MONUMENTS CIVILS ET RELIGIEUX
1° Edifices religieux.
Eglise primitive. Une église fut bâtie sur l'emplacement d'un oratoire païen, au bord de l'ancienne route de Poligny, en un lieu appelé aujourd'hui la Vieille- Eglise. En 1130, Anseric, archevêque de Besançon, donna moitié de cette église à l'abbaye de Balerne, qui possédait déjà l'autre moitié. Elle était à une seule nef et peu spacieuse. Sa ruine prochaine et son éloignement de la ville amenèrent sa destruction en
Eglise actuelle. Elle est dédiée à saint Cyr et sainte Julitte, dont on célèbre la féte le 15 juin. Elle fut commencée en 1750, et ne se composait que d'une grande nef, du chœur et de deux chapelles. La bénédiction en fut faite le 16 juin 1755. Le sacre du grand autel eut lieu le 10juilletl757. En 1785, un ouragan terrible enleva le dôme du clocher et la croix qui le surmontait. Sa chute entraîna la destruction de la toiture et de la voûte. Pendant la durée des réparations, on vola, à l'aide d'effraction , tous les vases sacrés. L'édifice actuel est précédé d'uoe place et est orienté. 11 se compose d'un clocher que couronne un dôme élégant, d'une nef principale, de deux nefs collatérales qui ont été ajoutées en 1789 , d'un transsept , d'un chœur se terminant en hémicycle
et d'une sacristie. La grande nef est divisée jusqu'au transsept en trois travées ; elle est décorée de beaux pilastres de Tordre ionique moderne, surmontés d'une architrave, tandis qu'ils devraient l'être par un entablement complet. Les petites nefs, divisées en quatre travées, sont décorées de pilastres d'un mauvais ordre dorique. Les voûtes sont ornées d'arcs-doubleaux et d'arètes.
Trois portes, placées à l'extrémité occidentale des nefs, donnent entrée dans l'église.
Cet édiûce est d'une architecture simple , majestueuse et d'une bonne disposition intérieure, mais il est trop sombre et insuffisant. 11 renferme une vingtaine de tableaux, dont le plus remarquable est celui du martyre de saint Sébastien. Le jeu d'orgue, le retable et les ornements du fond du chœur proviennent du couvent des Ursulines de Poligny.
Il sont remarquables par les sculptures qui les décorent.
Les dimes appartenaient aux religieux de Balerne , comme patrons.
Cimetières. L'ancien cimetière était à côté de l'église primitive. Il fut abandonné en 1760, ouvert de nouveau en 1795, et interdit en 1828. Le cimetière nouveau , d'une surface de 66 ares, clos de murs et orné d'une croix en fer, a été bénit le 5 juillet 1828.
Chapelle cas traie. Près de la maison-forte du fief dit de Champagnole, existait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, dans laquelle on célébrait les offices religieux pour l'usage des habitants du château et du bourg. Elle fut détruite par l'incendie de 1798.
Oratoires. Il y avait dans la Grand' Rue, un oratoire qui paraissait fort ancien et dans lequel on célébrait certains offices. 11 fut démoli
en 1791. 11 y en avait un autre sur la place des Ormes, détruit à la même époque. En 1788 , Etiennette Baudin en fit ériger un nouveau, dédié à la Vierge, en face de l'ancien cimetière. Il existe eneore. Enfin, Joseph-Marie Rosier en fit construire un en 1822, en l'honneur de Jésus couronné d'épines. 11 est d'un aspect monumental, précédé d'un portique formé par quatre colonnes de l'ordre toscan, sur lesquelles s'élève un fronton. L'intérieur est à voûte ogivale.
Presbytère. L'ancien presbytère était bâti dans la rue d'Ain. Il fut incendié en 1798. M. le curé Félix, aidé de ses paroissiens, construisit le presbytère actuel, sur la rue des Jardins, non loin de l'église. Il avait l'intention de le donner à la fabrique , mais la mort le surprit avant qu'il eût pu assurer par écrit l'exécution de sa volonté.
2° Edifices civils.
Maladrerie. On ignore la place qu'occupait l'hospice destiné pour les lépreux. Nous pensons qu'il était proche de la fontaine de Lardièrc ; car ce nom dérive du mot ladrerie, qui signifie lèpre. La charte de 1320 parle de cet établissement comme étant déjà en ruines. Le seigneur se réservait le droit de le rétablir où il voudrait, sauf le droit des tiers. Les lépreux étaient autorisés à disposer de leurs biens, ce qui était une faveur dont on jouissait dans un très petit nombre de léproseries.
Hôpital. Marguerite de Bellevcsvrc, dame de Montrivel, fonda, en 1306, à Champagnole, un hôpital pour les pèlerins qui faisaient le voyage de la Terre-Sainte. Cet hospice, en communication avec l'ab-
baye de Grandvaux, fut détruit par l'incendie de 1580.
Loge des pestiférés. Pendant la durée de la peste qui régna de 1633 à 1636, la ville reléguait les malades dans des loges construites sur le communal de Cbauchy et dans les environs de la fonlaine dite des Malades.
Hôtel-de-Fille. Cet édifice, terminé en 1834, a coûté 100,000 fr.
Il est près de l'église. Il contient le logement d'un concierge et du secrétaire de la mairie , deux salles de sûreté, un corps-de-garde, le cabinet du commissaire de police , le secrétariat et d'autres salles à l'usage de la mairie, le greffe et la salle d'audience de la justice de paix , la salle des archives , une salle de spectacle , une salle de dépôt d'armes, deux salles d'acteurs , une s ille de répétitions pour la société de musique , deux salles pour les réunions des dames de la Sainte- Enfance. Ce monument méritait par sa position et par sa destination d'être mieux caractérisé dans ses formes architectoniques.
