ÉTABLISSEMENTS DE CHARITÉ
Maison de Charité. En 1787, M. Félix, curé de Champagnole, fonda, en faveur des pauvres et des orphelins de cette ville , une maison de charité , dont la dotation disparut à la suite de la révolution de 1789.
Bureau de bienfaisance. Le bureau de bienfaisance fut reconnu officiellement le 50 janvier 1832. Nous avons déjà nommé les principaux donateurs.
Bureau des Dames de Charité.
Il fut établi en 1837 , pour recevoir
les souscriptions et dons volontaires destinés à soulager les pauvres et les malades de la ville. Il est administré par vingt dames qui nomment une présidente et une trésorière. Celte association procure à la ville d'éclatants résultats.
Association des Demoiselles de la Sainte-Enfance. Elle a été instituée en 18M, dans le but de procurer des vêtements et de soulager les enfants de la classe indigente. Les membres de cette louable association confectionnent elles-mêmes et font confectionner les objets distribués.
Il serait à désirer que les ressources de la ville permissent de construire un hôpital pour les malades.
Curiosités. La fontaine de Lardière, située dans le bois de Sapois, sur la rive droite de l'Ain , est remarquable par l'aspect sauvage et les sites pittoresques qui l'entourent.
Elle est un but fréquent de promenade et de repas champêtres. Depuis un temps immémorial , les habitants se rendent chaque année , le jour de F Ascension, au sommet de la côte de Montrivcl , pour jouir du panorama magnifique qui se déroule du haut de cette montagne. Ce pèlerinage n'a rien aujourd'hui de religieux. Nous engageons les étrangers à visiter les forges de Mme Muller et la charmante habitation que vient de faire construire M. Muller fils , à la Berthe.
BIOGRAPHIE
Gilbert Cousin , qui écrivait en 15*62 , dit que la ville de Champagnole donna naissance à Grand-Jean Probus , général distingué dans l'art militaire. 11 n'indique point le temps où il a vécu.
Cette ville a encore vu naître :
Le P. Vuillermet (Cl.-Fr.), né en 1726, mort peu avant 1789, jésuite,
et l'un des plus érudils de son ordre en France. Il enseigna avec une rare distinction la rhétorique au collège de Louis- le-Grand. On a de ce philosophe diverses pièces de littérature , entre autres une oraison funèbre du duc de Bourgogne et des comédies en vers latins.
2° fFateville (de), Jean , fils de Nicolas , et frère du célèbre Jean de Wateville, abbé de la Charité et évéque de Lausanne. H avait été sacré à Arbois en 1609.
Z°Langue, Claude-Anatoile, mort curé de Champagnole , le 2 juillet 1845, avec la réputation de profond théologien.
h° Billot , Claude, mort le 14 février 1778, capitaine dans le corps des grenadiers royaux , chevalier de Saint-Louis. Cet officier, d'un grand mérite et d'une rare intrépidité , se distingua dans différents combats , tant en Amérique qu'à la prise du Port-Manon.
5° Billot, Jean-Claude , chef de bataillon d'infanterie , chevalier de la légion-d'honneur, mort en 1824.
6° Baudin , Jean-Baptiste , chef de bataillon d'artillerie, chevalier de la légion- d'honneur et de Saint- Louis.
Lors de la formation des bataillons de volontaires , en 1791 , 65 à 70 jeunes gens , de la paroisse de Champagnole, répondirent à l'appel de la patrie. De ce nombre, dix , nés à Champagnole, moururent sur le champ de bataille avec le grade d'officier ; ce sont : Baudin, Claude- Etienne ; Bourgeois , Alexandre ; Girardet, Jean-Etienne ; Girardet , Cyr-Joseph; Jeannin, Jean-Baptiste ; Lamy, Jean ; Léger, Désiré ; Louvrier , Claude - Louis - Alexis ; Pernet, Jean-Denis; Poix, Jean- Joseph. Parmi ceux qui rentrèrent dans leurs foyers, avec le grade de
capitaine ou de lieutenant, on compte : Dolard, Jacques ; Dolard, Jean- Joseph ;Duval, Jean-François; Duval, Claude- François ; Ferreux , Jean-Joseph ; Girardot , Isidore ; Jeannin , François- Xavier ; Loavrier, Céleslin ; Roux, Désiré et Thévenin, Claude- Joseph. MM. Gresset, Félix, capitaine d'artillerie, et Godin, Paul- François-Xavier, lieutenant, sont encore en activité de service.
BIBLIOGRAPHIE
Chevalier, Guillaume , Ed. Clerc, Annuaires du Jura, l'histoire manuscrite de Champagnole, par M. Pernet, ancien capitaine d'artillerie et ancien maire de celte ville , qui a mis le fruit de ses recherches à notre disposition avec une obligeance rare , et enfin les manuscrits de l'auteur.
Champngnoiot , commune réunie à celle de Dammartin, le 22 octobre 1823.
Champagny, Campaniacus parvus supra Salins , Campaniacum , Champeigney, Champagne?, Cliamptnney, vg. de l'arr. de Poligny, perception et bureau de poste de Salins, paroisse d'Ivory; à 3 kil.
d'Ivory, 5 de Salins , 1 1 d'Arbois , 22 de Poligny et 50 de Lons-le- Saunier.
Il est limité au nord par Bracon et Salins, au sud par Chilly et la Chaux-sur-Champagny, à Test par la Chaux , Aresches et Salins et à l'ouest par Bracon, Ivory et Chilly.
Il se divise en deux quartiers, appelés Champagny-Dessus et Champagny-Dessous. Le hameau de Tufières se compose de la Ferme de l'Hôpital et de la maison Baudin.
Le territoire est traversé par les
routes dép. n° 3 , tic Besançon à Genève et n° 24, d'Arbois à Pontarlier, par les chemins vicinaux tirant de Champagny-Dessus à Champagny-Dessous , à Arbois et à Salins, de Champagny à Ivory, à la Grange-de -l'Hôpital et à Chilly, par un petit ruisseau sans nom et par le ruisseau de la Sarrasine qui y prend sa source et va se jeter dans la Furieuse , dont le cours sépare à l'est Champagny d' Aresches et de Salins.
Le village est situé partie au sommet et partie sur le revers onental d'une montagne d'où la vue embrasse une perspective aussi variée que pittoresque.
Les maisons sont isolées, très vastes , généralement construites en pierres et couvertes en tuiles ou en bardeaux.
