‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 8 sur 33 · L eau qu'elles avaient eue de leurs i l» j«„i.i · texte numérisé non relu

L eau qu'elles avaient eue de leurs i l» j«„i.i

. ~«. vue uc leurs

d^ons, et que tout aussi (ost » s élevèrent plusieurs brouillas et » nielles , lesquelles elles envoyèrent sur les noyers du village de

Lorn.ni • au ™„ . " .

1 C°™au;au moyen de quoy les • fruicls des arbres tombèrent à » terre pour la plus part. . Henri Boguet, dit que Guillauma Proby avait une marque au cou , de couleur brune, et de la grandeur d'un petit denier; que pour la recevoir

e le s'était mise à genoui, tenant en sa main une chandelle ardente et renonçant « Dieu, cresme baptesme et sa part du paradis. » Il ajoute que <*Ue femme planta dans cette marrie en sa présence, une grosse cingle, sans ressentir aucune dou leur.

de la Charne.

Le village est situé au pied occidental d'une chaîne de collines a * Pelée le ignoble, à Test de la"

route dép. n«>16,deLons- e-Saun er à PoIig„y. Les niaisons bau

g'oupées, élevées d'un étage au dessus du rez-de-chaussée? bien

et 24S fem. ; pop. Spécif. nar kii carré, 98 hah • ii« " 1 .nénages ' 6 mf"S0DS;»3S

tes plus anciens registres de l'état

c.v.1 datent de 179î. Les babilatt, emigrent peu. """liants

Cadastre exécuté en I82K • ...,r

Biographie. Annuaire du Jura terrTa^Vo^ !" 1828 ■ arUcle Anchay, année t850. — -Ar- celles le „„' Tt* cn l3si P"-

La vi^ny, ZapmiacMm, vg. de larr. de Lons-le-Saunier canl percept. et bur.de poste de Voiteur succursale; à 5 kil. de Voiteur et 8 de Lons-le-Saunier.

Altitude : 50 im.

Le territoire est limité au nord par Voiteur; au sud par Pannessieres; a l'est par Baume et Nevy ? ,oucsl le Pin, Montain, lé Louverot et le Vernois. Rhonay la Grange Bedou, chez les Rémond chez les Basset, chez les Gindre,' chez les Campy, chez les Malfroy et le Moulin font partie de la commune

Il est trarersé par les ch. vie' tirant à Lons-le-Saunier , au Louverot, à la Lième, au Vernois, à Pannessières, de Rhonay à Baume; par

Nanchille, le bief Bigon ou bief de

1«0 en terres lab.; iïsZT > M en Prés, 32 en p furesT/n'

Le sol, très accidenté pi ,i>„ grande fertilité dans la r lainl "C duit du blé, du seigle dP« PT

l'avoine, du mah h..\ • °rge» de h« , ais» des légumes spp« de la navette, des betteraves !i * carottes fourragères T? ' des

des vins rouges et blancs dp k *' qualité, et eS «bindÏÏS d^0?^ et des fourrages arlifiS* On fm"

vinc i/! quaire Cinquièmes des vins. Le revenu rt*\ a2„ .

est de 2. fr »o r V? ProPnc^s r.„ /ia u c* P°ur cent.

et bêaiirn» i ornes» dcschèvres et beaucoup de volailles. On y en-

graisse des porcs et des bœufs. 200 ruches d'abeilles. L'agriculture y fait de grands progrès.

On trouve sur le territoire, de la marne, employée pour l'amendement des terres, des sablières, d'excellentes gravières, des carrières de gypse non exploitées, delà pierre à chaux ordinaire et hydraulique , des carrières de grès, de pierre ordinaire et de taille, de bonne qualité.

Il y a un moulin à farine à trois tournants et un châlet appartenant aux sociétaires, dans lequel on fabrique annuellement 6000 kil. de fromage , façon Gruyère. Il y avait autrefois une forge, dans le lieu dit à la Forge, où l'on trouve de nombreuses scories, et un moulin à vent.

Les patentables sont : un fabricant de sabots, deux maréchauxtaillandiers , i boucher et 1 épicier.

Biens communaux : une église, un ancien cimetière à l'enlour, un cimetière neuf, hors du village , un presbytère incommode , renfermant la mairie; une fontaine avec lavoir et abreuvoir, et 66h 12* de bois et parcours , d'un rev. cad. de 507 fr.

L'instituteur, son école, fréquentée en hiver par kO élèves, l'institutrice laïque et son école, fréquentée par 50 élèves, occupent des logements loués par la commune.

Bois communaux : ft3b 88°; coupe annuelle, ib 32*.

Budget : recettes ord. 2196 fr. ; dép ord. 2116 fr.

Bureau de bienfaisance : revenu annuel 60 fr.

flOTJCR HISTORIQUE.

11 y eut un temps où les origines semi-mythologiques étaient fort à la mode. Les villes ou les villages qui tenaient à faire preuve de noblesse, ne pouvaient alors se dispenser de rattacher leur origine aux héros con-

temporains de la guerre de Troie.

Si nous subissions l'influence de celte espèce de paganisme littéraire, il nous serait facile de faire descendre les habitants de Lavigny d'Enée , qui avait été averti par un oracle de bâtir en l'honneur de Lavinie, son épouse, une ville du nom de Lavintum. Mais laissons ces rêves , qui n'ont pas même le mérite d'être amusants. Il est très probable que Lavigny existait déjà sous un autre nom, du temps des Celles, et qu'il ne fit que se développer sous la domination romaine. Une voie vicinale, traversant le camp de Coldres, descendait par Perrigny, passait sur le territoire de Lavigny, au lieu dit le Chemin de la Poste, et se dirigeait par le Vernois et Dumblans au pont jeté sur la Seille, au gué Farou. Les bords de ce chemin et même toute la surface du territoire sont parsemés de tuileaux à rebords et d'autres débris de constructions romaines. On a trouvé, 1° au Pré- Rouge, des fers de chevaux, les uns de la dimension de ceux dont on use aujourd'hui, d'autres très petits, semblables aux fers qu'on rencontre quelquefois dans les tombelles gauloises ; 2° au Creux , des médailles consulaires d'argent; 3° à la Plantée, des médailles impériales aux types de Marc-Aurèle, de Trajan et d'Alexandre-Sévère. La plupart de ces antiquités sont en la possession de M. Maximilien de Longeville. En creusant les fondations d'un bâtiment , Pierre Sebelon ramena à la lumière, en 1852, douze pièces de monnaies en or, â l'effigie de différents empereurs romains. Nous n'avons à signaler à l'attention des historiens, parmi les dénominations locales, que celles de Babylone, les Péroux, les Marches, les Champs ruinés et Paterna. Il est certain qua

ce village était plus considérable avant l'invasion des Barbares qu'il ne Test maintenant; car des vestiges d'habitations détruites se rencontrent jusqu'aux limites extrêmes du territoire. Les églises de Lavigny et de Monlain, ecclesia Laviniaci, ecclesia Montis Huyn , figurent déjà en 1089 , dans une bulle du pape Adrien 11 , confirinative des possessions de l'abbaye de Baume.

Seigneurie. Lavigny Taisait primitivement partie des immenses possessions de l'abbaye de Baume, et n'en fut détaché qu'en 4 252 , pour devenir un membre de la baronnie du Pin. Les sujets devaient faire le guet et garde au château du Pin , ou payer 29 gros par feu , livrer 26 rez d'avoine pour le droit de maréchaussée, et faire des corvées de charrues et à bras , pour cultiver, vendanger et faucher les propriélésdu seigneur.

En 1850, ils reçurent la permission de défricher leurs communaux. Le moulin de Lavigny était censable envers l'abbé de Baume , et le pré de la Verne envers le cellerier de ce monastère.

Eglise. L'église de Lavigny a eu dans l'origine les caractères de la paroissialilé, mais la rareté des prêtres, à la suite des guerres de Louis XI, amena l'union de celte paroisse à celle de Montain. Dès ce moment, les curés de Montain ne célébrèrent plus dans celte église que les services de fondations. L'un d'eux exigea des droits si exorbitants en 1512, que les habitants menaçaient d'abandonner le pays, si l'ofOcialilé de Besançon ne dressait pas uu tarif des redevances curiales. L'église de Lavigny, érigée en succursale en 1802, est dédiée à sainte Marie- Magdeleine, dont on célèbre la fête le 22 juillet. Elle est située au nordouest du village , orientée , et com-

posée d'un clocher, d'une tribune , d'une nef, d'une chapelle qui date de 1684, d'un chœur, d'un sanctuaire et d'une sacristie. Le clocher est couronné par une flèche quadrangulaire couverte en luih's. L'intérieur de l'édifice est voûté à pleincintre et à arêtes; une arcature ogivale sépare le chœur de la nef.

Le sanctuaire est de forme rectangulaire. Le bénitier date de 1662.

La chapelle est à gauche de la nef, et renferme, 1° une plaque en marbre noir et blanc, sur lequel est écrit en lettres d'or : * Ci-gissent Joseph-Gabriel-Désiré Hareschal de Longeville, écuyer, chevalier de Saint-Louis, décédé le 1 7 septembre 1821 , et De Marie-Françoise de la Rodde, son épouse, décédée le 27septembre 1805. In memoria œterna eritjustus. » 2° Deux pierres tombales avec armoiries et inscriptions en grande partie effacées. La chapelle a appartenu jusqu'en 1789 à la famille Mareschal , qui n'a cessé de l'cnlretenir et de l'orner.

Habitations de MM. de Longeville.

M. Philibert-Gustave Mareschal de Longeville, et M . Claude-Louis-François-Maximilien Mareschal de Longeville, possèdent chacun une belle habitation et un vaste domaine à Lavigny, qui leur proviennent de la famille Paccard. Catherin-Philibert Paccard, procureur fiscal au bailliage d'Orgelet, mourut en 1651, après avoir fondé plusieurs services dans l'église de Lavigny, lieu de son origine. Jean Paccard , son fils , vivait en 1691, et laissa plusieurs enfants, entre autres, Claudine Paccard, mariée le 18 décembre 1 721 , à Claude- Philibert Pajot , conseiller du roi et trésorier de ses finances au bailliage de Lons-le-Saunier. Cette dame réunit sur sa tête la fortune de sa famille. Claudine Pajot, sa fille, épousa

Claude- Joseph Mareschal, écuyer, seigneur de Longeville, conseiller honoraire au parlement de Besançon , et lui porta en dot les domaines de Lavigny. De ce mariage naquirent p! usieurs enfants, et notamment MM.

François-Marie et François- Désiré Mareschal de Longeville, qui ont formé chacun une branche. François-Marie, seigneur de Longeville et de Vuillafans , commissaire du roi près les salines de Lons-lc-Saunier, et conseiller au parlement de Besançon, s'allia en 1768 , à Philiberte- Gabrielle de Mouret, dont sont nés Joseph-Marie-Elisée, Joseph-Gabriel- Désiré , marié à M1'4 de la Rodde , Philibert - Gustave , Françoise - Désirée-Emilie , épouse de M. le comte Pierre-Charles Richard d'Ivry, commandant la citadelle de Besançon, et plusieurs filles, dont l'une a été alliée à M. Tricaletde Taxenne, dont est née Marie-Françoise-d'Assise- Gabriclle-EulalieTricaletdeTaxenne, épouse de Pierre-Trophime Courtot deCicey, écuyer, maire de Taxenne.

