ACTIONNAIRE
leurs armes, deux Ijâto-is d'azur, semés de fleurs de lis d'or, passés en sautoir.
Amiral. Anciennemenl on a donné ce nom à ceux qui commandaient sur terre, comme à ceux qui commandaient sur mer. Les Sarrasins ont été les premiers qui aient appelé amiraux les capitaines et généraux de leurs flottas; après les Sarrasins, les Siciliens et les Génois accordèrent ce titre à celui qui commandait leurs armées navales. Aujourd'hui l'amiral est le chef et le commandant des armées navales et drs flottes. Il esta la tète et le premier ofllcier de toute la marine royale. Autrefois il y avait deux amiraux, l'un du Ponant et l'autre du Levant; mais dans la suite (1609), on réunit le commandement des flottes dans une seule main, et l'on créa deux vice-amiraux pour le Ponant et le Levant.
Du Tillet remarque comme une chose singulière, que l.nuis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon, créé amiral de France par le roi Louis XI, en liCo, se soil assis au parlement atix hauts-bancs, l'usage rtanf que les amiraux ne fussent qu'aux bas-bancs. Mais, suivant un arrêt rendu, à la réception de l'amiral deChâtillon, l'amiral n'eut point de séance au parlement.
Le pouvoir de l'amiral était autrefois extrêmement étendu. On peut voir au titre de i'ûrdoniiancede la marine de 1081, jusqu'où le roi l'a borné. Malgré cela les anciens amiraux n'avaient point de juridiction contentieuse ; elle appartenait à leurs lieutenanls ou oflîciers de robe longue; mais en 1620, le cardinal de Richelieu, en se faisant donner le titre de grand maître et simntendant du commerce et de la navigation, au lieu de la charge d'amiral qui fut alors supprimée, se lit attribuer l'aulorité de décider et de juger souverainementde toutes les questions de marine, même des prises, et du débris des vaisseaux. En 1609, la charge de surintendant général de la navigation et du commerce fut supprimée, et celle d'amiral fut rétablie la même aimée, en faveur du comte de Vermandois, avec le titre d'oilicier de la couronne. Il avait la nomination de tous les ofliciers des sièges généraux et particuliers de l'amirauté, et la justice s'y rendait en son nom; c'était de lui que les capitaines et maîtres des vaisseaux équipés en marchandises, devaient prendre leurs congés, passeports, commissions et sauf-conduits.
L'amiral en France porte pour marque extérieure de sa dignité, deux ancres d'or, passées en sautoir derrière son écu, les trabes ou traverses d'a-^ur semées de fleurs de lis d'or. L'amiral Chabot et plusieurs autres, dans les siècles passés, ne mettaient qu'une seule ancre. Entre les droits attribués à l'amiral, il avait celui du dixième de toutes les prises qui se font sur mer et sur les grèves, des rançons, et des représailles; il avait aussi le tiers de ce qu'on tirait de la mer ou qu'elle rejetait ; le droit d'ancrage, tonnes et balises.
General des Galères. Le royaume de France est bordé de deux mers , d'un cùtc de
HERALDIQUE. GRA iT.i
l'Océan , et de l'autre, qui est au midi , de la mer Méditerranée , sur laquelle étaient entretenues les galères de Fraii' e , qui étaient presque toujours dans le port de Marseille. Elles avaient un général, qui dans des temps fut connu sous le titre de capitaine général des galères, et dans d'autres sous celui d'amiral de Provence et du Levant. 11 était au nombre des grands ofliciers delà couronne. Mais depuis que le corps des galères a été réuni à celui de la marine, la place de général des galères a été supprimée.
Le général des galères portait pour ornements extérieurs de ses armes , selon le P. de Varennes et Paillot, deux ancres pass'es en sautoir derrière l'écu , les trabes tout unies. Quelques auteurs ne lui donnent qu'une ancre, mais h tort.
