributions en argent et en grains. Henri d'Orléans , duc de Longueville, qui commandait l'armée française, entra une seconde fois dans le comté de Bourgogne , par Blctterans que ses troupes occupaient ; la ville de Poligny fut la première menacée d'un siège. Dans le dessein de s'en emparer, il s'avança jusqu'à Château-Chalon, avec une armée d'environ douze mille hommes. Les paysans , qui souhaitaient d'être débarrassés des troupes de Tun et de l'autre parti , en les mettant aux mains au plus tôt, rapportaient que l'armée française n'était que d'environ cinq mille hommes. Le duc Charles ne comptait point sur la fidélité de ce rapport ,

ne se persuadant pas que M. de Longueville se fût engagé si avant dans le pays avec si peu de monde :

il fut d'avis dans le conseil de guerre, d'envoyer reconnaître l'ennemi et de l'attendre ; mais Sarmienlo, commissaire envoyé par le roi d'Espagne, fit délibérer qu'on irait l'attaquer, dans la crainte que si l'on différait , on lui laissât le temps de se retirer. Cette résolution donna lieu à la bataille de Chamole , livrée , suivant Dunod, le 16 juin, suivant Girardot de Beauchemin , le 1 7 , et suivant Chevalier, le 19.

Leduc Charles, ayant feint de déférer à l'avis du conseil de guerre , fit marcher ses troupes sur Salins , et de là droit sur Poligny ; mais il avait donné un ordre secret à l'officier qui commandait l'avant-garde de prendre par sa gauche, et de gagner la hauteur de la montagne : il le prévint qu'il le maltraiterait, comme si cette marche eût été faite contre son ordre; il suivait, s'amusant à chasser avec d'autres officiers qui avaient été de l'avis de Sarmiento; lorsqu'il se vit sur la montagne, il parut si fâché contre le colonel qui avait conduit l'avantgarde, que chacun fut persuadé que c'était une méprise de cet officier.

Il était lard ; les troupes étant fatiguées , le duc Charles jugea à propos de les faire camper sur le terrain où elles se trouvaient; il envoie pendant la nuit pour reconnaître l'ennemi qui n'était qu'à trois lieues de là. On lui rapporte qu'il est en marche, qu'il s'avance en grande diligence et qu'il est fort de douze mille hommes.

Aussitôt il assemble le conseil de guerre, expose le rapport que Ton vient de lui faire, et le danger qu'on aurait couru s'il s'en était rapporté à des discours de paysans mal infor-

mes; il représente qu'il ne s'agil plus d'attaquer, mais de bien se défendre; que la supériorité de l'ennemi ne l'étonne pas ; que la conduite et le courage des chefs, joints à l'ardeur cl à la bravoure des troupes , supplééront à ce qui lui manque du côté du nombre. Son armée n'était au plus que de 8000 hommes; quelques bourgeois de Poligny allèrent volontairement s'y joindre ; on lira promptement duchàleau de Grimont de la poudre et des balles. M. de la Baume , marquis de Saint-Martin , gouverneur du pays, le baron de Mercy, sergent de bataille et plusieurs colonels de distinction étaient de cette armée. Sarmiento, qui avait paru si ardent , s'était retiré à Salins pour pourvoir, disait-il, aux choses nécessaires; mais dans le vrai, il voyait avec peine le commandement entre les mains de Charles de Lorraine , qui , de son côté , n'aimait point cet espagnol.

L'armée française , commandée par le duc de Longueville en personne, dans laquelle se trouvaient Feuquières, La Mothe-Houdancourt, de Moiria-Chàlillon , sergent-major, et plusieurs autres guerriers de réputation , arrive vers les dix heures du matin , ayant laissé ses gros bagages à Cbâteau-Chalon ; elle marchait si prévenue de la victoire, que l'arrière-garde contestait avec l'avant-garde de l'honneur de charger la première.

Cependant les chefs reconnaissent la manière dont le duc de Lorraine avait disposé ses troupes, qu'il y aurait plus de peine à les forcer qu'on ne s'y était attendu, parce qu'il fau

en rendent l'abord difficile. Le duc Charles avait confié la défense de ce passage au régiment de Galas-dragons , qui s'était flatté d'y arrêter seul l'armée française. Il plaça son infanterie plus en arrière, à la portée du canon du poste de Galas, et après avoir choisi pour sa cavalerie des endroits favorables , couverts par de petites élévations , il ordonna à l'infanterie de se retrancher. (Ces retranchements sont appelés aujourd'hui les Terreaux.) Le régiment de Bornival négligea l'ordre en partie, ne se retranchant que par son front et non sur ses flancs.

La première attaque commence par le poste des dragons de Galas , qui ne pouvant résister à l'impétuosité des Français , sont obligés de se retirer. On en vient au fort de Bornival , qui occupait la droite ; il est attaqué avec une intrépidité surprenante; le feu qui en sort semble plutôt augmenter que ralcnlir l'ardeur des assaillants. Ceux-ci n'avaient fait avancer que dix pièces de canon , dont ils se servaient avantageusement. Il se fait des efforts prodigieux de valeur de part et d'autre.

Les Français , impatient 3 de la victoire , se jettent dans le fort , l'épée à la main, se saisissentdedcux pièces de canon et forcent le régiment de Bornival. Ils attaquent ensuite le fort du régiment de Sousse , qui , ayant pleinement exécuté l'ordre du géné ral, soutient tous les efforts de l'ennemi. On revient plusieurs fois à la charge avec des troupes fraîches :

Sousse demeure impénétrable.

On croit réussir mieux en se portant contre le régiment de Saint-Bal-

drait autant d'attaques qu'il y avait mont, commandéporlccolonel d'Àr-

de régiments dans son armée. Le village de Chamole, près duquel se passa l'action, est situé au-dessus d'un passage étroit et d'un ravin qui

bois, en l'absence deSaint-Balmont, alors dangereusement malade. Il est assailli avec une valeur extraordinaire ; M se défend de même , et se

maintient dans ses retranchements, contre cinq attaques. Les Français sont repoussés avec plus de perte encore qu'auparavant. Le canon cependant tonne de toutes parts et fait un grand ravage. Alors le duc Charles amène la cavalerie au combat, se montre aux endroits où l'action est la plus vive , donne du secours aux plus pressés et recouvre le poste de Bornival.

Les généraux français, qui ne s'étaient pas attendus à une telle résistance , font un dernier effort , rassemblent leur meilleure infanterie , qu'ils font soutenir par de la cavalerie , et lui ordonnent d'attaquer le fort de Walorski : on l'attaque jusqu'à onze fois, sans qu'on puisse l'emporter ; la terre se couvre de morts en cet endroit ; les Français se rebutent. Le choc de la cavalerie avait été très rude. Le colonel Baron de Mercy y eut le bras fracassé. L'armée française fait sa retraite, laissant plus de 1200 des siens étendus sur le champ de bataille. La tradition porte le nombre des morts et des blessés à 5000. Ce combat fut opiniâtre et dura jusqu'au soir. Les volontaires de Poligny s'y comportèrent vaillamment ; la défaite des ennemis eût été entière, si la cavalerie eût pu les poursuivre et que les balles n'eussent pas manqué ; il ne restait pas à l'infanterie comtoise plus de cinquante coups à tirer lors de la retraite de l'ennemi ; les rochers et les halliers d'un autre côté empêchaient la cavalerie de se mettre à la poursuite des vaincus. Plusieurs des nôtres, faute de balles, chargèrent leurs armes avec des pièces d'argent et des boutons de leurs habits qu'ils arrachèrent. Le duc Charles en donna l'exemple, en arrachant les boutons d'argent de son juste-aucorps , qu'il fit tirer jusqu^u der-

nier. Il ne perdit, dans celte affaire, que cent vingt hommes. Les bourgeois de Poligny , qui se crurent délivrés , envoyèrent quelques rafraîchissements à l'armée du duc et firent des réjouissances. Le Te Deum fut chanté dans toutes les églises ; mais la joie fut de courte durée, car à peine cinq jours s'étaient écoulés, que les Français , informés du départ de Charles de Lorraine, se mirent en mouvement et vinrent occuper le poste où le combat s'était donné. Les faits qui suivirent intéressent particulièrement Poligny.

Champagne, vg. de l'arr. de Poligny, cant. et perc. future de Villers-Farlay , perc. actuelle de Cramans, bur. de poste de Mouchard; succursale érigée le 27 avril 1826 ; à 8 kil. de Villers-Farlay, 18 d'Arbois , 29 de Poligny et 57 de Lonsle-Saunier.

II est limité au nord par Senans , Liesleet Buffard, dont il est séparé par la Loue , rivière qui forme la ligne limitrophe des départements du Doubs et du Jura , au sud par Cramans et Port-Lesney, à l'est par Buffard et Port-Lesney, et à l'ouest par Liesle, Senans et Cramans. Le moulin Labourot , la maison Labourot et la maison Longchamp font partie de la commune.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Cramans, à Port- Lesney et à Buffard ; par les tuyaux de conduite des eaux de Salins à la saline d'Arc. Le territoire est entouré de trois côtés par la Loue , qui ne le traverse que sur une longueur d'environ 500 mètres. Un bac jeté sur cette rivière, établit une communication avec Buffard, Liesle et Senans.

Le village est situé à la naissance du Val-d' Amour , sur le penchant

oriental d'un côtcau qui borde la rive gauche de la Loue.

Les maisons sont groupées , généralement bâties en pierres , couvertes en tuiles , et composées de plusieurs étages.

Pop. en 1790, 295 hab.; en 1846, 291 ; en 1851, 250, dont 119 nom.

et 131 fera. ; pop. spécif. parkilom.

carré, 66 hab.; 48 maisons, savoir : 1 1 au Bourg-Dessus, 1 8 dans la rue du Bas , 21 dans la rue de la Mare, une au moulin Labourot, une à la maison Labourot et une à la maison Longchamp ; ces trois dernières maisons forment le hameau appelé le Moulin-Neuf; 76 ménages.

Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Paris.

Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à 1667.

Cadastre exécuté en 181 1 ; surf, territ., 376h 76*, divisés en 1623 parcelles que possèdent 321 propriétaires , dont 208 forains ; surf, imp. 339h 86% savoir '. 148b 0Ga en terres lab., 101b 27* en vignes, 23h 95* en friches, 21h 89* en prés, 21 b 26a en pâtures, 10h 33* en vergers, 10h 03* en bois, lh 62* en sol des propriétés bâties et cours, lh 22* en jardins, 17* en carrières, d'un rev. cad. de 23,282 fr. ; cont. dir.

en principal, 2926 fr.

Le sol, d'une grande fertilité, produit du blé , du seigle, du maïs excellent et en abondance, de l'orge, de l'avoine , des pommes de terre , du sarrasin, des légumes secs, de la navette, des betteraves, du chanvre, beaucoup de fruits, surtout des pèches et des noix, des vins rouges et blancs très estimés , du foin et des fourrages artificiels.

