‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 114 sur 236 · GR · texte numérisé non relu

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lieu ; c'est de ce chevalier qui portait l'oriflamme devant le roi que l'on a fait un grand onicier de la couronne: nous ne savons, dit l'auteur de la Vie de l'abbé Suger, imprimée en 1721, tome II, liv. iv, page 263 et suiv., SUT quel fondement, puisqu'il est certain que cet étenilurd n'était fioint celui de la couronne, en étant fort ditférent par la couleur, la ligure et la grandeur. La bannière de France était, continue le même auteur, d'un velours violet ou bleu céleste à deux endroits, semé de fleurs de lis d'or plus plein que vide , de forme carrée sans aucujies franges ])ar le bas; enfin ce n'était pas en qualité de rois qu'ils s'en sont servis ; il ajoute que c'était une preuve que l'oriflamme ne pouvait être la bannière du royaume, et finit par assurer que l'oriflamme disparut à la bataille de Ilosbecque, et que l'histoire n'en a pas fait depuis mention, et cite Auguste Galland et Ducange aux traités qu'ils ont faits de l'oritlamme.

Le roi Louis XI reçut l'oriflamme des mains du cardinal d'Alby, abbé de Saint-Denis, après avoir oui la messe dans l'église de Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers , à Paris, le vendredi 30 août liG.ï, pour aller combattre les Bourguignons, comme on l'ai)prend d'un manuscrit contem|ioraiii du P. llaupoint, prieur de celte église. On ne trouve plus depuis que nos rois s'en soient servis dans leurs guen^s. Il est fait mention d'une oriflamme dans l'inventaire du trésor de Saint-Denis, fait en 153i, et dans un autre fait en 159i. « 11 était d'un cendal fort épais, fendu par le milieu en façon d'un gonfanon fort caduc, enveloppé autour d'un bâton couleur de cuivre doré, et un fer longuet et aigu au bout. » Les marquis de Tlujry prétendaient l'avoir en 1677, et qu'il leur était échu comme issus de la maison de Gaillon.

Colonel général de rinfanterie française. C'était autrefois le premier officier de l'infanterie. Cette charge fut érigée en charge de la couronne par le roi Henri III, en faveur du duc d'Epernon, en lo8V. Ce prince attribua au colonel général le pouvoir de nommer généralement à toutes les charges qui vaqueraient dans l'infanterie française, sans excepter même celle de mestre-de-camp du régiment des gardes. Il lui donna aussi une justice particulière jiour jug r de la vie et <ie l'honneur des gens de guerre, sans être obligé d'y apjieler d'autres officiers que les siens. Il augmenta les appointements de sa charge, et il y attacha do plus une grosse pension. Il tirait outre cela six deniers pour livre sur tous les payements du régiment des gardes, ce qui montait à une grosse somme. Les honneurs qu'on lui rendait étaient extraordinaires: la garde était montée devant son logis par deux compagnies avec le drapeau, et le tambour battait toutes les fois qu'il entrait ou sortait. Toutes les prérogatives attribuées à cette place, qui rendaient cet officier trop puissant, et maître, pour ainsi dire, de toute l'infanterie, donnèrent lieu h la supjiression de cette charge.

Cette suppression arriva a la mort du second duc d'Epernon, en 1661. Le duc d'Orléans, régent du royaume , la fit rétablir en faveur de M. le duc d'Orléans son fils, en 1721; mais ce prince ayant prié Sa Majesté d'accepter la démission de cet office, il fut de nouveau supprimé par l'ordonnance du 8 décembre 1730, et Sa Majesté a ordonné que les mestres-de-carap de ses régiments d'infanterie française et étrangère porteraient à l'avenir le titre de colonel.

Le colonel général de l'infiinterie française portail pour marques de sa dignité six drapeaux aux couleurs du roi, blanc, incarnat et bleu, passés en sautoir derrière Vécu de ses armes.

Le colonel général de la cavalerie jouissait aussi de grands privilèges. Cet emploi ne fut érigé en titre d'office que sous Charles IX, en faveur de Claude de Lorraine, duc d'Aumale. Il fut d'abord partagé en d'ux : il y avait le colonel général en deçà des monts, et le colonel général en delà des monts. Sous Louis XMI, il y eut aussi deux colonels généraux : l'un de la cavalerie française, et l'autre de la cavalerie allemande. Ce'te dernière fut bientôt supprimée et réunie à la prem ère.

Les marques de sa dignité sont six cornettes aux armes de France, passées en sautoir derrière l'écu de ses armes. La charge de colonel général des dragons a été créée par Louis Xlv en 16B8, en faveur du duc de Lausun. Il portait dix étendards semés de France, passés en sautoir derrière l'écu de ses armes.

Grand aumônier de France. Le grand aumônier de France est le premier des officiers ecclésiastiques de la maison du roi; il est considéré en quelques occasions comme l'évoque de la cour. If est commandeur do l'ordre du Saint-Esprit, dès qu'il est nommé h la charge de grand aumônier, et ne cesse point de l'être tant qu'il en est revêtu; c'est un honneur attaché à sa dignité par l'institution de l'ordre en 1578. Cet office est en France le comble des honneurs ecclésiastiques, solstilium honorum : aussi a-t-il été très-souvent honoré de la pourpre; et depuis 1606 il n'a été |)0ssédé que par des cardinaux.

Le grand aumônier prête serment de fidélité entre les mains de Sa Majesté. Il donne le certificat de serment de fidélité que prêtent au roi sur l'Evangile (ordinairement pendant la messe) les nouveaux archevêques, évoques de France, et autres in parlibus ; les généraux d'ordre, le grand maître de l'ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem; les six grands prieurs de l'ordre de Malte en France, et encore quelques abbés; autrefois tous les abbés et abbesses faisaient au roi serment de fidélité. Il i)résente aussi au roi le livre des Evangiles pour faire le serment d'alliance, lorsque l'occasion s'en présente, comme cela se pratiqua dans l'église de Notre-Dame de Paris, au renouvellement d'alliance avec les ambassadeurs des treize cantons suisses, le 18 novembre 1663. Il marche à la droite du

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DICTIO.NMAIUK IIEUALDIQLE.

