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Philippe , dit de Vienne , sire de Pagny et de Pymont, son fils , reconnut tenir cette suzeraineté en fief de Jean de Clialon, sire d'Arlay, Ie* du nom, et renouvela cette déclaration en 1305. C'est en cette qualité qu'il reçut en 1 342 l'hommage du château et de la ville de Loisia , de Jeanne de la Roche du Vannel. Cette dame ne fit de réserve que pour ce qu'elle tenait dans les champs de Bellecombe, des hospitaliers de Varcssia, à la charge de certains servis. Par un traité fait en 1369, Marguerite de Vienne, épouse de Louis de Chalon, seigneur d'Arguel et de Cuiseaux , abandonna définitivement la suzeraineté de Loisia, à Hugues de Cbalon-Arlay II et à ses successeurs.
Le seigneur avait la justice haute, moyenne et basse, avec pouvoir d'instituer un bailli, un châtelain, un procureur, un scribe , des sergents et des forestiers , qni prêtaient serment entre ses mains ; la pèche et la chasse exclusives , les épaves , la banalité du four, du moulin cl du battoir ; le droit d'échantillonner les poids et mesures , de taxer le pain et le vin , de percevoir des cens en argent , en grains et en poules. Les sujets devaient le guet et garde au château, la revue d'armes devant le capitaine , les langues des grosses bétes tuées dans l'étendue de la seigneurie , sept corvées à bras et deux corvées de charrue par an. Ceux qni nourrissaient des porcs devaient un jambon, et ceux qui élevaient des chèvres, un cabri. Le signe patibulaire à deux colonnes était sur la montagne des Vignes , à la croisée des grands chemins de Saint-Amour à Orgelet, et de Lons-lc-Saunier à Gigny.
Franchises. On ne connaît pas la date de la charte de franchises accordées à Loisia. On sait seulement
que les sujets qui résidaient dans l'étendue de la seigneurie, pouvaient disposer de leurs biens , les transmettre par succession , et que le seigneur n'héritait que de ceux qui mouraient hors de sa terre, sans laisser de postérité légitime. La communauté était administrée par deux prud'hommes ou échevins, élus par les habitants.
Seigneurs. Le premier seigneur connu de Loisia est Thibert de Montmoret, qui remit, en 1136, à l'abbaye de Château-Chalon , diverses redevances féodales, qui fit donation, en 1 163, à celle du Miroir, du Champ de Rome, â Lons-le-Saunier, ainsi que de ses droits d'amende et de tavernage, et qui enfin, fut le fondateur de la chartreuse de Bonlieu , un peu avant 1172. Il laissa trois fils , Pierre , Hugues , et Humbert, moine à Bonlieu. Pierre de Montmoret , Palné , succéda à son père dans la seigneurie de Loisia. Il la possédait en 1 188 et 1200 , et mourut peu avant 130% , laissant veuve Béatrix de Coligny, à laquelle les moines du Miroir refusèrent la sépulture, peu reconnaissants des bienfaits encore récents de Thibert. Il avait confirmé, en 1200, les donations faites par son père à la chartreuse de Bonlieu , du consentement de son épouse et de ses deux fils, Jacques et Humbert. Humbert de Montmoret, dit Arragon, seigneur de Loisia et de Crilla, est connu par des chartes de 1204 â 1255 ; il fut père d'Orne1, Jacques et Guillaume Arragon de Crilla , seigneurs de Loisia, en 1263, qui ratifièrent en 1264 les donations faites par Humbert de Montmoret à l'abbaye du Grandvaux.
On trouve ensuite Jacques, seigneur de Crilla et de Loisia, en 1274, 1279, 1283 et 1298, probablement l'un des trois frères précédents et certai-
nement le même que Jacques, dit Arragon, marié avec Marguerite N. ., veuve de Milon, seigneur delà Rochedu-Vannel en Auxois , lequel donna ses deux seigneuries de Grilla et de Loisia, à Jeanne de la Roche-du- Vannel, fille unique de sa femme et de Milon, lorsqu'elle se maria , en 1298, avec Jean deColigny, seigneur d'Andelot. Cette dame devint veuve en 1318 , et se remaria avant 1528, avec Odet de Montagu, chevalier, seigneur de Marigny. Le 20 novembre de cette dernière année, elle céda à Etienne II, chevalier, seigneur d'Andelot, et à Jacques de Coligny, ses deux fils, pour se libérer de ce qu'elle leur devait, le château de Grilla ou de Loisia , à leur choix, avec cent livrées de terre à Pentour, ne s'en réservant que l'usufruit pendant sa vie. Elle mourut presque centenaire en 1374. Etienne II de Coligny, son fils aîné , lui succéda dans la seigneurie de Loisia.
Ce seigneur eut d'Eléonore de Thoire-Villars, son épouse, Jean II , seigneur de Coligny et d'Andelot, mort après 1397, qui s'allia avec Marie de Vergy, fille atnée de Jean, dit le Borgne, seigneur de Champlille.
Jacques, dit Jacquemard de Coligny, né de cette union , vendit à réachat, en 1432, la seigneurie de Loisia, à Claude et Jean de Saint- Amour, afin de payer les dettes qu'il avait contractées lorsqu'il était allé, en 1418, au-devant de l'empereur Sigismond, qu'il accompagna jusqu'à Paris. Il la racheta peu de temps après et la donna, par son testament du 27 fé- • vrier 1434 (v. st.), à son fils Claude. Il avait eu deux autres fils , Guillaume et Etienne , d'Huguclte de la Baume, son épouse. II eut aussi un fils naturel, Jean, bâtard d'Andelot, dont la postérité prit le surnom de Beaupont. II lui fit don, en 1430,
de 400 florins, et le fit châtelain de» seigneuries de Coligny, de Cressia , de Loisia , de Beaupont et de Beauvoir, le nomma exécuteur de son testament, et lui légua iOOécusd'or.
Claude de Coligny mourut sans alliance et laissa sa fortune à Etienne , son frère cadet. Etienne de Coligny, après avoir servi le duc Charles- le- Téméraire dans toutes ses entreprises militaires , et y avoir donné des marques de sa valeur , testa le 17 septembre 1482, et institua Jacques de Coligny, son neveu , fils de Guillaume II de Coligny, dans ses terres de Cressia, Boutavant , Chambly el Loisia. Par suite d'un partage, Antoine deColigny, frère de Jacques et cinquième fils de Guillaume II , eut la seigneurie de Loisia. Il la laissa à Philibert de Coligny, né de Pasquelte de Brosse, son épouse.