M. Philibert-Gustave Mareschal de Longeville, habitant Besançon, possède le domaine de Lavigny, provenant de celle branche. Françoislïésiré Mareschal de Longeville est mort le 25 août 1806, laissant pour héritiers ses enfants, savoir : Claude- Louis -François , Maximilien , qui habite Lavigny, Joséphine - Bonaventure- Adélaïde , mariée à Jean- Baptisle-Gaspard Roux de Rochelle, et Mmée-Désirée-Bonaventure Mareschal de Longeville , mariée à M.

François-Xavier Chauderlot de la Cloz , de Salins.

Evénements divers. Les vastes possessions de l'abbaye de Baume , au centre de la plus fertile contrée de la province, excitèrent souvent la convoitise des comtes de Bourgogne et particulièrement de l'ambi-

tieux Etienne , qui soutint plusieurs fois ses usurpations à main armée contre les abbés de ce monastère.

Par un acte de l'an 1230, ce prince, touché de repentir , céda aux religieux tout ce qu'il possédait , à tort ou à raison, à Bréry et à Vers-sotis- Sellières , afin d'obtenir son pardon pour les dommages causés à leur maison , tant par lui que par ses prédécesseurs, à Crançot, Nevy, Lavigny, Bréry, Mantry et Vers. Les guerres de Louis XI dépeuplèrent complètement ce village. Les seigneurs du Pin furent obligés de faire de larges concessions au commencement du xv9 siècle, pour attirer de nouveaux cultivateurs. A la fin du xvi* siècle, une famille étrangère vint s'établir au milieu de la forêt de Ronnay ; c'étaient les parents de Ravaillac ou Ravaillard , assassin de Henri IV : ils avaient quitté Angoulème pour échapper aux persécutions. Ils ont toujours vécu à Ronnay dans l'isolement, sans fréquentation avec les autres habitants. Un vieillard, chef de la famille qui existe encore, disait , il y a quelque temps, à un étranger qui s'était arrêté dans sa chaumière, en allant visiter l'abbaye de Baume : « Tels que vous nous voyez, monsieur, eh bien, nous sommes nobles, il y a du sang de roi sur le nôtre. » Les guerres du xvu* siècle avaient forcé la communauté de Lavigny à contracter de si nombreuses dettes, que beaucoup d'habitants laissèrent leurs terres désertes, et abandonnèrent le pays»

pour se soustraire aux poursuites des créanciers.

Curiosités naturelles. Le puits Tétenoz est un précipice ayant au moins 1 5 mètres de profondeur et 6 mètres de diamètre. 11 y en a un semblable entre le Mont-Février et la motte Brenoz , à la limite des ter-.

ritoires de Granges de Nom et de Champagna , appelé le Puits Tantono. Un cours d'eau passe au-dessous de ce gouffre.

Biographie. Ce village est la patrie, 1° de la famille Paccard, dont plusieurs membres s'élevèrent à de hauts emplois administratifs ; 2° de plusieurs membres de la famille Bfarescbal de Longeville; 5° de M.

Gilly (1769-1829), capitaine en retraite, décoré; 4* de Jean-Baptiste Picard de Monget, capitaine en retraite, décoré (1765-1840); 5° d'Alexandre Picard de Monget, fils de précédent, né en 1813, colonel en activité de service , décoré ; 6° d'Auguste Caremantrant , capitaine dn génie, en activité de service, né vers 1816; 7° de M. l'abbé Guillemin, ancien aumônier de l'abbaye de Sainte-Claire de Lons-le-Saunier, condamné à la déportation en 1793, pour avoir reçu une lettre amicale d'un prêtre déporté.

Bibliographie. Archives de la préfecture. — Annuaire du Jura , année 1849.

Lect, Leth, vg. de l'arr. de Saint- Claude, cant., percept. et bur. de poste de Moirans', à 8 kil. de Moirans , 20 de Saint-Claude et 49 de Lons-Ie-Saunier. Altitude : 595m.

Le territoire est limité au nord par Moirans et Onoz; au sud par Chancia et Montcusel ; à l'est par Martigna ; à l'ouest par la rivière d'Ain qui le sépare d'Onoz, de Cernon et de Vescles. Les granges de Varlecaine, de la Louvatière, des As-Dessous, de Tresillard , des Plans, du Grand- Bief, de l'Achat, de Chambe et Vouglans font partie de la commune.

11 est traversé par les ch. vicin.

tirant à Moirans, à Martigna, à Chancia , à Menouille ; par les chemins dits de Chevier et de la Chaussée ;

par la rivière d'Ain , les ruisseaux de l'Achat , de la Serra , de l'Aiguillièrc , de la Doye, qui y prennent leurs sources et se jettent dans l'Ain.

Le village est situé sur le revers occidental d'une montagne qui s'incline sur la rive gauche de l'Ain. Les maisons sont généralement groupées, construites en pierre, couvertes en chaume, tuiles ou tavaillons et élevées d'un étage au dessus du rez-de-chaussée.

La commune de Vouglans a été réunie à celle de Lect , le 1 1 septembre 1822.

Pop. en 1790, de Lect, 210 hab.; de Vouglans, 122 ; pop. réunie en 1846, 615; en 1851, 613, dont 312 hom. et 301 fem.; pop.spécif.

par kil. carré, 45 hab.; 127 maisons, dont 80 à Lect et 47 à Vouglans ; 130 ménages. Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1679.

Cadastre exécuté en 1834 ; surf, territ. 1359h, divisés en 4779 parcelles que possèdent 263 propriétaires, dont 59 forains ; surf, imp., 1321h, savoir : 400b en pâtures, friches et murgers , 360 en bois , 354 en terres lab. , 163 en prés, 1 1 en vignes , 7 en sol de bâtiments et jardins, d'un rev.cad.de 8627 fr.; cont. dir. en princip. 225j6 fr.

Le sol , montagneux et peu fertile , ne produit que quatre fois la semence ; on récolte du blé, de l'avoine , de l'orge , du maïs , des légumes secs , des pommes de terre, du chanvre , des fruits , un peu de vin rouge très médiocre, du foin et des fourrages artificiels. Le produit des céréales suffit à la consommation des habitants. On importe le vin. Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 cent, pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes et des porcs qu'on

engraisse pour la consommation locale. 50 ruches d'abeilles. L'agriculture y fait des progrès.

On Irouve sur le territoire , des sablières, des carrières de pierre ordinaire, de taille et de la pierre à chaux.

Il y a un chalet, dans lequel on fabrique annuellement 2500 kil. de fromage, façon Gruyère ; un moulin à farines à trois tournants et trois autres moulins â une seule paire de meules.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Moirans.

Ils émigrent pendant Télé, pour aller travailler sur les routes ou colporter des cuillers à pot , des robinets et autres articles de Saint-Claude. Plusieurs sont tourneurs en bois et fabriquent des cuillers et des fourchettes en buis.

Les patentables sont : 1 voiturier, 3 cordonniers, 1 3 boisseliers, 1 épicier, i marchand forain avec balle, 3 aubergistes et 1 tourneur sur bois.

Biens communaux : une églUe , un cimetière derrière, un presbytère très convenable , au devant de l'église ; une maison commune très ancienne, renfermant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude des garçons , fréquentée en hiver par 40 élèves ; quatre fontaines avec lavoirs et abreuvoirs, dont deux à Vouglans ; un oratoire , dédié à saint Claude, érigé en 15 16; un autre oratoire sur la montagne, dédié à la Vierge, et 4 16h 56* de bois, friches et broussailles, d'un rev.

cad. de 731 fr.; le hameau de Vouglans a 277h 38a de bois, broussailles et pâtures, d'un rev. cad. de 691 fr.

Ecoles des filles. Elle est dirigée par trois religieuses de l'ordre de la Croix , dont la maison principale est à Menetreuil (Ain); elle est fré-

quentée par 60 externes et 80 pensionnaires, qui reçoivent une éducation soignée. Cette école existe depuis 1837. Les bâtiments, construits aux frais de M. Victor Boussaud, ancien curé de Lect, ne laissent rien â désirer.

Bois communaux : Lect, 167h 86* ; coupe annuelle , 5h 04*. Vouglans, 16&h 66*; coupe annuelle, 4h 94*.

Budget : recettes ord. , 5393 fr.; dépenses ord. , 3367 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Au temps où les Romains enva-»

hirent les Gaules , les habitants de Lect et de Vouglans occupaient déjà le versant occidental d'une montagne, non loin de laquelle existait une ville assez importante, nommée Mauriana, qu'il ne faut point confondre avec Moirans qui lui succéda, mais sur un autre emplacement, ni avec la ville d'Antre. Mauriana était à cette époque une cité sainte , une des métropoles de la religion druidique, où se conservait fidèlement le dépôt des rîts et des usages nationaux.

Ce voisinage explique l'existence des monuments religieux qu'on rencontre sur le territoire de Lect. Audessus d'une roche qui servait de limite au moyen-âge entre Martigna, Lect et Nez.cn , se trouvait une allée couverte, appelée la Bauma Quartier ou la Grotte aux Fées. Elle était formée par de gros blocs de pierre.

Des degrés d'escalier étaient taillés dans le roc pour arriver & cette enceinte consacrée. Ce monument se trouve décrit avec exactitude dans différents litres de la baronnie de Moirans. Sur un autre monticule de forme arrondie, qu'on distingue parfaitement depuis l'église de Lect, s'élevait un cromlech ou cercle druidique , composé de grandes pierres

debout ou menhirs. Au - dessus de la roche dite sous Bonnans, on remarque un creux circulaire et profond, appelé le Trou ou le Crozet à la Vieille. Les superstitions qui se perpétuent autour de ces édifices indiquent parfaitement leur origine celtique. Un gros rocher, qui s'avance dans la rivière d'Ain et contre lequel passait le grand chemin de Mauriana à Condes, est connu sous le nom de Barre, mot qui en langue gauloise signifiait port , dont les Romains firent Barrum ad Elnem , ou port sur TA in. Ce port était protégé par trois fortins, bâtis de chaque côté de la rivière ; l'un était à Cernon, dans la contrée dite au Châtelard, et l'autre à Lect, dans celle dite au Châtlet. Il y avait un autre castel au Quai ou au gué de la Tour.

Des chemins communiquant de Mauriana à Condal, à Coudes et à Arinthod, traversaient le territoire de Lect. On passait V Ain entre Mcnouille et Vouglans, sur un pont qui fui renversé au xiue siècle , par une inondation exti aordinaire, et qu'on remplaça par un bac soumis à un péage envers l'abbé de caint Claude. Parmi les dénominations locales qui rappellent de vieux souvenirs , nous signalerons ceux de Cou bedu Saint, de Champ Saint-Pierre, de Champ- Dolent , de Combe au Siège , de la Chaussée , de la Route , de Combe Saint- Romain, de Vie Fourchât et eu Pèlerin. Si l'église de Marligna fut dédiée à saint Pierre , il est très probable qu'on eut pour but de détruire le culte des rochers , qui se perpétuait dans celle contrée. Le diplôme du roi Lolhaire, de l'an 888, mentionne déjà Dancia , Marligna, Moirans. Si Lect et Vouglans ne sont pas désignés spécialement dans ce titre , c'est qu'ils faisaient partie de la paroisse de Marligna.

L'église de Lect figure dans le livre d'or de l'abbaye de Saint -Oyan , écrit en 4307.

Seigneurie. Lect et Vouglans dépendaient en toute justice de la baronnie de Moirans. Les sujets étaient main-mortables , corvéables et laillables. Us avaient reçu des droits d'usage dans les bois de leur territoire, de Hugues 1er, abbé de Saint- Oyan , et seigneur de Moirans , par un acte de l'an 1230, moyennant le cens annuel de 8 sols eslevenanU.

Les lods sur les mutations d'immeubles se payaient à raison du quart du prix pour les immeubles soumis à la main-morte, et du douzième pour les immeubles affranchis.