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roi aux processions : et le roi permettant à linéiques grands officiers de la maison de s'jisseoir |)endnnt le sermon, ou autre service de l'église, le sié:4e du grand aumônier est à la droite de Sa Majesté. ■

Le grand aumônier a la charge de la délivrance des prisonniers, qui se fait de la paît du roi pour son joyeux avènement h la couronne, en faveur du sacre des rois et des reines, de leurs mariages, de leurs iiremières entrées dans les villes du royaume, pour la naissance des enfants de Fiance, aux grandes fêtes annuelles, aux jubilés, au sujet de que.ijue victoire ou conquête signalée et pour d'autres occasions. C'est lui qui dispose du fonds destiné pour les aumônes du roi, et qui fait faire les onuMiients nécessaires pour la chapelle. Il vient, quand bon lui semble, faire le service, lOmme au lever et au coucher du roi pour assister aux prières de Sa Majesté; il estjjrésent aux festins royaux, môme au dîner et au sou|ier du roi pour la bénédiction et les grâces ; et à la messe oti il reçoit de la main des clercs de cha|)elle et oratoire, les heures du roi \w\ir les lui présenter, et le goupillon à la lia de la messe jiour lui donner de l'eau bénite. Il accompagne le roi quand il vient à l'offrande, de|)uis le prie-dieu jusqu'à l'autel. Ces mômes fonctions sont aussi faites |)ar le |iremier aumônier ou les autres aumôniers en son absence. il fait encore quelques fonctions, s'il se veut trouver à toutes les cérémonies qui se font chez le roi, comme le jour de la Cène, lorsque Sa Majesté lave les pieds <i treize pauvres enfants et lorsqu'il touche les malades. il donne au roi la communion et autres sacrements. Il baptise les dauphins, fils et filles de France, et autres dont le roi est jiarrain, et il fiance et marie, en présence du roi, les princes et les princesses, mais toujours l'aumônier ordinaire |irésent , qui inscrit dans les registres di; la paroisse les actes cpii se font en conséquence de ces cérémonies.

11 est d'usage que le jour de la Cène le grand aumônier, quand il est évôijue, donne l'absoute, ayant la crosse et la mitre. C'est lui, quand il se trouve à la cliaiielle, qui fait baiser l'Evangile et la paix au roi à certaines fêtes de l'année; en sou absence, c'est le premier aumônier ou ceux de ijuartier, • lui en font les fonctions. L'iisagi; est que, s'il se trouve près du |irie-dieu du roi un évoque en rocliet et en camail, l'aumônier de quartier lui cède cet honneur, et môme le premier aumônier le lui céderait s'il n'é- .ait pas évoque. Il donne des cendres à Sa Majesté, et lui accorde la dispense pour inanger do la chair en carême, et autres jours maigres, il ét.iblit sous lui un vicaire général de la grande aumônerie, (pii donne aux olliciers ecclésiasti(|ues de la maison du roi les certifuats de service.

Par le vingtième statut de l'ordre du Saint- Esprit, avant (pi'uii chevalier entre dans l'ordre, il est obligé de. faire sa profession de foi (litre les mains dn grani aumônier de

France, ou de l'un des prélats associés à l'ordre.

Le grand aumônier de France porte, audessus de l'écu de ses armes, un grand livre k roiivi'rl de salin d'azur avec les armes de France en broderie.

Grand maître de France. Sous la première race de nos rois, le maire du palais était comme un lieutenant-général par tout le royaume; et selon l'ancienne organisation do l'Etat, comme il y avait un duc sur douze comtes, et môme quelques autres ducs sur des |)rovinces tout entières, aussi le maire du palais était duc des ducs, et se qualifiait duc ou prince des Français. Son autorité ne s'étendait pas seulement sur la maison du roi, oiî il disposait de toutes les charges ; il avait encore grand pouvoir sur les gens de guerre, de justice et de li-iance, et sur toutes les affaires de l'Etat. Le grand sénéchal de France succéda au maire, et cette charge devint la première de la milice, et la plus considérable de la maison du roi. Aussi voyons-nous dans l'écrit du chevalier Hugues de Cléers, qui fut envoyé par le comte d'Anjou, Foulques V, son seigneur, à la cour du roi Robert, nour revendiquer la charge du grand sénéclial, dont ce comte était dépouillé, qu'il y est nommé maire de France, major, à cause, dit ce chevalier, que ce comte commandait l'avant-garde et l'arrière-garde dans les armées du roi ; le roi Uobert reconnut alors que cette charge était héréilitaire aux comtes d'Anjou. En effet, elle avait été donnée au comte Geoffroy (Irisegonnelle, dès l'an 977 ou 978, et ses successeurs en héritèrent.

Sous le grand sénéchal il y avait un autre oflicier qualifié sénéchal de France ; et ceux qui exerçaient cette charge auprès du roi, la tenaient en fief des comtes d'Anjou, auxquels ils rendaient honmiage, et certaines reconnaissances, comme dallcrau-devaiil du comte quand il venait au jialais, le faire loger, lui laisser servir le roi, etc. ; lui fournir à l'armée une tente pour tenir cent chevaliers, il avait aussi retenu une jiartie du pouvoir du maire du palais, et il jugeait des différends survenus à la suite de la cour, et entre les olliciers de la maison.

Le grand maître succédant au sénéchal, dont la charge cessa d'être remplie en 1191, après la mort de Thibaud, comte de Blois et de Chartres, qui en avait été pourvu en 1153, il eut droit de connaître, avec les maîtresd'hôteldu roi, de toutes les actions tant civiles que criminelles, qui se |iassaient dans les maisons royales. Cette juridiction fut restreinte parédit du 2o février 1318, et sup()Piiiiée par un autre édit du mois de décembre I.'Jd.'). Elle ne laissa pas de subsisterjusipi'en l;i«9, que par arrêt du 7 mars, il y fut mis des bornes. Enlin, par lettres-patentes du 11) se|itembre liOG, l'exécution de l'édit de 1355 fut ordonnée.

Lejiremicr, dontDu ïillet ait trouvé quelque mémoire, est Arnoul de Wesemalle, chevalier de l'ordre des Templiers, (jualilii- sourrrain tn'iilrc de l'hôtel du roi, sous le rè^'ie

.nCTIOMNAir.E IIERALDIQLK.

