C — AA8 — C
En 1664, Jean-Baptisle Pétrey, chevalier, conseiller au parlement de Dole, possédait une partie de la seigneurie de Champvans , en moyenne et basse justice. Le 17 septembre de celte même année, le roi d'Espagne lui engagea à perpétuité la haute justice qui lui appartenait, moyennant 2400 fr., se réservant toutefois la faculté de rachat. Les sujets, tourmentés par cet engagiste , supplièrent le roi de France d'user de la faculté de rachat et offrirent une somme de 3000 livres pour désintéresser M. Pétrey.
Un arrêt du 8 octobre 1715, réunit cette haute justice au domaine du souverain. Claude-François Masson, baron et seigneur d'Authume , et de Champvans en partie , appela de cet arrêt en 1716 et fut débouté de sa demande. L'édit du roi, du mois de novembre 1777, supprima les justices seigneuriales dans la province, à l'exception de celles de PHôpital-dn-Grosbois , de Rochefort, de Montmirey-Ia-Ville, d'OrchampS) de la Grande- Loye, de Saint-Aubin, de Fraisans , de Montigny-les-Dames, de Chàleau-Chalon,etc. A celle de Hochefort, furent réunis Azans, Menotey, Champvans, Monnières et Sampans.
En 1739, les principaux proprié taires du territoire de Champvans étaient MM. de Marenches, de Broissia, de Lavans, de Chaillot, de Cize, MM, Masson, baron d'Eclans, Amiot, président des gabelles à Dole, la chapelle de Monnières , la cure de Champvans, la chapelle Saint-Martin, l«s confréries de Saint-Sébastien , de Saint-Joseph et du Rosaire , les Bénédictins , les Jésuites, Jes Familiers et l'hôpital de Dole.
Château. Gollut cite le château de Champvans comme une des forteresses importantes du pays au
xvi' siècle. Placé sur la frontière du duché et du comté de Bourgogne, il a dû essuyer bien des sièges. Il s'élevait à l'extrémité est du village et était défendu par de larges fossés, un pont-levis, et de hautes murailles garnies de tours et surmontées de créneaux. Il a été démoli en partie et mutilé en 1807. On y remarque encore des meurtrières, une tète de loup en pierre, des fleurons et quelques autres ornements appartenant au style ogival usité au xv* siècle.
Ce château', habité autrefois par la famille de Marenches, est aujourd'hui la propriété de M. Tyton de Dole.
Dans la rue de l'Eglise , et presque vis-à-vis l'ancien cimetière, était une ancienne maison qu'habitaient aussi MM. de Marenches.
Evénements divers. En 1SS1 , la France envoya un renfort d'hommes armés au duc d'Anjou, qui passèrent par la Bourgogne et commirent à Champvans des hostilités de toute espèce.
Le 16 juin 1611, Jean-Baptiste le Goulx , seigneur de la Berchère , Boncour , conseiller du roi et président du parlement de Dijon, Jacques Venot , maître des comptes à Dijon, nommés par le roi de France , Claude Brun , Concour et Jean Boyvin , députés par l'archiduc d'Autriche , procédèrent à la délimitation du duché de Bourgogne, du Bassigny , de la Bresse , du comté d'Auxonne et des autres terres dépendantes de la souveraineté de France avec le comté de Bourgogne.
Ces commissaires déclarèrent que Champvans et l'Abbaye-Damparis étaient de la souveraineté des comtes de Bourgogne.
Louis XIV séjourna dans une maison de ce village pendant le dernier siège de Dole. Il y coucha les
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5, 6 et 9 juin 1674. Le iO, le roi et la reine , avec lous ceux qui composaient leur cour, partirent de Champvans et se rendirent à la Loye, pour attendre le succès du siège de Salins. Cette maison a été démolie en 1858 , au grand regret des habitants qui la montraient avec orgueil. Le 6 juin 1790, il y eut des troubles graves dans celte commune.
Des gens du peuple se jetèrent sur quelques marchands de grains et dans des maisons particulières pour leur enlever leur blé à des prix audessous du taux courant , cl le plus souvent sans le payer. L'autorité fut obligée d'envoyer une garnison pour faire cesser ces désordres. Le 25 floréal an VII, de nouveaux troubles se manifestèrent, à la suite desquels P Arbre de la liberté fut arraché. L'administration centrale du département y envoya de nouveau la force armée. Les biens communaux furent partagés entre les habitants en 1795. Les incendies sont fort communs dans ce village. Les plus récents eurent lieu en 1843, 1846, 1849, 1851 et 1852. Ils dévorèrent 50 maisons.
M. Pabbé Courtot , curé de cette paroisse, fut Tune des plus modestes et des plus pures victimes de la révolution. Il était d'une charité inépuisable.
Canton. En 1790, Champvans fut érigé en chef-lieu de canton, coinprenant ce village , Choisey et Parthey, Foncherans, l'Abbaye-Damparis, Labergement-la-Ronce, Monnières, Montroland et Saint-Ylie. Ce canton fut supprimé en 1802.
Eglise. Nous avons vu déjà que le patronage de l'église de Champvans avait été donné, avant 870, par Pévèque Agilmar, à l'abbaye de St.- Vi vant-en-Amaous.
Quelques années après cette do-
nation , Hasling , à la tète de ses Normands, ayant détruit ce nouveau monastère, Manassès, duc de Bourgogne, en fit reconstruire un autre près du château de Vergy, qui reçut pour dotation primitive les possessions de Saint-Vivant-cn-Amaous.
En 1607, ce dernier prieuré fut uni au collège des Jésuites de Dole, à condition que le prieuré de Saint- Vivanl-sous-Vèrgy aurait le patronage des églises d'Auxonne et de Labergement , tandis que celui de Champvans, de Menotey et de Voisey resterait aux Jésuites.
L'église, sous le vocable de saint Gengulphe , dont on célèbre la féle le 1 1 mai , fut construite au milieu du xve siècle ; mais elle a été restaurée en 1682. Elle est bâtie sur une légère éminence qui domine le village. Elle est orientée et se compose d'un clocher dont la partie supérieure est fort belle, d'une tribune , de trois nefs , d'un chœur, d'un sanctuaire et d'une sacristie.
Des colonnes et des pilastres de Tordre toscan décorent les nefs, qui sont voûtées. Le retable du grand autel est de l'ordonnance dorique; celui des petits autels est de l'ordonnance corinthienne. La chaire, de forme hexagone,etdont les panneaux présentent en relief divers sujets religieux d'un fini parfait, provient du couvent desdamesd'Ounans; elle fut achetée, pendant la révolution , par un pieux habitant de Champvans pour en faire don à sa paroisse. Cette église avait un orgue qui fut écrasé en 1 802 , par la chute d'une partie de la voûte. Elle possède neuf tableaux dus au pinceau correct de M. Besson , directeur du musée de Dole. On remarque particulièrement celui qui représente la Cène. Le seigneur y avait une chapelle dédiée à saint Nicolas, à sa nomination. Trois
confréries faisaient leurs exercices dans l'église.
Cimetières. L'ancien cimetière renferme deux croix , dont la plus remarquable porte la date de 1606.
On y voit la tombe de Claude-Etienne Bécoulet , né au Petit-Noir, curé de Champvans pendant 55 ans , mort en 1848 , âgé de 80 ans ; celle de Pierre-François Guigue, conseiller au parlement de Besançon, mort en 1813, à l'âge de 68 ans , et celle de Jean Perrot, capitaine d'artillerie, décoré (1775-1830).
Le cimetière nouveau , construit en 1850, est situé à l'ouest du village. 11 est clos de murs, fermé par une porte monumentale avec grille en fer, et emplanté de sapins et d'arbustes. Au centre s'élève une chapelle funéraire.
Curiosités. Du champ de foire, appelé Ferdot, situé au nord-ouest de la commune, on découvre un pays magnifique. On aperçoit la Saône , les riches prairies qui la bordent , le château de Trouhans , les villages de la Perrière, de Saint- Seine et les côtes tapissées de vignes de presque toute la Bourgogne.
BIOGRAPHIE
Champvans a vu naître : 1° l'abbé Bardenet, prédicateur distingué.
2° Le P. Charles, ancien minime, qui avait appris le catéchisme à Napoléon et lui avait fait faire sa première communion à l'école de Brienne. Lorsque Napoléon venait à Dole , il ne manquait jamais de le visiter. Etant premier consul , il lui fit accorder une pension de 1000 fr.
En traversant Dole pour se rendre en Italie, Bonaparte voulut revoir le P. Charles. 11 le fit appeler auprès de sa voiture pendant qu'il changeait de chevaux. Touché de celle délicate attention , le vieux
prêtre ne put que verser des larmes en abordant le héros ; mais au moment du départ, il s'écria d'une voix prophétique : « Vale prosper et régna ! •
BIBLIOGRAPHIE
Chevalier , Dunod , Labbey de Billy et la Statistique de l'arrondissement de Dole, par M. Armand Marquiset.
GhampTanx • commune réunie à celle de Barretaine , le 12 décembre 1821.
Chanel», vg. de l'arr. de Saint- Claude, cant., perc. et bureau de poste de Moirans ; paroisse de Montcusel ; à k kil. de Montcusel, 18 de Moirans , 28 de Saint4laude et 5$ de Lons-le-Saunier.
Altitude : 295ro.
11 est limité au nord par Lect et Montcusel, au sud par Jeurre et Dortan (Ain), dont il est séparé par la Bienne , à l'est par Montcusel et à l'ouest par Vescles, dont il est séparé par l'Ain. Le moulin de la Côte fait partie de la commune.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Dortan, à Vouglans , à Montcusel et à Nezen, longé au sud par la Bienne et à l'ouest par l'Ain.
Les biefs de la Roche et du Fourg y prennent leur source. Le premier fait mouvoir le moulin de la I Côte. On communique avec Dortan, au moyen d'un bac jeté sur'Ja Bienne, et avec Condes, à l'aide d'un autre bac qui est sur la rivière d'Ain.
Ce village est situé sur la rive droite de la Bienne, au point de jonction de cette rivière avec l'Ain et au sommet d'une éminence. Les maisons sont groupées , construites en pierre et couvertes les unes en tuiles creuses, d'autres à tuiles pla-
(es ou en chaume. Les toils sont très saillants et plats. Sous la saillie de ces toits, les habitants abritent leurs récoltes et le bois nécessaire à leur usage. Un grand nombre de maisons ont un premier étage , le long duquel régnent de grands balcons en bois. Ces constructions sont en tout point conformes à celles qu'on remarque dans le Bugey.
Pop. en 1790, 175 hab.; en 1846, 120; en 1852, 106, dont 62 nom.
et 44 fem. ; pop. spécif. par kilom.
carré,. 31 hab. ; 22 maisons, 22
Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à 1793.
Les habitants n'émignent pas.
Cadastre exécuté en 1834; surf, territ., 302h 09% divisés en 1497 parcelles que possèdent 82 propriétaires, dont 44 forains; surf. imp. 276h 23% savoir: 109h 54acn pâtures, 61h 96a en terres lab., 59h 34* en bois, 21b 28a en vignes, 15h 85* en prés, 5h 52a en broussailles, lb 38a en friches , 62a en sol et aisances des maisons, 40aen murgers, 30' en jardins , d'un rev. cad. de 2016 fr.; cont. dir. en principal, 526 fr.
Le sol, montagneux et peu fertile, produit du blé, de l'orge, du maïs , des légumes secs , des pommes de terre , du seigle, du chanvre , des vins rouges très agréables , peu de foin , des fourrages artificiels , des fruits et surtout des noix.
On importe moitié des céréales et on récolte du vin pour la consommation des habitants.
Le revenu réel des propriétés est de 1 fr. 50 c. pour cent.
On élève dans la commune des bêles à cornes et des volailles. Il n'y a point d'abeilles.
L'agriculture n'y fait point de progrès.
On trouve snr le territoire des carrières de tuf exploitées, des carrières de pierre de mauvaise qualité, et sur les bords de la Dienne , du sable et du gravier excellents.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Portan , d'Arinthod et de Moirans.
Une fromagerie, interrompue depuis peu, produisait 500 kil. de fromage, façon Gruyère.
Il y a un moulin à farine à trois paires de meules, un marchand de boisselerie et un marchand forain.
La principale ressource des habitants consiste dans la fabrication de caisses d'emballage en coudrier, en osier, etc., qu'on expédie à Lyon, et dans le transport des bois de construction en radeau sur l'Ain.
Biens communaux : un cimetière au nord du village, érigé en i 833 , et 165b 36a de pâtures, bois, broussailles, d'un rev. cad. de 386 fr.
La commune aurait besoin de construire une maison d'école et une fontaine avec lavoir couvert et abreuvoir. Les enfants fréquentent l'école de Monteuse].
Bois communaux : 59b 50a , dont 2h 23a sont délivrés annuellement. Essences dominantes : chêne, charme et bois blanc.
Budget : recettes ord. 801 fr. ; dépenses ord. 801 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Il suffit de rencontrer Jeurre , Condes , Dortan , dans le voisinage de Chancia , pour rester convaincu que ce village existait déjà sous la domination romaine. On en trouve du reste la preuve dans une foule de dénominations locales, telles qu'en Champagne , le bief de Cise, sur Grillère, à la Grande-Vie, au Châtelet. On appelle généralement en Champagne, les cantons où se
trouvent des ruines romaines , à la Grillière , ceux où existent des tombeaux, des tumuli. Le nom de Cisc rappelle celui de Cisa, divinité des anciens peuples du nord. La grande voie d'Isernorc à la ville d'Antre passait à Chancia, dans le climat appelé à la Grande-Vie ; cette route était défendue par une vigie ou station fortifiée, qui s'élevait au sommet d'un rocher appelé le Chàtdet.
Les fondations de cet édifice sont encore reconnaissantes aujourd'hui.
Chancia est probablement le village désigné dans le diplôme de l'empereur Frédéric 1er de 1 1 GU, en faveur de l'abbaye de Saint-Oyen-de-Joux, sous le nom de Sanciacum.
Seigneurie. Chancia dépendait , dans des proportions différentes, des seigneuries de Vougians, de Boutavant et des Bouchoux.
Les limites donnèrent lieu à des difficultés fréquentes. La portion de territoire contestée , s'appelle aux Débats.
Curiosités. Lorsque l'Ain reçoit dans son lit la Bienne, on remarque un contraste frappant. Les eaux de la Bienne, d'une couleur verte très prononcée, semblent s'unir avec regret aux eaux de l'Ain, bleues comme l'azur. Le bief de la Côte, en sortant de la montagne, forme de charmantes cascalelles. Le rocher, d'où il s'échappe, est aussi remarquable par la variété de ses couleurs que par la bizarrerie de ses anfructuosités.
Du village , l'horizon est borné de toutes parts par une ceinture de montagnes, les unes s'élevant à pic à une grande hauteur , d'aulrcs d'une effrayante nudité, d'autres eniin couvertes de buis et d'arbustes.