Grand maître des arbalétriers de France. L'oiïice de maître des arbalétriers était considérable en France dès le temps de saint Louis. Il avait le commandement sur les gens de pied. Du Tillet dans son Recueil des rois de France et de leur couronne, chapitre des connétables, et Pasquier dans ses Recherches, disent qu'il était ainsi nommé, parce que les arbalétriers étaient les plus estimés entre les gens de pied, les principales forces des armées françaises consistant en archers et arbalétriers. Le premier de ces auteurs ajoute que c'était un ofiice et non une commission, et que le colonel de l'infanterie lui a succédé. Il avait encore la surintendance sur tous les oflîces qui avaient charge pour les machines de guerre, avant l'invention et l'usage de la poudre et de l'artillerie. Il est difficile d'établir plus précisément en quoi consistaient ses fonctions et son autorité, et dans quel temps il a été connu sous le titre de grand maître des arbalétriers. Ce que l'ork en a de plus certain, est que sur un débat entre le maréchal de Boucicault et Jean sire de Hangest, dans lequel les arbalétriers, archers et canonniers soutenaient (jn'ayant pour supérieurs les maîtres des arbalétriers et de l'artillerie, ils n'étaient point dé()endants des maréchaux de France; le roi Charles VI jugea, le 22 avril UU, qu'ils étaient et demeureraient à toujours sous la charge des maréchaux au fait do la guerre. DuTillet rapporte ce jugement fort en détail, et ne donne point h Jean de Hangest le titre de grand maître des arbalétriers. Cet office ne subsiste plus depuis plus de trois siècles. Grand maître de l'arlillerie de France. Les prérogatives de cette charge, érigée en office de la couronne par Henri IV, au mois de janvier 1601, en faveur de Maximilien de Bethune de Sully, pair et maréchal de France, étaient des plus brillantes. Le grand maître avait l'inspection et l'autorité sur tous les ofliciers du corps de l'artillerie, et les ouvriers qui en dépendaient. Il passait lus marchés aux entrepreneurs, et prenait connaissance de tous les travaux qui se faisaient tant dans les arsenaux du royaume, que dans les sièges et les blocus des places. Il avait la surintendance sur les fontes des pièces de cinons, des mortiers, pierriers,
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DICTIONNAIRE IIKUALniQrn:.
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bombes, boulcls, etc.; comme sur la fabrique et comjHjsitioa des poudres de guerre et à giboyer, et sur les manufactures des armes. Il avait sa juridiction h l'arsenal de Paris, et était toujours colonel du réi^imeul royal artillerie. Avant l'invention delà [loudre, dont l'c'-po jue est tixée environ l'année 1330, il y avait des machines dt) guerre pour l'attaque el la défense des jilaces, sur laquelles le maître des arbalétriers avait inspection.
Dans chacune di-s armées de France il y avait un lieiitenanl-cjénéral de l'artillerie, (jiii, sous les ordres du grand-maître, y avait le commandement en chef sur tous tes officiers qui composaient ce que l'on nomme équipage de Vartilleric; comme lieutenant en second, commissaires provinciaux, ordinaires et extraordinaires, major, commissaire du parc, contrôleur, aumônier, prévôt, chirurgien, capitaine (le charrois, condu. leurs, et sur tous les ouvriers qui étaient à la suite de r('(}ui[)age : il était aussi aux ordres du général qui commandait l'armée.
L(; grand maitie avait sous lui un directeur général des écoles d'artillerie et des manufactures d'armes.
Pour marque dt; sa dignité de grand maître de l'artilierif, il oi'uait lécu de ses armes, de cinons, de mortiers, de bombes, de boulets, de pétards, de refouloirs, d'écouvil- Imis, enfin de lous les attirails d'artillerie (jui pouvaient sei-vir d'attributs.