Les dîmes étaient dues à raison de onze gerbes l'une, et appartenaient, dans des proportions différentes, à l'abbé de Saint-Claude, au chapelain de la chapelle Sainte-Catherine de Vescles, au curé de Lect, aux seigneurs de Virechàtel et de Maisod.

L'abbé percevait en outre , pour droit de messerie , cinq mesures de froment. Le chambrier de Saint- Claude avait pour droit de marguillerie, à charge de faire sonner les cloches , une gerbe de froment et une gerbe d'avoine par ménage.

Les territoires de Lect el de Vouglans étaient indivis, de même que les communaux appartenant à ces villages el à Marligna. Les habitants de Lect et de Vouglans devaient fournir chaque jour un homme pou?

garder les prisonniers à Moirans.

L'abbé de Saint-Claude réunit , par ac quisitions, tout ce que les sires de Costarel (1234), Jeanne de Montsaugeon (1267 ), Jean de Thorigna et Pierre de Corans ( 1307 ) , possédaient à Lect. Le moulin , la foule et le battoir de Vouglans étaient accensés en 1 309, à Girard Chapuis.

Prévôté. Lect cl Vouglans dépen-

daient de la prévôté de Martigna.

Fief de Vouglans. Le 1er septembre 1716, Nicolas Muyard, conseiller du roi et lieutenant particulier au bailliage d'Orgelet, acquit un fief qui s'étendait sur Martigna, Lect et Vouglans , de Marie-Josephte- Françoise de Maisod , épouse d'Eléonore-François-Bénigne du Pasquier, et en revendit une partie , le 27 février 1717 , à Laurent- Joseph Bel , curé de Lect. M. Muyard eut pour (ils Pierre-François Muyard de Vouglans, conseiller au grand conseil, né à Moirans, en 1713, et mort à Paris en 1791, auteur de plusieurs ouvrages de jurisprudence. Cette famille se divisait en deux branches, Tune, qui portait le nom de Muyard de Martigna, et l'autre celui de Vouglans. M. Charles Muyard de Vouglans est actuellement capitaine de gendarmerie dans la garde impériale.

Eglise. L'église , construite dans le cours du xviii6 siècle, est dédiée à sainte Marie-Magdeleine, dont on célèbre la fête le 22 juillet. Elle est orientée et se compose d'une nef, de deux chapelles, d'un chœur rectangulaire , d'une sacristie et d'un clocher. Cet édifice , très pauvre , est dépourvu de style.

Evénements divers. Les chartreux de Bonlieu ayant reçu de Hugues de Cuisel le droit d'usage et de pâturage dans les bois et les parcours de sa domination, voulurent profiter de cette faveur, mais chaque fois qu'ils se présentaient au-delà de l'Ain , ils étaient chassés par les habitants.

Les sujets de la baronnîe de Moirans et de la chartreuse étaient continuellement en guerre à cette occasion. Par un échange fait en 1302, l'abbé de Saint-Claude céda à la chartreuse le village deNermier, à condition que cette dernière renoncerait à toute espèce de préten-

tions dans la baronnie de Moirans.

Les faits principaux concernant Lect et Vouglans se trouveront rapportés aux articles Moirans et Onoz. Un horrible incendie, causé par imprudence, détruisit 31 maisons du village de Lect, le 7 septembre 1838.

Bibliographie. Archives de la préfecture du Jura.

Légna, Légnye, Legnie, Leigna, Légnat, Lénia , Lénie , vg. de l'arr.

de Lons-le-Saunier, cant., percept.

et bur. de poste d'Arinthod ; succursale; à 6 kil. d'Arinthod et 31 de Lons-le-Saunier.

Altitude : 435m.

Le territoire est limité au nord par Fétigny et Viremont; au sud par Arinlhod ; à l'est par Cernon et Arinthod ; à l'ouest par Savigna et Fétigny. Agea et Montadroit font partie de la commune.

Il est traversé par la route dép.

n° 9, d'Orgelet à Nantua et à Bourg; par les chemins vicinaux tirant à Agea , à la route dép. d'Agea à Givria et Orgelet , de Légna à Givria , Savigna , Viremont et Fétigny ; par le bief du Lac, le bief Provent, le canal du Moulin, le ruisseau des Saules, le bief de la fontaine Chaudière , et celui de Valcombe, qui sépare Légna d'Arinthod, sur une certaine longueur.

Le village est situé dans un vallon qui s'ouvre sur le bassin de la Valouze , entre une chaîne de Montagnes et la route d'Orgelet à Arintuod.

Les maisons sont groupées, construites sans goût en pierre et couvertes en tuiles creuses. Elles neso composent généralement que d'an simple rez-de-chaussée.

Les communes d'Agea et de Montadroit, ont été réunies à celle de Légna, les 23 avril et 12 novembre

Pop. en 1790, de Légna, 163 hab.; d'Agea, 162; de Montadroit, 130; pop. réunie en 1846, 445; en 1851 , 445, dont 221 liom. et 221 fera. ; pop. spécif. par kil.

carré, 43 hab.; 100 maisons, savoir : à Légna 46, à Agea 33, et à Montadroit 21; 100 ménages. Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1650. Les habitants éraigrent, pour être domestiques ou ouvriers à Lyon.

Cadastre exécuté en 1830; surf, terril. 1029h 42a, divisés en 4053 parcelles que possèdent 276 propriétaires, dont 102 forains; surf, imp., 1013h, savoir : 331hen bois, 347 en terres lab., 155 en parcours, 1 30 en prés, 22 en friches, murgers et broussailles, et le surplus en jardins, vergers et sol de bâtiments, d'un rev. cad. de 12,889 fr. ; cont.

dir. en princ. 2065 fr.

Le sol , en grande partie montagneux et d'une fertilité ordinaire, produit du blé, de l'orge, du maïs , des légumes secs , des pommes de terre, du chanvre , des fruits et surtout des noix, un peu de vin rouge, du foin et des fourrages artificiels.

On exporte le quart des céréales et on importe presque tout le vin. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.

On élève dans la commune des bétes à cornes, des mulets, des moutons, qnelques chèvres et des porcs qu'on engraisse. 80 ruches d'abeilles. L'agriculture n'y fait pas de progrès.

On trouve sur le territoire , de la marne, d'abondantes sablières et des gravières , de la pierre ordinaire à bâtir, de taille et à chaux.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arinlhod.

Leurs principales ressources consistent dans l'agriculture , la tour-

nerie sur bois et le tissage de la toile. Les tisserands achètent les matières premières à Lons-le-Saunier et y revendent leurs produits , ainsi qu'aux marchés de Saint- Claude.

Les patentables sont : 18 tisserands, 4 tourneurs sur bois, 1 charpentier, 3 maçons , 1 bimbelotier et 2 marchands de fromages en gros.

Biens communaux : une église, un cimetière à l'entour, un presbytère à côté du cimetière, une maison commune près de l'église ne renfermant qu'une salle d'étude , fréquentée en hiver par 30 garçons et 50 filles; un oratoire au hameau d'Agea, dédié à saint Jean-Baptiste et â saint Maurice , érigé en 1 790 , par J.-B. Gageât; une ancienne chapelle dans le bois de Lionge, dédiée à saint Maurice ; une fontaine à Légna; 2 fontaines avec lavoirs et abreuvoirs à Agea; 2 puits communaux à Montadroit; une place publique, em plantée de tilleuls à Légna, et 147h 89» de bois, pâtures et murgers, d'un rev. cad. de H08 fr.; la section d'Agea a 145h 98* de pâtures, friches et bois, d'un rev. cad. de 1209 fr.; la section de Montadroit 27h 21* de terres, friches et sol de four banal, d'un rev.

cad. de 222 fr.

Bois communaux : 75b 74* ; coupe annuelle, 2h 27*. Agea, 1 16h 16*; coupe annuelle, 3h 48*.

Budget: recettes ord. 3444 fr.; dépenses ord. 3228 fr.

NOTICE HISTORIQUE

L'origine celtique de Légna n'est pas douteuse. Son nom parait dériver de Leneus , surnom de Bacchus, ou deLemnia, surnom de Minerve, ce qui fait supposer que l'une de ces divinités y recevait un culte spécial.

Placé entre le mythologique vallon

de Vogna et le mystérieux Fétigny, lieux où Ton rencontre tant de monuments de la religion druidique, ce village offre aussi des vestiges d'antiquités. Son territoire était délimité par une haute pierre, appelée la Pierre de Vèvre, posée sur le penchant d'un monticule. Tous les archéologues s'accordent à reconnaître dans ce monolithe un véritable menhir. La dédicace de l'église à saint Pierre, a dû avoir pour but de rapporter à ce saint les hommages rendus à cette pierre sacrée. La voie gauloise d'Isernore à Salins s'appelait à Légna, la Vie Marchande. L'un des nombreux castels , destinés à la protéger, s'élevait près d'Agea, dans le lieu dit au Chatelet. Parmi les dénominations locales qui semblent offrir quelque intérêt, nous signalerons surtout celles de Grosse Pierre, de Combe Saint-Didier, de Champs de la Cour, du Débat et de la Bataille, de sur tes Levées, de Champs de la Vision et du Chevalier. Le premier titre dans lequel soit mentionné Légna , est l'acte par lequel l'archevêque de Lyon donna l'église de ce lieu, au xu6 siècle, à l'abbaye de Saint- Oyan-de-Joux, qui en conserva le patronage jusqu'en 4757, époque à laquelle il fut cédé à l'archevêque de Besançon.

En 1961 , Aymond de Dramelay reconnut tenir en fief de ce monastère , les deux tiers de la dime de Légna, et en 1 272, Humbert de Montadroil donna aux religieux moitié de la grosse dlme de celte paroisse.

Seigneurie. La seigneurie de Légna, fief relevant de la haronnie d'Orgelet, consistait dans la moyenne et la basse justice sur le territoire.

La haute justice fut acquise, le iU mai 1735, par M. Claude Oyselet, conseiller du roi et lieutenant-général au bailliage d'Orgelet, du prince

d'Jssenghin , qui ne se réserva que l'hommage. Dès ce moment, le seigneur eut le droit d'instituer un bailli , un châtelain , un procureur, un tabellion ; de percevoir les lods, à raison du 6a du prix , l'impôt des quatre cas ; d'avoir un signe patibulaire, lâchasse, la pèche, les cours d'eau et le patronage de la chapelle Saint André, dans l'église d'Orgelet. Les sujets étaient main-mortables, soumis à des corvées, à des cens , à la banalité du four et des moulins.

Seigrteurs. Le fief de Légna était possédé dans l'origine par une famille noble de nom et d'armes, dont le nom figure souvent au xuie siècle , dans les titres de la chartreuse de Vaucluse. Pierre de Légna, chevalier, vivait en 1 350 Dans un dénombrement fourni en 1390, au duc Philippe-ie-Hardi , Jean de Chalon, sire de Châielbelin , seigneur d'Orgelet, déclara qu'Etienne Rechignard, de Matafelon, écuyer, tenait de lui la terre de Légna en fief. Le 9 juin 1397, Etienne Rechignant, de Matafelon, agissant au nom d'Hclie, fille d'Humbert de Sachins, chevalier, seigneur d'A*nières, reconnut en effet la tenir du sire d'Orgelet.

Etienne laissa deux enfants, Etienne IIe, dit Rechignard, de Matafelon, et Phélisa, épouse de Pierre Mercier, de Saint-Oyan , écuyer. La terre do Légna se divisa. Une partie fut appelée le Fief de la Tour , et l'autre le Fief du Château de la Combe.