117; en 1851, 90, dont 47 hom.
et 43 fem.; pop. spéc. par kilom.
carré, 40 hab.; 14 maisons, savoir :
7 à Champagny-Dessus, 5 à Champagny-Dessous et 2 aux Tu fi ères.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
Les jeunes gens émigrent pour aller au service dans les villes.
Cadastre exécuté en 1834 : surf, territ., 222h 56*, divisés en 1«5 parcelles que possèdent 36 propriétaires, dont 26 forains; surf, imp. 216h 60% savoir : 197h 02* en terres lab., 6h84* en parcours, 3h 89* en prés, 2h 37* en vergers, lh 80* en broussailles , lh 54* en bois, lh 11* en murgers, lh 01* en jardins, 97* en sol des propriétés bâties, 32* en friches, d'un rev. cad.
de 7064 fr.; cont. direc. en princ.
1322fr.
Le sol, fertile, produit du blé , de l'orge, de l'avoine, du maïs, du méteil , peu de légumes secs, do
la navette , des pommes de terre , des betteraves, do chanvre, des fruits , du foin et des fourrages artificiels. On y cultivait autrefois beaucoup de vignes; mais elles sont toutes extirpées aujourd'hui.
On exporte le septième des céréales et on importe le vin.
On élève dans la commune des bêtes à cornes et des volailles. On y engraisse quelques cochons pour l'usage seulement de la population.
1 0 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fiait de grands progrès.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir, exploitées, des carrières d'excellent tuf , aussi exploitées, et de la marne employée comme amendement des terres.
Une fruitière produit annuellement 10,000 kilog. de fromage de bonne qualité , façon Gruyère.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins et d'Arbois.
Il y a deux auberges et une scierie mécanique pour bois de construction.
Biens communaux : 85* 85 cent, de pâtures, d'un revenu cad. de 9 fr.
45 cent.
Il n'y a ni maison commune , ni instituteur. Les enfants fréquentent les écoles des villages voisins.
Budget : recettes ord. 500 fr. ;
Une grande obscurité enveloppe l'origine des villages bâtis sur les hauteurs qui dominent Salins. Quelques historiens , s'appuyant sur des analogies locales, en attribuent la fondation à des salinateurs toscans,
appelés au vie siècle, par les religieux de l'abbaye d'Agaune, pour exploiter les salines de Salins qu'ils venaient de recevoir du roi Sigismond. D'après ce système, Aresches serait une commémoration d'Are- <iumv en Etrurie, Clucy, de Clusium , Champagny, de Campania , (la Campanie). D'autres pensent que leurs commencements sont dus à des soldats de Mahomet au vme siècle. Ils appuient leur théorie sur l'analogie qui existe entre le nom de Sarrasin et celui de Carcenne, de Saizeney, de Cernans, qu'ils font tous dériver de Sarraceni. Le ruisseau de la Sarrasine, qui a sa source à Champagny, tirerait alors son nom de la présence des Sarrasins sur ses bords. Nous pensons être beaucoup plus près de la vérité, en admettant que Salins et ses environs ont été habités dès l'époque celtique et sous la domination romaine. Les vestiges du culte druidique , les intruments de sacrifice, les armes de guerre, trouvés dans ces montagnes, la tour romaine de Bracon , les bains, les mosaïques , les médailles découvertes à Ivory, confirment nos conjectures. Toutefois, les premiers titres qui mentionnent Champagny, ne remontent qu'au xne siècle.
Seigneurie, Ce village dépendait de la prévôté de Salins. La justice y fut administrée successivement par le prévôt et par le magistrat de cette ville.
Fief de Balerne. Les sires de Salins firent don à l'abbaye de Balerne d'un vaste domaine sur le territoire de Champagny. Au mois de février 1262, Jean de Cbalon l'Antique, sire de Salins , confirma les libéralités de ses prédécesseurs et y ajouta tout l'espace compris entre Tétang de Champagny, le grand chemin tirant au Chanois , la Tille des Treize-
Vents et le sentier conduisant au fond du val, la grange qu'il possédait à Champagny-Dessus , le droit pour les religieux de faire paître leur bétail sur tous les communaux, et différents droits d'usage dans les bois. Ces derniers percevaient, à titre de droit de terrage, la onzième gerbe sur tous les fonds cultivés, et à litre de dime, la douzième gerbe.
Les chapitres de Salins réunis, prenaient en outre une autre dirae.
Toutes ces charges étaient peu propres à attirer des habitants. En 1465, l'abbé de Balerne se décida à accenscr tous les droits que son monastère avait dans ce village. Les principaux censitaires furent les frères Cécile.
Une famille de ce nom a tenu un rang distingué à Salins.
Fief de Rabeur. La maison de Rabeur possédait un autre fief à Champagny - Dessous. Le manoir et la chapelle qui en dépendaient sont aujourd'hui la propriété de M. Boutechoux de Chavanncs.
Fête patronale. Saint Martin .
dont on célèbre la fète le i 1 novembre.
Evénements divers. Le voisinage de Bracon et de Salins attira bien souvent sur les malheureux habitants les fléaux de la guerre. (Voir les Notices sur Bracon et Salins.)
Champdhlvers , Chandevers , Chantdevers, Champdevers, Champd'hiver, Champ-d'hyver, vg. de Parr. de Dole, cant. et bur. de poste de Chemin , percept. de Tavaux ; succursale érigée le 27 avril 1826 ; à 7 kil. de Chemin, 14 de Dole et 46 de Lons-le-Saunier.
Altitude: 195m.
11 est limité au nord par Tavaux , Molay et Rahon, au sud par Peseux, Chaussin et Saint-Baraing , à l'est par Chaussin , Saint-Baraing, Rahon
et Molay, à l'ouest par la route nationale n° 75, de Moulins à Bâle , qui le sépare de Saint-Aubin. La Borde-Dame-Nicole , la grange Gay et le passage du Doubs , font partie de la commune.
Il est traversé par les chemins de grande com. n° 13, de Dole à Pierre, etn° 14, de Sellièresà Saint- Jean-de-Losne , par les chemins vicinaux tirant à Chaussin et à Molay, par un ancien lit du Doubs , par le Doubs et ses bras ou mortes.
Il est situé entre la rive droite du Doubs et la rive gauche de la roule de Moulins à Bàle, au milieu d'une vaste plaine appelée le Finage. Les maisons sont groupées, et couvertes partie en tuiles et partie en chaume.