Ce seigneur la vendit au mois de novembre 1604, à Philibert Charreton , qui la céda, quelques années après, à Pierre Magnien, éeuyer.
Les biens de cet acquéreur ayant été mis en décret devant le parlement de Dole, furent acquis le 13 juin 1619, par Gérard de Marnix , baron de Polies , seigneur d'Ogimont , qui obtint le don de retrait féodal de celle terre , des archiducs Albert et Isabelle, le 15 juin suivant. Gérard de Marnix laissa les deux tiers de la seigneurie de Loisia, à Claude de Marnix , son fils aîné, et l'autre tiers à Claude-François de Marnix, son fils cadet, qui vendit ses droits à son frère, le 28 juin 1624. Claude de Marnix vendit Loisia avant 1653 , à Joachim de Coligny, marié le 1 7 décembre 1644 , à Jeanne de Talaru , dont il n'eut pas d'enfants. Ce gentilhomme avait deux sœurs, l'une religieuse, et l'autre nommée Barbe, mariée en 1634, à Gilbert Alire, comte de Langheac , Ve du nom ,
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comte du Dalet , laquelle hérita de toute la fortuoe de son père , avant 1 677. Cette dame laissa pour héritier Gilbert-Alire de Langheac, VI* du nom , son fils , mort au siège de la Rochelle en 1 674 . Ce seigneur transmit sa fortune à Marie - François Roger de Langheac, son fils, né de son mariage avec Anne- Louise ou Louise-Françoise de Rabulin. Par un acte passé au château de Chazen , près Autun, le 15 mars 1710, Marie- François Roger de Langheac, Jeanne- Baptiste-Marie, palatine de Dio Montperroux , son épouse , et Louise de Rabutin, comtesse de Dalet, sa mère, vendirent les seigneuries deCressia, Loisia et la Biolée, moyennant 96,000 francs, à Laurent Michaud de la Tour, seigneur d'Avenans et de Liconna, demeurant au château de la Tour. Laurent Michaud , voulant favoriser le mariage de Claude-Marie Michaud , son filsainé, avec Elisabeth d'Apchon , lui fit donation , entre-vifs , de ses biens , â charge de doter ses sœurs, religieuses. Marie- Antoine Michaud de la Tour, baron de Cressia, fils de Claude- Marie, émigra en 179 i. Ses biens furent recueillis par Marie- Claudine-Nicole-Thérèse Michaud , abbesse d'Alix, Denise-Anne-Thérèse Michaud, veuve de César-Aimé-François du Fresne de Montjallin , ses sœurs , et par l'Etat.
Armoiries. Montmoret portait :
lozangé d'argent et d'azur.
Château. Le château primitif de Loisia, mentionné dans la reprise de fief de Jeanne de la Roche du Vanncl, de l'an 1342, devait avoir une certaine importance. II fut probablement détruit de 1477 à 1479, par les armées de Louis XI. Celui qui lui succéda, se composait en 1 624 , d'un bâtiment couvert en laves et entouré de murs, renfermant
quatre chambres à feu, deux greniers et un four; d'une cour spacieuse bordée par un grand bâtiment, composé de caves, écuries, granges et bûchers. Une seconde muraille enveloppait le tout. A côté, étaient un jardin et un grand verger emplanté de noyers. Cette construction n'a été détruite que depuis 40 ans.
Fief de Montmoret. Les seigneurs de Rolalier, de la maison de Montmoret , possédaient à Loisia un arrière-fief, qui consistait dans la directe, sur neuf meix accensés â différents habitants.
Prévôté. Le village de Loisia a donné son nom à une très ancienne famille noble de nom et d'armes , qui en possédait la prévôté en fief héréditaire, ainsi que les seigneuries de Pressia et de Beaupont , dans le département de l'Ain. Marguerite de Loisia porta la première , par son mariage, vers le milieu du xme siècle, dans la maison d'Andelot. Un peu plus tard, la seconde, en sortant des mains de Perraud et de Guillaume de Loisia , son fils , entra dans celle de Coligny. Guy de Loisia était témoin en 1 1 47, d'une donation faite â l'abbaye de Chàteau-Chalon. Ponce, prévôt de Loisia, figure en 1204 parmi les témoins d'un acte, par lequel le prieur de Gigny accensa à celui de Bonlieu,les dîmes d'Ilay. En 1256, les fils de Ponce reçurent, à litre d'abergeage , du prieuré de Gigny, des terres en ce dernier lieu et à Loisia. Les fils deBunoud de Loisia reconnurent, en 1267, tenir en fief de la chartreuse de Va* u cl use, une maison à Cuiseaux , au-dessus de la porte Nolcns. L'un d'eux se fixa dans cette ville et devint la lige d'une branche, qui, sous le nom de Loisia , et plus tard , sous celui de Loisy, exerça à Cuiseaux des fonctions échevinales et notariales. En 1472, Antoine de
Loysié , licencié en lois , élail conseiller aux parlements de Dijon et de Dole. En i 602 , Simon de Loisy fut député du Tiers-Etat pour la ville de Cuiseaux , aux Etals - Généraux de Bourgogne. En 1628, Denis de Loisy y reçut les équipages du duc de Long ueville. Le dernier membre de cette famille était, au xvm° siècle , doyen du chapitre de Cuiseaux. Il occupait la maison de ses aïeux , en face du portail de l'église. On lisait sur la porte d'entrée celte devise, effacée en 1795 : Je suis de Loisy, toujours de Loisy.
Seigneurie de Champagne. Elle relevait de celle de Loisia , et consistait dans la justice haute , moyenne et basse, et autres droits féodaux, semblables à ceux dont jouissaient les seigneurs de Loisia. Les exécutions à mort, seules, étaient réservées à ces derniers. Lessujetsétaient de même condition que ceux de Loisia. Les territoires étaient communs pour les pâturages. Les seigneurs de Loisia et de Champagne avaient un droit de chasse réciproque sur leurs terres.