L'agriculture y fait de grands progrès , principalement en ce qui concerne la culture de la vigne. Engrais, fumier et gypse.

Le revenu réel des propriétés esl de 3 pour cent.

On exporte le quart des céréales et les trois quarts des vins.

Champagne a un des plus beaux vignobles du Jura.

On élève dans la commune des bètes à cornes, des cochons , des moutons, des chèvres et des volailles.

50 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire des carrières exploitées d'excellente pierre à bâtir et de taille.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins et d'Arbois.

Il y a un moulin à farine à quatre paires de meules , avec huilerie et battoir à blé , un autre moulin à farine à cinq paires de meules , avec huilerie, une auberge, un entrepreneur en bâtiments , un marchand de pierres taillées , un boucher, deux fabricants de sabots et un débit de tabac.

Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère relié à l'église par la sacristie , une maison commune d'un aspect monumental , construite en 1775 , composée d'une partie de l'ancien château de M. Colin, co-seigneur de Champagne. Elle comprend la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 15 garçons et 13 filles, deux fontaines, et 47b 69* de terrains plantés, friches, pâtures, bois taillis, d'un rev. cad. de 434 fr.

Le village aurait besoin d'un lavoir public et de voir redresser le lit de la Loue , qui dévaste annuellement son territoire.

Bois communaux. 6h 50* coupés tous les 25 ans , lorsque le taillis a atteint l'âge de 1 9 ans.

Budget : recettes ord. 2564 fr. ; dépenses ord. 2384 fr.

ROTICE HISTORIQUE.

L'existence de Champagne sous la domination romaine ne se manifeste que par son nom. M. Ed. Clerc dit avec raison que les ruines rendent le sol aride et pierreux , et que les cantons autrefois déserts et stériles, où elles se rencontrent, se nomment souvent Champagne, Champagnole, Champagno lot. Ainsi, on donne le nom de Champagnole aux ruines romaines voisines de Pirey ; la ville de Champagnole est à côté des ruines de Montrivel ; Champagnoht touche aux grandes ruines romaines de Dammartin ; le puits de Champagne est à côté de la route romaine et dans un canton couvert de ruines, près de Poligny ; on appelle Champagne, le canton où sont les ruines et les aqueducs romains, entre Baigne et Boursières. On pourrait ajouter beaucoup d'autres exemples pour confirmer celte opinion.

Assis dans une exposition charmante, au bord d'une belle rivière, à une faible distance de la grande voie qui conduisait de Lyon au Rhin, par Cramans , Arc et Besançon , ce village dut être habité de très bonne heure. MM. Labbé de Billy , D. Monnier, pensent que ce lieu doit ses commencements au célèbre Odon de Champagne. Hugues , comte de Troyes, seigneur de Bar- sur- Aube, de la maison souveraine des comtes de Champagne , ayant répudié Constance de France en 1104, épousa Elisabeth, fille d'Etienne 1er, comte de Bourgogne , et de Béalrix , dont il eut Eudes ou Odon de Champagne.

Les soupçons bien ou mal fondés que Hugues avail conçus sur la naissance d'Odon , son fils , confirmés par le rapport des médecins , privèrent ce dernier des Etats auxquels U aurait dû naturellement succéder.

Ils devinrent le partage de Thibault, comte de Chartres , son parent, suivant la disposition du comte de Cham pagne , qui les lui abandonna pour entrer dans l'ordre des Templiers , ainsi que le rapporte , en sa chronique, Alberic, moine de Trois-Fontaines , sous l'année 1 128.

Les guerres qu'Odon de Champagne soutint contre son rival n'ayant pas eu le succès qu'il en avait espéré, il fut contraint de céder à son malheur et à la prospérité de son ennemi.

Devenu simple particulier, il se relira auprès de Renaud III, comte de Bourgogne, son oncle. S'il n'y trouva pas un sort aussi brillant que celui pour lequel il était né, il y rencontra tout ce qu'il pouvait désirer dans sa disgrâce ; une amitié tendre et des bienfaits qui en furent les fruits.

L'empereur Frédéric Barberousse , successeur du comte Renaud et son héritier, par l'alliance qu'il avait contractée avec Béalrix, sa fille unique, ne fut pas moins généreux envers l'infortuné Odon de Champagne.

Il lui donna , dans un diplôme très flatteur, daté de 1166, la jouissance des terres de Quingey, Liesle et Lombard, avec leurs dépendances. Deui questions se présentent ici. Est-ce Odon qui a établi dans la paroisse de Liesle , le village qui porte le nom de Champagne? Les seigneurs de Champagne descendent- ils directement d'Odon de Champagne ? Notre opinion sur la première question est déjà connue , puisque nous faisons remonter l'origine de ce village à l'époque romaine. Du reste, en 1090, Eliennette de Vienne, épouse de Guillaume-le-Grand , comte de Bourgogne , avait déjà donné Arcet-Scnans , ainsi que Champagne , à Hugues III , son fils , archevêque de Besançon. Ce titre prouve positivement que ce village existait avant

Odon de Champagne. La seconde question semble plus difficile à résoudre. M. Labbé de Billy n'hésite pas à considérer Odon comme l'auteur des seigneurs de Champagne. 11 s'appuie sur Chifflet, le P. Anselme, Pérard, Gollut, Dunod et l'abbé Guillaume.

Seigneurs. En 1183,Aimon de Champagne, sire du lieu , donna à l'abbé d'Acey, un pré dont le sire de Pesmes s'était injustement emparé. Guy de Champagne vivait en 1227, et son fils du même nom, en 1308. Nous sommes disposé à croire que ces seigneurs descendaient directement d'Odon. 11 y a identité dans l'orthographe du nom et dans les armes. Les chartes fournissent du reste la série non interrompue des seigneurs de Champagne depuis Odon. Jean de Champagne transigea avec les habitants de sa terre de Champagne en 1399. Il épousa Eliccte, de la maison de Chambomay , dont il eut Humbert et Jean. Humbert de Champagne, écuyer, s'allia, le 15 décembre 1&29, avec Claudine de Maizières , veuve de Pierre de Chassaigne, d'Ornans , aussi écuyer. Ils eurent entre autres enfants Ottenin de Champagne, écuyer, seigneur d'Auxange et autres lieux, qui se maria avant 1478, à Catherine de Vy. Ces derniers laissèrent entre autres enfants , Jean , qui épousa Jeanne de Scey, dont il eut Jacques et Simon de Champagne. Jean et

tcrnel , de relever le nom et les armes de la maison de Chisscy ; Jean, qui fut lieutenant- colonel d'infanterie de Jean de Beauffremont ; Philippe, Léonard, lieutenant-colonel du terce du sieur Perrcnot de Champagney, et plusieurs filles.

Philippe de Champagne , écuyer, seigneur de Champagne en partie , de la Barre, etc., épousa, le 8 avril 156fc , Louise de Bcaujeu , dont il eut Philippe-Louis de Champagne et plusieurs antres enfants. Ce seigneur eut une commission de capitaine de trois cents hommes de pied et do vingt-cinq arquebusiers à cheval, dans le terce de Frédéric Penenot , seigneur de Champagney, par brevet de ce colonel du 1 1 septembre 1 568 .

Philippe-Louis de Champagne, écuyer, seigneur de Champagne, la Barre , Nenon , etc. , reprit en fief et donna le dénombrement de la moitié de la terre de Champagne , mouvante du comté de Bourgogne.

L'autre moitié de cette terre élait indivise entre Marguerite de Champagne , veuve de Guillaume de Darbonnay, écuyer, et Louise de Champagne , épouse de Gérard de Thon.

Philippe-Louis obtint une commission de cent mousquetaires , de M. de Vergy, comte de Champutte , gouverneur du comté de Bourgogne, le ik octobre 1621. 11 épousa Marguerite de Saint - Mauris - Lemuy , dont il eut Claude, mort au service en 1623, e Henri.

Henri de Champagne, écuyer,

pagne par moitié. Simon, chevalier, fut reçu à la confrérie de Saint-Georges en 1502, et combattit au tournoi de Nozeroy en 1519. 11 s'allia, le 12 janvier 1522, à Marguerite de Chissey, dont il eut Alexandre de Cbissey, dit de Champagne , qui fut chargé , de la part de son aïeul ma-

se maria le 1 1 mai 1 63 1 , a Dorothée de Fussey. Il fut capitaine de deux cents hommes d'infanterie , au régiment de Maizières. Il leva un régiment de mille hommes a pied , a ses frais, à la réquisition du gouveriir et du parlement , par brevet date du 7 juin 1636, de Guérard

de Joux, dit de Wateville , marquis de Conflans, maréchal-général du cuinléde Bourgogne, et de Jean Girardot , seigneur de Beauchemin , conseiller au parlement. Henri de Champagne, que M. D. Monnier appelle à tort Charles, fit une grande figure dans la guerre de dix ans , sous le titre de lieutenant du marquis de Conflans. II eut de Dorothée de Fussey, son épouse, Charles de Champagne et d'autres enfants. Charles , capitaine et gouverneur du château d'Ornans , vendit , le il juin 1686, sa moitié de la terre de Champagne, à Charles-François et Pierrc-Prosper Colin , écuyers, de Salins. L'autre moitié fut vendue à Etienne - Alexandre Bancenel , écuyer, seigneur de Déservillers.

Etienne - Alexandre Bancenel épousa en premières noces , le 28 octobre 1685 , Jeanne - Françoise Billard, fille de Louis Billard, écuyer, et de Jeanne-Catherine Gollut, dame de Chalain , dont il eut quatorze enfants, et en secondes noces, Marguerite-Silénie de Conflans, dont il eut encore six autres enfants.

Etienne - François Bancenel, né du premier mariage, seigneur de Champagne en partie, épousa, le 23 novembre 1718, Anne-Jéromine- Cécile de Salins , dont il eut Antoine-François.

Antoine-François Bancenel s'allia, le 29 août 178fc, àMarie-Claire-Isabelle Marchand de la Châtelaine, fille de Joseph- Emmanuel Marchand de la Châtelaine, seigneur de Bannans , chevalier d'honneur à la chambre des comptes de Dole , dont il eut Henri -François-Joseph Bancenel, et Charlotte- Joséphine Bancenel.

François-Joseph Bancenel , neuvième fils d'Etienne-Alexandre Bancenel, se qualifiait aussi de seigneur de Champagne en partie.

Charles - François Colin étant mort sans postérité , légua les droits qu'il avait acquis dans la terre de Champagne, à Pierre-Prospcr Colin, son frère, seigneur de Montigny , qui épousa, le 6 juin 1697, Claude- Françoise de Crécy, fille de Gérard de Crécy, seigneur de Chaumergy , dont il eut Philippe-Emmanuel Colin, marié le Ier juin 1729, à Suzanne de Boitouset de Poinsson. De ce dernier mariage sont nés , Claude-Joseph, François-Jérôme, Fran çois- Joseph , Charles- François et Jérôme-Charles-François Colin.

