‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 15 sur 33 · ÉTABLISSEMENTS MILITAIRES · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS MILITAIRES

Capitaine du château. Le commandement du château appartenait à un capitaine châtelain institué par le seigneur. Cet officier était militaire et civil ; il commandait la garnison du château , conduisait à la guerre les vassaux de son district, sous la bannière du seigneur, et commandait les retrahanls. 11 était choisi parmi les officiers les plus distingués du pays.

Capitaine de la ville. La division de Lons-le-Saunier en deux prévôtés a subsisté jusqu'en 1364. Les sujets qui occupaient ces offices, à titre héréditaire, prirent le nom du bourg qu'ils commandaient. Ainsi, il y avait la famille dite de Lons, et celle dite de Saint - Désiré , qui toutes deux, étaient des branches cadettes des sires de Montmoret, vicomtes de la ville. Les prévôts menaient à la guerre les bourgeois de leur prévôté , dont ils étaient les capitaines nés. Les attributions du prévôt passèrent au vicomte-mayeur en 1587. Les citoyens eurent de tout temps le droit d'élire le commandant du guet et de Pécharguet , ou ce qu'on appellerait aujourd'hui le commandant de la place. Cet officier était le véritable capitaine de la ville, avec cette restriction, que l'ouverture et la fermeture des portes appartenaient aux échevins, seuls dépositaires des clefs. Après la concession des lettres de mairie, le maire ou vicomte-mayeur ajouta à son litre celui de capitaine de la ville , parce que le commandement de la milice bourgeoise lui appartenait. En 1756, M. du Chàtelier, du Mesnil, mousquetaire du roi

d'arquebusiers et une quatrième de canon niers.

Société de V Arquebuse. Elle fut instituée par l'archiduchesse Marguerite d'Autriche , comtesse de Bourgogne, le 8 avril 1518, avec permission de tirer le papegay à l'arc et à l'arbalète et concession de plusieurs privilèges. Nul n'était reçu chevalier, s'il n'était bourgeois et fils de bourgeois de la ville. Au moment de sa réception , le nouveau chevalier était tenu de prêter serment de fidélité au souverain, à la ville et d'observer les règlements. La compagnie avait un capitaine , un major, deux aides-majors , un guidon , un enseigne , un secrétaire , un syndic et un trésorier, tous soumis à l'élection , excepté le capitaine, qui était toujours le maire. L'élection avait lieu le 20 avril , en présence du conseil municipal, dont les membres pouvaient voter. Tous les chevaliers s'assemblaient devant la maison du capitaine , le 1er mai ; l'un des aidesmajors, accompagné de quelques membres , le guidon et l'enseigne , allaient chercher à l'hôtel-de-ville le guidon et le drapeau , passaient chez le roi et venaient , drapeaux déployés , chez le capitaine , pour

acheta de Louis XV, le titre de ca- de là se rendre au lieu du tir. Le ca-

pitaine gouverneur de Lons-lc-Saunicr, et conserva cet office plusieurs années.

Milice bourgeoise. Tous les hommes valides de Lons-le-Saunier étaient organisés militairement. Les quartiers, au nombre de quatre, avaienlchacununcbannièrc. Chaque compagnie se divisait en escadres, et était commandée par un dizainier, un lieutenant et un sous-lieutenant.

Il y avait au xive siècle une compagnie d'archers et une autre d'arbalestriers. Après l'invention de la poudre, on en ajouta une troisième

pitaine tirait le premier coup pour le souverain , le second pour la ville, et le troisième en son nom. Le roi tirait ensuite , et enfin chaque chevalier, à tour de rôle. Celui qui abattait l'oiseau , était roi, et pendant l'année de sa royauté , il était exempt de mises à tous les prix ordinaires , du guet et garde, des corvées , des contributions ; il pouvait faire moudre son blé et cuire son pain franchement, et entrer cinq queues de vin étranger en franchise. Il avait enfin le droit de donner congé d'un jour aux élèves

de toutes les écoles , et recevait de la ville un don de 30 livres. Celui qui était roi trois années de suite , avait le titre d'empereur et jouissait toute sa vie des privilèges précédents. Le dimanche qui suivait le tir , le roi donnait son prix franc.