Etienne eut le premier lot, et sa sœur le second. Ces deux portions furent réunies de nouveau au xvi* siècle ; elles étaient possédées à cette époque par Jean Barillet, d'Orgelet.

Charles Barillet, écuyer, son fils, seigneur de Légna, institua pour héritière, par son testament du 8 février 154», sa nièce, mariée au

tieur Guillot, écuyer. Mu# Guillot avait épousé noble Amour de Febvre, écuyer, seigneur de Grosbois , dont elle eut Pierre-Claude de Febvre, allié en 1594 , à Jeanne de Toulon geon. Ce dernier eut pour enfants Joachim et Claude - Philippe de Febvre, qui partagèrent Légna entre eux, en 1620. Joachim de Febvre eut de Guillemelte de Runchaux, son épouse, une fille du nom de Guillemets, qui hérita de lui et de Claude- Philippe de Febvre. Guillemelte de Febvre épousa Adrien de Montrond, seigneur à Mont-sous- Vaudrey , auquel elle donna tous ses biens. Adrien de Montrond s'allia en secondes noces avec Louise- Dorothée de Lezay, qu'il institua son héritière universelle, et à qui il laissa ses terres de Mont-sous- Vaudrey et de Légna.

Louise-Dorothée de Lezay se remaria à N. de Glanne, auquel elle fit prendre le nom de Montrond. N'ayant pointd'enfants de ce second mariage, elle testa en faveur de François- Gabriel, marquis de Lezay, son neveu. Le 26 avril 1735, François- Gabriel et Louis-Albert de Lezay , son neveu, comte de Lyon, vendirent la terrede Légna à pl. Claude Oyselet, qui laissa pour héritier Marie-François-Xavier Oyselet, conseiller au parlement de Besançon, dernier possesseur féodal de ce fief.

Armoiries, Sachins portait : d'azur à la bande d'or; Matafelon, iVazur à un taureau passant d'or; cimier, un taureau d'or.

Châteaux. Le manoir principal de Légna consistait en une haute tour carrée, ruinée en 1637, avec un colombier à pied , détruit en 1 83 1 , un jardin et un verger, le tout clos de murs , d'une surface de 3 hectares.

A peu de distance, se trouvait un autre château ou maison seigneuriale, appelé le Château de la Combe

ou la Maison- Basse , composé de plusieurs voûtes, chambres hautes et basses, greniers, grange, verger, et d'une tour qui a été démolie en 1841. L'emplacement de toutes ces constructions est couvert de noyers, et appartient à M. Gustave Morcl, membre du conseil général , demeurant à Arinthod.

Fief de la Balme. Il existait a Légna une chevance, dont Humbert de Balme, chevalier, seigneur de Monljouvent, fit hommage au sire d'Orgelet, en 1623.

Seigneurie de Montadrotl. Montadroit ou Monladrel, est un village dont le territoire se divisait en différents fiefs , relevant du château de Féligny. Les seigneurs de Légna, de Vallin , de Fétigny et la chartreuse de Vaucluse, y possédaient la directe sur plusieurs meix censables. Le fief principal, avec la justice moyenne et basse, appartenait originairement à une famille noble de nom et d'armes. Humbert de Montadroit le possédait en 127%. Bertrand de Montadroit était religieux de Gigny, de 1424 à 1431. Ce fief passa au xv" siècle dans la famille de Binans- Chambéria, et servait ordinairement d'apanage à un cadet de celte maison. Emard de Binans , écuyer, seigneur de Montadroit , par son testament du 1 1 juin 1525 , institua pour son héritier universel , Humbert de Binans, seigneur deChambéria, son frère, à charge de payer 1200 francs à Guillaume, son fils naturel , et 100 francs à chacune de ses filles naturelles , du nom de Clauda. Claude de Binans , seigneur de Montadroit, vivait en 1562. Philibert de Binans, seigneur de Montadroit, légua en 1 61 1 , sa fortune à Guillaume de Binans , son frère ; dès ce moment , Montadroit fut réuni à la terre de Chambéria.

Seigneurie dïAgca. Les chartreux I de Vaucluse possédaient une partie du territoire d'Agea, le surplus dépendait de la terre de Légna et du fief de Bussy. Cette dernière portion fut acquise par Claude Oyselet , en 1758 , d'Emmanuel du Saix , comte d'Arnans , administrateur des biens de ses filles , héritières de Suzanne de Trestondans , leur mère.

Eglise. La paroisse de Légna corn-, prenait cette communauté et celles de Fétigny, Agea et Montadroit. L'église est à l'extrémité orientale du village, qu'elle domine. Elle est dédiée à saint Pierre-ès-Liens, dont on célèbre la fête le 1er août, et se compose d'un porche, d'un clocher, d'une nef, d'un chœur, d'un sanctuaire de forme octogonale, d'une sacristie à la suite du sanctuaire , et d'un caveau sous la nef. Le clocher est d'une grosseur extraordinaire; sa partie inférieure appartient au style ogival secondaire, usilé au xiv° siècle. La partie supérieure, ainsi que l'église, ont été reconstruites dans le cours du xviu* siècle.

Autrefois le clocher était à la jonction de la nef et du chœur. On remarque dans cet édifice des reliques de saint François de Sales, de Me de Chantai, et un bon tableau, représentant saint Pierre. Le caveau sous la nef était destiné à l'inhumation des seigneurs de Légna. Une chapelle, dédiée à Noire - Dame - des - Sept-Douleurs , appartenait aux seigneurs de Fétigny. Elle renfermait les mausolées en marbre, i°d'HumbertdeFétigny, mort en 1383, frère du cardinal Pierre de Fétigny; 2° de Jeanne Alemand, morte le 1* mars 1412, épouse de Guillaume de Fétigny ; 3° de Louis de Fétigny, capitaine de 100 hommes d'armes, blessé mortellement au siège de Belleville.

Chapelle Saint-Maurice. Il existe

au milieu du bois de Liongc, une très ancienne chapelle , dédiée à saint Maurice , dans laquelle on célèbre la messe trois fois par an , pour obtenir du ciel que le bétail de la commune soit préservé des épizooties.

Evénements divers. L'histoire particulière de Légna n'offre aucun souvenir, aucune trace jusqu'en 1637.

L'invasion française, qui ensanglanta toute la province à cette époque, désola ce village. Ses foules à drap , ses usines , ses châteaux furent détruits, ses habitations incendiées. La peste acheva d'enlever la population .

Joachim de Febvre, seigneur de Légna , connu sous le nom de capitaine de Légna , commanda les élus d'Orgelet, lors du siège de Dole, en 1 636, et contribua vaillamment à la défense de celte place. Une bombe, qui vint tomber devant I'h6tel de ville, l'atteignit ainsi que son sergent , le chanoine Sachaut et deux bourgeois.

Ils furent tous tellement défigurés , qu'on ne pouvait reconnaître leurs cadavres. Leurs membres furent lancés épars dans les airs. Leur sang jaillit jusqu'au sommet du premier étage des bâtiments. M. Dusillet remplaça le capitaine de Légna dans son commandement.

Curiosités naturelles- On remarque sur ce territoire, 1° le lac de Montadroit, d'une surface de 3b 18*, propriété de M. Gustave Morcl. Il est placé au sommet d'une montagne.

On y pèche des brochets , des perches , des tanches , des carpes , etc.

On distingue parfaitement , quoi qu'en dise Léquinio, la source qui l'alimente et le lieu d'écoulement des eaux ; 2° la fontaine et le puits d'Antena. Assez près du lac, s'élève un monticule couvert de broussailles , au flanc duquel est une excavation nommée le puits d'Antena ,

mot dérivé d'entonnoir. L'ouverture n'est guère que d'un demimètre , mais le gouffre ne tarde pas à s'élargir d'une manière effrayante ; sa profondeur n'a pu encore être mesurée; 3° la fissure d'une montagne , appelée la Gueule ou le Sentier au Loup.

Bibliographie. Archives de la préfecture du Jura.

Lemme , Laime, L'Aime, rivière qui prend sa source à Saint-Laurenten-Grandvaux , et se jette dans le Dornbief sous Morillon, d'où elle est portée dans l'Ain.

Lemoj, Limoicum, Limoy, Le> muoy , lytnuys , Lemuis , Le Muy , Lemuid, vg. de l'arr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Salins, percept. de Cernans; succursale, dont dépend Montmarlon ; à 10 kil.

de Salins, 16 d'Arbois, 26 de Poligny et 56 de Lons-le-Saunier.

Altitude : 64 5m.

Le territoire est limité au nord par Arc-sous- Mon tenot (Doubs ) et par Dournon ; au sud par Montmarlon et Supt ; à l'est par Arc-sous- Montenot , Villers-sous-Chalamont et Boujaille ( Doubs ) ; à l'ouest par Andelot , Thésy et Abergement-lez- Tbésy. Ponlamoiigeard , le Gbàlet, le Moulin , le Crolon et la grange de la Doye font partie de la commune.

Il est traversé par les ch. vicin.

tirant au Bois-Chaillet, à Thésy, à Pontamougeard , à Arc-sous-Montenot, à Montorge, à Abergementlez-Thésy, à Montmarlon , à Bejoo ; par la rivière de Lerauy, les ruisseaux des Joncs , de Montorge , de la Combe, des Grands - Quartiers ; par les biefs de la Biche et de la Rousse.

Le village est situé dans un bassin, sur le premier plateau du Jura. Les

maisons sont généralement groupées , bâties en pierre et couvertes en tuiles ; les anciennes , seules , sont couvertes en bardeaux. Elles bordent la rue principale du village et sont alignées comme dans les villes.

Pop. en 1790, 438 hab. ; en 1846, 591; en 1851, 605,* dont 321 hom. et 285 fem.; pop. spécif. par kil. carré, 28 hab.; 103 maisons, savoir : à Lemuy 94, à Pontamougeard 3, au Moulin 1, à la grange sur le Nozeroy 1 , à la grange de la Doye 3, a la grange chez Rahon, 1 ; 135 ménages. Les plus anciens registres de l'étal civil datent de 1595.

Plusieurs familles ont émigré pour l'Algérie. Les jeunes gens se placent comme domestiques dans les villes.

Cadastre exécuté en 1831 ; surf, territ. 2105h 92a, divisés en 2128 imp. 1535h, savoir ; 53 lh en terres lab., 373 en parcours, friches, murgers et broussailles ,291 en bois -taillis , 241 en prés, 91 en bois-sapins, et le surplus en jardins, vergers et solde bâtiments, d'un rev. cad. de 13,577 fr. La surface non imposable, de 571b, se compose d'une partie de la forêt impériale de la Joux. Cont. dir. 5166 fr.

Le sol , très fertile , produit du blé, de l'avoine, des pommes de terre , peu d'orge, de légumes secs, de navette , de betteraves , de lin , de fruits , beaucoup de foin et des fourrages artificiels. On importe le quart des céréales et le vin. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent. Les récolles sont très souvent compromises par les gelées.

On élève dans la commune des chevaux , beaucoup de bêtes à cornes et quelques chèvres. On y en-

graisse des bœufs et des porcs.

70 ruches d'abeilles. L'agriculture y fait peu de progrès.

On trouve sur le territoire de la marne, employée pour l'amendement des terres , des mines de fer, dont l'exploitation a élé abandonnée depuis 30 ans, de mauvaises sablières , des carrières de belle et bonne pierre à bâtir , de taille , à chaux ordinaire et hydraulique, de la pierre susceptible de recevoir le poli et imitant le marbre. La terre végétale de ce territoire étant calcinée , produit un beau vermillon , qui peut être employé en peinture.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Salins.

