ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS
Hôtel des monnaies. Le plus ancien atelier monétaire, établi dans la partie de la province que représente aujourd'hui le département du Jura, était celui de Lons-le-Saunier.
11 fut ouvert probablement par le comte Rainaud Ier , au moment où l'archevêque de Besançon se prépara à faire monnayer dans sa ville épiscopale, en vertu d'une concession impériale ( 1044 à 1049). Rainaud tenait sans doute à faire acte d'indépendance , et à montrer que son comté de Scodingue , dont Lons-le- Saunier était la capitale , ne relevait en rien de l'autorité des empereurs.
On ne possède qu'une seule pièce frappée au coin de ce prince dans cette ville. Guillaume, frère du comte Rainaud III , demanda , vers l'an 1 1 50 , à l'archevêque de Besançon , un monétaire du nom de Lambert, pour son atelier de Lons-le-Saunier, ce que se prélat accorda sans difficulté. Folensque nostrum Lambertum in moneta Ledonitt operari, dit-il, dans une lettre adressée à Guillaume. Nous pourrions citer un grand nombre de chartes de la fin du xiie et du xme siècle, qui contiennent des stipulations en monnaie de
Lons-le-Saunier, mais nous renvoyons à ce sujet, à l'excellent Traité sur les monnaies du comté de Bourgogne , que viennent de publier MM.
Plantet et Jeannet. Il est certain que ces monnaies n'avaient plus cours en 1356 , et que le sol de Lons-le- Saunier représentait alors 4 sols estevenants de Besançon. L'atelier de fabrication devait se trouver ou dans la tour du Chàtelet près du séminaire, ou dans la maison du prévôt , aujourd'hui maison Pernet , rue du Commerce.
Recette des finances. Par édit du mois d'août 1 692 , Louis XIV créa, en titre d'offices formés et héréditaires pour toute la province , neuf conseillers receveurs particuliers des finances, impositions ordinaires et extraordinaires, et octrois des villes.
Il en établit un à Lons-le-Saunier, pour les bailliages d'Aval , Montmorot et Orgelet. Cette recette particulière a subsisté jusqu'au moment de la révolution. Le dernier receveur, M. Claude-François le Vaillant de Bovent , homme de mœurs très douces , fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris , le 12 juillet 1794 , pour avoir versé ses fonds entre les mains de l'administration fédéraliste , afin de solder la force armée , assemblée au cheflieu de département.