Pop. en 1 790, 403hab.; en 1 846, 439; en 1851, 395, dont 189 nom.
et 206 fem.; pop. agglom. 578 ; pop. spéc. par kil. carré, 53 hab.; 76 maisons, savoir : au village, 73 ; à la Borde-Dame-Nicole, 1 ; à la Grange Gay , 1 ; et au passage du Doubs, 1.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1775.
Les jeunes gens émigrent pour aller au service dans les villes voisines.
Cadastre exécuté en 1825 : surf, terril. , 744h 74a , divisés en 2600 parcelles que possèdent 318 propriétaires, dont 178 forains; surf, imp. 678h 35% savoir: 481h 65»
en terres lab., 102h 24a en pâtures, 60h 84a en prés, 19b 21* en gravières, 7h 26* en mortes, 4h 18* en sol des propriétés bâties , 2h 87* en jardins, d'unrev. cad. de 14,515 f.; contr. dir. en princip. 4308 fr.
Le sol, préservé des débordements du Doubs par de fortes digues et assaini par une ancienne coursière, est très fertile. Il produit du I blé , de l'orge, de l'avoine, du
maïs , des légumes secs , îles pommes de terre , du chanvre, des betteraves , des raves , des fruits , du foin et des fourrages artificiels.
On exporte les quatre cinquièmes du produit des céréales et on importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
On élève dans la commune des chevaux . des bètes à cornes , des cochons et des volailles. 50 ruches d'abeilles.
On tire beaucoup de sable des lits du Doubs.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole.
Il y a deux auberges , un débit de tabacs, un maréchal-ferrant taillandier , un cordonnier, un marchand épicier et un menuisier.
Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère , une maison commune renfermant la mairie , le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 50 élèves, le logement de l'institutrice et la salle d'étude des filles , fréquentée en hiver par 57 élèves ; enfin 95h 66* de mortes , terres , prés et gravières, d'un rev. cad. de 974 fr.
Budget : recettes ord., 5272 fr.
dépenses ord., 3909 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le patriotisme local fait dériver le nom deChampdhivers de Campus hibernus , champ d'hiver. Si cette étymologie n'est pas exacte , il n'en est pas moins certain que la civilisation romaine a régné sur le sol de ce village. Trois voies principales sillonnaient son territoire. L'une, appelée voie A' Agrippa, conduisait de Lyon au Rhin par Chalon-sur- Saône, Tavaux et Crusinie. Elle suivait le tracé de la route moderne de
Moulins à Baie. Une autre, pariant de Tavaux , se dirigeait sur Chalonsur-Saône par le Petit-Noir et Pierre.
Ces deux lignes sont indiquées sur la carte des voies romaines, publiée par M. Ed. Clerc en 18*7. Cet historien a donné à une autre ligne le nom de route de Poligny à Tavaux, Cette dénomination manque d'exactitude ; car ce chemin ne tirait point à Tavaux. De Ration il se dirigeait à Champdhivers ; deChampdhivers à Saint-Aubin, où il rencontrait la grande voie de Dijon au Mont-Jura. Le sol de Champdhivers est jonché de débris antiques, enfouis à deux mètres de profondeur sous les alluvions du Doubs. En 1852 , un cultivateur occupé des travaux d'endiguement de cette rivière, découvrit sur le bord de la voie romaine dite d'Agrippa , six squelettes bien conserves ; ils étaient étendus dans une couche de sable , sans cercueil ni tombeau ; entre leurs jambes étaient placées des lampes sépulcrales , et à côté d'eux, des lames de sabre et de couleau. Il n'y avait point de médailles. Sous la main de l'un de ces squelettes, était une plaque de baudrier en fer, damasquinée d'argent, surmontée d'un anneau ou boucle mobile , de même métal. Des casques, des cuirasses, des fers de lances sont fréquemment ramenés à la lumière. Toutefois , le premier titre qui mentionne ce lieu est une bulle datée du 15 des calendes de mai (le 20 avril) 1154 ( v. s.) , par laquelle le pape Urbain IV, à l'exemple d'Urbain , son prédécesseur (mort en 1099), confirme et met sous la protection du Saint-Siège , les possessions et les biens de l'abbaye de Chàteau-Chalon, sur la demande de l'abbesse Pétronille , et y comprend la chapelle de Champdhivers ( Capella de Champdevers).
Seigneurie. Champdhivers formait une seigneurie pprliculière en moyenne et basse justice , relevant, pour la haute justice seulement, de celle de Rahon.
Seigneurs. Une famille noble , de nom et d'armes , qui était probablement une branche cadette de l'illustre maison de Longwy , portait le nom de ce village. En 1 160, Robert de Champdhivers donna à l'abbaye de Rosières un pré situé près le Ponl-Auberl. En 1255, le sire de Champdhivers se reconnaissait vassal du comte de Bourgogne. Simon de Champdhivers, mort en 1516, était chevalier et maître-fauconnier du roi de France. Guillaume de Champdhivers, sire de ce lieu , chevalier, vivait en 1560 et avait épousé Guye de Salins; Outhenin, chanoine de la métropole de Besançon, mourut vers 1562 ; Guy était la même année secrétaire du roi Jean ; Jean vivait en 1590. Hugues de Vienne l'appelait son cher chevalier. Il était peut-être le même ou le père de Jean de Champdhivers , chevalier , qui fut maître-d'hôtel de Philippe-le-Hardi, en 1598, puis conseiller du prince et bailli d'Aval , de 1407 à 1409.
En 1405, les coffres de Jean-sans- Peur, duc de Bourgogne, étaient vides. Son père ne lui avait laissé que des dettes. Au fort de sa querelle avec le duc d'Orléans , il fut contraint d'envoyer des commissaires dans le comté de Bourgogne , pour solliciter un emprunt. Dès le mois de septembre, Jean de Champdhivers, Guy Arménier, et Oudot d'Acey parcoururent toutes les villes, priant instamment les abbés, les communes et les particuliers de venir au secours du duc. Ils offraient des lettres toutes prêtes, même supérieures au prêt réel. Les récalcitrants étaient le plus souvent mis en prison. Guillaume de
Champdhivers, fils d'Henri, chevalier, fut conseiller et chambellan du roi et du duc Jean-sans-Peur , du conseil étroit et du grand conseil de Phi)ippe~le-Bon , bailli d'Aval , de 1414 à 1419, ambassadeur près du roi des Romains, puis en Angleterre, enfin , gouverneur de la Bastille en 1418. En 1459, Catherine de la Palud, sa veuve, se qualifiait de dame de Champdhivers. En 1445, Guillaume de Champdhivers, écuyer, joua un rôle brillant au pas d'armes dit de Charlemagne, donné par le comte de Charny, près de Dijon. II. était un des gardes du pas. 11 entra dans la lice, ayant pour adversaire Josse de Saint-Jouaire. Son cheval était paré d'un drap de damas blanc, à grands ouvrages. Après une lutte brillante, la vietoire lui resta. Il combattait aux premiers rangs, en 1 455, dans la guerre contre les Flamands. Claude, sire de Cicon, mort en 1551 , page de Charles-Quint , chevalier d'honneur au parlement de Dole , avait épousé, en premières noces , Anne, fille de Jean de Champdhivers, chevalier, siredudit lieu, et de Claude de la Haie , et eut moitié de cette seigneurie. Claude de Cicon , seigneur de Rançonnières , second fils d'Henri de Cicon, épousa Marguerite sœur d'Anne, et mourut le 15 décembre 1575, laissant un fils nommé aussi Claude, qui vivait en 1609.