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(Je Pl)ilij)pe lo Hardi, vers Tan 1278. Lessuc- (a'sseuis en celte charge conservèrent le niômo titre jusqu'à Tliibault, seigneur de Neufcliâtel,qui, en U18, prit celui de grand maître de In maison durai ; mais en 1431, Jacques deCliabannes, seigneur de la Palice, se qualilia grand maître de France : titre qui resta h ses successeurs, en sorte que le roi le lui donnait dans toutes les lettres et [)rovisions d'onîciers, que Sa Majesté lui adressait, fonctions et prérogatives du grand maître.

Le grand maître avait autrefois la garde des clefs du Louvre, ou de la maison du roi. François de Lorraine, duc de Guise, pourvu en 1339, de la charge de grand mailrc, et mort en 136.3, fut déchargé de ce soin. Aux obsèques du roi, ajirès que tous les oîli ;iers avaient rompu et jeté leur bûton de conimandeuKnit dans le caveau, pour montrer qu'ils n'avaient plus do charge, le gr.uid maître n'y faisait entrer que la pointe du sien, avec lequel il touchait le cercjeil, [)uis il le retirait en entier. Mais après le repas funèbre qui suivait les obsèques, à la lin duquel les grâces élaient chantées |)ar la iiuisique du roi, il rompait son bâton, et ollVait se^ bons services auprès du nouveau roi, aux. ofliciersde la maison, pour les faire conserviT dans leurs charges. 11 réglait tous les ans la dé|5ense de bouche de la maison du roi. 11 avait juridiction entière sur les sept ollices, dont il donnait un certain nombre de charges, quand elles étaient vacantes. Tous les ofiiciers de ces sept offices prêtaient serment de fidélité au roi entre ses mains. 11 disposait autrefois de tous les ollices du gobelet et de la bouche; mais Henri duc de Guise, surnommé le Balafré, s'élant aperçu des justes déliances que le roi Henri m'avait de lui, renonça à la disposition des charges de ces deux oftices ; et Charles de Bourbon, comte de Soissons, son successeur sous Henri IV, s'en tint h cette renonciation.

Le grand maître recevait le serment de fidélité du maître de la chapelle de musique et du maître de l'oratoire du roi, des six aumôniers de la maison du roi ; du premier maître d'hôtel, du maître d'hôlel ordinaire, et des douze maîtres d'hôlel de quarlier;des trois grands ou premiers panctier, échanson, écujer tranchant ; des trente-six gentilshommes servants; des trois maîtres delà chambre aux deniers; des deux contrôleursgénéraux ; des seize contrô eurs clercs d'offices, du contrôleur ordinaire de la bouche, des commis au contrôle général; du grand inaître, du maître et de l'aide des cérémonies; des deux introducteurs ou conducteurs des ambassadeurs, et du seciétaire à la conduite des ambassadeurs ; de l'écuyer ordinaire du roi, et des vingt écujers servant par quartier; des quatre lieutenants des gardes de la porte du roi, des concierges des lentes, des interprèles en dilférenles langues, etc.

C'était sous l'autorité du grand maître, et en sa présence, que se tenait le bureau du roi (lour tous les marchés des marchands (jni

s'olfraient à fournir au rabais la maison de Sa Majesté. Ce bureau était alors composé du premier maître d'hôtel, du maître d'hôlel ordinaire, des douze maîtres d'hôtel servant par quartier, dos maîtres delà chambre aux deniers, des deux contrôleurs généraux, des seize contrôleurs d'offices, du contrôleur ordinaire de la bouche, et des commis au contrôle général.

On trouve dans lo livre du Prévôt de l'hôtel, parMiraumont, page 57, quels étaient en 1.37'i- les droits du grand maître, àqui, comme le disait le duc do Guise, possesseur alors de celte grande cliarge, il appartenait do faire l'élut général de toute la maison du roi, tant des aumôniers, gentilshommes de la chaujbre, maîtres d'hôtel, et autres énoncés dans les articles j)résentés par ce prince au roi Henri 111, préi-o,j;alives dans lesquelles il fut confirmé par Sa M.ijesté étant à Lyon, le 25 septembre de la même année 1371. Les aumôniers de la maison du roi prêtaient aussi serment de tidéilé au roi entre les mains du grand maître de la maison.

Les ornements extérieurs de ses armoiries sont deux bâtons garnis d'argent vermeil doré, dont les bouts d'en haut se terminent en couronnes fleurdelisées et fermées, passés en sautoir derrière Vécu de ses armes.

Grand chambrier de France. Cet officier possédait autrefois une des cinq grandes charges do la couronne, et il était non-seulement distingué du grand chambellan, mais il lui était, en quelque manière, supérieur par l'étendue de son pouvoir. 11 signait les chartes. Pendant longtemps, il précéda le connétable, et il jugeait avec les pairs de France; ce qui lui fut accordé par arrêt de l'an 122'i-. Le grand chambrier avait la surintendance de la chambre du roi, de ses habillements et de ses meubles. 11 avait sajuridiction à la table de marbre du palais à Paris, et il tenait sa charge à fief et hommage du roi, comme le reconnut li comte d'Eu, en 1270, à l'égard du roi saint Louis. L(.'s princes de la maison royale de Bourbon, do temps immémorial, avaient possédé cette charge, comme on le remarque sur les inscriptions de L'urs tombeaux aux Jacobins de Paris, et à la galerie basse du château de Moulins : ils ont prétondu même qu'elle était héréditaire dans leur maison. Après la mort de Charles, dernier duc de Bourbon, en 1327, le roi François 1" la donna à Charles de France, duc d'Orléans, son fils. Mais à la mort de ce (irince, arrivée l'an 1345, le roi supprima entièrement celte charge, et y substitua deux jiremiers genlilshommes de sa chambre, qui depuis ont été portés au nombre de quatre, qui servent par année. Le grand chambrier avait inspection sur tous les merciers, et sur les professions qui ont rapport à l'iiabillement sur lesquels il avait quidques droits, qui ont été quelquefois [)artagés avec le grand chambellan. Il [lortait pour ornements extérieurs deux clefs d'or, dont les anneaux se terminaient en couronnes royales, passées en sautoir derrière Vécu de ses armes.

