NOTICE HISTORIQUE SUR CHAMBLY
Le territoire de Chambly était divisé en cinq grands meix, appelés le meix de Baume, le meix de Balerne, le meix de Vertamboz , le chazal de l'Esquivillc et le pré de la Reculée.
Par suite de diverses donations, l'abbaye de Balerne devint propriétaire de tous ces domaines , qui fu-
rent incorporés plus tard dans la seigneurie de Cbâtelneuf. Par un acte daté du jeudi veille de la Magdeleine 1350, Jean de Chalon, sire d'Arlay, et Guy de Poligny, abbé de Balerne , déclarèrent que leurs prédécesseurs avaient abergé le territoire de Chambly à plusieurs particuliers (131&), sous de certaines conditions dressées à l'avance, et notamment à la charge d'un cens de 30 sols pour le meix de Baume, de 35 sols pour le meix de Vertamboz, de 12 deniers pour le meix de l'Es quiville, autant pour le pré de la Reculée, et enfin de 12 livres de cire pour le meix de Balerne ; que , dans le but d'améliorer le sort des censitaires , il les tenait quittes de toutes prises, quises, tailles , aides et charrois , à condition qu'ils pécheraient dans les deux lacs de Chambly chaque fois qu'ils en seraient requis , et qu'ils porteraient le poisson à Balerne , à Salins , à Nozeroy et à Lons - le - Saunier. Moyennant une somme de 30 florins , les seigneurs consentirent à confirmer les habitants dans le droit de pécher à tous engins dans les lacs et rivières , et dans l'usage des bois et des parcours, tels que ces droits résultaient , du reste , de l'abergement primitif.
Les lacs de Chambly sont très poissonneux. Les princes de Chalon avaient fait couper le Lac-Dessus par un mur qui existe encore , et avaient fait construire à côté une maison de chasse et de pêche. L'emplacement de ce pavillon s'appelle encore la chambre du prince. Ces lacs appartiennent aujourd'hui au prince d'Aremberg.
NOTICE SUR COLLONDON.
Collondon, Colundun, est situé sur la rive gauche de l'Ain , au pied des montagnes , et dépendait , en
, ■ .ii» lu upumeuric de I et la chapelle datent de 1653. Ils
, «M;>A intorvpnn en Laffrance.
t|!|iUUlUH J«»
cure dans un traité intervenu en iS>04 , entre le prieur de Gigny et celui de Bonlieu.
Prévôté. La prévôté de Collondon était possédée par une famille noble qui portait le nom du village. Jacquot de Collondon accompagnait
Lagrange.
Paroisse. Doucier, Collondon et Cliambly dépendaient de la paroisse de Saint-Sorlin , dont le patronage appartenait à l'infirmier de Saint- Claude. Il n'y avait qu'une chapelle à Doucier, dédiée à saint Nicolas,
quoi °?„Cul™ halo 7K q-wtt« f°°dée au "° siècler-eu6 ^JSÏïfflS L confrérie du Saiut-EsprU y faices Tr"»ir.« *1« i*fi* n fut hit sait déjà ses exercices en 1419.
par les Routiers, en 1362. 11 fut fait lui-même prisonnier. On ne consen tit à le relâcher que pour lui permettre d'aller à Salins, chercher le complément de la rançon exigée des seigneurs de Chalon. Il fit le voyage en courant , sans prendre même le temps de mettre ses bottines et son pourpoint. Ce fief passa à la famille d'Autriset, et ensuite à M. Perchet , de Lons-le-Saunier, qui le transmit
sait déjà ses exercices en 1419.
Eglise. L'église de Doucier est située au sommet d'une éminence et domine la pittoresque vallée de l'Ain. Elle est dédiée à saint Joseph et à la sainte Vierge , dont on célèbre la fête le 1 5 août. Elle se compose d'un clocher couronné par un dôme, d'une nef, de deux chapelles formant transsept et croix latine, d'un chœur, d'un sanctuaire, d'une
à M X Vannez" dernier possesseur petite chapelle à gauche du sanc-
a iU. uc *auu , tuaire et d'une sacristie. La voûte
rMtmu Le château deCollondon est en berceau. La fenêtre du sanc-
Cnateau. Lecuaicau w , . . - , , «..très
est entouré d'une cour et d un jardin clos de murs. La porte d'entrée est ûanquée de deux tours quadrangulaircs. La façade principale est irrégulière et n'offre rien de remarquable. Les solives des planchers sont disposées avec beaucoup d'art.
La cheminée de la cuisine est d'une vaste dimension et décorée de moulures L'une des salles servait de chapelle. Dans le jardin est une autre chapelle, avec entrée sur la rue pour les habitants. Elle est à une seule nef voûtée en berceau , et renferme les tombes de Claude Perchet, seigneur d'Autriset, mort en 1717, et de François Perchet d'Autriset , religieux cordelier de l'observance de Saint - François , commissaire pour l'élection d'un général de son ordre, à Valladolid , et gardien dans différents couvents de Franche- Comté, mort en 1710. Le château
tuaire est du style ogival ; les autres sont à plein-cintre.
Canton. En 1790, Doucier avait été érigé en chef-lieu d'un canton composé de Doucier , Châlillon , Chambly, Chevrotaine , Collondon , Fontenu , la Fromagerie , le Frasnois , Narlay, les Vaux de Chambly, le Villard , Marigny, Menetru-en- Joux , Mirebel , Saffloz et Songeson .
Ce canton a été supprimé en 1802.
Biographie. Ce village est la patrie de Guy de Doucier, qui a traduit en prose, en 1349 , le Traité de la Consolation de Boëce; de M. Jean-Maximien Roux (1809), professeur de belles-lettres à Paris ; de trois ecclésiastiques du nom de Roux, curés à Charchilla, à Condes et à Genod , et d'Elienne-Ferdinand Abry, capitaine d'infanterie décoré, en activité de service.
Dournon , Dor non , Doman , vg. de Pair, de Poligny, cant., percept. et bur. de poste de Salins , paroisse de Cernans ; à 3 kil. de Cernans , 9 de Salins , 22 d'Arbois , 53 de Poligny et 61 de Lons-le-Saunier. Altitude : 6fc2m.
Le territoire est limité au nord par Sainte-Anne (Doubs) et Cernans ; au sud par Arc-sous-Montcnot (Doubs) et Lemuy ; à l'est par Arcsous - Montenot et Sainte -Anne; à l'ouest par Cernans. L'Entrepôt, ancien magasin à sel , fait partie de la commune.
11 est traversé par la route impériale n° 72, de Dijon à Pontarlier ; par trois chemins vicinaux ; par la rivière de Lemuy et le bief de Laizines.
Populat. en 1790, 203 hab.; en 18%6,217, dont 115 hom. et 102 fcm.; pop. spécif. par kil. carré, 33 hab.; 31 maisons; 42 ménages.
Les habitants n'émigrent pas.
Cadastre exécuté en 1831 : surf, territ. 655h; surf. imp. 578h, savoir : 255h en terres lab., 165h en pâtures , 79h en bois , 7 lh en prés, d'un rev. cad. de 7473 fr.; contrib.
dir. 1370 fr.
Le sol , montagneux, froid et peu fertile , produit du blé , de l'avoine, de la navette , des pommes de terre, du chanvre, du foin et des fourrages artificiels.
On importe le dixième des céréales et le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
bêtes à cornes , des moutons et des cochons. 50 ruches d'abeilles. L'agriculture y fait peu de progrès.
On trouve sur le territoire de la marne exploitée pour l'amendement des terres, des carrières exploitées de pierre à bâtir et de taille.
Une fromagerie produit annuellement 22,000 kil. de fromage façon Gruyère.
Il y a un battoir à blé, une auberge et un charron.
La principale ressource des habitants consiste dans l'agriculture et le transport des bois ou des sels.
Biens communaux : une chapelle derrière laquelle est une chambre servant de salle d'école, fréquentée par 25 garçons et 15 filles, une fontaine avec lavoir et abreuvoir, et quelques pâturages.
Budget : recettes ord. 1567 fr.; dépenses ord. 1567 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le village de Dournon est situé en plaine, sur le premier plateau du mont Jura. Les maisons sont généralement peu isolées , très vastes, construites en pierre et couvertes en bardeaux. On y remarque les belles habitations de MM. Troutet, de Salins , et de M. Bousson , chirurgien à Paris. Il s'est formé au nord de la voie romaine conduisant de Dijon à Pontarlier, mentionnée dans la translation des reliques de saint Urbain , en 863. Cette route passait dans la contrée dite aux grands chemins. Le plus ancien titre dans lequel on rencontre le nom de Dournon , est un acte de l'an 97 U , par lequel Otton-Guillaume donnait des biens dans ce village, ainsi qu'à la Chaux -sur-Champagny et à Cernans, à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon.
Seigneurie. Dournon dépendait, pour la haute justice, de la seigneurie de Sainte-Anne. (Voir l'article sur ce lieu.)
Prévôté. En 1282, Huguenin de Molpré reprit en fief, de Jean de Chalon, sire d'Arlay, la maison-forte et la prévôté de Dournon. Ce fief
passa, au xvi* siècle, à la famille Cusmcnet, de Salins, et appartenait, en 1789, à M. Anlidc Bernard deGlanne, qui émigra en 1791. La maison de MM. Troulet occupe remplacement de l'ancien château.
Sergenterie. La sergenteric était inféodée à une famille qui prit le nom du village. Vuillemin de Dournon vivait en 1287.
Paroisse et chapelle. Dournon a toujours dépendu de la paroisse de Gernans. 11 y avait une chapelle qui a été convertie en une cave à fromages. Celle qui existe aujourd'hui a été construite en 1821, et est dédiée à saint François d'Assises , patron de la commune. On n'y célèbre la messe que deux fois par an.
Evénements divers. Le roi Charles VIII ayant épousé Anne de Bretagne , au mépris du traité d'Arras, l'archiduc Maximilien voulut se remettre en possession des comtés de Bourgogne et d'Artois , qu'il ne lui avait cédés qu'en considération de son mariage avec Marguerite d'Autriche, sa fille. 11 établit son quartier-général dans la Haute-Alsace , et le 17 décembre 1/(92, il était prêt à entrer en Franche-Comté avec un corps de troupes suisses et allemandes qu'il avait mis sous les ordres de Volfang de Polheim et de Caspar, baron de Morimont. Il était accompagné du duc de Brunswich, du prince d'Orange et de Philippe de Hochberg, comte de Neufchàtel.
Son armée ne tarda pas à reprendre une partie des places occupées par les garnisons françaises. Jean de Baudricourt, chambellan du roi Charles et son lieutenant-général au comté de Bourgogne , se fortifia à Poligny, dont il fit sa place d'armes, y rassembla un corps d'environ 10 mille hommes, et s'avança pour secourir Bracon el empêcher que Salins
ne tombât au pouvoir de Maximilien. Il tenait surtout à occuper cette ville avant l'arrivée de l'artillerie que Frédéric de Claper amenait de Ferettc, sous la conduite de 500 lansquenets.
« Mais ce chef ferretois, dit Gollut, estant de fois à autres adverty du dessein et des forces ennemies , et sçachant qu'il y havoit grand nombre de gend'armes des ordonnances de France avec cinq cens archers, marchât tousiours par lieux estroicts , fort esgarés et couverts de bois et buissons, jusques à ce qu'il fût auprès de Dournon, Sainte- Anne et Villcneufve , où les advenuës estoient fort mal aisées à la cavalerie , et au contraire fort advanlageuses pour l'infanterie et mesmement pour les gens de traicts , desquels un bien grand nombre faict de bourgeois de Salins, s'esloit venu joindre avec luy, soubs la charge du sieur d'Aresche (Philippe de Loyte).
» Là ces deux chefs , haïans bracqués commodément l'artillerie et répartis leurs gens de traict sur les flancs espineux d'un chemin long , cslroit et couvert d'un fort hallier, par lequel nécessairement Baudricourt debvoit passer, attendirent la venue des ennemis, lesquels d'autre part marchoient en asscurance de victoire , veû que en nombre de soldats , ilz estoient supérieurs , voire encore en expérience et en science de guerre , comme il leur sembloit.
» Estant donc arrivés, et estant entrés dedans ce long chemin, ils se trouvèrent subitement chatoillés par les flancs et arrestés en teste, de telle sorte que leur cavalerie , qui marchoit la première, ne pouvoit advancer ni passer oultre et ne pouvoit retorner bride , parce que du dedans des balliers et buissons pleu-
voit une gresle de flesclies tant espoisse , et qui ne donoit autre part sinon au ventre des chevaux , que tout le chemin se trouvât en un instant jonché de corps de chevaux et de homes d'armes pesle-meslés ensemble.
» Toutefois le reste de la cavalerie, qui n'estoit encore engaigée en ces fourches caudines, voulut contorner pour venir enfoncer ceux qui faisoient cestc roussiade tant sanglante, mais haïans senlus que l'advanlage et les detfenses n'estoienl pas moindres , Ion fut contrainct de changer d'advis et de laisser besongner leurs 500 archers , qui faisoient merveille de bien découcher sur les vainqueurs. Toutefois le debvoir de cesarchers fut bien tôtarresté, parce que les sieurs d'Arcscbes et Claper estant quittes de la cavalerie, firent mirer sur ces archers et les contraignirent de enfin sur la nuict se retirer, après que la bataille heut duré depuis le mûly, car lors tout ouvertement les François se meirenten fuitte, laissant les victorieux plus chargés de malédictions que de plaies , et leur quittant le chemin libre jusques à Salins. » Ce célèbre combat eut lieu le jour de fête Saint- Antoine, 17 janvier 1493 (n.s.).
Le jour anniversaire de la bataille , une procession solennelle a encore Heu à Salins , ensuite d'un vœu que le magistrat et les habitants avaient fait à saint Anatoile.
Au mois de mars 1639, le duc de Saxe-Weimar, qui avait reçu de Richelieu , avec tout l'argent nécessaire , l'ordre positif de marcher sur Salins, se mit en route avec 18 mille hommes de vieilles troupes , pour piller et ruiner celte ville. 11 quitta Pontarlicr et s'avança avec toutes ses forces et une nombreuse artillerie dans les plaines de Dour-
non. Tout-à-coup il changea d'avis et ne voulut pas aller plus loin. Dieu, dit Bcauchemin , lui donna subitement une si grande défiance de ses forces, qu'il renonça à entreprendre un siège , s'excusant, auprès de ses lieutenants étonnés, sur son peu d'infanterie. Ce fut en vain que , le voyant ainsi renoncer à sa gloire et à un riche butin , ses officiers se jetèrent à ses genoux pour le supplier de persister dans son premier projet, répondant du succès sur leur tête.
Weimar resta inébranlable et quitta Dournon pour retourner à Pontarlier. La ville de Salins considérant ce changement de résolution comme un véritable miracle , voua un culte particulier à Notre-Dame-Libératrice. La peste , qui s'était manifestée à Salins dès les premiers jours de mars , se répandit dans les villages d'alentour. Dournon perdit la plupart de ses habitants. Le village fut incendié entièrement au mois de juillet suivant, par les troupes de Weimar. Un autre sinistre, survenu en 1849 , a causé une perte évaluée 45:000 fr.
Biographie. Dournon est la patrie & Adolphe Crétin, capitaine de chasseurs de Vinccnnes, décoré, en garnison â Rome , et de M. Buchon ( 1777-1849), capitaine décoré.
Donvres, commune réunie h Jeurre, le 25 septembre 1822.
Doyc, Doye , Doy, la Doye-sur- VAin, vg. de Tarr. de Poligny, cant., perc. et bur. de poste de Nozeroy; paroisse de Mièges ; à h kil.
de Mièges , 3 de Nozeroy, 27 d'Arbois, 31 de Poligny et ki de Lonsle-Saunier.
Altitude : 791™.
Le territoire est limité au nord par la route de Champagnole à Nozeroy,
qui le sépare de Mièges , et par le ruisseau de la Combe-Sandon , qui le sépare de Mournaos ; au sud par la rivière d'Ain , qui le sépare de Conte ; à l'est par Nozeroy, dont il est séparé , sur une longueur de 700 mètres , par le ruisseau de la Serpentine, et à l'ouest par le ruisseau de la Combe , qui le sépare de Charency et de Mournans. Le moulin du Moulinet fait partie de la commune.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Nozeroy, à Charbony et à Mièges; par la rivière d'Ain et le ruisseau de la Combe.
256; en 1851, 244, dont 118 nom.
et 95 fem.; pop. spécif. par kil.
carré, 68 hab. ; 42 maisons; 55 ménages.
Les plus anciens registres de l'étal civil remontent à 1792.
Surf, terril. 355h 75% divisés en 699 parcelles , que possèdent 99 propriétaires, dont 52 forains ; surf, imp. 346h, savoir : 195h en terres lab., 129b en pâtures, 14hen boissapins , 1 lh en prés , 4h en broussailles, d'un rev. cad.de 8519 fr.; contr. dir. en princ. 1274 fr.
Le sol , montagneux et d'une fertilité moyenne , produit du blé , peu de seigle , de l'orge, de l'avoine , du méteil d'orge et d'avoine , appelé orgée, beaucoup de pommes de terre, du chanvre, du lin, du foin et des fourrages artificiels.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Le produit des céréales suffît à la consommation des habitants.
On importe le vin.
On élève dans la commune des bêtes à cornes , des chevaux , des moutons , des cochons, des volailles.
40 ruches d'abeilles.
L'agriculture y est en progrès, elle forme, avec la fabrication des
fromages , la principale ressource des habitants , qui fréquentent les marchés de Champagnole.
On trouve sur le territoire de la marne, dont l'exploitation, pour l'amendement des terres , a été abandonnée depuis 30 ans , du minerai de fer, des sablières, des carrières de tuf , de pierre à bâtir ordinaire , exploitées et des carrières de pierre de taille.
Deux fromageries produisent annuellement 19,000 kil. de bon fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une chapelle , une maison commune construite en 1844, contenant la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 26 garçons et 24 filles, un puits communal, 2 fontaines avec lavoirs, une pompe à incendie , manœuvréo par une compagnie de 25 pompiers, et 1 34h 66* de pâtures, bois et broussailles , d'un rev. cad. de 1087 fr.
Budget : recettes ord. 2366 fr. ; dép. ord. 1741 fr.
Bureau de bienfaisance. Il existe à Mièges un bureau de bienfaisance pour toutes les communes du val.
Doye y a pour sa part un revenu annuel de 12 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le village de Doye occupe le sommet d'un plateau, d'où la vue plonge sur tout le val de Mièges. Les maisons sont groupées , construites en pierre, élevées d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée et couvertes en bardeaux ou tavaillons. Nous réunirons dans les notices sur Nozeroy et Mièges , tous les documents qui intéressent l'origine et l'histoire des communes situées dans le val de Mièges. Le nom de Doye appartient à la langue celtique et signifie source.
Ce lieu est en effet proche de la source de l'Ain.
Seigneurie. Doye dépendait en toute justice delà seigneurie de Nozeroy. (Voir, pour les droits seigneuriaux l'article , Nozeroy.)
Seigneurs. En 1266, Vaucherde Commercy et sa femme vendirent, pour la somme de 118 livres estevenantes, à Laure de Commercy, épouse de Jean de Chaîon l'Antique, tout ce qu'ils avaient acquis d'Humbcrt Ferroid , au val de Mièges , notamment sur les territoires de Doye et Onglières. Par acte daté du lundi après la fête de saint Vincent 1510, Hugues de Chalon- Arlay 1er céda en échange contre la seigneurie de Varennes , près de Cuiseaux , à Catherine de Jonvelle , dame d'Andelotsur- Salins , les villages de Doye et de Cbarbony, avec la justice haute, moyenne et basse, les prés, les champs , les fours et le moulin appelé le moulin dom Juan, actuellement moulin Moulinet, et ne se réserva que le meix Benoit à Cbarbony. 11 déclara dans cet acte qu'il avait accordé à ses sujets de Doye et de Charbony le droit d'usage dans les forêts de la Haute-Joux et dans les Joux de Salins, et qu'il maintenait celte concession nonobstant l'échange. Par un autre acte , daté au château de Nozeroy du 20 octobre 1399 , Jean de Chalon- Arlay III, prince d'Orange, octroya aux habitants de Doye leur usage dans la forêt de la Haute-Joux , et même le droit d'y couper du bois , pour le mener vendre où bon leur semblerait , la faculté de couper du bois pour leur chauffage seulement, dans la forêt d'Onglières , à charge de lui payer un cens annuel de 10 livres estevenantes. Cette concession prouverait que la Doye était rentrée en la possession des sei-
gneurs de Nozeroy. En 1*02, Antoine de Vergy, fils de Jean, fit hommage au sire d'Arlay delà terre de Doye, qu'il tenait de Jeanne de Chenecey, son épouse. Ce village fut incorporé définitivement dans la seigneurie de Nozeroy, par suite de l'acquisition qu'en fit, en 1502, Philibertc de Luxembourg , moyennant 3191 livres.