Il est difficile de trouver une perspective plus sauvage et plus pittoresque.
Chanoa, commune réunie à celle de Martigna, le 7 août 1822.
Ciiapriambert • commune réunie à celle de Mantrv, le 23 janvier
Chapelle (la) Capella, Chapelklez-Reignes ou lez-Rennes, Chapellc-sur-Furieuse, vg. de l'arr. de i'oligny, cant. , perc. et bureau de poste de Salins; succursale, composée de la Chapelle, Chilley, Onay et Rennes ; vicariat autorisé le 20 août 1818 ; à 8 kil. de Salins, 21 d'Arbois, 32 de Poligny et 60 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 265œ.
Il est limité au nord par Rennes, By (Doubs) , Granges-de-Vaivre et Saint-Thiébaud , au sud par Ivrey, Saint-Thiébaud, Salins, Marnoz et Paguoz , à l'est par Saint-Thiébaud, By, Ivrey et Salins , à l'ouest par Rennes, Pagnoz, Marnoz et Grangesde-Vaivre. Onay, Chilley et la Grange-de-Chcnèvre , font partie de la commune.
Il est traversé par la route dép.
n° 5 , de Besançon à Genève , par les chemins vicinaux tirant à Rennes, à Chilley, à Ivrey, par les chemins dits des Vignettes, deCIienèvre, de l'Enclos et du Moulin , par la Furieuse , le ruisseau d'Ivrey, le bief Gravenet, par un petit ruisseau sans nom et par les tuyaux de conduite des eaux salées de Salins à la saline d'Arc.
Ce village est situé au fond d'une gorge. Les maisons sont groupées , élégantes, soigneusement bâties en pierre et couvertes en tuiles ; elles ont généralement un étage au-dessus du rez-de-chaussée.
Les communes de Chilley etd'Onay ont été réunies à celle de la Chapelle le 22 décembre 1825.
Pop. en 1790, de la Chapelle 424 hab.; de Chilley, 52 ; d'Onay, 120; total 596; pop. réunie en 1846, 656; en 1851, 678, dont 542 nom.
et 556 fein.; pop. spécif. par kil.
carré, 76 hab.; 90 maisons, savoir :
à la Chapelle , 63 ; à Onay, 1 8 ; à Chilley , 8 ; à la Grange-de-Cheuèvre, 1; 177 ménages.
Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Salins, à Besançon et à Paris.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1648.
Cadastre de la Chapelle , exécuté en 1811 ; de Chilley et d'Onay en 1828; surf, terril. 890h 35a, divisés en 2552 parcelles que possèdent 312 propriétaires, dont 127 forains ; surf. imp. 862h 50*, savoir:
303b 29a en bois, 220h 09a en terres lab. , 105h 79a en pâtures, 94b 09a en vignes , 68h 51a en prés, 29h en friches, 19u 7 7a en broussailles, 15h 504 en vergers , 5h 1 2a en sol des propriétés bâties, 2U 78a en jardins, 17a en carrières, d'un rev. cad. de 35,885 fr.; cont. dir. en princ, 5075 fr.
Le sol , d'une fertilité moyenne, mais souvent frappé de stérilité par les sécheresses , produit du blé , du maïs , de l'orge , de l'avoine , des vins rouges et blancs, des légumes secs, de la navette, des betteraves , des pommes de terre , du chanvre , des fruits et surtout beaucoup de noix, du foin et des fourrages artilicicls.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On importe le tiers des céréales et on exporte les deux tiers des vins.
On élève dans la commune des bêtes à cornes , des moutons, des cochons, quelques ânes pour le service des moulins, et des volailles. 50 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait de grands progrès. Le gypse y est employé comme amendement.
On trouve sur le territoire d'abondantes sablières , des carrières de pierre à bâtir, à chaux et de taille de bonne qualité, en exploitation , des coquillages très variés et des pierres précieuses que nous recommandons à l'attention des lapidaires du département.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins.
Foires. Deux foires , ûxées au 27 avril et au 19 octobre.
Commerce , industrie. Il y a un moulin à farine à 5 paires de meules, avec un battoir à chanvre et une huilerie, un autre moulin à 4 paires de meules, avec un battoir à chanvre , une huilerie, un battoir à blé et une scierie mécanique à une lame de scie pour bois de construction , 2 fromageries, dans lesquelles on fabrique annuellement 12,000 kil.
de fromage façon Gruyère.
Les patentables sont : 2 aubergistes, 1 maréchal-fcrrant , 1 marchand épicier et 4 cordonniers.
Biens communaux : une un cimetière à l'entour et un presbytère. La Chapelle possède sur son territoire 216h 78a de bois, pâtures, broussailles, friches et terres lab., d'un rev. cad. de 2605 fr. La section de Chilley, 51h 93a de pâtures et bois taillis, d'un rev. cad. de 728 fr.; celle d'Onay, 109h 45a de bois taillis , pâtures et broussailles, d'un rev. cad. de 1419 fr. Il y a un lavoir couvert , un abreuvoir et une fontaine à la Chapelle; une fontaine avec lavoir et abreuvoir à Onay et Chilley. Le village aurait besoin d'une maison commune.
Ecole des garçons. L'école des garçons, fréquentée en hiver par 50 élèves , est tenue dans un bâtiment
C — libh — c
donné par Mmo Marie -Angélique Annel, née Dcletile. L'instituteur est logé dans une maison particulière.
Ecole des filles. L'école des filles, également fondée et dotée par Mmo Annel, est tenue par deux sœurs de Saint- Vincent-de-Paul , dont la maison-mère est à Besançon, et fréquentée par 70 élèves en hiver.
Bois communaux ; la Chapelle a 16ih 69ade bois, dont fth 85* sont coupés annuellement; Chilley, B3h 25a; coupe annuelle, ib Î7a ; Onay, 64h 08a; coupe annuelle, lh 74a.
Budget : receltes ord. , 6306 fr. ; dépenses ord. , 5787 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Des témoignages irrécusables prouvent l'existence du village de la Chapelle antérieuremeut à l'arrivée de César dans les Gaules. Trois coins de bronze , ou suivant quelques archéologues , trois haches de sacrifices (gauloises , furent trouvées en 1 822 par Pierre-François M ichoulier, dans une pièce de terre appelée aux Champ-Pouroz. En signalant cette découverte , M. D. Monnier dit que ce lieu n'offre , aux yeux des antiquaires , de même que le terrain où furent trouvées les trois haches de sacrifices, aucun titre à leur recommandation particulière. Nous sommes heureux d'en avoir plusieurs à indiquer. Un climat du territoire s'appelle «tir la roche que vire.
Cette dénomination , très significative, donne lieu de croire qu'il y avait là une pierre branlante , monument druidique de même nature que celui qu'on voit près de Poligny. A peu de distance se trouve une contrée appelée sous le Bellieuy dérivé de Bélénus , nom sous lequel les Gaulois honoraient Apollon. L'époque romaine est aussi représentée par différents vestiges. Nous ferons
remarquer que la plaine dans laquelle Marius livra aux Teutons la terrible bataille où il tua , dit-on , cent mille de ces barbares, se nomme Çhamp-Pouroz , ou Champ-des- Pourrières (campi putridi). Cette coïncidence expliquerait le nom de Champ- de-Bataille que porte un climat voisin. Ne pourrait-on pas admettre qu'une bataille fut livrée sur les bords de la Furieuse, lors de l'invasion des hordes allemandes , du m* au v* siècle? On a trouvé, en 1840, au pied du mont , plusieurs cadavres ayant à leurs côtés des épées romaines rongées par l'oxide.
On découvrit dans le même lieu , en 1810, un mur fort épais auquel était attaché un énorme anneau en fer.
Une roule que M. Ed. Clerc a omis de faire figurer sur sa carte des voies romaines, reliant Salins à Besançon, passait entre Chilley et Onay, et traversait à la Chapelle , des contrées appelées à la Pérouseei à VElrière.
Nous pourrions citer une foule d'exemples qui prouveraient que le nom de Pérou, la Pérouse , est très commun sur nos routes romaines et au voisinage, et qu'il en est de même de celui d'Estrée , d'Estrelle , d'Estrat , d'Estrières.
Le premier titre qui mentionne la Chapelle est du xue siècle.
Seigneurie. La Chapelle dépendait en toute justice de la seigneurie de Rennes, qui relevait directement du comté de Bourgogne. 11 y avait en outre dans ce village un fief appelé le fief du Perret. Chilley était un fief en moyenne justice , relevant de la baronnie de Vaugrenans.
Seigneurs de la ChapelU. (Voir l'article Rennes.)
Seigneurs de Chilley et du fief du Perret. Une maison noble de nom et d'armes, du nom de Chilley, posséda dans l'origine la seigneurie de
ce village. Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, d'en distinguer les membres d'avec ceux du même nom qui possédaient la seigeurie de Chilly ou Chilley, près de Lons-le-Saunier et Chilly ou Chilley, près de Salins. Hugues de Chilley , chevalier, prit part, avec une foule d'autres grands personnages , à la croisade de 1189. II y avait a Besançon, en face de l'église actuelle de Saint-Maurice, une tour appelée Tour-de-Cbilley, qui fut détruite, en 1281, à la suite d'une émeute.
Richard de Chilley assista, en 1 301 , à l'hommage rendu à Jean de Chaion, sire d'Arlay, de la seigneurie de Mootrivel, par Guillaume de Sic. - Croii, chevalier, au nom de Guillemette de Commercy, son épouse.
Alexandre de Chilley fut reçu à la confrérie de Saint-Georges, en 1 528, et mourut en 1539. Etienne Bouveret, marié à Catherine de Scey, était seigneur de Chilley en 1560. M. des Barres possédait le fief du Perret en 1578. Louise Alepy, veuve de Gaspard Coquelin , de Salins, et Guillaume Coquelin, leur fils, achetèrent les terres de Chilley, du Perret et de Germigney. Thomas de PonUillier, baron de Vaugrenans, leur permit, le 27 mars 1582, de prendre possession de la première , qui relevait de lui, sans danger de commise.
Guillaume Coquelin, seigneur du Perret, Chilley et Germigney, servit en qualité de volontaire, dans le terce du baron de Rye, en 1589.
Il reprit de fief, du souverain de Bourgogne, la terre du Perret, le 20 novembre 1599, et fut convoque aux Etals de la province en 16 U.
H mourut le G juillet 1619, laissant de Catherine Jacquinot, plusieurs enfants et entre autres, Jean-Baptiste Coquelin. Ce dernier, seigneur de Germigney, de Chilley , du Perret,
d'Aresches , obtint , en 1633, des lettres-patentes de Philippe , roi d'Espagne, qui lui permettaient, en considération de ses services militaires et de ceux de son père , de quitter le nom de sa famille et de prendre celui de Germigney. Il épousa, le 29 août 1617, Anatoile- Suzanne Duchamp, dont il eut Guillaume, qui s'allia le 1er juin 1660, à Marguerite Bancenel, de laquelle il eut Jacques-François. Jacques- François de Germigney, capitaine de cavalerie dans le régiment de Saint-Mauris, obtint du roi, au mois de décembre 1717, l'érection en marquisat, sous le nom d'Aresches, des terres d'Aresches, Chilley, l'Abergement et du Perret, en considération de sa noblesse et de l'ancienne possession de ces terres dans sa famille. Il épousa, le * février 1 69 1 , Bonaventure de Saint-Mauris, dont il eut Claude-François de Germigney, qui fit ériger, au mois de juillet 1740, les terres de Germigney, de Chilley, du Perret et de Rennes, en marquisat, sous le nom de Germigney, la première érection, faite en 1717, étant devenue caduque , par l'aliénation de la terre d'Aresches, à laquelle ce titre avait été attaché. Claude-François de Germigney épousa, en premières noces, Marie -Rosalie d'Essalle, fille de Louis, comte d'Essalle, et en secondes noces, Charlotte Bancenel de Myon. Il laissa pour héritiers, Jacques-François de Germigney, chevalier de Saint-Louis, capitaine dans le régiment du roi, infanterie, reçu à la confrérie de Saint- Georges le 28 avril 1758, et Charles-Joseph, capitaine dans le régiment du roi, dragons, ses deux fils.
Mme Denise-Victoire de Chastclier du Mesnil, veuve de M., le marquis de Germigney, ayant émigré en
1790, avec ses trois enfants, qui étaient Mme Françoise-Emilie de Germigney , veuve en 1 823 de M. Joseph-Luc-Jean-Baptiste-Hypolite , comte de Mareschal-Vezet ; Mme Bonaventure-Denise-Victoire de Germigney, épouse à la même époque de M. Réné-Louis Dominique, comte de Gros-Préville et Agathe-Félicité- Josephe de Germigney , leurs biens furent vendus nationalement.
Château. Le château de la Chapelle se compose d'un bâtiment quadrangulaire, relié au moyen d'une galerie à deux ailes, formant les côtés d'une vaste cour, séparée de la rue par un mur de clôture. Le corps principal est d'une architecture monumentale, appartenant à la renaissance. Le soubassement est en bossage. La plupart des fenêtres sont belles et géminées, mais disposées contre les plus simples règles de la symétrie. Aux deux angles delà face sud, sont suspendues en encorbeillement deux gracieuses tourelles. Cette partie principale du château a été construite au xvne siècle et les autres au xviu". Dans un mur qui existe derrière ce manoir, nous avons été surpris d'y rencontrer un beau chapiteau roman qui date du xe siècle. Plusieurs particuliers habitent aujourd'hui le château, qui fut vendu en détail par l'Etat.
Fief du Perret. M. Léon de Perrey a converti en charmante habitation, entourée d'un beau jardin anglais, le bâtiment dépendant de l'ancien fief du Perret.
Eglise. L'église, sous le vocable de saint Pierre, apôtre, dont on célèbre la fête le 29 juin, est bâtie sur une éminence qui domine le village.
Elle se compose d'un porche, d'un clocher , d'une grande tribune , d'une nef, de deux chapelles, d'un
chœur , d'un sanctuaire et d'une sacristie. La nef a été construite à deux époques différentes. La partie contiguë au chœur est la plus étroite et la plus ancienne et parait dater du xvn* siècle. Elle est décorée de pilastres toscans de mauvais goût, sur lesquels s'élèvent les arcs-doubleaux et les arêtes de la voûte à plein-cintre de cette partie de l'édifice. Le chœur et le sanctuaire octogonal datent du commencement du xvi* siècle. Leur voûte est décorée de nervures en bois appartenant au style ogival flamboyant. La partie de la nef attenante au clocher est plus large que l'autre et date de 1711 ; elle est couronnée par un plafond. De chaque côté de la partie de la nef, contiguë au chœur, sont deux basses arcades à plein-cintre, qui mettent en communication la nef avec les chapelles. La chapelle de droite appartenait au seigneur. Guillaume de Germigney y fonda , le 1 8 août 1685, une messe le lundi de chaque semaine. La confrérie du Saint-Esprit y faisait ses exercices ; l'autre chapelle avait été fondée par les membres de la confrérie du Mont- Carmel. L'église renferme une chaire à prêcher, délicatement sculptée et un retable de style Louis XV. U y a entre autres peintures , un tableau sur bois donné par la famille de Germigney, représentant Jésus crucifié sur le Calvaire. On y voit aussi la tombe de Mme Marie-Rosalie d'Essalle, épouse de M. Claude-François de Germigney, morte en 1743, et celles de MM. Renaud , Balaillard et Baroudel, tous trois morts curés de la Chapelle.