Armoiries. La famille de Champagne portait : d'or au lion de gueules, comme portait le comte Odon.

Les armes de la maison de Bancenel étaient : d'azur à trois quintes feuillesd'or, deux en chef et une en pointe , à la têle de léopard d'or mise en cœur, timbrées d'un lion naissant d'or.

Les armes de la maison de Colin étaient : d'or à trois têtes d'aigles arrachées de sable posées 2 et i .

Château. Gollut comprenait le château de Champagne au nombre des principales forteresses du pays au xvie siècle. Ce manoir fut détruit ainsi que le Bourg-Dessus qui en était proche, par les Français, pendant la guerre de dix ans.

La maison commune occupe une partie de l'ancien château de la famille Colin.

Eglise. Champagne dépendit, jusqu'en 1 826, de la paroisse de Liesle.

Il y avait une simple chapelle. L'église actuelle, dédiée à saint Féréol et saint Ferjeux , dont on célèbre la féle le 16 juin, se compose d'un clocher, d'une tribune , d'une nef, d'un chœur , d'un sanctuaire et d'une sacristie. La nef est décorée de pilastres d'ordre toscan et ioni-

Ali —

que de mauvais goût, sur lesquels s'élèvent les arcs doubleaux et les nervures de la voûte. Dans les murs, de chaque côté de la nef, sont des niches en rocailles imitées, qui produisent un mauvais effet. Le retable du sanctuaire est assez beau.

BIOGRAPHIE

Les personnages suivants appartiennent tous à la même famille, originaire de la grange Boisseaux , au pied du Mont-d'Or (Doubs), et sont tous nés à Champagne.

Boisseaux (de), Philippe, mort sur la brèche, en défendant Nozeroy, en 1639, lorsque cette ville fut assiégée par les armées du duc de Saxe-Weimar.

Boisseaux (de), Jean-Antoine, capitaine de dragons en 1694 , adjudant de bataille, mestre de camp en 1695, mort à Milan en 1696.

Boisseaux (de), Pierre-Philippe, capitaine d'invalides , mort à l'Hôtel en 1 755. Il commanda le fort Griffon à Besançon.

Boisseaux (de), Jean- Antoine , capitaine au régiment de Lorraine , chevalier de Saint-Louis, mort en

boisseaux (de), Henri-Joseph, fils du précédent, 1721-1781, capitaine de grenadiers royaux , chevalier de Saint-Louis.

Boisseaux (de), Xavier, capitaine de milice , chevalier de Saint-Louis, assassiné sur les hauteurs de Quingey, par des recrues qu'il conduisait au corps.

Boisseaux (de), François-Joseph, capitaine d'infanterie , chevalier de l'ordre militaire de Saint- Jean -de- Latran , mort au service du roi en

Boisseaux (de), Charles- Joseph - Simon , conseiller-assesseur au bailliage de Pontarlier, mort en 1722.

Boisseaux (de), Jean-Baptiste- Ignace- Hyacinte, chanoine en l'église de Saint-Anatoile de Salins en

Champagae-les-LolsIa , commune réunie à celle de Loisia, le 26 juin 1823.

Champagne^ , Canipaniacum , Campagniacus Magnus , Cfiampaniacum , Champagné , vg. de i'arr.

de Dole , canton de Montmirey-le- Chàteau, percep. de Dammarlin, dislr. de poste de Thervay ; succursale ; à 5 kilom. de Monlmirey, 24 de Dole et 76 de Lons-le-Saunier.

Il est limité au nord par Cléry (Côte-d'Or), Dammartin et Mutigney, au sud par Soissons (Côte-d'Or), Montmirey-le-Château et Pointre, à l'est par Montmirey-le-Chàteau et Dammartin, à l'ouest par la ligne limitrophe des départements du Jura et de la Côte-d'Or, formée par les territoires de Soissons , Varennes et Pontaillier. Nillieu et la Thuilerie font partie de la commune.

Il est traversé par les routes dép.

n° 1 2, de Vesoul à Auxonne et n° 1 1 , de Besançon à Dijon , par les chemins vicinaux tirant à Cléry, à Montmirey-le-Château , à Mutigney, à Montmirey-la-Villeet delà Thuilerie àMontmirey-la-Ville, par le ruisseau de l'étang de Champagnolot ou bief de Champagney, par le ruisseau de la fontaine des Maux-Quartiers, par les ruisseaux du Breuil et de Villeneuve.

Le village est situé sur une crête, dont l'un des versants descend vers les rives de la Saône, et l'autre vers la vallée de l'Ognon. On y arrive par une pente si douce, qu'on le croirait en plaine ; et cependant , en regardant autour de soi, on voit s'effacer peu à peu les buttes sail-

lanlcs de Montmirey et du Mont- Guérin. Les maisons sont groupées, composées d'un étage au-dessus du rex -de-chaussée et construites en pierres; les deux tiers sont couvertes en tuiles plates cl l'autre tiers en chaume. Leur aspect reflète l'aisance des habitants.

Les communes de Nillieu et de la Thuilerie ont été réunies à celle de Champagney, le 22 octobre 1825.

Pop. en 1790 , de Champagney et la Thuilerie ,513 hab. ; de Nillieu , 81; pop. réunie, en 1846, 004; en 1851 , 644 ; pop. spéc. parkil.

carré, 41 hab.; 151 maisons, savoir/:

à Champagney, 114, à Nillieu, 17, à la Thuilerie, 20; 178 ménages.

Les plus anciens registres del'élat civil remontent à 1668.

Les habitants n'émigrent pas.

Cadastre exécuté en 1824; surf, territ. 1555h27a, divisés en 5323 parcelles que possèdent 303 propriétaires, dont 148 forains; surf, imp. 133th 06», savoir: 738h 49»

en terres lab., 664h 30» en bois, 107h 1 0* en prés, 4h 99» en sol des propriétés bâties, 4h 84» en jardins, 4h 10» en parcours, 3h 46* en vergers , 2h 83» en vignes , 91* en friches et mares, d'un rev. cadast.

de 28,260 fr.; cont. dir. en princ.

4886 fr.

Le sol, extrêmement froid, n'est fertile qu'à force d'engrais ; il produit du blé, du maïs, des pommes de terre, peu de seigle, beaucoup d'avoine, peu d'orge, du méteil, des légumes secs, de la navette, beaucoup de colza , des betteraves , des carottes fourragères, du chanvre, des vins rouges et blancs, d'une qualité médiocre et des fourrages artificiels.

On exporte les deux-cinquièmes des céréales et on importe les quatre-cinquièmes du vin.

Le revenu réel des propriétés est de 2 pour cent.

On élève dans la commune des bêles à cornes, des chevaux , des cochons, des moulons, des volailles.

60 ruches d'abeilles.

La principale ressource des habitants consiste dans l'agriculture.

On trouve sur le territoire du minerai de fer non exploité et des sablières exploitées avec une telle imprudence, qu'une personne y fut écrasée en 1849, par un éboulement.

La population fréquente habituellement les marchés d'Auxonne et de Dole.

11 y a au hameau de Nillieu, un moulin à une seule paire de meules et une huilerie; à Champagney, une huilerie et plusieurs battoirs à blé mûs par des chevaux, deux tuileries, dont une a donné son nom à une des sections de ce village; deux auberges , un marchand de blé el de farines, trois maréchaux-ferranls , un charpentier, trois menuisiers, trois sabotiers , cinq tisserands , un peigneur de chanvre et deux marchands de bois.

Biens communaux : une église, un cimetière à l'entour, un presbytère convenable, construit en 1837, sur les plans de l'architecte Besand, une maison commune insutûsante et malsaine, contenant la mairie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 60 élèves , le dépôt de la pompe à incendie et une pompo desservie par une compagnie de 25 hommes; une maison d'école des filles, en mauvais étal, contenant le logement d'une institulrice laïque el la salle d'étude, fréquentée en hiver par 63 élèves ; 2 fontaines, dont une avec lavoir et abreuvoir au hameau delà Thuilerie cl l'aulrc,avec lavoir

à Champagney ; le village, chef-lieu, possède en pâtis, terres, bois , pâtures 264h 68% d'un rev. cad. de 3166 fr.

Bois communaux : Champagney a 255h 99a de bois, dont 8h 10* sont délivrés annuellement ; Nillieu, 28h 9 1*, dont lh 08* sont en exploitation annuelle; laThuilerie, 48h 10*, dont ih 44* sont coupés chaque année.

Budget : recettes ord. 7425 fr.; dépenses ord. 7253 fr.

Bureau de bienfaisance : recettes ord. 103 fr.

ISOTICE HISTORIQUE.

Il suffit de nommer les lieux qui avoisinent Champagney, tels que Dammartin, Pontaillier, Pesmes, villes florissantes sous l'empire romain, pour prouver l'antiquité de ce lieu.

Son territoire, sillonné de voies romaines, le voisinage de grandes villes, tout contribuait à y attirer une nombreuse population. La route de Besançon à Alise et Langres, par Dammartin et Pontaillier, longeait le village de Nillieu. Ce chemin , l'un des plus anciens de nos contrées , doit être, à raison de son importance, placéau nombre des chemins du premier ordre, soit parce qu'il liait la Séquanie avec le centre de la Gaule, soit parce que de Fesontio à la Saône, elle traverse les grands débris de Dammartin et de Pontaillier.

Dammartin est, au jugement d'un assez grand nombre de savants, le Dittatium de Ptolémée. Ses ruines couvrent une étendue de seize cents mètres. L'opinion la plus commune place à Pontaillier-sur-Saône , 1'^magetobria de César. On y a reconnu de vastes ruines, des colonnes, des fragments de marbre sculptés , des corniches, des débris d'amphores, un cippe funéraire. De Dammartin , cette route arrivait par Nillieu et

Cléry, à la Saône, dont elle traversait l'ancien lit sur un pont. M. E.

Clerc indique comme une ligne douteuse, un chemin conduisant de Dole à Dammartin. Nous croyons que cette route tirait directement au pont jeté sur la Saône , en traversant Champagney. Elle coupait les cantons appelés Bois-de-l' Abergement, où elle est encore parfaitement empierrée , les Essarls , la croix Viot et l'étang. Sur plusieurs points, ses traces sont très reconnaissantes. Il est probable que Champagney fut ruiné en 355 , en même temps que Dammartin , Pontaillier et Besançon, et qu'il le fut de nouveau par les Normands au ixe siècle, lorsque disparut le prieuré de Saint- Vivant. On le retrouve mentionné dans des titres du xne siècle.

En 1182, Théodorie, archevêque de Besançon, ratifia la donation faite à l'abbaye d'Acey, par la dame d'Apremont, de tout ce qu'elle possédait à Champagney. L'église fut donnée, en 1 183, au chapitre de Sainte- Madelaine, de Besançon, par l'archevêque Amédée, qui la nomme £cclesia de Champaigneiaco Magno.