Seigneurs. En 869, Arduic,>rchevêque de Besançon, se plaignit au roi Lothaire , qui traversait son diocèse en se rendant à Rome , que le comte Alton ou Audon avait usurpé les trois terres de Chavenay, de Champagne et d'Alièse, Cavenniacum, Campaniœ, Alisiacum, dont son église avait joui depuis l'épiscopat d'Abbon ou de Gédéon. Le roi laissa ces terres à son parent. Il est très probable que la seigneurie de Champagne servit plus tard d'apanage à un cadet ou à un fils naturel de la maison de Montmoret. 11 y eut une famille noble, du nom de ce village , qu'il est difficile de distinguer de celle de Champagne sur-la-Louc. Plusieurs de ses membres figurent parmi les bienfaiteurs I
de l'abbaye de Saint-Claude. Humbert, fils de Guillaume de Luyrieux et de Catherine de Savoie, était seigneur de Champagne en 1380. 11 mourut en 1420, laissant d'Alixd'Amesin , son épouse, quatre enfants.
lancelot de Luyrieux, son fils aîné, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, bailli de Savoie, gouverneur de Nice, fut seigneur de Champagne, Présilly et Beaufort. Il épousa au château de Lons-le Saunier, le 7 août 1419, Renaudine de Salins , et vendit Champagne vers l'an 1450, à Louis dcBussy, qui le revendit en 1470, à Claude de Dortans, écuyer.Ce seigneur vint en habiter le château, et s'allia à Philiherte de Toulongcon , dont il eut un seul fils , du nom de Louis. Louis de Dorlans, écuyer, seigneur de Champagne, eut de Jeanne de la Touvière, son épouse , 1° Antoine ; 2° Léonarde , mariée en 1513 à Guillaume de l'élapussin, qui testa en 1552; 3° Bernardine, alliée avec Louis de Mauffans , seigneur de Pymorin et du Châlelel; 4° Philiberie , épouse, 1° de Claude de la Beyvière , dont elle eut trois filles ; 2° de François de Morel , écuyer, seigneur de la Croix. Antoine de Dorlans, écuyer, seigneur de Champagne, mourut sans alliance en Espagne , au service de l'empereur Charles-Quint, dont il était gentilhomme servant. Deux de ses sœurs, Léonarde et Philiberte, furent ses héritières , et partagèrent sa succession le 23 mars 1527. Guillaume, fils de François de Morel , seigneur de Champagne et de la Croix, lesta en 1605, après avoir été marié deux fois, savoir : 1° avec PernelleMargeyt dont il eut Claude de Morel, mort sans alliance aux guerres de Flandres ; Clériadus , religieux à Gigny, de 1580 à 1620; Claudine- Philiberle, mariée en 161 4, dans la
chapelle de Graveleuse, avec noble N. du Bois de Goligny; 2° avec Reymonde de Vélières, qu'il épousa en 1588 , et dont il eut Claude Catherin de Morel , seigneur de Champagne et de la Croix, mort avant 1617, probablement sans alliance, et Jean de Morel, écuyer, qui succéda à son frère. Jean de Morel, seigneur de Champagne et de la Croix , s'allia en 1641 à Louise de Forcrand , dame de Corleyson , et vivait encore en 1650. Il fut père de N. de Morel, écuyer, seigneur de Champagne, et aïeul de Benoit de Morel, vivant de 1700 à 1721, marié à Nicole de Saint-Germain. N. de Morel , seigneur de Champagne en 1755, 1763, est peut-être le même que François-Marie de Morel , seigneur de Champagne en 1771. Le dernier possesseur féodal de celte lerre, fut François du Pugel, qui émigra en 1791. La famille de ce dernier seigneur, originaire du département de l'Ain, possédait depuis plus d'un siècle la seigneurie de Chardenoux , près de Louhans.
Armoiries. Luyrienx portait :
d'or au chevron de sable; Dortans :
de gueules à une fasce d'argent accompagnée de trois annelets de même, deuxencliefet un en pointe.
Du Puget : d'or à quatre pals de gueules au chef d'argent, chargé d'un aigle issant d'or.
Château. Le château de Champagne était construit au sommet d'une montagne inclinée en tous sens, élevée de 557 mètres au-dessus du niveau de la mer, et de 182 mètres au-dessus de la prairie du Suran.
Il se composait en 1624, d'une tour forte , entourée de murailles et défendue au couchant par des fossés, et au nord par une porte et un pontlevis ; d'un colombier en pierre au
meut de ferme. Un bois de haute futaie de 600 journaux l'entourait de toutes parts. Ce château a été démoli successivement, de 1795 à 1810. Il ne reste qu'une partie des écuries , qui sert de logement à un pauvre cultivateur.
Bois du Ban. Le hameau de Bois du Ban n'existait pas avant la fin du xvne siècle, et son emplacement était occupé par un bois en ban ou en réserve, appartenant au seigneur de Loisia. En 1691 , Louise-Françoise de Rabutin (fille du célèbre Roger deRabutin, comte de Bussy), veuve de Gilbert de Langheac, comte de Dalet, marquis de Coligny et d'Andelot, baron et seigneur de Cressia, Loisia, la Biolée, etc., tant en qualité d'usufruitière que de mère tutrice et gérante de Marie- François Roger de Langheac , leur fils , chercha à peupler davantage la seigneurie de Loisia , et à y attirer de nouveaux habitants. A cet effet, elle accensa à perpétuité le bois du Ban , de la contenance de 100 poses ou journaux, à huit individus, originaires des villages voisins, aux conditions suivantes : i° d'être et de devenir eux et leurs
descendants ou ayant-droits, hommes et sujets du seigneur de Loisia, obligés aux droits seigneuriaux, avec jouissance des immunités , comme les anciens habitants de celte terre j notamment d'être passibles des droits de poule , corvées , guette , gerberie et cens de treize blancs pour le four ; 2° de payer une censé annuelle et perpétuelle de 20 sols par pose de terrain , portant lods , vends, amende , seigneurie et retenue ; 3° de supporter la dîme telle qu'elle se percevait sur les condamines du seigneur; 4° de payer immédiatement, mais une seule fois, une
bas du château , et d'un vaste bâti- somme de dix sols par chaque îwse,
pour droit d'cntrage ; 5° de défricher le bois accensé, sous la réserve pour la dame, de la moitié des chênes de haute futaie et à son choix; 6° d'y construire huit maisons, dans le délai de deux ans, avec obligation d'y habiter ou faire habiter par personnes idoines et capables, sous peine de dommages-intérêts et d'an nulation de l'accensement. L'acte de cette fondation fut dressé au château de Cressia, le 21 juillet 1691, en présence de Claude du Palais et de Jules Gardien , aumônier de la dame de Rabutin. Les huit censitaires furent : Claude Borron, Claude Rapt, Jean Brenet le vieux, de Rosay ; Philibert Froissard , de Chevreau; Humbert Vuaille, de Saint - Lupicin ; Désiré Brenet, de Graveleuse ; Anatoile Grand et Pierre Brenet, de Cressia. De nos jours, deux habitants de ce lieu portent encore les noms de deux de ces premiers chefs de famille (Vuaille et Borron). Cette colonie, du reste, a médiocrement prospéré, car quoiqu'elle ail été soulagée de toutes ses charges par la révolution de 1789 , au lieu des 8 premiers feux ou ménages, il n'y a aujourd'hui que 17 maisons, occupées par des individus pauvres et malheureux. Aussi bien, ce n'était pas une idée heureuse que celle de détruire un bois productif, pour établir un village à K94 mètres d'élévation , au sommet d'une montagne peu accessible et battue de tous les vents , sur un sol graveleux, ravinable, privé de sources d'eau, presque stérile et qui ne produit qu'un peu d'avoine et de pommes de terre.