Cimetière. Le cimetière est ombragé par des arbustes et de magnifiques tilleuls. On y remarque les tombes de Mme Marie-Angélique
Annel, née Deleule, morte en 1850; de Charles-Armand Girod, de Rennes (1754-1854), ancien officier de cavalerie ; de M. Maric-François-Delphin Maire (1757-4841), néàPontartier, chanoine de Besançon.
Chapelle d'Onay. La chapelle d'Onay ou Ornay, fut fondée le 4 mars 1634, en l'honneur de l'Annonciation de la Vierge, de saint Charles, saint Roch et saint Claude. Elle était de la nomination de l'avocat Mathon, de Salins. L'hôpital de Salins est aujourd'hui chargé de l'entretenir.
Chapelle de Chilley. Elle est dédiée à saint Benoit et appartient à la famille Ànncl de Chilley.
Presbytère. Le presbytère, insuffisant, mais en bon état, joint le cimetière. Il fut donné à la fabrique en 1822 , par Jean -Claude Maraud, de la Chapelle. 11 avait été vendu nationalement en 1793.
Evénements divers. La peste fit de tels ravages de 1656 à 1638, que ce village resta complètement désert.
Les terres et les vignes, réduites en friches, ne commencèrent à être cultivées de nouveau que cent ans après.
BIOGRAPHIE
Ce village est la patrie de Jean- Denis Ployer (1762 1842), qui, l'un des premiers, entra dans la Bastille, lors de sa prise en 1789; de Pierre Dunand (1774-1850), qui fut tour à tour soldat, trappiste, missionnaire et prêtre, et de plusieurs ecclésiastiques encore vivants , tels que MM.
Bol , curé des Pelites-Chieltes et Faivre, curé de Louvatange.
ChapelIoVoland , Capella-FO-
lens, Capella-Foltnens in Escoëns, vg. de l'arr. de Lons-le- Saunier, çant. de Bletterans, chef-lieu actuel
de perception , percep. future de Bletterans; cure cant.; vicariat autorisé le 31 juillet 1847; à 12kil. de Bletterans et 25 de Lons-le-Saunier.
11 est limité au nord par Torpes , Bellevesvre et Mouthier-en-Bresse ( Saône-et- Loire ) , au sud par le Plasnois , Busjean (Saône-et- Loire), Coges , Nance et Relans , à l'est par Commenaillcs et Relans, à l'ouest par Torpes, Montjay et le Plasnois.
Altitude : 213m, terme moyen.
Il est traversé par la roule dép.
n° 22, de Lons-le-Saunier à Dijon, par le chemin de gr. com. n° 1, de Sellières à Bellevesvre, par les chemins vicinaux tirant de Chapelle - Yoland au Plasnois, à Coges, li Nance , à Torpes , à Bosjean , de La rg illais à la Marre, des Montarlots au Bois-d' Amont , des Brantus au chemin de gr. com. n* 1, de la Chasnée à la Corbière, du champ de foire aux Miconnets, par les ruisseaux de la Darge, du Vernois, de la Chasnée et par la rivière de Braine, qui limite sur une faible longueur le territoire de Chapelle-Voland de celui de Montjay.
Ce village est situé sur le plateau très accidenté de la Bresse. Il est divisé en un grand nombre de hameaux. Les maisons sont construites partie en terre avec pans de bois et couvertes en chaume , partie en pierres et couvertes en tuiles.
Pop. en 1806, 1810 hab. ; en 873 nom. et 861 fem. ; pop. aggl. 77 hab.; eparse, 1657; pop. spéc.
par kil. carré , 57 hab.; 312 maisons, savoir : au Fillage, 15 ; aux Boucliez , 7 ; à la Chasnée, 8 ; aux Jonces, 7; aux Rivières, 31; aux Camus, 10; à Largillais, 23; aux Noirols, 5; à la Faivre, 1 ; aux Meninots , 1 ; aux Gautherons, 1 ; aux Renards , 3 ; aux Roz , 18 ;
au PelH-Romette, 4; aux Brantus, 26 ; à la Grange- Boisson, 7 ; aux Vavrans ou aux Piotelals, 26 ; aux Jiabus, 5; aux Rollins, 10; au Bois- d' Amomi , 10; aux Blands, 13; aux Montarlots, 26; aux Mchclins, 5; aux Miconnel s, 13; à Marlot, 3; à Lamare, 19 ; aux Maures, 4; au Portail, 5; aux Jointoux , 2 ; aux Corniers ou au vtftaoe des Bois, 7; à la Daroc, 7; au grand Romette, 10 ; au Trem- Wofc, 7; à Sencenne, 10; à la Corbière, 4 ; 406 ménages. La plupart «les hameaux portent le nom des familles qui les habitent.
On n'émigre pas.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1878.
Cadastre exécuté en 1811 ; surf, territ. 3024h 78a, divisés en 9729 parcelles que possèdent 777 propriétaires , dont 205 forains; surf, imp. 2909b 86a, savoir : 191 0h 59* enterres lab., 45ih 11* en prés, 373h 54* en bois, 99h 52* en étangs, 1 9h 57* en sol des propriétés bâtie), iôh 70* en pâtures, 9h 85* en friches , 9h 72* en jardins, 5h 56* en vergers , 2h 46* en mares, 2h 32* en marais, lh 99* en vignes, lh 1 1* en dessertes , lb 11* en terres vaines , 19* en abreuvoirs, 43* en terrains plantés, d'unrev. cad. de 81,822 francs; cont. directes en principal 10,782 fr.
Le sol , d'une fertilité ordinaire , produit du blé, du seigle , du maïs, de l'orge, de l'avoine , du sarrasin, des légumes secs , de la navette, du colza, du chanvre, des betteraves, des pommes de terre, des fruits, du foin, des fourrages artificiels et un peu de vin.
On exporte moitié du produit des céréales et on importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bêtes à cornes, des chevaux, des moutons, des cochons et des volailles. 500 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire des sablières non exploitées et du minerai de fer en grande quantité. Une mine est exploitée aux Villeros pour l'usage des forges de Baudin.
Il y a un moulin à la Corbière, un autre appelé le moulin Coquillot , un moulin à la grange Boisson, tous à deux paires de meules, un moulin au hameau du Cret à trois tournants avec huilerie, un moulin au Camus, à deux tournants et trois huileries mûes par des chevaux.
Les patentables sont : 3 aubergistes, 2 marchands de tissus ou de mercerie, 3 charpentiers, 3 taillandiers, 1 fabricant de sabots , 1 marchand épicier. Chapelle- Voland est la résidence d'un notaire, d'un médecin et d'un géomètre.
Foires, 11 y a 4 foires, fixées au 15 avril, au 13 juin, au 13 août et au 1 2 septembre. On y vend des bêtes à cornes, des moutons, des cochons, de la mercerie et de la quincaillerie.
Biens communaux: une église, un cimetière à l'entour, un presbytère, une maison commune insuffisante et dans un état déplorable, contenant le logement de l'instituteur et la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 120 élèves, et 61h 14* de friches, abreuvoirs, pâtures, bois, mares, d'un rev. cad.
de 690 fr. 11 y a deux sous-maitres et une sous -maîtresse établis dans les hameaux de Lamare , de la Grange-Boisson et des Rabus, dont les écoles sont fréquentées par 80 garçons et 40 filles.
L'institutrice tient, dans une maison particulière, son école, fréquentée en hiver par 63 élèves.
Bois communaux : 57 b 60° divisés en coupes triennales ; essences dominantes : chêne charme et bois blanc. Ils appartiennent à la section de Largillais.
Budget : receltes ord. 9635 fr.; dép. ord. 9254 fr.
NOTICE HISTORIQUE
L'origine de Ghapelle-Voland parait remonter à l'époque celtique.
Les coutumes traditionnelles , de vieux usages , des croyances et des cérémonies superstitieuses semblent toutes appartenir à celle période primitive. Au bas du hameau de Sencenne, près d'un bac jeté sur la rivière de Braine, on remarque une éminence artificielle assez vaste, sur laquelle la tradition place une forteresse , entourée d'eau de toutes parts , à la manière des résidences gauloises ou des châteaux du Nord.
A peu de distance de cette motte , se trouve dans la rivière, en un lieu appelé le Gour-de-Lisle , une espèce de gouffre, du fond duquel, à l'heure de minuit de Noël, les habitants affirment entendre des sons de cloche.
Du centre d'un marais, appelé VEtang-du-Fort , qui s'unit à de vastes étangs, s'élève à quelques mètres de hauteur, un tertre d'environ 18 ares de superficie, encore circonscrit par des fossés profonds , au sommet duquel était construit un fortin , qui probablement remonte aux temps celtiques. Un chemin solide reliait cette tour à une grande voie qui passait à deux ou trois kilomètres au nord. Une forêt , très rapprochée de cette tour, porte le nom de Boschat, mot qui parait dériver de Boscus, bois sacré. Un terrain boisé entouré d'étangs, aussi dans le voisinage , porte le nom de Curtil-Marlin. La tradition nous
apprend que , pendant longtemps , de grandes dames, en robes noires, apparurentde nuit autour de cette Ile déserte, et qu'ensuite elles s'y montrèrent resplendissantes de blancueur,mats pour ne plus revenir. Autour de l'étang de Bêche, on voyait autrefois des demoiselles, au nombre de trois , qui arrêtaient les voyageurs, les faisaient tourner, tourner, puis disparaissaient. Toutes ces croyances ne se rattachent-elles pas au culte druidique , à la présence dans ces lieux de prêlresses gauloises ? La voie romaine de Ledo (Lonsle-Saunier), à Verdun-sur-le-Doubs (Virodunum) et Autun (Augustodinum), passait par Montmorot, Villevieux, Relans, Montfcrraier, au hameau de la Vaivre , commune de Chapelle-Yoland et à Bellevesvre.
On en voit des fragments, de distance en distance, reconnaissables dans ce sol sans pierres, à des pavés compacts, régulièrement alignés à travers les bois, les prés et les champs. Une autre voie, partant d'Arlay, venait aboutir sur la précédente, en passant au sud de Commenailles. Un étang et un hameau placés au bord de cette route, se nomment l'étang et le village des Maures. Une telle dénomination peut faire supposer que les Sarrasins suivirent cette route depuis la Bourgogne, au vin® siècle, lorsqu'ils vinrent piller les abbayes de Baume, de Saint-Lolhein , de Silèce et de Chàteau-Chalon. Un climat non loin de la Braine, porte le nom de Champde-Bataille. Il est remarquable que cette dénomination se retrouve surtout au bord des rivières. Il y a le Champ-de-Bataille dans la vallée de l'Ain , le Champ-de-Bataille au bord du Doubs, entre le Petit-Noir et Longwy, le Champ-de-Bataille , au village de la Chapelle, sur les
bords de la Furieuse, etc. Un hameau s'appelle au Portail. On y percevait probablement un péage.
On trouve sur le territoire des pièces de monnaie qui appartiennent à la décadence de 1 empire romain, à l'invasion bourguignonne et aux temps mérovingiens. Non Join de la Braine , on a découvert en 1824 ou 1825, deux demi-sous d'or. L'un est à l'effigie de Valentinien III , mort en 455 , au front diadémé; il offre au revers une croix grecque dans une couronne de laurier avec le mot Conob, à l'exerque. L'autre montre le profil d'une tête barbare , entourée de mots et de sigles, dont on ne distingue bien nettement que AVRE, qui semble indiquer non l'empereur Aurelien, mais Orléans ; au revers est une croix latine, posée sur la base et séparant l'Alpha de l'Oméga. Toutefois , le premier titre qui mentionne ce village est de l'an il 10; c'est le décret par lequel Guillaume, archevêque de Besançon , confirma à l'abbé de Baume la possession de l'église de la Chapelle (ecclesiam de Capella)% avec les dépendances que le prêtre Aymon, surnommé la Mauvaise- Mouche , avait reçues de ses prédécesseurs. L'abbé Richard , dans son Histoire du diocèse de Besançon, citant un décret de l'archevêque Guillaume, de l'an lll(,qui confirme à l'abbé de Baume la possession de diverses églises, et entre autres d'Osselles , de Dannemarie , d'Eslrabonne , de Vitreux, de Jallerange, de Benevent, de la Chapelle, a cru qu'il s'agissait de Féglise de Chapclle-Voland (tome 1er, page 304). Cet historien s'est trompé. Il s'agissait dans le titre de celle de la Chapelle , près du prieuré de Bonnevent.
Seigneurie. Chapelle-Voland se di-
visait en deux seigneuries principales, l'une dite de Largillais et l'autre de Champ-Flory ou Champ-Fleury, Campus Floridus.
Seigneurie de Largillais. Elle comprenait le hameau, du nom de la Chapelle et ceux qui étaient au nord de l'église.
La maison noble de nom et d'armes du nom de Rufîey, possédait , dans l'origine , la seigueurie de Largillais. Jacques deMontmoret (Montmorot) , sire dudit lieu, Ruffey et Bletterans en partie qui vivait en 1246, épousa l'héritière de la mai* son de Ruffey et eut pour fils Etienne. Ce dernier releva le nom et les armes de sa mère. Otton , comte palatin de Bourgogne , lui manda , en 1279 , de reprendre en fief, de Jean de Chalon, sire d'Arlay, laseigneurie de Largillais. Il avaitépousé Béatrix, qui était veuve de lui en i 295 , l'ayant rendu père d'une seule fille, nommée. Marguerite. Marguerite, dame de Montmoret, Ruffey, Bletterans en partie , Largillais, recueillit la riche succession des maisons de Montmoret et de Ruffey. Elle épousa en premières noces , avant 1 298 , Pierre de Joinville , de la branche établie au comté de Bourgogne , dont elle eut Guy de Joinville , et passa , avant 1 504 , à de secondes noces avec Hugues de Vienne, seigneur de Lons-le-Saunier et de Seurrc. Guy de Joinville laissa deux fils, Jean et Philippe. Jean affranchit Largillais de la main morte réelle et personnelle en 1367. Le samedi après la Saint - Clément de l'an 1369, Marguerite de Vienne, veuve de Louis de Chalon, sire d'Arguel et de Cuiseaux , céda, au nom de Jean et de Henri de Chalon , ses deux fils mineurs , à Hugues de Chalon-Ar^ lay II, oncle de ces derniers, la mouvance et la suzeraineté des fiefs de
Pymont, Ruffey. Beauregard, Crilla, Loisia , Maillercy, Courlaoux et Largillais. Philippe de Joinvillc, second fils de Guy, eut une fille, Agnes, qui se maria deux fois : en premières noces avec Guillaume de Vcrgy , en secondes noces avec Philibert de BeaufTremont, qui fil, le 11 juillet 1 389 , devoir de vassal pour la (erre de Largillais , envers le baron d'Arlay. Marie de Bcauffremont, sa fille, en donnant sa main à Jacques de Vienne, fils de Guy, fit rentrer celle terre dans la maison de Rufley.