Chapelle. La chapelle de Doye a été érigée en chapelle de secours , par ordonnance royale du 2 juillet 18'i7. Elle est dédiée à saint Germain , dont on célèbre la fête le 31 juillet. On y célèbre les offices divins quatre ou cinq fois par an. L'édifice se compose d'un clocher, d'une tribune , d'une nef et d'un sanctuaire. Il est dépourvu de tout style architectonique et dans un état complet de dégradation. Il est attenant à l'ancienne maison commune qu'on laisse tomber en ruine.
Drameiay, Tremiliacum, Tramelay, Trèmolay, Tremaley, Tremolaz, vg. de l'arr. de Lons-le- Saunier, cant. , percep. et bureau de poste d'Arinthod; paroisse de la Boissière ; à 3 kil. de la Boissière , 5 d'Arinthod et 30 de Lons-le-Saunier. Altitude : de Dramelay-la-Tour, 529m; de Dramelay-la-Ville, 462m.
Le territoire est limité au nord par la Boissière et Chatonnay ; au sud par Dcssia et Valfin ; à l'est par Arinthod, et à l'ouest par Lains. Le Mont et Dramelay-la-Tour font partie de la commune.
Il est traversé par le chemin de gr. corn m. n° 3 , de Saînt-Trivier à Dortans ; par cinq chemins vicinaux ; par les ruisseaux des prés Boyat , des Préslieux , du Dard , du Puits , qui y ont leurs sources, et borné par la Valouzc.
La commune de Mont a été réu-
nie à celle de Dramelay, le 19 mars
Pop. en 1790 , de Dramelay, 170 hab., et de Mont, 120 ; pop. réunie en 1846, 214; en 1851 , 199, dont 107 nom. et 92 fem. ; pop.
spécif. par kil. carré, 35 hab. ; 40 maisons , savoir : au Mont 20 ; à Dramelay 1 1 , et à la Tour 9; 42 ménages.
Les jeunes gens émigrent pour élre domestiques ou ouvriers à Lyon et à Bourg.
Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à 1792.
Cadastre exécuté en 1 830 ; surf, territ. 652h 51% divisés en 2830 parcelles que possèdent 137 propriétaires, dont 67 forains; surf, imp. , 638h 98a, savoir : 328h 38»
en terres lab. , 398h en parcours , 49h en prés , 25hen friches , 18hen broussailles , 10h en bois et 5h en cultures diverses, d'un rev. cad. de 4578 fr.j cont. dir. 1118 fr.
Le sol , montagneux , produit du blé , de l'avoine , du maïs , des pommes de terre , du chanvre , des fruits , du foin et des fourrages artificiels. On commence à cultiver la vigne. La récolte des céréales suffit à la consommation des habitants. On importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bêtes à cornes, des mulets et des moutons. 20 ruches d'abeilles. L'agriculture n'y fait point de progrès.
Biens communaux ; une chapelle à Dramelay-la-Ville et une autre à Dramelay-la-Tour , avec cimetière à l'entour, un abreuvoir et 104h40a de pâtures, d'un rev. cad. de 156 francs. La section de Mont a 66h37* de pâtures , murgers et friches , d'un rev. cad. de 1 1 8 fr. Il n'y a pas de maison d'école ; les enfants vont
à l'école au village de Boissière.
Budget : recettes ord. 1193 fr. ; dép. ord. 1193 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Qui pourrait supposer, en voyant aujourd'hui le modeste village de Dramelay , qu'il occupe la place d'une des métropoles les plus importantes de l'ancienne contrée de Scoding? Son vieux et noir donjon est encore debout, mais il ressemble à un roi détrôné. Il a perdu les plus beaux fleurons de sa couronne. Ses nombreux créneaux qui semblaient menacer le ciel , ses énormes mâchicoulis qui paraissaient vouloir écraser la terre, gisent tristement sur le sol. Nous avons cherché ce château aux dimensions colossales , ce bourg plus étendu et plus peuplé que la ville d'Arinthod, encore au xve siècle , et nous n'avons rencontré sous nos pas que des ronces et des épines. Et cependant, l'importance de Dramelay, au moyen-âge , n'est pas contestable ; des documents authentiques nous l'apprennent. A qui doit-on reprocher sa ruine? Aux bandes féroces du farouche roi Louis XI. La position de ce village, au sommet d'un rocher, a dû , à l'époque gauloise, servir d'opptda aux populations environnantes. Une tour, placée dans la contrée dite au Chaitelot , s'élevait comme une sentinelle préposée à la garde de la voie celtique de Salins à Isernore , qui passait près de là. Cette vouivre , qui a fixé son impérissable résidence dans la fameuse tour de Dramelay, ce bois de la Fée , qui ombrage le pied de la montagne et que la tradition peuple d'esprits , ce temple de Bacchus, que le christianisme a remplacé par une église dédiée à saint Martin , substitution d'autant plus constante, que non loin de l'église
est un espace de terre appelé en Bacchus ; cette croyance aux sortilèges, encore toute Yivace dans l'esprit des habitants , ne sont-ils pas autant de preuves de la haute antiquité de Dramelay ?
Nous l'avons déjà dit : il n'est pas de contrée plus mythologique dans le Jura que le bassin de la Valouzc.
Le temple païen d'Arinlbod , dédié à Mars Ségomon, le menhir du vallon de Vogna, sont les témoins d'une civilisation antérieure à la conquête romaine. Après la chute de l'empire, les rois Burgundes s'approprièrent à peu près toute la partie méridionale du département. Les comtes amovibles , chargés de l'administration de cette partie de la province , profitèrent de l'anarchie féodale pour se rendre maîtres des pays qu'ils administraient. Tandis que Bernon, fils du comte Odon ou Olton , que Lothaire II , roi de Lorraine , dans sa char te de 869 , appelle son parent (consanguineus) , et dont la sœur Ansgarde avait épousé le roi Louisle-Bègue, fondait et dotait magnifiquement l'abbaye de Gigny , les sires de Dramelay, que nous croyons sortis de la même famille que Bernon , obtenaient un apanage qui commençait à la limite des possessions de ce comte, entre le Suran et la Valouze, et se prolongeait jusqu'à la rivière d'Ain.
Seigneurs. Les sires de Dramelay descendaient des comtes souverains de Bourgogne. Les armoiries, les dignités dont ils furent revêtus, l'étendue de leur apanage, la qualité de dileclus consengnineus donné en (199, par Philippe de Souabe, empereur d'Allemagne, à Amédée de Dramelay, archevêque de Besançon , prouvent l'illustre extraction de cette famille. En 1154, on voit Bernard de Dramelay figurer à la cour de Re-
naud III comte de Bourgogne. On le rencontre en 1147, marchant à la croisade prèchée par saint Bernard, à la suite de l'empereur Conrad III , et du roi Louis-le-Jcune , se distinguant par des prodiges de valeur au siège d'Ascalon et obtenant le titre insigne de grand-maltre du temple de Saint- Jean-de- Jérusalem. Hugues de Dramelay était en 1 173 connétable du comté de Bourgogne. Amédée , fils de Guy, et frère de Fromont de Dramelay , devint archevêque de Besançon à la fin du xne siècle. La science et la sagesse ne le distinguèrent pas moins que sa haute naissance et le rang qu'il occupait.
Quelques membres de ses chapitres de Saint-Jean et de Saint-Etienne lui suscitèrent de pénibles épreuves, mais il en sortit victorieux , et ces circonstances difficiles rehaussèrent encore l'éclat de son mérite. Partisan de Philippe de Souabe , frère du palatin Olton , il tomba au pouvoir de Richard , comte de Montbéliard, qui, d'accord avec les princes de la branche cadette de Bourgogne, défendait à main armée la cause d'Otton de Brunswick , concunent de Philippe , et fut enfermé au château de Montbéliard en 1 198. Rendu à la liberté, après avoir été plusieurs mois prisonnier, il remonta sur son siège, et obtint, en 1199, de l'empereur Philippe , l'investiture des régales et la confirmation des privilèges accordés à ses prédécesseurs.
Son dévouement au duc de Méranie l'exposa aux vexations du comte Etienne de Bourgogne , qui ravagea souvent ses domaines. Lassé des ennuis que ne cessaient de lui susciter ses chanoines , il partit pour la croisade en 1218 et mourut dans la Terre-Sainte en 1220. En lui s'éteignit la famille des sires de Dramelay. Etienne de Bourgogne , pos.-
scsseur de la baronnie d'Orgelet, réunit la baronnie de Dramelay à ses domaines, en qualité de seigneur suzerain. Les descendants de Guillaume de Dramelay, neveu de Bernard , grand-maitre du Temple, ne conservèrent aucun droit sur cette terre. Pierre se fit inféoder en 1 208, la terre de Valfin par le prieuré de Gigny; ses autres frères reçurent aussi, à titre d'inféodation, les terres de Beaufort, de Boutavant et de Présilly. Jean de Chalon-l'Antique recueillit la baronnie de Dramelay dans la succession d'Etienne de Bourgogne son père. En 1248 il en disposa en faveur de Philippe de Courtenay, son beau-frère, et au mois d'août 1348, il la donna en fief-lige à Raoul de Courtenay et à ses successeurs , en stipulant que le château serait jurable et rendablek lui et à ceux des enfants qu'il aurait d'Isabelle de Courtenay son épouse. Cette réserve permettait au donateur de rentrer dans sa propriété quand bon lui semblait. 11 parait qu'il ne tarda pas à user de celte faculté, car en 1263, il transmettait celte terre à Hugues de Chalon , son fils atné. Dans le traité intervenu au mois de juin 1279, entre Otton, comte palatin de Bourgogne et Renaud , son frère , tous deux fils de Hugues de Chalon, il fut convenu que Renaud aurait dans son lot Dramelay et ses dépendances , Binand , Pymorin , etc. Le comte Renaud refusa de faire hommage de ces fiefs à Jean de Chalon , comte d'Auxerre et seigneur d'Orgelet et ne voulut pas le reconnaître pour son suzerain. Le comte d'Auxerre lui déclara la guerre et le fit prisonnier. Des arbitres, nommés pour terminer ce différend , déclarèrent que le comte Renaud était dispensé de l'hommage envers le seigneur d'Orgelet et lui firent ren-
dre la liberté. Le mariage qui eut lieu en 1 3 1 7 entre Jean de Chalon II, comte d'Auxerre et de Tonnerre, et Alix de Bourgogne, fille de Renaud, comte de Monlbéliard , fit entrer la baronnie de Dramelay dans la maison des seigneurs d'Orgelet.
Le 6 mars 1365, intervint un partage entre Jean de Chalon III , comte d'Auxerre et de Tonnerre, et Tristan de Chalon , son frère , seigneur de Châtelbelin. Ce dernier emporta dans son lot Arinthod, Dramelay, Boutavant, avec leurs fiefs et arrière- fiefs, Montfleur, Orgelet, Moutaigu , etc. Jean , sire de Châtelbelin , fils de Tristan de Chalon , par son testament du 3 mai 1 396 , légua à Alix de Chalon , sa sœur, mariée en 1384, à François de Sassenage, Montfleur, Arinthod, Dramelay et Chavannes , et à Louis de Chalon II , comte de Tonnerre , son neveu, Orgelet, Châtelbelin, etc.
Alix de Chalon se remaria en 1 403 , avec Guillaume de Saulieu, et légua tous ses biens, en 1426, à Louis de Chalon -Arlay III, prince d'Orange , son neveu. La maison de Chalon-Arlay conserva la terre de Dramelay jusqu'au commencement du xvi° siècle. Philiberte de Luxembourg la vendit, au nom de Philibert de Chalon, son fils, en 1512, à.
Philippe-François de Luyrieux, seigneur de Meximieux, qui la revendit peu de temps après, à titre de rachat, à Louis du Saix, et la racheta, en 1531, d'Etienne d'Ugna et de Louis II du Saix, héritiers de l'acquéreur. Réné de Nassau , prince d'Orange, étant à Lons - le - Saunier, permit, au mois de mars 1545 (n. s.), à Jean de Méria, seigneur de Lomont et à Jean Mouchet , trésorier de Grimont , de prendre possession de la baronnie de Dramelay, qu'ils venaient d'acquérir de Charles
de la Chambre et d'Isabelle de Luyrieux , dame de Meximieux , son épouse. Philibert , fils de Charles de la Chambre , exerça le rachat de celte terre et la laissa à ses deux fils, Claude et Jean de la Chambre. Ces deux jeunes seigneurs trouvèrent la succession de leur père tellement grevée de dettes , qu'ils furent obligés de vendre une partie de leurs domaines pour les acquitter. Le 39 octobré 1561, Antoine de la Chambre , évéque de Belley, leur oncle et leur curateur, les autorisa à vendre Arinthod, Dramelay, etc., et, le même jour, Nicolas Chupin et Louise Battefort, son épouse, veuve de Jean Mouchet , s'en rendirent adjudicataires. Nicolas Chupin laissa sa fortune entière à son épouse, et Léonel Mouchet de Battefort succéda à Louise de Battefort , sa mère. Dès ce moment , Dramelay a eu les mêmes seigneurs qu'Arinthod.
Armoiries. La famille de Dramelay portait : d'or au chef de gueules.
Seigneurie. Dramelay était une des plus anciennes baronnies du pays , et se composait, après que la seigneurie d'Arinthod en eut été détachée, de Dramelay-le-Chàteau, Dra melay - la - Ville , Dessia , Sésigna , les Granges de Dessia et de Mont-en- Berthod. Le seigneur avait la justice haute, moyenne et basse, qu'il faisait exercer par un bailli, un prévôt, des sergents et des messiers. Le signe patibulaire , à quatre piliers , pour l'exécution des criminels, était au molard d'Arnay. Le carcan était devant les halles. Au même seigneur appartenaient la chasse et la pêche exclusives , les épaves , l'impôt des quatre cas , les cours d'eau , la banalité des fours et du moulin, le droit de tâche à raison de la onzième gerbe sur les communaux mis en culture , les amendes , des cens en
grains et en argent, etc. Les habitants du bourg de Dramelay avaient reçu une charte de franchises de Renaud de Bourgogne, en 1295.
Dans cet acte , ils sont qualifiés de bourgeois, obtiennent l'affranchissement de la main-morte et de toutes exactions ou tailles arbitraires ; mais les charges qu'on leur laisse supporter sont encore très onéreuses.
Château. Le château de Dramelay était l'un des plus anciens et des plus importants de la province. Il se composait d'un donjon carré construit en pierre de petit appareil , au sommet d'un rocher de forme conique. U était à trois étages. Les murs avaient plus de km d'épaisseur. Les ruines ont encore 2îm de hauteur.
Cette tour est isolée du reste de la montagne par de doubles fossés creusés dans le roc vif, qu'on traversait à l'aide d'un pont et d'un pont levis. Le château était entouré d'une enceinte qui se reliait au donjon et que défendaient de nombreuses tours. Il se composait d'un bâtiment principal et de plusieurs corps-de-logis , dont il ne reste qu'un pan de mur. Un capitaine châtelain était chargé de faire faire le guet et garde, la montre d'armes, et de mener les habitants aux expéditions. Les bourgeois devaient suivre leur seigneur à la guerre une fois chaque mois, et chaque mois pendant vingt-quatre heures. Une chapelle isolée, dédiée à saint Jean-Baptiste était desservie par un chapelain qui y célébrait chaque jour la messe et administrait les sacrements au seigneur et à sa famille. Après la destruction du château, cette chapelle fut transférée dans la chapelle Sainte- Barbe do l'église de Dessia.
Etat de Dramelay au moyen âge.
Dramelay était divisé en deux parties , bâties toutes deux au sommet
de montagnes séparées par une vallée. L'une était appelée le bourg , et l'autre la ville de Dramelay. Le bourg était clos de murailles percées de deux portes , et était à côté du château. Sa population et son étendue étaient considérables. Il était administré par deux prud'hommes et un prévôt. Il y avait des halles sous lesquelles se tenaient un marché chaque lundi et deux foires par an , fixées à la Saint-Jean et à la Saint- Martin ; un auditoire pour les audiences du bailli , du prévôt et du gruyer. Les familles de Vireraont , de Bussy, de Légna , de Chassai , de Charnod, de Dramelay, y avaient des maisons que quelques-uns de leurs membres habitaient. L'église du bourg était à peu de distance du château , et était dédiée à saint Martin. Un cimetière l'entourait, et la cure était à côté. Ce bourg et le château ont été détruits en 1479, par les armées de Louis XI. Ce souverain , furieux de ce que le prince d'Orange avait cessé de tenir son parti , avait donné des ordres précis pour que ses forteresses fussent rasées et ses domaines dévastés. A la place du bourg, se formèrent quelques habitations appelées Dramelayle-Châtcl. Le hameau de Draraelayla-Tour est un reste du bourg.
Village de Mont. Le mont appelé autrefois le Mont-en-Berthod, situé aussi au sommet d'un rocher, était
administré par une famille noble qui portait le nom du village. Pierre de Mont fut un des principaux complices de Guillaume de Saint-Dizier dans le meurtre commis, en 1327, sur la personne d'Elienne de Saint- Dizier, seigneur de Saint-Laurent.
Eglise et chapelle. L'église de Dramelay - la - Tour ou le - Château se compose d'une nef, d'un sanctuaire et d'une sacristie. A la jonction de la nef et du chœur, s'élève une arcature dans laquelle est une cloche. Les habitants de Dramelayla-Tour et de Mont sont inhumés dans le cimetière contigu à cette église. A Dramelay-la-Ville est une chapelle dédiée à saint Etienne et à saint Roch. Les habitants de ce village , longtemps paroissiens de Chatonnay sont inhumés actuellement à la Boissière.
Biographie. Ce village est la patrie de M. Crctenct, né vers 1795, chanoine honoraire et curé de Poligny, et de M. Cretenet, son neveu, capitaine décoré, en activité de service.
Bibliographie. Archives de la préfecture du Jura.
Dronvenana (le), ruisseau qui sort des rochers de la Frasnée et se perd dans l'Ain , sous Patornay. \\ est renommé pour ses truites et ses écrevisscs.
Echaiiia, commune réunie à celle de Kothonay, le 1 1 septembre
Eclans, Esclens, Esclans, vg.
de l'arr. de Dole, cant. et percept.
de Rochcfort, bur. de poste d'Or-
champs ; succursale, composée d'Eclans et de Nenon ; à 5 kil. de Rochefort, 1 1 de Dole, et 65 de Lonsle-Saunicr.
Altitude : 2&6m.
Le territoire est limite au nord parle Doubs, qui le sépare d'Aude-
lange et de Lavans ; au sud par la Vieille-Loye ; à Test par Our, et à l'ouest par Audelangc. La Grange d'Esclangcot et les Baraques de la forêt font partie de la commune.
Il est traversé par trois chemins vicinaux , par le Doubs, qu'on traverse sur un bac autrefois soumis à un péage; par un bras de celte rivière , et par le bief du moulin, qui sort d'un étang.
Popul. en 1790, 380 hab.; en 1846, H8; en 1851, 417, dont 188 hom. et 229 fem.; pop. spécii.
parkil. carré, 32 hab.; 75 maisons, savoir : 67 à Éclans, 1 à Esclangeot, et 7 aux Baraques; 119 ménages.
Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à 1795.
Les jeunes gens des deux sexes émigrent pour être domestiques.
Cadastre exécuté en 1813 : surf, terrilor. 1291h, divisés en 1111 imp. 27 lh, savoir : 216h en terres lab„ 17 en prés, ik en élang, 7 en bois, 5 en vergers, U en pâtures, 3 en vignes, d'un rev. cad. de 9182 f.; cont. dir. 2078 fr.
La surface non imposable, de 1029h, comprend une partie de la forêt de Chaux, dans laquelle les habitants sont usagers.