Sagneurie. Dunod , traduisant Campus Pagani par Champagney , a placé le célèbre Odon de Champagne au rang des seigneurs de ce village. Cet historien s'est trompé, car Campus Pagani n'est point Champagney. Ce village dépendait pour une moitié de la seigneurie de Pesmes, pour un quart de celle de Montrambert , et pour le surplus de la prévôté de Montmirey-le-Chàteau.

Cette dernière partie fut vendue à vil prix par Louis XIV, en 1697, à Jean- François Clerc, écuyer qui, en 1707, se qualifiait de seigneur de Champagney. A la suite de la revente provoquée par Louis XV, elle fut adjugée à M. Mairot de Mutigney, En

1750, Jacques-Philippe-Xavier Mairot de Muligney, chanoine de Besançon et prieur de Lons-le-Saunier , ajoutait à ses titres celui de seigneur de Champagney. Nillieu était aussi une dépendance de la prévôté de Montmirey et fut vendu par Louis XIV à la famille Bisot, de Pontailliersur-Saône.

Charte d'affranchissement de Champagne?. Le 8 mars 1776 , Claude- Antoine Clériadus, marquis de Choiseul-la- Baume, lieutenantgénéral des provinces de Champagne et de Brie, maréchal-de-camp des armées du roi , inspecteur de cavalerie , seigneur de Pesmes , Champagney et autres lieux , et Marie- Charles-Hilaire Flavien de Froissard, marquis de Broissia, seigneur de Neublans, Noires, Annoire, Villangretle , Dammartin , Champagney et autres lieux , officier d'infanterie au régiment du roi , demeurant à Dole, seigneurs en haute justice et directe de Champagney, M.deChoiseulpour les trois quarts, et M. Froissard, au nom de dame Jeanne-Thérèse- Féiicité Mairot de Mutigney, son épouse, pour l'autre quart, affranchirent de la main- morte réelle et personnelle les habitants do Champagney, nés ou à naître , ainsi que le territoire, en se réservant tous autres droits seigneuriaux et moyennant une somme de quinze mille fr., que les sujets payèrent , au moyen de la vente qu'ils firent du quart en réserve de leurs bois.

affranchissement de Nillieu. Le 18 novembre 1779, Hubert Bisot de Panta illier, seigneur en toute justice du village de Nillieu, se montra beaucoup plus libéral que les puissants seigneurs de Champagney, dans le traité qu'il fit avec ses sujets. Il déclara affranchir les habitants nés et à naître de sa seigneurie , ainsi que

le territoire, delà main-morte réelle et personnelle , des corvées d'hommes et de charrue , du cens de dix gros dû par chaque ménage, du cens de six gros ou de deux cochons de lait , affecté sur les bois de la communauté , et du droit de messerie.

Il permit aux habitants de mener abreuver leur bétail dans son étang et de le faire pâturer à l'entour. Il se contenta d'une somme de trois mille francs , quilui fut payée à l'aide du prix du quart en réserve des bois communaux.

Château. Les seigneurs de Champagney firent construire un châteaufort dans la partie orientale du village. Il se composait d'un corps-delogis , dont le plan avait la forme d'un parallélogramme. Aux angles ouest et nord étaient deux tours circulaires percées de meurtrières.

Ce castel était entouré de fossés alimentés d'eau par le ruisseau de l'étang, et précédé d'un pont-Ievis. Audessus de la porte d'entrée principale était sculpté un éuorme aigle à deux tètes. De celte forteresse subsistent encore les tronçons des tours et le donjon. Le tout sert de maison d'habitation et d'exploitation d'une tuilerie qui y a été annexée, et appartient à M. Bernard Garnier, de Champagney, par suite de la vente qu'en fit l'Etat en l'an 111 , après la condamnation à mort, prononcée par le tribunal révolutionnaire , de M. leducdeChoiseul.

Couvent de Sainte-Marie. Dans un lieu appelé aux Bruyères , on remarque une éminence formée par des ruines amoncelées. La tradition rapporte qu'il y avait là un monastère appelé Couvent de Sainte-Marie.

Il serait possible que les chanoines de Sainte - Madelaine de Besançon eussent envoyé quelques religicui pour desservir l'église qu'ils tenaient

de la libéralité de Parchevêque Amédée. Ce qui le ferait supposer, c'est que l'église paroissiale est dédiée à la Vierge. Cependant , nous ferons remarquer que les habitants de la campagne, ne pouvant se rendre compte des ruines romaines , parce qu'elles dépassent leur souvenir , affirment que la place qu'elles occupent est celle d'un couvent. Ce nom , dans la bouche du peuple , dit M. Ed. Clerc , est presque toujours l'indice d'un sol à explorer.

Paroisse. Champagney , avant 1789 , comprenait, dans sa circonscription ecclésiastique, Monlrambert , Mutigney, la Thuilerie , l'Abergement et Nillieu. En 1261 , Guillaume III , sire de Pesmes, apposa son sceau à l'acte par lequel Humbert , curé de Champagney , et Guy, frère d'Humbert, donnèrent les dîmes de ce village au chapitre de Sainte-Madelaine, patron de l'église.

Eglise. L'église actuelle , commencée en 17 88, sur les fondements de l'édifice primitif, et terminé en 1811 , est dédiée à la Mère de Dieu, dont on célèbre la fête le 15 août.

Elle occupe une éminence au centre du village, et se compose d'un clocher couronné par un dôme, d'une nef avec transsept formant croix au milieu de sa longueur, d'un chœur rectangulaire et d'une sacristie. Elle est voûtée à plein cintre et décorée de pilastres accouplés , d'ordre dorique , surmontés d'arcsdoubleaux. Elle renferme un tableau intéressant sous le double rapport de l'exécution et du sujet. C'est une peinture dans le genre italien, que Léonard de Vinci fit prévaloir en France et qui parait dater de la fin du xvie siècle. Ce tableau représente le mariage de Clovis. Le roi , suivant l'usage du temps , offre à sa fiancée un anneau en fer placé au bout de sa

lance ; un ange assiste à cette cérémonie.

Chapelle de Nillieu. Il y avait à Nillieu une chapelle fort ancienne , aujourd'hui détruite. La place qu'elle occupait est appelée à la Chapelle.

Evénements divers. Placé sur la limite du duché et du comté de Bourgogne, sillonné de grands chemins , Champagney eut à souffrir de toutes les invasions qui désolèrent notre province. Détruit en 355 par les hordes allemandes, en 888 ou 889 par les Normands , ravagé au xive siècle par les grandes compagnies, au xve par les armées de Louis XI, au xvue par les armées françaises et par la peste , il subit en outre de fréquents incendies , notamment en 1793, en 1818, en 1836 eten 1852.

Celui de 1793 détruisit moitié du village. Dans la soirée du 9 avril 1835, un incendie qui éclata dans le village de Cléry, se communiqua à celui de Nillieu ; onze maisons furent la proie des flammes ; vingt- une familles furent victimes de ce désastre.

BIOGRAPHIE

Ce village a vu naître :

Champion, Claude- François, né en 1787, au hameau de la Thuilerie, de parents cultivateurs, colonel, décoré de plusieurs ordres et commandant de place à Metz ; l'officier Catherinet (1802-1846), et plusieurs ecclésiastiques.

Champagnole (canton de) , arr.

de Poligny , borné au nord par les cantons de Salins et d'Arbois, au sud par celui de Clairvaux , à l'est par ceux de Nozeroy et des Planches , à l'ouest par les cantons d'Arbois , de Poligny et de Conliège.

Situé dans la partie supérieure du val d'Ain, ce canton est tout à la fois agricole, industriel et forestier.

11 renferme 3i communes , qui sont : Andelot-en-Montagne, Ardon, Bourg -de- Sirod , Champagnole , Chappois , Châtelneuf, Cize , Crotenay, Equevillon , Saint-Germain-en Montagne, Larderet, le Latet, Lent, Loulle, Monnet-la-Ville , Montignysur-l'Ain , Montrond , Mont-sur- Monnet, Mou toux, Ney, le Pasquier.

Pillemoine, Pont-du-Navoy, Sirod , Supt , Syam, Valempoulières, Vannoz, Vaudioux et Vers-en-Montagne.

Il ne comprenait , dans l'origiue, que Cbampagnole , Ardon , Châtelneuf, Cize, Equevillon, le Vaudioux, Loulle, Ney, Pillemoine, Sapois et Vannoz.

Pop. en 1790, 9709 Lab.; en 1846, 13,817, en 1851, 13,810, savoir : 4353 garçons , 2246 hommes mariés, 345 veufs, 4018 filles, 2245 femmes mariées et 603 veuves; pop. spécif. par kil. carré, 50 liab.; surf, territ. , 28, 1 84h 91a ; revenu imposabte , 260,544 fr.

Au moyen-âge, les seigneurs de Montrivel , de Château-Vilain , de Monnet, de Montsaugeon , de Montrond , de Châtelneuf , de Vers , de Valempoulières et l'abbaye de Balerne, étaient suzerains de ce vaste territoire.

Champagnole , Campanola , Champaignole , ville de l'arr. de Poligny, chef-lieu de canton et de I perceplion , direction de poste aux lettres ; cure canton, composée de Champagnole , Sapois , Ardon, Cize et Equevillon ; vicariat autorisé le 20 août 1818 ; à 23 kil. de Poligny, 25 d'Arbois , 25 de Salins et 37 de Lons-le-Saunier.

Altitude :545m.

Cette ville est limitée au nord par Vannoz et Equevillon , au sud par Monnet-la-Ville , Ney et Cize, à l'est par Sapois, Bourg-de-Sirod et Syam,

à l'ouest par Pont-du-Navoy, Crolenay, Montrond et Ardon. Burgille, la Bergerie , la Grange des Iles, Taravaut, la Tuilerie-Paillot , la Tuilerie-Brocard, la Berthe et la Grange de Valenlenouse font partie de la commune.

Elle est traversée par la route impériale n° 5, de Paris à Genève, ouverte de 1760 à 1764, par la route départ. n° 2 , de Chalon en Suisse, commencée en 1749 , par les chemins vicinaux de grande communie.

n° 5, de Bletteransà Champagnole, en cours d'exécution , n° 1 8 , de Champagnole aux Planches , par les chemins vicinaux tirant à Sapois, à Crotenay et à Ardon , par la rivière d'Ain , par l'Angillon , le ruisseau de la Londaine, les biefs des Fosses, de Coqueoelle, de Provelle, de Rougemont , du Paillasson et de Bailay.

Elle est le siège d'une justice de paix , d'une direction de poste aux lettres, d'un relais de poste aux chevaux, d'un gîte d'étapes , d'une brigade de gendarmerie à cheval; la résidence d'un receveur de l'enregistrement, d'un contrôleur et d'un receveur des contributions directes , d'un receveur et d'un commis des contributions indirectes, d'un garde général des eaux-et-forèts , de deux piqueurs payés, l'un sur les fonds du trésor et l'autre sur ceux du département, d'un agent- voyer cantonal, de deux notaires, de deux huissiers , d'un commissaire de police, d'un architecte, d'un géomètre , de trois médecins, de deux pharmaciens et d'un artiste vétérinaire; elle a un octroi , un bureau de bienfaisance, une compagnie de 58 pompiers et une société de musique.