Le 25 juin 1421 , Jacques de Vienne reconnut tenir en fief de Louis de Chalon-Arlay III , prince d'Orange , à cause de son château d'Arlay, les châteaux et appartenances de Ruffey , Desnes et Largillais.
Le 6 septembre 1440, Louis de Chalon , donnant à Philippe , duc et comte de Bourgogne, le dénombrement de sa terre d'Arlay , déclara que Jacques de Vienne tenait de lui le fief et le château de Largillais , la chàtellenic, la ville, les bois, les étangs , la noblesse , la juridiction , usages, ressort, bâtis, fiefs et arrière-fiefs dépendant de celle seigneurie.
De la maison de Viennc-Ruffey- Comarin éteinte en 1666, Largillais passa dans celle de Damas , par le mariage de Claude-Alexandrine de Vienne avec Claude de Damas. Le 17 janvier 1784 , François-Jacques de Damas , petit - fils de Claude , vendit ce fief à M. Cornier, bachelier ès-droits , qui demeurait au Petit- Romettc , l'un des hameaux de Chapelle- Voland.
Fief de Champ-Flory. 11 se composait des hameaux situés au sud de l'église. Il n'a cessé d'appartenir aux seigneurs de Chalon-Arlay. (Voir Arlay.)
était bâti à l'ouest du village , sur une éminence , proche des champs dits de Bête-Noire. Détruit de 1477 à 1479, par les armées de Louis XI, M. Cornier fit bâtir sur son emplacement une habitation bourgeoise , démolie depuis 2b ans.
FiefdcKomelte. En 1390, Jean de Rougemonl et Béalrix de Gevingey, son épouse, reconnurent tenir en fief, du sire d'Arlay, la seigneurie de Romelte, en justice haute, moyenne et basse. En 1 4 1 6 , Jean de Vaudrey, chevalier, en 1 50 1 , Lancelot de Vaudrey, sire de Courlaoux , firent la même déclaration. Adrien de Vaudrey , mort de 1539 à 1543, eut d'Anne de Willafans , son épouse , Anne de Vaudrey, qui épousa Claude , baron de Ray. Ce seigneur fournit son dénombrement au baron d'Arlay, le 17 février 1569. Anne de Vaudrey et Claude de Ray n'eurent qu'une fi'le, Louise de Ray, qui épousa en premières noces Philibert de Montmarlin , grand gruyer de Bourgogne , et en secondes noces le marquis d'Aix. Celte dame vendit le fief de Romette ou Roumelte à Antoine de Litteau , écuyer , qui le transmit à Henri Charreton, premier auditeur de la chambre des comptes de Dole, et à Charles Charreton , vivant en 1682. De la famille Charreton , Romette passa à M. Desbois, qui le vendit, le 1 4 juillet 1718, à la famille Matherol. Le 17 avril 1720, Thérèse Maréchal, veme d'Antoine Matherot , seigneur de Desnes et autres lieux, conseiller au parlement de Besançon , François- Ignace Matherot de Desnes , chanoine à l'église métropolitaine de Besançon , et Denis-Joseph Matherot, conseillerai! parlement de celle, ville , le revendirent à Joseph Bret , professeur à l'université de Bcsan-
Château. Le château de Largillais | çon , et à Jeanne-Françoise Hugtic-
C — /jG2 — C
net , son épouse. Ces derniers t'aliénèrent, en 1760, à M. Godard, d'Orgelet , qui le revendit lui-même à M. Mazuyer , dernier possesseur.
Le manoir féodal a été démoli depuis plus de 20 ans.
Fief de la Chasnée. La seigneurie de la Chasnée comprenait les hameaux de la Chasnée, des Jointoux, de la Corbière et du village des Bois. Elle était divisée en deux parlies : Tune comprenant une fraction du hameau de la Chasnée et les Jointoux, appartenait aux seigneurs de Jousseaux , qui le vendirent , quelques années avant la révolution de 1789 , à M. Jean-Benoît Sappel, commissaire à la réformation des salines de Montmorot , fils de Henri- François Sappel, conseiller doyen au présidialde Lons-le Saunier ; l'autre, composée d'une autre fraction de la Chasnée, delà Corbière et du village des Bois appartint à l'abbaye du Sauvement , puis, à l'abbaye de Baume, lorsque cette dernière fut parvenue à obtenir l'union du prieuré du Sauvement (1422).
fief du Cret. Il se composait d'une tour construite sur l'emplacement du fort romain , dont nous avons parlé , de deux vastes étangs et d'un moulin , appelés Etangs et Moulin du Cret , appartenant aujourd'hui à M. Baumal. Ce fief donna naissance à une maison noble de nom et d'armes, qui porta le nom de Cret. En 1387 , Jean du Cret et Jeanne , fille de Genevet du Rognon, donnèrent tout ce qu'ils possédaient sur le territoire de Charchilla , à l'abbaye de Saint-Claude. 11 ne reste pas le moindre vestige de la tour, excepté de la brique etdesclous*, bien qu'elle présentât encore, en 1526 , des pans de murs d'une certaine dimension.
Fief de la Vaivre. H se composait d'un vaste domaine , avec une mai-
son et une chapelle , et appartenait à MM. de Chapon , seigneurs de Layer. En 1743 , M. de Chapon était marié avec M11* Linglois d'Aumont , fille du seigneur de Nance. Il appartient aujourd'hui à M. Morel, de Manlry.
Eglise. L'église est placée sous le vocable de l'Assomption delà Vierge, dont on célèbre la féte le 18 août.
Elle se compose d'un clocher, d'une tribune , d'une nef , d'une chapelle dite Chapelle de la Vaivre , et d'une sacristie. Une partie de la nef , le chœur et la chapelle voûtés, sont du style ogival , à l'exception des fenêtres , qu'on a modernisées. L'autre partie de la nef, moins ancienne , est plafonnée. Le clocher, construit à la fin du siècle dernier, est en pierres détaille ; une flèche, récemment réparée, le surmonte. La nervure qui joint la porte méridionale de l'église retombe sur un ange sonnant de la trompette , grotesquement sculpté, Au dessous est un basrelief représentant un cerf poursuivi par des chiens. La nervure correspondante retombe sur une tétc humaine.
Presbytère. Le presbytère, acquis en 1840 , est très convenable.
Il renferme la salle de la mairie.
biographie.
Mazué, Denis-Marie, né en 1 742, capitaine à la 84e demi-brigade d'infanterie de ligne, qui a fait avec distinction les campagnes de la république et de l'empire.
Chappols, Chappois, Chapoy , Chapoix, vg. de l'arr. de Poligny , cant. et bur. de poste de Champagnolc , perception de Vers-en-Montagne; succursale; à 14 kilom. de Champagnole , 20 d'Arbois , 25 de Poligny et 51 de Lons-le-Saunier.
Altitude :654œ.
Il est limité au nord par Andelot et Supt, au sud par le Larderet, les Nans et Onglières , à Test par Pienise et Esserval-Tartre , à l'ouest par le Larderet, les Nans et Onglières. Garde-Bois, les Besscs et la ferme de la Doye font partie de la commune.
11 est traversé par les chemins vicinaux tirant à Andelot , à Supt , à Vers, au Larderet, aux Nans, à Garde-Bois , par les chemins dits de la Rochelle , des Grands-Champs , de Foiseux et do Tartre , par la rivière d'Angillon, qui a une partie de sa source à la Fontaine-Noire, par la Serpentine , le ruisseau de la Doye et le ruisseau des Prés-Fromont.
Ce village, bâti sur un plateau, au sommet d'une éminence, dont l'Angillon baigne les pieds, occupe une charmante position. Il se divise en plusieurs rues, appelées Bas-des- Rocltes, rues de la Combe, du Chalet, du Jeu-de-Quilles , du Moulin , du Bas , du Milieu , de la Fontaine , rues Parouset et du Cbamp-de-la- Croix.
Les maisons , groupées , sont construites en pierres et couvertes en tuiles ou bardeaux. La plupart ont un étage au-dessus du rez-dechaussée.
Pop. en 1790, 353 hab. ; en 4846, 501, en 1851, 483, dont 241 hom.el242fem.; pop. agglom.
454 ; pop. spéc. par kil. carré, 48 hab.; «9 maisons, savoir : dans la rue du Bas-des-Roches , 4; dans celle de la Combe , 3 ; du Chalet , 16 ; du Jeu-de-Quilles, C ; du Moulin , 1; de Parouset, 10 ; du Champde-Ia-Croix, 2; du Bas, 10; du Milieu , 7 ; de la Fontaine , 7 ; au hameau de la Doye, 1 ; des Besses, i et de Garde-Bois, 1 ; 114 ménages.
Les jeunes gens émigrent, pour aller au service à Paris et à Lyon.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1555. On y remarque l'acte de décès d'un nommé Arbez , mort à l'âge de 108 ans et 8 mois.
Cadastre exécuté en 1823; surf territ. 1007h 16*, divisés en 911 parcelles que possèdent 121 propriétaires, dont 50 forains ; surf, imp. 670h 52a, savoir : 257h 51» en terres lab., 153h 36* en pâtures 137*94* en bois, 105h60*en prés, 14b 66* en bois broussailles, 2h 78a en jardins, 2h 42* en friches et murgers, 2h 23* en sol et aisances des maisons, d'unrev. imp. de 7508 fr.; cont. directes en principal, 1816 fr!
La surface non imposable , de 356h 64*, se composait de la forêt nationale de la Joux, mise en vente par l'Etat au mois de décembre 1852.
Le sol, d'une fertilité ordinaire , produit du blé , de l'orge , de l'avoine , peu de maïs , des légumes secs, de la navette , des pommes de terre , des betteraves , du chanvre , des fruits , du foin et des fourrages
On importe le tiers des céréales, et tout le vin nécessaire à la consommation.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On élève dans la commune des bêtes à cornes et des volailles. On y engraisse quelques vaches. 50 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et de taille de bonne qualité, de la marne, qu'on néglige d'employer à l'amélioration des terres.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Champagnole et de Salins.
Il y a deux fromageries produi-
sant annuellement 20,000 kilog. de fromage, façon Gruyère, un moulin à (rois tournants avec quatre scies verticales, et une scie circulaire pour bois de construction , et un battoir à blé.
Les patentables sont : deux marcbands de bois de sapin , un aubergiste, un cafetier, un débitant de tabacs, un marchand épicier- mercier, un maréchal-ferrant, un sabotier et un cordonnier.
Les habitants ont le tort de négliger l'agriculture pour s'occuper du commerce et du transport des bois de sapins.
Biens communaux. Une église , un cimetière à Pentour, un presbytère en bon état , mais insuffisant , une maison commune construite en 1831, qui a coûté 15,000 fr.; elle renferme les logements de l'instituteur et de l'institutrice , la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 68 élèves; celle des filles, fréquentée par 65 élèves, le magasin de deux pompes à incendie, manœuvrées par une compagnie de 27 pompiers , un chalet construit en 18a9, sur les plans de l'architecte Borne, contenant le logement du fruitier, la salle de mairie , le cabinet des archives, la fruiterie, les laiteries, les caves et toutes les aisances que comporte un établissement de ce genre; c'est un des plus beaux du département ; une fontaine avec lavoir et abreuvoir qui tarit fréquemment. 11 conviendrait de faire une prise d'eau à la Fontaine-Noire pour établir dans le village une fontaine avec lavoir et abreuvoir ; deux mauvais réservoirs , et 257h 65a de bois et pâtures , d'un rev. cad. de 1395 fr.
Bois communaux : 138h 87* ; on délivre annuellement îftO stères de bois-sapins.
Bureau de bienfaisance : receltes ord. 17 fr., provenant d'un don fait en 182fr, par MUe Henriette de Princey.
Budget : recettes ord. 599ft fr.; dépenses ord. 4910 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Des traditions, des dénominations locales sont les seuls témoignages de l'existence de Chappois, à l'époque celtique. La source de l'Angillon, appelée la Fontaine-Noire, souvent visitée par la population , passe pour avoir été une fontaine sacrée. Une dame verte se promenait souvent autrefois sur ses bords romantiques. La Doye, autre source de la même rivière, est un mot qui appartient certainement aux nations primitives de la Gaule. Le ruisseau de la Serpentine rappelle la vouicre, ce serpent ailé, symbole du culte oriental. Le champ de l'Enclaye , nom dérivé probablement d'enclos , d'enclave, parait se rattacher au culte de Mithras, dans la Séquanie.
On trouve fréquemment dans des lieux ainsi nommés, des amas de pierres votives, constatant l'accomplissement d'anciens sacrifices. Le climat de Bélière tire vraisemblablement son étymologie de Belenus, surnom d'Apollon. Dans la forêt de la Haute-Joux , à mi-chemin de Chappois et de Garde-Bois, on remarque contre un bloc de rocher, des lignes creusées dans une pierre, dont la tradition attribue l'origine aux Sarrasins. Toutefois, le premier titre qui mentionne ce village , cité par M. Béchet, est de l'an 1087.
Seigneurie. Chappois était divisé en plusieurs fiefs relevant de la terre d'Andelot-en-Montagne. En 1286, Gaucher II de Commercy reprit de fief envers Jean de Chalon , sire d'Arlay, ses terres du Pasquier, de
Champagnole, Saint-Germain, Vannoz et Chappois. Le 20 juin 1544 , les habitants reconnurent deToir au prince d'Orange, deux cens annuels, l'un de 6 livres de cire , l'autre de 13 livres estevenantes , pour les droits d'usage que les anciens seigneurs de Noxeroy leur avaient concédés dans leurs forèls.
Fief de Falerans. Le principal fief de Chappois appartenait à la maison de Falerans. En 1460, Antoine de Falerans était pannetier du duc de Bourgogne. Jacques de Falerans fut blessé grièvement en 1463, dans la guerre contre les Gantois, en montant a l'assaut du fort proche de Steenbecque. Etienne de Falerans était de la confrérie de Saint-Georges, de 1507 à 153), et Jean de Falerans, de 1532 à 1556.
Artbaud de Falerans assistait, au mois d'octobre 1530, aui magnifiques funérailles de Philibert de Cbalon , prince d'Orange. C'est lui qui portail Vheaulme empannaché.
En 1584, Jacquette de Falerans porta le fief de Chappois en dot à Etienne Bourdet, son mari, écuyer. Il consistait alors en une maison-forte, en meîx et familles main - mortables , en moulins , foules et en droits de pêche et de chasse. Jacques Bourdet, petit-fils de Nicolas, ayant dissipé sa fortune, ses biens furent vendus par décret au bailliage de Salins, et adjugés à Claude Duprel, de Salins, écuyer. En 1 680, ce dernier acheta de Louis XIV , la justice haute , moyenne et basse sur Chappois. En 1749,Guérard-François Duprel, son fils, céda cette seigneurie, à litre d'échange, à Charles- Antoine-Chariot dePrincey, contre celle de Mérona.