Leur principale ressource consiste dans l'éducation du bétail , la fabrication des fromages , l'agriculture , l'équarrissage et le transport des bois de sapins.

11 y a trois cliàlets, dans lesquels on fabrique annuellement 30,000 ktl. de fromage , façon Grnyère , de bonne qualité ; une scierie à deux lames, un battoir à blé, un moulin à farine avec scierie pour bois de construction.

Les patentables sont : ( sabotier, 2 aubergistes , 3 merciers , 1 maréchal-ferrant taillandier , 2 marchands de bois de construction, 1 maréchal-fcrrantet 1 charpentier.

Foire, Il se tient chaque année , à Lemuy, une foire fixée au 23 août, ou il se vend surtout du bétail à cornes , des porcs et des chevaux.

Biens communaux: une église et un cimetière à l'entour, dont la clôture, établie en 1848, a coûté 40,000 fr.; un presbytère, construit en 1832, quia coûté 14,000 f.; il contient une chapelle, dans laquelle on catéchise les enfants et où se célèbre la messe pendant la

semaine et même le uiraancoe « lorsque la neige empêche de se rendre à l'église ; une maison commune, bâtie en 1833, quia coûté 14,000 francs ; vile contient la mairie, le logement de l'instituteur, celui de l'institutrice laïque, la salle d'étude des garçons , fréquentée en hiver par 80 élèves, et celle des filles par 60 ; une croix en pierre, à Pontamougeard , datant du xvie siècle , et représentant sur les croisillons, d'un côté le Christ , de l'autre la Vierge tenant l'Enfant Jésus ; un oratoire, dédié à saint Claude; six ponts , dont quatre en pierre et deux en bois ; un puits communal devant le château , une fontaine sur la place , avec lavoir et abreuvoir, et 48kh 28* de pâtures , bois-sapins, bois-taillis, terres et prés, d'un rev.

cadast. de 1079 fr. ; le hameau de Pontamougeard a 40h 44* de pâtures, d'un rev. cad. de 30 fr. 13 c.

Bois communaux : 163b 59*; coupe annuelle, 8bS4*; Pontamougeard, I3h 30' en broussailles, soumis au régime forestier.

Budget : recettes ord., 8035 fr. ; dépenses ord., 4338 fr.

NOTICE HISTORIQUE

Lemuy tire son nom d'une source qui jaillit sur son territoire, au milieu d'un bassin circulaire, en forme de tonneau. Le mot celtique mwid parait être la racine de celui de Le Muy. S'il est une voie romaine, dont la direction soit incontestable, c'est celle de Salins à Pontarlier par Pontamougeard , qualifiée dans un titre de 1302 , de chemin impérial. On sait que le roi Sigismond , roi de Bourgogne, fit au vte siècle, des libéralités immenses à l'abbaye d' A.gaune (Saint-Maurice-en- Valais) , et qu'il y fit établir la psalmodie perpétuelle. Son successeur, Contran ,

fonda aussi la psalmodie perpétuelle dans l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon , et , pour mieux entretenir cette pieuse pratique, il mit ces deui monastères sous la direction d'un seul supérieur. Afin de rendre les communications plus faciles entre Dijon et Agaune , les religieux avaient établi sur la route plusieurs hospices. Il est probable que la maladrerie de Pontamougeard , bâtie au bord de l'ancienne voie romaine, avait succédé à l'un de ces hospices.

Des constructions romaines ont dû exister à Lemuy, dans les lieux dits à la Planche aux Chambrettes et au Châtekt. Il est à peu près certain que le territoire de Lemuy fit partie des biens donnés en 5*22 , par le roi Sigismond* à l'abbaye d' Agaune, et de ceux inféodés en 943 , par ce monastère, au comte Albéric, quoiqu'il ne soit pas nominativement désigné dans les actes. L'histoire de la translation , dans le comté de Bourgogne , des reliques de saint Urbain, pape et martyr, et de saint Tiburce, son disciple , qui furent accordées , en 863, par le pape Nicolas Ier, sur la demande du roi Charles-le-Chauve, aux moines de Saint-Germain d'Auxerre , ne parle pas du séjour de ces reliques à Pontamougeard , mais il n'est pas douteux que les religieux suivirent la roule qui traversait ce village. Le nom de Lemuy apparaît pour la première fois dans les litres, au xi" siècle. D'après un rescrit de l'empereur Henri II, de l'année 1048 , et une bulle de Léon X, de l'année suivante , on voit que les chanoines de Saint- A na toile de Salins reprirent possession de leur chapitre et de leurs biens, parmi lesquels figurent les dîmes de Saizenay, Salins , Lemuy, Onay, et une partie de celles de Cernans, avec le patronage de la chapelle d'Onay. L'église

I de Lemuy fut confirmée au chapitre Saint-Etienne de Besançon, par l'archevêque Humbert en 1139, et par le pape Eugène III, en { 14 B et 1148 . Par un acte daté à Saint-Oyan , de l'an 1 1 78, Gérard , comte de Vienne , et Maurette , son épouse , dame de Salins, donnèrent à l'église Saint-Anatoilej tous les droits que Gaucher III, sire de Salins, père de Maurette, avait sur les dîmes de Lemuy, c'està-dire la grande dîme, à condition qu'il serait célébré chaque jour dans celle église, pour le repos de l'âme de ce prince , une messe , ou qu'il serait récité une oraison spéciale à la grand'messe.

Seigneurie. Lemuy formait une seigneurie particulière , en justice haute , moyenne et basse , qui relevait du château de Sainte - Agnes.

Les sujets étaient main-morlables de corps et de biens , corvéables à volonté, soumis à la banalité du four, du moulin et à des cens en argent , en grains et en poules. Le mardi avant la Nativité de Notre-Seigneur, de l'an 1367, Hugues de Ghalon, sire d'Arlay , étant au château de Nozeroy, déclara exempter les nabi tanls présents et futurs de la ville de Lemuy, de toutes servitudes , corvées , livraisons de fromages et exactions , envers ses forestiers ou pardessus, et leur permit découper du bois de chauffage pour leurs besoins et même pour le vendre, dans ses foresteries de Boujaille et d'Onglières. Il les autorisa en outre à couper du bois de construction , sauf à en faire la demande préalable au châtelain de Noieroy. Les habitants avaient aussi des bois communaux qu'ils pouvaient défricher, du consentement de leur seigneur.

Seigneurs. Lemuy faisait primitivement partie de la seigneurie de Salins. Gaucher IV, sire de Salins ,

as

en disposa en faveur d'un de ses fils naturels, du nom de Gérard , tige de la maison de Salins-la-Bande.

Gérard de Salins , dit le Bâtard , chevalier , par un acte du mois de janvier 1259 ( v. st.) , donna à Jean de Chalon , comte de Bourgogne et sire de Salins , tous ses droits sur ce village , et tout ce qu'il tenait en fief de ce comte , dans le môme lieu.

Cette donation ne devait avoir d'effet que dans le cas où il mourrait sans laisser de postérité légitime. Le donateur agit avec prudence en mettant celte réserve , car il eut un fils, du nom de Colin, qui lui succéda.

Colin de Salins, chevalier, était mort en 1306. 11 avait eu de Guycttc de Saint - Lothein , son épouse , entre autres enfants , Guy de Salins , dit Chambier , chevalier , marié avec Etiennette Chambier. Odon de Salins , chevalier, fils de Guy, testa le 27 avril 1588. Il choisit sa sépulture en l'église Saint-Mauris de Salins , dans la chapelle Saint- Georges , où ses prédécesseurs étaient inhumés.

Il eut pour héritier dans la terre de Lemuy, Pétrin de Salins , le second de ses fils , marié à une fille de la maison de Nozeroy, dont il eut Guy de Salins , dit Chambier, chevalier, seigneur du Pasquier, Nevy, Villers- Robert , Andelot , etc. Guy de Salins était, en 1411, conseiller, chambellan et maître d'hôtel du duc de Bourgogne, qui le nomma pour passer en revue les gens d'armes choisis pour accompagner la duchesse en son voyage de Paris. L'année suivante , il fut commis par le duc pour faire l'inspection des troupes que ce prince conduisait à l'armée du roi.

La duchesse de Bourgogne l'honora cette année, de la charge de son chevalier d'honneur. Ce seigneur tcsla le 30 août 1416, conjointement avec Etiennette du Pasquier, son épouse.

Pierre de Salins, fils de Guy, écu ver, eut par le testament de ses père et mère, les terres du Pasquier, Lemuy et le fief de Champagnole. Il mourut sans postérité , laissant sa forlune à Jeanne Damas, son épouse, qui agissait comme dame de Lemuy en 1419. Jeanne et Claude, sœurs, épouses de Jean et Pierre de Chauvirey, dames de Lemuy, vendirent cette seigneurie, le 19 mars 1528, à Jean de Marnix , pour 5000 écus d'or au soleil. Jeanne du Cerf, veuve de Jean de Marnix , et Jacques de Marnix , leur fils , la revendirent à Jeanne de Marnix, épouse de Nicolas de Gilley, le 24 janvier 1 538, moyennant 14,000 fr. Ce fief appartenait en 1557, à Jean de Saint-Mauris, président d'Etat et des finances aux Pays-Bas, marié à Eliennette Bonvalot, dont il eut Antoine de Saint- Mauris, seigneur de Lemuy, Cramans et Ecleux. Antoine de Saint- Mauris, seigneur de Lemuy, Cramans , Ecleux , épousa , le 3 juin 1561 , Claudine, fille de Biaise de Pontailler, et en eut , entre autres enfants , Alexandre de Saint-Mauris, qui lui succéda dans la terre de Lemuy et vivait en 1607. Ce seigneur s'allia à Dorothée Bouton , dame du Fay, qui le rendit père de Claude- Jacques de Saint-Mauris , comte de Bosjean , seigneur du Fay, Lemuy, etc., marié le 3 janvier 1633, à Charlotte de Vatteville , fille du marquis de Conûans , comte de Bussol in et de Louise-Christine, comtesse de Nassau. Claude- Jacques de Saint-Mauris, vendit Lemuy, le 2 mai 1670 à Claude d'Achey, baron de Thoraise, pour le prix de 60,000 francs. Claude - François Udressier prenait la qualité de seigneur de Lemuy en 1712. MM. Marie- Pierre- Bonaventure-Fidèle-Armand et Armand-Charles-Philippe d'Udressier,

frères, furent les derniers possesseurs féodaux de Lerauy. Ils éiriigrèrent en 1790 , et leurs biens furent vendus nalionalement.

Armoiries. La maison de Salins portait : de gueules à la bande d'or.

Gérard de Salins et ses successeurs avaient exactement les mêmes armes. Saint-Mauris portait : de geulesà la croix fleuronnée d'argent, au chef cousu d'azur charaé d'un aigle d'or, et Udressier : d'argent à deux rameaux entrelacés de $inople, chargés de fruits de pourpre.

Prévôté. La prévôté de Lemuy appartenait à une famille noble qui portait le nom de ce vilfage. Barbe de Lemuy fut témoin d'une donation faite en U59, par Gaucher III, sire de Salins , à l'abbaye d'Abondance.

Ctiâteau. A l'est du village , est une montagne en forme de cône tronqué. Son sommet était couronné par l'église paroissiale. Sur son revers nord-est , s'élevait un chàteaufort, entouré de murailles et de fossés. A côté, était la chapelle castrale et un parc de plusieurs hectares , dont il reste encore quelques arbres.

Les constructions ont disparu au xvn* siècle , et ont été remplacées par un châlet. Une modeste maison, dans le village , fut ensuite décorée du titre de château.

Seigneurie de Pontamougeard.