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DICTIO.NNAIUE

Grand chambellan de France. On croit que cette charge est la plus ancienne de la couronnf . Gréj,'')''"*^ ^c Tours, et plusieurs autres historiens, i)arlent des chambellans et gt-ands chambellans de nos rois sous la première et sous la seconde race.

Le grand cliambellan avait soin des armes du roi, et lors(jue le souverain faisait des chevaliers, il |)r(5()arnit tout ce qui était nécessaire pour la cérémonie. Sa principale fonction était, dit-on, de coucher dans la chambre du roi, au pied du lit de Sa Majesté, lorsque la reine n'y était pas, comme on le remarque aux Etats des rois Philippe le Bel et Philippe le Long; c'est pourquoi, aux lits de justice et à l'assemblée des Etats, le grand chambellan devait gésir (c'est l'ancien terme), c'est-à-dire, être couché au pied du trô'ie de nos rois. 11 avait la garde du scel secret et du cachet du cabinet, aussi bien que celle du trésor du roi (lui était en sa cham.'ue; il se mêlait môme du manieiucit dos liiiances; donnait lus récompenses annuelles aux soldats, faisait les présents aux ambassadeurs, et il portait l'argent du roi i)our ses libéralitésjournalières et autres dépenses nécessaires. C'était lui qui recevait les hommages qu'on rendait au roi, et qui faisait prêter serment de lidélité en [irésence de Sa Majesté. Celui qui rendait hommagi^ entrait dans la chambre sans éj)ée, sans ceinture ni éjierons, aiaiit la tète nue, s'agenouillait aujirès de Sa .Majesté, et meltant si-s mains entre celles du roi; il lui [iromettait foi et hommage. Nous en avons un exemi)le dans Froissard, au premier volume de son Histoii'e, en l'hommage que le roi d'Angleterre , Edouard 111, lit h Amiens, le 30 mars 1330, entre les niains de Philip|)e, roi de France, à qui ce roi d Angleterre e:ivoya la reconnaissance de cet hommage en ces tenues : « Celui qui adressera les [jarolesau roi d'Anglcteric, duc d'Acjuilaine, et qui |)arlira pour le roi de Fiance, dira ainsi :« Vous devez hoin- « mage-lige au roi de France monseigneur, « qui cy est, comme ducdeGuienne et [lair « du France, et lui promettez fov et loyauté « porter : dites. Voire. » Le roi d'^/Vngleterrc, duc (Je Guienne et ses successeurs diioiit, Coi're.-et lors, le roi de France recevra le roy d'Anglelurre duc de Guienne audit hommage-ligu, à la foy et à la bouche, sauf son droit et l'autrui, et ainsi sera fait et renouvelé toutes les fois ([ue ledit honunage lu requerra et se fera : ut de ce baillerons, nous et les ducs du Guienne nos successeurs, lettres-patentes scellées de nos grands sceaux, si le roy de France le recpiiert. »

Lorsque le roi tenait son lit de justice ou les états généraux, le giand chambellan était assis îi sus |iieds, sur u;i carrc'au de velours violet, semé de tlenrs de lis d'or. Du Tillet, dans sf)n Iticueil des Huis de France, rap|)orto l'origine de cetle jin^rogalive en ces termes : «c'était au sujet de Kenéde Villebi'On, seigneur de Uaigncux, mort au iiorl de Tunis, en 1270. .Messire Pierre, grandchambellan du roi saint Louis, fut enterré à Saint-Denis, aux pieds de son maître, en la

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manière qu'il gissait à ses pieds de son vivant, et de ce est demeuré, que quand le roi tenait son lit de justice et le trône royal, 11." gra id chambellan est couché à ses pieds, et est ce lieu estimé rang honorable. »

Il porte pour ornements extérieurs d(( ses armes, deux clefs d'or, dont le haut se termine en couronne royale, mises en sautoir derrière l'écu.

Grand écui/er de France. L'ofTicier qui avait autietbis la s;iiinlend,ince des écuries de nos premiers rois, était nommé comte ou [iréfetde l'établc, comes stabuli. Ses fonctions étaient, outre le sf)in de veiller sur tous lesolliciers de l'écurie, de porter l'épée du roi dans les grandes occasions , d'où vient qu'il avait le nom de protospataire, et sous lui était un autre ofRcer, qui, en son absence, rem|)lissait ses fonctions; on le rommait spataire, parce que sub marjno domeslico, et absente, ferebat spatem imperatoris; ujais quand on eut dunné aux connétables et aux maréchaux de France le commandement absolu des armées, sur lesquelle-i plusieurs auteurs prétendent que Je cimnétable avait déjà une sorte d'autorité, le spataire, ([ui sous eux était maître de l'écurie, en eut toute la sui intendance.

Ou trouve sous Philippe le licl, en 1294., K'i^er surnommé l'Eruyer, à cause de son emphji, qualilié maître de l'écurie du roi. Ce titre lu; conservé par ses successeurs. En 1316, Guillaume Pisdoe fut établi premier écufjer du corps, et maître de l'écurie du roi. Alors ils étaient (luatre écuyers du roi, dont deux devaient être toujours à la cour, l'un pour le corps, c'est le premier écuyer, l'autre pour le tynel, c'est-à-dire pour 1.' commun, qui se qualifiait aussi maître de l'écurie du ri i, avec cette différence pourtant, que ceux du tynel dépendaient du maître d'hôtel, en sorte(|u'ils au [)ouvaient s'éloigner de la cour sans leur congé ; au liuu que celui du cori)S ne prenait congé que du roi.

Le titre qu'avait porté Guillaume Pisdoe fut donné à ses successeurs jusqu'à Philipiio de tieresmes, qui, par lettre du 19 sepiembie 1399, fut établi premier écuyur du C(jrps et grand maître de l'écurie du roi. Tanneguy du Chaslel, [)oinvu d • la môme charge sous le roi Charles Vil, fut quehpielois (jualilié grand écuyer, et Jean de Gargues;ille se donnait aussi celte qualité. Au commencement du règne de Louis XI, Alain Goyon fut honoré par le roi, du titre de grand écuyer de France, (lui resta à tous ses successeurs en la môme charge.