M. dePrincey ayant marié, en 1814, Sophie- Julie-Félicité, sa fille, à M.
de la Bove, lui constitua en dot le domaine de Chappois. Cette dame
étant morte en 1817 et son mari en 1343, sans postérité, leurs biens furent vendus à plusieurs particuliers. Les masures du château furent adjugées à MM. Pasteur, frères.
Château. A l'est du village , sur une éminence naturelle, s'élevait l'ancien château de Chappois, construit au xve siècle. Il se composait de plusieurs corps de bâtiments qui bordaient une cour ornée d'un puits très profond. La rivière de d'Angillon baignait la base de l'éminence.
Détruit en partie par l'armée française, en 1639, Claude Duprel restaura ce manoir que des incendies, occasionnés par la malveillance, ont détruit en 1823 et en 1833. Il ne I reste que des pans de murs d'une tour quadrangulaire et les constructions adjacentes aux caves. Le cours de l'Angillon, les usines établies sur ce cours d'eau , les montagnes couvertes de sapins, formaient pour ce château une perspective très pittoresque.
Le signe patibulaire à deux piliers était à peu de distance du château. Le carcan existait à la place occupée aujourd'hui par la maison de Claude-Louis Gagneur. On voyait encore en 1830, le collier de fer auquel étaient attachés les condamnés.
Fief de Chamilly. Ce fief appartenait en 1 584 , à Jacques de Chamilly, qui en légua l'usufruit à Marthe de Chaflaut, son épouse. Le 24 avril 1748, Claudine de Champagne, veuve de Jean-Nicolas Bancenel , écuyer , sieur du Larderet , tant en son nom qu'en celui d'Alix de Bancenel , sa fille , fit hommage au seigneur d'Andelot , son suzerain .
du fief que Pierre Bancenel, docteur ès-droits , seigneur du Larderet, avait acheté par autorité du bailliage de Salins , de Jeanne de Chamilly , | veuve de Jean de Noxeroy.
io
Fief de Lescot. Jacques Lcscot possédait , au xve siècle , un fief qui passa à M. de Pécauld, seigneur d'Andclot. Claude Duprel avait à Cliappois une maison seigneuriale qu'il donna à M. Benoit, son domestique, pour les services qu'il lui avait rendus lorsqu'il l'accompagnait aux armées. M. Benoit, maire de Cliappois, l'occupe actuellement.
Prévôté. Une branche de l'illustre maison de Monmoret, qui avait reçu en fief la prévôté héréditaire de Chappois, portait le nom de ce village. Humbert de Chappois, chevalier, vendit en 1260, à Jean de Chalon l'Antique , ce qu'il possédait dans le ressort de la terre de Montmahoux. Eu 1276 , Huguenin de Chappois, fils de feu Renaud de Montmoret, céda à Jean de Chalon 1er, sire d'Arlay, ce qu'il avait dans la seigneurie d'Amondans.
Garde-Bois. Garde-Bois dépendait de la seigneurie de Nozeroy. Eu 1262, Jean de Chalon l'Antique attribua ce village aux enfants issus de son mariage avec Laure de Com mercy , sa troisième femme. En 1311, Jean de Chalon, sire d'Arlay, en fit hommage au comte de Bourgogne. Ce village est situé au sudest de Chappois , dans la forêt et au sommet d'une montagne , d'où l'on jouit d'une fort belle vue. Il parait avoir eu une certaine importance au moyen âge. On y remarque une cinquantaine d'éminences formées par des ruines de bâtiments.
Eglise, L'église de Chappois, construite en 1823, est dédiée à saint Mayeul, dont on célèbre la féte le 11 mai. Elle est bâtie sur une éminence et se compose d'une tribune, de trois nefs voûtées en berceau, d'un chœur terminé en hémicycle, d'une sacristie et d'un clocher qui n'a sa naissance qu'au-dessus de
la voûte de la nef principale et qui est couronné par un dôme. Des colonnes de l'ordre toscan supportent une partie du clocher et forment les huit travées qui séparent la nef des collatéraux. On remarque dans celle église un gracieux maître-autel en marbres aussi riches que variés.
En 1510, Louise de Nozeroy fonda dans celle église une messe solennelle. Une confrérie de Notre-Damedu-Mont-Carmel y fait ses exercices depuis 1718. En 1729, on y déposa des reliques aulhenliques de saint François-Xavier. Le patron ige en appartenait au seigneur du lieu.
Chapelle de Garde-Bois, Cette chapelle, bâtie sur le bord d'un précipice , est dédiée à saint Antoine , ermite. Elle fut restaurée en 1676.
Evénements divers. En 1659 , l'armée du duc Saxe-Weimar ayant éprouvé une défaite sanglante à Saint-Germain , brûla les villages de Garde-Bois et du Larderet. A peu de distance du château est un lieu appelé la Retraite. Dans le bois des Troncs, qui en est voisin , on découvrit en 1817, un grand nombre d'armes , telles que des mousquets, des sabres, des tenailles. La famille Arbez, pour éviter les dangers de l'invasion , se réfugia dans une cavité profonde au milieu de la forêt communale. On appelle celte cavité , le Creux-des- Arbez, Le territoire fut arpenté en 1762. A celte époque, les habitants cédèrent au seigneur le bois des Troncs, renfermant des sapins , des chênes, du hèlre et du bois blanc. Ces diverses essences ont disparu pour faire place aux sapins.
BIOCRARPH1E.
Ce village a vu naître MM Houston, Alexandre ( 1797) et Braud, rrosper(1805), tous deux médecins
distingues exerçant leur art à Paris; Droux, Jean-Baptiste (1773-1835), officier d'infanterie, chevalier de la légion-d'honneur ; Girod (1737- 1818), chanoine de Nozeroy, ancien curé de Villers-sous-€halamont, et M. Pasteur (1731-1836), mort curé de Lemuy. Il avait professé avec distinction la physique au collège Stanislas , à Paris. Ses vastes connaissances le faisaient passer pour sorcier dans sa paroisse.
Charf>ony , commune réunie à celle de Mournans, le 1er mars
Charrhiila , Charchiliacum , Charchillie , Char chiite , Charchillia , Charchillac , vg. de l'arr. de Saint-Claude , cant. , perc. et bur.
de poste de Moirans ; succursale composée de Charchilla , Crenans , Coulouvre, Maisod et Brilla ; à 4 kil. de Moirans , 27 de Saint-Claude et 35 de Lons-le-Saunier.
Il est limité au nord par Meussia, au sud par Moirans , à Test par Crenans et à l'ouest par Maisod. Le hameau du Rognon, la Mercantine et la maison Dukhan, font partie de la commune.
Il est traversé par la route dép.
n° 4, de Lons-le-Saunier à Genève , par le chemin de gr. corn. n° 27, de Salins à Dortan , par les chemins vicinaux tirant à Brilla, à Crenans, par les chemins dits la Vie-Borgne et du Mouillasson.
Ce village est situé sur un plateau de la rive gauche de l'Ain; son sol est très accidenté.
Les maisons sont groupées, construites en pierres et couvertes en bardeaux , paille et tuiles plates.
Les rues sont mal percées.
Pop. en 1 790, 346 hab. ; en 1 846,
360 ; en 1 83 \ , 34 1 , dont 1 79 hom. et 162 fem.; pop. spéc. par kilom.
carré, 50 hab. , 66 maisons, savoir :
au Village , 59 ; au Rognon , 2 ; à la Mercantine, 4; â la maison Dukhan , 1 .
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1720.
Cadastre exécuté en 1833 : surf, territ. 683h 17*, divisés en 2403 parcelles que posèdent 174 propriétaires, dont 63 forains; surf. imp.
673h 05*, savoir : 295" 33* en terres lab., 238h 01* en pâtures', 62h 30* en prés, 46h 93* en bois, 27h 99* en friches, murgers et broussailles, lh71*ensol et aisances des maisons, et 76* en jardins et chenevières, d'un rcv. cad. de 3755 fr. ; contr. dir. en princ. 1311 fr.
Le sol , l'un des plus fertiles des montagnes du Jura, produit du blé , de l'orge, de l'avoine, du seigle , du maïs, des légumes secs, des pommes de terre , des betteraves , des carottes fourragères, du chanvre, peu de lin , des fruits , du foin et des fourrages artificiels.
Le revenu réel des propriétés est
Le produit des céréales suffit à la consommation. On importe le vin.
On élève dans la commune des bétes à cornes , des chevaux , des moutons , des cochons , des chèvres et des volailles. On y engraisse des bœufs et des cochons. 40 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire des sablières, des gravières exploitées , des carrières de pierre à bâtir , de taille , à chaux ordinaire et à chaux hydraulique.
Il y a deux auberges, un voiturier, un marchand épicier, sept marchands de grains avec voilures. La principale ressource des habitants consiste dans l'agriculture et dans la
fabrication des robinets en buis, des tabatières et autres articles de tournerie, qu'ils vendent aux négociants de Saint-Claude et de Moirans ; quelquefois ils exécutent des ouvrages pour le compte de ces négociants , qui fournissent la matière première.
On évalue le produit de la maind'œuvre à 8000 fr. par an.
Les habitants fréquentent les marchés de Saint-Claude , de Moirans et d'Orgelet.
Il y a une fromagerie construite en 1838 , aux frais des sociétaires , qui a coûté 2500 fr. Elle produit annuellement 8000 kil. de fromage , façon Gruyère , de bonne qualité.
Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère fort convenable, mais trop éloigné de l'église, une maison commune , construite en 1 835 , qui a coûté 5200 fr. Elle renferme la mairie , le logement de l'instituteur, la salle d'étude des garçons,fréquentée en hiver par 36 élèves ; 5 puits communaux , 2 fontaines , une pompe à incendie , achetée en 1852, et 27*h de parcours, friches , abreuvoirs et murgers, d'unrev. cad. de 187 fr.
L'école des filles, tenue dans une maison particulière , est fréquentée en hiver par *3 élèves.
Bois communaux : 68h 594, dont 2h 57* sont coupés chaque année. Essences dominantes : chêne, charme et buis.
Budget : recettes ord. 17*9 fr. ; dépenses ord. 17*9 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Charchilla, situé à peu de distance de la rivière d'Ain et de la célèbre ville d'Antre, existait évidemment à l'époque romaine. Une grande voie, venant de Lyon , traversait ce village, où elle se divisait en deux branches-, l'une se dirigeant sur Monnet
et l'autre sur Poligny. Leurs traces, encore reconnaissantes sur plusieurs points , se retrouvent dans le climat appelé à la Pérouse. Une autre route, destinée à mettre en rapport Ledo avec la ville tfHèria, traversait l'Ain au Bourget et venait aboutir sur les précédentes. On l'appelle la Vie du Pont. Le territoire est semé de médailles antiques. On a découvert, en 1810, un vase renfermant 1800 médailles d'argent. Elles appartenaient à Ostacilla Severa, Satomina, P/alippe, Gallien et Posthume. Dans le lieu appelé Combe-Saint-Martin, existait probablement un sacellum païen. Toutefois , le premier litre qui mentionne ce village remonte à 1151. C'est l'acte par lequel Humbert, archevêque de Besançon, donna à Odon II , abbé de Saint-Oyen de-Joux , et à ses religieux , différentes églises, du nombre desquelles était celle de Charchilla , Charchiliacum.
Seigneurie. CharchiHa , Crenans et Coulouvre, dont le territoire était commun, formaient une seigneurie particulière, dépendant de la baronnie de Moirans, et appartenant aux abbés de Saint Claude, par suite d'acquisitions et de donations. Au mois d'avril 1205, Renaud du Louverot et son fils engagèrent à l'abbé de ce monastère tout ce qu'ils avaient à Charchilla et à Meussia, en hommes, cens et dîmes. Le 2 juin 1250 , Etienne, comte de Bourgogne et Jean de Chalon , son fils , lui donnèrent les biens qu'ils possédaient entre la rivière d'Ain et le ruisseau de Symante. En 124*, HumbertdeMontmoret , chevalier, surnommé Arragon, porta à l'abbé de Saint-Oyen , son hommage de feudataire pour le fief de Charchilla et de Meussia. De 1 307 à 1309, l'abbé Odo de Vaudrey se transporta plusieurs fois dans Te-
glise de ce village, pour recevoir l'hommage de ses vassaux. Gilles de Rupt , Matbée et Jean du Rognon , Guillaume et Hugues de Maisod, Alixence de Baume, Jean de Charchilla, Gérard de Gliassaut ou de Chassai , se présentèrent devant le prélat pour lui prêter serment de fidélité. Le vassal devait remplir celte formalité tète nue, les mains jointes et un genou en terre. En 1 716, l'abbé d'Estrées céda à son chapitre les seigneuries de Charchilla et de Meussia, avec les villages qui en dépendaient , à condition que les religieux resteraient chargés de l'entretien de l'église abbatiale etdes lieux réguliers.
M. Méallet de Fargues , évéque de Saint-Claude, annula, en 1744, un traité aussi désavantageux , et fit signifier au chapitre qu'il rentrait dans les droits de ses prédécesseurs.
Prévôté. La prévôté de cette seigneurie fut inféodée, à titre héréditaire, à une famille noble, qui prit le nom de cette terre. En 1236, vivaient les héritiers de Guillaume de Charchilla, agissant avec Girard, Guillaume et Jocerand, chevaliers.
En 1282, Aimon et Renaud, frères, fils de Jocerand de Charchilla, chevalier, vendirent à l'abbé de Saînt- Oyen leurs prétentions dans ce village, consistant en hommes , terres, dîmes, forêts, justice, a vénerie, coutumes, etc. Une branche de cette maison , établie à Chaussin , donna son nom à un fief qu'elle obtint à Saint-Baraing.
Fief du Rognon, du Roignon, du Rougnon. Ce fief , d'une certaine importance , donna aussi son nom à une famille noble de nom et d'armes. En 1308 vivaient Guy et Jean du Rognon, fils d'Humbert, Mathée et Perrenette du Rognon ; en 1387, Jeannette , fille de Genevet du Rognon et femme de Jean du Cret ; en
1390, Guillaume ; en 1440, Jeanne, fille d'Hugues du Rognon, épouse d'Humbert de Beaufort. Ce fief consistait en un chàteau-fort , au village de Charchilla , en terres , prés , familles et meix main - mortables , cens, corvées, droit de chasser dans les forêts les bêtes rousses, les perdrix , les faisans , les gelinottes et les canards, faculté de faire conduire le bétail en serve privée, et basse justice. Les possesseurs de celte terre se qualifiaient de seigneurs de Charchilla. Après avoir appartenu à la maison noble qui en portait le nom , elle passa par une alliance à celle de Chassant ou Chassai, qui la conserva pendant plusieurs siècles.