De ce dernier Champdhivers passa à la maison de la Baume-Montrevel.
Ferdinand de la Baume se qualifiait , en 1625, de seigneur de Champdhivers. Peu de temps après , ce fief parvint , par acquisition , à Claude-Antoine Buzon, écuyer, seigneur de Fontain , Auxon , etc. Sa postérité l'a possédé jusqu'au moment de la révolution de 1789.
Mm0 Anne-Pierrette-Baptiste-Gabriellc Matherot , veuve de M. Hu-
gue
Gabriel Buzon , marquis de (ihampdhivers, ayant émigré avec son fils , leurs biens furent vendus nationalement.
Armoiries. La maison de Champdhivers portait : d'azur à un chevron d'or.
Château. L'antique manoir des nobles sires de Champdhivers s'élevait au centre du village , sur une vaste motte artificielle, haute de plus de dix mètres , qu'entourait des fossés larges et profonds. On reconnaît encore les traces des fossés et de Péminence, dans un champ qui appartient à Félix Brelot et qu'on appelle la Cave, à raison des souterrains qui y ont été découverts. Après la destruction de la forteresse par Louis XI, de 1477 à 1479, les seigneurs de Champdhivers firent reconstruire un château à la moderne, qui fut brûlé par les Français en 1636.11 ne reste de cette dernière construction que le pigeonnier et un bâtiment appelé le Magasin , qui appartiennent à Marcel Maréchal, instituteur.
Fief de la Borde-Dame-Nicole.
Le domaine de la Borde-Dame- Nicole était une terre noble relevant de la seigneurie de Longwy . 11 a successivement appartenu aux familles de Grammont , de Thomassin , de Vaulchier du Deschaux, et enfin à noble Etienne Colard , docteur èsdroits, qui, par son testament mystique, publié le 22 septembre 1 636, a institué pour son héritier l'hôpital de Dole. Ce domaine est aujourd'hui divisé en deux fermes : Pune, située partie sur Saint- Aubin et partie sur Champdhivers, est traversée par la route de Moulins à Bàle, et se compose de 80 hectares. Elle appartient à M. Terrier de Santons de Besançon ; l'autre , propriété de Phdpital de Dole , est exploitée avec une rare
intelligence par M. Auburtin (Charles-Auguste-Maxiiniiien), ancien officier supérieur de cavalerie, chevalier de la légion-d'honneur. Ces domaines, des plus beaux du Jura, prodoubles décalitres de céréales.
Evénements divers. En 1592, huit soldats de la garnison de Seurre vinrent en armes à Champdhivers et emmenèrent prisonnier un habitant de ce village , nommé Jean Breton.
Guillaume du Tartre , écuyer , fut immédiatement envoyé au capitaine Guillaume, commandant de Seurre , pour le réclamer. Il n'obtint satisfaction qu'après avoir menacé d'user de représailles. Les pestes, les guerres qui désolèrent notre province eurent des effets désastreux pour Champdhivers. En 1636, il n'y restait pas dix ménages. Le Doubs a causé des ravages inouïs dans cette commune à diverses époques.
Bac. Un bac jeté sur le Doubs , relie les habitations du village avec une partie du territoire , dont elles sont séparées par celte rivière , et communique avec Rahon et Saint- Baraing. 11 y avait autrefois un péage perçu au profit du seigneur. Le bureau était au lieu appelé aujourd'hui le Portail.
Eglise. Les bulles du pape Adrien IV (115* et 1155), le diplôme de l'empereur Frédéric 1er ( 1165 ) , qualifient l'église de Champdhivers, de chapelle. Cependant, des actes de 1569, 1573, 1579 et 1616, Pacte de visite de Mgr. d'Achey, archevêque de Besançon, du 27 mai 1652, lui donnent la qualité d'église pa roissiale. L'abbesse de Chàteau-Chalon en avail le patronage et percevait la dime sur le territoire. L'église et le village ayant été brûlés par les Français, en 1636, les habitants furent desservis par le eu té
c — aao — c
deMolay, jusqu'en 1700, époque à laquelle l'église fut démembrée de celle de Molay et érigée de nouveau en paroissiale. Ayant 1656, elle était dédiée à saint Sébastien. Elle est aujourd'hui sous le vocable de saint Germain, dont on célèbre la fête le premier août. Elle se compose d'un clocher que couronne un disgracieux dôme revêtu de tuiles vernissées , d'une nef, de deux chapelles et d'un sanctuaire. Elle est à voûte d'arêtes et dépourvue 'de* formes architectoniques. On y remarque une pierre richement sculptée, servant de base à un bénitier, une pierre tombale, sous laquelle est le corps d'Anne de Cicon, dame de Grammont, morte le 28 avril 1581, et celle de Baptiste de Vaux, écuyer, mort en 1561.
Cimetière. On Yoit dans 'le cimetière, une croix en pierre, datant du xvi* siècle, et plusieurs tombes, entre autres celles de Jean-Pierre Gaillard, mort curé de Champdhivers, en 1849, à l'âge de 95 ans, et celle de Jean Grimaut, capitaine, mort le 15 mai 1827.
Chapelle de la horde-Dame~Nicole. Cette chapelle fut fondée en 1629, par M. Colard. Dans cet acte, l'église de Champdhivers est qualifiée d'église matrice et paroissiale.