Le grand écjyer prêtait serment entre les mains du roi, ('t i)resquo tous les autres oïliciers le|irêtaient entie les siennes. Sa charge lui donnait le fwuvoir du dis|)i).'ier des cliàrges vacaiiies de la grande et de la petite écurie, et des autres membres ipii on dépendaient : cojiime des charges et olîices d'écuyer de la grande écurie de sa majesté, des écuyers cavalcadours, dus gouveriiuurs, .sous-gouvurneurs, précepteurs et maîtres pour enseigner les [)ages, comme aussi de leurs premiers valets, des oorte-éiiécs doi'a-

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DICTIONNAmE HERALDIQUE.

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rement, deshdrautsd'armes.dujuge d'armes, porte-manteau\ et porte-cabans, des fourriers, trompettes, valets de pied, cochers et postillons, palefreniers et maréchaux de forge, des autres ofiiciers desdites écuries, comme aumôniers , argentiers , médecins , chirurgiens , apothicaires, garde-meubles , amblcurs, cuisiniers, aides de cuisine, sommeliers, aides de sommeliers, lavandiers, portiers, conducteurs du chariot et arroseur du manège, joueurs de violon, hautbois, saqueboutesetcornets, hautbois et musettes du Poitou, joueurs de fifres et tambours, et joueurs <ie cromornes et trompettes marines, des officiers du haras, des ouvriers et marchands fournissant les écuries, et enfin des chevaucheurs de l'écurie. C'est dans cet ordre que ces officiers étaient rangés sur l'état général des écuries du roi, défiosé à la cour des aides. On y a ajouté au pénultième rang, les intendants et trésoriers desdites écuries. Tous ces officiers prêtaient serment de fidélité entre les mains du grand écuyer, et ne pouvaient jouir des privilèges et exemptions attachés à leurs charges , s'ils n'étaient employés sur les étals signés et arrêtés de sa main.

En quelque lieu que le grand écuyer se fût rencontré hors la cour, et dans les emplois hors de France, on l'avait toujours vu pourvoir à ces charges, lorsqu'elles venaient a vaquer, et même le roi Louis XllI n'a voulu jamais donner aucune charge dépendante de cclledu grand écuyer, durant la disgrâce de M. de Bellegarde, iorscju'il éiait dans le royaume, mais lui en laissa toujours la libre disposition; môme depuis la détention de M. de Cinq-Mars jusqu'à l'arrêt de sa mort, le roi ne pourvut à aucune de ses charges.

Legrand écuyer ordonnait detousles fonds qui étaient employés aux dépenses de la grande écurie du roi et du haras, tant pour les nourritures des écui ies, pages et officiers servants étant retenus à la grande écurie, que des chevaux et coureurs, aussi bieuque pour les gages, droits, récompenses, entretenemenls, livrées et payements des fournitures de tous les officiers des écuries. Le grand écuyer ordonnait toute la livrée de la grande et de la petite écurie, du haras, et les habits de livrée pour plusieurs corps d'officiers de la maison du roi.

Nul écuyer ne pouvait tenir à Paris ou dans quelque autre ville du royaume, académie pour instruire les jeunes gsntilshomrues à monter à cheval, aux exercices de guerre et autres convenables à la noblesse, sans ordre et permission formelle du grand écuyer de France, qui leur en faisait expédier des lettres.

Aux premières entrées que le roi faisait h cheval dans les villes de son royaume, et aux villes de conquête, où il était re(,u avec cérémonie, le grand écuyer marchait à cheval directement devant la personne du roi, portant l'épée royale de sa majesté dans le fourreau de velours bleu, parsemé de Heurs de lis d'or, avec le baudrier de même étoile,

son clieval caparaçonné de même : de là vient qu'il mettait cette' épée royale aux deux côtés de l'écu de ses armes, et le dais qui était porté sur le roi par les échevins, lui appartenait, mais il le donnait ordinairement aux valets de pied.

Le grand écuyer marcha de cette sorte à la cérémonie (jui fut faite pour la majorité du roi Louis XIV, en 1651, et à l'entrée de leurs majestés en la ville de Paris, en 1660. 11 avait aussi séance au lit de justice, à côté du grand chambellan, qui s'asseyait toujours aux pieds du roi dans ces sortes de cérémonies. Ce (pii se pratiqua depuis au lit de justice pour la majorité du roi, le 22 février 1723, ou l'on vit le grand écuyer marcher le long des salles du palais, iuunédiatement devant sa majesté, portant l'épée royale, et s'asseoir à la droite du roi, au bas des premiers degrés du lit de justice. Il portait aussi ré|>ée royale aux pompes funèbres.

Aux entrées des rois et autres cérémonies, il faisait servir les trom])ettes , hautbois , violons, fifres, tambourins, saqucboutes et cornets de l'écurie, pour rendre la fête plus célèbre. A la mort nés rois tous les chevaux de la grande écurie et du haras, et tous les harnais et les meubles en dépendant, devaient ap|iartenir au grand écuyer.

Il porte pour marques de sa dignité, à chaque côté de .ses armes, l'épée du roi dans le {uiirreau , avec le baudrier. La garde de celle épée est d'or, couverte de fleurs de lis de même ; le fourreau et le baudrier de velours bleu, semés de fleurs de lis d'or, les boucles du ceinturon ou baudrier aussi d'or.

Après le grand écuyer, il y avait une charge d'écuyer commandant, qui fut supprimée à la niorl du comte de Saint-Maur, ()ar lettres-patentes du mois dejanvier 1761; et par édit du mois de septembre 1772, registre au parlement le 31 mars 1773, sa majesté créa une charge de premier écuyer en la grande écurie, dont elle se réserva la nomination. Ce premier écuyer prêtait serment entre les mains du grand écuyer, et faisait auprès de sa majesté le même service achevai que le grand écuyer, lors(iu'il était absent; il donnait l'ordre du service à la grande écurie, lorsqu'il l'avait reçu de sa majesté, de même manière que l'aurait fait le grand écuyer, et lorsque le premier écuyer suivait sa majesté à l'armée, il était accompagné d'un page, suivant l'ancien usage.

Ecuyers de main du roi. Lorsqu'il se faisait quelque détachement de la petie écurie, c'était le premier écuyer qui présentait au roi l'écuyer ordinaire de sa majesté, ou l'un de ses écuyers de quartier, pour être commandant de" ce délacheiiient durant le voyage. C'est ainsi que le premier écuyer en usa l'an 1679, lorsqu'il fallut faire accompagner la reine d'Es[iagne; de même, en 1680, pour aller recevoir sur la frontière madame la Dauphine; en 168i, pour servir madame la duchesse de Savoie; en 1696, pour servir madame la duchesse de Bourgogne. Cet écuyer, dans toutes ces occasions, a commandé le détachement de la petite écurie.