Gérard de Chassai en avait déjà une partie en 1308. En 1536, Charles le Grand, écuyer, et Jean-le Bougne, aussi écuyer , agissant au nom de Louise d'Usie, veuve d'Hector de Chassaut, et de Philibert-Bénigne de Chassaut, firent leurs devoirs de fief envers l'abbé de Saint-Claude. Charlotte le Grand , mariée en 1587 à Jean Udressier, et en secondes noces à M. de Montagu, seigneur de Boutavant, se qualifiait de dame de Charchilla. Marc de Montagu et Marguerite de Lallière-Bussy, épouse de Charles Laborey , chevalier , prenaient le même titre en 1664. En 1709 , Pierre- Joseph du Saix , seigneur de Virechâtel, fit ses devoirs de vassal pour le fief du Rognon. Le 22 janvier 1710 , l'abbé de Saint- Claude permit à tous bourgeois et roturiers qui achèteraient cette terre , de la posséder pendant deux ans , sans crainte de trouble. Le 22 mars suivant, M. du Saix, tant en son nom qu'en ceux de Jacques- Benoîte de l'Espinette, son épouse et de Claude- Guillaume du Saix, san fils, la vendirent , sous la réserve de rachat pendant trois ans/ à François Tercy,
de Vuadan en Suisse , bourgeois de Fribourg, domicilié à Charchilla. Le 5 mars 1716, Claude-Guillaume du Saix la revendit à Alexis Simon , de Lons-le-Saunier. En 1747 , l'abbé de Saint-Claude céda son droit de retraitféodal à M. Emmanuel-Nicolas Brody , grand -juge de sa terre , à condition que ce dernier renoncerait au droit de chasse et de pèche attaché audomaine du Rognon, qui était possédé, en 1789, par M. de Brody fils.
Une branche de la maison du Rognon donna son nom à un fief situé à Marnézia.
Château. Le château qui servait de résidence aux seigneurs du Rognon, se composait d'un donjon, d'une maison-forte et d'un pigeonnier isolé. 11 était situé sur une éminence, à l'est du village. La porte au nord-ouest est encore surmontée de mâchicoulis placés en encorbeillement, d'une forte saillie. Les murs étaient percés de meurtrières. Les pierres portent l'empreinte d'un violent incendie. Cette habitation, transformée en maison de cultivateur, appartient aux héritiers de M.
Hyacinte Baslon.
Fief des Donzel. L'abbé Morelli avait attiré plusieurs familles italiennes dans le Jura, parmi lesquelles se trouvait celle du nom de Donzelli, qui fixa sa résidence à Charchilla et y acheta un fief. Etienne Donzelli figure comme témoin dans un acte de 1M5. En 1536, Jacques, Guillaume et Claude Donzel, frères, écuyers, se rendirent au prieuré d'Arbois , pour faire leurs devoirs de vassalité envers l'abbé de Saint- Claude. Ils déclarèrent tenir de lui en fief-lige, leurs maisons , le four banal de Charchilla, des terres, des prés et le droit de vendre en franchise leurs grains sur tous les mar-
chés de la terre de Saint-Oyen. Ce fief passa aux familles Theurey et Pannisct de Saint-Claude, qui le possédèrent jusqu'à la révolution de
Fief de l'infirmerie. L'infirmier de l'abbaye de Saint-Claude possédait dans ce village plusieurs meix, à titre féodal, dont quelques-uns ont conservé le nom de Champ -de-V Hôpital.
Droits seigneuriaux. Dans une reconnaissance faite en 1710, les habitants de Charchilla reconnurent que leur territoire était commun avec ceux de Crenans et Coulouvre, pour le pâturage, les prés et les bois, qu'ils étaient sujets main-mortables, en toute justice, de l'abbé de Saint- Claude ; qu'ils avaient droit d'usage dans les forêts communales de Moirans , pour la construction et l'entretien de leurs maisons et dans les bois de Meussia, Coyron et Garde- Chemin , pour leur chauffage et le pâturage de leur bétail ; que la dtme était due moitié à l'abbé et moitié au seigneur, à raison d'une gerbe sur onze.
Administration de la justice.
L'abbé de Saint- Claude rendait la justice aux habitants, par un bailli , qui tenait ses assises devant la porte de l'église , plusieurs fois par an.
Un juge châtelain statuait en prémière instance. Il y avait en outre un procureur d'office , un greffier et un tabellion. Les sentences du bailli se portaient par appel au bailliage de Moirans. La commune était administrée par des échevins.
Bourg et ville. Corn me la plupart des localités de notre province , Charchilla était divisé en deux parties, appelées l'une le Bourg et l'autre la Ville.
Paroisse. La paroisse de Charchilla était très vaste : elle se cora-
posait des villages de Charchilla , Crenans , Coulouvre , Meussia, Coyron, Garde-Chemin , Maisod et Brilla. Au xvue siècle, les chapelles de Maisod et de Meussia furent érigées en succursales.
Eglise. L'église, déjà nommée dans un titre de 1181 et dans le diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, de 1188 , est située sur une éminence, au sud-ouest du village. Elle est dédiée à saint Pierre , portier du Paradis, dont on célèbre la fête le 29 juin. On y reconnaît aisément plusieurs époques de construction. Elle se compose d'un cloeher couronné par une flèche couverte en tuiles , et construite en 1 852, d'une nef plafonnée , d'un chœur plus étroit que la nef, se terminant rectangulairement , d'une chapelle et d'une sacristie. Deux fenêtres géminées , datant du xiv* siècle, qui éclairaient le chœur, ont été fermées avec de la maçonnerie.
La chapelle seigneuriale était à droite et à la naissance du chœur.
Elle est du style ogival usité au xrve siècle et voûtée à arêtes. Les nervures diagonales de cette voûte retombent sur quatre personnages tenant des écussons armoriés. On remarque dans cette chapelle la pierre tombale de Claude Bénetru de Chassai , grand pannetier du duc de Bourgogne, mort le 29 mai 1461 ,
et d'Isabelle , son épouse. Les
portraits des défunts sont gravés sur celte tombe. Claude de Chassai est représenté en costume de guerre, l'épée au côté. Les draperies du costume de la dame sont admirablement imitées. Le patronage de l'église appartenait au réfecturier de l'abbaye de Saint-Claude, en vertu d'une donation faite par l'abbé, en
Maladrerie. Un climat du terri-
toire porte le nom de Malatière.
C'est sur son emplacement qu'existait l'hospice destiné aux lépreux.
Evénements divers. En tft07, les habitants de la terre de Moirans marchèrent en armes contre la ville de Saint-Claude , et ravagèrent les terres de l'abbé. La peste et les guerres qui durèrent de 1636 à 1640, firent de tels ravages, que le fermier de la terre de Charchilla demanda une réduction totale du prix de son fermage. En 1677, on envoya un détachement de troupes en garnison dans ce village, pour diminuer la charge des logements militaires qui pesait sur les habitants de Moirans. En 1 798 , il éclata des troubles tellement graves dans la commune, que pour les apaiser, l'administration centrale du département fut obligée d'envoyer une garnison de 50 hommes.
BIOGRAPHIE
Ce village a donné naissance à M. Berlhet , curé de Bélignat ( Ain ) , mort en 1810, et à MM. Boston et Bailly , ecclésiastiques encore vivants.
Charcler, Charcey, vg. de l'arr.
de Lons-le-Saunier, cant. et bur. de poste de Clairvaux, perc. de Doucier ; succursale, composée deCharcier, Pélier, la Charne, Charézier et Liefnans ; à 8 kil. de Clairvaux et 28 de Lons-lc-Saunier.
Altitude : 53 lm.
11 est limité au nord par Doucicr, au sud par Charézier et Uxelles , à l'est par Denezières , à l'ouest par Charézier et la rivière d'Ain, qui le sépare sur une longeur de 500 m.
du territoire de Chàtillon-sur-Courtine. Pélier, la Charne, le martinet de Bouvand, la teinturerie dite sous la Baume , la grange Piard et le
moulin de Combeau , font partie de sol et aisances des maisons , ih 07»
la commune.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Charézier, à Dcnezières, à Liefnans, de Pélier à Doucier, par la Sirène , par le ruisseau des biefs et par celui de Dudon qui y prend sa source ; il est longé sur une faible longueur par la rivière d'Ain.
Ce village est situé sur la rive gauche et dans la vallée de l'Ain, au pied occidental d'une montagne couverte de buis. Les maisons sont groupées , bâties pauvrement en pierres et couvertes en bardeaux; à part quelques-unes, elles ne sont composées que d'un rez-de-chaussée.
Les communes de Pélier et de la Charne ont été réunies à celle de Charcier, le 14 août 1822.
Charcier a été distrait de l'arr, de Saint-Claude, et réuni à celui de Lons-le-Saunier , le i% juillet
Pop. en 1790, de Charcier, 176 hab.; de Pélier, 100 ; de le Charne, 82; total 358; pop. réunie en 1846, 363; en 1851, 347, dont 171 nom.
et 176 fem.; pop. spécif. par kilom.
carré, 27 hab.; 80 maisons, savoir:
39 à Charcier, 22 à Pélier et 19 à la Charne ; 92 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1743.
Les jeunes gens émigrent pour être domestiques et ouvriers à Lyon, à Paris et dans les villes voisines.
Cadastre exécuté en 1832 ; surf, terril. 1291h 77% divisés en 3235 parcelles que possèdent 205 propriétaires, dont 68 forains; surf, imp. 1278h 04», savoir : 4l4h 59»
en terres lab., 397h 98* en bois, 282h 25» en pâtures, 157h 43» en prés, 1 2h 30a en friches et murgcrs, 10* 10» en broussailles, 2h 30» en
en jardins, d'un rev. cad. de 7731 francs ; contr. directes en principal, 2157 fr.
Le sol , d'une médiocre fertilité, produit du blé, peu de seigle, du méteil, de l'avoine, de l'orge, beaucoup de maïs, des pommes de terre, des légumes secs, de la navette, peu de betteraves et de lin, du chanvre, du foin, peu de fourrages artificiels.
On exporte le quart des céréales; on importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
On élève dans la commune des bétes à cornes, des chevaux , des moutons et des volailles. On y engraisse des cochons et des bœufs.
50 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire , de la marne, non exploitée, des sablières abondantes et de bonne qualité, de la pierre à chaux, à bâtir et de taille, dont on ne tire pas parti.
Les montagnes de Charcier, de Cogna, de Clairvaux, présentent sur leurs flancs et à leurs pieds, des pierres calcaires arrondies comme des cailloux , témoignage certain de T immense bouleversement causé par les eaux dans ces contrées.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Clairvaux.
Il y a à Charcier, une fromagerie dans laquelle on fabrique annuellement 3500 kilog. de fromage, façon Gruyère; une autre à Pélier, en produisant 5000 kilog. ; une troisième , enfin, à la Charne , dont le produit est de 3000 kilog.; un moulin à trois tournants avec battoir à blé , huilerie, ribe et une scierie à une lame pour bois de construction; un atelier de teinture.
Les patentables sont : un marchand de grains et de cochons, deux
aubergistes , un maréchal-ferrant, trois tonneliers , trois fabricants de paniers, un sabotier, cinq tisserands , deux marchands merciers , épiciers et quincailliers , un débitant de tabacs et un boucher maquignon.
Bien* communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère qui est l'habitation la plus agréable de la commune , une fontaine avec lavoir et abreuvoir; un oratoire à la Charne, dédié à la Sainte-Vierge. Charcier possède sur son territoire 224h 94* de pâtures , prés et bois, d'un rev. cad. de 684 francs; la section de Pélier, 146h 39* de pâtures, bois , broussailles, prés, d'un rev. cad. de 412 fr.; la section de la Charne, 133h 29* en pâtures et bois , d'un rev. cad. de 460 fr.
L'école se tient dans une maison louée à cet effet ; elle est fréquentée en hiver par 20 filles et 18 garçons; il y a une autre école tenue par un sous-maitrc , fréquentée en hiver par 12 garçons et 1 3 filles.
Le village aurait besoin d'une maison commune et d'une fontaine avec lavoir et abreuvoir.
Bois communaux : Charcier, 92h 69*; coupe annuelle, 2h 78*; Pélier, 8311 07*; coupe annuelle, ih 89*; la Charne, 82h 1 7* ; coupe annuelle , 2h 46a; essences dominantes : chêne et charme.
Budget : recettes ord. 3042 fr. ; dépenses ord. 5042 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Les Phocéens de Massai îê répandirent-ils la civilisation , les arts et l'industrie de la Grèce jusque dans notre province ? On serait tenté de le croire , en considérant la multitude de dénominations qu'on rencontre sur les bords de l'Ain, et qui
appartiennent à la géographie et au culte des Grecs. Le nom de Sirène que porte le principal ruisseau de Charcier, ne rappelle-t-il pas ces filles du fleuve Àcbéloûs et de la Muse CalUope , qui arrêtaient pour toujours les passants par la douceur de leur voit et le charme de leurs paroles ? Pélion, c'est ainsi que Pélier est désigné dans toutes les chartes anciennes, n'est-il pas le nom que porte une célèbre montagne de la Thessalie , voisine de TOssa ? Le Mont-Saint-Saturnin ne se rattacherait-il pas au culte de Saturne ? Ces rapprochements, tout frivoles qu'ils paraissent, ne sont point indignes de fiter l'attention de l'historien. Une voie romaine traversait le territoire de Charcier. Elle est appelée aujourd'hui la ViedeSalin*. Sur ses bords et dans un climat nommé en CAampagne, on a trouvé grand nombre de tumulus, renfermant des ossements , des armes, des bracelets , etc. Dans le communal appelé sur Clacé, on trouva un squelelte de soldat romain , ayant deux bracelets aux bras et une épée au côté. Ces monuments se rapportent à l'immense bataille qui se livra dans la combe d'Ain , entre Monnet et Barésia, postérieurement aux grandes invasions germaniques. Les premières lueurs historiques sur ce village n'apparaissent cependant qu'à la fin du xue siècle.
Seigneurie. Charcier, Pélier et la Charne, dépendaient dans l'origine de l'ancienne baronnie de Clairvaux.
A la suite du partage intervenu, en 1312, entre Nicole, fille d'Humbert, sire de Clairvaux et épouse d'Hugues II d'Usie, et Marguerite, sa sœur, les terres de Mont-Saint-Sorlin , la Charne, Vertamboi , Charéiier , Charcier, Ange, Liefnans, ainsi que la garde du prieuré de Bonlieu ,
C — hlh — C
échurent à Nicole de Clairvaux. Dès ce moment , ces trois villages firent partie de la baronnie de Mont-Saint- Sorlin.
Fief de Monnet. En 1272, Richard de Monnet, chevalier, sire dudit lieu, vicomte de Salins, se qualifiait de seigneur de Montsaugeon , Charcier, la Charme ou la Gharne , Pélion ( Pélier ) , Crotenay , etc.