Le sol est divisé en deux parties, appelées l'une les Jrbues, et l'autre la Fin. Cette dernière est très fertile.
On récolte dans la commune du blé , de l'orge , beaucoup d'avoine , du maïs, des légumes secs, de la navette , des pommes de terre , des betteraves, beaucoup de fruits, du foin, des fourrages artificiels et du vin rouge en petite quantité.
On y élève des bêtes à cornes et on y engraisse des cochons. 100 ruches d'abeilles.
Le produit des céréales suffit à la
consommation des habitants. On importe les neuf dixièmes du vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
La population fréquente les marchés de Dole et d'Orchamps.
Les patentables sont 2 aubergistes, 2 maréchaux-taillandiers, 2 maçons, 1 menuisier, 1 cordonnier, 1 épicier.
II y a un moulin à farine à trois tournants et un pressoir à manège.
La principale ressource des habitants consiste dans l'agriculture. Le tissage des toiles occupe au moins 50 tisserands. Deux ou trois familles sont continuellement occupées aux travaux d'entretien du canal du Rhône au Rhin.
Biens communaux : une église, un cimetière, un presbytère, une école de filles contenant le logement d'une institutrice laïque et une salle d'étude, fréquentée en hiver par 50 filles , une pompe à incendie manœuvrée par une compagnie de 32 pompiers, 2 puits communaux et lh 76a de pâtures. La mairie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude, fréquentée en hiver par 40 élèves , et la salle de pompe à incendie, occupent une maison qui appartient à Mme la comtesse de Toulongeon.
Budget : recettes ord. 2700 fr.; dép. ord. 2700 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Eclans est situé entre la rive gauche du Doubs et la forêt de Chaux. Les maisons, construites en pierre et la plupart couvertes en chaume, sont échelonnées sur les deux côtés du bief des moulins. Nous ne trouvons aucune trace de l'existence de ce village avant le xue siècle. MM. Fransquin et Marquiset ont signalé comme un tumulus romain
Imminence qu'on remarque au milieu du parc du château , dans laquelle on a trouvé des fers de lances, des lames de sabres et des pierres taillées ; mais nous ne pouvons partager leur opinion. Ce tertre artificiel n'est autre chose que la base de l'ancienne maison-forte d'Eclans. Le premier titre connu qui mentionne ce lieu est l'acte par lequel Humbert , archevêque de Besançon, donna, en 1161, l'église d'Esclans à l'abbaye de Saint-Paul. Au moyenâge, ce village se composait de deux parties isolées. L'une , appelée Esclans, était formée par un groupe de maisons bâties sous la protection du château ; l'autre , appelée Eclangetum, Esclangeot , était plus rapprochée du Doubs et renfermait l'église paroissiale. Cette division existait presque partout.
Ainsi , en face d'Eclans et d'Eclangeot , on trouve sur l'autre rive du Doubs, Lavans et Lavangeot. L'usage de ces diminutifs est très commun en Italie.
Seigneurie d'Eclans. Eclans était une seigneurie en justice moyenne et basse, qui relevait, pour la haute justice, du château de Rochefort.
(Voir Roche for t.)
Seigneurs, Jusqu'en 1409, ce village eut les mêmes seigneurs que Commenailles. De la maison de Vienne , ce fief passa , par acquisition, à celle des Ghassagnet ou Chassignet. Il appartenait, en UB6, à Pierre et Antoine de Ghassignct , frères. Les biens de celte famille furent acquis, au xvi° siècle, par M. de Vautravers, mari de Georgine de Genève, sœur de Gaspard de Genève, marquis de Lullin et baron de la Bastie , de laquelle il eut Anne de Vautravers , épouse en secondes noces de Gaspard de Poligny, baron de Traves. Ce dernier vendit Eclans
à M. Pétrey, conseiller au parlement do Dole. Charles Emmanuel Pétrey fit ériger cette terre en baronnie , avec pouvoir d'y unir d'autres villages, par lettres-patentes du roi d'Espagne du 5 janvier 1674. Marie de Bontemps , petite-fille de ce dernier, épousa, en 1692, Claude-François Masson , conseiller au parlement de Besançon , et lui porta en dot la baronnie d'Eclans. Charles-Emmanuel Masson , leur fils aîné , l'obtint dans son lot et la transmit à Rodrigue- Thérèse Masson, le seul fils qu'il eut de Mlle Mignot de la Balme, son épouse. Ce dernier épousa Thérèse- Eléonore Mignot de la Balme, dont il eut Jean-Léger-Charlcs-François Masson , dernier seigneur d'Eclans, marié, le 31 décembre 1787, à M11* Marie-Eugénie Terrier.
Château. Le château primitif d'Eclans occupait le sommet d'une éminence artificielle entourée de fossés.
Il était assez souvent habité par la famille d'Antigny, qui le possédait.
Guillaume d'Antigny, après s'être engagé envers le duc de Bourgogne, en 1336 , à le servir contre les barons comtois confédérés , avec ttO hommes d'armes , pendant une année , ne fut pas toujours fidèle à ses promesses , car on le voit , peu de jours après ce traité, s'engager, sous le titre de baron d'Eclans , à aller, avec le bâtard de Chalon, brûler la ville de Grozon , qui était au duc , et effrondrer la saunerie.
Thiébaud de Faucogney, le plus jeune des trois frères de ce nom , était au château d'Eclans , chez Hugues de Vienne, en 1355, lorsqu'il conçut le projet d'aller enlever le jeune Philippe , duc de Bourgogne , en son château de Rouvres. Il réunit à Eclans un certain nombre de gens d'armes courageux et dévoués, qu'il était allé recruter en Lorraine. Ces
hommes cha riaient échelles , cordes , artillerie et autres engins. 11 entra dans le duché de Bourgogne au mois de septembre , et n'ayant pu s'emparer du jeune duc , il enleva, dans la chàtellenie de Rouvres , quantité de chevaux , de bêtes grosses et menues et autre butin. Le château fut ruiné pendant les guerres du xve siècle ; il n'en reste d'autres traces que quelques pierres taillées éparscs sur le tertre qu'il occupait. Celui qui existe actuellement a été bâti par la famille Pétrey, au xvne siècle. On y arrive par une avenue étroite , irrégulière et mystérieuse , tracée dans un bois touffu , qui d'un côté s'appuie sur la forêt de Chaux , et de l'autre s'ouvre sur une grande plaine. Cette élégante demeure est placée dans un lieu solitaire, en avant du village. Le château est spacieux ; il se compose d'un bâtiment principal flanqué de deux ailes et de plusieurs autres bâtiments isolés servant de dépendances. Un parc de 14 hectares , traversé par un ruisseau limpide, entoure le manoir. Une belle allée -d'un kilomètre de longueur s'étend jusqu'au village de Nenon et aboutit au château de M. Vautrin. Cette magnifique propriété appartient actuellement à Mme la comtesse de Toulongeon.
Eclangeot. Esclangeot dépendait en toute justice de la seigneurie de Kochefort. Cette terre fut acquise le b juillet 1703, de Louis XIV par Charles-Alexandre de Keculot , qui le laissa à Ignace de Reculot , né de son mariage avec Marie -Ignace Moréal de Hoissey. Les enfants de M. Ignace de Reculot l'ont possédé jusqu'à la révolution de 1789. Une famille noble qui y possédait le fief de mairie en portait le nom. En 1385, Agnès, fille de Guyot d'Esclangeot, fit hommage au duc de
Bourgogne de ce qu'elle tenait de lui en fief. Le village , souvent ravagé par la guerre et les inondations du Doubs , a disparu au xvue siècle. L'église paroissiale , dont le patronage avait passé de l'abbaye Saint-Paul de Besançon au commandeur de la commanderie du Temple de Dole , était seule restée debout.
Elle s'écroula en 1782. Elle était sous le vocable de saint Germain , martyr. Un cimetière l'entourait.
Le presbytère était à côté.
Eglise d'Eclans. Le 29 octobre i486, Pierre et Antoine de Chassignet, frères, seigneurs d'Eclans, firent construire une belle chapelle près de leur château et la placèrent sous l'invocation de la Vierge , de saint Pierre et de saint Paul. Ils y attachèrent un chapelain qui y célébrait la messe chaque jour. Par l'acte de fondation, Guy de Rouhal, curé d'Esclangeot et ses successeurs, devaient y célébrer trois messes solennelles chaque année. Après la chute de l'église d'Esclangeot, cette chapelle devint l'église paroissiale.
L'édifice se compose actuellement d'un clocher, d'une nef, de deux chapelles, d'un sanctuaire rectangulaire et d'une sacristie. La base du clocher est carrée. Celte première partie est surmontée à ses angles de quatre clochetons; plus haut , la tour est octogonale, et sur ses angles sont huit clochetons. Une flèche couronne le tout. Ce clocher ressemble bien plus à un pavillon chinois qu'à un monument religieux. Le cimetière est à l'extrémité orientale du village. 11 renferme la tombe de Mme la baronne d'Eclans , morte en 1832, et de M. Réné- Alexandre , comte de Toulongeon , mort le 26 octobre 1859. Le presbytère est prés du cimetière et éloigné de l'église.
Pèlerinage. Indépendamment de la féte patronale de saint Germain , qu'on célèbre à Eclans le 1 1 octobre, il y avait une vogue le 25 mars, qui attirait une foule de pèlerins venant rendre un culte particulier à Notre- Dame de mars. Les divertissements auxquels on se livrait pendant ce jour, causaient des abus qui ont nécessité leur suppression. Depuis une quinzaine d'années, il n'est plus question de cette fête. La statue de la Vierge est déposée dans la chapelle de gauche de l'église. On la regarde comme miraculeuse. Après la destruction de l'ermitage de Montjeu où elle reposait, on la porta successivement dans l'église d'Orchamps , d'Our, de Lavans , mais la tradition rapporte que la madone s'échappait toujours secrètement et ne voulut pas d'autre séjour que l'église d'Eclans.
Evénements divers. Placé à peu de distance de Dole et de Rochefort, Eclans eut à souffrir plusieurs fois des fléaux de la guerre et de la peste. Les inondations du Doubs lui ont été aussi bien souvent fatales.
Celle du mois d'octobre i 840 mit le village en si grand péril , que tous les habitants furent obligés d'abandonner leurs maisons et de se réfugier dans la forêt de Chaux. Les perles furent considérables.
Ecleux, Esclua, Escleux, vg. de l'arr. de Poligny, cant., percept. et paroisse de Villers-Farlay, bur. de poste de Mouchard ; à 2 iil. de Villers-Farlay, iôd'Arbois, 27 de Poligny, 55 de Lons-le-Saunier.
Le territoire est limité au nord par Chissey, au sud par Villeneuved'Aval , à Test par Villers-Farlay, dont il est séparé sur une petite longueur par le ruisseau de la Plan-
chotte, et à l'ouest par Chamblay.
Le moulin et la tour Portalèze font partie de la commune.
Il est traversé parla route imp.
n° 72 , de Dijon à Pontarlier ; par trois chemins vicinaux; par la Loue qu'on passe sur un bac pour aller à Chissey, le ruisseau de Larine, celui du Sarron ou de la Rappe et le canal du Moulin.
Pop. en 1790, 274 hab. ; en 1846, 454; en 1851, 438, dont 218 hom. et 220 fem.; pop. spécif.
par kil. carré, 70 hab.; 69 maisons; 97 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
Les jeunes gens émigrent , pour être colons en Afrique , ou domestiques à Paris et à Lyon.
Cadastre exécuté en 1811 ; surf, terril. 618h, divisés en 2015 parcelles; surf. imp. 602h, savoir :
254b en terres lab., 250 en bois , 71 en prés et 11 en pâtures, d'un rev. cad. de 23,211 fr.; contr. dir.
en princ, 2815 fr.
Le sol , partie en plaine et partie ondulé, est peu fertile et produit du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des pommes de terre, du seigle, des légumes secs , du chanvre , des betteraves , un peu de navette et de vin rouge et blanc, de mauvaise qualité , des foins et des fourrages artificiels.
Le produit des céréales suffit à la consommation des habitants. On importe les quatre cinquièmes des vins.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.
On élève dans la commune des chevaux , des bêtes à cornes , des cochons , quelques moutons et des volailles. 25 ruches d'abeilles.
L'agriculture y est en progrès.
On trouve sur le territoire des sablières de bonne qualité et des
gravières exploitées pour l'entretien des chemins.
Les habitants fréquentent les marchés de Salins et d'Arbois. Ils s'occupent presque tous du transport par terre et par eau, des bois de sapins. Ils ne se livrent que secondairement à l'agriculture. Us sont associés à la fruitière de Villers- Farlay, où ils font fabriquer 6000 kil. de fromage, façon Gruyère.
Il y avait en i800, sur le sommet du plateau, au sud du village, une tuilerie et une grange qui n'existent plus aujourd'hui. Il y avait plus anciennement deux moulins sur le ruisseau de Larine. Il n'en reste plus qu'un.
Biens communaux : une maison commune construite en 1840, contenant la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 50 garçons et 35 filles; une pompe à incendie, manœ uvrée par une compagnie de 25 pompiers ; un pont sur la Larine, construit en 1845 et déjà en ruine, des bois et des parcours communaux.
Bois communaux : 139h 06*; coupe annuelle, 4b 29*.
Budget : recettes ord. 328'* fr.; dép.ord. 3135 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le village d'Ecleux est situé dans le val d'Amaous ou d' Amour. Il occupe une plaine et le revers septentrional d'un coteau. Les maisons sont isolées et d'une pauvre apparence , quoique construites en pierres. La plupart sont couvertes en chaume et composées d'un simple rez-de-chaussée. En écrivant l'histoire de Cramans, de Chissey, et d'autres villages situés sur les bords de la Loue, nous avons eu l'occasion de signaler les preuves qui témoi-
gnaient en faveur de l'antiquité des lieux dispersés dans le val d'Amour. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet à l'occasion d'Ecleux. Il faut avouer cependant que nous n'avons rencontré le nom de celte localité dans aucun titre antérieur à 1230. A cette époque, Jean et Pierre d'Ecleux, frères, firent une donation à l'abbaye de Rosières.
Seigneurie. La prévôté de Bracon comprenait Bracon pour chef-lieu , avec Chilly, Champagny- Dessus, Onay, Bellague et Ecleux pour dépendances. Charles Y céda la moitié de la justice haute , moyenne et basse sur ce dernier village, à la famille de Saint-Mauris , qui la réunit à sa seigneurie de Lemuy. (Voir les articles Cramans et Lemuy). En 1 738, Louis XV donna à M. de Courbouzon , président à mortier au parlement de Besançon, pour une durée de cent ans, la seigneurie de Bracon; c'est ainsi que ce magistrat devint seigneur en partie d'Ecleux. En 1755, M. Quirot, conseiller au parlement, fit un échange avec le roi , du consentement de M « de Courbouzon , et lui céda un pré de sept soitures sur Salins, contre moitié de la justice d'Ecleux et les cens que le souverain percevait dans ce village , par suite de l'accensement des deux moulins. Le 24 novembre 1778, M. Quirot institua pour ses héritiers M. Claode-Théophile-Joseph Doroz , procureur-général au parlement de Besançon, et ses enfants. M. Doroz se qualifiait en 1 789 , de seigneur d'Ecleux. Il émigra en 1790, et ses biens furent vendus. Ses enfants possèdent encore un domaine important à Ecleux.
Paroisse. Ce village a toujours dépendu de la paroisse de Villers-Farlay et a saint Georges pour patron.
Fontenoy d'Aval. Entre les côtés
d'un triangle, dont les sommets sont Ecleux , Chamblay et Chissey, était un village assez considérable, encore mentionné dans des titres du xvi* siècle. 11 n'existe plus aujourd'hui.
Son territoire a été réuni à ceux de Chamblay et d' Ecleux.
Evénements divers. La communauté d'Ecleux a eu souvent une administration bien imprévoyante. Le 30 janvier 1344, elle se réunit à celle de Fontenoy pour offrir à Eudes, duc de Bourgogne, à titre de don, une de ses plus belles forêts, appelée le Bois de Bourgogne. En 1682 , les habitants se trouvant obérés par suite d'emprunts successifs faits pour payer les contributions que les nécessités des différentes guerres du xviie siècle leur avaient forcé de contracter, vendirent à vil prix tous leurs biens communaux , même les bois, aux jésuites de Salins. Ils demandèrent cent ans après, la nullité de cette vente, mais ils ne l'obtinrent qu'avec beaucoup de peine et en supportant des frais énormes. Ils exposèrent dans leur requête à l'intendant de la province , que la guerre , la peste et les inondations du Doubs, avaient ruiné leur village , et qu'ils n'avaient dans le temps, trouvé d'autres moyens de se libérer, que de consentir à cette aliénation, mais que deux années de revenu des biens cédés pouvaient suffire pour rembourser aux jésuites le prix de leur acquisition.
Eorklies , Escrillies , Escrilla , Escrille, vg. de l'arr. de Lons-le- Saunier, cant., perc, bur. de poste et paroisse d'Orgelet; à 4 kil. d'Orgelet , 27 de Lons-le-Saunier par la route neuve et 23 par la vieille route.
Altitude : 461ra.
Le territoire est limité au nord par Orgelet et Plaisia ; au sud par Ma-
rangea et Nermier; a Test par Plaisia et Onoz ; à l'ouest par Orgelet, Montjouvent et Marangea. Le moulin de Liène, le moulin d'Ecrilles, le château et la maison Morel, font partie de la commune.
Il est traversé par la route dép.
n° 9, d'Orgelet à Nantua et à Bourg; par les chemins vie. tirant à Clairvaux, à Sarrogna et à la route ; par la rivière de Valouze qui y prend sa source ; par les biefs d'Enfer, du Chanois et du Marais; par le ruisseau du moulin Taillant ; par le canal du moulin et un canal d'irrigation.
Ecrilles a été réuni à Plaisia le 11 septembre 1822, et en a été séparé le 24 juin 1840.
Ce village est situé sur les bords de la Valouze, dans une gorge profonde qui le dérobe à la vue ; les maisons sont groupées , construites en pierres et couvertes en chaume , à l'exception de quelques-unes, élevées d'un étage au-dessus du rezde-chaussée et couvertes en tuiles.
Pop. en 1790, 88hab.; en 1846, 190; en 1831 , 175 , dont 91 bom.
et 84 fem. ; pop. spécif. par kil.
carré, 37 hab.; 44 maisons; 48 mé-
nages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1647.
Les jeunes gens émigrent pour être domestiques dans les villes du voisinage.
Cadastre exécuté en 1827 : surf, territ. 330h 92*, divisés en 791 parcelles que possèdent 107 propriétaires, dont 60 forains; surf. imp.
520h 79a, savoir : 21 lb 92* en boistaillis, U9h96* en terres lab., U0h 28* en pâtures, 66h 37» en prés, 7h 34* en friches, lh 78* en murgers, lh 73* en jardins et lh 18* en sol et aisances des bâtiments, d'un revenu cadastr. de 8319 fr.; cont. dir. en princip. 1315 fr.
Le sol , montagneux et peu fertile , produit du blé , de l'orge , de l'avoine, du maïs, des légumes secs, des betteraves, des carottes fourragères, des pommes de terre, du chanvre , peu de fruits , du foin et des fourrages artificiels.
Le produit des céréales suffit à la consommation des habitants. On importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On élève dans la commune des bétes à cornes , des chèvres , des moutons et des volailles. On y engraisse quelques porcs. 20 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait quelques progrès.
Les habitants fréquentent les marchés d'Orgelet.
On trouve sur le territoire, de la marne non exploitée, de bonnes sablières , des carrières de pierre ordinaire à bâtir, de la pierre à chaux et de la pierre de taille susceptible de recevoir le poli. M. de Marnézia y a rencontré quelques filons d'or et des fossiles très curieux.
11 y a deux moulins sur la Valouxe, dont l'un à trois et l'autre à quatre tournants , avec un battoir à blé; un battoir d'écorce; une scierie mécanique à une lame de scie ; un moulin à une paire de meules avec un battoir; une forge à un feu, appartenant à M. Vuillemenot, dans laquelle on fabrique du fer en barres, et un atelier de mécanicien.
Il y avait un chalet communal dans lequel on a cessé de fabriquer des fromages.
Biens communaux : une chapelle avec un cimetière à Pentour, une maison commune, construite en 1845, qui a coûté 15,000 fr.; elle renferme la mairie, le logement de l'instituteur, la salle d'étude , fré-
quentée en hiver par 25 garçons et 20 filles, la salle de pompe à incendie ; enfin, 264h 68* de pâtures, friches, bois, terres, d'unrev. cad.
de 2160 fr.