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consistant en six pages, nombre de clicvaui de selle et de carrosse, et des gens qui ont aiMOulumé d'en avoir soin. En 1701), |)Our aller coiidniie Philippe V, roi d'Espagne, et niesseigni'urs les ducs de Bourgogne et de Berry, ipii raccompagnèrent jusqu'à la froitière', le jireniier écuyer nonnna au roi M. du Saussey, écuyer de quartier, qui commanda le détachement de la petite écurie, consistant en douze pages et [ijusieurs autres officiers. En 1720, c'a été M. de la Beanvaisière le père, (pii a commandé le délachi;ment l'ait poui' madame la princesse de Modène; en 1721, M. île Jouis a eu le counnandement pour la conduite de mademoiselle de Muntpensier, accordée au [)rince des Asluries, et, en 1722, M. Talon, pour la conduite do madenioiselle de Beaujolais , accordée à l'infant don Carlos; en 1723, [lour conduire l'infante d'Espagne, M. du Saussey ; la même année, jiour amener la reine à Fontainebleau, M. de Beaussan; en 1739, pour mener Madame sur les frontières d'Espagne, j>our épouser don Philijipe, infant, M. de Vigny; en 17ii, pour aller chercher l'infante d'Espagne, première femme de monseigneur le Dauphin, M. de la Bivoire; en 17i7, i)Our aller chercher à Strasbourg madame la Dauphine, M. Desangles, écuyer de quartier, aussi bien que les précédents.

Les écuyers de main prêtent tous serment de lidélité entre les mains du grand maître de la maison du roi.

L'écuyer de jour doit se trouver au lever et au coucher du roi, pour savoir si sa ujajesté ne veut point monter à cheval, et si le ri>i doit aller à la chasse, et prendre ses bottes. L'écuyer doit lui mettre ses éperons, connue il les lui ote aussi, toutes les fois que le rci monte à cheval ou en carrosse; il suivait môme S. ,M. à dieval, avant la dernière réforme. Pendant la journée , les écuyers suivent le roi et entrent avec lui partout, excepté si S. M. tient conseil ou veut être seule; alors ils se tiennent dans sa chambre la plus proche. Quand le roi allait à la chasse, à cheval ou eti cairosse, l'écuyer suivait toujours, avant la réforme, innuédiatement avant le cheval ou carrosse de S. M., alin (juc!, si le roi venait à tomber, l'écuyer le pût soutenir ou le relever; ce qui est de son ollice, même [>our donner son cheval à S. .M., si le cheval du roi était blessé, ou boiteux, ou rendu, soit à la chasse ou à la guerre. Dans la marche oïdinaire, l'écuyer jiartageait la croupe du cheval du roi avec l'oliicier des gardes, cet écuyer ayant le côté gauche, qui est celui du montoir, en cas que le grand et le premier écuyer n'y soient pas.

Aux funérailles îles rois, l'un des écuyers porte les éjjerons. l'autre les ganielets, un autre tient lécu des armes de France, entourées des colliers des ordres, un autic tient la cotte d'armes, et le jiremier écuyer, ou en son absence le plus ancien, porte l'armet ou casciue limbi'é à la royale. Ces cinq écuyers, vêtus de deuil, marchent après le ctiariot d'ai'mes, leurs chevaux, <'ouverts de velours noir croisé de satin blanc, ayant

HERALDIQUE. C.RA 4i0

autour d'eux plusieurs pages vêtus de deuil.

Pages de la grande écurie. Les pages de la grande écurie étaient instruits à toutes sortes d'exercices, connue à monter à cheval et autres. Les pages de la chambre du roi do la grande écurie servaient à l'armée d'aides de camp aux aides de camp de S. M. Le soir, pour éclairer le roi, quatre pages, savoir, deux de la chambre, deux de l'écurie, oni chacun devant S. M. un llambeau au ]ioing de cire blanche. Quand le roi allait tirer, quatre pages de la grande écurie étaient détachés pour être auprès de S. M., et on les appelait les quatre ordinaires ou les quatre surtouts , à cause du surtout bleu qu'ils avaient alors. Ils suivaient le roi, et [loitaient ses chiens de chasse, a cheval, sur des coussins. Lorsque le roi donnait à manger à quelques seigneurs ou à quelques dames , en public, les pages servaient les dames et les seigneurs; mais les princes et princesses de la maison royale étaient servis par les oflicicrs du roi.

Onze pages étaient détachés pour suivre le roi h chaque voyage; mais en route de guerre il y en avait un plus grand nombre. A l'armée, les armes du roi étaient toujours portées à la suite de S. M., soit sur un chariot, soit sur un cheval de bût; et s'il y avait apparence de bataille ou de combat, le doyen des pages de la grande écurie prenait avec lui les armes du roi, alin d'être tout prêt à les lui donner dans le moment. Ces armes consistaient en un casque, une cuirasse et des tassettes ou demi-bras. Il y avait aussi pour lors une selle d'armes sur le cheval du roi, garnie île lames d'acier.

11 fallait faire preuve d'ancienne noblesse militaire dejiuis l'an 1350, sans aiioblissement connu, pour être reçu page à la grande écurie.

Pages de la petite écurie. Les pages de la petite écurie servaient, ainsi que les pages de la chambre du roi et de la grande écurie, d'aides de camp aux aides de camp de Sa Majesté. Quand le roi allait tirer, six pages de la petite écurie et le porte-aniuebuse [lortaient les fusils de sa majesté. Le gibier que le roi tuait était ramassé par l'ancien page, qui l'aiijiortait dans le confier jusqu'au cabinet de sa majesté, qui souvent avait la bonté d? lui en donner quelques pièces pour lui et pour ses camarades. Dans les chasses, le nombre des | âges n'élart point limité. A la chasse du cerf et autres chasses, quand il y avait des dames montées sur des chevaux de la petite écurie, on donnait un page de la petite écurie jiour accompagner chaque dame. Le carnier étaient deux [lOches à l'antique, en manière d'escarcelle, plus larges par le bas que par en haut, ({ui tenaient ensemble et se mettaient sur un cheval.