Elle consistait dans la justice haute, moyenne et basse , sur les sujets et sur le territoire, dans la banalité du four et dans des cens. Les habitants étaient main-mortables. Ils devaient une poule par ménage et un grand nombre de corvées pour amener du bois au château et faire des voitures de Villers-Farlay à Salins. Celte seigneurie fut (fabord possédée par une famille noble de nom et d'armes.

Piron de Pontamougeard vivait au xtn* siècle. Par un acte daté du jeudi

avant la Magdeleine, de Tan 1502 , Jean de Chalon, sire d'Arlay, et Etiennede Chalon, seigneur de Saint- Laurent , firent entre eux le partage des terres de Sainte-Agnes et d'Arcsous-Morilenot j et filèrent d'une manière certaine les limites de la seigneurie de Pontamougeard , qui appartenait alors à Jean de Chantrans, chevalier. Ils convinrent que ce gentilhomme aurait la garde de la maladrerie de Pontamougeard , de la même manière que Jean de Chalon l'avait laissée à Piron de Pontamougeard et à ses successeurs, à cause du partage de Neufchàtel.

Le 27 août 1601, Claude de Sera, écuyer , sieur de Pontamougeard et Jallerange , fils et héritier de Jean deSerozetde Bénigne deGrammont, vendit à Simon Gniîlame, de Salins , écuyer, anobli par le roi Philippe II, le 23 avril 1598, là seigneurie de Pontamougeard. Simon Guidante épousa Anne-Marie de Villeneuve, de laquelle il eut Alexandre-Ignace , Jeanne-Françoise et Louise , alliée à Philippe Udressier, écuyer, prévôt du puits à muire de Salins. Alexandre -Ignace Ùuillame , chevalier, seigneur de Pontamougeard et Saint-Tbiébaud , né à Salins, le 8 octobre 1628, fut l'on des derniers et des plus nobles défenseurs de la nationalité franc-comtoise. Elu mayenr dans sa ville natale, il profita de son ascendant sur les masses pour Calmer, en 1 668 , une émeute qui pouvait avoir les suites les plus déplorables. Le 22 décembre 1 672 , il reçut du gouverneur général des Pays-Bas, le litre de meStre-de-camp d'un terce d'infanterie , et fat nommé, au mois d'avril suivant , gouverneur des ville et châteaux de Salins, en remplacement de comte de Staremberg.

Après avoir vaillamment défendu

cette place , au mois de juin 1674 .

0 dot céder devant le nombre , et fit sa soumission à des conditions honorables. Sétant retiré en Flandres après la conquête du comté de Bourgogne par Louis XIV, il y prit du service , se distingua â la fameuse bataille d'Ensheim , gagnée sur Turenne, et à P issue de la campagne, se rendit à Braxdles. Il y fui accueilli avec la plus haute distinction par le gouverneur général, duc de Villa - Hermosa , qui le chargea de différentes missions diplomatiques très importantes. Il fit preuve de tant de sagesse et de loyauté dans la conduite des affaires, qu'il s'attira l'estime des souverains. Sa Majesté impériale le créa baron du Saint Empire romain. Il mourut à Mons, sur la fin de septembre 1 689. Ses obsèques et son mausolée furent magnifiques , et ce fut l'Etat qui en fit les frais. Par son testament daté de Salins , le % mai 1681, il avait légué l'usufruit de tous ses biens à Jeanne- Françoise de Guillame, sa sœur, et la nue-propriété à Claude-François Udressier , son neveu. Les descendants de M. d'Udressier ont possédé Pontamougeard jusqu'en 1790.

Château. Le château de Pontamougeard était bâti presque au sommet d'un coteau , entre Dournon et Le mu y. Il se composait d'une haute tour carrée , servant de donjon, de plusieurs corps-de-logis , disposés autour d'une cour carrée, d'un colombier en forme de tour et de vastes dépendances. Unpont-levis,jeté sur les fossés, communiquait avec une porte défendue par des tours. Le donjon encore debout en 1886, était déjà ruiné en 1602. Louis XIV voulant punir M. Alexandre Guillame de son inébranlable fidélité à son souverain légitime , donna l'ordre de démanteler son château de Pon-

tamougeard et l'hôtel qu'il avait â Salins. Le commissaire chargé de l'exécution , amenant à Pontamougeard force manœuvres et une compagnie de dragons, le 27 décembre 167* ; il se mit à l'œuvre, et l'édifice fut rasé jusqu'au sol. Il ne reste de cette construction que des caves, des pièces voûtées souterraines et la croix qui était au milieu de la cour.

Les héritiers de M. Maillard , ancien curé d'Arc-sous-Montenot, sont possesseurs des clefs du château et d'une couronne d'épines en fer, arlistement travaillée , qui surmontait Ha croix placée dans la cour.

Maladrerie. La maladrerie de Pontamougeard, construite vraisemblablement sur les ruines de l'un des hospices de l'abbaye d'Agaune , est mentionnée dans le testament d'Isabelle de Courtenay , épouse de Jean de Chalon l'Antique , de l'an 1257. Elle consistait en une chapelle, dédiée à Notre-Dame-des- AçentureSy et en un bâtiment contenant quatre chambres , outre le logement de l'hospitalier. Cet hospice était richement doté en fonds de terre , en dîmes et en droit déminage sur la ville de Salins. Le chapitre de Saint-Anatoile avait le patronage de la chapelle. En 1 566, Pierre Moureau, chanoine de Saint- Anatoile et prébendier de Pontamougeard, demanda la permission de prendre du bois de service dans les forêts du prince d'Orange , pour réparer la chapelle. Le 17 novembre 1586, Claude de Seroz, seigneur de Pontamougeard, prévint le chanoine prébendier « de mettre ordre à la maladrerie, en laquelle s'étaient retirés quelques pestiférés , qui mettaient tous les jours les habitants en extrême peine et qu'il ne savait comme les déchasser, à cause que quand on les appelle, Us se retirent

à l'église, en laquelle personne n'ose entrer pour l'infection qui y est , tellement que le communal de ce lieu s'était déjà assemblé plusieurs fois pour renverser la maison, parce que. les pestiférés sortaient la nuit et dérobaient tout ce qu'ils trouvaient. > En 1579, le magistrat de Salins se plaignit au parlement de ce que le chapitre de Saint-Analoile laissait tomber en ruine la maladrerie qui avait été érigée pour recevoir les lépreux du Bourg-Dessus de Salins , et retirait les revenus de rétablissement sans exercer l'hospitalité. Le pape Clément VIII , informé de ce qui se passait, prononça l'union de la prébende de Cernans, dite de Pontamougeard , à la mense capitulaire de Saint-Ànatoile. L'archevêque de Besançon permit , le 12 septembre 1657, la démolition entière de l'hôpital , parce que ses masures servaient de repaire à des malfaiteurs. Ses biens furent unis, en 1686 , à l'ordre du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, et en furent démembrés le 24 février 1696 , pour servir à la dotation de l'hôpital du Saint-Sépulcre de Salins, qui luimême fut réuni, en 1751, à l'hôpital général de la même ville.

Eglise. L'ancienne église de Lemuy, détruite en 18*3, se composait d'une nef, de deux chapelles couvertes en laves et d'un clocher couronné par un dôme. Les fenêtres étaient ornées de belles verrières peintes. L'une des chapelles appartenait au. seigneur de Lemuy , et celle dite des Trois-Rois, à celui de Pontamougeard. L'église actuelle, dédiée, comme la précédente, à saint Maurice, dont on célèbre la fête le 22 septembre , a été construite de 1843 à 1848, et a coûté 60,000 fr.

Elle est située en. dehors du village, au sommet de la montagne qui le

domine à Test. Elle se compose d'un clocher, de trois nefs , d'un chœur au milieu duquel se trouve le maîtreautel et de deux sacristies. Elle est imitée du style ogival, mais on y remarque de graves irrégularités.

Chapelle du presbytère. La position élevée de l'église de Lemuy en a toujours rendu l'accès très difficile. Il y eut de tout temps dans le village une chapelle, dans laquelle on célébrait les offices pendant l'hiver. Elle a été reconstruite en 1832 avec le presbytère. Elle renferme les reliques de saint Prosper et de sainte Félicité , ainsi que la statue miraculeuse de Notre-Dame-des- Aventures , qui était dans la maladrerie.

La madone est exposée sur le tabernacle , et des indulgences sont accordées à ceux qui la visitent.

Oratoire de Saint-Claude. A la suite des pestes et des guerres du xvii4 siècle, le village de Lemuy était complètement dépeuplé en 1647.

Quelques habitants de la terre de Saint - Claude vinrent s'y établir comme dans une contrée déserte :

habitués d'aller en procession le jour de la fête de saint Claude , ils firent construire un oratoire qu'ils dédièrent à ce saint et obtinrent le privilège d'y faire une procession le 6 juin. Cet édifice, ruiné en 1790, fut rétabli en 1844, par le zèle et la piété de M. Martine, curé de la paroisse. On y a déposé la statue et des reliques de saint Claude ; les habitants furent autorisés par Mgr. l'évèque à fêter saint Claude le 6 juin , et a aller ce jour-là processionnellement à l'oratoire.

Evénements divers. Pontamougeard , aujourd'hui humble hameau composé de trois maisons, était jadis un gros village de la paroisse de Cernans, traversé par un grand chemin , très fréquenté au moyen-âge.

Ce qui contribua à son développement et à sa prospérité fut aussi la cause de sa ruine. Continuellement sillonné de troupes, de bandes d'aventuriers et de pillards, il se trouvait sans cesse exposé à l'incendie et à la dévastation* La plaine dans laquelle il se trouve placé, servit plus d'une fois de champ de bataille.

Nous avons déjà raconté, à l'article Dournon, le combat mémorable dans lequel les Français éprouvèrent une honteuse défaite. Les tapisseries de l'église Saint-Anatoile retraçaient le fait suivant, arrivé à Ponlamougeard ou aux environs, avec la, légende suivante : comment le deux febvrier st.), veille de sainct

Anathoille , aucuns gens 4e guerre, du parti de Bourgoigne, en nombre seulement quatre cents , amenant artillerie à. Salins, furent envahis auprès de Dournon, par environ neuf cents François, gensdeguerre, Icllement que ils convinrent d'abandonner laditle artillerie et la laisser dans les champs , et eux se retirer auprès d'un rocher où ils furent assaillis desdicts François. Mais ils se deffendirenl si bien , que les François furent forcés de se retirer. Desquelles nouvelles cculx dudict Salins furent fort ébahis; et arriva que le le lendemain , jour de sainct Anathoille, du matin, ainsi que l'on porta en procession dévoste le fierté du glorieux sainct Analhoille , lesdicts François retournant en croyant emmener ladjete artillerie , voyant venir un bon nombre de gens d'armes dudict Salins à l'aide des quatre cents Bourguignons , s'en allèrent et se retirèrent touts , et par ainsi par l'intercession du glorieux sainct fut ladicte artillerie préservée et sauvée, et ladilte ville aussi. * Rien ne peint mieux les désastres causés par la guerre cl la peste à Lemuy que l'in-

terruption qu'on remarque dans les registres de l'état civil de cette paroisse, de 1636 à 1647. Pendant cette période, on ne trouve l'enregistrement d'aucun baptême, d'aucun mariage, d'aucun décès. Le village se relevait à peine de ses ruines, qu'un incendie le détruisit en 1648. En cette année, les chanoines de Saint-Anatoile firent remise des dîmes aux habitants, en considération de ce fléau. Le 9 novembre 1830, un incendie dévora une grande partie du village. Plus de cent familles , victimes de cette catastrophe, errèrent plusieurs jours dans les bois, dénuées de toutes ressources.