Les chevaliers étaient tenus d'assister aux processions et autres cérémonies publiques , sur la réquisition du capitaine. La compagnie avait ses tambours , ses fifres et sa musique. Lorsqu'un chevalier se mariait, on lui rendait les plus grands honneurs. Il va sans dire que de joyeux banquets , des bals , terminaient toutes les réunions. Les sociétés des différentes villes s'invitaient au tir du prix franc. Celle de Lons-le-Saunier se rendit au fameux tir qui eut lieu à Chalon-sur-Saône, en 1700, et à Beaune en 1716. Le dernier règlement en vigueur fut approuvé par le magistrat , le 10 mai 1716. L'uniforme de cette compagnie était : habit, veste et culotte écarlate , avec brandebourgs en or et boutons dorés ayant deux arquebuses en sautoir ; bas de soie blancs ; boucles d'argent aux souliers et à la jarretière de la culotte ; chapeau tricorne bordé d'hermine, avec cocarde blanche et plumet rouge ; Tcpée avec sa garde en or. Cette compagnie fut dissoute le 1 1 juillet 1790. Elle déposa solennellement son étendard après la célébration de la messe , sur le grand autel de l'église paroissiale , pour être suspendu à la voûte du sanctuaire. Les lieux d'exercice ont changé très souvent. Etablis d'abord au Pré des joûtes , derrière le prieuré , la cible se plaçait sur un arbre desséché qui étaitau milieu du cimetière. L'archevêque de Besançon , dans sa visite de 1616 , voulut qu'il fût choisi un autre local. On fixa alors la réunion

au Pré du Creuzot. En 4681 , la ville accensa aux chevaliers le fossé qui était derrière la Grande-Rue. Ils le plantèrent d'arbres et firent construire un pavillon sur la place, entre les rues actuelles du Palais et Lafayette. En 1697 , ils obtinrent la cession de la tour du Canon. Obliges encore une fois de transporter leurs pénates ailleurs , la ville leur céda , le 9 novembre 1788., un champ de foire qu'ils firent planter de tilleuls. Le pavillon qui existe actuellement sur cette promenade , fut terminé en 1762. C'est sous les arbres de la Chevalerie , que se célébrèrent par des banquets et des chants civiques, presque toutes les fêtes républicaines.

Société de l'Arc. La compagnie des chevaliers de l'Arc , établie au commencement de l'année 1789 , par permission du magistrat et de M. de Langeron , gouverneur de la province , était composée de jeunes gens, dont les parents n'avaient pas acquis le droit de bourgeoisie. L'uniforme des chevaliers se composait d'un habit écarlate , sans brandebonrgs , avec collet et parement bleus , et d'une culotte aussi écarlate. Cette compagnie fut supprimée le 11 juillet 1790, et déposa son drapeau dans l'église de Saint- Désiré.

Compagnies de garde- feu. L'usage des constructions en bois , des toitures en chaume ou en tavaillons, était si général à Lons-le-Saunier, pendant le cours du moyen -âge , que lorsque le feu éclatait sur un point , il était très difficile d'en arrêter les ravages. Les précautions qu'on prenait pour prévenir les incendies et en restreindre les effets étaient du reste inefficaces. Quelques échelles , trois ou quatre crochets et des seaux en cuir que don-

naicnt les nouveaux habitants, lors de leur réception , constituaient tout le matériel dont la ville pouvait disposer. Huit garde -feu , choisis parmi les maçons , les charpentiers et les couvreurs , et placés sous les ordres du maire , avaient seuls la mission spéciale de porter des secours. Un règlement de l'intendant de la province , du 23 août 1 752 , ordonna Tachât de trois pompes , de 128 seaux d'osier garnis de cuir, de 400 pieds de corde3, de huit lanternes, de six crochets, de deux cuviers cerclés de fer et de huit bosses en chêne ; décida que la ville serait divisée en quatre quartiers , à la téle desquels seraient placés deux commissaires choisis dans le conseil ; qu'on formerait trois compagnies , sous les ordres d'un capitaine du feu, et ayant chacune un lieutenant : la première , dite gardefeu , devait se composer de vingt hommes , pris parmi les maçons , couvreurs et charpentiers ; les deux autres , dites des soldats bourgeois, devaient être composées de chacune quarante hommes , et se diviser en quatre escouades. Une grande pompe fut achetée en 1753 , et remplacée par une nouvelle en 1782.

Caserne. La ville résolut, en 1 736, de construire une caserne, dans l'espoir de retirer de grands avantages du séjour d'une garnison.

M. l'ingénieur Querret fut envoyé , en 1742 , par l'intendant de la province, pour en choisir l'emplacement et en dresser le plan. L'entrepreneur apporta si peu de soin dans la direction des travaux , que le bâtiment , à peine achevé , menaçait déjà ruine. Les détachements en garnison portaient des plaintes continuelles. 11 fallut faire de grandes réparations pour le consolider. Le 19 juillet 1838, on convertit cette

caserne en temple protestant , et on la démolit en 1 842 , pour construire sur son emplacement celle qui existe actuellement. De 1740 4 1790, la caserne fut occupée par le régiment mestre de camp , par la cavalerie de Moulhier, par lesj-égimenlsd'Ecard, de Royal-Artois et de Royal-Etranger.

Maison d'étape. La partie septentrionale du fossé au-dessus du jeu de l'Arquebuse, fut accensée par la ville, le 20 février 1691, à M. l'abbé Grivel, qui y bâtit une maison, dont le magistrat fit l'acquisition en 1709, pour servir de maison d'étape. Cette maison fut en partie démolie en 1725, pour l'ouverture de la rue du Palais,

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