Evénements divers. (Voir l'article Gigny.)
Eglise. L'église de Loisia est dédiée a saint Maurice, martyr, et soldat de la légion Thébainç, Elle se
compose d'un clocher, d'une nef, d'un chœur rectangulaire, de deux chapelles et d'une sacristie. Cet édifice est moderne et n'offre rien de remarquable.
Curiosités naturelles. On remarque à Loisia , la source du Suran , qui s'échappe d'un rocher très pittoresque.
Bibliographie. Notes communiquées par M. le docteur Gaspard , auteur de l'Histoire de Gigny. — Notes de M. A. Guichard, de Cousance, qui a découvert dans les archives de Cuiseaux, ce qui concerne la famille prévotale du nom de Loisia ou Loisy. — Archives de la préfecture du Jura.
Lombard, villa Lombard, Lom- 6ar, Lombard-lez- Arlay , vg. de l'arr. de Lons-le-Saunier , canton , percept. etbur. de poste deSellières; succursale , dont dépend Recanoz ; à 8 kil. de Sellières et 16 de Lonsle-Saunier. Altitude : %h im.
Le territoire est limité au nord par Recanoz ; au sud par Ruffey et Arlay ; à l'est par Arlay, et à l'ouest par Viucent.
Il est traversé par les ch. vicin.
tirant à Sellières, à Lons-le-Saunier, à Vincent, à Ruffey, à Mantry, à Chaumergy et de Vincent à Arlay.
Le village est situé sur le sommet d'un coteau qui domine le bassin de la Seillc. Les maisons sont généralement groupées, construites en pierre , couvertes un quart en tuiles et le surplus en chaume. On n'y remarque que l'habitation de M. Rameaux , maire de la commune.
587 ; en 1851 , 587, dont 190 nom. et 197 fcm. ; pop. spécif. par kil.
carré, 73 hab.; 105 maisons ; 113 ménages. Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1742. Les
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jeunes gens émigrent, pour être domestiques à Paris.
Cadastre exécuté en 1 809 ; surf, terril. 833h 38\ divisés en 1391 parcelles, que possèdent 309 propriétaires, dont 190 forains; surf, imp. S27h 48', savoir: 28 lh en terres lab., 168 en bois, 62 en prés, 3! en étangs, 18 en vignes, 4 en pâtures , 4 en jardins et sol de bâtiments, d'un rev.cad.de 24, 341 f.; conlrib. dir. en princip. 2886 fr.
Le sol , ondulé et peu fertile , produit du blé, de l'orge , de l'avoine, du maïs, du sarrasin, des légumes secs , de la navette , des betteraves , des pommes de terre , du chanvre, des fruits, des vins rouges, de qualité médiocre, du foin , des fourrages artificiels, peu de seigle et de carottes fourragères. On importe le quart des céréales et moitié des vins. Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
On élève dans la commune des bétes â cornes et des porcs qu'on engraisse. 40 ruches d'abeilles. Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Bletterans et de Sellièrcs. Ils sont généralement peu aisés. Leur principale ressource consiste dans l'agriculture.
Il y a un châlet , dans lequel on fabrique annuellement 1800 kil. de fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère , une maison commune , construite en 1848 , qui a coûté 12,000 francs ; elle renferme la mairie , le logement de l'instituteur, la salle d'étude , fréquentée en hiver par 48 élèves; le logement d'une institutrice laïque et l'école , fréquentée par 44 filles ; enfin , le dépôt de la pompe à incendie , une place publique au centre du village , ornée d'une croix en fer, une pompe â in-
cendie , manœuvrée par une compagnie de 30 pompiers , et 167b 38" de pâtures, bois et terres, d'un rcv.
cad. de 8189 fr.
Bois communaux : 183b 49'; coupe annuelle, 4b 41'.
Budget : recettes ord. 3408 fr. ; dép. ord. 5388 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le bassin de la Seille , cet admirable jardin du Jura , est une des plaines les plus belles , les plus riches et les plus fertiles de la province. Il est entouré par une vaste ceinture de collines , qui l'encadre d'une manière très pittoresque.
Lombard est situé au nord -est de ce bassin , au sommet d'un coteau.
Son origine est aussi obscure que l'étymologie de son nom. Le territoire qu'il occupe faisait primitivement partie de la dotation du prieuré d'Oysenans de Ruffey. Ce monastère , l'un des plus anciens du diocèse de Besançon , est déjà recensé au nombre des dépendances de l'ab<bayede Saint-Oyan-de-Joux, dans un diplôme du roi Lothaire , de l'an 888 , sous le nom A'Ausinincus , et dans un autre , de l'empereur Frédéric Barberousse, de l'an 1185, sous celui à'ecclesia et prioratus de Ausiniaco. Nous serions tenté de croire qu'un chemin antique , reliant Arlay à Bellevesvre, passait entre Lombard et Vincent, et qu'une chapelle , dédiée à saint Martin , fut bâtie au bord de cette route , sur l'emplacement d'un oratoire païen.