Le soir, jiour éclairer le roi, deux pages de la chambie, un page de la grande et un de la petite écuiie, [lorlaient chacun, devant sa majesté, un llambeau au (loiiig de cire blanche. Autrefois les pages de la petite écurie éclairaient dans Paris le carrosse de sa majesté, quand il était à deux clicvaux ;

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DICTlONNAliïE

mais dans la suite il n'y e.il que les valets de pied qui l'édairassent; que si le roi marchait de nuit, en campagne, en carrosse de six ou huit chevaux, ordinairement quatre pages de la petite écurie éclairaient autour du carrosse du corps, pour le roi, et deux autres pages de la petite écurie, pour chaque carrosse qui suivait.

11 fallait faire preuve de noblesse depuis l'an 1550, sans anoblissement connu, pour être admis aux pagi'S de la petite écurie.

Grand bouteiller de France. Nom qu'on donnait anciennement, qu'on nonnna depuis le grand échanson, et qu'on apptlait alors en latin buticularias, comme on le voit dans une souscription du testament de Pliilippc- Augusle , rapportée [lar Rigord. Le grand bouteiller était un des cinq grands ofliciers de la couronne, qui signait dans les patentes des rois, ou du monis assistait à leur expédition. Il avait séance entre les princes, et disputait le pas au connétable. Il prétendait avoir droit de présider à la chambre des comptes; et l'on trouve en elfet sur les registres de cette chambre, qu'en 1397, Jean lie Bourbon, grand bouteiller de France, y fut reçu comme président. Depuis même, cette prérogative tut annexée par édit du roi à la charge de grand bouteiller; mais, soit négligence de la part du titulaire de celle dernière charge, soit disposition contraire de la part du souverain, ce privilège ne subsista pas, et la charge de grand bouteiller fit elle-même place à celle de grand échanson. Au reste, cette dignité était fort considérable du temps de Charlemagne ; et Hincmar, en |>arle comme d'un d.s principaux postes du palais des rois.

Grand échanson de France. Cet officier se trouvait avoir rang aux grandes cérémonies, comme à celle du sucre du roi, aux entrées des rois et reines, aux grands repas de cérémonies, et à la cour, le Jeudi-Saint, de uième que le grand panelier et le piemier écuyer tranchant. Les fonctions que remplissaient ces trois officiers dans ces jours de remanjue, étaient celles que faisaient journellement les gentilshommes servants ; mais ces derniers ne dépendaient ni ne relevaient point des premiers.

Le grand échanson succéda au bouteiller de France, qui était l'un des grands ofliciers de la couronne et de la maison du roi.

Il portait à l'extérieur de ses armoiries, jiour nianiue de sa dignité, deux /laçons d'argent vermeil doré, où étaient gravées les armes du roi.

Grand panctier de France. Cet office élait l'un des grands de la couronne et de la maison du roi ; mais celui qui en était pourvu ne servait ordinairement que dans les grandes cérémonies, suivant l'ancien usage, le premier jour de l'an, et aux quatre bonnes l'êtes de l'année.

On ajouta par tradition, que le roi saint Louis donna à son maître panelier le droit de recevoir les boulangers de la ville de Pans, fe'l lui attribua une petite justice correc-

lîDîlALDIQlJE. GKA 4l'i

tionnclle, jusqu'à six denii-rs d'amende contre les maîtres et trois deniers contre les garçons. La juridiclion du grand panelier s'étendait sur toutes les causes qui pouvaient survenir entre les boulangers, soit jiar rapport aux entreprises du métier, soil par rapport aux batlerir's sans effusion de sang et clameurs, hormis pourtant la clameur de propriété. Celte juridiction du grand panelier lui fui conservée par un arrêt de la Toussaint 1281.

Le premier qui soit mentionné dans l'histoire sous le titre de panelier du roi, c'est Eudes Arrode, mort en 1217. Son successeur se qualifia maître panelier de France. Sous Mathieu de Trie, panelier de France, l'on com|)la jusqu'à sept paneliers du roi, et sous Raoul, dit Herpin, seigneur d'Erquery, qui lui succéda, il y eut huit paneliers du roi. L'on en trouve encore quelques autres qualifiés de la môme manière, sous quel- ([ues-uns de ses successeurs. Gui, sire de la Roche-Guyon, est le prem er que l'on sache avoir eu la qualité de grand panelier de France. Elle lui est donnée dans un arrêt du parlement, du 22 janvier 1W6, et celte qualité ne fut tout à fait établie que sous le règne de Charles VIL

Il portait à l'extérieur de ses armes la nef d'or et le cadenas que l'on mettait pour le couvert du roi.

Grand veneur de France. L'office de grand veneur de France est ancien ; mais le litre n'est que du temps de Charles VI. Les prédécesseurs de ce roi avaient un maître veneur, et le premier qui soil connu sous ce titre est GcolTroi, sous le règne de saint Louis, en 1231. Plusieurs de ses successeurs eurent la même qualité, jointe à celle de maître ou enquêteur des eaux et forêts, ou grand forestier. Quand ils perdirent celle dernière, ils eurent celle de maître veneur et gouverneur de la vénerie du roi. Louis d'Orge'lin fut établi, le 30 octobre H13, grand veneur et gouverneur de la vénerie du roi; et Jean de Berghes, seigneur de Cohen et de Marguillies en Artois, fut le premier qui fut honoré du litre de grand veneur de France, par lettres du 2 juin 1118. Il i)rêtait serment de fidélité entre les mains du roi, et donnait les provisions aux officiers de la vénerie, sur lesquels il avait la surintendance, et dont presque toutes les charges étaient à sa dis[)Osilion, quand elles va(iuaient par mort.

Le roi étant à la chasse du cerf, quand il montait à cheval pour aller au /a/ssez courre, le grand veneur ou, on son absence, celui qui commandait la vénerie, présentait à Sa Majesté, pour parer et écarter les branches, un bâton de deux pieds, dont la poignée était pelée, depuis la fête de la Madeleine, sur la tin du mois de juillet, jusqu'au mois de mars, à cause qu'en ce temps-là les cerfs couchent au bois, et le reste de l'année, ce bâton élait couvert de son écorce; et quand le cerf était pris, lu piqueur en coupait le pied droit, qu'il Jonnait au lieutenant de la

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DICTIONNAIUE

vénerie (ou grand veneur, s'ii y était), qui le présentait au roi. Il met de chaque cùté de l'écu de ses armes deux cors d'or htcc leurs engiiichures.