Porte -oriflamme de France. L'oriflamme était la bannière ordiuaire de l'abbaye de Saint-Denis ; l'avoué de cette église la portait, parce qu'il en était le défenseur, et il coinmandail les vassaux de l'abbaye, lorsqu'ils étaient obligés de marcher pour la délense de ses droit'?, et d'y porter leur enseign.' : c'est de là qu'ils sont apiielés comumnément les porle-ntsei(jnes des e'ylises. Les cinites <le Vexin et de Pontoise avaient ce titre dans l'abbaye de Saint-Denis; ils en étaient les avoués et les jirotecteurs : c'est en cette qualité (lu'ils portaient l'uriflainme dans les guerres ()ui s'entreiaenaient pour la défense de ses biens. Eu temns de paix, c(.t étendard était su'^peiidu sur le tombeau (li; Saint-Denis, et, en temps de guene, l'abbé le mettait entre les mains de son abbé ou tie sou premier vas-al , (|ui était le comte d(! Vexin, après l'avoir liéiii avec (juelques juières particulières, (jui; l'on voit encore dr.ns les anciens rituels de Saint-Denis. Cette bannière n'a été jiortée, dans les guerres d nos rois, (ju'après (ju'ils sont deveims pro|iriétaires des comtés de Pontoise et de Manies, c'est-à-dire du Vexin. Le roi Louis le (Iros, le iiremier de nos rois ipii a possédé ce C(.'mté par la n'union que Pluliiipe 11 son pèic en avait faite à la couronne, a le prenner tiré l'orillannue de l'autel de l'église de Saint- Denis; il la lit porter dans les arméis lorsqu'il marcha contre renq)ereur Henri \', en 1124, avec SOS troupes et celles que l'abb:'; Suger avait ramassées, et en fit e\iiédi(,r une t harlo, coiisiTvée encore dans cette abbaye. Sun liis Louis le Jeune, ayaul enlrej'ris le
voyage d'outre-mer, en 11 V7, la pv'.l aussi dans l'église de Saint-Denis; et Philippe-Auguste, roi de France, ayant déclaré la guerre, en 1183, à Phdippes, comte de Flandre, se mit en campagne avec l'oriflamme, au récit de (iervais Derobernensis, historien anglais qui, sous l'an 118i, lui donne le nom de batinii^re de Charlemnr/tjr, écrivant que depuis le temps des empereurs jusqu'alors, on la tenait pour un signe certain d'une défaite entière ou de victoire, c'est-à-lire, qu'on ne la déployait jamais que dans la dernière nécessité des batailles. Le moine Kicher, dans sa chroni(pie de Sens, liv. ni,chap. 15, donne aussi à l'oriflamme le nom do bannière de Charlemagne, et fait la môme remarque que l'historien anglais, écrivant comme lui, qu'on ne la déployait que dans les grandes nécessités de l'État. Le roi Phili(ipe- Auguste, étant sur le point de faire un voyage d'outremer, en 1190, fut prendre en l'abbaye de Saint-Denis l'oriflamme, et la fit porter en la bataille de Bouvines, en 12I4-. Dans l'histoire de l'abhaye de Saint-Denis, par le P. Felibien , page IS'i- , année 112'i-, il est dit que le roi prit sur l'autel l'étendard ou enseigne de Saint-Denis, dit l'oriflamme, fait en forme de batmière ancienne ou gonfanon à trois pointes, ou queues, avec des houjipes vertes sans franges d'or, etc. On lit, page 328, que Charles VI alla prendre l'orillamme à Saint- Denis, en lil2, la donna à Hutin d'Auinont, lui passant au cou, | our la porter ainsi jusqu'à ce qu'une occasion de guerre l'obligeAt cle la déployer et de l'arborer au bout d'une lance d'or; ce qui fait juger que cet étendard n'était pas grand, page 332. Après la mort d'Hutin d'Aumont. (iuillaume .Martel, seigneur de Racqueville, lui succéda, et porta l'oriflamme à son cou devant le roi, comme il est dit page 333. L'orillamme fut rap[)ortée à Saint-Denis, page 335; le roi la reçut. En lilo, le seigneur de Bacqueville fut tué à la bataille d'Azincourt. Les rois ne l'ont point fait |)orter depuis, dit cet auteur : il en est seulement fait uientinn dans deux inventaii-es du trésor d' Saint-Denis, faits eu 153'«. el 159i. Il ignorait ce ipii est rapporté de l'an liC5. [Voy. La Iloipie, sur Harcoiirt et Gaillon.) Palliot, page 508, dit ([ue l'orill.inune était le sandal nu lafetas rouge , s, nié de flanmies d'or à deux queues, bordée de frange verte, et attachée au bout d'une Kince. Voyez le Traité des anciennes enseignes et étendards de France, de lacliajipe de Saint- Martin et de la dignité du grand sénéchal, ou da[iifer, qui portait cette cliappe aux batailles, de l'oriflamme, bannière de France et cornette blanche, in-i", imjiiimé h Paris, chez Etienne Kicher, en 1G37. On attribue cet ouvrage'à Auguste Galland, Olùivrcs mêlées de Lui/sel, [)agc 60.
Quelquefois nos rois h portaient euxméuic autour du cou sans la dé|iloyer, d'autrefois ils choisissaient un des plus nobles et des plus vailliuts chevaliers de leurs amis pour la jiorter déployée devant (Uix, et le chevalier faisait serment de la conserver aux dépeas de sa vie, et de la rapporter au môoio
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