11 est certain que Lombard existait au xue siècle , car l'empereur Frédéric Barberousse confirma , en 1168, à l'abbaye de Château-Chalon, la possession de trois meix dans ce lieu, in v.lla lombard très mansi , et la moitié du village de Vincent. Le 28 février 1181 (v. st.),
le pape Luce 111 confirma à la même abbaye les biens qu'elle avait dans ces lieux : apud Vincens quinque mansos ; in Lombar* quatuor.
Seigneurie. Lombard devint un membre de la baronnic d'Arlay , par suite d'une association faite entre le prieur d'Oysenans et les princes de la maison de Chalon. Le seigneur d'Arlay y exerçait la justice haute , moyenne et basse. Les sujets étaient main-morlables. Ils étaient tenus au droit de vénerie, ou de gîte aux chiens. Dans une reconnaissance de droits seigneuriaux du xvi" siècle , on lit : « Les prud'hommes et écbevins de Lombard , Claude Chenoz , dit Martin , Guillaume Dugoy et d'autres habitants, confessent devoir à son altesse le prince d'Orange , dix gros vieux de cens, à raison d'un droit qui lui compétait sur lesdits habitants, appelé droit de vénerie , piéca limité et abonné par les prédécesseurs de son altesse , pour le pain que lesdits habitants doivent pour les chiens de mondil seigneur, quand il était à la chasse audit Lombard. » Les comtes de Bourgogne jouissaient d'un semblable droit dans une grande partie de nos villages voisins des forêts domaniales. On disait autrefois, les cuisiniers de Lombard , pour faire allusion à cette servitude.
Evénements divers. Lombard n'était autrefois qu'un hameau de la paroisse de Vincent, composé de quelques chaumières dispersées dans la forêt. En 1006, on n'y comptait que onze ménages, qui encore disparurent, de 1036 à 1640 , à la suite des guerres et des pestes. En 1 680, il n'y avait que vingt maisons, nouvellement construites par des colons étrangers.
Eglise. L'église est située en dehors du village et vers son extrémité
sud-est. Elle occupe probablement la place de l'ancien oratoire , dont nous avons parlé. Elle est dédiée à saint Martin , dont on célèbre la fête le 1 1 novembre , et se compose d'un clocher qui porte la date de 1622, d'une nef, d'un chœur, d'un sanctuaire et d'une sacristie. Le patronage en appartenait au prieur d'Oysenans.
Biographie. Ce village est la patrie de F. Lorme , F. Moureaux et E. Clément , capitaines ayant fait les campagnes de la république et de l'empire , et morts vers 1830.
imois, Longa Calma , Longnm Carmetum , Longus CameliiSy longchaulmois , Longchuwio/s, Long-ChuumoiSy vg. de l'arr.
de Saint-Claude, cant. et bur. de poste de Morez ; chef-lieu de perc; à 13 kil. de Morez, 10 de Saint- Claude et 70 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 982ra.
Le territoire est limité au nord par les Villards-lez-la-Rixouse , Lézat, la Mouille et Morez ; au sud par Cinquétral , Saint-Claude et Septmoncel ; à l'est par Prémanon et les Rousses ; à l'ouest par les Villards, la Rixouse et Cinquétral.
Il est traversé par la route dép.
n° 26, de Saint-Claude à Morez; par les ch. vie. tirant à Prémanon, à la Combe -Sambinc, en Berthod , à Orsières , de Rosset à Cornet ; par ceux dits de la forêt communale ou de la Croix de la Tcppe , des Monts de Bienne , d'Amont et d'Aval , des Arcels , des Repenty devant et derrière, de Bon Bourg et de Servagna t ; par laBienne, les ruisseaux de Pisse- Vieille , des moulins Piquand, des moulins Dardet, de la Foingreuse et de la Gire.
Le village est situé au pied occidental d'une chaîne de montagnes ,
considérée comme une déviation de la Dole à Orgelet , sur un plateau qui domine agréablement la belle vallée de la Bienne. Les maisons qui composent le quartier principal sont disposées comme dans les villes, et bordent la route de Saint-Claude à Morez. Elles sont d'un aspect très propre, bien bâties en pierre, couvertes en bardeaux et élevées d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée.
De nombreuses habitations sont disposées sur toute l'étendue du territoire.
Pop. en 1790, 1880 bab. ; en IMG, 2040 ; en 1851 , 1790, dont 918 hom. et 872 fem.; pop. spécif.
par kil. carré, 31 bab.,* 310 maisons , savoir : au centre du Village 30, à Orsièi cs 25, aux Combes 10, aux Haisses 14 , au Pissard 25 , à Servagnat9, à Cornet, la Combe du Four et Fageoux 9, aux Charrières 25, à la Tavaillonnetle et à la Tronche 1 3 , à Rosset 1 3 , à Novet 8 , à la Saugea, au moulin Piquaud et au Bon Bourg 11 , aux Communailles 14 , aux Repenly 41 , à la Doye, Biennetan et au Béehet 17, à BatailIard-Dessus 6, à la Goulette et à Bataillard-Dessous 26, au Sauillet et sur le Villard 5 , aux Monts de Bienne d'Amont 8, aux Monts de Bienne d'Aval 15, à la Chaux Bertholet 6 ; 353 ménages. Les plus anciens registresde l'étal civil datent de 1668. Quelques habitants seulement émigrent pendant Pété, pour exercer Tétai de maçon dans le voisinage.
Cadastre exécuté en 1 822 ; surf, territ., 5760h, divisés en 8061 parcelles que possèdent 580 propriétaires, dont 78 forains; surf, imp., 5702u, savoir: 1932 en bois-taillis mêlés, 1549 en parcours, 1536 en terres lab., 452 en broussailles, 156 en prés , 62 en friches cl murgers ,
16 en sol de bâtiments et lh en jardins, d'un rev. cad. de 5272 fr. ; cont. dir. enprinc, 9147 fr.
Le sol , montagneux , très froid et peu fertile , produit du blé , de l'orge , des pommes de terre , du foin , un peu de maïs , de chanvre et de lin. On importe le tiers des céréales et le vin. Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 cent, pour cent.