BIOGRAPHIE
Ce village s'honore d'avoir vu naître différents seigneurs de la maison de Champdhivers, qui ont fait grande figure au moyen-àge. Il est la patrie d'Odette de Champdhivers, maîtresse du roi Charles VI, probablement soeur de Guillaume de Champhivers, bailli d'Aval. Elle était morte avant 1A58. Charles eut d'Odette une fille, nommée Marguerite de Valois , que Charles VII reconnut
pour sa sœur, et qui fut mariée à Jean de Harpedène , seigneur de Belleville , en Poitou, auquel le roi promit, dans le contrat de mariage, une somme de 20,000 moutons d'or. Elle fut légitimée en U27.
Lorsque Charles entrait dans ses accès de fureur, il suffisait à Odette de le menacer de sa haine ou de son indifférence, pour le calmer. La crainte de n'être plus aimé ou de ne plus la voir, rendait ce malheureux roi docile et faisait qu'il se rendait à tout ce que sa maîtresse exigeait de lui.
L'unique fortune qu'Odette retira de ses complaisances, se réduisit à deux petites maisons , avec de petites dépendances, situées1, l'une à Bagnolet et l'autre à Creteii.
M. Huguenin, jeune artiste de Dole, a exercé l'habileté de son ciseau sur un groupe de marbre fort gracieux, qui représente Odette de Champdhivers près de son royal amant. Cet ouvrage a en l'honneur de l'exposition au salon de 1838.
L'attitude de Charles VI exprime parfaitement les dégradations de la souffrance et de la folie. La charmante figure d'Odette, éclairée d'une compassion amoureuse et presque maternelle, se penche vers le roi, qu'elle tâche de ranimer et d'endormir sur son sein.
Cbamp-Rongler , Champ-Ro gier, Champrougier, vg. de l'arr.
et du cant de Poligny, perc. de Colonne, bur. de poste de Sellières; succursale érigée le 16 mars 1838, composée de Champ-Rougier, Clicmenot et Pont-du-Bourg ; à 16 kil.
de Poligny , 25 d'Arbois et 25 de Lons-Ie-Saunier.
Altitude : 225,n.
Il est traversé par la ronte dép. n° 1, de Paris à Lons-le- Saunier,
— hhï —
par les chemins vicinaux tirant à Foulenay, aux. Deux-Fay, à la route dép. n° 1, à Chateley, à Chemenot, par le chemin dit delà Chènée et par le ruisseau d'Ainson. La Chênée, la ferme de Truges, le moulin de Chancelier, appelé aussi moulin des Corbières ou des Courbières , le grand Bellemain et la partie du hameau de Pont-du- Bourg, comprise entre le ruisseau d'Ainson et la route de Dole à Lons-le-Sauuier, font partie de la commune.
Ce village est situé sur le plateau de la Bresse. Les maisons sont isolées , construites en terre, pans de bois ou pierre et couvertes en chaume, à l'exception de 8, couvertes en tuiles. Elles sont mal bâties et manquent d'air et de lumière.
Pop. en 1790, 255 habit.; en 1840 , 51 i ; en 1851, 503, dont 143 hom. et 160 fem.; pop. spéc.
parkil. carré, 34 hab.; 60 maisons, savoir : à la Chapelle, 6; au village, 1 8 ; à la Chênée , 1 2 ; aux Truges , 6; au Grand-Bellemain, 4; au moulin de Cornières, 1; au Pont-du- Bourg, 13; 76 ménages.
Les habitants n'émigrent pas ; ils sont tellement attachés à leur pays, qu'ils ne peuvent le quitter sans être promptement atteints de nostalgie.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
Cadastre exécuté en 1 835 surf, terr., 875h 10»; surf. imp. 864h 94% savoir : 520u 92» en bois, 164h 72* en terres lab., 83b 09* en prés, 86h 32* en étangs , 5U 72* en pâtures , 2h 39* en sol et aisances des maisons, lh 77» en jardins, d'un rev. imp. de 9094 fr.; cont. dir. en princ. 1673.
Le sol, fertile, mais privé en partie d'engrais, produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des pom-
mes de terre, des légumes secs, du maïs , de la navette , des betteraves, beaucoup de fruits , du foin et des fourrages artificiels. *
11 y a sur le territoire de nombreux et beaux étangs, dont l'exploitation opère périodiquement une métamorphose complète dans l'aspect du pays. Les champs restent neuf années sous l'eau, et la dixième revient au labour, engraissés d'un limon fertile. On y pèche de la carpe, du brochet, de la tanche , de la perche et de l'anguille. Us fournissent 250 kil. de carpes par hectare. Le poisson est vendu à raison de 60 c.
le kilog., terme moyen, à des marchands en gros, qui le font dégorger dans l'eau courante et le vendent comme poisson de rivière à Dole, à Besançon, à Dijon et dans les autres villes environnantes. Le terrain mis en assec pendant un an, est loué aux habitants du lieu pour y cultiver du maïs, des pommes de terre et de l'avoine. On tue sur le bords de ces étangs beaucoup de gibier d'eau , tels que des canards sauvages, des morelles , des sarcelles, des bécassines, des rougeots, des raies, des poules d'eau.
Le sol, autrefois très marécageux, répandait dans l'air des émanations putrides et pestilentielles qui occasionnaient des fièvres épidémiques auxquelles la santé la plus robuste ne pouvait résister. Depuis que des fossés d'assainissement ont été ouverts, ces inconvénients ont diminué et disparaîtraient entièrement si les habitants éloignaient les fumiers de leurs habitationsetmangeaientmoins
de fruits verts.
Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
Le produit des céréales suffit à la consommation de la commune. On importe le vin.
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On élève des bêtes à cornes, des cochons , quelques moutons et des volailles. On y engraisse des bœufs et des cochons.
On trouve sur le territoire d'abondantes tourbières qui ne sont pas exploitées , parce qu'on ignore dans le pays l'excellent parti qu'on pourrait en tirer pour le chauffage.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Sellièrcs.
Foires. Il y a depuis un temps immémorial six foires par an, qui se tiennent au hameau de Pont-du- Bourg, dont elles ont pris le nom.
Elles sont fixées aux 29 janvier, 15 mars, 1S mai, 20 août, 18 septembre et le 2 décembre. On y vend des bêtes à cornes, des bœufs gras, principalement à la foire de mai, des moutons, des chevaux, des cochons et surtout des cochons gras aux foires de décembre et de janvier, des veaux, des étoffes, de la chapellerie, de la cordonnerie, de l'épicerie , de la quincaillerie, de la mercerie et des fruits. Ces foires sont considérables et jouissent d'une grande réputation.
Il y a un moulin dit le moulin de Courbières, à trois paires de meules.