Bois communaux : 160h 49* ; coupe annuelle, 4h 99*.
Budget : recettes ord. 1777 fr. ; dépenses ord. 1748 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Tous les historiens s'accordent à attribuer à la ville d'Orgelet une origine celtique. Il est probable que les villages qui l'entourent remontent à la même époque. La gorge boisée au fond de laquelle se cache Ecrilles, a dû servir de retraite aux druides.
La disposition des lieux favorise singulièrement cette conjecture. Des ossements humains et de nombreux débris de constructions antiques, trouvés à l'ouest de l'ancien château, prouvent évidemment que ce village a eu une période d'existence antérieure à la construction du château féodal. Cependant son nom ne se rencontre dans aucun titre antérieur au xne siècle.
Seigneurie d' Ecrilles. Elle comprenait Ecrilles , Marangea , Montjouvent et relevait de la baronnie d'Orgelet. Le seigneur y avait la justice haute, moyenne et basse, qu'il faisait exercer par un bailli, un prévôt châtelain, un procureur d'office, un greffier et plusieurs sergents. H pouvait instituer un tabellion , en vertu de lettres-patentes accordées par les archiducs Albert et Isabelle, le 19 juin 1612. Les sujets devaient le guet et garde au château et contribuer à ses réparations. Ils étaient taillables dans trois cas et corvéables quatre fois l'année. Ils ne pouvaient ni chasser ni pêcher. Ils avaient un droit d'usage dans le bois d'Àvaut et possédaient des biens communaux.
Ils étaient soumis à la banalité du four et du moulin. Le signe patibulaire était sur une montagne, appelée le M olard de la justice ou les Fourches.
Charte d'affranchissement. En 1502, les habitants d'Ecrilles exposèrent à Louis Morel , leur seigneur : « que leur village, étroit de terre, était assis en lieu stérile et entre des montagnes ; qu'ils étaient justiciables hauts et bas , sans nuls moyens, taillables en trois tailles, corvéables quatre fois Fan et chargés de plusieurs censés en blé et en argent, devenues insupportables, parce que leur village autrefois très peuplé, avait été abandonné par la population depuis cent ans; qu'ils étaient tous des étrangers ; que les terres étaient ruinées et en friche, les moulins , les foules sans amodiateurs, et qu'ils étaient disposés à quitter le pays si on ne les affranchissait pas de la main-morte sous laquelle ils gémissaient. » M. Morel, fut ému par les supplications de ses sujets et en même temps effrayé par leurs menaces. Il les convoqua en assemblée générale et fit un traité avec eux, le 20 décembre de la même année. H déclara d'abord que, puisque les habitants avaient bien voulu lui permettre de créer un vaste étang sur leurs terrains communaux, il consentait : i° que les filles qui quitteraient Ecrilles par suite de leur mariage avec un étranger, pussent disposer par donation ou testament en faveur de leurs parents, de leurs biens dotaux jusqu'à concurrence de 20 florins , à condition que le surplus de leur fortune appartiendrait à ceux de leurs parents résidant à Ecrilles ; 2° que dans les familles où il y aurait plus de trois garçons, ceux excédant ce nombre pourraient quitter la maison paternelle, et disposer
de leurs biens en faveur de leurs parents; que cependant nul ne pourrait s'éloigner sans prendre congé du seigneur et avant de lui avoir donné quatre chapons et trois sols.
Les sujets résidant à Ecrilles furent déclarés affranchis de la main morte et furent autorisés à disposer de leurs immeubles, en payant les lods à raison de 2 gros par franc. 11 leur fut permis de cultiver les communaux en payant les droits de tâches.
Cette charte ne devait point profiler aux nouveaux colons qui viendraient par la suite habiter le village. 11 faut convenir que le seigneur ne se montra pas très généreux envers ses sujets. Ces derniers se décidaient à payer sans murmure les cens , les tailles, l'impôt des quatre cas, à faire de nombreuses corvées , mais la honte de la servitude leur était intolérable. Ils sortaient probablement d'un pays libre.
Seigneurs. Les premiers seigneurs d'Ecrilles portaient le nom du village. Dès la fin du xue siècle , on Yoit figurer dans les chartes , Guy, sire d'Ecrilles , avec la qualification de chevalier. Par suite d'une révolution qui se manifesta au commencement du xiue siècle dans le régime féodal, on vit tout-à-coup tes sires de Dramelay,de Binans, de Monnet, d'Ecrilles, etc., autrefois presque souverains dans leurs terres, devenir de simples officiers attachés à la cour des princes de Gbalon, perdant nonseulement leur qualité de sires, mais même leurs seigneuries et leurs châteaux. La maison d'Ecrilles subsista jusqu'au xvie siècle, mais depuis longtemps elle n'avait plus de droits sur le village dont nous esquissons l'histoire. Au mois de février 1397 (n. st.), Loys d'Ecrilles, châtelain de Monnet alla, par ordre de Jeanne de Guistelle, jusqu'en Hongrie pour
avoir des nouvelles du sire de Châtel belin son époux, qui était allé combattre Bajazet. Il fut envoyé ensuite à Venise. Le même Louis d'Ecrilles fut envoyé en 1419, par le duc Charlesle-Téméraire , près du prince d'Orange, lieutenant-général pour le roi en Languedoc, pour remercier ce dernier au nom du roi de sa belle conduite. Au xme siècle , la seigneurie d'Ecrilles fut inféodée par les seigneurs d'Orgelet à la maison de la Baume. Un événement singulier faillit la faire sortir de cette famille. Au mois de mars 1444, un cerf avait passé près d'Orgelet : aperçu par quelques habitante de cette ville, il fut poursuivi, et pour échapper aux chasseurs , il se précipita dans l'étang du moulin d'Ecrilles. L'étang ayant été cerné de tous côtés , l'animal fut pris et abattu. Les gardes de la seigneurie prétendirent que ce cerf appartenait au seigneur et l'emportèrent au château. Jean, sire de la Baume et d'Ecrilles , chevalier, conseiller et chambellan du Suc Philippe-le-Bon , était alors absent du pays et servait avec son fils Louis dans la guerre du Piémont , sous la bannière du duc de Savoie. Mme de la Baume était seule au château avec quelques familiers. Guillaume Ottenin d'Orgelet, qui avait tué le cerf, était furieux d'avoir perdu sa proie.
Il assembla quelques mutins , avec lesquels il escalada la montagne, força les portes de la forteresse et enleva par force l'animal que les gardes avaient arraché de ses mains.
Il en distribua ensuite les quartiers à ses amis. Louis de la Baume, jeune page du duc Philippe , étant rentré chez lui quelque temps après cet événement, fut courroucé lorsqu'il connut la conduite de Guillaume OUenin. 11 vint immédiatement à Orgelet et rencontra ce dernier pré-
cisément sur son chemin. Le page tira son épée , lui fit des gestes de menaces et l'apostropha ainsi : Ribaud, vous allez mourir. Ottenin lira aussi son épée du fourreau et se jeta dans les fosses de la ville. Louis le poursuivit et allait le frapper, lorsque plusieurs personnes survinrent et arrêtèrent son bras. Le bailli d'Aval instruit de ce fait, se rendit immédiatement sur les lieux, fit une enquête et mit sous le séquestre la seigneurie d'Ecrilles. Louis, assigné au parlement de Dole, refusa de comparaître et prit la fuite. Il fut condamné par coutumace. Par lettres-patentes du 13 décembre 1444J, le duc Philippe-le-Bon , qui s'intéressait vivement à son page, lui accorda sa grâce. Louis de la Baume vendit la terre d'Ecrilles à Louis More), chevalier. Ce dernier la donna, à titre de douaire, à Jeanne d'Oiselet son épouse, qui en jouissait encore en 1491, et en laissa la propriété à Louise Morel et Françoise Morel, ses deux filles. Louise épousa en 1496, Artbaud de Longeville, et Jeanne s'allia à Louis Morel, IIe du nom, son cousin. Les deux sœurs jouirent de celte terre par moitié. Louis de lu Touvière, baron de Servigna, en fit l'acquisition en 1840. Vendue par décret en 1601 , Philibert Marmiep s'en rendit acquéreur sur Jean-Philibert et Antoine Baltazard de la Touvière , enfants mineurs de Jean et petits-fils de Louis de la Touvière et d'Antoinette de Civria, épouse de ce dernier. M. Marmier la revendit peu de temps après à M. Monnier, riche banquier de Lyon , dont de fausses spéculations amenèrent la ruine. Un nouveau décret eut lieu en 1610, et Georges Bouquet ou Boquet, de Saint-Amour, fut déclaré adjudicataire d'Ecrilles. Ce dernier I transmit ce fief à Claudine Boquet ,
sa fille , qui institua pour ses héri- | tiers M. Claude Mangeot- Vigoureux d'Arbois , et la famille Duchampd' Assaut de Dole. Le 17 mai 1695, François - Claude Mangeot - Vigoureux , capitaine au régiment Royal - Comtois , et Anne de Catherine , sa mère, achetèrent de quelques-uns des héritiers Ducbamp, certaines portions de la seigneurie d'Ecrilles.
L'année suivante , Adhenne de Binand, dame de Chainbéria , acheta le dixième , appartenant à Jeanne- Claude-Françoise Duchamp-d'Assaut , épouse de M. Monnier d'Ornans. En 1703, Anne de Catherine et M. Vigoureux, son fils, achetèrent d'autresportions. Une instance en licitation s'engagea , et enfin en 1713, M. Philibert-Gabriel de Graminont finit par réunir la totalité entre ses mains. Dès ce moment, Ecrilles a eu les mêmes seigneurs que Chambéria.
Châteaux. Au sud-est du village, s'élève presque à pic une haute montagne d'un accès très difficile et dont le sommet a la forme d'un dos de carpe. On ne pourrait croire que des hommes eussent pu songer à construire une habitation sur cet escarpement, et cependant il y avait un château de 80™ de longueur sur 6m de large. II s'appelait le Château de la Motte. 11 en reste quelques vestiges de fondations et le tronçon d'une tour qui a encore lm de hauteur. Après la destruction de ce château par les armées de Louis XI, en 1479, il en fut construit un autre au pied nord-ouest de la montagne, par M. Louis Morel. Il est également détruit. On en voit encore les décombres , parmi lesquels on a retrouvé en 1844, une médaille portant le nom de Louis Morel de la Motte avec ses armoiries. A côté du château était une ferme construite en 1C08.
Fiefs divers. Montjouvent formait un arrière-fief qui fut longtemps possédé par une famille noble de nom et d'armes , et qui relevait du château d'Ecrilles. Au mois de septembre 1296, Guy de Chilly, chevalier, et Guye , fille de Jean de la Marche, reconnurent tenir en fief du seigneur d'Orgelet, ce qu'ils avaient à Marangea , ainsi que les moulins et les battoirs d'Ecrilles. La famille d'Ugna possédait aussi en arrièrefief des biens situés à Ecrilles, Marangea et Montjouvent.
Commerce et industrie au moyenâge. Dans un dénombrement fourni en 1570, on voit qu'il y avait à cette époque à Ecrilles un étang, appelé V étang de la Doye; qu'au-dessous de la chaussée de cet étang existait « un gros pourpris de maison en façon d'une tour carrée, couvert à quatre pans, dans lequel étaient trois moulins , à côté , battoir couvert à deux pans , pour battre le blé et le chanvre; qu'au-dessous de cet étang, s'en trouvait un autre, appelé VEtang neuf, sur lequel était un autre moulin qui avait remplacé une foule à drap ; que sur le bief sortant de cet étang , on avait construit deux battoirs d'écorce, une foule à drap, appelée la foule de la Combe et à côté une tannerie. » On peut juger par le nombre de ces établissements combien l'industrie était active dans ce petit village , au xvi* siècle.
Eglise. Ecrilles faisait partie de la paroisse d'Orgelet. Les seigneurs du lieu avaient une vaste chapelle à côté de l'église d'Orgelet, sur le cimetière, appelée la chapelle d'Ecrilles. Il y en avait une autre dans le village , dédiée à saint Eloi , qui avait été construite au xvu4 siècle, à la suite d'un vœu fait par les habitants pour être préservés de la peste.
Cette chapelle se compose d'un cjo-
cher sous lequel est un porche, d'une nef et d'un chœur plus ancien que la nef. On n'y célèbre la messe que le jour de la fête patronale.
Evénements divers. ( Voyez Orgelet.) Le 30 octobre 1791, des plaintes furent portées au directoire du département par le district d'Orgelet , contre le sieur Thurel, maire d'Ecrilles , qui non-seulement tolérait des rassemblements de prêtres non assermentés dans sa commune, mais encore avait osé faire mettre sur la porte de l'église l'inscription suivante : église catholique, non constitutionnelle. Ce fonctionnaire fut suspendu de ses fonctions, et on menaça de fermer l'église, si on continuait à y tenir des assemblées.
Curiosités naturelles. La rivière de Valouze prend naissance sur le territoire d'Ecrilles, au nord du village. Elle sort du pied occidental d'une montagne avec un calme majestueux. A quelques centaines de mètres de sa source, elle met en mouvement plusieurs usines.
Bibliographie. Archives de la préfecture du Jura. — Archives de M. le prince d'Aremberg, à Arlay.
Entve-dew-Mont» • Vg. de l'arr. de Poligny, cant., percept. et dist.
de poste des Planches ; paroisse de la Chaux-des-Crotenay ; à 5 kil. de ce dernier lieu, à 3 kil. des Planches, 39 de Poligny, 39 d'Arbois et 49 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 750m ; 809m.
Le territoire est limité au nord par la Chaux-des-Crotenay; au sud par Fort-du-Plasne ; à l'est par les Planches, et à l'ouest par la Chaux-du- Dombief. Le moulin du Cernois, le chalet de Morillon, le Morillon, la grange des Gyps et la grange du Cernois font partie de la commune.
Il est traversé par la route imp.
de Paris à Genève ; par les chemins vicinaux tirant à Fort-du- Plasne, aux Planches et à la Chauxdes-Crolenay; par les ruisseaux du Quet qui y prend sa source, du Dombicf et par un canal de dérivation de la rivière de Laime.
Pop. en 1790, 250 bab.; en 4846, 328 ; en 1851, 258, dont 130 nom.
et 128 fem. ; pop. spécif.par kil.
carré, 48 hab. ; 57 maisons, savoir : aux Côtes -Pauret 9 , aux Monniers 13, au centre du village 15, au bas du village 11 , et au Morillon 9 ; 67 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les jeunes gens émigrent pour être domestiques et ouvriers dans les grandes villes et dans les départements voisins.
terril. 536h, divisés en 977 parcelles que possèdent 97 propriétaires , dont 34 forains ; surf. imp. , 526b, savoir : 172h en terres lab., 146 en bois de sapins, mêlés, 76 en prés, 84 en pâtures, 41 en bois-taillis , 2 en vergers, ih 88a en sol des bâtiments, d'un rev. cad. de 5801 fr.; cont. dir. 1623 fr.
Le sol, peu fertile et exposé à de fréquentes variations de température, produit du blé, du méteil d'orge et d'avoine , peu de chanvre, des fruits et beaucoup de foins.
On importe le tiers des céréales et tout le vin que les habitants consomment.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.
On élève dans la commune des bètes à cornes et quelques mulets.
On y engraisse un petit nombre de porcs. 20 ruches d'abeilles.
L'agriculture y est en progrès.
Les habitants fréquentent habi-
luellement les marchés de Champagnole.
On trouve sur le territoire de la marne et du minerai de fer non exploités, des carrières de pierre bleue à bâtir et des carrières de pierre à chaux.
Il 7 a un moulin à trois tournants avec une scierie mécanique à trois lames et un battoir à blé.
Les patentables sont : trois aubergistes, un forgeron , un boucher et trois marchands de beurre frais.
Il existe deux fromageries, dans lesquelles on fabrique annuellement 10,000 kilog. de fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une maison commune construite en 1835 , qui contient la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 25 garçons et 25 filles; un oratoire dédié à la Vierge, construit en 1809; 5 fontaines avec lavoirs et abreuvoirs, construites en 1847, qui ont coûté 8000 fr. ; 5 abreuvoirs dispersés dans les hameaux et 134h 49a de pâtures , bois-taillis , bois-sapins et broussailles, d'un rev. cadast. de 606 fr* En 1830, la commune, dépourvue de ressources, n'avait presque pas de chemins ; elle ne possédait ni fontaines, ni maison d'école; grâce à la bonne administration de M. Monnier, maire de ce lieu, elle possède aujourd'hui tous les établissements qui lui sont nécessaires.
Bois communaux : 103b, dont 3h 08* sont coupés annuellement et 70 arbres de bois-sapins ; une autre forêt de sapins de 50h ; coupe annuelle 50 arbres; troisième forêt indivise avec la Cbaux-des Crotenay, 50h ; coupe annuelle 50 arbres.
Bureau de bienfaisance : revenu ord. 100 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le village d'Entre-deux-Monts , appelé dans les chartes du xme siècle sous Malruche , est situé au fond d'une vallée encaissée entre deux hautes montagnes. Les maisons sont échelonnées sur les bords du chemin de Morillon aux Planches , sur une longueur de près d'une lieue. Elles sont isolées, construites en pierre et couvertes en bardeaux ou tavaillons. Quelques-unes ont un étage au-dessus du rez de chaussée.
On ne sait rien de son origine. Nous avons déjà fait connaître dans la nolice sur la Chaux des Crotenay, dont ce village était une dépendance au spirituel et au temporel, les motifs qui nous font croire que les rives de Laime ont été habitées de très bonne heure. Le val de Mièges , celui de Sirod , celui de Chambly, le Grandvaux , étaient peuplés au vie siècle ; il est donc très probable que la paroisse de la Chaux-des-Crotenay, déjà mentionnée dans des titres du ixe siècle, n'était point un désert. Un chemin très ancien, partant de l'abbaye du Grandvaux, traversait au Morillon la rivière de Laime sur un pont soumis à un péage envers l'abbaye de Bon lieu. Cette voie est qualifiée de grand chemin dans des titres de 1450. Un embranchement de celte route traversait Entre-deux- Monts et tirait aux Planches , villa de ponlibus. Un autre chemin passait à Fort-du-Plasne , sous le nom de vie du Four, traversait encore Entre-deux-Monts pour aboutir à la Chaux-des-Crotenay, d'où elle se dirigeait sur Charopagnole et de là sur Salins. Par une charte de l'an 1282, le seigneur de Monlrivel donna à l'abbaye de Saint-Oyan la moitié des dîmes qui lui appartenaient à Malruche , c'est-à-dire à Entre-deux -
E — Al — E
Monts. Dès Pan 1552, la chartreuse de Bonlieu et les seigneurs de l'Aigle , commencèrent à accenser le cours de Laime à Morillon, aux sieurs Etiévant et Morel de Morbier, pour y établir des martinets et des clouteries.
Seigneurie. Entre - deux - Monts dépendait en toute justice de la seigneurie de la Chaux-des-Crotenay, démembrée elle-même de la baronnie de Montrivel. Les sujets étaient main* mortables.
Oratoires. Une statue de la Vierge repose dans une niche creusée dans le rocher, au hameau de Morillon.
Les habitants l'ont en grande vénération. Ils y vont en procession pour obtenir de la pluie. Ils racontent que lorsque les Sarrasins passèrent devant elle, elle leur tourna le dos.
Une croix en fer a été érigée en 1828, sur le rocher qui renferme cette niche. Une autre madone est exposée contre le rocher, sur le bord du chemin d'Entre-deux-Monts à Fort-du-PIasne et une troisième sur le bord de la route tirant à la Cbauxdes-Crolenay.
Evénements divers. ( Voir Chauxdes-Crotenay et Grandvaux).'
Biographie. Ce village est la patrie de M. Petetin (1777-1847), commandant en retraite, décoré; du capitaine Girod, Claude - Joseph (1767-1843), et de François-Xavier Carty officier décoré (1778- 1848).
Épercy, commune réunie à celle de Jeurre, le 25 septembre 1822.
Épy, Espy, vg. de l'arr. de Lonsle Saunier, cant., percep. et distrib.
de poste de Saint-Julien; succursale , composée d'Epy, Senaud , I Poisoux , Lanéria , Tarcia et la Bal- I
me-d'Epy ; vicariat érigé le 22 novembre 1847; à 7 kil. de Saint- Julien et 40 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 364m.