On élève dans la commune des bêles à cornes et des chèvres ; on y emploie des chevaux achetés en Suisse. Les porcs cl les vaches qu'on y engraisse sont destinés à la consommation locale. 20 ruches d'abeilles.
On Irouve à la Combe, une tourbière que quelques habitants exploitent pour leur chauffage, et sur le territoire, des sablières, des carrières de pierre à bàfir et de taille, qui oui été exploitées pour la construction des maisons de Morez , des carrières de marbre avec veines blanches et rouges, non utilisées.
Les habitants fréquenlenl habituellement les marchés de Saint- Claude et de Morez.
Foires. Il y a deux foires par an , fixées au 25 juin et au 50 septembre. On y vend du bétail à cornes , des lissus, de la quincaillerie, etc.
Commerce. Les patentables sonl :
un boucher, cinq aubergistes, un cordonnier, un marchand de poterie, un mercier, deux ferrailleurs, un marchand de tissus et un marchand de porcs.
Industrie. Il y a 1 7 fromageries , dans lesquelles on fabrique annuellement 120,000 kil. de fromage, façon Gruyère, de bonne qualité, exportés à Lyon et à Paris; un moulin à un seul tournant, (rois moulins à deux tournants avec chacun une scierie mécanique à une lame,
pour bois de construction , trois autres moulins à deux tournants et un moulin à un tournant avec une scierie mécanique à une lame; deux fabricants de mesures linéaires, deux fabricants de montures de lunettes, un fabricant de lunettes et un cloutier.
La principale ressource des habitants consiste dans l'agriculture , la fabrication des fromages , des mesures linéaires en cuivre, en bois et en baleine , des lunetîes-conserves , des étuis de lunettes , des tabatières et la lapidairerie. Presque tous se livrent aux travaux industriels. L'ouvrier gagne en moyenne 1 fr. 23 c.
par jour ; la nourriture reste à sa charge. Tous les objets sont fabriqués pour le compte des négociants de Saint-Claude et de Morez, qui les exportent dans toute l'Europe.
Longchaumois est la résidence d'un notaire.
Biens communaux : une église , un cimetière , un presbytère , une maison commune, bâtie en 1834, contenant la mairie , le logement de l'instituteur et l'école, fréquentée par 75 élèves ; une fontaine , construite en 1847, qui a coûté 7000 fr.
et 2S3h 83* de bois-sapins, boistaillis et pâtures, d'un rev. cad, de 158fr.
Outre l'école primaire centrale, il y en a quatre autres, dirigées par des sous -m al 1res, établies : au hameau des Repenty, 30 élèves des deux sexes; aux Cbarrières, 25 ; à Orsières, 35 ; à Servagnat, 25.
Ecole libre des filles. L'école des filles est tenue par quatre religieuses de l'ordre de Saint-Joseph , dont la maison principale est â Lyon. Elle est fréquentée en hiver par 75 élèves, dont 15 pensionnaires. Cet établissement a été fondé par Charles- Joseph-Eugène Dumont, né à Long-
chaumois en 1765 , curé de la Mouille, pendant 24 ans, et mort en 1835 , dans la maison que sa bienfaisance a dotée.
Bots communaux : 247 b 9la; coupe annuelle, 100 stères ou sapins.
Budget : recettes ord., 4381 fr.; dépenses ord., 4381 fr.
Bureau de bienfaisance : revenu ord., 550 fr., provenant en grande partie d'un don fait par M. Alexandre Febvre, curé de celte paroisse pendant 28 ans et mort en 1831.
NOTICE HISTORIQUE
Rien n'est difficile â déraciner connue les préjugés historiques. A force d'entendre répéter que le Mont-Jura n'était qu'un affreux désert avant l'arrivée de saint Romain à Condat, on a fini par le croire.
Cependant, en admettant même comme exactement vraie, la description que fait de celte contrée l'auteur des Vies de saint Romain et de saint Lupicin , à l'époque où ces illustres cénobites jetèrent les fondements du célèbre monastère auquel saint Oyan donna son nom , on est forcé de reconnaître qu'elle ne prouve rien pour les temps antérieurs. Des témoignages irrécusables nous montrent la vallée de laBienne, depuis Condes jusqu'à Condat , couverte de bourgades celtiques , puis de villes romaines florissantes. Si depuis Condat, en remontant aux sources de la Bienne, cette vallée prend un aspect plus sauvage, fautil pour cela renoncer à y chercher les traces des civilisations antiques ?
Explorons un instant ces parages inconnus et laissons-nous guider par le flambeau des traditions mythologiques. Longchaumois , quoiqu'élevé de plus de 950 mètres au-dessus de la mer, occupe un plateau dont
le site est assez agréable. Les dénominations locales s'unissent aux superstitions, pour prou ver que son sol fut couvert d'établissements celtiques. Les éminences de Mirbey, de Beauregard, rappellent aussi bien le culte du soleil , que F usage qui se perpétue dans celte commune , d'allumer des feux sur les hauteurs la veille de la Saint-Jean d'été. La fontaine des Yeux, ainsi appelée, à cause des propriétés curatives attribuées à ses eaux, dut être une source sacrée et l'objet d'un culte particulier. Le ruisseau de la Givre ou de la Fouivre , fait allusion à ce serpent ailé , qui joue un si grand rôle dans les théogonies orientales.
La fontaine de Tripière ou des Trois Pierres, ainsi que la fcome des Sarrasins, paraissent avoir servi aux pratiques druidiques. Nous ne craignons pas de faire remonter jusqu'à ces temps reculés cette croyance si répandue dans la paroisse de Longebaumois, aux sorciers et aux enchanteurs. Tout le monde sait que chez les païens et même chez les juifs, les sorciers étaient déjà regardés comme les délégués, comme les ministres de la puissance de Satan ; qu'ils agissaient sur la nature et sur l'homme, troublaient les éléments, étaient la vie, dévastaient la campagne, prédisaient l'avenir et se transformaient à volonté. La fontaine Laurent était te rendez-vous général des sorciers de tous les pays d'alentour, et le lieu ordinaire du sabbat. La population fixée sur le plateau oriental de la Bienne, trouvait des ressources permanentes d'existence dans l'exploitation des forêts de sapin, la chasse, la pêche, la vente des fourrures d'animaux sauvages et la fabrication des fromages de chèvres. Ces produits avaient un écoulement facile, au
moyen des ports multipliés qui étaient dans le voisinage. Le mode universellement adopté dans les hautes montagnes , des habitations en bois , ne permet pas d'y retrouver de vestiges de constructions romaines , mais il est certain que pendant cette période , il existait des chemins traversant le territoire de Longchaumois, qui communiquaient de la Séquanie à la colonie de Nyon et à Genève. Plusieurs se croisaient à Cinquétral, appelé pour cela dans les chartes latines, Quinquestrala.