Curiosités naturelles. On remarque à Lemuy une source appelée la Fontaine- Mer , qui a cela de singulier,que fournissant un volume d'eau suffisant pour mettre des rouages en mouvement , s'il y avait de la chute, elle n'éprouve jamais de variation : elle sourdit d'un bassin de 36 à 40° de circonférence.

Biographie. Ce village est la patrie des trois frères Robbe, et de Jean-Pierre Poux , tous officiers décorés ; de Claude Pasteur, curé de Lemuy (1720-1806), prêtre zélé, 9jUi est parvenu par ses prédications, à supprimer dans sa paroisse l'ivrognerie, qui y était un vice dominant.

Bibliographie. Voir, sur Pontamougeard, les Annuaires de 1843 et 1843. — Titres communiqués, par M. Martine, curé de Lemuy. — Archives du chapitre de Saint-Anatoile de Salins , à la préfecture du Jura.

Lent, vg. de l'an*, de Poligny, canL , percept. et bur. de poste de Champagnolc ; paroisse de Sirod ; à 3 kil. de Sirod , 9 de Cbampagnole»

33 de Poligny, 33 d'Arbois et 43 de Lons-le-Saunier.

Altitude : 639m.

Le territoire est limité au nord par Hournans et Charency ; au sud et à Test par Sirod ; à l'ouest par Bourg- dc-Sirod , Sapois et Equevillon.

Il est traversé par les chemins tirant à Charency, à Equevillon , à Sirod et aux communaux ; par le bief de Froide-Fontaine qui y prend sa source et par le bief de Peuilly.

Le village est situé sur la rive droite de l'Ain, vers le sommet d'une montagne. Les maisons sont groupées, élevées d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée , construites en pierre et couvertes en bardeaux.

Cette commune a été réunie à celle de Sirod, le 28 octobre 1823 et en a été séparée le 10 janvier 1842.

Pop. en 1790, 153 hab. ; en 1846 , 229,; en 1851 , 201 , dont 104 nom. et 97 fem.; pop. spécif.

par kil. carré, 49 hab.; 23 maisons, savoir : dans la Grande - Rue 1 6, dans la rue de la Fontaine 3 , à la Maison Neuve 2, à la Baraque de Meueuson 1 , sur la Roche 1 ; 47 ménages.

territ. 410b 71% divisés en 948 imp. 407h 1 0*, savoir : 1 28h en boissapins et bois-taillis, 1 22 en broussailles, 115 en terres lab., 32 en prés, 11 en pâtures, et le surplus en friches, vergers et sol de bâtiments, d'un rev. cad. de 1918 fr.; conlrib. dir. en princip. 1237 fr.

Le sol , montagneux , peu fertile et craignant la sécheresse , produit du blé , de l'orge , de l'avoine , du méteil d'orge et d'avoine, peu de légumes secs , de navette, de bette-

raves, de lin, de fruits, des pommes de terre , du foin et des fourrages artificiels. On importe le tiers des céréales et le vin. Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 cent, pour écrit. Les terres sont généralement bien cultivées.

On élève dans la commune des bêles à cornes et des volailles. 10 ruches d'abeilles. On y engraisse des porcs pour la consommation locale.

On trouve sur le territoire, delà marne peu exploitée , des sablières, d'une extraction difficile; des carrières de pierre ordinaire , de taille et à chaux. L'eau y est très rare pendant les sécheresses.

Il y a un cbâlet appartenant aux sociétaires , dans lequel on fabrique annuellement 1 1 ,000 kilog. de fromage, façon Gruyère, de bonne qualité.

Les habitant» fréquentent habituellement les marchés de Charopagnole. Leur principale ressource consiste dans l'agriculture , le produit de la fromagerie et la fabrication des chapeaux de paille pour femmes.

Biens communaux : une maison commune, construite en i 852 , qui a conté 13,000 fr.; elle renferme la mairie, le logeaient de l'instituteur, la salle d'étude, fréquentée en hiver par 2 8 garçons et 1 7 filles, et la salle de la pompe à incendie; une fontaine avec lavoir couvert, placée sut le territoire de Sirod ; une pompe à incendie, et 164b 76* de pâtures, bois-sapins , broussailles, d'un rev.

cadast. de 644 fr.

Bois communaux : 37h ; coupe annuelle, 43 arbres de bois sapins.

Budget : receltes ord., 2456 fr.; dépenses ord. , 1803 fr.

Bureau de bienfaisance : revenu ord. 12 fr., fondé en 1854 , par M. de Cbambrun, préfet du Jura.

L — hhO — L

NOTICE HISTORIQUE

Suspendu à une grande hauteur sur les flancs d'une montagne au pied de laquelle gronde l'Ain, Lent domine les vallées de Sirod et de Mièges et occupe une position très agréable. La route qui met en communication Gbampagnole et Noieroy , est ouverte à Lent entre deux hauts rochers coupés à pic , appelés V Entre- Porte, Si ce passage est l'œuvre des hommes , c'est un véritable prodige de l'art, et il a fallu de longues années d'un travail presque cyclopéen pour l'exécuter. En le traversant , on ne sait lequel admirer le plus , ou de l'aspect grandiose de la nature jurassienne, ou de la force de volonté qui aurait triomphé de tant d'obstacles. La Montagne des Feux tire sa dénomination des feux qu'on y allumait jadis au solstice d'été, en l'honneur du soleil , et rappelle un souvenir des mœurs celtiques.

Il existe en France plusieurs villages qui portent ou ont porté le nom de Lent ou de Lans, et partout, on a trouvé sur leur emplacement des débris romains. Les fouilles qui s'exécutent en ce moment dans le département de Saône-et- Loire à Lans , restituent une multitude de précieux débris d'antiquités. Lent a toujours dépendu de la paroisse de Sirod et de la baronnie de Château - Vilain. On peut consulter, pour l'histoire de cette localité, l'article Sirod.

Letcherea, vg. de l'arr. , du cant. et du bur. de poste de Saint- Claude; percept. de Saint-Lupicin ; succursale ; à 15 kil. de Saint-Claude et 34 de Lons-ïe-Saunier.

Atlitude, 78im.

Le territoire est limité au nord par Chaux ou Les Chaux-des-Prés; au sud par Ravilloles ; à l'est par

Valfin et la Rixouse ; à l'ouest par les Piards et les Crozets. La grange delà Landoz, les hameaux de Ri von, d'Angelon , la grange Vichaumois , le vieux Moulin, le Moulin Neuf, les granges de Pré-Machuré , de la Molune, la Scierie, la maison d'Aval, la maison du village d'Aval, la grange du Crozat, la Ville, les maisons derrière la Ville, sur la Ville et du Fras nois, font partie de la commune.

Le territoire est traversé par les chemins vicinaux tirant à Ravilloles, à Chaux-des Prés, à Valfin et de Valfin aux Piards ; par les chemins dits des Crozets et de Cuttura , et par le ruisseau des Marais, qui y prend sa source.

Le village est situé sur le penchant oriental d'un agréable coteau, qu'entoure une ceinture de montagnes couvertes les unes, de boissapins , d'autres de broussailles et d'autres enfin de maigres pâturages.

Pop. en 1846, 372 hab. ; en 1851, 363, dont 196 hom. et 167 fem. ; pop. spécif. par kil. carré, hk hab. ; 72 maisons, savoir : à Leschères 37 , à Goulairon 2 , au Crozat 1, à la Landoz 7, à Ri von 1 1 , à Angelon 7 , à la vie Cbaumois 7 ; 77 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1768.

Les jeunes gens émigrent pour être domestiques à Paris ou à Lyon.

Plusieurs habitants vont pendant l'été en Suisse, pour faire de la maçonnerie et des fours à chaux.

Cadastre exécuté en 1812; surf, terril. 818h 85a, divisés en 1883 imp. 812h, savoir : 323 en boissapins, 213 en parcours, 143 en terres lab., 73 en bois -taillis, 4.0 en prés, 14 en friches, et le surplus en jardins et sol de bâtiments ,

d'un revenu cadastral de 2624 fr.

Le sol , montagneux et d'une fertilité moyenne , produit du blé , de l'orge, de l'avoine, du méteil de blé et d'orge , du maïs, des betteraves, des pommes de terre, du chanvre , du lin , du foin , peu de légumes secs, de fruits et de fourrages artificiels. On importe moitié des céréales et le vin. Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.

On élève dans la commune des bêtes à cornes , des volailles, et on y engraisse quelques porcs. 10 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire , de la marne non exploitée, de bonnes sablières, des carrières de pierre à bâtir et de taille, peu exploitées.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Saint- Claude, de Moirans, de Clairvaux et de Lons-le-Saunicr. Leur principale ressource consiste dans l'agriculture, le produit des fromages, l'exploitation et le commerce des bois. Ils sont généralement dans l'aisance. Quelques familles s'occupent de lapidairerie et d'autres de tournerie sur bois, pour le compte des négociants de Saint-Claude.

II y a deux châlets, dans lesquels on fabrique annuellement 12,000 kit. de fromage, façon Gruyère, et une scierie à une lame.

Les patentables sont : un marchand de bois, trois aubergistes et uu maçon. Les deux scieries Febyre ont été incendiées, l'une en 1832 et l'autre en 1836.

Biens communaux : une église , un cimetière derrière, une place publique devant et à côté de l'église; un presbytère, construit en 1825, qui a coûté 12,000 fr.; 5 puits communaux ; 7 fontaines, dont une avec lavoir couvert et les 6 autres avec

lavoirs découverts et abreuvoirs; une pompe à incendie et le bâtiment qui la renferme ; une maison d'école, contenant le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 45 élèves, le logement d'une institutrice laïque et la salle d'étude, fréquentée par 35 filles; une maison commune, renfermant la mairie et une fromagerie , qui servait autrefois de presbytère ; une autre maison commune au hameau de la Landoz, construite récemment et contenant une fromagerie , le logement d'un instituteur et une salle d'étude ; enfin 44 5h 50" de bois-taillis, bois-sapins, prés, pâtures et terres, d'un rev. cad. de 2624 fr.

Bots communaux : 37 7h 72*; coupe annuelle , 7b de bois-taillis , et 200 stères de bois-sapins.

NOTICE HISTORIQUE

On croit que Leschères tire son nom de la lèche ou lalche qui croit abondamment dans ses prairies. Ce village , membre de la paroisse de Saint-Lupicin et de la partie de la terre de Saint-Claude, dite la grande cellererie, n'a pas d'histoire particulière. On trouvera tout ce qui le concerne à l'article Saint-Lupicin.

Les seules dénominations locales dignes d'attention, sont : sous les Colonnettes , sur la Colonne , le chemin de la Joux à la Dame, et sous la vie Borgne.

Eglise. L'ancienne chapelle de Leschères, dédiée à saint Denis, apôtre , dont on célèbre la féte le 9 octobre, avait été érigée en succursale, le 17 juillet 1784. L'église actuelle a été construite en 1 834 et a coûté 35,000 fr. Elle se compose d'un clocher, de trois nefs , d'un chœur, d'un sanctuaire en forme d'hémicycle, de deux sacristies,

d'une Iribune sous le clocher et de deux tribunes sur les sacristies. La nef principale est séparée des collatérales par de belles colonnes ioniques , imitées de l'antique. Cet édifice, dont l'ensemble est d'un bel effet , renferme des reliques de saint Claude , de saint François de Sales , *de saint Denis apôtre, et un fragment de la vraie croix.

Biographie, Ce village est la patrie d'Hyacinte Faivre, né en 1 800, médecin dislingue en Amérique , lauréat de la faculté de médecine de Paris.