Le territoire est limité au nord par Senaud et Nantey ; au sud par Poisoux et Lanéria ; à l'est par Florentia et la Bal me-d'Epy ; à l'ouest par Coligny (Ain) et Senaud. Tarcia fait partie de la commune.
Il est traversé par les ch. vicinaux tirant à Florentia , à la Balme-d'Epy, à Nantey, à Poisoux , à Lanéria , à Bourcia , à Senaud , à Tarcia ; par le ruisseau de Tarcia ou de Gos qui y prend sa source.
La commune de Tarcia a été réunie à celle d'Epy, le 1 1 avril 1821 .
Pop. en 1790, d'Epy, 358 hab.; de Tarcia, 84 ; pop. réunie en 1846, 171; en 1851, 201, dont96hom.
et 105 fem. ; pop. spécif. par kil, carré, 61 hab. ; 45 maisons, savoir :
34 à Epy et 11 à Tarcia; 45 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1608.
Les habitants émigrent en grand nombre pour être ouvriers ou domestiques à Lyon, ou colons en Afrique.
Cadastre exécuté en 1821 ; surf, territ. 329h, divisés en 893 parcelle»
que possèdent 182 propriétaires % dont 110 forains; surf.imp. 32 1\ savoir : 190hen terres lab., 84hen parcours, 43h en prés, lh 45* en bois-taillis et broussailles, d'un rev< cadast. de 4451 fr.; cont. dir. eu princip. 827 fr.
Le sol, de nature très variée»
produit du bJé, beaucoup d'avoine, du maïs , des pommes de terre , peu d'orge, de navette, de betteraves , de fruits , de fourrages artificiels , du foin , du chanvre et un peu de vin rouge.
Le produit des céréales suffit à
consommation des habitants; on importe presque tout le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Un grand nombre de sources jaillissent subitement du territoire après de fortes pluies , et endommagent souvent les récoltes.
On élève dans la commune des bétes à cornes, des moutons et des volailles. 10 ruches d'abeilles. On y engraisse quelques porcs.
L'agriculture y fait peu de progrès.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Saint- Amour. Leur seule ressource consiste dans l'agriculture.
On trouve sur le territoire de la marne , qu'on devrait utiliser pour l'amendement des terres , des carrières de pierre à bâtir et de taille, exploitées.
Une fromagerie produit annuellement 3000 kil. de fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère très ancien , contigu au cimetière , deux fontaines , un lavoir, un abreuvoir, et 67h 72a de pâtures, d'un rev. cad. de G7 fr. 7U cent.
L'école des filles, dirigée par une institutrice laïque , et fréquentée en hiver par 60 élèves , ainsi que celle des garçons, fréquentée en hiver par 35 élèves , occupent des logements loués à cet effet par la commune.
Bois communaux : Epy-Tarcia , Uh 4fca, non encore exploitables ; Epy, la Balmc , Lanéria , ih 70% indivis entre ces communes.
Budget : recettes ord. 988 fr.; dép. ord. 988 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Epy est situé au centre du val de ce nom , sur le premier plateau du Jura et au pied d'un coteau dont
Tarcia occupe le sommet. Les maisons sont groupées, composées d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage, construites en pierre, avec des toitures plates et recouvertes de tuiles creuses. Une colonie grecque parait avoir occupé le val d'Epy dès la plus haute antiquité. La disposition des maisons , la forme des toi^ tures, l'usage général des tuiles creuses , les dénominations locales tirées de la langue grecque , confirment cette conjecture. Le nom même d'Epy appartient à la mythologie hellénique. Epih était le nom sous lequel était souvent honoré Osiris, Le culte rendu â la source sacrée de la Balme , â la Croix du Chêne , appartiennent à la religion celtique.
Des chartes très anciennes mentionnent des lieux situés dans le val d'Epy. On rencontre dans un diplôme du roi Lothaire, de l'an 85b, confirmatif des possessions de l'abbaye de Saint-Oyan-de-Joux , les noms de Pisaditium , Poisoux , et de Senolchum, Senaud. A Epy, un canton du territoire porte encore le nom de Senoche.
Seigneurie. Il serait très curieux de connaître l'origine de ces grandes familles de Thoire-Villars , de Coligny, qui , dès le ixe siècle possédaient , à l'ouest de notre département , de véritables principautés , dans lesquelles elles exerçaient tous les droits régaliens. Le marquisat d'Andelot, dont dépendaient en toute justice Epy et Tarcia, n'était luimême , malgré sa grande étendue , qu'un faible démembrement de la terre de Coligny. Plusiers fiefs sans justice étaient répandus dans le val d'Epy. L'un d'eux fut acquis, en 4595, par M. Léonel Mouchet de Battefort , de François d'Andelot , seigneur de Pressia. Ce seigneur, ainsi que ses successeurs, malgré
le peu d'importance de ce fief, ne craignirent pas de se qualifier de seigneurs du val d'Epy. Deux fermes et un colombier à Epy dépendaient de cette chevance et appartenaient, en 1789, à M. de Maisonforte. La chevance de Beyne, dont le cheflieu était à la Balme, s'étendait aussi sur des terres éparses dans tout le val.
Eglise. L'église, dédiée à saint Victor et à saint Ursus, martyrs de la légion thébaine , dont on célèbre la fête le 29 septembre , est orientée et se compose d'un clocher , d'une tribune , d'une nef, de deux chapelles, d'un sanctuaire rectangulaire et d'une sacristie. Le clocher est couronné par une flèche en forme de pyramide quadrangulaire couverte en tuiles. L'intérieur de l'église est voûté en berceau et décoré de pilastres sur lesquels s'élèvent les arcs doubleaux. Les chapelles sont voûtées à arêtes. Le chœur, plus étroit et plus ancien que la nef, paraît remonter au xme siècle. On remarque dans les murs sous le clocher, deux fragments de sculpture en pierre, provenant d'un autel qui était fort beau. L'un d'eux représente le Christ sur le calvaire et quelques personnes au pied de la croix ; l'autre, saint Grégoire, pape, célébrant le saint sacrifice de la messe avant d'être pape et plusieurs personnages qui descendent du ciel pour lui offrir la tiare. Chacun de ces fragments présente un ensemble complet et bien conservé, lis sont d'autant plus précieux , qu'on y trouve l'art de la statuaire dans son enfance.
Dans le cimetière, qui entoure r église , on voit une belle croix en pierre , représentant Jésus-Christ , la sainte Vierge et plusieurs autres sujets sculptés en haut relief.
L'église d'Epy était du patronage dés religieux de Gigny et de Montmerle. Ils partageaient entre eux la dime du territoire.
Evénements divers. ( Voyez l'article Saint-Julien.) Au mois de mai 1792, le fameux abbé Lémare , qui joua un si grand rôle pendant la révolution dans le Jura , nommé à la cure d'Epy, fut obligé d'appeler le secours de la force armée , pour se faire installer.
Biographie. Ce village a fourni un grand nombre d'ecclésiastiques ; huit , encore vivants , sont sortis du petit hameau de Tarcia seulement.
Éqneviiion, Ecwillon , vg. de l'arr. de Poligny, cant., percept. et bur. de poste de Champagnole; à 5 kil. de Champagnole, 24 de Poligny, 24 d'Arbois et 37 de Lons le- Saunier.
Altitude : 623ni ; de Montrivel , 789m.
Le territoire est limité au nord par Vannoz , Saint-Germain et les Nans ; au sud par Sapois et Champagnole ; à l'est par les Nans , et à l'ouest par Champagnole et Vannoz.
La Cude et la grange de Montrivel font partie de la commune.
Il est traversé par la route départ.
n° 2 , de Chalon en Suisse ; par les ch. vicinaux tirant au bourg de Sirod et à Saint - Germain ; par le bief de Fenu , par celui de la Cude , qui prend sa source au pied de Montrivel et par un autre petit ruisseau.
Pop. en 1790, 131 hab.; en 1846, 178; en 1851, 200, dont 117 hom.
et 83 fera.; pop. spécif. par kil.
carré, 41 hab.; 38 maisons; 47 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les habitants n'émigrent pas.
terril. , 483b 78% divisés en 423 parcelles que possèdent 79 propriétaires, dont 32 forains ; surf, imp., 326h, savoir : 139h en terres lab., 122b en parcours , 29h en bois, 2!>h en prés, 10h en friches et broussailles, d'un rcv. cad. de 3144 fr.; cont. dir. en princip., i 101 fr.
Le sol , d'une médiocre fertilité , produit du blé , de l'orge , de l'avoine, du méteil d'orge et d'avoine, peu de maïs , des légumes secs , de la navette , du chanvre et des fourrages artificiels.
On importe le quart des céréales et le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 75 c. pour cent.
On élève et on engraisse dans la commune du bétail à cornes. 50 ruches d'abeilles.
L'agriculture y est en progrès et prend de l'extension , par suite des grands défrichements qu'on opère.
Les habitants fréquentent les marchés de Champagnole.
On trouve sur le territoire de l'excellente marne pour l'amendement des terres , des sablières et des carrières de pierre à bâtir.
Une fromagerie produit annuellement 1 1,000 kil. de fromage , façon Gruyère.
Presque tous les habitants se livrent au transport des bois et au roulage. Cette industrie , avec l'agriculture et le produit des fromages, forme leur principale ressoure.
Biens communaux : une maison commune, acquise en 1835, contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 20 garçons et 1 6 filles ; 3 fontaines, 2 abreuvoirs, et 1 07h 07* de pâtures , bois-sapins, bois-taillis et terres lab., d'un rev.
cad. de 40 fr.
Bois communaux: 4i\ Les sa-
pins sont mélangés avec le boistaillis. L'aménagement est fait par forme de nettoiement.
Budget : recettes ord. 1387 fr. ; dép. ord. 1387 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Sur la route qui conduit de Champagnole à Pontarlier, un des chemins les plus pittoresques du Jura, à une extrémité d'un plateau horizontal qui se confond avec la vallée de l'Angil- 1 on, est situé le village d'Equevillon. Derrière lui, le rocher de Montrivel élève l'un sur l'autre ses étages de colonnes prismatiques et son cône qui les couronne. Du sommet de cette montagne si curieuse par sa forme, on jouit d'une des plus belles vues de la province. A l'est , la forêt de la Fresse , peuplée de noirs sapins et d'arbres d'essences varices , développe ses majestueux ombrages .
A l'ouest , et au-delà d'une ligne de collines qui suivent tous les caprices du cours de l'Ain, s'étend une plaine immense se perdant dans l'horizon.
Au pied méridional de la montagne, s'étale la coquette ville de Champagnole, qui ne se lasse point de s'admirer dans le cristal des eaux de la rivière qui caresse ses pieds.
Equevillon était le séjour favori des druides , qui célébraient leurs sombres mystères dans le bois de la Fresse. Dès l'époque celtique , un oppida existait sur le fameux rocher de Montrivel. Ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer en écrivant l'histoire de la Châtelaine, les prêtres gaulois évitaient d'habiter dans les villes et les bourgs ; ils se tenaient dans les vallons les plus rapprochés des centres d'habitation , et autant que possible près des forêts. En 1839 , on a trouvé à Equevillon une foule d'objets d'antiquité appartenant à la civilisation celtique , et nq-
tamincnl une liachclle à rebords en bronze, et deux serpes que les archéologues regardent comme des instruments de sacrifice. La pierre lite dans le bois de la Frcsse, la grosse pierre , sont des menhirs très reconnaissantes. Les Romains avaient un double motif pour établir un camp sur le sommet du mont Rivel : d'une part , ils pouvaient surveiller les druides , et de l'autre , défendre le passage d'une voie romaine importante, par laquelle les Germains pouvaient pénétrer dans le cœur de la Séquanie. Ce camp ne tarda pas à donner naissance à deux villes. L'une d'elles occupait la place du village de Saint-Germain , qui , suivant une tradition constante, portait le nom de Placentia , et l'aulre , moins importante, était celle de Champagnole. Cette dernière formait le quartier appelé le Bourg-Dessous.
Le cône de Montrivel est couvert de débris de constructions romaines et de tuileaux à rebords. Le camp qui en occupait la surface fut probablement fondé par des vétérans de la colonie de Nimes , ainsi que les médailles trouvées à Saint-Germain paraissent l'indiquer, et fut remplacé au xue siècle par un bourg féodal.
Seigneurie de Montrivel. Il est très difficile de reconnaître l'éteudue des possessions dont Sigismond, roi de Bourgogne , dota en 523 l'abbaye d'Agaune, et qui formèrent plus tard la seigneurie de Salins.
Nous avons pu nous assurer, cependant, qu'elles se prolongeaient au sud jusqu'à la terre de Saint-Claude.
Le grand fief dont Bracon était le chef-lieu subit la loi du morcellement féodal. Il s'y forma de grandes seigneuries qui se subdivisèrent à leur tour. 11 est certain que les seigneuries de Château - Vilain , de Montrivel, de la Chaux-des-Crotenay,
de Monnet, de Clairvaux , de Mont- Saint-Sorlin , de Vire-Châtel, faisaient partie originairement de celle de Salins. La baronnie de Montrivel comprenait le bourg et le château de ce nom , Champagnole , Equevillon, Saint - Germain , Vannoz, Ardon , Sapois , Ney, Cise et Maison - Neuve. On peut consulter, pour les droits seigneuriaux , l'article Champagnole.
Seigneurs. Humbert III , sire de Salins , étant parti , en 1 1 30 , pour la Tecre-Sainte , revint mourir à Lausanne , à la suite des fatigues et des périls auxquels il avait été exposé. Il laissa deux fils et deux filles. Ces dernières reçurent leur dot en argent. Gaucher III , l'atné de ses fils , eut une partie de la seigneurie de Salins, avec le château de Bracon.
Humbert IV, le puîné, eut l'autre partie, qui composa la baronnie de Montrivel, sous la mouvance de son frère.
Gaucher III , sire de Salins, mourut le 15 août 1175. Il fut le dernier mâle de sa maison, n'ayant laissé pour héritière de ses biens qu'une fille , Maure ou Maurette , qui fut mariée à Gérard de Vienne, comte de Màcon. Humbert IV, de Salins, sire de Montrivel, ne laissa aussi qu'une fille, Nicole ou Nicolette, qui épousa Simon , sire de Commercy. Cette alliance fut la source de l'établissement de la maison de Commercy, dans le comté de Bourgogne. Elle y tint un rang distingué et y posséda, jusqu'au xive siècle, les terres de Château- Vilain et de Montrivel. Simon de Commercy jouissait d'une grande considération personnelle, était très souvent honoré de la confiance des seigneurs ses contemporains , pour terminer leurs différends. Parent de l'évéque de Toul , il se montra très favorable aux maisons religieuses et fonda, en 1186.
une collégiale dans sa ville de Commercy. A peine fut-il en possession de la seigneurie de Montrivel (Montto-Rwelli), qu'il fit conslruire une nouvelle forteresse dans ses terres , qu'il appela Château-Vilain (Castrum-Vilanum ou Ru&ticum) , du nom d'un bourg situé dans le diocèse de Langres, dont son père était seigneur. Il cherchait à se fortifier, parce qu'il avait l'intention de ne pas reconnaître Maurette de Salins et Gérard de Vienne, son mari, pour ses suzerains. Gaucher III , sire de Salins, vivait encore. Il lui ordonna de comparaître devant lui au château de Bracon , et de se reconnaître le vassal de Gérard de Vienne, en le menaçant , s'il refusait de le faire , de lui déclarer la guerre. Les menaces de Gaucher et la puissance de Gérard de Vienne l'intimidèrent : il se soumit. 11 mourut en 1197, laissant de Nicole de Salins, son épouse, qui ne mourut qu'en 1210, cinq enfants. Hugues , l'aîné , eut dans son lot les seigneuries de Montrivel et Château-Vilain. Il eut pour fils unique Gaucher, premier du nom , qui hérita de tous ses biens. Gaucher de Coramercy 1er reçut, en 1227, comme seigneur de Montrivel, l'hommage des terres de Clairvaux, Mont-Saiut-Sorlin et Virechàtel, qui lui fut rendu par Ponce, sire de Cuiseaux et Laurence de Senecey, son épouse. Hugues IV, duc de Bourgogne , ayant acquis , en 1 224 , la seigneurie de Salins , de Marguerite de Vienne et de Jocerand de Brancion, son second mari, Gaucher lui fit hommage , en 1236, de toutes les terres qu'il tenait dans le comté de Bourgogne, relevant du château de Bracon. Il remit les clefs de ses forteresses au duc , qui avait le droit de s'emparer de ses châteaux et de les garder pendant qua-
rante jours , après lesquels il devait les lui rendre dans le même état où il les avait trouvés, à l'exception de ce qui avait été nécessaire pour la nourriture de ses chevaux. Gaucher craignait trop le duc de Bourgogne pour songer à lui contester sa suzeraineté ; mais lorsqu'il sut que Jean de Chalon l'Antique avait acquis du duc la seigneurie de Salins (1237), il regarda ce nouveau possesseur comme son égal , et refusa de lui faire hommage. Jean de Chalon lui déclara la guerre. Gaucher, se voyant vaincu ou sur le point de l'être , se reconnut son vassal, en 1240, pour les terres de Château - Vilain , de Montrivel et pour tout ce qu'il tenait en deçà de la Saône , dans le comté de Bourgogne. Par le traité de paix intervenu entre eux, il promit de ne point construire de nouvelles forteresses dans sa seigneurie de Château-Vilain , de n'ajouter aucun ouvrage extérieur à son château, et de souscrire au jugement que le comte Jean porterait sur le droit qu'il prétendait avoir dans le puits à mu ire de Salins. L'année suivante (1241), il s'obligea envers ce comte à reprendre en fief de lui , Montrivel et Nant , si Otton , duc de Méranie et comte palatin de Bourgogne, n'y mettait obstacle. En 1242, il reconnut définitivement tenir Montrivel , Charbony et Nant en fief-lige de Jean de Chalon , et lui jura une fidélité entière et sans réserve pour tout ce qu'il tenait dans l'étendue du comté de Bourgogne. Ses enfants furent Simon , Guillaume , Gaucher, Henri de Commercy et deux filles. Henri eut dans son lot Montrivel , dont il fit hommage , en 1 260 , à Laure de Commercy sa nièce, fille de Simon de Commercy et épouse de Jean de Chalon. 11 mourut sans alliance et institua Gaucher II , son frère, pour
son héritier. Gaucher renouvela, en 1260 , l'hommage du château de Montrivel envers Laure de Commercy , qui le reçut au nom de son époux. En 1286, il reprit de fief, de Jean de Ghalon, sire d'Arlay, son neveu, ses seigneuries de Montrivel, Château- Vilain et ses terres du Pasquier, Champagnole, Saint- Germain , Vannoz , Ghapois , les acquisitions faites par son père à Gise, et généralement tous les fiefs et arrière-fiefs qui relevaient de lui.
Il avait épousé Marguerite de BellevesYre , dame de Gouthenans et Saint-Dizier , au duché de Bourgogne. 11 lui assigna pour douaire, en 1 293, la moitié du château de Montrivel. Celte dame en fit hommage au sire d'Arlay , au mois d'octobre 1308. Les enfants de Gaucher II de Commercy et de Marguerite de Bellevesvre furent Gaucher III et Guillemette. Guillemette de Cominercy, épouse de Guillaume de Sainte- Croix, sire de Longepierre, eut Montrivel dans son lot. En 1299, Guillaume de Sainte-Croix, damoiseau , reconnut tenir en fief-lige, de son « très amé Jean de Chalon, sire d'Arlay, le chastel et toutes les forteresses et fermetés du puy de Mont- Revel. » Il renouvela cet hommage en 1501, dans une charte très curieuse, datée du mardi après l'octave de Saint-Pierre et Saint-Paul. On y voit que, accompagné de plusieurs chevaliers et seigneurs, le sire agréait 1" hommage de son vassal à l'entrée de son château ; qu'il en recevait les clefs ; qu'avec celle de la grosse tour, il pénétrait dans la forteresse ; qu'il en faisait prendre possession à ses hommes d'armes; qu'il y laissait garnison pendant quarante jours , et qu'il y établissait pendant ce même temps des sentinelles, des portiers et d'autres officiers de son choix.