L'un d'eux franchissait la montagne, dans le lieu dit VEtroit de la Jour; un autre se dirigeait sur Seplmoncel, Septem Moncellis et sur Genève, par Mijoux ; un troisième sur Condat; un quatrième sur Jougne. La Roche des Arcets, qui domine l'une de ces anciennes voies, semble tirer son nom d'une fortification , arx , construite à son sommet. Les Bourguignons durent occuper de bonne heure certaines parties du territoire de Longchaumois, car différents domaines, tels que la Combe Sambin et le Pré franc du Grand- Servagnat étaient tenus en franc-alleu et ne furent jamais soumis à la main-morle.
La vie des Sarrasins, le trou des Sarrasins , sont des dénominations qui font supposer que des bandes égarées de la colon ne sarrasine, commandée par Althin, et poursuivie en 732, par Charles Martel, à travers la Bourgogne , traversèrent Longchaumois, pour se jeter dans le bassin de Gex et de Genève , après avoir pHIé l'abbaye de Condat. Tous les biographes s'accordent à faire naitre le célèbre Mannon , prieur du monastère de Saint-Oyan-de-Joux , et l'un des plus savants hommes de son temps, dans les environs de Saint-Claude. Il est probable qu'il reçut le jour dans la paroisse de
Longebaumois, au Heu dit le Cernois-Mannon. Comme ce religieux mourut vers 880 ou 88 f , après avoir été placé par Charles- le- Chauve, à la tête de Pécole du palais , ce fait prouverait que celle conlrée était habitée au ixe siècle , si on ne savait déjà que la Mouille, Moyay est mentionnée dans le diplôme du roi Lothaire, de Tan 855, sous le nom de Médis ou Pugro-Medis. La paroisse de Longebaumois avait dans sa circonscription primitive plus de douze lieues de circonférence. Elle ligure sous le titre (Veccle$iu de Longo- Camelo, dans un pouillé du xiue siècle, du diocèse de Lyon. Le nom de cette commune dérive du mot calma, très usité aux vme et ixe siècles , pour désigner un chaume, un pâturage sur les montagnes. Par un acte daté du mois de janvier 1283 (v. st.), Ainion de Prengin témoigna tout le regret qu'il éprouvait d'avoir, tant par lui que par ses complices , inquiété vivement les religieux de Sainl-Oyan. Il supplia l'abbé de lui accorder le pardon de toutes les injuresqif il lui avait faites, de pardonner aussi à ceux qui Pavaient excité ou qui Pavaient conseillé, surtout à Girard Sagcy. En preuve de repentir, il s'obligea à réparer et à faire réparer tous les dommages causés , à être le vassal et Phomme-ligc de Pabbé pour la garde de la paroisse de Longebaumois et de Cinquétral , de Quinque stratis , à protéger les sujets de ce prélat, même les nouveaux albergat aires des Rousses, les Rosses, proche le lac de Qninceneys. Déjà, en 1280, Pierre de Beaufort, sacristain du monastère, avait accensé à Pierre, fils de feu Vincent Girard, de Longebaumois, un cours d'eau à Orsières, et les ruines d'un ancien moulin , pour en reconstruire un
nouvean , sous le cens de six deniers genevois. Ces différents titres prouvent l'antiquité de ces lieux.
Seigneurie. La paroisse de Longebaumois était primitivement comprime dans la partie de la terre de Saint-Claude, dite de la grande cellererie, propriété de l'abbé. Par un acte daté du jour de fête Saint-Luc , évangclisle, de l'an 1396, Pabbé Etienne de Villars céda à ses religieux les revenus de cette paroisse, en dîmes, tailles, corvées et droit de maréchaussée, sous la seule réserve de ceux du prieuré de la Mouille.
11 fil cef abandon pour leur tenir lieu des revenus qu'ils avaient dans la paroisse de Dorlans, qu'il avait été obligé d'engager à Humbcrt de Porta ns , pour sûreté d'une somme de 1000 francs qui lui était nécessaire, pour retirer le château de Moiransdes mains d'André Chatard.
L'abbé commendataire, Pierre de la Baume , fatigué des atteintes que les officiers du parlement de Dole portaient chaque jour à sa puissance temporelle , résolut de faire le voyage d'Espagne , pour soumettre ses doléances au roi. Un seul obstacle l'arrêtait, c'est qu'il n'avait pas d'argent pour se mettre en roule.
Dans celle extrémilé, il vendilà ses religieux tous ses droits sur Longcbaumoisel Orsières, même la haute juslice, moyennant 1000 écus d'or au soleil , au coin du roi de France.
L'acte en fut passé devant Pofficial de Lyon, le 2fc mai 1518. Le pape Eugène approuva celte aliénation en 1525. Le grand cellerier de Pabbaye , qui avait droit au cinquième des écbules cl des affranchissements dans ces deux villages, se plaignit du tort que lui causait celle vente. 11 perdait à la fois une partie de ses revenus cl de sa juridiction. Pour l'apaiser , les moines acue-
tèrent la grange et le pré de Rochefort , près de Saint-Claude , et les lui cédèrent, le 50 octobre 1531.