11 y en avait autrefois un autre sur la chaussée de l'étang Chancelier, très renommé pour la mouture du maïs. On l'a laissé tomber en ruines depuis 1840.
Les patentables sont : quatre aubergistes , un sabotier, un boucher, trois tisserands. Un maréchal-ferrant taillandier y réussirait. Un débit de tabacs, établi à Champ-Rougier, existe par tolérance dans la commune du Chàteley.
Biens communaux : une église, un cimetière contigu, clos de murs, un presbytère acheté en 1852, une maison commune insuffisante, acquise récemment , qui renferme la
mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude des garçons, le logement de l'institutrice et la salle d'étude ; enfin 26h 09* de prés, bois et pâtures, d'un rev. cad. de 235 fr.
Bois communaux : 157h 56*, dont kh 72a sont délivrés annuellement. A la suite du partage des bois communaux fait entre les diverses communes composant l'ancienne terre de Colonne, Champ- Rougier a ses forêts très éloignées de son territoire, tandis que d'autres communes ont les leurs sur Champ- Rougier. Ce partage bigarre rend l'exploitation très difficile et anéantit les droits de parcours.
Budget : receltes ord. 3001 fr.; dép. ord. 3001 fr.
Bureau de bienfaisance : recettes ord. 39 fr., provenant d'un legs fait en 1819, par M. Bulabois.
NOTICE HISTORIQUE
La terre seigneuriale de Colonne se composait de quatre bâtis. L'un d'eux, appelé le bâtis de Bresse, comprenait les villages de Chateley, de Champ-Rougier, de Cuemcnot et de la Charme.
On a cru longtemps que les différents villages dispersés dans cette vaste seigneurie devaient leur origine aux droits importants, accordés par le souverain, à des colons étrangers , au xm° et au xive siècle , dans ses magnifiques forêts. C'était une grave erreur. Champ-Rougier en offre la preuve. La partie du territoire, située au sud-ouest du village et appelée le Champ-d'Avaux , est jonchée de débris de constructions romaines. On y trouve fréquemment des tuiles à rebords, des briques, des pans de murs, des fondations, des voûtes, des anneaux ,
des médailles appartenant à l'époque gallo-romaine.
Seigneurie. Ce village dépendait, pour la justice haute, moyenne et basse, de la prévôté de Colonne.
Fief d' Aumont. En 1590, Humbert L'Inglois , premier maître à la chambre des comptes de Dole, se qualifiait de sieur de Cbamp-Rougier.
Le fief qu'il possédait passa à sa famille qui Ta conservé jusqu'au moment de la révolution de 1789.
FiefdeBersaillin. MM. de Froissard, seigneurs de Bersaillin, possédaient à Champ-Rougier, à litre féodal, un domaine assez considérable pour les autoriser à ajouter à leurs titres celui de seigneurs de Champ- Rougier. Il eût été plus exact, mais moins honorable, de se qualifier de seigneurs à Cbamp-Rougier. De ce domaine dépendaient de vastes constructions, composées d'une maison de maître qu'habita longtemps le chevalier de Froissard-Bersaillin , de deux bâtiments d'exploitation et d'une tour servant de pigeonnier.
Tous ces bâtiments ont été démolis en 1852, à l'exception de l'habitation, qui a été achetée par la commune pour y établir le presbytère.
Chapelle Saint-Nicolas. Depuis un temps fort ancien , existait dans ce village une chapelle dédiée à saint Nicolas, patron de la commune. Elle était richement meublée et décorée lorsque la révolution française éclata. Fermée à cette époque, elle ne fut ouverte de nouveau qu'en 1 828, mais ses ornements avaient disparu.
Réparée en 1833, elle fut démolie en 1838, et sur son emplacement on éleva l'église actuelle. Les habitants étaient paroissiens de Colonne.
Eglise. L'église, dédiée à l'Assomption de la sainte Vierge, dont on célèbre la fête le 15 août, est située sur une éminence dans une fort
belle position. Elle est orientée et se compose d'un clocher, de trois nefs, d'un chœur et de deux sacristies.
Les murs du clocher et la flèche ne sont pas assez élevés. Les nefs sont plafonnées, très larges et peu longues. Le chœur est voûté en cul-defour. On remarque dans cette église, un beau maitreautel en marbre blanc, exécuté en 18^6, par Bouquin-Macaret , marbrier à Saint- Amour, sur les dessins de l'architecte Morcau.
Evénements divers. ( Voir Colonnc. )
Ce village a vu naître : Adrien Machard, excellent médecin, auteur de plusieurs traités médicaux estimés , mort il y a 30 ans.
Charapslgna . commune réunie à celle de Soucia, le 23 janvier 1822.
Champvans t Campus Pagani , Champvent, Champvans-lez-Dole , vg. de l'arr., cant. et bur. de poste de Dole, percep. actuelle de Champvans et future de Foucherans ; succursale ; à 6 kil. de Dole et 58 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 220m.
Il est limité au nord par Labergement-Ia-Ronce , Sampans et Monniéres, au sud par l'Abbaye-Damparis et Foucherans, à l'est par Foucherans, pôle et Monnières, et à l'ouest par Flagey, Samerey et Saint- Ceigne ( Côte-d'Or ). La grange de Myarle, le Moulin-Blanc , le Moulin- Noir et l'auberge de Beau-Martin font partie de la commune.
Il est traversé par le chemin de gr. com. n° 6, de Dole à Saint-Jeandc-Losne, par les chemins vicinaux tirant à Sampans , à l'Abbaye-Dam-
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paris , àMonnières et à Foucherans, par le ruisseau de la Fontaine , qui a sa source à la fontaine principale du village, par le bief de Moulay, qui a aussi sa source sur le territoire , par le bief de Beroye et par le bief de l'Etang, qui lui sert de limite avec Foucherans. Il sera traversé par le chemin de fer de Dijon à Besançon.
Ce village offre un aspect des plus gracieux : il est situé sur le revers septentrional d'un tertre planté d'arbres touffus. Les maisons , autrefois basses, mal bâties , couvertes en chaume , alignées sur les bords de ruelles étroites, sont aujourd'hui, grâce à plusieurs incendies qui les ont successivement dévorées, soigneusement construites en pierres et la plupart couvertes en tuiles. H se divise en plusieurs rues , appelées rue & Amont, rue de Y Eglise , rue <!e Foucherans, rue Basse , rue des Morts et rue Derrière.