Halle au blé. Autrefois, les marchés se tenaient dans la rue du Pavé de l'ancien bourg. Une halle, construite par le seigneur, existait sur remplacement de la fontaine de celle môme rue. Le malheur des temps ayant fait tomber les marchés en désuétude, ils ne furent rétablis qu'en 1771. Dès lors, les grains se vendirent dans la Grand'Rue au devant des maisons. En 1814, la ville ayant obtenu la permission de percevoir un droit de mesurage, loua la cour des frères Marlin, pour la tenue du marché aux grains. La halle actuelle fut terminée en 1819. Elle renferme des hangars pour tenir les marchandises à couvert , des greniers pour les entrepôts et un logement pour
le commis. Cet édifice est mal éclairé et sans caractère.
Bureau d'octroi. A l'extrémité sud et vis-à-vis l'Hôtel-de-VilIe, est le bureau d'octroi. Cet édifice est mal construite! d'une pauvreté qui ne s'harmonise pas avec la place nationale dont il forme un des côtés.
Abattoir public. L'abattoir public, créé en 1814, est situé snr la rive droite de l'Ain, près du moulin de la scierie d'Alexandre Ravier.
Chalets. Un chalet communal , pour la fabrication des fromages, a été établi dans la rue d'Ain en i 829, et un autre près de la cure en 1854. Chacun d'eux renferme une chambre de fabrication, une cave pour le laitage, une autre pour les fromages et le logement du fromager.
Lazaret. En 1842, la ville avait fait construire sur le communal de Chauchy, un bâtiment en bois, couvert à tuiles, pour servir d'infirmerie au bétail atteint de maladies contagieuses. Il a été détruit en 1849.
Chantier de bois. Ce chantier est situé dans la plaine appelée le Champ-de-Mars, au sud- est de la ville, sur la rive droite de l'Ain. 11 a la forme d'un parallélogramme et est entouré de murs percés de deux portes. Celle du nord-ouest est flanquée de deux gracieuses maisonnettes, servant de logement au gardien.
Il a été construit en 1840.
Châleau-d'Eau. Près de l'Hôlelde- Ville est une tour carrée de 1 8 mètres 33 centimètres de hauteur , construite en 1824, appelée le Chàteau d'Eau. Elle est surmontée d'une plate-forme qu'entoure une balustrade, d'où l'on peut faire le guet en cas d'incendie. Les eaux y sont amenées par une machine hydraulique, dans un réservoir qui alimente toutes les fontaines de la ville.
Machine hydraulique* Cette machine établie, en 1765, sur la Londaine, reçut divers perfectionnements en 1808, 1820, 1823 et 1858 ; elle se compose d'une écluse et de plusieurs pompes aspirantes qui élèvent les eaux destinées à alimenter le réservoir du Châteaud'Eau.
Place royale, nationale ou impériale. Cette place est au devant de l'église et de Fhôlel-de-ville. Au milieu est une fontaine monumentale, composée d'un bassin circulaire, au centre duquel sont quatre lions en fonte, crachant l'eau. Entre ces lions s'élève une pierre monolithe ayant la forme d'un tronc de pyramide quadrangulaire. A côté de l'église est une promenade plantée d'arbres.
Promenade des Boulevarls, ou Cours national. Ce Cours est une promenade emplantée d'arbres, au sud-est de la ville et sur la rive droite de l'Ain. Entre la promenade et la rivière , se trouve un talus rapide , couvert d'arbustes et sillonné de sentiers tortueux d'un effet très pittoresque. Entre le Cours national et le chaulier de bois , on remarque une autre promenade appelée la Belle- Frise , qui fut créée à l'occasion de la naissance du roi de Rome.
Maison d'école des garçons. Cette maison , appelée le Collège , a été terminée en 1853 ; elle est près de l'église. Elle renferme le logement du directeur et de quatre sous-maltres, un dortoir pouvant contenir 80 pensionnaires , cinq salles d'études fréquentées par 300 élèves , dont UO sont pensionnaires. Une école supérieure élémentaire est annexée à cet établissement.
Maison d'école des filles. La maison d'école des filles, achetée en 1839, est entre le bâtiment de l'é-
cole des garçons et l'hôlel-de-ville ; elle est fort bien distribuée et contient le logement d'une directrice , de trois sous-maltresses et d'une économe laïques , un dortoir et quatre salles d'études fréquentées par 310 élèves , dont 15 sont pensionnaires.
Ecole privée. II y a une école de filles dirigée par six religieuses de l'ordre de Saint-Joseph , dont la maison principale est à Lyon , réunissant 75 élèves, dont 17 sont pensionnaires. L'habitation, parfaitement située et bien distribuée , est insuffisante.
Ponts. Le plus ancien pont de Champagnole est celui appelé Pont' de l'Epée, sur l'Ain. Il se compose d'une seule arche , à cintre un peu aigu. Son tablier est fort étroit. Le Pont- Neuf, terminé en 18U , a coûté 120,000 francs. 11 se compose d'une seule arcade à plein cintre , très élevée. Ses parapets sont d'une architecture lourde et sans grâce. On a eu le tort de faire le tablier plus étroit au-dessus de l'arcade que dans les autres parties. On traversait la Londaine d'abord au gué , puis, sur un pont de bois. Le pont en pierre qui existe actuellement , à une seule arche , a été construit en 1771.