Pop. en 1790, 1320 hab.; en 1846 , 3303 ; en 1851 , 3172, dont 1596 hom. et 1576 fem. ; pop. spéc.

par kil. carré, 484 bab. ; 339 maisons , savoir : Dans la rue de Pontarlier, 21 ; il n'y en avait que deux en 1787 ; dans la rue des Jeux, 27 ; dans la rue de Traverse, 3; dans la rue des Jardins, 8 , toutes postérieures à 1798; dans le quartier de la Londaine-Crouazou, 28 ; il n'y en avait que deux en 1 787 ; dans la rue du Pavé , 34 ; dans la rue du Sauget , 26; dans la rue de Baudin , 3 ; dans la rue Crétin , 3 ; dans la rue de la Chapelle, 9 ; dans la rue d'Ain, 13 ; dans la ruelle des Boucheries, 2 ; dans la Grand' rue, 110; dans la rue du Pont~de-l'Epee , 8 ; il n'y en avait que quatre avant 1 789 ; dans la rue du Jura et quartier du Parc, appelé aussi quartier des Dames, 23 : à la Serve, 5 ; au hameau de Taravant, 3 ; à la Fer me des Iles , 1 ; à la Tuilerie - Paillot, i;hBurgille. 1 ; à la Berthe, i ; sur la Tufière, 1 ; à la Tuilerie- Brocard, 1 ; à la Ferme de Valentenouse, 1 ; 832 ménages. En 1720, il n'y avait que 483 habitants ; en 1740, 612; en 1780, 918.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1718.

Cadastre exécuté en 1824 ; surf, territ. 2017h 64», divisés en 2341 parcelles que possèdent 423 propriétaires , dont 50 forains ; surf, imp. , 1952h 44*, savoir : B66b 22* en terres lab., 621h 37* en bois , 360b en prés, 332h 22* en parcours, 49b 67* en broussailles, 9h 39* en sol des propriétés bâties , 8b 43* en jardins , 4b 9ia en friches, d'un rev.

cad. de 60,436 f.;cont. dir. en principal, 17,166 fr.

Agriculture. Le sol , de nature variée et d'une fertilité moyenne , produit du froment, de l'avoine , de l'orge , des pommes de terre , des fruits, du foin et des fourrages artificiels. La culture est susceptible de grandes améliorations.

Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

On élève beaucoup de vaches, des bœufs , quelques chevaux et peu de moutons. 30 ruches d'abeilles.

Il existait autrefois sur le territoire trois étangs ; celui du Viroulet, ou des Iles , de 14b ; celui de Champagne, de 13h 50*, et celui du Nourricier , sous la grange de Taravant , de 14b50*. Les deux derniers sont depuis longtemps en culture ou en pré ; le premier, qui peut, à volonté, être en eau ou à sec , est en culture depuis plus de 30 ans.

Au xiue siècle, le revers sud de la côte de Montrivel était en partie planté en vignes , appelées les Vignes du seigneur. Les derniers ceps qui restaient , furent arrachés en 1770.

Carrières. On trouve au revers sud de la même montagne de Montrivel , près de la route de Chalon en Suisse, une mine de fer, dont l'exploitation a été abandonnée depuis quelque temps. Le minerai était lavé dans un canal creusé depuis le pont de la Mouille. Il y a plusieurs carrières de pierre à bâtir et de taille, bleue et blanche, exploitées sur différents points. Des extractions ont eu lieu dans quelques-unes depuis un temps très reculé. On trouve aussi des dalles , de la pierre à polir et de la pierre réfractaire , des sablières et du tuf.

Marchés. Le samedi de chaque

Foires. 11 y a sept foires par qui se tiennent le 3e samedi de mars, le 1er samedi de mai , le 3e samedi de juin, le 1er samedi de septembre, les 3e' samedis des mois de novembre et de décembre. Commerce principal : le bétail, les céréales et les lainages.

Commerce. Les patentables, en

1852, sont ; 14 aubergistes, 3 marchands de grains, 7 boulangers, 9 bouchers, 1 marchand de bois de sciage, 1 marchand de bois à brûler, 1 banquier, 1 1 cabaretiers , 5 chapeliers , 3 confiseurs , 1 3 cafetiers , k marchands de cuirs, 1 charcutier,

1 chiffonnier, 12 épiciers, une fruitière , & marchands de fer, i marchand de faïence, 2 gargotiers, 2 libraires , 5 marchands de mercerie, une modiste, 1 marchand forain , 1 marchand de poterie , 1 marchand de parapluies, 2 marchands de planches, 2 quincailliers, 11 marchands d'éloffes, 1 marchand de vieux souliers, 1* marchand de sel en demigros, 10 marchands de vin et d'eaude-vie en détail , 6 marchands de vin.

Industrie. Deux agents d'affaires,

2 bottiers, 7 cloutiers, 2 carrioleurs,

6 charrons, 15 cordonniers, 3 charpenliers, 2 couvreurs , 2 ébénistes, 1 entrepreneur d'éclairage, 1 entrepreneur déroutes, 2 ferblantiers,

3 horlogers, 5 peintres en bâtiments, 1 perruquier, 1 rémouleur,

7 sabotiers , 2 serruriers, 2 taillandiers, U tailleurs d'habits, 3 teinturiers-dégraisseurs, 1 tabletier, 1 tanneur, 12 tailleurs de pierres, 1 maçon , 7 voituriers et un entrepreneur de voitures publiques.

Il existe en outre 1 établissement de bains publics , 2 fabriques de liqueurs en gros, une fabrique de chandelles , une fabrique de bonneterie , 2 brasseries, une fabrique de poterie, une tuilerie dite Tuilerie- Paillot, 1 martinet, 1 battoir à blé à vapeur, le moulin Ravier, sur l'Ain , avec scierie mécanique pour bois de construction, un autre moulin pour le public, sur la Londaine , à 2 paires de meules, 2 scieries sur la Londaine à M. Olivier et une autre sur l'Ain , près du Pont-dc-

l'Epée ; ces 3 scieries sont exploitées par MM. Dalloz, frères, qui y façonnent en planches, lambris, lattes et solives, environ 4000 mètres cubes de bois annuellement, exportés à Lyon , Chalon-sur-Saône , Dijon et dans les pays circonvoisins.

Usine de la Serve. Cette usine , l'une des plus prospères et des plus im portantes du département du Jura, construite sur la rive gauche de l'Ain, ne renfermait dans l'origine qu'une platinerie et des martinets.

Cet établissement fut commencé en 1779, par Hugues et Pierre-Denis Dolard et par Polycarpe Vuillermet, sur un terrain appartenant à ce dernier. M. Abraham Muller, de Lyon , en fit l'acquisition en 1782. Cet industriel y ajouta, en 1789, une Iréfilerie et une clouterie. Cette usine, entièrement détruite par l'incendie qui dévora Champagnole, le 28 avril 1798 , fut reconstruite sur un plan plus vaste ; elle se compose aujourd'hui de U feux de forge pour la fabrication du fer ; de deux feux de martinets, d'un feu de platinerie, d'un feu de maitre-ouvrier pour la fabrication des filières et autres outils, d'un feu d'appointeur, d'un feu de chalnerie, d'une sablerie de 2° fusion , d'un cylindre avec ses fours , d'une tréfilerie composée de 38 bobines verticales et horizontales, des fours à recuire le fil-dc-fer, de 30 métiers pour la fabrication des clous dits Pointes de Paris , de bâtiments de maîtres, d'ouvriers , d'ateliers , de magasins et écuries. Le fer en barre mis en œuvre s'élève annuellement à un million de kilogrammes.

Les produits s'exportent dans toute la France, principalement dans le Midi et en Italie. Les fontes fines proviennent des hauts-fourneaux de la Haute -Saône. Le combustible consiste en charbon de bois. Un beau

parc entoure ce magnifique établissement. Mme veuve Muller et ses fils, propriétaires de cette usine , viennent d'élever un nouveau bâtiment pour y placer 600 bobines destinées à la fabrication du fil-de-fer pour cardes.

Dans le même groupe, ils ont établi un moulin de commerce à 10 paires de meules, avec une scierie à trois lames, quatre battoirs à blé et plusieurs battoirs à écorce et à chanvre. Ce moulin, d'un mécanisme admirable, peut moudre chaque année quatre cent mille kilogrammes de grains , dont la farine est livrée au commerce.

Bien* communaux : une église , un cimetière, un presbytère, un hôtel -de- ville, un ancien cimetière, au milieu duquel s'élevait l'église primitive , un oratoire , une maison d'école pour les garçons, une maison d'école pour les filles, une balle au blé, un abattoir public, 2 cbalets, dans lesquels il se fabrique annuellement 45,000 kilogrammes de fromage façon Gruyère, d'un chantier de bois, d'un bureau d'octroi , de deux promenades , d'un château d'eau et d'une machine hydraulique , de la fontaine de la place devant l'église , de celles de la rue du Pavé, du Boulevart, de la rue de Pontarlier, du quartier du Pontde-l'Epée , du quartier du Parc , de la Serve, du quartier de la Londaine, du coteau Garnier, des Malades , de la Molette , du Croisot , de l'Ardière, d'un grand nombre de sources non utilisées, de cinq pompes à incendies, de dix-huit réverbères pour l'éclairage de la ville; et 760h 68a de bois, parcours, broussailles et terres, d'un rev. cad.

de 7483 fr.

Bois communaux : bois blancs , i 1 6h, dont 5h 48a, sont délivrés an-

nuellement; bois sapins, 42lh96*, dont on délivre chaque année 500 stères.

Budget de 1852 : recettes ord.

20,470 fr. , y compris l'octroi loué 5550 fr. ; dép. ord. 20,470 fr.

L'octroi porte sur les bœufs, les vaches, les veaux , les moutons , les porcs , les chevreaux , les viandes dépecées et la bière.

Bureau de bienfaisance : recettes ord. G21 fr., provenant des dotations faites par Claude Bailly et Joseph Blondeau,en 1769; par Claude- Emmanuel Pernet, en 1826; par Claude-Alexis Pernet, en 1824; par Etienne-Joseph Olivier et Jean-Baptiste Ganneval , en 1829 ; par M. le curé Gacon, en 1854 ; par Charles- Joseph Martin de Cize , en 1 857 ; par Claude-Alexis Martin, en 1843, et enfin, par Marie-Julie Gayet , en

NOTICE HISTORIQUE

Origine» Sur la rive droite de l'Ain , on aperçoit de loin, au sommet d'un rocher en forme de pyramide triangulaire tronquée, les ruines d'un manoir gothique de l'aspect le plus pittoresque. C'est le château de Monlrivel. Presque à ses pieds et sous la protection de ses antiques murailles, la ville de Cliam pagnole est assise sur un plateau escarpé, le long de la rivière, et s'y déploie gracieusement. Du haut de la montagne qui la domine, le regard embrasse un immense et magnifique horizon. La fondation de Champagnole remonte à une époque très ancienne, mais on en ignore la date; Tout prouve , du reste , qu'elle est antérieure à la domination romaine.