En 1301 , dame Guillemette était veuve. En 1315, elle céda pour 2200 florins la terre de Montrivel à Hugues de Chalon , sire d'Arlay. Le sceau attaché à l'acte d'aliénation représente une dame debout , voilée , ayant la main droite sur la poitrine , et appuyant sa main gauche sur l'écu de ses armes , sur lequel est un lion armé. On lit autour du sceau : + S. Madame Guillaume de Commarceys, dame de Morival.
Depuis cette acquisition , Montrivel a eu les mêmes seigneurs qu'Arlay.
Château et bourg. Le château de Montrivel , probablement d'origine romaine et aussi ancien que celui de Bracon , fut reconstruit â la fin du xue siècle, par Simon de Commercy.
C'était un sombre et solide manoir, composé de fortes constructions capables de défier l'audace des guerriers les plus braves et le jeu des plus terribles machines de guerre.
Les tours se confondaient avec les angles du rocher, faisaient corps avec eux et avaient un aspect tout-àfait fantastique. Le château était isolé sur un pic et séparé du reste de la montagne par un fossé creusé dans le roc vif, d'une largeur de 18™ sur 10m de profondeur et 70™ de longueur. Une muraille flanquée de tours rondes et circulaires suivait les contours du rocher. Plusieurs bâtiments et une cour étaient enfermés dans celte enceinte. La porte qui communiquait avec le bourg, était percée dans une tour massive carrée, précédée d'un pont-levis jeté sur le fossé. Celte tour était accompagnée, de chaque côté , d'une muraille avec mâchicoulis , qui se terr minait par deux tours circulaires placées aux extrémités. Des pentes abruptes rendaient l'escalade à peu près impossible. Celte forteresse occupait une surface de 2500™ carrés.
11 n'en reste qu'un pan de mur et trois tronçons de tour. Une porte secrète , pratiquée dans le fossé , communiquait avec un escalier souterrain qui donnait accès dans la campagne. A coté du château était un bourg disposé d'après la forme du camp romain. Deux longues rues le coupaient à angles droits. Une place leur servait de point d'intersection. On peut reconnaître l'emplacement de chaque maison et la direction des rues par les décombres qui se suivent symétriquement. Pendant le séjour des Gominercy et de Guillaume de Sainte-Croix à Monlrivel , on rencontre autour de ces grands seigneurs de nombreux officiers, un cortège considérable , une véritable petite cour ; on y trouve des pages , des varlets , des écuyers de toutes sortes, des fauconniers, etc.
Bien plus , il y avait des chevaliers, presque les égaux de ces seigneurs et de même condition qu'eux. Ainsi la charte de 1 299 , constatant la remise des clefs du château par Guillaume de Sainte-Croix au sire d'Arlay, nous montre parmi les témoins Jean de Bellevesvre , seigneur de Chaï ; Humbert d'An noires , tous deux chevaliers ; Miche) de Chevreau, docteur ou professeur estais ; Jacques Poly, Hugues Blondi de Bletterans, Hugon de la Roche, Guillaume de Toulongeon , Guillaume de Rancy, Etienne, sire de Simard ; Jean de Montbozon , Bertrand et Humbert de Scey, tous familiers du seigneur de Montrivel, et une foule d'autres personnes. La chapelle du château , dédiée à sainte Marguerite, était desservie par trois chapelains. Le bourg était habité par des hommes libres et par des vassaux soumis au service militaire.
L'administration en appartenait à un capitaine châtelain et à un prévôt.
L'office de châtelain était inféodé à la famille de Vannoz ; celui de prévôt, à une famille qui portait le nom de Montrivel. 11 y avait dans le bourg une église, dans laquelle Marguerite de Bellevesvre ordonna â Gaucher, son fils, d'établir un chapitre de chanoines, suivant les intentions de son époux et d'Henri de Commercy, son beau-frère. Celte érection ne put avoir lieu , parce que les moines de Balerne y opposèrent toujours un énergique refus. Une charte de franchises fut accordée aux habitants du bourg , mais on n'en connaît ni la date ni le contenu. Depuis Equevillon , une ligne de maisons escaladait hardiment les flancs de la montagne et servait de faubourg.
Prévôté éTEquevillon. Le village d'Equevillon était administré par un prévôt héréditaire, qui en portait le nom. En 1200 , Pierre d'Equevillon et ses frères contestaient à l'abbaye de Balerne la possession d'une île sous Ardon et d'un pré à Cise.
Ils lui en firent donation, à condition qu'ils auraient leur sépulture dans l'église du monastère, et que les religieux leur livreraient chaque année une charretée de foin et leur paieraient un cens de 4 deniers.
Evénements divers. Après la prise de Dole, en 1479, les armées de Louis XI se répandirent dans la province, et ravagèrent avec une cruauté et un acharnement incroyables tous les domaines du prince d'Orange.
Le château et le bourg de Montrivel furent pris et livrés aux flammes.
La destruction fut complète et irréparable. 11 ne reste sur la montagne qu'une ferme, qui appartient aux demoiselles Duhamel, de Poligny, et à côté un gracieux pavillon ombragé par de beaux sapins. La côte était autrefois plantée de vignes , mais il n'en reste pas de vestiges.
Bibliographie. Archives de la maison de Ghalon , au château d'Arlay.
— Annuaire du Jura, 1842. — Histoire des Sires de Salins , par l'abbé Guillaume. — Archives de la préfecture du Jura.
(les), Essarts - Condé , les Coupis , vg. de l'arr. de Dole , cant. et percept. de Chaussin , bur.
de poste du Deschaux ; succursale, composée des Essarts, des Haïs, du Poisel , de Taignevaux , des Granges-Pressey et de Saint-Martin ; à 10 kil. de Chaussin, 24 de Dole et 32 de Lons-le-Saunicr.
Altitude : 218m.
Le territoire est limité au nord par Asnans et la Chainée-des-Coupis ; au sud par Taignevaux et Rye ; à Test par Chéne-Bernard , et à l'ouest par Vornes. La grange Prèssey fait partie de la commune.
Il est traversé par les chemins de gr. com. n° 8, du Deschaux à Bellcvesvre, n° 9, d'Arbois à Pierre , et n° 14, de Sellières à Saint-Jean-de- Losne ; par les chemins vicinaux tirant à Taignevaux, à Chalonge; par les biefs de l'étang Jean Renaud, de l'étang Neuf et de l'étang de la Marne.
Le village est situé sur un vaste plateau qui domine toutes les communes d'alentour. Les maisons sont généralement disséminées sur toute l'étendue du territoire , construites les unes en terre , d'autres en briques cuites ou crues, d'autres enfin en pierre. Elles sont [ternies dans un état remarquable de propreté, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Populat. en 1790, 267 hab.; en 1846, 345; en 1851, 584, dont 174 hom. et 210 fem.; pop. spécif.
par kil. carré, 96 hab.; 78 maisons; 96 ménages.
Les plus anciens registres de Pétât civil remontent à 1754.
Les jeunes gens des deux sexes émigrent en grand nombre pour être domestiques à Lyon et à Paris.
Cadastre exécuté en 1827 : surf, territ. 598h 35», divisés en 1247 parcelles que possèdent 137 propriétaires, dont 50 forains; surf, imp. 587h 22», savoir : 513h82* en terres lab. , 60h 58a en prés , 5h 98* en sol et aisances des maisons, 2h 78* en étangs, 2h 57a en jardins , 2h 64* en vergers , 83* en broussailles, d'un revenu cad. de 3955 fr.; contrib. dir. en princip.
1097 fr.
Le sol , plat et d'une fertilité ordinaire , produit du blé , beaucoup de seigle, de l'avoine, du maïs, du sarrasin , des légumes secs , de la navette , peu de betteraves , des pommes de terre, du chanvre, du foin , des fourrages et une grande quantité de fruits , surtout des cerises , des poires et des pommes.
On exporte le tiers de la récolte des céréales, et on importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 6 pour cent.
On élève dans la commune des bètes à cornes et des porcs qu'on engraisse, des chevaux, quelques moutons et beaucoup de volailles.
100 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait de grands progrès.
On trouve sur le territoire des sablières exploitées , des gravières , de la terre à poterie et à briques dont on ne tire aucun parti.
Les habitants fréquentent ordinairement les marchés de Chaussin, de Sellières et de Bellevesvre. Leur principale ressource consiste dans l'agriculture; quelques-uns fabriquent des balais en bouleau qu'ils vendent dans les villages voisins.
Les patentables sont : deux aubergistes, deux voituriers et un marchand épicier.
Biens communaux : une église , un cimetière à l'entour, un presbytère en mauvais état , contigu au cimetière ; une maison commune contenant la mairie, Je logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 36 garçons et 30 filles , y compris les élèves de la commune de Taignevaux qui suivent l'école, et enfin 3b 51* de terres et pâtures, d'un rev. cad. de 34 fr.
Budget: rec. ord. 128ft fr.; dép.
ord. 1Î84 fr.
NOTICB HISTORIQUE.
On serait tenté de croire que le village des Essarts date d'hier : son nom, qui signifie défrichement, ses constructions modernes, ses chemins ouverts il y a peu d'années , les opinions émises par les différents historiens de la province, paraissent favoriser cette opinion. Il est hors de doute , cependant , que celte localité a été habitée pendant les périodes gauloise et romaine , et qu'il y avait des habitants au xiv° siècle.
Une voie gauloise de Dellevesvre à Dole traversait le territoire , sous le nom de chemin des fées. Une vigie, pour la défense de cette route, s'élevait aux Essarts, dans le lieu dit au champ du châtelet. Des souterrains-refuges étaient dispersés sur le territoire. Ils avaient un diamètre de quarante mètres, et communiquaient entre eux par des galeries secrètes , étaient recouverts par des branches d'arbres et cachés par le feuillage. Nous n'hésitons pas à considérer ces excavations comme appartenant à la stratégie celtique.
LesSuèves-iEstiens, qui formèrent une colonie autour de Mouthier-en-
Bresse , occupèrent , à la chute de l'empire romain , le territoire des Essarts. Pendant longtemps les habitants de ce lieu n'eurent d'autre église que celle de Moulhier. Ils obtinrent , à cause de l'éloignement de cette église et de la difficulté des chemins, l'autorisation de construire une chapelle au centre de leur village. Ce petit édifice occupait l'emplacement de l'église actuelle. En creusant les fondations de cette église, les ouvriers découvrirent la pierre sacrée de l'autel de l'ancienne chapelle. A la suite des pestes et des guerres du xiv* siècle , le village avait été abandonné.
Une végétation vigoureuse recouvrit son emplacement et effaça jusqu'à ses ruines. Le canton des Essarts- Gondé avait une étendue de plus de 800 journaux (270 hectares), et dépendait du marquisat de Ghaussin.
Louis de Bourbon, prince de Gondé, marquis de Ghaussin, vendit, en 1673, ce canton de bois à M. de Belholel , avocat au parlement de Dijon , qui ne négligea rien pour attirer des colons , afin de le mettre en rapport. Ges nouveaux habitants, tous de pauvres bûcherons sortis de la Bourgogne , vivaient en quelque sorte comme des sauvages. Ils végétaient dans l'ignorance la plus profonde et ne suivaient aucune des pratiques de la religion. M. de Belhôtel conçut le projet de construire une église au milieu des huttes dispersées dans les bois ou sur les terrains nouvellement défrichés. Cette dépense , qui devait s'accroître du traitement d'un curé, l'effraya; il se contenta alors de faire un traité, le 13 avril 1678, d'après lequel le curé d'Asnans s'obligea de desservir la nouvelle paroisse des Essarts- Condé , qui ne dépendait d'aucune autre; d'y administrer les sacre-
ments nécessaires, d'y enseigner la doctrine chrétienne aux enfants , et de faire tous les devoirs d'un bon pasteur, à la condition expresse que les habitants ne seraient point tenus de contribuer à l'entretien de l'église et du presbytère d'Asnans. La rétribution de ce service fut fixée à 20 sols par ménage, ou la dîme des grains, en raison de deux gerbes par arpent. Le curé d'Asnans n'ayant point voulu continuer cette desserte, trop pénible pour lui, on fit un nouveau traité, le 24 juin 1686 , avec le curé de Pleure ; mais la distance de l'église de ce dernier lieu, la difficulté des communications, ne permettaient pas aux habitants des Essarls de fréquenter les offices ; ces malheureux mouraient sans confession , sans sacrements ; les enfants parvenaient à l'âge de 18 ans sans avoir fait leur première communion.
Ils n'apprenaient ni à lire ni à écrire ; rien ne les distinguait des bêtes brutes. Le mal était parvenu à son comble, lorsque M. Louis Quirot, receveur des finances à Dole, acheta des héritiers de M. Bel hôtel le domaine des Essarts (1 750). Il s'empressa de faire construire à ses frais une église, un presbytère, et d'assurer un revenu convenable à un vicaire. Il décora l'église, pourvut la sacristie d'ornements ecclésiastiques et de vases sacrés , et dota une maison d'école. Par un décret du 51 mai 1752, M. Antoine-Pierre de Grammont, archevêque de Besançon, déclara qu'à l'avenir les habitants des Essarts seraient desservis in divinis par un vicaire résident , nommé par lui et ses successeurs , sur la présentation du curé de Pleure ; que ce vicaire aurait le droit de les instruire, les baptiser, les marier, leur administrer tous les sacrements , même au temps pascal , et de bénir le pain
offert à l'église chaque dimanche.
M. Quirot fit confirmer cette érection par des lettres-patentes du mois de janvier 1754. Mlï* Marie Quirot»
sa fille et son héritière universelle , religieuse hospitalière à Dijon , nonseulement maintint ce que son père avait fait, mais encore combla la commune de nouvelles libéralités.
Cette demoiselle vendit , vers l'an 1780, le domaine des Essarts à M. Quanet-Dunoyer, aïeul de Madame Cliavelet de Raze. M. Jean- François Hippoly te Chavelet de Raze»
l'un de ses descendants, possède aujourd'hui cette terre, avec l'ancienne maison seigneuriale.
Eglise. L'église est dédiée à saint Louis, patron du fondateur, dont on célèbre la fête le 1 5 août. Elle fut érigée en cure en 1784. Elle n'est pas orientée et se compose d'un clocher récemment construit, d'un chœur, d'un sanctuaire déforme octogonale , d'une chapelle à droite de la nef, et d'une sacristie. Elle est décorée de pilastres, sur lesquels s'élèvent les arcs doubleaux et arêtes de la voûte. Le clocher est surmonté d'une flèche peu élancée , couverte en ardoises.
Bibliographie. Statistique de l'arrondissement de Dole, par M. Marquiset. — Archives de la préfecture du Jura.
Essavllly, Les Avilly, Azavilly, vg. de l'arr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Nozeroy, percept. de Mignovillard , paroisse de Mièges; à 5 kil. de Nozeroy, 6 de Mièges , 39 d'Arbois , 39 de Polignv et 53 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 895m.
Le territoire est limité au nord par Communailles; au sud par la Latelle ; à Test par Froidefontaine ; à l'ouest par Mol pré et Longcochon.
La grange des Prés et le Patct font partie de la commune.
Il est traversé par le chemin de gr. com. n° 35 , de Nozeroy à Bonnevaux; par les ch. vie. tirant à Froidefontaine, àMolpré, à la grange des Prés, de Froidefontaine à la Latette et par le bief des lies qui y prend sa source.
Pop. en 1790, 180hab. ; en 1846, 219; en 1851, 184, dont 95 hom.
et 89 fem. ; pop. spécif. par kil.
carré, 38 hab. ; 25 maisons, savoir :
à Essavilly 33, à la grange Patet 1 et à la grange des Prés 1 ; 39 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les habitants émigrent pour être domestiques à Paris.
Cadastre exécuté en 1813; surf, territ. , 478h 66a , divisés en 695 parcelles, que possèdent 106 propriétaires, dont 64 forains; surf, imp., 472h, savoir : 291h enterres lab., 123 en pâtures, hk en prés, 1 2 en broussailles , lh W en sol et aisances des maisons, d'un rcv. cad.
de 12,341 fr.; cont. dir. 1882 fr.
Le sol , montagneux et d'une fertilité moyenne, produit du blé , de l'orge, de l'avoine , du raéleil d'orge et d'avoine, appelé orgée, peu de légumes secs et de chanvre, des pommes de terre, beaucoup de foin.
On récolte des céréales pour la consommation. On importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Champagnole.
On élève dans la commune quelques bêtes à cornes , peu de chevaux et on y engraisse quelques cochons. 15 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait des progrès.
On (rouve sur le territoire , des tourbières , dont l'exploitation a été
abandonnée depuis 1832, des sablières et des carrières de mauvaise pierre à bâtir.
Une fromagerie produit annuellement 15,000 kil. de fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une chapelle, un cimetière , deux fontaines, un abreuvoir et 90h 86* de pâtures, d'un rev. cad. de 800 fr. L'instituteur et la salle d'école , fréquentée en hiver par 15 garçons et 12 filles, occupent un local loué à cet effet par la commune.
Bois communaux : Les habitants sont usagers dans la forêt de la Fresse.
Budget : recettes ord. 1280 fr. ; dépenses ord. 1151 fr.
Essavilly est situé dans le val de Mièges , contre le revers septentrional d'un coteau, dans une position agréable. Les maisons sont généralement groupées, construites en pierre , couvertes en bardeaux ou ancelles. Elles ont presque toutes un étage au-dessus du rez-de-chaussée.
(Voir, pour l'origine et l'histoire de ce village , les articles Nozeroy et Mièges) . Dans les champs \lits sur la Grange et au Darbonay, on trouve des débris de constructions qui attestent les désastres causés au xvue siècle à Essavilly, par les troupes de Saxe-Weimar.
Fief du Patet. Le Patet était un domaine seigneurial en moyenne et basse justice , qui appartenait au prieure de Moulhe et relevait de la châtellenie de Nozeroy. Il a été vendu nationalement en 1791.
Chapelle. La chapelle , dédiée à sainte Claire, est située à l'extrémité sud du village. Elle est orientée et se compose d'un clocher, d'une tribune, d'une nef et d'un sanctuaire.
On y célèbre la messe le jour de la fcle patronale (le 8 décembre) et trois autres jours de chaque année.
Le cimetière est isole entre le village et la chapelle. A côté , on voit la colonne d'une croix dont les croisillons mutilés gisent à terre. Ce monument, de style ogival tertiaire, date de la fin du xv6 siècle ; il représente le Christ et plusieurs personnages sculptés en haut relief.
Esscrcd - Combe , Es$ard-à- Moine, vg. de l'arr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Nozeroy, percept. de Censcau, paroisse de Mièges; à 3 kil. de Mièges, 4 de Nozeroy, 34 de Poligny, 31 d'Arbois et 48 de Lons-le-Saunier.
Altitude : 862m.
Le territoire est limité au nord par Esserval -Tartre ; au sud par Mièges; à Test par Censeau, et à l'ouest par Plénise.
11 est traversé par le chemin de gr. comm. n° 20 , de Nozeroy à Levier; par les ch. vie. tirant à Mièges, à Esserval-Tartre ; par le ruisseau de la Serpentine qui y prend une partie de sa source et par celui de la Fontaine qui y preud aussi sa source.
Pop. en 1790, 75 bab.; en 1846, 80 ; en 1851 , 88 , dont 45 hom. et 43 fera.; pop. spécif. par kil. carré, 50 hab.; 15 maisons; 15 ménages.
Les habitants n'émigrent pas.
Cadastre exécuté en 1813 : surf, lerrit. , 175u 75*, divisés en 435 parcelles que possèdent 121 propriétaires , dont 70 forains ; surf, imp. , 171h 59a, savoir: 123b en terres lab., 29 en pâtures, 19 en prés, d'un rev. cadast. de 987 fr.; contrib. dir. en princ. 624 fr.
Le sol, montagneux, d'une culture difficile et craignant la pluie , produit du blé, peu d'orge, de légumes
secs et de lin , des pommes de terre, du chanvre et beaucoup de foin.
Le produit des céréales suffit à la consommation. On importe le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On élève dans la commune quelques chevaux , des bêtes à cornes , et on y engraisse quelques cochons.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Champagnole.
Une fromagerie produit annuellement 5000 kil. de fromage, façon Gruyère.
On trouve sur le territoire de la marne, dont les habitants ont eu le tort d'abandonner l'usage pour l'amendement des terres, depuis 1809, du minerai de fer qu'on a employé jusqu'en 1809, au haut-fourneau du Bourg-de-Sirod, des carrières de pierre à bâtir, de la belle et bonne pierre de taille et des sablières.