Jeanne de Monnet , sa fille , reçut pour lot, dans le cas où elte se marierait , suivant son état , les terres de Charcier, la Charac , Pélier et 500 livres faisant la moitié des mille que le Dauphin de Viennois devait à Richard de Monnet, son père. Ce fief fut réuni plus tard, par acquisition, à la baronnie de Mont-Saint-Sorlin.
Prévôté. Une famille noble de nom et d'armes , eut la prévôté de ce village. Jean de Charcier, chevalier, vivait en 1327.
Chapelle. Charcier, Pélier et la Charne, faisaient partie de la paroisse de Mont-Saint-Sorlin. 11 n'y avait à Charcier qu'une simple chapelle dédiée à saint Loup. Elle avait ik mètres de longeur sur 6 mètres de largeur dans œuvre. Elle était du style ogival usité au xiv4 siècle.
La fenêtre qui éclairait le chœur a été conservée , ainsi que le pan de mur où elle était. Le mur fait partie de la clôture du jardin du presbytère.
Eglise. Après la destruction de l'antique église de Saint-Sorlin, qui eut lieu vers 1750, une nouvelle église fut construite dans le village de Charcier et placée sous le vocable de saint Saturnin ou saint Sorlin, dont on célèbre la fête le 29 novembre. Cet édifice est bâti au sud du village. Il se compose d'un clocher sous lequel est le porche, d'une nef, de deux chapelles formant transsept, d'un chœur et d'une sacristie.
La nef et les chapelles sont à voûtes ogivales , dont la naissance se perd d'une manière imperceptible contre les murs. Des pilastres de l'ordre toscan décorent la nef. Le sol est revêtu d'un plancher en bois.
Cimetière. Le cimetière renferme les pierres tombales de Jean-Etienne Lhomme, de Ruffey, ancien sousinspecteur des eaux-et-forèts , mort en 1822, à l'âge de 88 ans; d'Etienne Arbel de Chevrotaine , mort curé de Charcier, en 1785; du sieur Lacroix , de Saint-Claude , mort en 1807; de Jean-Claude Devaux , de Patornay, tous deux curés de la paroisse.
Curiosités. La source du ruisseau de Dudon et le saut de la Sirène , méritent d'être visités.
BIOGRAPHIE
Ce village est la patrie :
1° De Jacoo , Jean , né le 10 novembre 1668, mort à l'âge de 121 ans accomplis. Il avait 18 ans lorsqu'il fit son premier voyage à Paris.
11 se détermina à en faire un second, en 1789. Il pria M. Thevenin, officier de santé qui l'accompagnait, de le conduire dans une auberge où iL avait logé la première fois, quartier un peu mesquin, il est vrai, disaitil, mais où l'on était bien , à bon marché et chez de bonnes gens. Jacob demeurait rue de Marivaux , près la Comédie-Italienne, à l'entresol. Le 1 1 octobre 1789 , le centenaire du Mont-Jura fut présenté à Louis XVI et à la famille royale ; il eut l'honneur de remercier le bienfaisant monarque, de la pension de deux cents francs qu'il lui avait assurée. Le 25 octobre suivant , Léonard J.- Joseph Bourdon de la Crosnière, chef d'institution à Paris, le présenta à l'Assemblée nationale, comme le doyen de tout le royaume.
A «on aspect, les membres de l'Assemblée se levèrent par respect, sur la motion de l'abbé Grégoire.
11 fut placé dans un fauteuil , devant le président , et assista à une partie de la séance, le chapeau sur la tête. Un artiste, M. Garnery, touché de son grand âge et désirant contribuer au bonheur d'une si honorable vieillesse, l'a peint et gravé.
Le portrait original lut déposé aux archives de l'Assemblée. M. Garnery fit vendre ce portrait, qui était de la plus exacte ressemblance , au profit de son vénérable modèle. Bourdon, après avoir acquis de la petite-fille de Jacob , moyennant cent écus , le droit de recueillir ce vieillard dans sa maison , pour le montrer aux curieux , à raison de tant par téte , le fit périr de fatigue au bout de quelques mois. On connaît les actes de cruauté par lesquels le conventionnel Bourdon signala sa mission dans Test de la France.
Charcier a encore vu naître : Lulain , Félix (1777), officier d'infanterie , membre de la légion-d'honneur, et Pro&t, Aimé (1799-1843) , antiquaire distingué , très connu à Lyon.
, Charencey, vg. de l'arr. de Poîigny, cant., perc, bur.
de poste et paroisse de Nozeroy ; à 6 kil de Nozeroy, 30 d'Arbois, 29 de Poligny et 44 de Lons-le Saunier.
Altitude : 768m.
Il est limité au nord par Mournans, au sud par Lent, Sirod et Conte, à l'est par le ruisseau du moulin qui le sépare de Doye, à l'ouest par Mournans.
Il est traversé par la route dép.
n° 2 , de .Chalon en Suisse, par les chemins vicinaux tirant à Charbony, à Sirod, à Lent , à Conte et à la route dép. n° 2, parla rivière d'Ain,
le ruisseau des Combes-Sandon , le ruisseau du Moulinet ou de l'Etang, et le ruisseau de Puly.
Ce village est situé dans le val de Mièges, sur le revers oriental d'un coteau qui s'étend sur la rive droite de l'Ain.
Les maisons, construites en pierres et couvertes en bardeaux , ont généralement plusieurs étages.
177 ; en 1851 , 153 , dont 80 hom.
et 73 fem. ; pop. spécif. par kil.
carré, 56 hab.; 14 maisons, 38
Cinq familles ont émigré dernièrement.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
Cadastre exécuté en 1813; surf, territ. 272h 41», divisés en 690 parcelles que possèdent 115 propriétaires, dont 63 forains; surf, imp., 264h 97», savoir : 144h 17* en terres lab. , 60h 67» en pâtures, 25h 95» en bois-sapins, 23h 45a en prés, 9b38»en bois-taillis, lb en sol et aisances des maisons , 35* en jardins, d'un rev. cad. de 6885 francs; contributions directes en principal , 842 fr.
Le sol, d'une médiocre fertilité , produit du blé , de l'orge , de l'avoine, des pommes de terre , des légumes secs , du lin , du chanvre , des fruits , peu de navette , du foin et des fourrages artificiels. Le frêne y croit parfaitement.
Le produit des céréales suffit à la consommation. On importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.
On trouve sur le territoire de la pierre ordinaire à bâtir, de mauvaise qualité.
Une fromagerie produit annuellement 12,000 kilog. de fromage, façon Gruyère, de bonne qualité.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés deChampagnolc.
Biens communaux : une église, une maison commune ayant servi de presbytère jusqu'en 1814, époque a laquelle le curé du lieu étant mort, sans être remplacé , les habitants furent déclarés paroissiens de Nozeroy ; une fontaine et plusieurs sources qu'il conviendrait d'utiliser; enfin , 79h 79* de pâtures et bois-sapins, d'un rev. cad. de 518 fr.
Bois communaux : 30h de boissapins ; 15 arbres ou 45 stères sont délivrés annuellement.
Budget : recettes ord., 1301 fr.
dépenses ord., 1137 fr.
NOTICE UISTÛRIQUE.
Charency t vicus Charencus , était situé sur le bord d'une voie romaine , qui , des Alpes grecques , conduisait à Poligny et à la ville d'Antre. Il n'est donc point étonnant que ce village offre de nombreux témoignages d'antiquité. On retrouve les traces de cette route entre un ruisseau et la montagne de Charency; là, cette ligne est appelée le chemin des Romains. Au sud-est du territoire, sur le revers oriental d'un coteau, existe un petit plateau d'une surface d'environ 30 ares , sur lequel on reconnaît encore les vestiges d'une station fortifiée établie pour la défense de la route. Cette vigie ne différait d'un camp proprement dit que par sa moindre étendue.
Au sud-ouest du même territoire, sont trois tumulus romains en pierre, placés en ligne droite. Deux sont sur Charency et un sur Lent. Le sol a restitué à différentes époques une multitude de monnaies romaines.
Le premier titre qui fasse mention de ce lieu , d'après M. Béchet , est de l'an 1120.
Seigneurie. Charency formait une seigneurie particulière, avec justice haute, moyenne et basse. En 1294, le comte de Bourgogne déclara que Vauchier d'Andelot devait le recevoir à volonté dans son château de Charency. En 1402, Jean de Vergy entra en l'hommage de Jean de Chalon, sire d'Arlay, pour les terres de Doye et de Charency, qu'il tenait du chef de Jeanne de Cbenecey, son épouse.
En 1439, Antoine de Vergy en disposa en faveur de Jean de Vergy , son neveu. Jean, comte de Fri bourg, fils de Marie de Vergy , intenta un procès à ce sujet. Le 25 juillet 1 353, les habitants firent un traité avec ceux de Sirod, pour régler leurs droits de parcours. Le sire de Château-Vilain donna son consentement à cette transaction.
Château. A l'ouest du village, en un lieu dit au Champ- du-Château et au Champ-de- la-Cour, existait un château-fort, qui fut incendié par les armées de Louis XI, de 1477 à 1479. Les pierres qu'on trouve sur son emplacement sont entièrement calcinées. Celte forteresse se composait d'un donjon de 20 mètres de longueur sur 12 de largeur. Son entrée méridionale était défendue par un large fossé et un pont-levis. Le côté ouest reposait sur un rocher à pic de 40 mètres de hauteur. Au pied ouest du château, est uoe vallée profonde, dans laquelle passe le ruisseau de l'Etang qui servait à alimenter sept étangs creusés par la main des hommes. On reconnaît encore les vestiges des chaussées.
Prévôté. Une famille noble de nom et d'armes, qui avait reçu en fief la prévôté héréditaire de ce village en prit le nom. Hugues et Etienne de Charency vivaient au milieu du *u* siècle.
Eglise. Cbarency, après avoir successivement dépendu de la paroisse de Mièges et de celle de Sirod , fut érigé en succursale en 1 808 , puis réuni à la cure de Nozeroy, en 1 8 1 4 . L'église est dédiée à saint Martin , dont on célèbre la féte le 1 1 novembre. Ce vocable fait supposer que la chapelle fut substituée à un temple païen. Elle se compose d'un clocher couronné par une flèche du style ogival usité au xui* siècle, d'une nef construite en 1730 , et reconstruite en 1839. Cette nef, de forme carrée, est divisée en deux travées par d'énormes pilastres engagés dans les murs et couronnés par un arc doubleau. Des quarts de pilastres, supportant les arêtes de la voûte , la décorent. Les boiseries du retable, exécutées en 1733 , sont fort riches.
Le cimetière entoure l'église. On y remarque la tombe de Pierre-Ferdinand Waille, quartier-maître-trésorier du 19e régiment d'infanterie de ligne, né dans ce village en 1779, et mort en 1811.
II conviendrait de restituer un pasteur à l'église de Charency , en érigeant ce village en paroisse, à laquelle on adjoindrait Mournans et Charbony, qui en sont très rapproche».
Ch arêtier, Caiisie > Charisie , Charisia , vg. de l'arr. de Lons-le- Saunier, cant., et bur. de poste aux lettres de Clairvaux , perc. de Doucier, paroisse de Charcier; à 6 kil.
de Clairvaux et 25 de Lons-4e-Saunier. Altitude : 435™.
Il est traversé par le chemin de gr. corn. n° 27, de Salins à Dortan , par les chemins vjcinaux tirant à Vertamboz , à Charcier , à Patornay et à Liefnans, par l'Ain et ses bras, les ruisseaux de Drouvenant et de Tarabief.
Ce village, bâti dans la vallée de l'Ain , occupe une position fort agréable; les maisons sont groupées, construites en pierres et couvertes en laves et bardeaux; quelques-unes ont un étage au-dessus du rez-dechaussée; les pignons exposés au sud sont généralement garantis contre les eaux pluviales par des lierres touffus plantés à dessein.
Liefnans , byphanans , l/rpha~ nenst a été réuni à Charézier le 4 septembre 1822 ; Charézier a été distrait de l'arrondissement de Saint- Claude et réuni à celui de Lons-le- Saunier le 12 juillet 1837.
Pop. de Charézier en 1790 , 176 hab. ; de Liefnans, 106 ; total, 282; pop. réunie en 1 84 6, 27 1 ; en 1 85 1 , 274, dont 133 hom. et 141 fem. ; pop. spéc. par kil. carré, 29 hab. ; 55 maisons , savoir : à Charézier, 57, et à Liefnans, 18 ; 69 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les jeunes gens n'émigrent pas.
Cadastre exécuté en 1833; surf, terril., 923h 4 5a, que posèdent 142 propriétaires, dont 46 forains ; surf, imp., 89ih60*, savoir: 376h07*cn terres lab. , 257h 26* en pâtures et marais, 163h 03* en bois, 102h 30* en prés, 4h 43* en gravières et murgers , 3h 36* en friches et broussailles, 3h 09* en jardins , lh 60* en sol et aisances des maisons, d'un revenu cad. de 9115 fr. ; contrib.
directes en princ. 1 599 fr.
Le sol, très accidenté et médiocrement fertile, produit du blé, de l'orge , de l'avoine , du méteit , du maïs, des pommes de terre, du chanvre , du foin et des fourrages artificiels. Les arbres fruitiers y prospéreraient.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 80 cent, pour cent.
On exporte le quart du produit des céréales et on importe le vin.
On élève dans la commune des bêtes à cornes , quelques chevaux , des moutons et des volailles. On y engraisse des cochons. 35 ruches d'abeilles.
On trouve sur le territoire des sablières abondantes, des gravières, des carrières de pierre à chaux et de pierre à bâtir.
11 y a une fromagerie dans laquelle on fabrique annuellement 2000 kil.
de fromage, façon Gruyère, et un battoir à blé.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Clair vaux.
Biens communaux ; une maison commune , construite vers 1 795 , et restaurée en 1830 , contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 17 garçons et 15 filles ; trois fontaines avec abreuvoirs , et une quatrième, en voie de construction, qui coûtera 5000 fr., une fontaine avec lavoir et abreuvoir au hameau de Liefnans, une chapelle à Charézier, bâtie en 1830 et dédiée à saint Antoine , patron de la commune , dont on célèbre la fête le 17 janvier; 2&ih 79a de pâtures, marais et gravières appartiennent à Charézier, d'un rev. cad de 1036fr.; la section de Liefnans a 118h 47* de bois et pâtures, d'un rev. cad. de Uki fr.
Bois conmunaux. Charézier possède 1 Hh de bois , dont 3h &2* sont en exploitation annuelle ; Liefnans 26h 50a, dont 47* sont coupés annuellement.