Les croyances et les superstitions populaires sont encore vivaces dans les villages environnants. La vouivre,

ce serpent ailé au front duquel brille une escarboucle d'un prix inestimable, Tenait chaque jour se désaltérer à la source du ruisseau qui s'échappe en murmurant du flanc méridional de la côte de Montrivel et a laissé son nom à cette fontaine. Une pierre druidique existe sur» la rive droite du chemin qui conduit à Syam, dans le terrain appelé le Champ- Sarrasin. On sait que dans le langage du peuple, le mot de sarrasin sert généralement à désigner les monuments anciens, de quelque époque qu'ils soient. Dans un terrain en face, dit Champ des Bancs, on remarque une ligne de grosses pierres en forme de bancs , ce qui annonce que c'était un lieu de rassemblement probablement religieux. Une partie du territoire, dont le nom est resté à un ancien étang , s'appelle en Champagne. Les cantons où se rencontrent des ruines romaines se nomment presque toujours, Champaqne , Champagnole , Champagnolot. Les ruines romaines voisines de Pirey, s'appellent Champagnole; Champagnolot touche aux grandes ruines romaines de Dammartin. Le sol a restitué en différentes fois des tuileaux à rebords, dans cette Tille.

Les Toies de communication qui la traversaient devaient nécessairement donner de l'importance à ce lieu. Un rameau de la voie des Alpes grecques à Poligny et à la Tille d'Antre , par Doujailles et Charancy, passait à Champagnole ; le P. Ta- Ternier, gardien des capucins, en remarqua les vestiges près de Boujailles et de Chalamont. Plusieurs antiquaires l'ont suivi et fait fouiller dans la direction de Mournans. On en retrouve les paTés entre un ruisseau et la montagne de Charancy ; là, cette ligne est appelée le Chemin des Romains, Le sol de ce dernier

village a rendu à la lumière nombre de monnaies romaines. La villa de Saint-Germain-en-Montagne en est peu éloignée. On y a découvert des médailles s'arrétant à Trajan-Dèce , qui périt sous les traits des Barbares, au mois de novembre 251. Cette route passait au pied de Montrivel, aboutissait à Champagnole , et se prolongeait jusqu'au Pont-du-Navoy, où elle se bifurquait. Elle était défendue par une vigie ou station fortifiée , élevée sur le plateau de la montagne de Montrivel. Ce retranchement ne différait d'un camp proprement dit , que par une moindre étendue. Il se composait d'une enceinte, avec un vallum ou rempart en pierre et d'un fossé extérieur.

M. Ed. Clerc a remarqué que parmi nos camps, les derniers qui furent occupés sous l'empire romain , ont renfermé des habitations , dans lesquelles les malheureux habitants cherchaient un refuge, dans ces temps horribles. On rencontre effectivement sur le plateau de Montrivel, une multitude de tuileaux romains et des restes de fortifications encore remarquables par un ciment presque indestructible. On arrivait, au camp romain, par le Chemin des Arches, qui partait du village d'Ardon, et gravissait un des trois flancs de la montagne. On sait qu'à la ville d'Antre, un aqueduc portait le nom de Pont des Arches. L'arche, d'après l'étymologie de son nom, est formé de arx, citadelle. A Saint- Cernin , dans le département de la Corrèze, on trouva, en 1849, les débris d'un bypocausle et d'autres ruines à côté de l'Arche. Cette arche s'élève au sommet d'un rocher naturellement escarpé , sur le passage d'une voie romaine , à peu de distance d'une ancienne ville gauloise (Briva ou Brive). Une autre route

se dirigeait de Champagnole à Po-

li gny par Ardon et Chamole. Elle figure dans les titres sous le nom de Vie Poire ou ancien chemin de Poligny. M. de Caumont fait remarquer, dans son cours d'antiquités , qu'on donne souvent aux routes romaines le nom de Perré. Poire dérive évidemment de ce mot. Le Pont-de-l'Epée, jeté sur l'Ain, est aussi d'origine romaine. 11 servait à la continuation de la route de Pontarlier au Pont-du-Navoy. Une place d'armes entourée de fossés existait dans le lieu appelé la Culée de Boy se. Il est probable que lorsqu'au milieu du ui° siècle, les Barbares brûlèrent toutes nos villes, ils pénétrèrent h Champagnole et le détruisirent.

Un canton du territoire s'appelle Champ-Sarrasin, Si cette dénomination n'indique pas un établissement antique , elle ferait supposer que les hordes d'Ab-el-Rhaman traversèrent cette partie de nos montagnes. Ces farouches soldats marchaient le fer et la flamme à la main.

Les auteurs varient sur la date du premier document historique qui mentionne ce lieu. M. le capitaine Pernet le fait remonter à 1108, M. Béchet, à 1170, M. D. Monnier, à 1295. Ces historiens ignoraient sans doute que le nom de Champagnole, Campanola in pago Scodiensium , se rencontre déjà dans la vie de saint Valbert, écrite au xe siècle, par Adson , moine de Luxeuil.

Seigneurie. La seigneurie de Montrivel, une des fractions de celle de Salins, comprenait Champagnole qui en était en quelque sorte la capitale , Equevillon , Saint-Germain, Vannoz , Ney et la grange de Burgille.^On trouvera à l'article Equevillon , la série des seigneurs de Montrivel.

En 1301 , Marguerite de Belhîvesvre, veuve de Gaucher II de Commercy, qui avait reçu Champagnole en 1393, à titre de douaire, vendit cette terre à Jean de Chalon- Arlay Ier, pour 3000 livres et échangea l'autre moitié contre la jouissance viagère du péage de Jougne.

En 1315, Guillemelte, épouse de Guillaume de Sainte-Croix, chevalier, fille de Gaucher II de Commercy, et de Marguerite de Bellevesvre , vendirent la terre de Montrivel au sire d'Arlay.

Franchises. La charte de franchises concédée au bourg et à la ville de Champagnole par Hugues Ier de Chalon-Arlay, est datée du vendredi avant la Nativité de Noire-Seigneur, de l'an 1320. C'est une véritable charte de commune. Elle confère aux habitants différents droits politiques. Elle est beaucoup plus libérale que la plupart de celles accordées par les princes de la maison de Chalon.

Les limites de la franchise étaient le Croset du Tronchet (le Chàtelot), la rivière d'Ain, la fontaine de Brise- Cou (celle du Grand-Pont), le pré à Mgr. Guy (c'est-à-dire les Grandes- Combettes), la Planche de laLondaine-sous-le-Chène (qui est le pont derrière la cure). De là, elles se portaient en descendant le cours de la Londaine , jusqu'à la Pierre-du- Quartier (maisons de Maréchal, de Jacquin et d'Estiévant), et de la Pierre-du-Quarlier , elles se fermaient à la Crousette-du-Tronchet.

Nous allons analyser les principales dispositions de cette charte.

Le sire déclare les bourgeois et leurs biens affranchis de toute taille, avenerie , corvée et autres services d'hommes , de chevaux , de bœufs, d'ànes, de toutes autres exactions , même de tous impôts volontaire -

ment consentis, à l'exception de celui des quatre cas , savoir : pour voyage d'outre- mer, afin d'aller en aide à la Terre-Sainte , pour acquisition d'une terre de 1000 livres , pour nouvelle chevalerie ou mariage d'une fille. Cette contribution n'atteignait pas les immeubles ; celui qui possédait 30 livres en meubles, devait 12 deniers par livre. Le seigneur ne pouvait disposer des terres et des bois communaux sans le consentement des habitants.

Les bourgeois pouvaient pêcher avec engins dès le bief de Provelle en aval, jusqu'à la rivière d'Angillon, depuis le moulin d'Ardon. Us pouvaient chasser et oiseler dans les bois du seigneur, excepté en la côte de Monlrivel, où ils ne devaient tuer ni perdrix , ni alouettes , et dans le bois de Taravant, où ils ne pouvaient tuer de bêtes sauvages. Ils pouvaient chasser librement sur les terrains communaux et pêcher dans les eaux communes. Us étaient libres d'abandonner la ville quand ils le voulaient, et dans ce cas, le seigneur devait leur fournir les charrois nécessaires pendant un jour et une nuit.

Us avaient le droit d'élire quatre conseillers pour administrer les affaires communes et les changer à volonté. Ces quatre prud'hommes après avoir été présentés au seigneur, juraient de maintenir ses droits comme ceux de la ville , rendaient compte de leur gestion aux autres bourgeois et s'interdisaient la faculté d'imposer les moines, les clercs et autres religieux habitant dans la limite des franchises. Les bourgeois n'étaient tenus d'aller en chevauchée que dans le cas où le seigneur était troublé dans la possession de ses domaines ou assiégé dans son château ; s'il déclarait la guerre, ils devaient le suivre trois jours et trois

nuits seulement à leurs frais, pourvu que ce service fût rarement requis.

Les clercs, les veuves, les fourniers, les persDnnes et maisons privilégiées, étaient exempts de celte obligation. Un homme par ménage devait répondre à l'appel. Chaque bourgeois devait an seigneur, par front de maison, un cens de trois deniers estevenanls pour chaque toise, et un cens de six deniers par journal de terre ou par soiture de pré. Lorsqu'ils défrichaient des terrains ou des bois communaux , ils devaient par chaque journal deux deniers et la tâche , c'est-à-dire la onzième gerbe. Us avaient droit de prendre du bois pour leurs constructions et leur chauffage, dans le bois de Taravant, ainsi que tous les bois morts et d'y mener paître chacun quatre porcs. Ils avaient en outre droits d'usage dans les joux qui dépendaient de la seigneurie de Montrivel, avec pouvoir de faire ancelles et merrain et de couper du bois pour vendre, à charge de payer quatre deniers par charretée de bois vendu.

Le seigneur se réserva la banalité des fours , des moulins , les lods , le ban-vin, la justice haute, moyenne et basse, le droit de fcccl fixé à deux deniers.

Les bourgeois n'étaient tenus, ni de fournir une garnison pour la défense du château , ni de contribuer à ses réparations. Si le seigneur voulait clorre le bourg, ils devaient fournir la chaux et le sable , et entretenir la clôture. En cas de mort sans testament , les successions se partageaient suivant la coutume de Bourgogne, sauf le droit des femmes et des tiers. Nul ne pouvait être reçu bourgeois, sans l'agrément des autres habitants. Si l'un d'eux était saisi pour la dette du seigneur, ce

dernier devait l'indemniser de tout dommage. Le seigneur se réserva le pouvoir de construire une halle pour la tenue des marchés ; les habitants pouvaient néanmoins tenir leurs boutiques dans leurs propres maisons. Les lépreux avaient les peaux des grosses bétes tuées dans la ville; le sire se réserva la faculté de rétablir la maladrerie dans la partie de la ville qu'il lui plairait et autorisa les mesels (les lépreux), à disposer de leurs biens à leur gré.