, commune réunie à celle de Villars-SaintrSauveur, le 7 août

Lésât , Les Haies, Lézet, Lezay, Leza, lézat- lez- Mouillières , vg.

de l'an*, de Saint-Claude , cant. et bur. de poste de More» ; percept. de Longcbaumois; paroisse de la Rixouse; à 7 kil. de la Rixouse, 8 de Morez , 20 de Saint- Claude et 58 de Lons-le-Saunier.

Altitude : 722m.

Le territoire est limité au nord par Château des- Prés et Grande-Rivière; au sud par Villard-lez-la-Rixouse et Longcbaumois; à l'est par Tan cua et la Mouille ; à l'ouest par Villard-lez-la-Rixouse et Chàleau-des- Prés. Les Mouillières , la grange du Four et te Moulin font partie de la commune.

Il est traversé par la roule dép.

n° 26, de Saint-Claude à Morez; par le chemin de gr. com. n° 28 , de Clairvaux à Morez; par les ch. vie. tirant des Mouilles à Château-des- Prés et par des embranchements de la route dép. du côté de la Rixouse et du côté des Mouilles; par la Bienne et le bief de la Culée.

Le village est situé contre le re-

vers escarpé d'un coteau qui s'incline vers la rive droite de la Bienne. Les habitations sont disposées par groupes , construites en pierre , couvertes en tavaillous et élevées d'un étage au-dessus du rez-dechaussée.

Pop. en 1846, 306 hab. ; en 1851 ,310, dont 169 hom. et Ut fem. ; pop. spécif. par kil. carré, 54 hab.; 56 maisons, savoir : 37 aux Mouillières et 19 à Lézat; 75 ménages. Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1793.

Les habitants n'émigrent pas.

Cadastre exécuté en 1822 : surf, terril. 574h 79» , divisés en 1279 parcelles que possèdent 100 propriétaires, dont 9 forains ; surf. imp.

568h 19% savoir : 166h en pâtures, 142 en terres lab., 141 en boissapins, 104 en broussailles , 14 en prés et lh 30a en sol et aisances de bâtiments, d'un rev. cad.de649fr.

Le sol , montagneux, est si peu fertile, qu'il ne produit que deux fois la semence. On récolle de l'avoine, de l'orge, peu de blé et de légumes secs, des pommes de terre, du chanvre , du foin et un peu de fruits dans la section de Lézat. Le revenu réel des propriétés est de 2 pour cent. On importe les trois quarts des céréales et le vin.

bétesà cornes et quelques ânes pour le service des moulins. 5 ruches d'abeilles.

On trouve sur le territoire, de la pierre à bâtir et de la pierre à chaux.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Morez.

Leurs principales ressources consistent dans la clouterie, l'horlogerie , la fabrication des lunettes , des râteaux , des fourches, le produit des fromageries et l'agriculture.

Chaque famille possède une parcelle de forêt , dont elle convertit le bois en charbon , qu'elle mène vendre à Morez.

Il y a un cbàlet aux Mouillières, appartenant aux sociétaires, dans lequel on fabrique annuellement 5500 kil. de fromage , façon Gruyère, et un autre à Lésât, dans lequel on en fabrique 5600 kil. ; un moulin à 3 tournants, avec une scierie mécanique pour bois de construction.

Les patentables, sont : 2 aubergistes et i marchand de grains avec voiture,

Lézat est la résidence d'une brigade de i i douaniers.

Bien$ communaux : un lavoir à Lézat» une citerne aux Mouillières , un pont en bois sur la Bienne, qui relie Lézat à Longcbaumois, et 341 h 03* de bois-taillis , bois-sapins , pâtures, broussailles et terres lab., d'un rev. cad. de 147 fr. L'instituteur et son école , fréquentée en hiver par 15 garçons et 13 filles, occupent une maison louée par la commune.

NOTICE HISTORIQUE

Perché vers le sommet d'un pic nu et pierreux, au pied duquel s'ouvre une gorge étroite entre deux rangées de hautes montagnes où coule précipitamment la Biennc , Lézat se trouvait en. quelque sorte perdu entre le Grand vaux et la terre de la Mouille. Entouré de rochers âpres, escarpés et stériles, il ne réunissait aucun des avantages que recherchaient les populations antiques pour former un établissement; aussi, son existence historique ne commence- 1- elle qu'au xive siècle.

Oa ne s'étonnera pas que la civilisation n'ait pas encore pénétré dans celte sauvage contrée et que les habitants y conservent toute leur

rudesse primitive, leurs superstitions et leur défiance.

Seigneurie, Lézat, les Mouillières et Tancua ne formaient qu'une seule communauté, démembrée de la vaste paroisse de la Rixouse. L'abbé de Saint-Claude y exerçait la justice haute , moyenne et basse , avec les droits qui en dépendaient, tels que la chasse et la pèche exclusives, ainsi que la propriété des cours d'eau. Les sujets étaient main-mortables et devaient la dtme , à raison de onze gerbes l'une. Le prieur de Saint- Lupicin avait la dime de chanvre, le grand prieur de Saint-Oyan, la mareigle, et le celerier, les droits ou la dime des animaux. En 1414, l'abbé de Saint-Claude accensa une partie du cours de la Bienne, sur Léxat , à Claude Rosset, dit Bolin , à charge d'un cens de deux gros par rouage.

Cette usine consistait en 1726 en deux moulins à farine , un battoir et une scie. Le 5 avril 1769, un autre accensement fut consenti à François Rosset-Bolin , pour construire un autre moulin , un battoir et une forge, sur la Bienne, depuis la pierre de la gorge, jusqu'au bief de la Lida. Le bief de la Lida luimême fut accensé depuis sa source, appelée Bourbouilton , jusqu'à la Bienne, moyennant le cens d'une livre de cire* à Claude-Pierre Rosset, en 1746.

PrévQté- La prévôté de Lézat fut inféodée à une famille noble, qui prit le nom de ce village et devint l'une des plus illustres de ln province.

Perrenet de Lezay, chevalier, seigneur de Lessart et de la Ferté, vivait en 1320. Il laissa de Jeanne de la Ferté , son épouse , Etienne de Grandval , dit de Lezay , chevalier, prévôl héréditaire du Grand vaux.

Ce seigneur, qui vivait en 13&Q, épousa Romanette de Vertamboz, et

en eut Girard de Grandval, chevalier, seigneur de la Ferlé et de Mornay, conseiller et chambellan du roi Charles VI, et de Philippe-lc-Hardi, duc de Bourgogne, Pierre et Albon de Lezay. Pierre de Lezay, écuyer, prévôt héréditaire du Grandvaux , vivait en 1400, et avait épousé Claire de Menthon, dont le frère était grand écuyer de Savoie. Pierre de Lezay et Gérard de Grandval , son frère, se rendirent au château de Moirans,en 1405, près de l'abbé de Saint-Claude, et firent entre eux le partage des successions de leurs père et mère, en présence d'un grand nombre de gentilshommes.

Pierre de Lezay eut trois fils, Humbert, Jean, marié avant 1420, avec Etiennette de Pra,et/e<m, religieux à Saint-Claude. Humbert de Lezay, écuyer, prévôt héréditaire du Grandvaux, s'allia à Alexis, fille de Gérard dePra, dont il eut, avant 1424, Jean de Lezay. Jean de Lezay laissa un seul fils, Jean, IIe du nom, écuyer, prévôt héréditaire du Grandvaux, qui épousa Jeanne d'Orly , issue d'une noble famille de Savoie. De ce mariage naquit Charles de Lezay, écuyer, marié le 1er août 1501 , à Jeanne, fille de Jean de Bercliot, seigneur de Malatrait et d'Aimée de Seyturier. Il épousa en secondes noces, le 2 janvier 1 522, Antoinette, fille de Jean de Civria et de Jeanne de Beaupont, dont il eut Pierre de Lezay, écuyer. Ce dernier épousa , le 17 février 1579, Antoinette, fille de Louis d'Azuel, seigneur de Moutonne et Rolhonay, et de Jeanne du Saix , et en eut Mathieu de Lezay, chevalier, seigneur de Moutonne, Marnézia, Publy, capitaine d'une compagnie de cavalerie au service du roi d'Espagne ; Jeanne, Salomé, Claudine et Jean de Lezay, capitaine héréditaire de Saint -Claude , qui

laissa de Jeanne d'Azuel, son épouse, Henri de Lezay, mort sans postérité.

Mathieu de Lezay s'allia, le 12 février 1614, à Antoinette de Chavirey, et en eut Thomas de Lezay, seigneur de Marnézia , le Chàtelet , capitaine d'infanterie au service du roi d'Espagne , marié le 29 avril 1655 , à Isabelle de Vichy. Claude- Humbert de Lezay, leur fils , seigneur de Marnézia, Moutonne, Beffia , Rothonay , le Chàtelet , lieutenant-colonel pour le service de sa majesté au régiment du duc du Maine, épousa le 10 décembre 1694, Claudine-Françoise de Poligny, fille de François de Poligny, seigneur d'Augea, Evans, etc., et d'Etienne- Jacques, dame de Nans. On peut trouver la suite des membres de cette famille, à l'article Saint Julien.

Paroisse, Lézat a toujours dépendu de la paroisse de la Rixouse.

Les patrons de cette comuune sont saint Cyr et sainte Julilte , dont on ne célèbre la fête que le 20 octobre.

Bibliographie. Archives de la préfecture du Jura.

Lteonna, commune réunie à celle de Villechantria , le 12 septembre 1821.

Licfnans, commune réunie à celle de Charézier, le 4 septembre

(la), commune réunie à celle de Pannessières , le 3 janvier

Lixoa, rivière qui prend sa source aux Crozets et se jette dans la Bienne , près de Lavans.

Lolala, Loisiacum, Loisium,

Loyeia, Losy , Loisy, Luaisy, Loisié, vg. de l'arr. de Lons-îe-Saunier, cant. et bur. de poste de Saint-Amour, percept. de Gigny ; succursale; à 14 kil. de Saint-Amour et 2b" de Lons-le-Saunier.

Altitude : 379m.

Le territoire est limité au nord par Cressia ; au sud par Graye et Charnay ; à l'est par Pymorin et Gigny; à l'ouest par Rosay, Chevreau et la section de Lamare. Les Bois , chez les Badenet , le Petit-Champagne, le Bois du Ban et Champagne font partie de la commune.

11 est traversé par la route départ.

n° 15 , de Saint-Amour à Orgelet ; par le ch. de grande com. n° 4 , de Lons-le-Saunier à Monlfleur; par les chemins vicin. tirant à Graye et à Gigny, à Champagne et à Rosay; par la rivière du Suran , qui y prend sa source , le ruisseau de Bellecombe et le bief de Loisia.

Le village est situé au pied d'un côteau , qui s'incline sur la rive droite du Suran. Les maisons sont groupées, construites en pierres, couvertes en tuiles creuses et bâties sans goût. Beaucoup sont élevées d'un étage au-dessus du rez-dechaussée.

La commune de Champagne a été réunie à celle de Loisia, le 26 juin

Pop. en 1790, 810 hab. ; en 1846, 686; en 1881, 707, dont 344 hom. et 363 fem.; pop. spécif.

parkil. carré, 61 hab.; 184 maisons, savoir : à Loisia 100, aux Bois 8 , chez les Badenet 1, au Petit-Champagne 8 , à Champagne 26, au Bois du Ban 17 ; 157 ménages.

Les plus anciens registres de PéUt civil datent de 1686. Les jeunes filles émigrent , pour être domestiques à Lyon.

Cadastre exécuté en 1827: surf.

Page 1