‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 17 sur 33 · ÉTABLISSEMENTS DESTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS DESTRUCTION PUBLIQUE

Ecoles. Au nombre des prêtres auxquels saint Désiré confia la desserte de l'église qu'il venait de fon-

der à Lons-le-Saunier, se trouvait un écolàtrc ou chef des clercs , qui était le directeur des écoles, où l'on n'enseignait pas seulement le chant grégorien, mais encore l'écriture sainte et l'étude des lettres. Le prieur du monastère de Saint-Désiré étant devenu au xine siècle , curé primitif de la paroisse, eut le droit de nommer les maîtres et les maîtresses d'école dans toute rétendue de sa circonscription. Le prieur, Jean de Cuisel, nomma en 1308, recteur des écoles de Lons-le-Saunier, Hugues de Busseau, qui était religieux de Baume. Au xve siècle, la ville fit construire un vaste bâtiment proche des murs d'enceinte de la porte de Perrigny et du couvent des Cordeliers, à la place qu'occupe aujourd'hui la caserne de gendarmerie, pour servir de collège de grammaire.

La rue qui y conduisait, appelée rue Ottenin , prit insensiblement le nom de rue de V Ecole ou du Collège. Cet établissement , dirigé d'abord par un seul maître, prit un certain développement. Un supérieur, avec le titre de principal, fut chargé d'enseigner la rhétorique et les humanités, tandis que deux autres régents , prêtres séculiers, presque toujours attachés comme familiers à l'église paroissiale , faisaient les classes de troisième , quatrième, cinquième et sixième. Un troisième régent laïc était chargé des classes élémentaires. Deux cordeliers enseignaient l'un, la logique, et l'autre, la métaphysique. Les mois d'école étaient fixés à 6 sols pour les jeunes gens de la ville, et à 10 sols pour les étrangers. De pauvres maîtres tenaient de petites écoles que fréquentaient les enfants des deux sexes. Cet état de choses subsista jusqu'à la ruine de la ville, en 1637.

Collège. Les bâtiments du collège

furent reconstruits en 1664 , sur l'emplacement de l'ancien. Le 19 octobre 1684 , le magistrat accorda à perpétuité l'administration de ce collège aux clercs réguliers de la congrégation de Saint-Paul , du collège de Tonon, en Savoie, dit des Barnabites. Diverses circonstances s'opposèrent à l'exécution de ce traité. Le 30 septembre 1690, on traita avec les religieux de Saint- Joseph de Lyon , pour avoir un principal et quatre régents , mais sans plus de succès. Le 22 février 1721, on fît un traité pour quinze ans avec les familiers de Saint-Désfré. Le magistrat, pénétré des inconvénients qui résultaient du changement continuel des professeurs , fit une nouvelle tentative en 1747, pour confier le collège à MM. de Saint-Nicolas du Chardonnet. L'archevêque de Besançon s'opposa absolument à l'admission d'ecclésiastiques étrangers au diocèse. Il aurait permis cependant, en 1760, à MM. de Saint-Joseph de Lyon , d'accepter les offres qu'on leur faisait , si on eût pu s'entendre sur les conditions. Au milieu de tous ces projets , on se contenta d'engager des régents pour un terme de trois ans et au-dessous. Leur nombre était de 6 en 1790, tous prêtres séculiers. Philibert Buchot , professeur de cinquième , se jeta avec ardeur dans les idées de la révolution et devint plus tard ministre des relations extérieures.

A la suite de l'incendie de 1637, le collège fut complètement détruit.

Un maître d'école obtint en 1646, la permission d'ouvrir une classe élémentaire dans une tour adjacente à la porte du Maiscl, qui fut appelée pour cela tour de l'Ecole.

Les bâtiments , reconstruits en 1 064 , furent incendiés en 1748, et relevés de nouveau de 1750 à 1776.

Ils étaient beaux et vastes. On y avait ajouté un théâtre , une chapelle et un jardin. Ils ont été démolis en 1827, et leur emplacement est occupé aujourd'hui par la caserne de gendarmerie.

Ecole des filles. On croyait l'instruction si peu nécessaire aux filles, que pendant plusieurs siècles, il n'y eut aucune école à Lons-le-Saunier qui leur fût destinée. Le 1 1 septembre 1696, Claude- François Euvrard, originaire de cette ville et curé de Sirod, donna une somme de 4000 livres , à condition que le magistrat rétribuerait une institutrice chargée d'apprendre gratuitement à lire et à écrire aux filles pauvres, et qu'après sa mort , on établirait un maître pour les garçons appartenant à des familles indigentes.

Ce legs ne fut pas accepté , parce qu'on le regardait comme insuffisant. En 1720, les Tiercelines s'engagèrent à tenir deux classes, moyennant une rétribution à payer par les élèves, et une autre de 500 fr. à payer annuellement par la ville.

L'exécution de ce traité cessa en 1732. En 1759, Melle Gupi Hotte, novice au couvent des Ursulines d'Ornans, offrit de donner une somme de 20,000 fr., si la ville voulait fournir une chapelle et un bâtiment convenable pour loger cinq religieuses Ursulines qui seraient chargées de tenir gratuitement une école pour les filles. Le logement offert n'ayant point paru suffisant, MelIe Gupillotle retira sa proposition .

En 1785, M. de Lezay-Marnésia , ancien évèqued'Evreux, proposa de faire tous les frais d'une école qui serait tenue par les daines de Saint- Maur de Nevers. Ces dames voulaient ne dépendre que de l'ordinaire diocésain. Le magistrat insista pour en conserver la direction et l'inspec*

(ion , et les choses en restèrent là.

Ainsi , jusqu'au moment de la révolution, Lons- le -Saunier n'eut aucune école de filles, aucune école publique de garçons. Le collège était le seul établissement ouvert aux études, et encore laissait-il beau* coup à désirer. La plupart des jeunes gens suivaient les cours des universités de Dole ou de Paris.

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