Les crimes et les délits étaient punis par des amendes et ne se poursuivaient que sur une plainte. Il était dû pour un porc , une chèvre ou une brebis trouvés dans un champ non récolté, un denier; pour les bœufs et les vaches , deux deniers ; pour les chevaux et les juments, quatre deniers.

Etaient soumis à une amende de 5 sois ceux qui avaient injurié un bourgeois , qui avaient dit à un homme, larron, meurtrier, traître , puant , mesel ( lépreux ) ou autrement vicieux ; à une femme , puante, putain, vicieuse; ceux qui ne s'étaient pas plaint des insultes qu'on leur avait faites , ou qui ne prouvaient pas par deux témoins les faits dont ils se plaignaient ; ceux qui usurpaient le bien d'autrui même par ignorance et en réparant le dommage, ceux qui contrevenaient aux règlements du seigneur ; ceux qui enlevaient un gage pris sur eux en paiement d'une dette avouée et connue; ceux qui vendaient du pain à faux poids , outre la confiscation des marchandises au proût des pauvres. Il était du une amende de 5 sols pour avoir donné un coup de paume de la main.

Une amende de 7 sols était prononcée contre ceux qui avaient

donné un coup de pied, jeté une pierre ou autre corps contondant contre une personne; ceux qui, sans être bourgeois, achetaient les jours de marchés hors de la porte de la ville; ceux qui interceptaient par des clôtures le passage des communaux et des chemins ; ceux qui allaient moudre ou cuire ailleurs qu'aux moulins et aux fours du seigneur; ceux qui péchaient ou chassaient dans les lieux non autorisés ; ceux qui menaient dans les bois plus de quatre porcs; ceux qui portaient sans cause, une épée, nn couteau ou une lance; ceux enfln qui commettaient des délits dans les champs pendant le jour.

Les amendes de GO sols étaient les plus considérables ; elles s'appliquaient à ceux qui avaient fait des blessures avec effusion de sang, ceux qui sortaient d'une taverne sans payer la dépense qu'ils avaient faite, les escrocs, ceux qui vendaient à faux poids , ceux qui vendaient du vin en taverne pendant le mois d'août ; ceux qui commettaient des délits dans les champs pendant la nuit, ceux qui, achetant au comptant, restaient huit jours sans payer.

Les voleurs et les homicides restaient à la miséricorde du seigneur.

Outres les amendes , les coupables devaient réparer les torts qu'ils avaient causés, d'après la taxe faite par les prud'hommes.

Celui qui ne se rendait point à l'escharguette , devait 18 deniers pour la première fois. Etaient seuls exempts de ce service, les fourniers et les maisons dans lesquelles il y avait une femme grosse. Le commandant de rescharguette était élu par les bourgeois et devait jurer de remplir loyalement son office.

Le seigneur élisait un seul messier pour la garde des fruits ; toiu

les autres étaient à la nomination des bourgeois.

Le seigneur et ses sujets pouvaient emprunter en offrant un gage dont la valeur dépassât d'un tiers celle de la somme empruntée. Les gages donnés par le seigneur ne pouvaient être vendus qu'après 14 jours et les autres après 7 jours.

Les bourgeois pouvaient vendre leur blé, leur vin et leurs autres denrées sans payer de droits de vente ni d'éminage , à moins qu'ils ne vendissent sur le marché.

Les immeubles du seigneur étaient soumis aux charges de la ville comme ceux des bourgeois,

Chaque seigneur, à son avènement, devait jurer d'exécuter fidèlement la charte de franchises et de maintenir les usages et les coutumes de la ville. Les gentilshommes âgés de plus de 15 ans et les sergents du seigneur devaient faire le même serment.

Les cas non prévus devaient être réglés suivant les usages et coutumes des autres villes franches , ou selon le droit écrit, au choix des bourgeois.

Les clauses obscures devaient être expliquées par quatre bourgeois choisis, deux par le seigneur et deux par les bourgeois.

Le seigneur promit par serment de protéger les habitants et leurs biens, de ne jamais les arrêter ni laisser arrêter, si ce n'est pour des crimes prévus par la charte.

Droite seigneuriaux. Il résulte d'une enquête faite en iSifc, que le seigneur de Montrivel exerçait les droits seigneuriaux suivants sur Champagnole.

Le sire avait la justice haute, moyenne et basse sur Champagnole, lieu principal , et sur Equevillon , Saint-Germain, Vannoz, Ney et les

granges de Burgille. 1) avait le droit d'instituer bailli , châtelain , procureur, receveur, scribe, sergent, messiers, forestiers et autres officiers chargés de l'exercice de la justice.

Le signe patibulaire â U piliers pour l'exécution des criminels était placé dans le lieu dit sur les Fourches, au nord du champ de la Flamme. Le carcan était élevé devant la halle du bourg.

Les habitants de Champagnole, Equevillon, Burgille, Saint-Germain, Vannoz, Ney et Sapois étaient du ressort , retrait, cor et cri de Montrivel, y devaient le guet et garde, et devaient contribuer aux réparations du château lorsqu'il n'était pas en ruine.

lis devaient faire montre d'armes avec bâtons et armures de guerre, chaque année , devant le châtelain , de Montrivel ou son lieutenant, soqs peine d'une amende de 3 sols perçue au profit du châtelain.

Il y avait à Champagnole un marché le mardi de chaque semaine, et deux foires , fixées l'une le jour de saint Féréol et de saint Ferjeox et l'autre le jour de sainte Catherine.

Les jours de foires, le seigneur percevait un droit de vente sur les chevaux , les juments , les ânes et les mulets ferrés , sur les pouUns , les bœufs , les vaches , les veaux et les moutons, sur les peaux de bœufe, de moutons , de martes, de fouines, de cerfs, de biches, de chevreuils, de lièvres et en général sur tous les cuirs , sûr les objets en bois fabriqués au tour, sur les seaux, les fromages , les faux et les faucilles, sur les ouvrages en fer, en cuivre ou eo étain, sur les étoffes , la mercerie et l'épicerie , sur la toile , le fil , le lia et le chanvre , sur les noix, les châtaignes, le blé, les pois , les fèves,

les lentilles et le millet , sur le sel et sur les lits de plumes.

Le tarif était réduit de moitié les jours de marché.

Il avait le droit exclusif de pêche dans la rivière d'Ain, depuis le pont de Rangour, prés de Syam, jusqu'au bief de Provelle , près de la forêt de Taravant.

Il possédait sur celte rivière deux moulins et deux battoirs réunis sous le même toit , dont les habitants de Champagole, de Saint-Germain et d'Equevillon devaient faire usage, sous peine d'une amende de 60 sols.

Il percevait la dîme sur les terrains cultivés eontre le revers méridional de la côte de Montrivel.

Les sujets étaient tenus de faucher et de charroyer le foin du pré de fioyse.

Le bois de Sapois et les amendes pour délits commis dans cette forêt appartenaient aux habitants.

Mairie. La mairie avait été inféodée, à titre héréditaire, à une famille noble qui prit le nom de cette ville.

En 1 209, vivait Hugues de Champagnole, fils de Guy, qui élit sa sépulture, en 1235, dans l'abbaye de Balerne.

En 1257, Hugues et Guy, frères, fils de Guy de Champagnole, cédèrent à ce monastère une maison à Cize, en extinction de la rente d'un quartal de froment qui lui avait été donnée autrefois par Richard, maire de Champagnole. En 1375; vivait Aimé de Champagnole. En 1424 , Jean de Champagnole était écuyer de Louis de Chalon, prince d'Orange et l'un de ses conseillers les plus actifs. Louis soutenait, au tribunal de l'empereur Sigismond , ses prétentions sur le comté de Genève contre le duc de Savoie. 11 avait envoyé, tant à la cour de l'empereur qu'à

celle de son rival, de grandes et solennelles ambassades. Jean de Champagne fut chargé d'aller jusqu'en, Hongrie pour suivre cette négociation. Au retour de son voyage, Louis de Chalon le combla de faveurs, exempta ses biens de toutes charges et lui concéda des droits importants de chasse et de pèche. Hugues de Chalon le fit prisonnier en 1466 , lors de la prise du château et de la ville d'Orbe. Jean de Champagnole ne laissa qu'une fille , nommée Nicolette, qui épousa Jean de Blye, écuyer. Ce dernier se qualifiait, en 1499, de seigneur de Champagnole.

Ce titre pompeux n'était point exact.

Il n'était que sieur à Champagnole.

Les abus de ce genre, très communs au moyen-âge, donnaient lieu à de fréquents procès. Son exemple fut imité par Pierre, son fils, et Denis , son petit-fils.

Denis deBlye reconnut, en 1684, tenir en fief du seigneur de Montrivel, sa maison-forte, des terres, des prés, des vignes exempts de toutes charges, le droit de pêcher, de chasser sur les domaines de son suzerain, d'avoir un vivier et un bateau sur la rivière d'Ain, et un four particulier. La maison-forte , située à l'extrémité de la rue de l'Ain , ayant été détruite par les armées de Louis XI, en 14 7 9, fut reconstruite en 1580. Incendiée le 28 avril 1798, elle fut rebâtie la même année, mais sur un plan plus modeste. Cette habitation, appelée le châtelot, le cMteaUy appartient aujourd'hui aux enfants de M. Philippe-Marie Monnier.

Fief delà Londaine. Il appartenait dans l'origine à la maison du Pasquier. En 1378, Guy de Salins, dit Chambier, chevalier, marié à Etiennette du Pasquier, se qualifiait de seigneur de Champagnole.

Pierre, son fils, imita son exemple.

Ces seigneurs commettaient une vérilable usurpation de titres. De ce fief dépendait une tour assea considérable, dont on voit encore les ruines, à peu de distance du bâtiment de la machine hydraulique. Elle existait encore en i 784. A cette époque, un détachement du régiment de la Marche fut cantonné à Champagnole , pour s'opposer aux brigandages de la bande de Mandrin.

Des soldats de ce détachement ayant été rois en prison dans la tour de la Londaine, leurs camarades la démolirent en partie pendant la nuit pour les délivrer.

Les seigneurs du nom de Sirod , l'abbaye de Balerne possédaient des maisons, des moulins, des champs, à titre de fief, sur le territoire de la ville.

Bourg. La providence avait en quelque sorte tracé des lignes naturelles de défense autour du berceau de Champagnole , en l'enfermant entre les lits profondément encaissés de l'Ain et de la Londaine. Les premiers colons qui construisirent quelques cabanes sur le plateau où s'élève aujourd'hui la ville , étaient des Celtes, de la tribu des Séquanes.