Biens communaux: La commune est en voie d'acquérir une maison , qui contiendra le logement de l'instituteur et une salle d'étude déjà fréquentée par 15 garçons et 10 filles; une fontaine avec lavoir et abreuvoir, et 29h 17* de pâtures et prés, d'un rev. cad. de 199 fr.
NOTICE UISTORIQUB.
Le village d'Esserval-Combe, mentionné dans des titres du xiu6 siècle, sous le nom d'Essard-à-Moine, est caché dans un étroit bassin en forme d'edtonnoir. Les maisons sont groupées , construites en pierre , couvertes en bardeaux ou tavaillons. 11 fut du nombre de ceux qui reçurent une charte d'affranchissement de Jean de Chalon-Arlay II, le 22 septembre 1350. Par une charte du 1er septembre 1441, Louis de Cha-
lon-Arlay III concéda aux habitants le droit d'usage dans la forêt d'Onglières ou de Salins, avec faculté d'y couper du bois pour leur chauffage , l'entretien et la construction de leurs maisons, et même de couper de gros arbres pour le vendre dans rétendue du val de Mièges. ( Voir, pour Phistoire de ce village, les articles Nozeroy et Mièges ).
E*»erral.Tar(re , Essard - Rapoty, Esserral-Dessus , vg. de Parr.
de Poligny, cant. et Dur. de poste de Nozeroy, percept. de Censeau, succursale; à 8 kil. de Nozeroy, 35 de Poligny, 31 d'Arbois, et 49 de Lons-le-Saunier. Altitude : 85 im.
Le territoire est limité au nord par Boujailles (Doubs) ; au sud par Plénise et Esser val -Combe; à Test par Censeau et Cuvier, et à l'ouest par Plénise. Le hameau de Rougemont fait partie de la commune.
Il est traversé par la route dép.
n° 2 , de Chalon en Suisse ; par les chemins vicinaux tirant à Salins , à la route n° 2 , à Esserval -Combe , et par le ruisseau de la Seigne , qui y prend sa source.
Le village fait partie du val de Mièges; il occupe le sommet d'une éminenec ou d'un tertre qui lui a donné son nom. Les maisons sont généralement groupées , composées d'un étage et quelquefois de deux au-dessus du rez-de-chaussée, construites en pierres et couvertes en bardeaux ou tavaillons.
Pop. en 1 790, 353 bab. ; en 1 846, 413; en 1851, 414, dont 196 hom.
et 218 fem.; pop. spécif. par kil.
carré , 34 hab.; 90 maisons , savoir : au village, 89, et au hameau de Rougemont, 1; 99 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1792.
Les jeunes gens émigrent pour être domestiques.
Cadastre exécuté en 1813 : sur£ terril. 1207h 64*, divisés en 1551 imp. 638b, savoir : 316 en terres lab., 118 en pâtures, 103 en prés-bois, 45 en friches, 40 en prés, 12 en tourbières, d'un rev.
cad. de 18,956 fr.; contrib. dir. en princip. 2374 fr.
La surface non imposable se compose de partie d'une forêt nationale.
Le sol , montagneux et peu fertile, produit du blé, de L'orge, de l'avoine , des légumes secs , des pommes de terre , peu de chanvre , de fruits , de fourrages artificiels et des foins.
Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 c. pour cent.
On importe le quart des céréales et le vin.
On élève dans la commune quelques chevaux , des cochons, et des bêtes à corneâ qu'on engraisse. 5,0 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait peu de progrès. Elle forme cependant , avec le produit des fromages et la fabrication des bois de sapin et autres , la principale ressource des habitants , qui fréquentent habituellement. les marchés de Champagnole.
On trouve sur le territoire de la marne qu'on emploie pour l'amendement des terres , des tourbières exploitées pour le chauffage, des carrières de pierre à bâtir , de bonne pierre de taille et du marbre grisroux.
Trois fromageries produisent annuellement 28,000 kil. de fromage façon Gruyère , de bonne qualité.
Biens communaux : une église , un cimetière érigé en 1835, au nord du village; un presbytère en mauvais état , une maison commune mal
distribuée , contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 55 élèves ; une pompe à incendie manœuvrée par une compagnie de 33 pompiers , une fontaine avec abreuvoir, une place publique emplantée de très beaux et anciens tilleuls, et 103h 40* de terres , friches , pâtures, tourbières, d'un rev. cad. de 1034 fr.
Bots communaux : 30h de boissapins. Chaque année on délivre 1 20 stères ou 30 arbres.
Bureau de bienfaisance : rev.
75 fr.
NOTICE HISTORIQUE
On serait disposé à considérer tous les villages dispersés dans le val de Mièges comme étant d'origine récente. Les titres qui les mentionnent ne remontent, pour la plupart, qu'au xnie ou au xiv* siècle. Cela tient à deux causes : la première , c'est qu'il y a eu plusieurs fois solution de contiuuité dans leur existence, et la seconde, qu'ils changeaient de nom en se reformant. Il est très probable qu'Esserval-Tartre, à proximité d'une voie antique qui communiquait avec Salins, et d'une autre qui descendait de Pontarlier à Charapagnole, a été habité de bonne heure. Dans la plupart des localités placées dans le voisinage de ces routes , on a trouvé des ruines romaines. Le terme générique de Mièges , employé dans la charte de donation faite à l'abbaye d'Agaune par le roi Sigismond , en 323 , s'appliquait à toute la paroisse , et par conséquent à tous les villages du val. Une charte de 1282 contient une donation à l'abbaye de Saint-Oyan , par le sire de Montrivel , de moitié des dîmes &Essart-Rapoty. Nous avons pu acquérir la conviction que ce nom est
le même que celui d'Esserval-Tartre ou d'Esserval -Dessus. A la suite de la peste de 1 349, il n'était resté que trois familles dans ce village, celles de Guillemin le Noble, de Berthet- Myodet et d'Humbert Melet. En 1414, de nouveaux colons étaient survenus; Jean à la belle Jacques, Berthet Roselle , Perrenet Visin , Jeannot Brun , Perrenet fils au beau Girard , et Jean Maillet , venaient d'arriver lorsque , le l*r mars de cette année , Jean de Chalon-Arlay les affranchit de toutes les tailles exigées par les forestiers, et leur accorda des droits importants dans sa forêt d'Onglières et dans ses Hautes-Joux. Ces droits furent encore augmentés, en 1494, par Jean de Chalon-Arlay IY, et en 1518, par Philiberte de Luxembourg , au nom de Philibert de Chalon , son fils. Ils pouvaient couper du bois pour leur chauffage, la construction et l'en^ tretien de leurs maisons, pour en vendre même. Il leur était permis d'opérer des défrichements et de mettre des terres en culture en in-r cendiant les bois. Les troupes de Saxe-Weimar , après avoir pillé le village, en 1639, y mirent le feu.
On trouve sur tous les points du territoire des traces de cet incendie.
Le petit nombre d'habitants qui restaient se réunirent en assemblée générale, le 20 octobre 1688 , et décidèrent qu'à l'avenir, les colons qui viendraient habiter la commune, pourraient construire des maisons et des chalets en Longe-Chaux et même ailleurs ; que ceux qui bâtiraient sur leur propre terrain, paieraient à la communauté 10 sols par vache qu'ils élèveraient, et que ceux qui voudraient bâtir sur un terrain communal , indiqueraient la place qu'ils choisissaient, et qu'alors ils paieraient un cens annuel de 2 livres
par soiture dont ils obtiendraient la concession. Les familles Grappe, Batte et Jacques y formèrent ainsi de grands domaines. Le soin qu'elles avaient , de ne s'allier qu'entre elles, contribua puissamment à l'élévation de leur fortune.
Eglise. Esserval-Tartre a été érigé en paroisse en 1808. L'église a remplacé une ancienne chapelle , dédiée h saint Jean-Baptiste , dont on célèbre la fête le 24 juin. Elle se compose d'un clocher, d'une nef, de deux chapelles moins élevées que la nef, d'un chœur, d'un sanctuaire et de deux sacristies. Le clocher est surmonté d'une toiture en tuiles très plate , sur laquelle s'élève une lanterne octogone se terminant par une flèche. L'intérieur de l'église est voûté à plein-cintre , à l'exception du chœur et du sanctuaire, qui sont décorés de nervures ogivales datant du xvi* siècle. On y remarque un beau retable en bois avec colonnes torses et cannelées, de l'ordre composite. Le cimetière entourait l'église ; mais à la suite d'une épidémie qui fît un grand nombre de victimes au mois de novembre 1834, il en a été ouvert un nouveau en dehors du village.
Couvent cTur&ulines. Les dames ursulines de Desnes avaient envoyé, en 1826 , une colonie de religieuses de leur ordre à Esserval-Tartre pour y fonder un couvent. Elles y tenaient un pensionnat et l'école primaire, dans une maison située en face de r église. Cet établissement se composait de 14 religieuses. Il a été supprimé en 1855. Le couvent est occupé provisoirement par une institutrice laïque et par la salle d'étude, que fréquentent 55 élèves.
Biographie. La famille Ratte a fourni plusieurs sujets très distingués : il en est sorti des docteurs
et professeurs de Sorbonne , et des prédicateurs célèbres. Des trois fils de Marc Ratte , l'un était chanoine à Nozeroy, un autre était chargé d'affaires, en 1 789, de la cour de France à Vienne , tandis que le cadet était secrétaire d'ambassade de M. d'Haubeterre. En récompense de ses services , le chargé d'affaires fut anobli par Louis XY. Les familles Jacques et Grappe ont compté aussi des membres qui se sont fait remarquer comme magistrats et ecclésiastiques.
Elles ne sont point éteintes.
Essia, Essie, vg. de Parr. de Lons-Ie-Saunier, cant. et bur. de poste d'Orgelet, perception de Présilly ; paroisse d'Alièze et de Saint- Laurent-la-Roche; à 3 kil. d'Alièze, 3 de Saint- Laurent-la-Roche, 12 d'Orgelet et 1 3 de Lons-Ie-Saunier.
Altitude : 578ra.
Le territoire est limité au nord par Bornay ; au sud par Varessia ; à l'est par Courbette , Alièze et Rhétouse; à l'ouest par Arthena. La grange Bélière fait partie de la commune.
11 est traversé par les chemins vie.
tirant à Bornay, à Arthena et à Varessia.
Le village est situé au pied nordouest d'une chaîne de collines qui font partie des basses montagnes du Jura. Les maisons sont groupées , construites en pierre et couvertes en paille, à l'exception de quelquesunes, couvertes en tuiles. Plusieurs ont un étage au-dessus du rez-dechaussée.
195, en 1851 198, dont 95 nom.
et 105 fera.; pop. spécif. par kil.
carré, 47 hab. ; 43 maisons; 43 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792,
Les habitants n'émigrent pas et sont généralement dans l'aisance.
Cadastre exécuté en 1856; surf, territ. 485*65*, divisés en 1130 parcelles que possèdent 128 propriétaires, dont 57 forains; surf.
imp.,478h71*, savoir: 261h34*en terres lab., 1 1 ih 75* en bois-taillis, 78h 38aen pâtures, 21h 13*en prés, 5h65* en friches, lh 42* en sol et aisances des maisons, 93* en jardins, 7* en murgers, d'un rev. cadast. de 5327 fr.; contrib. dir. en princip., 1259 fr.
Le sol est divisé en deux parties :
Tune en plaine , est consacrée à la culture; l'autre montagneuse, est couverte de pâturages. La première est fertile et produit du blé , de l'avoine , du maïs , des légumes secs , des betteraves, des carottes fourragères, des pommes de terre, du chanvre, peu de fruits, du foin et des fourrages artificiels.
On exporte le tiers des céréales et on importe le foin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bètes à cornes, quelques chevaux et mulets, des moutons et des volailles.
30 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait beaucoup de progrès.
On trouve sur le territoire de la marne qu'on commence à employer pour l'amendement des terres, de bonnes sablières , des carrières de plâtre , de pierre à bâtir et à chaui, non exploitées.
Les habitants fréquentent les marchés de Lons-le-Saunier. Leur unique ressource consiste dans l'agriculture.
La fromagerie occupe un logement loué par les sociétaires et produit annuellement 7000 kil. de fromage , façon Gruyère.
Biens communaux : une maison commune construite en 1 849 , sur les dessins de l'architecte Paillot ; elle a coûté 10,000 fr. ; sa distribution est excellente ; elle renferme la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 35 garçons et 1 8 filles.; une place publique devant la maison commune, ornée d'un tilleul très ancien et d'une fontaine avec lavoir et abreuvoir, construite en 1830; deux autres fontaines, l'une avec lavoir et l'autre avec un abreuvoir ; un puits communal , une belle croix en pierre portant la date de 1824 , et 163h 75* de pâtures , bois-taillis et prés , d'un rev. cad. de 587 fr.
Boia communaux: 83h 56*, dont 2h 41* sont coupés annuellement.
Budget : recettes ord., 1845 fr.; dépenses ord., 1638 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Si l'on veut admettre que Bélière tire son nom de Belis ou de Be tenus, Apollon , et Essia, d'/sis , la fondation de ce village remonterait au temps des Celtes. Mais l'archéologie, comme l'histoire, manque à ce sujet de preuves suffisantes , et si nous sortons de ces nuages que nous rencontrons plus ou moins au berceau de toutes les villes et de tous les villages, nous sommes obligé de donner à ces lieux une origine plus moderne. 11 nous est impossible, d'après le témoignage des monuments authentiques , de reporter leurs commencements au-delà du xme siècle.
Seigneurie. Essia dépendait en toute justice de la seigneurie d'Orgelet. Les habitants étaient corvéables à volonté de leurs corps et de leurs biens envers leur seigneur; ils lui devaient une poule par ménage , le jour de carnaval, le guet et garde
au château d'Orgelet, deux voitures de bois , le droit de messerie et sergenterie , des cens en argent et en grain. La perception de ces redevances ayant été négligée pendant les saisies et les confiscations de la terre d'Orgelet, les sujets résolurent de ne plus les payer. Leur résistance donna lieu à différents procès devant le parlement/ Un arrêt du 22 août 1737, déclara que le territoire d'Essia était composé de huit meix , dont les possesseurs devaient le cens solidairement entre eux. Un autre arrêt du 5* Juillet 1742 , condamna les habitants à faire reconnaissance des droits seigneuriaux, et statua qu'au seigneur appartenait la justice haute , moyenne et basse; que les habitants étaient soumis à l'impôt des quatre cas, réglés par la coutume, au droit de messerie et de sergenterie , aux corvées, au paiement des cens ; qu'ils devaient les lods , à raison de deux gros par franc , sur toutes les mutations d'immeubles, deux voitures de bois et une poule par ménage , etc. Un traité du 3 novembre 1742 , mit fin à toutes les difficultés.
Bélière. Bélière était un gros village, qui fut détruit lors des guerres qui eurent lieu entre le duc de Bourgogne et les barons comtois confédérés. Huguenin de Gourlaoux, qui en était seigneur, déclara en 1368, que la ville de Bélière ayant été arse et gastée de guerre, il était disposé à accorder de grands avantages aux colons qui voudraient venir repeupler ce lieu. On voit encore les ruines de ce village au sud d'Essia, le long de la côte, et un ancien puits. Le territoire passa par acquisition aux seigneurs de Présilly. M. de Lezay-Marnézia possédait la ferme de Bélière en 1789, par suite de l'acquisition qu'il en avait faite en
1733 , de M. de la Baume. Bélière, quoique formant une seigneurie particulière, dépendait en toute justice du château de Saint- Laurentla-Roche.
Paroisse. Essia et Bélière dépendaient autrefois de la paroisse de Saint- Laurent-la-Roche. Le chemin qui conduisait au cimetière de ce dernier lieu s'appelle encore la vie aux Morts. Saint Laurent est le patron de la commune.
Curiosités naturelles. Au sud-est d'Essia , on trouve une grotte remarquable, mais d'une entrée difficile. Elle a environ &0m de Ion-* gueur, 8 de hauteur et h de largeur; ses parois sont toutes brillantes de stalactites. On y a trouvé un couteau rongé par l'oxide et des débris de vêtements. Cette caverne aura probablement servi de refuge pendant les guerres du xvue siècle.
Biographie. Ce village est la patrie de Gros, Irénée, né en 1816, prêtre et frère trappiste.
É tables, commune réunie à celle de Saint-Claude, le 22 décembre
Étlval, Estival, vg. de l'arr. de Saint-Claude, cant. et bur. de poste deMoirans, percept. de Saint-Lupicin; succursale, composée d'Etival , Ronchaux et Chàtel-de-Joux ; à 15 kil. deMoirans, 23 de Sainte- Claude et 38 de Lons-le-Saunier.
Altitude: 796m, près du Grand-Lac.
Le territoire est limité au nord par Chàtel-de-Joux ; au sud par les Crozets ; à l'est par les Piards, et à l'ouest par Moirans et Meussia. Les Marechets-Giraud , la grange Piard , chez Mermet, le Chazal , le Crozat, le Chazal Gruet, le Chazal Châtelain, les anciens Chazals et Ronchaux font partie de la commune.
Il est traversé par la route dép. I n° 18, de Clairvaux à Saint-Claude ; par les chemins vie. tirant à Châtelde-Joux, à Meussia, aux Crozets, et par le chemin de la Crochère ; par le ruisseau de la Sauge , par ceux des Lacs , des Amorettes et de Ronchaux qui y prennent leurs sources.
Le village occupe le fond d'une étroite vallée resserrée entre deux chaînes de montagnes qui font partie du second chaînon du Mont-Jura.
Les maisons, autrefois dispersées sur toute rétendue du territoire , sont aujourd'hui disposées par groupes, construites en pierre, couvertes en ancelles ou tavaillons et élevées d'un étage au-dessus du rez-dechaussée.
La commune de Ronchaux a été réunie à celle d'Etival, le 14 août
Pop. en 1790, d'Etival, 204 hab.; de Ronchaux, 183; total, 386; pop.
réunie en 1846, 516; en 1851, 478 , dont 238 hom. et 240 fem.; pop. spéc. par kil. carré, 34 hab.; 102 maisons, savoir : à Etival 55 , et à Ronchaux 47; 119 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1722.
Les jeunes gens des deux sexes émigrent pour être domestiques à Lyon.
Cadastre exécuté en 1833 ; surf, terril. 1377h 62*, divisés en 2855 parcelles que possèdent 241 propriétaires , dont 76 forains ; surf, imp. 1340h 75», savoir : 546h 71a en bois, 28 lh 61* en pâtures, 258h 31* en terres lab., 140h 86* en prés, 80h 09* en broussailles, 29h 47* en friches et murgers, 2h 65* en sol et aisances des maisons, lh 01* en jardins, d'un rev. cad. de 7482 fr.; la surf, non imp. de 36b 87*, était une ancienne forêt nationale; cont.
dir. cnprinc. 2230 fr.
Il y a trois lacs, appelés le lac de la Sauge , le Grand et le Petit-Lac.
Le Grand-Lac a une surface d'environ 4h; le Petit, de lh 80*. Ils sont tous très poissonneux. On y pêche de la tanche , de la carpe, de la perche et du brochet.
Le sol, fertile, produit du blé, de l'orge, peu d'avoine, de légumes secs, de fruits et de fourrages artificiels, des betteraves, des pommes de terre, du chanvre, du lin et du foin.
On importe le cinquième des céréales et le vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bétes à cornes, quelques chèvres et des volailles. On y engraisse quelques porcs. 15 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait des progrès.
On trouve sur le territoire de la marne , des tourbières peu exploitées , dies sablières et des carrières de pierre à bâtir et de taille de bonne qualité, exploitées. On y rencontre une grande quantité de coquillages fluviatiles et terrestres , des pétrifications de poissons et d'autres animaux.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Clairvaux et de Saint-Claude. L'agriculture, le produit des fromages et la vente d'une partie de l'affouage des bois, forment leur principale ressource.
Les patentables sont : un aubergiste , 5 voituriers , 1 cordonnier v 2 maçons, 3 menuisiers et 3 marchands de grains. Il y avait en 1 684 , une scierie sur le bief du Ravoy, qui se jette dans le grand lac de Ronchaux. Les habitants s'occupaient presque tous, il y a quelques années, à faire de la boissellerie et des aFmoires dites de foire. Depuis qu'ils, ont abandonné cette industrie, Us.
ont singulièrement perdu de leur aisance.