Pop. en 1790, 880 hab.; en 1846, 1070; en 1851, 1116 , dont 568 nom. et 548 fem.; pop. spécif. par kil. carré, 84 hab.; 227 maisons, savoir : 223 à Champvans , 1 à la grange de Myarle, 1 au Moulin- Blanc , 1 au Moulin-Noir et 1 à l'auberge de Beau-Martin ; 526 ménages.
Les jeunes gens émigrent à Lyon et à Paris , pour y être domestiques ou y exercer un art manuel, surtout celui de cordonnier.
Le voisinage de la Bourgogne a communiqué aux habitants des mœurs douces , affables et très hospitalières.
Cadastre exécuté en 1813; surf, territ. 1416h 47a, divisés en 3834 imp., 1394h 54a, savoir : 656h 06a en bois , 366h 07a en terres lab. , 2 1 8h 07" en vignes, 64h 64* en prés, 37h 83* en pâtures, 6h 92a en jar-
dins , 6h 05a en sol et aisances des maisons, 2h 67a en vergers, 28a en canaux, 12a en carrières, d'un rev. impos. de 50,709 fr. 18c.; cont. dir. en princ. 7010 fr.
Le sol, de nature variée et de fertilité moyenne, produit du blé , peu de seigle, de l'orge, de l'avoine , du mais, peu de sarrasin, des légumes secs , de la navette , peu de colza, des pommes de terre, des betteraves, des carottes fourragères , du chanvre , des fruits , principalement des cerises qu'on vend aux marchés de Dole , des vins rouges et blancs faibles , mais très agréables , du foin et des fourrages artificiels.
Les céréales suffisent à la consommation des habitants; on exporte moitié des vins.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bètes à cornes, des chevaux, des cochons et des volailles. 60 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire du sable de fondeurs très recherché , de la marne et du minerai de fer non exploités , des carrières de pierre ordinaire à bâtir, de taille et à chaux , exploitées.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole.
Chaque jour ils portent vendre dans celle ville des fruits, des légumes et du laitage , ce qui leur procure de grands bénéfices.
Foire. Le 11 mai. On y vend des bètes à cornes , des chevaux , quelques cochons et des moulons , de la mercerie, de l'épicerie , de la quin caillerie , de la cordonnerie et des étoffes.
Les patentables sont: 3 maîtres maçons , 1 menuisier, 1 arpenteur, 5 bouchers , 5 sabotiers , 3 exploitants de carrières , 3 cordonniers ,
2 marchands épiciers, 2 maréchaux ferrants, tourneur sur bois , un marchand de chevaux , i marchand de farines , 5 aubergistes , 3 boulangers, 1 tonnelier, 2 entrepreneurs de travaux publics et 1 médecin.
Il y a deux moulins à deux paires de meules , un pressoir à manège.
11 y avait un moulin à vent dans la contrée dite au Moulin-à-vent. Il est depuis longtemps démoli.
Biens communaux : une église, un cimetière abandonné, à l'entour, un cimetière nouveau , un presbytère convenable , nouvellement restaure , une maison commune, contenant la mairie , la salle de dépôt des pompes à incendie , le logement de l'instituteur et des sous-mailrcs, les salles d'études des garçons , fréquentées en hiver par 150 élèves, une maison d'école pour les filles , contenant le logement de l'institutrice et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 110 élèves ; une autre maison servant quelquefois de corpsde-garde , trois pompes à incendie , desservies par une compagnie de CO pompiers, trois belles fontaines, et 2Hh7(Jade bois, terres, pâtures, d'un rev. cad. de 103G fr.
Les trois bâtiments communaux doivent être prochainement démolis et remplacés par une seule construction dont ledevis s'élève à 80,000 f.
D'après le projet, le nouvel édifice doit être placé à l'angle formé par la rue de l'Eglise et la route de Dole à Saint-Jean-de-Losne. Cet emplacement a l'inconvénient d'être dans un lieu bas , trop rapproché , pour les écoles, d'une grande route, et de ne contribuer en rien à l'ornement du village. Tous ces désavantages disparaîtraient, en élevant ce monument à la place qu'occupe la maison commune actuelle.
Des trois fontaines, l'une , située au centre de la commune, donne une eau très bonne et très abondante ; elle est pourvue d'un lavoir qui devrait être couvert, et d'un abreuvoir où les villages voisins amènent leur bétail pendant les temps de sécheresse ; l'autre, appelée Fondrisain , sort d'une propriété de Mme Lieflroy et se réunit presque aussitôt à la première. La troisième , qui porte le nom de Saint- Gengutphe ou Gengoul, construite en 1682 et réparée en 1851, est d'une très jolie forme.
Sa source était abritée par un dôme en pierres de Uillc, sous lequel était une statue d'un mètre à peu près de hauteur, représentant le patron de la paroisse. La sculpture en était assez bonne. Le saint était vétu d'une tunique à la romaine , recouverte d'une cuirasse; son casque et son cimeterre étaient à ses pieds. Il y a en outre quatre puits communaux, dont les margelles octogonales et les manivelles sont fort gracieuses.
Les eaux réunies 'des fontaines alimentent un ruisseau assez vivace pour faire rouler les deux moulins , qui ne chôment entièrement que dans les très grandes sécheresses.
Bois communaux : 707h ftO», dont 20h lfca sont coupés annuellement. Essences dominantes : chêne, hêtre et tremble. Les produits annuels de cette coupe, partagés entre les habitants , augmentent leur aisance et leur bien-être. Les futaies se distribuaient autrefois aux propriétaires des maisons , suivant le toisé de leurs bâtiments. Depuis 1835, ils sont distribués aux propriétaires, suivant leurs besoins , et moyennant le paiement de la valeur, à dire d'experts. Le surplus est vendu aux enchères , au profit de la I commune. II y avait jadis des arbres | magnifiques dans les forêts de cette
commune. En 1698 , un commissaire de la marine en marqua 1500 pieds pour la confection des navires.
Budget ; recettes ord. 13,588 f. ; dép. ord. 12,999 fr.
Bureau de bienfaisance : recettes ord. 584 fr.