Si les Romains ne fondèrent point Champagnole , ils lui donnèrent du moins une vie nouvelle, en l'associant à l'immense mouvement de l'empire. Le camp fortifié qu'ils élevèrent au sommet de Montrivel, les routes qu'ils ouvrirent pour mettre en rapport le centre de la France avec l'Italie, contribuèrent à son rapide accroissement. Le commandant de la garnison romaine qui occupait le camp, fit probablement construire pour sa résidence une villa au pied delà montagne, dans la contrée dite en Champagne, Un temple païen , un cimetière, furent établis sur le

bord de la vote qui conduisait à Po- Iigny. En face du camp, un cirque a pu occuper la place aujourd'hui appelée Champ-de-Mars. La plupart des dispositions de la charte de franchises font supposer qu'une tribu burgonde vint repeupler cette ville, détruite au 111e siècle par les Barbares. Au commencement du xin* siècle , les sires de Commercy firent bâtir un château-fort sur l'emplacement du camp de Montrivel; un bourg habité par des vassaux, hommes de guerre, se forma à côté de la forteresse. La population disséminée dans la plaine qui s'étend entre Montrivel et l'Ain , en butte à des attaques continuelles, se groupa sur un point de difficile accès et donna naissance à un nouveau bourg qui fut entouré d'une bonne palissade et défendu par trois tours.

L'une s'élevait à la place qu'occupe maintenant le clos de M. Blondel, rue du Sauge t, en face du bâtiment de la machine hydraulique; une autre vers l'extrémité ouest du plateau, dominant la rampe du Crouazou, au nord de la maison Renaud ; la troisième enfin, sur la butte du Châtelot, vers l'embouchure de la Londaine , dans la rivière d'Ain.

Deux portes avec pont-Ievis défendaient l'entrée du bourg, représenté aujourd'hui par les rues de l'Ain , du Pavé et du Saugct, qui constituent le quartier dit de la Rue- Derrière.

La halle , la salle d'audience , les bancs de boucherie, le four banal, étaient dans la rue du Pavé. Les officiers de justice, les marchands, les bourgeois , habitaient le bourg.

Il y avait une chapelle castrale dans la rue dite de la Chapelle.

Ville. On appelait la Ville , les habitations disséminées autour du bourg , et qu'occupaient surtout les

cultivateurs. L'église paroissiale, bâtie au milieu du cimetière , aux abords de la route de Poligny, devint aussi un centre de population.

La ferme de Burgille ne fut établie que le 27 juin 1444, en vertu d'un accensement consenti par le prince d'Orange, seigneur de Montrivel; celle de Taravant, d'abord simple chalet, vers la même époque ; celle des /(es, en 1784; celle de Falentenouse , en 1813 ; la maison de plaisance de M. Edouard Huiler, à la Berlhe, en 1846 ; la Tuilerie- Paillot, en 1811.

Commerce et industrie au moyenâge. Les juifs avaient une table pour le change à Ghampagnole , et occupaient un quartier appelé la rue des Juifs.

Les premières usines établies dans cette ville furent des moulins. En 1320, le seigneur en possédait deux, avec deux battoirs sous le même toit, construits sur la rivière d'Ain. Le 24 mai 1377, Guy de Poligny, abbé de Balerne, accensa le moulin de la Rochette , près du Pont-de-l'Epée, moyennant 12 deniers estevenants de cens, à Huguenio, dit Bovard, de Cbampagnole. En 1436, on construisit une foule et un battoir ; en 1492, une forge; en 1515, une autre forge ou martinet ; en 1534 , de nouveaux moulins ; en 1579, une seconde forge ; en 1653, un martinet ; en 1646, une scierie; en 1737, un martinet ; en 1 779, les forges de la Serve et celle des lies. Il y avait une tannerie sur la rive droite de l'Ain , établie en 1772. Deux autres avaient été créées, l'une en 1801 et l'autre en 1802. Il avait été établi , en 1749, un vaste magasin pour l'entrepôt des sels de Montmorot destinés à la Suisse. Il a été vendu par l'Etat , le 28 avril 1832. En 1779 , le sieur Merle établit sur un terrain ,

appelé en Gerland, une nitrière qui a existé jusqu'en 1825.

Péage. Les sires de la maison de Chalon prétendaient asservir tout le Jura au péage de la gorge de Jougne.

Pour qu'aucun marchand étranger ne pût leur échapper, ils ouvrirent, en 1391, un péage supplémentaire à Cbampagnole. Les officiers du duc de Bourgogne l'interdirent , en y apposant la main du duc. Jean de Chalon s'en plaignit avec des instances si vives, que le duc Philippe ordonna à Guillaume-le-Noblc , bailli d'Aval , de laisser libre le nouveau péage. Le bailli , homme prudent , demanda au duc acte écrit de cet ordre, sans pouvoir l'obtenir. Ce péage demeura dès lors supprimé.

Il y eut un arrêt au parlement de Dole. Alors Jean de Chalon fit arrêter, comme soumis à ses tributs , tous marchands entrant au midi ou à l'est du comté , même à sept ou huit lieues de Jougne. Le parlement , puis le duc , l'arrêtèrent.

Philippe lui fit signifier , à son château de Saint-Laurent , une lettre fort dure. Un procès recommença en 1398 et 1399, contre le monastère de Saint-Oyen de Joux. Jean de Chalon soutenait contre lui que ses prédécesseurs n'avaient jamais cessé de jouir du péage de Jougne, mais que les marchands s'étant avisé de passer de Saint- Jean-de-Losne par Saint- Oyen, on avait alors établi un péage à Champagnole, afin de les atteindre dans leur déviation. De 1530 à 1533, on plaida pour une restitution de harengs saisis au bureau de Champagnole. Les officiers de la princesse Philiberte de Luxembourg , prétendaient lui tenir la main garnie desdits harengs.

Administration ancienne. La dignité de maire existait à Champagnole à une époque antérieure à la

date de la charte de Ilugucs de Chalon (1320). Un acte de 1257, mentionne le maire Richard. Cet officier établissait les bans ordonnés par le seigneur, visitait et réglait les poids et mesures; connaissait des vols, dommages et délits jusqu'à 3 sols d'amende; il avait aussi divers droits, dans les collectes qu'il faisait ou faisait faire des revenus du seigneur, des tailles et des amendes.

Cette fonction fut réunie plus tard à la prévôté.

Le prévôt, en qualité de chef de la commune , présidait les jurés et notables assemblés , conduisait en ost et chevauchée les bourgeois et les commandait en l'absence du châtelain. En qualité de juge ordinaire du lieu , il connaissait des actions personnelles jusqu'à 60 sols, des actions réelles jusqu'à litiscontestalion et des délits punissables par des amendes de 60 sols et au-dessous. Le sergent exécutait les ordonnances du prévôt, faisait principalement la collecte des prestations dues au seigneur, dont il rendait compte au maire ou au prévôt , étalonnait les mesures nouvelles, faisait les saisies, publiait les bans, etc. Le capitaine châtelain de Montrivcl commandait la garnison du château , conduisait à la guerre les vassaux de son district, sous la bannière du seigneur et administrait la justice à ses justiciables par lui-même ou par un lieutenant tenu à résidence. Il y avait une gruerie particulière qui connaissait des délits commis dans les bois. Depuis 1320, les bourgeois élisaient quatre prud'hommes ou échevins qui administraient la commune suivant l'usage ou les circonstances, et surtout d'après la constitution écrite dans la charte de franchises.

Après la création des bailliages, la

justice fut administrée par an bailli, un juge châtelain , un procureur fiscal et un greffier. Les princes de la maison de Cbalon instituaient un bailli général qui tenait ses assises à diverses époques de l'année dans les différents chefs-lieux des terres de leur domaine. Ils ne nommaient à cet office que des personnages très distingués. La ville de Champagnole n'était pas représentée aux états de la province et n'obtint jamais de lettre de mairie.

En 1 789 , l'administration muni* cipale était représentée par deui échevins, deux commis répartiteurs et par douze conseillers , tous élus par les habitants et renouvelés chaque année.

Evénements divers. Nous ne saurions dire tous les incendies, qui, à différentes époques , ont désolé Champagnole. Lorsque le feu prenait à ses cabanes et à ses maisons de bois , il s'étendait au loin et au large, sur cette surface inflammable, comme une rivière soulevée par les pluies inonde la plaine. En 1580, un désastre presque général réduisit en cendres les maisons qui s'étaient bâties depuis l'incendie occasionné en 1479 , par les armées de Louis XI. Le duc de Longueville, après avoir pris la ville, en 1637, y mit le feu. Charles de Lorraine accourut depuis Moirans , au mois d'avril 1637, pour la secourir, mais il était trop tard. Ses troupes y campèrent quelques jours. En 17ft2, incendie de 57 maisons ; dans la nuit du 6 au 7 septembre 1793, incendie complet des anciens moulins, situés près du Pont-de-l'Epée. Le plus terrible fut celui qui arriva le 28 avril 1798. Le feu prit à midi, par un temps assez serein, sans qu'on eût pu jamais en découvrir la cause.

Deux heures après, Champagnole

ne présentait que des monceaux de ruines. La flamme, filée d'abord sur un seul point, fut portée par un vent furieux qui s'éleva tout à coup, en vingt endroits divers, quoique éloignés les uns des autres. Chacun accourait d'abord pour secourir son voisin, mais le fléau le rappelait immédiatement à sa propre demeure.

Les secours devinrent inutiles. C'était un jour de marché ; 4000 personnes au moins, des villages voisins, se trouvaient réunies dans la ville ; la terreur les gagna , toutes couraient en désordre, sans conduite , sans direction. La confusion était horrible. La fureur du vent transporta l'incendie jusqu'à la manufacture de M. Muller, séparée ce pendant de la ville par la rivière et par une certaine dislance. Les roues brûlaient dans l'eau comme si elles eussent trempé dans l'huile; 3 maisons et 23 baraques échappèrent seules au désastre. 280 familles, composées d'environ 1000 individus, se trouvèrent sans asile et sans ressources. L'évaluation de la perte s'éleva à 1,197,185 fr. Le gouvernement accorda à la ville, 98,983 solives de bois de sapin pour favoriser les reconstructions. Des sinistres particuliers eurent lieu en 1 804, 1817, 1819, 1822, 182», 1823, 1829, 1832 et en 1833. En 1349, et de 1633 à 1636, la peste décima la population. La lèpre y régna jusqu'au xive siècle. En 1 1 8 1 , la châsse de saint Claude séjourna plusieurs jours à Champagnole. Ce saint y opéra plusieurs miracles sur des personnes de différent sexe.

Etat actuel. Champagnole est un témoignage parlant de la toute-puissance de l'industrie. Il doit à ses désastres mêmes cette régularité , cette élégance de construction qui classent cette ville parmi les plus

jolies du département. Les rues sont larges et bien aérées. Les maisons sont propres et commodes ; elles sont généralement bâties en pierres et couvertes en tuiles, à l'exception d'un petit nombre couvertes en bardeaux. Le commerce, l'industrie y déploient une activité extraordinaire.

Page 1