Biens communaux : une église, un cimetière isolé et un presbytère à Etival , servant aussi de mairie ; une maison commune au même lieu, renfermant un chalet, le logement de l'instituteur et la salle d'étude des garçons, fréquentée en hiver par 60 élèves; une autre maison commune à Ronchaux, contenant un chalet , le logement d'une institutrice laïque et une salle d'étude, fréquentée en hiver par 60 jeunes filles ; 2 fontaines à Ronchaux avec lavoirs et abreuvoirs; 2 autres à Etival avec lavoirs et abreuvoirs; quatre places publiques, et 778h 85»
de pâtures, terres, bois et prés, d'un rev. cad. de 2278 fr.
On fabrique dans les deux chalets, 50,000 kil. de bon fromage, façon Gruyère.
Bois communaux : 565h; on coupe annuellement 9h 50* de boistaillis et KO stères de bois-sapins.
NOTICE HISTORIQUE
Le nom d'Estival , cestiva castra, dérive d'un monticule que les Romains avaient fortifié. Cette station était destinée à protéger une route qui conduisait de Clairvaux ou du Pont-de-Poitle à la ville d'Antre , à Condal et à Genève. Cette voie suivait la direction de la route actuelle.
Les champs qui la bordent s'appellent sur les levées et au milliaire.
On ne doit plus être surpris de la découverte faite à Etival, en 1806, d'un vase en bronze plein de médailles d'argent, la plupart à l'effigie de Gordien , de Philippe, de Décius et d'OtacillaSévéra. Parmi ces monnaies , il y en avait une frappée à l'occasion de l'apothéose de Mari-
niana , une autre de Gallus , une de Commode, trais de Philippe, une de Salonina Augusta , une de Gordien, une de Valérien, une de Dioctétien.
Le castrum d'Elival était défendu par un castellum qui s'élevait à la place qu'occupa plus tard le château de Chàtel-de-Joux. Cet obscur village parait donc bien avoir succédé à une bourgade gallo-romaine. Toutefois, son nom , ainsi que celui de Ronchaux, Ronchal, n'apparait dans les chartes qu'à la fin du xue siècle. Ponce , sire de Cuisel , avait donné un domaine considérable situé à Etival à l'abbaye du Miroir. L'abbé de Saint-Claude , comme propriétaire de la baronnie de Moirans ou de la terre du Grandvaux, contestait la validité de cette donation. Après de longues querelles, l'abbé de Goailles, le prieur de Gigny et celui de la chartreuse de Bonlieu , choisis pour arbitres, décidèrent les religieux du Miroir à renoncer à la libéralité du sire de Clairvaux , moyennant un cens de 12 sols estevenants. Un traité du 6 novembre 1218, mil fin à ce procès.
Seigneurie. Nous avons rappelé à l'article Chàtel-de-Joux , l'association intervenue en 1 234, entre l'abbé de Saint-Claude et Ponce de Cuiscaux. Par cet acte, il fut convenu que ce dernier aurait le château de Joux , à charge d'hommage envers l'abbé, et que les villages d'EtiYal et de Ronchaux , leur appartiendraient indivisément par moitié. D'après un terrier fait le 27 juin 1684, on voit qu'Etival et Ronchaux dépendaient de la chàtellcnie de Châtcl-de-Joux; que les habitants devaient à l'abbé de Saint-Claude et au seigneur de Clairvaux, par moitié, un cens de 24 rez d'avoine , les lods sur les mutations d'immeubles, à raison de 2 gros et une engrogne par franc, les dîmes
de Ronchaux, à raison de onze gerbes l'une; la justice moyenne et basse, la pêche, la chasse, les cours d'eau, les corvées, les amendes étaient communs aux deux seigneurs. Le sire de Glairvaux avait seul la haute justice et le droit d'exiger le guet et garde, la revue d'armes à Cbâtelde-Joux et la redevance de la porterie.
Prévôté. La prévoté de Ronchaux et Etival était possédée , depuis la fin du xue siècle, par une famille noble, du nom de Ronchaux. A ce fief était attaché plusieurs fermes, un moulin sous Thoiria, le droit d'exiger un fromage de chaque famille , une demi - corvée de charrue , d'instituer un prévôt , de chasser dans toute la terre de Saint-Oyan, et d'avoir une chapelle seigneuriale dans réglisede Soucia. Après l'extinction de la famille de Ronchaux , ce fief passa par acquisition à Philibert de Gonserre, écuyer, de Scey-sur- Saône, qui le transmit à Antoine de Gonserre, son neveu. Ce dernier le vendit en 1 596, à Jean Mariglier de Pontarlier. 11 fut acquis plus tard par M. de Laubespin, baron de l'Aigle. Il était possédé en 1790, par M. Nicodde Ronchaux, et le domaine utile en appartient encore à M. Louis de Ronchaux et à son frère, fils du dernier seigneur.
Château de Ronchaux. 11 était situé au sud-est du village, sur une légère éminence , au pied d'une montagne très élevée. Il se composait d'un bâtiment de forme rectangulaire , ayant dans sa face septentrionale une tour circulaire percée de meurtrières et contenant l'escalier, lia été démoli en 1810.
Chevance d' Etival. Elle n'était qu'un démembrement du fief de Ronchaux. M. de Mandre, commissaire-général de la gendarmerie de
Bourgogne en 1656, époux de dame Françoise de Laubespin, fit construire à Etival une maison seigneuriale qu'il habitait quelquefois. Sa veuve y fixa sa résidence ordinaire et y mourut en 1667. Cette chevance fut acquise des héritiers de cette dame, par M. de Maisod. Marie-Josephe-Françoise de Maisod, la porta en dot à Eléonore-Bénigne-François du Pasquier, seigneur de la Villette, son époux. M. de la Villette la vendit, le 12 août 1715, à Antoine Regaud, avocat au parlement , président en la juridiction des gabelles de Saint- Claude. M. Joseph de Roux, vicomte de Trelay, chevalier de Saint-Louis, gouverneur pour sa Majesté du fort Saint-André de Salins , et Mme Guillaume de Poligny, son épouse, obtinrent de l'abbé de Saint-Claude et de M. de Beauffremont, le droit de retrait féodal , et furent subrogés à l'acquisition de M. Regaud, par acte du 10 novembre 171». Les héritiers de M. de Roux ont possédé ce fief jusqu'à la suppression du régime féodal.
Château. Le château d'Etival n'avait rien de féodal. C'était une vaste maison entourée d'un jardin et d'un verger clos de murs, avec une ferme à côté. Il occupait le centre du village. Il a été démoli, et sur ses ruines s'est élevée une ferme qui appartient aujourd'hui à M. de Ronchaux.
Maladrerie. Il existait un hospice pour les lépreux dans la contrée dite au Malandrier. On en a retrouvé les fondations il y a quelques années.
Eglise. Etival et Ronchaux dépendaient de la paroisse de Soucia.
L'éloignement de l'église et la difficulté des chemins engagèrent les habitants à construire une chapelle dans leur village et à salarier un chapelain. L'érection de cette chapelle eut lieu au mois d'octobre
MU, à Etirai, sous le titre de l'Assomption de la sainte Vierge. Un décret de l'archevêque de Besançon du 29 avril i 780 , érigea cette chapelle en cure indépendante de celle de Soucia. L'édifice actuel a été construit en 1829, et continue d'élre placé sous le vocable de l'Assomption de la sainte Vierge , dont on célèbre la féte le 15 août; il est orienté et se compose d'un clocher, d'une tribune, de trois nefs, d'un chœur, d'un sanctuaire semi-circulaire etdedeux sacristies. Le clocher est couronné par un dôme élégant couvert en tavaillons. Les nefs sont voûtées à arêtes , décorées de colonnes et de pilastres de l'ordre de Pestum , sur lesquels s'élèvent les arcs-doubleaux des voûtes. On remarque dans cette église un maîtreautel en marbre de couleurs variées, un beau tabernacle aussi en marbre et deux reliquaires très anciens ouvragés avec art.
Evénements divers. Les dévastations causées par les protestants de la Suisse, au xvie siècle, les guerres du xvue siècle, avaient complètement ruiné Etival et Ronchaux. Les maisons , dispersées ça et là , devinrent toutes la proie des flammes. Ce n'est que depuis la réunion de la Franche- Comté à la France, que ces deux villages ont profité des douceurs de la paix pour se reformer.
Biographie. II n'y a peut-être pas de lieu dans le Jura où la piété et la foi soient restées plus vives que dans la paroisse d'Etival. Il en est sorti et il en sort encore un grand nombre d'ecclésiastiques et de religieuses.
Ce village est la patrie de Joseph- Augustin Mathieu, capitaine décoré (1775-1841), qui a fait toutes les campagnes de la république et de l'empire.
Bibliographie. Annuaires du Jura,
1841 et 1845. —Archives de la préfecture.
L'Etoile , Stella , Puy de Saint- Cornière , Puy de Saint-Corneille , VEsloile, vg. de l'arr., cant. et bur.
de poste de Lons-le-Saunier , perc.
de Ruffey ; succursale ; à 6 kil. de de Lons-le-Saunier*
Altitude : 292œ,
Le territoire est limité au nord par Quintigny, Saint-Germain et Plainoiseau; au sud par Saint-Didier, Montmorot et Villeneuve-sous- Pymont ; à l'est par Plainoiseau et le Pin ; à l'ouest par Quintigny. Pise et Persange font partie de la commune.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Lons-le-Saunier par Savagna, à Quintigny , au Pin et à Feschaux ; par le ruisseau de Saint- Didier ou de Gerland, qui y prend sa source, et par celui du Grand-Etang.
Pop. en 1790, 532bab.;en 1846, 688; en 1851, 695, dont 543 nom.
et 352 fem. ; pop. spécif. par kil.
carré, 111 hab. ; 129 maisons, savoir : en Vallière , 44 ; en Chevaltière, 58, et en Montbourgeau, 27 ; 163 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1658.
Les jeunes gens émigrent pour être domestiques et ouvriers à Lyon et à Paris.
Cadastre exécuté en 1810 : surf, territ. 613h, divisés en 1747 parcelles que possèdent 264 propriétaires, dont 132 forains; surf. imp.
584h, savoir : 208 en vignes, 182 en terres lab., 101 en prés , 39 en bois , 28 en friches , 7 en pâtures , 6 en vergers , 5 en jardins , 4 en sol de bâtiments , d'un revenu cadastr.
de 34,583 fr. ; cont. dir. en princ.
4695 fr.
Le sol produit du blé, de l'avoine,
du maïs , des légumes secs , de la navette, des betteraves, des pommes de terre , du chanvre , des fruits , du foin, des fourrages artificiels, des mûriers , des vins rouges et blancs.
Les vins blancs sont très renommés. Les produits de certains clos sont comparables aux bons vins de Champagne.
On élève dans la commune des bétes à cornes, quelques chèvres, des cochons et des volailles. 30 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. BO c. pour cent.
On exporte les quatre cinquièmes des vins et on importe les trois quarts des céréales.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier*
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à chaux , à bâtir et de taille ; on y rencontre une immense quantité de débris de rétoile de mer arborescente , ou tête de Méduse.
Il y a une fruitière louée par les sociétaires, dans laquelle on fabrique annuellement 1000 lui. de fromage, façon Gruyère.
Biens communaux : une église, un cimetière à Penlour, un presbytère construit en 1840, deux maisons de pâtre , une maison d'école de filles, contenant le logement d'une institutrice religieuse de Tordre de la Providence, dont la maison principale est à Portieux , et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 65 élèves ; une autre maison commune adhérente à l'église, contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 65 élèves ; h fontaines, dont une avec lavoir , un pont en pierre et 5ih 89" de pâtures et terres , d'un rev. cad. de 882 fr.
Budget : recettes ord., 3143 fr.; dépenses ord., 3143 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le village de l'Etoile est enchâssé dans un frais et étroit vallon , comme dans un champ d'émeraudes. Ce sont, en bas, de vertes prairies, des vergers touffus, de jolies villas mêlées â des massifs de verdure ; plus haut, des coteaux tapissés de vignes , ailleurs enfin, des montagnes couvertes de bois. Du haut du mont Musard, que couronnaient jadis un bourg et un château , ou du mont Geneset, la vue erre au loin sur de ravissants paysages. On distingue à l'ouest la plaine fertile qu'arrosent les belles eaux de la Seille , et où s'épanouissent aux rayons du soleil de populeux villages ; plus loin , le plateau de la Bresse, avec ses étangs, ses forêts , ses champs de cultures variées , le bassin de la Saône, et â l'horizon les côtes de la Bourgogne.
Du côté opposé , la scène change :
on voit â ses pieds une suite de collines courant en tout sens et venant se heurter contre la première chaîne du Jura. Elles ressemblent aux vagues d'une mer agitée , qui se brisent contre le rivage. Les pics les plus élevés se terminent par des ruines pittoresques de châteaux ou de chapelles. A quelle époque remonte l'origine de l'Etoile ? Les documents nous manquent pour résoudre la question, mais il reste sur le sol des traces ineffaçables, qui aujourd'hui laissent entrevoir une partie de son histoire anté-romaine.
La topographie locale présente dans sa nomenclature de si nombreux hel lénismes , que nous nous bornerons à signaler les plus caractéristiques.
Le mont Geneset semble tirer son nom de Genesius, surnom de Neptune , comme auteur de la généra-
lion, ou de Genetheus , Jupiter. Le hameau de Pise ne rappelle-t-il pas le souvenir de la ville de Pise , en Italie , fondée par les Pisccns du Péloponèse, ou de celle de Pise en Elide ? Le bois de Bey, Montarbey nous relèvent l'existence d'un temple consacré à Belenus , l'Apollon gaulois. Cette vouivre, qui chaque soir sortait du château, pour venir se désaltérer à la fontaine du Bonhomme ; cette féte du solstice d'été , célébrée chaque année, le 24 juin , par des feux de joie sur la montagne ; ces rondes nocturnes de belles dames autour du pont de Gerland, ce drack, ou cheval blanc emportant dans les airs le voyageur attardé; ces réunions fréquentes de sorciers dans le bois de la Ghasnée ; ces vertus merveilleuses attribuées à la source de la Fontaine-des-Dames , qui jaillit du flanc septentrional de la montagne du Montmusard , sont autant de traditions sorties de la théogonie celtique. Le sommet de cette montagne , à la jonction de quatre vallées , dut servir, avant la conquête , de point de ralliement aux peuplades d'alentour et de lieu d'abri pour y mettre leurs effets les plus précieux en temps de guerre. Les Romains ne négligèrent pas un poste aussi important , et y élevèrent probablement un camp et un fort. Plusieurs circonstances confirment celte opinion. Le nom de Montmusard , Mons Musarum , dérive de la langue latine. A côté de Dijon , ville qui s'est formée à la place d'un* camp qu'occupèrent les légions de César, existent aussi le clos et la fontaine de Montmusard. Le camp de VEtoile, près d'Amiens, était assis sur un plateau de forme absolument identique à celui sur lequel s'élevaient le château et le bourg de l'Etoile. Au pied de la montagne est un vaste espace
appelé le Champ de Mars , Campm Martis. Un fait encore plus significatif, c'est qu'on trouve éparses sur la colline, des médailles consulaires et impériales. Les fossés et les retranchements du camp auront pu se confondre plus tard avec les fortifications du bourg. Les champs pourris, campi putridi , ont dû être le théâtre d'un combat sanglant , ou servir de cimetière à l'époque galloromaine. Le Monteeau ne serait-il pas l'emplacement d'un vaste tumulus t Ce nom le ferait snpposer. Les Chases, casaliœ, indiquent des habitations détruites. Après la chute de l'empire et l'établissement du christianisme , la montagne de Montmusard fut appelée le Puy de Saint- Cornière ou de Saint-Corneille, Le mot puy dérive de l'aquitain puich ou puech , signifiant hauteur, étninence. Ce qu'il y a de singulier , c'est que le rocher sur la pente duquel est bâtie la ville du Puy-en- Felay, dont parle déjà Grégoire de Tours au vi° siècle , s'appelait aussi le Puy de Saint-Corneille ou le mont Corneille. Le premier titre qui fasse mention de ce lieu est l'acte par lequel Hugues II, archevêque de Besançon, donna, en 1076, à Dieu, à sainte Marie , à saint Valérien , â saint Philibert, à Pierre, abbé du monastère de Tournus , et enfin , à Guillaume de Montmoret , sacristain de la même abbaye, l'église de Saint- Crrneille, avec celle de Saint-Didier, ainsi que la dlmc sur ces territoires. Dans celle charte, le donateur menace d'anathème perpétuel et du supplice de Dalban et d'Abiron en enfer, quiconque aurait la témérité de contrevenir à ses dispositions.
Seigneurs, Guillaume, comte de Vienne, d'Anxonne et de Mâcon , était frère de Rainaud III , comte
souverain de Bourgogne. 11 eut pour son apanage de vastes possessions dans la partie du comté qui forme aujourd'hui le département du Jura.
Il mourut le 27 septembre 1155 , laissant de Poncelte , fille de Thiébaud , sire de Traves , son épouse , deux fils , Etienne 1er, tige de la seconde maison de Chalon , et Gérard , qui continua celle de Vienne et de Maçon. Le partage qui intervint entre ces deux frères fut conçu en termes si vagues, si généraux, que des querelles sur les limites et la mouvance de leurs fiefs se renouvelaient chaque jour entre leurs enfants et descendants. En 1350, Jean de Chalon , dit le Sage , fit construire un château sur la montagne de Saint- Corneille , en prétendant qu'elle faisait partie de sa baronnie d'Arlay.
Guillaume III , fils de Guillaume II de VienneetdeScolastiquede Champagne, la considérait comme une dépendance de ses seigneuries de Montmorot et de Pymont et demandait avec instance la destruction de cette nouvelle forteresse. Après avoir longtemps guerroyé, ces deux princes se décidèrent à soumettre leurs difficultés à des arbitres et à faire un traité de paix Par un acte du mois d'octobre 1253, il fut convenu entre autres choses , que Jean de Chalon resterait propriétaire de tout le Puy de Saint-Corneille, et qu'il aurait le droit d'acquérir par achat, par don ou par échange, tout ce que le comte de Vienne ou ses gens possédaient sur le revers de la montagne , d'après l'estimation qui serait faite par quatre chevaliers, savoir : Humbert de Monnet, Jean de Pusie (Pise), Aymon de Poligny, dit le Jeune, et Jacques de la Tour.
En cas de désaccord entre ces arbitres , tous pouvoirs furent donnés à Amey, sire de Monlfaucon et Thié-
baud , sire de Neufchàtel , pour statuer en dernier ressort. Afin d'éviter de nouvelles violences, il fut stipulé que si d'autres querelles s'élevaient entre les parties contractantes , on ne prendrait plus les armes pour les vider, et qu'on devrait s'en rapporter à la décision des personnages qu'ils avaient choisis pour leurs juges. Ce traité peint bien les mœurs féodales au xiii* siècle. Jean de Chalon avait pris les précautions les plus sages pour écarter après sa mort les difficultés que pourrait faire naître le partage de son opulente succession. Il avait réglé de son vivant les lots de chacun de ses enfants. A peine eut- il fermé les yeux cependant, que ses fils, tous plus turbulents et plus ambitieux les uns que les autres , se plaignirent de la part qui leur avait été faite. Ils étaient sur le point d'en venir aux mains , la lutte même était déjà engagée entre eux , pour obtenir la réparation des prétendues injustices de leur père , lorsque leurs oncles , Etienne , sire d'Oisclay et Simon de Joinville, auxquels s'adjoignit Richard , sire de Montbéliard , intervinrent et les forcèrent à accepter leur arbitrage. Ces trois grands seigneurs commencèrent par mettre sous leurs mains tous les fiefs en litige , sauf à les attribuer plus tard aux enfants des différents lits de Jean de Chalon, selon leurs droits.
Par une sentence du mois de mai 1269, Simon de Joinville déclara que le château de l'Etoile devait être considéré comme une dépendance de la baronnie d'Arlay, et en remit la possession à Jean de Chalon-Arlay 1er, sire de ce lieu. Ce dernier en jouit jusqu'à sa mort, arrivée en 1315 et le laissa à Hugues de Chalon-Arlay 1er, son fils aîné. Hugues de Chalon en donna l'usufruit, à titre