Grand fauconnier de France. L'origine de la charge de fauconnier du roi est do l'an 1230. Jean de Beaune exerça cette charge depuis ce temps jusqu'en 1238. Etienne Grange était maître fauconnier du roi en 1274. Tous ses successeurs eurent la môme qualité jusqu'à Eustache de Gaucourt, qui fut établi grand fauconnier de France en 140G.

Le grand fauconnier de France avait différentes sortes de gages. Outre les gages ordinaires, et ceux pour son état et aj)pointements, il en avait comme chef du vol pour corneille et l'entretien de ce vol ; pour l'entretien de quatre pages, pour l'achat et les fournitures de gibecières, de leurres, de gants, de chaperons, de sonnettes, de vervoiles et armures d'oiseaux, et pour l'achat (les oiseaux. 11 prétait serment de fidélité entre les mains du roi ; il nommait à toutes les charges de chefs de vol, lorsqu'elles vaquaient par mort, à la réserve de celles des chefs des oiseaux de la chambre et du cabinet du roi, et de celles des gardes des aires et forêts do Compiègne, de l'Aigle et autres forêts royales. Le grand fauconnier avait seul le droit de commettrequi bon lui semblait pour prendre les oiseaux de proie en tous lieux, plaines et buissons du domaine de Sa Majesté.

Les marchands fauconniers français ou étrangers étaient obligés, à peine de confiscation de leurs oiseaux, avant de pouvoir les exposer en vente, de les venir présenter au grand lauconnier, qui choisissait et retenait ceux qu'il estimait nécessaires ou qui manquaient aux plaisirs du roi.

Le grand maître de Malte faisait présenter au roi, tous les ans, douze oiseaux, par un chevalier de la nation, h (jui le roi faisait présent de mille écus , quoique le grand maître payAl au même chevalier son voyage à la cour de France. Le roi de Danemark et le prince de Courlando envoyaient aussi au roi des gerfauts et autres oiseaux de proie.

Si le roi, étant à la chasse, voulait avoir le plaisir de jeter lui-niôaie un oiseau, les chefs pourvus par le grand fauconnier présentaient l'oiseau au grand fauconnier, q'ui le mettait ensuite sur le i>oing de Sa Majesté. Ouand la proie était prise, le jtiqueur en donnait la tête à son chef, et le chef au grand fauconnier, (jui la i)résenlaitde inèmeau roi.

Il portait à l'extérieur de ses armes une longe ou cordon d'où pendait un leurre.

Grand louvelier de France. Ceux qui ont attribué au roi François l"la création de la charge de grand louvetier, vers l'an 1320, se sont troinp('s, (iuis(iue dès l'an 1308 il y avait un louvetier du roi, et (jue, dans un compte de l'année HG7, Pierre Hannequeau y est eHi[iloyé pour ses gages en (pialilé do grand louv(;lier de F'raiice, titre qiii lut loiiservé par ses successeurs. 11 [)rètait serinent de fidélité entre les mains du roi, et les autres olficiers de louveleiie le prêtaient cuire les siennes.

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Le grand louvetier avait ditférents lieutenants dans les provinces, [)our tenir sa place dans les chasses et battues nécessaires pour la destruction des loups, ([ui souvent y faisaient (les ravages considérables. Comme le grand louvetier, par l'exercice de sa charge, était obligé d'être toujours à la suite de la cour, avec l'équipage du loup, pour veiller à la conservation du gibier du roi, il se choisissait des lieutenants pour le représenter dans les provinces, et il leur délivrait des commissions à cet elfet.

11 portait aux côtés extérieurs de son écu deux têtes de loup de front. M. de Flammarens portait pour cimier, au-dessus de la couronne de ses armes , un loup passant.

Grand queux de France. Ancien officier de la maison des rois de France, qui commandait tous les officiers de la cuisine et de la bouche ; c'étaient des .gens de qualité qui étaient pourvus de l'office de grand queux. Cet office a été supprimé en 1490, a[)rcs le décès de Louis de Prie, et ses principales fonctions ont été réunies à l'office de grand maître.

Grand maître des eaux et forêts de France. L'établissement de l'oflice de grand maître des eaux et forêts en France a été fait pour conserver les bois du roi et empêcher les malversations et abus qui s'y commettaient. Comme c'était anciennement la plus belle et la plus considérable |)artie de son domaine , cette charge était très-important(! dans le temps qu'il n'y avait qu'un seul grand maître pour tout le royaume. 11 est assez difficile de démêler pourquoi son autorité s'est étendue sur les eaux ainsi que sur les forêts, puisque rien ne paraît plus opposé. Pas(iuier dans ses recherch:'S, livre II, cha])itre li, sur la fin, dit, après du Tillet, qu'en vieux langage français, le mot de forêt convenait aussi bien aux eaux qu'aux forêts : quoi qu'il en soit, le pouvoir des forestiers, qui a passé aux maîtres et gran(Js maîtres des eaux et forêts, s'étendait également sur les bois et sur les rivières. Cet office a été unique jusqu'au règne du roi Henri 111, qui destitua , en 1573 , Henri Clausse, seigneur de Fleuri, de sa charge do grand maître des eaux et forêts de France, pour établir en sa place six maîtres généraux dans l(;s [irovinces du royaume ; ce qui a été suivi de plusieurs augmentations et suppressions d'offices faites en diÊlérents temps. Dans la suite les eaux et forêts du royaume furent distribuées en dix-sept départements, qui furent autant de maîtrises dans chacune desquelles il y avait des grands maîtres ancieiisalternatifset triennaux, créés par édits de 1689, 1703 et 1700.

Grand maître des cérémonies de France, officier du roi dont la charge était autrefois annexée à celle de grand maître de la maison du roi ; elle en fut séparée par Henri IM, en 1.383. Il ordonne d(! toutes les cérémonies, comme mariages, baptêmes, serments solennels, lits de justice , entrées et (lé[)arts des rois, reines et autres princes , audiences publiques données par le roi aux légats,

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