Restait encore à indemniser le sacristain de Saint-Pierre, auquel appartenaient les cours d'eau et une redevance de 8 quarlaux d'avoine sur les diines. On le désintéressa eu lui cédant un verger à sa convenance, près de sa maison. Les successeurs de Pierre de la Baume ne trouvèrent nullement de leur goût la cession faite par ce prélat, et cherchèrent par tous les moyens possibles à en atténuer les effets, lis tenaient surtout au maintien de leur droit de haute justice, qu'ils regardaient comme un des attributs essentiels de leur souveraineté. Les religieux soutinrent leurs prétentions avec opiniâtreté. Ils recoururent directement au roi d'Espagne et en obtinrent un mandement de garde, en i:>72. Le parlement était saisi du débat, lorsque l'affaire se termina par une transaction. Suivant un traité du 16 mai 1573, Pabbé convint que son chapitre aurait la connaissance de tous les crimes ci délits en matière civile, et lui, celle de tous les cas criminels. La difficulté se renouvela après réfection de l'évéché de Saint Claude, et ne fut terminée que par un traité du 17 juin 1762 , dans lequel il fut dit que celui de 1573 continuerait d'être exécuté. Ainsi, les véritables seigneurs de Longcbauinois et d'Orsières, depuis l'acquisition de 1518, étaient les chanoines de Saint- Claude. Ils y avaient une maison féodale, appelée;iec/<ateau.Ces deux villages étaient administrés comme les autres terres de la pitance.
Franchises , privilèges, peuplephment. Une question qui a soulevé les plus grands débats pendant plusieurs siècles , qui a exercé la verve
de Voltaire et que la révolution seule a tranchée, était celle de savoir, si les habitants de Longchaumois avaient réellement reçu une charte de franchises , et si les moines avaient abusé de leur puissance pour ravir leur liberté. Nous avons examiné les titres avec impartialité, nous en avons pesé tous les termes , et nous sommes resté convaincu que jamais ces habitants n'ont eu d'autre condition que celle qui était générale dans la terre de Saint- Claude , c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais été affranchis de la mainmorte. Par un acte de l'an 1298, l'abbé Etienne de Villars et ses religieux, après avoir reconnu que Ions leurs taillables de la paroisse de Longchaumois étaient tenus envers eux au paiement annuel de quelques services, tels que charrois, gerbes, aveinerie, deniers, droit de maréchaussée et de garde des prisonniers (hublies); que d'autres leur devaient en outre certains cens , savoir : Myripe , cinq deniers et une obole; Hugues, dit Grenier, trois deniers, une obole et une pille de Genève; Perncl des Champs, deux deniers genevois; Romanel de Di*set et les siens, quatre deniers genevois; Humbert Tunnel et les sie:is , cinq deniers de la même monnaie et cinq sterlings ; Floret et les siens, trois bichets d'avoine; Perrenet, dit de Mièges, un demiselier d'avoine : Vincent de la Pérousc, Richard Bochard, Perret, fils de Jean de Serget, chacun un demi-selier d'avoine pour la maréchaussée, etBouchoux, trois deniers et une obole de Genève , outre un demi-selier d'avoine pour sa terre d'Orsières ; déclarèrent qu'en raison de la difficulté du recouvrement de ces prestations, divisibles à l'infini , ils faisaient la remise de tous ces
services , soit en blé , deniers, gerbes, foin ou avoine, moyennant la somme une fois payée, de trois cents livres viennoises. Comme plusieurs de ces prestations étaient attachées à certains offices du monastère, l'abbé s'engagea à tes solder sur sa propre manse. L'abbé et les religieux , invités à renouveler la première charte, qui était hors d'usage, totaliter aboli ta, en accordèrent une seconde , moyennant 60 livres viennoises, qu'ils se firent donner (janvier 1301 v. st.). Y a-t-il un seul mot dans ce titre qui puisse faire supposer un affranchissement de main-morte? C'est cependant celui sur lequel s'appuyait surtout M.
Christin, dans son Mémoire, pouraccuser les moines de despotisme et de mauvaise foi. Il est très probable que les colonies de Dauphinois, qui vinrent en 1345 demander un asile à l'abbé de Saint-Claude , obtinrent des concessions de terrains dans la paroisse de Longchaiimois. Ils n'eurent pas le temps d'y fonder des établissements, car la peste qui survint en '1349, en enleva ou dispersa presque tous les habitants. Quarante ans après, le territoire était encore en grande partie abandonné. L'abbé Guillaume de la Baume, effrayé de voir ses domaines sans produits , se couvrant de plus en plus de bois et de broussailles, songea à prendre des mesures sérieuses pour les rendre à la culture. Par un acte daté du château de Moirans, le 27 février 1390 (v. st.), il concéda , à titre de propriété héréditaire , aux habitants de Longchaumois et d'Orsières , et notamment à Pierre , prévôt de ces lieux, à Vuillet Pelletier, Romain Vandel , Guillaume Mayet , Jean Ruyalet , Romain Lugan et Jean , dit le Valet, qui acceptèrent pour les absents, (nul l'espace compris entre
le sapin, dit Moys (de la Mouille), la rivière de Bienne, le ruisseau de Pisse-Vieille, le champ Largillay de Cinquélral, le Foux de Manon, le pré de fervagnat , le Mont-Noir, le Mont de Novet, et les prés de Groufat, du Bosoin et du Bourgon, ce qui comprenait plus de huit lieues de terrain. Celle concession eut lieu aux conditions suivantes : 1° que ce territoire se partagerait par portions égales entre les chefs de famille, sans distinction des pauvres et des riches ; î° que les terres qui étaient cultivées Vannée de la grande mort, seraient restituées aux héritiers des anciens possesseurs, s'ils prouvaient leurs droits par trois témoins dignes de foi ; 3° que les veuves qui renonceraient à prendre part au partage , ne pourraient rien réclamer par la suite , et que les jeunes gens , non chefs de famille , pourraient obtenir un lot, si les prud'hommes le jugeaient à propos ; 4° que le partage et le mode de culture se régleraient par quatre prud'hommes chargés de juger ce qu'il était convenable de convertir eu terre ou en pré ; 5° que ce qui serait destiné à être cultivé ne pourrait jamais être mis en pré , et réciproquement ; 6° que ces terrains seraient soumis à la perception de la dlme, laquelle, en sa qualité de novale , appartiendrait à qui de droit. Pour prix de cette donation , l'abbé reçut des habitants soixante et dix francs de bon or, qu'il promit d'employer à la restauration du monastère. Par le même acte, ce prélat permit aux mêmes habitants, d'élire de trois ans en trois ans , deux ou quatre prud'hommes ou syndics , dont ils recevraient le serment, chargés de gérer les affaires de la communauté, de jeter des tailles, d'en faire la répartition et le recouvrement , avec pouvoir de gager les