NOTICE HISTORIQUE
L'origine de Champvans est fort ancienne. L'auteur de l'Histoire de Poligny, Chevalier, dit qu'un chemin romain conduisait par Châtelay, Sanlans, Augerans, Goux et Villette à Crissey, où l'on traversait le Doubs pour aller dans la voie sous Champvans. Des ouvriers, occupés dernièrement aux travaux du chemin de fer de Dijon à Besançon, découvrirent dans la contrée dite en Moulan, les traces d'une autre voie paraissant se diriger de Pontaillier-sur- Saône à Tavaux. Elle passait entre le Moulin-Blanc et le Moulin -Noir, traversait les bois de Champvans et le territoire de Labergement-Ia- Ronce. Ils ramenèrent à la lumière une pièce d'or impériale. Les dénominations de chemin d'Auxonne, de Chemenot , de Fonlaine-d' Argent , aux Buttes , aux Mânes , paraissent toutes rappeler des souvenirs antiques. Les nombreux ossements trouvés dans l'ancien cimetière, sont enfouis à une telle profondeur, que tout fait présumer qu'ils appartiennent à une période très reculée. Les indices de la vieille superstition gallo-romaine, sont tellement multipliés entre Champvans et Tavaux , qu'on peut affirmer qu'il y avait là un des foyers les plus importants du paganisme dans la Séquanie.
Dès le ixe siècle , il est possible d'établir par des titres authentiques, l'existence de Champvans. En 870 , au plus tard, révoque Agilmar, qui était fort riche et possédait de grands
biens dans le comté d'Amaous, faisant bâtir un monastère pour recevoir les reliques de saint Vivant, apportées par des religieux de Poitiers, pour les soustraire à la profanation des Normands , concéda à cette abbaye le patronage des églises d'Auxonne , de Labergement-lez- Auxonne, de Champvans lez-Doïc , de Menotey et de Voisey.
Seigneurie. Champvans formait une seigneurie particulière en moyenne et basse justice , et fit partie de la prévôté de Dole, jusqu'en 1777, époque à laquelle il fut réuni à la prévôté de Rochefort.
Seigneurs. Il existe dans notre province plusieurs villages du nom de Champvans; telssont Champvans, dans le canton d'Audeux ( Doubs ) ; Champvans, dans le canton de Baume, même département ; Champvans-lez-Dole et Champvans-lez- Gray. Il y a encore Champvans en Suisse. C'est ce dernier qui appartenait à la maison de Vcrgy et non celui qui nous occupe, ainsi que le dit à tort l'historien Gollut. En 1166 , l'empereur Frédéric Barberoussc et Béatrix, son épouse, étant à Dole, accordèrent , en présence de plusieurs princes et prélats qui étaient à leur cour, à Odon de Champagne, cousin de l'impératrice, la jouissance à vie de Quingcy, de Liesle et de Lombard, telle que le comte Rainaud l'avait eue. Odon possédait une terre auprès de Dole, villamjuxta Dolamy quœ dicitur Campus Pagani, qui était de son alleu. En récompense du don de l'empereur et de l'impératrice , il leur en fit don et à leurs enfants, ainsi que de tous les alleux qu'il acquerrait en empire. 11 reçut ensuite d'eux cette môme terre en fief , pour la posséder, comme il tenait déjà des mômes princes, Port-Lcsney, Por-
Utm et Staulinum , et à charge de retour à l'impératrice et à leur postérité , s'il arrivait qu'Odon , qui avait des enfants, vint à mourir sans en laisser de survivants.
Celte charte prouve qu'il y avait au comté de Bourgogne plusieurs terres de partage en franc-alleu, pour lesquelles on ne reconnaissait aucun seigneur. Chevalier prétend que Champvans est le Camptts Velteii, où l'auteur de la légende de la translation des reliques des saints Tiburce et Urbain, à Auxerre, rapporte qu'il s'opéra un miracle alors (863). Nous avons démontré ailleurs que le Campus Felleii mentionné dans cette relation est Chamblay. Il affirme d'un autre côté, que le village appelé Campus Pagani , dans le diplôme de l'empereur Frédéric, n'est point Champvans , comme l'a cru Gollut, ni Cbampagney, comme l'a écrit Dunod, mais bien Sampans.
Des titres, d'une application incontestable, ne laissent plus de doute sur Tidenlité de Campus Pagani et de Champvans. Une maison noble, de nom et d'armes, posséda pendant plusieurs siècles la seigneurie de ce village. En 1537 vivait Guillaume de Champvans, écuyer. En 1 383, Jean de Champvans fournit son dénombrement au comte de Bourgogne. En 1409, Billard de Champvans, écuyer, fut envoyé par le duc de Bourgogne pour diriger le siège de Vellexon. En 1413, Jean de Champvans fut nommé pannetier du duc, et châtelain de Saint- Aubin.
Jean Carondelet IV9 du nom, licencié ès-lois, maître des requêtes sous Philippe et Charles, ducs de Bourgogne, fait chancelier de l'empereur Maximilien pour la Flandre et la Bourgogne, le 26 mars 1479, acheta la terre de Champvans et mourut à Dole en 1501. Charles Carondelet,
le cinquième de ses fils, vicomte d'Harlebeckh , gouverneur d'Enghien, châtelain d'Ath, vendit cette terre en 1566, à Jean Colard, conseiller au parlement de Dole. Claudine Colard, fille de ce dernier et d'Anned'Enskerque, épousa Etienne de Marencbes , seigneur de Nenon , maire de la ville de Dole, et lui porta cette seigneurie en dot. Ce magistrat fut député en Flandre vers leurs altesses sérénissimes , en 1599, par les Etats du comté de Bourgogne, pour y traiter des affaires de haute importance.
Claude-Laurent de Marenches,, seigneur de Nenon et de Champvans, fut maire de la ville de Dole, en 1636» avocat-général au parlement, en 1650, conseiller en 1653, distributeur de l'université, en 1658 , et enfiu vice-président du parlement. Il eut de son premier mariage avec Françoise Fauche, cousine de l'archevêque de ce nom, ErmenfroiU-François de Marenches, docteur es saints décrets, protonotaire du Saint-Siège et chanoine de Notre- Dame de Dole, qui, en 1674, se qualifiait de seigneurde Champvans, Nenon et Bournay, et Claude-Antoine, capitaine d'infanterie, mort sans postérité ; de son second mariage avec Jeanne-Baptiste de Froissard de Dersaiilin , il eut Anselme - François , capitaine de dragons , mort sans enfants, et Constance-Gabriel. Constance- Gabriel de Marenches épousa, le 20 août 1714, Jeanne-Bernardine Alpy de Vaux, dont il eut Anselme-François, mort garçon, et Jean-François-Anselme-Constance de Marenches. Ce dernier, mort en 1787, avait épousé Marie Grignet de Saint-Loup , dont il eut François-Anselme-Constance-Marie- Dole de Marenches et Anselme-Constance de Marenches.