Budget : recettes ord. 2531 fr.; dépenses ord. 2517 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Si la science étymologique ne se prétait pas d'une manière aussi mer-
veilleuse à tous les caprices des historiens , nous l'appellerions à notre aide pour prouver l'antiquité de Charézier. Nous trouverions dans la mythologie grecque l'explication d'une foule de mots qu'on rencontre dans ce village. Ainsi, nous ferions dériver le nom de Charézier de Charisius, surnom de Jupiter, comme étant le Dieu par l'influence duquel les hommes obtenaient la bienveillance les uns des autres , ou de Charizia, ville grecque à laquelle Héros, fils de Lycaon , substitua son nom , ou enfin de Charisies, fêtes nocturnes en l'honneur des Grâces. Nous proposerions de tirer le nom de Liefnans , Ljphanans, byphanens , de Phanée , surnom d'Apollon , ou de Fanœ , divinités que l'on consultait sur l'avenir, auxquelles ont succédé les Fées , ou encore de fanum, temple. Nous chercherions sur les bords de la rivière de Sirène une de ces nymphes, dont la voix enchanteresse arrêtait les passants. Si on voulait admettre que le vieux Saturne donna son nom au mont Saint-Saturnin, on ne serait plus surpris de voir les habitants de Charézier accueillir avec tant de faveur toutes les théories sociales qu'enfante chaque révolution.
On se rappellerait tous les avantages dont Saturne qualifiait ses sujets.
Dans ce bon temps de l'âge d*or , l'égalité des conditions était générale. Aucun n'était au service d'un autre. Personne ne possédait rien en propre; toutes choses étaient communes , comme si tous n'eussent eu qu'un même héritage. Mais laissons de côté ces rapprochements bizarres, pour reprendre le ton sévère de l'histoire. Deux voies gauloises ou galloromaines traversaient le territoire de Charézier. L'une partant de la ville d'Antre, venait aboutir au Pont-du- Navoy; l'autre, appelée la V\t-
Blanche , mettait en communication Lons-le-Saunier avec Clairvaux.
Mous croyons qu'une station militaire , destinée à protéger ces deux roules et à défendre le cours de l'Ain, fut établie sur la montagne de Saint- Saturnin , en face de celle de Mont- Lion, qu'on traduit généralement par ilfows legionis. Le village qui nous occupe a conservé des traces de l'immense bataille qui se livra dans la Combe-d'Ain , au ve siècle, entre les anciens habitants et les bordes alamaniques. Le premier titre qui le mentionne ne remonte toutefois qu'à 1181 ou 1182. A la fin du xiie siècle, l'abbaye de Saint-Oyen éprouva une calamité qui nécessita le transport de la châsse contenant les reliques de saint Claude à travers la province. La relation des miracles opérés par ces reliques, écrite en 1181 ou 1182, constate que la châsse séjourna quelque temps à Blye et au Mont-Saint-Saturnin.
Prieuré de Saint-Saturnin. Un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, de Tan 1 185, confirme à l'abbaye de Saint-Oyen-de-Joux la possession de l'église de Saint-Saturnin , appelée vulgairement Saint- Sorlin. Une bulle du pape Innocent IV, de l'an 12&6, reconnaît que le prieuré de Saint-Saturnin appartient à cette abbaye. L'infirmier et l'abbé de Saint-Oyen se disputèrent pendant longtemps le patronage de l'église, mais l'infirmier obtint gain de cause. Le prieuré cessa d'exister dès que les paroisses commencèrent à être desservies par des prêtres séculiers. (xiue siècle.)
Seigneurie. La seigneurie de Saint- Sorlin, qui n'était qu'un démembrementde l'ancienne baronniede Clairvaux, était fort importante. Elle comprenait les villages d'Àuge , Barésia, Blesney , Charcier , Charézier , la
Cbarne, Cogna , Liefnans, Piételle, Uxelles et Vertamboz. Le seigneur avait toute justice , haute , moyenne et basse , la banalité des fours, des moulins, les épaves, la montre d'armes, des prestations en nature et en argent , et tous les autres droits inhérents à la haute justice.
Seigneurs. Au mois de juillet 1 227, l'once II, sire deCuiseaux, reprit de fief de Gaucher de Commercy, sire de Château-Vilain , Mont-Saint- Sorlin , ainsi que les maisons-fortes de Clairvaux et de Virechàtel. Ce seigneur épousa Laurence de Sennecey , dame de Bar-sur-Seine, dont il eut, 1° Hugues, 2° Ponce III , et 3° Alix , épouse d'Amédée II , sire de Coligny et d'Andelot. Ponce III eut en partage la baronnie de Clairvaux , dont il prit le nom , et laissa de N.... de Commercy, son épouse, un fils du nom d'Humbert. Humbert se qualifiait, en 1267, 1279, 1291, 1293, de sire de Clairvaux, Vertamboz, Mont-Saint-Sorlin et Charézier.
11 reprit de fief, en 1 30 1 , envers Jean de Chalon Ier, sire d'Arlay, ce qu'il avait dans la garde du prieuré de Bonlieu et à Mont-Saint-Sorlin, où il voulait construire une forteresse. Il laissa d'Isabelle d'Avilley, son épouse, Etienne , damoiseau , mort sans postérité avant 1312, Marguerite et Nicole de Clairvaux. Celte dernière, femme d'Hugues II, sire d'Usie , eut dans le partage qu'elle fit avec sa sœur en 1312, parla médiation d'Odon de Thoraise, chevalier, le château de Mont-Saint-Sorlin, les terres de Vertamboz, Charcier, Charézier , Auge, etc. , et la garde du prieuré de Bonlieu. Hugues II portait, en 1390, le titre de sire d'Usie, Mircval et Mont-Saint-Sorlin. Son héritier vendit Saint-Sorlin en 1340 , à Guillaume de la Baume , seigneur de Labergement. En 1 268, Hugues,
comte de Vienne , traitant avec les chartreux de Bonlieu , agissait comme seigneur de Saint-Sorlin et d'Uxelles. Il n'était probablement que suzerain , à moins qu'Humbert de Clairvaux ne lui eût engagé momentanément ces terres. Jean de la Baume, 1er du nom, comte de Montrevelen-Bresse , fils de Guillaume , portait le titre de seigneur de Valfin , Montgefond et Saint-Sorlin. Il fut pourvu de la charge de maréchal de France , conjointement avec Antoine de Vergy , par lettres du 22 janvier 4424. Il épousa , par contrat passé à Genève , le 5 novembre 1 384 , Jeanne de la Tour, fille d'Antoine , seigneur de la Tour , et de Jeanne de Villars, dont il eut , 4° Jean, seigneur de Bonrepos , de Valfin et de Pesmes, nommé échanson du duc de Bourgogne , le 22 décembre 4404 , prévôt de Paris en 4420, conseiller et chambellan du roi , marié à Cuiseaux, le 40 août 1400, avec Jeanne de Chalon , comtesse de Tonnerre et d'Auxerre en partie ; 2° Jacques , grand-maître des arbalétriers; 5° Pierre, seigneur de Mont-Saint-Sorlin, dont sont descendus les comtes de Montrevel , et plusieurs filles.
Pierre de la Baume, IIIe du nom , fut seigneur de Mont-Saint-Sorlin , de la Roche-du-Vanel , d'Irleins, Beauvernoy, Sermoye, etc. Le duc de Bourgogne le fit son écuyer tranchant en 4418. Il épousa, le 2 mars 4424, Alix deLuyrieux, fille d'Humbert , seigneur de la Ceuille , de Sa- \igny-en-Revermont, etc., et de Jeanne deSassenage.De cette alliance naquirent sept enfants, et entre autres Quentin de la Baume , qui eut dans son lot Saint-Sorlin et une partie de la terre de Harboz. Ce dernier était chambellan du duc de Bourgogne, lorsqu'il fut tué à la bataille de Granson , ne laissant aucune posté-
! rilé de Claude de Thoraise , son épouse. Il transmit sa fortune à Guillaume, son frère.
Guillaume de la Baume , baron de Mont-Saint-Sorlin, seigneur d'Irleins, deMarboz, etc., chevalier de la Toison-d'Or, chambellan du duc de Bourgogne et du roi Charles VIII, gouverneur de Bresse pour Philippe de Savoie , et des deux Bourgognes, suivit constamment le parti de C aries , duc de Bourgogne , de Marie sa fille et de l'empereur Maximilien. Il mourut en 4 495, sans enfants d'Henriette de Longwy, dame de Cboye , son épouse , fille de Jean, seigneur de Rahon, et de Jeanne de Vienne, dame de Pagny. Il substitua pour héritier , par testament du 10 juillet 4491$, Guy de la Baume, son frère.
Guy de la Baume , seigneur delà Roche-du-Vanel, de Mont-Saint- Sorlin , d'Altalens, en Suisse , puis comte de Montrevel , après la mort de Jean de la Baume 11, son cousin, chevalier d'honneur de Marguerite d'Autriche, douairière de Savoie, nommé chevalier de la Toison-d'Or en 4 5 4 6, épousa Jeanne de Longwy, fille de Jean, seigneur de Rahon et de Gevry , et de Jeanne de Vienne, dame de Pagny , dont il eut, 1 0 Marc, comte de Montrevel ; 2° Pierre, successivement chanoine et comte de Lyon , abbé de Saint-Claude, prince du Saint-Empire , évéque de Tarse, puis de Genève , en 4 523 , archevêque de Besançon , et enfin cardinal , l'un des principaux ministres et confidents de l'empereur Charles- Quint, mort à Arbois, le 4 mai 1 544 , et enterré dans l'église Saint-Just de cette ville; 3° Claude, baron de Mont- Saint-Sorlin, duquel descendent les derniers comtes de Montrevel et plusieurs filles.
Claude de la Baume , baron de Mont-Saint-Sorlin , bailli d'Amont ,
maréchal et gouverneur du comté de Bourgogne, chevalier de la Toisond Or et chambellan de l'empereur Charles-Quint, acquittes seigneuries de Présilly , Beaulieu , Beauregard , Pellapucin, etc. , d'Anne de Chàteau- Vilain , comtesse de Montrevel , sa belle-sœur, et testa à Arbois, le 23 juillet 1 54 1 . Il mourut peu de temps après , dans cette ville , où il fut inhumé, sans laisser d'enfants de Claudine de Toulongeon , sa première femme, qu'il avait épousée à Bourg, le 30 août 1502. 11 s'était remarié en secondes noces , le 28 décembre 1532, à Guillemette d'igny, dont il eut, 1° François, baron de Mont- Saint-Sorlin, puis comte de Montrevel ; 2° Claude, abbé de Cherlieu et de Saint-Claude, archevêque de Besançon , cardinal, mort à Arbois, où il fut inhumé , le 14 juin 1584 , en allant prendre possession de la viceroyauté de Naples , que le roi d'Espagne lui avait donnée ; 3° Perrone de la Baume, mariée en 1560, à Laurent de Gorrevod , 11e du nom , comte de Pont-de- Vaux , gouverneur de Bresse , et Claudine, abbesse de Saint-Andoche.
Perrone de la Baume , épouse de M. de Gorrevod, eut dansson lot une
partie de la seigneurie de Mont- Saint-Sorlin ; l'autre partie passa à François de la Baume , son frère , nommé gouverneur de Savoie et de Bresse , le 20 janvier 1 5G 1 . Ce dernier mourut en 1565 , laissant de Françoise de la Baume, sa parente, qu'il avait épousée à Marboz en 1 54 8 , entre autres enfants Marguerite, dame de Mont-St.Sorlin, qui s'allia en premières noces , le 1er novembre 1 559, à Aimé de la Baume , seigneur de Crevecœur et de la Chaux, puis le 14 décembre 1578, à Africain d'Anglure , prince d'Ambiise et baron de Bourlemont. Cette dame céda
ses droits sur Saint-Sorlin à la maison de Gorrevod , qui en possédait moitié , du chef de Perrone de la Baume. Charles -Emmanuel de Gorrevod , fils unique de Laurent , IIe du nom , grand chambellan de l'archiduc Albert, mourut à Marnay , le 4 novembre 1625, laissant de son mariage avec Elisabeth de Bourgogne, 1° Charles - Emmanuel , élu archevêque de Besançon , mort le 20 juillet 1659 , et Philippe-Eugène de Gorrevod.
Philippe-Eugène de Gorrevod réunit aux biens qu'il tenait de son père , ceux qu'il recueillit dans la succession de son frère , et mourut sans postérité en 1686 , après avoir fait un testament par lequel il institua pour son héritier le marquis de Thianges, de la maison de Damas, son ami , mais qui ne lui était pas parent. Ses biens furent séquestrés, d'autorité du parlement de Paris , par le motif que Pierre, marquis de BeauÛremont, les prétendait comme lui ayant été substitués. Ils furent en effet adjugés à Louis -Bénigne, marquis de BeauÛremont. C'est ainsi que la seigneurie de Saint-Sorlin passa dans la maison de BeauÛremont , qui possédait déjà la terre de Clairvaux. M. Lcmire acheta, en 1807, le domaine utile de ce vaste fief, et le transmit à l'un de ses fils, habitant Clairvaux , qui le possède actuellement.
Armoiries. Les seigneurs de Mont- Saint-Sorlin , de la maison de la Baume, portaient : d'azur à (a bande vivrée d'or, timbré d'argent , surmonté $un aigletfor pannaché d'or et d'azur. Les de Gorrevod portaient:
d'azur au chevron d'or timbré d'or, surmonté d'une licorne d'argent naissante au bourrelet d'or et d'azur pannaché de même couleur.
Château de Saint-Sorlin. A l'ex-
tréinilé septentrionale de la montagne de Saint-Saturnin , s'élevait un chàteau-fort dont les ruines attestent encore l'importance. 11 était isolé du reste de la montagne par un fossé profond , d'une largeur de 20 mètres au moins, creusé dans le roc vif. Une tour énorme s'élevait sur les bords du fossé et se reliait par une épaisse muraille aux autres constructions.
On communiquait de la tour au château par un escalier rapide en pierre, construit dans l'épaisseur des murs.
La forteresse était défendue de tous autres côtés par le rocher à pic et par d'énormes murs d'enceinte, dont plusieurs parties ont résisté aux injures du temps. Un chemin empierré, longeant le flanc de la montagne , conduisait au château, en passant sous une porte dont les débris se voient encore. Ce château, qui occupait une surface d'environ 40 ares, fut construit de 1501 à 1312, et détruit au xv* siècle, par les armées de Louis XI.
On remarque, à l'extrémité du Mont-de-Gourdaine , la redoute qui fut élevée par l'ennemi pour le bombarder.
Les illustres seigneurs de la Baume n'y résidaient point continuellement, mais ils y venaient fort souvent pendant l'été. Quentin de la Baume, sire de Saint-Sorlin , était le compagnon intime de Louis de Chalon , fils du prince d'Orange , et habitait dans sa jeunesse tantôt Nozeroy, tantôt Saint-Sorlin. Lorsqu'en 1463, Louis emportait en Suisse le trésor que son vieux père lui avait donné, accompagné de Pierre de Jougne , son fidèle écuyer , il écrivit depuis l'abbaye du Grandvaux à Quentin de la Baume , de lui envoyer des gens pour l'accompagner. Plusieurs personnes partirent à cet effet du château de Saint-Sorlin, en passant